Séjour à Marrakech du 23 Mars au 30 mars 2001 (sans photos)

Salem ala ikoum, C’est le bonjour de la journée en arabe. Nous avons pris l’avion à Toulouse sur un vol charter de la compagnie Royal Air Maroc. Le séjour était proposé par Etapes Nouvelles qui est représentée à Montpellier par Euromer.

Au départ de toulouse la température dépassait à peine 10 degrés, nous avons survolé les Pyrénées qui étaient enneigées. Comme le temps était clair nous avons pu découvrir toute l’Espagne qui défilait sous nos pieds. Après une heure de vol nous avons pu apercevoir la Sierra Nevada dont les sommets blancs de neige se détachaient du paysage, nous avons laissé Malaga sur notre gauche et nous avons découvert le rocher de Gibraltar. Nous avons pu distinguer le détroit de Gibraltar en entier 16 kilomètres de large ainsi que les bateaux qui l’empruntent. Une fois le détroit passé nous nous trouvons en Afrique, nous avons donc survolé le Maroc, sur notre gauche se dessinait la chaîne du Rif puis le grand Atlas avec ses sommets enneigés qui pour certains culminent à plus de 4000 mètres d’altitude dont le plus haut à 4170 mètres. Après 2 heures 40 minutes de vol Marrakech était en vue, pour nous signaler que nous avons changé de continent et parcouru 2000 kilomètres plein sud une température de 37 degrés nous attend à notre descente d’avion. Habituellement la température à cette époque ne dépasse pas 25 degrés mais depuis 3 ans le sud marocain subit la sécheresse qui d’ailleurs si elle persiste aura des méfaits sur l’économie du pays.

Une navette nous conduit à l’hôtel Club la Palmeraie qui se trouve comme son nom l’indique au milieu de la palmeraie qui entoure Marrakech à 16 kilomètres du centre de la ville.

Le Maroc à une superficie de 700.000 kilomètres carrés, au nord il est bordé par la Méditerranée, à l’est par l’Algérie dont le Rif et l’Atlas forment une frontière naturelle, au sud par la Mauritanie dont le Sahara occidental complique les relations avec l’Algérie et à l’ouest l’océan atlantique.
Les principales grandes villes se trouvent sur le littoral méditerranéen et atlantique à l’exception De Fez et Marrakech qui sont situées au centre du Maroc. La capitale administrative est Rabat, toute la vie économique du pays est concentrée à Casablanca dont la population dépasse les 4 millions d’habitants, la vie culturelle est basée à Fez qui est la première ville impériale du Maroc, l’activité touristique est l’affaire de Marrakech qui est par ailleurs la deuxième ville impériale du Maroc et la capitale du grand sud marocain elle compte 1,5 millions d’habitants.
En 1992 le Maroc avait une population de 28 millions d’habitants on évalue la population actuelle à 36 millions d’habitants, le prochain recensement aura lieu en 2002. Les berbères ont été les premiers habitants du Maroc ils représentent 40% de la population marocaine, par reconnaissance tous les rois marocains épousent des berbères. Depuis le VII.me siècle plusieurs dynasties d’origine (arabe, berbère, saadienne) se sont succédées jusqu’à nos jours, c’est un régime féodal dont la devise est (Dieu, Patrie, Roi). Le roi est le sultan, l’équivalent au premier ministre se nomme vizir, le pacha est l’autorité qui administre une région.

Le Maroc a été sous protectorat français de 1912 à 1956, le Général LYAUTET en a été une des figures la plus emblématique de cette période.
L’économie du Maroc repose sur 3 Piliers l’agriculture, le tourisme, les devises des marocains qui vivent à l’étranger mais suite aux sécheresses répétitives voici plusieurs années, l’agriculture a beaucoup de mal à tirer l’économie à elle seule, ce qui préoccupe beaucoup le gouvernement car la démographie est galopante, il a de plus en plus de mal à subvenir aux besoins alimentaires du pays.
80% des marocains vivent de l’agriculture, le Maroc (compte) 12,5% de chômeurs par rapport aux actifs ayant le privilège d’avoir un contrat de travail, le SMIG est de 2000 dirams et le salaire moyen est de 3000 dirams, il faut savoir que 1 francs vaut 1,4 diram. Une baguette de pain vaut 1 diram, un litre d’essence 8 dirams, un loyer d’un appartement de 50 mètres carrés 1100 dirams et pour l’achat d’un tel appartement il faut débourser 140,000 dirams. Comme il est très difficile d’obtenir un contrat de travail il existe un marché parallèle du travail nous dirons au noir, on peut se louer à la journée pour des travaux agricoles pour 50 à 100 dirams par jour. Si la plupart des marocains sont dans la misère d’autres marocains profitent de la situation ils offrent des places de domestiques pour 300 dirams par mois en travaillant 7 jours sur 7 24 heures sur 24 et dormant dans la cuisine. Des français à la retraite séjournent de plus en plus à Marrakech, ils rénovent des riads situés dans la Médina, ils participent à la rénovation du patrimoine architectural et emploie des gens de maison pour 600 dirams par mois 7 jours sur 7 et 12 heures par jours et comme certains ne résident pas à
l’année à Marrakech l’employé devient gardien en l’absence des propriétaires.

Marrakech est située à 240 kilomètres de Casablanca et d’Agadir, 170 kilomètres de ESSA Ouira petit port situé sur l’atlantique et de Ouar Zazate ville située à la porte du désert.
Marrakech à un climat très sec malgré la présence d’une palmeraie de 11.000 hectares, c’est la ville villégiature des marocains fortunés.
Marrakech est adossée au grand Atlas sur une plaine fertile située à 560 mètres d’altitude, les français lors du protectorat ont créé une station de ski à 2,800 mètres d’altitude et à 70 kilomètres de Marrakech.

Le premier jour est consacré à la découverte de l’ancienne ville de Marrakech créée en 1062, la médina est entourée de 19 kilomètres de remparts qui comprennent 18 Portes. Les remparts sont troués de multiples trous qui servent aux échafaudages et permettent l’aération de la construction, les remparts sont de couleur rouge ocre ainsi que toutes les maisons de Marrakech, on appelle Marrakech la ville rouge. Nous avons commencé par la visite du palais de la Bahia (la brillante) construite en l’honneur de la première femme légitime du Vizir en 1894, un musulman peut posséder 4 femmes légitimes mais uniquement la première assure la descendance, le Vizir possédait également 24 concubines. Les concubines lui étaient offertes par des notables, elles devaient être très jeunes. Le palais est construit sur 8 hectares mais 3 hectares sont visitables le reste est occupé par la garde royale. De somptueux jardins entourent différentes parties du palais la salle de réception, la cour où étaient données les festivités auxquelles participaient uniquement les concubines, la partie où séjournait les femmes légitimes est en surplomb de la cour afin qu’elles puissent regardaient les festivités derrière des fenêtres grillagées, la tradition musulmane veut que les femmes soient voilées à l’extérieur et à l’intérieur de leur habitation comme elles ne portent pas le voile, les fenêtres sont grillagées afin que personne aperçoive le visage de la femme depuis l’extérieur. Les concubines avaient une partie du palais qui leur était réservée, elles avaient chacune leur chambre. Pendant le protectorat français le Général LYAUTET a occupé le palais de la Bahia de 1917 à 1922. L’intérieur du palais est richement décoré en marbre, stuc et de bois de cèdre qui provient du Rif près de la ville de Oujda situé au Nord-Est du Maroc. Les jardins et multiples cours sont arborées d’orangers et de bougainvilliers qui fleurissent 11 mois de l’année sauf le mois d’août où la chaleur est trop importante.

Ensuite nous sommes entrés par de petites ruelles dans lesquelles aucune fenêtre apparaît. Les ruelles sont en terre battue, après un dédalle de petites ruelles nous sommes passés devant une riad dont la propriétaire est française et qui l’a rénové. Une riad est une habitation qui appartenait à un notable du quartier, depuis l’extérieur nous ne pouvons pas soupçonner toute la richesse qui se cache derrière les portes d’accès qui mène dans la cour intérieure. La cour est richement arborée est possède en son centre une fontaine.

Le bas de la riad est réservé à l’entrepôt des marchandises, trois étages entourent la cour sur laquelle sont situés des balcons le toit est plat, la plupart des toits sont aujourd’hui aménagés en terrasses. Les étages sont occupés au gré des saisons, en été la température varie de 6 degrés de moins à chaque étage descendu c’est pour cette raison que l’étage supérieur est occupé l’hiver et le premier étage est investi pendant l’été. Ensuite nous avons visité un quartier traditionnel avec ses boutiques, ses étales, sa maison où l’on peut y rencontrer le marabout il est très difficile de circuler au milieu de ces rues étroites mal entretenues et au milieu d’e nombreuses charrettes tirées par des ânes, de calèches tirées par des chevaux et le clou, des mobylettes dont le nombre et le bruit nous a surpris. Chaque quartier dans la médina doit posséder 5 éléments une mosquée, une école coranique, une fontaine, un four à pain collectif et ses bains turcs. Nous avons parcouru le quartiers des artisans où dans une cacophonie, chacun travaille le ferronnier, le cordonnier, le menuisier, le potier etc. Si l’école est obligatoire au Maroc il ne faut pas s’étonner de rencontrer de jeunes enfants qui travaillent dans l’atelier familial car l’aîné de la famille doit perpétuer le travail de son père. Arrivés à un endroit plus aéré nous avons découvert une construction délabrée appelée le caravansérail où à l’époque des caravaniers était le lieu dans lequel ils négociaient leurs marchandises. Dans la cour ils y rassemblaient leurs ânes, mulets et chameaux, la cour était entourée de petits entrepôts qui servaient de lieux de négoces et de repos pour les caravaniers. Aujourd’hui c’est la cour des miracles où une multitude de petits artisans ont pris place dans les anciens lieux de négoce pour y travailler. L’UNESCO a entrepris la rénovation de ce caravansérail qui représente le patrimoine culturel de Marrakech porte du désert.
Lassés du bruit incessant des mobylettes et de l’odeur d’urine des ânes et chevaux qui masquent l’odeur des épices et autres, nous avons visité dans un calme plus serein l’école de théologie coranique Ben Youssef.
Cette école date du XIII.me siècle, Elle est ornée de colonnes en stuc, les plafonds sont en cèdre du Rif c’est un bois insecticide. La cour est entourée de 130 cellules plus ou moins éclairée suivant la réussite des étudiants mais certains d’entre eux ne pouvaient pas bénéficier de l’hébergement car l’école comptée 400 étudiants. Aujourd’hui
Marrakech compte plusieurs facultés qui dispensent toutes les matières. Les imams sont toujours formés mais le gouvernement et le roi leur ont confié d’harmoniser le coran avec l’émancipation de la femme dans le monde musulman, une évolution dans ce sens a été tentée mais les traditionalistes ont une toute autre lecture du coran.

Avant de prendre notre repas de midi dans un palais marocain nous avons rendu visite à un herboriste traditionnel qui nous a vanté le mérite de chaque plantes.
L’après midi nous avons découvert d’autres soucs de la ville avec toujours autant de bruit de 2 roues pétaradantes. Nous avons pris la direction des tombeaux des Saadiens où reposent tous les membres de la dynastie, les Saadiens ont fait de Marrakech la capitale du Maroc, ils régnèrent du XVI.me siècle jusqu’en 1666 date à laquelle les alaouides arrivèrent à la tête du royaume et ne le quittèrent plus jusqu’à nos jours.
Après avoir pris un bol de silence de la vie tumultueuse de Marrakech nous nous sommes rendus à la mosquée Koutouvia via la maison du tapis, en fait c’est une coopérative qui fabrique des tapis et bien d’autres produits vêtements, poteries etc. La Koutoubia (libraire) c’est la première mosquée construite à Marrakech en 1151 dans le quartier des libraires, son minaret culmine à 70 mètres de haut trois boules en or le surplombe, la mosquée mesure 90 mètres sur 60 mètres. Elle est entourée d’un superbe jardin arboré, son intérieur est très riche en architecture mais n’est pas accessible à des non musulmans.
Nous avons fini la journée par la place la plus animée de Marrakech et même du Maroc, la place Djamaa el Fna (place des condamnés) qui 365 jours par an à Partir de 17 heures jusqu’à tard la nuit ou tôt le matin est le repère des charmeurs de serpents, les montreurs de singes, les conteurs de toutes sortes, les jongleurs, les arracheurs de dents tout cela rythmé par de la musique traditionnelle. La place mesure une centaine de mètres au carré, elle est entourée de café, restaurants depuis lesquels on admire la totalité des animations nocturnes depuis les balcons.
Les marrakchis ou les habitants de Marrakech adorent leur medina, c’est pour cela que près d’un million d’entre eux vivent à l’intérieur des remparts d’où le vacarme de la rue.

Le deuxième jour nous avons pris la direction de Essa ouira, qui se trouve à 170 kilomètres de Marrakech au bord de l’océan atlantique au-dessus d’Agadir. A la sortie de Marrakech est implantée une fabrique de poteries industrielles, qui emploie du caoutchouc pour chauffer les fours de cuisson car le bois est trop onéreux, la cuisson s’effectue la nuit à cause de la combustion mais bonjour la pollution. Comme la nappe phréatique est à 20 mètres de profondeur l’agriculture est dense et diversifiée, on y cultive les oliviers, les abricotiers, les pommiers, le raisin de table, les orangers dont on récolte les oranges de janvier en mai, c’est également le royaume de la tomate et de la pomme de terre. Nous pouvons apercevoir dans les champs des canalisations qui servent à l’irrigation. Plus nous avançons plus la végétation s’amenuise pour laisser la place à une zone désertique.
Un nouveau village s’est créé autour d’une immense cimenterie qui alimente tout le grand sud marocain, les construction sont en briques et béton, le sac de 50 kilos de ciment coûte 50 dirams.
Cette région subit de plein fouet la sécheresse, certaines personnes font jusqu’à 40 kilomètres pour se ravitailler en eau, le gouvernement est obligé de distribuer gratuitement les aliments de base le café, la farine etc. La pauvreté des familles est si grande que le gouvernement fournit tout le matériel scolaire afin de permettre aux enfants d’être scolarisés, car il y a la volonté de conjurer l’in alphabétisation qui atteint 40% des marocains. Nous avons effectué un arrêt à Chichaoua petite ville administrative où tous les samedis se tient un souc, le Maroc compte 2800 soucs. Chichaoua est le carrefour des routes qui mènent à Agadir et à Essa Ouira. En continuant notre route on pouvait apercevoir des troupeaux de chèvres et de moutons. Dans chaque village traversé nous pouvons remarquer la présence d’école primaire, de foyer rural et de dispensaire mis en place par le gouvernement socialiste après la mort du roi Hassan II en 1996. Les dispensaires ont pour but la vaccination pour prévenir les maladies ainsi que le suivi des grossesses car une femme sur 5 auparavant mourrait lors d’accouchement. Nous avons aperçu un immense domaine qui à la mort de ses propriétaires n’ayant aucun héritier, la loi exige que les biens reviennent au ministère islamique. Ces legs servent à la formation et aux revenus des imams, à la construction et entretien des mosquées. Lors d’une succession le fils à droit à une part et la fille à une moitié de part. A la sortie d’un gros bourg nous sommes passés devant un immense parking où l’on effectue la rénovation des 404 pour les convertir en taxis berbères, on se serait cru à Sochaux dans les années 60. Plus nous nous approchons de l’atlantique la végétation réapparaît, la présence de dromadaires est due à l’exode des peuplades du désert, qui chassaient par les Espagnols ont fait suivre leur bétail. Les opposants de hassan II se sont réfugiés en Algérie, Boumediene n’a jamais voulu les extrader à la demande du roi et les utilisent dans le Sahara occidental pour provoquer la garde royale. A l’approche de Essa Ouira un arbre appelé arganier duquel on tire l’huile d’argan qui sert pour l’élaboration de certains produits cosmétiques et alimentaires. Ces arbres proches de l’olivier sont le refuge des chèvres qui grimpent à l’intérieur. La couleur des taxis nous fait comprendre que nous sommes dans le district de Essa Ouira, la couleur est bleue et blanche, avant de descendre sur la ville on traverse une forêt d’eucalyptus qui servent à la construction de bateaux, les arbres qui bordent la route sont peints à la chaux afin de réfléchir les phares des voitures la nuit et beaucoup d’arbres fruitiers sont enduit de chaux pour les garantir contre les insectes. Les autoroutes marocaines n’existent qu’au nord du pays, un projet envisage en 2003 la liaison Casablanca Marrakech et pour 2005 la continuité vers Agadir.

Essa Ouira (Belle Image) Compte 60.000 habitants elle est blottie entre l’océan et une
colline boisée.
Essa Ouira a été le premier port marocain, actuellement il se situe au troisième rand derrière Casablanca et Tanger , son
activité économique est basée sur le bois et son port. Toutes les maisons sont blanches aux volets bleus, elle a été construite par Théodore Cornus, qui contre sa remise en liberté dessina la ville actuelle il était un élève de Vauban d’où la similitude avec ce style de fortification. A la création de la ville on pouvait y découvrir toute une mosaïque de population des arabes, des berbères, des chrétiens et une forte proportion de juifs (17.000) qui vivaient en parfaite harmonie. Si c’est vrai que la couleur bleu des volets est utilisée comme insecticide, on ne peut pas s’empêcher de faire la relation avec les couleurs juives qui sont le blanc et le bleu. La ville est constituée de 2 Parties dont la vieille ville qui est entourée de remparts. C’est une ville lumière qui attire les artistes, au mois de juillet et août elle se transforme en ville balnéaire, pendant l’été sont organisés des festivals de musique traditionnelle et de jazz. La vieille ville est divisée en trois parties la melha (quartier juif), le caravansérail et la kasba. Les anciennes maisons juives se caractérisent par l’étoile juive à 6 branches qui orne les portes, les portes des maisons musulmanes sont ornées de l’étoile musulmane à 5 branches. Nous avons traversé le marché traditionnel avec ses volailles vivantes, ses poulets pendus à des crochets, de la viande débitée survolée de mouches et de poissons posés à même le sol avec son odeur caractéristique. Le caravansérail est le lieu où de multiple artisan s’adonne à leur travail. Nous avons parcouru le quartier des tisserands et des bijoutiers, qui fabriquent des bijoux traditionnels portés lors des cérémonies mariage etc. Nous sommes sortis de la medina par une ruelle qui débouche sur le port, on y dénombre des commerces de tous genres dont la maison du bois, qui fait office de centre de formation pour les jeunes qui n’ontaucun travail. La plupart des objets sont en bois de thuyas, il s’agit d’un thuya spécial dont on utilise le bois et les racines pour débiter souvenirs, ustensiles de cuisine et de table, les racine ont 60 centimètres de diamètre. Essa OUIra possède une synagogue qui est ouverte chaque mois de septembre où un pèlerinage est organisé.

Le Troisième jours visite des extérieurs de Marrakech, c’est la partie de la ville nouvelle dit quartier européen. Dans les faubourgs ont y découvre un Mac Donald et une grande surface qui sous l’enseigne Marjane se cache l’empire Carrefour. Sur la route de Casablanca on aperçoit une carrière d’où a été extraite la pierre ayant servi à la construction de la mosquée Koutoubia. Par déformation phonétique le quartier français se nomme la Guilise où est construite une église.

La plus grande avenue se nomme Mohamed v, sur cette artère on y trouve toutes sortes de commerces tel que chez nous en occident, de multiples plaques de médecins ayant étudié en France pavoisent les halls d’entrée des immeubles. Le premier jardin visité a été celui de Majorel, jeune nancéen souffrant de troubles pulmonaires fut envoyé à Marrakech par son père sur les conseils d’un ami le Général LYAUTET. Grand voyageur et botaniste, il créa dès 1930 un jardin sur un terrain de 3 hectares. En 1945 il l’ouvrit au public, il est arboré d’essence provenant de tous les continents découverts lors de ses nombreux voyages. Le jardin est entouré de mur et parsemé de sentiers tirés au cordeau. A sa mort sa propriété fut acquise par Yves Saint-Laurent, qui en fit sa résidence marocaine mais laissa une partie du jardin à la visite du public. Une fondation gère le jardin public qui est entretenu par 40 jardiniers elle se nomme fondation Majorel. Les avenues de Marrakech sont plantées de glycines et au mois de mai lors de la floraison la perspective change tout à fait. Les trottoirs sont arborés d’orangers amers dont on utilise les oranges pour faire les marmelades ou un parfum avec lequel on asperge les invités, les orangers doux fournissent des oranges à déguster et avec lesquelles ont élabore la fleur d’oranger qui sert dans les mets marocains et pâtisseries. Pour des raisons d’hygiène les cimetières se trouvent à l’extérieur des remparts de la medina. Chaque porte possède sont cimetière, le mort est toiletté aspergé d’eau de rose et placé dans un drap blanc. Il est transporté au cimetière par 4 proches de la famille accompagnés par des hommes car les femmes ne participent pas aux obsèques. Si la mort intervient le matin la mise en terre se fait l’après-midi même, par contre si le décès a lieu après midi la mise en terre aura lieu le lendemain matin à l’aube. Le mort sera enterré sur le côté droit et la tête en direction de la Mecque. L’orientation des mosquées répond aussi à cette direction ainsi que la position du musulman lors de la prière.

Après nous avons parcouru la palmeraie qui compte 300.000 palmiers sur ses 11.000 hectares. La palmeraie se dessine dans un cadre exceptionnel avec en arrière plan les sommets enneigés de l’Atlas. La palmeraie est parsemée de petites exploitations agricoles, qui jouxtent de plus en plus avec des résidences de riches marocains ou étrangers. On y compte un golf de 18 trous avec tout le complexe hôtelier. D’ici quelques années si la municipalité ne prend pas garde, la palmeraie deviendra peau de chagrin. La mairie ayant besoin de plus en plus de moyens financiers elle n’hésite pas à vendre des coins de paradis à 3.500 dirams le mètre carré sans se préoccuper du désastre écologique que cela procure. on peut y voir des cigognes sédentaires qui font le va et vient entre l’Atlas et Marrakech au gré des saisons.

L’origine de la palmeraie remonterait au XIX.me siècle, l’endroit était très prisé des caravaniers qui se reposait avant de continuer leur route vers Tombouctou au Mali. Comme ils séjournaient plusieurs jours pour alimenter leurs animaux, eux-mêmes mangeaient beaucoup de fruits secs et plus particulièrement des dattes dont les noyaux restés sur place donnèrent naissance à cette splendide palmeraie. Un chameau ingurgite en une fois 60 litres d’eau ce qui équivaut à une réserve de 15 jours, les caravanes effectuaient Marrakech Tombouctou en 54 jours. La distance qui séparait les Oasis étaient calculées en fonction de ces réserves alimentaires. La récolte des dattes se fait au mois de septembre.

Nous avons ensuite traversé le quartier de l’hivernage, où les français sous le protectorat logé quand ils venaient au sport d’hiver dans la station située à une heure 30 minutes de Marrakech.
Le second jardin visité est celui de la Menara, il est planté d’oliviers qui datent du XII.me siècle, la cueillette est donnée chaque année au plus offrant lors d’un appel d’offre. Au milieu du jardin se trouve un bassin d’eau de 200 mètres de côté, alimenté par l’eauqui provient directement de l’Atlas. D’immenses carpes y coulent une vie paisible dans cet aquarium de luxe. Dans ce jardin il ne faut pas être choqué si l’on surprend des garçons ou des filles se tenir par la main, car l’amitié dans le monde musulman n’a pas la même signification que chez nous en occident. Le rot à la fin d’un repas est considéré comme un remerciement au repas qui nous a été offert, ne pas s’offusquer également lors de la prise d’une boisson chaude si la personne aspire dans son verre ou sa tasse. Le thé à la menthe est le whisky musulman que l’on prend à toutes les heures de la journée et à toutes les cérémonies de joie, le thé est remplacé par le café uniquement lors de la cérémonie de deuil. Le plat national marocain est le tadjine, que l’on déguste dans un plat unique et collectif avec les 3 doigts de la main droite, la main gauche servant uniquement aux ablutions. Nous avons terminé la visite des extérieurs de Marrakech par une place où tous les corps des métiers du bâtiment sont postés avec leur outillage rudimentaire et attendent que des clients potentiels viennent les solliciter pour de menus travaux, dans un recoin de la place 4 hommes jouaient à la ronda jeu de cartes espagnole, la tournée de limonade ou de thé à la menthe devant un attroupement de badauds. Le gouvernement à lancer la construction de 40.000 appartements sociaux dans la nouvelle ville mais les marrakchis sont très attachés à leur medina et peu se sentent concerné par ce projet.

Plusieurs français du monde des affaires et de la politique possède de superbes maisons à Marrakech bien sûr Yves SAINT-LAURENT mais aussi Pierre BALMIN, Bernard TAPY à son apothéose et Jacques CHIRAC.

Le quatrième jour nous avons pris la direction de l’Atlas, le but de cette excursion est de nous rendre à Ouar Zazate en appréhendant la culture Berbère et de nous rendre compte du contraste des paysages et de la végétation pendant les 170 kilomètres qui séparent Marrakech de Ouar Zazate. A la sortie de Marrakech nous avons pu admirer le golf royal où Hassan II y pratiquait son sport préféré, Mohamed VI est un adepte de jogging plus populaire qu’il effectue dans la palmeraie. Nous avons ensuite rencontré des parcelles de cultures maraîchères car cet endroit privilégié recueille les bienfaits de la fonte des neiges et de la rivière ou (oued) qui s’y écoule. Puis nous avons traversé une forêt de pins plantés par le ministère de l’eau et de la forêt, ces plantations entre dans la politique de stopper la pénétration du désert. Cette région est très propice aux cactus vue l’ensoleillement et l’humidité, le cactus est utilisé comme nourriture pour le bétail en cas de sécheresse, pour délimiter les parcelles de terrains et de barrières pour ne pas que les animaux empiètent les cultures, sans oublier le fruit que procure les cactus la figue de barbarie. La faune de cette région est le sanglier, la gazelle, l’écureuil, le renard, la panthère et le dernier lion aperçu remonte à 1950. A chaque lacet de montagne on aperçoit de petits hameaux dont la construction des maisons est en argile. On nous fait remarquer que la plupart des villages traversés commencent par Ait car nous sommes dans des villages berbères, alors que bon nombre de villages arabes commencent par Ouled ou Ben, ces trois noms signifient fils de. Le premier village important est Ait Ourir dont c’était le jour du souc, un grand nombre d’ânes sont stationnés aux abords du marché, la coutume veut que seulement les hommes descendent au souc pour vendre leurs produits
Unique revenu pour ces paysans. Les berbères refusent toute aide de l’état ainsi que l’appui et le soutien des coopératives, qui leur permettraient d’évoluer dans leur façon de travailler, à peine 13% d’entre eux sont coopérateurs. A la sortie du village il n’est pas rare de rencontrer un âne seul attaché à un arbre. Certains paysans habitant très loin des lieux de négoces de leurs produits, ils se rendent avec leur âne près de la route où est prévu un ramassage en bus afin d’écourter leur route jusqu’au souc. Près de la rivière la moindre petite parcelle est cultivée d’orge, de fèves, de blé noir, d’oliviers et de peupliers. On découvre ici et là des petits troupeaux de vaches, moutons et chèvres gardés par des enfants ou des femmes. Il est courant d’apercevoir des jeunes filles qui transportent du bois ou de l’eau à bout de bras ou sur le dos. Nous circulons toujours dans la forêt de pins qui est le paradis des chasseurs de sangliers, beaucoup d’étrangers viennent y faire leur tableau de chasse.

Des marocains non musulmans ou musulmans sont également des adeptes de la chasse aux cochons sauvages, la lecture du coran est d’éviter l’alcool et le cochon mais pas de l’interdire. Tout au long de notre ascension, nous avons pu découvrir des barrages sur le lit de la rivière, qui servent à des réserves d’eau pour l’irrigation et à des centrales hydroélectriques.
Depuis l’indépendance le Maroc a basé son économie autour de l’agriculture afin que le pays ne connaisse pas la famine puis une approche maîtrisée a été menée vers le tourisme. Les surfaces montagneuses n’ont guère de surfaces cultivables, alors les paysans créent des parcelles aux pieds des montagnes. Les cultures se font en terrasses, elles sont travaillées de la façon traditionnelle voire artisanale. Les paysans utilisent l’outillage ancestral dont le tracteur berbère, qui est représenté par l’âne attaché à la charrue. Pour convaincre ces paysans à employer les moyens modernes, L’état marocain essaie toujours de s’approcher de ces paysans berbères pour ne pas les abandonner et les laisser isolés, par l’office national de la mise en valeur agricole. Le Ministère de la santé a implanté des dispensaires avec des médecins itinérants, pour la vaccination gratuite des populations. A mi-chemin du col Tichekat qui culmine à 2200 mètres d’altitude, nous avons effectué un arrêt dans un village typique berbère appelé Tidi Ouara. Du parking situé au-dessus du village nous avons pu admirer les maisons construites en argile. Le dernier seigneur de l’atlas était originaire de Teleuet petit village berbère situé dans cette région. Il était le pacha de Marrakech, il possédait de nombreuses kasbas (palais fortifié) et ksour (château) entre Ouar Zazate et Marrakech ainsi qu’entre Ouar Zazate et Agadir. Il faisait partie de la tribu des glaoua, il se nommait Glaoui. Il fut considéré par les marocains comme un traître au plan national, C’est ex pacha marocain Thani GLAOUI a organisé un complot et conspiration dont le but était de renverser la famille royale avec la collaboration de la France. Nous étions en 1953, c’est à partir de ce moment là qu’il y eut des conflits et des tensions entre les marocains et les français. Les marocains se sont révoltés demandant le retour du roi parti en exil à Madagascar. On avait mit un nouveau roi en place considéré par les marocains comme un faux roi. Ce roi était membre de la tribus des glaouas, il fut à l’origine de la création d’un mouvement nationaliste au Maroc, les marocains commencèrent à demander leur indépendance. Entre 1912 et 1953 tout le monde vivait en bonne harmonie, le Maroc était un protectorat et non une colonie ou département français comme l’était l’Algérie. Après 2 années de heurts, le roi Mohamed V revint de son exil malgache, suite à une année de discussion et de négociation avec la France, en 1956 ce fut l’indépendance du Maroc. La mort du dernier seigneur de l’Atlas en 1960, son enterrement à Marrakech fut très particulier, sa vie fut enveloppé et caché par un manque de documentation.
Le pacha avait des ambitions aveugles de devenir roi du Maroc et de donner naissance à une nouvelle dynastie de sa tribu glaoua. Le pacha Glaoui était très courageux et intelligent, audacieux d’avoir eu l’idée de renverser la dynastie Alaouite. Son petit fils est connu dans le cinéma français pour avoir tourné dans le feuilleton belle et Sébastien, il s’agit de Meddi fils de Cécile AUBRY.
Les paysans et artisans berbères sont très démunis, la gratuité des soins leur est accordée sur simple présentation de documents qui attestent leur pauvreté. Une minorité de marocains possèdent une couverture sociale est le code du travail reste le même que celui qui existait à la fin du protectorat français en 1956. Le nouveau roi Mohamed VI a augmenté le SMIG de 1.500 dirams à 2.000 dirams.
La dynastie actuelle les alaouides est en place depuis 1666, le pouvoir totalitaire est exercé par une hiérarchie que l’on trouve dans l’administration marocaine. Le vizir qui équivaut au premier Ministre, le pacha qui a un pouvoir sur toute une région, le caïd on dit des tentes caïdales qui représente une agglomération de 3 à 4 villages, le khalife a un sens très musulman il représente Dieu sur terre, le cheikh il représente l’administration centrale au niveau du village c’est un sage qui connaît toute l’histoire de la tribu ainsi que tous ses membres.

En continuant à gravir le col tichekat on traverse des villages berbères, nous longeons la rivière avec sa verdure ses peupliers, et ses lauriers. au Maroc il y a l’ocre rouge et l’ocre jaune qui éclairent le paysage. Depuis notre arrivée à Marrakech on met tout à la sauce berbère le taxi, le gazou, la gazelle, le tajine, le tracteur ou le couscous ce qui signifie la forte implantation des berbères au Maroc. D’après les historiens ils ont été les premiers habitants du Maroc, leur origine est inconnue et non justifiée jusqu’à nos jours. Certains historiens racontent que les berbères son d’origine germanique, d’autres celtiques, ils basent leur théorie sur l’aspect physique de certaines tribus berbères. Ces berbères ont la peau blanche, les cheveux clairs, les yeux bleus verts qui ne sont pas les caractéristiques des arabes qui ont la peau bronzée mate, les cheveux et les yeux noirs. Un autre historien dit tout simplement que le terme berbère dérive de barbare, ce nom barbare leur a été attribué à l’époque des romains au Maroc. Certains vestiges attestent la présence des romains au Maroc dans les cités Elixus et volubulis qui se trouvent à 500 kilomètres au nord est de Marrakech. Les berbères au Maroc sont divisés en plusieurs tribus, il parle la langue berbère qui ne fait pas partie du registre linguistique de la langue arabe. Les berbères sont dispersés dans tout le Maroc mais plus particulièrement au nord dans la chaîne montagneuse du Rif, dans le massif de l’Atlas qui mesure 900 kilomètres de long sur 150 de large et dans la région d’Agadir.

En Algérie existent aussi des berbères que l’on appelle kabyles, les arabes les désignaient par le nom kabyle parce qu’ils vivaient en tribus afin de les distinguer. Un historien linguiste a dit que dans le mot kabyle il y a le verbe cabalant, qui signifie accepter, ce qui signifie que ces berbères ont fini par accepter l’islam après une longue résistance. Au Maroc il n’est pas rare qu’un berbère se marie avec une arabe ou le contraire. Avant d’être musulman les berbères ont tout d’abord été judaïque puis chrétien. Le Maroc est constitué d’arabes qui viennent du moyen orient et d’Andalousie, d’une communauté juive marocaine qui avec les berbères Forment une mosaïque de races différentes et qui vivent en parfaite harmonie. A plusieurs endroits aux flancs des montagnes nous pouvons lire la devise, Dieu Patrie Roi. A la sortie d’un village nous avons pu découvrir en paroi d’une falaise des habitations troglodytiques. Tout en nous décrivant le paysage plein de contrastes depuis notre départ de Marrakech le guide nous explique le style de vie de ces populations, qui est quelque peu moyenageux. L’eau et l’électricité commencent à peine à être amenées dans les villages importants qui bordent la route. L’état a décidé d’ici 10 ans que 80% des villages de l’Atlas seront reliés en électricité et en eau potable. La route est empruntée par des voitures et des gros camions remorques qui ont du mal à franchir les derniers kilomètres du col.

Il y a toujours un roi, une dynastie au Maroc depuis la fin du VII.me siècle. La première fut la dynastie des Idrissides dont le premier roi Idris I était un prince arabe, ce fut la naissance de la première ville impériale du Maroc Fez, cette dynastie régna jusqu’en 1062. Au milieu du XI.me siècle la dynastie des Almoravides prirent le pouvoir jusqu’en 1147, la troisième dynastie fut celle des Almohades, qui fut remplaçait en 1269 par les Mérinides qui avec les Wattassides prirent le pouvoir jusqu’au XVI.me siècle. Les Mérinides avaient repris Fez comme capitale alors que les almoravides et les Almohades avaient fait de Marrakech la deuxième ville impériale du Maroc. Puis succédèrent en 1554 les Saadiens qui redonnèrent la capitale du royaume à Marrakech et depuis 1666 jusqu’à nos jours c’est la dynastie Alaouides qui règne sur le Maroc.

Nous continuons à voir des agglomérations au bas du col, les paysans ont construit leurs maisons en bas de la montagne pour éviter le froid et la neige, pour profiter des ruisseaux et de la fonte de la neige afin de cultiver quelques arbres fruitiers. Personne ne peut vivre sur ces montagnes au cours des mois de janvier et de février, car la montagne est recouverte de neige.

C’est un paysage très contrasté, en Afrique on peut trouver de la neige, au Maroc on peut faire du ski à 70 kilomètres de Marrakech
Ce qui a donné au Maroc un certain particularisme. Dans les derniers lacets du col est construit le refuge de Tichekat où se trouve un café restaurant, parfois on y trouve des touriste près du refuge qui dorment sous des tentes. Cette région montagneuse est très riche en minerai, on y trouve du manganèse, du zinc, de l’argent et du cuivre. Ces mines affectent les montagnes et leur donnent des couleurs différentes. On aperçoit encore à plus de 2000 mètres d’altitude des chèvres et des moutons, nous continuons d’escalader le col. Enfin le col de tichekat est franchi, on peut lire le panneau qui indique l’altitude 2260 mètres, nous nous trouvons alors à égale distance de Marrakech et de Ouar Zazate. Parfois de violentes tempêtes de neige rendent la route d’accès au col impraticable. En redescendant le col en direction de Ouar Zazate nous pouvons apercevoir un panneau qui indique à gauche la direction de Teleuet, village où était originaire l’ex pacha Glaoui.
Le but de cette excursion est de nous faire découvrir l’architecture berbère par rapport à l’architecture arabe. L’architecture arabe musulmane appelée architecture espano moresque ou art islamique, que nous avons découvert en visitant le palais de la Bahia et les riads de Marrakech. Ces belles demeures étaient habitées par des commerçants, les pachas ou les caïds. Cette architecture a été introduite au Maroc depuis l’époque de la conquête arabe et de l’ismalisation du Maroc. Au XIV.me siècle il y avait la persécution des musulmans au sud de l’Espagne en Andalousie ce qui a amplifié l’architecture moresque. Ces musulmans se sont dirigés vers le Maroc, car le Maroc se trouve à 16 kilomètres par le détroit de Gibraltar. Au sud du Maroc on rencontre l’architecture berbère, qui est représentée par des maisons en argile, des ksours (châteaux) et des kasbas. Ces maisons d’argile sont très fraîches quand il fait chaud, c’est pour cela que les paysans berbères utilisent ce matériau. Tout en continuant notre route vers Ouar Zazate qui est situé à 1070 mètres d’altitude, après les cactus et arbres fruitiers de notre départ nous rencontrons des champs de pierres. Les paysans utilisent ces pierres pour construire leurs maisons et délimiter leurs parcelles de cultures, ils cultivent la luzerne pour la nourriture de leur bétail.

En traversant les villages on rencontre toujours des écoles primaires et des dispensaires, beaucoup de jeunes filles viennent de grandes villes pour enseigner ou pour dispenser les soins et certaines travaillent dans les centres administratifs.

C’est le Maroc moderne qui fait beaucoup pour l’émancipation de la femme dans le monde musulman, le travail n’est pas mince car on aperçoit de nouvelles bâtisses dont les fenêtres sont encore grillagées. Hassan II lors de sa prise de pouvoir après la mort de son père Mohamed V, il s’est présenté avec ses filles cheveux coupés. Dans un discours il a annoncé aux marocains que la libération de la femme n’est pas contre la religion, ni contre les traditions, c’était le premier pas vers le statut et la reconnaissance du droit de la femme. Ce projet fut applaudi par la société marocaine, elle ne pouvait pas être contre ce projet car le roi est toujours le symbole emblématique de la nation. Le roi est le chef de l’état tout en étant le prince des croyants, alors ce qu’il dit ne peut pas être discuté. Tout comme Louis XIV qui n’était pas très religieux au début de son règne, mais afin de préserver leurs autorités, Louis XIV et Hassan II se servirent par la suite de la religion pour maîtriser leurs sujets.

Dans un village faisant office de centre administratif, nous avons pu voir une kasba rénovée, sur son toit était placés deux nids de cigognes. Une kasba possède des fortifications, de hautes murailles bastionnées de tours de guet et de petites fenêtres. Les ksours ce sont des châteaux fortifiés du désert, parfois leurs façades sont décorées. Les cimetières berbères se caractérisent par des pierres disposées sur la tombe, elles sont toujours placées en direction de la Mecque. La Mecque se trouve en Arabie Saoudite, c’est dans cette ville où se tient l’un des cinq piliers de l’islam le pèlerinage. Auparavant l’orientation des cimetières, des niches des mosquées et la position à prendre pour faire la prière était Jérusalem. Mais depuis le voyage effectué dans le ciel par le prophète, Dieu a demandé à Mahomet que l’orientation de Jérusalem change en direction de la Mecque.
Des historiens disent que des juifs auraient été islamisés, on a d’ailleurs traversé un village qui porte un non à consonance juive Agouine, le minaret de ce village est rond au lieu d’être carré, un Rabin y possède son mausolée. Puis nous arrivons dans un paysage qui ressemble à l’ouest de la Californie, beaucoup de films de Western y ont été tournés. De hautes falaises délimitent une large vallée, il ne manque plus que les cow boy et les indiens. Un arrêt nous a permis d’admirer le village de Ait Ben Haddou et sa superbe kasba, c’est à cet endroit que fut tourné le film Laurence d’Arabie. Nous avons également aperçu un oasis qui se dessine dans cette région désertique avec ses palmiers et ses cultures. Puis Ouar Zazate est en vue, qui était le passage obligé des caravaniers, la ville fut fondée en 1928 c’était une garnison militaire. Ouar Zazate veut dire sans problèmes au pluriel, c’est-à-dire qu les caravaniers n’étaient pas interceptés par les habitants, alors que Marrakech ou mourekouch signifie passer en cachette car les caravaniers étaient interceptés par les berbères de Marrakech.

A l’entrée de Ouar Zazate sont implantés des studios de cinémas à perte de vue car Ouar Zazate est devenu la capitale du cinéma africain où beaucoup de films américains et européens sont tournés et montés. La ville a eu une forte expansion démographique elle compte 30.000 habitants, L’extension immobilière a fait apparaître de nouvelles constructions modernes, ce qui fait que Ouar Zazate a beaucoup perdu de son cachet local. Avant d’aller déjeuner sous une tente nous avons visité une kasba. Cette kasba est le seul édifice qui a résisté à ce fléau de modernisme et de modernité, elle date du XVIII.me siècle et a appartenu au puissant pacha Glaoui de 1930 à Sa mort en 1960. Cette kasba est composée d’une cour réservée aux festivités et la construction à trois étages, le premier étage est réservé aux domestiques, le second étage était la partie réservée aux hôtes et au troisième étage se trouve la chambre de la favorite avec son balcon ainsi que la salle de réception. Dans la salle de réception seule le pacha était assis sur son trône, tous les invités étaient assis sur des tapis, le mobilier berbères se limite au tapis aussi bien pour manger, discuter ou dormir. Au-dessus de la kasba il y a une terrasse, la kasba contenait 155 chambres, depuis sa salle à manger le pacha pouvait superviser tout l’ensemble. Actuellement la kasba est en rénovation elle est entrée dans le domaine de l’UNESCO. Depuis la kasba on peut apercevoir une magnifique demeure, qui est la résidence marocaine de Meddi petit fils du dernier seigneur de l’Atlas.
En 170 kilomètres nous sommes passés de la végétation à une zone désertique où les pierres remplacent les fibres végétale et si nous continuions plein sud sur Agora à 170 kilomètres de Ouar Zazate les pierres seraient remplacées par le désert appelé sahara occidental. Nous sommes repartis de Ouar Zazate, nous avons remarqué qu’une forêt d’eucalyptus a été planté afin d’arrêter la prolifération du désert.

Au retour le guide nous fit une petite conférence sur la vie de la femme dans le monde musulman. Il a repris un peu ce que nous avons décrit dans notre cahier ci-dessus, mais il nous a raconté :
En premier il faut savoir que la polygamie n’existe pratiquement plus vu les difficultés économiques. La femme n’a pas le droit de rentrer dans la mosquée, elle fait sa prière dans sa maison. Les femmes divorcées peuvent entrer à la mosquée pour la prière mais elles sont séparées des hommes et de l’imam par un rideau. Les femmes n’ont pas le droit de demander le divorce et si le mari désire avoir plusieurs femmes il faut que la première donne son accord devant un juge. Les femmes ont le droit de vote, l’école est obligatoire pour tous les enfants garçons et filles de 6 à 13 ans. La femme marocaine n’est pas majeure car il est impossible à une femme d’être seule à une terrasse de café même au milieu du quartier européen, ce ne sont pas les autorités qui l’interdisent mais c’est encore mal vu.

Le mariage au Maroc se déroule de la façon traditionnelle, La cérémonie du mariage se déroule sur plusieurs jours, auparavant le jour des hommes était le jeudi soir et celui des femmes le vendredi après-midi. Avec l’évolution de la société marocaine c’est devenu le samedi soir pour les hommes et le dimanche après-midi pour les femmes. Le mariage strictement traditionnel est réservé aux jeunes filles in alphabètes qui sont toujours restées à la maison à la campagne ou en ville. Elles ont appris à faire un bon thé, un bon tajine, un bon couscous, elles ont appris également à faire de la broderie et elles n’ont pas de contact avec le monde extérieur. Par contre la femme moderne qui a eu la chance de s’inscrire à l’école, de poursuivre ses études et d’avoir un travail cette femme a la chance d’avoir des contacts avec le monde extérieur. Le monde extérieur c’est tout ce qui est à l’extérieur de la maison, la femme moderne étudie parfois en Europe, elle a donc des contacts avec le monde dont elle peut établir des relations avec ses camarades étudiants ou collègues de travail. La fille traditionnelle se marie toujours à travers les parents, ce sont les parents qui choisissent le futur époux de leur fille. Les parents décident la dot, la fête du mariage et la jeune filles ne doit pas avoir eu de contacts préliminaires avant le jour du mariage. Elle découvre son futur époux uniquement à l’occasion de la cérémonie du mariage. La femme moderne à la chance d’avoir établi des relations, elle a cette marge de liberté de pouvoir choisir son futur mari parmi ses connaissances mais devra toutefois avoir l’accord des parents avant de l’épouser. La liberté et le droit de la femme se manifeste au niveau de son mariage. Le Samedi soir ce sont les hommes qui se réunissent autour de la boisson traditionnelle le thé menthe et avec la présence du futur marié. Le dimanche après-midi c’est le jour des femmes, la cérémonie commence à 14 heures par la réception des invités dans le patio, la mariée fait son apparition vers 16 heures dans sa tenue de cérémonie. Pour un peu de suspense le marié arrive un peu plus tard, il est contemplé par tous les regards car enfin on va l’apercevoir pour la première fois. La marié est entourée tout au long du mariage par deux femmes âgées, qui l’accompagnent dans tous ses besoins. Ces deux femmes préparent la chambre nuptiale où se déroule le contact entreles deux mariés. Pour la première fois au niveau d’un mariage traditionnel, le contact est établi entre les nouveaux époux, ce contact doit donner un bon résultat, il doit donner du sang sur le pantalon. On appelle ce test la cérémonie du pantalon ou du sarouel, personne n’est accepté dans cette chambre outre les deux femmes âgées, qui viennent récupérer le pantalon sur un plateau. Pendant que les deux mariés sont rassemblés dans la chambre la mère de la mariée examine le pantalon, cela peut arriver tard le soir ou tôt le matin. Après le résultat crucial tous les invités chantent et dansent jusqu’à l’aube.
La femme moderne respecte la tradition mais les mariés essaient de convaincre les familles que la cérémonie du pantalon, ils en font leur affaire lors du voyage de noces. Certaines familles ont même accepté les mariages mixtes où une seule cérémonie rassemblent les hommes et les femmes. La tradition veut que si le test du pantalon est négatif, la famille de la mariée doit rembourser la dot et tous les frais engagés pour la cérémonie à la famille du (malheureux) époux. Une fois on raconte, dans les montagnes du haut Atlas un futur époux n’avait pas trouvé le bon résultat, il est sorti de la chambre avec la tête de la mariée sous le bras. Après cette journée bien remplie, nous sommes rentrés à notre hôtel en lézardant quelque peu à travers la palmeraie de Marrakech.

Le cinquième jour nous sommes allés à Marrakech à pied pour y découvrir la vieille ville ainsi que le quartier européen à notre rythme. La pluie nous a fait interrompre notre marche, par surprise un taxi nous a proposé de nous accompagné jusqu’à l’entrée de Marrakech. A bord du taxi se trouve le chauffeur ainsi qu’une femme voilée qui devait se rendre à la ville, notre véhicule est exiguë et les tapis de sol sont envahis de détritus. Notre première visite a été consacrée à la seule grande surface de Marrakech situé dans la ville nouvelle, qui sous l’enseigne marjane draine toute la population européenne et la classe moyenne des marocains. Comme tout centre commercial une galerie marchande propose toutes les grandes marques tel qu’en occident Lacoste, Delcey, Yves Rocher etc dont les prix sont identiques à ceux pratiqués en France même un peu plus élevés. La grande surface est copie conforme aux nôtres, on y trouve les mêmes produits, aux rayons librairie et disques se côtoient les auteurs et chanteurs français avec les Arabes. La farine se vend en sac de 10 kilos, le rayon épices et condiments et plus importants que chez nous ils sont conditionnés en seau de 5 kilos, il existe un rayon charcuterie à base de porc, nous avons aperçu des saucisses de Strasbourg au bœuf et mouton. Au rayon enfant on y trouve les ouiouis, les tintins et au rayon libraire nous avons également trouvé un livre sur les bienfaits du viagra. Les clients sont habillés de façon occidentale ou traditionnelle, l’affluence est moins importante que dans la medina cela se comprend vu les prix affichés. Les caissières et leurs caisses ressemblent à nos caissières et caisses que nous rencontrons en France. Après nous nous sommes dirigés vers le centre ville en direction de l’avenue Mohamed V, nous avons emprunté les trottoirs marocains qui sont très difficiles à un aveugle. Les trottoirs sont remplis de trous, encombrés de toutes sortes et en plus très haut 30 centimètres au minimum.

Nous pensons que les personnes aveugles ont beaucoup de courage pour oser s’y aventurer, en plus les voitures ou leurs conducteurs ne respectent pas les passages protégés et dès que le feu est vert on a intérêt d’avoir dégagé la chaussée. Les personnes handicapées en fauteuil, pour eux il est impossible de circuler sur ces trottoirs. Nous avons fait une halte à l’office du tourisme où vraiment si nous n’avons pas d’information à demander on peut s’y rendre, nous avons été surpris par l’accueil, qui nous a été réservé pour une ville dont l’économie est basée sur le tourisme. Ensuite nous sommes arrivés sur l’avenue Mohamed V où là par contre les trottoirs sont uniformes et très larges, cette artère est constituée d’immeubles modernes avec toutes sortes de boutiques grand standing. Puis nous avons pris la direction de la place Djamaa el Fna En passant devant l’hôtel de ville de Marrakech, le consulat de France, la Mamounia hôtel grand standing qui est à proximité de l’hôpital régional. Les soins prodigués dans cet hôpital sont les mêmes que ceux donnésen France, car la plupart des médecins ont étudié dans les facultés de médecine françaises. Ils emploient les mêmes techniques, matériels mais bien sûr ces soins sont réservés aux personnes qui possèdent une couverture sociale ce qui est moins évident au Maroc. Nous avons longé les remparts et nous sommes rentrés par une porte à l’intérieur de la medina. Après avoir contourné la Koutoubia ou la grande mosquée nous nous sommes rendus à la place Djamaa El Fna. Pour mieux appréhender la place et tous ses acteurs, nous avons dégusté des pâtisseries orientales au balcon d’un salon de thé. Bien restaurés et remplis de musique traditionnelle, nous avons fait quelques emplettes dans un souc près de la place, ce souc est bien organisé et plus propre que celui que nous avions parcouru le premier jour où vraiment la misère de ses habitants nous a frappé. Ensuite nous avons pris un taxi pour rejoindre notre havre de paix dans la palmeraie, mais certains taxi ont le droit ou pas de quitter la ville alors tout se complique. Nous avons donc dû finir notre trajet à pied, nous étions contents d’arriver à l’hôtel après avoir parcouru seize kilomètres dans la journée.

Le sixième jour nous avons pris la navette pour nous rendre à Marrakech pour continuer notre découverte de Marrakech en toute liberté. Nous nous sommes rendus à l’hôtel Mamounia où descendent toutes les grandes personnalités du monde entier, cet hôtel est considéré comme l’un des six plus beaux hôtels du monde. Il se trouve dans un vaste parc à l’intérieur des remparts, un casino et piscine sont mis à la disposition des clients. La reine de la nuit et femme d’affaires Régine y a sévi, le prix d’une suite est de 30.000 dirams et au mois creux de juillet et août pour cause de chaleur on peut trouver des chambres au rez-de-chaussée et au nord pour 2000 dirams.
On peut visiter l’hôtel si on est vêtu correctement ce qui n’était pas notre cas, le short et sac à dos ne conviennent pas pour accéder au luxueux palace. Passant devant la Koutoubia nous avons parcouru le vaste jardin qui l’entoure, Hassan II a fait construire une mosquée à Casablanca ressemblant à la Koutoubia afin de signifier que Casablanca malgré ses constructions modernes et occidentales restent dans un pays musulman. Puis nous avons pris la direction de l’artère principale de la nouvelle ville Mohamed V, pour visiter l’ensemble artisanal de la région de Marrakech. C’est un endroit où l’on peut voir les artisans travailler leurs oeœuvres dans un cadre très reposant, la qualité des objets et leurs prix sont très attrayants et c’est le lieu à préconiser pour y faire ses emplettes.

Après avoir consulté l’annuaire téléphonique et noter l’adresse de l’association des aveugles, nous avons consacré l’après-midi à la visite de cet institut. Comme nous étions en période de vacances scolaires de printemps, aucun élève n’était présent on fut reçu par le directeur de l’institut. Il s’agit de l’institut appelé organisation alaouide pour la protection des aveugles.
Cette association a été créée en 1950 mais a pris son véritable essor à partir de 1960, elle est présidée par la princesse du Maroc dont la photo orne le bureau du directeur. Le siège de l’association se trouve à rabat, il existe 14 institut sur tout le territoire marocain situés dans la plupart des principales grandes villes. Les 50 aveugles sont accueillis de 6 à 18 ans, ils y poursuivent leurs études du cours primaire au baccalauréat. Ils sont hébergés à l’intérieur de l’institut, qui est situé dans un parc arboré au calme derrière des murs dans la ville nouvelle de Marrakech. Ils étudient dans des classes qui comprennent 3 à 4 élèves, l’état mène une campagne pour sensibiliser les parents à envoyer leurs enfants aveugles dans chaque institut dont celui de Marrakech pour le sud marocain. Les cours se prennent en braille à l’aide de la machine Perkins, par contre l’évaluation des connaissances se fait oralement. Tout élève qui entre dans l’institut à 80% de chance d’obtenir son BAC, sans avoir subi de sélection à son entrée. Le diplôme en poche il rejoint l’université pour y entreprendre des études pour la plupart de langues, leurs études terminées ils professent pour la plupart à l’institut dans laquelle ils ont été scolarisés. Aucun enseigne dans le milieu ordinaire, ils ont le statut d’enseignants et de fonctionnaires mais comme ils sont nombreux, ils se partagent les heures de cours afin que tout le monde travaille. Un décret royal donne priorité aux aveugles pour obtenir un emploi, beaucoup occupent des postes de standardistes dans les administrations, quelques-uns uns sont employés en tant que kinésithérapeutes.

Malgré qu’ils suivent des cours de musique pendant leur scolarité aucun n’enseigne cette activité en dehors de l’institut, à l’institut de rabat un petit nombre d’aveugles fabriquent des couffins, le rempaillage et le cannage de chaises ne sont pas connus dans le monde des aveugles. L’institut emploie une personne qui initie à la locomotion, l’aide du chien guide commence à être discutée. Les loisirs sont peu exercés, ils se limitent à la marche à pied en ville et au cécifoot dont l’équipe de l’institut a remporté un tournoi en Libye. Les aveugles marocains ne perçoivent aucune aide de l’état, c’est leur famille qui subvienne à leurs besoins car chez les musulmans toutes personnes âgées ou handicapées doivent être prises en charge par les parents ou par les enfants. C’est en particulier pour cela que les berbères ont des familles de 10 enfants car ce sont eux qui font office d’assurance vie. L’utilisation de l’informatique n’a pas encore été envisagée vu le prix élevé du matériel, un ancien élève de l’institut qui occupe un poste important à l’UNESCO a promis de tout mettre en oeuvre afin qu’un ordinateur adapté soit offert aux élèves.
Le directeur nous évoqua aussi qu’un quartier de la medina est occupé par une centaine d’aveugles âgés et délaissés par leur famille. Au XV.me siècle un Sidi (Saint) Abou El Abbes Septy prit à coeœur la cause des personnes aveugles. Son mausolée est d’ailleurs au sein de ce quartier et beaucoup de dons affluent de tout le Maroc sont distribués chaque trimestre. La somme récupérée est partagée entre tous les aveugles de Marrakech dont les élèves de l’institut font partis. Pour se rendre à l’institut nous avons emprunté le bus de ville, qui pour 3 dirams vous transportent au sein de l’agglomération de Marrakech, au retour pour rejoindre la navette de l’hôtel nous avons pris un taxi de vile qui pour 10 dirams nous a conduit près du consulat de France. La tête pleine d’informations et le visage bronzé nous sommes rentrés dans notre coin de paradis loin du tumulte de la ville.

Le soir après le dîner nous avons fait le tour de Marrakech en calèche tirée par deux chevaux menés par un cocher marocain en tenue traditionnelle. Au milieu d’un flot de circulation où tout se mêlent Voitures klaxonnant, charrettes tirées par des ânes, calèches tirées par des chevaux et toujours ces désagréables deux roues vrombissants. Nous sommes passés devant le théâtre de Marrakech en construction depuis près de 10 ans, le palais des congrès, une fête foraine et nous sommes rentrés dans la medina par la porte Djid pour aller rejoindre la place djamaa El Fna où un arrêt était prévu pour faire souffler nos chevaux. L’ambiance de la place est telle que la nuit il ne nous a pas été possible de nous y rendre. Après une flânerie nocturne on reprit la calèche pour rejoindre le bus qui devait nous ramener à l’hôtel pour y passer notre dernière nuit marocaine après avoir pris un dernier thé à la menthe.

Le septième jour, le départ de notre avion étant à 8 heures du matin il nous a fallu nous lever tôt comme à l’habitude quand on veut visiter un pays étranger. Notre retour s’est effectué avec Royal Air Maroc à bord d’un Boing 737 type 400, nous avons mit le cap sur l’océan atlantique et survolé Casablanca, Tanger, le détroit de Gibraltar, Malaga, Madrid, Pampelune, Tarbes puis Toulouse. Nous avons volé à une altitude de 8700 mètres, une vitesse de 850 kilomètres heure,une température extérieure de moins 36 degrés et la température dans l’avion était de 24 degrés. Après une collation qui a été la bien venue on put profiter d’acheter des produits détaxés proposés par l’équipage. Nous pensions avoir fait le plus difficile arrivés à Toulouse mais une grève SNCF mit un peu de piment à la fin de notre séjour.

Ce séjour restera gravé dans notre esprit, tant qu’il fut riche de découvertes humaines, culturelles et historiques. A certains endroits nous aurions eu besoin d’être accompagné chacun par un guide, heureusement que Miléna a très bien assumé. Au premier abord les Marocains sont moins accueillants que les tunisiens, ils visent sans cesse nos devises. Le Maroc est plus pittoresque que la Tunisie par son histoire et son contraste de paysage la mer, l’océan, la montagne et le désert. Nous avons été déçus de ne pas avoir visité un vrai oasis dans le désert ce sera peut-être pour un prochain séjour. Il est dit que Marrakech restera toujours la ville préférée des Alaouides Mohamed VI se fait construire un palais majestueux près des remparts de la medina, le roi envisage de faire de l’ancien palais royal le siège de l’état marocain ce qui ferait de Marrakech la future capitale du Maroc. Notre hôtel proposait des structures promenades à cheval, piscine etc mais hélas une semaine est trop courte pour coupler les excursions et le farniente. Allez au prochain séjour Inch‘ala (si Dieu le veut) comme ils disent là bas.

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