A l’assaut de la montagne Noire juin 2015

C’est le samedi 13 juin, que nous mettons le cap sur l’ouest, la sortie est organisée par l’association rencontre présidée par Rosmay Granel. Ce sont 25 personnes qui prennent place dans le bus de la Populaire, drivé par Thierry, il est 7 heures 30, quand nous quittons Montpellier. Nous empruntons l’A9 en direction de Narbonne, nous faisons une halte, pause café, sur l’aire de Béziers Mont blanc. Nous passons sur un pont qui franchit le canal du midi, puis l’Orbe, et nous pouvons lire sur une pancarte, que nous sommes en pays cathare. Sur notre droite la montagne noire que nous allons longé, nous quittons l’asphalte de l’autoroute, à Béziers, pour circuler sur la minervoise, nous entrons dans le parc du haut Languedoc.
 Le minervois est un territoire délimité au nord par la montagne noire, et au sud par le canal du midi. Cette région possède de magnifiques sites préhistoriques, de splendides églises, des villages exceptionnels, sans oublier ses merveilleux vins. Le Minervois a des allures de Toscane, avec ses douces collines, de calcaires de garrigues et de pinèdes. Au sud du canal du midi, se situent les corbières, qui sont d’une beauté sauvage, avec énormément de bâtiments de l’époque médiévale, et sur les crêtes vertigineuses sont perchés des châteaux cathares. La montagne Noire, c’est l’extrême sud-ouest du massif central, où les vents y jouent un brillant festival. A l’ouest ils sont gonflés de pluie, ils sont violents et secs sur le bas Languedoc, ils sont marins à l’est et secs du côté de l’autan en haute Garonne. Les couleurs du Minervois sont éblouissantes, le jaune du maquis, le blanc des châteaux et le bleu des lacs. La montagne Noire, est appelée ainsi, car du côté nord, elle est tout le temps à l’ombre, elle est très arrosée, ce qui déterminent une forêt sombre, elle est composée de chênes, de rouvres de hêtres, de sapins et d’épicéas. 
Nous traversons Montady, nous ne devrions pas subir la pluie, car la montagne est bien dégagée.
 Nous roulons au milieu de vastes vignes, qui s’étendent à perte de vue. Nous passons Capestang, qui est situé près d’un petit lac, le village est caractérisé par son église de style gothique méridional, qui possède un clocher qui culmine à 44 mètres. Elle est l’œuvre du même architecte qui a construit la cathédrale de Narbonne. Les narbonnais étaient fous furieux, que l’architecte de leur cathédrale propose ses services, à une autre ville, et du coup, ils lui ont crevé les yeux, bienvenue au club.
 La route est bordée de magnifiques platanes, leur ombre est apprécié des cyclistes que nous doublons et que nous croisons. Sur notre gauche un champ de serres florales, dont la spécialité est le chrysanthème, nous roulons dans une mer de vigne, qui est très jolie et en avance cette année. Nous nous approchons du département de l’Aude, un panneau indique, que nous commençons, ici, la route du pays cathare. Après avoir fait la richesse du pays, les cathares ont été massacrés abominablement. Le pays cathare est apprécié par les allemands, les suédois et les personnes du nord de toute l’Europe. Pour diversifier la culture de la vigne, on a planté depuis quelques décennies, des chênes truffiers, qui viennent apporter de nouvelles ressources, en cas de mauvaise récolte de la vigne. Nous circulons au milieu de champs d’oliviers, nous voici à Cazoul-les-Béziers, dont le château à son entrée est très laid. 
Sur notre droite un champ d’éoliennes, une étude explique, que ce genre de nouvelle énergie, serait nocive à la santé, que sa donnerait très peu d’électricité, qui serait achetée à prix fort par EDF, pour la revendre à moindre prix. Nous croisons un des chemins qui conduit à Saint-Jacques de Compostelle, Sur notre droite, un village est accroché à la montagne. Il s’agit de Pouzols, qui possède une église du XII.me siècle. Nous sommes au paradis du genêt, qui est en fin de floraison. Sur notre gauche une zone résidentielle, et sur notre droite, des serres couvertes de panneaux photos voltaïques. Cette année les moissons sont avancées de 2 semaines, nous apercevons d’énormes balles de paille, dans un champ qui vient d’être moissonné. 
Nous voici à Homps, qui a connu son apothéose, à l’époque de l’éclat du canal du midi, qui était un incessant cortège de pinardiers, qui faisaient des aller et retour, entre Sète et Bordeaux. Homps possède un bassin très large, qui permettait aux pinardiers ou péniches de faire demi tour. Homps foisonnait donc de chais, aujourd’hui, il en n’existe plus qu’un, il s’appelle port minervois. Maintenant Homps est très connu par ses bars restaurants, ses guinguettes et sa base de loisir qui sont le poumon économique de la commune. Sur notre gauche file la route en direction de Lézignan-Corbières, et sur notre droite celle qui conduit à Ollonzac. Dans la contrée est érigée, une croix des chevaliers de Malte. Sur notre droite, nous longeons toujours la montagne noire. Nous nous dirigeons vers Varodorque, qui possède la plus ancienne coopérative vinicole de la région, où il fallait harmoniser le travail de tous, des fainéants et des vaillants, ce qui fut un véritable casse tête. Dans les parages, se jette la tumultueuse Argent double, dans le canal du midi, on y trouve aussi un pont canal.
 Dans la région, José Barthez, ancien éclusier est très connu, il est sculpteur à ses heures, il expose gratuitement, tout au long des berges du canal du midi, des personnages et des animaux fantastiques, du mois d’avril au mois de novembre. Le paysage est pollué, par une armée de poteaux électriques. En face de nous, un nouveau champ d’éoliennes, ça gâche l’environnement, quel dommage. 
Nous abordons Rieux-Minervois, qui possède une église polygonale, elle est à 7 pans et 14 côtés. L’ensemble est inscrit dans un cercle, le dôme est soutenu par 7 arcades. Pourquoi cette église est si différente des autres, parce qu’elle était liée au culte mariale de la sainte Vierge. L’ancien testament disait, la sagesse a bâti sa maison, en dressant 7 colonnes, et Marie est toujours assimilée à la sagesse, nous sommes donc devant la représentation de la sagesse. L’église possède des chapiteaux, qui sont décorés de végétaux, d’animaux, de figures humaines et une assomption de la Vierge, qui est un vrai chef-d’œuvre, que l’on doit au maître de Cabestany. La mairie de Rieux-Minervois, possède une magnifique façade du XIX.me siècle. La commune est toute en longueur, il y a une grande communauté arabe qui y réside, elle est très bien intégrée, la plupart de ses ressortissants travaillent dans l’agriculture. Auparavant dans tous les villages, il y avait la confrontation entre les blancs et les rouges, ce qui a disparu de nos jours. Rieux-Minervois, est caractérisé par ses splendides remparts Nous approchons de Cosne-minervois, mondialement connu, pour son marbre rouge. Nous roulons dans un environnement verdoyant et paisible, qui est l’emblème de la montagne Noire. 
Nous traversons Villeneuve- Minervois, qui produit le meilleur vin d’appellation minervois, c’est aussi le royaume de la truffe dite or noir. Rieux-Minervois, possède de belles maisons en pierre, un tilleul est planté sur la place principale. Voici la présentation de la montagne Noire : 
La montagne Noire, qui abrite à ses pieds la ville de Mazamet dans le Tarn, est un massif montagneux situé à l’extrémité sud-ouest du Massif central, en France. Il sépare les départements du Tarn, de l’Hérault, de l’Aude et de la Haute-Garonne. 
La montagne Noire est partagée entre quatre départements, l’Aude et le Tarn en sont les principaux tandis que la Haute-Garonne et l’Hérault en sont les bordures. Le massif, orienté est-ouest, présente deux visages:
 le versant nord abrupt est couvert de forêts sombres de chênes, de hêtres, de sapins et d’épicéas. La ville de Mazamet est située au pied de ce versant.
 Le versant sud est moins abrupt et comprend deux principaux pays: le Cabardès au sud qui s’étend jusqu’à Carcassonne, le Minervois à l’est et une partie du Lauragais à l’ouest. De nombreux endroits de ce versant permettent d’observer de beaux panoramas de la chaîne pyrénéenne (Pradelles-Cabardès, Saissac, Cuxac-Cabardès).
 Son point culminant est le pic de Nore, à 1210mètres d’altitude dans le département de l’Aude; le sommet est couronné d’une importante antenne TDF de 100 mètres. La montagne Noire est incluse pour partie dans le parc naturel régional du Haut-Languedoc. 
La montagne Noire au sens strict, s’érige à la fin de l’Éocène, à cause de la compression due au rapprochement de l’Ibérie et la formation des Pyrénées. C’est la faille de Mazamet qui permet cette érection sur 1200 mètres. 
Les roches constituaient un ancien massif hercynien (-360 millions d’années à -300 millions d’années). Les nappes de charriage inversées (les roches les plus anciennes se trouvent au-dessus des roches les plus jeunes) au sud-ouest du massif sont très célèbres.
 La montagne Noire au sens large (des géologues) 
La montagne Noire des géologues est nettement plus large que celle des géographes. Elle s’étend presque jusqu’à Castres et Camarès et incorpore ainsi les Monts de Lacaune, le Sidobre et les Monts de l’Espinouse. 
Ce massif montagneux se décompose en trois zones. Un versant septentrional, constitué d’écailles déversées vers le sud-est. Un versant méridional composé d’un empilement de nappes-plis couchés très complexe. Et enfin une zone axiale constituée de dômes gneissiques (ortho et paragneiss) et de granites encadrés par des métasédiments (sédiments métamorphisés). 
Le climat est assez doux dans l’ensemble, de type Atlantique sur le versant nord et méditerranéen au sud-est, mais assez venteux. Cependant, dans le Cabardès et le versant nord, il y est plus frais. L’été est moins chaud que dans la plaine grâce aux forêts humides et l’hiver est souvent frais avec des chutes de neige régulières sur les hauteurs. Dans le Minervois, le vent est plus présent (Cers et Marin se relaient) mais le soleil également. 
Côté versant nord et Cabardès, la densité de la forêt de la montagne pourrait être à l’origine de son nom. Elle comporte environ 55% de feuillus et beaucoup de résineux.
 Le Cabardès est avant tout une région forestière et sauvage, tout comme le versant nord. La nature y est préservée et les épicéas, sapins, hêtres, et autres châtaigniers constituent les principales essences d’arbres. La dense forêt de la Loubatière est un bon exemple de cette diversité avec également de nombreuses espèces végétales et animales. Il est d’ailleurs fréquent de croiser des chevreuils et sangliers au détour d’un chemin.
 Plus bas en altitude, sur les coteaux, poussent les vignes de l’AOC Cabardès jusqu’aux portes de Carcassonne.
 Cette région est également parsemée de lacs, servant essentiellement comme retenues d’eau pour le canal du Midi. On peut citer par exemple le Lampy,
 Laprade (connu pour ses anciennes forgeries), La Galaube ou encore Saint-Ferréol qui s’ouvre sur le Lauragais. Ces lacs ont une teinte très sombre et l’eau y est minérale en raison de la géologie de la région.
 Le Minervois quant à lui possède la nudité et l’aridité des zones méditerranéennes avec chênes verts, oliviers, pins et garrigue. C’est pourtant là que coulent, dans de profondes gorges, les eaux des rivières de la région. Là aussi, de nombreuses espèces animales et végétales cohabitent. Les lapins, lièvres, sangliers et autres petits gibiers peuplent cette région faite de vignes et de pinèdes.
 En fin d’été et à l’automne, les forêts de la montagne Noire sont arpentées par les cueilleurs de cèpes, lactaires délicieux (ou rousillous en occitan) et châtaignes, mais aussi les chasseurs et autres promeneurs venus admirer les couleurs changeantes et les beaux panoramas que le massif offre sur les Pyrénées dans ses hauts points. 
Les eaux de la montagne Noire ont servi à alimenter le canal du Midi. Sous Louis XIV, Pierre-Paul Riquet, fermier des gabelles, eut pour mission de relier Toulouse à la Méditerranée. Ce fut le début d’un long chantier: 
le canal du Midi. Une grande difficulté se dressait: comment alimenter en eau cette voie fluviale? Pierre-Paul Riquet eut l’idée de faire construire trois lacs en cascade, alimentés par des rigoles, dont le dernier fut le lac de Saint-Ferréol. Là se trouve la machinerie qui permet de réguler l’alimentation et de stabiliser le niveau d’eau dans le canal. Hier voie marchande et aujourd’hui de plaisance, le canal du Midi reste une œuvre française majeure. Son nom a été donné à beaucoup d’avenues, de rues et d’établissements scolaires.
 La montagne Noire a accueilli en avril 1944 des corps francs composés de jeunes de la région mais aussi de réfugiés juifs, de mineurs maghrébins, de républicains espagnols et d’autres antifascistes. 
Mazamet s’est développée fortement à partir du XVIIIesiècle grâce à son industrie du délainage rendue possible par les eaux de l’Arnette et du Thoré qui permettaient de laver la peau et surtout la laine exploitée par l’industrie textile. Les deux dernières usines de délainage ont fermé leurs portes en 2004. 
La dernière mine d’or de France, exploitée à Salsigne dans l’Aude, a également fermé en 2004. Elle a donné jusqu’à 2 tonnes d’or par an[3], 3,4 tonnes d’argent, 1000tonnes de cuivre et quelques milliers de tonnes d’arsenic.
 L’exploitation minière de cette zone est fort ancienne: les Romains y extrayaient déjà du fer, du cuivre et du plomb.
 Au village de Dourgne, qui compte 1275 habitants, on exploite encore une ardoisière et des carrières de pierre. Des carrières de granite réputées sont exploitées dans la région du Sidobre. Le marbre rose de Caunes-Minervois est utilisé depuis longtemps (décorations du château de Versailles notamment).
 Mine d’or de Salsigne (fermée). 

Nous commençons à gravir le plateau, nous sommes entourés de genêts, La zone est très escarpée, nous effleurons des rochers qui forment des sortes de mille feuilles. Nous sommes surplombés par un abrupt, il est recouvert malgré tout, de forêt, au fond de la vallée, on distingue la rivière, Argent double. La pente devient de plus en plus raide, les arbres sont de plus en plus rabougris, nous sommes devant un magnifique panorama. Enfin, nous sommes en vue du parking du gouffre de Cabrespine, que nous allons découvrir. Nous pénétrons dans le gouffre, accompagné d’un guide, qui va nous expliquer la découverte de cette merveille, dont voici la présentation :

 Dominant le petit village de Cabrespine dans le département de l’Aude, à proximité du pic de Nore point culminant de la Montagne noire, le Gouffre géant de Cabrespine est une des plus grandes grottes du monde ouvertes au tourisme. Elle fait partie de l’ensemble de grottes à concrétions du sud de la France inscrite en 2000 sur le liste indicative du Patrimoine mondial naturel[1]. Dans les entrailles de la Montagne Noire, le patient travail de l’eau a creusé, des milliers d’années durant, une immense grotte.
 Le gouffre Géant est un véritable joyau du monde souterrain. Connu pour ses dimensions impressionnantes 80 m de large pour 250 m de profondeur, il est réputé à travers le monde pour sa richesse en formations. On y trouve tout ce que le milieu souterrain offre de plus prestigieux: disques, excentriques, aragonites. Aussi appelé « Gouffre géant de Cabrespine », l’entrée actuelle est appelée la grotte de «Gaougnas». 
Localisation par le spéléo-club de l’Aude; il est toutefois cité dans des documents remontant au XVIe siècle, et on y a retrouvé de nombreux vestiges attestant son utilisation ancienne par les hommes, dont des poteries et des outils en tout genre. 
Des spéléologues célèbres ont parcouru Cabrespine et sont restés éblouis par sa beauté, ainsi, en 1981, Michel Siffre déclarait: «J’ai vu à Cabrespine des bouquets d’aragonites d’une taille unique au monde».
 En 2008, ont été fêtés les 40 ans de la découverte du Gouffre Géant de Cabrespine, mais aussi par la même occasion les 20 ans de son ouverture au public. Toutefois, l’histoire de cette grotte ne se résume pas à ces deux dates. Depuis des temps immémoriaux, l’histoire du Gaougnas est liée à celle des hommes de la Clamoux, des vestiges découverts dans les premières salles du réseau souterrain, témoignent d’une longue occupation du site qui remonterait à l’âge du bronze.
 Bien que les fouilles dans l’abri sous roche du Gaougnas n’aient pas toujours été guidées par un esprit scientifique, elles ont toutefois permis d’exhumer un nombre important de matériaux. Des études sérieuses, ébauchées en 1934 par le docteur Cannac et conduites ensuite par Jean Guilaine ont donné lieu à de nombreuses découvertes.
 Plus prés de nous, les premiers documents écrits, datés de l’an 1570, font apparaître qu’au mois de mai 2012, les meuniers de Villeneuve Minervois et d’autres villages en aval s’associent, afin d’acheter une partie de la prairie attenante au lieu-dit du Gaougnas dans le but avoué de détourner le lit de la Clamoux et d’éviter ainsi de la voir se perdre dans le «Reboul», tourbillon par lequel les eaux s’infiltraient à l’entrée de la grotte.
 Ce n’est que sous Napoléon III, que le fameux trou appelé «Reboul», sera obstrué, à la faveur de la construction de la route actuelle, reliant Villeneuve à Cabrespine. Ces travaux comblent donc la perte connue de la rivière, mais n’empêchent pas cette dernière de trouver de nouveaux passages et de retourner à son lit souterrain. À la faveur de ces travaux, l’entrée du Gaougnas est, elle aussi, bouchée, et l’on n’entendra plus parler de la grotte pendant de longues années. Ce n’est qu’en 1880 que la grotte se rappellera à la mémoire des hommes de la Clamoux à travers un fait divers dramatique: cette année-là durant le mois de juin, Baleste Pierre, habitant de la commune, fait une chute mortelle dans le Barrenc. C’est le garde champêtre du village qui remontera le corps meurtri du malheureux et deviendra ainsi bien malgré lui, le premier spéléologue à pénétrer dans cette salle à ciel ouvert, à la fois profonde (environ 150 m) et spacieuse. Ce même Barrenc d’où l’on peut voir parfois sortir de grosses volutes de vapeur d’eau marquant l’arrivé de l’hiver, sera des années plus tard le théâtre d’un autre fait divers bien moins dramatique. En 1927, un chien jeté dans l’Aven retourne chez son maître en sortant par le Gaougnas, démontrant ainsi la liaison entre les deux cavités.
 L’année suivante, le travail continu des eaux fait s’effondrer les terrains au bord de la route à l’entrée du village; monsieur Bordel, alors propriétaire des lieux, fait agrandir une excavation, explore quelques galeries et retrouve le passage du Gaougnas. Il faudra attendre une bonne vingtaine d’années et l’acharnement d’une poignée de spéléologues pour que durant l’année 1959 la jonction entre le Gaougnas et le Barrenc soit effectuée à la faveur de travaux de désobstruction qui auront duré plus de 2 mois. À cette occasion quelques mètres de rivière souterraine seront mis à jour. Trois années plus tard, en 1961, une coloration des eaux de la Clamoux vérifie la légende selon laquelle des canards lâchés dans le «Reboul» seraient ressortis vivants face aux quatre châteaux cathares de Lastours. A partir de ce moment-là, l’existence d’un réseau souterrain de grande envergure entre Lastours et Cabrespine est prouvée. Des dizaines d’explorations infructueuses seront alors effectuées afin de trouver le passage permettant de pénétrer ce réseau tant convoité. Mais il faudra encore patienter jusqu’à l’été 1968 pour que deux spéléologues, au prix de nombreux efforts, forcent le passage de la rivière, et débouchent émerveillés au pied de la grande salle du Gouffre Géant. Aménagé depuis 1988 pour le public, le gouffre géant de Cabrespine est cité dans des documents remontant au XVIesiècle (1570).
 Celui-ci a été cependant utilisé depuis longtemps par des hommes.
 On retrouve de nombreux vestiges du passé (poteries, poignards en bronze,…) aux environs de l’entrée actuelle, appelée la grotte de «Gaougnas». 
C’est par le bas de ce gouffre géant, après un long et pénible cheminement, que les premiers explorateurs ont pénétré dans cette cavité gigantesque.
 Au delà de la partie ouverte au public, le vaste réseau souterrain, parcouru par une rivière souterraine, se développe sur plusieurs kilomètres. Les eaux de cette  » rivière sans étoiles  » revoient le jour au pied du château cathare de Lastours. 
La variété des cristallisations est exceptionnelle en cristaux de calcite et d’aragonite, richement colorés par des oxydes métalliques (fer et manganèse).
 Les Salles rouges, ainsi nommées pour les teintes ocre vif dues à la présence d’oxyde de fer, comportant disques, énormes plateaux de cristallisation littéralement suspendus à la voûte et dont le poids peut atteindre plusieurs centaines de kilos.
 Comme la plupart des grandes grottes, le Gouffre Géant de Cabrespine a été creusé par les eaux à travers le massif calcaire. La rivière de la Clamoux se perd juste à la sortie du village de Cabrespine et prés de 10 mois par an en aval de ces pertes, elle n’est qu’une rivière de galets, toute l’eau allant dans le fond du Gouffre, au grand dam des habitants des villages à l’aval qui dès le Moyen Âge, déploraient cette capture des eaux. La tradition populaire faisait ressortir les eaux au-dessus de Lastours, à la résurgence du «Prestil». La preuve en était des traversées souterraines de canards qui ayant disparu à hauteur du Gaougnas seraient réapparus dans le courant des eaux tout près des Châteaux Cathares de Lastours. Plus sûres, indiscutables même, sont les colorations des eaux à la fluorescéine, pratiquées par les spéléologues. À ce jour, la rivière souterraine a été parcourue et partiellement explorée sur environ 17 kilomètres. Des plongées ont même été tentées sous des voûtes mouillantes, mais personne encore n’a pu suivre complètement le «chemin des canards». La rivière souterraine au fond du Gouffre est déjà 36 mètres plus bas que la perte. Son débit est important, entre 320 et 350 m3 à l’étiage. Il augmente certes lorsque la Clamoux est en crue mais dans de faibles proportions. 
Le site est praticable toute l’année, il compte une moyenne annuelle de 100000 visiteurs. Le gouffre a obtenu en 2005 le label Tourisme Handicap. 
D’autres attractions sont disponibles aux alentours du Gouffre de Cabrespine. 
En plus de la Grotte de Limousis, la région dispose de nombreux chemins de randonnées entretenus par le GRAAL[7] et répartis entre les villages de Cabrespine, Castans et Pradelles. 

Lors de la visite, nous avons pu toucher les stalactites et les stalagmites, la température intérieure est de 15 degrés, des barriques de vin y ont été stockées, afin d’étudier la maturation et le vieillissement du vin, dans un lieu riche en humidité. Nous circulons au milieu de magnifiques concrétions, sous une voûte assez importante, et en dessous de nous, au fond du gouffre protégé par une barrière, on entend la rivière souterraine. Le guide nous fait assister à un superbe jeu de lumière, accompagné par une musique de circonstance. Après une heure de visite, nous regagnons l’air libre, pour rejoindre notre bus.
 Nous redescendons à Villeneuve-Minervois, nous devons rejoindre, Roquefère, où nous allons déjeuner. 
Rosmay, nous raconte l’histoire des cathares, que nous avons déjà abordé, dans nos précédentes sorties dans l’Aude et en Ariège et plus particulièrement à Montségur. 
Nous traversons un village, dont la façade est arborée d’un trompe œil. Nous apercevons un moulin à vent, qui fanfaronne de ses 4 pales. Nous sommes à la route de jonction, qui mène à la mine d’or de Salsigne, qui est aujourd’hui fermée. Nous longeons la rivière Clamoux. Au détour de la route, nous pouvons admirer les châteaux de Lastour, qui se dressent fièrement sur leur éperon rocheux. Voici la présentation des châteaux de Lastour : 

Les châteaux de Lastours (en occitan Las Tors, litt. ‘Les tours’) sont quatre châteaux du pays cathare situés dans la commune de Lastours dans le département de l’Aude en région Languedoc-Roussillon. Les quatre châteaux sont construits sur un éperon rocheux au-dessus du village de Lastours, isolés par les profondes vallées de l’Orbiel et du Grésillou. Ils étaient le verrou du Cabardès d’où le nom du château principal: Cabaret. Ils sont bâtis à 300mètres d’altitude dans le même axe: Cabaret, la Tour Régine, Surdespine et Quertinheux légèrement en retrait. Le site est classé monument historique depuis 1905 et des fouilles archéologiques sont toujours en cours.
 Ces quatre châteaux font partie d’un seul ensemble même s’ils n’ont aucune structure en commun. Le contexte naturel du site a permis de faire l’économie d’une forteresse de grande taille. Les plans ont été adaptés aux rochers sur lesquels ils sont construits. La construction est parfois hétérogène du fait de l’étalement des remaniements effectués sur les châteaux.
 Au Moyen Âge, le site appartient aux seigneurs de Cabaret, mentionnés pour la première fois en 1067. Leurs richesses proviennent notamment de l’exploitation des mines de fer. Seuls trois châteaux sont probablement construits au XI.me siècle et leur emplacement ont évolué dans le temps suivant les destructions et reconstructions successives. À cette époque, les seigneurs de Cabaret sont au moins au nombre de 22.
 Les châteaux ont vécu les événements de la croisade contre les Albigeois.
 En effet, les seigneurs de Cabaret sont très liés aux adeptes du catharisme.
 Les villages aux alentours des châteaux ont accueilli de nombreux cathares.
 La forteresse appartient à l’époque à Pierre Roger de Cabaret fidèle de Raymond-Roger Trencavel qui a combattu à côté de lui lors de la défense de Carcassonne. Le site subit dès 1209 les attaques de Simon de Montfort.
 Le site résiste victorieusement aux attaques. Mais le croisé Bouchard de Marly alors seigneur du château de Saissac est fait prisonnier par Pierre-Roger.
 Sa libération est négociée contre la reddition de Cabaret en 1211.
 En 1223, les seigneurs de Cabaret reprennent leurs terres et Cabaret devient le siège de l’évêché cathare du Carcassès. Le seigneur Pierre-Roger résista pendant de nombreuses années aux attaques de Simon de Montfort. Mais en 1227, les châteaux sont de nouveau assiégés par Humbert de Beaujeu. En 1229, Cabaret capitule.
 Les villages et châteaux sont pillés puis reconstruits pour devenir des forteresses royales. La Tour Régine est construite par ordre du roi pour affirmer sa suprématie. Ils deviennent le centre administratif et militaire de six communautés formant la châtellenie du Cabardès. Au XVIesiècle, les châteaux sont occupés par les protestants. Ils en sont délogés par le maréchal de Joyeuse en 1591.
 Les quatre châteaux sont classés au titre des monuments historiques en 1905.
 Avant la croisade contre les Albigeois, les châteaux ne sont qu’au nombre de trois et ne sont pas disposés sur la crête. Les villages entourent les noyaux castraux de la même façon: avec des maisons, des forges et des citernes situées autour d’un donjon haut et étroit. On retrouve des traces de village sur le versant ouest aménagé en demi-cercle suivant les courbes de niveau autour de la résidence seigneuriale. 
Au XIII.e siècle, le roi décide la destruction des trois tours seigneuriales et de leurs habitations afin d’éliminer tout refuge de Cathares. Les châteaux sont cependant reconstruits sur les crêtes afin de les rendre moins accessibles aux tirs des ennemis.
 Les châteaux de Lastours sont un pôle d’activité religieuse cathare important durant le XIII.me siècle. Le village castral abritera de nombreuses maisons de parfaits et des évêques cathares vont séjourner à Cabaret: Arnaud Hot, Pierre Isarn et Guiraud Abith. En 1229, la forteresse est le fer de lance de la résistance cathare en terre languedocienne. Cette époque est appelée Guerre de Cabaret.
 Les quatre châteaux sont placés en haut de la crête sur un axe nord-sud: Cabaret, Tour Régine, Surdespine et Quertinheux. Ils contrôlent les principales voies d’accès dans le Cabardès et la montagne noire.
 Le château de Cabaret est la citadelle principale avec un système de défense de type barbacane. Il est constitué d’une tour au nord, d’un donjon au sud et d’un corps de logis au centre. Le tout est entouré de remparts avec un chemin de ronde posé sur des arcades aveugles en arcs brisés. L’ensemble est construit avec un appareil irrégulier et des pierres de taille pour les angles et les ouvertures.
 La Tour Régine est la forteresse la plus récente et la plus petite de l’ensemble.
 Elle est constituée d’une tour entourée d’une courtine dont les murailles sont effondrées. Au sous-sol, la tour contient la citerne la plus vaste des quatre châteaux. La tour est constituée de trois étages desservis par un escalier à vis. La pierre de calcaire blanc utilisée est identique à celle de Cabaret. 
Surdespine, le château est le moins bien conservé des quatre. Il est constitué d’une tour carrée, d’un logis et d’une citerne. Une courtine de plan rectangulaire protège l’ensemble. Il se caractérise par la rareté de ses meurtrières et par ses quatre fenêtres en plein cintre.
 Le château de Quertinheux (en occitan Quertinhos) est placé le plus au sud de la crête sur un piton rocheux isolé. Il est constitué d’une tour circulaire et d’une courtine polygonale. Une avancée en chicane défend l’entrée du château. Il surplombe les restes d’une église romane détruite. 

Sur notre gauche nous frisons les rochers, et sur notre gauche, c’est la Clamoux qui suit son cours. Nous sommes entourés d’oliviers, de saules et de pins. Le bois est encore une des richesses de la région, on y compte encore quelques scieries. La route est de plus en plus étroite est sinueuse, nous approchons de Roquefère, nous sommes débarqués du bus, au pied du village. Nous le parcourons en longeant la rivière qui est protégée par un parapet en pierre, nous partons à l’abordage de l’auberge Sire de Cabaret, où nous sommes attendus pour un excellent repas pris sur la terrasse. Voici la présentation de Roquefère : 

Roquefère est une commune française, située dans le département de l’Aude en région Languedoc-Roussillon.
 Ses habitants sont les Rocaférais. La commune compte 68 habitants, elle s’étend sur 8 kilomètres carrés et s’étale entre 299 et 983 mètres d’altitude. 
Le village est situé à 330 m d’altitude au coeur du Cabardès. Il est encaissé dans un méandre de la vallée du Rieutort, affluent de l’Orbiel. Il est dominé par son château bâti sur un éperon rocheux et toujours habité de nos jours. Il comprend aussi deux hameaux perchés: Saint-Julien et Cubserviès, respectivement à 650 m et 730 m d’altitude, accessibles par une route étroite et sinueuse qui grimpe à flanc de montagne. Roquefère est distant de 25 km de Carcassonne. 

C’est sous un soleil radieux, que nous continuons notre circuit, nous revoici à Villeneuve-Minervois, nous prenons de l’altitude, par une route sinueuse, pour atteindre le plateau qui se trouve au pied du pic Nore qui est le point culminant de la montagne Noire. La forêt s’épaissit de plus en plus, nous sommes sur le plateau, nous traversons la commune de Pradelles Cabardès. C’est un village très calme, qui à l’aspect de haute montagne, il est entouré de pâturages voués à l’élevage, de châtaigneraie, d’hêtraie, il est groupé autour d’une très belle église. Elle est romane qui possède une tour octogonal, le tout est recouvert d’un superbe toit de lauze. Le village est parfaitement ensoleillé, il est au sud du pic Nore qui le protège. Le village est composé de belles maisons avec jardins, qui sont desservies par de petites ruelles, qui se prêtent à la flânerie. Pradelles Cabardès, était reconnu pour son glacier, un puits d’une dizaine de mètres de profondeur, surmonté d’une construction de schiste, à double ouverture. Par l’une d’entre elle, on y introduisait la neige, et l’autre servait à retirer celle-ci, qui s’était transformée en glace. Les glaciers découpaient des blocs de 50 kilos de glace, qu’ils transportaient dans les plaines de l’Aude, pour les vendre aux commerçants et aux riches bourgeois. Cette activité apporta une certaine prospérité au village, et aux habitants de la montagne Noire, jusqu’à l’apparition des réfrigérateurs domestiques. Nous roulons sur le plateau, le paysage est pollué par l’apport de poteaux électriques, qui cèdent l’hiver sous le poids de la neige. Nous sommes dans une zone à champignons, et propice aux loups, qui pour l’instant n’y sont pas encore arrivés. Nous roulons dans une belle pinède, au-dessus de laquelle on distingue le pic Nore. . Le plateau se situe à 750 mètres d’altitude, nous voici en vue de la ferme aux lamas, qui se situe sur la commune de Castans. La ferme est consacrée à l’élevage de lamas, elle en possède une dizaine, qui sont parqués sur les 3 hectares de la propriété, et d’une dizaine d’autres hectares loués. Nous sommes au milieu de châtaigniers, nous sommes accueillis par le couple, qui gère et anime la ferme. Par un sentier forestier, nous descendons au parcage, où évoluent les lamas. Nous abordons le comportementaliste animale, et apprendre la vie du lama, mythique dans leur pays d’origine. Nous commençons par la salle de bains du lama, c’est l’endroit où il s’ébroue et se roule, pour entretenir sa fourrure et se défaire des parasites qui s’y réfugient. A proximité, on distingue l’endroit où ils défèquent, c’est pour ainsi dire, les toilettes. Tous les lamas crottent au même endroit, aucun crottin n’apparaît sur le domaine, autre qu’à cet endroit. Le crottin entoure le territoire, c’est la façon par laquelle, les lamas marquent leur territoire. Nous nous dirigeons vers la salle à manger des lamas, dans laquelle ils font la sieste. Le lama fait partie de la familles des camélidés, qui comprend le chameau, le dromadaire et 4 sortes de lamas. On trouve le chameau dans les déserts d’Asie, le dromadaire évolue dans les déserts africains, et les 4 sortes de lamas se concentrent en Amérique du sud. Dans la chaîne de montagnes, qui fait 8000 kilomètres de long, qui culmine à 7000 mètres d’altitude, le mont Blanc, à côté n’est qu’un nain. Les lamas sont concentrés dans une zone, que l’on appelle, l’alti plano. Elle comprend le sud de l’Equateur, le Pérou, la Bolivie, le nord du Chili et le nord ouest argentin. L’alti plano, est le pire désert de la planète, où des endroits ne voient jamais une seule goutte d’eau. Par contre on y trouve des mers de sel, lequel a fait la richesse des incas. L’alti plano, se situe entre 3800 et 6000 mètres d’altitude, à cette dernière on y trouve le plus petit des lamas, la vigogne, qui est aujourd’hui en danger. C’est l’herbivore qui pâture le plus haut, sur notre planète, jusqu’à 6000 mètres d’altitude. L’alto plano est sous les tropiques, les journées sont très chaudes, jusqu’à une trentaine de degrés, par contre les nuits vont être glaciales, c’est souvent du moins 10 degrés. C’est un pays où c’est l’hiver toutes les nuits, et l’été tous les jours. L’alti plano, est l’endroit où l’on a la plus grande amplitude de température, entre le jour et la nuit. Les lamas ont un estomac de camélidés, ce sont des pseudos ruminants, ils ruminent comme la chèvre, le mouton et la vache, ils ont des estomacs très performants. Leur panse est tapissée de petites poches, ou ils peuvent stocker l’eau pour plusieurs jours. Le lama a aussi besoin d’un vêtement très particulier, pour s’en rendre compte, on peut les caresser, sous le poitrail et sur le cou, mais jamais sur la tête ou sur les fesses. Leur fourrure est d’une laine très douce et fournie, elle est beaucoup plus épaisse que celle du mouton. En la soulevant, on s’aperçoit que la laine est très légère, elle est creuse, c’est un isolant thermique, le soleil ne peut pas traverser son manteau, et ce qui fait que le lama se trouve à l’ombre du soleil. En plus il est rafraîchit par en dessous. On distingue entre les pattes du lama, sur son ventre et sur son poitrail, il n’y a pas de laine, un lama qui est debout, se trouve donc rafraîchit par-dessous. Quand il fait froid la nuit, le lama se couche, se faisant on ne voit pas ses pattes, un lama couché, est une sorte de sac de couchage, sur lequel on a fermé la fermeture éclair. Il est engoncé dans sa laine, il ne peut donc pas avoir froid. Dans l’alti plano, en plus de rien y trouver à boire et peu à manger, c’est un lieu également très dangereux. On y trouve des prédateurs, le puma, une panthère à couleur grise et beige, que l’on a du mal à distinguer dans le désert. Un bébé lama, à la naissance pèse entre 6 et 8 kilos, le condor en raffole, il est l’oiseau le plus puissant au monde, dans ceux qui volent. On s’aperçoit que la vie de lama est très difficile, dans ce contexte qui lui est hostile. Il est donc obligé, d’avoir une vie sociale, la plus poussée que l’on connaisse. Les lamas pour survivre ne vivent pas en troupeau, ils vont vivre comme les êtres humains, en famille. Qui se compose entre 6 et 15 individus, les lamas sont semi nomades, les familles doivent trouver un endroit pour boire et manger, ouvrir et baliser un territoire, qui s’amenuisera très vite en nourriture, il faudra donc souvent déménager. Les petites familles s’organisent autour d’un grand chef, qui est systématiquement, la plus vieille femelle. Sur la ferme, elle s’appelle ivona, elle a une vingtaine d’années, si l’on compare à l’homme, elle aurait 80 ans. La gestation chez les lamas est très particulière, pour commencer, il n’y a jamais de jumeaux, la gestation va durer 11 mois. Le bébé, comme pour les êtres humains peut naître à n’importe quel moment dans l’année. La femme est sur un cycle lunaire de 27 jours, le cycle d’ovulation. La femelle lama, a un cycle sur une demi lune, 13 jours et demi. Au bout des 11 mois, les femelles lamas, sont les seuls mammifères, qui vont encore disposer de 3 semaines, devant elles, pour choisir à la seconde, l’instant de la mise bas. La femelle lama, ne mettra jamais bas la nuit, il fait bien trop froid, la naissance sera provoquée, entre 10 heures du matin et 15 heures de l’après-midi. Un jour de beau temps, car il faut que le bébé soit sec avant la nuit. La mise bas est un travail collectif, toute la famille cherche un endroit propice, où il n’y a aucune odeur et trace de puma, et toute la famille sera autour de la femelle au moment de la mise bas, pour la protéger. Le chef de famille, la plus vieille femelle, lors de sa gestation, passe son rôle à la femelle la plus ancienne en âge de la famille, qui ne soit pas en gestation, rôle qu’elle reprendra ensuite, après la mise bas, c’est de la délégation de survie et intelligente. Ce qui veut dire, qu’avant de devenir chef de famille à part entière, toutes les femelles assurent ce rôle, au gré des gestations à l’intérieur de la famille, elles peuvent donc se former avant de devenir chef de famille reconnu. Les chefs de familles, sont appelés les dominantes, elles décident donc de tout. C’est une société pour les femmes, où les hommes leurs sont soumis. Elles éduquent les jeunes lamas, elles choisissent leur lieu de vie et en déménagent quand la nourriture en devient rare. Elles mettent les mâles au travail, et elles décident même, quel sera le mâle reproducteur, un seul dans chaque famille. Les autres attendent leur tour, les jeunes partiront pour créer leur propre famille. Le mâle reproducteur a un rôle ingrat, il est le protecteur de la famille, c’est lui qui prend tous les risques. Les femelles lamas ne choisissent pas, le plus beau des mâles, elles mettent les mâles au travail, et elles choisiront le plus compétent. Le mâle protecteur, ouvre un territoire, puis il le balise en répandant les crottins. Au milieu de son domaine, on laissera une zone interdite, dans laquelle il sera interdit de ponctionner de la nourriture, cette réserve représentera 3% de la surface du territoire occupé par une famille lama. Sur le territoire de la ferme, que nous visitons, nous pouvons voir cette zone taboue. Les lamas, quand ils quittent leur territoire, ils laissent une réserve de végétation, qu’ils ont su sauvegarder. Elle contient tous les ingrédients et les graines, afin que l’ensemble du territoire soit de nouveau ensemencé. Les scientifiques ont calculés, que dans un territoire aussi fragile, que les déserts de haute altitude ou alti plato. Les lamas, s’ils n’avaient pas inventé la zone de réserve de leur territoire, ils auraient détruit leur milieu et disparu. En tout cas, les lamas donnent une belle leçon d’écologie, que les hommes devraient appliquer dans tous les domaines. Le mâle protecteur doit aussi protéger sa famille, contre les prédateurs, c’est à lui d’affronter les pumas. Bien sûr, il ne peut pas être toujours éveiller, il doit aussi dormir, manger et se reproduire. Il ne peut pas surveiller son territoire nuit et jour, les mâles lamas se remplacent donc. Il y a toujours un lama isolé qui guette, tout ce qui se passe autour du territoire, on l’appelle le guetteur. En cas de danger, le guetteur pousse une sorte de hennissement, très aiguë et strident, il pointe les 2 oreilles sur le danger. Instantanément, toute la famille va se lever, guetter le guetteur, et partir du côté opposé d’où vient le danger. Par contre le mâle élu protecteur, va foncer sur le prédateur, les lamas n’ont pas d’incisives supérieures, ils ne peuvent donc pas mordre. Un lama ne peut pas donner de coup de sabot, il n’en possède pas, il a des coussinets. Le lama n’est donc pas armé, pour se battre avec un félin, tel que le puma. Le lama arrive sur le puma, en ayant fait remonter de sa panse, comme s’il avait ruminé, une grosse boule d’herbe pleine d’eau et de salive. Il passe devant le puma sans s’arrêter, il projette son bol alimentaire, directement dans les yeux de son ennemi. Le puma est aveuglé, il a plein d’herbe dans les yeux. Le temps que le puma se débarbouille, le lama a le temps de se sauver, et quand le puma retrouve la vue, il va avoir une très mauvaise surprise. La salive aura pénétré les babines du fauve, elle se sera déposée sur les naseaux du puma. La salive des lamas, des centaines de fois plus forte, l’odeur corporelle de toute la troupe de lamas. Elle est si tenace, qu’il faudra plusieurs heures au puma, avant qu’il puisse retrouver la piste. Le seul moyen de se défendre pour un lama, c’est de cracher, il arrive à bout des grands félins sans leur faire de mal. Les femelles éduquent les petits lamas, en leur inculquant quelques règles, comme faire leur besoin dans un endroit précis, à 3 mois un bébé lama, et pour ainsi dire propre. Le jeune lama est sevré à 8 mois, on lui fera comprendre qu’il ne faut pas aller se nourrir dans la zone de repousse, en le chassant avec le poitrail d’une des femelles. A un an, il aura compris le sens et la nécessité de la zone de repousse. C’est à partir de 18 mois, qu’un jeune lama, va commencer à surveiller le territoire en devenant guetteur. Le lama est un vrai trouillard, au début le jeune guetteur, a peur de n’importe quoi, comme de son ombre ou d’une souris qui lui passe entre les pattes. Au moindre bruit, il alarme toute la famille, tout le monde est focalisé sur le bruit émis par le guetteur, et peu de monde est ravi d’être déranger pour une simple souris. Le jeune lama va vite apprendre, à faire la différence, entre ce qu’il lui fait peur, et ce qui est dangereux pour son espèce, pour ne pas crier au loup pour rien. Les lamas sont de plus en plus utilisés pour garder les troupeaux de moutons, ils vont les alerter en cas de danger. A 2 ans et demi, les lamas émettent leurs premières phéromones sexuelles, ils sont encore jeunes et très bêtes. On a vu que les lamas vivaient en petite famille. Les jeunes lamas le savent. Il lui faut donc quitter la famille, s’il ne le fait pas, les adultes feront tout pour le chasser. Des jeunes femelles et mâles, se trouvent donc isolés, ils parcourent le désert, pour fonder à leur tour une famille. Les lamas font des centaines de kilomètres, afin de réunir autour d’eux, des lamas de leur âge, pour créer une nouvelle famille. Les lamas ne se déplacent pas au hasard, ils sont semi nomades, ils savent lire les traces trouvées sur un sentier, ce sont des messages laissés par d’autres lamas. Derrière les pattes de derrière des lamas, il n’y a pas de poil, ce sont des sortes de cicatrices, ce sont des zones de glandes, par lesquelles les lamas évacuent une molécule chimique. Que l’on appelle phéromones, les lamas en ont 4 différentes, ils vont les coder, comme nous avec les lettres et les chiffres. Avec 4 lettres, les lamas ne vont pas écrire des poèmes d’amour, mais pour la reproduction, ça suffit largement. Un jeune lama qui trouve une piste, il va savoir combien de lamas y sont passés, de mâles et de femelles, leur âge. Il va donc savoir, s’il a à faire à une vieille troupe, déjà complète qui va le repousser, ou si c’est une jeune troupe en formation, qui sera prête à l’accueillir. Les pistes sont pleines d’informations, comme par exemple, si le lama qui est passé avant lui, à eu à faire à un serpent, un puma ou un condor, tout est inscrit sur la piste. Des messages codés, lui indique même comment contourner des sables mouvants, ou un rocher infranchissable. Pour savoir la vie du lama, certains possèdent des balises argos, et on peut suivre leur déplacement par ordinateur. Par cette technologie, on sait qu’un jeune lama qui quitte sa famille, en une semaine il a parcouru plusieurs centaines de kilomètres, et qu’il est en compagnie de 3 ou 4 autres jeunes lamas. A 3 ou 4, ils se remplacent pour surveiller les alentours, au départ ce seront que de jeunes mâle. Car, une jeune femelle ne suivra la piste d’une troupe composée déjà de 3 ou 4 mâles. Ce sont toujours les mâles qui ce font manger par les prédateurs, les femelles sont toujours surprotégées, il y aura toujours les mâles entre les prédateurs et les femelles. Un lama de 150 kilos, ne mange pas plus qu’un mouton, 2,5 kilos de végétaux par jour. Une femelle donne un bébé lama tous les 30 mois en moyenne, si les femelles n’avaient pas été surprotégées, l’espèce ce serait éteinte. 
Il y a 4 sortes de lamas, nous sommes en présence de grands lamas, les plus forts, c’est grâce à cette espèce, que l’homme à pu survivre sur les plateaux désertiques, à plus de 4000 mètres d’altitude. La civilisation inca n’aurait pas existée, avec la laine des lamas ils ont pu se vêtir, et fabriquer toutes sortes de lainages, dont des couvertures. Les lamas avec leur crottin, une fois séché, ont permis de fournir du carburant pour alimenter le feu. L’homme a donc pu s’établir, sur les déserts alti plato, depuis plus de 12000 ans avant notre ère. On ne domestiquait pas les lamas, on les apprivoisait, jusqu’à ce que les occidentaux viennent foutre le bazar dans ces zones riches en métaux précieux. La richesse des incas était le sel, qu’ils commercialisaient en descendant les contreforts des hauts plateaux, à dos de lamas, ils l’échangeaient contre des tonnes de marchandises, que les lamas remontaient en haut. Sur les hauts plateaux, les occidentaux ont découvert la patate, le maïs, les tomates, les aubergines et bien d’autres légumes qui accompagnent nos plats aujourd’hui. Le lama transportait le café, il n’y en avait pas en Afrique, ce sont les occidentaux qui l’on transféré sur le continent noir. Le lama transportait aussi la fameuse cabosse, le fruit du cacaotier, avec lequel on élabore le chocolat. Les incas apprivoisaient, des lamas un peu plus petits, que ceux qui sont devant nous, et qui recherchent des caresses. Il fait 1,20 mètre au garrot, c’est l’alpaga, qui donne la fameuse laine. Les incas ne mangeaient pas les animaux qu’ils apprivoisaient, ils mangeaient la viande qu’ils chassaient. Il existe aussi le lama sauvage, le guanaco, que l’on chassait pour sa viande, sa laine est marron, en principe il a la tête noire, le guanaco a le plus grand territoire, il sévit depuis l’Equateur jusqu’au sud du Chili, soit un territoire de 6000 kilomètres de long sur les 8000 kilomètres de la chaîne de montagnes. Le guanaco, a toujours été la réserve de viande sur pattes des populations locales. Le plus petit des lamas est la vigogne, elle vit très haut, elle ne quitte jamais les grands glaciers et les neiges éternelles. C’est la vigogne qui exploite les plus hautes pâtures de la planète. Le puma ne vit pas où réside la vigogne, il aurait du mal à y respirer, entre 4800 et 6000 mètres d’altitude. La vigogne ne possède pas d’anticorps, dans son sang, elle ne peut donc pas vivre plus bas, où les microbes sont présents. La vigogne a une laine extraordinaire, la plus chère du monde, un pull en laine de vigogne, coûte 2500 euros. La vigogne a toujours été chassée, par les conquistadors, elle a été massacrée, elle est aujourd’hui protégée, mais elle est toujours en danger. On ne les tue plus, on les capture pour les tondre, ce qui compromet leur existence, car sans sa laine, comment résister au froid des lieux où elles vivent.
 Après une heure auprès des lamas, et la passion du couple qui nous les font découvrir, dans un environnement boisé, dont le calme est rythmé par la rivière qui s’écoule en fond de vallée. Nous remontons rejoindre notre bus, il est près de 18 heures, il nous faut prendre la route du retour. Pour ce faire, nous empruntons de nouveau, la minervoise, qui nous conduit à Béziers, puis par l’autoroute A9, nous filons sur Montpellier. Il est 20 heures 30, quand par petits groupes, le bus se vide, au fur et à mesure de l’approche de la gare de Montpellier.

Ce fut une agréable journée, où la météo a été clémente, ce qui nous a permis de déjeuner en plein air. Le gouffre de Cabrespine est impressionnant, la visite à la ferme des lamas a été très intéressante, et tout au long du parcours, Rosmay s’est attachée à nous décrire les paysages, tout en nous racontant l’historique des lieux traversés. C’est avec impatience, que nous attendons le mois d’octobre, pour aller découvrir Rodez et sa région. 



Michel Michelland

Cet article vous plaît ? envoyez-moi un message

Ce contenu a été publié dans cahier de vacances. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.