Pézenas et le jardin Saint Adrien juin 2015.

C’est le samedi 6 juin 2015, que le comité AVH de Montpellier, convient ses usagers et ses bénévoles, à la sortie de printemps. Pour raisons personnelles, l’ensemble des représentants officiels locaux de l’AVH sont absents, ce sont donc Catherine Glénac et Christine Papaix épaulées par d’autres bénévoles, qui assureront aux pieds levés l’organisation de la journée. C’est à 9 heures 30, que la trentaine de participants, quittent le dernier embarquement à Saint-Jean de Védas, le bus est piloté par Miroslav, qui en plus d’être un as du volant et un excellent animateur hors de son poste de conduite, bien sûr.
 Nous empruntons l’A9, nous prenons la direction de Narbonne, nous passons la sortie de Sète, puis nous voici à la sortie 34, qui dessert Agde et ses plages, ainsi que Pézenas. La sortie 34 est située sur le mont Ramus, ancien volcan de la chaîne volcanique du massif central, qui se termine sur les bords de la Méditerranée au cap d’Agde, matérialisé par le mont Saint Loup, qui domine la mer est le cap d’Agde. Quant à lui le mont Ramus, domine les villages de Bessan, cher à Daniel Villanova, et Saint-Tibéry d’où est originaire miss France 2010. Nous sommes sur la route qui relie Agde à Pézenas, nous allons en direction de cette dernière, nous passons Saint-Tibéry, Lézignan-l’Evèque et Conas, depuis Bessan, le fleuve Hérault se trouve parallèle à la route à quelques kilomètres sur notre droite. Auparavant une ligne de chemin de fer reliait Agde à Clermont l’Hérault via Pézenas, aujourd’hui entre Saint-Tibéry et aux abordes de Pézenas, a été établi un vélo rail prisé des touristes. Il est 10 heures 15, quand nous arrivons à la gare routière de Pézenas, un vrai champ de ruines, une honte pour l’accessibilité, je peux en témoigner pour en avoir été un utilisateur occasionnel.
 Comme nous avons pris un peu de retard, suite à un problème technique de notre bus, au départ de Montpellier, la guide qui nous accueille, Anita, nous prend tout de suite en main et commence à nous présenter Pézenas, dont voici la présentation :
Pézenas , en occitan Pesenàs, est une commune française située dans le département de l’Hérault et la région Languedoc-Roussillon. La commune compte 8478 habitants et s’étend sur 30 kilomètres carrés. Ses habitants sont appelés les Piscénois. Commune traversée par la rivière Peyne, Pézenas est située dans la plaine du fleuve Hérault, à environ 20 kilomètres de la mer Méditerranée, 50 kilomètres à l’ouest de Montpellier et 23 kilomètres à l’est de Béziers. Elle est facilement accessible par l’autoroute A75 (axe Clermont-Ferrand – Béziers) et par l’autoroute A9 (axe Orange – Espagne). Depuis le bas Moyen-Age, Pézenas était le siège de foires importantes, les Foires du Languedoc, qui attiraient des marchands de tout le bassin méditerranéen. En 1261, la ville devient une seigneurie royale, ce qui donne une expansion nouvelle à ses trois foires annuelles, auxquelles le roi concède de nombreux avantages, confirmant la ville dans son rôle de grand marché lainier. Les États de Languedoc s’y sont tenus (XVIIe siècle) avec l’arrivée de Anne de Montmorency.
 La commune possède une antenne de la Chambre de commerce et d’industrie de Béziers Saint-Pons. La ville ancienne, secteur sauvegardé depuis 1947, comporte de nombreux hôtels particuliers des XVI.me, XVII.me et XVIII.me siècles, dont la Maison Consulaire, ancien siège du pouvoir municipal où se sont tenus des États de Languedoc, la boutique du barbier Gély, l’hôtel de Lacoste, l’hôtel de Landes de Saint-Palais, l’hôtel Carion de Nizas, l’hôtel d’Alfonce, l’hôtel Malibran… Collégiale Saint-Jean, (XVIII.me siècle), œuvre de Jean-Baptiste Franque. Elle contient des orgues de L’Épine, transformées en 1852 par Aristide Cavaillé-Coll, restaurées par Daniel Birouste. Elle possède également un trésor, composé d’objets provenant des églises de la ville. Église de Saint-Jean-de-Bébian, église romane, classée Monument Historique. Église Saint-Ursule, bâtie en 1686 par le maître-maçon Antoine Carrier et devenue paroissiale après le concordat. Monument de Molière (1897), par Jean-Antoine Injalbert. Le buste de Molière est entouré par une soubrette, figurée par la Lucette de Monsieur de Pourceaugnac, représentant la comédie, et un satyre représentant la satire ; sur la face arrière, masques des comédiens Coquelin cadet (1848-1909) et Jeanne Ludwig (1867-1898) de la Comédie-Française. L’ancien théâtre toujours en attente d’une rénovation et d’une réouverture au Public. Le musée de Vulliod Saint-Germain qui regroupe des collections autour de l’histoire de la ville dont une salle consacrée à Molière. Parcours de sculptures dédiées à Boby Lapointe (Place Boby Lapointe, Parc Sans Souci, Hôpital Local, Cours Jean Jaurès, Place Canabasserie). Un musée lui est également dédié dans l’ancienne boutique du Barbier Gely, où Molière venait chercher son inspiration, Place Gambetta. Son hameau Conas. Personnalités liées à la commune : Bringuier de La Palme : Noble, rentre au consulat le 15 avril 1529 et est nommé 1er consul pour le quarton de la ville. Molière (1622-1673) : Pézenas fut un lieu de séjour de prédilection pour Molière et son Illustre Théâtre lors de ses débuts difficiles en province entre 1646 et 1657, après son premier échec à Paris. Marcel Pagnol écrivit : « Si Jean-Baptiste Poquelin est né à Paris, Molière est né à Pézenas. » Armand de Bourbon, prince de Conti (1629-1666) : Est décédé dans son château de la Grange des Prés en 1666. Il a été le protecteur de la troupe de Molière. Gabriel François Venel (1723-1775) : Chimiste qui inventa l’eau de Seltz. Robert Clive (1725-1774) : Major-général britannique, qui aurait introduit la recette des petits pâtés. Eugène de Grasset (1794-1877) : maire de Pézenas, président du conseil-général et député royaliste légitimiste de l’Hérault (1834-1852). Marie Joseph Emile Gaston Mazuc (1832-1905) : Avocat, auteur de la Grammaire Languedocienne, né à Pézenas le 24 juillet 1832. A Pézenas, il résida, entre autres, au Château de Roquelune. Il décède le 27 mars 1905. Paul Vidal de la Blache (1845-1918) : géographe, père de la géographie française moderne, est né en 1845 à Pézenas. Louis Paulhan (1883-1963) : Pionnier de l’aviation, brevet de pilote n° 10, constructeur d’hydravions, détenteur de plusieurs records Jean Bène (1901-1992) : Résistant, homme politique, maire de Pézenas, sénateur, président du conseil général de l’Hérault, fondateur du quotidien Le Midi Libre. Jean Gau (1902-1979), navigateur français, y décéda. Edmond Charlot (1915-2004) : Premier éditeur d’Albert Camus et « éditeur de la France libre » à Alger durant les années 1940, s’installa à Pézenas de 1980 à sa mort. Boby Lapointe (1922-1972) : Chanteur, acteur et humoriste• Paul Alliès (1945-): professeur de science politique à l’Université Montpellier 1 et homme politique français, Secrétaire national ajoint du Parti Socialiste depuis 2008, Président de la Convention pour la 6ème République depuis 2009. Claude Alranq (1947-) : Né en 1947 à Pézenas, Claude Alranq est un artiste, auteur, metteur en scène, conteur et chercheur Occitan. Il est, à juste titre, un ardent défenseur de l’histoire, la culture et les traditions occitanes. Il a fondé lo Teatre de la Carriera et travaille également en collaboration avec la Compagnie, La Rampe TIO. Auteur de plusieurs pièces et ouvrages, il a notamment publié aux éditions Domens un livre intitulé Théâtre d’Oc Contemporain. Chercheur dans le domaine de l’ethno-scénologie, il fonde, en 2000, la licence professionnelle Acteurs Sud• Jacky Lapointe (1950-2008) : Fils de Boby Lapointe, régisseur de cinéma (Manon des sources, Jean de Florette…), directeur de production d’une vingtaine de documentaires. Amoureux de la chanson et découvreur de talents, il a créé, en 2000, avec Sam Olivier, le Printival Boby Lapointe, festival de chansons françaises qui se tient tous les ans à Pézenas • Alain Robert (1962-) : né en 1962, célèbre escaladeur de gratte-ciel, dit « Spiderman ». Lesprit ovalie est très ancré à Pézenas, une équipe de rugby créée dans les années 1920 engrangent des titres depuis 1956, certains joueurs du club pissénois ont fait les beaux jours du 15 de France. Saint Blaise est le Saint Patron de Pézenas. Fin du XIX.me siècle, le sculpteur Injalbert choisit Lucette pour figurer aux côtés de Molière sur le monument érigé en 1987 à Pézenas, au cœur du Square Molière, à l’initiative d’Albert Paul Alliès. Lucette est un des personnages les plus provençaux du répertoire de Molière. Molière a affublé son prétendu époux, Monsieur de Pourceaugnac, de deux épouses. L’une est picarde, et l’autre qui est Lucette, de Pézenas. Elle le rabroue en langue d’oc et le couard abandonne la place. Le Poulain de Pézenas est le symbole de la ville : il sort notamment pour le jour du Mardi gras, lors de la fête de la ville. La légende veut que Louis VIII, partant en croisade, dû laisser sa jument malade à Pézenas. À son retour, quelle ne fut pas sa surprise de retrouver sa jument vivante et de voir à ses côtés un petit poulain. Il fit immortaliser l’événement en faisant construire un poulain en bois. Il est vêtu d’une « robe » bleue, garnie d’étoiles, sur laquelle est dessiné le blason de la ville. Deux personnages montent ce cheval de bois (aujourd’hui en aluminium) : Estiennette et Estienou. Un meneur le guide dans les rues de la ville. Une musique, composée de tambours, fifres et hautbois, le fait farandoler et danser le rigodon. 2005 est une année de reconnaissance pour ce poulain. En effet, l’Unesco l’a reconnu au titre de patrimoine immatériel de l’humanité. La même année, d’autres traditions populaires ont été honorées par un tel classement (les géants du Nord entre autres). Pézenas possède aussi un chevalet. Pézenas est devenue au fil des années une des principales villes des Métiers d’Art en France. De nombreux artisans d’art et créateurs contemporains sont installés dans la vieille ville. Pendant des années, le souffleur de verre de la rue Alfred Sabatier fit le bonheur des petits et des grands notamment les soirs de nocturnes en été (mercredi et vendredi). Aujourd’hui des artisans d’art demeurent à l’année, on peut, en se promenant dans les rues du cœur historique, trouver des figurines en terre cuite, un ferronnier, des vitraux, des émaux sur cuivre, des peintres, un coutelier… et beaucoup d’autres découvertes. Le centre historique de Pézenas se prête à l’accueil d’échoppes où les artisans d’art peuvent exercer et exposer leur talent. Le petit pâté de Pézenas (pâtisserie sucrée/salée), en forme de bobine ou de tarte, pouvant se déguster en début et en fin de repas, légèrement réchauffé. Une confrérie, noble et gourmande, portant le même nom que cette spécialité a été créée pour le promouvoir. La tradition enseigne que Lord Clive, Gouverneur des Indes, a amené la recette lors de son séjour en 1768. Composé de viande de mouton, de saindoux, de citrons, de cassonade, de noix de muscade, de cannelle et de jaune d’œuf. Le berlingot de Pézenas (sucrerie). On en ignore l’origine. Le sucre est dressé en bâtonnet et parfumé à diverse essences (anis, menthe, café, citron…). Le Ragoût d’Escoubilles (en occitan: « les restes ») est un plat traditionnel du Languedoc. Il est aussi le plat typique et incontournable de la période Carnavalesque à Pézenas. Il est un ragoût fait à partir des restes de saucisses, de viandes, de céleris, d’olives vertes, de carottes et de champignons. On le sert avec des pommes de terre. Le Carnaval de Pézenas est une fête traditionnelle où chacun participe et « joue » son propre rôle (souvent celui d’un jour ou d’un soir). A Pézenas, le Carnaval est la fête de la ville. Il est organisé, chaque année, autour du Mardi gras. Plus exactement, il débute avec la Saint Blaise (Saint Patron de Pézenas). Le jour de Mardi Gras, l’animal totémique de la ville, le Poulain de Pézenas, sort dans les rues de la cité. C’est ce jour là que les déguisements sont de sortie, même si certains préfèrent porter le « pannel » (chemise de nuit blanche). Pour voir le fameux Poulain, il faut se rendre dans la Cour d’Honneur de l’Hôtel de Ville, le jour du Mardi Gras à 15 h 00 et à 21 h 00. La veille du Mardi gras, le lundi soir est organisé un charivari dans le cœur de la « vieille ville ». Les Piscénois, machous, carnavaleux et autres amoureux de la fête déambulent en « pannel » dans les rues et dans les bars aux rythmes de musiques traditionnelles. Ils s’arrêtent pour effectuer des danses tout aussi traditionnelles (feu aux fesses, danse du soufflet….) Le samedi et le dimanche précédents est organisé, depuis 1979, mais avec quelques interruptions (de 1990 à 1993, 2008), un spectacle dit « Spectacle des Machous « . Certains habitants de Pézenas, réunis en association, montent sur les « planches » de la Maison du Peuple pour « pasticher » la vie locale et faire la fête. La dérision, l’art satyrique… relèvent d’une longue tradition locale que l’on nomme « Machade » et que de nombreuses personnes ont perpétué à l’occasion des Fêtes du Carnaval ou à d’autres moment. Métan’oeuf (ancienne association piscénoise) en avait fait également sa spécialité. Plus largement, cette association a pour but de promouvoir, faire vivre, défendre et perpétuer les traditions de la ville « en organisant des expositions, projections, discussions, spectacles, stages, bals, festivités… et en maintenant des contacts entre les Piscénois quel que soit leur lieu de travail ou de résidence ». D’autres personnes, associations ou collectifs œuvrent aussi dans ce sens: Les Fadas, Pébrin’, Calandreta dels polinet… L’Illustre Théâtre de Pézenas est à la fois un théâtre de 250 places présentant une programmation à l’année et une compagnie professionnelle. C’est pour rendre hommage à la fameuse troupe de Molière qu’a été ainsi baptisé « L’Illustre Théâtre ». En 2001, une propriété familiale consacrée à la vigne et au vieillissement du vin, a été transformée en théâtre. Citations, Marcel Pagnol a dit à propos de Pézenas: « Le Languedoc est un œuf dont Pézenas est le jaune. » Marcel Pagnol a également écrit: « Si Jean-Baptiste Poquelin est né à Paris, Molière est né à Pézenas. »

Nous circulons sur un large trottoir, où sont établis des terrasses de cafés et de restaurants, puis par de petites rues piétonnes, nous rejoignons le cœur du vieux Pézenas. Nous passons devant l’hôtel de Peyrac, qui était le siège des états généraux du Languedoc, où s’est illustré Henri II de Montmorency. Par une petite rue, on accède à la plate forme où était établi le château de Pézenas, la légende dit que la bâtisse castrale était à cet emplacement depuis les celtes, mais rien ne le prouve. Les archives révèlent la première présence d’un château à cet endroit, en 990, et c’est Richelieu qui en ordonna sa destruction au XVII.me siècle. Aujourd’hui, un jardin municipal a pris place sur le site de l’ancien château, il est clôturé, il est accessible par une porte imposante, qui donne l’impression que derrière elle, on doit découvrir un magnifique château, et non pas un parc ayant pris place sur ses ruines. 
Ensuite, nous déambulons dans des ruelles, où sont présentes toutes sortes de boutiques d’artisans et d’artistes. Nous voici sur une petite place, où trône une statue en hommage à Bobby Lapointe, elle représente une maman poisson aux seins nus de femme, entourée de coquillages et de rondelles de citron, elle illustre la chanson, la maman des poissons. Bobby Lapointe est mort en 1972, à l’âge de 50 ans, il était déjà un enfant espiègle, qui avait tondu le pékinois du percepteur et peint le coq du clocher etc.Malgré ce caractère farceur, Bobby Lapointe a fait des études brillantes, après son BAC, il a fait centrale. Pendant la seconde guerre mondiale, il a été envoyé comme STO en Autriche, d’où il s’est évadé. On l’a surnommé, Robert fout le camp. Recherché par les allemands, il s’est fait engagé comme scaphandrier à la Ciotat. Il disait, qu’au fond des eaux, on ne pourra pas le retrouver. Toutes les semaines, il envoyait une lettre à ses parents, pour donner des nouvelles du petit sous l’eau. Il se marie après la guerre, il a eu 2 enfants, et pour vivre, il a travaillé pour son beau-père, en vendant des produits fito-sanitaires. Le commercial n’était pas le point fort de Bobby Lapointe, il achetait, certes des produits bon marché, mais il les vendait encore moins cher, et ça n’a pas plus durer. Il est alors monté à Paris, pour ouvrir un commerce de layette, qu’il confectionnait lui-même pour certaines. Il avait aussi des talents de couturier, c’est d’ailleurs lui, qui a fait les robes de grossesse de sa femme. Il a également fait le commerce de culottes en dentelle, mais sa vraie passion était de composer des textes de chansons, pour qui il recherchait des interprètes. Il en a proposé aux frères Jacques, qui n’en ont pas voulus. Il décide, donc, de se produire au cabaret, le cheval d’or, avec Georges Brassens, où il s’endette beaucoup. Brassens l’aide à trouver du travail, Bobby Lapointe devient installateur d’antennes de télévision. Il disait, dans la vie, j’ai e des hauts et des bas, en tant qu’installateurs d’antennes après avoir été scaphandrier. Il a eu des petits rôles au cinéma, dont, tiré sur le pianiste de Truffaut, qui va le faire découvrir au grand public. Dans ce film il chante accompagné au piano, par Charles Aznavour. Le réalisateur du film, a exigé de Truffaut, que les chansons de Bobby Lapointe soient sous titrées, afin qu’ils puissent comprendre les textes. Après cet épisode de sa vie, on l’a surnommé, le chanteur sous titré. Bobby Lapointe était très brillant et ingénieux, il a inventé un système mathématique, qui fut retenu par les mathématiciens, qui serait à l’origine du système informatique, peut-être à vérifier. Il aurait aussi inventé, l’embrayage automatique, qu’il n’aurait pas fait breveté, là aussi, c’est aussi très étonnant, mais pourquoi pas. Aujourd’hui, Bobby lapointe repose au cimetière de Pézenas, il a aussi son musée dans la ville, dans laquelle, étant jeune sa famille n’était pas appréciée, elle était jugée comme extravagante pour l’époque, comme tout peu changer avec le succès découvert ailleurs de son pays d’origine. 
Nous quittons la vie trépidante de Bobby Lapointe, nous parcourons les allées du marché, qui a lieu tous les samedis, il est animé par des groupes de musiciens. Nous abordons la place Molière, où se trouve un excellent glacier, les glaces de Sophie. Nous approchons du musée Bobby lapointe, la boutique du barbier Gély, où Molière venait se faire calamistrer ou se faire friser la perruque et la moustache. Le barbier faisait aussi office de chirurgien et d’arracheur de dents, un vrai 3 en 1. Ce lieu a beaucoup inspiré Molière, la boutique, est installée sur l’ancienne place du marché aux blette ou blé. Auparavant, on avait descendu la rue canabanasserie, qui vient de canabis, dans cette rue, on travaillait le chanvre avec lequel on fabriquait des cordages pour la navigation. . Sur la place de l’ancien marché au blé, débouche la rue Mercière, où l’on ne fabriquait pas, on revendait uniquement, on disait alors, marchand de tout faiseur de rien. Sur la place se trouve l’ancienne maison consulaire, qui est aujourd’hui la maison des métiers d’art. Les consuls ont été créés au moyen âge, ce sont eux qui géraient les affaires de la ville, et ils contrôlaient plus particulièrement les foires. Ils étaient au nombre de 4, élus pour un an, le vote se faisait à la criée, c’était très animé. La façade actuelle, de la maison des consuls, date du XVIII.me siècle, elle est arborée d’un superbe balcon en fer forgé, et le fronton dans une partie triangulaire, est décoré d’un tribu militaire. On y remarque des boulets de canon, des tambours, des drapeaux et un blason. Il a été effacé, il représentait 3 fleurs de lys, car la ville a été achetée par Saint-Louis, et un dauphin puisque la ville est restée fidèle à Charles VII. 
Nous continuons notre circuit, nous marchons dans des rues où sont établis de nombreux restaurants, nous nous rendons à l’hôtel de LaCoste. 
Nous sommes dans la cour de l’hôtel, qui date du XIV.me siècle, il a été remanié au XVII.me siècle, comme la plupart des maisons de Pézenas. Pour arriver à la cour, nous avons parcouru un couloir qui date quant à lui du XV.me siècle. Le sol de la cour est en calade, ce sont des galets de rivière posés sur la tranche, que l’on appelle aussi, ici, des langues de chats. Au centre de la cour, est disposé le puits, qui est en forme de demi lune. Le puits exprimait, la notoriété et la richesse du propriétaire de l’hôtel. Le bas de l’hôtel est aujourd’hui occupé par des salles d’exposition, autrefois le bas était réservé aux cuisines, au bûcher, l’écurie et le jarrier où l’on stockait les jarres. La distribution des étages s’effectue par un escalier à volées droites, à balustrade soutenue par des balustres. Les balustres ont la forme d’une demi poire, sur un plan carré. A l’étage on distingue une fenêtre à meneau, ou à croisé, elle a une forme de croix, cette fenêtre existait déjà au XV.me siècle. Ce genre de fenêtre a été construite jusqu’au XVII.me siècle, ensuite, elles n’étaient plus à la mode, on les a le plus souvent cassées, pour leur donner une forme arrondie, appelée fenêtre à l’italienne. Le second étage était occupée par les chambres, le dernier étage ou demi étage, les combles, il était destiné aux domestiques, et où l’on trouvait les commodités ou les privés, c’est-à-dire, les toilettes. Cet hôtel a été modifié en 1638, c’est gravé sur la clé de voûte de la cage d’escalier. A cette époque, on a ouvert la cage d’escalier, pour obtenir une terrasse au premier étage avec sa balustrade et ses balustres. Pour anecdote, cette maison était évaluée au début du XX.me siècle, à 60000 francs en or, et les américains ont proposé à la même époque, de racheter uniquement l’escalier pour 100000 francs en or. La famille a refusé la proposition américaine, et a loué l’hôtel à la société générale en 1947, qui en est devenu propriétaire en 1960. Aujourd’hui l’hôtel appartient à un particulier, les étages ont été transformés en appartements, qui sont en location. Une fenêtre possède une décoration originale, en motif cordé, il a la forme d’une corde. 
Nous ressortons de l’hôtel de Lacoste, nous déambulons dans des ruelles animées, nous voici sur une place, appelé Cartouche, où a eu lieu le tournage du film, Cartouche de Philippe de Broca, tourné dans les années 1960. Il retrace la vie d’un bandit qui a existé au XVIII.me siècle, qui s’appelait Louis Dominique Bourguignon. Nous passons dans la rue des Tripes, où étaient installés les tripiers, la rue est très étroite. Devant les anciennes échoppes, on peut encore apercevoir des tables de pierre ou étals, elles datent du XVII.me siècle. Elles servaient à exposer la marchandise, le commerce terminé, on refermait la fenêtre au-dessus de l’étal, par un volet en bois. La rue est traversée par une petite passerelle, elle a été aménagée au XIX.me siècle, par le propriétaire qui avait acheté la maison d’en face. 
Nous pénétrons dans la cour de l’hôtel Carion de Nizas, une calade pave le sol, on y aperçoit l’emplacement du puits qui a été rasé est caladé. Dans la cour on distingue 2 sortes d’escaliers, un à volée droite, à balustrade pleine, qui mène à la galerie de circulation. ET un escalier à vis, il est logé dans une tour médiévale, qui présente comme ornement décoratif, un mâchicoulis trilobés. Le mâchicoulis signifie défensif, mais ici, c’est pour symboliser la noblesse militaire du propriétaire des lieux. Ce genre de tour, était appelé, tour d’engou-le-vent, car le vent y circulait à l’intérieur. On découvre une autre tour, de Nostra Damus, qui aurait prédit à Pézenas, une bonne récolte de fèves ou que le loup mangerait le cochon de dame Bernard. On ne sait pas, ce qu’il s’est réellement passé, mais Nostra Damus a pu se rendre à Pézenas, puisqu’il a fait ses études de médecine à Montpellier. 
Molière est né est mort à Paris, il quitte la capitale en 1645 avec sa troupe de théâtre, pour une tournée provinciale qui va durer 13 ans. Il joue dès 1650 à Pézenas, devant et pour les états du Languedoc, où il séjournera pendant 3 mois. En 1653, il est rappelé par le prince de Conti, qui est prince gouverneur du Languedoc. Le prince de Conti s’installe tout près de Pézenas, avec sa cour, et il cherche une troupe de comédiens attitrée. Il fait appel à Molière, qui se retarde, parce qu’il perd des mâles sur la route. Quand il arrive à Pézenas, c’est trop tard, une troupe concurrente l’a remplacé. Molière est très déçu, c’est une comédienne de sa troupe qui va le sauver, elle s’appelle Marquise, elle est très jolie, tous les hommes succombent à ses charmes. Le secrétaire du prince de Conti, n’échappe pas à la règle, il tombe amoureux de la belle Marquise. Il fait donc pression, auprès du prince, afin qu’il change d’avis, et ça marche. C’est donc, grâce à une femme que la vie de Molière va changer. Pour l’anecdote, Corneille va par la suite tomber amoureux de marquise, 23 ans plus jeune que lui. Par conséquent, elle lui dit qu’il ressemble à son père, que Corneille n’apprécie pas, il va lui écrire un texte, qui va beaucoup plaire à Brassens. Qu’il mettra en musique, le texte dit, si mon visage a quelques traits un peu vieux, souvenez-vous qu’à mon âge, vous ne vaudrez guère mieux etc.. Bon, en tout cas grâce à marquise, Molière peut s’établir à Pézenas. Il y séjournera entre ses tournées en province, c’est à Pézenas, qu’il interprétera pour la première fois, une de ses farces, le médecin volant. On ne verra plus Molière à Pézenas, car le prince Conti, va changer d’attitude. Il fréquentait beaucoup les femmes, il est atteint d’un mal récurrent, le mal de Naples la syphilis. Ce sachant condamné, il a chassé toute sa cour, et répudié Molière. 
Nous ressortons de la cour de l’hôtel Carion de Nizas, nous contemplons, une des plus belles façades de la ville, elle date du XVI.me siècle, elle a été construite par un marchand de Lyon, qui voulait la réplique de sa maison lyonnaise, construite dans le quartier saint Jean. La façade à des fenêtres à meneau, décorées de cordés, des fenêtres dites bâtardes, des fenêtre arrondies dites italiennes et d’autres appelées à clairvoie, ces dernières permettaient de percevoir plus de luminosité de l’extérieur. Nous continuons à déambuler dans de petites ruelles, une enseigne d’ancienne boutique, du XVIII.me siècle, nous rappelle, que nous sommes devant la boutique d’un maître de musique. 3 instruments sont apparents sur l’enseigne la viole de gambe, le cor de chasse, le haut bois et le luth. L’enseigne servait à renseigner le commerce ou métier pratiqué, mais elle servait aussi de repère dans les rues, qui n’étaient pas numérotées, et parfois ne possédaient même pas de nom.
Nous voici sur une place très animée par un orchestre, en son centre un puits et un tilleul. Nous découvrons la porte de biais, XVII.me siècle, qui par son architecture, des colonnes ovales, des décorations raffinées, c’est trompeur, elle semble plus imposante qu’elle est réellement. 
Nous prenons la direction du quartier juif, les angles des rues possèdent des pierres en basalte ou bornes charretières, pour éviter que les roues de charrettes détériorent les angles des façades des demeures. Les constructions étaient faites en calcaire coquillé, que l’on extrayait de 5 carrières autour de Pézenas, qui sont aujourd’hui inexploitées. Nous sommes dans le quartier juif, d’où le nom de la rue dans laquelle nous marchons, la rue Juiverie. Les juifs sont arrivés à Pézenas au XIV.me siècle, ils ont été attirés par les foires de Pézenas. Sur lesquelles ils pratiquaient l’usure, le prêt à intérêt que l’on interdisait aux catholiques. De ce fait, ils avaient mauvaise réputation, auprès des pissénois, qui leur faisaient payer des contre partie. Quand un juif étranger, venait à Pézenas en traversant le pont de l’Hérault, comme il était juif, on le taxait de 13 deniers, et de 26 deniers pour une femme juive. Les maisons du quartier juif, sont d’une simplicité architecturale, car il ne fallait pas se distinguer du voisin. Nous continuons la visite, en passant devant la porte Faugères, qui date du XIV.me siècle. Pézenas était fortifié par un rempart, en 1611 le gouverneur a ordonné la construction d’une seconde enceinte défensive, suite à l’extension de la ville. Le premier rempart fut donc rasé, sur lequel on a construit des maisons, et on a comblé les fossés secs qui préservaient les remparts, sur lesquels est établi le marché hebdomadaire du samedi. 
Nous faisons une halte devant l’hôtel Moussoles, nous entrons dans sa cour, et derrière l’hôtel se trouve le jardin privé. Cet hôtel a été remanié au XVIII.me siècle, on y découvre un escalier en retrait avec sa balustrade en fer forgé. On a des paliers d’étage en façade, au XIX.me siècle, on l’a baptisé la maison des pauvres. C’était le monde de piété, que les parisiens appellent clou ou ma tante. A l’angle de la rue, on peut voir une niche en façade, qui contenait une vierge, qui a été détruite à la révolution. Aujourd’hui les personnages à l’intérieur ne sont pas dignes d’intérêt, car la restauration a été réalisée au XIX.me siècle, c’est Saint-Roch et son chien. 
Nous terminons notre découverte de Pézenas, sur la place Molière, elle est animée par un chanteur qui reprend les classiques du jazz, Anita, notre guide nous vante les spécialités gastronomiques de Pézenas le berlingot et le petit pâté de Pézenas. C’est sous un soleil torride, que nous quittons Pézenas, il est midi, nous rejoignons notre bus, pour aller déjeuner à Valros, au restaurant le Spartacus. 

Il est près de 15 heures, quand nous quittons la table, nous sommes assailli par une température de plomb. Nous prenons en bus, la destination de Servian, qui se trouve à quelques kilomètres de Valros. Nous voici au jardin de Saint Adrien, dont voici la présentation :

Le jardin de Saint Adrien se trouve dans le département de l’Hérault, à proximité de la sortie N62 de l’autoroute A75, sur la route départementale qui mène à Servian. Ce site occupe l’emplacement de l’ancienne carrière de pierre Saint Adrien. Il a été aménagé en Jardin paysager, sur l’emplacement d’une ancienne carrière transformée en décharge. Le jardin est une propriété privée exploitée commercialement. 
Le jardin occupe l’emplacement d’une ancienne carrière de tuf basaltique exploitée depuis le Moyen Âge jusqu’au milieu du XIXe siècle. La carrière a été abandonnée et servait de décharge de gravats. Les tufs proviennent des volcan de Saint Thibéry et de celui d’Agde. Les carriers y ont taillé des cavités ou des marches sombres et géométriques.
 Le réalisateur du jardin, fils de viticulteur, a joué, enfant, dans ces carrières quand il accompagnait son père à la vigne. Adulte, il les a achetées avec le projet de les réhabiliter[2]. Avec l’aide de son épouse, il va débroussailler les genêts et les ronces, vider les gravats et les carcasses de voitures, combler certains vides.
 Pour travailler, les réalisateurs s’installent en mobilhome. Son projet sera retardé par l’incertitude qui règne sur le trajet de l’autoroute A75 qui passera finalement à proximité et non sur la carrière. Ce sont 4hectares de terrain qui sont mis en valeur.
 Le fascicule des auteurs et leur site internet présentent une reconstitution des techniques anciennes des carriers. Il subsistait sur le site une ancienne cabanne où devaient être entreposés des escoudes, des masses et des coins. 
Le tuf est imperméable. Le fond du banc de pierre n’a pas été atteint, les bassins retiennent l’eau naturellement. L’eau, élément essentiel du jardin, provient de retenues collinaires, elle est acheminée par des canaux. 
Plusieurs bassins ont été aménagés, utilisant les découpes laissées en place, avec leurs «marches» dont les concepteurs ont tiré le meilleur parti. 
Des plantes aquatiques comme les myriophylles, les nymphéas, scirpes ont été installées au fond et sur les bords des bassins pour établir un écosystème aquatique. Des algues sont venues. Des poissons ont été introduits. carpe koï, carpe amour, black bass. 
En bordure d’un bassin, a été sculptée et modelée la statue d’une jeune fille allongée: la fontaine de Philia, déesse grecque de l’amitié, pourvue d’une chevelure végétale du plus bel effet.
 Le Jardin de Saint-Adrien abrite un couple de Grand-ducs, espèce hautement protégée. Ces oiseaux se reproduisent à l’abri des arbres et bâtiments.
 Le couple niche dans un donjon reconstitué[5]. Le voisinage du plan d’eau est un élément favorable à l’oiseau de proie nocturne.
 Hibou Grand-duc (Bubo bubo), rapace nocturne protégé, interdit de chasse. 
L’oiseau (un mâle) a capturé et tué un renard.
 De nombreux passereaux, des cygnes, des gibiers d’eau et autres migrateurs fréquentent les plans d’eau et leurs alentours. 
Cette réalisation a obtenu divers labels: Jardin remarquable (Ministère de la culture), Prix Bonpland 2000, Top cinq des Parcs de France, Label: Sites d’exception en Languedoc, France 2: lauréat 2013 de l’émission «Le jardin préféré des Français».

Aujourd’hui, c’est le week end des jardins, celui de Saint Adrien est animé, le thème est le carnaval de Venise. Nous parcourons les allées du jardin, où l’on croise des personnes habillées de costumes vénitiens, ils sont à plaindre, car supporter l’habit sous la canicule ça doit être horrible. Nous sommes attirés par les plans d’eau, et plus encore par les parties ombragées, ce qui ne manquent pas, car de ci de là ont été implantés des petits bosquets d’arbres, c’est super. Nous assistons dans une arène champêtre, entourée d’une épaisse pelouse à l’ombre d’arbres à une démonstration équestre, où les cavaliers font exécuter des chorégraphies à leurs chevaux, dans un bassin d’eau peu profond, qui fait effet de miroir, c’est splendide. Ensuite, nous parcourons le jardin, en privilégiant les zones ombragées, puis vers 17 heures 30, nous regagnons le bus, pour rejoindre Montpellier. 

Ce fut une agréable journée, où la visite de Pézenas fut appréciée, malgré notre retard. Le repas était de circonstance, mise en bouche fraîche, salade de saumon en gelée, paleron de veau et ses petits légumes et crème au caramel sur fromage blanc, en préambule un kir bien frais, le repas était arrosé des 3 couleurs de vin suivant son goût, et pour terminer un café pour faciliter la digestion. Le jardin de Saint Adrien, pour le découvrir à notre rythme, il mériterait d’être visité, hors animation, pendant laquelle le visuel est privilégié.
 Dommage pour les absents, cette journée nous a dévoilé 2 futures organisatrices de sorties, qui aux pieds levés n’ont pas présumé de leur force, elles se sont décarcassées pour nous rendre une sortie parfaite. Grand merci à Christine et à Cathy.

Michel Michelland

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