Week end Transhumance, Pentecôte 2015

Ce sont 20 participants, dont 10 DV, qui profitent du week end de la Pentecôte, pour découvrir l’Aubrac, plateau qui se trouve dans l’Aveyron.

 Le samedi, nous rejoignons l’A75, nous passons Gignac, Lodève puis nous traversons le Larzac avant de passer la vallée du Tarn et Millau, en empruntant le magnifique pont de Millau.
 C’est aux alentours de 10 heures que nous abordons Saint Geniez d’olt, dont voici la présentation :

Saint-Geniez-d’Olt est une commune française située dans le département de l’Aveyron, en région Midi-Pyrénées. La commune compte 1983 habitants, elle s’étend sur 35 kilomètres carrés, et elle s’étale entre 403 et 985 mètres d’altitude. 
La commune est située sur le Lot (l’Olt en occitan), qui est enjambé par
les deux rives.
 Une statue relatant l’histoire des Marmots se trouve sur l’ancien pont, au cœur de la ville. Selon la légende cette appellation remonterait au XV.me siècle. Où deux enfants d’une dizaine d’années vivant avec leur père dans une pauvre maison au bord du Lot, avaient apprivoisé une marmotte.
 Un soir d’orage menaçant, la pauvre bête effrayée s’enfuit. Les enfants se mirent à la poursuivre et l’attrapèrent dans la montagne. Mais l’orage faisait rage et ils durent s’abriter dans une cabane. Quand ils rentrèrent au village le Lot avait débordé et emporté leur maison et leur père. Les enfants sauvés par l’instinct de la marmotte ne la quittèrent plus, on les appela les marmots. Par extension au cours des années, ce nom fut donné à tous les habitants de Saint Geniez d’Olt. 
Sur la colline du « Puech del Rey » (le « Pic du roi ») dominant la ville fut construit un château dès le début du Moyen Âge. Ce dernier résista aux guerres de religion et aux assauts des Routiers, mais fut finalement détruit en 1620 sur ordre de Richelieu. À la fin du XIX.me siècle, le site fut choisi pour abriter la sépulture de Marie Talabot. Celle-ci, pauvre et orpheline, vivait sous les railleries des habitants; elle partit comme bonne à Montpellier dans une famille chez qui elle rencontra Paulin Talabot, directeur d’une grande compagnie, qu’elle épousa. Après la mort de ce dernier, afin de se venger des humiliations qu’elle avait subies dans sa jeunesse elle vint étaler sa réussite aux Marmots en construisant le monument en dessous duquel elle fut enterrée car, en partant, elle leur avait dit « Un jour je vous dominerai tous ». Son monument, réalisé par Lucien Magne fut donc construit sur les ruines de l’ancien château-fort, les motifs en marbre blanc ayant été sculptés par Denys Puech et Louis-Ernest Barrias.

Le village est envahi de randonneurs, qui vont accompagner les troupeaux de vaches en estive, les troupeaux se suivent dans les rues de la commune, les vaches sont auréolées de fleurs et de clarines qu’elles font résonner de toute leur musicalité.
 Sur la place du village est dressé un podium, où un animateur présente le plateau de l’Aubrac, la race bovine Aubrac, et l’histoire de la transhumance et la vie quotidienne en estive. Tous les notables de la région sont conviés à dire quelques mots, dont le sénateur et président du nouveau conseil départemental de l’Aveyron, Jean-Claude Luche, ancien maire de Saint-Geniez d’Olt.
 Après s’être bien imprégnés de l’ambiance festive, nous prenons le chemin de l’estive, qui pour monter sur le plateau, et franchir les 800 mètres de dénivelé, parcourt 17 kilomètres. L’organisation ne nous a pas permis de réaliser la montée entière sur le plateau, car la redescente de l’estive s’effectue par des navettes, et les places sont limitées. Notre but est de randonner sur le chemin de l’estive pendant 2 heures, de tirer le repas du sac, puis de redescendre par le même chemin, jusqu’à Saint-Geniez d’Olt.
 Nous quittons le village, en passant sur le pont qui franchit le Lot, puis par une petite route, nous commençons à monter dans le village par de petites rues, puis nous abordons l’environnement champêtre, tout d’abord des prairies, avant de traverser une forêt de feuillus. Le soleil est au rendez-vous, le sol est tapi de feuilles, c’est agréable pour marcher, de ci de là quelques pierres viennent corsées la montée. Comme prévu, nous nous arrêtons pour casser la croûte, en nous installant dans une clairière, où nous pouvons nous asseoir sur des pierres recouvertes de mousse, c’est très confortable. Ensuite, nous reprenons notre ascension, nous sommes toujours entourés de feuillus, puis nous arrivons sur un petit plateau, où une ancienne ferme y est établie. Nous marchons à découvert, sur une petite route bitumée, qui monte très raide, le groupe s’étire de plus en plus, certains décident de terminer l’ascension, pour commencer la redescente, et d’autres optent de continuer la montée de l’estive pendant encore une petite demi-heure. Après la petite route bitumée, nous pénétrons de nouveau dans une forêt de feuillus, le sol est plus caillouteux, la pente se durcit, mais tout le monde monte à son rythme. Nous arrivons sur un second petit plateau, où après le regroupement, il est temps de penser à redescendre, pour aller rejoindre le reste de la troupe à Saint-Geniez d’Olt. 
La descente s’effectue en 3 étapes, afin de permettre à chacun de progresser à son rythme, le dernier regroupement se réalise sur le pont de Saint-Geniez d’Olt, qui enjambe le Lot.
 Nous nous retrouvons tous, à la terrasse d’un café, pour déguster une boisson fraîche, bien méritée, car nous avons tout de même parcouru 8 kilomètres dans notre journée. Certaines s’attardent pour faire quelques achats dans le village, ce qui n’est pas le goût de certains, dont je fais parti. Mais nous ne savions pas que le premier groupe, en fait était arrivé après le groupe, qui avait réalisé la plus grande ascension. Bon, après une bonne heure d’attente imprévue, tout le monde se rejoint, et nous pouvons prendre la direction de Laissac, où nous allons séjourner à l’hôtel Harmonie. Entre Saint-Geniez d’Olt et Laissac, l’environnement se prête à de magnifiques corps de fermes, et à la découverte de châteaux, dont celui de Coucergues, que nous avions appréhendé, à la Pentecôte 2013, lors d’une randonnée quand nous séjournions à Séverac l’église, lors d’un week end avec l’AVH.
 Après une bonne douche réparatrice, nous regagnons le centre de Laissac, pour aller dîner au restaurant, logis de France, où nous sommes reçus avec égard, et où nous partageons un bon repas constitué de cuisine traditionnelle. 
Il est 23 heures, quand nous rejoignons notre hôtel, où nous allons prendre un repos, bien mérité. 
Voici la présentation de Laissac :

Laissac est une commune française, située dans le département de l’Aveyron en région Midi-Pyrénées. La commune compte 1629 habitants, elle s’étend sur 20 kilomètres carrés, et s’étale entre 569 et 923 mètres d’altitude.

Le dimanche de Pentecôte, notre programme, nous fait prendre la direction d’Aubrac, où nous allons assister, à la plus grande festivité donnée en Aubrac, pour commémorer la transhumance d’antan. 
Nous quittons Laissac, en passant le pont qui enjambe l’Aveyron, puis nous passons le village de Soulage. Nous roulons dans un environnement très vallonné, il est parsemé de magnifiques fermes, qui possèdent de superbes tours carrées ou rondes, au milieu de vastes prairies d’un vert éclatant. Nous voici à Gabriac, Nous circulons dans une zone boisée de châtaigniers et de feuillus. 
Nous abordons une enclave surprenante, une partie lunaire, une vaste coulée de lave, de 80 mètres de large, qui descend de la colline. La coulée est constituée de blocs de pierre grise tachetée de noir, qui font à peu près 80 centimètres au carré. 
Au fil de la route, nous sommes ralentis par des troupeaux qui montent en estive, ils sont suivis par des colonnes de randonneurs.
 Nous approchons de Saint-Come d’Olt, son église est caractérisée par son clocher tort, la commune est sillonnée par le GR65, qui fait partie du chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Nous traversons la commune au pas, la transhumance y bat son plein, nous franchissons un pont, qui enjambe le Lot. La rue principale est flanquée de superbes maisons en pierre, dont certaines sont en forme de colombage, les toits sont recouverts d’ardoise ou de lauze. . Une maison est couverte d’un toit original, il est constitué de 3 chiens assis qui sont superposés sur l’immense toiture. Le pas lent des troupeaux de vaches, nous ont fait découvrir toute la richesse architecturale, de Saint-Come d’Olt. 
Nous approchons de Mandailles, au fond de la vallée coule une rivière, sur laquelle on a érigé un barrage, qui forme une vaste retenue d’eau. La route s’élève insensiblement, de ci de là, des hameaux s’accrochent aux flans des collines. On traverse Mandailles, nous franchissons le col du Trescol, qui culmine à 711 mètres d’altitude. Nous circulons au milieu de zones boisées, et de pâturages qui sont le royaume des vaches de race Aubrac et de leurs veaux. 
Nous traversons prades d’Aubrac, sur sa place trône une splendide vache taillée dans de la pierre. Nous continuons à prendre de l’altitude, le paysage est plus dénudé, les collines sont plus arrondies, les parcelles sont limitées par des genêts et des murs de pierre en granit, l’herbe y est moins haute. Le plateau de l’Aubrac est un vaste bloc granitique, orienté vers le nord, dont voici la présentation :
L’Aubrac est un haut plateau volcanique et granitique situé au centre-sud du Massif central et aux confins de trois régions administratives françaises: Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Auvergne. Il présente un air de famille avec son cousin le Cézallier et on peut le rattacher comme lui aux hautes terres d’Auvergne. Il est bordé au nord-ouest par les monts du Cantal, à l’est par la Margeride et au sud par les plateaux calcaires des Grands Causses.
 La région de l’Aubrac ou monts d’Aubrac ou aussi plateau de l’Aubrac est une zone située à cheval sur les départements de la Lozère, du Cantal et de l’Aveyron. Elle est délimitée au sud par le Lot, au nord par la Truyère et à l’est par la Colagne. Le massif culmine au sud à 1469m au signal de Mailhebiau. C’est un massif volcanique relativement ancien (6 à 9 millions d’années) par rapport aux volcans de la chaîne des Puys qui eux, n’ont que quelques milliers d’années. Il prend la forme d’une échine basaltique allongée (30km de long), de direction nord-ouest/sud-est, surmontant un socle granitique (batholite de la Margeride), et issue soit d’un volcanisme de type fissural (rift) soit, selon les auteurs les plus récents, de plusieurs volcans de type hawaïen (volcan rouge) très rapprochés les uns des autres.
 Les laves émises sont basaltiques ou de composition proche (basanite, trachy-basalte, téphrite…). On peut toutefois trouver localement des traces d’éruptions plus violentes, comme des pyroclastites sous forme de tufs ou de brèches, en particulier sur les sommets autour d’Aubrac et à Mailhebiau.
 Malgré ces éruptions, les sommets de l’Aubrac sont en général peu marqués car les coulées volcaniques ont été fluides et ont semble-t-il construit peu de volcans bien individualisés (ou alors ceux-ci ont peut-être été érodés lors des phases chaudes de la fin du tertiaire). En fait, les rares sommets notables ont plutôt été dégagés par l’érosion glaciaire au quaternaire.
 Au sud-ouest (côté aveyronnais), le paysage est caractérisé par de fortes pentes boisées (hêtres) qui contrastent avec les immenses pâturages nus de l’Aubrac lozérien. La crête de l’Aubrac domine ici la vallée du Lot par un abrupt de 1000m de dénivelé. C’est le pays des Boraldes, rivières courtes et rapides coulant dans des vallées très encaissées et se jetant dans le Lot. Ces vallées ont entaillé le socle de l’Aubrac qui a la particularité d’être ici métamorphique (micaschiste, gneiss) alors qu’il est partout ailleurs granitique.
 L’effet de barrière qu’oppose l’Aubrac aux perturbations et le niveau élevé des précipitations qui en résulte se conjuguent avec la capacité des roches volcaniques sommitales à emmagasiner l’eau, pour lui faire occuper une position de «château d’eau» naturel. Les nombreuses sources, ruisseaux et rivières qui prennent naissance sur le plateau alimentent le Lot, soit directement par le versant méridional, soit indirectement par l’intermédiaire de la Colagne ou de la Truyère. Par leur capacité de rétention des eaux, les dépôts d’origine glaciaire ou fluvioglaciaire et plus généralement les tourbières qui en garnissent les dépressions participent au soutien des débits estivaux des cours d’eau situés en aval. 
En défrichant la forêt et en élevant du bétail sur de vastes surfaces, l’homme a créé en Aubrac des milieux d’altitude ouverts satisfaisant aux exigences d’espèces végétales et animales plus diversifiées que celles qui peuplaient le milieu primaire originel. Le bon état de préservation des milieux dû au maintien d’activités agropastorales de caractère extensif et le faible niveau de fragmentation écopaysagère lié à un maillage urbain très lâche et à un certain isolement par rapport aux grands axes de communication, en font un espace à haute naturalité offrant des conditions d’habitat particulièrement favorables à l’expression de la biodiversité. Au sein des communautés caractéristiques des biotopes agropastoraux, aquatiques, tourbeux, forestiers ou rupestres des moyennes montagnes à tendances humides et froides du Massif central, on recense nombre d’espèces rares ou menacées, certaines d’entre elles y trouvant un de leurs derniers refuges en France. Des modifications liées à une certaine intensification des pratiques agropastorales ou à la déprise, à l’assèchement des zones humides, à la surfréquentation, voire à l’apparition d’espèces invasives pourraient remettre en question ces équilibres.
 Sur le plan de la végétation, l’Aubrac constitue un milieu varié: grande forêt de hêtres au sud-ouest, petites forêts de résineux au nord et à l’est (essentiellement du pin sylvestre) et au centre de grands pâturages où domine le nard raide (Nardus stricta) et où les arbres sont peu nombreux.
 Les pâturages les plus riches se situent dans la zone volcanique; en zone granitique on trouve aussi de bonnes terres mais le sol est en général moins profond et plus pauvre: on trouve fréquemment sur ce type de sol des landes à genêt purgatif (Cytisus purgans), à fougère ou à bruyère callune (Calluna vulgaris) quand le sol est très peu épais. Il faut également noter la présence de nombreuses tourbières, milieux naturels exceptionnels. Du fait de la grande variété de ces milieux et de leur préservation relativement bonne, la flore est très diversifiée. Les pratiques pastorales traditionnelles accentuent cette richesse en entretenant naturellement les pâturages (fumure, gestion par rotation des pelouses d’estives), ce qui contribue à une plus grande biodiversité. Toutefois, l’intensification de l’agriculture observée depuis quelques années pourrait conduire à une diminution de cette biodiversité (usage d’engrais chimiques dans les prés de fauche et parfois aussi dans certaines pâtures) voire à l’apparition d’espèces invasives comme l’anthrisque sauvage, déjà visible dans certains prés de fauche trop amendés et qui détériore la qualité du foin.
 De même, la découverte récente dans certaines tourbières de l’Aubrac d’une sarracénie, plante carnivore originaire d’Amérique du nord introduite en Europe comme plante d’ornement, a nécessité une intervention par arrachage et interroge sur le maintien des équilibres de ces milieux fragiles.
 Malgré tout, à la belle saison, on trouve un large éventail de fleurs caractéristiques de la moyenne montagne ainsi que quelques raretés. Quelques exemples: Dans les bois de hêtres: lis Martagon, calament à grandes fleurs (le fameux «thé d’Aubrac»), prénanthe pourpre, doronic d’Autriche, centaurée des montagnes, bois joli, maïanthème à deux feuilles, scille à deux feuilles, etc.
 Dans les zones humides: droséra (plante carnivore), canneberge, gentiane pneumonanthe, comaret des marais, trèfle d’eau, trèfle en spadices, parnassie des marais, etc.
 Bord des ruisseaux et mégaphorbiaies: aconit tue-loup et napel (très toxique), renoncule à feuilles d’aconit, pigamon à feuilles d’ancolie, benoîte des ruisseaux, adénostyle à feuilles d’alliaire (relativement rare en Aubrac, seulement au-dessus de 1200m), etc.
 Dans les prés et les landes: gentiane jaune, gentiane champêtre, vératre blanc (toxique), arnica des montagnes, narcisse des poètes, narcisse jaune, trolle d’Europe, fenouil des Alpes (cistre), renouée bistorte, raiponce en épi (variété bleue), diverses orchidées (orchis sureau, orchis tacheté, orchis moucheron…), etc.
 Les plantes rares (au niveau national mais présentes dans la région): ligulaire de Sibérie (relicte glaciaire vivant dans les tourbières et zones humides dont il ne subsiste en France que quelques stations, essentiellement dans le Massif central), fluteau nageant (dans les points d’eau ou cours d’eau, endémique européenne, rare et en régression en France), dent de chien (localement abondante dans les prés, les landes et les pâturages d’altitude), pulsatille rouge (plante essentiellement présente dans le Massif central et qu’on trouve en Aubrac dans les landes et les pâturages du versant lozérien), dentaires à cinq ou sept folioles (bois de hêtres d’altitude), ail victorial (plante de haute montagne qui peut descendre localement jusqu’à 1100m dans la région), cirse erisithalès (bois rocailleux en zone volcanique), séneçon cacaliaster (bois d’altitude; en France, ne pousse que dans le Massif central), etc.
 Les vastes étendues défrichées des pâturages et prairies de fauche sont couvertes de graminées, de légumineuses et de cortèges floristiques favorables aux insectes (orthoptères et lépidoptères notamment), et accueillent à la belle saison pour leur reproduction des oiseaux inféodés aux milieux herbacés: tarier des prés, alouette des champs, caille des blés, pipit farlouse, traquet motteux à la faveur de blocs rocheux ou murets d’épierrement…
 Les secteurs de lande ou les prairies situées en marge des zones boisées abritent notamment l’alouette lulu, le pipit des arbres, la pie-grièche écorcheur, la pie-grièche grise, espèce encore présente en Aubrac, mais fortement menacée en France à la suite du déclin de ses effectifs engagé depuis le début du XXe siècle. Les données du suivi annuel des oiseaux des prairies de fauche, programme national mis en place par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, soulignent pour leur part la bonne qualité des écosystèmes prairiaux par rapport aux besoins des passereaux qui en dépendent, et les impacts relativement limités des activités agropastorales sur ces espèces: les indices de présence de passereaux supérieurs à 10 relevés sur les stations de l’Aubrac, situent ces dernières parmi les stations à plus forte valeur de France.
 Les populations parfois importantes de campagnols terrestres allant jusqu’à contrarier les activités d’élevage et les reptiles qui fréquentent ces milieux herbacés, s’ajoutent aux insectes et aux oiseaux pour en faire des terrains de chasse privilégiés de multiples prédateurs: mammifères carnivores (renard roux, hermine…), nombreux rapaces diurnes (buse variable, faucon crécerelle, circaète Jean-le-Blanc, milan noir et milan royal, busard cendré et busard Saint-Martin…), mais aussi chevêche d’Athéna, petit rapace nocturne inféodé aux milieux agricoles ouverts, en déclin en France, et dont les populations de l’Aubrac atteignent les altitudes les plus élevées à l’échelle nationale.
 Les espaces forestiers sont moins représentés en Aubrac que les milieux ouverts, mais n’en constituent pas moins des milieux importants en termes de faune. Les futaies âgées sont favorables au pic noir ou au pic mar, la chouette de Tengmalm profite des cavités creusées par le pic noir pour y établir son nid, et plusieurs espèces de chauves-souris potentiellement tributaires des cavités naturelles des vieux arbres pour leur reproduction, ont été observées lors d’une étude qui leur a été consacrée en 2014. La rosalie des Alpes, coléoptère en déclin sur les sites faisant l’objet d’une gestion forestière intensive, est présente en Aubrac à la faveur du bois mort des hêtraies évoluées .
 Les forêts de l’Aubrac jouent un rôle important pour les rapaces diurnes: s’y reproduisent des espèces aux mœurs forestières affirmées comme l’autour des palombes, la bondrée apivore et l’aigle botté, peu commun en France et en raréfaction dans le nord du pays, ainsi que la plupart des espèces essentiellement dépendantes des espaces ouverts pour leur nourriture: buse variable, circaète Jean-le-Blanc, milan noir, milan royal.
 Elles accueillent également depuis la fin du XXe siècle des populations d’ongulés conséquentes, en particulier le cerf, réintroduit à partir des années 1960 et dont les effectifs sont désormais estimés à plus d’un millier d’individus. Au cours de la même période, des lâchers ont accompagné le retour naturel du chevreuil depuis les départements voisins, et une tentative d’introduction du mouflon a pour sa part échoué, les individus ayant disparu sans laisser de descendance. Le sanglier n’a de son côté jamais disparu de l’Aubrac, mais ses populations ont connu une certaine croissance à partir de la fin du XXe siècle, du fait de lâchers à vocation cynégétique effectués pendant cette période.
 Des mammifères carnivores diversifiés fréquentent ces espaces: martre, putois, renard, genette, blaireau, belette, et on observe depuis 2012 le retour du loup après plusieurs décennies d’absence.
Les cours d’eau de l’Aubrac présentent des caractéristiques physiques, bactériologiques et chimiques leur permettant d’accueillir une faune aquatique variée, comportant encore des espèces en forte régression en France et en Europe. La loutre d’Europe, mammifère essentiellement piscivore présent sur l’ensemble du réseau hydrographique de l’Aubrac, s’est considérablement raréfiée en France pendant le XXe siècle, mais a trouvé ici des conditions favorables à son maintien qui ont joué un rôle important dans sa reconquête de certains territoires du sud-est du Massif central au cours des années 1980-1990. On y trouve également des petits mammifères, tels la crossope aquatique, la crossope de Miller ou le campagnol amphibie, espèce uniquement présente en France et dans la péninsule ibérique au niveau mondial, dont le statut est mal connu mais paraissant au stade actuel des recherches peu commune et en déclin.
 Truite fario, chabot commun ou chabot d’Auvergne, goujon, vairon, loche franche, ou encore lamproie de Planer sont des espèces autochtones présentes dans les rivières et ruisseaux de l’Aubrac, et on y observe des espèces prédatrices introduites comme la perche commune et le brochet. La truite fario et le chabot semblent pâtir d’un colmatage par des sédiments fins de certaines de leurs frayères. Le maintien de l’écrevisse à pattes blanches, espèce en forte régression en Europe et qui a disparu ou est au bord de l’extinction dans plusieurs régions françaises, témoigne de la qualité du milieu. L’arrivée de l’écrevisse du Pacifique dans la proche région, en particulier sur le cours de la Rimeize, pourrait cependant dégrader sa situation, cette espèce exotique occupant en effet les mêmes habitats et disposant de caractères biologiques plus favorables.
 Certains cours d’eau de l’Aubrac abritent encore quelques colonies de moules perlières, mollusque bivalve en danger d’extinction qui a disparu de près de 60% des cours d’eau français depuis un siècle et qui a perdu la quasi totalité de ses effectifs au cours de cette période. La très grande sensibilité de cette espèce au colmatage des fonds gravelo-sableux des cours d’eau qui constituent son habitat par des sédiments fins, aux pollutions de l’eau notamment par les phosphates ou nitrates issus de la fertilisation, à la raréfaction des truites farios ou à la disparition du saumon atlantique, espèces hôtes de sa larve, conduisent en Aubrac à sa fragilisation.

. Nous sommes entourés de fougères, nous approchons du lac des Picades, nous passons la ferme dite du même nom. Nous pénétrons dans la forêt domaniale d’Aubrac, elle est constituée d’hêtres et de résineux, près du lac des Picades, nous apercevons une station de ski, avec sa remontée mécanique. 
Nous sommes en vue du mont Aubrac, la commune est caractérisée par ses 2 tours et son église, sans oublier le vaste bâtiment qui hébergeait auparavant un sanatorium. Nous arrivons dans une marée humaine, la gendarmerie s’emploie à diriger les véhicules, vers d’immenses prairies qui font office de parking, et où il faut s’acquitter de 5 euros par passager pour pouvoir accéder à l’entrée du village, dont voici la présentation :

Aubrac est un village de la commune de Saint-Chély-d’Aubrac dans le département de l’Aveyron, situé au sud de la partie centrale du Massif central, sur le haut-plateau d’Aubrac. Ce village doit son existence à la création au XIIe siècle d’un hôpital monastique, la domerie d’Aubrac, duquel il a hérité son nom. Au cours du Moyen Âge et de l’Époque moderne, l’hôpital est un centre politique et économique de premier plan dans la région et une étape sur la via Podiensis, un des chemins de Compostelle. Ce n’est qu’après le départ de la communauté ecclésiastique, pendant la révolution française, que le village prend son essor au cours du XIXe siècle, en tant que lieu d’habitation, de commerce fromager, de foire aux animaux d’élevage et de tourisme. Après un déclin au milieu du XXe siècle, il est devenu depuis les années 1980 un des principaux centres touristiques du plateau d’Aubrac, en dépit d’une population permanente très faible (5 habitants).
 Situé à une altitude d’environ 1310mètres dans la partie sommitale du plateau d’Aubrac, le village d’Aubrac est le plus élevé du département de l’Aveyron et un des plus élevés du Massif central. Le climat montagnard, sous influence océanique, y est rude et les longs hivers apportent froid intense et tourmentes de neige, nécessitant un déneigement des voies d’accès.
 L’exposition du village au sud et sa protection contre les fréquents vents du nord par un alignement de sommets, tendent à limiter ces contraintes climatiques. Sa position de carrefour témoigne de son rôle passé dans la région: on accède au village d’Aubrac par la route départementale D987, depuis le chef-lieu communal Saint-Chély-d’Aubrac situé à une distance de près de 8kilomètres sur les contreforts du plateau, et depuis Nasbinals, commune lozérienne du haut-plateau limitrophe du département de l’Aveyron, éloignée de 8kilomètres. Par la route départementale D15, Laguiole, principal bourg de l’Aubrac, est distant de 20kilomètres environ.
 La fondation de l’hôpital d’Aubrac s’inscrit dans le mouvement de la Paix de Dieu, en vue de mettre fin aux rivalités et aux exactions commises sur le plateau par les seigneuries situées à sa périphérie. Après sa création, le plateau dispose d’un centre politique écartant progressivement cette situation de non-droit et d’un centre d’activité dont l’expansion, à partir de l’élevage transhumant à vocation bouchère puis fromagère, concourt, au cours des siècles qui suivent, à son développement économique et à la création des paysages pastoraux actuels. Bâti à proximité d’une voie de passage d’origine antique, empruntée probablement dès le XIe siècle dans sa traversée du plateau par un des chemins de Compostelle, la via Podiensis, l’hôpital est une étape pour les pèlerins et voyageurs et accueille les malades et les indigents.
 S’il est fait mention dès 1694 d’une auberge à proximité de la domerie, les premières habitations ne sont construites autour du monastère à l’abandon qu’au cours du XIXe siècle, plusieurs décennies sans doute après le départ des religieux pendant la révolution française, par réemploi des matériaux des anciens édifices. Situé au cœur d’une zone d’estive de bovins laitiers transhumants voués à la fabrication du fromage de Laguiole, le village se développe en relation avec cette activité alors en plein essor, et devient dans la dernière partie du XIXe siècle un des centres de négoce fromager du plateau. À cette époque, l’accroissement du cheptel bovin conduit à y créer une foire aux jeunes animaux d’élevage et aux animaux de trait, qui se tient chaque année, le 3 octobre. Une «foire de la loue» (fièira de la lòga), permet à cette occasion aux propriétaires d’exploitation agricole, pendant que l’activité saisonnière des nombreux burons fromagers des environs s’achève, d’embaucher du personnel pour la saison d’hiver. 
À la fin du XIXe siècle, le village devient une destination touristique estivale à la mode, à vocation de repos ou de cure de petit-lait issu de la fabrication du fromage, activité qui va perdurer jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. En septembre 1902, un sanatorium est par ailleurs inauguré à proximité immédiate du village, qui deviendra dix ans plus tard l’«Hôtel Royal», succursale de l’«Astoria Hôtel» et de l’«International de Vichy». Parallèlement à cette structure hôtelière, Aubrac compte pendant la première moitié du XXe siècle deux hôtels-restaurants et un hôtel-café, destinés à l’accueil des estivants, des pèlerins de Compostelle, ou faisant fonction de lieu de rencontre et de détente pour les buronniers en activité dans les environs. La population estivale du village est estimée à cette époque entre 600 et 800 personnes chaque année.
 Au milieu du XXe siècle, l’arrêt des cures et de l’Hôtel Royal, conjugué à un exode rural marqué et à une rapide diminution puis à l’arrêt de la production fromagère traditionnelle dans les burons, a pour conséquence un déclin de l’activité. Cette dernière est relancée dans les années 1960, par la mise en place d’un centre de colonie de vacances, de classes de neige et de séminaires dans les locaux de l’ancien sanatorium, qui demeurent en fonction jusqu’au début des années 1990. À partir des années 1980, le village développe une importante activité touristique et culturelle, en particulier en tant qu’étape du chemin de Compostelle et lieu d’organisation d’une fête annuelle de la transhumance et d’un festival littéraire.
 On ne connait pas le nombre exact de religieux présents dans l’hôpital au cours du Moyen Âge. Un texte daté de 1420 mentionne la nécessité de limiter à 70 le nombre de frères et sœurs affectés à son service, dont environ 25 détachés dans les hôpitaux ou églises qui en dépendent.
 Vers 1698 ou 1699, il est fait état de la présence dans l’hôpital de 23 religieux.
 Au début du XXe siècle, le village d’Aubrac comptait environ 40 habitants permanents. La population du village a payé un lourd tribut à la Première Guerre mondiale. Le monument situé sur la place centrale rendant hommage aux victimes de ce conflit fait état de la mort ou de la disparition de neuf de ses habitants, soit l’équivalent de près d’un quart de la population mentionnée une quinzaine d’années auparavant.
 À la fin des années 1990, trois ou quatre habitants permanents y sont mentionnés, et cinq en 2013.
 Au début des années 2010, le village accueille environ 100000 visiteurs par an, essentiellement en période estivale, dont 20000 pèlerins-randonneurs de Compostelle et 20000 personnes à l’occasion de la fête de la transhumance.
 Il ne subsiste aujourd’hui que trois des nombreux bâtiments qui composaient l’ancienne domerie jusqu’à la révolution française: L’église Notre-Dame-des-Pauvres, ClasséMH (1925), dont la construction date de la fin du XII.me siècle et dont l’actuel clocher a été érigé au début de la seconde moitié du XV.me siècle, la tour dite «des Anglais», bâtie au XIV.me siècle, pendant la guerre de Cent Ans, ainsi qu’une partie des bâtiments de l’ancien hôpital, issue d’une reconstruction datant de la seconde moitié du XV.me siècle. Ces vestiges ont connu des restaurations et quelques remaniements au cours des XIXe et XXe siècles, plus particulièrement l’église.
 La cloche dite «des perdus» ou «des égarés», abritée dans le clocher de l’église, servait pendant la période de fonctionnement de l’hôpital à guider les pèlerins ou voyageurs traversant le plateau par mauvais temps. Cette cloche fut brisée et fondue à plusieurs reprises, puis a été installée vers 1798 dans l’église de Saint-Chély-d’Aubrac, avant de retrouver sa place.
 Les chemins de Compostelle ont été classés au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco en 1998. Le tronçon passant par le village d’Aubrac a pour sa part été classé «bien naturel» par l’Unesco pour sa diversité faunistique et floristique. Ce tronçon bénéficie parallèlement du classement «Itinéraire culturel européen» attribué aux chemins de Compostelle par le Conseil de l’Europe en 1987. Au titre du patrimoine naturel, le village d’Aubrac et ses environs font partie de la zone Natura 2000 «plateau central de l’Aubrac aveyronnais», créée en 2006. Les pelouses pastorales et les tourbières d’altitude situées immédiatement en contrebas du village, sont classées Espace naturel sensible par le Conseil général de l’Aveyron, sous la dénomination «Grande prairie d’Aubrac».
 Se rendant du Puy-en-Velay à Toulouse, le roi François Ier a effectué en juillet 1533 une halte de 3 jours à la domerie d’Aubrac, pendant laquelle il s’est adonné à la chasse avec des oiseaux de proie.
 Germaine Gros (1907-2000) est une ancienne restauratrice du village d’Aubrac. Figure emblématique du village pendant le XXe siècle, elle a participé à populariser l’aligot, plat fromager traditionnel de l’Aubrac, et a notamment reçu en 1959 le diplôme d’honneur de la section gastronomique du salon des arts ménagers.
 Sur la via Podiensis du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, on vient de Nasbinals (département de la Lozère) (1180mètres d’altitude) en parcourant les pâturages d’estive du haut-plateau d’Aubrac, la prochaine étape étant Saint-Chély-d’Aubrac (département de l’Aveyron) (800mètres d’altitude), en cheminant dans la vallée encaissée de la Boralde de Saint-Chély- d’Aubrac.
 Il n’existe pas dans le village de commerce de proximité (boulangerie, épicerie). Le tourisme représente l’essentiel de l’activité, tandis que quelques troupeaux bovins à vocation bouchère transhument l’été dans les proches pâturages.
 Le village compte en 2013 un hôtel-restaurant saisonnier et un restaurant ouvert toute l’année. Deux auberges rurales et une ferme-auberge, situées à proximité immédiate, n’ouvrent qu’en saison estivale. L’accueil des pèlerins-randonneurs occupe une place importante. La tour des Anglais a été transformée par la commune en gîte d’étape. Les locaux de la colonie de vacances ont pour leur part été aménagés en chambres d’hôtes ou en gîte d’étape et des tables d’hôtes y sont proposées.
 Une aire d’accueil pour camping-cars a été aménagée par la commune. Créée en 2000 à l’initiative du syndicat mixte des communes de l’Aubrac aveyronnais, la «maison de l’Aubrac» est un espace destiné à présenter le plateau d’Aubrac à travers scénographies, expositions, animations et visites guidées. Il comprend une boutique de produits alimentaires ou artisanaux locaux et d’ouvrages sur l’Aubrac, ainsi qu’un lieu de dégustation de produits du terroir. Le jardin botanique de l’Aubrac qui lui est attenant, outil pédagogique de l’Espace naturel sensible, présente environ 650 espèces végétales caractéristiques des milieux naturels du plateau.
 La fête de la transhumance (montada) se tient chaque année le week-end le plus proche du 25 mai, date de montée en estive des troupeaux lorsque la fabrication du fromage de Laguiole était effectuée dans les anciens burons. À cette occasion, les vaches portent, comme par le passé, cloches et sonnailles et sont décorées de houx, fleurs, cocardes et drapeaux. De nombreuses animations sont organisées dans ce cadre: bénédiction des troupeaux, musique et danses traditionnelles, marchés forains et de produits régionaux, fête de l’élevage, salon et découverte du terroir, repas traditionnels de l’Aubrac à base d’aligot, de viande bovine de race aubrac et de fromage de Laguiole.
 Le village est une des étapes de découverte des produits fromagers du terroir, dans le cadre de la randonnée «Traces du fromage», organisée chaque année le deuxième dimanche de mars sur le plateau d’Aubrac, à pied ou à skis et raquettes selon l’enneigement. Il est également traversé chaque année au mois de juin par un des circuits du «marathon de l’Aubrac».
 Des frères et des sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem assurent chaque année depuis les années 1990 une présence religieuse durant les trois premières semaines d’août au village d’Aubrac, en y célébrant les liturgies dominicales.
 Une petite station de ski à dimension familiale, dotée d’un remonte-pente, est située à proximité de l’ancien sanatorium.

. Enfin, nous sommes arrivés à bon port, il nous faut rejoindre mont d’Aubrac à pied, en parcourant des prairies et une zone boisée, nous sommes accueillis par une forte sonorisation, et une forte affluence de visiteurs, 20000 personnes, il où est difficile de se frayer un passage. Le podium est l’occasion de faire intervenir tous les acteurs économiques du plateau, et de s’afficher, ce que ne manque pas, le futur candidat UMP pour les prochaines élections régionales, Dominique Régnier politologue, qui a des racines aveyronnaises. 
Nous parcourons l’unique rue du village, en flânant au milieu des étals des artisans, puis nous décidons de nous extraire de la foule, en descendant une route par laquelle montent les troupeaux qui se dirigent vers l’estive. Nous en rencontrons tout au long de la descente, les vaches sont auréolées de fleurs, elles arborent de superbes cloches aux sonneries différentes, et elles sont flanquées de leurs veaux. 
C’est sous un soleil vaillant que nous découvrons cet atmosphère festif, des prairies font la joie des campings cars, qui sont concentrés dans un même lieu. Les collines qui nous entourent sont envahies de sonnailles, il est temps de remonter au village, car nous devons rejoindre l’immense chapiteau, où nous sommes conviés à partager un repas montagnard.
 Le chapiteau peut recevoir 1000 convives, 3 services y sont assurés, nous sommes inscrits au dernier de ceux-ci, et nous y sommes attendus vers 14 heures. Après une longue attente, nous voici rassemblés autour d’une immense table, où nous dégustons une assiette de charcuterie, de l’aligot et sa pièce de viande, d’un fromage de Cantal et d’une tarte aux pruneaux, le tout arrosé de vin rosé et de rouge, et d’un café pour aider à la digestion. 
Ensuite, après s’être restaurés, nous avons parcourus les stands qui vantaient l’Aubrac, la région et la race bovine, puis nous avons badé devant les charlatans qui vendaient leurs produits miracles.
 C’est vers 18 heures, que nous avons rejoint les véhicules, la cohue était terminée, le village avait retrouvé son calme, et les parkings s’étaient vidés. Arrivés aux véhicules, le podomètre annonce 7 kilomètres que nous avons parcourus au cours de la journée. 
Pour le retour, nous empruntons, la route que nous avons sillonnée le matin, à pied en allant à la rencontre des troupeaux qui montaient en estive. Nous passons le lieu dit la Remise, il comprend 2 maisons, puis nous voici à le Pouget et à Salgues. Les prairies sont le paradis de vaches et de leurs veaux, et de moutons fraîchement tondus à pattes noirs. Nous croisons un des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, et nous revoici à Saint-Come d’Olt et son fameux clocher tort. Une splendide Juva4, est stationnée sur le parking devant la boulangerie pâtisserie du village. Nous traversons Bastide d’Aubrac, nous approchons d’Espalion, qui est une charmante petite ville, avec sa magnifique mairie, et son pont qui franchit le Lot. Nous filons sur Biounac, La campagne est toujours embellie par de magnifiques maisons, et de fermes cossues. Nous revoici à Gabriac, puis enfin, Laissac et l’hôtel Harmonie.
 Après un petit passage à la chambre, nous allons boire l’apéritif en terrasse, dans un des bars du village. Puis tous ensemble, nous prenons la direction du centre du village, pour aller dîner, au restaurant du Commerce, où nous nous mettons à table sans faim, car nous avons terminé de déjeuner assez tard. Pour nous aider à digérer, nous faisons une balade nocturne dans Laissac avant d’aller rejoindre notre hôtel. 

Le lundi de Pentecôte, nous prenons la direction du lac de Pareloup, nous quittons définitivement notre hôtel. Nous traversons le village de Ségur, nous roulons en pleine campagne, nous passons Prades Salars, la végétation est toujours aussi verte, nous apercevons un énorme lièvre à longues oreilles, qui sautent allègrement dans l’herbe fraîche. Nous arrivons à Salles Curan, où nous allons faire une petite randonnée, dite de la cabane du cantonnier. Voici la présentation de Salles Curan :

Salles-Curan, en occitan Las Salas (de Curanh), est une commune française, située dans le département de l’Aveyron en région Midi-Pyrénées. La commune compte 1068 habitants, elle s’étend sur 93 kilomètres carrés, et s’étale entre 547 et 1084 mètres d’altitude.
 Le territoire de la commune matérialise une fraction sud du Massif central, située sur le plateau du Lévézou, entre 547 et 1084 mètres d’altitude.
 Salles-Curan occupe une position stratégique assurant le contrôle de la région du Lévézou. Le site est doté de défenses dès l’époque carolingienne.
 Salles-Curan est d’abord une possession des comtes de Rodez. Le château va avoir plusieurs co-seigneurs à la suite de partages. En 1227, le fils du comte de Rodez Hugues II, Jean, donne à ses frères ses parts dans Salles-Curan.
 L’évêque de Rodez achète les parts possédées par les seigneurs de Séverac et du Lévézou. En 1237, l’évêque est devenu le seul seigneur de Salles-Curan.
 Le premier évêque de Rodez qui se dit seigneur de Salles-Curan est Vivian (1247-1274). L’évêque peut alors nommer bayle, juge et autres agents lui permettant d’administrer, assurer la sécurité du village et rendre la haute et moyenne justice. En 1429 se produit un affrontement entre deux évêques de Rodez. Le premier, Guillaume de La Tour d’Oliergues a été choisi par le pape Martin V le 16 mars 1429, le second, Pierre d’Estaing, a été élu par le chapitre de la cathédrale vers la fin de 1428. Ce conflit va durer jusqu’en 1432. Guillaume de La Tour a, pendant cette période, choisi de s’installer à Salles-Curan. Bien que confirmée par le pape, la nomination de Guillaume de La Tour à l’épiscopat de Rodez est restée contestée par une partie du chapitre. Celui-ci va alors faire de Salles-Curan un des sièges de son administration ce qui va entraîner le développement du village.
 En 1441, Guillaume de La Tour est de retour du concile de Bâle auquel il participait depuis 1433. Il décide de faire construire un château à Salles-Curan.
 Le contrat de construction est passé le 15 septembre 1442 avec le maître maçon de Saint-Beauzély Pierre Combettes. Il s’engage de bâtir un château à trois portes et trois tours avec fenêtres, portes et lucarnes.
 La ville s’est dotée d’une nouvelle enceinte à la fin de la guerre de Cent Ans. En 1452, l’évêque Guillaume de La Tour décide de faire reconstruire l’église Saint-Géraud. L’ancienne église qui datait de l’an 900 était située hors des murs et avait subi de nombreux dégâts dus aux Routiers. Le délai de construction est fixé à trois ans à partir de Noël 1452. L’église est édifiée par un entrepreneur de Saint-Beauzély, Déodat Alaux. Dès 1455, l’évêque veut créer un chapitre de chanoines pour la nouvelle église. Une charte conservée porte la date du 23 septembre 1456, mais d’autres documents plus tardifs citent la date du 7 ou 14 janvier 1456. Bertrand de Chalençon est sacré évêque de Rodez dans la collégiale le 17 juillet 1457. C’est lui qui a fait construire, après sa mort en 1501, la chapelle Notre-Dame, appelée actuellement chapelle du Scapulaire.
 La commune de Salles-Curan est connue pour son église (ancienne collégiale des évêques de Rodez) et les stalles sculptées qui s’y trouvent. Sous l’Ancien Régime, le bourg qui est aujourd’hui le chef-lieu de cette commune, fut la résidence d’été des évêques de Rodez.
 Les fermes et leurs productions agricoles sont au nombre de 91 sur la commune.
 Son économie est caractérisée par une agriculture traditionnelle axée sur l’élevage pour la production laitière bovine et/ou pour la production de veaux et agneaux destinés à l’engraissement. Une diversification existe tournée vers le tourisme rural.
 Les loisirs influent également sur l’économie communale: locations saisonnières de meublés, camping, canotage, pêche de parcours 1re et 2e catégorie. La chasse, indispensable à l’agriculture et à la flore essaie de contenir les populations de grand gibier.
 Le 15 décembre 2008, EDF Énergies Nouvelles a mis en service le «plus grand parc éolien de France» d’une capacité de 87 mégawatts (MW).
 Lac de Pareloup, retenue EDF qui est le 4e lac artificiel de France (par sa superficie), désigne Salles-Curan comme la commune du Lévézou (avec les Vernhes) où l’affluence d’estivants est la plus massive.

Nous traversons le village à pied, puis nous sommes en pleine nature, nous sillonnons une petite route, sur notre droite s’écoule une petite rivière, qui de temps à autre passe sur notre gauche au profit d’un petit pont, puis elle revient sur notre droite, par la magie de la même opération. Sur notre gauche ce sont des champs et des prairies parsemés de genêts, et sur notre droite, c’est une colline boisée. La petite route franchit de petits mamelons, puis nous pénétrons dans une forêt, ou serpente un chemin de terre, c’est très agréable, il nous faut franchir à certains endroits des branchages. Le chemin s’élève quelque peu, puis il devient plus scabreux, c’est là, que nous décidons de rebrousser chemin, pour aller rejoindre les véhicules, en empruntant le même parcours. 
Arrivés au parking, nous décidons, d’aller pique niquer, au bord du lac de Pareloup, qui se trouve à 5 kilomètres. Voici la présentation, du lac de Pareloup :

Le lac de Pareloup ou retenue de Pareloup se trouve dans l’Aveyron, entre Rodez et Millau sur le plateau du Lévézou à 805m d’altitude.
 D’une superficie d’environ 1290 hectares, c’est une retenue artificielle résultant de la construction du barrage de Pareloup par EDF dans les années 1950.
 Elle est prisée des pêcheurs et des estivants pour les nombreuses activités (baignade, bateau et pêche) qui s’y pratiquent, qui ne sont pas sans poser quelques problèmes environnementaux.
 Le lac de Pareloup est la 5e plus grande retenue d’eau artificielle de France et la deuxième du sud de la France. Il appartient à la région des monts et lacs du Lévézou, lieux à vocation agricoles notamment d’élevage bovins comme tout l’Aveyron et dans une certaine mesure touristique.
 Les rives de la retenue sont très découpées (130km) et dégagent de nombreuses
péninsules et deux îles (au large de la presqu’île de Routaboul et Le Coutal).
 Étant dans une cuvette, des côtes généralement peu escarpées dégagent de vastes plages sableuses ou vaseuses qui font parfois (lorsque le marnage est à son minima) plusieurs dizaines de mètres de large.
 Le Lac de Pareloup se trouve dans un couloir aérien desservant l’Aéroport de Rodez-Aveyron. Ainsi, nombreux sont les appareils effectuant leurs rotations afin de s’incliner face à une des pistes de l’aéroport au niveau de ce secteur.
 Construit dans les années 1950, le barrage a créé une retenue qui a noyé la cuvette appelée «la cuvette du Vioulou». Des fermes (Caussanel) et des moulins y furent engloutis.
 Le complexe de plusieurs barrages EDF sur la région du Lévézou Depuis le début des années 1980, le tourisme s’intensifie et l’été les estivants font tripler la population: nombreux campings, résidences secondaires, hôtels, activités nautiques motorisées ou pas, patrimoine bâti et naturel diversifiés …
 En 1993, la vidange de la retenue (la première depuis 1961) a permis de remettre à jour de nombreux vestiges. Le plus connu est le «pont des 15 arches» sur lequel passe une route ancienne de Pont-de-Salars à Salles-Curan pour traverser le Vioulou. Ce pont bien que noyé pendant quarante ans était encore intact. La présence de vestiges archéologiques, comme la voie romaine (Caussanel) et des outils préhistoriques, donne au lieu un intérêt particulier.
 La vidange a permis grâce à une retenue de déterminer la composition piscicole du lac: 15 espèces de poissons ont été identifiés, en majorité du gardon (45%), de la brème (36%), du brochet (5,5%), du sandre (5,16%) et de la perche commune (5,16%).
Le lac est prisé des touristes, et les politiques locales d’aménagement du territoire ont développé l’activité touristique en y créant de nombreuses infrastructures. Les routes qui longent plus ou moins les rives desservent deux plages publiques (Notre-Dame-d’Aures-Pareloup, commune d’Arvieu et Vernhes, commune de Salles-Curan), trois ports (Notre-Dame-d’Aures-Pareloup, Vernhes et Salles-Curan), des campings innombrables et centres nautiques.
 Bien que les plages publiques soit surveillées par des sauveteurs, nombreux sont les estivants qui préfèrent les plages comme celle du Caussanel ou de Saint-Martin des Faux.

Le vent s’est levé, nous avons du mal de trouver un endroit à l’abri d’Eole, des tables et des bancs nous tendent les bras, nous en profitons pour nous y installer, et nous partageons un repas froid arrosé de sangria et de vin rouge. Nous ne lézardons pas, le temps ne s’y prête pas, il nous faut rentrer sur Montpellier. Démocratiquement, nous décidons daller boire un café bien chaud à Millau.
 Les collines sont envahies de genêts, nous passons Saint-Jean de Froid, nous roulons au milieu d’un immense champ d’éoliennes, dont les pales tournent bon train. Nous dominons la vallée du Tarn, au loin, nous commençons à distinguer le pont de Millau. Nous sommes dans une zone boisée, nous abordons la descente sur Millau, qui est établit dans la vallée du Tarn. Nous rejoignons la place du Mandarou, où nous colonisons une terrasse de la brasserie du même nom, où nous partageons le dernier verre en commun de notre week end de Pentecôte.
 Le vent est un peu moins fort, nous effectuons notre dernière étape, nous grimpons sur le plateau du Larzac, sur lequel la température commence à s’élever. Nous voici sur l’A75, nous passons le tunnel du pas de l’Escalette, nous plongeons sur Lodève, sur notre droite le lac du Salagou, puis Gignac et enfin Montpellier.
 Tout le monde se sépare à la station de tramway, Occitanie, et chacun rejoint son domicile par ses propres moyens. 

Ce fut un week end agréable, il a été proposé par Jean-Louis, Jean-Jacques s’est chargé de l’organisation, pour laquelle il a pu compté sur l’infatigable Colette et le discret Jean. Tout le monde a trouvé la journée de dimanche un peu trop animée, ce qui ne nous a pas permis, de découvrir Mont Aubrac à sa juste valeur, mais on pourra dire dorénavant, que nous avons assisté à la Mecque de la transhumance. Je tiens à remercier la description des paysages rencontrés, en voiture et à pied, par les accompagnateurs qui m’ont supporté tout au long du week end, sans qui ma page serait restée bien pâle.

Michel Michelland

L’aubrac est une race bovine française originaire du plateau de l’Aubrac, du sud du Massif central. C’est une vache de taille moyenne, à la robe fauve avec les muqueuses, le toupet de la queue, le bout des cornes en lyre et le contour des oreilles noirs. Autrefois utilisée pour le travail, le lait et la viande. Aujourd’hui, c’est une race allaitante destinée à produire de la viande. On l’apprécie notamment pour sa rusticité et ses qualités maternelles, qui lui permettent d’élever facilement ses veaux.
Elle est souvent croisée avec des taureaux charolais pour améliorer la conformation de ses produits.
 L’aubrac était autrefois associée aux burons, dans lesquels on transformait son lait en fromage durant l’estive. Cette pratique a disparu aujourd’hui, et à de très rares exceptions près, le fromage de Laguiole est fabriqué non plus avec du lait d’Aubrac mais avec celui de vaches simmentals, plus productives. Certains éleveurs cherchent tout de même à développer une souche laitière.
 Cette race fait partie, pour certains auteurs, du rameau brun, un vaste rameau comprenant notamment la Brune des Alpes, la Tarentaise, la Gasconne ou encore la Mirandaise. Elle pourrait être plus précisément apparentée à la gasconne. Au sein de ce rameau brun, on la rattache souvent à la «branche fauve», et non à la branche alpine. Elle serait alors la descendante d’une race venue d’Afrique du Nord et arrivée en Espagne puis dans le Sud-Ouest de la France avec la migration des Arabes au VIIe siècle, tout comme la parthenaise qui lui ressemble fortement, ainsi que les races proches (nantaise et maraîchine). Ceci expliquerait également sa ressemblance avec diverses races espagnoles. Des études récentes sur le patrimoine génétique des différentes races bovines tendent cependant à la rapprocher de la salers, qui est proche géographiquement et que l’on rattache au rameau rouge, qui trouverait son origine dans une domestication locale de l’aurochs en Espagne.
 Dans tous les cas, elle est présente depuis très longtemps sur le plateau de l’Aubrac où elle s’est adaptée aux rudes conditions climatiques qui lui ont forgé une réputation de rusticité.
 L’aire de répartition que l’on attribue aujourd’hui à l’aubrac présentait différentes populations bovines, qui ont peu à peu été intégrées à ce que l’on connait comme l’aubrac, influençant cette dernière. Ainsi, les populations bovines du Rouergue, des Causses et du Ségala, qui n’étaient pas très bien définies, ont été absorbées par l’aubrac. De même la «race» d’Anglès qui peuplait le Tarn, l’Aude et l’Hérault, et la «race» de la Montagne Noire ont disparu, cédant leur place aux bovins de l’Aveyron et de la Lozère. Une autre race, la «race du Gévaudan», partageait presque le même berceau que l’aubrac, s’en distinguant par sa plus grande taille et sa plus grande productivité laitière. De ces diverses populations, l’aubrac a pu conserver quelques traits comme ses diverses tonalités de robe.
 On retrouve des traces d’un élevage plus organisé au XVIIIe siècle: les moines bénédictins d’Aubrac commencèrent à mener une gestion rationnelle de leur troupeau. Ils fixent certains caractères et leur troupeau s’homogénéise petit à petit pour former un premier socle de la race aubrac. Leurs efforts sont mis à mal par la Révolution française, qui confisque les biens de l’église et met un arrêt à la démarche de sélection entreprise par les moines. Il faudra attendre la fin de cette période mouvementée de l’histoire et la fin des guerres napoléoniennes avant que la race ne se restructure. 
L’élevage a contribué à façonner le paysage caractéristique de l’Aubrac, avec ses pâtures délimitées par des murets.
 Au début du XIX.me siècle, la race Aubrac est inquiétée par l’introduction de races étrangères dans sa région comme la Brune des Alpes, avec laquelle elle est croisée . Les animaux importés sont en effet plus productifs, et permettent de produire deux fois plus de fromage que les aubracs. Mais les croisements effectués se soldent finalement par un échec car les éleveurs n’adaptent pas l’alimentation hivernale aux besoins plus importants des animaux croisés. Alors que la race aurait pu disparaître, les éleveurs de la région réagissent et s’organisent pour conserver sa pureté. Cet objectif est notamment défendu par la Société d’Agriculture de l’Aveyron, fondée en 1840. Elle met en place pour la première fois une sélection collective des animaux. Au cours du XIXesiècle, les concours se multiplient, mettant en avant les plus beaux animaux de la race et leurs éleveurs. On créé notamment le concours spécial de la race en 1880, où sont présentés les meilleurs reproducteurs aubracs, et qui existent toujours aujourd’hui. D’autres tentatives de croisements de la race, avec des animaux charolais notamment, échouent à cette époque non du fait de la résistance des éleveurs locaux à l’infusion de sang d’autres races, mais encore une fois parce que les conditions d’élevage ne s’améliorent pas en montagne et ne permettent pas d’exploiter le potentiel des animaux croisés.
 Il faut attendre la fin de ce siècle pour trouver une sélection véritablement organisée. En effet en 1887 on commence à faire des efforts en pesant les animaux présentés aux concours, puis en 1888, à l’occasion de la création du livre généalogique de la race, on mesure la production laitière des animaux. Celle-ci est très importante à l’époque car le lait de l’Aubrac sert à fabriquer du beurre mais surtout le fromage de Laguiole. Le herd-book Aubrac est créé dans la foulée en 1892, et les premières inscriptions d’animaux ont lieu en 1894. 
Les burons étaient au centre de systèmes pastoraux florissant à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.
 Dans la deuxième partie du XIXe siècle, les éleveurs de l’Aubrac adoptent un système pastoral qui a fait ses preuves dans le Cantal avec la vache salers. Les éleveurs envoient leurs animaux dans la montagne pendant quatre mois, durant lesquels ils sont confiés aux buronniers. Sur l’exploitation, l’éleveur ne conserve que les animaux voués aux travaux des champs, et quelques laitières pour les besoins de la famille. Les autres animaux profitent de l’herbe de l’estive, valorisée au mieux par le savoir-faire des buronniers, qui font circuler les animaux dans la montagne suivant la pousse. Ils pratiquent la «fumade», qui consiste à enclore les animaux dans un petit périmètre durant la nuit afin qu’elles en fertilisent la végétation par leurs déjections. Sous l’impulsion de grands propriétaires qui acquièrent les terrains autrefois collectifs, l’exploitation des «montagnes», pâturages d’altitude, se fait plus intensive. On y pratique le drainage, l’irrigation, le défrichement, ce qui permet d’augmenter la taille du cheptel qu’il peut accueillir. Les moutons sont peu à peu cantonnés aux plus mauvaises pâtures, et les vaches s’installent partout ailleurs. Les buronniers les traient et transforment leur lait en fromage de Laguiole. Le Laguiole devient la production principale des éleveurs, qui vendaient auparavant des bœufs gras et des animaux de travail, principalement en direction du Midi. 
LE commerce du fromage est florissant et ce succès attire des spéculateurs venant de la bourgeoisie, qui acquièrent petit à petit les terres aux riches pâturages.
 Au début du XXe siècle, la race connait son apogée, avec environ 320000animaux peuplant le sud du Massif central. La création des premiers Syndicats d’Élevage, en 1933, facilite le travail des éleveurs, en les assistant dans le choix des reproducteurs, les échanges avec d’autres éleveurs et l’introduction d’animaux de la race élevés hors de la région d’origine. 
Après 1945, les effectifs déclinent. En effet, les premiers tracteurs font leur apparition dans les fermes et la vocation d’animal de travail de la race n’a plus grand intérêt. La traction animale se maintient sur le plateau de l’Aubrac jusque dans les années 1960, mais le nombre de bœufs a déjà bien diminué à cette date. Par ailleurs l’aubrac demeure une laitière plutôt médiocre par rapport à d’autres races qui se développent en France à cette époque comme la brune ou la holstein, qui la supplante dans la production de fromage. Les burons sont peu à peu abandonnés dès les années 1930. Ainsi, alors qu’on comptait 350 burons à la fin du XIXe siècle, on n’en recensait plus que 141 dans les années 1950 et 3 en 1994. On cesse de traire les aubracs à l’estive dans les années 1950 et 1960, la vie dans les burons et la traite en estive ne répondant plus aux aspirations de la société de l’époque. Par ailleurs, l’augmentation constante du coût du travail rend cette activité de moins en moins rentable : quand la vente de 100kg de fromage de Laguiole permettait de faire vivre deux personnes au début du siècle, il en faut une tonne dans les années 1950.
 Les effectifs tombent alors à 55000têtes, dont seulement 2500 sont inscrites.
 Le renouveau vient dans les années 1960 à 80, avec la conversion des vaches de laitières à allaitantes et production de veaux. En effet, l’aubrac est une laitière peu productive en comparaison avec des races comme la Prim’Holstein qui se développe très rapidement dans tout le pays, ou même la montbéliarde et la simmental qui combinent bonne production laitière et rusticité. C’est d’ailleurs la Simmental qui va supplanter l’aubrac pour la production du fromage de Laguiole . Cette race fournit actuellement 90% du lait utilisé dans la production de ce fromage typique de la région, qui était traditionnellement confectionné dans un buron avec du lait de vache aubrac collecté en estive.
 Pour obtenir des veaux mieux conformés et mieux valorisés sur le marché, on croise l’aubrac avec des races à viande comme notamment la charolaise.
 Le cheptel souche est donc à nouveau menacé par les croisements, et les éleveurs doivent veiller à bien assurer le renouvellement des vaches par la production de génisses de race pure. C’est ce à quoi s’attache l’Union Aubrac, unité de sélection et de promotion de la race créée à la suite de la loi sur l’élevage de 1966. Aujourd’hui la principale vocation de la race est de fournir des vaches rustiques et aux très bonnes qualités maternelles, véritables «moules à veaux» qui produisent des veaux en croisement avec des races à viande pour alimenter le marché du broutard.
 Le cheptel français actuel de race aubrac s’élève à environ 140000 vaches mères, dont 35000vaches et 1600taureaux inscrits.
 Sous l’effet de la sélection opéré par l’homme, les bovins aubracs actuels sont un peu différents de ceux qui peuplaient la région au XIXe siècle. 
Au milieu du XIX.me siècle, l’aubrac est une petite vache robuste, avec de courtes pattes qui portent un fort tronc et un poitrail large. Nettement moins «gracieuse» qu’actuellement, l’aubrac présente par contre d’ores et déjà sa tête caractéristique aux yeux maquillés de noir. Ses cornes sont par contre relativement courtes. Depuis elles se sont un peu allongées, peut-être à la suite de l’absorption de la «race d’Anglès» qui était réputée avoir de longues cornes. 
Toutes les caractéristiques morphologiques des animaux n’ont pas été encore fixées par la sélection à l’époque. La couleur de la robe par exemple diffère d’un animal à l’autre. Si la couleur dominante est bien le fauve, les tonalités varient du pâle au foncé, et on observe des animaux aux extrémités et à la tête «charbonnée», notamment les taureaux, et d’autres arborent une robe dite «blaireau», teintée de gris.. L’influence des races locales qui ont été croisées et intégrées à la race aubrac pourrait expliquer en partie ses différentes teintes.
 Les photos les plus anciennes montrent généralement des animaux osseux et grêles. En fait, on observe que la conformation varie nettement suivant la zone géographique, et surtout suivant la richesse des pâtures.. Ainsi, les animaux de la région de Laguiole profitent de bonnes pâtures et sont beaucoup mieux conformés que ceux du nord-est de la Lozère qui doivent se contenter d’une végétation maigre qui pousse sur les sols schisteux de cette région. 
L’aubrac aujourd’hui
Elle porte une robe fauve. La peau est noire, ce qui est visible aux naseaux et autour des yeux. L’encolure des taureaux est plus sombre, comme les extrémités (oreilles, bas des pattes et queue). Les cornes sont blanches à l’extrémité noire. Les sabots sont noirs et durs. C’est une vache de format moyen (1,20m de hauteur au garrot et 550 à 650kg pour les femelles et 1,40m et 950kg pour les mâles). Les femelles ont en moyenne un tour de poitrine de 190cm pour une profondeur de poitrine de 70cm. Le bassin fait 53cm de large. 
Tête d’une vache Aubrac, avec les yeux «maquillés» caractéristiques. 
Extrémités: les muqueuses, le toupet de la queue, les onglons, le bout des cornes et le contour des oreilles sont noirs. Chez le mâle, l’extrémité de la cupule est noire Cornes dirigées obliquement et légèrement en avant puis relevées et retournées en torsade, elles sont noires au sommet, la base devant être le plus blanc possible. Couleur: la robe fauve, unicolore mais nuancée, varie du froment au gris blanchâtre. La teinte est plus foncée sur les épaules et sur la croupe.
 Ce caractère est surtout accentué chez les mâles non castrés où l’avant main est proche de la couleur noire. 
Tête: le mufle, le bord des paupières et les cils sont noirs entourés d’une auréole blanche. La langue est aux 2/3 de couleur ardoisée à noire. L’œil vif est maquillé de noir (yeux d’Andalouse). Le chanfrein est plat et droit.
 Le front est carré. Le chignon large est souvent crépu. Les oreilles sont de taille moyenne, fines et bordées de poils noirs. Belle et expressive, la tête se termine par un mufle court et large. 
Corps: si le cou et les flancs sont plutôt courts, le poitrail et les reins sont larges. Le bassin et les hanches sont développés et plats. La ligne de dos est rectiligne, la poitrine très profonde et les côtes convexes.
 Le fanon est réduit mais la croupe est musclée. La culotte large et épaisse mais non rebondie, est bien descendue sur les jarrets et fermée au grasset.
 Harmonie: planté sur quatre membres solides, l’Aubrac est un animal de taille moyenne, soudé et trapu faisant apparaître les caractères d’une bête robuste. 
Membres: courts et fins, ils sont d’une solidité remarquable. Chaussé d’onglons de couleur noire, l’Aubrac bénéficie d’aplombs excellents avec des jarrets sains non engorgés.
 Queue fine, longue et sans trop de saillie à l’attache, elle est bien plantée et se termine par un toupet de crins noirs. 
Standard de la race formulé par l’Upra Aubrac
Certains caractères conduisent au refus de l’inscription des animaux qui les présentent. C’est le cas d’un développement musculaire trop marqué par exemple, ou de la présence de taches sur la robe ou la langue.
 Les animaux peu dociles, présentant des aplombs défectueux ou un nez fumé sont également refusés. 
Aptitudes
Comme chez beaucoup d’autres races, on cultivait autrefois chez l’aubrac la triple aptitude travail/lait/viande. Aujourd’hui la race est tournée vers la production de viande, mais sort du lot par sa rusticité et ses qualités maternelles. 
Une race rustique bien adaptée à son milieu Les aubracs valorisent bien les prairies des estives du Massif central.
 C’est une ancienne race mixte devenue allaitante. La race est rustique, façonnée par sa montagne, entre 1000 et 1500m d’altitude. Elle a de bons aplombs et des onglons durs, qui lui donnent une bonne aptitude à la marche.
 Elle supporte également sans difficulté les longs mois d’hiver passés à l’attache sur le béton. Elle résiste aux amplitudes thermiques courtes et à la rigueur du climat de sa région d’origine. Elle n’est pas non plus sensible à l’humidité des tourbières naturelles de l’Aubrac. 
L’aubrac valorise bien les fourrages grossiers, et à la capacité de mobiliser ses réserves corporelles lorsque son alimentation est pauvre, avant de les reconstituer dès que la période le permet. Elle s’adapte donc bien aux disponibilités fourragères, sans que ses performances ne soient trop touchées. Ainsi, son élevage nécessite peu de frais, que ce soit en alimentation ou en frais vétérinaires. 
Bovin de trait
Un des usages principaux de la race aubrac au siècle dernier était le travail. Son aptitude à la marche dans des terrains difficiles la rendait très utile dans sa région d’origine. Pour tirer des charrettes en montagne, on préférait les vaches aux mâles, fait peu courant. Elles étaient réputées plus robustes et plus intelligentes, et pouvaient tirer une charge sur une plus grande distance qu’eux sur des chemins parfois pentus. Par contre, on préférait les bœufs pour le labour car ils étaient plus puissants.
 Une étude de 1899 concluait sur la supériorité des bœufs aubracs par rapport aux salers et aux limousins, montrant les qualités d’animal de trait de cette race.
 Alors que l’usage du tracteur se développe fortement après la Seconde Guerre mondiale, l’aubrac reste utilisée jusque dans les années 1960, la mécanisation mettant un peu plus de temps qu’ailleurs à s’imposer dans le relief accidenté du Massif central. 
La vache aubrac est réputée pour ses qualités maternelles. Elle est fertile et très féconde avec 98% des vaches mises à la reproduction faisant un veau. Elle vêle avec facilité, même lorsqu’elle est croisée avec un taureau à viande, et nécessite donc moins de surveillance que les races allaitantes. Ses veaux sont viables, et seuls 0,3% meurent à la naissance.
 Par ailleurs les pertes entre la mise bas et le sevrage sont inférieures à 5%. Après le vêlage, elle est rapidement de nouveau fertile, et pour les presque 50000 vaches en contrôle de performance en 2008 l’Intervalle Vêlage-Vêlage (IVV) moyen était de 375 jours. Elle a une bonne longévité: les vaches sont mises à la réforme à l’âge de 11 ans en moyenne, après avoir donné naissance à 8 ou 9 veaux. De plus 6% des vaches mises à la reproduction ont plus de 12 ans. La gestation dure 283 jours. Le taux de gémellité est de 2%.
La production laitière correcte des mères leur permet d’élever les veaux sans apport de concentrés dans les systèmes extensifs. Elles sont en effet capables de puiser dans leurs réserves pour assurer l’allaitement du veau jusqu’au sevrage, vers 8-9 mois. Elles produisent environ 10litres de lait par jour, ce qui est très faible par rapport aux races laitières et a conduit à la réorientation de la race vers la production de viande.
 C’est aussi plus faible que certaines races allaitantes comme la salers ou la charolaise, mais mieux que la limousine. Une souche laitière de l’aubrac perdure, mais ne compte qu’un faible nombre d’animaux qui sont toujours traits dans la région de Carladès et de Pierrefort. 
Une modeste laitière
L’aubrac n’a jamais été considérée comme une très bonne vache laitière.
 Si sa production est suffisante pour satisfaire les besoins de son veau, elle est très en deçà de celle des autres vaches laitières comme la Prim’Holstein, la montbéliarde, la normande ou la simmental qui s’est aujourd’hui imposée dans son berceau d’origine. Même à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, lors de l’apogée de la race, les auteurs considèrent que sa production de lait est modeste, en comparaison de la salers, sa voisine du Cantal, par exemple. Paradoxalement, c’est en partie grâce à son lait et le fromage de Laguiole, dont elle est à l’origine et qui a depuis obtenu une AOC, qu’elle s’est fortement développée à l’origine. 
Aujourd’hui, quelques animaux sont réputés «laitiers» pour avoir une meilleure production laitière que la moyenne de la race, et on compte un petit nombre de vaches traites. 
Une amélioration des aptitudes bouchères
Dans sa région d’origine, la plupart des animaux commercialisés sont vendus en maigre, pour être engraissés dans des régions qui disposent de plus de ressources alimentaires. Les jeunes animaux peuvent être vendus à différents âges suivant les élevages. On peut noter la particularité de la production de «bourrets», des animaux qui repassent à l’herbe après avoir été sevrés et avoir passé l’hiver sur l’exploitation. Ils sont vendus à 18 mois et destinés à un engraissement rapide en Italie pour pouvoir être abattus à une période de l’année où on manque généralement de viande, et où les prix sont soutenus. 
Différentes formes de commercialisation des animaux maigres pour la race aubrac
Les éleveurs commercialisent également des animaux reproducteurs, jeunes mâles vendus généralement à 18 mois et femelles vendues entre 20-26 mois, prête à la saillie, ou pleine à 32-36 mois. Ce commerce concerne pas moins de 8000génisses par an. Afin qu’il soit encadré, les groupements de producteurs de l’UPRA aubrac ont créé le GIE aubrac, interface entre les acheteurs de reproducteurs et les éleveurs les commercialisant.
 Les meilleures génisses peuvent être engraissées sur place. Elles peuvent alors bénéficier du signe officiel de qualité «Fleur d’Aubrac». Il s’agit d’une certification de conformité produit (CCP), en passe de devenir une indication géographique protégée (IGP). Selon le cahier des charges, la «génisse Fleur d’Aubrac» est issue du croisement entre une vache aubrac et un taureau charolais. Elle est élevée avec le lait de sa mère jusqu’à son sevrage, puis alimentée avec les ressources fourragères de l’exploitation (herbe, foin, ensilage) avant une période de quatre mois de finition en stabulation ou au pâturage. Elle est abattue entre 24 et 42 mois.
 Les vaches de réforme sont vendues en maigre, ou engraissées sur place.
 Elles peuvent alors prétendre au label rouge «bœuf fermier d’Aubrac». Le cahier des charges garantit que les animaux ainsi labellisés sont uniquement de race aubrac et provenant de troupeaux pratiquant la transhumance. Le «bœuf fermier d’Aubrac» est élevé de manière traditionnel, et la viande bénéficie d’une longue période de maturation pour qu’elle acquiert une saveur, une tendresse de grain et une tendreté suffisantes. 
À l’origine, la vache aubrac, également appelée «race de Laguiole» au début du XIX.me siècle, se rencontre dans une bonne partie du sud du Massif central, ce chef-lieu de canton de l’Aveyron formant l’épicentre de sa répartition. 
Ainsi, à la fin du XIX.me siècle av.J.-C. elle est présente sur tout le plateau de l’Aubrac, et plus généralement dans l’ensemble des départements de l’Aveyron et de la Lozère. Elle s’étend jusque dans le sud-est du Cantal, dans la région de Saint-Flour, le sud-est de la Haute-Loire, et plus au sud dans le nord-est du Tarn et le nord-ouest de l’Hérault.
 Au XXe siècle, elle a élargi son aire d’influence à l’ensemble du sud du Massif central, incluant les départements de la Haute-Loire, l’Ardèche, la Drôme, les Pyrénées orientales, l’Ariège, le Gard, l’Hérault, les Bouches du Rhône et les Landes. Elle est apparue dans la garrigue languedocienne, pour l’entretien de l’espace rural en remplacement du mouton, dans le but de produire une viande mieux valorisée. Les broutards et laitonnes commercialisés approvisionnent notamment les ateliers d’engraissement du Tarn et de Tarn-et-Garonne, ainsi que de quelques départements du Nord de la France.
 L’aubrac présente des aptitudes à s’adapter à des milieux autres que celui de son origine: adaptation à la chaleur et à la sécheresse, à une alimentation pauvre et résistance au trypanosome. Plusieurs races françaises ont été exportées en Guyane, en milieu chaud et humide, mais seule l’aubrac s’y est montrée rentable. Elle a aussi été exportée dans plusieurs autres pays, notamment en Irlande, Russie et aux États-Unis.

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