musée dole décembre 2014

Mardi 30 décembre 2014
Ce sont sur des sols enneigés et verglacés, que nous nous rendons au musée de Dole, il est situé rue des Arènes. Nous sommes attendus par le comité AVH de Dole, nous devons participer à une visite dont le thème est approprié aux déficients visuels, le tactile. Pendant les fêtes de fin d’année, le musée est fermé, il est ouvert tout spécialement pour nous, nous faisons connaissance de madame colombier, qui sera notre guide, elle nous conduit au vestiaire, où nous pouvons quitté nos vêtements d’hiver, puis nous descendons en sous-sol, pour débuter la visite.
Voici la présentation du musée :

Le musée des Beaux-arts, un dialogue entre art contemporain et art ancien
Fondé en 1821, le musée des beaux-arts s’est d’abord installé dans l’ancien collège des Jésuites, actuel collège de l’Arc et sa chapelle attenante. Un fonds de peintures et de sculptures anciennes a constitué essentiellement par donations, dans un premier temps, le noyau des collections.
Puis, sous l’impulsion de Julien Feuvrier, une section archéologique a enrichi significativement le musée au tournant du 20e siècle. Depuis 1980, le Pavillon des officiers, bel exemple d’architecture militaire comtoise du 18e siècle, construit sur les plans d’Antoine-Louis Attiret, accueille les collections et les expositions temporaires. Il a été rénové par l’architecte Louis Miquel, disciple de Le Corbusier dont il fut l’élève dans les années trente.
Comme le bâtiment qui articule une architecture ancienne et une rénovation contemporaine, les collections et le programme d’expositions temporaires instaurent un dialogue entre art contemporain et art ancien.

3 hommes ont œuvré pour créer un musée à Dole, et à le faire évoluer au cours du 19E siècle :

Claude Joseph Antoine François Léonard Dusillet, dit Léonard Dusillet, né en 1769, à Dole, et mort en 1857, à Besançon, est un littérateur, un journaliste et un homme politique français. 
Claude Joseph Antoine François Léonard Dusillet, dit Léonard, est né et baptisé le 14 octobre 1769, à Dole, capitale déchue de l’ancien comté de Bourgogne, alors à la Généralité de Besançon, d’Augustin Charles Dusillet, écuyer, avocat au parlement de Dole, et de Jeanne Ursule Charlotte Chappuis. Il épouse Barbe de Lampinet, en 1791, à Dole. Il meurt le 12 mars 1857, à Besançon, préfecture du Doubs. 
Le littérateur
Léonard Dusillet, notamment encouragé par Charles Nodier et Charles Weiss, avec qui il s’est lié d’amitié, publie des œuvres, presque essentiellement poétiques, plus ou moins axées sur la politique française ou le passé glorieux de Dole. 
Il entre au conseil municipal de Dole en 1811 et est nommé maire de cette ville en 1816. Il occupe cette fonction jusqu’en 1834. 
Menant une politique éminemment culturelle, il appuie la construction du musée de Dole, de 1821 à 1823, le rétablissement de l’école de dessin, en 1822, et l’agrandissement de la bibliothèque municipale. 
Le journaliste
Collaborateur du Journal des Débats et de La Quotidienne, et rédacteur de Les Petites Affiches, de 1814 à 1829, il utilise la presse doloise pour publier ses poèmes mais aussi des pamphlets, notamment politiques, dont le plus fameux reste sans doute Gueulardet et Vaut-Pire, paru dans Les Petites Affiches’, le 18, dans lequel il raille les deux forces du moment, les jacobins et les légitimistes.

Jean Joseph Pallu (1797-1864) Il est né à Dole le 10 juin 1797, ses parents y étaient marchands de faïence. Très tôt il arrête ses études ce qui ne l’empêche pas de se passionner pour l’histoire de la littérature. En1815, il est secrétaire de mairie à Dole, il y est chargé de classer les 4 000 volumes de la bibliothèque de Casimir de Persan achetés par la ville. En 1820, il est bibliothécaire adjoint, l’organisation de la bibliothèque lui est confiée, il en est nommé conservateur en 1822. Il va y consacrer tout son temps et même son argent. Ses relations contribuent à l’enrichissement du fonds ancien : 40 000 volumes, 5 000 documents, des bustes rares, c’est ce fonds ancien qui fera la célébrité de la bibliothèque de Dole. Pallu a rédigé le catalogue des collections de la bibliothèque de Dole en deux Volumes. Il a entretenu une correspondance avec Charles Nodier et Charles Weiss bibliothécaire de Besançon. Il est mort à Dole le 4 juillet 1864.

Julien Feuvrier (1851-1936) Il est né le 13 février 1851 à Froidefontaine dans le Territoire de Belfort. Il fait ses études au collège de l’Arc à Dole où il devient professeur.de mathématiques. Il fera partie de l’association des anciens élèves et en sera président. Il est passionné d’archéologie. Tout en enseignant, il devient bibliothécaire adjoint puis archiviste de la ville de Dole et enfin conservateur du musée archéologique qu’il vient de créer en 1899 et d’installer dans la chapelle du collège de l’Arc. Ce musée deviendra musée Julien Feuvrier. De 1905 à 1909, il organise la fouille de la grotte de la Mère Clochette à Rochefort sur Nénon et découvre des objets révélant l’occupation de cette grotte 40 000 ans avant Jésus-Christ. Il fait des relevés et des fouilles tout autour de Dole, de la Loue jusqu’au Mont-Roland. Après 1914, il interrompt ses recherches sur le terrain et publie de nombreux écrits historiques en particulier sur ses recherches archéologiques. Ses écrits permettront d’établir une carte archéologique et de mieux connaître le Jura-Nord .Julien Feuvrier était membre de la société d’émulation du Jura et de la société préhistorique Française.

Au 14E siècle la région était composée des pays de Saône qui formaient le duché de Bourgogne, et le jura qui était un comté. Jean II, roi de France donna en apanage, le duché de Bourgogne en 1363 à son fils. Philippe II le Hardi, Pontoise 1342 – Hal 1404, il devint ainsi le chef de la deuxième maison de Bourgogne. Ayant épousé (1369) Marguerite de Flandre, il hérita de son beau-père, en 1384, des comtés de Flandre, d’Artois, de Rethel, de Nevers, de Bourgogne (Franche-Comté). Durant la minorité de Charles VI, puis lorsque celui-ci fut atteint de folie, il prit part au gouvernement du royaume de France, œuvrant pour l’intérêt de son duché.
 Philippe le Hardi, fera de Dole, la capitale de la comté, ce fut un geste extraordinaire. Dole avait donc un parlement, une cour des comptes et une cour de justice. Les 4 ducs bourguignons qui vont se succéder Philippe le hardi, Jean sans peur, Philippe le bon et Charles le téméraire, ils vont enrichir Dole. Philippe le bon y installera une université, en 1422. Et ils vont défendre la province de la Comté, contre les autres souverains, il faut dire que la Bourgogne était une enclave au milieu du royaume de France. Les rois de France en étaient furieux, en plus le duché de Bourgogne était possédé par des ducs très puissants et très riches, dont le territoire allait de la Suisse à la Hollande. 
A la mort de Charles le téméraire en 1477, à Nancy, le duché de Bourgogne revînt au royaume de France, mais la Comté hérita à Marie de Bourgogne, qui par son mariage fut intégrée à l’empire des Habsbourg. 
Dole subi 4 sièges, sous Louis XI, la ville tombe en 1479, mais son fils Charles VIII rend la Comté à Maximilien de Habsbourg, empereur d’Autriche. Son petit fils Charles quint, va comprendre que Dole est très convoité, il va embaucher un ingénieur italien, Ambroise Pricicliano. Pour construire des fortifications afin de protéger dole. En 1636, Louis XIII et le grand Condé, sont obligés de lever le siège de Dole, devant la résistance de ses remparts, ils battent donc en retraite. Louis XIV assiègera 2 fois Dole, la seconde fut la bonne, en 1678, dole tombe sous l’autorité de Louis XIV. Dole perd son titre de capitale, toutes les instances sont transférées à Besançon, qui deviendra la capitale de la province de Comté. Vauban contrairement à ses habitudes fera démanteler les remparts de Dole, il en reste quelques fragments. Près du lycée Charles Nodier à proximité de l’ancien hôpital, dans les caves du lycée mont-Roland, dans la rue Pasteur, où est né Louis Pasteur en 1822. Au lieu d’être une punition pour Dole, le démantèlement de ses remparts, ça va sortir la ville de son carcan. Dans la rue du collège ou la rue Mont-Roland, de très belles maisons vont être construites, avec des corps de logis, de beaux et hauts portails qui donnent sur la rue et à l’arrière des jardins d’été. Ces belles demeures ont été érigées sur les anciens glacis des anciennes fortifications de la ville, la visitation était dans l’enceinte des remparts. La visitation est l’ancien collège Saint-Jérôme, 1493, il a été créé par l’ancien prieuré de Cluny, Antoine de Roche. Les jeunes clunysiens bénéficiaient entre autre, de l’université de Dole et de sa bibliothèque, qui était située dans l’ancien palais de justice de Dole, au couvent des cordeliers. 
Julien Feuvrier archéologiste renommé a retrouvé dans le grenier de la mairie de Froidefontaine, des statues qui se dressent devant nous. Un saint-Christophe, une vierge à l’enfant, un saint-pierre avec ses grosses clés du paradis, un Saint-Jacques le pèlerin et un Saint-Antoine en lien avec le Saint-Antoine qui avait fondé le collège Saint-Jérôme devenu ensuite, le couvent de la visitation. 
Ces sculptures ont été analysées, elles sont l’œuvre d’artistes influencés par les grands sculpteurs du temps des ducs de Bourgogne, du 14E au 15E siècle. Quand les ducs de Bourgogne se déplaçaient à Dijon, ils arrivaient avec tout un aréopage d’artistes de leur cour, qui ont fait école aux artistes locaux. Nous sommes face à des sculptures à traits fins, on découvre les plis des vêtements, la mouvance des fourrures, et d’autres sont disproportionnées, comme le Saint Christophe, qui a une main aussi longue que son tibia. Ce sont des fautes d’anatomie, qui prêtent à sourire. 
Nous sommes toujours au sous-sol, une immense salle assez haute, dont le plafond est constituée d’une splendide voûte en pierre. Ce lieu était auparavant, les cuisines du pavillon des officiers, jusqu’en dans les années 1960. Les statues décrites précédemment sont disposées devant une magnifique cheminée du XVIII.me siècle, qui trônait auparavant dans le vaste salon du pavillon des officiers. Elle a été démontée pièce par pièce, et on l’a reconstruite à l’identique dans la cave voûtée, où elle éblouie par son éclat. Elle est de différents matériaux, du marbre blanc de saint-Lothain, de la pierre noire de Viry, et de la pierre marbrée de différents roses de Sampans. Les motifs qui ornent la cheminée, sont profanes et religieux. On y reconnaît Saint-Mathieu et Saint-Marc avec un pilon, ils sont en bas relief. C’est-à-dire, qu’ils sont sculptés dans une cuvette, les reliefs ne dépassent donc pas l’évidement, d’où son nom, bas relief. Si ça dépassait le bord de la cuvette, on aurait des motifs, dits en haut relief. On y aperçoit aussi Adam et Eve, une représentation de la mort, une espèce d’épée avec un crâne. On découvre également Saint Luc, Caïn et Abel qui sont prêts à se battre, Saint-Jean avec son aigle et Moïse et les tables de la loi. On y voit aussi des formules latines, qui était très courant au 18E siècle, un symbole, comme par exemple, souviens-toi, un jour, que tu vas mourir. Ce n’est pas très gai, ça voulait dire, profites-en, mais un jour tu mourras. Sur la cheminée, on trouve tout le vocabulaire architectural de la renaissance, des colonnes avec des petits chapiteaux ioniques, des cariatides, des femmes sculptées qui soutiennent la cheminée, elles sont debout avec un coussin de marbre blanc sculpté magnifiquement sur la tête. On distingue aussi des Atlantes, ils ont le même rôle que les cariatides, mais ce sont des hommes sculptés, en référence au géant Atlas. Les cariatides et les atlantes, sont utilisés comme consoles dans le fronton de la cheminée. 
Après avoir bien découvert tactilement les statues et la cheminée, nous quittons le sous-sol, et son froid ambiant, pour rejoindre l’étage et continuer la visite.

Au-dessus de l’escalier, nous découvrons une sculpture en marbre, Odette de Champdivers, elle est l’œuvre de Victor Huguenin, dont voici la présentation :

Jean Pierre Victor Huguenin dit Victor Huguenin, né le 21 février 1802 à Dole et mort le 8 janvier 1860 à Paris, est un sculpteur français.
 Fils de musicien, Victor Huguenin se forme notamment auprès de Jules Ramey à l’école des Beaux-Arts de Paris. Après avoir enseigné à Besançon, il retourne à Paris. Il expose dans divers Salons et reçoit des commandes de Louis-Philippe Ier pour le musée historique de Versailles, le jardin du Luxembourg, la cour du palais du Louvre. 
Œuvres
Prométhée dévoré par le vautour (1825)
 Prométhée attachée au rocher
Charles VI et Odette de Champdivers (1839)
 Vierge à l’enfant de la collégiale Notre-Dame de Dôle
la Chaste Suzanne et l’Évanouissement de Psyché (1859)
 Valentine de Milan (1868) dans la série Reines de France et Femmes illustres du Jardin du Luxembourg Général Bonaparte lors de la Campagne d’Italie, « Milan 1796″, médaillon en bronze doré

Nous sommes à la fin du XIV.me siècle, le roi en place est Charles VI, il a des crises démentielles, c’est son épouse Isabeau de Bavière qui œuvre aux destinées du royaume de France. Elle confie le roi, Charles VI, à une gouvernante, Odette de Champdivers, une commune qui se situe tout près de Dole. La jolie et jeune fille Odette, devient la maîtresse de Charles VI, et ils ont même eu un enfant. 
Nous sommes devant une sculpture extraordinaire, on a une jeune fille d’une fraîcheur, d’une grâce et d’une beauté exceptionnelle. Nous sommes devant une sculpture de style troubadour, on reprend les vêtements gothiques du moyen âge, Odette a des chaussures pointues, elle a la tête toute nattée, sa robe est enlacée d’une cordelette. Il y a contraste entre l’étincelante de la jeune fille, Odette, et la position recroquevillée du roi, Charles VI, amaigri et dans une attitude vraiment démente. Sous le socle de la sculpture, il y a un extrait d’un livre qui a été consacré aux 2 personnages.
 Charles est-il bien assis, dit Odette. Le roi leva les yeux sur elle, et avec une ineffable expression de reconnaissance, oh oui dit-il, Charles est bien, bien bien. Alors Charles peut dormir, et Odette veillera près de lui, pour que le chien noir n’entre pas. Car dans ses scènes de démence, Charles VI, avait toujours un chien noir qui pénétrait dans sa chambre et le menaçait.

Nous continuons notre découverte, nous sommes face à un tableau de Nicolas Labbé, il a représenté Dole et ses environs, tel qu’ils étaient en 1636, date où la toile fut exécutée. On y voit les 7 bastions qui constituaient les fortifications, qui ressemblaient à des tours. Ils étaient reliés par des coursives, des chemins de circulation. L’ingénieur avait pris en compte, le progrès de l’armement, on était passé du boulet de pierre au boulet de fonte ou de canon. Sa trajectoire pouvait donc changé, l’épaisseur du mur était donc plus importante, les fortifications comprenaient des contreforts, des escarpes et des fossés avant le mur même du rempart. On avait calculé, que depuis tous les bastions, on puisse balayer tous les angles du terrain ennemi. Les tirs croisés étaient ainsi dire obtenus, par l’implantation des tours des fortifications. Sur la gravure nous pouvons voir, la collégiale notre dame de Dole, où elle est représentée avec ses clochers à 3 étages, c’est la seule fois où l’on les aperçoit sur un tableau. On reconnaît la médiathèque, qui a pris place dans l’ancien hôtel Dieu, qui a été construit en 1614. L’ancien couvent des bernardines d’Ounans, la rue des Arènes, la rue de Besançon, le couvent de la visitation, le quartier des jésuites, tout le quartier Pasteur, et on voit un pont, qui menait de la rue Pasteur à Azans. Il comportait 23 arches, il en reste 3 dans la grande fontaine souterraine de la rue Pasteur, il en reste aussi 2, au milieu du Doubs. Les vignes et les jardins qui appartenaient aux communautés religieuses de la ville, sont matérialisés par des parcelles brun foncé. Dole dans la Comté, était le bastion de la catholicité, Montbéliard, Belfort et Genève étaient calvinistes. Dole au XVII.me siècle, comptait un religieux pour 14 habitants. Il y a eu beaucoup de couvents créés, pour la majorité des couvents féminins, comme les tiercelines et les urselines. 
En dehors des fortifications, on voit la campagne alentour, avec des lignes brisées, ce sont des tranchées faites par les troupes attaquantes des fortifications de Dole. On peut distinguer la Bedugue, Saint-YLie, le Mont-roland et la prairie d’assaut. On aperçoit des fortins construits par les assaillants de la ville, on en a retrouvé des traces, lors des travaux d’aménagement de la ZAC des Epenotes. La gravure est une huile sur toile, elle a été réalisée par Nicolas Labbé, qui était originaire du Doubs.

Nous poursuivons notre déambulation, nous voici devant une statue réalisée par Rosset, il est issu d’une famille d’artistes, dont le père était également sculpteur originaire de Saint-Claude.

François Marie Rosset, dessinateur, peintre et sculpteur (1743-1824) qui s’installera à Dole, après être passé par Paris. Installé dans la capitale avec son père en 1771, il entreprend des études sans doute incomplètes et sans brio à l’Académie des beaux-arts (il n’est jamais mentionné parmi les élèves primés. Il accompagne l’abbé Joseph de Beauchamp, géographe franc-comtois chargé en 1781 d’une mission scientifique en Asie occidentale. Ce voyage dura plusieurs années et François Marie Rosset en rapporta un album de 85 planches non numérotées – des aquarelles et plus rarement des dessins à l’encre de Chine – qu’il publia en 1790. Ces gravures intitulées Mœurs et coutumes turques et orientales dessinés dans le pays montrent les costumes des différentes cultures de l’empire ottoman de l’époque (Femmes Druzes moulant du blé, Femmes Turques avec leurs esclaves, Femmes Maronites d’Alep, Juives de Damas) mais aussi plus rarement des vues comme la Mosquée d’Alep, le Bazar d’Antioche ou la Maison du Pacha d’Alexandrette. Il alla par la suite à Dole où il fut nommé professeur de dessin dans une « école centrale » (école secondaire, sorte de lycée de petite taille) et continua à réaliser des médaillons de terre cuite, des statuettes comme son père et sur les mêmes sujets comme Henri IV, Sully, Voltaire ou Rousseau ce qui en rend l’attribution incertaine.
On lui doit aussi la sculpture qui orne une fontaine de Dole (Fontaine de l’enfant à l’amphore) avec « la statue d’un jeune enfant nu, qui, d’une urne antique penchée sur son épaule, verse l’eau dans un bassin élégant. Il peignit aussi quelques tableaux conservés par le musée de Dole et au Musée de Besançon comme le portrait de son père.

Nous sommes devant un enfant très potelé, c’est un bébé dans une attitude classique, dit à la grecque, il porte sur son épaule gauche une amphore. Il mesure 1,20 mètre de haut, cette sculpture a été abîmée, en 1945, l’originale a donc été rapatriée au musée, et on a réalisé une copie pour orner la fontaine de la place aux fleurs de Dole.

Dans la même salle nous découvrons une statue en bronze, œuvre de Victor Huguenin, elle représente l’athlète Milon de Crotone, qui a participé à 6 jeux olympiques. Ce fut un champion en lutte, c’est le parfait symbole de l’orgueil. En voulant écarter une souche d’arbre, où s’était réfugié un serpent, il l’écarta, certes, mais la souche se referma. Milon de Crotone eut la main prise, et un lion vînt lui mordre l’autre main, en lui griffant le dos et une cuisse. La statue représente, donc, Milon de Crotone en mauvaise posture, l’air effrayé par la situation.

Nous laissons Milon à son destin, nous découvrons une autre statue, elle est en marbre. On passe d’une statue quelque peu outrancière, un athlète qui se fait dévoré par un lion, avec l’expression de son visage et des gestes exagérés. Nous sommes face à une sculpture en marbre, très académique, de style grec, elle est l’œuvre de Pierre Loison, elle date du milieu du 19E siècle. Voici la présentation de Pierre Loison :

Pierre Loison, né à Mer dans le département de Loir-et-Cher le 5 juillet 1816 et décédé à Cannes, le 3 février 1886 est un sculpteur français du XIX.me siècle. 
Son père, Jean Loison, était vigneron. 
Il est d’abord placé en apprentissage chez un sabotier de la commune et il exerce ce métier pendant quelques années.
 Ses dons pour la sculpture sur bois le font remarquer par le pasteur du village qui joua de son influence pour lui faire obtenir une bourse communale afin de lui permettre de se former à Paris; en 1841, il entre dans l’atelier de Pierre-Jean David d’Angers dont il devient l’un des élèves préférés, puis à l’ école des beaux-arts de Paris l’année suivante.
 Il expose pour la première fois au Salon des artistes français en 1845 où il remporte une médaille de troisième classe; par la suite, il obtient une médaille de première classe en 1853, une mention honorable à l’exposition universelle de 1855 et rappel de médaille en 1859.
 Il est fait chevalier de la Légion d’honneur par décret du 12 juillet 1859.
 À partir de 1880, malade, il ralentit son activité et il fait de fréquents séjours à Cannes où il décède en 1886[2]; il est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.
 Une rue de Mer porte son nom.
 Œuvres
Statue de Condorcet sur la façade du Palais du Louvre
 «Femme assise»: terre cuite (1843) au musée Gustave-Moreau à Paris;
 «Jeune fille portant un vase»: statue en marbre blanc, (h. 1,25m) datée de 1857 et présentée au Salon de 1859; la statue fut d’abord placée au Palais-Royal (appartements du prince Napoléon); elle est actuellement au musée des Beaux-arts de Dole; une réplique de taille réduite est au Musée des arts décoratifs de Paris ;
 La Halle aux grains de Mer: chaque façade de ce bâtiment, classé à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, comporte un fronton triangulaire et celui de la façade ouest représentant «L’Agriculture distribuant des couronnes aux enfants de Beauce et de Sologne» a été sculpté gracieusement par P. Loison, natif de la commune;
 «La Justice assise»: allégorie de la Justice au fronton du Palais de justice de Blois (1847);
 Buste d’Achille Fould: au musée du Château de Blois ;
 «Nausicaa»: statue en plâtre présentée au Salon de 1874, au musée des Beaux-arts de Vendôme ;
Statue de J-B. Pigalle sur la façade de l’hôtel de ville de Paris
Sculptures extérieures du Palais du Louvre: Pierre Loison est l’auteur de neuf statues qui décorent les façades du Louvre; «Figure» (1878) au deuxième étage du Pavillon Marsan ; « La Navigation » (1868) sur la balustrade du premier étage du Pavillon des États ; «Pandore» (1861) sur l’aile Est; «Vénus» (1865) Aile Marsan; 
«l’Histoire et la Vérité» (1857);
 «La Poésie et la Philosophie» (1857) deux oculi du Pavillon Mollien, coté cour Napoléon; «Concordet» (1857) sur la balustarde du premier étage de la Rotonde de Beauvais, coté cour Napoléon ;
 Statue de Sappho sur le rocher de Leucade: datée de 1859, (h. 1,85m) sur la façade nord de la cour carrée du Palais du Louvre à Paris; le modèle en plâtre, offert par Mme Loison, est au musée des Beaux-arts de Blois ;
 «Vierge à l’enfant»: statue en marbre en l’église Saint-Pierre de Dampierre-en-Yvelines ;
 «Jeune romain enlevant une Sabine»: groupe présenté au Salon de 1863 qui a été reproduit en bronze par la fonderie d’art Raingo frères ;
 Sépulture de la famille Hautoy: au cimetière du Père-Lachaise, deux bas-reliefs en marbre représentant l’un «La vie de Famille», l’autre «Le chantier», datés de 1880 ;
 «Demoiselle d’honneur de la Cour de François Ier : statue en pierre exposée au Salon des artistes vivants en 1870; acquise par l’État à ce Salon, elle a été déposée en 1891, devant la mairie d’Aubin ;
 «La Paix distribuant des palmes aux génies des Beaux-arts»: fronton du Château de Compiègne (1866);
 «Daphnis et Naïs»: groupe en marbre (1869) au musée de Picardie à Amiens; 
«Jean-Baptiste Pigalle»: statue en pierre (1881) sur la façade principale, au rez-de-chaussée de l’Hôtel de ville de Paris;
 Gisant de Ferdinand-Philippe d’Orléans: dans la chapelle royale de Dreux en collaboration avec Ary Scheffer;
 «La Grace»: statue en marbre (1875) dans le grand foyer de l’opéra Garnier[.

Nous sommes en face de la «Jeune fille portant un vase»: statue en marbre blanc, (h. 1,25m) datée de 1857 et présentée au Salon de 1859; la statue fut d’abord placée au Palais-Royal (appartements du prince Napoléon); elle est actuellement au musée des Beaux-arts de Dole; une réplique de taille réduite est au Musée des arts décoratifs de Paris ;
 C’est une très jolie jeune femme avec une toge, elle a l’épaule droite dénudée, elle porte sur son épaule gauche un vase. Ce qui lui donne une silhouette très gracieuse, ses épaules sont très légèrement penchées en avant.

Après avoir toucher des statues en pierre, en marbre puis en bronze, nous allons découvrir une statue en plâtre, nous sommes donc obligés de nous ganter pour pouvoir la découvrir. Elle est l’œuvre de Victor Huguenin, C’est le visage d’une femme horrifiée, elle penche la tête en avant, sa tête est assez imposante, elle est recouverte d’un turban, on distingue aussi la partie supérieure de son buste. La femme a la bouche grande ouverte, elle hurle, car on est entrain de lui tuer son enfant. Le buste a le sein gauche nu, le sein droit est recouvert d’un voile. La statue est de style romantique exagéré, outrancier, on ressent la stupeur et la douleur de la femme, elle est très expressive. Nous avons donc découvert 3 statues de Victor Huguenin, Odette de Champdivers en marbre, Milon de Crotone en bronze et ce buste de femme apeurée en plâtre. Quand on sait que chaque matériau demande une façon de faire différente, on se rend compte des qualités que pouvait disposer Victor Huguenin pour son art.

Nous finissons la visite, en découvrant un tableau de Gustave Courbet, dont voici la présentation :

Gustave Courbet Ornans 1819 -La Tour-de-Peilz, Suisse, 1877. Peintre français. Ami de Proudhon, il devint le chef de l’école réaliste. Citons parmi ses toiles les plus marquantes, d’une expression monumentale et d’une riche matière : Un enterrement à Ornans (1850, musée d’Orsay) la Rencontre ou Bonjour, monsieur Courbet ! (1854, Montpellier) l’Atelier du peintre (1855, Orsay) les Demoiselles des bords de la Seine (1856, Petit Palais, Paris) le Rut du printemps, combat de cerfs (1861, Orsay) le Sommeil (1866, Petit Palais) la Falaise d’Étretat après l’orage (1869, Orsay).

Nous sommes devant un rescapé, ce tableau croupissait dans les réserves du musée de Dole. Il intrigua l’ancienne conservatrice du musée, qui soupçonna sous la noirceur de la toile, qu’il pouvait se cacher quelque chose. Elle a décidé d’envoyer le tableau, au centre de restauration nationale des musées de France. On a analysé les pigments, on lui a fait subir des radios en le bombardant en UV par des rayons X. Le résultat fut que l’on a attribué ce tableau, à Gustave Courbet, et en faisant toutes ces prises de vues, on a découvert que Gustave Courbet avait peint par dessus une autre toile, qui représentait une déesse entourée de 2 soldats. A l’époque les châssis et les toiles étaient très chers, très souvent, les peintres peignaient par-dessus des toiles déjà réalisées. Gustave Courbet a même utilisé certains fragments de l’ancienne toile, en les conservant, sur le tableau face à nous, il y a des brins d’herbe qui sont ni plus ni moins que les doigts de l’ancienne déesse qui ont été repris. Le tableau de Gustave Courbet, se nomme le chemineau, l’homme qui chemine. Gustave Courbet était le grand chef de la peinture réaliste, il voulait montrer la société tel qu’elle était. Il dénonçait les problèmes politiques et humains, sur ce tableau, il représente un homme assis au bord de la route. Il a les 2 pieds en avant, il est avachi contre un talus, il est entrain de piquer un petit roupillon, il a un léger sourire. Il a des habits rapiécés, une chaussette rouge d’un côté et une noire de l’autre. Il porte la casquette de travers, il a l’air tout à fait heureux de s’endormir au bord de ce talus. L’homme rempli tout le tableau, 2,50 mètres de haut sur 1,20 mètre de large. Au XIX.me siècle, c’était très scandaleux, une peinture se devait être belle, esthétique et jolie, mais présenter un homme presque clochard, ça ne ce faisait pas. Par ce tableau, Gustave Courbet, voulait dénoncer la partie de la société, qui a été mise au banc, suite à la révolution industrielle. Des hommes parcouraient alors les routes, pour faire office de cantonniers, ils étaient à moitié travailleur et à moitié clochard. 
Notre chemineau a la tête dans le ciel, il est bien ancré dans son fossé, il a les 2 godasses bien redressées. Les gens contemporains à Gustave Courbet, ne comprenaient pas que l’on puisse peindre des choses pareilles, c’est très moderne. Lors de la restauration du tableau, on a analysé sa signature, et elle a été certifiée. Lors des analyses, les restaurateurs peuvent même attribuer à une année près la date à laquelle a été réalisée la toile, simplement en analysant une couleur.
 Notre brave chemineau a un léger sourire, il a la bouche un peu relevée sur la droite, on dirait qu’il rêve et content d’être là, il a un air coquin. Les herbes lui effleurent les épaules, et derrière sa tête, il y a le ciel, on soupçonne même une montagne. A côté du personnage, il y a quelques objets une pipe à hauteur de son genou droit, une binette et un panier en osier. Une chose est presque trop bien faite, les notes de rouge sont presque trop bien réparties. Une chaussette rouge, une pièce rapiécée sur son pantalon au genou droit et un bouton rouge sur la canadienne. Ce sont presque des panneaux indicateurs, pour découvrir la toile, ça attire la vision du contemplateur. Par contre, les semelles de ses chaussures sont en très bon état, on vient peut-être de lui offrir.

Après 2 heures de visite, notre découverte tactiles se termine, ce fut un régal de toucher les statues et d’écouter notre guide conférencière, rien à voir avec les audio guides, qui nous sont de plus en plus proposés dans les musées.

Michel Michelland

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