Séjour en Bourgogne du 30 août au 6 septembre 2014

C’est de mon Jura natal, et de Dole que notre séjour bourguignon, prendra son départ. Dole est à 45 kilomètres des 2 capitales régionales que sont Besançon et Dijon. C’est en voiture que nous rallions Dole à Dijon, à la sortie de Dole, nous franchissons le Mont Roland, qui était la frontière entre le duché et le comté de Bourgogne, à l’époque des ducs de Bourgogne. A une dizaine de kilomètres de Dole, nous passons du Jura et de la Franche-Comté, en Côte-d’Or et en terre bourguignonne. A Auxonne qui fut la première garnison, du lieutenant Napoléon Bonaparte à sa sortie de l’école militaire, nous franchissons la Saône, qui prend sa source dans les Vosges et se jette dans le Rhône à Lyon. La Saône et le Rhône ont été largement décrits dans les romans de Bernard Clavel, qui fut apprenti pâtissier à Dole. Dole fut aussi la ville où grandit Marcel Aymé, qui était bourguignon de naissance, il était né à Joigny dans l’Yonne. Nous roulons toujours sur la RN5, qui reliait, Paris à Genève, en passant par Fontainebleau, Sens, saint-florentin, Tonnerre, Montbard, les Laumes, Dijon, Dole puis Poligny, Champagnole et Morez avant de plonger sur le lac Léman. Nous traversons Genlis, la dernière petite ville avant de pénétrer dans la banlieue dijonnaise, c’est sous un soleil de fin d’été, que nous rejoignons l’hôtel Campanile qui est situé en face de la gare SNCF de Dijon. Nous avons donc quitté le Jura et ses vins d’Arbois, son vin jaune et son vin de paille, nous sommes dans la capitale de la Bourgogne, qui se situe à proximité des grands crus de Bourgogne.
Nous nous installons dans notre chambre, puis au fil de la soirée, nous faisons connaissance avec les nouveaux arrivants. A 19 heures, c’est la présentation du séjour et des participants, nous serons 32 à résidence au Campanile, dont 26 DV. Ensuite, nous prenons le pot de bienvenue, un kir bien sûr, puis nous passons à table avant d’aller prendre un repos bien mérité. Le séjour est organisé par le siège de L’AVH et le comité AVH de Dijon présidé par Marie-Claude Brenot, il a été conçu par Chantal du comité de Dijon en collaboration avec Gérard Gaultier du siège de l’AVH. 6 accompagnateurs sont hébergés avec nous au Campanile Michèle de Cannes, Andrée de Montpellier, Anne de Paris, Michèle de Rennes, Philippe de Paris et Gérard de Neuilly-sur-Seine.

Jour 2 : La journée est consacrée à Dijon, la préfecture de la Côte-d’Or et capitale de la Bourgogne. Voici tout d’abord, la présentation de Dijon, de la côte d’or et de la bourgogne :

Dijon est une commune française située entre le bassin parisien et le bassin rhodanien, à 310 kilomètres au sud-est de Paris et 190 kilomètres au nord de Lyon. La ville compte 150000 ahbitants, elle s’étend sur 40 kilomètres carrés, elle s’étale entre 220 et 410 mètres d’altitude. C’est la préfecture du département de la Côte-d’Or et le chef-lieu de la région Bourgogne. Ses habitants sont appelés les « Dijonnais ». En 2008, la population de Dijon intra-muros est de 151576 habitants. Elle est, en 2007, la 17e commune la plus peuplée de France. Avec 237925 habitants en 2007, son agglomération est la 26e de France, juste derrière celle de Mulhouse mais devant celle du Havre. La communauté d’agglomération dijonnaise, fondée en 2000 et nommée le « Grand Dijon », compte quant à elle 244577 habitants. L’aire urbaine dijonnaise, 24e de France entre Angers et Avignon, comptait 336807 habitants en 2007. En 1850, la ville compte déjà presque 35000 habitants. Héritière d’un riche patrimoine historique et architectural, ancienne capitale du Duché de Bourgogne aux XIV.me et XV.me siècles, Dijon est une ville touristique dont l’attrait est renforcé par la réputation gastronomique de la région. C’est aussi une ville verte au secteur tertiaire important, capitale de région dans les domaines scolaire, universitaire, judiciaire, hospitalier et administratif, qui assurent une tradition de vie culturelle forte. Dijon est également un centre économique régional au tissu diversifié mais plutôt en crise avec un pôle agro-alimentaire traditionnel (moutarde de Dijon, crème de cassis de Dijon et kir, pain d’épices, chocolat Lanvin…) et un secteur pharmaceutique réputé. Ville de congrès, la capitale de la Région Bourgogne est située sur l’axe Paris-Lyon-Méditerranée et prochainement sur la ligne ferroviaire à grande vitesse Rhin-Rhône. Elle est d’ailleurs, en termes démographiques, le principal pôle français de la Métropole Rhin-Rhône qui s’étend de Bâle au Creusot. Dijon est la préfecture de la région de Bourgogne et du département de Côte-d’Or. La commune se situe sur la Côte des Vins de Bourgogne aussi nommée « Route des Grands Crus » et qui s’étend de Dijon à Beaune pour sa partie côte-d’orienne. La capitale bourguignonne se situe au cœur d’une campagne composée de deux rivières convergentes : le Suzon, qui la traverse du nord au sud, et l’Ouche, au sud de la ville ; à l’ouest s’étend la « côte » de vignobles qui donne son nom au département. Elle se situe à 310 kilomètres au sud-est de Paris, 190 au nord-ouest de Genève et 190 au nord de Lyon. Devenue depuis la fin du XIX.me siècle l’un des plus grands centres ferroviaires du pays (ligne Paris-Lyon-Marseille, bifurcations vers Besançon, Belfort, Nancy, la Suisse, l’Italie (par le Mont-Cenis et le Simplon), la ville est desservie par un des principaux nœuds autoroutiers français aux croisements des autoroutes A6, A31, A36 et A39. « Dijon prend naissance dans la plaine alluviale du Suzon, creusée dans les argiles tertiaires de la « Plaine » qui s’étend largement à l’est », suivant le cours de la Saône. La plaine est en effet un fossé tectonique situé à une vingtaine de kilomètres de Dijon, remblayé par les marnes et les argiles oligocènes atteignant une hauteur géologique de 100 mètres à Dijon. Communes limitrophes : Talant , Plombières-lès-Dijon et Fontaine-lès-Dijon,  Saint-Apollinaire,  Quetigny,       Chenôve et Marsannay-la-Côte, Longvic, Chevigny-Saint-Sauveur.   Dijon et sa périphérie, formant le Grand Dijon, doit son originalité à une dissymétrie typique, entre les vallonnements diversifiés de l’ouest d’une part (la « côte » de vignobles) et les étendues plates de l’est (plaines de Saône). Au nord, le plateau de Langres, dernier rebord du bassin parisien, domine la plaine de 100 à 150 mètres d’altitude. Dijon est donc au centre d’une ligne géographique orientée nord-nord-est/sud-sud-ouest. L’altitude varie de 250 à 500 mètres. Dijon se caractérise par de nombreuses vallées encaissées et le plus souvent étroites (les « combes » aménagés souvent en parcs municipaux comme la Combe aux Fées et la Combe à la Serpent) dont la principale est la vallée de l’Ouche au nord-est du plateau. Des buttes résiduelles, ou « tasselots » dans le patois dijonnais, forment le site des bourgs de Talant et de Fontaine-lès-Dijon qui surplombent la ville. Dijon est donc à la conjonction de trois reliefs principaux : Au sud, la Côte d’Or qui s’étend de Dijon à Beaune sur 80 km, couverte de vignobles dont les feuilles prennent une couleur dorée en automne, ce qui a inspiré le nom poétique du département de la Côte-d’Or en 1790. C’est le long de cette côte, de Dijon jusqu’au sud de Beaune, que passe la célèbre route des Grands Crus ; À l’ouest s’étend le plateau, premier contrefort des plateaux calcaires bourguignons. L’altitude varie de 350 à 500 m. Le plateau est parsemé de nombreuses vallées étroites et profondes appelées combes ; la plus importante est la vallée de l’Ouche au nord-est du plateau. Des buttes résiduelles, ou tasselots, s’en détachent : les bourgs de Talant et de Fontaine-lès-Dijon s’y sont édifiés ; À l’est, se dessine l’amorce de la plaine de la Saône. L’altitude varie de 170 à 240 m. La topographie est douce, malgré quelques collines qui altèrent le paysage avec notamment une avancée issue des plateaux langrois qui souligne le débouché du Suzon dans la plaine au nord, et à l’est les collines de Saint-Apollinaire et de Montmuzard. Dijon est traversée essentiellement par le canal de Bourgogne et deux cours d’eau naturels : l’Ouche et le Suzon. Le premier court à l’air libre alors que le second emprunte une série de canaux souterrains durant sa traversée de Dijon. Le Raine qui passe par le jardin de l’Arquebuse se jette dans l’Ouche. L’agglomération dijonnaise reçoit environ 732 mm de pluie par an, et ce pendant 164 jours en moyenne. L’Ouche venant du nord a un débit moyen de 10 à 20 m3⋅s-1 pouvant dépasser les 100 m3⋅s-1 en période de crue. Il peut alors se produire des inondations, mais elles sont rares et localisées. Un lac artificiel, le lac Kir, a été aménagé en 1964 sur son cours à l’entrée de la ville. Deux autres plans d’eau, bien moins conséquents, existent dans l’agglomération : l’Étang royal, situé sur la commune de Longvic, et l’Étang de la Leue, à Neuilly-les-Dijon, tous deux à proximité immédiate du cours de l’Ouche. Le Suzon, seconde rivière importante, s’écoule du nord-ouest au sud-est de l’agglomération. Son cours est totalement canalisé dans sa partie urbaine. Son débit à l’entrée de Dijon atteint au maximum 20 à 30 m3⋅s-1. La seule voie navigable de Dijon est le canal de Bourgogne qui relie la Saône et l’Yonne et n’est plus guère utilisé que pour la plaisance. L’hydrographie générale s’écoule en direction de la plaine alluviale de la Saône à l’est. Elle comprend 527 kilomètres de canalisations. Les nappes phréatiques, exploitées depuis l’Antiquité, sont au nombre de trois : la nappe alluviale de l’Ouche, la nappe alluviale de la Tille et la nappe de Dijon Sud. Ce sont les principales réserves d’alimentation en eau du Grand Dijon. Elles sont relayées par quatre réservoirs principaux d’une capacité totale de près de 95000 m3. Les inondations constituent le seul risque naturel majeur (avec les tremblements de terre, très rares). Huit des vingt-deux communes du Grand Dijon (notamment le centre-ville de Plombières-lès-Dijon ainsi qu’Ahuy, Chenôve, Marsannay-la-Côte et Longvic) sont concernées par les débordements du bassin de l’Ouche. Des Plans de prévision des risques naturels ont été mis au point pour maîtriser ces aléas. Une politique d’amélioration de la qualité des eaux est également déployée. Elle repose sur deux stations d’épuration, l’une, récente, située à Chevigny-Saint-Sauveur, l’autre, plus ancienne, à Longvic, et vise une mise en conformité aux normes écologiques en vigueur. Un programme, nommé « Eauvitale », a été lancé en 2005. Outre la suppression des canalisations en plomb, il vise la réduction des fuites et la modération des prix de l’eau aux consommateurs. La consommation globale de l’agglomération s’élève annuellement à 24 millions m3. L’agglomération dijonnaise fait partie du détroit morvano-vosgien, entre Bassin parisien et Bassin rhodanien ; à l’ère secondaire (de -265 à -65 millions d’années), l’ensemble de la région était alors submergé alors qu’à l’ère tertiaire (de -65 à -1,8 million d’années) la surrection des Alpes et du Jura a plissé le relief et a formé une poussée vers le nord-ouest. Les masses sédimentaires se sont alors compartimentées, faillées, formant des vallons et des buttes locales. Une ligne de fracture a aussi été constituée, s’étendant selon une direction Nord-Est/Sud-Ouest, accompagnée de plateaux calcaires adjacents typiques du paysage bourguignon, accolés à l’effondrement accueillant la plaine de la Saône. À l’ère quaternaire (environ -1,8 million d’années), l’érosion a constitué des sables et graviers formant les plaines alluviales traversées par les rivières du Suzon, de l’Ouche et du Raine. Plus que le canal de Bourgogne, au modeste gabarit, c’est le chemin de fer qui a provoqué le développement industriel de Dijon. « La deuxième moitié du XIX.me siècle va imposer Dijon comme un carrefour ferroviaire de premier ordre » explique en effet André Gamblin. Pendant la première moitié du XX.me siècle, le rôle de la route a grandi, en particulier celui de la RN 6 qui s’affirme comme un itinéraire international dès les années 1930, mais donne davantage d’importance à la ville de Chalon-sur-Saône. Après la guerre, l’autoroute (l’A6) puis le TGV Paris-Lyon court-circuitent Dijon et, selon les mots d’André Gamblin, « Dijon devient la ville des bretelles ». Ce n’est que depuis les années 1990 que Dijon s’affirme à nouveau comme carrefour de communication. L’A31 passe désormais par Dijon et l’A39 relie depuis 1994 la ville à Dole. Enfin, la ligne du TGV Est Rhin-Rhône, connectant Dijon à l’Europe, est en cours de construction depuis 2006 et s’achèvera en 2011. Deux lignes de TGV : le TGV Sud-Est et le TGV Méditerranée mettent Dijon à portée de Paris (1 h 37), de Roissy (1 h 51), de Marseille (3 h 22), de Lille (2 h 45) et de Montpellier (3 H 33). La ville et son agglomération disposent du boulevard périphérique de Dijon, ou rocade-est, long de 12 km en 2×2 voies, et qui sera prolongé de 6,5 km en 2012 pour en faire quasiment le tour. Actuellement, il relie la zone de la Toison d’or au nord, jusqu’à Chenôve au sud, permettant de se connecter à l’A31. À l’ouest, l’A38 débouche à Plombières-lès-Dijon, au niveau du lac Kir. La construction de la « Lino » (Liaison Intercommunale Nord-Ouest), en projet, assure une circulation plus rapide en provenance de Paris et de l’Ouest, pour lier l’autoroute A38 à la zone de la Toison d’or. La Lino permet de décongestionner les boulevards intérieurs de la ville et assure également la continuité du réseau national en reliant les autoroutes A38 et A31. Longue de 6,5 km elle est dans sa première phase en 2×1 voie (2012), puis dans un second temps en 2×2 voies. La longueur totale du périphérique de Dijon devrait être de 18,5 km. Dijon souffre, en matière d’infrastructure aérienne civile, d’une position géographique trop proche des grandes villes de Paris, Lyon, Bâle-Mulhouse. De plus, la ligne de TGV Paris-Méditerranée ne permet pas à la ville de disposer d’un aérodrome de taille suffisante. L’infrastructure civile actuelle accueille en effet une trentaine de milliers de passagers. La densité des réseaux autoroutiers et ferroviaires de Dijon donne des accès faciles et rapides aux principales métropoles européennes. En complément de la gare principale actuelle de Dijon-Ville, la future gare TGV Porte Neuve devrait permettre à terme de desservir la ville sans engorger le centre-ville, l’actuelle gare de Dijon-ville étant située à proximité de la place Darcy, porte ouest du centre ville. Les bus sont apparus en 1966. Au début des années 1970, la « STRD » est créée ; elle est baptisée « Divia » en 2004. Le réseau de bus « Divia » comporte 28 lignes intercommunales en service de 5 h 30 à 20 h 30 et 6 lignes de soirées de 20 h 30 à 0 h 30 ainsi que 15 lignes scolaires « Bus Class’ ». La fréquentation était de 37,3 millions de voyages en 2008 (+ 6,6 % par rapport à 2007) soit 148 voyages par habitant et par an contre une moyenne de 115 pour des villes similaires. En outre, il existe un service de navette gratuite en centre-ville (« Diviaciti ») avec une fréquentation supérieure à 100000 voyages par mois, ainsi qu’un service de vélos en libre accès, baptisé « Velodi », dont l’opérateur est Clear Channel Communications, sur le modèle des services similaires parisiens et lyonnais. Lancé le 29 février 2008, il compte 400 vélos répartis dans 40 stations. Des extensions pourraient voir le jour sur Longvic et Chenôve au sud de Dijon. La ville de Dijon a le projet de se doter dès 2012 d’un réseau de tramway en site propre. Le réseau est constitué de deux lignes avec un tronc commun entre la gare et la place de la République (tracé de 20 km au total. Il s’agit d’un retour à un mode de déplacement collectif pour lequel Dijon était à la pointe. En effet les premiers projets de tramways à Dijon remontent à 1876, gérés alors par la Compagnie des tramways de Dijon. Le réseau compte en 1911 cinq lignes et, en 1950, il est couplé par des trolleybus. La CCI de Dijon est en charge du déploiement du projet « Renaissance » qui consiste à implanter durablement un aéroport civil digne d’une ville d’importance sur l’actuel site Dijon-Longvic. Financé par le Grand Dijon à hauteur d’un tiers, ce projet comprend l’ouverture de plusieurs lignes « low cost » pour le trajet Dijon-Londres, le développement de l’activité charters, le développement de l’aviation d’affaires et privée, l’ouverture de lignes sous obligation de service public vers Toulouse, Bordeaux et Nantes. Ce projet rencontre cependant une opposition des riverains, à cause notamment de l’absence de consultation citoyenne sur le sujet et des nuisances sonores. Une association, baptisée « Quétigny Environnement », milite depuis les années 1990 contre ces nuisances, de même que celles occasionnées par la base aérienne 102 Dijon-Longvic. On distingue à Dijon un centre (ou « hypercentre ») historique, délimité par les boulevards centraux reliant les six places principales (place Darcy, place St-Bernard, place de la République, place du 30 octobre, place Wilson et place du Premier mai), et les autres quartiers de la municipalité. Seul le centre est déclaré secteur sauvegardé. Une deuxième ceinture de boulevards entoure la ville en reliant les quartiers périphériques, et les deux ceintures de boulevards sont reliées par de grandes avenues, dont les Allées du Parc ou l’Avenue Victor Hugo. La ville de Dijon est l’une des premières en France à avoir fait de son centre-ville médiéval un secteur sauvegardé. La politique décidée se traduit par une série de mesures telles que le renoncement aux percées planifiées dans les années 1960 (comme celle réalisée dans la rue Lamonnoye, qui a sacrifié une partie du patrimoine urbain), le développement des voies piétonnes, la protection des immeubles anciens, le ravalement des façades, la restauration des monuments historiques et des bâtiments publics. À partir du XIX.me siècle, l’extension de la ville est assez anarchique, se faisant par adjonction de lotissements privés, sans coordination. La mairie se contente en 1884 de fixer à 12 mètres la largeur des rues nouvelles. En définitive, les quartiers bien tracés sont rares, hormis celui des boulevards de la Fontaine des Suisses et de la Défense, édifié en 1882-1883 et celui du Parc des Sports bâti en 1932-1933. Un plan d’aménagement est esquissé en 1890 mais il faut attendre les lois de 1929 et de 1924, relatives aux villes de plus de 10000 habitants, pour que celui-ci débouche sur la création d’un Office public d’HBM devenu HLM en 1926. La cité-jardin des Bourroches édifiée en 1935 en est une des réalisations. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, Dijon a dû mettre en place, conformément aux directives de l’État, des Zones à Urbaniser en Priorité ou ZUP, au nombre de deux. La première, le quartier des Grésilles, a été entreprise en 1949. Ce quartier réunit de manière confuse des immeubles et « barres » de types variés. Délaissé par les services publics, le quartier est réhabilité et, en 2005, les anciennes « barres » dont la célèbre « Billardon » sont détruites et 660 nouveaux logements sont construits, dont 105 en accession à la propriété, sur un modèle de maisons pavillonnaires. La ZUP de la Fontaine d’Ouche a été construite en 1967 sur les coteaux plantés des dernières vignes dijonnaises, sur un plan plus rigoureux, incluant les services publics et de proximité (écoles maternelles, crèches, bibliothèque de quartier, centre commercial), aux abords du lac Kir artificiel, creusé en 1963-1964. Localement, au centre-ville, des quartiers ont été réaménagés dans les années 1970 et 1980, dans des styles architecturaux différents. C’est le cas des résidences de la montée de Guise, au bout de la rue Berbisey, de celles boulevard Voltaire et des quartiers autour de l’université. La ville a mis en place depuis 2005 un programme local de l’habitat (« PLH »), renforcé par une charte, et planifiant la restructuration ou extension urbaines de la ville. De nouveaux quartiers sont actuellement en cours d’aménagement au sein de l’agglomération comme le quartier Junot, ancienne enclave militaire, réhabilité en une zone d’habitations et de commerces. Le parc des logements à loyer modéré s’élève ainsi à 23200 en 2008. La ville a ainsi mobilisé 17,8 millions d’euros sur ses fonds propres pour le PLH. Il n’existe pas de véritables travaux de fouilles archéologiques concernant la ville de Dijon. Aucun document néolithique n’existe alors que la période protohistorique a surtout été l’objet d’investigation à la périphérie de la ville. Un silo dans l’actuel quartier des Grésilles, du mobilier de l’âge du Bronze près du quartier des Bourroches ont cependant été retrouvés. Quelques menus objets domestiques, un fragment d’assiette décoré d’ornements géométriques incisés de l’époque hallstatienne et une pince à épiler de l’époque de La Tène III, ont été mis au jour en plein centre ville (rue du Tillot et rue du Château). Deux ouvrages compilent les découvertes antérieures au début du XX.me siècle : le Recueil d’Esperandieu (1911) et les Inscriptions antiques de la Côte-d’Or de Pierre Lejay (1889). Les premières traces d’habitat remonteraient au néolithique (site des Lentillières). La vallée aurait en effet été investie bien avant l’époque gallo-romaine. La confluence des routes dans une vallée fertile, irriguée par le Suzon et l’Ouche, permet le développement d’un petit village. La Dijon celtique, Divio, est la métropole méridionale des Lingons. De toutes les localités antiques sur l’axe nord-sud français, établies sur le revers du plateau bourguignon, seules Beaune et Dijon ont pris de l’importance. Une route romaine passe de l’axe sud-ouest au nord-est, venant de Bibracte puis d’Autun vers Gray et l’Alsace alors qu’une autre va du sud-est au nord-ouest, de l’Italie vers le bassin parisien. Dijon est fortifié au Bas-Empire, par une enceinte protégeant une petite superficie, de 10 hectares. Le tracé reconstitué du castrum romain, disparu depuis en dépit de quelques vestiges encore visibles. Les seuls édifices romains qui subsistent sont une tour du castrum, dite « tour du petit Saint-Bénigne », et quelques pans de l’enceinte du Bas-Empire. La voie romaine Châlons-Langres a été retrouvée par endroits (au Parc de la Colombière où elle est visible) à l’écart de laquelle le castrum est construit. Cette voie est souvent considérée par le public et quelques vulgarisateurs (comme l’abbé Claude Courtépée, auteur de Description générale et particulière du duché de Bourgogne), à tort, comme étant l’une des quatre grandes voies romaines (celle de la Voie Agrippa) citée par l’historien romain Strabon). Un camp romain, celui de la 8e légion dite Augusta envoyée en Gaule en 70 pour mater la révolte des Civilis et des Sabinus est également mis au jour au lieu-dit La Noue, près de Chenôve, ce qui confirme la place stratégique de Dijon à l’époque du Bas-Empire. Deux autres voies, celle venant de la plaine de la Saône et celle menant vers l’Alsace ont été retrouvées. Les fondations du castrum, mur de dix mètres de haut, sont en partie constituées de stèles, de statues et autres pierres de remploi provenant d’une nécropole. Certaines stèles, en forme d’obélisque, livrent de précieux renseignements sur les patronymes et professions des habitants de l’époque. Quelques voies traversaient ce castrum, dont l’une au niveau de l’actuelle rue Berbisey. Un pan de la muraille est encore visible, rue de Tivoli. On retrouve également les traces d’une fortification sur l’actuel Mont Afrique. Le Dijon romain possède deux nécropoles, l’une s’étendant le long de la voie Chalon-Langres, sur les quartiers actuels des Cours du Parc jusqu’à la rue de Gray, la seconde à l’ouest sur les positions des édifices de Saint-Bénigne, Saint-Philibert et Saint-Jean. Cette dernière nécropole, en usage dès le II.me siècle, continue d’être utilisée comme cimetière jusqu’à Louis XVI. Des cultes indigènes étaient mêlés à ceux des Romains : des stèles votives dédiées à Epona et Sucellos furent retrouvées, au côtés des figures officielles : Mercure, Junon, Hercule et Apollon. La découverte en 1598 d’une inscription grecque disparue depuis, semble attester qu’un culte était rendu à Mithra. Le castrum abrite ainsi des thermes, des commerces (commerce du vin, des objets religieux, de la farine notamment) et un temple. Le négoce du vin y est déjà très vivace : les échoppes des détaillants sont alors bâties de manière uniques. Juché au premier étage, le vendeur présente des amphores de tailles différentes, puis le client amène sa jarre sous un entonnoir, et le détaillant l’approvisionne de la quantité demandée. Les habitants de Divio ne sont pas seulement commerçants mais aussi agriculteurs et bûcherons. La muraille romaine devient inutile lors de l’édification d’une nouvelle enceinte au XII.me siècle, mais son tracé a toujours été conservé et connu. Il est peut-être construit par Aurélien en 270-275, contemporain du martyr de saint Bénigne, selon Grégoire de Tours qui décrit Divio et le castrum ainsi : Citation « À cette époque, le bienheureux Grégoire de Langres résidait dans la ville de Langres ; c’était un grand évêque de Dieu, célèbre par ses miracles et ses vertus. Mais puisque nous faisons allusion à ce pontife, j’ai pensé qu’on me saura gré d’insérer dans ce chapitre une description de la localité de Dijon où il résidait le plus souvent. C’est une place forte munie de murs très puissants, au milieu d’une plaine très agréable ; les terres y sont fertiles et fécondes si bien qu’avoir passé la charrue dans les champs une seule fois, on jette les semences et qu’une grande et opulente récolte vient ensuite. Au midi, il y a la rivière de l’Ouche, qui est très riche en poissons ; du côté de l’aquilon pénètre une autre petite rivière [Le Suzon] qui, entrant par une porte et coulant sous un pont, ressort par une autre porte ; après avoir arrosé le tour et l’enceinte de son onde placide, elle fait tourner, devant la porte, des moulins avec une prodigieuse vélocité. Quatre portes ont été placées aux quatre coins du monde et trente-trois tours ornent toute l’enceinte ; le mur de celle-ci a été édifié avec des pierres de taille jusqu’à une hauteur de vingt pieds et au-dessus en pierraille ; il a trente pieds de hauteur et quinze pieds de largeur. J’ignore pourquoi cette localité n’a pas été qualifiée de cité. Elle a autour d’elle des sources précieuses. Du côté de l’occident, il y a des collines très fertiles et remplies de vignes qui fournissent un si noble falerne aux habitants qu’ils dédaignent l’ascalon. Les Anciens racontent que la localité a été édifiée par l’empereur Aurélien » Grégoire de Tours indique donc que l’enceinte possède trente-trois tours dont une, en partie conservée, reste visible au 15 de la rue Charrue, dans une petite cour. Les quatre portes sont : la Porte aux lions, la Porte du côté de Saint-Médard, la Porte du vieux château et la Porte au-dessus du Bourg. L’épaisseur de la muraille, loin d’atteindre 15 pieds (4,50 m) comme l’affirme Grégoire de Tours, ne semble pas avoir dépassé 2 mètres. La création ou le développement de Dijon remonte au séjour de la VIIIe légion Augusta en 69, mais la ville a très bien pu n’être fortifiée que sous Aurélien (270-275). Cette enceinte est reproduite dans les plans du XVII.me siècle, or, deux portes seulement ont été retrouvées : la Porte Vacange rue Chabot-Charny et celle de la rue Porte-aux-Lions. La tour du petit Saint-Bénigne, située entre la rue Amiral-Roussin et la rue Charrue, devint au XV.me siècle un lieu de culte au saint, qui est supposé y avoir été emprisonné. On a retrouvé les traces d’un moulin au niveau de la rue des Bons-Enfants. Un temple (le seul de la ville) est mis au jour lors de la destruction, au début du XIX.me siècle, de la Sainte-Chapellea qui jouxte le palais des ducs de Bourgogne (actuelle place de la Sainte-Chapelle). Au Ve siècle, Dijon devient le séjour des évêques de Langres, après la mise à sac de la cité en 407, et ce durant quatre siècles. Leur influence permet l’édification d’édifices religieux et notamment d’un groupe cathédral composé de trois bâtiments : Saint-Étienne, Sainte-Marie et Saint-Vincent. Deux basiliques sont ensuite élevées dès le XI.me siècle par saint Urbain (actuel église Saint-Jean) notamment. Dijon est ensuite occupé par les Burgondes qui sont défaits par Clovis en 500 ou 501. Les Arabes l’envahissent en 725 alors que les Normands n’y parviennent pas en 887. C’est à cette époque qu’apparaissent les premiers comtes de Dijon, Aimar, Eliran, Raoul issus de la maison robertienne. En 1002, l’abbé Guillaume de Volpiano entreprend de reconstruire l’abbatiale Saint-Bénigne et les bâtiments monastiques annexes (actuel Musée archéologique de Dijon). Il fait élever dans l’abbaye une rotonde abritant le tombeau de l’évangélisateur de la Bourgogne, saint Bénigne, qui suscite un pèlerinage important. Au début du XI.me siècle, Dijon est composé d’une ville forte enclose de murs gallo-romains, restes de l’ancien castrum, et d’un bourg s’étendant jusqu’à l’abbaye Saint-Bénigne. Autour, des petits hameaux, Dompierre, Trimolois, Charencey, Bussy et Prouhaut, disparus depuis, ceinturent la ville. Les ducs de Dijon règnent alors sur la région. En 1015, le roi Robert Ier essaye de conquérir le Dijonnais : il s’attaque d’abord au village de Mirebeau-sur-Bèze et sa région puis vient mettre le siège devant le castrum de Dijon. Mais, devant la vigoureuse résistance de l’évêque de Langres, Brunon de Roucy, soutenu par l’abbé de Cluny et le comte de la ville, il renonce à donner l’assaut. Dès l’année suivante, la mort de l’évêque lui permet de négocier avec son successeur, Lambert de Vignory, la cession du comté de Dijon au roi de France, en 1016. La ville rejoint le duché de Bourgogne et en devient la capitale. Dès 1017, le roi Robert vint à Dijon y affirmer ses droits et annonce la nomination de son fils cadet Henri, âgé de 9 ans, à la dignité de duc de Bourgogne. En 1026, le fils aîné du roi meurt et Henri devient l’héritier de la couronne royale. Roi à la mort de son père en 1031, il entre en lutte contre son frère Robert qu’il finit par vaincre. Il lui pardonne alors son insoumission et lui donne en apanage Dijon et le duché de Bourgogne en 1034. L’arrivée du duc Robert Ier, dit le « Vieux », installe durablement la famille des Capétiens à Dijon, sur laquelle elle règne sans discontinuité pendant trois siècles. Le 28 juin 1137, un grand incendie réduit Dijon en cendres. Les ducs reconstruisent alors une enceinte beaucoup plus large que la précédente, qui abrite la cité jusqu’au XVIII.me siècle. À la fin du XII.me siècle et au XIII.me siècle, Dijon s’orne de monuments de valeur : la Sainte-Chapelle, l’hôpital du Saint-Esprit, l’église Notre-Dame, etc. Auprès de chaque porte se développent de petits bourgs même si la ville ne grossit jamais plus que les limites de son enceinte. Les ducs de Dijon possèdent un château (actuelle mairie de Dijon) et y exercent avant tout un pouvoir de justice. En 1183 le duc Hugues III permet la rédaction d’une charte de commune, conservée aux Archives municipales qui permet l’entraide entre le duc et les habitants. Grâce à cette charte, qui fut beaucoup copiée dans d’autres villes de Bourgogne, les ducs s’enrichirent. La Sainte-Chapelle doit son édification à un vœu fait par le duc Hugues III. Pris dans une tempête alors qu’il se rend en Terre Sainte, il fait la promesse de construire près de son palais une église dédiée à la Vierge et à saint Jean l’Évangéliste. La construction commence dès 1172. Elle possède un chœur à déambulatoire, achevé dès 1196. La triple nef est élevée au XIII.me siècle dans le style gothique bourguignon. Les tours de la façade sont élevées de 1495 à 1515. Sa flèche mesure plus de 50 mètres. La dédicace n’a toutefois lieu qu’en 1500. À la Révolution, les statues sont transférées, mutilées ou détruites. Jugée insignifiante par son architecture et d’un entretien trop coûteux, elle est détruite en 1802. Dijon connaît une période brillante sous les quatre ducs Valois de Bourgogne, qui règnent de 1363 à 1477. Elle est la capitale du duché de Bourgogne, ensemble d’États qui s’étendent jusqu’aux Pays-Bas. Centré sur ce duché, l’État bourguignon s’étend alors, pendant plus d’un siècle (1363-1477), par héritages et mariages jusqu’en Picardie, Champagne, Pays-Bas bourguignons, Belgique, Germanie, duché de Luxembourg, Alsace, comté de Flandre et Suisse. Le duc Philippe le Hardi (1364-1404) est le premier duc de la dynastie des Valois et prend possession de Dijon, sur ordre du roi, en 1363. Il fonde à Dijon sa nécropole dynastique, la chartreuse de Champmol, dont il fait un foyer d’art. Jean Ier sans Peur (1404-1419) lui succède. Le duc Philippe III le Bon (1419-1467) reconstruit l’hôtel ducal et institue en 1432 la chapelle de son palais comme siège de l’ordre de la Toison d’or. Pourtant, Dijon n’est pas une ville populeuse ; encore rurale et en raison des épidémies elle ne compte que 13000 habitants en 1474. Le duc Charles le Téméraire (1467-1477) qui ne vit pas à Dijon échoue dans sa lutte contre le roi de France et meurt à la bataille de Nancy contre le duc de Lorraine René II de Lorraine, allié à Louis XI. Le puissant État bourguignon s’effondre alors, permettant à Louis XI d’annexer le duché le 1er février 1477. En dépit de quelques révoltes contre l’autorité du roi, Dijon s’est soumis à son autorité. Louis XI ordonne le transfert à Dijon du parlement de Bourgogne, qui se trouvait à Beaune. Il fait aussi construire à Dijon un château, à l’emplacement de l’actuelle place Grangier, pour surveiller les habitants. La duchesse Marie de Bourgogne (1457-1482), alors âgée de 20 ans et fille unique du duc Charles le Téméraire, épouse Maximilien Ier du Saint-Empire, auquel elle apporte le comté de Bourgogne et les possessions des Flandres. Le traité de Senlis de 1493 divise les deux Bourgognes et Dijon devient une ville-frontière. En 1513, l’empereur Maximilien espère récupérer le duché de Bourgogne en envoyant une troupe formée de 14000 hommes des corps francs suisses, 5000 Allemands et 2000 Francs-Comtois assiéger Dijon. Le gouverneur Louis II de La Trémoille, qui a été envoyé pour défendre la ville, ne peut faire partir les assiégeants qu’en jouant habilement des dissensions entre Suisses et Allemands et en promettant 400000 écus dont seulement une partie sera payée. Les Suisses lèvent le siège le 13 septembre. Les Dijonnais ayant prié avec ferveur pour leur délivrance, le départ des assiégeants est attribué par beaucoup à l’intercession de la Vierge, dont une statue, Notre-Dame de Bon-Espoir, conservée à l’église Notre-Dame, a été portée en procession. Ces événements ont prouvé la fermeté du sentiment des Dijonnais d’appartenir à la France. Après cet événement, l’enceinte est renforcée par l’édification des bastions Saint-Pierre (1515), Guise (1547) et Saint-Nicolas (1558). La bourgeoisie se développe par ailleurs, comme en témoignent les nombreux hôtels et maison encore visibles. Au XVI.me siècle, la ville s’embellit avec le style de la Renaissance italienne importée par Hugues Sambin. Le parlement de Bourgogne, transféré de Beaune à Dijon, fait de la cité une ville parlementaire, où la noblesse de robe édifie des hôtels particuliers. Dijon subit des troubles religieux, de 1530 à 1595. Après la Contre-Réforme, de nouvelles églises et chapelles de monastères sont construites. Un roi de France, peut-être Henri IV, aurait qualifié Dijon de « ville aux cent clochers », en raison de la multiplication des institutions religieuses (Jésuites, Minimes, Carmélites, Jacobines, Ursulines principalement). Après le rattachement de la Franche-Comté au royaume en 1678, Dijon, perdant son statut de ville frontière, peut à nouveau s’agrandir. Sous l’administration des princes de Condé, gouverneurs de Bourgogne, la ville se transforme : une place Royale (actuelle place de la Libération) est aménagée devant l’ancien Palais des ducs de Bourgogne, qui est lui-même remanié et agrandi. La rue Condé, actuelle rue de la Liberté, est percée. Les princes de Condé créent le vaste parc de la Colombière, relié à la ville par une avenue plantée d’arbres, le cours du Parc. Cette prospérité se poursuit au XVIII.me siècle, Dijon accueillant en 1722 une faculté de droit, puis l’Académie en 1725 (qui remettra à Jean-Jacques Rousseau le premier prix du concours pour son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes en 1750). Les Collèges de Médecine sont particulièrement réputés dès 1755. La ville compte 22-23000 habitants et a le statut d’une grande ville de province, derrière Lyon et Strasbourg néanmoins. L’administration municipale repose sur des Municipaux élus et mandatés par l’arrêt du Conseil d’État du 20 avril 1668 qui fixe la constitution de la Chambre ; pour Pierre Gras, Dijon est l’exemple de municipalité parlementaire de province. En 1731, le pape Clément XII répond positivement aux requêtes séculaires des Dijonnais qui désiraient avoir leur propre évêque. La ville devient le siège d’un petit évêché entre ceux de Langres, Autun et Besançon. De 1754 à 1757, de nombreux aménagement modernisent Dijon. Le premier jardin botanique est créé en 1760. En 1766 est instituée une École de dessin ; en 1787 est fondé l’établissement qui deviendra musée des Beaux-Arts. L’industrie de l’époque (draperie, soierie, filatures diverses) ne s’implante néanmoins que difficilement. La Révolution fait passer Dijon du rang de capitale provinciale à celui de chef-lieu de département. Le 15 juillet 1789, des émeutiers prennent le château de Dijon, ainsi que la tour saint-Nicolas, sans lien direct avec les événements de Paris. Plusieurs monuments remarquables sont détruits : la chartreuse de Champmol, la rotonde de Saint-Bénigne ; d’autres sont endommagés, comme Saint-Bénigne et Notre-Dame, dont les portails sont martelés. Les monastères et couvents sont vendus ou démolis. La Sainte-Chapelle disparaît en 1802. La statue en bronze de Louis XIV qui ornait la place Royale est brisée en 1792 ; son métal sert à fabriquer de la monnaie ou des canons. En 1804, le Lycée et l’École de droit sont créés, puis en 1808 les Facultés de Lettres, Sciences, Droit et Médecine. En 1814 les Alliés qui combattent Napoléon, entrent à Dijon et occupent la ville. L’exploitation du charbon et du fer au Creusot, l’achèvement du canal de Bourgogne en 1833 rendent à Dijon une certaine importance économique. Le quartier Saint-Bernard est créé en dehors des remparts. En 1840, le réseau d’alimentation en eau dessiné et mis en œuvre par l’ingénieur Henry Darcy pour lutter contre l’insalubrité est achevé ; l’hygiène permet alors à Dijon de prospérer davantage. En 1851 est inaugurée par le prince Louis Napoléon Bonaparte la ligne de chemin de fer reliant Dijon à Paris, Lyon et Marseille, projet du maire Victor Dumay et de l’ingénieur Henri Darcy. Dès lors, Dijon se développe rapidement : le quartier de la gare se peuple et les divers faubourgs alentours se construisent. En 1867, sur concours, un projet de plan d’urbanisme, inspiré de ce que réalise Haussman à Paris, est proposé par Degré et Jetot puis adopté malgré des réticences. Durant la guerre de 1870, trois batailles se déroulent à Dijon. Le 30 octobre 1870, soldats et mobilisés tentent de défendre la ville contre les Prussiens. Sans artillerie, ils doivent se rendre à la fin de la journée. Le 26 novembre 1870, Garibaldi, à la tête de « l’armée des Vosges », ne peut reprendre Dijon et doit faire retraite. Mais, le 23 janvier 1871, les Français remportent une victoire contre les Allemands, et un drapeau poméranien est même conquis. La place du Trente-Octobre et l’avenue du Drapeau rappellent ces faits d’armes. Malgré tout, Dijon est occupée par l’armée allemande, pendant environ huit mois. En 1899, la ville reçoit la Légion d’honneur pour sa résistance. Après la guerre, la place de Dijon retrouve un rôle stratégique : des casernes et un arsenal sont édifiés. En quelques cinquante ans (de 1850 à 1900), grâce à l’exode rural, Dijon passe de 30000 à 70000 habitants. La ville se développe en rasant ses remparts, remplacés par de grands boulevards. Après de nombreuses polémiques, le château construit par Louis XI est détruit de 1891 à 1897. De multiples équipements publics et privés sont réalisés : lycée Carnot, École normale, groupe scolaire, cimetière, grands magasins comme la « Ménagère » rue de la Liberté, qui ouvre en 1897, grands hôtels, lieux de culte. Dans les faubourgs s’élèvent des usines : Pernot, Lachèze… La Place du Théâtre, au début du XX.me siècle. La ville était alors desservie par un réseau de tramways urbains, qui cessa de fonctionner en 1961, ainsi que par un réseau départemental de chemin de fer secondaire à voie métrique, les Chemins de fer départementaux de la Côte-d’Or. La Première Guerre mondiale ne cause pas de dommage architectural à Dijon qui participe par son industrie alimentaire et métallurgique à l’effort de guerre. Sous Gaston Gérard, maire de 1919 à 1935, la ville reprend son essor. L’entre-deux-guerres est marqué par l’urbanisation de quartiers résidentiels, comme celui du Val d’Or, ou de la Maladière, dans lequel s’élève la vaste église du Sacré-Cœur. La municipalité aménage un parc des Sports à Montmuzard. Occupée dès le 17 juin 1940 par l’armée allemande du Troisième Reich, Dijon est libérée par les troupes françaises le 11 septembre 1944 et sort de l’épreuve sans destruction autre que celle de la gare. Après la guerre, la population est restée stable, aux alentours de 100000 habitants. Dijon est globalement une ville tertiaire et le milieu social est dominé par les cadres moyens et les employés. Le chanoine Kir, maire de Dijon de 1945 à 1968, dote la ville d’un lac artificiel inauguré en 1964. Sous son mandat se crée également à partir de 1957 un vaste campus universitaire à Montmuzard, sur près de cent hectares. La municipalité multiplie les bâtiments de service public comme, en 1962, l’hôpital du Bocage. Avec l’essor économique des Trente glorieuses, la surface urbanisée de l’agglomération double afin de répondre à la pénurie de logements. Le quartier des Grésilles, la ZUP de la Fontaine-d’Ouche sont aménagés et les municipalités satellites comme Quetigny ou Chevigny-Saint-Sauveur s’accroissent. Après la mort de Félix Kir en 1968, le docteur Veillet assure quelques années sa succession, jusqu’en 1971. À cette date est élu le gaulliste Robert Poujade, qui devait assumer le plus long mandat de maire dans l’histoire de Dijon : trente ans, de 1971 à 2001. Robert Poujade s’attache à la protection et à la mise en valeur du secteur sauvegardé de Dijon, où les monuments sont restaurés. Renonçant à la construction de grandes barres, il aménage de nouveaux quartiers-Petit-Cîteaux, Port du canal, Hauts de Montchapet, Mansart- avec des immeubles à taille plus humaine. De nombreuses bibliothèques sont créées dans les quartiers, ainsi que des jardins publics. La construction de l’auditorium est une des dernières grandes réalisations de la période Robert Poujade. En 1977, Dijon emporta le titre envié de première ville écologique avec l’aménagement en 1975 notamment du parc de la Combe à la serpent, le plus étendu de la ville. Le 18 mars 2001, le candidat de gauche François Rebsamen est élu maire de Dijon, pourtant de tradition conservatrice. Avant la Seconde Guerre mondiale, la gauche progressait, avec Claude Guyot ou Jean Bouhey. Par ailleurs la collusion de la droite avec le régime de Vichy fait que ses représentants ne peuvent être éligibles. C’est donc, selon Pierre Lévêque les conservateurs, avec le chanoine Kir, qui remportent les scrutins en 1945-1946. Aidé par d’autres personnalités comme le baron Thénard, propriétaire du journal Le Bien public, Félix Kir va occuper la scène politique. Il est réélu en 1953, alors qu’il n’est pas gaulliste, et qu’il s’oppose même au général de Gaulle. Il lui nie même son statut de premier résistant, le chanoine Kir s’étant opposé en personne aux Allemands dès le 17 juin 1940. Sous la Quatrième République, la gauche est en déclin. Depuis 1948 la droite classique détient en effet trois sièges de députés sur cinq, les deux sièges de Sénateurs, la présidence du conseil général et les mairies des plus grandes villes du département, y compris Dijon. L’influence du Parti Communiste est souvent faible, même dans le milieu rural. En mars 1959, la liste du chanoine Kir est entièrement réélue à Dijon ainsi qu’en 1967 de justesse, contre la droite gaulliste représentée par Robert Poujade qui remporte néanmoins celles de mars 1971. Félix Kir meurt en effet en 1968. La gauche dès lors existe réellement, renforcée par les événements de mai 1968, qui sont sans violence à Dijon, en dépit d’une grève historique. En 1973, la gauche atteint ainsi 42,2 % des votes alors que les « indépendants  » (les conservateurs, en droite file du chanoine Kir) sont balayés. La gauche devient le Parti Socialiste à Dijon et surtout dans son agglomération où, en l’espace de quelques années, jusqu’en 1978, sa progression est rapide. En mai 1981, trois candidats socialistes sont élus en Côte d’or, dont deux issus de l’agglomération dijonnaise (Roland Carraz à Dijon I et Hervé Vouillot à Quétigny). Si François Mitterrand remporte les élections présidentielles, à Dijon comme en Côte-d’Or en majorité, la droite est toujours très implantée. Dès 1982, elle contrôle à nouveau le Conseil Général, présidé jusqu’en 1988 par Robert Poujade puis par Henri Berger, puis, dès 1994 par Louis de Broissia, directeur du Bien public. En 1986, le Front National réalise une percée significative avec 13,9 % des voix. Néanmoins la droite remporte de nouveau tous les sièges de députés en mars 1993. Le Parti Socialiste réalise une importante avancée en mars 1998, alors que François Rebsamen est élu conseiller général de Dijon-V, avec 51,5 % des suffrages exprimés face au conseiller sortant. Après le renoncement de Robert Poujade, il est élu maire de cette ville de tradition conservatrice le 18 mars 2001, avec 52,14 % des suffrages contre 47,86 % à son adversaire (RPR) Jean-François Bazin. La croissance de Dijon au XX.me siècle est liée à sa situation de nœud ferroviaire sur l’axe Paris-Lyon-Marseille, au départ des lignes menant vers Besançon, Belfort, Nancy, l’Italie et la Suisse. L’essor des échanges a favorisé une industrie qui, rétrospectivement, paraît étonnamment variée au milieu du siècle : métallurgie (tréfileries et laminoirs, matériel de chemins de fer, cycles et motocycles, machines outils, mécanique de précision, matériel de laiterie et de boucherie), industrie alimentaire (moutarde, biscuits, chocolat, pain d’épices, cassis), travail du cuir (chaussures, sacoches), confection, matériel électrique, optique de précision, manufacture de tabacs, savonneries, industrie pharmaceutique, matériaux de construction, instruments de musique. Comme ailleurs, la route a depuis détrôné le chemin de fer, l’industrie est en régression et c’est plutôt le secteur tertiaire qui se développe. Dans la plaine dijonnaise, on trouve de grandes cultures : blé, orge, colza et betteraves à sucre. Le tourisme occupe une place non négligeable dans l’économie de Dijon. L’intérêt touristique de la ville repose principalement sur la richesse de son patrimoine historique et sur la proximité de la côte viticole. Ainsi, la vieille ville possède trois des dix monuments les plus visités en Côte-d’Or et le musée des Beaux-Arts de Dijon a été fréquenté par plus de 210000 visiteurs en 2004. L’agglomération compte près de 500 restaurants et plusieurs zones hôtelières (Toison d’Or, quartier de la gare centrale…). Comme dans beaucoup de villes de moyenne importance, on peut distinguer à Dijon trois grands secteurs : le tourisme culturel (musées, monuments, fêtes et manifestations culturelles), le tourisme gastronomique et vini-viticole (quoique moins développé qu’à Beaune), et le tourisme d’affaires (palais des congrès et hôtels-restaurants adaptés). Néanmoins, les chiffres de 2008 relevés par l’Insee montrent un recul de 0,5 % de l’activité touristique, avec un taux d’occupation des lits d’hôtel inférieur de 7 points au taux moyen national. La clientèle étrangère ferait particulièrement défaut (- 1,6 %). Dijon dispose de l’un des premiers secteurs sauvegardés de France, avec 97 hectares de monuments classés et remarquablement conservés. Reconnu internationalement, son patrimoine s’est bâti au fil des siècles, et continue de se construire de nos jours, avec des édifices publics comme le Zénith ou l’Auditorium ou à travers des bâtiments de haute-technologie comme la tour Elithis. Le « vieux Dijon » ou centre historique comporte d’innombrables maisons anciennes, parlementaires, maisons bourgeoises mais aussi demeures plus modestes, qui donnent un charme incomparable aux rues du centre ville. Pour la plupart, ces monuments datent du Moyen Âge. Des réalisations modernes, datant du XIX.me siècle, de type « hausmannien », complètent ce patrimoine dijonnais. La création d’un secteur sauvegardé, la réfection progressive de la plupart des demeures historiques et le développement d’une zone piétonne en constante extension depuis les années 1970, permettent aux Dijonnais comme aux visiteurs d’un jour de profiter de ce riche patrimoine qui s’intègre dans un tourisme départemental et régional, autour du vin et de l’héritage médiéval. La diversité architecturale de Dijon est le fruit d’une longue histoire. La ville compte ainsi en son centre des rues bordées d’édifices médiévaux ayant évolué au sein des anciennes limites du castrum d’héritage romain. La ville a ensuite manqué d’espace et, après la destruction des remparts, de nouveaux quartiers sont apparus. L’architecture religieuse est également très représentée. Le monument le plus représentatif du Moyen Âge à Dijon était l’abbatiale de Saint-Bénigne, reconstruite à partir de 1001 par Guillaume de Volpiano. De cet ensemble roman, il ne subsiste plus que l’étage inférieur de sa rotonde ainsi que les souterrains de la crypte. L’unique édifice roman, demeuré intact depuis, conservé dans son intégralité à Dijon est l’église Saint-Philibert. L’église Notre-Dame du XIII.me siècle est représentative du gothique bourguignon. Une œuvre plus tardive du gothique est celle réalisée par Claus Sluter au portail de l’église de la chartreuse de Champmol et au puits de Moïse. L’architecture civile du Moyen Âge est représentée par l’ancien palais des ducs, reconstruit par Philippe le Bon, dominé par la tour Philippe le Bon, et par les nombreuses maisons médiévales à colombages et les hôtels particuliers de riches bourgeois. L’architecture flamande et italienne inspire ensuite les artistes dijonnais. Hugues Sambin interprète à Dijon le style de la Renaissance italienne. L’église Saint-Michel est reconstruite à partir de 1499 et sa façade est typique du style Renaissance. Au XVII.me siècle et au XVIII.me siècle, deux grands architectes de cour, Jules Hardouin-Mansart, puis Jacques V Gabriel, redessinent une partie du centre de la ville. Le premier crée la place Royale, devant l’ancien palais des ducs, qu’il remodèle. Gabriel poursuit cette œuvre. Les hôtels privés témoignent de l’architecture du XVII.me et XVIII.me siècles, comme l’hôtel de Vogüé (1610), l’hôtel Chartraire de Montigny ou l’hôtel Bouhier de Lantenay (actuellement la préfecture). Dijon a été profondément marqué par l’architecture du XIX.me siècle. Le néoclassicisme est représenté par le théâtre, commencé sous l’Empire et achevé en 1828, d’après les plans de Jacques Cellerier. Le marché couvert à charpente métallique, datant de 1873, a été créé par Ballard. Des quartiers présentent une architecture « hausmannienne », comme la place Darcy et les rues adjacentes, ou ceux longés par les grands boulevards comme le boulevard de Brosses, la rue Devosge, le boulevard Carnot, la place Wilson. La synagogue date de 1879 ; le temple protestant de 1898. Enfin, Dijon possède des édifices notables récents, comme l’église du Sacré-Cœur, de style gréco-byzantin qui date de 1933, l’église Sainte-Bernadette, bâtie en béton, plastique et aluminium de 1959 à 1964, le palais des congrès et le palais des sports. En 2005, le label « Patrimoine du XX.me siècle » a été attribué à 10 édifices bourguignons dont 2 à Dijon : la villa Messner datant de 1912 – 1913 réalisée rue Parmentier par R. J. Jardel., et l’église Sainte-Bernadette datant de 1960 – 1964 dont l’architecte est Joseph Belmont. Enfin, Dijon possède des bâtiments modernes construits par des architectes de renom. Le Palais des Congrès et des Expositions en 1955, l’Auditorium en 1998 réalisé par l’Arquitectonica Miami et, actuellement, la tour Elithis par Arte-Charpentier. Des projets futurs, concernant surtout le quartier Clemenceau, sont également marqués par l’architecture moderne. Le siège du nouveau rectorat (Marbotte Plaza) est signé Rudy Ricciotti. Ces réalisations sont avant tout écologiques et utilisent des matériaux durables. Dijon aurait été surnommée la « ville aux cent clochers » par Henri IV ou François Ier. En effet, les édifices religieux, témoins d’un passé religieux et architectural, ponctuent le centre ville. Le palais des ducs et des États de Bourgogne abrite depuis 1787 le musée des Beaux-Arts, ainsi que l’Hôtel de Ville de Dijon. Face au palais s’étend la place de la Libération en forme d’hémicycle, conçue par Jules Hardouin-Mansart en 1680. Les pavés ont été retirés en 2008 et la place accueille désormais des jets d’eau et de lumière mettant en valeur son architecture. Le palais témoigne du passé de Dijon sous les ducs. Il comprend : la tour de Bar, ancienne tour de Brancion construite par Philippe le Hardi en 1365 ; les cuisines ducales, construites par Philippe le Bon en 1433 ; la tour Philippe le Bon, initialement tour de la Terrasse, qui date de 1455, qui servait de tour de guet et d’habitation, et qui compte 316 marches. La cathédrale Saint-Bénigne, construite aux XIII.me et XIV.me siècle, abrite dans sa crypte, seul vestige d’une rotonde romane détruite en 1792, les vestiges du tombeau du martyr éponyme, évangélisateur de la Bourgogne. L’édifice, autrefois abbatiale, était entouré de bâtiments dont subsiste l’ancien dortoir des Bénédictins, où se trouve maintenant le musée archéologique. L’église Saint-Philibert de Dijon est située à quelques pas au sud-est de la cathédrale Saint-Bénigne. Elle est reconnaissable par son clocher en pierre. Ayant servi d’entrepôt à sel durant la Seconde Guerre mondiale, ce dernier ronge depuis lors la pierre de l’édifice. En très mauvais état structurel, elle est interdite à la visite depuis 1979. L’église Notre-Dame, du XIII.me siècle, chef-d’œuvre du gothique bourguignon, est unique dans l’architecture gothique française. Elle abrite la statue de Notre-Dame de Bon-Espoir. Sa façade occidentale est ornée de nombreuses gargouilles décoratives restituées au XIX.me siècle par sept sculpteurs parisiens. L’amorce de sa tour sud supporte le Jacquemart, horloge à quatre automates. La chapelle de l’Assomption toute proche s’orne de l’Assomption de Jean Dubois, mais n’est pas ouverte au public. Les Dijonnais ont coutume de caresser la chouette sculptée sur le contrefort d’une chapelle de Notre-Dame. Selon la légende, une caresse de la main gauche, côté cœur, porterait bonheur à qui la touche. La porte Guillaume, située place Darcy, s’élève à l’emplacement d’une porte fortifiée des remparts de la ville. Elle fut érigée en 1788 par Caristie en l’honneur du prince de Condé. Elle est parfois nommée « Arc de Triomphe dijonnais », en raison de sa situation au sommet de la Rue de la Liberté, appelée « Champs-Élysées Dijonnais » en référence à son caractère commerçant, comme la célèbre avenue parisienne. Les remparts de Dijon ont laissé malheureusement peu de traces : la voie ferrée passe sur l’ancien rempart dit « de la Miséricorde ». Rue de l’Hôpital, il subsiste des vestiges du bastion de Guise, qui constituait l’angle sud-ouest du rempart ; rue de Tivoli et rue Berlier, deux pans de murs sont également encore préservés. Un panneau a été mis en place rue Vaillant, signalant la fin de l’ancien Castrum dijonnais. Les toits bourguignons sont également des éléments du patrimoine culturel de Dijon. Composés de tuiles vernissées multicolores disposées selon des motifs géométriques, ils se découvrent sur quelques bâtiments du centre ville comme l’Hôtel de Vogüé, l’hôtel Aubriot, la cathédrale Saint-Bénigne… Le Puits de Moïse se trouve au centre d’une cour du grand cloitre du centre hospitalier de la Chartreuse pour lequel il a été initialement conçu. C’est un chef-d’œuvre de Claus Sluter, initié en 1395. Il est haut de 7 m et baigne dans un bassin alimenté par une nappe phréatique. Il y a des statues des 6 prophètes du dernier testament. Il est ouvert au public depuis le 1er avril 2010 et est classé monument historique en 1840. Dijon possède de nombreux musées disposant de collections régionales importantes, tous installés dans de prestigieux monuments historiques : Le musée des Beaux-Arts de Dijon est installé dans le Palais des ducs de Bourgogne. Dans la « salle des gardes » sont exposés les tombeaux des ducs Philippe le Hardi et de Jean sans Peur, provenant de la chartreuse de Champmol. Les autres salles renferment des collections de peinture et de sculpture allant du Moyen Âge à l’époque contemporaine. Le musée est gratuit depuis 2004. L’un des patrimoines les plus connus du musée des Beaux arts est représenté par « Les Pleurants ».Ces 39 petites statuts d’albâtre fabriqué par Claus de Werve ornent le tombeau de Philippe le Hardi. L’exposition, intitulée « Les pleurants: sculptures tombales de la Cour de Bourgogne » permet d’observer de près ces pleurants, représentant des figures ecclésiastiques ou des moines de l’ordre des Chartreux. Le Consortium est un centre d’art contemporain qui développe des exposition d’artistes en pointe dans l’art contemporain. Un grand projet architectural est en construction. Il a été confié à l’architecte japonais Shigeru Ban et va créer, un pôle d’art contemporain important et assurer à la ville et à la Région un nouveau rayonnement national et international. Le musée archéologique occupe une partie de l’ancienne abbaye Saint-Bénigne et détient des pièces provenant des fouilles régionales à Dijon, Alésia, Mâlain… La collection lapidaire gallo-romaine et les bois provenant du sanctuaire des sources de la Seine sont de tout premier ordre. Le musée de la Vie Bourguignonne Perrin de Puycousin expose le patrimoine ethnographique rural de Bourgogne, avec des reconstitutions de scènes de la vie quotidienne et les intérieurs d’anciens magasins dijonnais du XIX.me siècle. Il est le fruit des collections de Maurice Bonnefond Perrin de Puycousin, et de ses dons à la ville de Dijon, un premier musée créé de son vivant dans l’hôtel Aubriot, sera fermé en 1970, avant d’être réinstallé en 1985 dans l’ancien couvent de l’abbaye de Tart. Une partie est réservée aux enfants célèbres de Dijon. Le musée d’art sacré de Dijon, installé dans l’ancienne église des Bernardines, présente d’intéressantes collections liturgiques et un morceau de sculpture magistrale : la Visitation, provenant du couvent du même nom détruit lors de la Révolution. Le musée Magnin occupe l’ancien hôtel Lantin, rue des Bons-Enfants. Il renferme une magnifique collection de tableaux et de meubles réunie par les Magnin, une famille d’amateurs. Le musée Rude, situé dans le transept de l’ancienne église Saint-Étienne, abrite les moulages de diverses statues de François Rude, et donne accès à l’abside de l’église ; on peut y observer des restes de l’ancien castrum, enceinte gallo-romaine de Dijon. Le Jardin des sciences regroupe le Muséum d’Histoire Naturelle, le Planétarium et les collections botaniques du jardin de l’Arquebuse. Le planétarium de Dijon (Hubert Curien) présente 3 structures qui représentent la vie animale et végétale. le pavillon de Raines, qui abrite des expositions temporaires, les réserves et le laboratoires ainsi qu’au jardin botanique. le pavillon de l’Arquebuse, qui abrite l’exposition permanente qui se consacre à la biodiversité. 2 bâtiments annexes, la Petite et la Grande Orangerie, qui viennent également compléter cet ensemble. Dijon se veut une capitale de la gastronomie. Chaque année à l’automne se tient à Dijon la foire internationale et gastronomique. Initiée par le maire Gaston Gérard en 1921 et localement surnommée la « Foire », cette manifestation met chaque année un pays différent à l’honneur, et est destinée à promouvoir la culture et le bon vivre bourguignon à travers le monde. Dijon héberge également toutes les années impaires la Biennale internationale des arts culinaires. Capitale administrative de la Bourgogne, dont le vignoble est mondialement connu, Dijon est donc réputée pour ses vins. Il faut toutefois noter que c’est la ville de Beaune qui est communément admise comme étant la capitale du vin de Bourgogne. Le cassis de Dijon avec lequel est fabriquée la crème de cassis, entre dans la recette du Kir. Apéritif composé d’aligoté et de crème de cassis, il tient son nom du chanoine Kir, maire de Dijon jusqu’en 1968. Dans la culture populaire, Dijon est en premier lieu connu comme étant la capitale de la moutarde. Le verjus de Bourgogne, qui entre dans la fabrication de la moutarde de Dijon, permet de développer l’essence et le piquant de la graine. La moutarde de Dijon n’étant pas une appellation d’origine contrôlée, sa production n’est pas spécifique à Dijon. Nombre de spécialités gastronomiques sont également rattachées à Dijon, comme les escargots de Bourgogne, le jambon persillé, la truffe de Bourgogne, le bœuf bourguignon, les gougères, les œufs en meurettes ou le poulet Gaston Gérard, dont le nom provient de l’épouse du maire du Dijon du même nom. Le pain d’épices de Dijon est une appellation de pain d’épices dont la farine est majoritairement à base de blé. Les nonnettes sont un dessert traditionnel dijonnais à base de ce même pain d’épices. Contrairement à une idée reçue, la fondue bourguignonne est d’origine suisse. Ce nom fait référence d’une part à la fondue au fromage et d’autre part à l’origine de la viande charolaise, la Bourgogne. Au Moyen Âge, Dijon voit la naissance de Jean Sans Peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire, ducs de Bourgogne. Cette période est marquée par la puissance du duché de Bourgogne, dont Dijon est le siège. A la Renaissance, Dijon voit naître quantité d’éminents représentants des arts et lettres, comme l’écrivain Jacques-Bénigne Bossuet, le compositeur Jean-Philippe Rameau, l’homme de lettres Charles de Brosses, le sculpteur François Rude ou le philosophe Maurice Blondel. La ville de Dijon fut également pourvoyeuse de scientifiques célèbres, comme Gaspard Monge, inventeur de la géométrie descriptive, l’hydraulicien Henry Darcy, l’ingénieur Gustave Eiffel ou Hippolyte Fontaine, promoteur de la dynamo (inventée par Zénobe Gramme). En politique, la période contemporaine est marquée par la forte personnalité du chanoine Kir, maire de Dijon de 1945 à 1968, puis par Robert Poujade, maire de 1971 à 2001 et ministre de l’Environnement entre 1971 et 1974.

Le département de la Côte-d’Or (prononcé [kot.d‿ɔ�? ]) est un département français parmi les quatre de la région Bourgogne. Son code officiel géographique (attribué par l’Insee) est 21. Ses habitants sont appelés côte-d’oriens et costaloriens.
 Le département de la Côte-d’Or a été créé le 4 mars 1790 par l’Assemblée constituante à partir de l’ancienne province de Bourgogne, province à laquelle le département fut toujours intimement lié. Il fut divisé en sept districts: Arnay-le-Duc, Beaune, Châtillon-sur-Seine, Dijon, Is-sur-Tille, Saint-Jean-de-Losne et Semur-en-Auxois. Le 17 février 1800, les sept districts furent transformés en quatre arrondissements: Dijon, Beaune, Châtillon-sur-Seine et Semur-en-Auxois. Le 10 septembre 1926, les arrondissements de Châtillon-sur-Seine et Semur-en-Auxois furent supprimés au bénéfice de Montbard.
Morey-Saint-Denis, à l’automne. C’est ce genre de paysage qui inspira le nom du département.
 La Côte-d’Or est le seul département français qui n’a pas été nommé selon un critère géographique stricto sensu. Le nom fut choisi par Charles-André-Rémy Arnoult, avocat au parlement de Dijon et député de l’Assemblée constituante de 1789, qui proposa ce nom, s’inspirant de la teinte dorée que prenaient les vignes de la région à l’automne. Le terme côte vient, lui, du relief de la région sur lequel poussent ces vignes: l’affaissement du plateau sédimentaire a formé un talus que les géologues désignent sous le terme espagnol de «cuesta» ou «côte» en français. Côte d’Or l’emporta donc sur d’autres propositions telles que Haute-Seine ou Seine-et-Saône et c’est à partir du nom de ce département que le terme «côte d’Or» (sans trait d’union ni majuscule) finit par s’imposer pour désigner l’escarpement sur le versant duquel sont élevés, au nord, les vins de la côte de Nuits et au sud ceux de la côte de Beaune. En patois bourguignon, le nom du département se prononce Costadôr ou Costelor.
 Plus d’un siècle plus tard, la poésie de ce nom inspira l’écrivain dijonnais Stephen Liégeard lorsqu’il baptisa une portion du littoral méditerranéen du nom de Côte d’Azur.
 Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes autrichiennes de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).
 La Côte-d’Or fait partie de la région Bourgogne. Elle est limitrophe des départements de l’Yonne, de la Nièvre, de Saône-et-Loire, du Jura, de la Haute-Saône, de l’Aube et de la Haute-Marne. Cinquième département par la taille derrière la Guyane et trois départements de la région Aquitaine, la Côte-d’Or couvre de nombreux espaces à la géographie bien distincte.
 Le parc national des Forêts de Champagne et Bourgogne sera situé dans le nord du département.
 La Côte-d’Or se situe sur le seuil de Bourgogne, partageant les bassins versants de la Seine, du Rhône (de la Saône) et de la Loire. Sur le département coulent des affluents de chaque fleuve, notamment:
 l’Armançon, le Serein et l’Aube qui coulent vers la Seine, qui elle-même prend sa source dans le département, sur le plateau de Langres à Source-Seine;
 l’Arroux qui prend sa source dans le sud du département traversant Arnay-le-Duc et qui rejoint la Loire par la suite;
 la Saône, principal affluent du Rhône qui traverse une bonne partie de l’est du département en traversant entre autres Pontailler-sur-Saône, Auxonne, Saint-Jean-de-Losne et Seurre. Ses affluents sont la Vingeanne, la Tille, la Bèze et L’Ouche, qui traverse notamment Dijon.
 La Côte-d’Or est divisée en quatre grands ensembles topographiques: le Morvan au sud-ouest, les plateaux de Langres-Châtillonnais dans la moitié nord-ouest, la plaine de la Saône au sud-est et l’Auxois au centre-ouest.
Le point culminant du département, 723m (Mont de Gien) se situe dans le Morvan, dans l’exclave de Ménessaire alors que le point le plus bas 174m se trouve à la sortie de la Saône sur la commune de Chivres.
 Le climat de la Côte-d’Or, climat à tendance continentale, est altéré dans ses différentes parties et présente alors plusieurs faciès comme:
 la vallée de la Saône, qui est à tendance continentale Côte d’Or. 
le Morvan ou sur les sommets des Côtes, où l’on retrouve plus un climat de moyenne montagne.
 le plateau de Langres où les hivers sont longs, froids avec très souvent des gelées.
 D’une manière générale, les étés peuvent être chauds et secs; quant aux hivers, ils sont généralement froids et humides avec de fréquentes chutes de neige.
 La Côte-d’Or est au cœur d’un réseau routier, autoroutier, ferroviaire et fluvial dense. L’activité économique du département est pour 70% tertiaire, 25% industrie, 5% agriculture. Les secteurs industriels les plus représentés sont:
 bâtiments travaux publics (plus de 1300 établissements) agroalimentaire (plus de 400 établissements) métallurgie (avec la Metal Valley à Montbard) mécanique, électrique-électronique, chimie-pharmacie, L’industrie agroalimentaire et l’agriculture représentent un axe à forte valeur ajoutée actuellement mis en valeur par le projet Vitagora (goût – nutrition – santé) qui est en compétition pour devenir le premier pôle de compétitivité français sur cette thématique. Outre Vitagora, le département compte aussi le Pôle Nucléaire Bourgogne comme pôle de compétitivité. On trouve aussi sur le département plus de 2000 PME-PMI employant environ 50000 personnes.
 Les habitants de la Côte-d’Or sont appelés Côte d’oriens et Costaloriens.
Le département se classe dans la moyenne des départements français pour sa population (50e sur 100), mais en raison de sa superficie, sa densité est faible (56hab⋅km-2) à l’échelon national (63e).
 Malgré le dépeuplement des milieux ruraux, constituant une grande partie du département, le relatif dynamisme démographique de Dijon permet à la population du département de croître à chaque recensement et de dépasser les 500000 habitants.
 La commune la plus peuplée est Dijon avec 151543 habitants. La commune la moins peuplée est Menesble avec 10 habitants.
 Un nombre important d’artistes français est originaire de la Côte-d’Or. Parmi les peintres, Antoine Gadan et Louis Carbonnel.
 La culture du département est intimement liée à son patrimoine. La Saint-Vincent tournante est une institution dans le monde du vignoble.
 Les anis de Flavigny sont une spécialité: fabriqués seulement à Flavigny, ce sont des bonbons à base de graines d’anis enrobées de sucre.
 Le département est traversé par de nombreuses autoroutes (A6, A31, A36, A38, A39) en étoile autour de Dijon et Beaune. Il est également traversé par les rails du TGV (LGV Sud-Est, LGV Rhin-Rhône). Il n’y a aucune gare propre au TGV dans le département, mais il fut projeté un temps de créer une gare aux environs de Saulieu et de Liernais.
 La Côte-d’Or dispose de réels atouts touristiques parmi lesquels un patrimoine culturel non négligeable.
 On peut citer:
 Dijon, ville à secteur sauvegardé, et classée ville d’Art et d’Histoire
Les hospices de Beaune
L’Abbaye de Fontenay, classée au patrimoine mondial de l’Unesco
Le Trésor de Vix et son cratère, le fameux vase de Vix, datant de l’âge de Fer, conservé au Musée du Pays Châtillonnais-Trésor de Vix.
 L’église romane Saint-Vorles à Châtillon-sur-Seine, datant en partie du X.me siècle.
 Alésia
La cité de Buffon à Montbard
Le château de Bussy-Rabutin
Le château de la Rochepot
Le château de Châteauneuf
Le château de Montfort
La Route des Grands Crus allant de Dijon à Santenay.
 Semur-en-Auxois, cité médiévale.
 Auxonne et son arsenal.
 Le canal de Bourgogne et son tunnel à Pouilly-en-Auxois
Les sources de la Seine et son temple dédié à Sequana à Source-Seine
Flavigny sur Ozerain: village médiéval.
 La Côte-d’Or présente également des paysages variés:
 La Côte d’Or
Le cirque du Bout du Monde près de Beaune
Le Morvan avec notamment le Panorama de Savilly
Les forêts du Châtillonais. 
Barycentre de la zone Euro
Autrefois dans la Nièvre, depuis le 1er janvier 2009, après l’adhésion de la Slovaquie dans la zone Euro, le centre géographique de cette zone est situé sur le département, près de la commune de Liernais en 2010 puis, avec l’arrivée de l’Estonie, près de celle de Villy-en-Auxois.

La Bourgogne (prononcé [bu�?.ˈgɔɲ ]; Bregogne en bourguignon-morvandiau; Borgogne en arpitan) est une région historique et administrative située au centre-est de la France et constituée de quatre départements: l’Yonne, la Côte-d’Or, la Nièvre et la Saône-et-Loire.
 La région doit son nom aux Burgondes qui créèrent le royaume de Burgondie, devenu royaume de Bourgogne puis des Deux-Bourgogne à l’époque carolingienne. Par la suite on distinguera le comté de Bourgogne (ou Franche-Comté de Bourgogne), qui correspond à l’actuelle Franche-Comté, du duché de Bourgogne qui correspond à peu près à l’actuelle région de Bourgogne.
 Les 10 plus grandes villes de la région sont Dijon (la capitale des Ducs de Bourgogne et le chef-lieu de la région), suivie de Chalon-sur-Saône, Nevers, Auxerre, Mâcon, Sens, Le Creusot, Beaune, Montceau-les-Mines et Autun.
 Avec ses quatre départements et 31582km2 de superficie, la Bourgogne est l’une des plus vastes régions de France (6e place). Elle couvre 6% du territoire national. Elle compte 2046communes.
 Ses habitants sont appelés les Bourguignons.
 La Bourgogne doit son nom à la peuplade des Burgondes qui créèrent le royaume de Burgondie. Ce dernier devint royaume de Bourgogne puis des Deux-Bourgogne à l’époque carolingienne. Au Moyen Âge, il convient de distinguer le comté de Bourgogne du duché de Bourgogne. Le premier (maintenant la Franche-Comté) était terre d’empire, le second constitué des comtés de Mâcon, Chalon, Sens, Auxerre, Tonnerre, Nevers, Autun appartenait au royaume de France.
 Aussi, les ducs de Bourgogne étaient vassaux du roi de France pour le duché de Bourgogne, l’Artois et la Flandre, et vassaux de l’Empereur pour le comté de Bourgogne, la Gueldre, le Hainaut, le Brabant et d’autres terres.
 La Bourgogne dans ses limites du XVIIIE siècle et les communes et départements actuels. Le territoire de l’Ain était composé de cinq pays (Dombes, Bresse, Bugey, Gex et Valromey) qui ne faisaient pas partie de la province mais qui étaient rattachés à la généralité de Bourgogne.
 La Bourgogne historique, ancien royaume européen, fut partagée par les grandes puissances en deux Bourgognes:
 Le Duché de Bourgogne
Le Comté de Bourgogne
Le Comté de Bourgogne ou Franche-Comté de Bourgogne (qui signifie « Comté libre de Bourgogne »), constitue la majeure partie de la Franche-Comté actuelle. Le Duché de Bourgogne correspond lui à peu près à l’actuelle région Bourgogne moins la Nièvre.
 La région Bourgogne se situe dans le centre-est de la France. Elle est limitrophe de la Franche-Comté à l’est, de Rhône-Alpes au sud-est, de l’Auvergne au sud-ouest, du Centre à l’ouest, de la Champagne-Ardenne au nord et de l’Île-de-France au nord-ouest. Au nord
La basse Bourgogne est une région de plaines sédimentaires: elle englobe le Sénonais agricole et le pays d’Othe forestier, qui domine les vallées de l’Yonne et de l’Armançon. On y trouve également la ville d’Auxerre. 
À l’est
Les pays de la Saône correspondent à des plaines d’effondrement couvertes de grasses prairies et de champs (blé, maïs, oléoprotéagineux, maraîchage).
 Au centre
Les plateaux bourguignons, calcaires, s’inclinent doucement vers le nord-ouest, mais s’abaissent brusquement vers le sud-est. Ils comprennent l’Auxerrois, plate-forme rocailleuse où s’est établie la vigne (Chablis), le Tonnerrois, d’altitude plus basse, le Châtillonais, région d’importants massifs forestiers, le carrefour dijonnais et la Côte-d’Or, dernier escarpement abrupt de la « Montagne », qui porte l’un des vignobles les plus fameux de France.
 Le Morvan, massif ancien forestier, classé parc naturel régional, est entouré de plaines argileuses où l’on pratique l’élevage, incisé par la dépression houillère de la Dheune. 
Au sud
Le Mâconnais, pays de polyculture, d’élevage et de vignoble, s’appuie sur les premiers contreforts du Massif central. Le Mâconnais constitue la partie la plus septentrionale de la Bourgogne et dispose d’une géographie particulière avec la plaine de Saône. 
le TGV Sud-Est met depuis 1981 la capitale de la Bourgogne Dijon à portée de Paris (1 heure 37), de Roissy (1 heure 51), de Marseille (3 heures 22), et Montbard à 1h tout juste de Paris, avec 4 TGV Montbard/Paris et 5 TGV Paris/Montbard chaque jour.
 Des liaisons partent aussi de Chalon-sur-Saône vers Paris.
 Des liaisons Paris-Lyon via Gare du Creusot-Montceau-les-Mines-Montchanin TGV et Gare de Mâcon-Loché-TGV.
 La LGV Sud-Est passe par 6 départements dont 3 en bourgogne (l’Yonne, la Côte-d’Or, la Saône-et-Loire).
 le TGV Lyria: 
Lausanne – Dijon – Paris gare de Lyon 4 allers et retours par jour en 3h41 environ.
 Berne – Dijon – Paris gare de Lyon 2 AR en 4h30 (1 en 2010).
 le TGV Méditerranée: exemple, Dijon-Montpellier (3 heures 33).
 la ligne LGV Rhin-Rhône, qui connectera Dijon à l’Europe, a été mise en service fin 2011.
 Le siège d’Autoroutes Paris Rhin Rhône est situé à Saint-Appolinaire, dans la banlieue de Dijon.
 l’A6 traverse la Bourgogne du Nord au Sud;
 l’A38 relie Dijon à l’A6;
 l’A31 (vers le Luxembourg) traverse la Bourgogne pour se lier à l’A6 à Beaune;
 l’A36 part de l’Autoroute française A31 (entre Dijon et Beaune) vers l’Allemagne; 
A39 Dijon – Dole – Bourg-en-Bresse;
 l’A77 relie l’A6 au sud de Nevers dans la Nièvre.
 l’A406 relie Mâcon à Genève. Principales voies navigables en Bourgogne: L’Ouche.La Seine. La Saône, avec particuliérement le port de plaisance de Mâcon. L’Yonne. La Nièvre.Le canal de Bourgogne. Le canal du Centre ou «canal du Charolais». Le canal du Nivernais. Le canal latéral de Roanne à Digoin. La rigole de l’Arroux. La Loire.
 L’agriculture bourguignonne est dynamique, puissante et très spécialisée: céréales (blé et orge dans l’Yonne et la Côte-d’Or), oléagineux, élevage bovin (Charolais, Morvan, Nivernais), viticulture (Côtes de Beaune, Nuits, Hautes-Côtes, Côte Chalonnaise, Mâconnais, Beaujolais, Chablisien). L’agriculture emploie 5% d’actifs. La surface agricole utilisée (SAU) représente près de 60% de la superficie de la Bourgogne. Deuxième région productrice de bovins, derrière l’Auvergne, le territoire est surtout spécialisé dans les céréales, les oléagineux et bien sûr le vin, qui occupe près de 31000 hectares, essentiellement plantés de pinot noir et de chardonnay. 
L’industrie, qui s’est développée dès le XIX.me siècle (charbon de Montceau-les-Mines, sidérurgie du Creusot, mines de La Machine), a connu un nouvel essor après 1945, particulièrement dans la vallée de la Saône (Mâcon, Chalon-sur-Saône), à Dijon et dans l’Yonne, mais n’a pas été épargnée par la crise. Parmi les entreprises internationales implantées en Bourgogne peuvent être citées Amora Maille (groupe Unilever), dont les usines d’Appoigny (Yonne) et de Dijon (Côte-d’Or) ont fermé fin août 2009, les laboratoires pharmaceutiques URGO à Dijon, l’usine Fulmen, plus gros employeur d’Auxerre (usine fermée), les Laboratoires Vendôme (Le petit Marseillais…) à Quetigny (Agglomération du Grand Dijon) et l’usine historique du groupe SEB à Selongey.
 En revanche, le nord de la région, pauvre en grandes entreprises, a profité de l’installation d’industries moins lourdes, plus diversifiées: parachimie, industrie pharmaceutique, électronique, plasturgie, papeterie, industries mécaniques et automobiles, agroalimentaire.
 Enfin, le tourisme avec la gastronomie, l’histoire, la culture et le tourisme vert avec les nombreuses bases de loisirs aventure implantées dans les villages de la vallée de l’Armançon et du parc naturel régional du Morvan fournissent à la région ses plus grosses ressources complémentaires.
 Le commerce et les services tiennent une place importante en Bourgogne (Avallon est le siège du groupe de distribution Schiever). À titre d’exemple, Dijon est classée ville où les entreprises sont les plus compétitives de France.
 Depuis 2005, la Bourgogne affiche la présence de deux pôles de compétitivité: le Pôle Nucléaire Bourgogne et Vitagora Goût-Nutrition-Santé (agroalimentaire).
 La Bourgogne a créé la Super Cocotte Seb, les avions Jodel et les collants Dim dans les années 1950. Désormais, elle fabrique le coeur des centrales nucléaires, les bogies du TGV, les pansements Urgo et les cosmétiques des Laboratoires Vendôme. 
Le peuplement de la Bourgogne est peu dense et inégalement réparti. La population se concentre sur les axes de communication alors que le Morvan se vide. La Bourgogne est actuellement moins peuplée qu’elle ne l’était en 1851. La région comptait 1638588 habitants en 2008.
 Depuis 1990, le déséquilibre démographique s’est accentué entre la Bourgogne et les régions dominantes qui l’encadrent (Île-de-France et Rhône-Alpes). À ces deux fortes croissances, la Bourgogne n’oppose qu’une stagnation. Le solde migratoire annuel n’est passé que de –0,03% à –0,04% entre les deux derniers recensements mais l’excédent naturel annuel est tombé de 0,13 à 0,04%. Cela se traduit par un vieillissement de la population, la région attire en effet davantage les retraités que les jeunes ménages.
 Seule Dijon, la capitale de la Bourgogne et son agglomération, ainsi que la vallée de la Saône (de Chalon-sur-Saône à Mâcon)tirent leur épingle du jeu. 
Région réputée pour sa gastronomie, la Bourgogne est également riche de son patrimoine naturel mais aussi bâti, des châteaux forts aux cadoles, en passant par les abbayes et les cathédrales.
 Il y est possible de visiter le site d’Alésia, où Vercingétorix tint un siège contre les armées de Jules César en 52 avant J.-C., ainsi que le site de Cluny où les Bénédictins firent de leur abbaye au X.me siècle le plus grand foyer spirituel et intellectuel d’Europe.
 Aux XIVE et XVE siècles, le duché, indépendant de la couronne, était beaucoup plus vaste qu’aujourd’hui. Sous Charles le Téméraire, il s’étendait de l’Espagne à l’Angleterre et de l’Italie aux Flandres. Bien que rattaché au royaume de France en 1477, il réussit à garder jusqu’à la Révolution française une certaine forme d’autonomie. Les contours actuels de la Bourgogne, eux, datent de 1960.
 La Bourgogne est une terre riche de site culturels en tous genres, certains uniques parmi lesquels on peut citer la Galerie Européenne de la Forêt et du Bois, la roche de Solutré, le château de Guédelon, l’Arboretum de Pézanin… qui font de ce territoire un endroit attractif et à fort potentiel touristique.
 La Bourgogne a aussi une place importante dans l’histoire de la photographie: à Chalon sur Saône se trouve le musée de la photographie de Nicéphore Nièpce et la Nicéphore cité. Nicéphore Nièpce y inventa la photographie.

C’est à quelques encablures de la gare Sncf de Dijon, que nous rejoignons notre guide qui va nous faire découvrir le Dijon médiéval, nous nous rendons donc sur la place Darcy. Pour découvrir Dijon, nous serons accompagnés par Marguerite, qui est bénévole au comité AVH de Dijon.
La guide, nous brosse tout d’abord l’histoire et la situation géographique de la ville de Dijon, qui se réveille lentement, nous sommes dimanche.

Dijon s’est implanté sur un axe qui reliait la Méditerranée aux pays du nord, sur la route de l’étain qui allait vers l’Angleterre. Dans le haut moyen âge le pouvoir appartenait aux évêques de Langres, c’est là que se trouvait le diocèse, Dijon a eu le sien qu’à partir du XVIII.me siècle (1731). L’évêque de Langres va voir sa ville détruite au V.me siècle, il viendra à Dijon se réfugier dans le premier rempart, dont la construction eu lieu après la destruction de la ville gallo romaine. Nous sommes à l’intérieur du premier rempart, tout près de l’ancien castrum, le premier rempart ne protégeait que 11 hectares, un second rempart sera construit au XII.me siècle, après que la ville eut brûlée en 1137. Le nouveau rempart protège 97 hectares, c’est pour ainsi dire la vieille ville actuelle. L’émergence des ducs de Bourgogne remonte à l’époque carolingienne, c’est au XII.me siècle le nom que va prendre le comte d’Autun, afin de lutter contre les invasions scandinaves. Il fait de façon que son titre de duc de Bourgogne devienne héréditaire. On aura donc plusieurs ducs de Bourgogne à l’époque carolingienne, ensuite 2 grandes famille ducales les capétiens et les Valois. C’est le fils d’Hugues Capet qui va reconstituer le duché, il le redonnera à son fils, dont la succession donnera 12 ducs de Bourgogne. Le dernier va mourir de la peste en 1361, il n’a que 16 ans, il n’a pas d’héritier, le duché reviendra alors au royaume de France. C’est un Valois qui s’installe, Jean II le Bon, il le donnera par la suite à son quatrième fils Philippe le hardi, qui s’était battu vaillamment à la bataille de Mont pertuis près de Poitiers avec son père contre nos meilleurs ennemis de l’époque, les anglais. Philippe le hardi va épouser l’ancienne fiancé de l’ancien duc capétien, elle s’appelait Marguerite de Flandres. C’est très important économiquement et politiquement, les ducs de Bourgogne Valois vont avoir 2 types de territoires. Un duché de Bourgogne très agrandi avec la Franche Comté, laquelle on l’appelait comté de Bourgogne, et, les Pays Bas bourguignons qui regroupent la Belgique, le Luxembourg, une partie de la Hollande et le nord de la France. Les successeurs à Philippe le hardi sont Jean sans peur, Philippe le Bon et Charles le Téméraire. Ce dernier va perdre en 10 ans ce que les autres ont mis 100 ans à consolider, il va mourir devant Nancy en 1477. Il convoitait le petit duché de Loraine, lequel était pris en sandwich entre ces 2 types de possession. Après cet évènement Louis XI va envoyer ses troupes en Bourgogne, il l’annexera et elle deviendra française. Présentation du dernier duc de Bourgogne : Charles le Téméraire (Dijon, 1433 -devant Nancy, 1477), fils de Philippe le Bon et d’Isabelle de Portugal, duc de Bourgogne (1467). Il voulut en vain reconstituer l’anc. Lotharingie, entre la France et l’Empire germanique. Il fut le plus dangereux adversaire de Louis XI, qu’il humilia à Péronne (1468) et emprisonna. Battu par les Suisses à Granson et à Morat (1476), il se retourna contre la Lorraine et fut tué au cours du siège de Nancy. Sa fille, Marie, apporta ses états (moins le duché de Bourgogne) aux Habsbourg, en épousant Maximilien d’Autriche (1477). Dijon Capitale du duché de Bourgogne a été choisie par le premier des capétiens, en 1477, Dijon devient capitale provinciale, dont la province est rattachée au royaume de France. Ensuite on aura des gouverneurs de Bourgogne, ils seront nommés par le roi.

Nous sommes sur la place Darcy et son arc de triomphe, appelé aujourd’hui Guillaume, C’est en 1731 que Dijon est devenue diocèse, nous sommes face à l’église Sainte-Bénigne. Elle fut d’abord église Saint-Étienne, qui est devenue en 1692 l’église Sainte-Bénigne, qui était au départ une simple église d’abbaye. On a donc eu 5 églises successives à cet endroit une mérovingienne, une carolingienne, 2 romanes et une gothique. Nous avons donc l’église gothique devant nous, l’abbaye de Sainte-Bénigne était très puissante, elle possédait de nombreux terrains autour de l’église, ils furent confisqués à la révolution et on perça des rues à l’intérieur de l’abbaye. Sur la place se dresse l’arc de triomphe ou porte Condé, il est antérieur à l’arc de triomphe de Paris, il a été érigé avant la révolution, en 1786. Il a été construit en l’honneur d’un prince de Condé, qui fut gouverneur des états de Bourgogne. Il a pris place à l’ancienne porte médiévale, nommée porte Dijonne, En l’honneur de Dijonne de Volpiano, le grand réformateur de l’abbaye Sainte-Bénigne au début du XI.me siècle. L’arc de triomphe c’est donc appelé porte Condé et on a repris le vieux vocable de porte Dijonne. La place Darcy est entourée de bâtiments haussmanniens, ce sont des immeubles de rapport, comme l’hôtel de luxe nommée la Cloche, elle se termine par un jardin, Il cache le premier réservoir d’eau potable de Dijon, c’est l’œuvre de Henri Darcy ingénieur hydraulique qui a fait venir l’eau potable d’une source voisine du val Suzon dans cet immense réserve. C’est grâce aussi à Henri Darcy que Dijon est devenue un nœud ferroviaire, cette place de Darcy fait le lien entre la vieille ville médiévale et la gare. Ce n’était pas évident que la ligne Paris-Lyon passe à Dijon, car il fallait lui faire faire un petit crochet. Henri Darcy convint bon nombre de députés, il argumenta les bienfaits de faire passer la ligne par Dijon, il fut entendu, et, la ligne construite en 1851 fit de Dijon une grande gare ferroviaire. Voici la présentation de Darcy :

Henry Philibert Gaspard Darcy (10 juin 1803 – 2 janvier 1858 (à 54ans)) est un hydraulicien français, ayant entre autres établi la loi de Darcy et l’équation de Darcy-Weisbach.
Ingénieur général des ponts et chaussées, il est à l’origine de l’adduction d’eau (dérivation et distribution de sources d’eau potable) et du passage du chemin de fer à Dijon, contribuant grandement au développement de la ville.
 Henry Darcy est né le 10 juin 1803 à Dijon.
 Après des études au collège royal de Dijon (aujourd’hui collège Marcelle-Pardé), il entre en 1821 à l’École polytechnique, puis en 1823 à l’École nationale des ponts et chaussées. Il est nommé en 1827 aspirant-ingénieur en Côte-d’Or.
 Il épouse en 1828 une Anglaise, Henriette Carey.
 Son nom est associé à l’histoire d’une des premières voies ferrées en France, le chemin de fer d’Épinac à Pont-d’Ouche, concédé en 1830.
 Il disparaît le 2 janvier 1858 à Paris.
 Le 5 mars 1834, il adresse à Étienne Hernoux, maire de Dijon de 1830 à 1837 un «rapport à Monsieur le Maire de Dijon sur les moyens de fournir l’eau nécessaire à cette ville». Son projet est de construire une conduite d’eau souterraine de 12km de long, depuis la source du Rosoir dans le Val Suzon jusqu’à Dijon. Les travaux débutent en 1839. Il est nommé ingénieur en chef du département de la Côte d’Or la même année. Les travaux sont achevés le 6 septembre 1840. Après 3 heures de parcours, 7000litres d’eau arrivent chaque minute dans le réservoir de la porte Guillaume (aujourd’hui jardin Darcy). Le 18 juillet, un jet d’eau de 9mètres de haut jaillit du bassin de la place Saint-Pierre (aujourd’hui place du Président-Wilson). Cet approvisionnement en eau contribua grandement au développement de Dijon et à la santé de ses habitants. En 1847, l’eau courante arrive à tous les étages des immeubles de Dijon, faisant de celle-ci la deuxième ville d’Europe la mieux desservie après Rome.
 Darcy contribue également à l’arrivée du chemin de fer à Dijon, avec l’appui du maire de Dijon, Victor Dumay. En 1844, il dessine le tracé du chemin de fer Paris-Lyon via Dijon. On lui doit la création du tunnel de Blaisy-Bas, à proximité de Dijon.
 En 1848, Darcy, jugé peu favorable au nouveau pouvoir, est muté d’office par le gouvernement provisoire à Bourges, au service du canal de Berry. Il n’y demeure que peu de temps car dès le 16 juin 1848, il est promu avec le titre d’ingénieur en chef-directeur à la tête du service des eaux et de la voirie de Paris. Au cours de son bref séjour à Bourges, il est amené à travailler au projet de canal de la Sauldre à travers la Sologne, réalisé à partir de l’été 1848.
 En 1850, il est nommé inspecteur général de deuxième classe, mais doit demander une mise en disponibilité à la fin de l’année pour raison de santé.
 En 1856, il publie son traité sur Les Fontaines publiques de la ville de Dijon, où apparaît la formule qui porte désormais son nom. Une unité de mesure en découle: un darcy correspond à la perméabilité d’un corps assimilé à un milieu continu et isotrope au travers duquel un fluide homogène de viscosité égale à celle de l’eau à 20°C (une centipoise) s’y déplace à la vitesse de 1cm/s sous l’influence d’un gradient de pression de 1 atm/cm.
 Il publie un autre traité en 1857, sur les Recherches expérimentales relatives au mouvement de l’eau dans les tuyaux.
 Peu après sa mort en 1858, son nom est donné par la ville de Dijon à la place du Château-d’eau, qui devient place Darcy. En 1880, un jardin qui porte son nom sera construit sur le premier réservoir d’eau potable de Dijon.

Dijon est une ville universitaire, elle compte 30000 étudiants, l’université de Dijon va s’associer à celle de Besançon pour que les 2 universités soient plus rayonnantes. 70% des emplois relève du secteur tertiaire, Dijon est la capitale de la région bourgogne, quant à Beaune c’est la capitale du bourgogne, Dijon a une industrie assez diversifiée. 
Après nous avoir dresser le tableau de Dijon sous tous ses angles, notre guide nous invite à la suivre. Au travers de rues piétonnes, nous déambulons dans l’ancienne ville. Nous voici sur la place Grangier, Grangier est une riche famille donatrice, elle a aidé à financer l’hôpital général de Dijon, ils ont donné également leur collection de tableaux au musée des beaux arts. Au XIX.me siècle, on les a honoré en donnant leur nom à cette place, l’immeuble principal en est la poste, c’est un bâtiment assez imposant, il est de style écliptique du XIX.me siècle. Il a pris place à l’emplacement de l’ancien château médiéval voulut par Louis XI. Il a donc été détruit à la fin du XIX.me siècle, bien qu’il fût protégé par les monuments historiques. La place est très proche de la ligne de tramway, elle passe à l’endroit des anciens remparts qui furent arasés à la fin du XIX.me siècle. C’est Louis Perrot qui va construire cette poste en 1909, elle jouxte un bâtiment d’art nouveau, il est en forme de pagode avec des motifs végétaux, l’art nouveau est apparu au début du XX.me siècle. C’est le même architecte qui a fait la poste et ce bâtiment futuriste, la poste est une commande, alors il a exécuté selon des critères énoncés par les pouvoirs publics dont des postes et des communications. 
Ensuite nous déambulons dans la rue des Forges, c’était la rue principale de Dijon au moyen âge. On n’y trouvait pas de forges, mais des couteliers, des joailliers et des épronniers, il y reste encore de belles maisons. Nous sommes devant une maison renaissance avec son chou bourguignon et sa dame à la serviette, cette maison a été réalisée pour Jean Maillard. La maison Maillard date de 1560, le propriétaire était alors maire de Dijon, Hugues Sambin aurait mis son grain de sel dans la décoration de la façade. La maison qui la touche est de style néo romane, à l’étage on aperçoit des fenêtres géminées avec des colonnettes, la maison date du XIII.me siècle, elle a été restaurée au début du XX.me siècle. C’est la maison Aubriot, ils ont travaillé pour les ducs de Bourgogne, on l’appelle aussi le voûte aux changes, c’est ici qu’on faisait le change de la monnaie. Une troisième maison est mis en évidence, elle est en pierre rose et ocre, elle a des fenêtres à meneaux, il n’en reste plus guère, les meneaux ont été détruits pour la plupart après le moyen âge. L’impôt sur le nombre de fenêtres a mis à mal les fenêtres à meneaux, car elle représentait chacune l’équivalence à l’impôt de 4 fenêtres. Cette maison est l’hôtel Morel sauvegrain, la famille a travaillé pour les ducs de Bourgogne, le membre le plus illustre fut Simone Sauvegrain. Elle a été la nourrice de Charles le Téméraire, qui était née à Dijon en 1433. 
Dans la rue des Forges, nous pénétrons dans la maison Chambellan, c’est le siège de l’office du tourisme, Elle possède une remarquable fenêtre à meneaux. Elle éclaire 2 étages, au niveau du toit, il y a 2 petits personnages. Ils tiennent les armoiries de Henri Chambellan qui fut anobli par le roi, car il fut maire de Dijon en 1490, ce qui fut le cas des maires suivants jusqu’à la révolution. Pour montrer sa noblesse récente, il fit même construire une tourelle en encorbellement sur la tour de l’escalier à vis. Nous accédons à sa cour intérieur, en empruntant un petit passage voûté sou l’immeuble qui donne sur la rue des Forges. La façade est ornée sur 2 étages d’une superbe galerie en chêne qui est en colombage. 
Ensuite, nous nous rendons sur la place François Rude, c’est lui qui a dessiné l’arc de triomphe qui se trouve place Darcy à Dijon. Voici la présentation de François Rude :

Rude (François) Dijon, 1784 – Paris, 1855 sculpteur français d’inspiration romantique: le Départ des volontaires de 1792, dit cour. La Marseillaise (1833-1835, pied-droit de l’arc de triomphe de l’étoile, à Paris), effigie funéraire de Godefroy Cavaignac (bronze, 1847, cimetière de Montmartre), statues de Gaspard Monge (bronze, 1847, Beaune) et du Maréchal Ney (bronze, 1852-1853, place de l’Observatoire à Paris).

Sur la place François Rude, une statue représente un barauzé (bas rosé) entrain de foulée le raisin. A l’époque fouler le raisin se faisait jambes nues, ce qui donnait des bas rosés aux fouleurs par le jus du raisin. En langue locale on dit bas reuzé, il est sur la place depuis 1904, la place fut aménagée par la convergence de 3 rues. L’architecture des bâtiments qui entourent la place est très composite, il reste une seule maison à colombage rouge, car au moyen âge on mettait du sang de bœuf sur les pièces en bois qui formaient la façade. Un vieux carrousel est installé sur la place, il fait référence à Gustave Eiffel qui est né à Dijon, il a été placé sur la place en 1900. 
Nous prenons la direction du palais des ducs de Bourgogne, dont voici la présentation :

Le palais des ducs et des états de Bourgogne à Dijon en Côte-d’Or est un ensemble architectural comprenant plusieurs parties imbriquées: la plus ancienne est le palais ducal des XIV.me siècle et XVE siècle, de style gothique, qui comprend encore un logis (bien visible depuis la place des Ducs), les cuisines ducales (cour de Bar) et deux tours: la tour de la terrasse, ou tour Philippe le Bon et la tour de Bar. La plus grande partie des bâtiments visibles aujourd’hui a cependant été bâtie aux XVIIE et surtout XVIIIE siècles, dans un style classique, avec le dessin de la place royale, aujourd’hui place de la Libération. Enfin, la façade du musée des Beaux-Arts, sur la place de la Sainte-Chapelle, a été élevée au XIX.me siècle à l’emplacement de la Sainte-Chapelle de Dijon détruite en 1802. Cet ensemble, dans un remarquable état de conservation, témoigne de presque un millénaire de vie politique à Dijon.
 Le Palais fut le siège des souverains de l’État bourguignon, les ducs de Bourgogne. Classé au titre des monuments historiques par la liste de 1862 et par arrêté de 1926, il abrite aujourd’hui la mairie de Dijon et le musée des Beaux-Arts de Dijon.
 Le duché de Bourgogne est fondé au Ix.me siècle vers 880 à partir du Royaume de Bourgogne, par les rois Carolingien Louis III de France et Carloman II de France et les membres princiers de leur famille qui se partagent l’Empire carolingien de Charlemagne dont ils ont hérité en réorganisant tous les royaumes Carolingiens de France en duchés et comtés féodaux vassaux du roi de France.
 Richard II de Bourgogne (dit Richard le Justicier) est nommé marquis puis premier duc de Bourgogne et un des six pairs laïcs primitifs de France par son suzerain le roi Louis III de France (voir liste des ducs de Bourgogne)
 L’actuel palais des ducs de Bourgogne ne fut jusqu’au IX.me siècle qu’un simple château ducal dont on ne sait presque rien, adossé aux murs du castrum du IIIE siècle (fort ou place forte gallo-romaine) au cœur de Dijon.
Le somptueux palais des ducs de Bourgogne est entièrement reconstruit à partir de 1365 et à partir du vieux château ducal avec la tour de Bar au cœur de Dijon, capitale du duché de Bourgogne et des Pays-Bas bourguignons, par le premier duc de Bourgogne de la Maison capétienne de Valois le prince et duc Philippe II de Bourgogne dit Philippe le Hardi, fils du roi Jean II de France et ses trois successeurs Jean sans Peur, Philippe le Bon: façade flamboyante, logis ducal de 1448 à 1455, grande salle des festins et cuisine ducale de 30 cuisiniers en 1433.
 Certains éléments principaux de l’hôtel des ducs de Bourgogne sont à mettre en valeur.
 La Tour de Bar (1365-1370)
 Philippe le Hardi, entreprit la rénovation du palais des ducs capétiens dès son arrivée à Dijon, et fit construire la Tour Neuve (1365) par Belin de Comblanchien. Cette tour résidentielle de trois étages est pourvue de vastes salles équipées de grandes cheminées. Le rez-de-chaussée aux clefs de voûte sculptées, servait de salle capitulaire pour la Sainte-Chapelle. Elle servit de prison au roi René d’Anjou, duc de Bar et de Lorraine. Le roi René fut fait prisonnier par Antoine de Toulongeon à la bataille de Bulgnéville, le 21 juillet 1431. Il fut retenu par Philippe le Bon jusqu’au 1er mai 1432. Ayant laissé ses deux jeunes fils comme otages à Dijon pendant son élargissement, il se reconstitua prisonnier en 1435, et, devenu duc d’Anjou, comte de Provence, roi de Naples et de Sicile, demeura jusqu’au 8 novembre 1436 au second étage de cette tour, qui prit ensuite le nom de Tour de Bar.
 L’aile orientale était constituée par la chapelle particulière des princes de Bourgogne, la Sainte-Chapelle, nommée ainsi lorsque Philippe le Bon y déposa en 1454, l’hostie miraculeuse représentant l’image ensanglantée du Christ, présent du pape Eugène IV. La façade de la chapelle fut décorée par l’atelier de Claus Sluter, qui réalisa un Saint Jean l’Évangéliste, en pierre d’Asnières, haut de 2m 60, un cadran et un écusson aux armes de la Bourgogne dont la peinture fut confiée à maître Arnoul Picornet. La Sainte-Chapelle de Dijon, devient par la décision de Philippe le Bon à Rethel en janvier 1432 le « lieu, chapitre et collège » de l’ordre de la Toison d’or. Il y organisa le chapitre de 1433 et fonda une messe solennelle et quotidienne dite par un chapitre de vingt-quatre chanoines, du même nombre que les chevaliers de l’Ordre. Cette messe ne cessa d’être célébrée jusqu’en 1789. À la mort de Charles le Téméraire en 1477, sa fille Marie de Bourgogne apporte l’Ordre à son époux Maximilien d’Autriche, et la Chapelle de l’Ordre est transférée au Palais du Coudenberg à Bruxelles. En 1794, l’ensemble du Trésor de l’Ordre est conservé dans la salle du Trésor, la Schatzkammer de Vienne. La Sainte-Chapelle fut détruite en 1802, pour construire le théâtre.
 La Salle des Gardes, grande salle de palais de Philippe le Bon (1450-1455)
 La grande salle du palais, dite salle des gardes depuis le XVIIIesiècle, se trouve au premier étage du logis ducal. Elle fait 18m de long, 9m de large et 9m de haut. C’était le cadre des grandes fêtes de la cour de Bourgogne. Elle possède une tribune pour les musiciens et une cheminée monumentale couverte d’une hotte verticale avec remplages flamboyants réalisés par Jean Dangers en 1504 après l’incendie qui a ravagé le palais en 1503. La salle a été reconstruite pour la visite du roi Henri II, en 1548 et communique avec la tour de bar et les appartements du premier étage.
 La Tour Philippe le Bon (1450-1455)
 Originellement appelée la tour de la terrasse, cette tour, haute de 46m, domine encore aujourd’hui, tout le centre ville de Dijon. Elle représente l’autorité ducale de Philippe le Bon, qui la fit construire vers 1460. Elle a la forme d’un trapèze légèrement courbe dans sa façade Nord. Ces derniers étages, ont des encorbellements et des fenêtres et sont aménagées en appartement. Le dernier étage en particulier est très soigné, avec une cheminée monumentale, et de belles fenêtres. L’escalier est richement décoré de motifs en branche de vigne, feuilles d’acanthe, escargots et des emblèmes du duc, le briquet et le silex. L’ensemble se termine par une colonne hélicoïdale ornée de très fines nervures, dans une voûte à ogives.
 Les Cuisines Ducales (1430-1435)
 Les cuisines ont été reconstruites par Philippe le Bon, en 1433. C’est une grande salle carrée de 12m de côté, dont les 3 faces sont d’ immenses cheminées double, portées par huit colonnes. Les fumées sont évacuées les murs en ogive donnant sur une clef de voûte à jour. Le quatrième mur est ouvert par de larges fenêtres. Elle était prolongée par un autre bâtiment regroupant les réserves, la paneterie, la pâtisserie et une cour avec un puits, toujours en place. Cette partie a été détruite en 1853, mais donne une idée de l’importance centrale des cuisines dans la volonté des ducs d’organiser d’immenses festins, et des fêtes majestueuses au palais.
 Les ducs de Bourgogne souverains de l’État bourguignon
Philippe II de Bourgogne dit «Philippe le Hardi» (1342-1404), fils du roi Jean II de France
Jean Ier de Bourgogne dit «Jean sans Peur» (1371-1419)
 Philippe III de Bourgogne dit «Philippe le Bon» (1396-1467)
 Charles de Valois-Bourgogne dit «Charles le Téméraire» (1433-1477)
 Le palais des états
À la suite de la mort de Charles le Téméraire, le Palais des ducs devint Logis du Roi, avec l’annexion de la partie française de l’État bourguignon au domaine royal par le roi Louis XI entérinée par le traité d’Arras, le 23 décembre 1482. Le palais servit de résidence aux gouverneurs de la province, et la plupart des rois de France y séjournèrent lors de leur passage en Bourgogne. Il reçut à partir de 1679 les états de Bourgogne.
 L’extérieur du palais
Le Palais est organisé autour de trois cours: la cour d’Honneur au centre qui s’ouvre sur la place de la Libération, puis respectivement à gauche et à droite des deux ailes la cour de Flore (1773-1780) et la cour de Bar (1365-1370).
 L’intérieur du palais
La Chapelle des Élus
L’aile sur la rue Condé, Daniel Gittard puis Jules Hardouin-Mansart (1682-1689)
 La salle des états, Daniel Gittard puis Jules Hardouin-Mansart (1682-1689), Deshérault et Havard (1894-1896)
 L’escalier Gabriel, Jacques Gabriel (1731-1738)
 Salle de Flore
La salle des états (1682-1689) puis (1894-1896)
 Au XVIIE siècle et XVIIIE siècle, l’hôtel des ducs et le palais des états font l’objet d’une importante restructuration classique tout en conservant les bases gothique d’origine par le premier architecte de Louis XIV, Jules Hardouin-Mansart. Il intervient à Dijon à partir de 1685 et restructure le palais, devant lequel il crée une place Royale comportant un hémicycle d’arcades qui servait d’écrin à la statue de Louis XIV installée en 1725 et détruite à la Révolution française.
 À la fin du XIXE siècle, Henri-Léopold Lévy peint une grande toile, Étude pour les gloires de la Bourgogne qui orne un panneau de la salle des états.
 La salle de Flore (1786)
 Initialement, il s’agissait de la salle des festins au palais des états, succédant ainsi à l’actuelle ‘salle des tombeaux’. Cette salle, dont le décor évoque les batailles des Princes de Condé, servait alors de salle des fêtes. Elle accueille ensuite l’école des beaux-arts qui s’installera plus tard en 1784 dans l’aile gauche du palais des ducs. Elle est proclamée salle de Flore depuis 1786. La mairie y emménage en 1831, la salle de Flore appartient donc aujourd’hui à l’hôtel de ville. Située dans la partie Ouest du palais, elle donne sur la cour de Flore et sert de salle de conseil, de salle de concert ou de réception et à bien d’autres événements.
 L’escalier Gabriel (1731-1738)
 En 1730, les états décident de faire construire un grand escalier pour une entrée cérémonielle dans leur salle et dans un même temps un lieu d’archivage. Celui-ci fut réalisé par le premier architecte du Roi, Jacques Gabriel (1667-1742), en 1737. Sa structure comprend deux volées de larges marches encadrées par des galeries qui sont en fait, les salles des archives de la ville. Les rampes portent la devise de Louis XIV: Nec pluribus impar
Chapelle des Élus (1738-1743)
 La chapelle fut construite dans le style Rocaille entre 1738 et 1739 sous le règne de Louis XV. Il s’agit de l’œuvre de Jacques Gabriel, l’architecte du roi, qui modifia la chapelle initiale conçue par Pierre le Mousseux. Elle fut achevée en 1943.
 La place royale
Il y avait là, jusqu’en 1681, une simple placette, la place saint-Christophe, d’où convergeaient de petites ruelles. Les bâtiments furent démolis entre 1686 et 1692, et à leur emplacement l’architecte Jules Hardouin-Mansart secondé par de Noinville conçoit l’hémicycle de la place royale en 1685. La place avait été entreprise comme un écrin architectural, pour mettre en valeur une statue équestre en bronze de Louis XIV. La statue fut commandée par les états, le 18 mai 1686 au sculpteur parisien Étienne Le Hongre, sculpteur ordinaire des bâtiments du Roi. Il devait faire en cinq ans « une figure du roi en métal…mise sur un cheval, le tout suivant le dessin qui en sera donné par Monsieur Mansart » et moyennant la somme de 90000 livres. La statue du roi et le cheval furent terminés dans les temps voulus. Après de longues péripéties la statue fut inaugurée le 15 avril 1725.
 Le décret voté par l’Assemblée Constituante, le 9 décembre 1789, divise la France en 83 départements. La province de Bourgogne fut supprimée le 4 mars 1790 et son territoire réparti entre les quatre départements de la Côte-d’Or, de Saône-et-Loire, de l’Ain et de l’Yonne. Le décret du 10 juillet 1790 supprima les États. Le palais est rebaptisé par les révolutionnaires Maison nationale et abrite le tribunal et les administrations du département de la Côte d’Or. La statue équestre de Louis XIV est brisée le 15 août 1792 et le bronze envoyé à la fonderie de canons du Creusot, et la place royale est rebaptisée place d’Armes. Sous le Premier Empire, le palais est partagé entre la sixième cohorte de la Légion d’honneur, la sénatorerie de Dijon, et le Tribunal d’Appel.
 Le télégraphe Chappe est installé dans la tour Philippe le Bon qui devient la station no36 de la ligne Paris-Lyon puis Dijon-Besançon. On perce une lucarne au sixième étage pour installer les mécanismes d’un « télégraphe à cadran », comme une horloge plaquée sur le mur repeint en blanc, de 1835 à 1852. Les directeurs du télégraphe sont des notables logés au second étage de l’hôtel de ville.
 En 1809, la partie du palais affectée à la sixième cohorte est cédée à la ville de Dijon, par décret impérial, qui acquit le reste des bâtiments en 1831 pour y installer la mairie.
 François Devosge (1732-1811) entreprend en 1765, la création d’une école gratuite et publique de dessin à Dijon. Projet qui occupera le reste de sa vie. L’école fut dès son origine accessible à tous les milieux, ce qui en fit son originalité et son succès. Devosge annonce l’ouverture officielle de l’école dans un avis public du 24 mars 1767, précisant que « les élèves de tout âge y recevroient des leçons sur les différentes parties de dessin, tant pour la figure que pour l’ornement. » L’ouverture d’un musée réservé aux élèves en 1787, puis au public après la Révolution, le 7 août 1799.
 Le musée de Dijon est né de l’École de dessin, et donc du culte des beaux-arts.
 Les Tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur
Installation des deux tombeaux dans la Salle des Gardes, en 1827, et ouverture de la salle consacrée au Moyen Âge, le musée s’inscrit alors dans l’histoire et l’identité de la Bourgogne, pour souligner le statut de capitale régionale pour Dijon.
 Le palais aujourd’hui
Rénovation de juin 2008 à 2012, chantier de transformation et d’agrandissement du Musée à l’intérieur du Palais. Avec près de 150000 visiteurs par an, et près de 5000m2 en accès libre, le palais s’ouvre au grand public, avec des nouveaux espaces muséographiques, et des aménagements contemporains.
 Le palais accueille aujourd’hui:
 La Mairie de Dijon
Le Musée des Beaux-Arts de Dijon
L’école des Beaux-Arts
Les Archives municipales
L’Office du tourisme
Événements marquants dans l’histoire du Palais
Réception du roi Charles VI, au Palais par Philippe le Hardi, du 13 au 17 février 1390.
 Départ de Dijon de la dernière croisade, commandée par le fils ainé du duc Jean de Nevers pour délivrer Constantinople, le 30 avril 1396
Incendie de 1417
Incendie du 17 février 1503
Annexion du duché de Bourgogne par Louis XI à la mort de Charles le téméraire par le traité d’Arras en 1482
Siège de Dijon, défendue par le gouverneur Louis de La Trémoïlle contre les armées suisse, allemandes et francs-comtoise, du 8 au 13 septembre 1513
Cérémonie pour l’inauguration de la salle des États le 23 juin 1700
Œuvres d’art

Le soleil amplifie la beauté de la façade gothique, elle est ouverte de grandes fenêtres à meneau, ce qui donnent de la clarté à la grande salle des banquets des ducs Valois. Le palais a été construit au milieu du XV.me siècle par le duc Philippe le Bon. Nous apercevons la tour de la terrasse, elle culmine à 45 mètres de haut, elle possède un escalier à vis de 316 marches qui permet d’atteindre la terrasse depuis laquelle on peut admirer Le Dijon médiéval et bien au-delà. Dans le square, on a déplacé la statue de Philippe le Bon, le troisième duc Valois, il est vêtu à la flamande avec une longue robe jusqu’aux pieds, il est coiffé d’un chapeau, il pose sa main sur la poitrine sur un collier. C’est le collier de l’ordre de chevalerie de la toison d’or, cet ordre a été créé à Bruges, en janvier 1430, lors du troisième mariage de Philippe le Bon avec Isabelle de Flandres. Le siège de l’ordre se trouvait à Dijon, cet ordre de chevalerie dure toujours, puisque l’on voit quelquefois le roi des belges ou le roi d’Espagne avec le collier de la toison d’or. Philippe le Bon à l’air tristounet, il était toujours vêtu de noir, car il portait le deuil de son père. Il avait été assassiné sur le pont de Montereau-sur-Yonne, en 1419, par le futur roi de France. C’était une sombre histoire de pouvoir à Paris, Philippe le Bon était un être joyeux, il aimait les banquets, les femmes, les fêtes, il eut beaucoup de maîtresses et d’enfants illégitimes, environ 26. Il les a éduqués à la cour de Bourgogne avec son seul fils légitime, Charles le Téméraire. Le plus célèbres de ses enfants illégitimes fut Antoine de Bourgogne, il l’avait eu avec une noble dame de la région, Jeanne de Presle, il a été un prince important, Il fut chevalier de la toison d’or, ce fut un mécène, il avait comme titre Antoine grand bâtard. Nous pénétrons dans le palais des ducs et des états de Bourgogne, il y a des bâtiments qui datent de Louis XVI et Louis XVIII, comme la tour de Barre, les cuisines, avec ses 6 foyers et son immense cheminée. Le palais de Philippe le Bon est L’agrandissement de l’ensemble a permis de créer des cours, comme celle d’honneur qui est entourée par 2 cours fermées. Les bâtiments médiévaux sont intégrés dans les bâtiments classiques, l’ensemble est très harmonieux, aujourd’hui le palais des ducs et des états de Bourgogne est occupé par la mairie et le musée des beaux arts. L’assemblée des états de Bourgogne était composée de députés qui provenaient des 3 ordres clergé, noblesse et tiers état, ceci avant la révolution française, l’assemblée était présidée par le gouverneur de Bourgogne. Il était au XVII.me siècle et au XVIII.me un prince de Condé, les Condé étaient cousins du roi de France. Dans le hall d’entrée il y a une représentation d’une femme, elle porte un bustier en fleurs, lequel repose sur de la mousse, quant à la robe elle est en osier. Nous sommes sur la place de la libération, elle fait face au palais des ducs et des états de Bourgogne, elle a été réhabilitée il y a 25 ans. Le bâtiment des états de Bourgogne a été redessiné sous Louis XIV, les architectes en furent Daniel Gitard et Gilles hardouin Mansart. Mansard voulait détruire la tour Terrasse, mais Louis XIV a refusé. A l’origine pour mener à la salle des états qui se trouvait au premier étage, il y avait un escalier à doubles volées, il se trouvait sous les colonnes du portique. Il fut détruit pour laisser la place à une voie de desserte intérieure au palais, il fut remplacé par un escalier de style rocaille. Le style rocaille a sévi sous Louis XV, nous sommes en face du nouvel escalier, il a été conçu au XVIII.me siècle par Gabriel architecte ingénieur de Louis XV. Le style rocaille est caractérisé par les murs arrondis, ainsi que les fenêtres, ce qui est très novateur à Dijon, c’est le décor sculpté. La décoration entre les fenêtres illustre les bienfaits de l’administration des états de Bourgogne, en fait ils se jettent des fleurs. On appelle la cour, la cour de flore, il y a un médaillon de la déesse Cora à l’extérieur, nous avons des cornes d’abondance au dessus du passage, le message est simple, les états de Bourgogne amène prospérité et abondance à la Bourgogne. C’est un escalier de cérémonie il est très large, il est insérer entre 2 plates formes. Sur lesquelles prenaient place des privilégiées, qui pouvaient assister à la scène du balai officiel des élus lors des assemblées des états de Bourgogne. Les plates formes ont un côté utilitaire, elles protègent 2 portes qui mènent à des salles d’archives. L’escalier est doté d’une superbe rambarde en fer forgé, certaines parties sont dorées à l’or fin, on y voit les armes des Condé et celles de Bourgogne. Peu avant l’escalier, il y a une grande porte, elle a été réalisée au XIX.me siècle, elle a remplacé une grille qui bouchait un tiers de l’arcade, elle était en fer forgé doré à l’or fin. 
Puis après la découverte du palais ducal, nous abordons la place du marché, ce marché couvert a été construit en 1873, à la place de l’église des jacobins. Elle avait été dé consacrée à la révolution, elle avait trouvé un nouveau usage, elle était devenu le marché du nord. Devenue trop petite, on l’a détruite, pour construire des halles qui couvrent 4400 mètres carrés. Le plan est très simple, 4 rues en forme de croix au milieu de 4 pavillons. La structure est métallique, elle rappelle que Gustave Eiffel est natif de Dijon. Il est né en 1832, ses parents étaient d’origine allemande, ils avaient un nom composite de 3 noms, ils n’en gardèrent qu’un, le dernier Eiffel qui avait une certaine consonance française. En Allemagne, il y a les monts Eiffel, les grands parents de Gustave Eiffel étaient venus en France au XVIII.me siècle, c’était une famille de tapissier qui ont d’abord travaillé à Paris. Une branche de la famille s’est établie à Dijon au début du XIX.me siècle, la mère de Gustave Eiffel tenait une brasserie et un commerce de charbon, c’est un arrêté du tribunal de Dijon qui les autorise à s’appeler Eiffel, en souvenir de leur contrée d’origine. Dijon n’honore pas trop son grand homme, on a détruit sa maison natale, un pont, il y a certes un boulevard Eiffel qui est à l’extérieur de la ville et un lycée qui porte son nom. 
Nous parcourons la rue verrerie, c’est la dernière rue médiévale de Dijon. La rue est longue d’une centaine de mètres, elle est bordée de maisons à colombage. Elles sont en bon état, après le moyen âge, on a demandé aux propriétaires de refaire leurs façades en pierre. Certains avaient les moyens, d’autres pas, ils ont donc simplement recouvert les façades d’enduit. L’enduit a été enlevé sur la plupart des maisons au début du XX.me siècle, par contre une maison à colombage un peu marron clair a rendu sa façade d’origine qu’en 2005. Elles ont été protégées par cet enduit au cours des siècles, elles sont en encorbellement, c’est-à-dire en légère saillie par rapport au rez-de-chaussée, car on payait un impôt sur la surface au sol, le rez-de-chaussée était réservé aux commerces, l’étage servait d’habitation. Au centre de la rue est creusé une petite rigole, dans laquelle on jetait tous les détritus et les eaux usées, on la nettoyait que lorsqu’il y avait la venue du duc de Bourgogne ou pour une fête religieuse. Il a fallu attendre 1445, pour que le duc Philippe le Bon obligea acheter des tombereaux afin d’amener les ordures à l’extérieur de la ville, et, force les habitants à nettoyer devant leur façade une fois par semaine. Les maisons de la rue de la verrerie sont du XV.me et du XVI.me siècle, elles sont un peu tardives de l’époque médiévale. Nous sommes devant la maison qui était l’hôtellerie de la Croix de Fer, nous apercevons la maison d’un potier d’étain, qui devait être riche, car la maison est conséquente. C’est dans cette dernière, où aujourd’hui on vend le meilleur pain d’épice de Dijon, qui avec la moutarde et la crème de cassis est une des spécialités de Dijon. Au moyen âge la ville comptait 13000 habitants, aujourd’hui Dijon intra muros compte 153000 habitants, le grand Dijon compte 22 communes et 250000 habitants. 
Nous prenons la direction de notre dame, c’est une église gothique, elle a été construite assez rapidement entre 1230 et 1250. Elle a pris place sur l’enceinte d’une ancienne église romane, elle s’appelait notre dame du marché. La place était limitée, car beaucoup d’habitations y étaient proches, il a fallu beaucoup d’habilité à l’architecte, il va inventer une double façade. Elle est très solide, elle traverse les siècles allègrement. La façade est décorée de 2 fines rangées de colonnettes, d’arcs en tir point de 3 rangées de fausses gargouilles, elles ne recrachent pas l’eau de pluie, elles ne sont là que pour le décor. Elles ont été réalisées et replacées à la fin du XIX.me siècle, par un dénommé Lavout en 1881, car les gargouilles d’origine ont été détruites dès le XIII.me siècle. Une légende dit, qu’un usurier venant prononcer ses vœux de mariage, ce qui était de coutume au moyen âge, sous le porche pour une bénédiction en français, puis on rentrait dans l’église pour une messe en latin. L’usurier aurait reçu une gargouille sur la tête, elles étaient censées représentées les vices et vertus humaines, bien sûr la gargouille incriminée était celle de l’usure. Certes, c’est une légende, mais on a bien dû les déposer pour un fait, qui n’a pas été relaté. Sur des gravures du XVIII.me siècle qui représente l’église notre dame, elle est dépourvue de gargouilles. La statuaire au-dessus des portails a disparu, il ne reste plus que des traces sur les tympans sur les archivoltes. Elle représentait la vie de la vierge et la passion du Christ, là on sait ce qui s’est passé. C’est un pharmacien de l’époque, un apothicaire qui venait tous les jours, au XVIII.me siècle à l’époque de la révolution, avec un marteau et une échelle. Il a détruit toute la statuaire, il disait que c’était le témoignage de l’obscurantisme médiéval. L’église est pourvue d’une horloge dite le jaquemart, c’est un trophée de guerre, il nous vient de Flandres. Philippe le hardi avait épousé Marguerite de Flandres, il y avait eu une rébellion communale en Flandres, le duc y était allé avec le roi de France et son armée, c’est la bataille de Rosebay en 1382. Pour punir les flamands le duc va prendre le jaquemart, il était installé sur le beffroi de la ville de Coutray. Elle l’a réclamé au chanoine Kir, alors maire de Dijon, il a refusé de le rendre, estimant qu’il était émigré depuis très longtemps, il est bien intégré donc on ne peut pas le redonner. En plus il a fondé une famille, jaquemart est marié avec Jacqueline sa femme qui lui fait face, ils ont 2 enfants Jacquinet et Jacquelinette. Les enfants sonnent les quarts d’heure, quant aux parents, ils frappent chacun leur tour avec un marteau toutes les heures sur la cloche Marguerite, le nom de la duchesse de Bourgogne. Nous contournons notre dame, nous rejoignons la rue de la Chouette, où sur un des murs d’une des chapelles de l’église qui date du XV.me siècle se trouve une chouette sculptée. La tradition dit, elle est récente, elle date de la fin du XIX.me siècle. Elle dit qu’il faut caresser la chouette de la main gauche, la main la plus près du cœur, faire un vœu et elle se fera un bonheur de le réaliser. Ce que je n’ai pas oublié de faire, sur la place Darcy, j’ai échappé mon appareil photo, il est tombé sur les pavés. Il ne voulait plus rien savoir, pour moi il avait rendu l’âme, alors j’ai caressé la Chouette, et miracle, l’invention de Nicéphore Niepce s’est remis à fonctionner. Je peux donc attester, du pouvoir réparateur de la chouette…..En juin 2001, elle a reçu un coup de marteau, certainement dû à un vœu qui n’a pas été exaucé. Que signifie cette chouette, peut-être la signature d’un architecte, ou peut-être le symbole de la connaissance de la sagesse. La Chouette était l’oiseau fétiche de la déesse Athéna, on dit que dans la paroisse des étudiants venaient la caresser pour réussir à leur examen. On dit beaucoup de chose sur elle, mais c’est peut-être simplement l’enseigne d’une boutique, car le clergé louait les contreforts de l’église, afin que des commerçants y installent leurs échoppes. Pour la petite histoire, en fait la chouette ressemble plutôt à un hibou. Nous faisons un arrêt devant une maison à colombage, c’est la maison millère, elle a été bâtie en 1483 pour Guillaume Millère. Elle fut restaurée dans les années 1920, on a changé le torchis par des briquettes. Les maisons à colombage ont les murs soutenus par des poutres en bois, lesquelles sont remplies de torchis. Lors de la restauration, on a changé les ouvertures, ce qui est encore d’époque c’est la poutre maîtresse (sablière) qui soutient la maison en encorbellement. A l’extrémité de la façade, on aperçoit un lion qui tient un écusson, il porte les 2 initiales des prénoms des premiers propriétaires. Guillaume et Guillemette, les initiales sont entrelacées par la cordelière héraldique des veufs, car Guillemette Durand a été veuve assez jeune. Les ouvertures sont en anse de panier, elles sont de forme ronde, au moyen âge il n’y avait pas de fenêtre, mais uniquement des volets. Un volet que l’on relevait et l’autre que l’on rabattait sur lequel on disposait la marchandise. L’expression trier sur le volet, elle provient de cette période où le commerce avait lieu en lisière de maison, on ne rentrait pas dans l’échoppe. Quels exceptions pourtant les apothicaires, les joailliers et les marchands de vin. La maison Millère se trouve à côté d’un hôtel particulier prestigieux, l’hôtel de Voguë. Nous traversons une placette ensoleillée pour admirer l’hôtel de Voguë, il est doté de tuiles vernissées, elles sont très colorées, c’était la mode au moyen âge, au XIII.me siècle dans l’île de France et au XIV.me en Bourgogne. Sous la gouvernance des ducs Valois, il y avait une hiérarchie dans les toits, les plus prestigieux étaient en ardoise, il fallait la faire venir d’autres régions, les Ardennes, car la Bourgogne n’en possède pas. Ensuite c’était les tuiles vernissées, elles sont fabriquées en Bourgogne, cuites 2 fois, une pour la tuile et une seconde pour la couleur. Les tuiles forment sur les toits des losanges, des carrés ou d’autres dessins géométriques, par temps ensoleillé c’est magnifique. La tuile vernissée ne dure que 80 ou 100 ans, ensuite la couleur va s’affadir. Cet hôtel de Voguë a été construit pour Etienne Gouyet, il était conseiller au parlement de justice. Après la mort des ducs, le roi de France a transféré le parlement de justice de Beaune à Dijon, car les beaunois s’étaient rebellés contre sa prise de pouvoir et son autorité. Les riches bourgeois dijonnais en ont profité, ils avaient travaillé pour les ducs de Bourgogne, ils ont racheté des offices et des charges au parlement de justice. L’hôtel voguë date de 1614, il est de style classique, un bâtiment en fond de cour avec 2 ailes en retour et une cour, sans oublier le jardin derrière le bâtiment du fond. Aujourd’hui il est propriété de la mairie, il héberge le service des ressources humaines. L’ornementation que l’on peut voir sur les bossages du portail, sur les frontons et sur les fenêtres c’est une ornementation renaissance. Le portail est orné d’un chou bourguignon, d’une femme avec un drapé autour du cou que l’on appelle un masque à la serviette, on y découvre aussi des guirlandes de fruits et de fleurs, on y voit aussi des trophées d’arme, des cartouches, des flèches tout ça c’est le vocabulaire de la renaissance bourguignonne. Nous entrons dans la cour de l’hôtel Voguë, nous découvrons la renaissance italienne, Etienne Gouyet comme tous les hommes cultivés de l’époque, il fait un voyage en Italie. Il prend des notes, dessine des croquis pour se faire construire un portique de style renaissance italienne uniquement pour ses yeux. Le portique comprend 3 arcades, il a des colonnes de style corinthien, il est en pierre rose de Dijon et en pierre blanche de ses environs. Il y a un joli motif de lierre, il est l’œuvre du huchier graylois Hugues Sambin qui a construit le clocher de Dole. 
C’est après près de 3 heures de visite que nous nous dirigeons vers la maison Millères, dans laquelle est implanté un restaurant où nous allons déjeuner.

C’est sous un bon soleil, que nous quittons le restaurant, les trottoirs de la ville médiévale sont garnis de badauds, ils attendent le défilé, qui est organisé pour la fête locale de Dijon, nous nous faufilons dans la foule, pour rejoindre la cathédrale Saint-Bénigne qui se trouve près de la place Darcy. Voici la présentation de la cathédrale Saint-Benigne :

La cathédrale Saint-Bénigne de Dijon est une église orientée de style gothique du XIII.me siècle de Dijon en Côte-d’Or en Bourgogne, dédiée à saint Bénigne de Dijon (martyr chrétien du II.me siècle). Abbatiale de l’abbaye Saint-Bénigne de Dijon (VI.me siècle) devenue tardivement cathédrale à la création de l’évêché de Dijon en 1731, elle est classée aux monuments historiques depuis 1862 et la crypte est classée aux monuments historiques depuis 1846. Il s’agit de l’édifice le plus grand de Dijon avec une hauteur de 93mètres.
 En 511 sous le règne du roi mérovingien Clovis Ier, l’évêque saint Grégoire de Langres fait construire la crypte pour y déposer le sarcophage de saint Bénigne de Dijon (martyr chrétien du II.me siècle). Une basilique consacrée à Saint Bénigne en 535, est construite sur la crypte.
 En 871, l’évêque de Langres Isaac fonde l’abbaye Saint-Bénigne de Dijon régie par la règle de saint Benoît avec pour abbatiale l’église Saint-Bénigne de Dijon.
 Entre 1280 et 1393 l’église Saint-Bénigne de Dijon est construite en style gothique sur la précédente basilique effondrée (voir abbaye Saint-Bénigne de Dijon) avec pour crypte l’étage inférieur de la rotonde, détruite en 1792.
 Le 31 juillet 1479, l’église est témoin du roi Louis XI de France qui confirme sa protection royale pour la ville de Dijon.
 Le 23 décembre 1951, le vicaire de la cathédrale Saint Bénigne, Jacques Nourissat, en accord avec l’évêque, fait brûler l’effigie du Père Noël sur le parvis de la cathédrale pour protester contre la dérive commerciale et païenne de la fête religieuse. L’événement fait alors grand bruitdans la ville et dans la presse nationale. En mars 1952 Claude Lévi-Strauss le commente dans texte intitulé Le Père Noël supplicié qui paraît dans la revue Les Temps modernes.
 La chapelle Sainte-Marie est une trace encore visible de la campagne de restauration menée par l’évêque de Langres Isaac en 871. La chapelle terminale de l’église souterraine est signalée dès 938. Elle possède une salle presque carrée (4,70m x 4,25m x 3,70m de haut) voûtée en plein cintre. Trois baies juxtaposées sont ouvertes dans l’axe de la pièce; les baies actuelles ont été restaurées en 1890. La chapelle est sans décoration. Sur la paroi nord, des pierres anciennes avec entrelacs carolingiens ont été enchâssées au XIX.me siècle, tout comme la dalle tombale dans le mur sud, il s’agit de la dalle du moine Turpericus, de l’époque mérovingienne. La basilique restaurée par Isaac est totalement rasée en l’an 1000.
 L’évêque de Langres Brunon de Roucy établit en 989 l’Ordre de Cluny à l’abbaye Saint-Bénigne. À sa demande, Mayeul, Abbé de Cluny, y détache des «moines d’élite». Douze moines arrivent à Dijon le 24 novembre 989. En 990, Guillaume de Volpiano, abbé de Cluny, est nommé abbé. Les bâtiments menacent de tomber en ruine. Le 14 février 1002, la première pierre des nouveaux bâtiments est posée. Guillaume dirige lui-même les ouvriers venus d’Italie. Il s’agit de construire trois sanctuaires, sur l’emplacement des constructions du IX.me siècle, composés d’une église souterraine, de l’abri du tombeau de saint Bénigne, d’une église au niveau du sol pour le culte, d’une rotonde au chevet des deux églises de trois étages. Ces trois constructions couvraient une longueur de cent mètres et une largeur de vingt-cinq mètres. L’étage inférieur de la rotonde (la crypte de la cathédrale) est le seul vestige actuel de cet ensemble. La consécration a lieu le 30 octobre 1016. La rotonde à l’est le sera le 13 mai 1018
L’ancien portail de l’église abbatiale fut réalisé entre 1137 et 1147, après l’incendie qui ravagea la ville de Dijon le 28 juin 1137. Il disparut lors du réaménagement de l’église devenue cathédrale en 1813 dont seuls les piedroits furent conservés et en partie refaits.
 Nous en avons connaissance du portail d’origine par une gravure du XVIII.me siècle de Dom Urbain Plancher, moine bénédictin. Au XIV.me siècle, lors de la reconstrution, ce portail roman est mis en place à la porte occidentale de la nouvelle église gothique. Au tympan, on retrouve le Christ en majesté et la représentation allégorique de l’Église et de la Synagogue. On y trouve également les thèmes de la Nativité, l’Annonce aux bergers, les rois mages à cheval. Le tympan est encadré de quatre voussures sur lesquelles se trouvent les anges, Hérodote et le massacre des Innocents, les vieillards de l’Apocalypse, ainsi que des rinceaux de feuillages avec des oiseaux et des sphinx. Sur le trumeau un sculpture de saint Bénigne. Sur les huit piédroits des statues colonnes de 2mètres de haut, représentant de gauche à droite: Salomon, Aaron, saint Paul, Ezéchias, David, saint Pierre, Moïse, et la reine de Saba.
 De ce portail, il ne reste plus aujourd’hui que cinq morceaux: la tête de saint Bénigne qui provient de la statue du trumeau, la tête de saint Pierre, deux violes qui faisaient partie d’un voussure, ainsi qu’un morceau de l’archivolte.
 La nef fit l’objet de plusieurs sondages archéologiques entre 1976 et 1978 sous l’autorité de Carolyn Malone On a retrouvé dans la nef 7sépultures dont deux bourgeois, un abbé, et quatre moines. Sous la nef actuelle, se trouve l’église inférieure ou crypte desservie par un escalier qui fut dégagé lors des sondages du XX.me siècle
Construit de 1740 à 1745 par Charles-Joseph Riepp et son frère Robert, originaires d’Ottobeuren en Souabe, l’orgue de l’abbaye bénédictine Saint-Bénigne était le plus important alors réalisé en province, avec son jeu de montre de 32 pieds au clavier de Grand Orgue. Charles-Joseph Riepp construisait dans le style français; on lui doit aussi l’orgue de Dole et les orgues de l’abbaye d’Ottobeuren où il a réalisé plus tard une synthèse des styles français et allemand. En 1787, Jean Richard, de Troyes, reconstruisit l’instrument: l’étendue des claviers passe de 51 à 54 notes, les sommiers sont changés, le plein-jeu est augmenté de deux rangs et le chœur d’anches est refait à neuf.
 Après les restaurations de 1846-1848 par Daublaine Callinet et celles de 1860 par Joseph Merklin, l’orgue a conservé la majeure partie de son matériel sonore, bien que les jeux de tierces aient disparu au profit de jeux de fonds et que le 32 pieds ait été transféré à la pédale. Ce n’est qu’en 1953 qu’une grande restauration, effectuée sous le contrôle de la commission des orgues historiques (Félix Raugel) par les établissements Roethinger, transforme l’instrument en l’équipant d’une transmission électropneumatique. Il est recomposé sur trois claviers et pédalier, et réharmonisé dans le style néoclassique par Robert Boisseau.
 La restauration effectuée de 1987 à 1996 par Gerhard Schmid a regroupé dans les buffets anciens l’orgue tel qu’il était composé à la fin du XVIIIesiècle avec en plus un plan de récit expressif, situé derrière le grand buffet, et qui regroupe les jeux du XIX.me siècle et ceux de Roethinger. L’instrument qui a retrouvé son 32 pieds manuel comporte cinq claviers et compte 73 jeux. La transmission est mécanique pour les notes et le tirage des jeux qui est doublé par un tirage de jeux électrique est associé à un combinateur.

Nous sommes accueilli devant la cathédrale par notre guide, il commence son explication sur le parvis de l’édifice. Nous sommes devant une cathédrale tardive, c’était l’église d’une abbaye. Qui est devenue cathédrale en 1804 sous Napoléon premier, car l’église du monastère était la plus importante de Dijon. Auparavant le diocèse se trouvait à Langres, En 1731, lors de la création du diocèse de Dijon, une église fut consacrée cathédrale, elle fut rasée pendant la révolution, et on consacra donc Saint-Bénigne en cathédrale sous le concordat. L’intérieur de la cathédrale est très sobre, elle ne possède aucun chef-d’œuvre, seule sa crypte de l’an 1000 est intéressante. Nous sommes devant la façade, nous pouvons découvrir une gloria. C’est sous cette galerie aux rameaux, 10 jours avant Pâques, le père abbé, chantait le gloria avec les habitants de Dijon. C’est le seul moment de l’année, où la population de Dijon pouvait être en relation avec les moines de l’abbaye. Sur la place où nous trouvons, se situent plusieurs immeubles, le sellier, qui est aujourd’hui un restaurant, le bas contenait les tonneaux de vin, et le haut où a pris place le restaurant était avant installé le farinier du monastère. Nous distinguons aussi, le logement du père abbé, avec son toit pointu. Saint-Bénigne, serait le Saint qui a évangélisé la Bourgogne, Au IV.me siècle. On n’a aucun texte sur l’existence de Saint-Bénigne, c’est pour cela que l’on utilise le conditionnel. Tout repose sur la parole, il serait enterré ici, et au-dessus de son tombeau, il y aurait eu des miracles. L’évêque de Langres de l’époque, ne croyait pas à tout cela, il refusait qu’un culte soit rendu à Saint-Bénigne. Mais un jour, un songe est apparu à l’évêque, Saint-Bénigne lui serait apparu, il fut obligé d’admettre l’existence de Saint-Bénigne, il fit donc ériger un oratoire au-dessus du tombeau de Saint-Bénigne. Les fidèles sont devenus de plus en plus nombreux, on a donc édifié une église de plus en plus grande, celle que nous avons devant nous est la cinquième dédié à Saint-Bénigne. Construite sur ce lieu. Ce Saint dont nous ne savons rien sur son existence, aurait été martyrisé de 7 façons différentes. Une barre de métal dans la tête, 2 lances dans le corps, on lui aurait mis des réglettes sous les ongles des doigts, comme le supplice chinois. On lui aurait aussi fondu les pieds dans du plomb en fusion, on l’aurait fait mordre par des chiens enragés et d’autres encore. Tout cela, pour dire que 7 supplices pour un seul homme, résulte de tradition orale, au fil du temps, l’histoire ce serait modifiée ou amplifiée. En fait, les 7 supplices de Saint-Bénigne ont été subis par des martyrs différents, qu’on aurait accolés à notre brave Saint-Bénigne. Nous sommes sous le porche roman de la quatrième église dédié à Saint-Bénigne, on y aperçoit des colonnes torses, l’église s’est écroulée, il ne subsiste plus que le porche, qui est intégrée à la cinquième église dont nous allons découvrir. La quatrième église se trouve, donc, en partie sous l’église actuelle. En 1990, des fouilles ont permis de certifié cette hypothèse, mais pour garantir la qualité sonore de l’orgue, on a supprimé l’accès à l’église ancienne, qui aurait été préjudiciable au concert donné dans l’église gothique actuelle. Sur la porte, nous remarquons 2 sculptures, Saint-Bénigne et Saint-Étienne, qui est le premier Saint, chez les chrétiens. Il a été lapidé, il est donc présenté avec des pierres à ses pieds. Puis on pénètre dans la cathédrale, Nous sommes devant le baptistère, c’est une cuve en pierre, au-dessus, nous découvrons un robinet en bronze tenu par un ange, l’ange est au bout d’une potence. Près du baptistère, contre le mur, une plaque nous indique, que sous nos pieds il y a les restes des ducs et duchesses de Bourgogne, dans une sorte de crypte. Iles étaient enterrés à 2 kilomètres d’ici, à la Chartreuse de Champmol, mais à la révolution on a détruit l’église. A l’époque révolutionnaire, un fonctionnaire indélicat a vendu les cercueils des ducs et duchesses au prix du plomb dont ils étaient constitués. Une fois le négoce réalisé, on a rassemblé tous les restes, et on les a disposé sous nos pieds, ce qui fait qu’on ne sait plus qui est qui. Un seul a pu être identifié, Jean sans peur, on a reconnu son crâne, car il est mort au combat à Montereau, en 1419, suite à un enfoncement crânien. Tous les ducs valois sont à Saint-Bénigne, sauf Charles le Téméraire qui repose à Bruges, et ainsi que Marie de Bourgogne sa fille. Par contre, il y a bon nombre de Duchesses, car les ducs collectionnaient les maîtresses, mais aussi les épouses légitimes.
 Aujourd’hui la crypte est fermée, les ducs et duchesses reposent donc à l’abri de tous. L’intérieur de la cathédrale est très dépouillé, il est influencé par le style de l’abbaye de Cluny. Nous avons les grandes arcades en bas, ensuite à mi hauteur il y a une galerie, le triforium, ou galerie de circulation. Le tout est surplombé de fenêtres hautes, nous sommes, donc bien, dans l’élévation de Cluny. La pierre utilisée est blonde, quelque peu rosée, c’est la pierre de Dijon. La Bourgogne est réputée pour ses pierres, le socle de la statue de la Liberté de New york est en pierre de Bourgogne, ainsi que les sols du Louvre à Paris. Pour dire que la vigne et le calcaire, font bon ménage. Les nuances roses de la pierre, sont le résultat, de la présence d’oxyde de fer. L’église gothique, dans laquelle nous sommes, a été construite entre 1285 et 1325, la façade est ponctuée à ses 2 extrémités, par 2 tours à 4 toits pointus vernissés. La nef fait 79 mètres de long pour 29 mètres de large, et la voûte culmine à 28 mètres de haut. Nous contemplons l’orgue, il est constitué de tuyaux de 32 pieds, plus grand, on ne le peut pas, car le son serait inaudible. L’orgue est de l’époque de Louis XV, avec ses 32 pieds, c’est l’un des 2 orgues qui possèdent un son aussi grave, avec celui de Saint-Eustache à Paris. Dans le chœur, il y a un autel doré, il représente l’assomption de la Vierge, qui monte au ciel avec l’aide des anges. L’autel provient de la sainte Chapelle des ducs de Bourgogne, qui fut détruite au cours de la révolution. 
Nous allons descendre à la rotonde qui se trouve sous l’église, il n’en existe que 9en Europe, 3 en France, 3 en Italie, une en Allemagne, une en Angleterre et une en Croatie. Les rotondes ont été construites, pour imiter le tombeau du Christ à Jérusalem. Sur lequel, on avait construit une église ronde, en 330 après Jésus-Christ, que l’on appelait le Saint-Sépulcre. La forme ronde des églises n’était pas pratique pour les offices religieux, on a donc abandonné la construction des rotondes. Les 3 rotondes françaises sont à Saint-Sépulcre dans l’Indre, à Qumperlé et à Dijon. Celle de Dijon possède des sculptures préromanes, de 1005-1006. Dans la rotonde de Dijon, il y a également, le tombeau supposé de Saint-Bénigne. 
Pour accéder à la rotonde, nous passons dans une galerie, où sont accrochés aux murs chronologiquement les portraits des évêques de Dijon depuis la fondation de son évêché en 1731. Puis par un escalier, nous descendons dans une partie de l’ancienne église romane, son plafond est soutenu par des colonnes à chapiteaux. Elles ont été disposées au XIX.me siècle, pour étayer le plafond de cette salle qui menaçait de s’effondrer. Elles ont été élevées avec des matériaux des anciennes ruines d’églises construites sur ce lieu. Les chapiteaux sont tous différents, 3 d’entres eux sont originaux. Sur un on distingue dans un semblant de pièce de monnaie le foetus d’un cheval, dans un chapiteau gallo-romain on peut percevoir une tête de bœuf qui mange une feuille d’acanthe. Dans un autre coin, sur les 4 coins d’un chapiteaux sont représentés 4 faces humaines, ce sont des personnes en prière, les bras écartés.
 Nous descendons 2 dernières marches, afin d’accéder à la rotonde, nous sommes dans un bâtiment rond, avec 3 anneaux de colonnes, de 8, 16 et 32 colonnes. Au-dessus de nous, nous avons une voûte, en forme de coupole. Au-dessus de la voûte, il y avait 2 autres étages, qui ont été détruits lors de la révolution. Au-dessus de nos têtes, il y a une ouverture circulaire, par laquelle, on a balancé les pierres des 2 étages supérieurs. Ce qui fait que la rotonde n’était plus qu’un amas de pierres, nous sommes au niveau qui était consacré à Saint-Jean Baptiste. Au-dessus le niveau était consacré à la Vierge, et l’étage supérieur à la trinité. Pour faire simple, il ne reste plus qu’un niveau sur 3 aujourd’hui. Auparavant on entrait au niveau dans lequel l’on est, par 2 escaliers latéraux qui n’existent plus. La construction des églises en rotondes, a laissé place aux constructions d’églises en croix latine ou grecque. La rotonde est une architecture archaïque, mais c’était censé de représenter le tombeau du Christ à Jérusalem. Une chapelle funéraire, aujourd’hui murée, est la seconde plus ancienne construction de Dijon, elle date du VI.me siècle. La rotonde a été construite au tout début du second millénaire, un abbé très important pour la construction de l’église Saint-Bénigne l’abbé Guillaume Volpiano, qui après avoir fait construire l’église et aller mourir à Fécamp. . Si aujourd’hui, l’église est souterraine, il y a un millénaire, la rotonde se trouvait au rez-de-chaussée de l’édifice religieux. Des fenêtres permettaient de faire passer la lumière naturelle, et on jouait sur l’éclairage des figures qui ornaient les chapiteaux des anneaux de colonnes. En fait le sol des villes, a monté au gré des destructions et des reconstructions au cours des siècles. Le sol monte de 30 centimètres par siècle, ce sont les archéologues qui l’ont déterminé savamment, aujourd’hui la rotonde est à moitié enterrée. La rotonde est en prolongement de la cathédrale gothique, par laquelle, nous avons commencé la visite. Derrière nous, il y a la forme du tombeau de Saint-Bénigne, il est censé être mort au III.me siècle, mais la pierre que nous avons maintenant devant nous, est du VI.me siècle, la chose se complique donc. Elle est mérovingienne, ça conforte l’idée, que Saint-Bénigne ne serait pas enterré à cet endroit. Ce que l’on est sûr, c’est qu’un Saint fut enterré ici, car les fidèles circulaient dans le déambulatoire en priant un saint, lequel ?. A la révolution, un inventaire dit, que sur le sol où nous sommes actuellement, des sépultures de notables de la ville y étaient installées, car on voulait être près du saint, afin de monter plus vite au ciel. Une crypte dans l’église gothique rassemble les tombeaux des évêques de Dijon, 3 du XX.me siècle sont enterrés au cimetière public de la ville. 
Le clocher renferme 63 cloches, sous le porche, nous apercevons l’orifice par lequel, on monte ou descend les cloches pour les installer ou leur maintenance. Le premier carillon en France se trouve à Chambéry avec ses 70 cloches, ensuite vient celui de Lyon à l’église Saint-Jean avec ses 65 cloches, puis Dijon avec ses 63 cloches, et Douai avec ses 62 cloches. 
Nous nous rendons maintenant au musée archéologique, nous passons devant le scriptorium, où les moines écrivaient, nous traversons un espace vert, où auparavant se situait le cloître du monastère. Derrière des arbres a été construit un ensemble de logements universitaires, pour loger les étudiants.
 Pour des raisons techniques, nous ne pouvons pas aller visiter le scriptorium, nous pénétrons donc dans le musée archéologique, qui a pris place dans le dortoir des moines. Les moines dormaient sur des paillasses, et elles étaient séparées par de petites cloisons. La salle où nous sommes pouvait héberger une centaine de moines, elle est très longue, elle est gothique. Elle est arborée de jolis piliers assez fins, le plafond est en voûte ornée d’ogives qui se croisent. Ce dortoir de bénédictins est très clair, il est ajouré de nombreuses fenêtres. La salle accueille aujourd’hui une splendide sale d’exposition, dont le thème est l’évolution de l’homme et des outils au temps de la préhistoire. 
Après 2 heures de déambulation autour de la cathédrale saint-Bénigne, à travers les rues médiévales et piétonnes, sous un ciel nuageux, nous rejoignons notre hôtel Campanile.
 Après un passage rapide à la chambre, nous descendons dîner, puis nous assistons à la lecture de contes du monde entier, par un conteur professionnel, avant d’aller prendre un repos bien mérité.

Jour 3 : Nous mettons le cap sur Beaune, qui est la capitale du Bourgogne, nous allons emprunter l’A31, qui relie Beaune au Luxembourg pour parcourir la trentaine de kilomètres qui sépare Dijon de Beaune. Le conducteur du bus est Daniel, il sera mis à notre disposition pour toute la semaine, et ce fut un vrai régal. Nous roulons en direction sud-ouest, dans le val de Saône, sur sa rive droite. Nous sommes au centre des quinze kilomètres qui délimite la Saône sur notre gauche de la côte de Nuits qui s’étire sur notre droite. Dans cette plaine sont dessinées toutes les voies de communications, du pied de la côte de Nuits, la route des grands crus qui s’étend de Marsannayla Côte à Vougeot, l’ancienne RN74 qui reliait le bassin minier de Blanzy à celui de Lorraine jusqu’à Sarreguemines, l’A31 où nous roulons et la ligne SNCF qui relie Paris à Lyon via Dijon. Nous voici à la sortie d’autoroute de Beaune, le matin est consacré à la visite de la moutarderie Fallot à Beaune, nous serons accompagnés toute la journée par Philippe. Voici la présentation de Beaune :

Beaune est une commune française située dans le département de la Côte-d’Or et la région Bourgogne. Située à 45 kilomètres au sud de Dijon et 150km au nord de Lyon, elle est la sous-préfecture de l’arrondissement de Beaune. Ses habitants sont appelés les Beaunois.En 2007, la population de Beaune intra-muros était de 22012 habitants, ce qui en fait la 2e commune de Côte-d’Or. La communauté d’agglomération beaunoise, créée le 1er janvier 2007 et nommée le «Beaune, Côte et Sud», compte quant à elle 52741 habitants.
 Il s’agit également de la 8e ville de Bourgogne, derrière la capitale et chef-lieu régionale Dijon, Chalon-sur-Saône, Nevers, Auxerre, Mâcon, Sens (Yonne), Le Creusot et devant Montceau-les-Mines.
 Héritière d’un riche patrimoine historique et architectural, siège de nombre de maisons de négoce, Beaune peut être considérée comme la capitale des vins de Bourgogne.
 Elle est une Ville fleurie récompensée de quatre fleurs et de la distinction Grand Prix National. Médaille d’Or au concours européen de l’Entente Florale en 2006.
 La commune s’étend sur 31 kilomètres carrés, et s’étale entre 200 et 400 kilomètres carrés.
 Beaune est la sous-préfecture de l’arrondissement de Beaune, l’un des trois arrondissements de la Côte-d’Or. La commune se situe sur la Côte des Vins de Bourgogne aussi nommée Route des Grands Crus (qui s’étend de Dijon à Beaune pour sa partie côte-d’orienne).
 Beaune est bordée au sud par le cours d’eau de la Bouzaise, qui prend sa source dans l’agglomération. Sur le flanc ouest de la commune se trouve la côte de vignobles qui donne son nom au département. Elle se situe à 45 kilomètres au sud-sud-ouest de Dijon, et 150 au nord de Lyon.
 Beaune est en bordure du bassin parisien. Les sols du vignoble sont argilo-calcaires, mais avec des différences sur le calcaire. Des couches de calcaire du rauracien sur les sommets du vignoble. Au milieu des couches de calcaire du comblanchien avec des marnes argoviennes sur des sols épais, blancs, gris ou jaunes, nuancés de rouge par l’oxfordien ferrugineuse. Son exposition va de l’est à plein sud, à une altitude de 200 à 300mètres.
 La rivière la Bouzaise prend sa source à l’est de la ville. Contournant la vieille ville par le sud, elle alterne sections souterraines et passages à l’air libre. Longue d’une vingtaine de kilomètres, elle se jette dans la Dheune à hauteur de Palleau.
 Beaune compte également deux ruisseaux, l’Aigue et le Genet, qui se jettent tous les deux dans la Bouzaise.
 La charte de franchise de la commune de Beaune confère à ses habitants droits et privilèged. Eudes III, duc de Bourgogne, permet à Beaune d’exister en tant qu’institution autonome dès 1203 sur le modèle de Dijon. Cette charte est conservée aux Archives municipales de Beaune.
 En 1422, Nicolas Rolin fut nommé chancelier de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Il fut très lié à Jean sans Peur, qui fut le parrain de son troisième fils. Veuf, il épouse en 1421, Guigone de Salins issue de la noblesse comtoise, avec qui il fonde les Hospices de Beaune, en 1443, où il crée en 1452 un nouvel ordre religieux: les sœurs hospitalières de Beaune. C’est lui qui commande le polyptyque du Jugement dernier au peintre flamand Rogier van der Weyden, pour les hospices.
 Les États de Bourgogne reconnaissent Louis XI comme souverain le 29 janvier 1477, à la mort de Charles le Téméraire. Avec l’occupation de la Bourgogne par l’armée royale conduite par Jean IV de Chalon, Georges de la Trémoille et Charles d’Amboise, Beaune se rallie à Marie de Bourgogne, contre le roi de France Louis XI. Les révoltes de Beaune ainsi que Semur-en-Auxois et Châtillon-sur-Seine sont rapidement étouffées. Cependant, le roi confirme finalement les privilèges de la ville par ses lettres patentes en octobre 1478.
 Henri II accompagné de son épouse Catherine de Médicis parcourt son royaume et fait une entrée fastueuse à Beaune le 18 juillet 1548. Le maire était Girard Legoux.
 Charles IX accompagné de sa mère Catherine de Médicis, venant de Dijon, entre dans la ville le 30 mai 1564 lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la Cour et des Grands du royaume: son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine: ils reçoivent un accueil triomphal.
 En 1568, Wolfgang de Bavière, financé par Élisabeth Ire d’Angleterre prend la tête d’une armée expéditionnaire de 14000 mercenaires pour apporter des renforts aux protestants français assiégés à La Rochelle. Dans sa traversée de la Bourgogne, ses troupes composées de reîtres, cavalerie lourde équipée de pistolets, ravagent la Franche-Comté et restent deux jours devant les murailles de Beaune et y détruisent les chartreux, avant de continuer leur route.
 Le 15 avril 1575, on exécuta à Dijon, François de Lespine et sa tête coupée fut plantée sur une pique, au-dessus de l’hôtel-de-ville de Beaune, le 18. Il fut reconnu coupable de comploter en vue de livrer Dijon et le château de Beaune aux huguenots.
 De fortes pluies s’abattent sur l’été 1708 et nuisent à la récolte annuelle, et le 2 janvier 1709 lorsque la pluie se met à tomber, immédiatement suivie d’un vent glacial: un hiver exceptionnel commence. Le vent qui souffle jusqu’au 25 janvier, sans que la neige ne soit venue protéger les cultures, anéantit les semailles et les arbres fruitiers, altère les vignes et gèle les cours d’eau. La Bouzaise est gelée en deux heures. Même le vin tourne en glace dans les bouteilles et les tonneaux. Les oiseaux et les volailles ne survivent pas à ce froid polaire. Pour sauver les vagabonds, les voyageurs et les indigents, des feux publics sont allumés. Après une courte période de répit accompagnée par la pluie, la neige tombe à partir du début du mois de février, et lorsque celle-ci fond les rivières débordent et inondent la campagne. Le soleil apparaît au mois d’avril, redonnant vie aux champs, et apportant de la chaleur aux habitants, mais une pluie verglaçante vient détruire les semences jusqu’aux racines.
 Les conséquences de ce Grand Hiver sont désastreuses pour la population. Les habitants s’attendent à une grande famine, ce qui crée un sentiment général de panique. On craint les accapareurs, on s’oppose à libre circulation des blés. Pour calmer les tensions, le conseil municipal décide de bloquer toutes les provisions de blé et de les recenser pour mieux les gérer et les distribuer. Mais des émeutes ont lieu à Pommard où les habitants s’opposent à la réquisition de leur stock, alors que Beaune se constitue une réserve, alors que les récoltes de blés et les vendanges sont quasi inexistantes en 1709.
 Le département de la Côte-d’Or a été créé le 4 mars 1790 par l’Assemblée constituante à partir de l’ancienne province de Bourgogne.
 En février 1814, 6000 hommes sont à Beaune sous les ordres du baron de Scheither qui conduit les opérations dans le Sud-Est de la France, pour prendre Chalon-sur-Saône aux troupes de Napoléon, pendant la campagne de France de 1814, où Napoléon tente d’empêcher l’invasion de la France par la Sixième Coalition.
 En 1881, la commission des Hospices de Beaune met en place un projet pour transformer son école horticole en école de viticulture. Le projet soutenu par la municipalité et le département voit le jour en 1884 comme l’École pratique d’Agriculture et de Viticulture de Beaune. C’est le député Sadi Carnot qui intervient auprès du ministre de l’agriculture, en mars 1884, pour faire de ce projet, une priorité nationale et l’arrêté de création paraît le 25 octobre. L’école est destinée à former des chefs de culture et une instruction professionnelle aux fils de viticulteurs. L’entrée de l’école se fait alors sur concours, et accueille 30 élèves la première année, pour un cycle de 3 ans d’études. En 1962, avec la transformation de l’enseignement agricole, « la Viti », devint un lycée agricole: le Lycée viticole de Beaune.
 Lors de la Première Guerre mondiale, Beaune devient l’une des bases arrière du corps expéditionnaire américain (A.E.F.) et de ses 2 millions d’hommes en France. En 1918, l’hôpital militaire américain est construit aux portes de la ville, avec 20000 lits il sera l’un des plus importants en Europe.
 L’hôpital sera transformé après l’Armistice en Université américaine, par l’A.E.F. pour former les soldats qui ne peuvent pas rentrer immédiatement aux États-Unis, dans les forces d’occupation de l’Allemagne. L’ »A.E.F. University of Beaune » ouvre de février à juin 1919 avec 15000 militaires étudiants américains qui y suivent une formation et sa faculté de 600 enseignants et personnels. L’A.E.F. University de Beaune avait un collège d’agriculture avec 2500 étudiants dans une ferme de 13 hectares a Allerey, et une branche de 1000 étudiants, dans un collège d’art et d’architecture situé au château de Bellevue près de Versailles. Près de 30000 ouvrages furent rassemblés dans sa bibliothèque et seront ensuite donnés à la bibliothèque municipale de Beaune. L’université fut dirigée par John Erskine, professeur d’anglais à l’université Columbia de New York, qui fut chargé de l’organisation de cette université militaire avec le colonel Ira Reeves.
 À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la ville est libérée par le 2e régiment de cuirassiers du colonel Durosoy, venu par Chalon-sur-Saône et Bligny-lès-Beaune le 8 septembre 1944. Un odonyme local (avenue du Huit-Septembre-1944) rappelle cet événement. Les forces françaises se heurtent à de fortes défenses antichar qui causent des pertes au 3e Escadron, et ne peuvent entrer dans la ville que le lendemain.
 La fête de la vente des vins (vente des hospices de Beaune) est une vente aux enchères des vins des Hospices de Beaune, cette manifestation a lieu le troisième dimanche de novembre. La première vente remonte à 1859, la réputation devient mondiale en 1924. En 1934, la Confrérie des Chevaliers du Tastevin instaure les Trois Glorieuses, manifestation culturelle dont fait partie la vente des Hospices de Beaune.
 Depuis 1986 ont lieux également deux courses hors stade réputées, un semi marathon et les foulées beaunoises, au milieu des prestigieux vignobles de côte d’or (Pommard, Meursault et toute la côte de Beaune).
 Aujourd’hui, de nombreux concerts, activités et spectacles de rue font office d’animation dans la ville durant tout le weekend. Ces activités sont aujourd’hui préparées par le CFDB.
 Les secteurs engendrant le plus d’activité sont le vin (anciennes et grandes maisons de négoces: Louis Latour, Champy, Maison Louis Jadot, Bichot, Bouchard Père & Fils, Chanson, Joseph Drouhin…) et l’hôpital. Il est à noter également la présence d’importantes sociétés de logistiques. En décembre 2007, 1412entreprises employaient 17940salariés. Beaune est le siège d’une antenne de la Chambre de commerce et d’industrie de la Côte-d’Or.
 Beaune est considérée comme la capitale des vins de Bourgogne. Au nord, au sud et à l’ouest de la commune s’étend la Côte de Beaune sur laquelle se trouvent nombre d’appellations qui comptent parmi les plus prestigieuses des vins de Bourgogne. Elle représente une superficie de 5980hectares, soit un peu moins d’un quart du vignoble de Bourgogne. Elle regroupe 20 AOC communales et 331 climats classés en premier cru.
 De nombreux producteurs et négociants en vin sont implantés à Beaune. Chaque année depuis 1851, les Hospices de Beaune organisent une vente aux enchères de charité de ses production, qui bénéficie aujourd’hui d’une portée internationale. Enfin, le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB), qui fédère les viticulteurs et les négociants en vin, est domicilié à Beaune.
 En outre, Beaune possède sa propre appellation d’origine contrôlée, le beaune. Cette appellation compte 411,7hectares[35] en superficie avec une très forte majorité de vins rouges. En couleur la répartition donne 362hectares de vins rouges (dont 281ha en premier cru) plantés en pinot noir et 48hectares en vins blancs (dont 36ha en premier cru) plantés en chardonnay. Sur le volume total, cela donne 13540hectolitres (dont 10322hl en premier cru) pour les vins rouges et 2368hectolitres (dont 1761hl en premier cru) pour les vins blancs.
 Cependant en plus de l’AOC Beaune, d’autres vins peuvent légalement y être produits comme: le Côte de Beaune, le Bourgogne aligoté, le Bourgogne, le crémant de Bourgogne, le Bourgogne mousseux, le Bourgogne Passe-tout-grains et les Coteaux Bourguignons.

Nous voici dans la cour de la moutarderie Fallot, où notre guide nous attend pour nous raconter l’histoire de la moutarde. Fallot est la dernière fabrique de moutarde artisanale, la moutarde est obtenue en écrasant des graines entre des meules de pierre. La fabrique de moutarde est implantée à Beaune depuis 1840, au XIX.me siècle on comptait 500 moutardiers en Bourgogne. Actuellement, on ne dénombre plus que 4 moutarderies en Bourgogne, 3 à Dijon et celle où nous sommes. Fallot s’est établit à Beaune sur ce site, depuis 1928, c’est toujours une entreprise familiale, c’est le petit fils du créateur, qui dirige aujourd’hui l’entreprise de 20 salariés. Nous sommes lundi matin, la production n’est pas encore lancée, c’est pour cela que l’endroit est si calme. Uni Lever a racheté l’essentiel des moutardiers français dont Amora et May, dont la production s’est déplacée en Roumanie, en Espagne et au Canada. Pour acheter vraiment français, il faudrait acheter la moutarde Fallot. La moutarde de Dijon, n’est pas protégée, elle n’a pas d’appellation contrôlée, c’est uniquement une recette. La moutarde craint 2 choses, l’air et la chaleur, d’où l’intérêt de produire la pâte extrait de la graine de sénevé par meules de pierre pour éviter l’échauffement de la pâte lors de sa fabrication, c’est pour cela que les moutardes industrielles sont moins fortes, elles subissent un échauffement, lors de leur malaxation dans des pressoirs industrielles qui tournent très vite. Aujourd’hui, la graine de sénevé qui produit la pâte de moutarde, provient essentiellement du Canada, en Europe on a complètement abandonné sa production. Mais depuis quelques années, on a commencé à réintroduire la culture de la moutarde sur le territoire bourguignon. La plante de moutarde ressemble au colza, c’est une fleur jaune, qui peut atteindre 1 mètre 20 de hauteur. La moutarde est de la famille des crucifères, donc chou, sous les fleurs séchées au mois de juillet, on découvre les graines de sénevé que l’on peut alors récolter. La graine de sénevé est ressemblant à la plante de colza, elle ne sent pas bon, on peut par ailleurs manger les graines de sénevé, ses fleurs ou ses feuilles par exemple en salade. Il y a un grand nombre de variétés de moutarde, qui va de la couleur blanche à celle du noir, en passant par le jaune, le brun et le gris. On peut faire de l’huile avec les fleurs de sénevé, on en élabore en Inde pour être consommée ou utilisée par les femmes pour fortifier leurs cheveux ou comme huile de massage. La moutarde a aussi des vertus médicales, les effluves de moutarde évitent par exemple les rhumes, on peut aussi se rappeler des cataplasmes que l’on appliquait autrefois pour dégager les poumons. Le cataplasme est une Bouillie médicinale que l’on applique, entre deux linges, sur une partie du corps enflammée ou indurée. Cataplasme à la farine de lin, de moutarde. La moutarde de Dijon est tamisée après l’écrasement des graines entre les meules de pierre, sinon on obtient de la moutarde ancienne ou en grain, la moutarde de Dijon est donc une recette.
 Nous quittons la cour ensoleillée, pour entrer à l’intérieur de la moutarderie et son espace musée. Au milieu de la salle, nous découvrons une meule à pierre, avec laquelle on écrase les graines de sénevé. Ce sont 2 pierres qui sont en friction, celle du bas est appelée la dormante, elle est fixe. L’autre pierre, la tournante, domine la dormante, elle est rotative, à son centre on y remarque une ouverture. C’est dans cet orifice de cette dernière, qu’est déversé le mélange de graines de sénevé et de liquide. Le liquide est soit du vinaigre ou du vin blanc, le mélange introduit ainsi par la pierre tournante, se trouve écrasé entre les 2 pierres, et la pâte sort par l’extérieur des 2 pierres en friction. Par des gouttières, on récupère la pâte, auparavant la tournante était activée manuellement, de nos jours la rotation se fait électriquement. Bien sûr le diamètre des pierres était moins important, aujourd’hui les pierres ont un peu plus de 1 mètre de diamètre, les pierres sont en granit. Avant la force électrique pour la rotation de la pierre tournante, on a utilisé la force hydraulique, car la moutarderie se situe à proximité d’une des 2 rivières de Beaune. La moutarde à des origines très anciennes, elles remontent à 4000 ans avant notre ère, en Chine et en Inde. Très vite, on lui a accordé des vertus culinaires, mais aussi médicinales, les égyptiens, les grecs et les romains consommaient et utilisaient la moutarde. En France, les premières recettes de moutarde remontent au moyen âge, d’où la création du métier de moutardier. Auparavant, la moutarde était élaborée par les apothicaires. Le vin blanc dans l’élaboration de la moutarde, lui apporte une finesse particulière, ce qui n’est pas le cas de la moutarde au vinaigre. Le gaz moutarde ne résulte pas de la moutarde, il est produit chimiquement, c’est son côté irritant qui l’associe à la moutarde. 
Ensuite, nous sommes conviés à écouter un petit film, qui relate l’histoire de la moutarde. La guide nous reprend en main, pour continuer la découverte de la moutarderie, nous goûtons des graines de sénevé, qui ont bien la saveur de moutarde en fin de bouche. Le sénevé se sème en fin d’été, elle évolue l’hiver, elle fleurit au printemps, et on la récolte en début d’été. La moutarde contient de l’acide citrique, ce qui permet de mieux la conserver, la pâte une fois produite, et mise au repos pendant une ou 3 semaines avant de la conditionner. Ce qui a fait la renommée de la moutarde de Dijon, c’est l’apport de vert jus, en lieu est place du vinaigre ou du vin blanc. Le vert jus, comme son nom l’indique est le jus extrait de raisin vert. C’est par cette recette précise, que la Bourgogne s’est démarquée des autres régions pour la fabrication de la moutarde. Depuis la fin du XIX.me siècle on n’utilise plus le vert jus, depuis la crise du phylloxéra qui a mis a bas la viticulture française. On a donc depuis ce fléau, utilisé le vinaigre blanc pour remplacer le jus du raisin vert. Aujourd’hui, il existe la moutarde de Bourgogne, elle est élaborée avec du vin blanc aligoté et des graines cultivées en Bourgogne, et elle est produite essentiellement en Bourgogne. . On fait aussi de la moutarde avec du vin de chablis, mais l’intérêt est dans l’étiquette, plutôt que sur l’aspect gustatif. Maintenant, on fait des moutardes aromatisées, comme au cassis, au vin de Meursault, aux aromates comme le basilique ou l’anis, au pain d’épice et au miel etc. L’aromatisation se fait une fois que la pâte est préparée et reposée, Les moutardes à base de vins, une fois ouvertes peuvent se conserver une année, par contre ce délai est de 6 mois pour les moutardes aromatisées, avec le temps toutes les moutardes s’oxydent. L’entreprise Fallot se consacre uniquement à la fabrication de la moutarde sous toutes ses formes, elle a abandonné la conserverie du cornichon, et la fabrication du vinaigre, qui provient aujourd’hui d’Orléans avec un suivi très strict de l’entreprise Fallot de Beaune. 
Nous nous approprions un petit atelier de fabrication, où nous allons réaliser de la moutarde dans un petit mortier avec l’aide d’un pilon. Dans le mortier, on y met des graines de sénevé, on les écrase avec le pilon, puis on y ajoute un peu de sel et du vin blanc, tout en continuant notre pilonnage, c’est tout un sport. Après une dizaine de minutes, on obtient une moutarde en grain ou à l’ancienne, que nous pouvons déguster sur le champ. 
Ensuite nous sommes invités à suivre la projection d’un petit film, qui raconte la profession du moutardier. Puis, nous dégustons différentes moutardes nature, au cassis, au vin blanc et au Chablis accompagnés de carottes, de jambon persillé, de jambon fumé et de pain d’épice. Enfin, nous abordons le magasin, où toute une panoplie de moutarde nous est proposée, aux différents arômes et saveurs. Tout y passe du miel au poivre vert, en passant par l’anis, la truffe, la provençale et bien d’autres encore. Il est près de midi, quand nous quittons la moutarderie, il nous faut rejoindre notre bus, pour nous rendre à Bouilland où nous allons déjeuner au restaurant, le Saint-Martin. Bouilland compte 124 habitants, le village est situé dans les hautes côtes de Nuits, à 430 mètres d’altitude, on peut y pêcher la truite dans le Rhoin, le village est le siège de l’abbaye sainte-Margueritte fondée au XI.me siècle. Nous traversons Savigny les Beaune, les vignes se font rares, nous sommes entourés de prairies qui font la joie des bœufs de la race charolaise. Nous sommes dans un cadre montagnard, on appelle d’ailleurs cette région, la petite suisse bourguignonne, c’est le paradis des randonneurs et des passionnés d’escalade. Au centre d’un rond point, à savigny-les-Beaune, trône la statue de Saint-Vincent, célèbre pour sa fête tournante, qui a lieu tous les ans au mois de janvier, dans un village différent des côtes de Beaune ou de Nuits-Saint-Georges. A Savigny-les-Beaune, il y a un château, il est propriété d’un viticulteur, ancien pilote usine de la marque Abart, il est passionné de mécanique, il a donc créé un musée dans le parc de son château. Où sont exposés des avions de chasse, des voitures de collection, des camions, des motos, des véhicules de pompiers et bon nombre d’enjambeurs ou tracteurs viticoles, c’est un musée qui vaudrait une visite. Nous continuons à gravir la côte, sur notre droite, des falaises de 20 mètres de haut, elles sont transformées en murs d’escalade. De ci de là, nous distinguons des pierres percées, c’est une spécificité de la région. Nous voici arrivés à Bouilland où nous allons nous restaurer, le village est très calme, la monotonie du lieu est rythmée par l’eau qui circule dans le lavoir du village.

Après un bon repas, nous filons sur Beaune, pour aller visiter les hospices de Beaune, dont voici la présentation :

Les Hospices de Beaune ou Hôtel-Dieu de Beaune est un Hôtel-Dieu / Hospices de style gothique flamboyant avec toiture en tuile vernissée de Bourgogne, fondé au XVE siècle par le chancelier des ducs de Bourgogne Nicolas Rolin et son épouse Guigone de Salins, à Beaune en Côte-d’Or en Bourgogne. Il est célèbre, tant par son architecture traditionnelle bourguignonne que par son prestigieux domaine viticole bourguignon dont la production est vendue aux enchères pour financer son fonctionnement, sous le nom de vente des hospices de Beaune. Actif jusque dans les années 1960, classé aux monuments historiques depuis 1862, il est à ce jour un musée de la médecine et expose entre autres le polyptyque Le Jugement dernier de Rogier van der Weyden.
 En 1443, à la fin de la guerre de Cent Ans, après avoir hésité entre Autun et Beaune, Nicolas Rolin, richissime chancelier du duc Philippe III de Bourgogne (Philippe le Bon, souverain de l’État bourguignon), et son épouse Guigone de Salins fondent cet Hôtel-Dieu richement doté, proche de la collégiale Notre-Dame de Beaune du XIIE siècle, et de l’Hôtel des ducs de Bourgogne de Beaune du XIVE siècle (siège du Parlement de Bourgogne). 
Beaune est choisie pour son important taux de passage et de par son absence de grande fondation religieuse. L’influence flamande se fait ressentir dans cette importante cité de l’État bourguignon qui s’étend alors jusqu’aux Pays-Bas bourguignons.
 «Moi, Nicolas Rolin, chevalier, citoyen d’Autun, seigneur d’Authume et chancelier de Bourgogne, en ce jour de dimanche, le 4 du mois d’août, en l’an de Seigneur 1443 … dans l’intérêt de mon salut, désireux d’échanger contre des biens célestes, les biens temporels … je fonde, et dote irrévocablement en la ville de Beaune, un hôpital pour les pauvres malades, avec une chapelle, en l’honneur de Dieu et de sa glorieuse mère …»
 Le 1er janvier 1452, ce «palais pour les pôvres malades» accueille ses premiers patients: vieillards, infirmes, orphelins, malades, parturientes, indigents, fréquentent l’institution gratuitement du Moyen Âge au XX.me siècle.
 En 1459 Nicolas Rolin obtient la création de l’ordre des Sœurs Hospitalières de Beaune dont la règle associe vie monastique et soins aux pauvres et aux malades.
 Description
La façade extérieure, relativement austère, contraste avec la richesse de la décoration de la cour centrale avec ses toits en tuile vernissée de Bourgogne et celle de l’intérieur de l’édifice.
 Cour intérieure
De forme rectangulaire, elle comporte un puits à eau en ferronnerie gothique. Elle donne vue sur les différents bâtiments aux toits en tuile vernissée de Bourgogne, technique probablement originaire d’Europe centrale, mais qui est devenue caractéristique des monuments bourguignons (la grande salle est couverte de simples ardoises).
 Ces tuiles ont quatre couleurs (rouge, brun, jaune et vert) formant des motifs d’entrelacs géométriques. Elles ont été reconstruites entre 1902 et 1907 par Sauvageot qui a recréé des motifs personnels, les dessins originaux ayant été perdus. Les parties Nord, Est et Ouest comprennent deux étages à galerie, avec colonnettes de pierre au rez-de-chaussée et de bois au premier, permettant le passage à l’abri des sœurs soignantes. De nombreuses lucarnes arborent des décorations sculptées en bois et en ferronnerie.
 Chapelle
Elle fait partie intégrante de la salle des «pôvres» et était décorée, à l’origine du polyptyque du jugement dernier, attribué au peintre flamand Rogier van der Weyden, fermé en semaine et ouvert pour les dimanches et fêtes solennelles. Guigone de Salins y reposent. Un jubé en bois sépare, depuis la restauration des bâtiments, chapelle et salle des malades.
 Grande salle «des pôvres»
 De dimensions imposantes (près de 50m de long, 14m de large et 16m de haut), elle est couverte d’une charpente monumentale apparente et peinte, en forme de carène de bateau (renversée). Les poutres traversières sortent de la gueule de dragons multicolores qui évoquent les monstres de l’enfer. De petites têtes sculptées, représentant des caricatures des bourgeois beaunois dont les visages sont accompagnés de tête d’animaux qui symbolisent leurs défauts respectifs, rythment les travées. Le carrelage comprend le monogramme de Rolin et sa devise: «Seulle *». Ce mot accompagné de l’étoile signifie que sa femme, Guigone de Salins est la seule dame de ses pensées.
 La salle est occupée par deux rangées de lits à rideaux bordant les murs sud et nord, la place centrale étant réservée aux tables et aux bancs pour les repas. Le mobilier a été reconstitué en 1875 par le gendre de l’architecte Eugène Viollet-le-Duc. Deux patients pouvaient se coucher sur chaque lit. Derrière chaque lit un coffre permettait de ranger les vêtements des malades. Un couloir comporte une banquette équipée de chaises d’aisance court le long du mur derrière les rideaux.
 Salle Sainte-Anne
Située à l’ouest, au contact de la salle des «pôvres». Elle ne comprenait que quatre lits.
 Salle Saint-Hugues
Voisine de la dernière, elle a été créée en 1645 et comprend quelques lits destinés à des malades plus aisés. Elle est remarquable par ses peintures murales d’Isaac Moillon représentant différents miracles du Christ ainsi que saint Hughes, en évêque et chartreux.
 Il est aussi représenté sur le retable de l’autel, ressuscitant des enfants morts de la peste. Cette salle de malades a été réaménagée dans son décor du XVIIE siècle.
 Salle Saint-Louis
Dédiée au roi Saint Louis, elle ferme la cour à l’est et a été construite en 1661 à l’emplacement d’une grange. Cette pièce contient aussi de beaux coffres gothiques, une fontaine et deux séries de tapisseries du XVIE siècle, dont l’une tissée à Tournai raconte en sept épisodes la parabole du Fils Prodigue et l’autre provenant de Bruxelles évoque l’histoire de Jacob.
 Salle Saint-Nicolas
Située au nord-ouest de la cour, elle était destinée aux malades les plus graves et contenait 12 lits. Elle sert actuellement de salle d’exposition sur l’histoire des Hospices et de son vignoble. Un pavage de verre permet de voir couler la Bouzaise qui servait à l’évacuation des eaux usées.
 Salle Polyptyque du Jugement Dernier
Les Hospices de Beaune abritent une œuvre remarquable, peinte au XVE siècle, le polyptyque du Jugement dernier du peintre flamand Rogier van der Weyden, polyptyque à volets mobiles rectangulaires, composé à l’origine de neuf panneaux de chêne à fil vertical peints, dont six sur les deux faces initialement exposé dans la chapelle des «pôvres» malades.
 Probablement réalisé entre 1446 et 1452, ce retable a d’abord été attribué à Jan van Eyck en 1836 avant d’être attribué à Rogier van der Weyden en 1843. Scié sur toute l’épaisseur des panneaux, l’envers et l’endroit (correspondants aux positions ouverte et fermée) sont exposés conjointement dans une même salle climatisée.
 L’Annonciation
Tapisserie de Saint Eloi et Vierge à l’Enfant
Agnus Dei «Agneau de Dieu»
 Saint Antoine ermite, saint protecteur de l’Hôtel-Dieu de Beaune
Apothicairerie (pharmacie)
 Elle comprend deux petites pièces avec ses étagères de flacons et de fioles. La première salle présente un mortier en bronze doté d’un arc accroché au pilon permettant d’alléger son poids et ainsi de faciliter le travail des apothicaires lors de la préparation des remèdes.
 Dans la deuxième salle, les étagères présentent une collection de 130 pots de faïence datés de 1782 dans lesquels étaient conservés les onguents, huiles, pilules et sirops …
 Cuisine
Dotée d’une vaste cheminée à deux foyers, elle est meublée de différents éléments dont un tourne-broche automatisé datant de 1698, animé par un petit automate en costume traditionnel appelé «Messire Bertrand» qui semble tourner la manivelle en veillant aux activités de la cuisine.
 La cuisine est aujourd’hui présentée comme elle était au début du XIXE siècle avec son grand fourneau muni de deux robinets d’eau chaude appelés «cols de cygne». Une sainte Marthe en bois polychrome veille sur la pièce, encadrée de bassines de cuivre.
 Anciennes caves
Une ancienne cave à vin voûtée médiévale de plus de 300 m est construite sous les Hospices de Beaune. La réserve particulière de vin des Hospices y est conservée. Cette cave est ouverte à la visite publique uniquement durant la vente des hospices de Beaune.
 Vignoble et vente de charité des vins des hospices
Les Hospices de Beaune sont propriétaires d’un domaine viticole bourguignon grâce à des dons et des héritages de riches seigneurs bourguignons du Moyen Âge depuis 1471 et à cinq siècles de gestion du patrimoine. Il comporte actuellement près de 60 hectares situés notamment dans les côte de Beaune et dans les côte de Nuits dont la plupart des parcelles sont situées dans des zones d’appellation premiers crus et grands crus d’exceptions. Les quarante-et-une cuvées de prestige obtenues sont vendues depuis 1794 sous forme d’enchères traditionnelles de charité «à la bougie», le troisième dimanche de novembre sous le nom de vente des hospices de Beaune. Le résultat des ventes, qui se situe entre 1,8 et 5,2 millions d’euros pour les meilleures années ainsi que les dons, est, depuis cinq siècles, consacré entièrement aux fonctionnements charitable et religieux des anciens hospices et des nouvelles institutions hospitalières civiles et laïques.
 À cette occasion, les élèves de l’école hôtelière internationale Savoie-Léman de Thonon-les-Bains, se chargent du service de plus de 500 convives, depuis 1955.
 Les Hospices de Beaune, devenus aujourd’hui musée, ont été modernisés avec les Hospices civils de Beaune qui emploient à ce jour 700 salariés et financent:
 Le centre hospitalier Philippe Le Bon de court séjour de Beaune, ouvert en 1971
Le Centre Nicolas Rolin de long et moyen séjour.
 Plusieurs scènes du film La Grande Vadrouille de Gérard Oury (1966) furent tournées aux Hospices de Beaune, en particulier dans la salle des «pôvres».

Nous sommes accueillis dans la cour des hospices par notre guide, qui sous un soleil rayonnant, nous situe les hospices dans l’histoire et son fonctionnement. Nous sommes entourés de bâtiments aux toits en ardoise, dont certains sont vernissés. Le vernissage des tuiles est réalisé sur un tiers des tuiles, car le reste est recouvert par la tuile qui lui est supérieure. Une tuile pèse 20 kilogrammes, il en fallait 60 pour couvrir un mètre carré. Nous allons visiter le rez-de-chaussée des hospices, nous commençons par la salle des pauvres, c’est une longue salle, de chaque côté de laquelle étaient disposés des lits et au centre des tables. Le plafond est tout en bois, il est en forme de vaisseau brisé, il culmine à 7 mètres de haut, la salle a 14 mètres de large, pour une longueur de 40 mètres, on a l’impression, d’être dans une nef d’église. Les lits sont tournés vers la chapelle, il y en avait 14 de chaque côté, ils étaient séparés par des rideaux, derrière les lits, il y avait un petit couloir délimité par une tenture. C’est derrière celle-ci, que les sœurs donnaient les soins aux malades. Dans ce couloir, on y trouvait aussi les chaises percées, qui étaient cachées de la vue par un rideau. On distingue des coffres en bois, dans lesquels, on disposait le linge des malades. Les murs étaient pavoisés de 140 mètres de tapisserie, commandée par les fondateurs, la dominance étant le rouge. Au-dessus de la porte d’entrée, une immense statue du christ de pitié, il est semi assis, il fait un mètre 70 de haut. Il est taillé dans un seul fût de chêne, la sculpture est très ouvragée et ajourée. Cette statue avait été recouverte de nombreuses couches de peinture, on pensait qu’elle était en pierre ou en plâtre, mais il y a une cinquantaine d’années, on a découvert, que le christ avait été taillé dans du chêne, il a donc retrouvé sa polychromie d’origine. En face de la porte d’entrée, au fond de la chapelle, il y avait un très grand tableau, de l’école flamande, qui s’appelle le jugement dernier. Les poutres majeures du plafond sont terminées, par des gueules de monstres. , qui ressemblent aux dragons que possédaient les bateaux des vikings au IX.me siècle. Pour les malades, les monstres allaient chasser la maladie. Cette salle n’était pas chauffée, tout au moins pas avant le XX.me siècle, c’est pour cela que les lits étaient partagés par 2 malades, afin qu’ils se tiennent chauds, bonjour la contamination des maladies, à noter que les pestiférés et les lépreux n’étaient pas soignés aux hospices. Les malades bénéficiaient tout de même de bouillottes en étain, et de moines ou luge qui permettaient de réchauffer le volume d’air entre la paillasse et la couverture. 
Nous nous dirigeons vers la chapelle, nous passons le jubé, qui sépare la partie publique de la partie religieuse, c’est une barrière en bois, qui peut être ouverte ou fermée. Dans la chapelle derrière un vitrail, on a découvert un tableau de 5 mètres de large pour 2 mètres 20 de haut, il a été transporté dans une salle que nous verrons en fin de visite, afin qu’il soit mieux conservé. A signaler que les vitraux de la chapelle, ont été détruits lors de la révolution. De chaque côté, nous pouvons découvrir des stalles, des religieuses assistaient aux offices, où on y consacrait les baptêmes, les enterrements et les prises de voile des religieuses. Les carrelages sont d’époques, ils ont les motifs choisis par les fondateurs, un rond avec le N de Nicolas, le G de guigone, et sur le pourtour 4 fois le mot seul suivi d’une étoile, ce qui a été abordé dans la présentation des hospices de Beaune ci-dessus. Ces motifs apparaissent partout au sol bien sûr, mais aussi sur les poutres et les vitraux. L’histoire atteste que le fondateur Nicolas avait certes une étoile légitime, mais il possédait aussi bon nombre d’étoiles filantes, et oui, ça a toujours existé. Le brave Nicolas a été enterré à Autun, sa ville natale, quand à Guigone, elle lui a survécu 8 ans, le statut des religieuses lui a permis de rentrer dans leur communauté, car elle était veuve. Ce fut donc son cas, elle a terminé ses jours aux hospices de Beaune, où elle fut enterrée dans cette chapelle. Une plaque au milieu de la chapelle l’affirme, elle repose donc dans une crypte avec d’autres bienfaiteurs. 
Nous sortons de la salle des pauvres, dont l’accès, se fait par la galerie qui entoure la cour intérieure. La partie du bâtiment de la salle des pauvres était recouverte d’ardoise grise, nous allons pénétrer dans la salle des riches, dont le toit est vernissé. C’est la salle Saint Hugues, le plafond est moins haut, elle possède des cheminées pour chauffer la salle. Les lits sont en bois, ils possèdent une potence pour aider le malade à se relever. Le volume est donc divisé en 2, ce qui permettait d’avoir un étage. Les murs et les plafonds sont décorées, des guérisons miraculeuses de Jésus christ.
 Dans les vitrines sont exposées tous les instruments utilisés pour soigner ou réparer les malades, des seringues, des scies, des poires à lavement, et bien d’autres instruments de torture, comme un vilebrequin pour faire un trou dans la boîte crânienne. Au départ des sœurs de l’hospice de Beaune, il a fallu remplacer une sœur par 3 emplois civils, pour dire l’âpreté au travail des sœurs soignantes dans les hôpitaux. 
Nous passons dans la salle Saint-Nicolas, Une rivière passe sous cette salle, on y nettoyer les instruments de soins, et on y jetait tous les détritus de l’hospice, auparavant on ne se préoccupait pas du tout de l’environnement. On peut y voir, un tube courbé à 90 degrés, muni d’une poire à l’une de ses extrémités. C’est un appareil qui permettait de se faire soi-même un lavement chez soi. Sous Louis XIV, la règle d’hygiène, était de 2 lavements par semaines. Le roi soleil, a subi 2000 lavements tout au long de son existence. Quand on rencontre quelqu’un, on lui demande souvent comment ça va. Mais au XVI.me siècle, cette formule voulait demander, si son corps allait bien, et si on allait bien à la selle. On se préoccupait bien de son transit intestinal à cette époque, et l’on répondait, oui je pète la santé ou ça gaze à merveille. Par la suite, les lavements ont été remplacés par les suppositoires, qui ont été abandonnés. Nous remarquons une scie à chaînette, qui était utilisée pour amputer. Après l’amputation, on cotorisait au fer chaud.
 Nous nous dirigeons vers les cuisines, un tourne broche entraîné par des poulies est exposé, il est l’œuvre d’un horloger. De magnifiques robinets en bronze, permettaient de s’approvisionner en eau chaude qui était fournie par le foyer de la cheminée. Les instruments et mobilier de cette cuisine ont soit servis dans la cuisine des hospices, ou ont été légués par des personnes. 
Nous ressortons dans la cour, nous déambulons sous la galerie qui permettait de passer d’une salle à l’autre en étant à l’abri. La cuisine est à proximité du puits, qui se trouve dans la cour intérieure des hospices. Le nouvel hôpital de Beaune est établi sur un terrain de 7 hectares, les anciens hospices, qui font partie du centre ville de Beaune, sont établis sur 2 hectares. Nous pénétrons dans la pharmacie des anciennes hospices de Beaune, l’espace est très réduit. Aux murs sont accrochés des portraits de religieuses, qui ont suivi des études supérieures pour prendre la place de l’apothicaire. Auparavant, c’était un pharmacien de la ville, qui occupait ce poste, il fallait donc le payer. Ces religieuses, ont donc été les premières femmes au monde, à avoir le diplôme de pharmacien. Dans la salle, on peut y voir des alambics, qui servaient à élaborer les huiles essentielles et à stocker l’eau distillée. On y remarque des mortiers de tailles différentes, un énorme avait un pilon si lourd à lever, qu’on l’avait suspendu au plafond, et avec un arc et un ressort l’effort à fournir était moindre pour l’actionner. On peut y voir un appareil à rouler les pilules, pour leur donner une forme cylindrique. Nous distinguons aussi le moule à suppositoire, que l’on faisait avec du beurre de cacao, pour qu’il s’adapte à la température du corps. Derrière le moule à suppositoire, on a le bocal qui contenait le beurre de cacao. Nous sommes dans la salle de préparation des remèdes, nous passons ensuite dans la salle de présentation des remèdes. C’est une officine, dont les murs sont pavoisés de boiseries. Nous marchons sur des carrelages qui rappellent, le nom des commanditaires des hospices, avec les 4 mots, Seule étoile. Nicolas Rollin, avait commandé 50000 carrelages ainsi estampillés. L’énorme mortier et son pilon suspendu, a été acheté au dernier pharmacien qui a eu la charge d’apothicaire aux hospices. Son contrat n’ayant pas été renouvelé, sur le mortier est inscrit son nom, et la date à laquelle, il a été fabriqué. Dans un pot de 50 centimètres de haut qui se trouve dans une vitrine, il servait à mélanger des produits pour faire des médicaments, dans celui-ci, on mélangeait de l’opium avec de la chair de serpent. On obtenait ainsi la termaque, c’était un remède miracle. Les remèdes étaient à base fer de cuivre, d’arnica, la digitale, on a même le sang de dragon, qui provient de la sève du dragonnier qui a un effet cicatrisant. La poudre de cloporte a un effet dur étique, l’huile de ver de terre est très riche en oméga 3. Le sirop de limace, calme la toux. On a aujourd’hui des crèmes de beauté, qui contiennent de la bave d’escargot, elles remplissent à merveille les rides du visage. On fabriquait également de l’huile de 1000 fleurs, c’est à base de fleurs des champs, on ne cueillait pourtant pas les fleurs dans les champs. Il suffisait de les laisser manger aux vaches, puis on distillait les bouses de vaches. C’est comme cela que l’on préparait, l’huile aux mille fleurs. Une fois cuite la bouse de vache, a une odeur de vanille. On administrait aussi par voie orale, de l’urine de vache prête à vêler. 
Nous pénétrons maintenant dans une ancienne salle de malades, les murs sont recouverts de tapisseries, et des coffres y sont exposés. Le plafond culmine à 6 mètres de haut, la guide nous parle de la vente des hospices de Beaune et leur déroulement chaque année au mois de novembre. Puis elle nous convie, d’aller dans une salle tempérée, où est exposé le polyptyque du jugement dernier, attribué au peintre flamand Rogier van der Weyden. Ce tableau a été découvert derrière un vitrail, qui le cachait dans la chapelle qui prolonge la salle des pauvres. Il a été transféré dans cette salle, afin qu’il soit conservé de tous les changements de températures et de l’humidité.
 Après 2 heures de visite, nous rejoignons notre bus, pour continuer notre circuit. Nous devons nous rendre à Marey-les-Fussey qui se trouve dans les hautes côtes de Nuits. Nous traversons Pernon, où l’on replante de la vigne. Dans les hautes côtes de Nuits, la vigne est plantée plus espacée qu’en côte de Nuits. Nous voici à Marey-les-Fussey, dont voici la présentation :

Marey-lès-Fussey est une commune française située dans le département de la Côte-d’Or en région Bourgogne. Elle compte 61 habitants, elle s’étend sur 4 kilomètres carrés et s’étale entre 300 et 450 mètres d’altitude. On y cultive les fruits rouges, dont le cassis, et des vins des hautes côtes de Nuits.

Nous allons rendre visite à Colette et Paul Simon, qui nous accueille dans leur caveau. Le vin des hautes côtes de Nuits est élevé à 450 mètres d’altitude, alors que ceux des côtes de Nuits sont produits par un vignoble qui se situe à 200 mètres d’altitude. L’exploitation des Simon, produit du cassis sur 6 hectares et possèdent 2 hectares de vigne. Le cassis a été cueilli, il y a un bon mois, la récolte a été transportée chez un liquoriste, qui va transformer le cassis en crème de cassis. Le cassis se ramasse avec une machine, à signaler que la vendange du domaine s’effectue aussi à la machine à vendanger. En bas dans la côte on plante 10000 pieds à l’hectare, mais ici dans les hautes côtes, la vigne est plantée plus espacée, on compte entre 3000 et 5000 pieds à l’hectare par conséquence. Le domaine Simon est planté en rangées espacées de 2 mètres 50 et chaque pied est espacé de 0,80 mètre. La zone fructifère de la vigne se situe entre 0,80 et 1,30 mètre de haut, le palissage est donc de 1,20 mètre de haut. Il faut donc que le pied de vigne soit taillé, afin de respecter la zone de fructification. Le domaine produit du bourgogne aligoté, du chardonnays, ces 2 cépages produisent du vin blanc. On élève aussi du vin rouge, qui provient du cépage pinot noir, ce cépage donne du jus blanc. La couleur rouge se réalise lors de la fermentation, elle résulte de la couleur de la peau du raisin. La vinification se fait au domaine, la commercialisation se divise en 2, 70% par le négoce, le reste sera mis en bouteille un an après sa vinification, et vendu un an plus tard, aux clients qui passent au caveau. Le domaine est présent sur quelques salons vinicoles pour se faire connaître, car le touriste n’est pas très développé dans les hautes côtes de nuits. La partie vinification et stockage, se trouve sous le caveau, où nous sommes. Les vignes du domaine ont entre 20 et 50 ans d’âge. Au bout de la troisième année, on peut espérer récolter le fruit de la vigne plantée. Pour avoir un rendement optimal, c’est-à-dire avoir un produit de bonne qualité, il faut que la vigne soit bien enracinée, pour ce faire, il faut attendre entre 10 et 20 ans de plantation. La vigne jeune produit beaucoup, au détriment de la qualité, et plus la vigne vieillit, le rendement s’amenuise, mais la qualité est supérieure. Le viticulteur surveille sa vigne, quand il voit que la production est devenue rare, il décide de l’arracher, pour en planter une nouvelle. Un domaine doit être géré correctement, car qui dit arrachage, dit perte de revenus. En général, celui qui plante la vigne, ce n’est pas lui qui l’arrachera. Quand le raisin arrive au domaine, il subit une macération à froid, on ne fait pas démarrer la fermentation tout de suite, on maintient une température plus basse que celle du raisin qui varie entre 20 et 25 degrés. Pendant la macération à froid, un appareil, appuie sur le raisin pour le submerger dans son jus. Le jus change de couleur, grâce à la peau du raisin, il commence à rougir. C’est ce que l’on appelle l’étiage à froid, quand on submerge le raisin dans son jus. L’opération doit être réalisée 3 à 4 fois par jours pendant 4 à 5 jours. Une fois que le solide est complètement submergé dans le jus, on arrête la macération à froid, et on fait partir la fermentation à proprement dire. Si la macération est difficile à venir, on adjoint de la levure dans la cuve pour la provoquer. La fermentation fait augmenter la température, on travaille jusqu’à une température de 35 degrés, afin d’extraire une couleur foncée. La fermentation dure entre 8 à 10 jours, les cuves se refroidissent, on retire le jus, appelé le jus de goutte, puis on retire la partie solide. Que l’on presse, pour obtenir le jus de presse. On assemble les 2 jus, que l’on met en décantation dans une cuve, puis le vin voué à la négoce sera mis dans des cuves en inox, et le vin qui restera à la propriété, il sera mis dans des tonneaux, appelées pièces, qui ont une contenance de 228 litres, soit 300 bouteilles. Cette vinification est pour obtenir le vin rouge, celle du vin blanc est plus simple. Le cépage blanc va directement au pressoir, du pressoir on extrait les jus, les jus descendent en cuverie, on les décante pendant 24 ou 48 heures, puis les jus remontent à notre niveau dans le caveau pour être vinifiés. Le blanc doit être travaillé à basse température, elle ne doit pas dépasser 20 à 25 degrés. Pour ce faire, les cuves sont équipées de groupes de froid, qui vont pendant 2 jours refroidir la cuve. Puis démarre la fermentation, mais la température ne doit pas dépasser 25 degrés, pour ne pas que le vin blanc perde ses arômes naturelles. La fermentation du vin blanc terminée, le vin redescend en cuverie, et tout comme le vin rouge, il est entreposé en cuve en inox ou dans des pièces, suivant sa destinée. Pour travailler la vigne, on utilise des tracteurs spéciaux, appelés enjambeurs. Entre chaque rangée de vigne, la zone est enherbée, et entre chaque pied le sol est désherbé. En hautes côtes de Nuits, les terrains sont en pente, l’herbe permet de stabiliser la terre, et elle évite qu’elle dévale la pente, lors de fortes pluies. On pratique un traitement préventif de la vigne, appelé traitement pneumatique, on souffle un produit sur les feuilles afin de prévenir des maladies. La vigne a 2 maladies principales, le mildiou et l’odium. Il existe aussi le ver de la grappe, en 24 heures ce ver peut anéantir une récolte. Le printemps est consacré à la taille de la vigne, elle s’effectue avec des sécateurs électriques. La vigne résiste jusqu’à des températures de moins 15 degrés, la grêle est l’ennemi numéro un des viticulteurs. Ils essaient de diminuer ce phénomène, par des techniques de plus en plus sophistiquées, dont les résultats sont plus ou moins convaincants. 
Après une bonne présentation du travail que demande un domaine vinicole, nous avons dégusté : un bourgogne aligoté 2011, du chardonnays avec un petit soupçon de muscat, du pinot noir hautes côtes de Nuits, un pinot noir Nuits-Saint-Georges, de la crème de cassis, de la liqueur pêche de vigne et du ratafia. 
Il se fait tard, il est temps de rejoindre Dijon, ce sont les papilles toutes émoussées, par ces nectars dégustés, que nous sommeillons jusqu’à notre hôtel. Ce soir, nous ne prenons pas le kir, nous prenons directement la direction de la table, pour le dîner.

Jour 4 : Nous prenons la direction de l’Auxois, pour aller visiter Flavigny-sur-Ozerain, qui sera notre première étape. Nous quittons Dijon par l’ancienne RN5, qui reliait Genève à Paris, appelée la route blanche. A la sortie de Dijon, sur notre gauche, nous longeons le lac Kir, il a une longueur de 1,5 kilomètre, pour une largeur de 400 mètres. Il est alimenté par l’Ouche qui le traverse, il a pris place sur d’anciens marécages qui marquaient l’entrée de Dijon. C’est à cet endroit, que Bernard Thévenet, un bourguignon de Saône-et-Loire, a gagné son premier tour de France en 1975. En marquant un grand coup, il remporte le contre la montre de Dijon, il met Eddy Merckx hors de portée, ce qui sonnera la fin de carrière du grand coureur belge. Sur notre droite, se trouve la ligne SNCF, qui relie Dijon à Paris, en 1 heure 30 en TGV. Nous voici à Plombières-les-Dijon, d’où démarre L’A38, qui relie Dijon à Pouilly-en-Auxois, où elle rejoint l’A6 qui conduit de Paris à Lyon. Plombières-les-Dijon, est connu pour sa caserne CRS, c’est dans cette commune qu’était installé le petit séminaire où à étudié Félix Kir, à la fin du XIX.me siècle, le futur chanoine Kir. A la sortie de Plombières-les-Dijon, nous passons sur l’Ouche et Le canal de Bourgogne qui relie la Seine au Rhône via la Saône. Nous sommes sur l’autoroute A38, dans la vallée de l’ouche, sur notre gauche c’est la colline qui nous sépare du val de Saône, où nous étions hier. Sur notre droite, c’est la colline qui nous sépare du Val Suzon, en direction de Chatillon-sur-Seine. Sur le plateau de cette colline se situe, le circuit automobile de Presnois-les-Dijon, qui dans les années 1970 s’y déroulait les courses de formule 1. Nous tutoyons l’Ouche et le canal de Bourgogne, sur notre droite à flanc de colline, on distingue la voie SNCF, qui franchit un viaduc avant de s’engouffrer dans le tunnel de Blaizy-le-bas. Dans les années 1960, le Vintimille-Paris, est tombé du viaduc, il y a eu un grand nombres de morts et de blessés Sur notre gauche des carrières toujours en exploitation, elles ont fourni l’essentiel de l’empierrement de l’A38 construite dans les années 1970. Nous sortons à Pont-de-Pany, où nous allons récupérer Chantal, qui a organisé le séjour. A l’époque de la RN5, il y avait un excellent relais routier, où l’on dégustait de sublimes cuisses de grenouilles. Nous reprenons l’autoroute, et nous commençons à gravir le plateau de l’Auxois, qui domine la vallée de l’Ouche et Dijon. Nous quittons l’autoroute, nous empruntons l’ancienne RN5, qui file sur le plateau. Nous évitons Sombernon, nous voici à Grosbois-en-Montagne, où est situé la retenue d’eau qui alimente et régule le canal de Bourgogne, afin de l’accompagner pour descendre du plateau de l’Auxois dans la vallée de l’Ouche. Nous voici à grosbois-en-Montagne, la commune possède un château, il appartient au comte d’Arcourt qui a défrayé l’actualité judiciaire. Il est compromis en tant que commanditaire du meurtre d’une pharmacienne montpelliéraine, il a été acquitté en raison de son âge, il a près de 90 ans. La délinquance dorée existe donc bien, ele n’est pas uniquement le fruit des cités. Sur notre gauche un village perché, la famille de Bossuet y possédait une propriété, où il aimait s’y recueillir, voici la présentation de Bossuet :

Jacques Bénigne Bossuet Prélat, prédicateur et écrivain français Dijon 1627-Paris 1704
L’homme et l’artiste
Jacques Bénigne Bossuet appartenait par son père comme par sa mère à des familles de magistrats dijonnais d’anoblissement récent. Il fut tôt destiné à l’état ecclésiastique. Après avoir commencé ses études chez les jésuites de Dijon, il les termina à Paris au collège de Navarre. Il fut reçu docteur le 16 mai 1652 ; il avait été ordonné prêtre le 16 mars précédent. Pourvu d’un canonicat à Metz depuis 1640, il fit de longs séjours à Paris et fréquenta le fameux cabinet des frères Dupuy, qui était alors un des hauts lieux de l’érudition. Il semble qu’il ait songé un temps à une carrière intellectuelle ; il s’adonna à la controverse contre les protestants et se fit rapidement une belle renommée de prédicateur. Pourtant, les relations de sa famille lui avaient procuré des amitiés à la Cour et il pouvait espérer aborder aux hautes fonctions ecclésiastiques…

Nous voici à Viteaux, une commune importante de l’Auxois, elle possède de magnifiques anciennes halles, qui sont aujourd’hui la salle des fêtes communale. Nous continuons la RN5, en direction des Laumes et Montbard, nous passons sous la ligne SNCF Paris-Dijon, sur notre droite Alize-sainte-reine, le village natal du chanoine Kir, dont voici la présentation :

Félix Kir (Alise-Sainte-Reine, 22 janvier 1876 – Dijon, 25 avril 1968), plus connu sous le nom de chanoine Kir, est un prêtre séculier, chanoine et homme politique français. Résistant, il fut, après-guerre, député-maire de Dijon. Il a donné son nom à une boisson, le kir. 
Issu d’une famille installée depuis plusieurs générations à Alise-Sainte-Reine, Félix Kir naît dans ce village en 1876. En 1891, il entre en quatrième au petit séminaire de Plombières-lès-Dijon et est ordonné prêtre en 1901. Il est successivement vicaire à Auxonne; curé de Drée; vicaire à Notre-Dame de Dijon de 1904 à 1910; curé de Bèze de 1910 à 1924, ministère pendant lequel il est mobilisé dans les services de santé. De 1924 à 1928, il est curé de Nolay. En 1928, l’évêque de Dijon le nomme directeur des œuvres et groupements d’hommes et des œuvres de presse. Il s’installe alors à Dijon. Il est nommé chanoine honoraire en 1931.
 La Seconde Guerre mondiale permet au chanoine Kir d’exercer des responsabilités publiques. Le 16 juin 1940, alors que le maire de Dijon, Robert Jardillier, a quitté la ville, Félix Kir est nommé membre de la délégation municipale de Dijon. Il fait évader 5000 prisonniers de guerre français du camp de Longvic. Cette activité lui vaut d’être arrêté par les Allemands d’octobre à décembre 1940, puis relâché; mais il perd alors ses fonctions municipales. Il est à nouveau arrêté, deux jours, en 1943. Son attitude patriote lui attire l’hostilité des collaborateurs. Le 26 janvier 1944, il est victime à son domicile d’un attentat perpétré non par la Milice, mais par des Français à la solde directe des occupants. Blessé de plusieurs balles, il se soustrait aux recherches de la Gestapo en quittant Dijon, où il revient le 11 septembre 1944, jour de la Libération de la ville.
 Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1946 et cité à l’ordre de l’armée.
 En mai 1945, il est élu maire de Dijon et le reste jusqu’à sa mort, étant réélu en 1947, 1953, 1959 et 1965. Il est conseiller général de Côte-d’Or et député à l’Assemblée nationale de 1945 à 1967, et inscrit au CNI. Il est le doyen de l’Assemblée nationale de 1953 à 1967.
 À Dijon, sa réalisation la plus notable est le lac artificiel à l’ouest de la ville, créé pour agrémenter la ville et réguler les crues de l’Ouche. Inauguré le 20 juin 1964, il reçut officiellement en 1965 le nom de lac du chanoine Kir. Sous ses mandats, de nouveaux quartiers sont urbanisés, notamment celui de la Fontaine-d’Ouche.
 Le maire de Dijon appréciait les jumelages: il a jumelé sa ville avec York et Dallas en 1957, Mayence en 1958, Reggio d’Émilia en 1963, Meknès en 1967. Dijon et Stalingrad furent associées en 1959.
 C’était un personnage truculent, aux réparties mordantes. Il travailla de son vivant à créer sa propre légende, en s’attribuant des actions exceptionnelles. Il n’hésita pas à prendre le képi pour faire la circulation devant la mairie de Dijon. À un député communiste qui l’invectiva sur sa foi, refusant qu’on puisse croire en Dieu sans jamais l’avoir vu, il aurait répondu: «Et mon cul, tu l’as pas vu, et pourtant il existe!». Ce fut le dernier prêtre député à avoir porté la soutane sur les bancs et à la tribune de l’Assemblée nationale. À la tribune de l’assemblée, il eut cette formule: «Mes chers confrères, on m’accuse de retourner ma veste et pourtant, voyez, elle est noire des deux côtés».
 À l’Assemblée nationale il présida également, en tant que doyen d’âge, la première séance de la Ve République.
 Le chanoine donna son nom à une recette de vin blanc-cassis, le kir, que la mairie servait à ses invités depuis plusieurs décennies. En 1952, le chanoine concéda l’exclusivité du nom à la maison Lejay-Lagoute. Néanmoins, pour ne pas peiner les autres liquoristes de Dijon, il leur permit également d’utiliser son nom, ce qui provoqua un conflit: un arrêt de la Cour de cassation du 27 octobre 1992 réserva l’exclusivité du Kir à la maison Lejay-Lagoutte, mais cet arrêt ne fut jamais appliqué. Lorsqu’il se rendait à l’Assemblée, il emportait un cabas contenant une bouteille de vin blanc et une bouteille de liqueur de cassis et il offrait un kir à ses compagnons de voyage.
 Lors d’une visite officielle en France, le premier secrétaire du Parti communiste de l’U.R.S.S., Nikita Khrouchtchev, vint à Dijon le 28 mars 1960 pour rencontrer le chanoine Kir. Cette entrevue ne put avoir lieu, le chanoine en ayant été dissuadé par l’évêque de Dijon, soutenu par la Commission permanente de l’Épiscopat, en raison des persécutions commises contre les catholiques dans les pays communistes. L’après-midi du 28 mars 1960, Félix Kir quitta Dijon et n’y revint que le soir, pour éviter que se déroulent des manifestations devant son domicile, au moment de la visite de Khrouchtchev. Cet épisode, déformé par la presse, fut présenté comme un «enlèvement» du chanoine Kir. Cependant, le chanoine rencontra quelques semaines plus tard Nikita Khrouchtchev à l’ambassade soviétique à Paris, le 17 mai 1960. Puis il fut invité à lui rendre visite en septembre 1964 à Moscou, et il s’entretint avec lui au Kremlin.
 Cette rencontre, ainsi que le jumelage (officiellement «protocole d’amitié») de Dijon avec Stalingrad (aujourd’hui Volgograd) en 1959, firent de lui le plus célèbre «anticommuniste pro-bolchevik de l’Histoire de France». Cela lui valut un désistement en sa faveur du candidat communiste au second tour des élections législatives de 1962 (alors qu’il était membre d’un parti nettement à droite, le Centre national des indépendants et paysans). Il fut alors réélu face au candidat gaulliste, Robert Poujade, réélection qui n’aurait pas été assurée sans ce désistement.

Puis voici la cité médiévale de Flavigny-sur-Ozerain, qui se dessine sur son éperon rocheux, en voici la présentation :

Flavigny-sur-Ozerain est une commune française située dans le département de la Côte-d’Or en région Bourgogne.
 Le vieux bourg est classé parmi les plus beaux villages de France. C’est aussi l’unique lieu de fabrication des Anis de Flavigny. 
La commune compte 304 habitants, elle s’étend sur 27 kilomètres carrés, et s’étale entre 240 mètres et 480 mètres d’altitude.
 Au cœur de l’Auxois, la cité médiévale de Flavigny-sur-Ozerain est située sur un éperon rocheux, cerné de trois rivières, l’Ozerain, la Recluse et le Verpant. 
Communes limitrophes : Alise-Sainte-Reine, village natal du chanoine Kyr. Grésigny-Sainte-Reine, Darcey, Mussy-la-Fosse, Pouillenay, Marigny-le-Cahouët, La Roche-Vanneau, Hauteroche.

En 52 avant J.-C., le chef gaulois Vercingétorix dirige la rébellion et conduit une armée contre César. Vercingétorix se replie sur le mont Auxois et César établit des lignes de défense tout autour de l’oppidum, et défait les armées gauloises. C’est notamment sur la colline de Flavigny qu’il installe l’un de ses campements militaires.
 Après le siège d’Alésia (oppidum situé alors sur une colline voisine) et le départ des armées romaines, le général de Jules César et vétéran romain Flavinius se voit offrir une partie de cette terre formée de la colline où sera bâtie peu après la cité de Flavianiacum, aujourd’hui commune de Flavigny-sur-Ozerain.
 Le village tient aussi son origine d’une abbaye bénédictine fondée en 719 par Wideradus, fils de Corbon, le chef burgonde (peuple germano-scandinave) puis rénovée au XVE siècle par Quentin Ménard, archevêque de Besançon et natif du lieu. C’est la règle bénédictine écrite par saint Benoît de Nursie au ViE siècle qui organise la vie quotidienne des moines. Elle rythme leur temps entre la prière, le travail manuel et le travail intellectuel.
 En 1590, Henri IV crée à Flavigny un Parlement rival de celui du Parlement de Dijon qui ne le reconnaît pas pour roi. Ainsi se rendent à Flavigny les parlementaires qui lui sont fidèles.
 Flavigny est le lieu de fabrication des Anis de Flavigny. Ce sont des dragées contenant en leur cœur une graine d’anis. Fabriqués simplement avec du sucre, une graine d’anis et des arômes naturels, les Anis sont déclinés en plusieurs arômes naturels: l’anis, la violette, la menthe, le citron, la réglisse, la rose, la fleur d’oranger, le cassis, le gingembre, la mandarine. Les dragéistes successifs sont fidèles à la même recette depuis 1591 et les Anis sont toujours fabriqués dans l’abbaye Saint-Pierre à Flavigny. Cette fabrique artisanale et familiale a reçu le ruban bleu de l’interprofession Intersuc en 1988 et la reconnaissance des Ministères de la Culture, du Tourisme, de l’Agriculture et de l’Environnement en 1992 avec le titre de Site Remarquable du Goût. Il est possible de visiter l’atelier de dragéification au sein de l’abbaye.
 L’abbaye bénédictine Saint-Pierre, fondée à Flavigny au VIIIE siècle, a été reconstruite au XVII.m siècle. Elle comporte des vestiges d’époque carolingienne: la crypte Sainte-Reine. Il est possible de visiter la crypte carolingienne de l’abbaye.
 L’église Saint-Genest, édifiée au XIIIE siècle, a été remaniée aux XVE et XVIE siècles. Elle possède de remarquables stalles du XVIE siècle, une tribune centrale de style gothique et une importante statuaire.
 Construit en 1700, l’hôtel particulier du marquis de Souhey est aujourd’hui occupé par les moines bénédictins de l’abbaye Saint-Joseph de Clairval.
 Flavigny abrite la Maison des Arts Textiles & du Design créée par le designer Daniel Algranate. Elle est constituée d’un musée retraçant l’histoire du design textile et d’un jardin botanique composé de plantes à usages textiles. 
Personnalités liées à la commune :
 Flavinius, général de Jules César et fondateur de la ville.
 En 2000, Flavigny a servi de décor extérieur au film américain Le Chocolat de Lasse Hallström avec Juliette Binoche, Johnny Depp.
 Le séminaire Saint-Curé-d’Ars, de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, est installé à Flavigny depuis 1986. Viennent y passer leur première année, les personnes se destinant à être prêtres avant de partir poursuivre leur cursus de six ans à Écône.
 Flavigny a été le lieu du stage de violoncelles Ponticelli en 2012. Les professeurs et stagiaires ont donné plusieurs concerts à l’église et dans les environs

C’est sous un soleil fringant que nous commençons la visite de Flavigny-sur-Ozerain, le parking des bus, se trouve au pied du monastère traditionaliste créé à cet endroit par Marcel Lefebvre, après Bossuet et le chanoine Kir, voici la présentation de Marcel Lefebvre :

Marcel Lefebvre, né le 29 novembre 1905 à Tourcoing (Nord) et mort le 25 mars 1991 à Martigny (Valais), est un homme d’église français. Archevêque catholique de Dakar et délégué apostolique pour l’Afrique française, il devient en 1962 évêque de Tulle puis supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit. Figure de l’opposition au concile de Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-Pie-X et le séminaire international d’Écône, créés pour «former des séminaristes en vue de la prêtrise». En 1988, il est excommunié latæ sententiæ pour avoir sacré quatre évêques traditionalistes sans l’aval de Rome. 
Marcel Lefebvre, né le 29 novembre 1905, est issu d’une famille d’industriels catholiques du Nord, dont cinq enfants sur huit deviennent prêtres ou religieux (dont Mère Marie-Christiane du Saint-Esprit, fondatrice du carmel de Quiévrain). Son père est René Charles Joseph Marie Lefebvre né le 23 février 1879 à Tourcoing, d’une famille qui donnera quinze enfants à l’Église. Il meurt le 4 mars 1944, d’une hémiplégie suite aux coups donnés par son gardien, au camp de Sonnenburg[1] où il était interné pour faits de résistance, ce qui lui avait valu deux condamnations à mort à Berlin le 28 mai 1942, pour intelligence avec l’ennemi et recrutement de jeunes gens pouvant porter les armes contre le Grand Reich allemand. Il fut décoré de la Médaille militaire à titre posthume, le 16 juillet 1953. Il est le cousin de Mgr Joseph-Charles Lefèbvre.
 Élève de l’Institution libre du Sacré-Cœur, entré au séminaire français de Rome en 1923 (ses études lui inspirent une fascination pour les papes, il est ordonné prêtre en 1929 par l’archevêque de Lille Mgr Liénart. Déjà docteur en philosophie, il devint docteur en théologie l’année suivante. Disciple et admirateur de P. Henri Le Floch, son professeur, il lui reste fidèle bien que celui-ci ait été contraint de quitter son poste de recteur au séminaire français pour ses sympathies maurrassiennes (l’Action française venait d’être condamnée par Pie XI en 1926). Après un an comme second vicaire de la paroisse ouvrière de Marais-de-Lomme et de son église, Notre-Dame de Lourdes, à Lomme (la paroisse actuelle Saint-Benoît-des-Marais étant sa continuité), il entre au noviciat de la congrégation du Saint-Esprit (congrégation missionnaire dont les membres sont plus connus sous le nom de spiritains). Il fait profession religieuse en septembre 1932.
 Il devient missionnaire au Gabon. Il s’y implique dans des postes de brousse et dirige le séminaire. À la Seconde Guerre mondiale, il est encore mobilisable et est affecté à la colonie. Il est rappelé en France, en 1945 et est nommé supérieur du scolasticat des spiritains à Mortain.
 En 1947, il retourne en Afrique comme évêque et vicaire apostolique de Dakar (dans un pays, le Sénégal, de 1,7 million d’habitants et 54000 catholiques), où il fonde l’année suivante le Cours Sainte-Marie de Hann, un établissement privé ambitieux, destiné à accueillir des élèves venus de toute l’AOF. Pie XII lui donne la charge de délégué apostolique pour l’Afrique francophone (plus de 40 diocèses), avec la mission d’africaniser l’Église en Afrique: pour cela, il crée des séminaires et confie des responsabilités au clergé local; il doit aussi rechercher les personnes aptes à devenir évêques; il est remplacé à cette charge le 9 juillet 1959 par Mgr Émile Maury. En 1955, il est le premier archevêque de Dakar. À la demande du président sénégalais, Léopold Senghor, Jean XXIII le retire de Dakar où il est remplacé en janvier 1962 par Mgr Hyacinthe Thiandoum[4] qu’il avait ordonné prêtre en 1949.
 Il est alors nommé évêque de Tulle (France), tout en restant archevêque à titre personnel. La même année, et dans des conditions très tendues[5], il est élu supérieur général des missionnaires spiritains. Il renonce alors au diocèse de Tulle et est nommé par Rome en août 1962, archevêque In partibus de Synnada en Phrygie.
 C’est à titre d’évêque-archevêque emeritus, et supérieur général religieux que Mgr Lefebvre participe au concile Vatican II.
 Au sein de la commission préparatoire il fait de sérieuses critiques contre le schéma sur la liturgie. En séance plénière cependant il n’intervient qu’une seule fois: contre la collégialité (notamment les pouvoirs accordés aux conférences épiscopales en matière liturgique). Le 4 décembre 1963, au vote final sur la constitution Sacrosanctum Concilium (sur la liturgie), il vote avec la majorité qui est très largement en faveur du document.
 Il tente, en vain, d’introduire la condamnation expresse du communisme dans la constitution Gaudium et Spes sur l’activité pastorale de l’Église.
 Mais c’est surtout lors des débats sur la liberté religieuse qu’il se fait remarquer. Il rejoint le groupe informel Coetus Internationalis Patrum. Ce groupe de travail critique notamment les textes proposés à l’assemblée des évêques sur la liberté religieuse, les jugeant non conformes à la Tradition de l’Église. Après de longs débats, le texte de Dignitatis Humanae est cependant adopté par 2308 voix contre 70. Durant le concile, au sein du Coetus, il cherche à faire entendre la voix traditionaliste. Il a notamment voté contre la déclaration Dignitatis humanae sur la liberté religieuse, et a cependant apposé sa signature sur le document final, alors même que d’autres prélats présents ne le faisaient pas.
 Le concile terminé, il aborde la question de l’«aggiornamento» au sein de la congrégation des spiritains. En 1968, à la suite de la modification de la règle établie par leur fondateur, le vénérable Père François Libermann à laquelle il se refusait, il se démet de sa charge de supérieur général.
 Peu à peu, d’abord en privé puis ouvertement après la publication du nouveau Missel romain en 1969, il s’associe à la critique des «traditionalistes» à l’encontre du concile Vatican II et des réformes issues de l’«esprit du concile».
 Il est un critique de la nouvelle liberté religieuse (pour toutes les religions), du nouvel œcuménisme (sans conversion), de la subsidiarité (consultation constante du pape avec les évêques), de la nouvelle conception de la collégialité et de la réforme générale de la liturgie, et tout particulièrement du rite de la messe promulgué par Paul VI —le nouvel Ordo Missae— qui vient se substituer au rite dit tridentin, codifié par le Pape saint Pie V. De manière générale, il dénonce la dérive de l’Église vers le modernisme qui privilégie l’Homme tel qu’il fut dénoncé auparavant par les Papes Léon XIII, Pie IX (Syllabus) et Saint Pie X (enc.Pascendi).
 En 1970, à la demande de plusieurs séminaristes français, il fonde à Écône (Suisse) la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Les buts de cette fraternité sacerdotale sont «le sacerdoce et tout ce qui s’y rapporte et rien que ce qui le concerne». L’institution est érigée canoniquement par Mgr Charrière, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg en tant que «pieuse union» pour une durée de 3 ans ad experimentum renouvelables. De son côté, l’évêque de Sion l’autorise à fonder un séminaire à Écône.
 D’abord relativement discret dans sa critique du concile Vatican II, Mgr Lefebvre en vient à prendre publiquement position. Alors que Rome lui enjoint d’adopter le rite de Paul VI, Mgr Lefebvre publie le 21 novembre 1974 un manifeste résumant ses positions:
 «Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la Foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. (…)
Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles. S’il arrivait, dit saint Paul, que nous-mêmes ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème (Gal. N’est-ce pas ce que nous répète le Saint-Père aujourd’hui? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église.(…)
 Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit. (…)
C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures. C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle.»
 Le 11 novembre 1974, la Congrégation des séminaires envoie à Ecône un groupe de trois «visiteurs apostoliques» pour examiner le fonctionnement du séminaire, dont Mgr Albert Descamps[10]. À la suite du rapport critique des visiteurs apostoliques, une Commission composée de trois cardinaux est constituée et convoque Mgr Lefebvre, le 13 février 1975, pour clarifier la situation. Face aux préfets des Études, du Clergé et des Religieux, il maintient ses critiques de l’«Église conciliaire».
 En conséquence, le 6 mai 1975, l’évêque de Fribourg, Mgr Mamie, retire son autorisation à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X.
 Malgré cela, Mgr Lefebvre décide de continuer son action de formation de prêtres, et, en juin 1976, il ordonne treize prêtres sans lettres dimissoires.
 Le 22 juillet 1976, Paul VI frappe Marcel Lefebvre d’une suspense a divinis, pour ordinations sans lettres dimissoriales et la Fraternité est dissoute.
 En réponse, dans une interview au Figaro, Mgr Lefebvre décrit Vatican II comme «un concile schismatique» et s’interroge publiquement sur la légitimité de Paul VI. Et le 29 août, Mgr Lefebvre célèbre la «messe de Lille» au cours de laquelle il déclarera qu’«on ne peut dialoguer ni avec les francs-maçons, ni avec les communistes, car on ne dialogue pas avec le diable!» Le 27 février 1977, des fidèles traditionalistes, menés par Mgr François Ducaud-Bourget, soutenant le rite Tridentin, occupent par la force l’église parisienne Saint-Nicolas-du-Chardonnet.
 Sur le plan politique, il soutient des mouvements conservateurs ainsi que certains régimes dictatoriaux se revendiquant du catholicisme. Ainsi en 1976, il exprime un soutien indirect au régime du général Videla, en Argentine. De même, en 1985, il déclare admirer les régimes qu’ont mis en place Franco et Salazar, saluant notamment le fait que ces deux pays avaient su rester neutres pendant la Seconde Guerre mondiale, épargnant non seulement leur population, mais aussi les Juifs qui y résidaient. Enfin, la même année, il accorde son soutien, dans le quotidien Présent, à Jean-Marie Le Pen, président du Front national, en tant que seul homme politique clairement opposé à l’avortement. Il sera d’ailleurs admiré par différentes personnalités classées à l’extrême droite comme François Brigneau et Roland Gaucher.
 Malgré les tensions entre Mgr Lefebvre et Rome, les relations ne sont jamais rompues et nombre de courriers sont échangés afin de trouver une solution apaisée.
 Le conflit entre Mgr Lefebvre et Rome s’exacerbe en 1986. En effet en cette année-là, le Pape Jean-Paul II organise à Assise, une rencontre inter-religieuse où les représentants de toutes les religions sont invités à une journée de prière pour la paix. Le pape prend soin d’écarter toute idée de syncrétisme dans son adresse d’accueil, et insiste sur l’idée de «se retrouver ensemble pour prier, mais non pas prier ensemble».
 Le pape demande que tous les évêques suivent son exemple, ce qui se produit peu après à Varsovie, Bari, Malte, Bruxelles, Canberra, Einsiedeln, etc.
 Mgr Lefebvre juge ces pratiques incompatibles avec la tradition de l’Église et contraires au premier commandement de Dieu: «un seul Dieu tu adoreras! … Je suis un Dieu jaloux». Il envoie au pape une image avec le texte du psaume 95 de la Vulgate des Écritures saintes: «Les dieux des gentils sont des démons».
 Mgr Lefebvre considère que Rome ne veut pas faire l’«expérience de la Tradition» et décide en conséquence de sacrer des évêques, avec ou sans l’approbation de Rome, «pour faire survivre la Tradition de l’Église».
 Pourtant ni Mgr Lefebvre ni le pape Jean-Paul II ne veulent une rupture et tentent de maintenir le dialogue. En 1987, le pape nomme le cardinal Gagnon médiateur. Celui-ci rend visite à de nombreuses maisons de la Fraternité Saint Pie X; il conclut sa tournée sur des propos très louangeurs et remet au pape Jean-Paul II un rapport sur ces visites.
 Un accord est signé le 5 mai 1988 par le cardinal Ratzinger et Mgr Lefebvre, approuvant notamment le principe de la nomination d’un évêque pour que l’œuvre de la Fraternité se maintienne. Mais la tentative de réconciliation échoue et le lendemain, Mgr Lefebvre rétracte sa signature.
 Le 30 juin 1988, Mgr Lefebvre, assisté de Mgr Antônio de Castro Mayer, sacre évêques Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta, Le lendemain, le cardinal Gantin, préfet de la Congrégation des évêques, déclare les quatre nouveaux évêques, ainsi que Mgr Lefebvre et son cocélébrant, excommuniés latæ sententiæ au titre des canons 1364-1 et 1382 du Code de droit canonique.
 Certains proches de Mgr Lefebvre et de sa Fraternité refusent le terme de schisme en citant le Père Jone O.M.Cap. qui écrit en 1934: «Est schismatique celui qui, par principe, ne veut pas être soumis au pape… mais n’est pas schismatique celui qui refuse simplement d’obéir au pape, alors même que ce serait pendant longtemps.» ou encore en citant cette belle prose de saint Augustin . Souvent aussi la divine providence permet que, victimes des agitations séditieuses excitées par les hommes sensuels, des justes même soient exclus de l’assemblée des chrétiens. S’ils endurent patiemment ces outrages et ces injustices, sans vouloir troubler la paix de l’Église par les nouveautés du schisme ou de l’hérésie, ils montrent à tous avec quel dévouement véritable, quel amour sincère l’homme doit servir son Dieu. Ces chrétiens dévoués ont dessein de rentrer au port, quand le calme aura succédé à la tempête. S’ils ne le peuvent, soit parce que l’orage continue à gronder, soit parce qu’ils craignent que leur retour n’entretienne la tempête ou n’en excite de plus terrible, ils préfèrent pourvoir au salut des agitateurs qui les ont chassés: et sans réunir des assemblées secrètes, ils soutiennent jusqu’à la mort et confirment par leur témoignage la foi qu’ils savent prêchée dans l’Église catholique. Celui qui voit leurs secrets combats sait en secret couronner leur victoire. Cette situation semble rare dans l’Église, mais elle n’est pas sans exemple, elle se présente même plus fréquemment qu’on ne pourrait le croire. Ainsi tous les hommes et toutes leurs actions servent à l’accomplissement des desseins de la divine providence pour la sanctification des âmes et l’édification du peuple de Dieu.» (De la vrai religion, 6,11). Il est seulement question d’une vive discussion et une désobéissance systématique concernant certains textes du concile Vatican II et de ses réformes.
 Mgr Lefebvre meurt le 25 mars 1991 (fête de l’Annonciation), laissant derrière lui la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, implantée dans plus de cinquante pays sur les cinq continents. Malgré l’acte de rupture posé formellement en 1988, les relations entre Rome et les héritiers de Mgr Lefebvre se maintiennent encore aujourd’hui.
 Son corps repose au séminaire international d’Écône.
 L’excommunication portant sur les quatre évêques sacrés a été levée le 21 janvier 2009 par décret de la Congrégation des évêques. 
Écône est un bourg de la commune de Riddes, dans le canton du Valais, en Suisse.
 En 1968, un groupe d’amis, dont certains membres étaient aussi chevaliers de Notre-Dame, acheta aux chanoines du Grand Saint-Bernard leurs domaine et chapelle (Notre-Dame des champs) de Riddes. A cette époque, qui correspondait à un autre style de vie, des étables et un poulailler existaient encore.
 L’association d’amis revendit, en 1970, le domaine à Mgr Marcel Lefebvre qui y fonda le premier séminaire (international) d’Écône de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. S’ensuivit une période de travaux et de modernisation des lieux pendant laquelle de nouveaux bâtiments furent érigés (dénommés Saint-Thomas d’Aquin, Saint-Curé d’Ars et Saint-Pie X).
 Le séminaire d’Écône est l’une des six maisons de formation de la Fraternité, mais le nom sert parfois à désigner l’ensemble de ce mouvement. En fait, en Suisse romande, lorsqu’on parle d’«Écône», c’est généralement pour évoquer la Fraternité dans son ensemble plutôt que le séminaire ou le bourg. Les candidats au sacerdoce y reçoivent une formation spirituelle, liturgique, philosophique et théologique pendant six années consécutives.
 L’église néoromane du séminaire fut progressivement complétée, bénie par MgrBernard Fellay en 1998 et consacrée au Cœur Immaculé de Marie en 2012 par le même évêque. Les fidèles peuvent assister à la messe célébrée en latin selon le rite de l’Église catholique dit de Saint Pie V.
 Le corps du fondateur de la Fraternité repose à Écône depuis sa mort en 1991.
 Dominique Giroud est fidèle de la traditionaliste Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X d’Écône; de plus, il serait «souvent présenté comme un important donateur de la communauté [d'Écône]».

Nous serons accompagnés aujourd’hui par Catherine, nous déambulons dans le village qui s’éveille lentement, puis nous visitons la crypte qui se trouve tout près de la fabrique des bonbons d’anis. Puis c’est notre tour de visiter la fabrique de bonbons à l’anis. 
Au départ le bonbon, n’est qu’une graine d’anis, elle est identique de taille à celle de sénevé avec laquelle on élabore la moutarde. L’opération de fabrication est d’entourer la petite graine d’anis de sucre, de mille couches si l’on pouvait les compter, jusqu’à en faire un bonbon de un gramme. Les bonbons sont bien ronds et tout blanc. Ils sont fabriqués en haut, dans l’atelier dans des turbines en cuivre, qui a un effet de polisseur sur le bonbon. La graine d’anis provient d’Espagne, les bonbons d’anis sont fabriqués à Flavigny-sur-Ozerain, et sont ensuite exportés dans le monde entier, dont 30% de la production. Le premier bonbon à l’anis de Flavigny est connu depuis 1591, pourquoi l’anis à Flavigny. Jules César est venu combattre à proximité d’ici, sur la colline voisine d’Alésia, en 52 avant Jésus-Christ. Les armées romaines se soignaient beaucoup avec les graines d’anis, au départ des troupes des graines sont restés sur place, et le gouverneur Flavinus, d’où le nom de Flavigny, qui régnait sur la région consommait également des graines d’anis. L’anis était donc connu à Flavigny, depuis longtemps, et les moines bénédictins l’ont récupéré et ils ont eu l’idée de l’enrober dans du sucre, mais uniquement pour la conserver. C’est sous la pression des habitants de Flavigny au XVI.me siècle, que les moines décidèrent de fabriquer le bonbon d’anis si apprécié par les habitants. La graine d’anis est le fruit d’une petite plante de 40 centimètres de haut, on en trouve sur le bord des chemins, autour de Flavigny, mais par manque de soleil, elle ne parvient pas à maturité. La fabrique des bonbons d’anis emploie 35 personnes, à la révolution les moines sont chassés de l’abbaye, ce sont donc les gens du village qui continue la production du bonbon d’anis. Ils étaient 8 au départ dont monsieur Gallimard, à se lancer dans la fabrication du bonbon, puis au fil du temps, monsieur Gallimard a racheté les 7 autres fabriques, pour devenir l’unique fabricant du bonbon d’anis. Sa fabrique a été transmises de père en fils jusqu’en 1923, où la famille Troubas a pris les commandes de la fabrique emblématique du bonbon d’anis. En 1923, Jean Troubas fabriquait une cinquantaine de tonnes de bonbons par an, Nicolas Troubas son fils, qui lui a succédé en 1965, a monté la production à 200 tonnes de bonbons par an. Catherine Troubas, qui a repris l’entreprise en 1990, a monté la production à 250 tonnes par an. Nous sommes dans la zone de conditionnement, où les turbines qui se trouvent en haut ce font entendre, ce qui rend la description de la fabrication presque inaudible. Nous tentons tout de même d’accéder à la salle des turbines, mais le bruit des 7 machines, nous font rebroussés chemin, nous redescendons donc dans l’atelier de conditionnement. Les turbines en production tournent pendant 15 jours avec les mêmes ingrédients, c’est le temps nécessaire pour que la graine d’anis s’entoure de sucre, et devienne un bonbon d’anis bien rond et blanc, d’un poids de un gramme. Tout comme la moutarde, aujourd’hui on aromatise les bonbons d’anis de Flavigny à toutes sortes de saveurs. Puis nous sommes dirigés sur le magasin de la fabrique, où l’on vend le bonbon d’anis à tous les parfums. 
Ensuite, nous continuons à découvrir Flavigny-sur-Ozerain, qui est serpentée par de petites rues arborées de superbes maisons de pierre. Nous faisons une petite halte à la maison du donataire, sorte d’office du tourisme, où une personne nous raconte ce qu’il y a à découvrir dans ce village pittoresque. Tout d’abord cette maison, avait dans une niche en façade, la statue d’une vierge du XV.me siècle. Elle est l’œuvre d’un moine flamand qui se trouvait dans un monastère tout près de Flavigny. La vierge a été déposé dans les années 1990, afin qu’elle soit rafraîchie et nettoyée, car elle était en place dans sa niche depuis 5 siècle. Aujourd’hui la statue est classée monument historique, c’est une copie qui a été mise en place dans la niche à l’extérieur, elle a été réalisée par un moine bénédictin, en 1994, Il était moine au monastère Saint-Joseph, qui se trouve à l’entrée de la commune. Une fois restaurée la vierge originale, ne pouvait plus être exposée à l’extérieur, elle est donc à l’intérieur de la maison du donataire, derrière une grille de protection. C’est une polychrome, en pierre calcaire peinte. Nous continuons notre exploration, nous passons devant la maison au loup, sur sa façade, une sorte de gargouille est appliquée au mur, elle représente un loup avec un mouton entre ses pattes avant. Nous prenons ensuite les rues les plus ensoleillées, nous sommes dans la rue de l’église, nous faisons le tour de cette dernière, malheureusement, elle est fermée le mardi, le carillon sonne les 12 coups de midi. Nous nous laissons embarquer dans un petit chemin, qui sent bon la violette, nous sommes dans de petits jardins en terrasses, puis nous sommes allés contempler l’oratoire des ursulines. Nous sommes à l’extérieur de l’enceinte de la commune, nous pénétrons de nouveau dans Flavigny, en passant par la porte de la Poterne. L’école du village a pris une autre fonction, c’est le point de ravitaillement de la commune, on y trouve les produits de base d’une épicerie. Nous voici revenus sur la place de l’église, où se trouve le restaurant, appelé la ferme, où nous allons déjeuner. Le restaurant fait partie du réseau bienvenue à la ferme, qui dépend des chambres d’agriculture nationales, qui oblige à respecter un cahier des charges. Tous les aliments de l’assiette doivent être produits par les paysans qui animent le restaurant.

Après un excellent repas, il nous faut continuer notre circuit, nous rejoignons notre bus et Daniel son chauffeur, qui va nous conduire au château de Bussy-rabutin. Nous redescendons la petite route qui permet de rejoindre la RN5, un panneau nous indique, que nous sommes à 5 kilomètres du site d’Alésia où Jules César a battu Vercingétorix. Nous roulons dans la vallée de l’Ozerain, sur notre droite, nous apercevons Alize-Sainte-Reine, village natal de Félix Kir, qui se situe sous l’oppidum d’Alésia. Sur lequel, Napoléon III a fait ériger la statue de Vercingétorix, avec le visage de son commanditaire empereur. Nous contournons les Laumes, commune assez importante de l’Auxois, qui se trouve à une dizaine de kilomètres de Montbard, où l’on peut prendre le TGV, qui nous conduit en une heure à Paris. Nous passons devant un élevage de chèvres angora, puis nous voici arrivés au Château de Bussy Rabutin, dont voici la présentation :

Le château de Bussy-Rabutin ou château de Bussy-le-Grand est un château du XIIE siècle et XIV.me siècle de style Renaissance, à Bussy-le-Grand, en Côte-d’Or en Bourgogne. Le château est classé Monument Historique en 1862, le domaine est classé monument historique le 29 mars 2005 et le château est labellisé Maisons des Illustres. Propriété de l’État depuis 1929 avec une centaine d’autres monuments, il est géré et animé par le centre des monuments nationaux du Ministère de la Culture. 
Au XIIE siècle le seigneur Renaudin de Bussy fait construire un château fort à Bussy-le-Grand dans un vallon boisé du Morvan, à quelque km d’Alésia/Alise-Sainte-Reine, de l’abbaye de Fontenay et du château de Montbard.
 Il est reconstruit au XIV.me siècle en château d’habitation de style Renaissance, et remanié sous les rois Henri II et Louis XIII. Le château est la propriété de nombreuses familles à travers le temps.
 Le plus célèbre propriétaire des lieux fut le comte de Bussy Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), général des armées royales du roi Louis XIV, courtisan de la cour de France, philosophe et écrivain épistolaire, pamphlétaire, satirique et libertin et membre de l’Académie française.
 À Pâques 1659, le comte de Bussy-Rabutin prend part à une orgie dans son château de Roissy, où il médit outrageusement et scandaleusement sur les mœurs de la cour, sur le roi et sur la famille royale (décrit plus tard dans son œuvre «Histoire amoureuse des Gaules»). Il est alors condamné, trois mois plus tard, à un premier exil de la Cour de France par le jeune roi Louis XIV, dans le château familial de Bussy de son domaine bourguignon.
 En 1660 incorrigible, il écrit sans vouloir le publier son pamphlet satirique et calomnieux «Histoire amoureuse des Gaules», chronique sur les frasques de certaines personnes de la cour et sur les premières amours du jeune Louis XIV et de Marie Mancini (nièce du cardinal / premier ministre Jules Mazarin) qu’il tourne en ridicule, pour amuser sa maîtresse, la marquise de Montglas et quelques-uns de ses amis. L’intrigante marquise de la Baume fait alors secrètement copier l’œuvre, puis répandre sa publication en avril 1665 à Liège, à l’insu de l’auteur.
 L’œuvre scandaleuse parvient à la cour et au jeune roi qui fait arrêter l’auteur en 1666, le destitue de toutes ses charges et le fait enfermer 13 mois à la Bastille (alors qu’il vient juste d’être élu à l’Académie française) avant de le faire exiler et disgracier à vie, pour la seconde fois, dans son château en Bourgogne, où ce dernier passera les dix-sept dernières années de sa vie.
 Le comte rédige alors ses mémoires, produit une très importante correspondance par lettres avec ses amis et notamment avec sa cousine Madame de Sévigné (mère de Madame de Grignan), avec laquelle il partage le plaisir de l’écriture, dont il découvre le talent littéraire et qui invente à l’encontre de l’esprit de leur famille le mot «rabutinage».
 Pour illustrer sa vie, il fait décorer son château de plus de 500 portraits peints commentés des membres les plus importants de la cour de France qu’il a côtoyés et qui lui manquent, et de nombreux portraits des dames qu’il a aimées au cours de sa vie…
 En 1683 le souverain lui pardonne enfin en l’autorisant à assister à son lever (un des moments les plus enviés de la vie de la cour).
 En 1835 le comte Jean-Baptiste-César de Sarcus (1787-1875, père du baron Charles-Marie de Sarcus) achète le château qu’il fait classer Monument Historique en 1862. Il entreprend sa restauration en préservant l’œuvre intégrale de Roger de Rabutin. La famille des comtes de Sarcus fait installer entre autres un écusson aux armes de la famille au-dessus de la porte principale du château et installer dans le jardin à la française deux statues: Cybèle et sa corne d’abondance et Junon et son paon.
 En 1929 le château est acheté par l’État: il est depuis géré et animé par le Centre des Monuments Nationaux du Ministère de la Culture.
 Le château de Bussy-Rabutin fait cohabiter plusieurs époques. Sa façade date du XVIIE siècle, le rez-de-chaussée de Louis XIII et les étages de 1649. La cour d’honneur est entourée de galeries au décor typique de la première Renaissance française et la toiture est en ardoise. La riche et originale décoration intérieure est quant à elle, l’œuvre intégrale de l’écrivain Roger de Bussy-Rabutin.
 Galerie des rois de France et des ducs de Bourgogne
Antichambre des Hommes de Guerre (avec 65 portraits des grands capitaines de la cour)
 Chambre de Bussy (avec 25 portraits de dames de la cour de Louis XIV)

Salon de la tour dorée
Cabinet de devises
Chapelle
Cuisines
Le comte Roger de Bussy-Rabutin fait décorer de nombreuses pièces de son château de très nombreux tableaux accompagnés de devises, représentant une vaste fresque caustique de l’histoire de France et de son époque, de la cour de Versailles, de sa vie militaire et amoureuse, portraits de ses amies dont sa belle cousine, des grands hommes de guerre et de lui-même en lieutenant général des armées du Roi…
 Le château est construit dans un parc de 34 hectares, clos d’un mur d’enceinte en 1818.
 Le jardin à la française, attribué au paysagiste André Le Nôtre, est restauré au XVIIIE siècle dans son état du XVIIesiècle, avec fontaines, parterres, buis, statues, rosiers anciens, labyrinthe de charmille…

Nous passons la porte d’enceinte du château, l’allée est gravillonnée, elle est bordée d’immenses tilleuls. Nous parcourons les jardins à la française, ils sont constitués de carrés de buis, au milieu desquels sont plantés de magnifiques rosiers roses. Nous prenons un petit sentier, qui serpente au travers d’un petit bosquet, d’où on surplombe le château et ses jardins. Nous nous attardons devant un énorme tilleul, il a 250 ans, il faut 6 personnes bras tendus, pour en faire le tour. Nous sommes accueillis par notre guide, elle nous invite à franchir le pont qui enjambe les douves, où somnolent des canards au soleil. Les bords du pont, sont sécurisés par des balustrades à pilastres. Nous voici dans la cour d’honneur du château de Bussy, c’est une demeure et non une place forte, car l’édifice n’est pas au sommet de la colline, mais à flanc de coteau. Le château est couronné de 4 tours, de chaque côté de la cour d’honneur sont disposées des galeries, dont les étages sont protégés par des fenêtres. Les galeries en rez-de-chaussée, sont ouvertes, avec des arcades en anse de panier. Les galeries basses possèdent 5 arcades, qui sont surélevées à leur étage par 4 travées de 3 fenêtres. Elles sont à meneaux, elles sont décorées de frises composées de guirlandes de fleurs, de feuilles d’acanthe, de corbeilles de fruits et d’autres végétaux. Au fond de la cour d’honneur, c’est le château qui est positionné entre les 2 galeries décrites précédemment. La demeure est un corps de logis, de style classique, en rez-de-chaussée, on y remarque des niches en cul de four. Qui sont entourées de 2 pilastres cannelées, surmontées de chapiteaux d’ordre ionique. A l’étage, en symétrie, on retrouve des niches, mais de forme ovale, elles sont également entourées de pilastres cannelées, qui sont surmontées de chapiteaux d’ordre corinthien. Le rez-de-chaussée est ajouré par 6 fenêtres, avec à son centre la porte d’entrée du corps de logis. 
Nous pénétrons dans le château, nous sommes dans la salle de réception, c’est une vaste pièce rectangulaire. Les murs sont recouverts de boiseries peintes, le pourtour est meublé de fauteuils et de sièges sans accoudoir. Au centre de la pièce, se trouve une immense table, Tout le mobilier du château provient des réserves nationales, aucun meuble n’a appartenu aux propriétaires précédents de ces lieux. La plupart du mobilier exposé, est du XIX.me siècle. Le sol de la salle est recouvert de tomettes vernissées, à l’origine elles étaient disposées en diagonale, où alternaient les couleurs jaune et noir. Le temps est passé par là, les visiteurs aussi, de ce fait, il ne reste plus que trace de ces couleurs, jaune et noir, que sur le pourtour de la pièce, là où on ne marche pas. Sur les murs, on y recense qu’un seul portrait, c’est celui du maître des lieux, Roger de Rabutin. Son portrait est placé au-dessus de la cheminée, il fait face à la porte d’entrée. Roger de Rabutin est revêtu de son armure, il est fier de la porter, il montre l’homme de guerre qu’il était. Il a fait inscrire sous son portrait, Roger de Rabutin seigneur de Bussy lieutenant général du roi. Roger de Rabutin fut grand homme de guerre, sous Louis XIII et Louis XIV, il était né en 1618, un vendredi 13, 13 avril 1618. C’est un jeune homme très doué, il poursuit ses études dans de grandes écoles à Paris. Sauf qu’à 16 ans, il doit reprendre la place d’aîné des garçons de la famille. Il prend donc la charge militaire de la famille, Roger Rabutin, se voit donc propulsé au sein des armées royales de Louis XIII. Au début son père l’accompagne, de son premier combat, Roger Rabutin, revient avec une victoire en poche. Il s’en suivra une brillante carrière militaire, à 20 ans, il occupe déjà de haute responsabilité militaire. A 35 ans, il est nommé maître de camp, il devient lieutenant général de la cavalerie légère des armées du roi de France. C’est le marche pied, avant d’obtenir le bâton de maréchal. Dans sa carrière militaire, il a participé à 31 campagnes, qui ce sont soldées par 27 victoires, ce qui est remarquable, il avait de grandes qualités militaires, les chiffres le montrent. Roger Rabutin est reconnu pour ses qualités littéraires, il avait une bonne plume, il échangeait beaucoup avec sa cousine, la marquise de Sévigné. Qu’il aimait passionnément, il s’était établi entre eux des joutes littéraires par le biais de leur correspondance. Roger de Rabutin qui était très ami avec Henri de Sévigné, un jour ce dernier lui confia l’aventure qu’il menait avec Milane Lantelot, la célèbre courtisane de l’époque, avec tant de détails que Roger Rabutin n’en demandait pas tant. Roger de Rabutin, qui rêvait que sa cousine lui tombe dans les bras, il avisa donc madame de Sévigné des agissements de son marquis d’homme. Roger Rabutin terminera sa lettre, en disant à sa charmante cousine, vengez-vous belle cousine et je serai une moitié de la vengeance, mais la marquise ne lui a jamais répondu. Roger Rabutin est reconnu pour son bel esprit, il était très recherché des intellectuels de l’époque, il fut même nommé académicien. Roger Rabutin était aussi reconnu, comme le meilleur pamphlétaire de son époque, ce qui ne va pas le desservir. Il décide de raconter l’histoire amoureuse des gaules, c’est un manuscrit, qui aujourd’hui sont les magazines Voici, Gala ou Paris match. A l’époque, les manuscrits ne comprenaient pas de photos, il fallait donc beaucoup de détails pour allécher le lecteur. Dans son manuscrit, Roger Rabutin, racontera les turpitudes amoureuses, de certains personnages de la cour de France. Il avait écrit ce manuscrit, pour faire plaisir à sa maîtresse, madame de Montglas. Qui le confie à une de ses amies madame de la Baume, la connaissant, Roger Rabutin, lui prêta le manuscrit enflammé, que 2 jours et au couvent où son mari la remisait pendant qu’il guerroyait. Malgré le peu de temps que madame de la Baume a conservé le manuscrit, elle a tout de même réussi à le recopier. Ensuite, elle fera des annotations personnelles, en s’attaquant directement à louis XIV. Et 5 ans plus tard, madame de la Baume, fera publier la nouvelle version du manuscrit, de l’histoire amoureuse des gaules, sous le nom de Roger Bussy de Rabutin. Louis XIV est encore jeune, il a des soucis encore avec la fronde, il n’apprécie pas du tout cette publication. Il décide d’être radical, il fait enfermer Roger Bussy de Rabutin à la bastille. Il y restera 13 mois, puis il sera exilé sur ses terres bourguignonnes à Bussy. Il avait plusieurs demeures de haute tenue, mais c’est à Bussy où les impôts et droits lui rapportaient le plus, ce qui permettait de faire vivre toute sa famille et son personnel sans piocher dans ses réserves d’argent. A son arrivée au château de Bussy, le décor y est inexistant, il a donc tout loisir de l’aménager à son goût. C’est un grand nostalgique de la cour de France, qu’il a fréquenté pendant 32 ans. Il fait venir au château de Bussy, des peintres régionaux, de petite facture. Il leur demandera, de représenter sa nostalgie sur les murs à l’intérieur du château. Le décor mural dans cette salle est composé, de 3 rangées de lambris, les 2 supérieures sont décorées. Sur le registre supérieur, on y voit des représentations de châteaux, qui ne sont pas choisis par hasard. Ce sont quelques demeures où la cour se déplaçait, le château d’Anet de Diane de Poitiers, de saint-Germain en Laye maison royale, des Invalides, du Luxembourg, de Saint-Cloud qui fut détruit à la révolution, de Chambord, de Versailles de côté cour et jardin, de Sceaux, de Rueil qui appartenait à Richelieu qui fut aussi détruit à la révolution, et bien d’autres encor. La partie la plus intéressante dans cette salle, c’est le lambrissé central, ce sont des devises, des idées illustrées, chaque image aura donc une phrase qui l’accompagnera. Elle sera écrite dans les 4 langues culturelles de l’époque le Français, l’italien, l’espagnole et le latin. Roger de Rabutin, veut signifier ainsi, qu’il ne s’adresse qu’à ses illustres visiteurs. Roger Rabutin avait aussi écrit des maximes sur l’amour, et quelques mois avant d’être élu à l’académie française, il les avait prêter à Louis XIV, afin qu’il puisse les lire à sa maîtresse, mademoiselle de la Valière. Des illustrations traduisent le caractère et le tempérament de Roger Rabutin, comme un escargot, un chien avec un gibier dans la gueule, un diamant, un perdreau, un cadran solaire etc. La salle est éclairée par 4 fenêtres, 2 côté cour et 2 côté jardin, leur sous bassement est également décoré. Sous l’une des fenêtres, côté cour, on y voit une femme, représentée sous les traits d’une sirène, d’une hirondelle. Cette femme, c’est sa maîtresse, madame de Montglas, celle pour qui, il a composé l’histoire amoureuse des gaules. C’est elle qui a insisté pour qu’il prête son manuscrit, à Madame de la Baume, le reste on le connaît. Roger de Rabutin en prison, madame de Montglas est allé voir ailleurs, comme ça se passait, il en fut très déçu et peiné. Les illustrations dédiées à sa maîtresse ne sont pas tendres à son égard, on sent l’amertume et la rancœur. Une autre illustration est en l’honneur de madame de Sévigné, pour qui il avait une immense tendresse. L’illustration qui lui est dédiée, c’est un amas de chaux vive, au milieu d’un décor champêtre, sur lequel l’eau contenue dans un pichet tenu par une main. Bien sûr la main est celle de madame de Sévigné, la chaux vive étant tempérament chaud de René Rabutin, qui aimait beaucoup la compagnie des dames. Il écrira, plus elle est froide, plus elle s’enflamme. 
Nous montons à l’étage, en empruntant 2 volées d’un escalier en pierre renaissance, dit escalier à l’italienne, dont les marches sont spacieuses. Nous sommes dans l’antichambre, qui se trouve au-dessus de la salle de réception, où nous étions au rez-de-chaussée. Le centre de la pièce est occupé par une table, c’est un bureau avec 3 tiroirs. Le sol est en parquet, il est en échelle, il est en chêne. Le plafond est dit à la française, il est décoré de trophées, travaillés dans les ocres cavailleux. On y voit des amas d’armures, des carquois, des flèches, des restes de chars, des étendards et des canons, ils représentent les trophées des victoires militaires. La pièce a une hauteur de 4 mètres sous plafond, les murs sont tapissés de portraits de grands militaires. Roger de Rabutin avait nommé cette pièce, le salon des grands hommes de guerres ou des illustres. On y dénombre 65 portraits, qui sont des hommes de guerre français ou étrangers, de plusieurs époques, de Duguesclin au XIII.me siècle à Antoine de Grammont un contemporain à Roger de Rabutin. Ils sont installés dans un ordre chronologique, ils sont de taille identique. L’originalité de cette galerie de portraits, c’est que leur commanditaire, a écrit entre chaque tableau des annotations. On y trouve bien sûr le nom de l’illustre personnage, mais aussi des anecdotes plus ou moins valorisantes. Ces illustres sont représentés en armure, avec un col, ils portent la moustache et la barbe, qui était un signe de distinction dans l’armée. Roger Rabutin va aussi trouver sa place dans ce salon, dans un endroit discret, à contre jour, il utilise la stratégie militaire, voir sans être vu. Ce n’est pas ici que le visiteur viendra le chercher, mais lui pourra superviser tous les allers et venues dans le salon. Roger Rabutin était un passionné d’histoire, il a d’ailleurs pendant son emprisonnement à la Bastille, écrit un livre consacré à l’histoire de France. Nous passons dans la chambre de Roger Rabutin, elle est éclairée par 4 fenêtres, qui sont disposées sur 3 côtés de la pièce. La pièce est très agréable à vivre, Roger Rabutin n’hésite pas à rester au lit quand les jours d’hiver sont rudes. Dans une correspondance à madame de Sévigné, il lui écrit que ça fait bientôt 5 jours qu’il n’est pas sorti de son lit. La salle comprend une cheminée, qui a été déplacée, on ne peut donc pas l’utiliser, elle est factice. Au XVII.me siècle cette vaste pièce était divisé en 3, le volume était parcouru par un couloir, et il y avait un cabinet de toilette. Le décor de la chambre est composé de portraits de femmes, ils sont de tailles différentes. On y aperçoit la grande amie de Charles Perrault, madame de la Salevillère, protectrice de la Fontaine. Une copie du portrait exposé à Versailles, madame de Maintenon. Les 2 portraits décrits avant sont de tailles imposantes, les autres portraits de femmes, sont moins grands, ce sont souvent des médaillons de femmes du XVII.me siècle.
 Nous passons dans l’une des tours du château, où Roger de Rabutin, y avait installé son bureau. Le bureau jouxte la chambre visitée auparavant, La pièce est ronde, le parquet est dit de Versailles, il a été restauré en 1970. Nous avons 6 mètres sous plafond, et la pièce est d’un diamètre de 9 mètres. Le bureau est éclairé par 4 grandes fenêtres, 3 rangs de décorations arborent les murs. Le plafond est à caissons, il est richement décoré, au centre on a un caisson circulaire. Dans lequel on aperçoit un aigle royal, et un perdreau sur le bord du caisson. L’aigle royal représente Louis XIV, le perdreau étant Roger de Rabutin, qui est chassé en exil par son roi. Tout autour, on retrouve entrelacées les initiales de Roger Rabutin et de sa maîtresse madame de Montglas. C pour Cécile et R pour Roger. Ou C comme Chevenneny qui était le nom de fille de madame de Montglas et R pour rabutin, c’est au choix de chacun. Dans les caissons qui entourent le caisson central, on y voit des étendards, ils se croisent, ils sont au nombre de 12. Ils sont reliés par un ruban rose, et ils sont couronnés de la couronne de France. Enfin 4 autres caissons encerclent le tout, ils représentent les 4 saisons, et les 4 femmes qui ont compté dans la vie de Roger Rabutin. Pour le printemps, c’est sa première femme, morte en couche, elle lui a donné 3 filles. Pour l’été, c’est sa seconde femme, une cousine que ses parents lui ont choisi, il disait d’elle, elle a un grand bassin pour enfanter, et de grosses fesses pour s’amuser, elle lui donnera 2 fils et 2 filles. L’automne est symbolisé par sa mère qui est entourée d’anges. Quant à l’hiver, il est représenté par son arrière grand-mère. Les murs sont décorés de 3 registres, comme dans la salle de réception du rez-de-chaussée. Au centre du registre central, on y trouve Roger de Rabutin, il est entouré de portraits de femmes, quelques unes de ses bonnes amies, disait-il.Au registre supérieur, juste en face de Roger Rabutin, au-dessus de la porte d’entrée, le portrait de Louis XIV. Il est entouré de hauts personnages de la cour de France, mais on ne le voit pas quand le visiteur rentre dans le bureau. Par contre Roger de Rabutin est bien en évidence, et dès que l’on pénètre dans le bureau, on se trouve face au maître des lieux. Tous les portraits du bureau sont de la même taille, 1,20 mètre de large pour 1,60 mètre de haut. Chaque portrait à son annotation, qui a été dicté par Roger de Rabutin, qu’il appelait des éclairements. Certaines phrases sont très acides, on sent le règlement de compte et la vengeance pour certains personnages, comme pour Angélique de Montmorency, Madame de la Baume, Catherine d’Olonne la femme la plus citée dans l’histoire amoureuse des gaules. Elle fréquentait toutes les soirées mondaines, où elle aimait la fête et danser, à la fin desquelles elles s’offraient au plus vaillant. Au cours d’un bal masqué, elle ne manqua pas à sa tradition, qui était de se retirer dans un salon, afin de partager un moment intime. Le jeu était de garder le masque, jusqu’au bout de l’étreinte, et d’enlever le masque au moment de se quitter. Et là, ho surprise, elle se rend compte que c’était le comte d’Olonne, son mari. Roger Rabutin a beaucoup écrit de maximes d’amour, une est représentative du personnage, Roger Rabutin, cet académicien, cet homme de lettres, homme de guerre, bel esprit, homme qui donne beaucoup d’importance et d’intérêt aux dames puisqu’il écrira, à la guerre, comme en amour, il faut veiller nuit et jour. 
Nous nous dirigeons vers la galerie des rois, nous traversons la chambre pour y accéder. Elle se trouve à l’étage, elle est fermée, par 4 travées de fenêtres. Le sol est en parquet de chêne, il est posé sur des poutres, que l’on aperçoit depuis la galerie ouverte du rez-de-chaussée. La galerie a 3 mètres de large, pour 15 mètres de long. Elle est fermée à chaque extrémité par une porte, une qui donne dans la chambre, à l’opposé, la porte donne à la tribune de la chapelle. La tribune a été fermée pour des raisons de sécurité, c’est ici que Roger Rabutin, passait pour se rendre aux offices. Il n’y allait pas souvent, il disait, Qu’il n’était pas dévot, il avait oublié que la religion existait. Dans cette galerie, Roger de Rabutin, y installera tous les portraits des rois de France, chronologiquement. Ils sont de petit gabarit, 50 centimètres sur 60, les portraits sont au-dessus des 12 fenêtres. On y trouve tous les rois de France de Hugues Capet à Charles X, la chronologie a été complétée et terminée, au XIX.me siècle, par les comtes de Sarcus. Roger Rabutin a réalisé cette galerie, pour apprendre l’histoire de France à ses fils. En face de certains portraits de rois, il y avait le portrait de leurs favorites respectives. Les comtes de Sarcus, les ont décrochés, pour les installer dans la chambre. Ils les ont remplacés par des personnages de la famille de Rabutin, qui étaient disséminés dans le château. Roger de Rabutin avait surnommé le château de Bussy, le petit Versailles de Bourgogne.
 Après 2 heures de visite intensive, nous profitons du soleil, pour aller admirer une dernière fois les jardins du château de Bussy Rabutin.
 Ensuite, nous rejoignons le bus et Daniel, qui va nous conduire à Dijon. Nous repassons au pied du village de Flavigny-sur-Ozerain, nous quittons la RN5 à Viteaux, nous prenons la route des bagnards. C’est cette route qu’ils empruntaient pour rejoindre Toulon, où était établi le Bagne à une certaine époque. Il franchissait la côte de la justice, pour atteindre un plateau, qui surplombe la RN5 que nous avons emprunté ce matin, entre sombernon et Viteaux. Ce plateau est le paradis des éoliennes, nous approchons du hameau de la Chaleur, il fait partie de la commune appelée Vieil Moulin. Pourquoi la Chaleur, les bagnards empruntaient donc cette route, et c’est à cet endroit, que l’on leur changeait les fers qu’ils portaient depuis Paris. Et bien sûr, on chauffait les rivets des vieux fers pour les enlever, et rebelote pour river les nouveaux fers. Les bagnards se plaignaient donc, de la chaleur qu’ils étaient obligés de supporter pour être ferrés à neuf, le lieu est matérialisé par une fontaine. Sur notre gauche, nous avons le transformateur de Vieil Moulin, c’est l’un des transformateurs le plus important de France, il alimente Paris en énergie électrique. L’électricité provient du barrage de Génissiat et de centrales nucléaires. Nous voici à Sombernon, nous rejoignons la RN5, puis l’A38, nous plongeons sur la vallée de l’Ouche et sur Dijon. Nous faisons un petit arrêt à Pont-de-Pany, pour y déposer Chantal.
 Nous arrivons à l’hôtel, à l’heure pour prendre le repas. A la fin du dîner, nous dégustons un bon fraisier pour fêter l’anniversaire de Claudine.

Jour 5 : Sitôt dit, sitôt fait, nous allons visiter l’abbaye de Cîteaux, elle se trouve à une vingtaine de kilomètres de Dijon, dans le val de Saône, en direction de seurre et de Saint-Jean de Losne. A la sortie de Dijon, nous passons à Longvic-les-Dijon, où est installée la base aérienne 102. Qui a été le décor du feuilleton des chevaliers du ciel, dans les années 60-70. Tanguy et Laverdure, étaient joués à l’écran, par Pierre Santini et Christian Marin. Ensuite nous roulons en pleine campagne, où défilent des prairies et des Champs cultivés. Nous sommes sur la route qui mène à Seurre, auparavant il y avait une petite entreprise qui vocalisait le matériel électroménager pour les DV. Cette activité a cessé, c’est bien dommage, car les touches tactiles qui fleurissent aujourd’hui sur nos lave-linge, lave-vaisselle et télévision, ne nous facilitent pas notre autonomie. Pour la petite histoire, c’est près de Dijon, à Selongey à une vingtaine de kilomètres, en direction de Langres, que se situe le berceau de la société SEB, où est toujours implantée l’usine mère. La société fut fondée au XIX.me siècle, par un petit artisan, nommé Lescure, aujourd’hui la société est une multinationale, et la famille Lescure y est toujours actionnaire majoritaire. Nous voici à Saint-Nicolas les Cîteaux, nous approchons du but. Le site de l’abbaye est en vue, en voici la présentation :

L’abbaye de Cîteaux, située dans la commune française de Saint-Nicolas-lès-Cîteaux en Bourgogne, canton de Nuits-Saint-Georges, berceau et chef de l’ordre cistercien, fut fondée par Robert de Molesme abbé de Molesmes en 1098. Maison-mère à la tête de plusieurs centaines de monastères ayant marqué pendant plus de sept siècles la vie spirituelle, économique et sociale du monde chrétien, elle fit de Cîteaux un centre spirituel majeur de l’Europe. L’abbaye et son immense domaine furent vendus en 1791.
 Les Cisterciens-Trappistes de l’Ordre cistercien de la Stricte Observance (OCSO) qui l’occupent depuis 1898 lui ont redonné une vie spirituelle. Elle a aujourd’hui retrouvé son rang de chef de l’ordre des Cisterciens-Trappistes et perpétue sa tradition et sa longue histoire.
 Le nom de l’alleu Cistercium, Cîteaux, qui remplaça le nom de novum monasterium dans les chartes vers 1120[3] pourrait trouver deux explications; celle du site qui se trouvait «en deçà de la troisième borne milliaire» cis tertium lapidem miliarium, sur la vieille voie romaine qui reliait Langres à Chalon-sur-Saône, ou celle la plus communément admise, qui viendrait du nom de «cistels», roseaux qui poussent dans les zones marécageuses.
 L’histoire de Cîteaux commence le 21 mars de l’année 1098, jour de la saint Benoît. Ayant quitté ce jour-là l’abbaye de Molesme avec l’autorisation du légat Hugues de Die, archevêque de Lyon, un petit groupe de vingt-et-un moines, conduit par Robert, un ancien abbé bénédictin de Saint-Michel de Tonnerre, apparenté à la grande famille des sires de Maligny, arrive dans l’alleu de Cîteaux pour y vivre dans l’esprit de prière et de pauvreté selon la règle écrite par Benoît de Nursie au ViE siècle. 
Robert et ses disciples trouvent dans le bas-pays dijonnais, entre la Côte de Nuits et le Val de Saône, dans une contrée peu peuplée, boisée, aux eaux dormantes, un lieu inculte, peu accueillant, hostile même, mais permettant la construction de bâtiments. Les terres sont cultivables et peuvent assurer la subsistance des moines, tout en leur offrant l’isolement et le silence propices au recueillement et à la paix monastique. Ce lieu que le Grand Exorde[7] a qualifié du nom de «désert» n’est pas un lieu inhabité. À cet emplacement, propriété du vicomte Raynald (ou Renard) de Beaune, un cousin de Robert, provenant du patrimoine de sa femme Hodierne, existe un petit village de serfs doté d’une église.
 Le duc de Bourgogne Eudes Ier (ou Borrel), s’accommode avec Raynald et fait don à Robert de Molesme, au lieu-dit de la Petite Forgeotte, non loin du Puits Saint-Robert, du terrain nécessaire à la construction d’un novum monasterium et de ses dépendances.
 Bien modeste est à l’origine l’habitat des fondateurs de ce «Nouveau Monastère», fait de fragiles constructions de bois, qui ne sont entreprises qu’après que Gauthier, évêque de Chalon-sur-Saône, accorde à Robert toute juridiction sur les lieux.
 Les premiers moments des fondateurs sont difficiles. Les forces nécessaires à la mise en valeur des terres dépassent celles qu’ils ont à offrir. Les disciples de Robert souffrent d’une pauvreté extrême et suscitent par leur total dénuement charité et miséricorde. Eudes Ier fait reuve de générosité et le pape Pascal II accorde, par la bulle Desiderium quod du 19 octobre de l’année 1100, sa protection au «Nouveau Monastère». Le duc de Bourgogne fournit aux moines de grands biens pour la construction et cède de nouveaux fonds pour la nourriture et l’entretien des religieux. Ce soutien permanent l’a fait regarder comme le fondateur de cette «Abbaye[9]». Mais les difficultés d’approvisionnement en eau du site initialement choisi[10] obligent Aubry[11], († 26 janvier 1109[12]), successeur de Robert après juillet 1099[13], et sa communauté à s’installer deux kilomètres plus au sud, où ils construisent, sans doute toujours grâce à la générosité d’Eudes, de nouveaux bâtiments dont une chapelle, qui prendra plus tard le nom de chapelle saint-Edme[14]. Construite en pierre, elle est dédiée à Notre-Dame par Gauthier, évêque de Chalon-sur-Saône, le 16 novembre 1106. Plus tard, une basilique est construite à une date que l’on place entre 1130 et 1150. Les érudits émettent l’hypothèse que la mise en place, dans une châsse, en 1124, du cœur du pape Calixte II pourrait marquer le début des travaux. Cette basilique est consacrée à la Vierge le 17 octobre 1193 par Robert, évêque de Chalon-sur-Saône. Les destructions révolutionnaires n’en ont rien laissé.
 En 1109, Étienne Harding, (1060-1134) moine d’origine anglaise, homme intelligent, érudit, habile organisateur et administrateur expérimenté, qui fut du groupe des fondateurs de 1098, est élu troisième abbé du Nouveau Monastère à la mort de l’abbé Aubry (26 janvier 1109[12]). Aux problèmes de pauvreté auxquels il doit faire face, s’ajoutent les trop rares vocations, découragées par une réputation de trop grande austérité. La communauté voit fondre ses effectifs: «[…] et touchaient aux portes du désespoir parce qu’ils croyaient devoir rester sans successeurs. […]»[16]. Harding comprend qu’il doit accepter un quotidien moins extrême pour attirer de nouveaux postulants.
 C’est en 1112 que Bernard de Clairvaux (1090-1153), alors âgé de vingt-deux ans, de noble famille, né à Fontaine (près de Dijon), décide d’aller à la rencontre de Dieu et de vivre dans l’ascèse monastique la plus rude. Il choisit de prendre l’habit de moine à Cîteaux. Trente compagnons, parents ou amis, le suivent dans sa retraite. Dès son arrivée, la communauté connait un prodigieux essor grâce à son extraordinaire rayonnement et à son action. La personnalité charismatique de Bernard, le maître spirituel incontesté de Cîteaux, marquera l’histoire de l’Ordre durant la première moitié du XIIesiècle et attirera de nombreux convertis. La communauté devient florissante et l’espace manque pour y loger les religieux. Il faut essaimer.
 Quatre colonies sont créées presque en même temps aux extrémités de la Bourgogne. En 1113 c’est La Ferté-sur-Grosne au diocèse de Chalon-sur-Saône. En 1114 c’est Pontigny au diocèse d’Auxerre. En juin 1115, Bernard lui-même est envoyé avec douze de ses compagnons pour fonder, au diocèse de Langres, sur les terres d’un cousin châtillonnais, près de Laferté-sur-Aube, l’abbaye de Clairvaux. En même temps part une autre colonie monastique pour fonder l’abbaye de Morimond, également au diocèse de Langres. La Ferté, Pontigny, Clairvaux et Morimond seront les quatre «filles de Cîteaux» dont sortiront les rameaux de l’Ordre cistercien. L’influence de Bernard dans l’expansion de l’Ordre est décisive. Les quatre filles de Cîteaux ont leurs filiales, mais de Clairvaux naît le plus grand rameau de l’Ordre. À la mort de Bernard, trois cent quarante-et-une maisons, filiales de Clairvaux sont établies. L’Ordre de Cîteaux gagne toute l’Europe: dans les provinces françaises, en Angleterre, en Allemagne, en Bohême, franchissant les Alpes et les Pyrénées. L’Ordre comptera jusqu’à sept cent soixante-deux monastères.
 Afin de retrouver dans toutes les fondations la même interprétation de la Règle bénédictine du VI.me siècle — sans y introduire un sens différent — d’une part, et de promouvoir l’union des nombreuses abbayes cisterciennes d’autre part, Étienne Harding, en collaboration avec les quatre abbés des premières filles et ses moines, rédige le texte constitutionnel fondamental de l’Ordre de Cîteaux, la Carta Caritatis, la Charte de charité[17]. Ce document établit un lien de charité et d’entraide entre chaque maison et inclut diverses mesures d’observance. Le pape clunisien Calixte II, de passage à Saulieu, approuve le 23 décembre 1119 ce texte présenté par Étienne Harding. 
La «carta caritatis», plusieurs fois remaniée par la suite, prévoit que le pouvoir suprême n’appartient pas à l’abbé de Cîteaux, mais au Chapitre général, qui se réunit chaque année autour de la fête de la Sainte Croix (le 14 septembre) à Cîteaux, ce qui se tiendra effectivement pendant plusieurs siècles. Placés sous la présidence de l’abbé de Cîteaux[19], les abbés y décident de la conduite des affaires de l’Ordre. 
Elle n’empêchera cependant pas les querelles entre les membres de l’Ordre. Dès 1215, une première querelle naît entre les Premiers Pères et l’abbé de Cîteaux pour une question de préséance. La première manifestation de ces querelles intestines à l’Ordre est l’élection en 1262 de Jacques II abbé de Cîteaux; elle se fait sans consulter les quatre Premiers Pères[20]. Le pape Clément IV confirmera la validité de cette pratique, qui permettra aux moines de Cîteaux d’élire seuls leurs abbés.
 Au sein même de Cîteaux, des discordes apparaissent et l’élection d’un nouvel abbé est souvent un moment de compétition qui n’améliore pas la situation.
 Le premier Chapitre général a lieu en 1119. Il se tient sous la présidence d’Étienne Harding, qui continue à les présider jusqu’en 1134. Le nombre croissant de capitulants atteste de la rapide croissance de l’ordre, même si, dans les débuts, les abbés des maisons éloignées sont dispensés de s’y rendre chaque année. S’ils ne sont que 10 abbés[22] en 1119, ils s’en compte soixante-dix en 1134 et deux cents en 1147. Aux XIIe et XIIIesiècles le nombre de capitulants aurait pu être de l’ordre de trois cents. Le nombre de 600 participants dut être atteint en comptant maîtres et familiers en 1605, 400 en 1609, 200 en 1667. Pour l’année 1699, le détail suivant est donné dans l’article de Martine Plouvier: 116 maîtres, 187 familiers et 240 chevaux, et enfin pour 1738: 130 maîtres, 160 familiers et 180 chevaux. 
La durée des sessions n’excède pas cinq jours. Le Chapitre général joue un rôle déterminant dans la conduite des affaires. Il gère le présent et pense l’avenir. Ses délibérations portent sur les grands intérêts généraux de l’ordre, et il doit souvent intervenir pour rappeler le principe de l’uniformité. 
Le gouvernement de l’ordre, qui s’étend du Portugal à la Suède, de l’Irlande à l’Estonie et de l’Écosse jusqu’en Sicile, devient une affaire complexe. Il est nécessaire de mettre en place un comité exécutif restreint, le «Definitorium», institué par le Chapitre général de 1197. Sa composition et l’étendue de ses pouvoirs sont à l’origine de graves dissensions entre l’abbé de Cîteaux et les abbés de La Ferté, de Pontigny, de Clairvaux et de Morimond, les quatre premiers pères. En 1265, au plus fort du conflit, le pape Clément IV doit intervenir pour mettre un terme à cette lutte de pouvoir, en proclamant la bulle «Parvus fons», plus connue chez les cisterciens sous le nom de «Clementina». Les dispositions proposées par le pape pour la désignation et le choix de ses membres ne satisfont pas les premiers abbés, qui estiment qu’elles accordent trop de pouvoirs à l’abbé de Cîteaux. Il faut la médiation du légat pontifical, le cardinal-prêtre de San Lorenzo, ancien abbé de Cîteaux, pour parvenir à un compromis appelé: l’«Ordinatio cardinalis Sancti Laurentii» (ordonnance du cardinal de San Lorenzo), proposant de nouvelles modalités de désignation des membres, et accepté par le Chapitre général et le pape. En 1265, la composition officielle du «Definitorium» est fixée à vingt-cinq membres appelés les définiteurs. Les décisions prises lors de ces assemblées sont rapportées dans des registres appelés «statuta, instituta et capitula». 
Les difficultés inhérentes à l’éloignement des participants, les conjonctures difficiles — dissensions et querelles internes (guerre des Observances, par exemple) ou à des événements externes à l’ordre —, font que le Chapitre général perd une partie de son intérêt et connaît une forte désaffection de la part des abbés dès la fin du XIIIesiècle. L’abstentionnisme est alors de mise. 
La tenue des chapitres est même suspendue pendant les grands événements, tels le Grand Schisme (1378-1417) opposant le pape d’Avignon au pape de Rome, les guerres, les épidémies ou autres fléaux. Il perd sa périodicité annuelle. Les réunions s’espacent régulièrement à partir de 1546; on n’en compte que six de 1562 à 1601. Treize chapitres ont lieu au XVIIesiècle et cinq seulement au XVIIIesiècle. Le dernier précédent la Révolution se tient en 1785.
 Les débats se tiennent dans la salle capitulaire, grande salle carrée de 19m de côté, pouvant accueillir environ trois cents sièges.
 Le Chapitre général n’attire pas que les abbés. Les puissants désireux d’exprimer leur attachement et leur dévouement à l’ordre rendent visite aux abbés lors de leurs assemblées. Des papes, des rois, des princes, des prélats y siègent. Louis le Gros assiste au Chapitre général de 1128, le pape Eugène III préside celui de 1147 (ou 1148). Louis VII dit le jeune et le duc de Bourgogne Hugues III sont à Cîteaux en 1164. Le 16 septembre 1244, l’abbé général reçoit Louis IX, la reine, sa mère la reine Blanche de Castille, ses frères dont le comte de Poitiers Alphonse, le comte de Flandre Thomas II de Piémont, le duc Hugues IV de Bourgogne et six comtes de France.
 Le chapitre de l’ordre de Saint-Michel, du 10 juin 1521, est présidé par François Ier, le roi étant accompagné de sa mère, Louise de Savoie, et de nombreux chevaliers. Le roi Louis XIV honore le monastère de plusieurs visites. D’abord en 1648 (ou 1649) où, reçu par dom Vaussin, il assiste au Chapitre général, puis le 12 avril 1650 accompagné d’Anne d’Autriche, du cardinal Mazarin et d’autres seigneurs, et à nouveau en 1683, accompagné de la reine Marie-Thérèse, alors qu’il visite le camp retranché de Saint-Jean-de-Losne. C’est à cette occasion qu’il fait don de la plus grosse des huit cloches de la basilique.
 La tenue des Chapitres généraux à Cîteaux confirme l’abbaye dans sa position à la tête de l’ordre. En 1491, l’abbé de Cîteaux est reconnu comme chef d’ordre par 3252 monastères. Il est le seul à posséder le droit de présider le Chapitre général. C’est aussi le plus grand personnage du clergé régulier en Europe et l’un des plus grands de l’Église de France. L’abbé Jean de Cirey, 46e abbé de Cîteaux, est élevé par Louis XI en 1477 à la dignité perpétuelle de premier conseiller né en son parlement de Bourgogne, en remerciement de sa célérité à se rallier au nouveau maître de la Bourgogne.
 Le respect de l’idéal prôné par la charte n’est pas un obstacle à la volonté des cisterciens de s’adapter selon les circonstances et à réviser leurs statuts. À maintes reprises, l’idéal primitif est même quelque peu «bafoué». Le temps fait son œuvre et l’Ordre s’éloigne progressivement de l’idéal de perfection qui est le moteur de son rayonnement. L’Ordre se laisse finalement corrompre par sa puissance.
 Sa décadence commence au début du XIIIE siècle. L’abbé Conrad d’Urach, élu en remplacement d’Arnaud II démissionnaire, amorce un mouvement de réforme. En 1493, à son tour, le pape Innocent VIII tente de lutter contre la décadence. Il ordonne à l’abbé de Cîteaux de travailler dans cette voie en collaboration avec les abbés. Les mesures préconisées ne sont cependant pas confirmées par le Chapitre général. Au début du XVIIesiècle, le Concile de Trente décide d’une réforme entre les monastères réformés qui veulent suivre la règle de l’«Étroite Observance» et ceux non réformés de la «Commune Observance».
 La mise en application de cette réforme se fait dans un climat de querelles entre communautés. Entre les partisans de la réforme et les anti-réformistes s’engage une lutte sévère appelée «guerre des observances»[26], qui commence vers 1606. Vers 1620, Louis XIII intervient et demande au pape Grégoire XV de prendre les mesures pour la réforme de l’Ordre. En 1622, le pape nomme le cardinal François de La Rochefoucauld, ancien évêque de Clermont, pour prendre en main la réforme. En 1634, au plus fort de la discorde, Richelieu est appelé par les supérieurs de l’Ordre et pressé d’accepter le titre de «cardinal-protecteur de l’Ordre[27]». Richelieu accepte la proposition et reçoit le 22 décembre 1635 les lettres patentes de confirmation du roi. Le 15 janvier 1636, Richelieu envoie le sieur Froissard, docteur en Sorbonne, pour prendre, en son nom, possession du siège de Cîteaux. Les supérieurs de l’Ordre, qui avaient déclaré qu’ «ils aimaient mieux être fouettés par son Éminence que caressés par La Rochefoucauld», trouvent en Richelieu un ardent défenseur de la réforme. Sa mort le 4 décembre 1642 fait perdre aux partisans de la réforme leur plus puissant et fidèle soutien, même si, dans son testament, le cardinal demandait à Louis XIII de veiller à ce que l’abbé de Cîteaux soit un religieux de l’Étroite Observance.
 La guerre des observances s’apaise à partir de 1666, quand le pape Alexandre VII promulgue la bulle «In Suprema» destinée à rétablir la paix dans l’Ordre. Cette bulle est toutefois rejetée par le Chapitre Général du 19 mai 1672.
 Toute l’abbaye, hormis l’église, brûle en 1297.
 Les saccages se succèdent de siècle en siècle. En 1350 et 1360, sévissent les routiers, et cinq ans plus tard routiers ou Grandes Compagnies réapparaissent.
 Chaque fois les moines trouvent refuge à Dijon. Le rattachement du duché de Bourgogne à la couronne de France coûte, en 1476, une nouvelle dévastation de l’abbaye par les troupes du duc Maximilien, qui occupent Beaune.
 Les guerres de religion font de l’abbaye la cible des colonnes de militaires: à la fois un objectif religieux, mais aussi une source de richesses.
 En 1574, l’abbaye connaît le pillage des huguenots avec, à leur tête, le prince Henri de Condé et le duc de Bavière Jean Casimir. Il en coûte 3000écus de rançon à l’abbé pour éviter une ruine complète. En 1589, les soudards du duc de Charles de Mayenne, chef des ligueurs et gouverneur de Dijon, passent par Cîteaux et s’en prennent à l’abbaye. Ils sont suivis de près par ceux du comte de Tavannes, le chef du parti huguenot. Ils emportent les cloches de la basilique, pour être transformées en canons, ainsi que les chevaux, les juments, les bœufs, les moutons, les meubles, le linge, la vaisselle, le vin et autres denrées. En 1595 la guerre fait rage entre Henri IV et le duc de Mayenne. Un détachement du maréchal Biron, duc et pair, compagnon d’Henri IV, chargé de prendre aux ligueurs des places fortes de Bourgogne, dont celle de Beaune, passe par Cîteaux, qui est une nouvelle fois saccagée. La couverture de plomb qui recouvre la basilique est arrachée. L’abbaye possède alors un haras de juments comptant cent mères portantes. Après leur départ, il n’en reste plus que cinq ou six.
 Pour relever les ruines, les moines vendent quelques-unes de leurs propriétés: Pommard, Ouges, etc. Par lettres patentes, Henri IV reconnait à 200000livres le montant des dégâts subis par l’abbaye de 1590 à 1595.
 Un demi-siècle plus tard, en 1636, les troupes de Gallas font une intrusion dévastatrice dans une Bourgogne laissée sans défense par le départ des troupes de Condé, après le siège manqué de Dole. L’abbaye est pillée et les archives détruites en partie. Richelieu pourtant «cardinal-protecteur de l’Ordre[27]» ne fait rien pour relever la Maison-mère de ses ruines.
 L’abbé dom Vaussin fait lever des contributions sur les autres monastères de l’ordre pour restaurer le monastère fondateur. 
Déployant de grands efforts, les premiers Cisterciens prouvent leur capacité à affronter un milieu naturel hostile, à apprivoiser l’eau et à modeler le paysage afin d’assurer leur subsistance. Le concours de généreux donateurs (des princes, des seigneurs, des bourgeois, mais aussi des hommes plus simples qui prennent l’habit de convers) est précieux. L’idéal de la Carta caritatis les privant des revenus classiques, (cens, dîme…), le bénéfice des dons qu’ils reçoivent leur permettent de constituer un vaste espace territorial nécessaire à la solidité de leur économie.
 L’éloignement de certains domaines — indispensables à l’obtention d’une diversité des productions: vignobles, terres céréalières, pâturages, bois — étant un obstacle à une exploitation directe, les moines créent de petites unités territoriales dispersées, appelées granges, dont la mise en valeur est confiée aux frères convers. Il s’agit de domaines ruraux cohérents avec bâtiments d’exploitation et d’habitations, regroupant des équipes de convers spécialisés dans une tâche et dépendants d’une abbaye mère[30]. Cîteaux en est l’illustration. Les moines ont créé une première couronne d’exploitations à proximité immédiate de l’abbaye: les granges de La Forgeotte, Saule, la Grange Neuve, La Borde, La Loge, Bretigny, Folchétif, Tarsul; puis plus éloignées, se trouvent les granges de Rosey, Gergueil, Crépey, Meursault, Moisey, Aloxe, Détrain, Gilly-lès-Cîteaux, Ouges, Tontenans. Certaines sont à vocation purement viticole dont le célèbre Clos de Vougeot, fondé avant 1110 sur un terrain en friche donné par les chevaliers de Vergy.
 «Bonum vinum». Un secteur de l’agriculture où les moines ont particulièrement brillé est celui de la viticulture. Elle est l’une des réussites les plus importantes qui n’appartiennent pas seulement aux cisterciens mais à toutes les communautés monastiques. Portés par un intérêt particulier à la vigne qui s’inscrit naturellement dans la doctrine spirituelle de l’Église pour différentes raisons dont les plus évidentes sont que la communion exige le vin et que saint Benoît lui-même donna son accord, agrémenté, il est vrai, de quelques réserves: «une hémine de vin par jour peut suffire»[31], les moines sont les maîtres incontestés de la viticulture pendant des siècles et la diffusent partout où ils s’installent. Leur rôle est dominant dans la sélection des cépages et le perfectionnement de la vinification.
 La vigne de Meursault, reçue au moment de leur établissement en 1098 de leur donateur, Eudes Ier de Bourgogne, ne couvrant pas leurs besoins, les moines de Cîteaux ont recours à de nombreuses acquisitions et reçoivent d’autres donations de vignes sur la Côte.
 Abbaye de Cîteaux: le définitoire du XVIIE siècle, classé monument historique.
 La production est à l’époque très différente des standards actuels en œnologie. Ainsi, le vin produit par les vignes que possèdent les moniales cisterciennes de l’abbaye de Tart sur la Côte, à Morey à Dijon à Beaune et peut-être à Bouze, est «pour l’essentiel du vin blanc, acide et vert, faible en degré alcoolique, aidant à la digestion des viandes rôties et faisandées consommées alors par les riches. Ces vins qui ne tiraient sans doute pas plus de 6° ou 7° ne se conservaient pas longtemps et voyageaient difficilement.
 Les granges cisterciennes optimisent les capacités de production agricole et viticole en introduisant une spécialisation de la main-d’œuvre. Chaque grange est exploitée par cinq à vingt frères convers, au besoin aidés d’ouvriers agricoles salariés et saisonniers. Les phases de développement se succédant, le temporel de Cîteaux devient un ensemble aux dimensions exceptionnelles et confèrera à l’abbaye une réelle puissance économique. Un siècle après la fondation de Cîteaux, l’ordre compte plus de mille abbayes, plus de six mille granges réparties dans toute l’Europe et jusqu’en Palestine.
 Le pont-aqueduc des Arvaux, commune de Noiron-sous-Gevrey. La Varaude coule sous les deux arches, la Sansfond canalisée coule au-dessus.
 La règle bénédictine veut que chaque monastère doive disposer d’eau et d’un moulin. L’eau permet de boire, de se laver et d’évacuer ses déchets[34]. C’est pourquoi les monastères sont en général placés le long d’un cours d’eau. Quelquefois établis en des points où le précieux liquide fait défaut ou n’existe pas en quantité suffisante, ils doivent se spécialiser dans le génie hydraulique et construisent barrages et chenaux pour amener l’eau jusqu’à leurs moulins.
 Les moines de Cîteaux se sont initialement installés près du ru du Coindon, insuffisant pour couvrir leurs besoins. Sous l’abbatiat d’Albéric, ou Aubry, (1099-1108), cette difficulté d’approvisionnement en eau oblige à déplacer l’abbaye de 2,5km pour s’établir au confluent du Coindon et de la Vouge[34],[35]. En 1206, il faut encore augmenter le débit hydraulique et un bief long de 4km est creusé sur la Vouge, mais cette dérivation se révèle toujours insuffisante. Les moines, après avoir négocié le passage au duc de Bourgogne et au chapitre de Langres, s’attaquent alors, non sans difficultés, au chantier du détournement de la Sansfond (ou Cent-Fonts), qui leur assurera un débit régulier de 320litres par seconde[34]. Le chantier est considérable: en plus de creuser un canal long de 10km à partir du village de Saulon-la-Chapelle, les moines doivent réaliser le pont des Arvaux, un pont-aqueduc de 5m de haut, permettant le passage du canal au-dessus de la rivière Varaude[34]. Vers 1221, l’eau du canal arrive dans le monastère, et le résultat est à la hauteur des efforts engagés. Les travaux augmentent considérablement le potentiel énergétique de l’abbaye: avec une chute d’eau de 9 mètres[36], au moins un moulin et une forge sont installés sur le nouveau bief[37]. Ces eaux, renforcées par les eaux du bief de la Vouge et du ru du Coindon, circulent au moyen de canalisations souterraines sous l’ensemble des bâtiments: logis ducal, bâtiment des convers, réfectoire, cuisine, et noviciat pour alimenter ensuite un canal à ciel ouvert.
 L’économie du monastère n’est pas toujours florissante et connaît des périodes difficiles. En 1235, l’abbaye est couverte de dettes. En 1262, le monastère fait à nouveau face à une grave crise financière, la tenue des réunions annuelles du Chapitre général étant source de grandes dépenses. Le Chapitre général autorisera l’abbé de Cîteaux à mettre à contribution les autres monastères de l’Ordre.
 À la fin du XIIE siècle, les cisterciens, à la tête d’un domaine de quelques 5000hectares, ont jeté les bases du temporel. Le grand atlas de Cîteaux, conservé aux archives départementales de Dijon (11H138), permet de connaître le détail des propriétés de Cîteaux en 1718. Elles se décomposaient alors comme suit: Enclos de Cîteaux: 20 hectares; Étangs 150 hectares; Vignes 120 hectares; Prés: 700 hectares; Terres de labour: 4000hectares; Bois: 4200hectares dont 2000hectares autour de l’abbaye. Soit au total 9190hectares.
 En 1726 l’abbaye de Cîteaux comptait 120000livres de revenu. 
Cette expansion assurera aux Cisterciens une place prépondérante, non seulement au sein du monachisme européen, mais aussi dans la vie culturelle, politique et économique.
 Au XVIIE siècle, Cîteaux se présente comme une petite ville enserrée à l’intérieur d’un vaste mur d’enceinte. Ses bâtisseurs ont mis en œuvre cette solution comme une réponse architecturale à l’observance du vœu de stabilité selon la Règle de saint Benoît: 
«L’âme est en danger quand le moine est en dehors de son monastère, le cénobite court des risques quand il s’éloigne de sa communauté.»
 Cette règle veut que tout le nécessaire se trouve à l’intérieur du monastère, le mur d’enceinte protégeant du monde extérieur de vastes constructions qui étonnent par leur importance. Mais Cîteaux, chef d’Ordre, n’est pas une abbaye quelconque. Elle se doit de recevoir décemment, non seulement les délégués du chapitre annuel, leurs familiers, les chevaux, mais aussi la famille ducale, et d’héberger les novices. Ces obligations ont influé sur l’infrastructure d’accueil qui doit répondre à ces besoins.
 Au nord, la porterie s’ouvre sur une première cour appelée «basse-cour», fermée sur son pourtour par de vastes bâtiments destinés aux hôtes et aux étrangers. À son extrémité sud, une seconde porte, dont l’étage était réservé au logement des duchesses de Bourgogne, donne accès à une grande cour d’honneur fermée sur sa partie sud par le logis des ducs de Bourgogne. Cette cour comprend des dépendances qui ne sont utilisées qu’au moment du Chapitre général. Les bâtiments conventuels s’organisent principalement autour de trois cloîtres; le grand Cloître, le cloître du Colloque et le cloître saint Edme. Autour de chacun de ces trois espaces clos s’ordonnent les lieux réguliers: église, salle capitulaire ayant la fonction de salle d’assemblée législative et de tribunal, parloir, chauffoir, réfectoire, cuisine et dortoir. De l’église érigée au XIIesiècle, centre de la vie spirituelle du monastère, longue de cent deux mètres et dont la nef mesurait onze mètres cinquante de large, il ne reste déjà plus rien en 1807. À l’est du cloitre saint Edme, le logement de l’abbé général, qui était éloigné de sa communauté. Il est par la suite transféré dans le logement des ducs de Bourgogne. La fin de la période médiévale est marquée par l’achèvement, en 1509, de la construction de la bibliothèque, seul bâtiment de cette époque encore existant sur le site. 
Cette énumération des différents lieux et constructions répertoriés sur une vue cavalière de l’abbaye dressée en 1674 donne une idée de son importance.
 Gravure de P. Brissart sur un dessin d’Étienne Prinstet (1674) et comportant les armoiries de l’abbé Jean Petit (1670-1692) . Ferme appelée la Forgeotte
Sanctuaire de saint Robert où fut fondé le premier Cîteaux
Première entrée, porte de Cîteaux
Hôtellerie
Chapelle de la porte
Porte principale et au-dessus logis des duchesses de Bourgogne
Maison du prêtre portier
Écuries
Écuries du temps des chapitres généraux.
 Le nombre du millier de chevaux présents dans ces écuries dut être atteint.
 Granges
Greniers et au-dessous, les moulins
Logis des ducs de Bourgogne
Portique
Église. Dédiée à la Vierge en 1193. Elle pouvait accueillir lors des offices du Chapitre général le millier d’âmes. Le clocher haut de 37m était posé à la croisée du transept. La nef, le chœur, le transept et la flèche étaient couverts de plomb. C’est cet édifice religieux qui fut englouti le premier dans la bourrasque révolutionnaire. En octobre 1804, on finissait de le détruire. L’orgue, dont la construction avait été entreprise sous l’abbatiat de dom Jean Loisier et que l’on considérait comme un des plus beaux de France, avait connu la destruction dès 1791, l’étain avait été vendu, le buffet était parti en bois de chauffage. 
Dortoir
Définitoire
Le chapitre ou salle capitulaire
Située en contrebas du cloître, elle se présentait comme une grande pièce carrée de 19m de côté environ, comprenait trois nefs de trois travées. Sa superficie est estimée à quelque 360m2 dans laquelle trois cents personnes pouvaient prendre place
Dortoir des novices
Oratoire de saint Bernard
Grand cloître
Chauffoir
Il occupait une surface de 200m2 et était chauffé par deux cheminées
Réfectoire.
 Ce bâtiment implanté à la galerie méridionale du cloître avait une surface de 855m2.
 Cuisine
Cordonnerie
Dortoir des convers et au-dessous la cave à vin
Petit cloître ou cloître des copistes ou de la bibliothèque
Grande bibliothèque
Petite bibliothèque
Maison du prieur
Maison du sacriste
Cimetière
Petit dortoir
Maison du pharmacien
Réfectoire commun des infirmes
Chambre des infirmes
Grande infirmerie
Grande salle longue de 59m et large de 21m, d’une superficie de 1240m2
Chapelle saint Edme ou chapelle saint Bernard. Le nom de chapelle saint Edme est plus tardif.
 Logis abbatial
Cour du logis abbatial
Colombier
Jardin du logis abbatial
Porte arrière
Petite maison du portier
Ruche
Grand bosquet
Grand jardin
Viviers
Maison des tailleurs et vestiaire
Grand étang
Les bâtiments n’ont cessé d’évoluer au fil des siècles pour s’adapter aux besoins. C’est à la fin du XVIIE siècle, sous l’abbatiat de Dom Jean Petit, qu’est achevé le bâtiment, appelé aussi le nouveau définitoire, comportant des salles voûtées au rez-de-chaussée. L’étage est affecté au nouveau dortoir des novices. Ce bâtiment long de quatre-vingts mètres et large de seize, sauvé des destructions révolutionnaires, n’est parvenu jusqu’à nous que dénaturé par les installations industrielles du XIXesiècle qu’il dut abriter.
 D’importants et nécessaires travaux de restauration sont conduits sur l’ensemble des bâtiments dans la première moitié du XVIIIesiècle avec les crédits dégagés par la vente des réserves de bois, mais il parait nécessaire à Dom François Trouvé, dernier abbé de Cîteaux, de demander l’autorisation d’une nouvelle vente d’une réserve de bois de 945 arpents[39], qui se fait en 1762, afin de pallier les nouveaux besoins. Les architectes Nicolas Lenoir dit «le Romain» et Jean Caristie établissent un projet grandiose de reconstruction. Le projet n’est réalisé que partiellement, ce qui est réalisé ne représentant finalement qu’une partie de l’immense projet. Le bâtiment de 100m de long sur 20m de large, dit «bâtiment Lenoir» ou encore «logis abbatial», est terminé pour le chapitre de 1771. C’est un des trois bâtiments épargnés par la Révolution, affecté aujourd’hui à la communauté.
 Il règne au sein du monastère une vie austère, ritualisée et réglée par le son des cloches. Prières liturgiques, pratique des vertus monacales, travail et silence, telle est la vocation du moine selon la règle de saint Benoît. Le silence en est un des principes fondamentaux, mis en avant par les premiers pères du monachisme. C’est un élément jugé indispensable pour aider les moines à surmonter le péché qu’ils s’étaient engagés à vaincre. Pour Basile le Grand (329, Césarée – 379), le respect de la règle du silence permet aux novices de développer la maîtrise de soi tout en contribuant aux progrès de l’étude; pour Benoît de Nursie, c’est «l’instrument des bonnes œuvres». Pourtant, pour la bonne marche de leurs occupations quotidiennes ponctuées par le travail, la méditation et le repos, les religieux ont à échanger des informations. Ils ont élaboré un moyen qui ne perturbe pas le silence des autres en utilisant un langage qui semble remonter au tout début du monachisme[40]: la langue des signes monastique.
 Il est probable que Robert de Molesmes avait adopté, et adapté, l’un de ces systèmes à Molesmes, système ensuite transmis au nouveau monastère de Cîteaux.
 Ce système doit permettre la transmission d’informations pratiques en silence plutôt que d’être un outil de communication. Une liste de Clairvaux répertorie 227 signes, qui couvrent les domaines de la vie monastique: la nourriture, la boisson, les objets liturgiques et ecclésiastiques, les membres de la communauté, les bâtiments, les ustensiles, etc. Des lexiques de ce type, plus ou moins longs, sont également utilisés tous les jours dans les autres monastères de l’Ordre[41]. La rigueur de la règle rend son application difficile et les moines se montrent réticents à l’appliquer. Ainsi, le Chapitre général met plusieurs fois la communauté en garde contre ce langage également utilisé pour les conversations plus futiles voire les plaisanteries. L’application de la règle, se relâchant au fil des siècles, entraîne la disparition de ce système de langage par signes: au XVIIesiècle, pratiquement plus aucun monastère ne l’applique significativement. La réforme de la Stricte Observance, du père Armand de Rancé de l’abbaye de La Trappe à partir de 1664, lui redonnera un nouvel élan.
 L’outrage fait aux sépultures
Récit d’un témoin contemporain
 «Ces tombeaux étaient en marbre; on a enlevé les marbres, et on a laissé les os pour que le public puisse en faire des castagnettes. Le cœur de Calixte II, pape était placé derrière le maître-autel dans une obélisque (sic) en pierre commune; on a laissé le tout à l’adjudicataire pour en faire son profit […] Dans une chapelle de l’église, dédiée à tous les saints, il y avait une gloire à la Bernine (sic); un tombeau en l’air et en saillie au-dessus de l’autel, et soutenu par deux anges presque de grandeur naturelle, et qui paraissaient se soutenir eux-mêmes à l’aide de leurs ailes, portaient et soutenaient le tombeau chacun de leur côté; il renfermait beaucoup de reliques. Tout a été vendu […] Le tombeau d’Alix[42] et ses os sont restés avec les décombres parce que la matière en pierre ne méritait pas d’être conservée…» .
 La renommée du monastère est telle que les ducs de Bourgogne de la première génération, les descendants d’Hugues Capet, choisissent ce haut-lieu de la chrétienté pour sépulture. Plus de soixante membres de la Maison de Bourgogne y seront ensevelis. Parmi la longue liste citons: Eudes Ier, mort en 1102 en Palestine, qui, transporté, est inhumé en 1103, son fils Hugues II († 1143), son fils Henri de Bourgogne († 1178), évêque d’Autun, Eudes II († 1162) ainsi que son fils Hugues III, mort en 1192, à Tyr, Eudes III mort en 1218 à Lyon, et citons également le dernier de la lignée des ducs capétiens, Philippe de Rouvres († 1361). Ainsi que des personnages célèbres et moins célèbres tels: le bienheureux Alain de Lille, docteur universel, convers de Cîteaux († 1202 ou 1203), Bernard de Clairvaux, Guy de Bourgogne, archevêque de Vienne et légat du pape, devenu lui-même pape sous le nom de Calixte II, († le 10 décembre 1124), Robert de Bourgogne, comte de Tonnerre († 1315), Agnès de France, fille de Louis IX, Perrenot de Champdivers († 1348) bourgeois de Dijon, Philippe de Vienne, († 1303), seigneur de Pagny, Philippe Pot, († 1494) sénéchal de Bourgogne, et bien sûr prélats, prieurs et religieux.
 Durant des siècles, les plus précieux monuments et les sanctuaires les plus chers ont offert aux vénérables une paix éternelle en ce lieu. Mais l’abbaye est vendue sous la Révolution. L’adjudicataire en a fait son profit: tombeaux et pierres tombales sont saccagés: (Voir encart: L’outrage fait aux sépultures). Seul vestige rescapé, le célèbre tombeau de Philippe Pot, exclu de la vente comme bien national, est aujourd’hui visible au musée du Louvre.
 Dom François Trouvé, dernier abbé de l’Ancien Régime
Fils du président du grenier à sel de Champagne-sur-Vingeanne, dom François Trouvé nait en ce lieu en 1711. Après avoir quitté Cîteaux, François Trouvé se retire chez son neveu Barthélemy Trouvé à Vosne-Romanée. C’est là qu’il trouve la mort le 26 avril 1797. Ancien moine de Cîteaux et alors qu’il était prieur de l’abbaye de la Clarté Dieu, il est élu le 25 novembre 1748, à l’âge de trente-sept ans, abbé de Cîteaux par les religieux de l’abbaye ayant droit au vote, et 45 prieurs ou abbés de l’Ordre.
 Martine Plouvier dans le chapitre «Un chantier permanent» nous livre des témoignages de contemporains de François Trouvé, repris ci-après, qui laissent entrevoir un personnage contrasté. Parmi les qualités reconnues par ses proches et les anciens de Vosne-Romanée, l’abbé dom F. Trouvé était décrit comme un homme charmant et d’une grande bonté. Mais, comme L.B. Baudot l’a écrit[46], reprenant les propos de Dom Deprenier, gouverneur du Petit-Cîteaux, s’il «avait de l’esprit et beaucoup de facilités pour faire un abbé illustre», «ces qualités n’avaient aucun effet à cause de son amour pour l’intérêt et le despotisme». Selon l’abbé Piot, curé de Corcelles-lès-Cîteaux, c’était «un homme au port noble, au jugement exquis, maniant bien la parole, […] économe jusqu’à la lésinerie dans sa maison, grand dans l’appareil, soit dans les repas publics qu’il a donnés au prince de Condé lors des États tenus à Dijon, lors des chapitres ou dans d’autres occasions.»
 Un religieux de la maison rapporte qu’après son élection, F. Trouvé sera pris de la crainte d’être empoisonné, comme cela arriva en 1671 à dom Jean Petit, l’un de ses prédécesseurs, au moment des querelles de la réforme, et qu’il prendra longtemps du contrepoison.
 D’autres propos ou témoignages dévoilent une facette plus inquiétante du personnage. Une lettre du nonce[47] à Rome du 4 novembre 1771 parle de lui en ces termes:
 «Il conviendrait de réprimer l’insolence de l’abbé Dom Trouvé que tous regardent comme un mauvais sujet, dilapidateur des biens de l’Ordre. Il en a été plusieurs fois question comme je l’ai appris et dans le conseil on a fait des vœux ardents mais l’argent qu’il a semé et le vin excellent dont il a régalé, lui ont procuré à la Cour des protecteurs suffisants.»
 Les journaux révolutionnaires de l’époque qui révélèrent qu’il fit enfermer en 1783 Dom Patouillot pendant 18 mois dans une cage de bois de 2,60m nous le montrent sous un jour impitoyable et cruel.
 Les mauvais traitements de moines à la forte personnalité pouvant menacer l’autorité de l’abbé ne sont pas des cas si isolés. 
Aux XVIIE et XVIIIE siècles, il y eut Dom Duchemin enlevé, Dom Larcher mis en prison, et Dom Cotheret exilé.
 Enfin, l’abbé Piot reconnait qu’il avait du mal à gouverner une communauté très indisciplinée qui comptait à cette époque 51 religieux, dont 27 prêtres, 13 non prêtres et 11 convers.
 Le lieutenant Napoléon Bonaparte à Cîteaux?
 Louis-Bénigne Baudot, (12 mars 1765 – Pagny (C.O.) † 25 décembre 1844), fut un observateur direct et attentif des évènements qui se déroulèrent à Cîteaux, avec Jean-Baptiste Peincedé, l’archiviste du département. Il nous laisse une correspondance datée du 28 janvier 1843, adressée à un abbé du monastère d’Aiguebelle, dans laquelle il relate les circonstances dans lesquelles il fut mis en possession du crâne de l’abbé Guy de Paré (ou Paray) et la manière dont il arriva à soustraire son larcin à la sagacité de Bonaparte, alors lieutenant en second dans le régiment de La Fère. «[…] Il fallait pour sortir de la première enceinte du monastère passer devant un corps de garde placé dans une loge de portier habitée alors par une compagnie de canonniers venue d’Auxonne et commandée par Napoléon Bonaparte, afin d’arrêter les vols qui se commettaient sans cesse pendant la vente publique que l’on faisait du mobilier. Cependant M. l’archiviste et moi, ayant mon chapeau sous mon bras, nous sortîmes de cette première enceinte sans que l’œil pénétrant de Buonaparte ne soupçonnât (sic) rien de mon espèce de larcin, malgré qu’il fut (sic) alors sur la porte de son poste […].»
Ce document pourrait être versé au dossier de la controverse développée afin de savoir si Bonaparte était ou non présent à Cîteaux lors de la révolte des moines. La date retenue pour fixer son départ d’Auxonne lors de son deuxième séjour est le 15 juin 1791. L.B. Baudot date du 12 juin 1791 sa rencontre avec Bonaparte à Cîteaux. 
Abbaye de Cîteaux La bibliothèque du XVIesiècle. Classée monument historique.
 Dans la situation tumultueuse qu’installe la Révolution, Talleyrand, évêque d’Autun, député aux États généraux, membre du Comité de Constitution de l’Assemblée nationale, donne le 10 octobre 1789 sa «Motion sur la nationalisation des biens ecclésiastiques». Cette proposition, adoptée par les députés le 2 novembre 1789, met tous les biens ecclésiastiques à la disposition de la nation française. Le 13 février 1790 sonne l’heure de la chute; l’Assemblée décrète l’abolition des congrégations et ordres religieux, et ordonne de procéder à la vérification des comptes de toutes les maisons religieuses.
 À Cîteaux, le climat interne devient aussi tumultueux que celui qui règne dans le monde extérieur. Les relations entre les religieux et Dom Trouvé, à l’autorité déjà fortement contestée, se tendent. Les moines se réunissent au chapitre et exigent de l’abbé, afin de garantir leurs droits, qu’il rende ses comptes et qu’il présente l’inventaire exigé par le décret. Dom Trouvé leur oppose un refus. La révolte gronde parmi les moines à Cîteaux. Le 20 avril, il faut l’intervention du gouverneur de Bourgogne, de Bourbon-Busset, pour rétablir la paix. Le 24 avril, les moines décident de faire appel à des avocats de Dijon pour faire répondre Dom Trouvé de la vente de mobilier, bétail et linge qu’il aurait effectuée en secret.
 «Les religieux ne le reconnaissaient plus comme supérieur et voulaient s’emparer de tout. Certains religieux avaient même essayé de soustraire les objets précieux en démolissant la voûte du trésor[49]». «L’abbaye était en état de guerre».
 Le 1ermai 1790, un détachement de quatorze artilleurs du Régiment de La Fère en garnison à Auxonne, envoyé sur décision du Directoire du District, arrive sur place pour rétablir et maintenir l’ordre.
 Les 2 et 3 mai 1790, les religieux sont invités à faire part de leur choix entre le maintien à la vie commune ou le retour à la vie privée: sur les quarante-cinq religieux recensés, (auxquels il faut ajouter 7 convers), trente-et-un religieux optent pour la vie privée et 14 pour la vie commune.
 Le 4 mai 1790, Dom Trouvé, face à cette révolte, préfère quitter Cîteaux pour l’abbaye de La Bussière. Lorsque le 15 octobre, il veut reparaître au monastère; craignant pour sa sécurité, il se fait accompagner de deux commissaires du district. Du 4 au 15 mai a lieu un ensemble d’inventaires. Le 8 septembre 1790, les moines se livrent au pillage des objets précieux que les commissaires du district ont entreposés. Le 12, jour où éclate une querelle entre les moines, arrivent les commissaires chargés de faire l’inventaire des objets volés. Les estimations et ventes de matériels divers ont lieu les 10 septembre, 15 octobre, 7 et 28 décembre 1790.
 À la veille de la vente du 24 janvier 1791 concernant 207 instruments aratoires, un nouveau recensement dénombre 15 religieux et 5 convers, tous quittent Cîteaux autour du 10 mai 1791. Les bâtiments et seulement 800 hectares de terre, non compris mobilier et objets précieux sont estimés les 24 février et 13 mars 1791 pour une somme de 482000livres.
 Les 10353 volumes qui trouvent place dans la bibliothèque sont enlevés les 29, 30 avril, puis les 3 et 6 mai 1791 dans quatorze voitures chargées avec l’aide des canonniers de La Fère, — parmi lesquels, d’après le témoignage de L.B. Baudot, se trouvait peut-être le lieutenant Bonaparte — pour être déposés dans la salle des Festins, (aujourd’hui salle de Flore au Palais des États de Dijon), lieu de dépôt des livres nationaux du district.
 Le 4 mai 1791, Cîteaux est acquis par la société formée à dessein par les nommés Duleu, Dardelin, Bossinot, Latey et Gentils de Dijon contre la somme de 862000livres, mais la société est rapidement déclarée en faillite.
 Le 31 mai 1791, Jean-François-Xavier Fromme d’Amance, tuteur onéraire des trois petits-enfants[52] de Philippe-Guillaume Tavernier de Boullongne (1712-1791), (connu sous le nom de Boullongne de Magnanville) est mis en possession de l’abbaye pour le compte des enfants. Il fait aussitôt commencer la démolition systématique des bâtiments pour tirer parti des matériaux. L’orgue, qui datait de l’abbatiat de Jean XI Loisier (1540-1559) et qui était placé au-dessus de la grande porte d’entrée de l’église, connaît aussitôt un sort funeste: l’étain est vendu et le buffet utilisé comme bois de chauffage.
 L’abbaye livrée au profane
Le temps des Boullongne
Les enfants Boullongne conservent quelques bâtiments. Il leur faut tenir une noble vie à Cîteaux et comme l’abbatiale construite par Dom Trouvé répondait à ce besoin, elle échappe au marteau destructeur. Elle devient le château d’Herminie de Boullongne. Mariée en 1792 à Bernard-François de Chauvelin[58], ce dernier se retrouve, par sa femme, propriétaire de cet imposant complexe qu’il convertit en une demeure prestigieuse appelée le château de Cîteaux. À côté du château, Chauvelin fait encore construire en 1814 une grande orangerie.
 La bibliothèque du XVIesiècle perd la moitié de ses voûtes lors de sa transformation en 1804 en un théâtre de 500 places. Le bâtiment du définitoire, édifié sous l’abbatiat de Dom Jean Petit (1685) et achevé en 1699, est transformé en sucrerie entre 1824 et 1839; elle reçoit les honneurs d’une visite de Casimir Perier en 1829.
 L’entente entre les trois enfants Boullongne ne durera pas. L’an VI (1797-1798), un premier partage met la fille cadette, émigrée, hors de la propriété. En l’An X (1801-1802), Auguste et Herminie Tavernier, malgré la signature d’accords concernant l’indivision, se mettent à se faire des procès qui s’étireront sur plus de trente années. Après 1832, elle parvient à se défaire de l’indivision et son frère doit se contenter du domaine séparé de La Forgeotte. Après la mort sans postérité de Chauvelin, son mari, devenue seule propriétaire du domaine, elle décide en 1841 de s’en séparer et cherche un acheteur.
 Le rêve fouriériste
Le 7 septembre 1841 Herminie Félicianne Tavernier de Boullongne remet les clés de sa propriété de Cîteaux à Arthur Young, un commerçant anglais. Le nouveau propriétaire doit débourser la somme de 1500000francs. Riche idéaliste, converti à la doctrine de Charles Fourier et aux idées sociales et généreuses qu’elle développe, il n’acquiert Cîteaux que dans l’intention de mettre en application, en grandeur nature, une communauté sociétaire qu’il dirigera avec la féministe belge Zoé de Gamond et qui fonctionnera selon les principes fouriéristes.
 Malgré le scepticisme, la méfiance, l’inquiétude, les difficultés rencontrées, et la surveillance dont il fait l’objet, Young parvient toutefois à donner vie à son projet et à «créer une société dans la société», qui porte le nom de phalanstère. Sa réalisation n’emportera pas le succès escompté, loin s’en faut: sur les 600 personnes qu’il attend, il n’en accueille tout au plus 167 au début de 1843.
 Le modèle économique de sa société, tel qu’il l’envisage — selon les idées de Fourier — s’avère non viable, et les difficultés financières ne tardent pas à se faire sentir. Fin 1845, Young est menacé d’une licitation judiciaire. En mai 1846, la débâcle prononcée amène la mise en vente sur saisie du domaine à la demande de deux débiteurs, dont Herminie Tavernier de Boullongne, qui n’avait pas dû recevoir le produit de la vente de 1841.
 La colonie pénitentiaire du père Rey
Le 25 juin 1846, Joseph Rey, supérieur des Frères de Saint-Joseph, devient le nouveau propriétaire de 300 hectares de Cîteaux et des bâtiments. Le retour d’une vie ecclésiastique à Cîteaux fait la joie du curé du village voisin de Prémeaux, qui ne s’en n’est pas caché. 
L’abbé, confronté à Lyon aux problèmes sociaux de pauvreté et à l’état d’abandon dans lequel se trouvaient certains enfants, se sentait investi de la mission de leur venir en aide, de reprendre leur éducation pour en faire des «citoyens utiles».
 Trop heureux de trouver dans la formule proposée par le père Rey une solution médiane entre le tout répressif et une coupable mansuétude devant la délinquance des enfants, les pouvoirs publics choisissent d’aider le père Rey dans son entreprise de création d’une colonie agricole pénitentiaire pour enfants.
 Ils lui accordent une aide financière pour chacun des jeunes gens recueillis, qui permit à la colonie de subsister. Délinquants, orphelins vagabonds y trouvent leur place. Le nombre des pensionnaires accueillis, bien que variable selon les années, atteint le nombre de 863 en 1874, l’année de la mort du père Rey. 
Les méthodes éducatives s’apparentent aux méthodes militaires: discipline, ordre, travail, mais respect des jeunes, reconnaissance et récompense.
 Bâtiments et autres constructions nécessaires à leurs activités sont construits ou adaptés avec les moyens limités dont ils disposent. Le plus gros chantier auquel le père Rey décide de s’atteler est l’élévation d’une nouvelle église, qui prend sa place au sein de la colonie en 1861.
 Puis le contexte politique change et devient défavorable à la cause cléricale. Des articles paraissent en 1888 dans un journal lyonnais anticlérical et créent un climat lourdement hostile, provoquant en septembre 1888 le retrait de la reconnaissance d’utilité publique à la Société des frères de Saint-Joseph, ce qui entraîne le rapide déclin, puis la chute de la colonie. Le domaine de Cîteaux, abandonné de ses occupants, passe donc aux mains de l’État.
 La résurrection de l’abbaye
En 1895, alors que la colonie installée par le père Rey approche de son terme, (la suppression légale de la Société des frères de Saint-Joseph qui la faisait vivre est prononcée en 1888), Dom Sébastien Wyart, alors abbé de Sept-Fons, et Frédéric Oury, évêque de Dijon, nourrissent le dessein de restaurer la vie spirituelle de Cîteaux.
 Le 22 août 1898, madame Marie de Rochefort devient la propriétaire du domaine et de ses dépendances qu’elle achète à la Société de Saint-Joseph[61] pour une somme de 800000francs, dans le but d’y réinstaller les cisterciens, moyennant une rétribution annuelle.
 Elle le loue aussitôt par un bail notarié du 25 octobre 1898 pour 18 ans, contre une rétribution annuelle de 28000francs[62] aux cisterciens-trappistes.
 L’Ordre des Cisterciens réformés de Notre-Dame de la Trappe voit ses vœux comblés: la vieille abbaye va retrouver une vie spirituelle.
 Une refondation laborieuse
Dès le 2 octobre 1898, les premiers moines pionniers, au nombre de quatre, arrivent de Sept-Fons, et le 9 février 1899 a lieu l’élection abbatiale.
 Dom Sébastien Wyart devient abbé général. Il le reste jusqu’au 18 août 1904. Stalles et jubé sont rapidement mis en place dans l’église du père Rey, pour y permettre l’exercice de la vie spirituelle. Le 12 septembre 1899, la nouvelle communauté y célèbre la messe.
 L’état du temporel de l’abbaye trouvé par les nouveaux arrivants exige la mobilisation de toute leur énergie. La désolation est partout: l’ancienne église Saint-Nicolas convertie en vacherie, le définitoire incendié, la bibliothèque de 1509 à moitié détruite.
 Les premières années sont particulièrement laborieuses. La communauté d’une trentaine de membres, formée d’éléments hétérogènes, n’est pas soudée et sa direction se révèle si délicate que le père supérieur, Stanislas Biesse, préfère quitter Cîteaux le 2 août 1899. La lourde charge de la refondation de Cîteaux revient à l’abbé auxiliaire, le père Robert Lescand. Il arrive à Cîteaux le 6 septembre 1899.
 En 1913, l’abbaye compte environ vingt-cinq personnes, moines et convers, et fait face à de sérieuses difficultés financières, qui la contraignent à mettre en vente 258 ha du domaine sur les 375 ha dont elle dispose depuis sa réinstallation.
Arrivent ensuite les réquisitions de la guerre de 1914-1918, qui réduisent la communauté à une vingtaine de moines. Une partie des bâtiments de l’abbaye est offerte par le père supérieur, pour y installer un hôpital militaire d’une capacité d’environ 1000lits.
 En 1921, la communauté retrouve un effectif de 32 personnes.
 L’abbaye prend son essor.
Sous la direction du père Fabien Dütter, la restauration du monastère va bon train. Les bâtiments inutiles sont démolis, on aménage et on modernise le presbytère, l’hôtellerie, la buanderie, l’étable pour plus de quatre-vingts bêtes, une nouvelle fromagerie, le jardin. Mais l’effectif de la communauté ne s’accroît pas pour autant.
 Il faut attendre les premières années de la direction de l’abbaye par le père Godefroid Bélorgey (1932-1952), pour que la communauté connaisse un accroissement notable des effectifs avec une importante arrivée de novices. Si la pauvreté règne encore, un effort est fait pour améliorer le confort des moines. L’abbaye, qui compte 88 moines, convers et novices à la veille de la guerre 1939-1940, voit une quarantaine de ses membres mobilisés pour le conflit, et ses locaux servirent d’hôpital militaire aux Allemands, qui s’installent dans l’hôtellerie.
 La période de 1899 à 1963 voit se succéder six abbés généraux et quatre abbés auxiliaires, supérieurs de Cîteaux.
 Le 15 janvier 1963, faisant suite à une demande du Chapitre général de 1962, le pape concéda un indult modifiant le statut de Cîteaux. Ce document donne le droit à la communauté de Cîteaux d’élire son abbé, comme dans tous les autres monastères. Cet abbé porte désormais le titre d’abbé de Cîteaux et l’abbé général reçut le titre honorifique d’archi-abbé de Cîteaux.
 L’église construite en 1861, héritée de la colonie du père Rey, est l’objet d’une rénovation et elle reçoit la consécration de l’évêque de Dijon le 17 octobre 1970.
 Vingt-cinq ans plus tard, sous l’abbatiat de Dom Olivier Quenardel, l’église rénovée en 1970 se révèle inadaptée à la prière monastique, cela d’autant plus qu’elle doit être ouverte aux fidèles; un double accès parait indispensable. Pour y remédier, la communauté confie à l’architecte Denis Ouaillarbourou la tâche de construire une nouvelle église monastique. Le chantier commence en mai 1997 et l’inauguration de la nouvelle église a lieu le 21 mars 1998, jour du 900e anniversaire de la fondation de l’abbaye.
 L’abbaye a conservé trois bâtiments de la période ancienne. Le plus ancien, la bibliothèque achevée en 1509, en voûte d’ogives[67]. Le «définitoire», en voute d’arêtes, qui comprend plusieurs salles dont une grande à colonnes centrales, et le dortoir à l’étage et enfin le dernier bâtiment, dit bâtiment Lenoir achevé en 1771. Ces trois bâtiments ont été classés au titre des monuments historiques par arrêté du 28 décembre 1978.
 Les visites sont autorisées pour faire connaître la tradition cistercienne, son histoire et sa réalité actuelle.
 Outre les séjours ordinaires à l’hôtellerie, la communauté organise – trois fois par an – une retraite de six jours, appelée «Aventuriers du bonheur» et destinée aux 18-35 ans. Elle a pour but de faire découvrir un pan de la vie des moines et d’initier ceux qui le souhaitent à leur façon de prier: liturgie, oraison, lectio divina.
 Une trentaine de moines sont présents en 2010 à Cîteaux. L’économie repose principalement sur la production du fromage Abbaye de Citeaux (fromage), notamment vendu au magasin de l’abbaye. Ce magasin vend aussi des livres et objets religieux, ainsi que des produits d’autres monastères. Des bonbons au miel sont également produits à l’abbaye.
 Le 14 septembre 2009, la vie monastique a commencé à Munkeby Mariakloster, pré-fondation en Norvège (sur la commune de Levanger, près de Trondheim), où Cîteaux a envoyé 4 moines.

Aujourd’hui nous sommes accompagnés par Michèle, nous pénétrons sur le site du monastère de cîteaux, nous prenons une allée, elle est bordée d’arbres et de pelouses, le soleil commence à rayonner. Devant le premier bâtiment, est érigé la statue de Molesme, le fondateur de l’abbaye en 1098. Nous sommes accueillis par notre guide, elle nous fait pénétrer dans une ancienne ferme du site, qui est aujourd’hui aménagée pour accueillir les visiteurs. Les moines de citeaux, ils sont 30 actuellement, ont décidé d’ouvrir leur site au public, depuis 1998, date du neuf centième anniversaire de l’abbaye de cîteaux. IL est donc devenu, le seul monastère cistercien trappiste à ouvrir son enclos au public. Cette ferme où nous écoutons actuellement religieusement notre guide, fut occupée par les moines, en tant que ferme agricole jusqu’en 1960. Noud sommes exactement dans l’ancienne étable, elle contenait beaucoup de Vaches. Elle a été transformée pour accueillir les visiteurs. Bien sûr, nous ne serons pas au contact des moines, mais nous sommes assis, dans la copie conforme de la salle du chapitre où les moines se réunissent. C’est dans la salle du chapitre, que tous les matins les moines écoutent la parole du père abbé. Il est le chef de famille, il se doit de veiller sur chacun de ses moines.Tous les matins, ils vont l’écouter, commenter un chapitre de la règle de Saint-Benoît. C’est en 1098, que 20 moines sont arrivés ici, le premier père abbé fut Robert de Molesme, il était auparavant, le père abbé de l’abbaye de Molesme. Molesme est un petit village du nord de la Côte-d’Or, dans le monastère, il y a beaucoup de moines, et en apparence tout va bien. Robert s’aperçoit tout de même, qu’au fil du temps, insidieusement la règle de Saint-Benoît y est vécu avec tiédeur et beaucoup de paresse. Robert est un ancien ermite, il a fondé son abbaye, il voit cela d’un mauvais œil, on est allé beaucoup trop loin dans la décadence. Il veut faire une réforme, pour continuer à vivre à Molesme, en voulant appliquer tout simplement les règles de Saint-Benoît, c’est-à-dire, vivre comme le christ pauvre. Il en fait part à tous ses moines, en leur disant de vivre avec plus de simplicité. La réforme n’est pas acceptée, une majorité la refuse. Des tensions dans le monastère se font jour, entre les pour et les contre. C’est pour cela, qu’un jour Robert va prendre la décision de partir, avec les 20 moines qui le soutiennent. Ils viennent ici pour fonder leur nouveau monastère, ils ne sont pas partis de Molesme comme des voleurs, mais en toute légalité. Ils arrivent à cîteaux, en vivant en parfaite pauvreté, en refusant même la dîme, qui était à ce moment là les revenus du clergé. Les moines travaillent donc manuellement, c’est un retour important, le site est alors que forêt. Pour ces hommes de Dieu, c’est un retour au désert, un lieu de solitude, où en toute tranquillité, ils vont mener à bien leur spiritualité. Saint-Benoît était un père abbé, au VI.me siècle d’un monastère en Italie. Il a écrit une règle de vie pour les moines, qui est toujours appliquée de nos jours, il y a donc 15 siècles. La règle de Saint-Benoît à 73 chapitres, en 2 mots, la règle dit, prière et travail. La journée est jalonnée de 7 offices de 4 heures à 20 heures. Ce qui signifie que les moines arrêtent leur activité, toutes les 3 heures. Saint-Benoît, l’a voulu, pour rappeler qu’il y avait toujours quelque chose de plus important, de ce que nous sommes entrain de faire. Prier c’est travailler, et travailler c’est une prière. Les moines vivent en communauté, en retrait du monde, et ils obéissent volontairement à une règle. Comme chacun, ils ont des moments difficiles, la solidarité leur permettent de faire face à des passages délicats de la vie. Dans la communauté, il peut y avoir de la colère, des heurts, du ressentiment, Saint-Benoit a pensé à ces moines. Qui ne sont que des hommes, il a donc essayé de prendre en considération, dans la vie quand il y a des bas, la règle de Saint-Benoît temporise beaucoup de choses. A Cîteaux, les moines tirent leur subsistance de la terre, dans les villages environnants, on les rencontre, on les connaît bien, on les appelle moines paysans. Ici, pendant longtemps, le gagne pain était le vin. Le premier clos travaillé par les moines de Cîteaux a été Meursault, ensuite les moines ont travaillé la friche de Vougeot, pour créer le fameux château clos Vougeot. Qui se trouve à une dizaine de kilomètres de Cîteaux, le travail de la vigne a duré jusqu’en 1791, date à laquelle, on leur a demandé de partir de leur monastère. Cîteaux n’a pas eu de vie monastique pendant 100 ans, en 1898, les moines ont eu l’opportunité, de pouvoir se réinstaller chez eux. Ils s’installent à 22 moines sur le domaine de Cîteaux, sans argent, ils décident de travailler sur place, sur les 200 hectares de l’abbaye. La nouvelle source de revenu principal, c’est le fromage, ils ne veulent pas du tout acheter leur lait, alors ils élèvent des vaches, aujourd’hui on en dénombre 150. Il faut savoir, que Cîteaux est située en val de Saône, la terre n’est pas propice à la vigne, mais au cassis. Certes nous ne pourront pas rencontrer de moines, mais ils vont se soigner en ville, ils font leurs courses à l’extérieur, ils ont tous les nouveaux moyens de communication comme internet. Ils peuvent recevoir leur famille, une hostellerie, est d’ailleurs présente dans l’abbaye à cet effet. Un jeune moine étudie à l’université de Dijon, l’âge des moines va de 26 à 92 ans. Un moine peut être divorcé, mais on ne peut pas devenir moine, si l’on a des enfants. La règle des moines cisterciens, est plus souple que la religion catholique, à propos des personnes divorcées. Les moines sont enterrés dans le cimetière de leur monastère, à la révolution le cimetière de Cîteaux a été saccagé, il faut s’imaginer combien sinon, le nombre de tombes qu’il existerait au monastère de Cîteaux, depuis ses 9 siècles d’existence. Les moines cisterciens sont vêtus de blanc et de noir, on peut rester moine toute sa vie, mais on peut aussi être ordonné prêtre. Par obligation le père abbé est toujours prêtre, sur les 30 moines de la communauté de Cîteaux, 15 sont prêtres, mais on ne fait pas de différence entre les simple moines, et ceux qui sont ordonnés prêtre. De toute façon, tout le monde se fait appeler frère, et non père. Seul le prêtre a le droit de donner l’eucharistie, Le monastère emploie 3 salariés civils. Après un bon échange de questions réponses, nous quittons la copie du chapitre, pour rejoindre les jardins.
 Nous déambulons dans une allée bordée de rosiers, nous longeons des parterres de plantes aromatiques et médicinales. Nous sommes au centre du centre monastique, 1789 c’est la révolution, 1790 les moines quittent les lieux et 1791, l’abbaye devient un bien national. Les bâtiments se vendent aux enchères, le site est alors utilisé comme carrière de pierres. Tout comme l’abbaye de Cluny en Saône-et-Loire, qui a subi le même sort. Les édifices de l’abbaye de Cîteaux, construits en pierre de Comblanchien, sont détruits, afin de vendre leurs matériaux de Construction. A Cîteaux, il n’y a que 3 bâtiments qui résisteront aux saccages, le noviciat, du XVII.me siècle, un bâtiment tout en brique, ce qui lui a sauvé la vie, qui n’avait aucun intérêt pour les négoces. Le noviciat était un lieu d’enseignement, assez important. Le deuxième bâtiment que nous visiterons, est la bibliothèque, qui n’a pas été démolie, elle a été achevée au début du XVI.me siècle. Au rez-de-Chaussée, il reste une galerie d’un cloître, qui date du XIII.me siècle. La bibliothèque, est le seul bâtiment qui a été restauré, en prévision de l’ouverture au public, en 1998. Le troisième bâtiment qui a été épargné par la destruction du monastère, le bâtiment monastique, qui n’est pas ouvert au public, il est occupé par les moines. Il a été construit en 1760, il est resté debout, il était devenu, l’habitation et le bureau des nouveaux propriétaires. Nous l’apercevons, il est caché derrière des arbres, on l’a nommé, l’aile Lenoir, qui est le nom de son architecte du XVIII.me siècle. Près de ce bâtiment, se trouve le cimetière où sont enterrés les moines, ils en ont encore l’autorisation. 
Nous sommes à l’emplacement de l’église que les moines avaient construite, elle était en pierre de taille, qui ont été vendues après la révolution. L’église était toute petite, la modestie de ce bâtiment, donne la modestie du début de la communauté. Robert de Molesme, le fondateur, n’a jamais prié dans cette église, Il n’en a pas eu le temps, il ne l’a pas connue, à son époque le site monastique était fait de baraques en bois. C’est sous le père abbé Albéric, son successeur, que l’on va passer des constructions en bois à la pierre. Au début du site, les moines ne sont pas nombreux, sur le site monastique de Cîteaux, une vingtaine, qui vont vivre dans un environnement marécageux, ce qui relevait de la survie. Pour les moines, il faut redoubler d’efforts pour défricher, puis drainer afin d’assécher et assainir les marécages. Leur vie est rude et pauvre, ont ne leur à rien imposé, ils sont venus de leur plein gré. Cette vie n’incite à aucune vocation, aucun jeune ne vient frapper à la porte du monastère. En 2014, quand on est un religieux cistercien, c’est quelque chose qui est estampillée, c’est connu et reconnu, mais au temps de Robert et d’Albéric, le monde religieux prend ces moines qui vivent dans un milieu hostile comme des dissidents. Sous le troisième père abbé, Etienne Arting, il était anglais, qui a suivi Robert dans cette aventure, sous son abbatiale, les choses ne vont pas très bien. La communauté n’est plus que de 6 moines, Etienne tient à bout de bras l’existence de la communauté. Mais ça reste dans le domaine du possible, leur union fraternel, aurait pu mourir doucement, ce n’est pas arrivé, car ils sont toujours ici, et sur les 5 continents. La date importante à retenir, c’est 1113, Etienne accueille ici, un jeune homme de 20 ans, Bernard. Il est bourguignon, c’est le fils du seigneur de Fontaine-les-Dijon, qui baigne aujourd’hui dans le lac Kir. C’est un homme de très grande foi, il a fait son choix, il veut consacrer sa vie à Dieu, il a choisi Cîteaux. Mais un homme seul, n’aurait pas fait avancer les choses, Bernard avec son charisme, va réussir à convaincre, 30 hommes de sa famille. Des oncles, des frères, des cousins et des amis, cet afflux de vocation va donner une impulsion au monastère. Qui sera forte, et surtout durable. Etienne n’a pas les moyens de nourrir ces 30 hommes, et de surcroît de les accueillir. Il décide de fonder une autre abbaye, Pour les cisterciens, l’essaimage, consiste de mettre en place un système de filiation., Cîteaux a 4 filles, qui en fonderont d’autres et ainsi de suite, les 4 filles de cîteaux fondées rapidement sont : en 1113 à la Ferté-sur-Crosne en Saône-et-Loire, après presque coup sur coup, à Morimont en Haute-Marne, Montigny située près de la ville d’Auxerre dans l’Yonne, et en 1115, l’abbaye de Clairvaux en Haute-Marne. Cette dernière est aujourd’hui, devenue un établissement pénitentiaire, où sont emprisonnés les détenus de longue peine et dit dangereux. Le premier père abbé de cette abbaye, fut Bernard de Fontaine, qui allait devenir saint-bernard de Clairvaux. C’est le cistercien le plus connu, le plus célèbre, à juste titre, il a marqué l’histoire. Mais il ne faut pas oublier Robert, Albéric et Etienne, qui ont soutenu l’édifice dans des moments terribles de la communauté. 
Nous quittons l’emplacement de l’ancienne église, le soleil est fringant, nous nous rendons à la bibliothèque, QI a été abordé ci-dessus. Nous déambulons dans la partie du cloître du XIII.me siècle, sous lequel donnent les portes qui donnaient accès aux cellules de travail, où les moines copistes exerçaient leur art. Ensuite, nous montons à l’étage de la bibliothèque. Le site monastique possédait 3 cloîtres, ils étaient près de l’activité des moines, nous étions donc dans celui réservé aux moines copistes, l’abbaye a compté jusqu’à 400 moines, à son époque florissante. Au sein d’un monastère, le cloître, est un lieu de vie, à part entière. Au XIII.me siècle, on ne connaissait pas le papier, il y avait des moines parcheminier, à Cîteaux, on utilisait la peau de mouton comme parchemin. On élevait donc des moutons pour leur peau, il fallait 150 peaux de moutons pour rédiger une bible moyenne par exemple. Les moines fabriquaient aussi les encres, les couleurs avec les moyens du bord. La fabrication d’un volume demandait 6 mois de labeur sans répit, les volumes étaient rédigés pour leur propre besoin, ce n’a jamais été un gagne pain, les manuscrits traitaient uniquement de la liturgie en général. Cîteaux a été la nécropole, des ducs de Bourgogne, de la dynastie des capétiens, qui a succédé à celle des carolingiens en 987. Dans un monastère 2 pièces sont seulement chauffées, le chauffoir et la cuisine. La bibliothèque où nous sommes à l’étage, est la dernière construction médiévale du site monastique, elle a été achevée en 1509. Nous sommes dans une pièce très vaste, elle est voûtée, de 6 croisées d’ogives, à leur centre, il y a des clés de voûtes décorées de feuillage. La pièce est toute comme le cloître, elle est rose, c’est la couleur que ce bâtiment avait à l’identique. A leur construction, le cloître et la bibliothèque qui le surplombe, les pierres qui les composaient étaient enduites de chaux et de poussière de brique, ce qui leur donnait cet aspect rosé. Le métier de copiste était très harassant, le copiste enviait celui qui travaillait durement la terre, ce que l’on appelait, les moines paysans. Avant 1791, à Cîteaux on pouvait trouver tous les livres du savoir, ça allait des mathématiques à la philosophie. En 1791, tous les biens du monastère sont confisqués, on fait l’inventaire, on répertorie tout de même 10500 livres dans toute l’abbaye. On les remise à la mairie de Dijon, ils sont laissés à l’abandon, ils subissent les intempéries, et beaucoup ont disparus. Il en reste quelques uns, à la bibliothèque municipale de Dijon, une centaine environ. On parle des manuscrits, et non pas des imprimés. Les manuscrits conservés à Dijon, on les appelle, le trésor des humbles ou des plus pauvres. Ce sont de véritables chefs-d’œuvre, ils n’ont aucun prix.
 La communauté est ainsi hiérarchisée, le père abbé élu par les moines, il doit être prêtre, il quitte sa fonction, tout comme les évêques, vers 75 ans. Ensuite, il y a le prieur, il seconde le père abbé et le remplace quand il est absent. Le troisième homme important d’un monastère, est l’économe ou cellérier, il est le seul à tenir les cordons de la bourse. La vie en communauté à Cîteaux, c’est avant tout une vie dans l’humilité, le père abbé peut s’occuper des vaches, il fait la cuisine ou la vaisselle, tout comme le prieur ou le cellérier, la hiérarchie n’exclut à personne de réaliser les tâches domestiques ou de travaux. Le statut de convers n’existe plus, depuis le concile vatican II. 
Nous quittons le bâtiment de la bibliothèque, nous parcourons la nature, pour aller rejoindre le noviciat. Ce bâtiment, n’est fait que de briques, il a été très endommagé, il est abîmé. Il a eu plusieurs affectations successives, après la carrière de pierres de Cîteaux, le site est passé de propriétaire en propriétaire, le noviciat a été brosserie, atelier mécanique, sucrerie de betteraves sucrières puis pendant la seconde guerre mondiale, il a été hôpital militaire. Le bâtiment est toujours debout, dans l’histoire de l’architecture, il a un très grand intérêt. A l’intérieur du noviciat, il y a une exposition, qui est très simple, elle s’appelle, Cîteaux une terre et des frères. C’est pour rappeler que ces hommes en 900 ans d’histoire, Ont réussi à façonner et à marquer de leurs empreintes, la campagne qui nous entoure avec leur travail. Ils ont travaillé la forêt, la vigne, ils ont imaginé et réalisé au XIII.me siècle, des travaux hydrauliques, qui étaient plutôt ingénieux, pour alimenter des moulins. Nous rentrons dans le noviciat, pour parcourir, à travers d’outils, de mannequins, de gravures et d’ustensiles tout ce que les moines ont exercé comme métier pour créer et maintenir le site, tel que nous pouvons le voir aujourd’hui.
 Après 2 heures de visite intensives, nous parcourons de nouveau les jardins, nous traversons la rivière détournée et réalisé par les moines, appelé Sant Font, nous passons devant une plaque, qui relate le passage du lieutenant Napoléon Bonaparte, à l’abbaye de Cîteaux, en 1789, quand il se trouvait en garnison à Auxonne située à une vingtaine de kilomètres d’ici, sur le bord de la Saône. 
Nous rejoignons Daniel et son bus, il nous conduit à Concoeur, où nous allons déjeuner. Nous passons Nuits-Saint-Georges, puis nous grimpons sur les hautes-côtes de Nuits, où se niche Concœur. Nous voici devant le relais du crépissot, qui sera le restaurant de ce midi. Concoeur est la capitale du fruit rouge, de la côte de Nuits.

Après un bon repas, il nous faut continuer notre circuit, nous nous rendons à Nuits-saint-Georges, pour aller y visiter le musée du cassis, le cassissium. Voici la présentation de Nuits-Saint-Georges :

Nuits-Saint-Georges est une commune française située dans le département de la Côte-d’Or en région Bourgogne. Les habitants sont appelés les Nuitons (Nuitonnes). La commune compte 5557 habitants, elle s’étend sur 20 kilomètres carrés et s’étale entre 224 et 512 mètres d’altitude.
 La commune comprend la ville de Nuits-Saint-Georges et le village de Concœur-et-Corboin. La géographie est typique des villages viticoles de la côte. Sur les hautes côtes, on retrouve des plantations de pins ou des chaumes. Sur les pentes on trouve les meilleures vignes exposées à l’est ou au sud-est. Les vallées sont des combes. L’eau est présente et jaillit du réseau karstique au pied de la côte. Le sous-sol est essentiellement bajocien mais aussi oxfordien et bathonien. Dans la plaine, on retrouve les alluvions qui annoncent la vallée de la Saône.
 La rivière Le Meuzin traverse la ville.
 La commune, formée de collines et vallées, connait un relief important. Le point le plus haut, soit 516mètres d’altitude, est localisé au nord-ouest du hameau Corboin, au niveau de la forêt domaniale de Mantuan, en bordure de commune avec Curtil-Vergy et Reulle-Vergy. Le point le plus bas quant à lui, à 224mètres d’altitude, est localisé au sud du lieu-dit l’étang, à l’extrême sud de la commune.
 Les premières traces de l’homme dans la commune datent du Magdalénien au lieu-dit le Trou-léger.
 Au lieu-dit les Bolards, une ville romaine a été retrouvée. On y a mis notamment à jour un temple de Cybèle et un Mithraeum. Cette ville a prospéré jusqu’à sa destruction totale au début du V.me siècle. Aujourd’hui même son nom est oublié.
 Au Moyen Âge la ville de Nuits est mentionnée sous différents noms, dès le X.me siècle. En 1212, le duc Eudes III octroie à la partie sud de la ville nommée Nuits-Aval une charte communale. L’église Saint-Symphorien est construite au XIIIE siècle. À partir de 1362, la commune construit des remparts.
 Le beffroi date de 1610.
 En 1700, l’intendant Ferrand rédigea-t-il un Mémoire pour l’instruction du duc de Bourgogne lui indiquant que dans cette province les vins les meilleurs provenaient des «vignobles [qui] approchent de Nuits et de Beaune».
 Epoque contemporaine
1870, August von Werder prend Nuits pour l’abandonner juste après.
 Le plus ancien négoce est la maison Charles Viennot fondée en 1735. GeisWeiler est fondé en 1804, Morin en 1822, Faiveley en 1825, Bouillot en 1844, Labouré et Gontard en 1846, Dufouleur en 1848. Une curiosité, qui perdure jusque dans les années 1940, est l’élaboration par le négoce de vin rouge effervescent selon la méthode champenoise.
 En 1849, le train arrive à Nuits; la première gare est installée. Une autre gare se trouve sur la même ligne dans l’Yonne à Nuits-sous-Ravière. Pour éviter les confusions, la ville prend le nom de Nuits-sous-Beaune. L’arrivée du chemin de fer permet l’essor du négoce en vin. Chauvenet est fondé en 1853, Jacquinet en 1885, Moingeon-Guéneau en 1897, Misserey en 1904, Boisset qui est aujourd’hui le négoce nuiton le plus important, n’est fondé qu’en 1961.
 Le 18 décembre 1870, les Allemands, qui veulent s’ouvrir un passage vers Lyon, tentent de s’emparer de Nuits. L’opération est minutieusement préparée, et menée sous la conduite directe du général August von Werder avec la division badoise où se trouvent Adolf von Glümer et le prince Guillaume de Bade. Le général Camille Crémer, avec des moyens en hommes et matériels très inférieurs, lui tient tête. Les combats sont rudes, les forces françaises établissent une ligne de résistance le long de la voie ferrée. Le soir, les troupes germaniques sont maitresses du terrain, mais elles abandonnent la ville dès le lendemain et retournent sur Dijon.
 En 1892, la commune prend le nom de Nuits-Saint-Georges, Saint-Georges étant l’une de ses appellations viticoles les plus prestigieuses.
 À partir du XIXE siècle, plusieurs fléaux venus d’Amérique vont toucher la vigne et donc l’économie locale. D’abord l’oïdium, puis surtout le phylloxéra qui apparait en 1879 et finit par entrainer l’arrachage total des plants anciens et leur remplacement par des vignes sur porte-greffes américains. Enfin, le mildiou provoque un désastre considérable dans les cultures en 1910.
 La première cave coopérative viticole apparait en 1911.
 En pleine crise de mévente des vins, en 1934, la Confrérie des Chevaliers du Tastevin est fondée à Nuits-Saint-Georges. Pendant ce temps, Henri Gouges rejoint au niveau national le combat mené par le sénateur Joseph Capus et le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié qui va aboutir à la création des appellations d’origine contrôlée. Il devient le bras droit du baron à l’INAO. Ainsi l’AOC Nuits-saint-georges est créée en 1936.
 C’est également en 1936 qu’est créée la coopérative agricole de blé. Des silos en béton furent inaugurés en 1938 en présence du ministre de l’Agriculture Georges Monnet.
 Le 13 mai 1962, se tient la première vente aux enchères des vins des Hospices de Nuits-Saint-Georges. Les fonds qui y sont récoltés financent à la fois l’établissement, ainsi qu’une association à but caritatif. Ces enchères se déroulent tous les ans.
 En 1970, les villages de Concœur et Corboin fusionnent avec Nuits-Saint-Georges.
 Le 25 juillet 1971, l’équipage d’Apollo XV donna officiellement, à un trou lunaire, le nom du « Cratère Saint-Georges », en rendant hommage à Jules Verne. En effet, dans son roman Autour de la Lune, une fine bouteille de vin de Nuits est par hasard retrouvée dans le compartiment des provisions, afin de fêter «l’union de la Terre et de son satellite».
 En 2008 la viti-viniculture, au travers de l’exploitation des grands vins de la Côte de Nuits par les grandes maisons de négoce, constitue la principale activité économique de la commune. Aux premiers rangs de celles-ci, on peut citer: Moillard – Grivot, Cottin Frères, Dufouleur Père et Fils, Labouré Roi, Louis Max, Lupé Cholet, Bourgogne Pierre Gruber – Aegerter, Domaine Henri et Gilles Remoriquet, Domaine Chantal Lescure et le Groupe Boisset.
 Mais Nuits-Saint-Georges n’est pas qu’une ville de négoce, elle subit également une influence de tradition ouvrière due, d’une part, à la présence de nombreuses imprimeries (Filibert, Label’f, société Bourguignone d’Imprimerie, imprimerie Millésime, Limoges photogravure, G Paris…) et d’autre part, à celle de grandes entreprises installées sur la zone économique du «Pré de Nuits» en bordure de l’autoroute A31, dont principalement: Softal (propriété de Pechiney), la cartonnerie Parnalland (propriété de Smurfit Kappa Group), une usine d’embouteillage de jus de fruit Pampryl (propriété d’Orangina Schweppes), le groupe Pierre Le Goff, premier distributeur français de produits et matériels d’hygiène et de sécurité, le groupe France Boissons, la société Védrenne (rachetée par le groupe Renaud Cointreau et spécialisée dans la fabrication des liqueurs et crèmes de cassis (autre spécialité locale entrant dans la confection du Kir). Cette zone économique, créée en 1993, affiche en 2008 complet, ou presque. Il reste 45000m2 disponibles.

Nous voici arrivés au Cassissium, il jouxte la fabrique de cassis, Vedrenne, qui emploie 80 personnes, dont 7 dédiées au musée du cassis. Nous sommes accueillis par notre guide, elle nous convie à la projection d’un film, qui relate l’histoire du cassis.
 Ensuite nous rejoignons l’extérieur, où l’on nous explique tout sur le cassissier. Il donne des fruits 5 ans après sa plantation, pendant une dizaine d’année. A maturité, il atteint 1,50 mètre de haut, l’odeur des feuilles du cassissier, n’a rien à voir avec son fruit, elle sent le pipi de chat pour certain. Le cassissier est déjà en bourgeons, ils se développeront au printemps prochain. Pour élaborer la crème de cassis, on l’obtient du fruit, de la variété de cassis, appelée noir de Bourgogne. Le fruit de cette variété est très aromatique, la crème de cassis se fait en été, on additionne à la variété noir de Bourgogne, Du cassis anglais, de la variété black down, ce sont ces 2 variétés utilisées pour faire la crème de cassis chez Vedrenne. Le noir de Bourgogne étant peu auto fertile, dans les plantations on le mélange avec 2 autres variétés, l’andéga et royal de Naples, qui sont aussi des variétés de Bourgogne. Le cassis se récolte au mois de juillet, le cassis est un fruit très fragile, il craint la grêle et les grandes chaleurs. Le cassis se ramasse avec des machines qui enjambent les cassissiers, sorte de machine à vendanger. Le cassissier a besoin de froid et de neige, pour produire au maximum, le rendement est moindre depuis le réchauffement de la planète. . Le cassissier n’aime pas avoir les pieds dans l’eau, il préfère un sol un peu calcaire. Le cassissier s’obtient par bouturage, que l’on effectue en hiver. L’entreprise Vedrenne, s’approvisionne en cassis, à 70% en Bourgogne, le reste provient du val de Loire. Une partie de la récolte est surgelée, on l’élabore au cours de l’année en crème de cassis, et elle sert de tampon, en cas de mauvaise récolte d’une année. 
Nous pénétrons dans l’usine, nous sommes dans la zone du quai de réception du cassis. La crème de cassis a une teneur en alcool de 20 degrés, alors que la liqueur de cassis peut atteindre 55 degrés. Pour la liqueur de cassis, on distille dans un alambic, les matières sèches de la plante (feuilles ou racines). Pour faire la crème de fruit, on met macérer les fruits dans l’alcool, il n’y a pas de chauffe ni de distillation. Chaque année, Vedrenne, réceptionne 600 tonnes de cassis, et 500 tonnes de fruits rouges autre. Le kilo de cassis, est rémunéré à 1,50 euro, ce qui est 3 fois plus cher que pour le cassis d’autre variété. Mais pour inciter la culture du noir de Bourgogne, par les producteurs, on les rémunère plus, car il est moins productif et plus fragile. 
Nous passons dans la salle des cuveries aux fruits, nous sommes face à de nombreuses cuves en inox, les fruits sont d’abord quelque peu broyés, pour qu’ils dégagent leur arôme, puis on les met dans ces cuves. Ensuite, toujours par le haut de la cuve, à l’aide de tuyaux, on adjoint de l’alcool de betterave neutre à 96 degrés. On en remplit la cuve, pour que les cassis y baignent, puis on ferme la cuve hermétiquement. On la tourne pour bien mélanger le tout, et pendant 5 semaines, il ne va rien se passer. Le cassis macère dans l’alcool, il ne va pas fermenter, puisqu’il est à 32degrés d’alcool. Après les 5 semaines de macération, on va continuer la production, on récolte le jus obtenu, en branchant un tuyau, sur la vanne qui se trouve au bas de la cuve. Pour récupérer le jus d’égouttage, que l’on met de côté. Puis on s’occupe des fruits qui sont dans la cuve, on ouvre un hublot qui se situe sur la cuve, pour les extraire. On fait balancer la cuve, comme une bétonnière, pour aider les fruits à sortir de la cuve, ils sont récoltés dans un immense bac. Sur lequel on branche un tuyau, qui conduit les fruits macérés dans une autre machine, qui est un pressoir. C’est une grosse membrane en caoutchouc, qui ressemble à un gros ballon rempli d’air, qui tournant dans la cuve projette et écrase les fruits contre sa paroi. Par ce procédé, on récupère le jus de pressurage, que l’on va mélanger au jus d’égouttage, les 2 jus mélangés s’appellent, une infusion de cassis. A laquelle on ajoute du sucre, et la crème de cassis est fabriquée. Les résidus de la macération, sont utilisés comme complément de nourriture pour le bétail, de la race charolaise. 
Nous arrivons dans le chai de vieillissement, nous sommes en face de 3 étages de fûts bourguignons, que l’on appelle des pièces, qui ont une contenance de 228 litres. Dans les fûts sont conservés des marcs de Bourgogne, qui par évaporation perdent 3% par an de leur volume en litre. 
Puis nous sommes invités à déguster quelques produits de la société Vedrenne, qui en compte 80. Nous gouttons tout d’abord, un cassis ordinaire, puis le cassis dont nous avons suivi la production, il contient plus de fruits, c’est le super cassis. La législation européenne, impose aux fabricants de crème de cassis, d’ajouter 400 grammes de sucre par litre d’infusion de Cassis. La crème de cassis doit avoir au moins 16 degrés de teneur en Alcool, celle de Bourgogne varie entre 16 et 20 degrés. Ensuite nous savourons un kir préparé avec un super cassis, la dose prescrit 1 tiers de crème de cassis pour 2 tiers de bourgogne aligoté, mais le dosage actuel, est plutôt de 1 cinquième de crème de cassis, pour 4 cinquièmes de bourgogne aligoté. On peut aussi mélangé de la crème de cassis avec du pinot noir, mais on ne dira pas kir, mais cardinal ou communard. Nous avons terminé la dégustation, par un libre choix de liqueur, pour notre part, nous avons savouré une liqueur de café.
 Il est temps de rejoindre notre bus, pour continuer notre circuit de dégustation. Nous devons nous rendre au caveau de Jean-Yves guyard, à villers-la-Faye, dont voici la présentation :

Villers-la-Faye se trouve dans les hautes côtes de Nuits, la commune compte 406 habitants, elle produit essentiellement du bourgogne aligoté et des bourgognes hautes côtes de Nuits en rouge. L’appellation hautes côtes de Nuits, se situe comme son nom l’indique en haut de la côte de Nuits. Le domaine possède 7 hectares de vigne, 3 hectares de bourgogne aligoté, 2 hectares de bourgogne haute côte de Nuits, 2 hectares de côte de Nuits village et un peu de crémant de Bourgogne. Il existe plusieurs crémant de Bourgogne, le blanc, le blanc de blanc et le blanc de noir. Le blanc est fait avec du chardonnays et un peu d’aligoté, le blanc de blanc est uniquement élaboré avec du chardonnays et le blanc de noir est réalisé avec du pinot noir. Ill existe aussi du crémant rosé est le résultat du mélange, de pinot noir et de gamay. La récolte du raisin pour faire du crémant doit être faite à la main, le raisin doit être rentré dans des caisses percées. Ensuite, on presse le raisin entier, avec les 150 kilos de raisins pressés, on obtient les 100 premiers litres, le restant on appelle ça, le vin de taille. Le vin pressé est mis en cuve, il se produit le phénomène de fermentation alcoolique,le sucre de raisin se transforme en alcool. La fermentation dure de 8 à 10 jours, on soutire le liquide, que l’on met en bouteilles. Dans lesquelles on ajoute de nouveau des levures, qui vont manger le sucre. On bouche avec des capsules en fer, quand les bouteilles sont fermées hermétiquement, la levure exécute son travail. Le phénomène de la digestion du sucre par la levure, provoque un dégagement de gaz carbonique, d’où naissent les bulles. A partir de cette phase, on tourne les bouteilles pendant, quelques semaines, jusqu’à ce que le goulot se trouve en bas, afin que les levures mortes forment un bouchon dans le goulot. Puis vient l’opération, dégorgeage, les bouteilles sont passées dans un bain réfrigérant, de moins 25 degrés, qui forme un glaçon de 3 centimètres de long. Les bouteilles sont remises à 45 degrés, sous la pression du gaz, le bouchon est éjecté. On ajoute une liqueur à base de sucre, plus ou moins élevée en quantité, pour obtenir des crémants brut, sec ou demi sec. Ensuite, les bouteilles partent à l’embouteillage.
 Nous sommes entrain de goûter un blanc de noir 2011, que l’on peut garder jusqu’à 3 ans, accompagné d’un pain aux lardons et au comté. . La teneur en alcool du crémant oscille entre 11,8 et 12,8 degrés. Nous passons à la dégustation d’un haute côte de nuits rouge 2012, et ensuite c’est la séquence commerciale. Nous profitons des rayons du soleil de fin d’après-midi, pour aller nous aérer quelque peu avant de rejoindre le bus. Nous arrivons à l’hôtel, juste à l’heure pour le dîner, à la fin duquel, nous fêtons l’anniversaire de Michèle.

Jour 6 : Le soleil est toujours présent, la journée va avoir pour théâtre la route des grands crus. Nous prenons la direction de Beaune, mais par l’ancienne RN74, nous quittons Dijon, et nous voici à Chenôve, qui par sa population est la quatrième ville de Côte-d’Or, le tramway emprunte la RN74 jusqu’à la sortie de Chenôve. Nous voici à Marsannay-la-Cote, c’et le premier village qui se trouve en côte de Nuits, on y trouve le seul rosé de Bourgogne, il est à base de Gamay, sur notre gauche file la voie SNCF, Dijon-Lyon, et la gare de triage de Dijon, qui se situe à Perrigny-les-Dijon. Nous quittons la RN74, pour emprunter la route des grands crus, nous passons Fixin, puis Brochon, où nous allons visiter la fromagerie Gaudry, qui produit l’Epoisses, dont voici la présentation :

L’Époisses est un fromage français de la région Bourgogne, bénéficiant d’une AOC depuis 1991 et d’une AOP depuis 1996. Son aire d’appellation couvre environ la moitié Nord-Ouest de la Côte-d’Or, deux cantons de la Haute-Marne et trois cantons de l’Yonne. Son nom est celui du village d’Époisses, situé à l’ouest de ce territoire.
 C’est un fromage à base de lait de vache, à pâte molle, à croûte lavée, son poids est généralement de 250 grammes mais on peut le trouver dans des formats plus grand. Ce fromage qui contient au moins 50% de matière grasse, est affiné en étant frotté au Marc de Bourgogne. Sa couleur ivoire orangée à rouge brique est due aux bactéries de surface: l’utilisation de colorants est strictement interdite.
 Bien qu’excellent de décembre à avril, sa période de dégustation optimale s’étale de mai à novembre (périodes de pâturage).
 Production: 1094 tonnes en 2009 (361 tonnes en 1992), 11,3% au lait cru, le reste au lait pasteurisé. Trois fabricants industriels et un agri-producteur fermier.
 Le lait utilisé, la transformation fromagère et l’affinage des Époisses doit être effectué dans la zone définie par l’AOC. 53 agri-producteurs de lait qualifiés pour un volume de 16,3 millions de litres de lait se répartissent les volumes. Les races laitières autorisées sont la Brune, la Montbéliarde et la Simmental française.
 Ses origines remontent au XVI.me siècle, il aurait été créé par une communauté de moines cisterciens installés à Époisses. Le secret de fabrication est transmis ensuite aux fermières de la petite région, qui n’auront de cesse d’améliorer la qualité et la typicité de leurs fabrications. Consommé à la cour de Louis XIV, l’Époisses est un fromage réputé à la fin de l’Ancien Régime. Brillat-Savarin le consacre «roi des fromages» et dès 1820, il s’en fait un commerce considérable. Vers 1900, il existe une centaine de producteurs, si bien qu’après 1945, l’industrialisation comme la généralisation de la vache frisonne au détriment de la tachetée de l’est menacent l’Époisses traditionnel. En 1956, sous l’impulsion d’une famille bourguignonne et de quelques producteurs, l’Époisses traditionnel renaît et connaît depuis un succès croissant.
 Le Poiset au marc: est fabriqué au lait cru de chèvre
Le Soumaintrain
L’Ami du Chambertin
l’Époisses dans la littérature
Un poème de l’abbé Charles Patriat (1900):
 «Achète qui voudra le Camembert trop doux, Le Roquefort massif à l’arôme sauvage, Le Brie et le Gruyère interlopes, le sage Choisira son fromage, ô Bourguignon, chez nous.
 Gourmet, qui que tu sois, si d’abord tu te froisses D’entendre formuler ce principe certain, C’est que tu connais mal, ou j’y perds mon latin, Ce mets des connaisseurs: le fromage d’Époisses.
 Regarde-moi, voyons, sa rougeâtre patine, Vois les pleurs épaissis qui coulent sur ses flancs, Sens ce fumet subtil adoré des gourmands, Et conviens que c’est là dessert de haute mine.»

Aujourd’hui, Nous serons accompagnés par Andrée. La fromagerie Gaudry a pris place dans les locaux où était installée l’ancienne usine Ricard, qui distribuait, l’apéritif anisé, dans tout l’est de la France. Nous sommes accueillis par notre guide, qui nous fait pénétrer dans la zone de production, nous en sommes protégés par des vitres. La fromagerie Gaudry a été fondée en 1946, nous en sommes à la troisième génération. L’entreprise est aujourd’hui dirigée par Olivier et son épouse Françoise, qui sont heureux de partager avec nous, la production de leur fromage. Le lait arrive à 6 heures du matin, il est tout de suite pris en charge, dans la zone que nous avons directement sur notre droite. Il est tout d’abord réchauffé, ici, nous sommes dans la dernière fromagerie, qui fabrique de l’époisses au lait cru. Il reste aussi, un petit gaulois, qui continue à en fabriquer artisanalement, sur son lieu d’origine, à epoisses qui se trouve au nord de la Côte-d’Or, dans l’Auxois. On monte donc le lait en température, 40 degrés au maximum, pour le lait cru, et pour 72 degrés pour le lait pasteurisé. L’Epoisses au lait cru, de lait de vache, est un AOP, il faut donc respecter un cahier des charges extrêmement strict. Le lait qui arrive ici, provient de 30 producteurs différents. C’est la nourriture et les pâturages, qui vont donner, avant toute chose, la spécificité au goût du lait. Au lait chauffé à 40 degrés, on y ajoute des ferments lactiques, et des ferments d’affinage. On laisse ensuite reposer le lait, qui vont effectivement varier, d’un fromage à l’autre, selon ce que l’on voudra faire. Puis il sera mis au repos pendant 2 à 3 heures, avant de passer à l’emprésurage, on ajoute au lait, de la présure, extraite de la caillette des veaux. C’est le mélange du lait, des ferments lactiques et d’affinage, et de la présure, qui vont permettre au lait, de se coaguler. Le caillé ainsi obtenu, sera mis au repos pendant 20 heures. Ensuite, intervient le fameux moulage, que nous pouvons voir devant nous. Le retournement du moule se fait mécaniquement, ce qui à enlever la pénibilité de l’opération à l’homme. A partir du moulage, on peut parler de fromage, Pour fabriquer un époisses de 250 grammes, il faut 2 litres de lait. Nous arrivons à la phase d’égouttage, une fois moulé, le fromage reste au repos pendant 24 heures, pour s’égoutter de façon naturelle et perdre son lactose sérum. Tout ce fait sans intervention mécanique ou humaine, c’est vraiment un égouttage naturel, ainsi le fromage perd 80% de son lactose sérum. Ensuite, les fromages sont retournés par 2 fois, ils sont mis dans de petites presses, ce qui va permettre aux ouvriers de les retourner. C’est un travail physique, car on retourne tout un plateau de fromages, qui pèse 50 kilogrammes. La fromagerie produit 4500 fromages par jour, cette opération, reste tout à fait artisanal dans son accomplissement. Le lactose sérum, était auparavant récupéré par les porcheries, aujourd’hui il est récupéré, et par un système de méthanisation et de fermentation biologique. La fromagerie est équipée d’un méthanisateur, qui va permettre de chauffer la laiterie, ce qui fait une économie de 120 litres de fuel par jour. Les moules délivrés de leur fromage, sont lavés, et sont de nouveau utilisés. Nous sommes maintenant devant une petite machine, qui ne paye pas de mine quand on la voit, l’ouvrier prend une claie ou plateau de fromages, celui qui pesait 50 kilogrammes. L’ouvrier va faire passer le plateau, dans un tunnel, qui fait partie de la fameuse machine. Dans le tunnel, la machine va saler le fromage, par un système de pulvérisation. C’est un sel beaucoup plus fin, que notre sel de cuisine, du fait de la pulvérisation et d’une chaleur assez haute, on va avoir des grains extrêmement fins, ce qui évite son compactage, l’opération de salage est très rapide. Le sel va donner du goût au fromage, mais il va aussi permettre de le conserver, chaque fromage reçoit 2% de son poids en sel. Il faut savoir, que la température ambiante, quand on fait le moulage et le démoulage du fromage, elle doit se contenir entre 25 et 27 degrés. Après le salage, le fromage se dirige vers le hâloir, où ils vont encore sécher, pendant 2 à 3 jours. Ensuite les fromages sont lavés et frottés, avec de la saumure, composée d’eau et de sel. Cette opération se fait manuellement, l’ouvrier enfile un tablier, il se désinfecte les mains, les gants ne sont pas obligatoires, les anciens travaillent à mains nues. La saumure peut être enrichit avec de l’alcool, suivant le fromage que l’on veut obtenir. L’alcool, n’est autre que du marc de Bourgogne. On peut aussi enrichir au Chablis, qui sera adjoint à la saumure également. L’effet de frotter le fromage 6 à 7 fois rapidement, fait ressortir le ferment rouge, qui lui donnera un aspect de couleur ivoire orangée. Les ouvriers frotteurs, ont une certaine dextérité, en quelques secondes, il trempe les mains dans la saumure et lave puis frotte le fromage 6 à 7 fois. Le fromage est ensuite mis dans un filet, avant d’être conditionné dans sa boîte, où il peut continuer son affinage.
 Ensuite, nous passons à la dégustation du fromage, accompagné par un vin rouge de Bourgogne. Voici les fromages que nous avons savouré un Brillat-savarin qui est un fromage dans lequel on a mis de la crème dans le lait. Un soumaintrain un fromage affiné avec de l’eau salée. Un plaisir au Chablis qui est affiné avec du vin blanc de chablis en plus de l’eau salée. L’ami du chambertin qui est affiné au marc de Bourgogne en plus de l’eau salé, il est un peu plus relevé, il est fait dans un moule assez épais, il est fabriqué comme l’époisses, mais du fait qu’il est épais, il s’affine de l’extérieur à l’intérieur, ce qui fait que le cœur n’est pas affiné. Puis le véritable époisses qui est affiné aussi au marc de Bourgogne en plus de l’eau salée, il est fait dans un moule plus plat, il est fait plus à cœur, il sera donc plus relevé. 
Nous devons quitter la fromagerie, nous continuons notre circuit, nous voici à Gevrey-Chambertin, où nous allons déjeuner, au restaurant du complexe sportif de la commune.

C’est sous un soleil éclatant, que nous reprenons la poursuite de notre circuit. Nous reprenons la RN74, en direction de Dijon, afin de reprendre la route des grands crus à Marsannay-la-Côte. Nous découvrirons une partie de la route des grands crus, jusqu’à Vougeot, car de Vougeot à Beaune, nous l’avons déjà fréquentée ou tutoyée, en voici sa présentation  complète :

La route des Grands Crus est une route touristique de France qui traverse la partie la plus prestigieuse du vignoble de Bourgogne soit trente-huit villages viticoles pittoresques des Côte de Nuits et Côte de Beaune, entre Dijon et Santenay, sur une longueur de 60km.
 Liste des villages traversés du Nord au Sud : Dijon (Palais des ducs de Bourgogne), Chenôve. Côte de Nuits Marsannay-la-Côte, Couchey, Fixin, Brochon, Gevrey-Chambertin, Morey-Saint-Denis, Chambolle-Musigny, Vougeot (Château du Clos de Vougeot, Confrérie des Chevaliers du Taste-vin) Vosne-Romanée, Flagey-Echezeaux, Nuits-Saint-Georges, Comblanchien, Premeaux-Prissey, Corgoloin. Côte de Beaune Ladoix-Serrigny, Aloxe-Corton, Pernand-Vergelesses, Savigny-lès-Beaune, Beaune (Hospices de Beaune, Vente des hospices de Beaune) Pommard, Volnay, Saint-Romain, Monthelie, Auxey-Duresses, Meursault, Puligny-Montrachet, Chassagne-Montrachet, Santenay.

Nous voici à Marsannay-la-côte, nous roulons sur la route des grands crus, elle est très étroite et sinueuse, de ce fait Daniel est obligé de rouler à faible vitesse, et il nous décrit, la route des grands crus, dont en voici l’essentiel.

La côte de Nuits produit essentiellement des vins rouges, 95% des rouges proviennent du cépage pinot noir, les 5 autres % sont produit avec le cépage gamay. Pour le vin blanc on utilise à 90% le cépage chardonnay et 10% d’aligoté. L’aligoté est un vin blanc sec, c’est le vin que l’on utilise traditionnellement pour le kir. Les grands vins sont tous classés en AOC, ce qui les protège contre toutes sortes de piratage à l’étiquette. La région des vins de Bourgogne commence à Chablis, on travaille essentiellement le Chardonnay. Plus au sud on arrive à Dijon, entre Dijon et Nuits-Saint-Georges c’est la côte de Nuits. Elle produit essentiellement à 95% des vins rouges, c’est dans cette côte que l’on trouve les plus grands crus de Bourgogne. Sur les 33 grands crus de bourgogne, 24 sont situés sur la côte de Nuits, ensuite 8 en côte de Beaune et 1 à Chablis. En côte de Beaune on trouve 60% de rouge et 40% de blanc, en vin blanc on peut citer Meursault, Puligny-Montrachet et Chassey-Montrachet qui sont les deux villages qui produisent le Montrachet. Ensuite en continuant à descendre au sud on trouve la côte chalonnaise et la côte mâconnaise, dans ces 2 vignobles on produit principalement du blanc, certains villages sont connus pour leur vin rouge comme Mercurey, Reuilly et Givry par exemple. Si l’on veut établir une règle générale, hormis le vignoble de Chablis, plus on descend au sud on trouve des blancs et des vins rouges légers, et, ils sont moins réputés. Le champagne est produit avec du pinot noir, certes, le cépage est important pour un vin, mais le terroir et l’exposition du climat ou la parcelle compte beaucoup dans la qualité et la saveur du vin. Chaque parcelle en Bourgogne va avoir un nom et une classification, elle va de régionale, village, premier cru à grand cru. En Bourgogne on ne choisit pas le cépage comme en Alsace par exemple, mais l’endroit d’où provient le vin. Marsannay-la-Côte, Tous les villages de Bourgogne produisent des vins Blancs et des vins rouges, sauf Marsannay-la-Côte, qui est le seul village autorisé à produire du rosé et bien sûr du blanc et du rouge. Le vin rosé de Marsannay-la-Côte est réputé. Nous passons devant un immense caveau de dégustation, il s’est installé dans un immense ancien corps de ferme, où sont installées aujourd’hui des cuveries, on y organise aussi de grandes réceptions. Nous sommes entourés de vignes, nous abordons Couchey, c’est un petit village où il fait bon y flâner. Nous arrivons à Fixin, Nous pouvons y admirer le lavoir et l’église du XII.me siècle avec son toit vernissé. 2 personnages ont vécu à Fixin :

Claude Noisot était un colonel de l’armée de Napoléon 1er. Il était un fidèle et grand admirateur de L’Empereur .
 Il prit sa retraite à Fixin en cote d’Or et fit construire une Maison à l’identique de celle que l’empereur occupait à l’Ile d’Elbe . A son retour de l’Ile d’Elbe il fit tailler cent marches dans la roche des falaises pour rappeler les cent jours de Napoléon.

arnaud Montdebourg a vécu à Fixin il est né à clamecy , son père était fonctionnaire desimpôts, et sa mère était professeur d’anglais puis universitaire. Il a étudié à Dijon à la faculté de Droit, puis à Paris. Il a été parachuté dans la Bresse en Saône-et-Loire, où il fut maire, conseiller général dont président du conseil général de Saône-et-Loire, et député dont son suppléant Thomas Thévenoux crève l’actualité en ce moment. Il fut aussi ministre, et candidat aux primaires du parti socialiste en 2011.

Nous passons devant le domaine de Laperrière, c’est un domaine familial, c’est une ancienne propriété des moines cisterciens que l’on appelle aussi trappistes. L’ordre à débuté à Cîteaux qui se trouve à une dizaine de kilomètres de Fixin. 
Le cépage Gamay est surtout planté dans la côte chalonnaise, tous les vins de Bourgogne sont mono cépages, ici on trouve aussi du gamay. Dans la côte de Nuits, il y a une appellation, le pastougrain, qui est un mélange de pinot noir et de gamay. 
Pour replanter de la vigne suite au phylloxéra apparu à la fin du XIX.me siècle, on plante des pieds américains sur lesquels on greffe les cépages français. On ne trouve pas de phylloxéra en Amérique du nord, au Chili parce que le climat est particulier où la Cordillère des Andes fait une barrière naturelle. Ainsi que dans certains états d’Australie, c’est pour cela que lorsqu’on voyage en Australie, il y a beaucoup de contrôles sanitaires, on ne peut pas voyager avec des fruits, des bois et des plantes, on a obligation de brosser ses chaussures dans certains aéroports. Les australiens ont peur de la propagation de maladies existantes sur le vieux continent, dont le phylloxéra fait partie. 
A brochon, nous passons devant un château néo renaissance du XIX.me siècle, il a appartenu à Stephen Liégeard, c’est une copie des châteaux de la Loire, aujourd’hui il héberge un lycée. Voici la présentation de Stephen Liégeard :

Stéphen Liégeard (Dijon, 29 mars 1830 – Cannes, 29 décembre 1925) est un écrivain et poète français. Il est l’inventeur du terme «Côte d’Azur» pour remplacer la dénomination «Riviera». Il inspira à Alphonse Daudet le personnage du «sous-préfet aux champs» des Lettres de mon moulin.
 François Stéphène Émile Liégeard, qui n’utilisa que son deuxième prénom, sous la forme Stéphen, est né à Dijon le 29 mars 1830, au domicile de ses parents, hôtel Aubriot, 40, rue des Forges. Il était le fils de Jean-Baptiste Liégeard, avocat âgé de 28 ans, qui fut maire de Dijon de 1863 à 1865. La mère de Stéphen Liégeard, Catherine Émilie Vallot, âgée de 21 ans, n’exerçait pas de profession. La famille Liégeard, installée à Dijon depuis le Moyen Âge, avait compté plusieurs orfèvres; elle était bonapartiste. En 1842, elle déménagea à l’hôtel Legouz de Gerland, 21 rue Vauban à Dijon.
 Après de brillantes études au lycée de sa ville natale, Stéphen Liégeard s’inscrit comme avocat au barreau de Dijon en 1854. Il gagne alors plusieurs procès. En 1857, il soutient une thèse de doctorat en droit qui lui vaut une médaille d’or au concours du doctorat. Bonapartiste, il entre en 1856 dans l’administration préfectorale comme conseiller à la préfecture de Valence. Il est nommé en 1859 sous-préfet à Briey (Meurthe-et-Moselle), où il épouse Mathilde Labbé. En 1861, il est sous-préfet à Parthenay, puis est nommé à Carpentras en 1864. C’est là qu’Alphonse Daudet, son voisin, apercevant des rimes sur le bureau de Stéphen Liégeard, eut l’idée du conte Le sous-préfet aux champs, qui parut dans L’Événement du 13 octobre 1866, avant de faire partie du livre Les Lettres de mon moulin publié en 1869.
 En 1867, Stéphen Liégeard quitte l’administration pour se présenter comme candidat officiel aux élections législatives à Briey, où son beau-père, Joseph Labbé, maître de forges, exerce une importante activité industrielle. Il est élu député de la Moselle le 24 mars 1867, puis est réélu en 1869. Fidèle à ses convictions, il abandonne la politique à la chute du Second Empire le 4 septembre 1870 et s’inscrit à nouveau au barreau de Dijon tout en se consacrant à la littérature.
 Dès lors, ce dandy partage son temps entre son appartement parisien rue de Marignan, sa résidence dijonnaise de la rue Vauban, l’hôtel Legouz de Gerland, qu’il fait remanier à la fin du siècle, et son domaine de Brochon. Il passe l’hiver à Cannes, villa des Violettes, dont son épouse, Mathilde, a hérité en 1875. Lors de ces derniers séjours, il parcourt les rivages de la Méditerranée. Sa fortune considérable lui permet de faire construire de 1895 à 1899, sur son domaine de Brochon, non loin de Dijon, un château néorenaissance.
 Stéphen Liégeard, membre depuis 1891 de l’Académie de Dijon, est candidat à l’Académie française en 1891, où Pierre Loti est élu, et en 1901, où Edmond Rostand l’emporte. Il envisagea d’autres candidatures mais ne les concrétisa pas. Léon Daudet aurait dit, avec humour, qu’il fut victime du Chambertin: en élisant le prétendant, les académiciens n’auraient plus reçu les bouteilles que Stéphen Liégeard offrait avant chaque élection!
 Stéphen Liégeard est à la fois un personnage au train de vie fastueux et un homme bon et généreux. Sa devise en témoigne: Il est beau d’être grand, être bon est meilleur. Il se fait le mécène de nombreuses associations et institutions; il préside la Société Nationale d’Encouragement au Bien de 1897 à 1921. Son fils, Gaston, peut aisément faire ses voyages d’aventure et en ramener des reportages photographiques. Stéphen Liégeard est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1866, officier en 1905 et commandeur en 1920; il reçoit de nombreuses autres décorations.
 Il s’éteint à plus de quatre-vingt-quinze ans, le 29 décembre 1925 à Cannes, et est inhumé à Dijon. Son nom a été donné à une rue située en face de sa maison natale à Dijon, à des avenues de Cannes, Hyères et Nice, à un IUFM de Nice situé avenue Stéphen-Liégeard, et au lycée de Brochon. L’avenue Stéphen-Liégeard de Cannes longe la villa des Violettes, où Stéphen Liegeard fit de nombreux séjours.

Nous quittons Fixin et Brochon, nous passons devant la fromagerie Gaudry, que nous avons visité ce matin. Nous abordons Gevrey-Chambertin, c’est le début des grands crus de la côte de Nuits, Gevrey-Chambertin en compte 9. Les grands crus de la côte de Nuis sont concentrés entre Gevrey-Chambertin et Vosne-Romanée, en fait les 24 grands crus du vignoble de la côte de nuits s’étendent sur une vingtaine de kilomètres de long. Nous passons devant le château de Gevrey-Chambertin, ici, le terroir est propice à la vigne, c’est pour cela que la moindre petite parcelle de terre est plantée de ceps de vigne. On trouve de la vigne à l’intérieur du village, au fond des jardins, le moindre mètre carré est exploité. Le bourgogne représente 25% de la production française de vin AOC, le bordeaux représente quant à lui 15%. La plupart du temps les domaines vinicoles sont familiaux, les coopératives n’existent pas en Bourgogne, chaque domaine à sa propre recette et produit son vin en cave particulière. L’organisation du vignoble bourguignon reste à taille humaine, rien n’à voir avec les grands groupes financiers qui gèrent et exploitent le champagne et les vins de bordeaux. Nous circulons au milieu des grands crus de Gevrey-Chambertin, le clos de bèze est le plus vieux cru de Gevrey. Ce domaine à toute une histoire, Bèze est un petit village médiéval, au nord de la côte-d’Or, il y avait des moines vignerons. Le phylloxéra est arrivé, leurs terres étaient devenues impropres à la culture de la vigne. Ils ont sauvé des pieds de vigne, ils ont demandé à un habitant de Gevrey, monsieur Bertin, qui avait un champ, pour pouvoir replanter leur vigne. Monsieur Bertin accepta, le champ bertin, est devenu un grand cru, c’est pour cela que gevrey est devenu Gevrey-Chambertin. Sur notre droite, nous avons la vigne qui produit les grands crus, elle s’agrippe au coteau. A gauche, la vigne du val de Saône, produit des vins de moindre qualité, rappelons que la côte de Nuits, s’étend sur 20 kilomètres sur une largeur, qui varie de 800 à 1000 mètres. 
La vigne pour produire un grand vin, elle doit souffrir, un manque d’eau par exemple est bon pour la vigne, un sol rocailleux est propice à la vigne. On oblige donc les racines de la vigne à aller très profond dans le sol à travers de fissures, elles les utilisent pour trouver l’eau et la nourriture qui est nécessaire au développement de la vigne. En utilisant les fissures, les racines vont traverser différentes strates, différentes nourritures, et, c’est cette concentration d’éléments qui va donner différents arômes au vin. Le sol où est plantée la vigne serait de mauvaise qualité pour des terres agricoles, il est recouvert de cailloux, mais c’est une pépite pour la vigne. Un pied de vigne grand cru produit une bouteille de vin de 75 centilitres, ceci dans la côte qui se trouve sur notre droite, par contre dans la plaine qui s’étend sur notre gauche, un pied de vigne arrive à produire 2 bouteilles de vin, c’est-à-dire le double. Pour faire bref, la côte produit les grands crus, et la plaine les vins classés en qualité régionale, ce qui reste tout de même un excellent vin. Nous passons devant le domaine qui produisait le vin de Bourgogne servi à bord du Concorde, le fleuron de l’aéronautique française. Nous passons devant la parcelle clos de la Roche, nous distinguons le domaine Rémy, l’objectif d’un producteur en Bourgogne, ce n’est pas de détenir un grand terrain, mais de détenir de la vigne dans plusieurs terrains différents. Vu que le sol défini le vin, pour avoir une variété de vin, il faut posséder de la vigne à différents endroits. Les producteurs sont donc propriétaires de vigne dans plusieurs villages pour étendre leur offre à la commercialisation. Certains ont même plusieurs vignobles en cave, un producteur de la côte de Nuits peut aussi posséder des vignes dans la côte de Beaune, c’est une question marketing et économique. Suivant le travail et la technique apportés à la vigne, sur la même parcelle le vin peut être différent, tout varie selon le savoir du viticulteur comme le labour, la taille etc. La vigne qui produit les grands crus, est plantée de 10000 pieds de vigne à l’hectare, mais la législation n’accepte que 3000 litres de vin à l’hectare, pour rester dans les règles, il n’est pas rare de faire des prévendanges, au printemps, pour ne pas dépasser le quota imposé. 
Nous voici aux abords du domaine Rémy, il est de taille moyenne, il ne possède que 2,5 hectares de vigne, mais c’est un domaine de renom, il ne produit que des grands crus. Le domaine Louis Rémy est géré familialement, Louis était le père de l’actuelle propriétaire, qui est Chantal, elle a repris la succession de son père à son décès. Chantal est la sixième génération de producteurs sur ce domaine, son fils Florian entreprendra donc la septième génération à la succession de sa mère, tout ça pour dire que la vigne en Bourgogne se transmet au sein de la famille. Nous voici au domaine du clos des Lambrais, il produit certes du vin produit par le clos, mais il possède également de la vigne à Puligny-Montrachet dans la côte de Beaune, Bill Gates en est un des clients privilégiés. Nous voici devant le domaine Bonne mère, il était auparavant propriété tenue et gérée par des bonnes sœurs. Nous arrivons à Chambolle-Musigny, la particularité de ce village est de produire des vins fins, ils sont très appréciés par les dames, ce sont des vins qui s’accommodent très bien avec la cuisine asiatique. Les noms des villages de la côte de Nuits sont souvent divisés en 2 parties, la première partie est le vrai nom du village, la seconde partie est le nom du terroir ou de la parcelle le ou la plus connus. Ces noms composés des villages datent du début du XX.me siècle, car le terroir ou la parcelle qui produisait le grand cru était plus connus que le nom du village. Nous apercevons un énorme tilleul, il aurait plus de 400ans. Beaucoup de climats ou de parcelles, portent des noms de rois ou d’empereurs, comme Henri IV, Charlemagne ou Napoléon, car tous appréciaient les vins de Bourgogne. La route des grands crus ne passe pas à Vosne-Romanée, où on y produit le plus prestigieux et le plus cher des grands crus de Bourgogne, le Romanée Conti. La production est réalisé sur 1,8 hectare de vigne, ce qui équivaut avec le quota en vigueur, une récolte qui ne peut pas excéder 5400 litres, soit 7200 bouteilles de Romanée conti chaque année. Ce vin est considéré, comme le meilleur du monde, on ne pourra pas le savoir, car le prix de la bouteille, nous le dissuade, elle se négocie à partir de 3000 euros. Nous sommes en vue de Vougeot, où coule la Gouges, nous sommes maintenant sur la RN74, nous avons quitté la route des grands crus. A droite nous avons Vougeot, et à gauche Gilly-les-cîteaux, où était établi un bâtiment, où les convers de l’abbaye de cîteaux, qui venaient travailler, au clos Vougeot, étaient hébergés. Gilly-les-Cîteaux possède un hôtel 3 étoiles, dans lequel on ne rencontre pas de moine. Nous voici à Vougeot, Daniel faufile son bus dans les petites rues du village, puis on franchit le portail, qui donne accès au clos Vougeot, dit maintenant, le château du clos Vougeot, dont voici la présentation :

Le château du Clos de Vougeot ou château du clos Vougeot est un célèbre château de style Renaissance du vignoble de Bourgogne qui s’élève au milieu du clos-vougeot à Vougeot, près de la route des Grands Crus reliant Dijon et Beaune en Côte-d’Or en Bourgogne. Le château est classé aux monuments historiques depuis 1949 et ouvert à la visite pour son musée du vin. C’est un haut lieu de promotion de la gastronomie traditionnelle bourguignonne et des vins de Bourgogne par la confrérie des chevaliers du Taste-vin.
 Au XIIe siècle, les moines cisterciens de l’importante abbaye de Cîteaux, située à quelques kilomètres de Vougeot, propriétaires du clos-vougeot grâce à des dons de riches seigneurs bourguignons et d’achats faits par l’abbaye entre 1109 et 1115, y cultivent la vigne. Ils construisent la cuverie avec quatre pressoirs à cabestan monumentaux en bois de chêne ainsi que le grand cellier d’une capacité de 2000 pièces de vins. Au-dessus du cellier, ils édifient un vaste grenier à la charpente monumentale qui sert de dortoir aux moines viticulteurs du domaine.
 En 1551, le 48e abbé de Cîteaux, Dom Jean XI Loisier, ajoute aux bâtiments existants un manoir Renaissance.
 L’abbaye de Cîteaux et ses immenses domaines dont le clos-vougeot sont confisqués le 13 février 1790 lors de la Révolution française et déclarés biens nationaux.
 Le domaine est vendu au plus offrant et passe par de nombreux propriétaires privés, puis il est laissé à l’abandon pendant une grande partie du XIXe siècle, jusqu’en 1889 où il est acquis par Léonce Bocquet, un richissime négociant en vin, qui le fait restaurer à grands frais. Les salles du premier étage, qui n’avaient jamais été aménagées et comportaient seulement des cheminées, sont alors décorées dans le style Renaissance. 
En 1920, le château et le clos sont rachetés par Étienne Camuzet, député de Côte-d’Or et important propriétaire vigneron de Vosne-Romanée, qui conserve le clos et vend le château le 29 novembre 1944 à la société civile des Amis du Château du Clos de Vougeot, qui accorde aux membres dirigeants de la Confrérie des chevaliers du Tastevin, créée en 1934, un bail de 99 ans.
 Depuis cette date, le château du clos-vougeot, au milieu de 50 hectares de vignes, est un des hauts lieux de la promotion internationale des vins de Bourgogne et de gastronomie bourguignonne, animé par la confrérie des chevaliers du Tastevin qui ne possède aucune vigne. Le vignoble du clos est partagé par plus de 80 propriétaires.
 Le clos Vougeot a pour prestigieux voisins les grands crus Musigny, les Échezeaux, la Romanée-conti ou le Chambertin.
 Architecture
Le logis rectangulaire est à un étage et un étage sous combles, le toit est percé de lucarnes ornementées de style Renaissance. Le corps de logis est flanqué de deux pavillons de deux étages très sobres.
 Confrérie des Chevaliers du Tastevin
Chaque mois, la confrérie des chevaliers du Tastevin intronise plusieurs nouveaux membres chevaliers au terme d’un grand chapitre rituel grandiose de haute gastronomie de 500 convives conviés exclusivement sur invitation.
 Le plus important chapitre étant celui de la célèbre vente des hospices de Beaune (Hospices de Beaune).
 Sans oublier la Saint-Vincent tournante, qui a lieu chaque année au mois de janvier, elle est organisée et animée par des villages différents chaque année, qui sont renommée pour la réputation de leur vin.

En attendant notre guide, sous un soleil ardent, nous nous promenons dans le domaine de Vougeot, nous sommes dans les vignes, et discrètement, nous goûtons un ou 2 grains de raisin, ils sont prêts à être vendangés. La guide vient à notre rencontre et nous commençons la visite.
 Nous abordons le château du clos Vougeot, c’est un ancien monastère cistercien, aujourd’hui il est transformé en musée que nous allons visiter. On y trouve toute la spécificité de la Bourgogne, il y a 2 parcelles qui se touchent, le clos de Vougeot et le clos blanc de Vougeot. Le clos de Vougeot est grand cru, c’est du vin rouge comme la majorité des vins ici. Ce sont 80 propriétaires qui produisent sur cette parcelle, si l’on veut dire que l’on connaît le clos Vougeot, il faut avoir goûté le vin des 80 propriétaires, car chacun à sa façon de travailler la vigne et son art personnel pour la vinification, chaque propriétaire à sa recette. A proximité se situe la parcelle clos blanc de Vougeot, on y produit un vin blanc classé grand cru, elle est propriété d’un seul producteur, c’est l’une des seules parcelles en vin blanc dans cette zone. Les 2 parcelles sont certes côte à côte, mais elles sont complètement différentes par leurs productions. On entend par clos, une parcelle entourée de murs, ils datent pour la plupart du moyen âge, ils furent l’œuvre des moines cisterciens quand ils ont préparé le terrain pour la vigne. Nous pénétrons dans la cour du château du clos Vougeot, l’endroit y est calme, des oiseaux gazouillent et virevoltent autour de nous. Une confrérie des vins de Bourgogne a été créée après la crise économique de 1930, le marché du vin de Bourgogne était au plus bas, cette confrérie est hébergée dans ce cadre merveilleux, c’est-elle qui anime le musée. La confrérie organise également des dîners au château, où elle invite des VIP, nous sommes devant une grille qui protège un exemplaire des grands crus de la côte de Nuits. On garde 14 années de sélection, on aperçoit un blason qui représente les armes de la confrérie. Chaque producteur qui s’est vu sélectionné un de ses crus à le droit d’apposer sur sa bouteille les armes de la confrérie, ça lui fait une sorte de publicité. Les cisterciens sont apparus au XI.me siècle, ils voulaient une religion plus pure, moins clinquante, c’est pour cela que l’architecture du lieu est dépouillé de toute ornementation. Nous sommes dans la cour du château, sur notre gauche nous avons un bâtiment du XVI.me siècle, c’est une ancienne résidence d’été, un palais, il est joli, mais c’est le moins intéressant au niveau de l’histoire. Historiquement c’est la partie qui se trouve à droite de la cour qui a un riche passé, la construction date du XII.me siècle, comme tout monastère il est construit autour d’un cloître. 
Nous passons devant le puits qui alimentait en eau le monastère, il a été percé dans la roche, le niveau de l’eau est à une vingtaine de mètres. Pour monter l’eau, il y a un système qui permettait de démultiplier l’effort à faire pour remonter l’eau avec des seaux en bois. 
En face de nous un sellier, c’est un endroit où on conserve et où on fait vieillir le vin, il est au-dessus du niveau du sol, alors qu’une cave se situe en dessous du niveau du sol. Nous nous rendons dans le bâtiment de droite du XVI.me siècle, c’est où se trouve l’unité de production. Les cisterciens relève de la même loi de Saint-Benoît, mais ils ont fait cession pour une religion épurée de tous ses fastes. Nous sommes devant des pierres jaunes, roses, bleues elles représentent les différents sédiments que la vigne va retrouver dans le sous-sol, c’est pour cela que les vins sont si fameux en Bourgogne. Une statue représente le travail de la vigne, elle est très récente. Nous sommes devant des presses en bois, elles sont très impressionnantes et massives, elle possède une immense vis que l’on tourne avec un solide manche en bois. La presse date du XV.me siècle, 2 autres sont plus récentes, elles datent tout de même du XVIII.me siècle. Le raisin es mit dans un immense container en bois à claire voies, d’immenses poutres descendent dans le container par l’intermédiaire de la vis activée par le manche, les poutres pressent donc le raisin. Le jus sort par une sorte de goulotte qui le dirige dans un bac, où il est récupéré. Les grappes pressées, on obtient un jus clair, si on le met en tonneau on aura du vin Blanc. Pour faire du vin rouge, il faut utiliser les peaux de raisin et le bois de la grappe. On met donc le jus de raisin récupéré qui est clair, dans une énorme barrique. On ajoute les restes qui sont dans le pressoir les pépins, les peaux et le bois des grappes, c’est l’ensemble que l’on appelle la rafle du raisin. La rafle une fois récupérée, elle est mise dans le tonneau où a été entreposé le jus de raisin. On procède à l’opération de macération, quand elle est terminée on retire toute la rafle, il se produit déjà une fermentation, une production d’alcool a déjà débuté. Le sucre pendant la macération devient alcool, les restes sont de nouveau passé dans la presse, on obtient un vin très sombre, c’est ce qu’on appelle le vin de boute, il résulte de la seconde presse, lors du premier pressage on obtient du jus de raisin que l’on appelle vin de presse. Pour avoir un vin rouge, la macération dure entre 9 et 15 jours, pour obtenir du rosé la macération oscille entre 6 et 9 jours. L’endroit où se trouve l’unité de production est très haut, il est ventilé par d’immenses fenêtres, elles étaient toujours ouvertes pendant la macération, puisqu’elle produit naturellement du CO2. La charpente est très haute, elle culmine à 10 mètres, Nous abordons le sellier, il est contenu dans le bâtiment du XII.me siècle, pour y accéder on passe dans le cloître. Le sellier n’est pas tout à fait au-dessus du sol, il est à moitié enterré. A travers les fenêtres on aperçoit la vigne, le sellier possède de toutes petites fenêtres très fines. Pour garder le vin il faut l’obscurité, l’humidité et une température constante. Le sellier fait à peu près 1000 mètres carrés, d’énormes piliers en pierre supportent la structure du toit en bois confectionnée avec d’imposantes poutres. Les murs du sellier font entre 2 et 3 mètres d’épaisseur, ils permettent d’avoir une température constante C’est à cet endroit que les moines gardaient leur vin en tonneaux, aujourd’hui le sellier est utilisé par la confrérie où elle organise des dîners. La charpente du sellier est sèche, elle ne possède aucun clou ni pièce métallique. C’est essentiellement le poids de la charpente et de la terre, dont le rôle est de maintenir l’humidité du sellier, elle se trouve entre la charpente et le toit. Le taste-vin permettait auparavant de goutter le vin entreposé dans le tonneau, afin de savoir s’il était à maturité pour être mis en bouteille. A la mise en tonneau le vin est trouble, une fois vieilli il devient clair et transparent, c’est à ce moment là que l’on peut le mettre en bouteille. Pendant des siècles, le seul moyen pour savoir la transparence du vin, c’était de le mettre dans de petites coupelles ou taste-vin, et, grâce à la lumière d’une bougie, si l’on distinguait le fond du taste-vin, ça voulait dire que le vin était transparent et qu’il pouvait être mis en bouteille. Aujourd’hui le taste-vin sert à goûter le vin lors de dégustation, il n’a plus qu’un rôle d’apparat. Le vrai taste-vin est toujours en argent, bien sûr aujourd’hui il est en fer blanc ou en inox. Nous sommes devant une gravure où sont inscrits les 80 propriétaires du clos Vougeot, le clos Vougeot est constitué de lignes de vigne, on peut être propriétaire d’une seule ligne, mais sur sa carte de visite, on peut signifier qu’on est producteur du grand cru clos Vougeot. Le but s’est de pouvoir produire une pièce, c’est un tonneau de 228 litres qui équivaut à 300 bouteilles de vin. Chaque 100 dîner organisé par la confrérie, on immortalise cet évènement par une photo que nous découvrons sur un tableau. On peut y reconnaître la reine de Suède, le couple royal de Belgique, la reine du Danemark, les gens de la NASA qui ont participé à ces réceptions. Elles se déroulent dans l’ancien sellier,la salle de réception peut contenir 500 convives. Chaque année est organisée 16 dîners, chacun à son thème de décoration, ça peut être les tulipes par exemple. Bien sûr le repas est préparé par un grand chef de renom, dont Paul Bocuse. A clos Vougeot il y avait 2 châteaux, celui où a élu résidence la confrérie et le musée que nous venons de visiter, et, un autre qui était en ruine au XX.me siècle. Ce dernier a été restauré récemment, on a surtout conservé et remis en fonction l’immense cave du château où l’on peut déguster les vins de toute la Bourgogne. C’est après 2 heures de découverte et la projection d’un film, que nous quittons le château du clos Vougeot. 
Pour rejoindre Dijon, nous remontons la RN74, un bouchon est provoqué, par un convoi exceptionnel qui transporte une imposante péniche, nous avions déjà doublé cet attelage ce matin. Nous quittons Daniel, notre chauffeur, nous le remercions pour sa conduite, bien sûr, mais pour toutes les infos, qu’il nous a distillé tout au long de la semaine. Demain au programme, c’est la suite de la découverte de Dijon, que nous ferons à pied. 
Comme le temps est toujours ensoleillé, nous sommes un petit groupe, sous la houlette de Catherine, qui va à la rencontre du lac Kir, à travers des jardins et des voies vertes. C’est l’heure de dîner, quand nous arrivons à l’hôtel, ce soir, il n’y a pas d’anniversaire à fêter, mais nous prenons tout de même un Kir en apéritif. Ce soir, Gérard, nous convie à la projection de la ppièce de théâtre, les hommes sont de Mars et les femmes de Vénus.

Jour 7 : Le soleil est toujours au rendez-vous, nous déambulons dans la zone piétonnière, pour aller rejoindre la place de la libération, qui se trouve devant le palais des ducs et du parlement de Bourgogne. Voici la présentation du duché de bourgogne :

Le duché de Bourgogne est un fief féodal entre les IX.me et XVE siècles avec pour capitale Dijon. A partir de 1006, le duché est un apanage gouverné successivement par deux lignées de sang royal, Capétiens directs et Valois.
 À la suite du mariage de Philippe Le hardi avec Marguerite de Flandre, les Valois Bourgogne donnent une telle extension à leurs possessions dans les Pays-Bas entre 1363 et 1477 qu’ils envisagent d’en faire un état indépendant. Cependant, ce développement rapide entraîne la formation d’une coalition menée par la confédération suisse et le duc de Lorraine qui inflige une série de défaites au dernier duc Charles le Téméraire, qui trouve finalement la mort sous les murs de Nancy.
 La Bourgogne elle même devient alors un Gouvernement et une Généralité du Royaume de France. Son territoire correspond essentiellement à:
 la Côte-d’Or, avec Dijon et Beaune; 
La Saône-et-Loire, avec Chalon-sur-Saône;
 une partie de l’ Yonne, avec Auxerre.
 La province sera augmentée de la Bresse et du Bugey lorsque la Savoie cédera à Henri IV ses possessions sur le rive droite du Rhône. Quant aux possessions des ducs de Bourgogne dans les Pays-Bas, c’est Charles Quint, arrière petit-fils de Charles Le Téméraire, qui en fera une entité politique distincte.
 Aujourd’hui subsistent un certain nombre de souvenirs de la grandeur des ducs et de leur entourage: la Tour Jean sans Peur à Paris, la Tour Philippe le Bon à Dijon, les tombeaux de Philippe le Hardi et Jean sans Peur vestiges de la Chartreuse de Champmol, les Hospices de Beaune construits par le chancelier Nicolas Rolin ou encore le Monastère royal de Brou édifié par Marguerite d’Autriche.
 Le partage de l’ancienne Burgondie entre la France et la Germanie
Le duché de Bourgogne est l’un des héritiers de l’ancienne Burgondie mérovingienne, qui ressurgit à l’occasion des nombreux partages carolingiens. Au fil des guerres on voit apparaître et coexister les royaumes de Bourgogne, le duché et le comté.
 En 841, on note le titre de dux Burgundiae potentissimus porté par le comte Guérin: c’est un commandement militaire. Les partages de 843 à Verdun, 855 à Prüm, 870 à Meerssen sont à l’origine durable de la séparation des territoires en Bourgogne occidentale (duché) et orientale (comté): l’ouest de la Saône et du Rhône va à Charles le Chauve, l’est à Lothaire.
 En 879, Boson comte de Vienne et Autun devient roi. Ses possessions couvrent une large part de l’ancienne Burgondie. Mais le roi Carloman II, soutenu par le propre frère de Boson, Richard dit le Justicier, réduit son royaume à la Provence. Richard devient ainsi comte d’Autun en 883. En 887, à la mort de Boson, il hérite des comtés de Troyes et Nevers. En 894, il conquiert le comté de Sens. En 898, il obtient le titre de marquis du roi Eudes. C’est l’ébauche du duché de Bourgogne qui se forme. Vers 918, il est titré dux, donc premier duc de Bourgogne (un des six pairs laïcs primitifs de France), et réunit alors les comtés d’Autun, de Nevers et d’Auxerre. Les comtes et évêques de Brienne, Chalon, Beaune, Troyes, Langres, se placent sous son autorité, cela dans le contexte des invasions normandes. C’est la première dynastie des ducs de Bourgogne, les Bosonides (898-952).
 Le duché robertien (956-1002) puis capétien (1006-1361)
 Les Robertiens disputent le duché de Bourgogne à la famille du roi Raoul dès 936. Hugues le Grand (943-956) obtient du roi de France Louis IV le duché de Bourgogne puis ses fils Otton (956-965) et Henri (965-1002), frères d’Hugues Capet, lui succèdent.
 Le duché est ensuite tenu par Robert le Pieux, fils d’Hugues Capet, qui l’octroie à son troisième fils Robert, dont les descendants constituent jusqu’en 1361 la branche cadette des Capétiens (Première maison capétienne de Bourgogne). De 1363 à 1482, ce sont d’autres Capétiens, une branche cadette des Valois, qui tiennent le duché.
 Le duché des Valois (1361-1477)
 En 1361 le duc Philippe de Rouvres meurt sans héritier, le roi de France Jean II le Bon récupère le duché et l’octroie en 1363 à son fils Philippe le Hardi en apanage. Celui-ci, grâce aux manœuvres diplomatiques de son frère le roi Charles V, reçoit le comté de Flandre par son mariage avec Marguerite III de Flandre.
 L’expansion aux Pays-Bas
Philippe le Hardi épouse Marguerite de Flandre qui est l’héritière, outre du comté de Flandre, des comtés de Bourgogne de Nevers et de Rethel. En mariant en 1385 son fils Jean sans Peur à Marguerite, fille du comte Albert Ier de Hainaut et de Hollande, et sa fille Marguerite à Guillaume IV de Hainaut, fils et héritier d’Albert, il prépare l’union de ces principautés à l’État bourguignon en 1433.
 En 1429, Philippe le Bon prend possession du comté de Namur en Belgique vendu par le Marquis de Namur Jean III pour 132000 couronnes d’or en 1421 avec usufruit jusqu’à sa mort.
 Le 10 janvier 1430, Philippe Le Bon a épousé Isabelle de Portugal, créant à cette occasion l’ordre de la Toison d’or.
 En 1430, il devient Duc de Brabant, de Lothier et de Limbourg en succession de Philippe de Saint-Pol.
 En 1443, il achète le Luxembourg à sa tante la duchesse Elizabeth de Goerlitz du Luxembourg.
 Charles Le Téméraire ajoute encore à cet ensemble de duché de Gueldre, profitant d’un conflit entre le duc et son fils héritier.
 Compte tenu de leur assise, les ducs de Bourgogne font nommer des proches comme titulaires des évêchés souverains d’Utrecht, Liège et Cambrai.
 Les exigences de la politique des ducs se heurte aux intérêts des puissantes villes de Flandres. À la suite du traité d’Arras (1435) avec la France, le commerce trans-Manche avec l’Angleterre est interrompu et les drapiers flamands ne sont plus approvisionnés en laine. En 1437 Bruges se révolte contre Philippe le Bon qui manque d’y laisser la vie. L’insurrection est réduite avec l’aide des villes de Gand et Ypres. La paix de Gravelines entre Philippe le Bon et Henri VI d’Angleterre permet la reprise du commerce entre l’Angleterre et la Flandre en 1439. En 1453 les Gantois se révoltent. Ils sont écrasés à Gâvres, par son fils Charles le Téméraire qui réprime violemment l’insurrection.
 Liège et Dinant (qui dépend de la Principauté de Liège) se révoltent contre le prince-évêque Louis de Bourbon qui est un neveu du duc. Charles Le Téméraire prend Dinant, qui est pillée et détruite et met fin aux velléités liégeoises. Après la mort de Philippe le Bon (15 juin 1467), les Liégeois reprennent les hostilités, mais Charles le Téméraire les bat à Saint-Trond et, après le sursaut des 600 Franchimontois, prend Liège, qui est détruite et soumise en présence de Louis XI qui en a financé et soutenu l’insurrection.
 Le roi de France est contraint de signer le traité de Péronne (14 octobre 1468) tout à l’avantage de l’État bourguignon et de céder à son frère cadet Charles de France (allié du Téméraire) le comté de Champagne et Brie. Louis XI fera annuler ce traité deux ans plus tard, sous prétexte de félonie du duc de Bourgogne.
 À la mort de son frère Charles V en 1380, Philippe le Hardi devient régent et tuteur du roi en attendant la majorité de Charles VI (en 1388). Il consolide ses possessions et la position diplomatique de la France en recherchant des alliances avec le Saint Empire, c’est dans cet esprit qu’il marie Charles VI avec Isabeau de Bavière sur laquelle il gardera une forte influence. Charles VI sombrant dans la folie en 1392, les affaires de l’État sont à nouveau gérées par un conseil de régence présidé par la reine Isabeau. La reine étant piètre politique, c’est encore Philippe le Hardi qui a l’influence prépondérante dans les affaires du royaume, cependant il doit composer avec la montée en puissance de l’ambitieux frère du roi, Louis d’Orléans.
 Jean Sans Peur son fils a beaucoup moins d’influence sur Isabeau de Bavière que son père. Louis Ier d’Orléans fait évincer les Bourguignons du conseil de régence et Jean sans Peur le fait assassiner en 1407. Cet acte précipite le pays dans une guerre civile opposant les Bourguignons aux partisans de Louis d’Orléans regroupés au sein du parti d’Armagnac. Henri V le roi d’Angleterre, profite de ces troubles pour relancer la guerre de Cent Ans et envahir la Normandie. Après la débâcle d’Azincourt en 1415, le duc de Bourgogne prend le pouvoir à Paris en 1418, avec le concours des artisans et des universitaires. La pression anglaise s’accroît et un rapprochement entre Armagnacs et Bourguignons est indispensable. Le dauphin Charles rencontre donc le duc de Bourgogne à Montereau. Des Armagnacs craignant que le dauphin cède aux vues bourguignonnes assassinent Jean sans Peur lors de l’entrevue le 19 septembre 1419.
 Philippe le Bon, le fils de Jean sans Peur s’allie alors avec les Anglais. Ils font signer en 1420 à la reine Isabeau et au roi Charles VI le traité de Troyes qui déshérite le dauphin Charles au profit du roi d’Angleterre Henri V qui doit devenir roi de France à la mort de Charles VI (il contrôle déjà tout le nord et le sud-ouest de la France). N’ayant plus de réel suzerain le Duc de Bourgogne à un accès direct aux impots collecté dans sa principauté, il est donc librement autonome. En 1422, Charles VI et Henri V meurent. Henri VI devient roi d’Angleterre et roi de France mais n’a que 1 an et n’est pas sacré. Le duc de Bedford devient alors régent du royaume de France et épouse l’année suivante Anne de Bourgogne, la sœur de Philippe le Bon, le soutien de ce dernier étant essentiel. Cependant Charles VII est sacré grâce à l’intervention de Jeanne d’Arc en 1429. En 1435 il signe avec Philippe Le Bon le traité d’Arras qui marque la fin de la guerre civile. Les anglais présents lors des négociations refusent l’annulation du Traité de Troyes et menacent Philippe le Bon. En retour, celui-ci tente de reprendre Calais mais le siège tourne au désastre pour les troupes de Philippe le Bon qui se retire en Flandre.
 Philippe Le Bon a obtenu de Charles VII de ne plus rendre hommage au roi, privilège concédé à titre purement personnel. Cependant le duc reste fidèle à une politique de proximité avec la monarchie française. Il accueille d’ailleurs le futur Louis XI en difficulté avec son père.
 Charles le Téméraire lui n’hésite pas à défier dans le cadre de la Ligue du Bien public Louis XI en lui livrant bataille à Montlhéry (1465) et en mettant le siège devant Paris. Ainsi contraint-il le roi à signer les traités de Saint-Maur-des-Fossés et de Conflans par lesquels il récupère la Picardie et la ville de Boulogne, ce qui assure ses arrières du côté de la france.
 Charles le Téméraire veut reconstituer l’ancienne Lotharingie en reliant tous les domaines néerlandais (les pays « de par-deçà », ou « Pays-Bas ») aux domaines bourguignons (les pays « de par-delà ») grâce à l’annexion de la Champagne, la Lorraine et l’Alsace. Il cherche à s’entendre avec l’empereur en vue d’obtenir une éventuelle couronne. Le duc Sigismond d’Autriche de Habsbourg lui apporte son aide en 1469 en lui vendant ses terres d’Alsace et en face le pays de Brisgau sur la rive allemande du Rhin.
 Mais les Bourguignons sont mal perçus dans la région et s’attirent l’hostilité des Suisses qui les battent à Grandson et Morat. Charles Le Téméraire meurt au siège de Nancy en 1477. À la suite du mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien Ier de Habsbourg pour contrer le roi de France, le titre de duc de Bourgogne et le duché sont divisés en deux. Le roi Louis XI devient duc de Bourgogne avec la Bourgogne, et les Habsbourgs d’Autriche et d’Espagne deviennent duc de Bourgogne avec les Pays-Bas bourguignons (actuel Benelux) et la Franche-Comté. Les Habsbourgs et, en particulier, Charles Quint contre François Ier, n’auront de cesse de faire reconnaître leurs droits au duché de Bourgogne, sans aucun succès.
 Le duché de Bourgogne a compris de manière discontinue les comtés vassaux suivants: comté de Flandre, comté de Chalon, comté de Charolais, comté de Mâcon, comté d’Autun, comté de Nevers, comté d’Avallon, comté de Tonnerre, comté d’Auxerre, comté de Sens, comté de Troyes, comté d’Auxonne, comté de Bar et autres comtés et seigneuries…
 Il a été associé à la comté de Bourgogne, partie du Saint-Empire romain germanique, actuelle Franche-Comté, entre 1330 et 1361, et entre 1384 et 1482, par lien dynastique, mais chaque principauté resta distincte.
 Le duc de Bourgogne a également parfois été suzerain ou possesseur du comté de Senlis, et du comté de Montbéliard.

Aujourd’hui, nous sommes accompagnés par Michel. Il est 9 heures pétantes, quand les portes du musée d’art, nous ouvrent ses portes, il est situé dans une aile du palais ducal. Un escalier spacieux, nous permet de monter à l’étage, où notre guide nous reçoit. Le musée est clinquant neuf, il vient d’être rénové, nous sommes sur un vaste palier où la voix de la guide a beaucoup d’écho. Nous sommes sous le regard d’une splendide statue en bronze, du sculpteur François Rude qui a beaucoup œuvré à Dijon, sa ville natale. Le sol du palier où nous sommes est recouvert, de pierre de la côte, c’est de la pierre de Bourgogne, elle est rose, qui à l’époque imitait le marbre. Elle permettait de tricher un peu, c’est une très belle pierre veinée, elle donnait une idée de richesse. Nous allons rejoindre la galerie Bellegarde, en traversant des salles, qui sont recouvertes de très jolis parquets. Les salles traversées, avaient les murs recouverts de ton rouge cramoisi, qui jouait avec les dorures des cadres des tableaux, qui y étaient exposés du XIX.me siècle. A l’époque, les murs recouverts de velours rouge, prouvait la richesse du lieu. Chaque fois, que l’on change de zone, on ressent de petits décrochements au sol. Car les bâtiments du palais ducal, sont d’époques différentes, et les architectures, ne sont pas collées parfaitement, les unes aux autres. Nous sommes actuellement dans un espace du XVII.me siècle, c’est la galerie de Bellegarde, elle a une longueur de 20 mètres, pour une largeur de 5 mètres et une hauteur sous plafond de 7 mètres. Le plafond est voûté, en forme de coque de bateau retournée, le sol est constitué de tomettes. Elles sont d’un très beau rouge, la galerie date de 1614, elle permettait de faire la jonction, entre 2 zones d’habitation du duc de Bourgogne. La petite tour de Barre, et la grande salle des festins, du vrai logis ducal du XV.me siècle. La galerie permettait, aux ducs de traverser la cour située entre les 2 bâtiments, à l’abri des intempéries. Cette galerie était de très grand luxe, elle fut ensuite, complètement refaite, au XVI.me siècle, par le gouverneur de Bellegarde, d’où son nom. Elle possède donc de très belles tomettes au sol, des enduits sur le mur et de splendides poutres en chêne. La galerie possède 6 fenêtres de chaque côté, les fenêtres ne sont pas disposées, les unes en face des autres. Elles sont en décalage, ce qui permet de donner, un bel effet de lumière partout. Il y a 20 ans, on a commencé la rénovation de la galerie. L’état des lieux était le suivant, les fenêtres étaient bouchées, et des tableaux pavoisaient les murs, la lumière était diffusée, par des ouvertures au plafond et le sol était en plancher. Pour rénover le musée, on a exécuté des fouilles, et sous les planchers existants, on A découvert des tomettes. Derrière les tableaux, on a retrouvé des fenêtres avec leurs encadrements du XVII.me siècle et au plafond des débuts de voûte. On a donc décidé de redonner à la galerie, son aspect d’antan, c’est ce que nous pouvons admirer aujourd’hui. La galerie est aujourd’hui dédiée a des œuvres italiennes, de la fin du XV.me siècle et de tout le XVI.me siècle, qui montrent, une Italie qui regarde autour d’elle. Qui regarde le monde, tel qu’il est, qui va passer d’une peinture qui représente un personnage avec un fond derrière, et rien d’autre. Petit à petit, des paysages apparaissent derrière le personnage, il y a des effets de perspectives, et des sentiments sont entrain de rentrer dans la peinture. Comme dans le portrait de la vierge à l’enfant, ou dans les scènes religieuses. Nous sommes devant un tableau qui représente l’arche de Noé, on y voit des animaux montés dans l’arche, avec un chien tel que l’on peut le voir dans la réalité, Les formats s’agrandissent, qui au moyen âge, étaient de petite taille, afin que l’on puisse les transporter, et ils étaient peints sur bois. Au XVI.me siècle, on s’installe et reste plus dans les châteaux, on décide donc de peindre sur toile, on peut alors faire de plus grand format. On peut être plus nombreux à travailler sur une œuvre, on peut arriver à des œuvres de 3 mètres de haut et 2 mètres de large. Les personnages, sont plus grands que nature, et on pourra donc critiquer ce que l’on voit, ce qui poussera les artistes, à faire des personnages de plus en plus ressemblants à la réalité. Un défaut sur un personnage, de petite taille, ne se remarque moins. C’est l’esprit des tableaux, qui sont accrochés, dans la galerie Bellegarde. Nous sommes au premier étage du palais ducal, nous avons encore 2 étages au-dessus de nous. Le grand logis ducal, avait au premier étage la grande salle des festins que nous visiterons plus tard, au-dessus, c’était l’étage des chambres, pour les invités des ducs, qui se trouvait sous le grenier. Le grenier est immense, il est sous 8 mètres de plafond, le volume était distribué et subdivisé, par des galéras ou étagements. On pouvait ainsi lors de la venue des ducs à Dijon, pouvoir loger en grenier l’armée, ses soldats donc et les 600 employés qui l’accompagnaient. Le rez-de-chaussée, était consacré aux services, comme le sellier, la cuisine, le joyau où l’on entreposait la vaisselle précieuse. Rien qu’en cuisine, il n’y avait pas moins de 50 personnes. Quand le duc vient à Dijon, c’est rare, mais ça déplace donc du monde, il faut donc une salle de festin. Celle de Dijon est minimaliste, parce que certaines salles de réception, de rois de France faisait 50 mètres de long, celle de Dijon a tout de même 9 mètres sous plafond. Certains tableaux de cet espace sont de peintres connus, comme le Moïse sauvé des eaux de Véronèse, l’arche de Noé de Balzano, qui a peint les animaux qui montent en couple dans l’arche, et ce sont les cochons qui arrivent les premiers et non pas le lion. On y voit ensuite, les lions, un couple de cerfs avec une biche, un couple de chevaux, des chameaux, un couple de renards, des lièvres, des lynx, et un couple de singes. Ensuite sont représentés les animaux de la basse cour, des bovins, des ovins, des chats et des chiens de toutes races, qui sont très bien représentés, car l’artiste pouvait se procurer de parfaits modèles qui se trouvaient à sa portée de pinceau. L’arche de Noé peinte par Balzano, est très expressive, c’est un très beau défilé d’animaux, où il a copié la réalité. 
Nous passons au premier étage du palais ducal, construit par Philippe le bon, duc de Bourgogne, il régna de 1419 à 1467. Il a voulu construire ce magnifique palais, pour dire que Dijon était cher à son cœur. Qu’il considérait comme la capitale, de son nouvel empire, il n’a donc pas lésiné sur les moyens. C’est un pied à terre grandiose, nous nous trouvons dans la salle des festins. Elle a 18 mètres de long, pour 8 mètres de large et 9 mètres sous plafond. Les murs sont couverts d’enduit, actuellement, il est de ton rouge rose un peu pâle. Les fenêtres de 6 mètres de haut, sont entourées de pierres blanches. De très belles pierres d’appareil elles sont bien sûr de Bourgogne. Le plafond, était-il plat ou en voûte, on ne le sait pas trop. Car la salle a subi bon nombre de rénovations, aujourd’hui, c’est un plafond en bois. Il est constitué de très grosses poutres, qui reposent à la française, sur des pierres d’encorbellement. Les corbeaux sont ornés des symboles des rois de France, et particulièrement de Louis XII. On peut donc trouver le porc-épic, qui est l’emblème de ce dernier, qui s’y frotte s’y pique, si tu me cherches tu me trouves. Les 3 C du roi Henri II, ou certains blasons ornés des lys de France. Au sol, le dallage a été rénové, en espérant que ce soit du jus du XV.me siècle, c’est un dallage alterné noir et blanc. Nous sommes sur un échiquier, le blanc est réalisé avec de la pierre de la côte de bourgogne, c’est-à-dire veinée de rose et de jaune, le noir est quant à lui en marbre. Nous pouvons contempler, une immense cheminée, qui s’élance du sol au plafond. Elle est très large au niveau de l’âtre, son manteau est entièrement sculpté, en très fort relief gothique flamboyant réalisé dans de la pierre blanche. . Sur le mur côté sud, on aperçoit une petite fenêtre, qui donnait à l’étage des chambres des invités, qui pouvaient donc ainsi continuer à écouter les conversations. Ce lieu s’appelait très joliment, le retrait, c’était tout simplement les toilettes. A savoir, que la tour Philippe le bon, qui contient 7 étages, à partir du cinquième étage, un invité de marque pouvait y avoir son logement, qui comprenait toujours la chambre, la chambre du poêle ou salon, le garde robe ou dressing aujourd’hui et le fameux retrait. Au centre de la pièce, se trouvent les tombeaux, des 2 premiers ducs valois de Bourgogne, Philippe le Hardi et Jacques sans Peur, dont voici la présentation :

Dans la grande salle du palais des ducs sont exposés les tombeaux des ducs de Bourgogne, qui se trouvaient initialement à la chartreuse de Champmol, avec des pleurants. Les deux tombeaux, ceux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur, et les pleurants ont été sculptés par Claude Sluter, Claus de Werve, Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier.

. Les deux tombeaux sont constitués de la même facture, même si un certain temps les espace. Celui de Philippe le Hardi est de la fin du XIV.me siècle, il a fallu 30 ans pour le réaliser. Celui de son fils, Jacques sans Peur, il a été exécuté au milieu du XV.me siècle, pendant le même laps de temps pour l’exécuter. Ils sont constitués de 2 grosses dalles noires, entre lesquelles est intercalé un gros cube rectangulaire noir. Sur la dalle supérieure, les gisants des 2 ducs, à leurs pieds un lion couché, à la tête des anges, soutenant la tête, un blason ou un casque. Les gisants sont similaires, ils sont vêtus de leur plus beau drapé, ils ont touts les attributs du pouvoir, couronne, cèdre ducal. tout l’ensemble est polychrome, , les anges quant à eux, ils sont magnifiquement blonds, bouclés, avec de belles ailes dorées, ils portent des vêtements blancs ornés de petites étoiles dorées. Ils sont féminisés, il y a des anges filles et garçons, ce qui est relativement rarissime. Les gros cubes rectangulaires noirs, des 2 tombeaux, sont quant à eux sculptés de pleurants. Ce sont des statuettes de 30 à 40 centimètres de haut, il y en a une quarantaine par tombeau, ils sont tous différents, elles montrent la vrai procession funéraire, qui a suivi l’enterrement des ducs. C’est Philippe le bon qui décide de faire le tombeau de son père, jacques sans peur, assassiné à Montereau, à l’identique de celui de son grand-père, Philippe le Hardi, qui lui l’avait prévu de son vivant. Philippe le Bon vit très vieux, son fils Charles le Téméraire, est toujours en guerre, il n’a pas le temps de faire réaliser un tombeau à son père. A Dijon Philippe le Bon n’a qu’une dalle, il y en a d’autres par ailleurs en Belgique, dont à Bruges. Quand Charles le Téméraire décède, sa fille, Marie de Bourgogne, s’occupe de faire réaliser un très beau tombeau à son père à Bruges. Marie de Bourgogne a été obligée de fuir la Bourgogne, donc, elle ne pouvait pas faire installer le tombeau de Charles le Téméraire à Dijon. Elle est parti en Autriche, épouser Maximilien, et elle sera la grand-mère de Charles Quint. Les tombeaux étaient auparavant à la Chartreuse, l’église des ducs, mais à la révolution, l’église est saccagée, dont les tombeaux. C’est en 1810, que commence la récupération des pièces des tombeaux, et leur restauration, dans le but de les installer dans la salle des festins du palais ducal. 
Nous passons dans le logement du duc de Bourgogne, il se situe au premier étage, il est composé comme celui des invités. La salle a été reconfigurée à partir du XVIII.me siècle, sous les gouverneurs de Bourgogne. Les murs sont tapissés de fresques, et d’imitation de marbre. L’intérêt dans cette pièce, ce sont les 2 œuvres qui s’y trouvent, elles étaient auparavant exposées à la chartreuse de Champmol, le monastère des ducs. Les tombeaux se trouvaient dans la nef principale, de l’église de la Chartreuse. Sur certains des grands autels, se tenaient 2 très grands polyptyques (retables), que l’on pouvait ouvrir ou fermer, selon les cérémonies. Ils sont installés ici, ils sont ouverts, les volets extérieurs sont peints, tandis que l’intérieur est complètement sculpté, c’est du bois sculpté doré. . 
Nous arrivons dans la salle des portraits des ducs, qui est une extension moderne du palais ducal, la lumière y pénètre à flot, ce rajout a beaucoup fait parler les dijonnais. Au mur, chronologiquement, sont accrochés les 4 portraits des ducs de Bourgogne de la dynastie des valois. Il y a 6 tableaux pour 4 ducs, Philippe le hardi, Jacques sans Peur, Philippe le Bon, sa femme Isabelle du Portugal, puis le dernier duc de Bourgogne Charles le Téméraire, qui est représenté sur 2 portraits. Philippe le Bon et Charles le Téméraire portent la toison d’Or, qui a été développé ci-dessus.
 C’est après 2 heures de visite que nous retrouvons l’air libre, nous parcourons les rues médiévales pour nous rendre sur le marché, nous passons devant notre dame, et nous voici aux halles. Elles sont ponctuées par une surélévation, les façades sont constituées à la base de murs en pierre de 1,20 mètre de haut, sur lesquels prennent appui des murs en brique rouge décorée de motifs noirs, qui font à peu près un mètre de haut. Sur lesquels se dressent des grilles en fonte sculptées, peintes en bleu, qui sont chapeautées par des vitres. Le toit est en zinc, avec la surélévation qui a 2 fonctions, aérer et éclairer les halles couvertes. Nous rentrons à l’intérieur des halles, où les produits régionaux ont largement leur place. 
Ensuite nous flânons dans les rues, dans la rue Trémouille, qui relie la place Darcy à la place de la République. Nous sommes sur cette place, où passe le tramway, nous sommes face à l’hôtel de région et de son jardin. Nous prenons un petit bain de soleil, avant d’aller déjeuner au bœuf blanc, qui se trouve au pied de l’hôtel de région.

Le soleil est toujours ardent, nous devons nous rendre au musée de la vie bourguignonne, nous passons devant la préfecture, qui jouxte le conseil général, nous marchons dans la rue stéphen Liégeard, nous voici dans la rue de la Liberté, nous passons devant la chapelle des carmélites, du XVII.me siècle, elle est aujourd’hui occupée par des services municipaux. C’est après une bonne balade digestive que nous arrivons devant le musée de la vie bourguignonne, dont voici la présentation :

Le Musée de la Vie Bourguignonne Perrin de Puycousin, situé dans le cloître du Monastère des Bernardines présente une collection d’ethnographie rurale (costumes, mobilier,…) et urbaine (vie quotidienne à Dijon du 18e au début du 20e siècles.
 Inauguré en 1982 au Cloître du Monastère des Bernardines, le musée offre un parcours qui s’étend sur trois niveaux : Au rez-de-chaussée, le patrimoine ethnographique rural et bourguignon de la fin du 19e siècle. Au 1er étage, la vie quotidienne à Dijon de la fin du 18e siècle à la seconde guerre mondiale (reconstitution de dix commerces). Au 2e étage, une galerie consacrée aux caractéristiques de la Bourgogne se complète d’un salon de lecture et d’une salle audiovisuelle.
 En 1623, les cisterciennes de l’Abbaye Notre-Dame de Tart arrivent à Dijon pour établir leur réforme et construisent un monastère, achevé en 1767. 
Les moniales quittent le lieu en 1792 et les bâtiments sont alors occupés par une caserne puis affectés à un hospice en 1803. 
En 1975, une charte culturelle entre la Ville de Dijon et le Ministère de la culture prévoit la création d’un Musée d’art sacré dans l’église et d’un musée d’ethnographie régionale dans le cloître. Cet ensemble de bâtiments est un des rares exemples de monastère post-tridentin installé au coeur d’une ville. 
Dés 1870, le fondateur du musée, Maurice Perrin de Puycousin, démarre ses collectes dans le Tournugeois, la Bresse et le Mâconnais. 
En 1935, sa collection est donnée à la Ville de Dijon « en vue de créer un musée d’ethnographie régionale » ; il sera inauguré en 1938. A sa mort en 1949, le musée est rattaché au Musée des beaux-arts de Dijon. Devant l’état de détérioration des collections, le musée Perrin de Puycousin ferme en 1970. 
L’exposition, en 1978, « Aspects du futur musée de la vie bourguignonne : collection Perrin de Puycousin » préfigure, comme son nom l’indique le futur musée, inauguré en 1985 avec l’ouverture de la Galerie Perrin de Puycousin. 
Le Musée d’Art Sacré est rattaché au Musée de la vie bourguignonne en 1993. 
Les années 1994 et 1995 voient s’ouvrir le premier et le second étage du Musée de la vie bourguignonne Perrin de Puycousin.

Nous sommes accueillis par notre guide dans le cloître de l’ancien couvent, nous allons parcourir le rez-de-chaussée du musée. Il est relatif à la vie rurale et bourguignonne du XIX.me siècle. Puis nous découvrons les 10 magasins reconstitués de Dijon, du XIX.me siècle. Nous circulons dans un couloir, qui représente une rue de la fin du XIX.me siècle, et de chaque côté sont disposées des devantures, dont les portes sont ouvertes, ce qui permet de voir l’intérieur des magasins reconstitués. Nous nous attarderons devant l’épicerie, la pharmacie, la boucherie et le marchand de jouets.
 Ensuite, nous continuons notre déambulation dans les rues de Dijon, qui font le plein, le soleil est propice à la fréquentation des terrasses de café. Nous sommes au carrefour du miroir, nous abordons la rue Bossuet, où nous sommes attirés par un chapelier, la boutique existe depuis 1890, sa devanture et son intérieur sont restés identiques, ce qui fait tout son charme. Puis comme il faisait soif, nous sommes allés sur la place du Bareuzé, nous installer en terrasse pour boire une consommation. C’est bien reposé, que nous continuons notre périple, nous allons à l’église Saint-Jean, où se trouve la fabrique artisanale de pain d’épice, dont voici la présentation :

Fondée en 1796, la Maison Mulot et Petitjean est la dernière entreprise héritière des pains d’épiciers dijonnais du XIXe siècle. Dans cette maison, les valeurs et la tradition se transmettent de pères en fils et en filles.
 Spécialisée dans la fabrication du pain d’épices, elle veille à cultiver le secret de fabrication de ses produits, à respecter les recettes d’origine et le savoir-faire des hommes : une partie de la production s’effectue toujours à la main. 
Elle décline le Pain d’épices sous toutes ses formes : nonnettes, glacés minces, pavé, pain d’épices en accompagnement de café… La Maison travaille aussi en partenariat avec de grands noms, sur la recherche et le développement de recettes créatives et innovantes. 
Mulot et Petitjean perpétue la tradition du véritable Pain d’Epices de Dijon.

Nous sommes invités à écouter l’histoire du pain d’épice, sa fabrication et sa dégustation. Ensuite, nous passons au magasin, pour faire nos emplettes. Tout comme la moutarde et l’époisses, le pain d’épice est fabriqué à différentes saveurs.
 Nous reprenons note bâton de pèlerin, nous prenons la direction de la place saint-bernard, celui de cîteaux, où nous sommes attendus au comité AVH de Dijon. Sur la place saint-bernard, Se dresse sa statue, et le tramway y a une station. Le comité AVH est établi, dans un immeuble du XVIII.me siècle, au rez-de-chaussée. Il a une centaines de mètres carrés, il est en rénovation et en mise en accessibilité.
C’est la présidente Marie-Claude Brenot qui nous accueille, nous profitons de l’occasion pour faire un débriefing de la semaine écoulée, puis nous prenons le pot de l’amitié.
 Ensuite, nous regagnons notre hôtel à pied, nous partageons le dernier repas ensemble, après lequel au bar, nous essayons de refaire le monde. Comme nous n’y arrivons pas, nous montons aux chambres, pour faire nos valises.

Jour 8 : C’est le départ de Dijon, tout le monde quitte l’hôtel, au fil de la matinée, suivant les destinations de chacun, la gare est juste en face l’hôtel, ça facilite la chose. Pour notre part, notre TGV quitte Dijon à 11 heures 22, et nous achemine à Montpellier en 3 heurs 34, je suis aussi précis que la SNCF.

Pour conclure, ce fut pour moi un retour aux sources, étant natif du Jura, j’ai beaucoup fréquenté Dijon et la Bourgogne sportivement, militairement, professionnellement et médicalement. Que de souvenirs, les mauvais sont oubliés, les bons sont gravés à vie. Le paysage bourguignon n’a réellement pas changé, mais Dijon s’est métamorphosée, en bien, quel bonheur de déambuler, aujourd’hui dans Dijon, en empruntant les rues piétonnes. Le séjour proposé par l’AVH a été très bien dosé, nous le devons à Chantal du comité AVH de Dijon, qui en collaboration avec Gérard Gaultier, ont bien choisi les spécificité à découvrir en côte-d’OR. Petit bémol, il est très difficile pour un DV de visiter un site de production, le bruit ambiant, nous empêche d’entendre les explications des guides, comme au Cassissium et à la fabrique des bonbons à l’anis. Sinon quel régal, toutes les visites sans audioguide, de véritables guides, c’est vraiment le pied. Nous avons eu la chance d’avoir Daniel comme chauffeur, en plus de sa bonne conduite au volant, il n’était pas avare de descriptions et d’explications des paysages traversés et des personnages qui y ont vécu. Que dire des accompagnateurs qui nous ont supporté le jour et la nuit, ils ont été géniaux, les Michèle, Andrée, Anne, Gérard et Philippe. Nous avons eu de la chance aussi, de pouvoir lors de nos découvertes d’être accompagnés, par des bénévoles du comité AVH de Dijon, qui ont été tous supers, nous le devons au relationnel de la présidente du comité AVH de Dijon, Marie-Claude Brenot. Si le séjour c’est excellemment passé, c’est grâce aussi à nous, nous étions un groupe formidable. Bon tout est dit, je vous dit à plus, lors d’une nouvelle escapade.

Michel Michelland

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