Séjour en Normandie du 1 août au 12 août 2014

C’est en gare de Montpellier que débute notre périple, tout comme Napoléon en 1815, ou Lattre de Tassigny en 1944, après leur débarquement en Provence, il nous faut remonter la vallée du Rhône. Puis comme l’empereur déchu remonter sur Paris pour rejoindre la Normandie. Nous ferons une halte à Massy, puis nous rejoindrons le pays de Bray en voiture, le lendemain.

Jour 2 : De Massy, nous devons rejoindre l’autoroute A13, nous contournons Vilacoublay, Vélizy, Versailles pour atteindre le carrefour de Rocquencourt et l’autoroute A13. Nous prenons la direction de Rouen, la capitale de la haute Normandie.
Par l’autoroute nous traversons la forêt de Marly-le-Roi, puis le territoire de Saint-non la Bretèche. Nous voici à la hauteur de Flins, de Poissy, de porche-ville et sa centrale hydro-électrique sur la seine, qui produit de l’électricité propre. Nous sommes en vue de Mantes-la-Jolie, nous passons la sortie de Vernon, qui par l’ancienne RN13 conduit à Cherbourg via Evreux, Lisieux, Caen, Isigny-sur-mer, Carentan, Sainte-Mère église puis Cherbourg. Le temps s’assombrit quelque peu à l’approche de Gaillon, nous longeons toujours la Seine, nous voici aux abords de Giverny si apprécié des peintres dont Claude Monet.
Monet (Claude) (Paris, 1840 – Giverny, Eure, 1926), peintre français; chef de file de l’impressionnisme. En compagnie de ses amis Renoir, Sisley, Bazille, il découvre le paysage (v. 1863), met au point une nouvelle technique pour capter le jeu de la lumière et les apparences fugitives de l’instant, posant les couleurs par touches distinctes. Son tableau Impression, soleil levant, peint en 1872 et exposé en 1874, donne son nom au mouvement. Séries de la Gare Saint-Lazare (1876-1878), des Peupliers et des Meules (1890-1891), de la Cathédrale de Rouen (1892-1894), des Nymphéas (à partir de 1900).
Nous approchons de la banlieue de Rouen, nous sommes à Cléon, où est implantée l’usine Renault qui fabrique les boîtes de vitesse de la firme au losange et pour bien d’autres marques automobiles. Nous sommes sous un déluge de pluie, nous contournons Rouen, pour ne pas se mêler à la file des campings cars et caravanes qui cherchent leurs chemins.
Il nous faut rejoindre l’A28, qui relie Rouen à Boulogne-sur-mer, pour rejoindre le pays de Bray où nous allons séjourner pendant quelques jours. Il est près de 19 heures qu’en nous arrivons à bon port, nous sommes toujours sous la pluie et le ciel est bien bouché.

Jour 3 : Nous nous rendons à Poses, qui se situe à une vingtaine de kilomètres en amont de Rouen, dont voici la présentation :
Poses est une commune française située dans le département de l’Eure en région Haute-Normandie. La commune compte 1165 habitants, elle s’étend sur 7 kilomètres carrés et s’étale entre 8 et 12 mètres d’altitude.
 La commune de Poses se situe à l’intérieur d’une boucle de la Seine, exclusivement sur la rive gauche, au niveau du confluent avec l’Andelle, petite rivière de la rive droite. Elle est limitrophe des communes de Les Damps vers l’aval, de Tournedos-sur-Seine vers l’amont, et de Léry vers l’intérieur des terres.
 Le site est surplombé, de l’autre côté de la Seine par la côte des Deux-Amants qui s’élève sur plus d’une centaine de mètres jusqu’au plateau du Vexin. La commune elle-même ne dépasse pas une dizaine de mêtres au-dessus du niveau du fleuve.
 La commune d’Amfreville-sous-les-Monts, sur l’autre rive de la Seine, est reliée à Poses par une passerelle piétonne qui emprunte l’important barrage sur la Seine et son jeu d’écluses. Bien qu’administrativement rattaché majoritairement à cette commune, le barrage est le plus souvent appelé barrage de Poses, sa vraie dénomination étant barrage de Poses-Amfreville.
 Le village de Poses est très marqué par son passé fluvial et très ancré dans la culture marinière et batelière. Des bateaux-musées, le Midway et le Fauvette, retracent ce passé très présent. Le village abrite de nombreux mariniers en retraite et l’on dit même que ce village a été fondé par des pêcheurs.
 La particularité singulière de ce village est qu’il pourrait devenir une île en cas de crue incontrôlée de la Seine. En effet, l’urbanisation ne s’étant développée qu’en bordure de la boucle de la Seine, tout l’arrière-pays agricole a été, au cours des années 1960 à 2000, grignoté par des exploitations de graviers de construction ou ballastières, aussitôt envahies par les infiltrations de la nappe phréatique de la Seine et générant d’immenses lacs. La réunions de ces plans d’eau a permis la création du lac des Deux-Amants, l’un des plus grands lacs d’Europe, exploité par la Base régionale de Plein Air et de Loisirs de Léry-Poses qui accueille près de 150000 personnes par an, ainsi qu’un bassin d’aviron.
 D’autre part, la présence du barrage sur la Seine, qui génère une différence de niveau de près de 6mètres au niveau de la commune, cause un danger de détournement des eaux de la Seine qui couperait alors totalement le village de ses accès à la terre ferme. Un canal, visible sur la carte de Cassini, n’a jamais été creusé.
 La centrale hydro-électrique sur le barrage de Poses, et qui possède une « passe à poissons » où a été aménagée une chambre d’observation sous-marine ouverte au public (selon les périodes).
 La base de loisirs de Léry-Poses.
 Poses, est le village du ski nautique qui se pratique sur la Seine. Le Cercle Nautique Rouen-Poses a abrité des champions d’Europe, dont le fils de Guy Leprince, ancien président de la FFSN et Patrice Martin qui y a effectué à neuf ans sa première compétition.
 Regroupés dans le musée de la batellerie, la péniche Midway et le Fauvette retracent l’histoire de la batellerie sur la Seine. Le Fauvette, remorqueur fluvial de 1928, est classé monument historique.
Nous nous garons tout près des écluses fluviales, nous traversons le complexe des écluses en empruntant la passerelle réservée aux piétons. Sous la passerelle, sur la rive gauche de la Seine est établie une centrale hydro-électrique, puis nous passons au-dessus d’une échelle à poissons, qui leur permet de remonter la Seine. Nous surplombons ensuite la petite et la grande écluse, qui malgré que nous soyons dimanche, des péniches et des barges en convoi passent les bassins pour rejoindre Rouen ou Paris. Les écluses de Poses sont les dernières écluses avant de rejoindre le port du Havre, la prochaine écluse en amont se situe à Mantes-la-Jolie. Nous atteignons la rive droite de la Seine, nous sommes accueillis par l’accordéon, qui accompagne les danseurs qui guinchent à la guinguette située en bord de seine.
Il fait un temps très agréable, nous retraversons la seine par la passerelle, puis nous la remontons en longeant la petite route qui est bordée de superbes maisons. Sur la rive en face, nous pouvons admirer la colline des 2 amants, sur laquelle sont tracés des sentiers de randonnées qui permettent d’accéder à son sommet. Nous passons devant une auberge en bord de seine, puis devant le Midway et le Fauvette, les 2 bateaux musées de la batellerie. La seine se sépare en 2, une île boisée sépare la seine navigable, du bras que nous continuons à longer, il fait la joie des petites embarcations. Nous arrivons dans une petite partie boisée que nous traversons, elle débouche sur le site de loisirs de Poses-Léry, où l’on peut s’adonner à toutes les activités nautiques, un immense camping y est implanté. Nous retrouvons la Seine, elle offre un superbe plan d’eau, où les bateaux tirent des skieurs nautiques. Nous sommes à présent sur une superbe prairie, elle sépare de splendides propriétés de leurs pontons d’embarcation, où sont amarrés de magnifiques bateaux. Nous profitons du cadre merveilleux qui nous est offert pour nous pauser sur le bord de seine sous un soleil radieux. Ensuite nous décidons de rebrousser chemin, nous redescendons donc la Seine, jusqu’au parking situé en contre bas de la passerelle qui surplombe les écluses de Poses et de la centrale hydro-électrique. Arrivés au véhicule, notre podomètre indique 11 kilomètres.

Jour 4 : Nous allons découvrir le pays de Bray, nous prenons la direction de Neufchâtel-en-Bray :
Le pays de Bray est une région naturelle de France du Nord-Ouest de la France. À cheval sur les départements de Seine-Maritime et de l’Oise, il constitue une bande d’une dizaine de kilomètres de large s’étirant sur environ quatre-vingts kilomètres entre Neufchâtel-en-Bray et Beauvais. Créé à partir de l’érosion d’un anticlinal, c’est une région de bocage, qui se caractérise par son sol argileux, favorable aux herbages pour l’élevage bovin laitier. La partie du pays de Bray située en Seine-Maritime est le Bray normand. La partie qui est dans l’Oise appartient quant à elle historiquement au Beauvaisis; elle est appelée Bray picard.
 Sur le plan géologique, le pays de Bray correspond à un anticlinal érodé du Bassin parisien, sorte de pli étroit au centre d’un vaste plateau calcaire formant la Picardie au nord, le pays de Caux à l’ouest, le Thelle et le Vexin au sud-est. Le soulèvement d’origine (de 5 à 600mètres d’altitude) a été abaissé par l’érosion, mettant à découvert les couches argileuses dans une région en forme elliptique, qui lui a valu le nom de «Boutonnière du pays de Bray», bordée par des escarpements formant deux sortes de « lèvres », côtes ou cuestas crayeuses de 60 à 100m de dénivellation.
 Certaines argiles du pays de Bray, appelées localement «terres à pots» (le terme «argile», en picard, étant réservé à une terre argileuse servant à préparer le torchis), sont à l’origine d’une industrie millénaire de la poterie usuelle dans le Bray picard, situé en Beauvaisis. D’autres parties du Bray présentent des buttes de sable sur socles de grès ferrugineux, où pousse la forêt. Citons comme exemple la forêt du Haut Bray, à l’ouest de Beauvais, à la flore caractéristique. Entre autres, il y pousse des «abrets» (myrtilles). Le Haut Bray, grâce à sa géologie, a la double particularité d’avoir produit à la fois un artisanat de la poterie et une végétation exceptionnelle dans un paysage rare. Le point le plus haut du pays de Bray et de la Seine-Maritime se situe sur la commune de Conteville au sud-est de Neufchâtel-en-Bray avec une altitude de 247m.
 Le plus haut point dans l’Oise se situe au sommet du bois de Courcelles, à 240m, commune de Savignies. C’est aussi le plus haut point du département de l’Oise.
 Le pays de Bray est riche de sources et de nombreux cours d’eau y naissent, notamment l’Epte et l’Andelle, affluents de la Seine, et la Béthune, la Varenne et l’Eaulne, affluents de l’Arques, petit fleuve côtier tributaire de la Manche. L’Avelon, qui se jette dans le Thérain à Beauvais (Oise), prend aussi sa source dans le pays de Bray. Il existe par ailleurs des sources chaudes à l’origine de la vocation thermale de Forges-les-Eaux.
 L’habitat rural s’y caractérise par l’utilisation du torchis et, depuis le XIX.me siècle, de la brique, et de la tuile, qui a remplacé le chaume au début du XXe siècle, ainsi que l’ardoise d’Angers. Les maisons brayonnes traditionnelles diffèrent des maisons cauchoises par le fait que le torchis et un lait de chaux, surtout dans la partie du pays de Bray picard, recouvrent souvent les colombages, à l’exception des poutres maîtresses. La brique, mais aussi la pierre, le silex, la tuile et l’ardoise étaient employées couramment depuis la fin du Moyen Âge pour l’édification des fermes seigneuriales, des gentilhommières, des châteaux et des églises.
 Les principales villes du pays de Bray sont Neufchâtel-en-Bray, Forges-les-Eaux et Gournay-en-Bray, en Seine-Maritime, Auneuil dans l’Oise. C’est avant tout une région agricole. Elle produit notamment trois AOC: le fromage neufchâtel, le calvados et le pommeau de Normandie. C’est également dans le pays de Bray, à Ferrières-en-Bray, qu’a été inventé dans les années 1850 le petit-suisse, fromage frais qui fit la fortune de la société Gervais (dont le fondateur Charles Gervais était brayon), devenue Danone. À la fin du XXe siècle, un fromage local du Beauvaisis a été recréé sous le nom de «Bray picard», et deux autres sous le nom de «tomme au foin» et «tomme au cidre». Le pays de Bray est, en effet, producteur de cidre, et aussi de poiré.
 Le pays de Bray picard, dans l’Oise, qui appartient au Beauvaisis, a une longue tradition de poterie, céramique, brique et tuile. Les communes de Savignies, Lachapelle-aux-Pots, Saint-Germain-la-Poterie et Saint-Paul sont au cœur de cette industrie, qui, à la fin du Moyen Âge déjà, exportait ses poteries utilitaires jusqu’en Angleterre et au-delà du Rhin. Au XXIe siècle, demeure la poterie d’art, notamment à Savignies et Saint-Paul. Le Musée départemental de l’Oise, à Beauvais, possède une remarquable collection de poteries du Bray picard. Le Groupement de recherches et d’études de la céramique du Beauvaisis (GRECB), dont le siège est à la Maison Gréber de Beauvais, a publié de nombreux articles et ouvrages sur le sujet.
 La fabrication de la tuile est très développée dans le pays de Bray picard. La tuile dite « de Saint-Germain » (Saint-Germain-la-Poterie, Oise) est réputée au XIXE siècle. Elle est remplacée au XXE siècle par la « tuile mécanique » des Tuileries de Beauvais, fabriquée à Saint-Paul. Cette tuilerie disparaît à la fin des années 1970. La tuile des Ets Huguenot Fénal la remplace alors. Elle est fabriquée à Saint-Germer-de-Fly. Ce qui est appelé localement « pavé » (carrelage) représente également une production importante du pays de Bray. Sa fabrication s’est développée sous le Second Empire. La fabrique d’Auneuil n’existe plus, mais la briqueterie d’Allonne, et l’usine de Saint-Samson-la-Poterie (Oise) ont pris un nouvel essor en ce début du XXIE siècle. Elles produisent du « pavé » traditionnel. Tout autant que la restauration d’ancien, ces établissements permettent de poser du « pavé » ou carrelage de qualité et très original dans les maisons actuelles
Nous nous garons aux abords du parc de Neufchâtel-en-Bray, il est très ombragé, ce qui est agréable, car le soleil est persistant. Le parc est sillonné par la Béthune, qui forme un lac au milieu du parc, nous en faisons le contour, puis nous découvrons une source qui est à sec au moment où nous l’abordons. Après un bon bol d’air, nous rejoignons la voiture, nous prenons la direction de la colline d’Amador, qui surplombe Mesnières et son château.
Nous sommes au pied de la colline, nous prenons la direction de son belvédère, où un superbe panorama, nous permet de contempler le pays de Bray et ses vallons. Ensuite, nous empruntons un chemin de randonnée qui permet d’accéder au sommet de la colline, nous sommes entourés de bosquets, de pâturages. Nous remontons un sentier encaissé, il nous conduit sur le plateau, où c’est le paradis du sapin, des grumes sont disposées le long de la petite route, elles attendent le camion grumier pour être transportées aux scieries locales. Après une brève pause, sur l’une des grumes, nous sommes surpris par la pluie, il nous faut nous encapuchonner, pour continuer notre circuit. Nous rejoignons le parking, en empruntant une petite route forestière, elle est très agréable, en plus elle descend. Arrivés au véhicule, par miracle la pluie cesse, c’est tout de même motorisé que nous rejoignons Mesnières-en-Bray :
Mesnières-en-Bray est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime en région Haute-Normandie, connue pour son château Renaissance. La commune compte 1000 habitants, elle s’étend sur 15 kilomètres carrés et s’étale entre 53 et 223 mètres d’altitude.
 Dans l’Antiquité, le site est traversée par une voie romaine. Au XIE siècle, Robert de Mesnières y construit une forteresse en bois, qui sera détruite par les Anglais au XVE siècle.
 le château de Mesnières, Renaissance, un véritable château de la Loire en Normandie. En février 2004, une partie du château a brûlé. 
la colline Saint-Amador, c’est un lieu qui domine la vallée de la Béthune et les paysages bocager du pays de Bray. Une table d’orientation y est installée, un parcours botanique a été aménagé sur ce site emblématique des pelouses calcicoles brayonnes.
 Plusieurs dizaines de kilomètres de chemins de randonnée balisés et régulièrement entretenus.
 L’Avenue verte: il s’agit de l’ancienne voie ferrée de Paris à Dieppe aménagée pour les déplacements non motorisés. D’une longueur de plus de quarante kilomètres, c’est le site idéal pour pratiquer la randonnée en toute sécurité. À pied, à vélo ou en rollers, chacun appréciera sa faible déclivité, sa piste en enrobé.
 Église Saint-Pierre-Saint-Paul.
Nous nous garons à proximité du château, il a fier allure, nous rejoignons la voie verte. Elle emprunte l’ancienne voie de chemin de fer, qui reliait Rouen à Dieppe, elle est aujourd’hui désaffectée, elle est transformée en voie pédestre et cyclable. A pied, à Mesnières-en-Bray, nous sommes à 15 kilomètres de Forges-les-eaux et à 34 kilomètres de Dieppe. Un abri de randonneurs est situé à proximité de la voie verte, c’est un pigeonnier du XVII.me siècle qui a été reconstitué. Ensuite, nous empruntons la voie verte en direction de Dieppe, nous longeons la Béthune qui se jette à Arques-la-Bataille dans l’Arques, qui se jette dans la Manche à Dieppe. Nous découvrons un lavoir qui a été reconstitué, il est le fruit de 3 anciens lavoirs, dont les pierres ont été récupérées, et la charpente est l’œuvre d’un chantier de réinsertion, qui a reconstitué une charpente identique à celle qui chapeautait les lavoirs auparavant. Nous continuons à cheminer en direction de Dieppe, nous sommes entourés de hautes haies, des troupeaux de chèvres et de moutons paissent au milieu d’immenses enclos. Une ancienne maison de garde barrière est en restauration, la Béthune s’écoule sur notre gauche, nous sommes surpris par la pluie, il nous faut rebrousser chemin. Arrivés au véhicule, le podomètre indique 12 kilomètres parcourus depuis ce matin. Nous reprenons la direction de Neufchâtel-en-Bray, où nous allons nous désaltérer, à la terrasse du café du musée.

Jour 5 : C’est sous un soleil radieux, que nous mettons le cap sur le pays de Caux. Nous résidons à Yquebeuf, c’est une commune en limite du pays de Bray, qui débute à Saint-Saëns situé à seulement quelques kilomètres. C’est à Saint-Saëns que nous rejoignons l’A29, qui relie Saint-Quentin au pont de Normandie au Havre. Nous sortons de l’autoroute à hauteur d’Yvetot, où nous nous dirigeons vers la côte d’Albâtre, qui s’étale sur toute la façade maritime de la Seine-Maritime, du Tréport au Havre via Dieppe, Veules-les-Roses, Saint-Valéry de Caux, Etretat et Fécamp . Le pays de Caux est une bande qui s’étend tout au long de la côte d’Albâtre sur une largeur de 30 kilomètres. Guy de Maupassant a très bien décrit cette région, dans ses nouvelles :
Maupassant (Guy de) (château de Miromesnil, Tourville-sur-Arques, Seine-Maritime, 1850 – Paris, 1893), écrivain français. Dirigé dans ses études et ses débuts littéraires par Flaubert (ami d’enfance de sa mère), qui lui apprit les exigences de l’esthétique réaliste, il porta l’art de la nouvelle à une perfection qui donne à son naturalisme et à son pessimisme un pouvoir de choc plus rarement atteint dans ses romans. Miné par la syphilis, il tenta de se suicider avant d’être interné en 1892 dans une maison de santé, où il mourut de paralysie générale. Ses trois cents contes et nouvelles, parus d’abord (à partir de 1878) dans des journaux et revues, furent, de 1881 à 1890, regroupés en des recueils: la Maison Tellier (1881), Mademoiselle Fifi (1882), Contes de la bécasse (1883), Toine (1885), le Horla (1887), le Rosier de Madame Husson (1888), etc. Boule-de-Suif a été publié, en 1880, dans le recueil collectif des Soirées de Médan. Romans: Une vie (1883), Bel Ami (1885), Pierre et Jean (1888), etc.
Nous traversons un village Grenouville, qui possède un beau château et une église qui n’a rien à lui envier. Sur notre gauche nous apercevons un champ d’éoliennes, nous passons Doudeville, qui est la capitale française du lin. Nous sommes vraiment au cœur du pays de Caux, dont voici la présentation :
Le pays de Caux est une région naturelle de Normandie appartenant au Bassin parisien. Il s’agit d’un plateau situé en Haute-Normandie, délimité au sud par la Seine, à l’ouest et au nord par les falaises de la Côte d’Albâtre, à l’est par les hauteurs dominant les vallées de la Varenne et de l’Austreberthe. Son territoire occupe toute la partie occidentale du département de la Seine-Maritime.
 Le nom du pays de Caux provient d’une tribu celte, les Calètes qui ont peuplé le territoire dès l’âge du fer. Il est conquis militairement en 56 av. J.-C. par les légions de Jules César avant d’être intégré à la Gaule lyonnaise par l’empereur Auguste. À la chute de Rome au V.me siècle, les éléments Francs qui s’y installent engendrent quelques bouleversements d’ordre culturel, un certain retour au paganisme — vite jugulé par le développement du monachisme voulu par les rois francs: abbaye de Saint-Wandrille (649), de Jumièges, de Fécamp (709) — et substituent le pagus à la civitas romaine, avant l’intégration de la région à l’Empire carolingien. Au IxE siècle, des Vikings pillent la région, puis s’y implantent en fondant le duché de Normandie en 911 qui va dès lors s’ouvrir aux influences nordiques. Intégré en même temps que le duché au royaume de France en 1204, le pays de Caux est particulièrement frappé par les effets de la Guerre de Cent Ans et des guerres de religion, les Cauchois comme les autres Normands s’étant convertis au protestantisme en grand nombre. Au XXE siècle, après le débarquement allié en Normandie, un bombardement massif ravage la ville du Havre en septembre 1944.
 Le pays de Caux est une région économiquement dynamique du fait d’une industrie pétrochimique très implantée et diversifiée, d’une agriculture intensive compétitive et de l’important ensemble portuaire havrais. La proximité de Paris, une forte identité, la présence de nombreux châteaux et manoirs, d’une architecture rurale particulière (clos-masures, colombiers) font de la région une destination touristiquement attractive. Les habitants du pays de Caux sont appelés Cauchois; le cauchois étant un dialecte important de la langue normande. Les villes principales sont Le Havre, Fécamp, Saint-Valery-en-Caux et Dieppe sur le littoral, Bolbec et Yvetot à l’intérieur des terres.
 Le pays de Caux se distingue du reste de la Normandie par ses caractéristiques géographiques et géologiques. Ces paysages, uniques en France, ont été façonnés par l’eau et les activités humaines.
 Le pays de Caux forme grossièrement un triangle à l’ouest du département de la Seine-Maritime, en Haute-Normandie. Il est bordé au nord et à l’ouest par la Manche. Mais à l’est, les limites sont plus floues et dépendent des auteurs. On admet généralement que le pays de Caux se termine à l’ouest de la forêt d’Eawy et de la forêt Verte ou sur l’interfluve entre la Varenne et la Scie. La boutonnière du pays de Bray, par ses altitudes plus élevées et par la nature de ses terrains, se différencie nettement du pays de Caux. On désigne par l’expression «Petit Caux» la région littorale située entre Dieppe et Le Tréport.
 La ville la plus au nord est Dieppe; l’extrémité sud-ouest est occupée par l’agglomération havraise. Ces deux cités sont des sous-préfectures. Enfin, la vallée de la Seine marque la limite méridionale du pays de Caux.
 Les hautes falaises de craie, qui constituent l’essentiel du littoral, et la Seine ont, par le passé, représenté des obstacles naturels aux transports et aux communications, si bien que le territoire cauchois est longtemps resté relativement enclavé (voir le paragraphe sur les transports).
 Le pays de Caux est un vaste plateau sédimentaire à la surface légèrement ondulée. Il s’élève doucement vers l’est, passant de 100 à 180mètres d’altitude. Il se termine par le plus bel ensemble de hautes falaises en France, qui atteignent les 110 mètres de hauteur au Cap Fagnet, à Fécamp. Ce sont de véritables murs verticaux de craie et de silex.
 Le plateau cauchois appartient à l’ensemble géologique du bassin parisien, formé à l’ère secondaire. Le sous-sol est constitué d’une grande épaisseur de craie, pouvant mesurer jusqu’à 200mètres de profondeur. Il est couvert d’une couche d’argile à silex et d’un limon fertile. Dans quelques secteurs, on peut trouver des placages datant de l’époque éocène, notamment entre Saint-Valery-en-Caux et Dieppe (sables, grès, argiles inhabituels pour la région). Il faut signaler la présence de quelques accidents tectoniques: anticlinal de Villequier et de Yerville, faille de Fécamp, qui sont somme toute peu visibles aujourd’hui.
 Le plateau du pays de Caux est entaillé par des vallées et des vallons tapissés d’alluvions et de sédiments: les vallées humides, désignées ainsi car elles sont parcourues par un fleuve ou une rivière, possèdent un fond plat et large de quelques centaines de mètres. Elles s’ouvrent sur la Manche au nord ou sur la Seine au sud. Elles sont plus nombreuses et plus longues au nord (vallées de Scie, de la Saâne, du Dun, de la Durdent, de la Valmont, etc.). Les versants exposés au sud ont une pente plus raide et sont en général plus boisés.
 Les vallées sèches et les valleuses coupent également le plateau de craie: on les trouve à Yport, Étretat, Saint-Valery-en-Caux… Elles n’ont pas d’écoulement en surface[1] et sont peu peuplées, sauf à leur embouchure. Les versants sont boisés car la craie affleure à cause de l’érosion: il est donc impossible de pratiquer l’agriculture. Certaines valleuses sont «suspendues» à cause du lent recul de la falaise: elles ne permettent pas d’accéder directement à la plage. Les hommes y ont parfois aménagé des escaliers ou des échelles pour descendre (valleuse d’Életot par exemple).
 Le chemin de fer arrive au Havre et à Dieppe au milieu du XIXE siècle. Sous le Second Empire, Dieppe devient un lieu de villégiature. D’autres stations balnéaires connaissent un relatif succès: Étretat, Veules-les-Roses, Sainte-Adresse se couvrent de villas. On y aménage des casinos et des établissements de bain. La spéculation foncière va bon train sur le littoral mais aussi dans la campagne cauchoise, qui reçoit des investissements rouennais et parisiens. Les impressionnistes séjournent sur le littoral et peignent les plages de la côte d’Albâtre. En 1870, le pays de Caux est envahi par les Prussiens: Bolbec et Dieppe sont occupées.
 Pendant la Première Guerre mondiale, le pays de Caux sert de base arrière pour le front situé plus au nord. Le gouvernement belge s’installe à Sainte-Adresse. En 1918, la part des soldats cauchois morts au combat est plus importante que la moyenne nationale : les villes et les bourgs érigent des monuments aux morts. Dans l’entre-deux-guerres, le développement industriel de la Basse-Seine accentue l’exode rural.
 Avec l’occupation allemande en 1940, la population est réquisitionnée pour construire le mur de l’Atlantique dont il reste de nombreux vestiges sur la côte (stations de Sainte-Adresse, de Fécamp et de Dieppe). Le pays de Caux est soumis aux bombardements aériens alliés et à une forte répression nazie.
 Les Trente Glorieuses sont marquées par des mutations économiques et sociales: dans l’agriculture, la mécanisation progresse et l’élevage se renforce, ce qui introduit des mutations dans les paysages ruraux. L’arrivée des textiles artificiels achève le déclin des filatures traditionnelles. La concurrence étrangère affecte la construction navale.
 Les constructions utilisent les matériaux régionaux, principalement le bois de chêne et/ou de hêtre pour les poutres qui servent également à réaliser les meubles, le chaume qui sert à couvrir les toits mais qui devient de plus en plus rare, et l’argile qui sert à la fabrication des briques et des tuiles.
 Le grès était une des principales pierres de construction avec le calcaire, qui était l’un des matériaux de construction des édifices religieux dans le canton de Fécamp. On trouve aussi le silex et le galet qui entrent dans la construction des maisons, des églises mais aussi des épis, des digues et d’autres aménagements littoraux. Les gisements de galets ont été surexploités entre 1885 et 1985, date de l’arrêt officiel du ramassage. Les galets étaient également utilisés dans les machines à broyer.
 La construction traditionnelle du pays de Caux qui illustre le mieux l’utilisation de matériaux régionaux est le clos-masure. Il s’agit d’une habitation, le plus souvent une ferme, entourée d’une ou de deux allées d’arbres plantés sur un talus (ces plantations ont pour but de protéger des vents importants qui soufflent dans la région).
 Le pays de Caux compte un nombre important de manoirs. Un manoir est la demeure d’un seigneur, en principe non fortifiée. Après la guerre de Cent Ans, les maisons seigneuriales n’ont plus besoin de remparts et de tours. Les progrès de l’artillerie rendent caducs les ouvrages de fortification. La paix et la prospérité retrouvées après 1450 donnent la possibilité de reconstruire des manoirs qui utilisent les matériaux locaux (silex, calcaire) et se laissent influencer par la Renaissance. Les propriétés sont en général entourées par un talus (sur le modèle du clos-masure) ou par un mur. L’accès se fait par une entrée encadrée par deux piliers polychromes et ouvragés, ou encore par des piliers de barrière.
 La plupart des manoirs normands disposent dans leur cour d’un colombier. D’après l’analyse des historiens locaux, on recense 635 colombiers dans les arrondissements de Dieppe, du Havre et de Rouen. La majorité sont circulaires et en dur. Les plus rares sont polygonaux et à colombages. Les pigeons étaient élevés pour leur chair et pour la colombine qui servait d’engrais. Cet édifice était surtout un attribut de la noblesse: les armoiries du seigneur pouvaient ainsi orner la porte du colombier. Le droit de pigeonnier est aboli dans la nuit du 4 août 1789.
 On trouve aussi un nombre important de maisons de maître. Bâties au XIXE siècle en briques dans le bourg ou le chef-lieu de canton, ces dernières prennent la forme d’un pavillon à la façade symétrique. Le toit à forte pente est en ardoise, qui arrive en même temps que le chemin de fer, dans la deuxième moitié du XIXE siècle. La porte d’entrée, vitrée et protégée par une grille ouvragée, est surmontée d’une marquise.
 Les autres habitations sont des maisons modestes pouvant être réparties en trois catégories: Les longères sont des maisons de plan longitudinal dont la chaumière est l’exemple le plus connu. Elles comportent souvent un escalier extérieur, possèdent un toit à forte pente, traditionnellement en chaume et chaque pièce s’ouvre directement sur l’extérieur par une porte.
 Les maisons de pêcheurs tournent le dos à la mer ou sont perpendiculaires à la route. Les murs sont en silex taillé, en galet ou en brique, la cour possède un puits à marée. Dotées d’un toit de chaume puis d’ardoises, les maisons de pêcheurs mitoyennes peuvent former de véritables corons maritimes, comme à Fécamp.
 Les villas balnéaires: construites au XIXE siècle et au début du XXE siècle, elles font face au rivage et suivent la mode de l’éclectisme.
 Le pays de Caux est une région de grande religiosité, cette particularité ayant peut-être pour origine la présence de nombreuses abbayes qui possédaient jusqu’à la Révolution française la majorité des terres de la contrée. Mais la tradition catholique a persisté, sauvegardée par les habitants des campagnes et les marins qui sont restés très pratiquants. De cette tradition, il subsiste de nombreux édifices religieux particuliers à la région comme des églises paroissiales, des chapelles, des croix, des léproseries et des sanctuaires.
 Le village cauchois est situé au carrefour de plusieurs routes ou le long d’une voie (il s’agit alors d’un village-rue comme Yport, Saint-Aubin-Routot, Bec-de-Mortagne, etc). Le centre du village est occupé par une place appelée «carreau», en raison de sa forme carrée ou rectangulaire. C’est en ce lieu que se sont implantés la halle aux grains, le café, que se déroulent le marché hebdomadaire et les foires (Gonneville-la-Mallet par exemple). La mairie, qui faisait également office d’école communale, peut se trouver sur une autre place, de même que l’église.
 Le style d’architecture cauchois a été adapté au bâtiment de travail que l’on peut trouver aussi dans les autres régions tel que les fours à pain, les charreteries, les écuries, les étables, les bergeries, les porcheries, les celliers, les courtils et les granges à battière.
 Le pays de Caux est une région agricole prospère grâce au climat océanique et aux sols limoneux. Il est cependant parfois nécessaire de rajouter de la marne sur certaines parcelles. Les engrais chimiques et les pesticides viennent polluer la nappe phréatique et les cours d’eau. L’espace rural est grignoté par la rurbanisation essentiellement autour des agglomérations havraise et dieppoise. Aujourd’hui, les agriculteurs cauchois pratiquent la polyculture; le blé, le maïs, le lin, la pomme de terre, la luzerne, la betterave à sucre, le colza sont les principales cultures. Le pays de Caux demeure la première région productrice de lin en France. Cette plante textile est déjà réputée au Moyen Âge et est travaillée dans des ateliers domestiques avant l’âge des filatures industrielles. Actuellement, le principal importateur de lin cauchois est la Chine. La betterave à sucre est la principale culture industrielle. L’élevage bovin pour le lait est également important, alors que l’élevage ovin, autrefois très développé, est actuellement assez réduit.
 Les industries se localisent essentiellement dans les vallées et plus particulièrement dans celle de Seine mais on trouve aussi à l’intérieur des terres des industries agroalimentaires dont des sucreries, des distilleries et des laiteries (Senoble à Gruchet-le-Valasse).
 Personnalités cauchoises
Famille de Pardieu
Jean de Béthencourt, explorateur et conquérant des îles Canaries, né en 1360 à Grainville-la-Teinturière et mort dans ce village en 1425;
 Jean Ango, né et mort à Dieppe (1480-1551), armateur sous le règne de François Ier;
 André Raimbourg dit Bourvil, artiste de music hall, humoriste et acteur, né le 27 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare, décédé le 23 septembre 1970 à Paris;
 Adrien Victor Auger, peintre né à Saint-Valery-en-Caux en octobre 1787;
 Louis-Hyacinthe Bouilhet, écrivain, ami de Flaubert, né à Cany le 27 mai 1822 et mort à Rouen le 18 juillet 1868;
 Dominique Noguez, écrivain né le 12 septembre 1942 à Bolbec, prix Femina 1997;
 Fabien Canu, judoka.
Nous traversons Sainte-colombe, nous sommes au royaume de la pomme de terre et du lin, de vastes étendues leur sont consacrées. Nous approchons de Saint-Valéry en Caux, que nous allons découvrir à pied, en voici la présentation :
Saint-Valery-en-Caux est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime en région Haute-Normandie. Ses habitants se nomment les valeriquais. La commune compte 4374 habitants, elle s’étend sur 10 kilomètres carrés et s’étale entre 0 et 80 mètres d’altitude.
 Situé sur le littoral du pays de Caux, à environ 60km au nord de Rouen, Saint-Valery-en-Caux est le chef-lieu d’un canton de l’arrondissement de Dieppe. Saint-Valery-en-Caux se trouve à 30km de Dieppe et de Fécamp et à une dizaine de kilomètres de la centrale nucléaire de Paluel qui se situe plus précisément au lieu-dit Conteville.
 C’est une petite station balnéaire équipée d’un port, d’une médiathèque, d’un centre culturel (Le Rayon Vert), d’une piscine (piscine du Littoral), d’un casino avec cinéma et night-club. Elle possède également une église du Moyen Âge, un clocher (le clocher Saint-Léger), un cloître (le cloître des Pénitents) et une chapelle.
 Maison dite de Henri IV.
 Le nom de Saint-Valery-en-Caux apparaît pour la première fois dans un document datant de 990, selon la charte dans laquelle Richard Ier, Duc de Normandie, octroie une partie de ses biens personnels à l’abbaye de Fécamp. Cette charte a aujourd’hui disparu, mais une copie du XII.me siècle est actuellement conservée à la bibliothèque municipale de Rouen. Cette citation confirme l’existence de la ville à la fin du X.me siècle, mais le mystère demeure sur l’époque à laquelle lui fut donné ce nom. La légende de la création de la ville dit qu’elle aurait été fondée au VIIE siècle lorsque l’évangélisation des campagnes se développe sous l’impulsion des rois Francs. Ainsi, Walaric[1] fondateur du monastère de Leuconaüs (Saint-Valery-sur-Somme), fut appelé «l’apôtre des falaises» en portant la bonne parole sur tout le littoral. Selon la même légende, il aurait fondé un prieuré au fond de la vallée de Néville, là-même où sera plus tard construite l’église de Saint-Valery-en-Caux. La population des alentours se fixa autour de ce prieuré afin de suivre la pratique du culte, donnant ainsi naissance à la ville.
 Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement le nom de Port-le-Pelletier.
 Le centre-ville fut presque entièrement détruit par les bombardements lors du siège de la ville, du 10 au 12 juin 1940. En effet, dès le 10 juin, la 7e Panzerdivision menée par Rommel perce jusqu’à la Seine les positions du 9e corps d’armée français du général Ilher ainsi que de la 51e Highland division du général Fortune, et les isole. Rommel, devinant l’intention des Alliés de s’embarquer pour l’Angleterre fait encercler Fécamp le 10 juin. Par ses tirs d’artillerie, il oblige la Navy à s’éloigner: deux de ses navires sont endommagés. Les troupes alliées se replient sur Saint-Valery-en-Caux, dernier port de la poche. Le 11, Rommel fait pilonner la ville et le port de Saint-Valery-en-Caux. Le général Berniquet, commandant la 2e DLC (Division Légère de Cavalerie) y perd la vie. Lors de cette journée, les Alliés opposent une résistance tenace, afin de pouvoir embarquer un maximum de troupes dans l’hypothèse de l’arrivée de la Royal Navy. Un épais brouillard empêche tout embarquement de nuit. Au matin du 12 juin, le patrouilleur français le « Cérons » engage un duel avec les canons allemands juchés sur la falaise d’amont de Saint-Valery. Après avoir détruit deux canons de 105 mm allemands, le patrouilleur est détruit. Rommel accepte la reddition du général Ilher en début de soirée sur la place détruite de la ville.
 La 7e Panzer a dû mobiliser tous ses moyens pour réduire la défense franco-écossaise mais est récompensée par la prise de douze généraux alliés dont Ilher et le major-général Victor Fortune commandant la 51e Highland division. En outre, entre douze mille et vingt-six mille soldats, dont au moins huit mille Britanniques, une centaine de canons, cinquante-huit blindés légers et trois cent soixante-huit mitrailleuses, ainsi que des milliers de fusils et de camions sont capturés par l’armée allemande. À la suite à la bataille de Saint-Valery, Rommel écrira à sa femme:
 «Très chère Lu,
 Ici, la bataille est terminée. Un commandant de corps d’armée et 4 commandants de division se sont présentés à moi aujourd’hui sur la place du marché de Saint-Valery, contraints par ma division à se rendre. Moments merveilleux!»
—Erwin Rommel, 12 juin 1940.
 Saint-Valery-en-Caux sera libérée par les Alliés le 11 septembre 1944.
 Le 17 janvier 1945, suite à une panne du système de freinage, un train transportant des soldats de l’armée américaine ne parvient pas à s’arrêter et traverse la gare terminale de Saint-Valery. Le bilan est lourd: 89 soldats américains sont tués et 152 sont blessés.
 C’est à Saint-Valery-en-Caux qu’a été installé en 2000 le relais français du câble sous-marin de communication transatlantique TAT-14[6]. À ce titre, le site est considéré comme d’importance stratégique et vital pour les États-Unis selon un document secret émanant des révélations de télégrammes de la diplomatie américaine par WikiLeaks.
Nous nous garons près du port de plaisance, nous flânons sur les quais, puis nous parcourons la digue, pour aller prendre un bon bol d’air marin à son extrémité. Ensuite, nous gravissons la colline, qui surplombe le port de Saint-Valéry de Caux, en empruntant des marches d’escalier et un petit sentier. Un monument commémore la bataille de Saint-Valéry de Caux, où un bon nombre de soldats écossais ont laissé leur vie. Le mémorial fait face à la mer, il est très fleuri, de petites croix en bois très minces éphémères, sont disposées autour de l’imposant monument. Au sommet de la colline est située une esplanade, sur laquelle est érigé un monument qui commémore, le passage de Bellonte et de Coste, en 1930. Lors de la première liaison aérienne entre Paris et New York, c’est ici même qu’ils ont quitté la France, pour affronter la traversée de l’Atlantique.
Maurice Bellonte Méru, Oise, 1896 – Paris 1984 Aviateur français. Il effectua avec Dieudonné Costes la première liaison aérienne Paris-New York (1er – 2 septembre 1930, à bord du Breguet 19.
Voici une présentation de la Manche :
La Manche (en anglais, English Channel; en breton, Mor Breizh; en cornique, Mor Bretannek) est une mer épicontinentale de l’océan Atlantique, située dans le nord-ouest de l’Europe, et qui s’étend sur une superficie d’environ 75000km2; longue de 500 kilomètres, large de 250km (au maximum) et profonde de 172 mètres en son point le plus bas avec une valeur moyenne de 54mètres. La Manche orientale constitue avec sa partie septentrionale, le pas de Calais, l’une des zones maritimes les plus fréquentées du globe. L’eau de cette zone est, en raison des courants parmi les plus importants au monde, très turbide, tout en restant oxygénée.
 Le bras de mer qui sépare la Grande-Bretagne de l’Europe continentale a, dit-on, été nommé Manche britannique par métaphore avec le nom commun manche qui désigne la pièce de vêtement dans laquelle s’enfile le bras. Bien qu’en 1768, Antoine-Augustin Bruzen de La Martinière répertorie dans son grand dictionnaire géographique, historique, et critique, plus de quinze Manches, l’usage va tout au long des siècles suivants restreindre le mot à la simple dénomination de la Manche britannique, les autres bras de mers étant appelés détroit et canal en fonction de leur taille.
Saint-Valéry en Caux se situe entre Fécamp et Dieppe, depuis le haut de la colline, nous avons un excellent panorama sur la côte d’Albâtre. Nous foulons quelque peu la colline qui surplombe la mer de ses falaises. Puis nous redescendons sur le port, en empruntant un chemin qui serpente au milieu de maisons d’habitations. Arrivés sur le port, nous rejoignons le véhicule pour continuer notre circuit, nous remontons la côte d’Albâtre en direction de Dieppe. Sur notre gauche, nous avons la mer et sur notre droite, nous distinguons un parc d’éoliennes. Au-dessus d’une falaise qui surplombe la mer, nous apercevons un champ de panneaux solaires. Aujourd’hui ils doivent capter au maximum, car le soleil est fringuant. Nous approchons de Veules, les-roses, qui est notre prochaine destination, dont voici la présentation :
Veules-les-Roses est une station balnéaire et une commune française, située en bord de mer, dans le département de la Seine-Maritime en région Haute-Normandie.
 Ses habitants sont les Veulais. La commune compte 539 habitants, elle s’étend sur 5 kilomètres carrés et s’étale entre 0 et 79 mètres d’altitude. 
Veules-les-Roses est un village du littoral cauchois (côte d’Albâtre). Veules est baignée par la Veules, fleuve célèbre pour la faible longueur de son cours (1100m).
 C’est le plus petit fleuve de France.
 Veules est située à 7km de Saint-Valery-en-Caux, à 8km de Fontaine-le-Dun, à 18km de Doudeville, à 20km d’Offranville et à 26km de Dieppe.
 Dès 1840, une actrice de la Comédie-Française, Mademoiselle Anaïs, entraîne dans son enthousiasme le célèbre comédien Mélingue. L’écrivain Paul Meurice y reçoit à plusieurs reprises son ami Victor Hugo.
 Veules et ses environs ont ensuite été le lieu d’élection de plusieurs peintres russes au XIXE siècle, en particulier Alexeï Bogolioubov (qui découvre la Normandie en 1857), Ilya Repine, Vassili Polenov, Konstantine Savitski, Alexeï Harlamov et Karl Goun.
 Veules subit l’avancée destructrice de la Panzerdivision de Rommel les 11 et 12 juin 1940 touchant surtout le front de mer.
 À Veules, la pêche a été une activité importante durant les décennies passées. Des pêcheurs avec leur doris, allaient tendre au large leurs trémails, bertelles (filets à grosses mailles) casiers ou cordes. De même, à marée basse, ces mêmes pêcheurs qui allaient poser leurs parcs, tendre leurs verveux ou faire une marée de salicoques (crevettes) aux pousseux, fouines, lannets ou autres caudières (balances). La fourche à bêcher était utilisée pour attraper les équilles. Aujourd’hui, on peut encore admirer ces derniers artisans de la pêche et faire une petite marée de crevettes, s’amuser dans les rochers à ramasser quelques vigneaux (bigorneaux) ou cueillir des moules.
 L’activité de nos jours s’est enrichie, outre le développement de la cressiculture dans les sources de la Veules, par la production d’huîtres au pied des falaises.
 Lieux et monuments
L’abreuvoir.
 Chemin dit des Champs-Élysées
Moulins à eau sur le cours de la Veules
église Saint-Martin
Jardin Saint-Nicolas, dans lequel on trouve les ruines d’une église du même nom.
Nous garons le véhicule tout près de la source de la Veules, qui avec ses presque 1200 mètres de longueur est le plus petit fleuve de France. Autour de la source sont disposés d’immenses bassins, ce sont des cressonnières, où l’on y cultive le cresson. La récolte se fait entre octobre et mai, elle s’effectue à la main, la botte de cresson mise à la vente s’appelle le chignon. Nous redescendons la seules, jusqu’à son embouchure, elle est bordée de magnifiques chaumières superbement restaurées et entretenues. De ci de là, sont implantés des moulins sur la Seules, auparavant, ils étaient dédiées à l’activités agricoles, puis à celle de la petite industrie. Nous sommes face à un moulin, qui fut détruit pendant la bataille de Veules-les-roses en 1940, il fut admirablement reconstruit. De temps à autre, nous nous détournons de la Veules, pour aller déambuler dans les petites ruelles de la commune, qui sont bordées de jolies maisons en grés. Nous rejoignons la Seules, et nous voici à son embouchure, autour de laquelle a été réalisée une vaste esplanade, qui fait face à la mer. Nous profitons de ce cadre merveilleux, pour faire une pause tout en se restaurant.
Après un bon bol d’air iodé, nous gravissons la colline d’Amont qui surplombe le petit port de Veules-les-Roses. Le sommet de la colline est investi par un jardin public, où une terrasse, sorte de belvédère a été réalisée au-dessus d’un blockhaus qui faisait partie du mur de l’Atlantique lors de la seconde guerre mondiale. De la terrasse, nous distinguons la côte d’Albâtre, à droite en direction de Dieppe, et sur notre gauche en direction de Saint-Valéry en Caux que nous venons de parcourir.
Nous reprenons notre circuit pédestre, nous redescendons sur la ville, en empruntant de petites ruelles, qui serpentent la colline, elles sont bordées de petites maisons d’habitation. Nous faisons un petit détour pour aller visiter l’église de Veules-les-roses, puis nous parcourons la campagne environnante, en gravissant de petites routes à fort pourcentage. Nous rejoignons la Veules, nous remontons jusqu’à sa source, nous laissons les cressonnières, pour aller rejoindre le véhicule. C’est le visage bien tanné, que nous arrivons au terme de notre découverte du pays de Caux, le podomètre donne son verdict, aujourd’hui nous avons parcouru 15 kilomètres.

Jour 6 : La matinée est ensoleillée, l’après-midi est consacrée au shopping à Rouen. Le territoire choisi, est l’ancien site des docks du port de Rouen, ils sont transformés en un immense centre commercial. Pour rejoindre Rouen, nous passons à Cailly, puis nous longeons la vallée qui porte le même nom, où s’écoule la Cailly. Nous traversons Saint-André de Cailly, puis quinquampois, où à l’entrée du village est érigé un monument en hommage à Jacques Anquetil, qui a vécu dans ce village qui fait partie de la banlieue de Rouen. Nous voici à Mont-Saint-aignant, où est situé le site de l’université de Rouen, puis nous traversons le bois aux Dames, qui plonge sur Rouen et la Seine. Nous tutoyons 3 des 6 ponts qui permettent de traverser la Seine à Rouen. Le pont Guillaume le conquérant :
Guillaume Ier le Conquérant ou le Bâtard Falaise ? vers 1028 – Rouen 1087 Duc de Normandie (1035 – 1087), roi d’Angleterre (1066 – 1087). En 1066, revendiquant la couronne anglaise que lui avait promise Édouard le Confesseur, il conquit l’Angleterre sur le roi Harold II, défait et tué près de Hastings (1066), et sut organiser son nouveau royaume en constituant une noblesse militaire très fortement hiérarchisée. Il fit rédiger, en 1085, le « Domesday Book
Le pont Flaubert, qui est le dernier construit, ilsurplombe le site de l’armada de Rouen, quand elle s’y déroule tous les 4 ans :
Flaubert (Gustave) (Rouen, 1821 -Croisset, près de Rouen, 1880), écrivain français. Homme double, oscillant sans cesse entre le romantisme et le réalisme, tiraillé à la fois par un immense besoin de lyrisme et par le désir de restituer «presque matériellement» ce qu’il voit, Flaubert trouve dans la recherche de la perfection formelle du style (dans le travail sur l’«écriture», comme disent les critiques modernes) son unité d’«artiste» fasciné par le vrai et le beau. Romans: Madame Bovary (1857), Salammbô (1862), l’éducation sentimentale (deux versions publiées; dernière version, 1869), Bouvard et Pécuchet (inachevé, 1881). Dictionnaire des idées reçues (posth., 1911). Drame philosophique: la Tentation de saint Antoine (trois versions; dernière version, 1874). Récits: Trois Contes (1877).
Et le pont Mathilde, actuellement fermé à la circulation, suite à un immense incendie qui l’a endommagé, il y a quelques années. Suite à la négligence d’un chauffeur routier, qui n’a pas respecté les règles de sécurité, quand on transporte des produits dangereux, de l’essence dans ce cas :
Mathilde morte en 1083, reine d’Angleterre en 1066. Fille de Baudouin V, comte de Flandre, elle épousa (1053) Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, roi d’Angleterre en 1066 dit Guillaume le conquérant.
Nous profitons d’être à Rouen, pour aller à notre Dame de Bon Secours, pour aller rendre visite à des amis. Aujourd’hui le podomètre était au repos, mais parcourir un centre commercial, est très fatiguant, ce n’est pas ma tasse de thé.

Jour 7 : Nous quittons notre hébergement dans le pays de Bray, nous prenons la direction de la basse Normandie. A Saint-Saëns, nous empruntons l’A29 pour nous rendre au pont de Normandie au Havre. L’A29 est parallèle à la côte d’Albâtre, nous passons la sortie d’Yvetot, d’Etretat et de Fécamp, nous arrivons au Havre. Nous continuons en direction de l’estuaire de la Seine, nous la franchissons en empruntant le pont de Normandie. Il nous permet de passer de la haute Normandie à la basse Normandie, dont voici la présentation :
La Basse-Normandie est une région de France, créée en 1956, qui regroupe trois départements: le Calvados, l’Orne et la Manche. Elle correspond à la partie occidentale de l’ancienne province de Normandie et d’une partie du Perche. La notion de Basse-Normandie est déjà une réalité au XVIE siècle, voire au XIVE siècle, sans couvrir précisément le même territoire. Nous roulons en parallèle à la côte Fleurie qui s’étend de l’estuaire de la seine à L’embouchure de L’Orne qui se jette dans la Manche à westream. L’autoroute qui relie le Pont de Normandie est l’A13 qui relie Paris à Caen via Rouen. Après Caen, nous empruntons l’ancienne RN13 qui reliait Paris à Cherbourg via Mantes-la-jolie, Evreux, Lisieux, Caen, Bayeux, Isigny-sur-mer, Carentan et Sainte-Mère église. Depuis le franchissement de L’Orne, nous roulons en parallèle à la Côte de Nâcre, qui s’étend de l’embouchure de l’Orne à celle de la seulles qui se jette à Courseulles-sur-Mer. A hauteur d’Isigny-sur-mer, nous franchissons la Vire qui se jette dans la Manche dans cette localité. Nous approchons de Carentan, puis nous quittons la RN13 à Sainte-Mère église, nous bifurquons sur la D15, que nous empruntons jusqu’à Saint-Marcouf de L’Isle. C’est entre Isigny-sur-mer et Carentan, que nous passons du département du Calvados à celui de la Manche que nous allons découvrir, en voici la présentation :
La Manche est un département français dans la région Basse-Normandie. Son nom provient du bras de mer qui le borde sur tout son pourtour nord et ouest, et le quart est. L'Insee et La Poste lui attribuent le code 50. Le département compte 500000 habitants, il s’étend sur 6000 kilomètres carrés.
 La Manche fait partie de la région Basse-Normandie. Elle est limitrophe des départements du Calvados, de l'Orne, de la Mayenne et d'Ille-et-Vilaine. Incluant la péninsule du Cotentin, le département est baigné par la Manche sur toute sa façade ouest, ainsi qu'au nord et au nord-est, sur 350km de côtes.
 Par la géologie, le département se rattache au Massif armoricain. La Manche se divise en terroirs, intégré essentiellement au bocage normand. On peut citer du nord-ouest au sud-est le cap de la Hague, le val de Saire, le bocage valognais, le Plain, le Coutançais, le Saint-Lois, l'Avranchin et le Mortainais.
 La population est majoritairement rurale. En dehors des agglomérations cherbourgeoise et saint-loise, le territoire est maillé de petites villes et de gros bourgs commerçants.
 Peuplée à l'origine des peuples celtes, les Unelles et les Abrincates, cette région fut envahie par les Romains contre les troupes de Viridorix (-56). Elle fait partie de la Neustrie. Le Cotentin connaît, au IxE siècle et début du X siècle, une immigration de Vikings venus de Norvège (contrairement à l'immigration des autres régions du nord de la Normandie qui provenait du Danemark) et ayant transité par les Hébrides et l'Irlande. L'Avranchin et le Cotentin sont concédés, par Charles le Chauve, au roi Salomon de Bretagne en 867, jusqu'à ce que les Normands la conquièrent en 933, au détriment de Vikings de Bretagne, commandés par Incon. La frontière avec la Bretagne est fixée à la Sélune. En 1008 ou 1009, elle est déplacée vers le Couesnon.
 Au XIE siècle, le Cotentin voit naître la Maison de Hauteville, famille à l'origine de l'épopée normande du sud de l'Italie et de la Sicile.
 Au XIE siècle également, Geoffroy de Montbray, évêque de Coutances, proche de Guillaume le Conquérant, a considérablement œuvré pour le rayonnement du diocèse de Coutances. Nous lui devons notamment la cathédrale de Coutances, bâtie au XIE siècle, de style roman, et base de l'actuelle cathédrale qui date du début du XIIIE siècle, et le Parc médiéval de l'Évêque.
 La région est occupée par les troupes de Philippe-Auguste et annexée au royaume de France en 1204, exceptées les îles Anglo-Normandes. Le futur département se partage alors entre deux pays, hérités des peuples gaulois, le Cotentin et l'Avranchin.
 La Manche est ensuite le théâtre de nombreuses guerres et révoltes durant l'Ancien Régime, avec la guerre de Cent Ans, la Ligue du Bien public (1476), les Guerres de religion du XVIE siècle entre Montgomery et Matignon, la révolte des va-nu-pieds en 1639, jusqu'aux révoltes vendéennes (siège de Granville, 1793). Les rivalités franco-anglaises entraînent au XVIIIE siècle le développement des deux ports: le port militaire de Cherbourg, et l'activité corsaire à Granville.
 Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province de Normandie et de la généralité de Caen. Son chef-lieu fut d'abord fixé à Coutances, puis remplacé par Saint-Lô en 1796, bien que le tribunal d'instance soit toujours à Coutances de nos jours.
 Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes prussiennes de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).
 La ville de Coutances reprit temporairement le rôle de préfecture, sous Édouard Lebas, après la Seconde Guerre mondiale en raison de la destruction presque totale de Saint-Lô, et ce jusqu'à la reconstruction de cette dernière en 1953.
 En 1956, le département de la Manche fut administrativement intégré à la région de programme de Basse-Normandie.
 Le XIXE siècle voit l'industrialisation du département qui garde cependant une identité profondément rurale. Le travail du fer se développe, et l'industrie agroalimentaire apparaît et s'exporte.
 L'armée allemande fortifie les côtes de la Manche à partir de 1940 avec le mur de l'Atlantique. En juin 1944 la bataille de Normandie se joue en partie sur la côte est du Cotentin, à Utah Beach, puis avec l'opération Cobra. Avec de nombreuses communes détruites à 80% ou 90% (comme Saint-Lô, dite la «capitale des ruines»), les années 1945-1960 sont synonymes de retour des populations et reconstruction rapide.
 Avec trois façades maritimes en 300kilomètres de côtes, le climat manchois est fortement océanique: les hivers sont doux, avec une température moyenne de janvier comprise entre 4°C et 7°C du Bocage vers le cap de la Hague, aux rares gelées, les étés tempérés, avec une température moyenne d'août de 17°C environ. Ainsi, la période de gel n'excède pas 6jours sur les côtes, et dure jusqu'à 54jours dans le Saint-Lois et le Mortainais. L'amplitude thermique journalière est entre 4°C sur la côte et 7°C dans les terres l'hiver, 5°C à 12°C l'été.
 La pluviométrie est importante (entre 120 et 160jours de précipitations supérieures à 1mm par an en moyenne[, mais varie beaucoup en fonction des terroirs, entre 700mm sur la côte et 1300mm dans le bocage du sud, fréquemment sous forme de crachin.
 Les côtes ouest et nord bénéficient de l'influence adoucissante de la mer, permettant la naturalisation de beaucoup de plantes méditerranéennes ou exotiques (mimosas, palmiers, agaves, etc.), malgré une faible insolation (environ 1500h).
 Le vent marin souffle régulièrement sur la côte, ce qui participe avec les marées à des changements de temps rapides dans une journée. Les forts coups de vent ou les tempêtes sont courantes.
 La Manche est le premier département agricole français, principalement dans l'élevage (bovin, ovin, équin) et la culture de fruits (pommes) et légumes (carottes, poireaux, choux-fleurs). Cherbourg-Octeville est un port important (pêche, plaisance, trafic transmanche, commerce, militaire, construction navale). L'industrie nucléaire a pris une importance considérable. L'économie manchoise repose enfin sur le tourisme, essentiellement balnéaire et saisonnier.
 Cherbourg-Octeville est le principal pôle culturel de la Manche, disposant d'une scène nationale, d'un centre régional d'art du cirque, de deux cinémas, dont un d'Art et d'essai.
 Plusieurs festivals animent la saison culturelle, qu'ils soient musicaux (Chauffer dans la noirceur, les Traversées Tatihou, Jazz sous les pommiers, Festival Papillons de nuit) ou cinématographiques (Festival des cinémas d'Irlande et de Grande-Bretagne, Cinémovida). Le chanteur Allain Leprest originaire de Lestre, dans le nord de la Manche, est resté fidèle à son département et à sa mer d'origine qu'il a chantés par exemple dans "Il pleut sur la mer". L'un de ses derniers disques, "Parol' de Manchot", est une collaboration avec François Lemonnier, lui aussi du crû.
 Le Réseau départemental des sites et musées de la Manche mis en place par le Conseil général regroupe 18 sites patrimoniaux et musées sur l'ensemble du département, dont 14 sont ouverts au public.
 Le Conseil général de la Manche a officiellement lancé le portail internet wiki, Wikimanche au printemps 2007.
 Terre rurale, le département a politiquement une tradition conservatrice, «violemment modérée» selon les mots de Tocqueville, à l'exception notable de Cherbourg, plus ouvrière et plus à gauche. Cependant, avec le temps, le département semble de plus en plus voter conformément aux vagues électorales nationales.
 Après la guerre, le conseil général de la Manche est dominé par les élus indépendants sous la présidence d'Henri Cornat et Léon Jozeau-Marigné. Avec l'élection de Jean-François Le Grand puis la constitution de l'UMP, la plupart des conseillers se présentent sans étiquette, souvent des proches du parti majoritaire qui refusent d'être encartés. Aussi, la droite dispose actuellement d'une majorité confortable avec neuf UMP, douze divers droite et quinze sans étiquette. L'opposition est composée de 11 socialistes, dont les conseillers des cantons de la communauté urbaine de Cherbourg, et de quatre divers gauche. L'assemblée compte également un élu du Modem, Olivier Beck.
Nous roulons maintenant sur la D14 en direction de Barfleur, sur notre droite nous découvrons la mer que nous allons longer. Nous sommes au centre du parc des marais du Cotentin et du Bessin. Saint-Marcouf est à la limite ouest des plages du débarquement de Normandie du 6 juin 1944 :
Lors de la Seconde Guerre mondiale, sur le territoire de la commune se trouvait la batterie allemande de Crisbecq (aussi appelé batterie de Marcouf) au-dessus du hameau homonyme et une des principales batteries côtières allemandes du mur de l'Atlantique en Normandie. Elle subit plusieurs bombardements aériens alliés à partir d'avril 1944 dont un très important la veille du débarquement, dans la nuit du 5 au 6 juin. Néanmoins la batterie restera opérationnelle et ouvrira le feu dès le 6 juin au matin sur le secteur d'Utah Beach tout proche, coulant l'USS Corry un destroyer de l'US Navy et touchant d'autres navires. Elle ne sera réduite au silence que le 8 juin après un feu naval de trois cuirassés américains. Elle résistera aux attaques terrestres plusieurs jours et ne sera investie qu'au 12 juin au matin, sans combats, par l'infanterie américaine, le reste encore valide de sa garnison s'étant replié plus au nord la nuit précédente.
Nous traversons Fontenay-sur-mer, puis Mondebourg qui est un chef de canton. Nous abordons Morsaline Quettehou, puis Saint-vaast la Hougue, et enfin Valcanville où nous allons être hébergés. Valcanville se trouve à quelques kilomètres de Barfleur, nous sommes dans le val de Saire, petite rivière qui se jette dans la Manche à Saint-Vaasst la Hougue.

Jour 8 : Le soleil est au rendez-vous, nous commençons notre circuit par le village de le Vast, situé à quelques kilomètres de Volcanville. C’est un village typique, il est composé de maisons en grés, il possède un lavoir. Nous déambulons à l’extérieur du village, près du château Vast font, dans le parc duquel s’écoule la Saire, qui forme une cascade, nous pouvons la contempler depuis le pont qui enjambe la rivière à proximité du château. Le village est entouré d’immenses champs de poireaux et de choux. Nous rejoignons le véhicule, nous nous dirigeons vers Saint-Vaast la Hougue, dont voici la présentation :
Saint-Vaast-la-Hougue est une commune française, située dans le département de la Manche en région Basse-Normandie, peuplée de 1966 habitants (les Saint-Vaastais). La commune s’étend sur 7 kilomètres carrés et s’étale entre 0 et 10 mètres d’altitude.
 La commune est traversée par la Saire.
 Situé sur la côte est du Nord-Cotentin, Saint-Vaast-la-Hougue abrite un port de plaisance.
 À environ un kilomètre de la côte, l'île de Tatihou fait partie de la commune. Elle est accessible à pied à marée basse et un bateau amphibie assure une liaison régulière avec le port. Une tour y a été érigée en 1694 par Benjamin de Combes, élève de Vauban.
 Au sud, le fort de la Hougue, aussi construit en 1694 par Benjamin de Combes, est une base militaire ouverte une fois par an au public lors des journées du patrimoine.
 Tout comme les grands chalutiers amarrés au port, les parcs à huîtres visibles à marée basse entre Tatihou et la côte témoignent de la prédominance de l'activité maritime à Saint-Vaast qui est le plus ancien bassin ostréicole de Normandie.
 La paroisse est dédiée à Vaast d'Arras, évêque d'Arras puis de Cambrai au ViE siècle. Hougue, commun en Cotentin, dérive du scandinave haugr et désigne une hauteur.
 Au cours de la période révolutionnaire de la Convention nationale (1792-1795), la commune porte les noms de La Hougue et de Port-la-Hougue. Elle reprend le nom de Saint-Vaast jusqu'en 1888, date à laquelle elle devient Saint-Vaast-la-Hougue.
 Avant la bataille de Crécy en 1346, Édouard III entreprend une campagne ayant pour but de prendre Paris. Il prépare un nouveau débarquement, qu'il ne sait encore où fixer. Son adversaire, le roi de France, lui épargne de trop longues hésitations en condamnant à l'exil un grand seigneur normand, Geoffroy d'Harcourt, sire de Saint-Sauveur-le-Vicomte, lequel court se réfugier à la cour d'Angleterre, offrant ainsi à Édouard III le prétexte idéal d'un libre accès en Cotentin. Le 11 juillet, le roi d'Angleterre réunit un millier de navires dans les rades de Portsmouth, Southampton et de l'île de Wight et met les voiles. Le lendemain, la baie n’étant pas fortifiée, il débarque avec 20000 hommes à Saint-Vaast-la-Hougue et s'empare de la Normandie.
 En 1692, la bataille de la Hougue voit s'affronter au large de Barfleur la France menée par l'Amiral de Tourville et la flotte anglo-hollandaise. Au terme d'une rude bataille, onze vaisseaux français ne purent regagner Saint-Malo et seront échoués puis brûlés près de la Hougue et de l'île de Tatihou.
 À la suite de cette défaite, deux tours fortifiées sont construites à partir de 1694, par un élève de Vauban, Benjamin de Combes, afin de défendre la baie de Saint-Vaast contre les agresseurs, sur la butte de la Hougue et sur Tatihou. Les fortifications se poursuivent jusqu'au XIX.me siècle.
 Le port de Saint-Vaast-la-Hougue est aménagé au cours du XIXe siècle. La grande jetée est construite de 1828 à 1845 puis les quais de 1846 à 1852. Ensuite des brise-lames ont été ajoutés pour délimiter le port, qui est resté ouvert jusqu'en 1982, date à laquelle il a été fermé pour en faire un bassin à flot, partagé entre un port de pêche et un port des yachts.
 En 1944, le port de Saint-Vaast-la-Hougue est le premier port de la Manche libéré par les alliés.
 L'ostréiculture est une activité notoire de la ville, avec plusieurs producteurs qui vendent en France et à l'exportation. Saint-Vaast-la-Hougue, berceau de l'huître normande, dispose de 250 hectares de parcs.
 Le port de pêche et le port de plaisance sont en eau profonde, accessibles à marée haute, et bénéficient de l'orientation à l'est de ce côté de la côte du Cotentin. Le port de plaisance, en activité depuis 1980, comporte 665 places.
 Le tourisme est une activité importante, la ville est une station balnéaire qui compte des hôtels et restaurants et aussi un camping. Saint-Vaast-la-Hougue est dénommée «commune touristique» depuis avril 2011.
 Le Festival des Traversées Tatihou est une manifestation qui a lieu depuis 1995 au mois d'août. Ce festival des musiques du large a lieu à la fois sur le port, à la Hougue et sur l'île de Tatihou, avec un accès pédestre à marée basse.
 La chapelle des marins, inscrite au titre des monuments historiques depuis le 18 novembre 1952, est le chœur de l'ancienne église, démolie en 1864. Son abside circulaire romane date du XIe siècle.
 Les fortifications de la Hougue et de Tatihou (à partir de 1694). Les tours de Tatihou et de la Hougue sont inscrites, avec onze autres sites fortifiés par Vauban, au patrimoine mondial de l'humanité le 7 juillet 2008.
 Le feu de Saint-Vaast-la-Hougue est placé à l'extrémité de la jetée, au sommet d'une tourelle octogonale métallique en fonte et fer de 11mètres de haut. Il a été mis en service le 25 juillet 1865.
Nous nous rendons au sud de Saint-vVaast la Hougue, nous longeons la mer, en marchant sur le bord de la route qui mène au fort de la Hougue.
Le fort de la Hougue est reconnu place forte depuis le XV.me siècle, la protection du site sera renforcée sous le règne de Louis XIV. En juin 1692, lors de la bataille de la Hougue, la marine française perd 12 vaisseaux, ils sont brûlés par les anglais devant l’île de Tatihou et la pointe de la Hougue. 2 ans plus tard, en 1694, Vauban renforce le système défensif, par la construction de 2 tours qui dominent la baie. Au milieu du XIX.me siècle, les progrès de l’artillerie entraînent le déclassement du fort. Les ouvrages de la Hougue sont supplantés par le port militaire de Cherbourg. Réaménagé sous l’occupation allemande, le fort de la Hougue est aujourd’hui les installations militaires sont complètement déclassées. Le site appartient toujours à la marine nationale, il abrite un sémaphore et un centre de loisirs.
Nous marchons en direction du fort, nous longeons les douves puis l’enceinte du fort, devant nous, nous avons la mer et les parcs à huîtres. Après un bon bol d’air marin, nous prenons la direction d’un moulin à vent que nous distinguons, mais pour y parvenir, il nous faut faire le pourtour d’une anse de mer. Hélas nous ne pouvons pas l’approcher, des propriétés privées nous y empêchent. Il date de 1850, il est mu par l’énergie éolienne, il permet de faire fonctionner une scierie jusqu’à la fin du XIX.me siècle. Il a été rigoureusement restauré au début des années 1990, à l’époque de la scierie, on y confectionnait des caisses pour conditionner les huîtres afin de les expédier. Ensuite les propriétaires étendent leur exploitation en important du bois du nord, et en vendant des matériaux de constructions comme les briques ou l’ardoise. La société fermera quelque peu après la seconde guerre mondiale. En face du moulin de la scierie, en 1850, il s’y installe une usine à huile, qui raffine l’huile de baleine. L’huile provient du Havre, l’huile était utilisée pour l’horlogerie, l’apprêt de tissu, le corroyage des cuirs et surtout pour l’éclairage dont celui des phares. L’usine à huile fermera en 1879, suite aux difficultés d’approvisionnement et à la faillite des armateurs. L’usine est alors rachetée, en 1897, elle est transformée en cidrerie qui perdurera jusqu’en 1950. Saint-Vaast a toujours eu des chantiers navals, qui perdurent encore, ils sont établis près de la chapelle des marins dans l’anse de cul de loup. La fabrique de cordage de marine s’est exercée à saint-Vaast jusqu’à la première guerre mondiale. Après le passé militaire et industriel de Saint-Vaast la Hougue, nous rejoignons le véhicule, pour rejoindre son port de plaisance.
Nous déambulons sur les quais du port, nous nous dirigeons vers l’anse de cul de loup, où sont établis les chantiers navals de Saint-Vaast. Nous sommes devant un spectacle peu commun, 2 immenses grues mobiles installées sur des camions spéciaux pesant 65 tonnes, soulèvent allègrement un énorme chalutier en bois. Les grues sortent le chalutier du bassin du port pour le déposer sur le quai, où il sera maintenu debout, en lui disposant d’énormes poutres en bois de chêne, qui lui font office de béquilles. Après avoir été ébahis par la dextérité des grutiers et la force des systèmes hydrauliques des vérins des grues, nous nous rendons à la chapelle des marins, elle fait fond de cour aux chantiers navals. L’intérieur de la chapelle est très sobre, de nombreux cierges se consument, des plaques commémorent le souvenir des marins disparus en mer. Nous continuons à flâner sur les quais du port, les bassins sont en eau, par contre la mer commence sa remontée. Nous nous dirigeons vers l’embarcadère du bateau Tatihou II, qui nous conduira à l’île du même nom. Nous prenons place sur le bateau, il est amphibie, c’est-à-dire qu’il vogue à marée haute et roule à marée basse. Pour rejoindre l’île, nous profiterons des 2 modes de transports, le mode navigation est beaucoup plus confortable. Nous roulons dans la vase, au milieu des parcs à huîtres, puis à l’approche d’un trou d’eau, nous voguons quelque peu, avant de rouler de nouveau à l’approche de l’île de Tatihou. La traversée a duré une dizaine de minutes, voici la présentation de l’île de Tatihou :
Tatihou est une île côtière française au nord-est du Cotentin située dans la rade de Saint-Vaast-la-Hougue (département de la Manche), commune à laquelle elle est administrativement rattachée.
 D'une superficie de 29 hectares, elle est accessible à pied à certaines marées basses. L'île appartient au Conservatoire du littoral et n'est pas habitée de manière permanente.
 Son patrimoine se compose:
 du fort Vauban construit en 1694, après la bataille de la Hougue dont la Tour Vauban (XVIII.me siècle), classé au patrimoine mondial par l'Unesco depuis 2008. À l'intérieur des fortifications (XIX.me siècle) se trouvent aussi une chapelle (fin du XVIII.me siècle), un magasin à poudre (XIX.me siècle) et une caserne devenue un restaurant;
 de l'ancien lazaret, construit en 1720, pour éviter la propagation de la peste, qui abrite le musée maritime, un jardin botanique, un atelier de charpente navale et des bâtiments d'hébergement;
 d'une réserve ornithologique, implantée dans la plaine derrière la tour Vauban et dans le fort de l'Ilet et gérée par le Groupe ornithologique normand.
 d'une maison des douaniers (1805), au-dessus de l'embarcadère.
 L'île Tatihou a fait l'objet de nombreuses fouilles archéologiques, au large dans un premier temps en contexte sous-marin (fouille de M. L'Hour) puis sur terre à l'occasion de fouilles préventives puis d'un programme de recherche conduit par Cyril Marcigny puis Vincent Carpentier.
 Après des occupations multiples du Néolithique, l'île, alors rattachée à la côte, est densément occupée au cours de l'âge du bronze. Un réseau parcellaire et plusieurs habitats s'implantent ainsi sur Tatihou entre 1500 et 1250 avant notre ère. Après cette date, les lieux semblent désertés jusqu'à la fin de l'âge du fer où un nouvel établissement agricole s'installe.
 La bataille de la Hougue voit s'affronter en 1692 au large de Barfleur la France menée par l'Amiral de Tourville et la flotte anglo-hollandaise. Au terme d'une rude bataille, onze vaisseaux français ne purent regagner Saint-Malo et seront échoués puis brûlés près de Tatihou et de la Hougue.
 À partir de 1694, la tour de Tatihou et sa jumelle la Hougue (sur la côte à Saint-Vaast) sont construites par un élève de Vauban, Benjamin de Combes, afin de défendre la baie de Saint-Vaast contre les agresseurs. Les fortifications se poursuivront jusqu'au XIX.me siècle. Ces tours sont inscrites, avec treize autres sites fortifiés par Vauban, au patrimoine mondial de l'humanité le 7 juillet 2008.
 En 1721, la peste de Marseille incite le roi à créer un lazaret pour protéger le nord-ouest du royaume. L'île de Tatihou est alors choisie pour effectuer les quarantaines des équipages et des marchandises venant de la mer du Nord ou de la Méditerranée. Cet ensemble sanitaire fonctionne jusque dans les années 1840.
 Durant la Première Guerre mondiale, le fort était un camp de prisonniers de guerre allemands et austro-hongrois. De 1926 à 1940, l'île abrita dans ses locaux un aérium. De février à juin 1939, l'île accueillit des femmes et des enfants réfugiés de la guerre civile espagnole.
 De 1948 à 1984, l'île de Tatihou accueille des jeunes en difficulté. Ces jeunes, placés sur l'île par décision de justice ou pour raisons familiales, pouvaient y recevoir une formation professionnelle (horticulture, mécanique ou différents métiers du bâtiment). Les conditions de vie de ces jeunes, souvent difficiles dans les années 1960, n'ont pas inspiré à Jacques Prévert le poème La Chasse à l'enfant dans son recueil de poésies Paroles, contrairement à une légende répandue, c'est le centre pénitentiare de Belle-Ile qui est à l'origine de ce poème. Ce centre accueillait pendant l'été une colonie sanitaire réservée aux jeunes diabétiques et de 1982 à 1984, servira également pour les enfants recueillis en mer de Chine méridionale à bord des boat-people, pour une formation à la langue française. Le centre était situé dans l'intra-muros, c'est-à-dire l'ancien lazaret. Seuls y habitaient le personnel "éducatif" et les jeunes.
 Pour accéder à l'île, deux solutions à marée haute: utiliser le bateau du centre, à marée basse aller à pied à travers les parcs à huîtres (2 km environ) jusqu'à St Vaast la Hougue. Les jeunes qui s'échappaient étaient repris car le centre sonnait le tocsin et les habitants de St-Vaast (d'où partait la chasse à l'enfant) savaient qu'un jeune s'était échappé.
 Après le départ de la sauvegarde, les locaux ont été dégradés, ainsi que les archives du centre du fait de l'abandon durant plusieurs années.
 Abandonnée à son sort à partir de 1984, l'île Tatihou est affectée au Conservatoire du littoral en 1989. Ce dernier signe une convention de gestion avec le conseil général de la Manche: les travaux de réhabilitation et de restauration peuvent alors commencer. Dès 1992, pour le tricentenaire de la bataille de la Hougue, le musée maritime ouvre ses portes, dans une partie de l'ancien lazaret et présente les vestiges provenant de cette bataille.
 De 1990 à 2012, il y a une réhabilitation du site et du musée maritime.
 Trois hectares aux limites du fort ont été établis en réserve ornithologique en 1990. Elle fait aussi office de zone d'hivernage ou de simple étape de migration pour les oiseaux non marins. On peut y observer plus de 150 espèces différentes comme les goélands argentés, bruns et marins, les tadornes de Belon, les huîtriers pie, les pigeons colombins ou encore l'aigrette garzette, l'eider de Steller, le canard siffleur, le goéland leucophée, le bruant des neiges ou la bécasse des bois. Ces espèces et d'autres, marines, ainsi que leurs habitats sous-marins ont justifié une proposition de classement dans le réseau Natura 2000 en mer.
 Un jardin botanique ainsi qu'un jardin maritime regroupent plusieurs centaines d'espèces du littoral.
 Le musée maritime de l'Île Tatihou fut créé en 1992 pour accueillir le mobilier archéologique provenant des épaves de la bataille de la Hougue (1692). Il conserve également des collections relatives aux activités de pêche et de construction navale sur le littoral normand. Il présente chaque année plusieurs expositions temporaires sur ces thèmes.
 Un festival de musique, les Traversées Tatihou est organisé depuis 1995 aux alentours du 15 août. On rejoint l'île Tatihou à marée basse. Les heures sont choisies en fonction du rythme des marées et les dates de ce festival des musiques du large sont même fixées en fonction de l'amplitude des marées.
 Tatihou accueille également plusieurs fois par an des stages de musique.
 On accède à l'île en véhicule amphibie mais le nombre de visiteurs est limité à 500 par jour. Il est également possible, à marée basse, de s'y rendre à pied en passant à travers les parcs à huîtres, à condition que le coefficient de marée soit supérieur à 70.
 Tatihou II, le bateau amphibie qui relie Tatihou à Saint-Vaast-la-Hougue, en flottant à marée haute, en roulant à marée basse.
Nous mettons pied sur l’île, au milieu d’une pelouse, nous apercevons la maison du douanier. Nous parcourons l’île, nous sommes face au fort, nous franchissons une sorte de pont levis, puis une porte qui nous permet d’accéder à la cour centrale de la forteresse. Nous nous dirigeons vers la tour Vauban, c’est la jumelle de la tour du fort de la Hougue. Nous empruntons des escaliers, qui nous conduisent au premier étage, c’est une vaste salle, dont le pourtour est pourvu de meurtrières. Nous continuons notre ascension, nous arrivons au second étage, nous sommes sur une terrasse, nous avons une vue panoramique de 360 degrés, nous découvrons toute la côte et l’immensité maritime. La marée est montante, l’île de Tatihou se détache de la côte. Les murs qui bordent la terrasse sont percés d’ouvertures, sorte de créneaux, où l’on y installait des canons. D’énormes anneaux sont scellés dans la muraille, ils permettaient d’y attacher les canons, afin d’éviter le recul, lors de tir de ceux-ci. A la sortie de la tour Vauban, nous sommes obligés d’affronter la pluie, nous allons nous réfugier dans la petite chapelle qui se trouve à proximité de la tour. Elle est éclairée par 3 ouvertures, elle est très sobre, elle est dépourvue de tout mobilier. Nous ressortons de notre refuge, la pluie s’est bien installée, nous passons devant la maison des officiers, qui n’est que ruine de nos jours. Nous rentrons dans la poudrière, elle est située sous une énorme butte de terre qui est arborée. Auparavant la réserve des munitions était installée dans la tour Vauban, la poudrière dans laquelle nous sommes, a été construite en 1879. Nous continuons la découverte de l’île sous un crachin persistant, nous passons tout près du chapiteau dressé pour le festival de musique des traversées de Tatihou. Nous parcourons le jardin botanique et maritime, puis nous effleurons la réserve ornithologique. Sur une pelouse est posée la charpente d’une frégate de 32 mètres de long et de 8 mètres de large, c’est la reproduction à l’identique d’un vaisseau du XVII.me siècle. CE modèle de frégate faisait partie de l’escadre de Tourville, lors de la bataille de la Hougue en 1692, ce type de bâtiment était armé de 16 canons. C’est sous une pluie battante que nous rejoignons l’embarcadère, la mer a complètement investi l’anse de Saint-Vaast la Hougue, Tatihou II se met à quai, nous pouvons nous y installer pour nous mettre à l’abri du grain. C’est en voguant que nous atteignons l’embarcadère du port de Saint-Vaast, il nous faut rejoindre le véhicule sous une pluie qui redouble d’intensité. Arrivés au parking, le podomètre indique 15 kilomètres, dont quelques uns parcourus sous la pluie.

Jour 9 : L’effet des marées est passé, le ciel est d’un bleu limpide, le soleil brille, la journée s’annonce belle. Aujourd’hui nous mettons le cap sur l’ouest, en direction de Cherbourg. Nous empruntons la route côtière, nous franchissons un pont, sous lequel coule la Saire :
La Saire prend sa source au Mesnil-au-Val (Manche) et se jette dans la Manche entre Réville et Saint-Vaast-la-Hougue après un parcours de 31km dans le bocage du nord-est de la péninsule du Cotentin (Val de Saire).
Nous longeons la mer, elle défile sur notre droite, à gauche s’étendent d’immenses champs de poireaux et de choux, le val de Saire est propice à l’activité maraîchère. Nous voici à Barfleur, qui mérite d’être visité, en voici la présentation :
Barfleur (prononcer /ba�?flœ�?/) est une commune française, située dans le département de la Manche en région Basse-Normandie, peuplée de 643 habitants.
 Avec un territoire ne couvrant que 60 ha, elle est la plus petite commune du département de la Manche.
 Barfleur est aujourd'hui gratifiée du label des plus beaux villages de France, décerné par une association indépendante visant à promouvoir les atouts touristiques de petites communes françaises riches d'un patrimoine de qualité. 
Le port est sans doute ancien, mais on ne possède aucune trace de son nom antérieur, en effet, le nom actuel n'est pas antérieur au IXe ou Xe siècle (les plus anciennes attestations datent du XI.me . 
Geoffroy de Monmouth, dans le neuvième livre de son Historia regum Britanniae, fait partir le roi Arthur de Barfleur pour combattre les Romains chez les Allobroges, peut-être a-t-il disposé de sources anciennes de la légende mentionnant le nom originel de Barfleur, sinon il aura donné cette localisation, car ce port était à son époque le principal lien maritime entre le duché de Normandie et la Grande-Bretagne.
 Ainsi pendant la période ducale (jusqu'à 1204, date du rattachement de la Normandie au royaume de France), Barfleur est resté le port préféré des ducs de Normandie qui étaient aussi rois d'Angleterre.
 En 1066, la bataille de Hastings marque le début de la conquête de l'Angleterre par les Normands parmi lesquels figurent de nombreux Cotentinais et Avranchinais. Sur le port de Barfleur fixé sur un rocher, un médaillon rappelle que Guillaume le Conquérant fit sur le Mora la traversée depuis Barfleur piloté par un jeune Barfleurais, Étienne.
 Il débarquera à Pevensey dans le Sussex de l'Est, le 28 septembre 1066. Le 14 octobre, il défait son compétiteur Harold à la bataille d'Hastings, durant laquelle ce dernier est tué, et reçoit la couronne anglo-saxonne le 25 décembre 1066 dans l'abbaye de Westminster.
 En 1105, Henri Beauclerc y débarque afin de récupérer la Normandie au détriment de son frère Robert Courteheuse.
 En 1120, la Blanche-Nef, navire royal, sombra au large de Barfleur, sur le rocher de Quillebeuf situé au nord, avec à son bord le fils du roi Henri Ier d'Angleterre, Guillaume Adelin[8]. Ce naufrage signe le déclin de la préférence ducale. À la fin du XIIE siècle, Richard Cœur de Lion aurait embarqué à Barfleur pour rejoindre l'Angleterre. Jean sans Terre y séjourne entre le 5 et le 10 février 1200, puis entre le 15 et 17 septembre de la même année.
 En 1346, Barfleur est détruite par les troupes anglaises d'Édouard III, débarquées à Saint-Vaast-la-Hougue. L'église actuellement en bord de mer était à l'époque au milieu de la ville, la mer ayant rongé la côte.
 En 1860, un second naufrage coûteux en vies humaines se produit sur ce même rocher de Quillebeuf, il s'agit de celui de la Luna, trois-mâts américain commandé par le capitaine John Schannon. Il se dirigeait vers la Louisiane avec à son bord 18 hommes d'équipage et 85 passagers français et allemands. Sur un total de 103 personnes à bord, on dénombre 101 morts.
 En 1865, c'est à Barfleur que fut construite la 1re station de sauvetage sur le modèle des stations britanniques, en raison du danger que représente la pointe de Barfleur.
 Durant la Seconde Guerre mondiale, Barfleur est libérée le 24 juin 1944 par les troupes américaines sans combat. Le port sera par la suite utilisé pour débarquer du matériel et des vivres.
 Barfleur est un port de pêche, notamment de moules de pleine mer. Son centre de débarque est géré par la Chambre de commerce et d'industrie de Cherbourg-Cotentin.
 Lieux et monument
Petit port de pêche d'échouage typique.
 Église Saint-Nicolas (XVII.me XIX.me siècles): elle remplace une église plus ancienne recouverte depuis longtemps par les flots.
 Cour Sainte-Catherine (XVI.me)
 Dans le village, maisons barfleuraises (du XVI.me au XIXe.m) en granit et à toit de schiste.
Nous avons du mal pour garer le véhicule, c’est la semaine où Barfleur est en fête, les abords du port sont envahis par la fête foraine. Nous déambulons dans les rues de la petite ville, nous pénétrons dans l’église qui est tout près de la mer. Ensuite nous continuons à flâner sur les quais du port, nous passons devant la société de sauvetage en mer, devant laquelle est exposé un canon. Il date du XVII.me siècle, il a participé à la bataille de la Hougue en 1692, il est identique à celui que nous avons vu hier au fort de l’île de Tatihou. Un chalutier entre au port, un autre est amarré, c’est un catamaran. Beaucoup d’étals de produits de la mer sont installés sur le quai, c’est de la vente directe à la sortie des chalutiers, c’est le royaume de la moule de Barfleur. Nous nous dirigeons en face du quai, pour aller découvrir la digue de Craco qui s’élance dans la mer. Pour y accéder, nous passons devant de jolies maisons en grés, elles possèdent de petits jardins bien protégés du vent, dans lesquels on aperçoit parfois des palmiers. C’est sous un soleil radieux que nous rejoignons le véhicule, nous continuons notre circuit, toujours sur la route du littoral, nous nous dirigeons vers le phare de Gatteville, il est situé sur la pointe de Barfleur. Nous faisons un arrêt dans le village de Gatteville, nous y visitons une petite chapelle et l’église qui se trouve à proximité. Nous essayons d’aller à pied à la pointe de Barfleur, mais la route est très étroite et la circulation y est dense, il nous faut donc prendre le véhicule, pour aller découvrir le phare de Gatteville. Arrivés sur le site, nous nous baladons en front de mer, puis nous nous dirigeons vers le phare, il est très imposant par sa hauteur, en voici la présentation :
Le phare de Gatteville, ou phare de Gatteville-Barfleur, est situé sur la pointe de Barfleur (commune de Gatteville-le-Phare), dans la Manche. Il signale les forts courants du raz de Barfleur.
 Les courants forts au large de la pointe de Barfleur, et les nombreux naufrages (dont le plus célèbre est sans doute celui de la Blanche-Nef) rendent indispensable l'édification d'un phare.
 En 1774, sous le règne de Louis XVI, la Chambre de commerce de Rouen décide donc de faire construire un premier phare en granite, de 25mètres. À son sommet, un feu de bois et de charbon brûlait continuellement. Le charbon était approvisionné à dos d'homme et laissait peu de repos aux gardiens. En 1780 le feu à charbon fut remplacé par un système de réverbères constitué de 16 lampes à huile dans une lanterne vitrée.
 Ce phare étant trop petit pour recevoir les lentilles modernes, et trop faible pour pouvoir être exhaussé de 32mètres, on décide d'ériger une nouvelle tour en 1825. L'architecte Charles-Félix Morice de la Rue, sous le règne de Charles X, qui dessinera ensuite le phare de la Hague, conçoit les plans du plus haut phare de l'époque (dépassé depuis par le phare de l'Île Vierge). La pose de la pierre centrale a lieu le 14 juin 1828 et les travaux s'étaleront jusqu'en 1835. C'est en effet le 1er avril 1835 qu'il fut allumé pour la première fois.
 L'ancien phare devient sémaphore.
 Celui-ci est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 11 mai 2009, tandis que le phare et les bâtiments annexes sont classés au même titre par arrêté le 19 juin suivant.
 Caractéristiques
Description: tour cylindrique de 9,25mètres de diamètre à la base et 6mètres à la passerelle.
 Hauteur: 74,85mètres, le deuxième plus haut phare d'Europe.
 Matériau: 11000 blocs de granit pesant au total 7400000 kg.
 Nombre de marches: 365
Architecte: Charles-Félix Morice de la Rue
Électrification: 1893
Le phare comporte autant de marches que de jours dans l'année, autant de fenêtres que de semaines et autant de niveaux (représentés par le nombre de fenêtres en façade) que de mois.
 Le film Diva, de Jean-Jacques Beineix, y a été tourné en partie, en 1980.t
Tout comme les américains débarqués à Utah beach le 6 juin 1944, près de Saint-Marcouf, nous continuons notre progression sur Cherbourg. Notre prochaine étape est Fermanville, dont voici la présentation :
Fermanville est une commune française, située dans le département de la Manche en région Basse-Normandie, peuplée de 1391 habitants, la commune s’étend sur 12 kilomètres carrés et s’étale entre 0 et 136 mètres d’altitude.
 Fermanville est située sur la côte nord du Cotentin, à mi-chemin entre Cherbourg et Barfleur. Le territoire de la commune inclue et entoure le cap Lévi, qui ferme la rade de Cherbourg à l'est, et comprend 11.5km de côtes.
 L'habitat est dispersé en 24 hameaux de maisons de granite rose.
 La commune est traversée par le Poult, qui se jette dans la Manche entre l'anse de la Mondrée et celle de la Visière. La vallée du Poult est enjambée par un viaduc ferroviaire de 242 m de long[2] utilisé jadis par un train appelé le tue-vaques.
 Sur le cap Lévi se trouvent deux ports: port du Cap Lévi et port Pignot; le fort napoléonien du Cap Lévi; le sémaphore du Cap Lévi; et le phare du Cap Lévi de 28 m de haut.
 Le site archéologique du port Pignot, découvert en 1978, a livré d'importants vestiges d'occupation humaine remontant à 200 000 ou 250 000 ans avec des limites de cabanes, des foyers (l'un visible au musée de Normandie à Caen) et des zones de débitage de pierres.
 Le seul autre site important connu du Paléolithique moyen en France se trouve à la Roche Gélétan sur la commune de Saint-Germain-des-Vaux, sur la péninsule de la Hague.
 En 1968, les grandes marées ont mis au jour les éléments d'une barque médiévale ensevelie dans le sable de la pointe de Fréval. Le site a été fouillé en urgence par une équipe de quarante-cinq personnes dirigée par Frédéric Scuvée. D'après ces fouilles, cette barque de 18 mètres de long sur 6 de large date du début du VIIE siècle. Elle a vraisemblablement été tirée sur le rivage pour y servir de sépulture à un personnage important. Entre les XIIe et XVe siècles, la barque a été pillée à plusieurs reprises. Il s'agit du seul témoignage des techniques maritimes du Haut Moyen Âge découvert en France avec celui que constitue la barque viking de l'île de Groix, découverte en 1906.
 En 1932, le sous-marin français le Prométhée a coulé au large du cap Lévi.
 Le 30 avril 1997, la gabare de la marine nationale La Fidèle a explosé avec son équipage alors qu'elle procédait à l'enfouissement d'explosifs au large du cap Lévi. Cette explosion a entraîné la mort de cinq marins et en a blessé dix-sept autres.
 Lieux et monuments
Le viaduc de Fermanville
Fort Lévi
Fort du Cap Lévi: fort napoléonien du début du XIXesiècle;
 Vallée des moulins: autrefois site industriel important de l'activité meunière avec sept moulins produisant farine (blé et sarrasin) et huile (dont huile de noix). Certains de ces moulins subsistent encore comme habitations privées. On y trouve un élevage d'escargots, une pisciculture, un bar-restaurant, et un marché en saison;
 Viaduc ferroviaire de la vallée des moulins, dit viaduc de Fermanville ou de Fantosme du nom : traversant la vallée avec ses 20 arches totalisant 242 mètres de long pour 32 mètres de haut, il a été construit entre 1908 et 1911 pour le passage du tue-vaques allant de Cherbourg à Barfleur. Il a été partiellement détruit par les allemands et par les tirs de la marine alliée le 21 juin 1944. Restauré en 1947, il est resté en usage jusqu'à la fermeture de la ligne de train le 30 septembre 1950. Le sentier de petite randonnée PR48 passe sur le viaduc, et le GRP Tour du Val de Saire sous ses arches en suivant le cours du Poult;
 Port Pignot, port et carrière: sa capacité de 18 mouillages en fait l'un des plus petits ports de France. Il a été construit sur la côte Est du cap Lévi en 1889 par le carrier lillois Charles Pignot pour l'acheminement du granite de Fermanville, pierre rose de la carrière locale dite de Port Pignot. Outre les maisons traditionnelles locales, le granite rose de Fermanville a servi à la construction notamment de la rade de Cherbourg, de la cale de la compagnie générale transatlantique à Granville, du phare de Gatteville, du frontispice des magasins Printemps à Paris, de l'obélisque de Utah Beach, et la fabrication des pavés de plusieurs secteurs du Paris-Roubaix;
 Port Pignot, site archéologique: la plage fossile du port Pignot, située à 10 m au-dessus du niveau de la mer, s'est révélée en 1978 comme l'un des deux sites importants du début du Paléolithique moyen connus à ce jour ;
 La Pointe du Brick, à l'extrême Ouest de la commune et partagée avec la commune voisine de Maupertus-sur-Mer, est une zone protégée pour ses landes, futaies et taillis. Au creux des vallons et sur leur versants, chêne sessile, chêne rouvre, hêtre et bouleau sont nombreux; les pins maritimes se trouvent sur le sommet du plateau. Mais les landes à fougères, ajoncs et bruyères occupent la plus grande partie du site. Dans les landes du Brulay ou du Brûlé, des poneys Exmoor et des chèvres ont été réintroduits. On peut y voir une batterie française de défense. Ces landes appartiennent au conservatoire du littoral.
Nous garons le véhicule sur l’immense parking de l’office du tourisme de Fermanville, de là, nous nous dirigeons vers la vallée des moulins, où s’écoule le Poult. Sur lequel ont été établis 7 moulins, qui ont eu une activité agricole et industrielle, ils sont parfaitement restaurés, aujourd’hui ils sont réhabilités en habitations principales ou secondaires. Le parcours est très bucolique, le sentier est très souple, on entend l’eau du Poult s’écouler, de ci de là des chutes d’eau nous signalent que nous approchons d’un des moulins. Le panorama est vraiment beau, notre promenade a pris fin au viaduc, dont voici la présentation :
Viaduc ferroviaire de la vallée des moulins, dit viaduc de Fermanville ou de Fantosme du nom : traversant la vallée avec ses 20 arches totalisant 242 mètres de long pour 32 mètres de haut, il a été construit entre 1908 et 1911 pour le passage du tue-vaques allant de Cherbourg à Barfleur. Il a été partiellement détruit par les allemands et par les tirs de la marine alliée le 21 juin 1944. Restauré en 1947, il est resté en usage jusqu'à la fermeture de la ligne de train le 30 septembre 1950. Le sentier de petite randonnée PR48 passe sur le viaduc, et le GRP Tour du Val de Saire sous ses arches en suivant le cours du Poult;
C’est très reposé que nous rebroussons chemin, nous rejoignons le véhicule, pour nous rendre au cap Lévi. Nous commençons la découverte du cap, en nous rendant à son phare qui domine l’anse de Brick et fait face aux 2 rades de Cherbourg, voici la présentation du phare Lévi :
Le phare du cap Lévi est situé au cap Lévi, sur la commune de Fermanville, dans la Manche. Il sert de relais entre le phare de la Hague et le phare de Gatteville.
 Primitivement mentionné comme Kapelwic «l'anse de la chapelle» au Moyen Âge, nom primitif d'un hameau dans une anse (vik en norrois) à proximité. le nom est d'abord devenu Caplevy par métathèse de L et amuïssement de C.
 Un premier phare est bâti sur les plans de J. de Serry entre 1854 et 1858. La tour carrée en granite gris s'élevait à 31mètres.
 Détruit en 1944, une nouvelle tour est édifiée en 1947 sur les dessins des architectes Levasseur et Chauliat qui ont gardé le type de construction. La nouvelle tour est plus petite (28mètres contre 31), mais a été construite à 2mètres de plus au-dessus de la mer.
 Le phare fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 11 mai 2009.
 Caractéristiques
Description: tour de forme quadrangulaire à faces incurvées, concaves, maçonnées en pierre de granite rose. Les bâtiments d’habitation et d’exploitation sont séparés de la tour.
 Architecte: J. de Serry (1854), Levasseur et Chauliat (1947).
 Électrification: 1937
Ensuite nous rejoignons le bord des falaises qui surplombe la mer, et par le sentier des douaniers, nous contournons l’anse de Brick, toujours en direction de Cherbourg, pour nous rendre au fort du cap Lévi. Le sentier serpente au-dessus des falaises, nous sommes entourés de bruyères qui sont baignées par le soleil. Nous voici en vue du fort Lévi, dont voici la présentation :
Le fort du Cap Lévi est un fort napoléonien du XIXE siècle situé sur la côte nord-est du Cotentin, dans la commune de Fermanville, au cœur d’un vaste espace naturel protégé par le Conservatoire du littoral.
 Construit sous le Consulat, le fort du Cap Lévi fut érigé à partir de 1801 à la demande de Napoléon Bonaparte, afin de protéger le cabotage dans la vaste rade de Cherbourg en mettant les navires à l'abri de son artillerie et de défendre le port Lévi. Cette batterie semi-circulaire de 35mètres de diamètre équipée de deux bouches à feu de 24 constituait, avec 11 autres batteries, les défenses des côtes du Cotentin contre la marine britannique.
 Plusieurs fois remanié mais toujours inachevé, il n’a déjà plus de rôle défensif à la fin du XIX.me siècle et se retrouve déclassé en 1875, puis transformé en résidence secondaire. Il passe par la suite à la famille de l'amiral Dumas-Vence, qui y installent un pavillon mauresque de l'exposition universelle de 1900.
 Il reprend du service au cours des Première et Seconde Guerres mondiales.
 Réquisitionné en 1940 puis bombardé, il est en ruines lorsqu’il est acheté en 1953. Le côté droit abîmé l’aurait été d’aviateur britannique revenant d’une action de bombardement sur le radar de Maupertus et souhaitant rentrer à vide au Royaume-Uni.
 Félix Amiot, propriétaire de l'important chantier naval cherbourgeois des Constructions mécaniques de Normandie, y aménage une résidence de prestige dans laquelle il reçoit ses hôtes de marque. Ce sont ces aménagements qui subsistent aujourd’hui.
 Implanté au cœur du littoral naturel du Val de Saire, le site devient, en 1990, propriété du Conservatoire du littoral qui en confie l'aménagement, la gestion et l'animation au Conseil général de la Manche dans le cadre du Réseau départemental des sites et musées de la Manche.
 Le fort du Cap Lévi est aujourd'hui un lieu de visite et de séjour en chambre d'hôtes. On y découvre l'architecture napoléonienne militaire, une vue sur la vaste rade de Cherbourg ainsi que les milieux naturels environnant tels que les anses du Brick et de Tocqueboeuf, les landes du Brûlé, la plage de Mondrée, le port Pignot, la vallée des Moulins accessibles depuis le sentier des douaniers qui passe au pied du fort.
Nous pénétrons dans la cour du fort, il a été superbement restauré, il a été transformé en maison d’hôtes, aujourd’hui, dans son enceinte est célébré un mariage. Nous écourtons donc notre visite, pour ne pas déranger la cérémonie. Devant le phare nous avons une vue superbe sur l’anse de Brick, les rades de Cherbourg et la pointe de la Hague. Il est temps de regagner le parking, pour rejoindre le véhicule, notre mission n’est pas encore atteinte, nous devons rallier Cherbourg avant la nuit. Notre prochain arrêt est à Maupertus, dont voici la présentation :
Maupertus-sur-Mer (Maupertus jusqu'en 1948) est une commune française, située dans le département de la Manche en région Basse-Normandie, peuplée de 247 habitants. La commune s’étend sur 3 kilomètres carrés et s’étale entre 0 et 152 mètres d’altitude.
 Lieux et monuments
Menhir de la Grande Pierre
Manoir de Maupertus
Aéroport de Cherbourg - Maupertus
Pour atteindre le centre de Maupertus, depuis l’anse de Brick, il faut gravir le plateau où est situé le village. Nous garons le véhicule sur la place commune de l’église et de la mairie, l’église étant fermée, nous parcourons le cimetière qui l’entoure à la recherche d’ascendants, car de la famille sont originaires de Maupertus, nous en recensons 2. Albert F, décédé en 1929, à l’âge de 17 jours. Et au monument aux morts de guerre, un oncle sous marinier, XXX Doucet, son nom y est inscrit, il a été victime du naufrage du sous-marin français le Prométhée qui a coulé au large du cap Lévi dans l’anse de la Brick en 1932. Ensuite nous avons parcouru le village, dont l’habitat est très dispersé, au lieu dit la Place, nous avons identifié la maison familiale, la ferme où l’on venait chercher le lait, le café épicerie Fourcade et la maison Bourdet. Aujourd’hui toutes ces maisons ont été splendidement restaurées, le grés rose est mis en valeur par le soleil qui persiste encore. Sur notre gauche nous découvrons le lavoir, aujourd’hui déserté de ses lavandières. Nous continuons à descendre du plateau, nous nous rendons au belvédère de Maupertus qui domine l’anse de la Brick. Pour y accéder, il faut emprunter un petit sentier, qui mène à une pointe rocheuse, qui est en suspension dans le vide. Depuis ce nid d’aigle naturel, à nos pieds et à perte de vue, nous dominons la mer de 62 mètres, un merveilleux panorama nous est offert. Ce sont les mirettes éblouies par le spectacle, qu’il nous faut penser à gravir la côte qui mène au plateau de Maupertus. Arrivés au lieu dit la Place, nous empruntons un petit sentier, qui serpente dans une zone boisée, elle débouche sur le manoir de Maupertus, qui a été superbement restauré, ses façades rose sont chapeautées d’un joli toit en ardoise. Puis nous voici de retour à notre véhicule, nous redescendons du plateau, en repassant au lieu dit la Place, au belvédère, puis nous avons rejoint la route du littoral, la D116, qui va nous conduire à Cherbourg. Nous avons toujours la mer sur notre droite, nous abordons la banlieue de Cherbourg, nous y voici enfin, nous garons le véhicule sur le quai du port de pêche, où sont amarrés des chalutiers. Voici la présentation de Cherbourg :
Cherbourg-Octeville est une commune française, du département de la Manche et de la région Basse-Normandie. Elle résulte de la fusion des villes de Cherbourg et d'Octeville en 2000.
 Située à l’extrémité nord du Cotentin, protégée par la rade artificielle la plus grande au monde, entre la Hague et le Val de Saire, la cité a été au cours des siècles une place stratégique disputée entre Anglais et Français. Citée comme une des deux «clés du royaume» par Vauban, elle est devenue, par de colossaux travaux d’aménagement maritime, un port militaire de premier ordre, sous l’impulsion de Louis XVI et NapoléonIer. Escale des prestigieux paquebots transatlantiques dans la première moitié du XX.me siècle, Cherbourg a été l’objectif premier des troupes américaines lors du Débarquement de Normandie en 1944.
 Préfecture maritime, et sous-préfecture de la Manche, ses 37754 habitants (plus de 115000 avec sa banlieue) en font la première ville du département devant la préfecture Saint-Lô et la deuxième de la région après Caen. Port militaire, halieutique, plaisancier et de passagers transmanche, handicapé par son isolement géographique pour être un grand port marchand, c'est un pôle de construction navale important, une ville ouvrière dans un arrière-pays rural.
 À peu près au milieu des côtes septentrionales de la presqu'île du Cotentin, à l'embouchure de la Divette et au fond de la baie comprise entre le cap Lévi à l'est et le cap de la Hague à l’ouest, Cherbourg-Octeville est distant de 120 kilomètres des côtes anglaises. Plus grande ville du département de la Manche, elle résulte de la fusion des communes de Cherbourg et d'Octeville. 
Cherbourg et Octeville-sur-Cherbourg appartenaient autrefois au doyenné de la Hague, délimité par la Divette. En 1786, une partie d’Équeurdreville est jointe à Cherbourg, lors de la construction du port, puis en 1802, une portion d'Octeville. Depuis 1811, les «mielles» de Tourlaville, commune du doyenné de Saire, sont intégrées au territoire cherbourgeois sous le nom du quartier du Val-de-Saire où ont été construits l’hôpital Pasteur et l'église Saint-Clément. Ainsi, Cherbourg-Octeville se trouve à la fois dans la Hague et dans le Val de Saire.
 Comme l'ensemble Chantereyne et le terre-plein des Mielles, le territoire cherbourgeois a été gagné sur la mer. Construite au niveau de la mer, la ville s'est développée au pied de la montagne du Roule (point culminant de l’ancienne commune) et de la Fauconnière. Octeville est une ancienne commune rurale, composée de hameaux, dont le bourg s'est étendu à partir du XIXE siècle et dont le territoire s'est fortement urbanisé depuis 1950, en particulier autour de la ZUP des Provinces et du site universitaire.
 Les communes limitrophes sont Tourlaville à l'est, Équeurdreville-Hainneville à l’ouest, La Glacerie au sud et sud-est, Martinvast au sud, Nouainville et Sideville au sud-ouest.
 Situé à l'extrémité du Massif armoricain, Cherbourg-Octeville conserve les traces de la formation, sur les granites déformés et schistes métamorphiques du précambrien, de la chaîne hercynienne par le plissement des arkoses du Cambrien et des schistes et grès armoricains de l’Ordovicien. Ces plis se traduisent par des couches de grès inclinées de 45° vers le nord-est, sur la Fauconnière (dont «la Roche qui pend») et la Montagne du Roule. Ces deux falaises mortes sont dues à l'érosion maritime au quaternaire. Le retrait de la mer a ensuite laissé la place à des cordons dunaires et des marais arrière-littoraux, détruits par l’urbanisation du XVII.me et XIXE siècles, identiques à ceux de Collignon à Tourlaville.
 Ces roches présentes dans les sols ont été exploitées au cours des siècles dans plusieurs carrières: le granite écrasé extrait à Querqueville et les arkoses du Becquet, ont été utilisés pour la confection de moellons et de blocs équarris pour linteau. Les schistes verts, dont la couleur provient de la chlorite et la séricite, sont essentiellement exploités en couvertures dans le Nord-Cotentin, mais aussi en maçonnerie à Cherbourg. Le grès armoricain de la Montagne du Roule sert aux moellons et à l'enrochement. La plupart des nombreuses carrières ouvertes dans l’agglomération pour les travaux de la digue sont aujourd'hui fermées.
 Cherbourg-Octeville est bordée par la mer. La construction du port du commerce, à partir de 1769, s'est accompagnée du détournement de la Divette (dont l'embouchure se situait au niveau de l’actuelle sortie du port Chantereyne) et du Trottebec (depuis le territoire de Tourlaville) réunis dans le canal de retenue, le long de l’avenue de Paris et de la rue du Val-de-Saire.
 Le ruisseau de la Bucaille et celui du Fay qui arrosait la Croûte du Homet au XVIIIE siècle ont disparu lors de la construction du port militaire.
 Historiquement, Cherbourg-Octeville est le terminal ouest de la route nationale 13 qui traverse la ville par les «Rouges Terres» et l’avenue de Paris, depuis La Glacerie. Dans les années 1990, une déviation de la nationale, désormais route européenne 3 et 46, a renvoyé le trafic par La Glacerie et Tourlaville sur un axe à trois voies de La Glacerie au rond-point de Penesme à Tourlaville puis à 2x2 voies jusqu'au rond-point situé entre la plage de Collignon et le port des Flamands. Le prolongement vers Cherbourg est en travaux, avec le doublement du pont enjambant le port des Flamands, afin d’assurer une continuité de la 2x2 voies jusqu'au port de commerce cherbourgeois.
 L’ancienne route nationale 801 (reclassée en D 901), qui relie le cap de la Hague à Barfleur, traverse la ville d'est en ouest.
 Après l’achèvement du contournement est de l’agglomération, le projet de contournement ouest est à l'étude, et un «fuseau» correspondant au futur tracé définitif a été retenu. De même, la mise à 2x2 voies de l’accès à l’aéroport de Maupertus est envisagée.
 La D 650 permet de relier Cherbourg à la côte ouest du Cotentin. Au départ de Cherbourg, la D 650 prend la direction sud-ouest pour rejoindre Les Pieux puis longe pour rejoindre la Côte des Isles jusqu'à Barneville-Carteret. À l’approche de Cherbourg, cette départementale a fait l’objet, ces dernières années, de nombreux aménagements (ronds-points, feux tricolores, aménagement urbain) du fait de la rurbanisation des communes traversées.
 Avec l’attribution du statut d’autoroute à la RN 13 en 2006, les travaux de mise aux normes autoroutières entre Cherbourg et Caen sont engagés pour dix ans. Les travaux d’aménagement de la RN 13 à l'entrée de l’agglomération cherbourgeoise (lieu-dit Virage des Chèvres) ont été achevés au début 2009.
 Le port de Cherbourg est approprié pour les liaisons maritimes, particulièrement depuis la construction de la grande rade qui a permis un accès plus large et sûr. Essentiellement port militaire, Cherbourg a développé, au cours des derniers siècles, un commerce de marchandises et de passagers avec l’Angleterre et les Antilles, puis vers l’Amérique.
 Aujourd'hui, le Royaume-Uni et l’Irlande sont régulièrement desservis:
 Poole, par la flotte de Brittany Ferries, qui a succédé à Truckline ferries en 1985 (liaison quotidienne).
 Portsmouth, par Brittany Ferries et Condorferries.
 Rosslare Europort, par Irish ferries et Stena Line.
 Dublin, par Irish Ferries.
 Le port accueille une trentaine de paquebots par an dont les plus gros, grâce à un terminal croisière aménagé en 2006 dans la gare maritime transatlantique inaugurée en 1933. Régulièrement, certains paquebots initialement prévus pour une autre destination se réfugient dans le port pour se protéger des fréquentes tempêtes.
 Lors de la construction des prototypes de Concorde dans les années 1960, certains tronçons construits au Royaume-Uni ont transité en ferry par Cherbourg pour rallier Toulouse.
 La ligne Paris-Cherbourg du Réseau ferré de France se termine à la gare de Cherbourg, inaugurée en 1858, qui accueille chaque année un million de voyageurs. Cette ligne allait, au début du XX.me siècle, jusqu'à la station balnéaire d’Urville-Hague et était complétée par le «tue-vaques» qui desservait depuis Cherbourg le Val de Saire entre 1911 et 1950. Aujourd'hui, la ligne Intercités Paris-Caen-Cherbourg est la plus profitable de sa catégorie avec un bénéfice de plus de 10 millions d'euros annuels malgré de nombreux incidents et retards. Chaque jour, plusieurs dizaines de TER et Intercités assurent des liaisons directes avec Lisieux, Caen, et Paris-Saint-Lazare en trois heures en moyenne. De juillet 2009 à décembre 2010, une liaison TGV Cherbourg-Dijon, via Mantes-la-Jolie et Roissy TGV, à raison d'un aller-retour quotidien, créée à titre expérimental pour trois ans, a permis aux Cherbourgeois d'accéder directement par voie ferrée au premier aéroport français. L'expérimentation a cessé prématurément, le seuil minimum de fréquentation n'ayant pas été atteint.
 L'aéroport de Cherbourg - Maupertus dessert la ville. Sa piste de 2440 mètres accueille des vols charters. Après l'arrêt au printemps 2008 de la liaison quotidienne vers Paris assurée par Twin Jet, une nouvelle liaison sur Caen et Paris a démarré le 27 octobre 2008 avec Chalair.
 Avec 40500 passagers en 2007, l'aéroport a perdu 30% de ses passagers commerciaux, et 10% de son trafic total sur une année.
 Le Cotentin, conquis par Quintus Titurius Sabinus en 56 av. J.-C., est divisé entre le pagus constantiensis («comté de Coutances») et le pagus coriovallensis («comté de Coriallo»), au sein de la Deuxième Lyonnaise. Coriallo abrite une petite garnision et un castrum est édifié sur la rive gauche de la Divette comme élément du Litus saxonicum, après les raids saxons au début du IvE siècle.
 En 497, le bourg est cédé avec l'ensemble de l'Armorique à Clovis. Elle est évangélisée par saint Éreptiole en 432, puis par saint Exuperat, saint Léonicien, et enfin saint Scubilion, en 555. En 887, saint Clair, débarquant du Kent, est ordonné prêtre à Cherbourg et établit un ermitage dans la forêt environnante.
 Après plusieurs pillages normands au IxE siècle, Cherbourg est rattachée au Duché de Normandie avec le Cotentin, en 933, par Guillaume Longue-Épée. Le roi danois Harold s'y installe en 946.
 Face aux menaces anglaises, Richard III de Normandie renforce les fortifications du château en même temps que celles des autres grandes places fortes du Cotentin. En 1053, la cité est l'une des quatre principales cités du duché à recevoir de Guillaume le Conquérant une rente à perpétuité pour l'entretien de cent démunis.
 Dans la lutte de succession de la couronne anglo-normande, Cherbourg assiégée se rend en 1139 après deux mois de siège aux troupes Étienne de Blois avant d'être reprise en 1142 par Geoffroy d'Anjou, dont l'épouse, Mathilde l'Emperesse, fonde trois ans plus tard l’Abbaye du Vœu.
 Lors de la conquête de la Normandie par Philippe Auguste, Cherbourg tombe sans combattre en 1204. La ville est saccagée en 1284 et 1293, l’Abbaye et l'Hôtel-Dieu pillés et incendiés, mais le château, où la population est retranchée, résiste. À la suite de ces ravages, Philippe le Bel fait fortifier la cité en 1300.
 Par sa position stratégique, à la fois clé du Royaume avec Calais pour les Français et tête de pont de l’invasion pour les Anglais, la ville est très disputée durant la Guerre de Cent Ans. Disposant de l’un des plus forts châteaux du monde selon Froissart, elle change six fois de propriétaires à la suite de transactions ou de sièges, jamais par les armes. La forteresse résiste en 1346 aux soldats d’Édouard III, est cédée en 1354 par Jean le Bon à Charles le Mauvais qui la loue en 1378 à Richard II d'Angleterre. Vainement assiégée pendant plus de six mois par Bertrand Du Guesclin cette même année, la ville est rendue par le roi anglais à la France en 1394, et échangé par Charles VI de France à Charles le Noble, héritier de Charles le Mauvais, contre le comté de Nemours, érigé en pairie en 1404. Tombée en 1418 aux mains des Anglais, Cherbourg, dernière possession anglaise du duché de Normandie après la bataille de Formigny, est libérée le 12 août 1450.
 Le 28 avril 1532, Cherbourg reçoit en grande pompe la visite de François Ier et du dauphin. À cette époque, Cherbourg nous est décrite par Gilles de Gouberville comme une ville fortifiée de 4000habitants, protégée par des ponts-levis aux trois portes principales, gardées en permanence et fermées du coucher du soleil jusqu’à l’aube. À l’intérieur des remparts, le château, lui-même protégé par de larges fossés et muni d’un donjon et de douze tours, occupait le sud-est de la ville. À l'extérieur et au sud des remparts, le faubourg, le long de la Divette, était fréquenté par les matelots.
 Cherbourg n'est pas touchée par le vent de la Réforme qui divise la Normandie, consolidé et fortement gardé par Matignon, qu'Henri III remercie de sa défense contre les troupes de Montgomery, en le nommant lieutenant-général de Normandie et gouverneur de Cherbourg en 1578, puis maréchal l’année suivante. Les bourgeois demeurent également fidèles à Henri III puis Henri IV, quand la Normandie est majoritairement tenue par la Ligue catholique.
 Pour compléter les deux ports d’envergure que sont Brest sur l’Atlantique et Toulon sur la Méditerranée, Louis XIV désire édifier un nouveau port sur les côtes de la Manche, face à l’Angleterre, afin d’héberger les navires de passage. Vauban propose en 1686 de renforcer la fortification de Cherbourg et fermer la rade de Cherbourg par deux digues, mais privilégie la Hougue pour l'établissement d'un port militaire d'envergure. Les travaux de fortifications et d’aménagement du château débutent l’année suivante mais sont arrêtés par le Roi en décembre 1688, influencé par Louvois et par crainte des attaques anglaises. En l'absence de ces fortifications, la population cherbourgeoise assiste impuissante à la destruction des trois navires de l’amiral de Tourville au terme de la Bataille de la Hougue.
 Le port de commerce creusé au niveau actuelle de la place Divette entre 1739 et 1742, est dévasté en août 1758 par une attaque anglaise sous les ordres du général Bligh et l’amiral Howe. Avec l'aménagement d'un nouveau bassin du commerce en 1769, Cherbourg – depuis longtemps port commercial de faible importance, ville sans université ni activité culturelle, régulièrement pillée, aux faibles relations avec Paris – acquiert un poids essentiel dans le Cotentin qui se traduit, à la veille de la Révolution française, par la création de réseaux de sociabilités par les bourgeois réunis en associations – comme la Société royale académique de Cherbourg en 1755 et la loge «la Fidèle maçonne». La population passe de 800 feux (4000 habitants) à Cherbourg et 95 à Octeville, vers 1715, à 7300 cherbourgeois en 1778.
 Louis XVI décide de relancer le projet d'un port sur la Manche. Après plusieurs hésitations, il est décidé en 1779 de construire une digue de 4 kilomètres de long entre l’île Pelée et la pointe de Querqueville, selon une méthode mise au point par Louis-Alexandre de Cessart, d'un môle de 90 cônes de bois de 20m sur 20, remplis de pierres liées au mortier, reliés par des chaînes de fer. Le premier cône est immergé le 6 juin 1784, et le Roi assiste le 22 juin à la mise à l'eau du neuvième cône. Mais la technique ne résiste pas aux tempêtes, et elle est abandonnée en 1788 au profit du sabordage de vieux navires de guerre et un enrochement à pierres perdues qu'avait vanté La Bretonnière. Mais la réduction des subsides et les événements révolutionnaires ralentissent les travaux, jusqu'à leur suspension en 1792.
 Le premier Consul Bonaparte veut faire de Cherbourg un des ports militaires principaux, visant l’invasion du Royaume-Uni. Il charge Joseph Cachin de la reprise des travaux de la digue, du creusement de l’avant-port militaire, et de la construction du nouvel Arsenal. Après une visite en 1811, Napoléon fait de Cherbourg une préfecture maritime, un chef-lieu d’arrondissement de la Manche et le siège d’un tribunal de première instance.
 Les travaux de la digue centrale, interrompus à nouveau entre 1813 et 1832, s'achèvent en 1853, ceux des digues de l’Ouest et de l’Est en 1895. Les bassins Charles X (commencé en 1814, 290 × 220 × 18mètres) et Napoléon III (commencé en 1836, 420 × 200 × 18mètres) du port militaire sont respectivement inaugurés le 25 août 1829 en présence du Dauphin, et le 7 août 1858 par le couple impérial. Les travaux de la digue sont conclus par la construction de la Petite rade (digue du Homet, 1899-1914, et digue des Flamands, 1921-1922).
 Les travaux du port entraînent une densification et un étalement de Cherbourg qui se modernise et s'équipe, tandis que les entrepreneurs, armateurs et commerçants locaux s’enrichissent. Village rural à l’habitat dispersé en hameaux constitués autour de grosses fermes (La Crespinière, La Prévallerie, Grimesnil, La Gamacherie…), reliés entre eux et à l’église Saint-Martin par un réseaux de chemins, Octeville devient chef-lieu de canton en 1801 (décret du 23 vendémiaire an X) et voit également sa population s'accroître par l’afflux des ouvriers venus pour construire le port de Cherbourg et travailler à l’Arsenal. Après la création de la route des Pieux (actuelles rues Salengro et Carnot), le bourg se constitue autour d’un village-rue homogénéisé puis s’urbanise au début du XXE siècle.
 Le 16 août 1830, le roi Charles X, détrôné, embarque pour l’exil au port militaire de Cherbourg sur le Great Britain, laissant la place à la Monarchie de Juillet. Après avoir vu mouiller dans sa rade le Louxor transportant l’Obélisque de Louxor en août 1833, Cherbourg accueille le retour des cendres de Napoléon en France à bord de la Belle Poule. Le 4 août 1858, une statue équestre de Napoléon, due au sculpteur Armand Le Véel, est érigée à l’occasion de la visite de Napoléon III pour l'inauguration de la ligne ferroviaire reliant Cherbourg à Paris.
 Le 19 juin 1864 a eu lieu, au large de Cherbourg, un épisode célèbre de la guerre de Sécession: le navire de guerre des Confédérés, le CSS Alabama, est coulé par le navire de l’Union USS Kearsarge après deux heures de combat (voir le Combat naval à Cherbourg), sous l’œil de milliers de spectateurs, venus en train pour l’inauguration du casino. Assistant au combat depuis un voilier, Manet l’a immortalisé dans une de ses œuvres.
 Les propriétés géographiques et techniques du port de Cherbourg attirent à partir de 1847 les compagnies maritimes reliant les ports européens à la côte est des États-Unis. Dès la fin des années 1860, les paquebots de la Royal Mail Steam Packet & Co et de la Hamburg Amerika Linie mouillent dans la rade avant de traverser l’Atlantique. Le Titanic y fait escale en 1912 pour son voyage inaugural où il embarqua 274passagers. En 1913, Cherbourg reçoit 500paquebots et 70000passagers.
 Durant la Première Guerre mondiale, le trafic est entièrement suspendu. Cherbourg devient le lieu d’arrivée du matériel et des troupes britanniques puis américaines, et de départ des permissionnaires et des blessés. Le port militaire connaît un accroissement d’activité, la garnison en poste à Cherbourg est renforcée. Les infrastructures du port sont développées pour recevoir le charbon et le pétrole nécessaire au conflit. Le trafic double, atteignant 600000tonnes en 1918.
 Le transit transatlantique reprend au lendemain de la guerre avec les compagnies transatlantiques britanniques, américaines et hollandaises. Pour accueillir au mieux les escales, la Chambre de commerce fait construire un port en eau profonde, une nouvelle gare maritime, et une zone dédiée au chargement, déchargement et stockage des marchandises sur le terrain des Mielles. Cherbourg devient le premier port de migration en Europe, et les compagnies Cunard Line, White Star Line et Red Star Line s'unissent pour bâtir l’hôtel Atlantique destiné à recevoir les émigrants avant la traversée. Dans le même temps, le centre-ville se rénove, notamment sous les projets architecturaux de René Levesque, Drancey et René Levavasseur. Mais la crise de 1929 met fin à l'apogée transatlantique.
 Les Allemands arrivent le 17 juin 1940 dans les faubourgs de Cherbourg. Le 19, le conseil municipal déclare la ville ouverte, et Erwin Rommel reçoit la reddition de la place des mains du préfet maritime, le vice-amiral Le Bigot, qui a fait détruire auparavant les sous-marins en construction à l'arsenal et le fort de l'Est.
 Quatre années plus tard, Cherbourg, seul port en eau profonde de la région, est l’objectif premier des troupes américaines débarquées à Utah Beach. La Bataille de Cherbourg doit donner aux alliés un support logistique pour le ravitaillement humain et matériel des troupes. Les troupes américaines encerclent la ville le 21 juin. Au terme de furieux combats de rue et d’une âpre résistance du fort du Roule, le général Karl von Schlieben, l’amiral Walter Hennecke et 37000soldats se rendent le 26 au général Joseph Lawton Collins. Après un mois de déminage et de réparations par le génie américain et français, le port, complètement rasé par les Allemands et les bombardements, accueille les premiers liberty ships et devient jusqu’à la victoire de 1945, le plus grand port du monde, avec un trafic double de celui de New York. C'était alors le point d'arrivée de l’essence qui traverse la Manche via l'oléoduc sous-marin PLUTO (Pipe Line Under The Ocean), et le point de départ du Red Ball Express, circuit de transport par camions vers Chartres.
 Cherbourg est rendue à la France par les Américains le 14 octobre 1945. Elle est citée à l’ordre de l’armée le 2 juin 1948 et reçoit la Croix de guerre avec palme.
 Le Redoutable, symbole de l’économie locale florissante de l’après-guerre, devenu attraction touristique en 2002.
 Les destructions se concentrent essentiellement autour du port militaire à Cherbourg, mais ont touché à 60% Octeville. Grâce à la reconstruction en urgence du port, l'activité économique reprend rapidement. Cherbourg, dirigée par l'ancien ministre SFIO René Schmitt, édifie de nombreux logements sociaux. L'essor des Trente glorieuses entraîne la modernisation de l'économie et la féminisation de l'emploi. Sous l'impulsion du général de Gaulle, Cherbourg devient à partir de 1964 le pôle de construction des sous-marin nucléaire lanceur d'engins, dont le premier, Le Redoutable, est lancé en 1967. Les CMN de Félix Amiot, spécialisées dans l'armement militaire, deviennent célèbres à Noël 1969 grâce à l’épisode des vedettes de Cherbourg.
 Constituée en 1970, la Communauté urbaine de Cherbourg regroupe autour de Cherbourg, Octeville, La Glacerie, Tourlaville, Querqueville et Équeurdreville-Hainneville.
 À partir de la fin des années 1960, l'industrie nucléaire émerge à travers les chantiers de l’usine de retraitement de la Hague et de la centrale nucléaire de Flamanville qui s'ajoutent aux sous-marins de la DCN. L'union des syndicats, militants de gauche et écologistes autour de la crainte de la «nucléarisation» du Nord-Cotentin, se cristallise en janvier 1979 lors du débarquement par le Pacific Fisher des premiers déchets nucléaires irradiés japonais. En cette veille de la décennie 1980, l'agglomération cherbourgeoise est frappée par plusieurs conflits sociaux violents, en particulier à la fermeture des usines Babcock.
 Cette dépendance de plusieurs siècles aux grandes décisions des pouvoirs publics et à l’industrie nucléaire provoque une profonde crise économique dans les années 1990. L’Arsenal réduit drastiquement ses effectifs, la Flottille du Nord (FLONOR) déménage à Brest en 1992, l’hôpital maritime ferme. UIE, Burty, CMN, Socoval et Alcatel accumulent les plans sociaux ou les fermetures. Sous l'égide de la Communauté urbaine, l'agglomération développe son offre universitaire avec l’IUT Cherbourg-Manche, l'École d'ingénieurs de Cherbourg et une antenne de l’Université de Caen qui complète l'INTECHMER et l’école des Beaux-arts.
 Les années 2000 débutent par la création d’une nouvelle commune. Cherbourg-Octeville est créée le 1er mars 2000 par la réunion de Cherbourg et Octeville à la suite du référendum local sur le «Grand Cherbourg». La ville renoue avec son identité touristique et maritime, à travers la Cité de la Mer et l’ouverture au public du Redoutable, l’accueil d'escales de croisières et d’événements nautiques, l’opération de rénovation urbaine «Entre terre et mer» mettant l’accent sur l'attractivité commerciale et touristique de la ville et sur le quartier des bassins, ainsi que l’émergence d’une spécialisation économique dans la plaisance, alors que les activités traditionnelles du port (trafic passagers, fret, pêche) sont en crise.
 Sous l’impulsion de Colbert, la corporation des drapiers fonde, le 16 avril 1668, la manufacture de draps qui produit deux milliers de pièces par an. Deux ans plus tôt, Colbert avait favorisé également l’implantation de la manufacture de verre dans la forêt de Tourlaville.
 Au XVIIIE siècle, les ressources économiques proviennent principalement du commerce maritime, de la préparation des salaisons et des travaux du port et de la digue, auxquels s’ajoute une industrie textile moribonde. À la veille de la Révolution française, on importe du sel depuis Le Croisic, du grain britannique, du charbon de terre de Littry. Les exportations se font essentiellement vers la Grande-Bretagne (draps et toiles) et les Antilles (bétail et mulets, graisse et beurre salée, salaisons, morue, draps et toile), mais aussi vers Le Havre et La Rochelle pour le bois et le charbon. Des échanges licites ou non se font également avec les îles anglo-normandes (tan, grains, laine). Les armateurs cherbourgeois sont absents de la grande pêche, notamment de celle à la morue sur les bancs de Terre-Neuve, spécialité de Granville. Les 361 ouvriers (1764) et 69 métiers (1778) de la manufacture produisent annuellement (1760) 2000 draps fins à lisière verte et blanche. Cherbourg compte aussi sept producteurs d’amidon. Ouvert en 1793 à l’emplacement de l’actuel quai Lawton-Collins, l’arsenal déménage en 1803 sur décision de Bonaparte, au sein du projet du port militaire. Construisant des navires à voile, dont le premier, le brick la Colombe, est lancé le 27 septembre 1797, puis à hélices jusqu’à la fin du XIX.me siècle, l’Arsenal se spécialise à partir de 1898, dans la construction de sous-marins. Les premiers sont le Morse et le Narval. Depuis, plus de 91 bâtiments y ont été construits.
 L’Annuaire de la Manche en 1829 mentionne dans l’agglomération plusieurs ardoisières dont le produit est parfois exporté jusqu’au Havre, deux imprimeries, deux raffineries de soude (propriétés de M. Le Couturier et de MM. Crenier et Cie produisant environ 600tonnes pour Ostende, Dunkerque, Rouen, Paris, l’Allemagne et la Russie), une raffinerie de sucre (M. Despréaux) dont les 50tonnes sont vendues dans la Manche, une fabrique de dentelles dirigée par quatre religieuses pour le compte de MM. Le Blod et Lange, et plusieurs tanneurs. Il indique que le commerce du port repose sur l’exportation de mulets à la Réunion et aux Antilles, de salaisons de porcs, d’œufs en Grande-Bretagne, de vins et eaux de vie, et de l’importation de bois scandinave, polonais et russe, de graine de lin, de chanvre. Mais son emploi comme place de guerre handicape l’essor de Cherbourg comme port commercial d’envergure, comparé au Havre. Pour ces échanges, Jean Fleury dénombre dix ans plus tard 225 à 230 navires tant français qu’étrangers, de 30 à 800 tonneaux, montés chacun de 6 à 18 hommes d’équipage. Il ajoute les constructions et armements maritimes ainsi que l’exportation de beurre de la Hague, et il évalue le total des échanges annuels entre 4 ou 5 millions de francs, dont un million pour l’exportation d’œufs vers le Royaume-Uni, et 850tonnes de salaisons.
 Au début du XXE siècle, Cherbourg est avant tout un port militaire. Le port de commerce est modeste, exportant toujours des mulets pour les Antilles et la Réunion et des produits alimentaires locaux vers la Grande-Bretagne (beurre, salaisons, œufs, bestiaux…), mais aussi des produits chimiques à base de soude extraite du varech, du granit des carrières avoisinantes, et important bois et fers du Nord, goudrons, chanvre, et denrées provenant des colonies. À cette époque le port embrasse l’épopée transatlantique. L'industrie cherbourgeoise est alors spécialisée dans la construction navale, ainsi que dans la confection de dentelles et la fabrication de cordage. La fin du XIXE siècle a également vu Cherbourg développer une industrie aéronautique, à travers la société de Félix du Temple, reprise en 1938 par Félix Amiot, autre pionnier de l’aviation pour fonder la Société aéronautique de Normandie. Peu à peu, les ouvriers développent une compétence particulière dans le travail du métal, tant pour les sous-marins de l'arsenal, que pour les avions et navires des chantiers Amiot ou les chaudières Babcock-Wilcox.
 En 1916, Nestlé a implanté à Cherbourg sa première usine française.
 Les années 1960 voient un renouveau de l’économie locale par la féminisation du travail et la chute de l’emploi agricole au profit d’une diversification des emplois et d’une industrie de pointe. En 1960, sous l’impulsion du maire Jacques Hébert, Hortson s’implante dans le quartier du Maupas. Une centaine de salariés fabriquent des projecteurs et de caméras pour le cinéma, notamment pour l’ORTF et la télévision russe. Rachetée, l’usine se spécialise sous le nom de Thomson-CSF Audiovisuel dans les caméras de surveillance et médicales, puis dans la production de circuits électroniques de terminaux d’ordinateurs pour le compte des CMN et de l’Arsenal. À partir de 1976, elle se consacre à la production de dispositifs électroniques pour faisceaux hertziens, employant 260 ouvriers en 1979 avec pour contrat les radars des Mirage F1 et les Étendard de l’armée de l’air, et culminant à 400 employés à la fin des années 1980, après son emménagement en 1987 dans une nouvelle usine modernisée à Tourlaville: pendant une décennie, l’atelier électronique s'étoffe, se complète d’une chaîne de fabrication de relais mobiles pour la télévision, et d’un atelier de traitement de surface en mécanique. Dans le cadre de la restructuration interne d’Alcatel, le site, qui compte 300 salariés, est vendu en 2002 à Sanmina-SCI qui cesse son activité en mars 2008. La Compagnie industrielle des télécommunications (CIT), fusionnée la décennie suivante à Alcatel, ouvre elle aussi dans les années 1960 une usine d’assemblage de centraux téléphoniques électroniques, à Querqueville. L’unité, visitée en tant que fleuron de l’industrie française par le nouveau président de la République en 1981, est jugée superflue après l’intégration de la branche téléphonie de Thomson à Alcatel en 1984 et subit de lourds licenciements à partir de la fin des années 1980, avant de fermer en 1997 au terme d’un dur conflit social.
 Entre les années 1970 et 1990, les deux grands chantiers du Nord-Cotentin, l’usine de retraitement de la Hague et la centrale nucléaire de Flamanville, accentuent le développement industriel d’une cité qui vit alors son âge d’or à travers ce que le journaliste François Simon nomme les «industries de mort», puisqu’environ deux tiers du tissu industriel local sont liés à la défense et au nucléaire.
 Cherbourg est aussi le berceau de la famille et de la société Halley, devenue dans les années 1960 Promodès (hypermarchés Continent, supermarchés Champion). En 1999, Promodès fusionne avec Carrefour. Les anciens bâtiments de la maison Halley sont devenus le pôle technique du lycée professionnel Cachin, avenue Aristide-Briand.
 L'économie cherbourgeoise tire de sa position maritime une grande partie de ses activités. Cherbourg dispose en effet de quatre ports: port militaire, port de pêche, port de commerce (trafic passager et marchandise transmanche) et port de plaisance.
 Affaibli depuis les années 1990, le port de commerce voit transiter 110000 camions en provenance ou en direction de l’Irlande et de Grande-Bretagne. Espéré pendant quinze ans, le projet Fastship de transport de conteneurs depuis Philadelphie (États-Unis) par navires ultrarapides est oublié au profit des autoroutes de la mer dans le cadre de l’Ena (Eurocoast Network Association), avec Cuxhaven (Allemagne), Ostende (Belgique), Rosslare (Irlande) et Ferrol (Espagne), sans plus d'effet pour le moment.
 Ces dernières années, le trafic transmanche passagers a décliné, concurrencé par le Caen-Ouistreham et le Pas-de-Calais. Le retrait de la compagnie P&O, qui desservait Poole et Southampton, a laissé à deux compagnies les liaisons transmanche: Brittany Ferries vers Portsmouth et Poole et Irish Ferries vers Rosslare (Irlande). Sur les onze premiers mois de 2007, par rapport à la même période de 2006, le trafic passagers a baissé de 3,84% à 750000 unités, tandis que le fret a perdu 4,43% points avec 87000 camions débarqués, alors qu'en 1995, le port comptait 1,7 million de passagers et 138000 camions.
 Propriété, comme le port de Caen-Ouistreham, du syndicat mixte Ports normands Associés, associant le conseil régional de Basse-Normandie et les conseils généraux de la Manche et du Calvados, le port commerce est géré par une société commune à la chambre de commerce et Louis Dreyfus Armateurs. L'implantation d'un terminal dédié au trafic de charbon en provenance d'Amérique du Sud et à destination du Royaume-Uni doit mettre fin à l'hémorragie de l'activité du port.
 La filière pêche est touchée par la crise qui affecte l’ensemble du secteur, et le port voit sa flottille diminuer.
 Cherbourg est le premier port de plaisance français en nombre de visiteurs, soit en 2007, 10117 bateaux pour 28713 nuitées en 2007, et des retombées totales évaluées à 4 millions d'euros sur l'agglomération cherbourgeoise.
 Tradition de l’industrie locale, la construction navale repose sur les deux piliers que sont la DCNS Cherbourg pour les sous-marins et les Constructions mécaniques de Normandie (CMN), célèbres pour leurs vedettes rapides. Ce secteur s'est largement restructuré au cours des vingt dernières années. L’arsenal militaire a vu le terme de la construction des sous-marins de type Redoutable et a élargi sa clientèle, jusqu’alors exclusivement la Marine nationale, avant d’être privatisé en 2007. Avec les sous-marins diesel Agosta, élaborés depuis 1994 pour le Pakistan, et le Scorpène, en collaboration avec les chantiers de Carthagène, vendus à la Malaisie, le Chili et l’Inde, 25% du chiffre d’affaires de l’établissement est d’origine étrangère. Des partenariats avec le Pakistan et l’Inde sont conclus pour que la construction se fasse à terme chez eux. Les CMN, qui employaient 1200 personnes au début des années 1980, se sont modernisées et automatisées, et comptent désormais 500 salariés. L’entreprise s'est diversifiée dans les grands yachts de luxe, sans abandonner pour autant le marché militaire, et a signé notamment des contrats avec les Émirats arabes unis et le Qatar grâce à l’homme d’affaire franco-libanais Iskandar Safa, propriétaire depuis 1992.
 Multicoque Banque Populaire, construit par les chantiers JMV
Alors que ces deux entreprises à vocation militaire ont connu des baisses de charges importantes (le nombre d’emplois à l’arsenal est passé de 6 000, dont 1000 en sous-traitance en 1988, à 2 600, dont 500 sous-traitants), des sociétés se sont positionnées sur la filière du nautisme. Ainsi, Jean-Marie Vaur Industries, filiale de CMN de 100 salariés, construit des voiliers de course. Initialement hébergé chez CMN pour construire des coques en aluminium aménagées par James Ébénistes (Saint-Laurent-de-Cuves), Allures Yachting s'est spécialisé dans les voiliers de croisière. Les chantiers Allais, de Dieppe, ont implanté une filiale, ICAN, consacrée aux bateaux civils et de plaisance.
 Un maillage de sous-traitants et spécialistes s'est constitué autour de ce pôle, à travers Ameris France (créé en 1994 sous le nom de Cap 50 export, spécialisé dans la recherche et l’approvisionnement de pièces de rechange pour navires et avions militaires), le groupe Efinor (fondé en 1988, spécialisé dans la métallurgie, le démantèlement nucléaire et l’ingénierie), MPH (aide à la maîtrise de projet, 140 employés)… À Saint-Vaast-la-Hougue, Facnor est devenu le spécialiste mondial des enrouleurs de voile.
 La Marine nationale emploie près de 3000 fonctionnaires dans l’agglomération, en particulier dans le cadre de l’administration (préfecture maritime), de la sécurité maritime (douanes, CROSS, Abeille…), du soutien logistique des forces navales françaises et étrangères de passage, et de la formation.
 La métallurgie a longtemps représenté une grande source d'emploi dans l'agglomération. Autour de l'arsenal et de ses chaudronniers, se sont constituées à partir des années 1900 plusieurs industries de travail du métal et de mécanique. C'est le cas de l'entreprise doyenne de la ville, Simon frères, fondée en 1856, passée d'atelier de mécanique à fabricant de machines agricoles à vapeur puis agroalimentaires en un demi siècle. Fabriquant des canons en 1870 et 1939, l'entreprise devient leader mondial pour les barattes et malaxeurs pour beurre industriel. De même, le fabricant de chaudières Babcock s'implante à Cherbourg dans l'entre-deux-guerres et ne ferme ses portes qu'après un long conflit social, en 1979. Plus tard, dans les années 1973, l'UIE débauche à prix d'or les ouvriers de l'arsenal pour la construction des plates-formes pétrolières, mais ferme en 1985.
 L'industrie agro-alimentaire, essentielle en Basse-Normandie, n'est pas absente du bassin d’emploi. Une ferme aquacole élève des saumons dans la rade, les abattoirs traitent le bétail d’élevage du Nord-Cotentin, et plusieurs entreprises de transformation existent. Les établissements Simon Frères (50 salariés) proposent depuis plus d’un siècle des équipements pour l’industrie cidricole et laitière.
 Alcatel disposait de deux unités dans les années 1980, l’une à Cherbourg, puis Tourlaville (anciennement Thomson CSF), l’autre à Querqueville (Alcatel CIT). Toutes deux considérées comme fleurons du groupe, spécialisées respectivement dans les faisceaux hertziens et les centraux téléphoniques électroniques. Mais Alcatel décide de fermer, en 1997, l’usine de Querqueville dont Cofidur reprend une partie des activités avec une centaine de salariés. En 2002, elle se déleste également de l’unité de Tourlaville au profit de Sanmina-SCI, qui délocalise sa production six années plus tard. Cofidur reprend l’activité service après-vente d’Alcatel, soit 5% de l’activité initiale, et quelques dizaines de salariés.
 Autres industries 
Socoval, fabricant de vêtements masculins du groupe italien Cantoni, dernière usine textile du Cotentin, emploie une centaine de salariés, depuis le plan social de 2001, qui s'est traduit par la perte d'une quarantaine de postes.
 Les partenaires économiques misent désormais sur la «maîtrise d’ambiance», c'est-à-dire la maîtrise des contaminations des procédés industriels, à travers le technopôle de Cherbourg-Normandie créé en 2001. Fort de l’expérience de travail en milieu à risque nucléaire, il veut transférer ces compétences aux industries agroalimentaires, électroniques et pharmaceutiques. Deux formations ont été conçues à cet effet: un BTS en maintenance nucléaire au lycée Tocqueville et un DESS de maîtrise d’ambiance à l’école d'ingénieurs de Cherbourg.
 La première course de trot organisée en Normandie s'est déroulee à Cherbourg en septembre 1836 sur la plage (disparue) le long du boulevard maritime, à l’initiative de l’officier de haras Éphrem Houël. Les courses s'installent en 1931 sur l’hippodrome de la Lande Saint-Gabriel, œuvre de René Levavasseur, à Tourlaville et à l’hippodrome de La Glacerie à partir de 1990.
 En football, l'Association sportive de Cherbourg Football évolue en CFA, et reçoit au stade Maurice-Postaire. Le club présente également deux autres équipes senior masculines en ligue de Basse-Normandie, et une féminine à 7 en division de district.
 Cherbourg accueille régulièrement les étapes de compétitions de voile comme la Solitaire du Figaro, la Course de l'Europe, le Challenge Mondial Assistance, le Tour de France à la voile, la Tall Ships' Race… À partir de 2009, elle devrait accueillir l’arrivée de La SolOcéane, course bisannuelle reliant la Basse-Normandie à la Nouvelle-Zélande.
 Personnalités liées à la commune :
 Jean Marais (1913-1998), acteur, comédien et cascadeur;
 Roland Barthes (1915-1980), sémiologue;
 Jean-Charles Tacchella (1925-), cinéaste, auteur de Cousin, cousine (1975);
 Maurice Séveno (1925-), journaliste, ancien présentateur du journal télévisé, et homme politique;
 Annie Saumont (1927-), écrivaine, lauréate du prix Goncourt de la nouvelle en 1981;
 Jacques Rouxel (1931-2004), dessinateur, créateur des Shadoks;
 Michel Besnier (1945-), écrivain;
 Billy Bridge (1945-1994), chanteur qui a importé le madison en France dans les années 1960;
 Patrick Thuillier (1951-), poète;
 Daniel Lacotte (1951-), écrivain;
 Halvard Mabire (1956-), navigateur;
 Élisabeth Ballet (1957-), sculptrice;
 François Galgani (1958-), océanographe;
 Joseph de Metz-Noblat (1959-), évêque de Langres;
 Rosette (1959-), actrice de cinéma;
 Olivier Thiébaut (1963-), écrivain et illustrateur;
 Wilfried Gohel (1968-), footballeur professionnel;
 Laurent Leflamand (1968-), rugbyman;
 Françoiz Breut (1969-), chanteuse;
 Julie Raynaud (1971-), animatrice TV;
 Émilie Loit (1979-), joueuse de tennis;
 Julie Quéré (1982-), comédienne;
 Amaël Moinard (1982-), coureur cycliste;
 Élodie Godin (1985-), basketteuse;
 À l’origine du port militaire, Napoléon Ier (1769-1821), qui visite la ville en 1811, «revient» à Cherbourg en 1840 lors du retour de ses cendres en France, à bord de La Belle Poule, avant de rejoindre les Invalides.
 Port transatlantique du XXE siècle, Cherbourg voit arriver les stars hollywoodiennes, comme Charlie Chaplin, organisant à sa descente de bateau en 1952 dans la gare maritime une conférence de presse critique envers l’Amérique maccarthiste qu’il vient de quitter; le port voit embarquer pas mal de personnalités connues, dont l’homme d’affaires Benjamin Guggenheim (1865-1912) pour son voyage fatal sur le Titanic. Le cinéma donne ensuite une autre notoriété durable à Cherbourg, par les images de Jacques Demy (1931-1990) et la musique de Michel Legrand (1932-), pour Les Parapluies de Cherbourg. Peu auparavant, Frida Boccara (1940-1996), connaît un grand succès en 1961 avec sa chanson Cherbourg avait raison. Les lettres ne sont pas en reste avec l’académicien Georges Grente (1872-1959), supérieur de l’Institut Saint-Paul, et Ernest Psichari (1883-1914), militaire et écrivain, dont le séjour en garnison à Cherbourg en 1914 au 2e régiment d’artillerie coloniale inspire L'Appel des armes.
 Chervbourg et le cinéma :
 Les Parapluies de Cherbourg (1964), de Jacques Demy, avec Catherine Deneuve
La Course à l'échalote (1975), de Claude Zidi, avec Pierre Richard et Jane Birkin
Les Routes du sud (1978), de Joseph Losey, avec Yves Montand
Le Rayon vert (1986) d’Éric Rohmer
Foon (2005), réalisé en partie à l’EICAR-Cherbourg
La Boîte noire (2005), de Richard Berry
Lili et le baobab (2006), de Chantal Richard, avec Romane Bohringer
Rumba (2008), de Fiona Gordon, Dominique Abel et Bruno Romy…
Deux jours à tuer (2008), de Jean Becker, avec Albert Dupontel
Q (2011), de Laurent Bouhnik
Grand port de pêche, Cherbourg-Octeville offre une grande variété de poissons (limande, bar, plie, maquereau, raies, bar, surmulet, colin, limandier, roussette…), crustacés (dormeur, araignée, homard) et coquillages (Saint-Jacques, pétoncle, moules), pêchés au large du Cotentin[. On nomme demoiselles de Cherbourg des petits homards. Cherbourg se situe également à proximité de trois zones conchylicoles (Blainville, Saint-Vaast et Isigny). La préparation la plus traditionnelle est la matelote. Alexandre Dumas présente également la recette de la «queue de merlan à la mode de Cherbourg», au beurre et aux huîtres.
 À partir de 1464, les boulangers de Cherbourg détiennent l’autorisation royale d’élaborer leurs pains à base d’eau de mer, évitant ainsi de payer le sel et la gabelle. À l’occasion de la visite de Napoléon Ier, ils auraient créé le pain plié, boule de pain de campagne, ovale, qui est repliée sur elle-même pour être cuite, offrant ainsi une mie plus serrée, en forme de bicorne qui lui vaut d’être appelé «pain Napoléon». Fleury indique qu’au début du XIXE siècle, la nourriture principale du Nord-Cotentin est le pain d’orge, la bouillie de sarrasin et les produits à base de porc, ainsi que, les jours de fête, la galette, «sorte de pâte composée de farine de sarrasin, de lait et d’œufs, et cuite en couches minces sur la tuile avec du beurre», arrosée, bien sûr, de cidre.
 L'agglomération est située dans les zones AOC du Pont-l'évêque et du Camembert de Normandie ainsi que, partiellement, du Calvados, du Pommeau de Normandie et du cidre de Normandie. Elle bénéficie également de l’IGP du cidre de Normandie, du porc de Normandie et des volailles de Normandie. Plus largement, la cuisine du Nord-Cotentin est celle de la Normandie, dans laquelle dominent les produits laitiers (beurre, crème, lait, fromages…) et la pomme (comme fruit ou comme alcool).
 Depuis 2010, le restaurant le Pily, du valognais Pierre Marion, détient une étoile au guide Michelin.
 Le Théâtre à l’italienne est l’un des derniers théâtres à l’italienne construits en France (1880). Inauguré en 1882, il a été édifié sur les plans de Charles de Lalande, à l’emplacement des halles à grain. La façade rend hommage à Molière, Boïeldieu et Corneille. Elle est classée monument historique depuis 1984 avec ses deux retours latéraux et les toitures correspondantes; sont également classés le vestibule, le grand escalier, la salle et le foyer, ainsi que les 13 décors originaux. Le plafond est l’œuvre de Georges Clairin. Avec trois galeries, il accueille jusqu'à 600 spectateurs.
 La fontaine Mouchel, du nom du mécène et directeur du journal Le Phare de la Manche, s'élève au centre de la place de Gaulle. Fontaine monumentale en fonte, elle a été créée par Louis Eugène Gutelle en 1895.
 L’Hôtel Epron de la Horie (du nom du vice-amiral et ministre de la marine Jacques Epron de la Horie, propriétaire sous le Premier Empire) ou de l’ancienne douane est situé à l’angle de la rue du Val de Saire et du quai de l’Ancien arsenal. Construit en 1781 par Jacques Martin Maurice, «entrepreneur des ouvrages du Roi» en schiste (couverture et corps de bâtiment) et briques rouges (encadrement des fenêtres), il est inscrit aux monuments historiques depuis le 16 février 1965. Successivement caserne des Suisses, hôpital auxiliaire des travaux de la rade, demeure des armateurs Richer, Cousin, Despréaux, Lias au XIXE siècle et hôtel des douanes durant l’Entre-deux-guerres, il abrite aujourd'hui le siège de la Caisse d’épargne.
 L’ancienne gare maritime est le plus grand monument français d’Art déco. Construite par René Levavasseur à partir de 1928 et inaugurée en 1933 par le président Lebrun, elle pouvait accueillir deux paquebots simultanément. Inscrite au titre de monument historique en 1989 et 2000, elle a été réaménagée pour devenir en 2002 un complexe océanographique, la Cité de la Mer, au sein duquel se visite le SNLE le Redoutable, et accueillir depuis décembre 2006, un terminal croisières.
 L’hôtel Atlantique, face à la gare maritime, a également été construit par René Levavasseur en fer et ciment armé dans le style Art déco pour les trois compagnies transatlantiques qui desservaient Cherbourg, la Cunard Line, la White Star Line et la Red Star Line, regroupées dans la Société anonyme de l’Hôtel Atlantique. Il accueillait sur 5400m², les émigrants (voyageurs de troisième classe), principalement de l’Europe de l’Est, qui y séjournaient en moyenne 12 jours pour subir les contrôles sanitaires et douaniers. Le bâtiment comprenait ainsi un quartier pour infectés et un quartier pour désinfectés, avec une capacité de 2000 personnes. Débuté en 1920, ouvert en 1926, il ferme huit ans plus tard. Réquisitionné sous l’Occupation puis à la Libération, il est acheté par Félix Amiot pour y loger certains des salariés de ses chantiers. Il accueille depuis 1991 les services de la Chambre de commerce et d'industrie de Cherbourg-Cotentin. Le pavillon central est inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis octobre 2001.
 Les statues de Thémis et Minerve, déesses romaines de la Justice et de la Guerre, de Houdon et Roland qui étaient entreposées dans la cour du Palais Bourbon depuis leur remplacement sur le frontispice de la Chambre des députés par des moulages lors de la rénovation de la façade, sont offertes à la ville en juin 1989, par le truchement d’Olivier Stirn, ministre du Tourisme, et président de la Communauté urbaine de Cherbourg. Après restauration par Pierre Bataille, elles sont placées en 1990 et 1993 chacune sur un rond-point, la Minerve de Philippe-Laurent Roland, près de la Cité de la Mer, la Thémis de Jean-Antoine Houdon, au pied de la Montagne du Roule. Sculptées vers 1810, elles sont classées monuments historiques depuis juin 1990.
 L’hôtel de ville a été construit au début du XIXE siècle; il a été agrandi à deux reprises en 1850 par une aile sud-ouest formant un L avec le premier bâtiment, puis sous le Second Empire (salon de l’Impératrice), et remanié après la Libération. À l’intérieur, un escalier dessert le Grand salon et le salon de l’Impératrice, qui abrite les portraits de Napoléon III et d’Eugénie par Winterhalter, avec – entre les deux – une pièce en rotonde aux peintures de Michel-Adrien Servant rappelant les grands événements de l’histoire de la ville; dans la salle du conseil se trouve depuis 1858 la cheminée du XVIE siècle du logis abbatial de l’abbaye Notre-Dame du Vœu, achetée par la municipalité en 1841 et classée monument historique depuis 1905. Les trois salons et l’ escalier sont inscrits depuis le 13 août 2004.
 L’hôpital maritime, ancien centre hospitalier régional des Armées René-Le-Bas, construit sur décision de Napoléon III et inauguré le 15 février 1869, a été désaffecté en 2000 et réhabilité en pôle universitaire et culturel en 2002. Les bâtiments de style Napoléon III sont entourés d’un grand parc.
 Les quais et le port Chantereyne s'animent régulièrement de nombreuses manifestations temporaires: escales de paquebots prestigieux (Queen Elizabeth 2, Queen Mary 2…), armada, courses à la voile… Les quais ont été aménagés en 1994 avec les éclairages de Yann Kersalé. Le port de plaisance, premier port d’escale français, s'étend au-delà de la «plage verte», ancienne plage réaménagée en pelouse après la création du port. Les équipements de plaisance et de loisirs y sont implantés (piscine, patinoire, bowling, services aux plaisanciers…). Dans le bassin du commerce mouille le Jacques-Louise, dernier chalutier en bois construit aux chantiers navals Bellot de Cherbourg en 1959, ancien Ruban bleu cherbourgeois, désarmé en 1991, inscrit en 1996, puis classé monument historique en 1999. Chalutier en bois de chêne de l’Orne, conçu pour la pêche latérale au large, il est ouvert au public depuis l’été 2004.
 La statue équestre de Napoléon Ier se trouve face à la basilique, sur la place Napoléon. Œuvre d’Armand Le Véel, elle représente l’Empereur contemplant la rade et le port militaire. Sur le socle, on peut lire un extrait du Mémorial de Sainte-Hélène, daté du 15 juillet 1816: «J'avais résolu de renouveler à Cherbourg les merveilles de l’Égypte», c'est-à-dire une pyramide avec le fort central et un nouveau lac Moéris pour l’avant-port creusé dans le roc. La statue érigée en 1858, à l’occasion de la visite de Napoléon III, rappelle l’importance de l’Empereur dans l’expansion de Cherbourg. Autour de ce monument emblématique de la ville, inscrit en août 2006 puis classé monument historique le 31 janvier 2008, s'étend la Plage verte, ancienne plage artificielle jusqu’à l’après-guerre, qui longe le port de plaisance.
 Le monument du duc de Berry, place de la République, commémore le débarquement du fils du futur Charles X, de retour en France sur la frégate britannique l’Eurotas le 13 avril 1814, après la chute de l’Empire. Achevée en 1816, il est formé d’un obélisque de vingt-cinq pieds en granit rose de Flamanville, surmontant une fontaine de granit gris, où quatre têtes de lions en bronze crachent l’eau dans un bassin creusé dans le même bloc.
 Le buste du colonel de Bricqueville, sur le quai de Caligny, a été inauguré le 12 mai 1850 en hommage au colonel des dragons impériaux et député bonapartiste de Cherbourg mort en 1844. Ce buste en Hermès d’1,45 mètre est un bronze de David d'Angers posé sur une colonne de 4mètres en granit de l’architecte Lemelle, sur laquelle on peut lire le nom de quatre batailles où Bricqueville s'est illustré: Wagram, Krasnoï, Anvers et Versailles. Deux reliefs de bronze évoquant le militaire (un sabre) et le parlementaire (une tribune), ont été fondus par les Allemands en 1944. Le monument est inscrit aux monuments historiques depuis août 2006.
 La statue de Jean-François Millet, inaugurée dans le jardin public le 22 septembre 1892, pour le centenaire de la Première République, honore le «peintre des paysans», élève au musée de Cherbourg. Financée par une souscription lancée par la municipalité en 1886 reprise par les milieux parisiens, la réalisation du buste en marbre (1,05mètre de haut) est confiée à Henri Chapu; à sa mort, elle est achevée par son élève Jean-Ernest Bouteiller qui lui adjoint le groupe allégorique en bronze (2,95mètres de haut) d’une paysanne portant sa fille dans les bras et déposant des fleurs des champs sur le buste, appuyée sur le piédestal et sur des rochers en granit (4,45mètres de haut, 2,55mètres de large, 2,6mètres de profondeur). Le monument est inscrit depuis août 2006.
 Le monument aux morts Surcouf, inauguré au bout de la jetée du port de plaisance le 23 septembre 1951, par le général de Gaulle, commémore le souvenir des 130 marins du sous-marin des Forces navales françaises libres, construit à Cherbourg et coulé le 18 février 1942 dans le Pacifique.
 La rade de Cherbourg est la plus grande rade artificielle du monde. Commencée en 1783, la digue centrale a été achevée en 1853 et pourvue de trois forts en 1860. Construite à 4km de la côte, la digue du large mesure 3640m, avec une largeur moyenne de 100m à sa base et 12m à son sommet, et une hauteur de 27m. L’ensemble des trois digues fait plus de 6 kilomètres.
 Le fort de l’Île Pelée, élément défensif de l’est de la digue, a été conçu par Ricard et Decaux et construit entre 1777 et 1784. Il a été nommé fort Royal, fort National, fort Impérial, avant de prendre le nom de l’île sur lequel il a été construit. Il a servi de prison durant la Révolution.
 Le Fort du Roule (Musée de la Guerre et de la Libération) se trouve sur la montagne du Roule. Emplacement depuis 1650 de l’ermitage de Notre-Dame de Protection, abandonné à la Révolution, rasé en 1870, ce point culminant de la ville (117m) accueille en 1793 une redoute pour protéger la rade. En 1853, on bâtit le fort actuel. Lieu des derniers combats en 1940, il est renforcé par les Allemands en 1943 par une batterie située sur le flanc dominant la rade, au-dessous du fort. Composée de quatre casemates pour canons de 105mm et un poste de direction de tir, avec plusieurs tunnels souterrains et accès creusés dans la roche, elle devient pour les Allemands le point fort de la «forteresse de Cherbourg» et du Mur de l'Atlantique. Le 6 juin 1954, René Coty y inaugure le premier musée français de la Libération. Au bout d’une route en lacet nommée «chemin des Résistants», le fort offre un panorama sur l’agglomération et la rade. La batterie et une partie des tunnels de stockage des munitions allemandes ont été classés monument historique en 1995, et une autre partie des souterrains est aménagée en laboratoire de mesure de la radioactivité pour l’École d’application militaire de l’énergie atomique.
 L’abbaye Notre-Dame du Vœu est fondée en 1145, sur la côte d’Équeurdreville, à la Croûte du Homet, par impératrice Mathilde. Située hors des remparts de la ville, elle est régulièrement pillée et brûlée lors des incessantes batailles franco-anglaises, puis lors des guerres de religion. Soumise au régime de la commende en 1583, elle décline progressivement jusqu’à sa fermeture en 1774. Ses terrains sont annexés en 1778 pour la construction du port militaire, et elle devient résidence du duc d’Harcourt, abritant le Roi en 1786. Le lieu est ensuite transformé en hôpital, en bagne, et en caserne Martin-des-Pallières pour l’infanterie de marine. La cité ouvrière Chantereyne s'y érige en 1928, jusqu'à sa destruction en juin 1944. Rachetée par la mairie en 1961, l’abbaye est lentement restaurée depuis 1965. La grande cheminée de la maison abbatiale (XVI.me siècle) est conservée dans la salle du conseil de l’Hôtel de ville, le portail occidental de l’église (XIII.me siècle) est placé dans le jardin public. Ont été classés les restes de la caserne Martin-des-Pallières en 1913, puis l’ensemble des bâtiments, vestiges et sols de l’abbaye, en septembre 2002. La dalle funéraire de Guillaume de Margerai, prêtre de Querqueville, mort dans les années 1280, mise au jour, a été classée monument historique en 1995.
 La basilique Sainte-Trinité, débutée au XIE siècle à la demande de Guillaume le Conquérant, reste la seule église paroissiale de la ville jusqu’au XIXE siècle. L’église seigneuriale dédiée à Notre-Dame au sein du château est détruite comme la forteresse, au XVIIE siècle. La Trinité est agrandie et transformée de manière importante au XIIIE siècle, la nef est reconstruite, le chœur et le clocher relevés, après 1450. Après un saccage de janvier 1794, on lui adjoint un nouveau clocher carré de 26mètres en 1828 et on la restaure dans le style néo-flamboyant en 1865. Inscrite aux monuments historiques depuis mars 1944, la Trinité possède un riche mobilier cultuel, dont un maître-autel de 1809, une chaire en bois sculptée de Pierre Fréret (1767), un retable d’Armand Fréret (1814) et les grandes orgues de Cavaillé-Coll.
 L’église Notre-Dame du Roule a été bâtie au pied de la montagne du Roule entre 1832 et 1842 sous l’impulsion du «poète-barbier» Michel Legoupil et par la souscription des fidèles de ce quartier périphérique du Roule qui croît, comme les quartiers du Vœu et de la Polle.
 L’église Notre-Dame du Vœu, débutée en 1850 sur souscription des paroissiens et selon le style roman en raison de la faiblesse des ressources, est érigée sur un herbage, dit «les briques», offert par M. de Virandeville. En 1855, la municipalité complète la nef inaugurée en 1852 par un transept et un chœur plus ouvragés, et en 1862 par la façade et les deux clochers. Ouvrage de 61,5mètres de long, l’église abrite un grand orgue de Duputel (1885), classé monument historique depuis 1990 et des vitraux de 1834, 1858-60 et 1949-58.
 L’église Saint-Clément a été édifiée au sein du quartier du Val-de-Saire, face à l’hôpital Pasteur, entre juin 1853 et 1856 par l’architecte de la ville Geufroy. Longue de 52mètres, elle est d’inspiration gréco-romaine, avec un porche au fronton triangulaire supporté par quatre colonnes à chapiteaux doriques. Elle abrite les autels de la Vierge (1863) de François Fréret et de Saint-Clément (1864) de Louis-Victor Fréret, rachetés à la basilique Sainte-Trinité en 1846, un orgue (1881), la peinture des douze apôtres (1935) de Rocher de Césigné et des vitraux (1953) de Mauméjean.
 L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, sur le secteur d’Octeville, a été construite entre 1967 et 1969 alors que le «grand ensemble» des Provinces voyait le jour. L’architecture moderne triangulaire et irrégulière de Paul Vimond symbolise «la tente de Dieu au milieu des maisons des hommes», un art sacré inspiré par le concile Vatican 2 (1962-1965). Une autre église a été construite sur Octeville dans ces années: l’église Sainte-Marie-Madeleine-Postel ouverte en 1966 dans le quartier des Fourches et désaffectée en 1990.
 L’église Saint-Martin d'Octeville, datant du XIIE siècle, est l’église paroissiale historique d’Octeville qui dépendait de l’abbaye Notre-Dame du Vœu. Romane, elle a un clocher octogonal en batière. La nef a été réaménagée au XVIIIE siècle. Un bas-relief représentant la Cène est classé monument historique depuis 1908.
Nous déambulons quelque peu autour des bassins du port, nous pénétrons dans la ville en empruntant des rues piétonnes, nous faisons une halte sur une place, où la terrasse d’un bar nous tend ses bras, nous y prenons un pot. Nous continuons notre découverte de Cherbourg, nous passons devant la mairie, sur la place de laquelle est érigée une statue équestre de Napoléon. Ensuite, nous lançons notre dévolu sur la brasserie du commerce, où nous allons nous restaurer. C’est à la nuit tombante, que nous quittons la table du restaurant, pour rejoindre le véhicule, nous sommes obligés de faire une petite balade digestive. Nous voici arrivés au parking, notre mission est accompli, nous n’avons pas libéré Cherbourg, mais nous avons été conquis par Cherbourg. Pour ce faire, nous avons tout de même parcouru 20 kilomètres au cours de toute la journée. Pour regagner Valcanville, où nous résidons, nous empruntons la voie rapide qui nous conduit à le Vast et ses chutes de la Saire, qui se trouve à quelques kilomètres de notre logis.

Jour 10 : Quelle nuit, ce sont des trombes d’eau qui ce sont abattues sur le Cotentin, mais à notre réveil, comme miracle le ciel s’est dégagé et le soleil pointe son nez. C’est le retour au pays de Bray, la région rouennaise par conséquence. Nous prenons la direction de Saint-Marcouf, à quelques kilomètres de Valcanville, nous faisons une halte à la colline qui domine le village de la Pernelle, dont voici la présentation :
La Pernelle est une commune française, située dans le département de la Manche en région Basse-Normandie, peuplée de 244 habitants (les Pernellais). La commune s’étend sur 7 kilomètres carrés, et s’étale entre 0 et 121 mètres d’altitude.
 Selon René Lepelley, le toponyme précédé de l'article féminin équivaut à l'évocation d'une sainte. Pernelle est l'équivalent de Pétronille, du nom de sainte Pétronille, vierge et martyre légendaire du Ier siècle. L'église et la paroisse lui sont dédiées.
 La commune est décorée de la croix de guerre 1939-1945 par décret du 11 novembre 1948.
 La mairie, l'une des plus petites de France. Elle offre un large panorama sur la côte nord-est du Cotentin, en particulier du phare de Gatteville jusqu'à Saint-Vaast-la-Hougue. Il s'agit d'un ancien poste de garde anglais du XVE siècle qui fait l'objet d'une inscription au titre des Monuments historiques depuis le 5 mai 1975.
 L'église Sainte-Pétronille, dont le clocher est inscrit au titre des Monuments historiques depuis le 5 mai 1975.
 Le manoir d'Ourville, du XVIesiècle, au titre des Monuments historiques depuis le 3 juillet 1975.
 La grotte pratiquée en 1928 dans les rochers que surplombe l'église pour y placer une statue de Notre-Dame-de-Lourdes, essai de reproduction de la grotte de Massabielle de Lourdes. Elle fait l'objet d'un pèlerinage populaire annuel en août.
Nous gravissons la colline en voiture pour aller admirer le paysage, depuis son belvédère. Sur le site, on découvre la minuscule mairie de la Pernelle, la grotte dédiée à Sainte-Bernadette et l’église qui est assez imposante. On s’y réfugie, car un gros nuage noir a la bonne idée de se déverser sur le monticule. Une fois l’averse passée, nous pouvons nous rendre au belvédère, pour y contempler le paysage perché sur notre observatoire qui culmine à 121 mètres au-dessus du niveau de la mer. On y découvre l’île de Tatihou, Barfleur et l’immensité de la mer. Après notre bol d’air marin du matin, nous reprenons la route. Nous passons à Guettehou, Mondebourg et Sainte-Mère église où nous faisons un arrêt. Nous déambulons dans les rues de la petite commune, connue mondialement pour son parachutiste américain. Il est resté accroché au clocher de son église, lors du parachutage dans l’arrière pays normand en juin 1944. Le soleil a réapparu, mais nous n’avons pas le temps de lézarder, la route est encore longue. Nous voici à Carentan, la capitale des marais du Cotentin et du Bessin, La ville compte 6000 habitants, elle se trouve dans la Manche, mais à quelques kilomètres seulement du département du Calvados. Nous passons sous un pont canal, nous décidons de faire la découverte d’Isigny-sur-mer, dont voici la présentation :
Isigny-sur-Mer est une commune française, située dans le département du Calvados en région Basse-Normandie, peuplée de 2798 habitants (les Isignais). La commune s’étend sur 17 kilomètres carrés, et s’étale entre 0 et 37 mètres d’altitude.
 Au fond de la baie des Veys, Isigny est un important centre laitier, connu pour son beurre et sa crème AOC, ainsi que pour ses fromages (mimolette, pont-l’évêque, camembert, trésor d’Isigny, etc.) fabriqués à la coopérative «Isigny Sainte Mère». Depuis la deuxième moitié du XX.me siècle, l’ostréiculture est largement développée à proximité dans la baie des Veys. 
Le territoire d'Isigny-sur-Mer est bordé à l'ouest par la Vire et au nord par son ultime affluent, l'Aure, qui arrose le bourg.
 Bourg de moyenne importance favorisé par sa situation géographique, son histoire se confond avec l’activité économique. L’industrialisation de la transformation laitière de développe dès le début du XIX.me siècle, et conduit à la création de plusieurs usines notamment par la dynastie des Dupont d’Isigny qui se diversifieront avec la création des fameux caramels d'Isigny. Puis ce sera la Coopérative laitière d’Isigny qui tiendra le haut du pavé. Parallèlement, les foires agricoles et les marchés feront d’Isigny un centre réputé.
 La ville fut desservie par les chemins de fer du Calvados, une compagnie de chemin de fer secondaire, dont les rames circulaient dans les rues et places de la ville
Le port, souvent oublié, connut une activité importante: accueillant le petit cabotage, il permit de maintenir et de développer des activités commerciales et industrielles (importation de bois du nord, exportation de beurre et de charbon de la mine de Littry). La pêche y tint un rôle important jusqu'à la fin des années 1970 (pêche aux moules, le fameux «Caïeu d'Isigny», et aux coques à partir de petites embarcations, les picoteux, armées par les pêcheurs du quartier des Hogues).
 Détruite à plus de 60% par deux vagues de bombardements le 8 juin 1944, Isigny fut presque entièrement reconstruite. Le général de Gaulle rendit visite à ses habitants le 14 juin 1944 et le 16 juin 1946.
 En 1924, Isigny devient Isigny-sur-Mer.
 La ville d'Isigny est la commune originaire de la famille de Walt Disney. Le nom «d'Isigny» s'étant au fil des générations transformé en Disney.
 Isigny est célèbre pour les produits du terroir fabriqués à partir du lait, comme le beurre et la crème qui bénéficient d'une AOP, et les caramels. Plusieurs entreprises agro-alimentaires fabriquent ces produits parmi lesquelles Isigny Saint Mère (beurre et crème) et Dupont d'Isigny (caramels).
 Les monuments :
 Église Saint-Georges du XIIIesiècle.
 L’hôtel de ville se trouve dans un château du XVIIIesiècle, style Louis XVI.
 Chapelle Saint-Roch (XVIesiècle).
 Les ancêtres de Walt Disney étaient établis dans cette bourgade avant de partir pour l'Angleterre; Disney — prononcé /ˈdɪzni/ — est d'ailleurs l'anglicisation de d'Isigny.
Nous flânons quelque peu dans la ville, nous contemplons la magnifique mairie, puis nous allons visiter l’église. C’est sous un soleil éclatant, mais un vent violent, que nous reprenons la route. Nous sommes en direction de Bayeux, qui se trouve à une trentaine de kilomètres d’Isigny-sur-mer. Sur notre gauche nous apercevons le cimetière militaire allemand de la Cambe, nous sommes à la hauteur de la plage de Omaha Beach, qui était séparée de Utah Beach par la pointe du Hoc. Nous passons sur les rivières Drôme, l’Aure, la Seulles puis l’Orne, nous sommes à Fleury-sur-Orne. Nous contournons Caen, puis nous abordons le pays d’Auge :
Auge région du bocage normand, entre la vallée de la Touques et celle de la Dives (dite vallée d'Auge). Import. élevage bovin; produits laitiers: camembert, livarot, pont-l'évêque; cidre.
Nous sommes sur l’autoroute A13, nous passons les sorties de Pont-évêque, puis de Deauville-Trouville, Puis nous voici à la sortie de Honfleur. Nous franchissons le pont de Normandie, nous passons donc du Calvados à la Seine-Maritime, mais aussi de la Basse-Normandie à la Haute-Normandie. Nous voici entrain de contourner le Havre, nous passons le grand puis le petit canal du Havre. Nous voici dans le pays de Caux, nous longeons la côte d’albâtre. Le soleil est toujours présent, mais le vent est toujours aussi fort. Il est 17 heures quand nous arrivons au pays de Bray, où nous allons passer la nuit.

Jour 11 : C’est notre remontée de la Seine, nous mettons le cap sur Rouen, Mantes-la-Jolie, Versailles puis l’Essonne où nous y passerons la nuit.

Jour 12 : Il est 11 heures 30 quand notre TGV démarre de la gare de Massy TGV, et à 15 heures 30, nous mettons les pieds sur les quais de la gare Montpellier Saint-Roch.

Ce fut pour nous une nouvelle découverte des Normandies, que nous avions déjà sillonné dans des séjours précédents. Comme Rouen et son armada, Caen, les plages du débarquement et le mont saint-michel bien sûr. Pour en terminer avec les Normandies, il nous manque la découvert de l’Orne et de l’Eure, ainsi que celle de la presqu’île de la Hague. Les pays de Bray et de Caux sont différents, mais chacun d’eux à son charme. Quant à la découverte de la Manche et du Cotentin, que nous n’avions jamais visité, a été un vrai régal. Certes la pluie a fait quelques apparitions, mais que serait la nature normande sans son arrosage naturel presque quotidien. Le séjour fut parfait, grâce à notre entourage familial et au travail de terrain de nos 2 conducteurs.

Michel Michelland

Presqu'île sur une péninsule, à la pointe nord-ouest du Cotentin, le cap de la Hague offre des paysages remarquables et sauvages et a gardé, pour l'essentiel, ses villages et son habitat traditionnel. Le site abrite l'usine de retraitement de déchets nucléaires souvent nommée simplement «La Hague».
Le doyenné de la Hague était délimité au sud par la rivière Diélette (qui se jette près du cap de Flamanville, à l'est la rivière Divette (qui se jette dans la mer à Cherbourg-Octeville) et à l'ouest et au nord par la mer de la Manche. Ainsi, outre les vingt paroisses de l'actuel canton de Beaumont-Hague, il comprenait également Siouville-Hague, Héauville, Teurthéville-Hague, Sideville, Nouainville, Querqueville, les paroisses d'Équeurdreville et Hainneville, et Octeville. Aujourd'hui, seule la communauté de communes de la Hague, unique intercommunalité à être entièrement sur ce territoire, communique sur ce nom.
 Il s'agit donc d'une petite péninsule à l'angle nord-ouest de la péninsule du Cotentin et du département de la Manche, avec deux caps remarquables:
 le cap de la Hague au sens strict, à Auderville, avec le port de Goury et son phare
le nez de Jobourg, aux roches datant du Précambrien (deux milliards d'années).
 La Hague présente un littoral varié: falaises abruptes (entre Urville-Nacqueville et Omonville-la-Rogue, et entre Auderville et Vauville), au pied desquelles se trouve une succession de baies, grandes plages (Urville-Nacqueville et à Vauville), îlots et platiers rocheux (cap de la Hague, pointe de Jardeheu, Saint-Germain-des-Vaux…), massifs dunaires (Biville), grèves de galets (Anse Saint-Martin), marais arrière-littoraux (Mare de Vauville) et vallons boisés (Hubiland, Sabine…). La côte est également agrémentée de petits ports (Goury, le Houguet, Port Racine, Port du Hâble…) et de mouillages.
 La proximité de la mer et l'influence du Gulf Stream font que la région ne connaît généralement pas le gel. C'est donc un lieu important pour les oiseaux migrateurs en hiver (mare de Vauville), les bécasses. Le jardin botanique de Vauville expose de nombreuses plantes de l'hémisphère sud.
 Elle est séparée des Îles Anglo-Normandes par le Raz Blanchard. Le littoral haguais est protégé au titre de la loi du 2 mai 1930 relative à la protection des monuments et sites naturels, depuis la vallée du Hubiland (Urville-Nacqueville) jusqu'aux dunes de Biville, à l'exception de l'anse des Moulinets, où se situent les installations de l'usine de retraitement de la Hague. Il fait partie de l'opération Grand site national, le Conservatoire du littoral a engagé une politique intense d'acquisition (aujourd'hui 50% des côtes lui appartiennent). La côte est longée par le sentier des douaniers (GR 223). On y a trouvé des roches parmi les plus anciennes d'Europe ( gneiss icartiens plus de deux milliards d'années).
 La péninsule haguaise est principalement un pays de landes (et de bocage à l'intérieur des terres), formées de fougères, bruyères, genêts, ajoncs (de Le Gall et d'Europe)… Sur la côte, on trouve dans les haies aubépines, chênes, frênes, sycomores, sureaux. Il existe également une concentration d'ormes dans les haies de la côte nord, malheureusement très atteints par la graphiose.
 Les falaises sont recouvertes de lichens, noirs et orangés, de salicornes, d'asperges prostrées, de statices de l'ouest et de carottes à gomme. Les corniches accueillent pelouse rase, arméries et Silènes maritimes. Aux abords des plages sont présents le chou marin, objet d'une protection, la véronique en épi, l'Œillet de France.
 Dans les jardins protégés des vents marins par de hauts murs, on trouve traditionnellement nombres d'hortensias, des camélias, et quelques palmiers. La Hague possède plusieurs réserves ornithologiques (le Nez de Jobourg, les Herbeuses...), où se côtoient les goélands (argentés et marins), les fous de Bassan, les grands corbeaux, les fulmars boréals, les mouettes tridactyles, les cormorans, les foulques. La mare de Vauville accueille plus de 140 espèces d'oiseaux: migrateurs (comme la fuligule morillon ou le Pipit farlouse), canards (colverts, sarcelles...), gravelots, ou encore hérons. Nichent également dans la Hague quelques rapaces comme le busard des roseaux et le Faucon crécerelle.
 Outre les oiseaux, on trouve également des batraciens (crapauds accoucheurs, rainettes vertes) et des petits reptiles (lézards verts, orvets…). Grands dauphins et marsouins sont présents au large. Les tunnels militaires du Castel-Vendon abritent des colonies de chauves-souris. Depuis une vingtaine d'années, les falaises de Jobourg abritent une harde de chèvres sauvages. Traditionnellement, chaque ferme avait quelques chèvres afin de nettoyer landes et haies. L'usage se perdant avec la mécanisation, ces animaux ont été peu à peu laissés à la vie sauvage, formant un troupeau qui arpente le chemin des douaniers. Elles permettent l'entretien nécessaire de la lande et sont à ce titre, désormais protégées par le Conservatoire du Littoral.
 Concernant l'élevage, les vaches omniprésentes comme dans toute la Normandie, partagent les prés avec les moutons roussins (qui font l'objet d'une foire annuelle à Jobourg), et quelques ânes du Cotentin et ânes normands.
 Le site acheuléen de la Roche Gélétan à Saint-Germain-des-Vaux) (Gélétan sur vieil anglais st�?n > stone = pierre) a été occupé par des pré-Néandertaliens vers 300 000 av. J.-C. Il s’agit, avec le site de la Mondrée à Fermanville, du plus vieil habitat en Normandie. Une deuxième vague d’habitants a laissé plusieurs sites vers 100 000 av. J.-C.
 Le monument préhistorique du Hague-Dick (1000 av. J.-C.) barre la Hague d’ouest en est. Il est maintenant prouvé que le Hague-Dick servait à protéger les habitants de la pointe contre les attaques venant du continent. Le Hague-Dick(e) sépare la «pointe» du reste de la Hague. Il a été réutilisé à diverses époques comme ouvrage défensif jusqu’à la période Viking. Ensuite sa ligne de crête a servi de chemin. Le meilleur endroit pour en voir les vestiges est sur la route de Digulleville à Beaumont.
 Sous l’Ancien Régime, le doyenné de la Hague comprenait toutes les communes entre les rivières Divette (coulant à Cherbourg) et Diélette. Le nom de ces communes était généralement suivi du mot Hague, ou de la mention « dans la Hague » dans les actes officiels, et ce depuis les années 1300.
 L’étude des cadastres montre une lente évolution de l’agriculture vers l’intensification au XIX.me siècle.
 Aujourd’hui le territoire de La Hague fait l’objet d’un vaste programme d’étude des données archéologiques conduits par Cyril Marcigny.
 En 56 avant JC, les légions romaines ont vaincu la tribu locale des Unelles, basée à Coriallo ou Coriovallo (qui n’est peut-être qu’un autre nom donné à la pointe).
 Des traces d’un camp romain du Bas Empire (à Jobourg) et de villas gallo-romaines ont été identifiées. Beaucoup de noms de lieux attestent d’une forte colonisation d’origine nord germanique: soit par des Saxons, soit par des Vikings, ou encore par des fermiers anglo-scandinaves et anglo-saxons. En raison du nombre de racines proches dans les langues scandinaves et saxonnes, il est parfois difficile de les distinguer. Il y a un siècle l’explication « tout Viking » prévalait et l’apport saxon était ignoré. Cependant, dans les 2 cas, on a l’impression que tous les apports nouveaux venaient de la mer et non du « continent ».
La région relevait de l’évêché de Coutances, mais les évangélisateurs de la Hague venaient d’Irlande ou d’Angleterre. Ainsi Saint Germain dit « le Scot » ou encore « à la rouelle » (425? – 480?) était soit prince Irlandais soit le fils d’un mercenaire alaman dans les armées des Iles Britanniques. La rouelle serait en fait un coracle, petit bateau rond existant encore en Irlande. Saint Germain partit ensuite vers l’est et ses efforts de conversion se sont surtout tournés vers des communautés saxonnes qui étaient arianistes. On peut donc penser qu’il a débarqué dans la Hague en raison de la présence d’une telle communauté. Saint Clair (845-884) s’est installé à Nacqueville en venant d’Angleterre. Une des caractéristiques de la région est que les plus anciennes églises étaient au bord même de la mer (à Saint-Germain-des-Vaux, Dielette, Carteret). Le dernier évangélisateur de la région est le bienheureux Thomas Hélye, décédé à Vauville au XIIIE siècle.
 Le caractère insulaire de la Hague, la difficulté pour s’y rendre a fait que la région avait la mauvaise réputation d’un pays de fraudeurs sous l’Ancien Régime. Il faut dire que la proximité des îles Anglo-Normandes facilitait la contrebande, qui était de deux types: celle du textile, au XVIIE siècle, et celle du tabac au XIXE siècle. La première était le fait de quelques nobles, dont le plus célèbre est probablement le Chevalier de Rantôt. Ils s’opposaient au monopole des manufactures normandes imposé par Colbert. La contrebande de tabac était quant à elle l’objet de plusieurs bandes organisées, menées autant par des agriculteurs que des pêcheurs. On trouve donc dans les murs de la Hague des caches à tabac, domestiques (de petite dimension, auprès des maisons, recueillant le tabac pour une consommation familiale) et des grandes caches, dissimulant les ballots de tabac tressé de plusieurs kilos. Mais la forte présence des douaniers et le renforcement des peines encourues mit fin peu à peu à la fraude au début du XX.me siècle, dont subsistent aujourd’hui le chemin des douaniers le long de la côte (GR 223).
 La mauvaise réputation des Haguais en fait également des naufrageurs, sans qu’aucune recherche ne soit réellement concluante. En revanche, la population pauvre avait l’habitude d’«aller à gravage», c’est-à-dire fréquenter les plages après les grosses tempêtes, pour ramasser les marchandises échouées ou passées par dessus bord, et de récupérer le bois des bateaux échoués. Aussi lit-on dans un rapport de la maréchaussée de Valognes en 1748: «C’est un pays de landes et de rochers, où l’on a pratiqué quantité de cavernes servant de retraites aux voleurs, assassins et fraudeurs, qui attendent avec assurance et tranquillité le moment favorable pour passer aux Iles voisines. Les plus grands chemins de ce canton sont de deux ou trois pieds, des deux côtés desquels se trouvent des précipices. Les habitants sont gueux, mauvais, fraudeurs insignes, et ne vivent que de brigandages. Il y a des paroisses où les commis aux aides et les employés dans les fermes ont été un temps considérable sans oser y aller; ils n’y vont même pas encore volontiers. »
 Le 7 janvier 1700, le météore Ignès tombe, 1 heure après le levé du jour, faisant un grand bruit, faisant trembler les maisons de Saint-Germain-des-Vaux, d’Auderville et de la Hague. Le météore serait tombé dans la mer près de l’île d’Aurigny. Le phénomène est aperçu à Cherbourg et Valognes.
 Durant l’Occupation allemande, la Hague était une zone interdite, où seuls les habitants pouvaient accéder, avec un laissez-passer particulier. Le territoire d’Auderville et de Saint-Germain-des-Vaux était particulièrement surveillé, en raison de leur position stratégique face à l’Angleterre et des importants stationnements militaires. La route reliant les deux communes était ainsi entièrement interdite aux civils, tandis qu’un couvre-feu à partir de 20 heures couvrait tout le canton, avec obligation de cacher par des rideaux toute lumière intérieure qui aurait pu aider l’aviation alliée. Outre les nombreuses casemates construites tout au long de la côte pour prévenir un débarquement, une imposante batterie était installée au Castel Vendon pour participer à la défense de la forteresse de Cherbourg, une autre au village de La Haye à Auderville faisant face à celle de l’ile anglo-normande d’Aurigny où se trouvaient quatre camps de concentration.
 Le 27 mai 1944, la Hague subit de lourds bombardements meurtriers. Le 6 juin les Américains débarquent dans le sud-est du Cotentin. Après la prise de Cherbourg, le 26 juin, le Kampfgruppe Kiel, composé de 6000 hommes se retrouve isolé dans la presqu’île. Le 29 juin, la 9e division d’infanterie américaine attaque les positions allemandes soutenues par l’artillerie et des chasseurs P-47. Si les Alliés prennent Vauville qui était coupé en deux depuis 10 jours, ils se trouvent bloqués de Beaumont-Hague à Gréville (secteur défensif de Westeck) où se trouve la batterie de Castel-Vendon. Les bombardiers B-26 bombardent intensément les positions allemandes le lendemain et les 47e et 60e régiment de la division américaine prennent les positions allemandes une à une. Gréville, Beaumont-Hague et Jobourg sont libérées dans la journée du 30 juin. Les canons de l’US Army prennent alors position à Jobourg pour pilonner les installations d’Auderville, dont le radar. Auderville, puis Saint-Germain et Digulleville sont alors libérées la matinée suivante. La bataille du Cotentin est terminée même si près d’un an après, dans un baroud d’honneur alors que les troupes alliées envahissent l’Allemagne, Auderville essuie le 11 avril 1945 une pluie d’obus allemands tirés depuis l’île d’Aurigny encore occupée et qui ne capitule que le 16 mai.
 Pendant des siècles, la vie dans la Hague n’a pas énormément varié. La ressource principale est l’agriculture (élevage et polyculture), permettant une relative autarcie. L’industrialisation des techniques a peu de prise sur ses petites parcelles difficiles à travailler, aux mains de nombreux petits exploitants. La pêche est souvent une ressource complémentaire aux agriculteurs (on parle des agriculteurs-pêcheurs ou crateurs), rarement un métier à part entière, excepté à Omonville-la-Rogue, Goury et Diélette. 
Isolée, la presqu’île est longtemps restée éloignée du tourisme, mise à part la station balnéaire d’Urville-Hague au début du XX.me siècle, détruite lors des bombardements de 1944.
 La marine était souvent la seule possibilité d’échapper au destin agricole, du fait de la proximité du port militaire de Cherbourg et de son arsenal. Mais les années 1960 ont vu l’implantation de l’usine de retraitement de la Hague qui a bouleversé l’aspect du plateau central. Cette installation fait venir du personnel extérieur à la région, et apporte des ressources nouvelles que l’agriculture n’aurait pu procurer.
 En effet, on voit en 1960 quelques ingénieurs inspecter les landes de Jobourg et Omonville-la-Petite, selon eux pour l’implantation possible d’une usine de plastique, ou de casseroles. La décision de construire l’usine atomique du Commissariat à l’énergie atomique sur les hauteurs de la Hague est alors prise, sans la moindre information des élus locaux, laissant les populations locales, sinon dans l’ignorance, au moins dans le flou, que le classement « secret défense » de l’installation accentue.
 Deux raisons techniques sont avancées pour ce choix: un socle géologique ancien (allant jusqu’au précambrien) et stable, donc à l’abri des tremblements de terre, et la présence de courants marins et vents forts, propices à l’évacuation et à la dispersion des effluents. On peut également penser que la faible densité de population, la situation excentrée et l’isolement de cette presqu’île ont paru autant d’atouts pour son acceptation et en cas d’accident nucléaire relâchant des matériaux radioactifs.
 En 1962, le CEA commence à acheter à prix d’or des terrains de landes, parfois labourés au moment de la vente pour en tirer un meilleur prix. Les 190 hectares sont acquis sans aucune expropriation, malgré 150 propriétaires, tant ces fortes sommes ont permis à certains de moderniser leurs exploitations, voire de se reconvertir. Plusieurs de ces propriétaires ont négocié en plus de la valeur des parcelles, leur entrée comme salarié de l’usine ou celle d’un fils.
 En parallèle des premiers travaux, le CEA pour être accepté et rassurer, développe une campagne de lobbying, auprès des élus et des élites religieuses. Ainsi les notables du canton ont-ils pu visiter en grandes pompes les sites de Marcoule et de Saclay. La fierté d’accueillir une technologie de pointe, les difficultés du milieu agricole, et le licenciement en 1962 des derniers mineurs à la fermeture de la mine de fer de Flamanville-Dielette finissent de convaincre la population. Ainsi en 1966, les premiers châteaux de combustible irradié arrivent sans la moindre contestation de la centrale nucléaire de Chinon.
 En 1969, Infratome cherche à la demande du CEA un lieu pour l’enfouissement des déchets faiblement radioactifs. Le site de la Hague semble parfait. Mais aucune commune ne veut devenir une décharge. Pourtant, le maire de Digulleville accepte d’accueillir ce qui sera le Centre de stockage de la Manche en bordure de l’usine de retraitement. Passé sous le giron de l’ANDRA en 1991, il a reçu son dernier colis en 1994, et est depuis en phase de surveillance, pour 3 siècles.
 Le 1er juin 1976, l’usine atomique du CEA devient usine de retraitement de la COGEMA. L’activité devient civile, le secret défense se lève un peu, et surtout, la taxe professionnelle et les impôts locaux sont exigibles. Face à cette manne financière sans précédent, qui aurait dû profiter essentiellement aux communes de Jobourg et d’Omonville-la-Petite, et aux équipements qu’il faut mettre en place pour l’accueil de la nouvelle population, les élus du canton ont décidé la constitution d’un district, qui naît en 1977.
 Les mouvements écologistes ne se font pas entendre à l’époque. Les premières mobilisations répondent au projet d’implanter une centrale électronucléaire à Flamanville. Le site est occupé plusieurs jours à la fin des années 1970. Les manifestations contre les transports nucléaires vers la Cogema se développent au début des années 1980. Le désengagement des militaires délie quelques langues, et la CFDT provoque un mini-scandale en produisant un film critique traitant du travail en milieu confiné.
 L’ouverture de l’usine entraîne l’arrivée de nouvelles populations. En même temps que l’agrandissement de l’usine (UP3), il est donc décidé de lancer le « grand chantier », pour construire logements, écoles et infrastructures. Alors que le canton vieillissait et vivait d’une petite agriculture autarcique, la population de la Hague s’accroît en quelques années, se rajeunit, se diversifie. Certains villages doublent leur nombre d’habitants en accueillant des cités, comme Coriallo à Beaumont-Hague, ou celle des Arbres à Omonville-la-Rogue. Auderville sera distinguée en 1984 du prix national de l’habitat pour la bonne gestion de l’arrivée de ces horsains. Mais le plus souvent, elles sont en périphérie des bourgs, ce qui ne facilitait pas le brassage. Pourtant, cet afflux d’une population nombreuse et atypique (beaucoup de cadres, chimistes ou scientifiques arrivent, dans une région constituée essentiellement d’agriculteurs, et de quelques ouvriers, militaires et petits notables locaux) a été digérée sans heurt et sans acculturation.
 Au moment de la construction de l’usine de retraitement, des parties importantes de la côte ont fait l’objet de classements interdisant ou réduisant les possibilités de construction. Autour de l’usine, les franges côtières ont ainsi gardé un aspect traditionnel.
 Aujourd’hui, le débat sur les avantages et les dangers de cette usine est étroitement lié au débat sur l’énergie nucléaire. Les mesures de sécurité en vigueur sur l’usine sont défendues par les « pro », tandis que les « anti » rappellent les nombreux accidents de son homologue anglaise de Sellafield, et l’impact négatif en termes d’image pour la région et ses productions issues de l’agriculture et de la pêche. La population locale est partagée entre la peur d’une pollution invisible, et la reconnaissance envers une industrie qui a transformé l’économie locale et tenu en vie une pointe promise à la désertification.
 Le 28 janvier, l’ASN met en demeure l’usine de retraitement de La Hague, dont soixante équipements présentent un «risque important pour la sûreté», elle note aussi des «lacunes sérieuses» dans la documentation, il s’agit du troisième avertissement en un an.
 Après avoir accueilli comme un soulagement l’usine, les élus locaux ont peu à peu pris conscience de la lourde contrepartie pour l’image de la région. L’usine de plutonium, puis l’usine atomique (désignée parfois les habitants comme «là-haut») est devenue l’usine de Jobourg, avant que la Cogéma ne la nomme officiellement l’«usine de la Hague» et «Cogéma – La Hague», puis «Areva La Hague».
 Les élus ont d’abord cherché à protéger la nature de la péninsule, en classant des parties importantes de la côte, interdisant ou réduisant les possibilités de construction. Jusqu’alors, l’isolement et une relative pauvreté avaient valu à la région de rester à l’écart des brassages de population. Après une première tentative au Nez de Jobourg en 1979, le littoral de la Hague est retenu en 1991 par le ministère de l’Environnement pour l’opération Grand site national. La Hague a pu conserver intact ses paysages avec ses murets de pierres sèches délimitant les parcelles depuis la Révolution, et son habitat traditionnel, en pierre avec des couvertures en lauzes cimentées de schiste bleu, regroupé en hameaux blottis au gré des reliefs pour se protéger des vents marins. Ainsi, aujourd’hui, les franges côtières, parsemées de quelques restes de blockhaus du Mur de l’Atlantique, ont gardé un aspect traditionnel, et près de la moitié de la côte haguaise appartient au Conservatoire du littoral.
 Depuis quelques années, les Haguais cherchent à accroître l’attrait touristique de la presqu’île, tout en gardant son caractère sauvage. Ils ont créé des équipements tels l’observatoire-planétarium Ludiver et le centre culturel du Tourp, un centre régional des sports liés au vent au Camp Maneyrol de Vauville et un stade hippique. Ils communiquent autour des atouts de la région pour prouver que la Hague est plus que l’usine qui s’étale sur 2% du territoire et n’emploie que 4% de sa population.
 En quelques années, et après un gros travail effectué sur l’image du territoire, la Hague semble retrouver sa véritable identité auprès du grand public et se défait progressivement de l’association à l’activité nucléaire.
 Le tourisme est aujourd’hui le troisième pourvoyeur d’emploi après l’industrie et la fonction publique territoriale et tend à devenir un des piliers majeur de l’économie locale. Pour accompagner cette mutation des ressources, l’Office de tourisme de la Hague a vu son statut juridique passer d’association à EPIC et intègre depuis 2007 le canton des Pieux. Cette nouvelle définition territoriale renoue ainsi davantage avec la cohérence géographique et culturelle de la Hague ancestrale; celle du doyenné de la Hague. C’est donc tout autant ces villages restés authentiques dans leur site naturel préservé qu’il faut admirer que les quelques grandes maisons que sont les châteaux de Nacqueville et de Vauville, les manoirs de Dur-Écu et du Tourp, et autres grosses fermes. On peut visiter les musées-maisons de village de Jean-François Millet et de Jacques Prévert. Des constructions récentes sur les crêtes, à l’abord des villages anciens ou proches de la mer menacent l’harmonie du paysage de la presqu’île que chantait en haguais, variante du cotentinais, le poète Côtis-Capel, né à Urville.
 L’ancien District de la Hague, constitué dans les années 1970 sous l’impulsion du conseiller général Paul Gosselin, qui en a été le premier président, gère les impôts locaux et taxes payés essentiellement par l’industrie nucléaire et les entreprises sous-traitantes.
 La Communauté de communes regroupe les 19 communes du canton de Beaumont-Hague et exerce de nombreuses compétences en matière de développement économique et territorial, d’animation culturelle, et de gestion des services à caractère collectif (eau, télécommunications, déchets…).
Les paysages sauvages de la Hague sont accueillis les tournages de plusieurs films, parmi lesquels:
 La Dame de Monsoreau, de René Le Somptier (1920)
 Une vie, d’Alexandre Astruc
Les Deux Anglaises et le Continent, de François Truffaut (1971)
 Tess, de Roman Polanski (1979)
 L’Étoile du Nord, de Pierre Granier-Deferre (1982)
 Le Rayon vert, d’Éric Rohmer (1986)
 Le Peuple migrateur, de Jacques Perrin (2001) (Mare de Vauville)
 Paul dans sa vie, de Rémi Mauger (2004)
 La Boîte noire, de Richard Berry (2005)
 Le Passager de l’été, de Florence Moncorgé-Gabin (2005)
 Vent mauvais, de Stéphane Allagnon (2007)
 L’Autre Dumas de Safy Nebbou (2009)
 Les Déferlantes, d’Eléonore Faucher, (2013)
 Selon Philippe Quévastre, le premier film tourné dans la péninsule serait Les Enfants du Capitaine Grant, qui avait utilisé en 1913 les falaises de Gréville. En 2005, il dénombre 18 longs métrages tournés au moins partiellement dans le canton de Beaumont-Hague. Le rôle du décorateur de cinéma, Trauner, est important puisque, résidant à Omonville-la-Petite, il a fait venir plusieurs réalisateurs dans la Hague, comme Joseph Losey qui a tourné Les Routes du sud en partie dans la maison même de Trauner, mais aussi son ami Jacques Prévert, qui s’installe également dans ce village.
 En matière littéraire, écrivains locaux et nationaux ont mis en scène la péninsule dans leurs ouvrages. Le linguiste et folkloriste normand Jean Fleury a relaté les nombreuses légendes de son pays, et étudie le normand de la Hague, langue dans lequel Côtis-Capel écrit plus tard ses poèmes. Albert Sorel situe l’action de son roman La Grande falaise dans la peninsule. Boris Vian parle de son enfance passé dans une villa à Landemer dans son journal et dans L’Arrache-cœur en 1953. Les poèmes en normand de Côtis-Capel. Didier Decoin, auteur parisien qui a élu domicile à la Roche, à Auderville, publie Les Trois vies de Babe Ozouf en 1983 (éd. Seuil), et Vue sur mer en 2006 consacrée à sa maison. Catherine École-Boivin s’est fait une spécialité de romans documentaires sur le passé agricole: Jeanne de Jobourg, parole d’une paysanne du Cotentin, 2001; Jean de la Mer: paroles d’un Mathieu-Sala du Cotentin et La Hague, Embruns de mémoires, 2002; La Petite Misère. Claudie Gallay situe Les Déferlantes (Éditions du Rouergue, 2008) à Auderville, Nicolas Fargues le Roman de l’été (POL, 2009) dans la Hague sans donner de toponymes précis.
 La Hague est le pays natal du peintre Jean-François Millet, qui a immortalisé sur ses toiles les églises de Gréville-Hague et de Jobourg, les hameaux Gruchy et Cousin, le prieuré de Vauville, les falaises de Gréville et le Castel Vendon.

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