Mont Aigoual – 22 et 23 juin 2013

C’est le samedi 22 juin, le lendemain de la fête de la musique, que Jean-Jacques nous convie à un second week-end au cours du trimestre printanier.
Après l’ascension du Pic Saint-Loup le 21 avril, nous sommes sommés de gravir les 1200 mètres de dénivelé du Mont Aigoual. Nous avons la chance d’avoir un guide de hautes sensations au sein de notre section de randonnée, Andrée Gayet qui s’est fixé le défi, qu’après le pic-Saint-Loup, nous devons prendre l’assaut du mont Aigoual. Voici le dernier communiqué de Dédée, afin que l’on s’empreigne du challenge que nous devons relever : 
Une fois n’est pas coutume et je pense que notre ami Jean-Jacques me permettra de vous communiquer, avant notre escapade, ces quelques infos sur ce Mont-Aigoual si présent dans les foyers gardois et lozériens. Ainsi pas de compte -rendu à faire ! Quoi que ! Monter à l’Aigoual par les 4000 marches est déjà un joli petit exploit, mais si en plus, il vous faut écouter le guide avec ses multiples explications, il sera vite maudit et envoyé dans le premier ravin par les plus téméraires, et il y en a ! Donc, le risque ne sera pas pris et c’est bien confortablement installé dans vos fauteuils et au chaud que vous allez pouvoir vous immerger dans la connaissance de ce cher sommet si chers aux Gardois qui se le partage avec les Lozériens. Sans oublier tous les randonneurs du midi (et d’ailleurs) qui se glorifient d’avoir gravi ces 4000 marches pour aller se faire décoiffer au sommet de notre bel Aigoual.
Pas folle Dédée, pour cette randonnée hors du commun pour notre groupe, elle s’est entourée d’un garde du corps, Serge, un gros bras qui saura nous sécuriser dans les moments difficiles de l’ascension.
Tout le monde est au rendez-vous à 7 heures 45 à Occitanie, ce sont 9 DV et 13 guides qui ont répondu à l’invitation. La météo est excellente, tout devrait donc bien se passer.
L’organisation est au top, Colette nous débarrasse de nos sacs réservés à notre nuitée au gîte, qu’elle entrepose dans la remorque attelée à sa voiture. Nous mettons le cap sur le nord, nous traversons Saint-Bauzille-de-Putois, Laroque où s’étale le fleuve Hérault, Ganges et sa confluence de l’Hérault et de La Vis, puis nous atteignons Valleraugue qui est situé sur l’Hérault. C’est dans cette commune, que la randonnée des 4000 marches prend son départ.
Valleraugue est située à 350 mètres d’altitude, et nous devons atteindre 1565 mètres d’altitude, en parcourant 8,200 kilomètres d’ascension. C’est-à-dire, qu’une pente moyenne de 15% nous attend. On sent le groupe crispé, beaucoup de questions à Dédée et à Serge, sur le temps que nous allons mettre pour gravir le mont Aigoual, un certain temps comme le fût du canon de Fernand Raynaud.
Pas de panique, tout va bien se dérouler, c’est toujours comme ça la première fois, comme le chante Serge Lama. Convaincus ou pas, il nous faut emboîter le pas de Dédée et de Serge. Ce sont Gérard et Jean-Jacques qui font office de serre file.
Pour nous mettre en appétit, dès la sortie du parking, où nous avons laissé Colette et Claudine qui a déjà gravi le mont-Aigoual au siècle dernier, nous entamons des marches d’escaliers à monter. Puis nous voici tout de suite dans l’ascension, nous serpentons dans des cailloux parsemés de garrigues. Une première halte est demandée, il faut commencer à se découvrir, les visages sont devenus rouges et les gouttes de sueur commencent à perler sur les fronts. On se rafraîchit, et il faut continuer, nous passons des verrous de rochers, il faut les franchir en escaladant des parois de 60 centimètres de haut. Nous voici dans une forêt de châtaigniers, ils sont accrochés à la pente au milieu d’un sol caillouteux.
Si c’est dur pour les DV, c’est encore plus difficile pour nos guides, ils doivent grimper tout en nous guidant sur des sentiers très étroits, nous sommes obligés de marcher en file indienne. Les haltes sont de plus en plus rapprochées, les gourdes d’eau se vident à vitesse grand V, les fruits secs et les barres vitaminées ne sont pas délaissés.
Nous sortons de l’ombrage des châtaigniers, nous sommes sur une crête herbeuse, depuis laquelle nous découvrons 2 magnifiques vallées, dont au fond de l’une coule l’Hérault. Nous sommes à 850 mètres d’altitude, nous avons franchi 500 mètres de dénivelé en 3 heures, il nous en reste encore 700 mètres, on n’ose pas y penser. Le moral est pour certains dans les chaussettes, Dédée nous dit que le plus dur est derrière nous, encore un petit quart d’heure de souffrance, et nous serons dans un petit vallon herbeux où nous allons tirer le repas du sac.
Oui Dédée a toujours raison, elle nous a choisi un joli coin de verdure, où tout le monde s’alimente et se désaltère en eau, aujourd’hui le vin est proscrit.
Après une pause d’une bonne heure, il nous faut remettre ça ; oh quelle menteuse Dédée, ce qui se profile devant nous n’est pas mieux que ce que nous venons de quitter.
Elle est obligée de faire des va et vient dans la file de randonneurs qui s’étire de plus en plus, afin de nous soutenir moralement.
Bon on y est, il nous faut continuer, bravo les guides, car eux aussi font tout pour nous soulager des difficultés qu’il nous faut franchir. Une petite rivière nous accompagne, elle rythme le silence des binômes, il nous faut la traverser par un petit gué, après lequel nous faisons une halte importante.
Il est 15 heures, quand nous remettons ça, nous sommes à 1000 mètres d’altitude, on s’engage dans une forêt de sapins, c’est toujours aussi raide, mais nous bénéficions de l’ombrage de la forêt. Que de racines de sapins à esquiver, de petits rochers à contourner, ça devient du registre de l’exploit.
Dédée et Serge sont à nos petits soins, ils nous encouragent, ils ne savent plus quoi nous répondre, à la question, combien de temps il nous reste pour arriver à ce satané sommet de l’Aigoual. Des petits groupes se forment, chacun monte à son rythme, et s’attend à l’endroit que Dédée à signaler. Les souffles deviennent courts, les pieds de plus en plus lourds, les barres vitaminées n’ont plus guère d’effet et les gourdes sonnent le creux. C’est l’entraide, on se partage les gouttes d’eau, nous approchons les 1200 mètres d’altitude.
Gérard comme un éclaireur remonte la file, il doit aller avertir les secours, un randonneur qui descendait l’Aigoual a fait une chute, et il a beaucoup de mal à marcher.
Au fur et à mesure que Gérard remonte la file, il nous conseille de poursuivre l’ascension chacun à notre rythme. Nous continuons à grimper, le moindre petit rocher devient une embûche insurmontable, nous suivons le balisage jaune des 4000 marches, à une intersection, plus de repère jaune, faut-il aller à droite ou à gauche, par sécurité nous attendons Dédée qui continue ses va et vient entre tous les groupes. Ouf, la voici, elle nous indique la bonne direction, et nous dit de continuer jusqu’à la route, la colonne s’étire, chacun met son reste de force qu’il a en soit pour gravir les 200 mètres restants de l’ascension. Que ce fut long pour atteindre la route de Dédée, mais ça y est, on a les 2 pieds sur le bitume, nous sommes à 1526 mètres d’altitude, il est 16 heures 30. Comme des petits soldats, on applique les ordres de Dédée, on s’allonge sur le talus de la route, et on attend pour reformer la septième compagnie de l’AVH. Tout le monde arrive épuisé, l’eau manque, les pieds, les chevilles, les genoux, les jambes et les hanches sont plus que distendus.
Colette et Claudine, nous ont fait le plaisir de nous accueillir, elles sont engoncées dans leurs doudounes, et nous nous sommes en surchauffe, mais après une bonne pause, on ressent un refroidissement et l’effet du vent, car nous sommes tout près du sommet.
Plus que 500 mètres à parcourir pour franchir les 30 derniers mètres d’ascension. Que ce fut long ton chemin papa, comme le chantait Joe Dassin.
Comme nous avons commencé l’ascension, nous la terminons par un escalier. Chacun compte 3996, 3997, 3998, 3999 et 4000. Nous voici sur le parking de l’observatoire, il est situé au sommet du mont-Aigoual à 1565 mètres d’altitude.
Dès son arrivée, chacun se précipite pour aller remplir sa gourde d’eau au robinet dans une petite cabane, pour se désaltérer. Une fois le groupe reconstitué, il suffit de faire quelques enjambées, et nous voici à notre gîte, il est 17 heures 32 minutes.
Voici la présentation du Mont Aigoual :
L’AIGOUAL, il culmine à 1565m d’altitude entre les Cévennes et les Causses. Situé dans le Parc National des Cévennes, au sud du massif central à la limite Gard – Lozère, c’est le plus haut sommet du Gard et le deuxième de la Lozère après le Mont Lozère qui culmine à 1699 mètres. 
Il a inspiré 3 grands écrivains cévenols ; André Chamson, JP Chabrol et Jean Carrière. 
C’est un haut lieu de l’histoire des Camisards et des Maquisards. 
Il est situé sur la commune de Valleraugue (30). 
Sa partie supérieure forme un plateau de 3km de long où se situe la ligne de partage des eaux Méditerranée / Atlantique, au lieu- dit de la Séreyrède, la morphologie de chaque versant est très différente. 
Il possède 3 sommets d’est en ouest qui sont : le Pic de la Fageolle à 1555 m. Le Mont Cassini 1565 m situé dans le Gard, sur lequel sont bâtis l’observatoire météorologique et la table d’orientation placée sur la tour. Le signal de l’Aigoual -1564 m- en Lozère. 
Prat Peyrot à 1 h 30 seulement de Montpellier est une petite station hivernale où se pratique ski alpin, ski de fond et raquettes, à côté du village de l’Espérou, à quelques kilomètres du sommet. 
Camprieu à 1100 m d’altitude, situé sur un plateau calcaire donc une faille énorme crée l’Abîme de Bramabiau. 
St Sauveur de Pourcil est un petit village dont la forêt porte les magnifiques hêtres du Souquet, qui ont entre 3 et 5 siècles. 
Villemagne, cité minière de métalloïdes, dont l’exploitation se faisait sans puits, mais ou le mineur rentrait par les flancs de montagne au 19ème et 20éme siècle, a perdu de nos jours un très grand nombre de ses habitants. 
GEOLOGIE. Massif granitique et schistique et mica-schistique. 
CLIMATOLOGIE. L’air de la Méditerranée et de l’océan se rencontrent et s’affrontent y donnant un climat très rude et le mont le plus arrosé de France. 2m de pluie et 240 jours de brouillard par an. C’est le cumul de pluie le plus important de France durant les épisodes cévenols à 100 km seulement de La Camargue, un des point les moins arrosé de France. Température max 29°, les plus basses -28°.
Les vents 171km /h mais au sommet ont atteint 335km /h en 1966 avec des rafales de 360 km. 
La neige, elle a atteint 2,80 m en 2002, 4,50 m en 96. 
Météorologie : L’observatoire a été construit avec peine en raison du climat en 1887 et inauguré en 1894. Sa forme est celle d’un château fort avec une tour crénelée qui porte une table d’orientation installée par l’armée à l’altitude de 1571m. 
Panorama : Par temps clair, c’est un paysage à 360° qui s’offre au regard sur un rayon de 300 km, un des panoramas les plus grands de France. 
Ainsi on peut voir ; au sud la Méditerranée, à l’est le Ventoux mais aussi la chaîne des Alpes, au nord la barre massive du mont Lozère, à l’ouest les grands Causses et les monts du Cantal, au sud-ouest les Pyrénées avec le Canigou et l’Aneto (Espagne). 
Sport- loisirs : Pour monter au sommet, la randonnée la plus réputée des Cévennes est « les 4000marches » avec ses 1200 m de dénivelé. En cyclisme le tour de France est monté en 1987 et a classé cette côte en catégorie 2. 
Arboretums : En 1902 C Flahault et G Fabre créent 10 arboretums, introduisant des arbres du monde entier avec des essences communes et exotiques qui permettront d’étudier et de faire évoluer la forêt. 
L’AIGOUAL FORET RETROUVEE : Film magnifique de Marc Khanne. C’est l’histoire de ce mont qui aurait pu devenir une montagne rocheuse sans la volonté et le courage de 2 hommes. Voici l’histoire : au 19ème Siècle, en Cévennes, l’équilibre est rompu entre la population nombreuse en ces temps et le milieu naturel en raison des industries nombreuses et du surpâturage des troupeaux de moutons. Les forets disparaissent peu à peu. 
L’érosion aidée par les pluies cévenoles et les inondations ruinent les vallées. 
L’ingéniosité, le travail acharné, la ténacité et le courage de 2 hommes vont changer le destin de l’Aigoual. 
Georges Fabre, le forestier et Charles Flahault, le botaniste de 1875 à 1913 vont malgré toutes les difficultés rencontrées reboiser le massif, il sera planté plus de 68 millions d’arbres sur une nouvelle forêt de 16 000 hectares. 
Ainsi le Mont-Aigoual se présente de nos jours avec sa magnifique couverture verte qui protège le sol et enchante nos regards.
Après notre installation au gîte, la douche est la bienvenue, un bon apéritif et nous passons à table. Il est 21 heures quand ripailles se terminent, nous décidons d’aller au-dessus de l’observatoire, pour aller regarder le coucher du soleil et découvrir la table d’orientation. Nous sommes emmitouflés comme en hiver, nous sommes obligés de lutter contre un fort vent pour se hisser sur la plate forme au-dessus de l’observatoire. Il n’est pas question d’attendre le coucher du soleil, il fait trop froid, et le vent nous pénètre de partout. Nous rejoignons nos chambres, où nous allons prendre un repos bien mérité.
Après une nuit réparatrice, et le petit déjeuner, une discussion s’engage sur le programme de la journée. Il y a un brouillard fort épais, un vent terrible n’a pas cessé de la nuit. Après concertation, la décision est prise de ne pas redescendre à Valleraugue par un chemin moins difficile, mais plus long de 17 kilomètres. Gérard propose de découvrir le plateau du mont Aigoual, en parcourant des petites routes goudronnées et des chemins. 
La septième compagnie est en ordre de marche, Claudine a rejoint le groupe des randonneurs, et Colette continue son rôle de logistique avec comme soutien Michèle et Alain.
Nous marchons sur une petite route, puis nous empruntons un petit chemin qui nous conduit à la petite station de ski de Prat Peyrot. Puis, nous empruntons un chemin forestier qui nous conduit au plateau de la Séreyrède ; c’est le lieu de partage des eaux, à gauche, c’est la vallée du Bonheur qui par confluence se jette dans l’océan Atlantique par la Garonne, et à droite, c’est la vallée de l’Hérault qui se jette en Méditerranée à Agde.
Nous faisons une bonne pause à cet endroit, où certains font des emplettes à la maison de l’Aigoual. Nous gravissons une petite colline, puis nous la redescendons pour rejoindre le village de l’Espérou, où Colette et sa remorque nous attend. Il est presque midi. Colette conduit les chauffeurs à Valleraugue, afin qu’ils aillent récupérer leurs véhicules. Boire ou conduire il faut choisir, alors faute de conduire, certains sont allés s’installer à une terrasse de café pour prendre l’apéritif et refaire le monde.
Il est 13 heures quand tous les participants sont réunis, pour prendre le repas tiré du sac, qui nous a été préparé par le gîte où nous avons été hébergés.
Le soleil étant de plus en plus présent, nous décidons d’aller faire une balade digestive d’une bonne heure et demie. Nous empruntons la route qui rejoint les cascades de l’Orjon. Puis, nous prenons la route qui monte au col de Laluzette. Nous sommes entourés de forêts de pins, nous marchons sur une petite route champêtre. Nous faisons le trajet inverse pour retourner à l’Espérou, il est 15 heures 45, quand nous nous séparons pour rejoindre Montpellier.
C’est à 17 heures que tout le monde se retrouve à Occitanie, nous délestons la remorque de Colette de nos sacs, puis chacun rejoint son mode de transport.
Bravo à Dédée et à Serge, chapeau à nos guides, merci à Colette et Jean-Jacques qui nous ont permis de réaliser la randonnée des 4000 marches. Oui, ce fut difficile, mais tout le monde est arrivé au sommet du mont Aigoual, après 1200 mètres d’ascension, et 8,200 kilomètres de randonnée.
Heureusement que nous avions 2 guides par DV, ils ont pu se relayer afin de nous prodiguer un accompagnement parfait. Après le pic Saint-Loup et maintenant le mont Aigoual, pourquoi ne pas s’attaquer au mont Ventoux, le géant de Provence.

Michel

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