Abbaye de Fontfroide – 1er juin 2013

Nous sommes bien le premier juin 2013, c’est la journée printanière du comité AVH de Montpellier, la tenue vestimentaire des participants est identique à celle qu’ils portaient à la sortie à Nîmes en décembre dernier. Certes, le ciel est dégagé, mais un fort vent atténue le rayonnement du soleil. C’est une petite quarantaine de personnes qui se rattroupe au lieu de rendez-vous à Occitanie, nous prenons place dans un bus de la Populaire, il est drivé par Nicolas. C’est Edouard Hofman président du comité AVH de Montpellier, qui cumule les distinctions, en tant qu’instigateur, organisateur et animateur de la journée. Le but est de visiter l’abbaye de Fontfroide, il est près de 9 heures quand nous démarrons de Montpellier, en une heure 30, par l’A9, nous voici arrivés à Fontfroide qui se trouve à quelques encablures de Narbonne.
Nous sommes accueillis par une guide, à qui on emboîte le pas pour découvrir l’abbaye de Fontfroide, elle est nichée aux pieds de plusieurs petites collines, au cœur des corbières.
Nous pénétrons dans une immense cour, où la guide commence à nous distiller son savoir et sa passion du lieu. Nous commençons la découverte de l’abbaye en pénétrant dans le réfectoire des convers, nous distinguons les cuisines communes qui officialisées pour les 2 réfectoires bien distincts qu’étaient celui des moines et des convers. 
Puis nous déambulons dans le cloître, dont les 4 galeries entourent un magnifique jardin. De là nous entrons dans l’église, elle est très impressionnante, sa nef culmine à 20 mètres de hauts, elle est ajourée par de magnifiques vitraux confectionnés au XX.me siècle. Un puits de lumière parachève l’éclairage de l’endroit, c’est un oculus qui se trouve au centre du transept. Des ornements ont été ajoutés au cours des 2 derniers siècles, dont la majorité a été la volonté de son propriétaire Gustave Fayet, qui a acheté l’abbaye en 1908. 
Nous découvrons la chapelle des morts, c’est l’endroit où l’on préparait les corps des moines ou des convers décédés, avant de les conduire au cimetière, auquel on accédait directement par une porte depuis la chapelle des morts. Les moines et convers étaient enterrés recouverts de leur habit de bure, ils étaient mis en terre sans être déposé dans un cercueil. Pour libérer de la place au cimetière, on retournait la terre, on y récoltait les os, que l’on déposait dans un ossuaire prévu dans l’église. 
Ensuite, nous montons à l’étage pour aller découvrir les dortoirs des moines, qui ont été transformés en cellules, contre l’avis du pape. Nous voici, dans le dortoir des convers, c’est un immense volume, de 50 mètres de long, où l’on disposait des lits en bois, sur lequel on mettait une paillasse, sur laquelle on étendait 2 couvertures. Ce dortoir pouvait accueillir, près de 200 convers, qui devaient sortir à l’extérieur pour aller aux offices religieux. Par contre, les moines accédaient à leur partie réservée dans l’église par un escalier, qui reliait directement à leur dortoir. 
Enfin, nous ressortons de l’enceinte de l’abbaye, nous sommes dans une des cours réalisées au XVI.me siècle, ses murs nous garantissent du vent, et nous pouvons profiter du soleil. Voici la présentation de l’abbaye de Fontfroide :

L’abbaye de Fontfroide est une abbaye cistercienne située dans la commune de Narbonne dans le département de l’Aude en France. Initialement abbaye bénédictine (1093), elle est intégrée à l’ordre cistercien entre 1144 et 1145. Pendant la croisade des Albigeois, elle fut le fer de lance de l’orthodoxie catholique. Dans la seconde moitié du XII.me siècle, elle reçoit d’importants dons en terres d’Ermengarde de Narbonne, puis au milieu du XIII.me, d’importants dons en terres et en nature d’Olivier de Termes qui lui permettent de réaliser de nouvelles constructions. Au XIV.me siècle, l’un de ses abbés, Jacques Fournier, fut élu pape sous le nom de Benoît XII. L’abbaye est classée à partir de 1862 au titre des Monuments historiques. Le vicomte de Narbonne, Aymeri II, autorise une communauté de moines à se constituer sur ses terres de Fontfroide. L’abbaye est donc créée le 12 des calendes de juin. Elle est située dans le massif des Corbières, près d’un torrent. C’est à cette source d’eau fraîche (fons frigida) qu’elle doit son nom. Les armes de l’abbaye représentent d’ailleurs une fontaine. Après avoir franchi le porche d’entrée aux lignes élégantes, bâti vers 1777-1778, l’hôte de droite découvre le long rectangle de la cour d’honneur. Un mur de gros appareil (Bordeaux à droite là qu’on le vit dans est tard) et, en terrasse, les jardins à l’italienne implantés sans doute ici par Constance de Frégose au temps de l’abbatiat commendataire de ses deux fils. À gauche, un grand bâtiment de structure médiévale fut d’abord occupé par les frères convers puis transformé et réaménagé, notamment par l’ouverture de larges fenêtres à meneaux, afin d’accueillir l’hôtellerie. Au fond, l’espace est limité par une vaste arcature à trois baies dont celle du milieu, fermée par une grille de fer forgé, s’orne d’un fronton triangulaire classique. Cet ensemble se colore de l’ocre, rose et incarnat de grès, du vert des feuillages, de l’azur du ciel. Une porte permet l’accès au réfectoire des convers. Les imposantes dimensions de celui-ci, dont la longueur avoisine les cinquante mètres, amènent à imaginer une communauté de 180 à 200 frères. Ce vaisseau construit au début du XIII.me siècle se divise en cinq travées ouvertes de voûtes d’ogives étalées. Les arcs doubleaux de profil carré, les ogives et les nervures se fondent dans les murs. L’éclairage est apporté par des baies géminées vers l’ouest et en simple arc plein cintre à l’est. Les aménagements des XVII.me siècle et XVIII.me siècles ont percé les deux portes centrales ouvrant l’une sur la cour d’honneur, l’autre sur la cour dite « Louis XIV ». Des cloisonnements avaient divisé la pièce en plusieurs espaces et on devine ainsi dans la deuxième travée des croix marquant la chapelle des « étrangers ». La restauration de l’abbaye, depuis 1908 jusqu’à nos jours, a permis de retrouver le magnifique volume de la salle et d’ajouter divers éléments décoratifs en réemploi, telles les splendides grilles de fer forgé au motif de pampres et la grande cheminée Renaissance provenant vraisemblablement du château des ducs de Montmorency à Pézenas, détruit sur ordre de Richelieu après la révolte du dernier d’entre eux en 1632. Pouvant recevoir jusqu’à 700 auditeurs, cette salle à l’excellente acoustique sert de cadre à des concerts de musique de chambre et récitals d’artistes. La cour est souvent dénommée « Louis XIV », à tort, car les documents attestent que sa configuration actuelle provient des travaux effectués à partir de 1775. Dans le monastère médiéval, sur un espace nettement plus restreint, s’ouvraient au nord les ateliers des frères convers : la menuiserie, la forge et la boulangerie au droit du moulin enjambant le torrent. À l’est se développait l’aile du noviciat tandis que vers le sud plusieurs bâtiments proprement conventuels débordaient largement dans cette cour. Le cloître et la citerne. Tout l’ensemble se trouvait centré autour du puits, véritable citerne aux moellons parfaitement assemblés et qui s’approfondit en un gouffre creusé dans les calcaires fracturés. C’est la que se trouve une eau très froide, sans doute origine toponymique du nom Fontfroide (fons frigida) et en raison de la présence sur ce site de la première installation monacale. Toute implantation de monastère nécessite en effet une triple proximité : celle de la pierre, celle du bois et celle de l’eau. Tous ces éléments se trouvent réunis à Fontfroide. Quand l’abbaye, aux temps classiques, n’abrite plus ni convers, ni novices mais seulement un petit groupe de moines, ceux-ci détruisent les bâtiments devenus inutiles et modifient les constructions en les aménageant selon le goût de l’époque. Alors cette cour prend son aspect régulier, rectangulaire, par la réduction des surfaces de la cuisine, de la salle des moines (le scriptorium) et surtout du réfectoire. La surélévation du sol, de près de 30 centimètres, correspond aux déblais retirés de ces démolitions. Quant au noviciat, il fait place au logis du prieur conventuel avec une orangerie et, à l’étage, des logements spacieux. La façade cependant n’est qu’un décor de théâtre, placage sur la structure du XIII.me siècle. Dans les abbayes cisterciennes normalement orientées, comme c’est le cas de Fontfroide, le sanctuaire étant disposé vers l’est, le cloître contigu et les bâtiments adjacents occupent la partie orientale du monastère. Les frères convers se trouvent donc installés dans la partie occidentale, tournée vers l’extérieur. Là s’ouvre la porte principale par laquelle ces ouvriers peuvent sortir pour gagner le lieu de leur travail. C’est à partir de cette entrée que s’organise la distribution intérieure des bâtiments. Celle-ci doit faciliter et en même temps réglementer la communication entre les deux groupes de religieux. Il s’agit d’établir, tout en maintenant la séparation, des points de contact entre les lieux de vie. Par elle les frères convers avaient accès au cellier et au réfectoire, au passe-plat de la cuisine, commune aux profès et aux convers. C’est en cheminant sous cette longue voûte en demi-berceau qu’ils se rendaient au fond de l’église, sans déranger l’office psalmodié par les moines installés, dans la partie opposée de la nef. Au XVII.me siècle, les convers ayant disparu depuis longtemps, leur ancien dortoir, à l’étage, a été aménagé en spacieuses cellules pour des hôtes. Un grand escalier, que soutient un arc en anse de panier, conduit à l’entrée. Dans la r uelle des convers une porte de ferronnerie fait passer au cloître lumineux. La lumière y est diffusée par des arcatures et des oculi. Cette cour intérieure est le cœur même de l’abbaye. C’est par la galerie ouest longeant le bâtiment des convers qu’on aborde cet espace clos enserrant un petit jardin. L’arc brisé ouvrant la première travée découvre la perspective des massifs fleuris qui entourent le puits devant l’angle des grandes arcades dominées par le clocher. Deux périodes de construction et deux styles différents se sont succédé ici. Un premier cloître, bâti de la fin du XII.me au début du XIII.me siècle, fut élevé selon les règles de l’art roman. L’ensemble des parties basses, notamment la double procession des colonnettes et leurs chapiteaux à décor de feuillages supportant des petits arcs plein cintre, appartient à cette époque, mais c’est alors une charpente de bois avec son toit en appentis qui couvrait les quatre galeries. Dans la seconde moitié du XIII.me siècle, quand Fontfroide, riche de multiples donations, entame le temps de sa plus grande prospérité, un important remaniement est réalisé suivant le goût et lestechniques nouvelles, celles de l’âge gothique. Dans chaque travée, les colonnettes romanes, toujours en place, sont désormais surmontées d’un haut tympan, percé d’oculi différemment répartis et qui s’inscrit lui-même dans un profond arc brisé. L’ancienne couverture de bois est remplacée par la pierre et, à l’intérieur des galeries, les voûtes d’ogives retombent le long des murs sur d’élégants culots, à deux mètres du sol. Il faut encore parcourir la galerie sud pour atteindre le portail donnant accès à l’église abbatiale. La galerie sud jouxte le collatéral de l’abbatiale et fut bâtie la toute première, aussi bien lors de la construction romane que lors du remaniement ogival. Les colonnettes sont ici groupées, dans chaque travée, en cinq paires : leurs marbres alternent le rose de Caunes, la griotte des Pyrénées, le blanc veiné de gris ou de vert ; leurs chapiteaux offrent les motifs végétaux les plus variés. Au-dessus, les deux tympans centraux s’aèrent par trois oculi, au lieu de l’unique, présent partout ailleurs. Mais ce sont les voûtes qui recèlent les particularités les plus curieuses. La croisée d’ogives y est accompagnée d’un lierre longitudinal torique et les compartiments très bombés sont appareillés en lit concentrique comme à la voûte du carré du transept dans l’église. Tout au long de la galerie existent des bancs où les moines venaient s’asseoir soit pour lire individuellement, soit pour se reposer en méditant ce que leur mémoire et leur cœur avaient retenu de la liturgie ou de la lecture. Dans cette même galerie, deux bassins de pierre servaient au rite du « mandatum », le lavement des pieds que les Cisterciens pratiquaient mutuellement chaque semaine. Elle était aussi désignée comme celle de la « collation ». Tous les jours, à la fin du travail et avant le repas du soir, le père abbé y lisait et commentait des textes patristiques. Or, le plus souvent il utilisait pour cela le recueil dit des Collationes, où saint Jean Cassien, au Ve siècle, avait rassemblé les principaux passages des plus célèbres Pères de l’Église, notamment saint Augustin et saint Jérôme. Comme en période d’Avent et de Carême, les moines ne rompaient le jeûne qu’une seule fois dans la journée, à la tombée de la nuit entre nones et complies et précisément en ce lieu, le terme de collation passa de la lecture à la prise de la nourriture elle-même, puis finalement à notre acception moderne et laïque de repas léger. Galerie est et salle capitulaire, le mur de la galerie est, immédiatement contigu à la porte de l’église et laisse deviner, derrière une statue bourguignonne de la Vierge à l’Enfant et au panier de roses, l’emplacement obturé de l’armarium. Dans cet évidemment ménagé sous l’escalier du transept étaient conservés les livres nécessaires aux offices, les textes de l’Ancien et du Nouveau Testament, les œuvres des Pères de l’Église. La porte qui s’ouvre aussitôt après introduit à la sacristie, belle pièce voûtée en berceau. Cinq travées la galerie Est et la travée centrale apparaît vers le jardin entièrement évidé, sans arcature de colonnettes au-dessus de la banquette et sans tympan, ouverture symétrique de celle qui, lui faisant face, constitue l’entrée de la salle capitulaire. Le seuil servant de transition entre le cloître et la salle elle-même marie la sobriété et la majesté, la puissance et la légèreté. L’arcade centrale en plein cintre s’appuie sur deux groupes de quatre colonnes de marbre entourant une cinquième. La salle a vraisemblablement été construite entre 1180 et 1280. Contre les trois murs pleins, arcs et nervures reposent sur les chapiteaux très simples de colonnes engagées. Au centre, ogives et doubleaux sont soutenus par quatre colonnes de marbre. Leurs chapiteaux évasés s’ornent de deux rangs de feuilles plates, représentations stylistiques du « cistel », le roseau d’eau des étangs de Bourgogne qui a donné son nom à Cîteaux. D’ici, à travers les colonnes du chapitre et de la galerie, répétée au-delà par celles des autres travées du cloître, se découvre une surprenante perspective : fûts de marbre et arcs de pierre multipliés imposent l’image d’une forêt au profond recueillement. Deux bancs de pierre superposés courent le long des murs. À l’Est, trois fenêtres éclairent la salle Au-delà de la salle capitulaire, un passage conduit au second cimetière, celui de la communauté du XIX.me siècle. À l’origine, il servait pour le rangement des outils que prenaient les religieux avant de rejoindre les jardins ou les ateliers. À l’extrémité de la galerie Est, enfin, un escalier donne à l’étage. L’église abbatiale a une voûte de 21 mètres de hauteur et est orientée à l’est pour honorer Dieu à chaque levant. La construction de la nef fut entreprise dès l’affiliation à Cîteaux en 1145 ou, au plus tard, après la donation définitive par la vicomtesse Ermengarde de Narbonne en 1157. Contrairement aux usages, on commença les travaux par la nef. Rythmées par cinq travées, la nef élève jusqu’à vingt mètres sa voûte en berceau brisé que soutiennent de massifs doubleaux rectangulaires. Ces arcs prennent appui sur des colonnes géminées, engagées dans de gros piliers carrés et s’arrêtant sur des consoles en quart de rond, à deux mètres du sol. Des stalles sont disposées de part et d’autre de la nef pour constituer le chœur des moines. Cette nef contient également deux collatéraux dont la voûte en demi-berceau monte à quatorze mètres. Ils communiquent avec la nef par de grandes arcades, à rouleaux soutenus par des colonnes engagées dans les piliers et reposant sur des piédestaux, à la même hauteur que les consoles de la nef. Dans le collatéral sud s’ouvrent cinq chapelles qui datent très certainement du XV.me siècle. Dans cette église cistercienne, les vitraux peuvent surprendre. Du temps des moines, selon une règle rigoureuse, les fenêtres sont seulement garnies de verres « en grisaille ». Quand Gustave Fayet acquiert Fontfroide les verrières ont disparu. Ils adoptent alors le parti pris de la couleur avec son ami René Billa, musicien et peintre, ils installent dans la Bièvre la « verrerie des sablons ». L’ensemble des vitraux de l’église sort de cette verrerie en 1913. Dans ce vaste ensemble, une originalité apparaît : les cinq vitraux du collatéral nord présente la vie de saint François d’Assise. Élevé après la nef, à la fin du XII.me siècle, le transept a peut-être été remanié un siècle plus tard ou même au début du XIV.me siècle. Au fond de la croisée du transept nord, un escalier relie directement l’église au dortoir des moines. Dans chacun des croisillons s’ouvrent deux chapelles, toutes quatre orientées à l’Est. Les plus proches du sanctuaire ont une forme rectangulaire à chevet plat, les autres plus profondes, se terminent par une petite abside à cinq pans. À la croisée centrale du transept, la clef de voûte est remplacée par une ouverture circulaire, un oculus. L’édifice de l’église a dû s’achever par le sanctuaire, comportant chœur et abside. Légèrement surélevé de deux marches, le premier est couvert d’une voûte d’ogives. Du côté de l’Évangile, on aperçoit les vestiges, très mutilés, de tombeaux dont on peut penser qu’ils furent ceux des vicomtes de Narbonne. Le dortoir des moines fut construit au-dessus de la salle capitulaire au début du XIII.me siècle. À l’Ouest, huit ouvertures durent être occultées aux deux tiers vers 1250 quand les galeries du cloître furent surélevées pour faire place aux voûtes d’ogives. Lorsque, en 1910, le dortoir fut aménagé en salle de musique, il fallut masquer ces disgracieux rehaussements de pierre. Les propriétaires installèrent des vitraux de papier. Sur le mur du nord une grande fresque de la musique sacrée fut réalisée. À l’Est, trois baies reçurent des vitraux qui furent les premières créations de la verrerie des sablons. Le dortoir des frères convers est une superbe salle à voûte de grès rose, en berceau brisé, sans aucun doubleau sur toute sa longueur. Dans sa partie la plus méridionale, cet espace contenait un grenier où les sacs de grains étaient hissés par des ouvertures latérales. La partie opposée représente ce qui subsiste du dortoir des convers après les transformations du XVIII.me siècle. Le parloir, à l’origine, cette salle s’étendait sur 24 mètres perpendiculairement à la galerie nord du cloître, ouvrant sur un lavabo détruit en 1776. Elle pouvait accueillir une quarantaine de moines. Raccourci de moitié, surélevé éclairé par de grandes fenêtres, le réfectoire est devenu une salle à manger au XVIII.me siècle. La cuisine est décorée à l’espagnole. Une remarquable fresque en céramique évoque la vie quotidienne populaire du XVIII.me siècle. La cuisine fut aménagée à la fin du XVIII.me siècle, avec son four à pain, dans l’ancien scriptorium des moines, est restée à l’identique de ce qu’elle fut en 1910. La salle à manger, Cette belle pièce parallèle au cloître servait aux moines de chauffoir. Depuis 1910, c’est la salle à manger d’été. La Bibliothèque décorée de deux grands panneaux peint par Odilon Redon en 1910, à la demande du propriétaire Gustave Fayet, elles représentent le Jour et la Nuit. La porte romane et le cellier, la porte servait d’entrée principale au monastère. Un arc, de tout ornement, dessine un plein cintre. Les claveaux, finement taillés, épanouissent leur éventail en longues lignes trapézoïdales. Un imposant linteau constitué d’un unique bloc, soutient le tympan. Le cellier est une salle basse, voûtée avec de vastes proportions. Les murs sont épais pour préserver le froid afin de garder la nourriture plus longtemps en bon état. Or, entre l’un de ceux-ci, à l’Est, et le mur voisin limitant la ruelle des convers subsistent les traces d’un escalier qui assurait la communication directe de ce cellier avec le dortoir situé au-dessus. La chapelle des étrangers, à l’extérieur de la clôture et seule construction qui subsiste du premier monastère, elle permettait aux pèlerins et aux étrangers d’assister aux offices sans déranger les moines. Au XIV.me siècle, des contreforts permettent de surélever le bâtiment et de construire une salle, peut-être utilisée comme chapelle par les pères abbés. Fontfroide offre depuis quelques années une nouvelle roseraie. Sur cet emplacement, au sud de l’abbaye, subsista durant de longs siècles le double enclos d’un cimetière. Dans la partie orientale jouxtant le transept de l’église, étaient enterrés les religieux, moines et convers. Depuis le XII.me siècle, plus de deux mille sépultures se sont superposées. Autrefois séparé par un mur, un second enclos vers l’Ouest recevait les dépouilles des laïcs, généralement de riches bienfaiteurs. Ce cimetière fut désaffecté dès 1668-1669 et réaménagé au XVIII.me siècle. Au XIX.me siècle, les cisterciens avaient installés leur cimetière au chevet de l’église. Le terrain de la nécropole, en friche, reçut la roseraie au début du XX.me siècle. En 1986, un incendie criminel la ravagea et elle fut replantée en 1989. En tout, ce sont 2500 rosiers qui embellissent Fontfroide et présentent onze coloris différents. Un peu plus haut, l’enclos Saint-Fiacre constitue un jardin de senteurs où sont réunis toutes sortes de roses anciennes anglaises associés à des plantes odorantes de la garrigue.

Après la découverte de l’abbaye, nous nous dirigeons vers la roseraie, où une multitude de races de roses dispensent leurs odeurs au milieu d’autres aromates. C’est bien oxygénés,que nous allons déjeuner au restaurant, qui se trouve sur le site de l’abbaye, où nous dégustons un repas gastronomique.

L’après-midi débute par la visite de la bibliothèque de l’abbaye, elle a été réalisée par Gustave Fayet, dès qu’il est devenu propriétaire des lieux. C’est un endroit qui était consacré à la lecture, à la musique, à la discussion philosophique, religieuse, sociétale et culturelle. Il a confié la décoration de la bibliothèque à son ami peintre, Odilon Redon, qui a séjourné à Fontfroide dès l’été 1908 et son automne. Il a été subjugué par le lieu, il a donc confectionné parallèlement dans son atelier parisien et à Fontfroide, 2 magnifiques toiles. Elles mesurent chacune, 6 mètres de long pour 2,5 mètres de haut, une représente le jour et l’autre la nuit. 
Les 2 toiles sont resplendissantes dans cette vaste bibliothèque, où courent des linéaires de rayonnages où sont disposés de magnifiques livres recouverts de cuir. La bibliothèque a été restauré au cours du XXI.me siècle, le sol est moquetté, un splendide piano à queue n’attend qu’un virtuose pour nous accompagner vers la sortie de la bibliothèque. 
Voici la présentation de Gustave Fayet et d’Odilon Redon :

Gustave Fayet (Béziers, 20mai1865 – Carcassonne, 24septembre1925) est un peintre français, proche de Paul Gauguin et d’Odilon Redon. Il est inhumé au cimetière vieux de Béziers. 
Gustave Fayet apprit le métier de peintre auprès de son père, Gabriel Fayet, et de son oncle, Léon Fayet, tous deux admirateurs de Daubigny, Adolphe Monticelli, et Camille Corot. Le style de Gustave Fayet est très personnel, loin des préoccupations impressionnistes et académiques, plus proche du symbolisme. Gustave Fayet était également collectionneur, possédant des œuvres de Degas, Manet, Monet, Pissarro et surtout Odilon Redon et Paul Gauguin, dont il fut l’un des premiers collectionneurs (avec George-Daniel de Monfreid) et l’un des principaux prêteurs pour les rétrospectives de ce dernier à Weimar en 1905 et à Paris en 1906. Il possédait en particulier près d’une centaine d’œuvres de Gauguin[1]. En 1901, il devint conservateur du musée de Béziers. Il s’installa à Paris en 1905. En 1908, il acquiert, avec sa femme Madeleine, l’Abbaye de Fontfroide (au sud de Narbonne), qu’il s’attache à restaurer et y installe des œuvres commandées à ses amis peintres, notamment Odilon Redon qui peint deux grands panneaux pour la bibliothèque, Le Jour et La Nuit (ce dernier comporte le portrait de la femme et de la fille du mécène) ainsi que des vitraux qu’il réalise en collaboration avec le maître verrier Richard Burgsthal. Son œuvre est hétéroclite, tant par la richesse des styles que des techniques explorées (peinture à l’huile, aquarelles d’une grande finesse, gravures monochromes, cartons de tapisserie, tapis, céramiques,etc.[2]); elles sont représentées dans de nombreuses collections particulières, ainsi qu’au musée de Béziers (hôtel Fayet) et à l’abbaye de Fontfroide qui accueille une salle Fayet depuis 2006. La même année, le musée d’Elne (Pyrénées-Orientales) lui consacre une rétrospective et publie le catalogue de l’exposition.
Odilon Redon, né Bertrand Redon le 20 avril 1840 à Bordeaux et mort le 6 juillet 1916 à Paris, fut un peintre symboliste et coloriste de la fin du XIX.me siècle. Son art explore les méandres de la pensée, l’aspect sombre et ésotérique de l’âme humaine, empreint des mécanismes du rêve. Son père épouse une créole d’origine française, en Amérique. Ils reviennent en France cinq ou six ans plus tard. Ce voyage a une influence sur le peintre : ce goût de rêve fécond, ce besoin d’imagination et d’évasion, notamment le motif récurrent de la barque dans son œuvre, s’inscrivent dans cette perspective. Redon est dès le départ un artiste spirituellement apatride. D’une nature fragile, il est confié à une nourrice puis à son oncle, à la campagne, et passe son enfance entre Bordeaux et le domaine de Peyrelebade, près de Listrac dans le Médoc ; c’est là vers six ans « en plein isolement de la campagne » que les fusains voient le jour, dans cette nature pleine de clairs-obscurs et de nuances propres à éveiller chez le jeune garçon ce monde étrange et fantasmagorique, ce sentiment subjectif qui est l’essence même de son œuvre, et qui est encore aujourd’hui une énigme. Il s’en va à travers champs, vignes et bois, observe, considère les ombres, apprécie le contraste de la terre avec l’azur du ciel et de la lumière. À sept ans, une vieille bonne le mène à Paris pour quelques mois, où il découvre les musées. Il reste devant les toiles, silencieux et subjugué. Les tableaux figurant des drames frappent l’esprit de l’enfant. De retour à Bordeaux, scolarisé, il obtient un prix de dessin avant que de savoir lire, il est morose et inattentif et garde le souvenir « le plus triste et le plus lamentable » de cette période. Il décide d’être artiste, sa famille y consent, il continue ses études et prend des leçons de dessin et d’aquarelle avec son premier maître Stanislas Gorin, élève d’Eugène Isabey, il découvre Millet, Corot, Gustave Moreau. Sous l’influence de son père, il tente des études d’architecture, mais contrairement à son frère cadet Gaston devenu architecte Prix de Rome, il échoue à l’examen. Il se lie d’amitié avec le botaniste Armand Clavaud qui l’initie aux sciences et à la littérature, se passionne pour Darwin et Lamarck et aux recherches de Pasteur, lit les Fleurs du mal de Baudelaire, se forme à la technique de l’eau-forte et à la sculpture. À Paris, il entre dans l’atelier de Jean-Léon Gérôme, mais les relations entre le maître et l’élève sont douloureuses et négatives. À Bordeaux, il est très lié avec Rodolphe Bresdin qui lui apprend la gravure et commence une série de onze eaux-fortes sous la direction de cet artiste dont l’art onirique est libre de tout formalisme : Le Gué tirées en 1866 dans une inspiration orientaliste et romantique influencée par Delacroix qu’il connaît de vue. Il participe comme simple soldat aux combats sur la Loire pendant la guerre de 1870. Après la guerre il s’installe à Montparnasse jusqu’en 1877, mais l’été, retourne à Peyrelebade et passe l’automne en Bretagne. Il fréquente le salon littéraire et musical de Madame Rayssac, rencontre Fantin-Latour, Paul Chenavard, le musicien Ernest Chausson. Il séjourne à Barbizon pour y étudier les arbres et les sous-bois. En 1878, il voyage pour la première fois en Belgique et en Hollande et commence l’année suivante à être reconnu pour son premier album de lithographie intitulé Dans le Rêve il fait de la « lithographie de jet », et cherche à travers les rêves la descente dans l’inconscient, lequel lui permet de révéler les sources de son inspiration et de décrire son monde personnel voué à l’exploration de l’imaginaire. En 1884, Joris-Karl Huysmans publie À rebours avec un passage consacré à Odilon Redon. Les années 1890 et le début du siècle sont une période de transformation, de mutation, c’est l’abandon de ses « noirs », il commence à utiliser le pastel et l’huile, et la couleur domine les œuvres du reste de sa vie. Eve est son premier nu féminin réalisé d’après modèle. En 1899, il est présenté par Maurice Denis aux Nabis, groupe d’artistes qui compte parmi ses membres Gauguin. En 1900, Maurice Denis peint l’Hommage à Cézanne Redon y est représenté debout devant une toile de Cézanne, entouré de Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, Roussel, Paul Sérusier, Mellerio et Ambroise Vollard. Il travaille avec Mallarmé. Une exposition Odilon Redon a lieu à la galerie Durand-Ruel en 1900. Il voyage en Italie avec Robert de Domecy. Il exécute des peintures décoratives pour son ami Ernest Chausson, ainsi que pour le château, en Bourgogne, de son ami et mécène, Robert de Domecy. En 1901 il participe au Salon de la Libre Esthétique à Bruxelles et au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts à Paris. Son ami d’enfance, le peintre Charles Lacoste, l’introduit en 1903 auprès de Gabriel Frizeau, mécène bordelais passionné d’art et de belles-lettres. La légion d’honneur lui est attribuée. En 1904 une salle lui est entièrement consacrée au Salon d’Automne comportant soixante-deux œuvres. En 1908, Odilon voyage à Venise et en Italie avec sa femme, son fils et Arthur Fontaine, il réalise ses premiers cartons de tapisserie pour la manufacture des Gobelins à la demande de Gustave Geffroy. Il passe l’été à Bièvres à la villa Juliette qu’il loue, n’ayant pu la racheter, après le décès de Juliette Dodu, la demi-sœur de son épouse. Mellerio en 1913 publie un catalogue de ses eaux-fortes et lithographies. La même année, l’Armory Show présente quarante de ses œuvres sur le continent américain à New York (International exhibition of Modern Art), Chicago et Boston, où le Nu descendant l’escalier de Marcel Duchamp fait scandale. Il a publié de son vivant une intéressante autobiographie où sont évoqués ses rapports avec le milieu artistique et les ambitions artistiques et spirituelles de son époque. Il meurt le 6 juillet à Paris ; son fils Ari n’a pu arriver à temps du front. Une huile sur toile, La Vierge, est laissée inachevée sur le chevalet de l’artiste. Il est inhumé dans le petit cimetière de Bièvres, l’« âme du roi des mondes imaginaires » repose là sous une pierre tombale régulièrement fleurie. 
Ses maîtres les plus chers furent Mozart, Beethoven et surtout Schumann, qui avait été le dieu de sa jeunesse écrit Roseline Bacou. Vers 1904, il exécute son Hommage à Schumann (pastel). En 1911, peignant le panneau La Nuit dans la bibliothèque de l’abbaye de Fontfroide chez ses amis Gustave Fayet et son épouse, il évoque (à droite) le visage de Robert Schumann de même que, sous forme de feux follets, ceux de Déodat de Séverac et de Ricardo Vines.
Ensuite, nous sommes conviés à aller écouter, dans une petite clairière située dans les jardins, un ensemble à corde. Nous prenons place sur des chaises, des bancs et des murets. Et pendant une bonne heure, sous un soleil mitigé, nous sommes bercés par des œuvres de Vivaldi, de Bach, de Mozart et de Pleyel. Il est 16 heures quand le petit concert champêtre prend fin, nous redescendons les jardins, nous allons faire les curieux à la boutique de l’abbaye, nous profitons des rayons du soleil pour lézarder de ci de là. Il est temps de reprendre le chemin du retour, nous retrouvons notre bus pour rejoindre la capitale régionale Montpellier.

Ce fut une très belle journée, où nous avons découvert un haut lieu culturel du Languedoc Roussillon, qui fut entrecoupée par un repas fin accompagné de vins de l’abbaye de Fontfroide. La bonne ambiance et la convivialité étaient à l’ordre du jour, les absents ont bien eu tort, mais ce n’est que partie remise, car le comité AVH de Montpellier prévoit déjà une seconde sortie pour cette fin d’année.

Michel Michelland

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