représentativité associative

Tu soulèves un vrai problème, à quoi servons-nous dans les instances que la magnifique loi de 2005 nous a octroyé? J’ai participé à l’accessibilité de 1996
à 2000 comme représentant de l’AVH à Montpellier, j’y croyait, je pensait être compris, enfin que nous pourrions gagner en autonomie avec l’arrivée de
la première ligne de tramway. Que de soirées à rédiger des dossiers, des cahiers des charges, des comptes rendus de visites de chantiers etc pour en arriver
en 2000 à l’inauguration de la première ligne de tramway sans avoir pu faire appliquer notre petit cahier des charges qui ne boulebersait pas la conduite
des travaux, j’ai donc baissé les bras, d’autres DV ont pris le relais, en nous assurant qu’avec eux on allait voir ce qu’on allait voir, le résultat de
l’accessibilité de la seconde ligne est identique à la première. Les politiques et décideurs se contre fichent de nos recommandations, ils savent très
bien que 10% des DV se hasardent à être autonome, ce qui fait en réalité une petite trentaine de personnes concernées à Montpellier. Par contre on nous
fait de la médiatisation sur l’installation de feux sonores qui sont devenus obligatoires depuis 2005, sur un itinéraire de 1800 mètres à travers le quartier
d’Antigone qui n’est pas emprunté, car il est très difficile de détecter une bande en relief dans une zone pavée, cette plaisanterie a tout de même coûté
75000 euros à la collectivité. Aujourd’hui je pense que tout le monde se demande si il faut continuer à être représenter pour faire de la pure représentation
et de faire valoir, ensuite les élus peuvent dire c’est un travail collectif fourni par toutes les forces vives de la cité dont les associations d’aveugles.
Faut-il faire la politique de la chaise vide, peut-être pas, mais si toutes les associations avaient le même discours, c’est-à-dire l’intérêt des DV pour
nos associations nous serions certainement mieux écouté, mais certaines associations ne peuvent pas revendiquer, car elles bénéficient de la largesse des
collectivités territoriales, alors elles ne veulent pas se faire arakiri. c’est donc le serpent qui se mord la queue et nous les aveugles nous galérons
quotidiennement pour déambuler dans un dédale d’obstacles, des immenses zones planes où se mêlent tramway, bus, automobiles, vélos et piétons. Je pense
que l’âge n’a rien à voir avec l’énergie de l’individu, je connais des jeunes mous et de vieux durs, j’ai 54 ans on me traite de vieux, mais de temps à
autre j’expérimente des trajets, j’en fais de petits comptes rendus pour en faire profiter mes condisciples. Nous devons nous poser une question, est-ce
que l’accessibilité est le problème majeure des DV, n’hurlez pas, pour moi c’est primordial, mais j’entends rarement autour de moi des DV intéressés par
la chose. Je pense qu’il nous faut comme nos amis en fauteuil, un texte législatif qui règle nos besoins dans l’urbanisme dans la cité, sinon chacun fait
avec son idée et en fait nous devons nous satisfaire de miettes. La réalité, les personnes autonomes se débrouillent en s’adaptant avec leur astuces, leurs
petits trucs et en allant auprès des autres pour être renseignés, car la communication est certainement une des armes de notre autonomie. Ai-je répondu
à ton attente, personnellement je ne le pense pas, car le problème de notre handicap c’est que nous n’avons pas tous les mêmes besoins ce qui je conçois
déstabilisent parfois nos interlocuteurs. J’ai peut-être baissé les bras pour aller faire des ronds de jambes à des hypocrites de l’urbanisme, mais je
continue à intervenir individuellement pour l’amélioration de notre accessibilité dans la cité.

Bien amicalement

Michel Michelland

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