Ventoux – 9 et 10 février 2013

Ce sont les 9 et 10 février, que l’activité randos-loisirs du comité AVH de Montpellier a organisé son week end raquettes au Mont Ventoux.
Ce sont 17 participants qui ont répondu au week end trimestrielle, 10 DV et 7 clairvoyants. Nous partons à 8 heures 30 d’Occitanie, il fait un temps hivernal, nous prenons la direction de la vallée du Rhône, nous sortons de l’autoroute à Orange, puis nous filons sur Vaison la Romaine. Sur notre droite nous découvrons les dentelles de Montmirail, elles sont le paradis des escaladeurs, nous passons dans le vignoble des côtes du Rhône. Nous passons près de Gigondas, Vaqueyras et rasteau, puis nous abordons Vaison la Romaine. Plus que quelques kilomètres et nous voici à Puyméras, nous avons rendez-vous à la cave coopérative, où nous retrouvons Jean-François du comité AVH de Vaison la Romaine, il sera notre guide pour cette journée, il est accompagné de Christiane une bénévole du dit comité. Après une photo de groupe pour un canard local, nous reprenons les véhicules pour nous rendre au départ de la randonnée. Voici une présentation de Puyméras :
Puyméras est une commune française, située dans le département de Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. La commune compte 648 habitants, elle s’étend sur 14,5 kilomètres carrés et elle s’étale entre 275 et 840 mètres d’altitude. Le territoire de la commune est divisé en deux terroirs. Il existe une petite plaine sur sa partie méridionale, le reste étant en collines ou coteaux.
L’autoroute la plus proche est l’autoroute A7, directement embranchée avec l’autoroute A9, à l’échangeur d’Orange/Orange Sud.
Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu’exceptionnellement par la destruction de bâtiments.
Le Lauzon, petite rivière de 13,2 kilomètres de long, passe au nord du bourg pour se jeter dans l’Ouvèze sur la commune proche de Vaison-la-Romaine. Le ravin de Rattechamp, le vallat Gours de Jacques et le ravin de la Tuilière, présent sur la commune, se jètent tous trois dans le Lauzon
Ce territoire situé entre l’Ouvèze et le Lauzon a été occupé par les chasseurs de la préhistoire. Sur la commune, au quartier de Bernucen a été identifiée une station en surface du magdalénien. Au lieu-dit Le Jas, la fouille d’un atelier de taille de silex néolithique a permis de mettre au jour une sépulture datée de la même époque. La colonisation romaine a été aussi effective. Au quartier des Espagnols, les fouilles archéologiques ont exhumé des vestiges d’une villa rustica datée des III.me siècle et IV.me siècle
Le vieux village (XI.me siècle) occupait la colline qui domine l’agglomération actuelle. Son emplacement est repérable par les cavités creusées dans la roche. Cette période médiévale la culture de la vigne développée par les moines venus de l’Isle-Barbe (Lyon) et de l’abbaye de Cluny. Ce fut au cours du XII.me siècle que Raymond de Toulouse, comte de Provence, donna en fief la terre de Puyméras à Raymond du Puy. Il fit bâtir son château sur une autre colline. En 1370, son descendant, Pierre du Puy rendit hommage à Étienne Aubert, Recteur du Comtat Venaissin représentant la Révérende Chambre Apostolique d’Avignon. Mais depuis le début du XIV.me siècle, cette seigneurie est en paréage avec la famille des Baux. En 1314, Bertrand IV des Baux devint seigneur parier. En 1361, Jean des Baux, rendit hommage à Philippe de Cabassolle, Recteur du Comtat Venaissin.
Pendant la renaissance, tout au cours de cette période les familles possédant fief à Puyméras se succédèrent. En 1450, randonne de Rosans, en épousant Antoine II de Taulignan, lui apporta en dot sa moitié de part. Leur fille Françoise fit de même lors de son mariage avec Jean-François de Blégiers. L’autre partie du village appartenait aux Montauban. Isabelle de la Tour-Montauban l’apporta en dot à Randulphe de Véri. Leur fils, Joseph de Véri de Carnoul, en 1680, en rendit hommage à Michele Antonio de Vibo, Recteur du Comtat Venaissin. Les guerres de religion furent particulièrement violentes entre les seigneurs protestants des Baronnies et les Capitaines pontificaux venus du Comtat Venaissin. La première attaque vint des religionnaires de Vinsobres qui, en 1570, mirent à sac et brûlèrent le château du village. Le second fait marquant se déroula le 2 février 1589 quand le Capitaine Molans s’empara du village sans coup férir, les 24 gens d’armes de la garde pontificale ayant préféré n’opposer aucune résistance. L’église paroissiale ayant servi d’écurie pour les chevaux des assaillants, elle fut considérée comme profanée et le culte fut célébré jusqu’en 1605 dans la chapelle Saint-Apollinaire. Les troubles finis, en 1628, le hameau des Joyants (Géants) fut érigé en arrière-fief par le seigneur de Puyméras en faveur de François de Bellon, seigneur de Saint-Lambert. Une chapelle y fut construite en 1663. Elle fut placée sous l’invocation de Notre-Dame des Anges. La tradition veut que ce hameau ait été dénommé ainsi pour avoir été habité par des familles dont les membres dépassaient la taille normale.
Le 12 août 1793 fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d’Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d’Apt et d’Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.
La période révolutionnaire aurait laissé peu de traces sans les provocations du marquis de Bésignan qui excita contre lui la colère populaire. En 1794, les élus de Puyméras changèrent le nom de leur commune en Puy-la-Montagne. Au milieu du XIX.me siècle, la commune produisait du vin et de l’huile d’olive ainsi que du seigle et du blé.
Zone de polyculture traditionnellement arboricole, les oliviers et les fruitiers subirent le gel de 1956. Seule la vigne résista. Ce vignoble a eu ses vins classé en côtes-du-rhône villages en 1979. Le décret du 25 août 2005 l’a fait accéder en côtes-du-rhône villages avec nom géographique.
Le vignoble produit de vins faisant partie des côtes-du-rhône villages avec nom de commune. Cette AOC s’étend sur les communes de Mérindol-les-Oliviers, Mollans-sur-Ouvèze, Faucon et Saint-Romain-en-Viennois. Une partie du terroir produit des vins Ventoux (AOC). Les vins qui ne sont pas en appellation d’origine contrôlée peuvent revendiquer, après agrément le label Vin de pays de la Principauté d’Orange.
Beaucoup de traditions et de fêtes émaillent la vie du village, pèlerinages avec bravade dans les différentes chapelles, fête votive, défilé de Marianne pour le 14 juillet dans les rues du village, unique en Provence. Il y a une équipe de fooball, plusieurs associations culturelles, greniers, des randonnées gourmandes…
Nous garons les véhicules à la sortie du village, nous commençons la randonnée à 400 mètres d’altitude, nous devons gravir le mont Gourbière, il culmine à 840 mètres d’altitude, notre circuit est de faire le tour du mont Gourbière dont le point culminant se situera à 772 mètres d’altitude. Nous commençons l’ascension, il fait un froid sec, par chance il n’y a pas de vent. L’environnement où nous évoluons est constituée d’un massif forestier, c’est le royaume du chêne blanc, du cade, du cyprès, du pin d’Alep et de ci de là quelques vergers d’abricotiers ou de cerisiers. Nous croisons des chasseurs postés à des endroits stratégiques, une battue aux sangliers est en action. Ils sont très compréhensifs, ils nous renseignent sur les lieux à éviter et nous souhaitent bonne découverte du mont gourbière. Nous passons tout près du hameau des Joyants, il y a une quarantaine d’années il comptait encore une centaine d’habitants, aujourd’hui il est complètement abandonné, il est coupé de toutes voies de communication. Après une heure d’ascension, nous parvenons au point culminant de notre randonnée, il est près de 13 heures, il est temps de casser la croûte. La cabane des chasseurs étant occupée, nous décidons de nous installer au soleil dans une petite clairière pour tirer le repas du sac.
Après une heure de pause, il nous faut reprendre notre chemin, nous avons parcouru 3 kilomètres, il nous en reste encore 9 à avaler. En contournant le mont Gourbière, nous découvrons les monts de l’Ardèche, la chaîne des Alpes, les baronnnies, le mont Ventoux, le Rhône, et plusieurs vallées dont les flancs sont garnis de villages perchés. Les vaux abrités sont quadrillés par des oliveraies, des vergers et de vastes étendues de vignes. Nous redescendons de notre perchoir, au gré de notre progression, nous pouvons admirer de superbes villages perchés, nous les distinguons parfaitement, ils sont situés aux alentours de Puyméras, la plupart sont sur le territoire de la Drôme, car Puyméras est une sorte d’enclave de Vaucluse entourée par le territoire drômois. Ainsi nous distinguons Mérindol-les-Oliviers, Mollans-sur-Ouvèze, Faucon et Saint-Romain-en-Viennois. Nous parcourons des monts et des vaux, nous longeons et traversons de petits cours d’eau, nous admirons de jolies bâtisses et de superbes églises romanes des villages qui jonchent notre circuit. Nous cheminons sur des sentiers, des parties goudronnées, en bordure de vignes, dans des prairies est toujours accompagné par un timide soleil de février. Nous voici revenus à Puyméras, nous traversons le village en parcourant la rue de la Justice, nous redescendons dans une dernière vallée, au fond de laquelle coule le Lauzon, dans la descente nous sommes poursuivis par une chèvre en chaleur, Jean-François, nous prouve l’efficacité belge pour dompter l’animal tel qu’un torero espagnol. Enfin la dernière grimpette, et nous voici au parking où nous attendent les véhicules. Le podomètre indique 12 kilomètres, il est 17 heures, nous remercions Jean-François et Christiane de nous avoir accompagné, il est temps de partir pour arriver avant la nuit au chalet Liotard situé sur les pentes du mont Ventoux.
Nous retraversons vaison la Romaine, puis nous atteignons Malaucène. Nous commençons à gravir la face nord du Ventoux, nous distinguons des restes du monastère du Grozon, où le pape Clément V venait s’y reposer l’été, nous apercevons une petite chapelle enfouie dans la végétation. Nous arrivons à la source du grozon, c’est un endroit qui est toujours frais même en été. Nous laissons le portail Saint-Jean. C’est une curiosité géologique, c’est un immense rocher tout blanc, il donne l’impression d’un portail qui donnerait accès à la montagne. Nous serpentons sur la pente du Ventoux, il était complètement déboisé à la fin du XIX.me siècle, les communes ont eu obligation de replanter des arbres en 1860. Nous sommes dans une pente à 8%, et nous sommes à 17 kilomètres du sommet. Le déboisement a eu lieu pour en grande partie, sous le règne de Louis XIV, les arbres abattus étaient des chênes, ils ont servi à l’arsenal de Toulon pour construire les mâts des galères et des bateaux de la marine royale. Ensuite les charbonnières ont pris part au déboisement du mont Ventoux, la plupart des charbonniers étaient des italiens et plus particulièrement des piémontais qui crevaient de faim chez eux. Le pasteuralisme a participé aussi à la déforestation du mont Ventoux, car il fallait créer des prairies pour faire paitre les brebis et les moutons. La reforestation se fera par étage, tout d’abord du cèdre, du pin d’Autriche, des chênes, dans la partie supérieure des chênes à crochet et le Ventoux sera donc reboisé jusqu’à 1700 mètres d’altitude. Sur notre droite nous découvrons du buis, avec lequel auparavant on fabriquait des rideaux de portes. Sur notre gauche nous avons une vue sur les monts de la Drôme, et sur notre droite nous découvrons la vallée du Rhône. Par temps clair, depuis le sommet du Ventoux, on peut voir les étangs de Camargue. Nous passons devant le gîte forestier des Ramaillettes, c’est une ancienne maison de cantonniers. Il nous reste encore 10 kilomètres avant le sommet, la route est large, la station de ski de la face nord s’appelle le mont Serein. Comme nous avons pris de l’altitude, nous apercevons les sommets des préalpes, depuis le sommet du Ventoux, toujours par temps clair on peut admirer le mont-Blanc. Le géant de Provence est interdit à la circulation à son sommet du 15 novembre au 15 avril, pour raison de sécurité causé par son enneigement, le brouillard et la puissance du vent qui y souffle l’hiver. Pendant cette période seul y résident les scientifiques de la station de météorologie, pour se déplacer, ils utilisent des chenillettes, avec lesquelles ils circulent sur des chemins bien bornés par des balise colorées. Nous arrivons à la station de ski du mont Serein, les pistes sont très pentues, il faut être un excellent skieur pour s’y aventurer. Nous sommes sur le territoire des pins à crochet, ils ont des racines qui s’accrochent dans le sol pour se maintenir, ils ont les branches qui remontent vers le ciel. Ils sont très résistants au vent, nous sommes à 1420 mètres d’altitude. Depuis quelques kilomètres, nous roulons sur une route enneigée, où des plaques de verglas s’y cachent. Enfin le chalet Liotard, il est au pied des pistes de ski alpin, et à proximité des parcours de ski de fond et de raquettes. Nous sommes à 6 kilomètres du sommet du Mont Ventoux, dont voici la présentation :
Le mont Ventoux est un sommet français culminant à 1911 mètres. Il fait environ 25 kilomètres de long sur un axe est-ouest pour 15 kilomètres de large sur un axe nord-sud. Surnommé le Géant de Provence ou le mont Chauve, il est le point culminant des monts de Vaucluse et le plus haut sommet de Vaucluse. Son isolement géographique le rend visible sur de grandes distances. Il constitue la frontière linguistique entre le nord et le sud-occitan. Avant d’être parcourue par trois routes principales, ce qui a permis le développement du tourisme vert et des sports d’hiver ainsi que l’organisation de grandes courses cyclistes, de bolides motorisés ou autres défis, la montagne était sillonnée de drailles tracées par les bergers à la suite de l’essor de l’élevage ovin entre le XIV.me siècle et le milieu du XIX.me siècle. Ces chemins ont désormais été transformés en sentiers de randonnée, à l’instar du GR 9. Sa nature essentiellement calcaire est responsable de sa vive couleur blanche et d’une intense karstification due à l’érosion par l’eau, avec la présence de nombreux pierriers dans la partie sommitale. Les précipitations sont particulièrement abondantes au printemps et à l’automne. L’eau de pluie s’infiltre dans des galeries et rejaillit au niveau de résurgences au débit variable telles la Fontaine de Vaucluse. Le mont Ventoux est soumis à un régime méditerranéen dominant, causant parfois l’été des températures caniculaires, mais l’altitude offre une grande variété de climats, jusqu’au sommet à l’influence continentale de type montagnard, en passant par un climat tempéré à mi-pentes. En outre, le vent peut être très violent et le mistral souffle pratiquement la moitié de l’année. Cette géomorphologie et ce climat particuliers en font un site environnemental riche et fragile, constitué de nombreux étages de végétation, comme en témoigne son classement en réserve de biosphère par l’UNESCO et en site Natura 2000. Si des peuplements humains sont avérés au niveau des piémonts durant la Préhistoire, la première ascension jusqu’au sommet serait l’œuvre, le 26 avril 1336, du poète Pétrarque. Il ouvre la voie, plus tard, à de nombreuses études à caractère scientifique. Par la suite, pendant près de six siècles, le mont Ventoux va être intensément déboisé, au profit des constructions navales à Toulon, des fabricants de charbon de bois et des éleveurs ovins. Durant la Seconde Guerre mondiale, la montagne abrite le maquis Ventoux. Depuis 1966, le sommet est coiffé d’une tour d’observation de plus de quarante mètres de haut surmontée d’une antenne. Alors que l’élevage ovin a presque disparu, l’apiculture, le maraîchage et la viticulture, la récolte des champignons parmi lesquels la truffe, ainsi que la culture de la lavande sont toujours pratiqués. En raison de ces particularités, le mont Ventoux est une figure symbolique importante de la Provence ayant alimenté récits oraux ou littéraires, et représentations picturales artistiques ou cartographiques. Le mont Ventoux, avec les noms principaux de ses cols et de ses abrupts 1 = Mont Ventoux – 2 = Col des Tempêtes – 3 = Tête de la Grave – 4 = Chalet Reynard – 5 = Col de la Frache – 6 = Flassan – 7 = Rocher de Cachillan – 8= Tête de Chauve – 9 = Tête du gros Charne – 10 = Tête du Fribouquet – 11 = Cime Saint Vincent – 12 = Grand Barbeirol. En occitan provençal, mont Ventoux se dit Mont Ventor selon la norme classique ou Mount Ventour selon la norme mistralienne. Le nom d’origine Ventour apparaît déjà au II.me siècle sous sa forme latine Vĭntur sur trois inscriptions votives à un dieu celte. La première est découverte au XVIII.me siècle, à Mirabel-aux-Baronnies, sur le site de Notre-Dame de Beaulieu par Esprit Calvet. Elle indique VENTVRI / CADIENSES / VSLM. La seconde, qui provient d’Apt, est relevé een 1700, par Joseph-François de Rémerville, lequel note VENTVRI / VSLM / M. VIBIVS. La troisième est exhumée lors des fouilles de 1993, à la chapelle Saint-Véran, près de Goult, seul VINTVRI restait lisible sur un fragment. Si cet oronyme est passé dans la langue provençale sans grand changement, il n’en est pas de même de son savant rhabillage latin Mons Ventosus qui est documenté dès le Xe siècle et qui est le vocable employé par Pétrarque au XIV.me siècle. À la suite du poète, il a été réinterprété pendant longtemps comme « mont venteux » tant il est vrai que le mistral y souffle souvent à plus de 100 km/h, et parfois jusqu’à 300 km/h. Certains auteurs ont cherché à l’analyser comme un *Ven-topp, qui aurait signifié « cime enneigée » en gaulois ou par *uindo / *vindo « blanc ». Mais la phonétique fait difficulté et la finale reste inexpliquée. Actuellement, en se fondant sur les formes anciennes biens connues, on met en avant la racine *Vin-. Elle se retrouve dans la montagne Sainte-Victoire, qui était un Mons Venturi transformé en Sanctæ Venturii à partir de 1345, ainsi qu’en région provençale dans Venasque, Venterol (Alpes-de-Haute-Provence), Venterol (Drôme), Vence, Ventabren, Ventavon ou en Corse dans Venaco et Ventiseri. Elle apparaît aussi dans le Piémont, où se trouve un Venasca, ainsi que dans les Pyrénées avec le Port de Venasque et Benasque qui a aussi donné son nom à la vallée de Bénasque. Cette racine pré-latine, répandue sur un large territoire, désigne à chaque fois une hauteur ou un lieu élevé et dans le cas du Ventoux et de la Sainte-Victoire son suffixe -tur indique une distance. Le Ventoux serait donc « la montagne qui se voit de loin », il couvre environ 26000 hectares. Onze communes se partagent le massif : Aurel, Beaumont-du-Ventoux, Bédoin, Brantes, Flassan, Malaucène, Monieux, Saint-Léger-du-Ventoux, Sault, Savoillan et Villes-sur-Auzon. Situé à moins de 20 kilomètres à vol d’oiseau au nord-est de Carpentras, il est suffisamment éloigné des autres sommets de la région le Signal de Lure (1826 m) se trouvant à plus de 40 kilomètres à l’est — pour paraître plus haut qu’il ne l’est en réalité, ce qui lui vaut le surnom de Géant de Provence. De fait, au sommet, par temps dégagé, on découvre un panorama exceptionnel sur toute la chaîne des Alpes, la mer Méditerranée avec l’ensemble du golfe du Lion et la Camargue, la basse vallée du Rhône dont on peut parfaitement voir les méandres en direction d’Avignon, les Cévennes, le Massif central et même Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille. L’accès au sommet par le versant septentrional se fait depuis Malaucène par la D 974, dite route du mont Serein. Sa construction a été décidée en 1931 pour desservir la station de ski. Longue de 21 kilomètres, avec une pente de 7,5 %, elle a été inaugurée en 1932. Sur le versant méridional, la D 974, dite route de l’Observatoire, venant de Bédoin rejoint au niveau du chalet Reynard la route qui monte depuis Sault en direction du sommet. Inaugurée au printemps 1882, elle est longue de 21,6 kilomètres, avec des pentes oscillant entre 7,4 et 10 %. Elle n’est goudronnée qu’en 1934. La D 164, ou route du Ventouret, prend son départ à Sault. Empruntant la combe de la Font de Margot et la combe Brune, elle a 19 kilomètres de long et une pente de seulement 3,5 %. Les travaux ont été achevés en un an et elle a été inaugurée le 8 octobre 1950 par Édouard Daladier et Charles Martel, président du Conseil général de Vaucluse. Les drailles sont des voies liées à la transhumance. La plupart d’entre elles sont devenues actuellement des chemins de randonnée. Elles sont rares dans le sens nord-sud, à l’exception des deux partant de Flassan vers Verdolier et vers Brantes. À ces chemins pastoraux s’ajoute un chemin de pèlerinage, celui de Sainte-Croix qui, partant des Baux, se dirige vers le sommet par la combe Fiole. Les anciennes drailles sont plus fréquentes d’est en ouest. Les plus importantes restent celles de Malaucène à Saint-Léger, de Mormoiron à Sault et de Bédoin à Flassan. Cette dernière, devenue le GR 9, est dénommée « draille traversière ». Son tracé délimitait la plaine cultivée de la montagne boisée. Pour faciliter les passages plusieurs ponts de bois ou maçonnés avaient été construits. Il en reste six de pierre, dont quatre enjambant le Toulourenc et deux situés dans la vallée de l’Ouvèze. Dans la vallée du Toulourenc, d’autres résurgences apparaissent également tout le long du lit, décelables lorsqu’elles jaillissent dans la rivière par leur température constante à environ 11-12 °C toute l’année. Des sources existent aussi sur les versants du massif. Près du sommet, sur le versant nord, à 1 788 m, la source de Fontfiole (ou Font-Fiole) coule avec une eau à 4-5 °C. Il s’agit de la source la plus haute du département de Vaucluse. Sur le versant méridional, entre le sommet et le chalet Reynard, on observe la Fontaine de la Grave (ou Font des pastres), une source captée par une petite fontaine, ainsi que la Font d’Angiou, la Font de l’Arjelas et la Fontaine de Saint-Sidoine. La première Courses à pied est organisée en 1908 par l’Union sportive de Carpentras. Ce « Marathon du Ventoux » est remporté par le carpentrassien Joyerot. Pendant sept décennies, cette épreuve subit une éclipse. Elle est relancée le 14 septembre 1974 par le club d’athlétisme de l’Union Sault/Apt – Luberon/Ventoux. Pierre Liardet, originaire de Sault, parcourt les 26 km de la montée en 1 heure 39 minutes et 9 secondes. En 1988 et 1989, la ville de Bédoin propose une troisième et quatrième édition, la course se déroulant sur 21,600 km. Le record est établi par Aimé Arnaud en 1 heure et 35 minutes. Trois itinéraires d’ascension sont possibles pour le mont Ventoux : Bédoin (sud) est la plus emblématique des ascensions et l’itinéraire le plus souvent emprunté par le Tour de France. À partir de la sortie du village, c’est 21,6 kilomètres et 1610 mètres de dénivelé : facile jusqu’à Saint-Estève, la pente se durcit pour atteindre une moyenne d’environ 9 % pendant presque 10 km jusqu’au chalet Reynard. De là il reste 6 km avec des cailloux à perte de vue et souvent un vent violent dans les derniers kilomètres. Si les quatre kilomètres qui suivent le chalet Reynard sont moins pentus que dans la forêt, les deux derniers offrent en revanche un final redoutable. Depuis 2007, l’ascension dispose d’un chronométrage permanent qui permet à chaque cycliste de situer sa performance par rapport aux nombreux autres qui se mettent à l’épreuve sur cette ascension• Malaucène (nord) offre, malgré des passages à 12 %, une difficulté un peu inférieure à l’itinéraire sud, avec 21 kilomètres et 1570 mètres de dénivelé, et on y est mieux protégé du vent. Sault (est) est la plus longue mais la plus facile des ascensions, avec 26 kilomètres, 1220 mètres de dénivelé et des pentes à 5 %. Le Tour de France propose régulièrement l’ascension mythique de ce sommet, connu pour la raideur de sa montée tout autant que pour la chaleur qu’il y fait en juillet et le vent qui y souffle. Le peloton franchit pour la première fois le Ventoux en 1951 au cours de l’étape Montpellier-Avignon. Charly Gaul en 1958, Raymond Poulidor en 1965, Eddy Merckx en 1970, Bernard Thévenet en 1972, Jean-François Bernard en 1987, Eros Poli en 1994, Marco Pantani en 2000, Richard Virenque en 2002 et Juan Manuel Gárate en 2009 s’y sont notamment illustrés. Le record actuel de l’ascension par Bédoin est détenu depuis le 10 juin 2004 par l’Espagnol Iban Mayo en 55 minutes et 51 secondes et a été établi lors du Critérium du Dauphiné libéré 2004. Mais les plus grands y ont également connu des défaillances. Ainsi, lors de l’édition de 1967, le Britannique Tom Simpson est mort après un malaise ayant provoqué une chute, victime du dopage, sous une chaleur étouffante de 35 °C. Le Masterseries est un défi organisé chaque année fin juin ou début juillet. La pratique du VTT se développe également.
Nous prenons place au chalet Liotard, nous découvrons nos chambres, dont les fenêtres nous offrent de splendides panoramas dignes de cartes postales. Après une bonne douche et une petite détente, nous rejoignons la salle de restaurant. Nous avons droit à l’apéritif de bienvenue, puis nous dégustons le plat unique, un gratin du Ventoux, il est élaboré avec des aubergines, de la viande d’agneau et du gruyère, ensuite nous savourons une excellente salade de fruits. Après le dîner, chacun vaque à ses occupations, un petit groupe se réunit devant la cheminée, mais la fatigue se fait sentir, et tout le monde rejoint les chambres pour un repos bien mérité.
Après une bonne nuit réparatrice, à 8 heures 30, c’est le petit déjeuner, où nous concoctons le programme de la journée. Nous décidons d’effectuer une boucle de 9 kilomètres, elle est balisée pour le ski de fond et les adeptes des raquettes, nous la réaliserons en chaussures de randonnée, car la couche neigeuse est fine. Quelques une préfèrent se faire une balade autour du chalet Liotard, ce sont donc 14 randonneurs qui s’élancent à la conquête du Ventoux sous le tandem de meneurs que sont Andrée et Pascal.
Tout d’abord, nous empruntons la route d’accès au sommet du Ventoux sur près de 2 kilomètres, elle est fermée à la circulation du 15 novembre au 15 avril. Pour rompre la monotonie de l’environnement, nous sommes attirés par une large piste forestière, où quelques centaine de mètre plus loin, nous découvrons des panneaux directionnels pour les randonneurs, nous portons notre dévolu sur la direction du Chalet Reynart qui se situe sur la face méridionale du géant de Provence. Notre colonne marche allègrement dans la neige, nous franchissons des parties verglacées, c’est un régal, en plus le soleil est des nôtres. Après une heure de marche à un bon rythme, nous faisons le point, car la fiche signalétique du circuit n’est pas très claire. Certains décident de rebrousser chemin, en empruntant le même parcours. D’autres prennent la résolution de continuer la piste, afin peut-être de trouver une indication qui pourrait nous amener au mont Serein où se trouve notre chalet. Ainsi nous cheminons une bonne trentaine de minutes de plus, et devant les indications un peu confuses des carrefours des pistes, nous prenons la sage décision de faire le chemin inverse, car il est impératif d’être à 12 heures 30 au chalet Liotard pour y prendre le repas en commun avec une délégation du comité AVH de Vaison la Romaine. Nous redescendons donc ce que nous avons gravi, et montons ce que nous avons dévalé à l’aller. Nous sommes encore 8 dans la cordée finale, la neige tombe, c’est vraiment super, nous voulions faire un week end à la montagne, et bien nous en avons tous les ingrédients. Il est 12 heures 29, quand nous sommes sur le parking du chalet Liotard, le podomètre indique 10 kilomètres parcouru en à peine 3 heures de marche bien rythmée. Sans attendre, nous nous mettons à l’aise, nous quittons nos habits d’hommes du froid pour une tenue plus légère. Nous passons au restaurant, où nos amis de vaison la Romaine nous y accueillent. Après de courtes présentations, Michel brunet bénévole du comité AVH de Vaison la Romaine nous décrit un projet local autour du tour de France et du mont Ventoux. C’est une belle initiative, mais il faut un bel entraînement hivernal en tandem, pour prétendre relever le défi qui est tout de même colossal. Après les discours, les choses sérieuses, l’apéritif de l’amitié avant de se régaler d’un civet de cerf accompagné de gratin dauphinois, après lesquels nous est servi une part de gâteau et sa crème Chantilly. Il est 15 heures 30, quand nous quittons le chalet Liotard, la neige continue à tomber, c’est bien dommage de quitter cet endroit magnifique. Nous prenons place dans les véhicules, c’est avec prudence que nous parcourons les quelques kilomètres de route enneigée et verglacée qui nous permet de rejoindre Malaucène. Nous voici au pied du Mont Ventoux, la pluie a fait place à la neige, pour le retour nous empruntons des chemins buissonniers, certains même s’en le vouloir rejoignent Montpellier par les Alpilles et en longeant la Camargue. En tout cas, tout le monde arrive à bon port, par des chemins différents, il est donc bien dit que tous les chemins mènent à Montpellier.
Cette année nous avions décidé de rompre l’éternel week end hivernal au mont Aigoual, Jean-Jacques et Louis nous ont donc organisé un superbe week end dans le Vaucluse. Il a fallu s’adapter aux conditions atmosphériques, ce fut une semaine de prise de tête pour Jean-Jacques, mais malgré la défaillance de certains participants et l’absence de locaux pour mener notre escapade du mont Ventoux. Nous avons puisé dans notre réservoir de nos binômes clairvoyants, pour satisfaire notre programme. Merci à Jean-François pour la découverte du mont Gourbière à Puyméras, à nos guides avhistes de Montpellier pour leur accompagnement de pro, à Louis qui a su faire fonctionner son relationnel du comtat Venaissin, aux Lafarge qui ont préparé ce week end depuis plusieurs mois, et à nous les participants qui ont eu une conduite exemplaire et n’ont pas résigné à avaler plus de 22 kilomètres avec de bons dénivelés. Bon ma plume est usée, je n’ai plus d’encre, ma narration s’achève, vivement le prochain week end.

Michel

Cet article vous plaît ? envoyez-moi un message

Ce contenu a été publié dans cahier de vacances. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire