écusson de Montpellier – Samedi 24 novembre 2012

Nous voici partis à la découverte des quartiers Saint-Anne et de la place Castellane à Montpellier, la visite est guidée par madame Granel présidente de l’association Rencontre. Le point de rendez-vous est rue Foch, face au tribunal, nous redescendons la rue Foch en direction de la préfecture.
Foch (Ferdinand) Tarbes, 1851 – Paris, 1929 maréchal de France. Professeur à l’école supérieure de guerre, il en devint commandant en 1907. En 1914, il participa, d’une façon décisive, à la victoire de la Marne, à la tête de la IX ème armée. Adjoint au général en chef Joffre (octobre 1914), il coordonna les opérations des armées françaises, belges et britanniques, et arrêta les Allemands sur l’Yser, puis sur la Somme (1916). Chef d’état-major en 1917, il fut porté au commandement suprême des armées alliées à partir de mars 1918. Il tint alors tête à l’offensive allemande, passa à la contre-attaque le 18 juil. 1918; en août, nommé maréchal de France, il libéra le territoire, contraignant le gouvernement allemand à signer l’armistice du 11 novembre 1918. Acad. fr. (1918).
La rue Foch est une artère impériale, elle a été percée sous le mandat de maire de Jules Pagezy à la seconde moitié du XIX.me siècle, pour ce faire, il a fallu détruire bon nombre d’habitations qui s’entremêlaient sur l’emplacement de la rue que nous connaissons aujourd’hui. C’était un projet gigantesque, faute de financement, la percée impériale de la rue Foch s’est terminée à hauteur de la Préfecture, elle devait avoir une largeur de 30 mètres, en définitive elle ne mesure que 14 mètres, ce qui n’est tout de même pas négligeable.
David Jules Pagézy (né en 1802 à Montpellier et mort dans la même ville en 1882) était un homme politique français, maire de Montpellier et député pendant le Second Empire, puis sénateur au début de la Troisième République. Sa politique haussmannienne a durablement modifié l’aspect du centre de Montpellier. Dans les années 1830 et 1840, Pagézy est président de la Chambre de commerce de Montpellier. Il est également élu conseiller général en 1847. Jules Pagézy est nommé maire par décret de l’empereur Napoléon III le 22 septembre 1852. Il a appliqué à Montpellier une politique d’urbanisme inspirés des travaux de transformation de Paris du baron Haussmann. Des percées sont entamées dans l’Écusson, le centre historique de Montpellier : elles créent les actuelles rues Foch, Saint-Guilhem et de la Loge. Jusqu’alors, seuls les fossés entourant l’Écusson ont été comblés depuis le XVIII.me siècle pour créer les boulevards. Depuis la gare ferroviaire, il achève le percement de la rue Maguelone entamé en 1852, pour la faire arriver sur la place de la Comédie en 1857. En 1857, il initie la construction d’un square devant la gare (actuel square Planchon). Membre du conseil presbytéral, il facilite la construction d’un temple protestant rue Maguelone de 1867 à 1870. Pour les problèmes d’approvisionnement de la ville, son mandat voit la construction des halles Castellanes pour l’alimentation et les premiers captages d’eau du Lez pour compléter l’aqueduc de Saint-Clément et le réservoir du Peyrou. Le 17 juillet 1869, il est remplacé à la mairie par son premier adjoint. Les projets de percement sont stoppés : la rue Foch, d’orientation ouest-est, devait atteindre l’Esplanade. Elle est achevée à mi-chemin, devant la préfecture. Après sa mort, il est inhumé au cimetière protestant de Montpellier.
Nous passons devant l’hôtel où est établi, l’ordre des avocats, un joli jardin sépare le mur d’enceinte à son hôtel. Nous longeons l’immense maison Robelot, qui fut pendant de nombreuses décennies l’entreprise funéraire de Montpellier, maintenant la concession est municipale et l’ensemble funéraire et l’un des cimetières de Montpellier ce sont installés à Grammont. C’est dans la maison Robelot et à son extérieur qu’une partie du film l’Emmerdeur a été tourné, nous quittons la rue Foch, pour nous introduire dans la rue Stanislas Digeon. Il fut avocat sous Louis Philippe, il perdit de son influence à l’avènement de la II.ème république en 1848. Au 2 de la rue Digeon se trouve un bel hôtel, une magnifique porte signale son entrée, il n’est pas possible d’y accéder le week end, dommage car l’hôtel possède une superbe cour. Nous voici dans la rue Eugène Lisbonne, elle est parallèle à la rue Foch, elle relie la rue Carme du Palais à la place petit Scel.
LISBONNE (EUGÈNE), député de 1876 à 1881, membre du Sénat, né à Nyons (Drôme) le 2 août 1818, étudia le droit à Paris, et, reçu avocat, s’inscrivit au barreau de Montpellier. D’opinions démocratiques, il fut nommé, en 1848, procureur de la République à Béziers : mais, après l’élection présidentielle du 10 décembre, il fut destitué de cette fonction. Activement mêlé aux luttes du parti républicain dans l’Hérault à l’époque du coup d’Etat de 1851, il fut arrêté et déporté en Algérie par décision des commissions mixtes. De retour à Montpellier, il reprit sa place au barreau et acquit bientôt, comme avocat et comme adversaire du gouvernement impérial, une certaine notoriété : il soutint et fit triompher, en 1839, la candidature indépendante d’Ernest Picard à Montpellier. L’avènement au pouvoir de ses amis politiques, le 4 septembre 1870, l’éleva à la préfecture de l’Hérault : il conserva ce poste jusqu’au 23 avril 1871. A cette époque, se trouvant en opposition d’idées absolue avec les représentants monarchistes que le département avait élus à l’Assemblée nationale, il refusa la préfecture de l’Isère que lui offrait M. Thiers, et préféra donner sa démission, pour rentrer dans la lutte. Conseiller général (octobre 1871) de l’Hérault pour le 2e canton de Montpellier, il combattit énergiquement, après le 24 mai 1873, les préfets du gouvernement de « l’ordre moral», fut élu président du conseil général, et se trouva ainsi désigné aux suffrages des électeurs républicains. Il se présenta et fut élu, le 20 février 1876, dans la 2e circonscription de Montpellier, par 10914 voix (21177 votants, 26319 inscrits), contre 5769 à M. Dubois et 4435 à M. Doumet. Il avait précédemment échoué, le 30 janvier, comme candidat au Sénat dans l’Hérault, avec 196 voix (416 votants). Il siégea dans le groupe de l’Union républicaine, parut plusieurs fois à la tribune, fut chargé de nombreux rapports et ne tarda pas à occuper dans la majorité de la Chambre une place importante; il fut des 363. Réélu, à ce titre, le 14 octobre 1871, par 11845 voix (22175 votants. 27126 inscrits), contre 10055 à M. Dubois, il revint siéger dans la majorité, soutint les ministères républicains de la législature et la politique opportuniste, et fit preuve d’une grande activité parlementaire. On lui dut plusieurs propositions et projets de loi modifiant les art. 336 et 340 du code d’instruction criminelle (résumé des présidents d’assises), restituant aux conseils généraux la vérification des pouvoirs de leurs membres, modifiant l’article du code civil relatif à la restitution des frais en matière de successions, modifiant l’article 1094 du code civil, réglant l’application de l’article 463 du code d’instruction criminelle, etc. M. Lisbonne fut, en 1881, le rapporteur de la loi nouvelle sur la presse dont la discussion commença à la Chambre le 24 janvier. D’accord avec le gouvernement sur le principe de la liberté de la presse, la commission avait rencontré de nombreuses difficultés à régler certains points de détail. Elle supprima en somme les mesures préventives qui s’opposaient à la publication d’un journal ou d’un article : déclaration préalable, autorisation, timbre, censure et cautionnement ; puis, pensant qu’en matière de délits de presse, la juridiction naturellement compétente n’est pas la magistrature, mais le jury qui représente l’opinion, elle établit, pour tous les cas autres que les contraventions, la juridiction du jury. Enfin, elle supprima quelques-uns des délits d’opinion admis par la législation en vigueur : notamment l’excitation à la haine des citoyens les uns contre les autres, l’outrage à la morale publique ou religieuse, l’apologie de faits qualifiés crimes, la fausse nouvelle pure et simple, etc. : elle laissait subsister le délit d’outrage envers la République, le Sénat et la Chambre des députés, le délit de fausse nouvelle publiée de mauvaise foi et de nature à troubler la paix publique, de pièces falsifiées, fabriquées ou mensongèrement attribuées à des tiers et le délit d’outrages aux bonnes moeurs. Elle maintenait la législation existante sur la diffamation, fixait à trois mois la prescription de l’action publique et, pour garantir le payement des amendes, admettait le principe de la responsabilité civile des propriétaires.
Nous passons devant une magnifique maison, elle a d’élégants balcons, ils sont ornés de majestueuses ferronneries, les ferronniers de Montpellier étant reconnus comme des artistes dans toute l’Europe. Nous sommes devant la maison où se trouvait le four crémate, un autre se trouvait dans la maison robelot, alors propriété des Guilhem. Les fours rapportaient énormément d’argent, le dernier des Ghilhem, Guilhem VIII avait vendu son four crémate, mais il avait gardé l’autorisation de cuire son pain, ainsi que celui de son château gratuitement dans le four. D’ailleurs, le nom ancien du quartier, où l’on se trouve était l’île Crémate, crémate en occitan signifie cramer. Cette maison où se trouvait le four crémate, fut rebâtie, on appliqua à sa restauration, le retrait de 18 pouces de sa façade, afin d’élargir la rue. Ce retrait de 18 pouces de toutes les façades de l’écusson de Montpellier, permis d’élargir quelque peu les rues médiévales de près d’un mètre. Nous rentrons dans l’observatoire de musique de l’agglomération de Montpellier, il est installé dans un bel hôtel de la rue Lisbonne. La cour intérieure est en forme arrondie, nous découvrons un splendide escalier. Une plaque commémore Jean Bouillon, qui exerça au conservatoire de Montpellier pendant 40 ans, il était le père de Jo Bouillon.
Jo Bouillon (1908-1984) est un chef d’orchestre français, dont la notoriété fut grande dans les années 1950 et qui fut le quatrième mari de Joséphine Baker. Son père et son frère Gabriel étaient musicologues, respectivement à Montpellier et à Paris. Joséphine Baker fit beaucoup d’enregistrements avec Jo Bouillon qui l’accompagnait dans ses tournées comme il accompagna Mistinguett ou Maurice Chevalier. Jo Bouillon épousa Joséphine Baker en 1947 et ils achetèrent ensemble le Château des Milandes en Dordogne. Ils réalisèrent ensemble leur projet d’adopter des enfants de nationalités différentes, ce afin de prouver que la cohabitation de « races »différentes pouvait admirablement fonctionner. Au final, ils adoptèrent 12 enfants. Tous les enfants que le couple adopta (en tout douze) porteront le nom de Bouillon. Ils se séparèrent en 1957 et divorcèrent en 1961. Jo Bouillon se retira en Argentine et ouvrit un restaurant français.
Nous quittons la rue Lisbonne, nous nous rendons à l’église Sainte-Anne. Nous sommes sur la place devant Sainte-Anne, nous y apercevons une splendide façade qui donne accès à l’observatoire de musique. L’église Sainte-Anne se dresse au milieu des habitations, à son début l’édifice au XI.me siècle était composé de 2 chapelles, Saint-Arnoult et Sainte-Anne. Les 2 chapelles ont été conservées et fonctionnaient ainsi jusqu’en 1496. Date à laquelle l’édifice a été consommé en église, que les habitants ont décidé d’appeler Sainte-Anne. A gauche de l’église, où il y a l’inscription carré Sainte-Anne, il y avait le cimetière. La première église a été rasée par les protestants en 1562, peu de temps après, on s’est attaché à la reconstruire. Les donations ont permis de construire qu’une moitié de l’édifice, ce qui mit l’évêque de l’époque en colère, il se nommait Bosquet. Il a réuni les 3 couvents qui se trouvaient autour de Sainte-Anne, où ils venaient y célébrer leurs offices. Il les menaça de terminer la construction de l’église, ce qui a été fait, comme ils avaient peu d’argent, la construction a été réalisée dans des conditions minables. Ce qui au final a donné une église, très basse et laide, et qui ne pouvait contenir que le cinquième des paroissiens du quartier. On en a exigé sa démolition, suite aux demandes des habitants du quartier, on a mis en branle une nouvelle construction. Elle a coïncidé avec l’avènement du roi soleil, Louis XIV, qui fut accueilli à bras ouverts, car sa mère n’avait pas pu avoir d’enfant pendant des années. La naissance de Louis XIV fut une énorme joie pour le royaume, ce qui entraîna une pluie d’impôts. Le contribuable fut mit à contribution, il en résulte que l’on avait plus assez d’argent pour ériger une nouvelle église. Au XIX.me siècle, ce fut un brave curé de paroisse, le père Sabatier, il est allé dans tout Montpellier et dans ses environs quêté, pour élever l’église que nous avons devant nous. L’église terminée, ce fut une grande joie dans le quartier, on y organisa des fêtes majestueuses. Par contre on avait oublié une chose, c’était où loger le curé, on y avait pas pensé. C’est donc la municipalité qui a donné 50 écus, pour permettre de loger le curé de la nouvelle paroisse dans le quartier. L’église Sainte-Anne a fonctionné en tant que tel, jusqu’en 1960, puis dans les années 1980, Georges Frêche et l’évêque de l’époque ont conclu un contrat. L’église a été confiée à la mairie, et l’évêché conserva le porche, sous lequel on y installe chaque année la crèche de Noël. L’évêché n’a pas pu garder l’édifice, car il a été mal conçu, l’église n’est pas assez large pour soutenir l’immense flèche. La mairie a donc consacré beaucoup d’argent, pour la consolider et la sécuriser, il faut dire, qu’elle est bâtie sur une rivière souterraine. L’église est aujourd’hui le carré Sainte-Anne, dans lequel on y organise des expositions en tout genre. Nous descendons une rue très pentue, que l’on appelle une dévalade, elle conduit au boulevard Ledru Rollin que l’on aperçoit. Nous distinguons tout un îlot de maisons, certaines sont très hautes mais pas très larges, c’est dans cet îlot que sont les plus anciennes maisons de Montpellier, elles datent du XIV.me siècle. Nous passons devant la maison qui faisait office de presbytère à l’église Sainte-Anne. L’un des derniers curés qui l’a occupé, fut le père Allari, quand il fut ordonné prêtre, ses parents lui avaient offert une traction avant. Il garait son bolide, aux Tourelles, qui était un couvent de sœurs. Nous abordons la place du petit Scel, Scel provient de sceau, qui est aujourd’hui remplacé par le timbre ou le tampon. Le petit Scel était le cachet de Montpellier, il y avait le petit sceau ou sceau des villes, le grand sceau étant le sceau royal, dont se servaient le roi et ses ministres. Le scel de Montpellier était de couleur verte, il avait une particularité que les montpelliérains étaient extrêmement fiers. A côté des armes de Montpellier, il y avait l’effigie du roi sur son lit de justice. La cour du petit Scel se trouvait sur la place du même nom, la cour du grand Scel est arrivée avec Philippe le Bel. Quand les protestants ont rasé la tour Eulalie, qui enfermait l’école de droit, les grands professeurs de Montpellier Passius, Etienne et ronchin, se sont réfugiés au collège Sainte-Anne, pour continuer à professer le droit, ils étaient hébergés dans des maisons toutes ordinaires composées d’une seule chambre. Nous sommes devant l’hôtel Filippi, c’était une très grande famille de Montpellier, comme la plupart des grandes familles montpelliéraines, elle était d’origine italienne. On les attirait à Montpellier, afin qu’ils y fassent des investissements, et pour ce faire, on les exentait d’impôts, les niches fiscales existaient donc déjà à cette époque. Face à la maison Filippi, il était inconcevable de construire une maison haute, qui lui aurait enlevé la luminosité. On y trouve la maison Cezelli, qui était aussi une famille d’origine italienne, dont la femme a été une héroïne de Montpellier. Elle avait épousé un homme charmant du Barry, elle était folle amoureuse de lui, ce qui était rare à l’époque, car les mariages étaient très souvent arrangés. Notre homme du Barry dirigeait Leucate, le phare de Leucate, au moment où le Roussillon n’était pas français, il était espagnol. Les incursions espagnoles étaient très répandues, Leucate était donc une place très importante en 1590. Du Barry fut avisé qu’une grande bataille allait s’engager avec les espagnols, il a averti son chef qui était de Montmorency. Au moment où il allait avertir son grand chef, il fut pris dans une embuscade, il a été pris pars les ligueurs, des français qui étaient alliés aux espagnols. Ils ont donné a Françoise Cézelli, le choix entre la vie de son mari ou abandonner Leucate. Elle a essayé de monnayer la libération de son mari, elle avait une énorme fortune, les ligueurs n’ont rien voulu savoir, et après 3 ans de palabre, ils ont étranglé son mari dans une prison tout près de Leucate. Françoise Cézelli fut considérée comme une héroïne à Leucate, on y avait monté une stalle avec sa statue, où elle tenait les clés de la ville de Leucate. La statue fut déboulonnée en 1942 par les allemands, afin d’en récupérer le bronze pour le faire fondre. La main est tombée lors de la chute de la statue, elle a été retrouvée par la suite, elle est aujourd’hui exposée à la mairie de Leucate, où elle tient toujours les clés de la ville. Une plaque est apposée sur la façade de la maison Cézellii qui relate cette histoire, elle a été dévoilée en 1934. Nous sortons de la rue du petit Scel, nous sommes dans la rue Foch, nous déambulons dans la rue Saint-Firmin, nous entrons dans une cour d’hôtel, où nous pouvons admirer un escalier à balustres, c’est un des plus beaux escaliers de Montpellier. Nous ressortons de cette magnifique cour d’hôtel, contre un mur de la rue Saint-firmin, elle relie la place Castellane à la rue Astruc, on aperçoit une croix, elle signale l’emplacement où se trouvait auparavant l’église saint-Firmin, qui était l’église la plus ancienne de Montpellier. Elle fut rasée par les protestants, Nous faisons une petite incursion dans la rue Rebuffy, qui était un professeur renommé de Montpellier, il avait écrit un livre sur la peste. Peu après la publication de son livre, la peste s’est déclarée (1348), il a soigné les gens et il en est mort. Nous sommes en face de l’ancien cimetière de Saint-Firmin, il fait face à l’hôtel Verchan, ses propriétaires faisant partie de la noblesse ont acheté le cimetière pour en faire leur jardin d’agrément. Dans ce cimetière, on y a retrouvé la pierre tombale d’un chevalier, Jean Darcy, qui date de 1460. Cette pièce archéologique très intéressante a disparu, elle avait été déposée dans le caveau de l’église qui se trouvait place Jean Jaurès. Ce caveau fut fermé, tous les débris archéologiques ont été transférés au musée archéologique, mais l’on a perdu la trace de la pierre tombale de Jean Darcy. Nous nous dirigeons vers le plan Duchet, nous croisons la rue Cherche Midi, c’est la plus petite rue de Montpellier, elle relie la rue Foch à la rue rebuffy. Nous sommes toujours dans la rue saint-firmin, en parallèle à gauche se trouve la rue Foch, et sur notre droite, nous avons le derrière des boutiques de la rue Saint-Guilhem. Nous voici plan Duchet, c’est où résidait la famille Duchet, l’espace du plan est très restreint. Quand une famille noble achetait une maison au cœur de ville, elle achetait également quelques maisons contigües, que l’on démolissait pour y établir un espace que l’on appelle plan, sur lequel quelquefois, on y plantait un arbre. La maison Duchet est très austère, par contre, elle arbore un superbe portail, qui possède encore sa plaque et son heurtoir d’époque. Nous sommes dans l’impasse draperie saint-Firmin, elle donne dans la rue Rebuffy. C’est dans cette impasse que l’on tissait les draps, on les teignait dans la rue draperie Rouge, et on les lavait dans le Verdansson. Nous traversons la rue Saint-Guilhem, elle relie le Jeu de Paume à la rue de la Loge, elle a été percée à la même époque que la rue Foch et la rue de la Loge, sous le mandat de maire de Jules Pagezy. Nous pénétrons sur la place castellane, nous avons les halles du même nom que la place, sur notre gauche, nous nous engageons dans la rue des Trésoriers de la Bourse, elle relie la place Castellane à la rue Joubert. Nous entrons dans l’hôtel Rodez de Bénavant, que l’on appelle entre cour et jardin, les 2 espaces sont séparés par un vaste couloir. Cet hôtel est mal entretenu, une partie est occupée par la maison d’Heidelberg, ville allemande jumelée avec Montpellier. L’hôtel possède un magnifique escalier, un dessus de porte est orné, de 2 amours qui tiennent un vase de fleurs. Nous faisons la visite du jardin, il s’étend sur 400 mètres carrés, puis nous nous rendons dans la rue du bras de Fer, elle relie, la place Castellane à la rue de l’Ancien Courrier. La rue du bras de Fer est aussi appelé la rue du pas étroit, le nom du bras de fer provient d’une auberge qui portait ce nom et qui se trouvait dans cette dévalade. La rue du bras de fer possède un arceau, qui relie 2 habitations par un passage au-dessus de la rue. Il y en a 2 autres à Montpellier, l’un dans la rue Jacques cœur et l’autre dans la rue voltaire, tous les autres ont été détruits. Dans ce quartier, on trouve aussi le plan du sauvage, ce nom provient aussi du nom d’une auberge. Nous croisons la rue friperie, elle relie la rue Saint-Guilhem à la rue du Bras de Fer. Cette rue était envahie de boutiques de confection de vêtements, comme la profession n’était pas très honnête, elle était encadrée par un cahier des charges très stricte. Les commerçants de cette rue se plaignaient des juifs, qui faisaient le même travail qu’eux, mais à qui on ne demandait pas tant de contraintes administratives. Nous sommes de nouveau sur la place castellane, on y trouve la devanture de l’ancienne plus grande droguerie de Montpellier, aujourd’hui elle a été transformée en boutique de cadeaux, on y voit encore la publicité du cirage lion noir. Nous voici dans la rue draperie Rouge, elle relie la rue de la Loge à la rue de l’Herberie, on passe devant l’ancien foyer de jeunes filles, aujourd’hui appelé foyer de la jeune travailleuse. Le foyer est administré par une association protestante, on peut s’y restaurer à un prix modique. Nous passons devant une immense boutique dédiée à la carte postale et à la gravure, elle est située rue de l’herberie, qui relie la place Castellane à la rue Vieille. Nous découvrons l’hôtel Jacquet, l’immeuble est assez haut, aux derniers étages sont hébergés des étudiants, nous pénétrons sur la place Saint-Ravy, où une fontaine rythme l’ambiance. La famille Saint-Ravy étant une des vieilles familles de Montpellier, ils étaient originaires d’Italie, ils ont fait fortune en imposant les autres. La famille Saint-Ravy se sont fait construire ce magnifique hôtel qui se dresse sur la place, il a été occupé pendant un certain temps par les rois d’Aragon, qui furent un temps les possesseurs de Montpellier. En 1903, lors de la restauration de la façade, on a mis à jour de splendides ogives, elles sont au nombre de 6, la plupart sont bouchées. Elles sont de forme trilobée, la place a perdu de son caractère médiéval, elle a été saccagée, des parties de l’hôtel ont été vendus et des restaurants en ont fait des chambres froides. Nous empruntons la rue Cauzit, elle relie la rue saint-Ravy à la rue de l’argenterie, elle était la rue la plus malfamée de Montpellier auparavant. Elle était le refuge de maisons closes de très bas étage, la rue était le théâtre de bagarres et de crimes, l’endroit s’y prêtait par l’étroitesse de la rue. Nous passons devant la maison des anciens combattants et victimes de guerre, nous arrivons dans la rue de l’Argenterie, elle relie la rue Jean Moulin à la rue de la Loge, nous croisons la rue Croix-d’Or, elle relie la rue de l’Argenterie à la rue de la Loge, c’est dans cette rue où il y avait l’AG des étudiants, c’était une cave où ils venaient danser pendant les 30 glorieuses qui ont suivi la seconde guerre mondiale, madame Granel y a sévi. Nous passons devant une épicerie exotique, nous remontons la rue de l’Argenterie, nous nous engageons dans l’impasse Barnabé, pour y découvrir un hôtel. C’est dans cet hôtel que les protestants ce sont réunis après la révocation de l’édit de Nantes, ils ont été trahis, on a envoyé la troupe, tout d’abord 16 compagnies, puis 8 autres ont suivi. Devant la menace, le choix était simple pour les protestants la mort, l’exil ou se convertir à la religion catholique. Beaucoup se convertirent, l’hôtel devant lequel nous sommes possède un élégant portail. Au fond de l’impasse, nous pouvons admirer une maison plus récente que l’hôtel, elle arbore de jolis balcons. Nous passons devant le palais des rois d’Aragon, où ils séjournaient lors de leur passage à Montpellier. Une plaque relate que Jacques III y a tué son cousin à cet endroit, pour lui avoir renversé du vin sur sa chemise en le servant. Nous découvrons l’hôtel Pomier Layrargues, il est pourvu de splendides balcons, il a été construit en 1734. Nous terminons la remonté de la rue de l’Argenterie, nous sommes conviés à déguster du vin, dans la plus célèbre des caves à vins de Montpellier. Ensuite, nous reprenons la rue de L’herberie, puis nous abordons la place Castellane, notre circuit est terminé, nous allons déjeuner au café des arts, qui est un des nombreux restaurants installés sur le pourtour de la place.
Comme chaque fois, c’est un régal de découvrir Montpellier avec madame Granel, elle nous fait partager la passion qu’elle a pour l’écusson de Montpellier. Outre tout l’aspect culturel et historique de la visite, c’est pour moi un cours de locomotion de terrain, que mon ami Claude m’administre est où il est passé maître en la matière.

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