Séjour de vacances organisé par l’association Valentin Haüy en Vaucluse

– Résidence Les Florans –Bedoin (Texte et photos Anne Harl)

Dimanche 23 septembre
Accueil en gare TGV d’Avignon à partir de 12h30. Nous bénéficions du prêt de la salle de réunion des agents SNCF et agrandissons peu à peu le cercle des vacanciers et des accompagnateurs. A 17h15, tout le monde est arrivé, nous embarquons dans le car pour une heure de trajet via Carpentras jusqu’à la résidence des Florans dans le joli village de Bedoin. C’est là que nous passerons la semaine, un bel établissement entouré d’un grand parc et disposant de plusieurs salles, un bar et un restaurant que nous apprenons à repérer. Un pot d’accueil est prévu à 19h30, Béatrice, la directrice de l’établissement nous souhaite la bienvenue puis l’équipe des bénévoles se présente. Nous serons 23 vacanciers et 6 accompagnateurs : Anne-Marie, Marie-Rose, Michèle, Monique, Gérard et Anne.

Anne nous expose le programme et chacun se présente. Certains sont contents de se retrouver et de partager la tapenade maison et boire le 1er apéro. Notre 1er diner est servi dans la grande salle, c’est fort bruyant car d’autres groupes de randonneurs partagent avec nous l’espace.

Lundi 24 septembre
Le séjour commence bien : « grasse matinée » et report de la visite du marché provençal de Bedoin car il pleut à verse. Les habitants sont plutôt très heureux de voir tomber cette pluie car tout est sec. Les vendanges ont déjà bien avancé et rien ne peut faire plus de bien que cette eau providentielle. Rien de grave pour nous car tout est prévu pour une autre activité : jeux de société ou papotages dans la bibliothèque des Florans. Jean-Claude du comité du Vaucluse, a eu la gentillesse de nous apporter du matériel de jeux adaptés, nous disposons aussi d’un plan du département en relief pour comprendre les trajets et les lieux que nous visiterons. Tout se déroule très bien et le soleil finit même par percer. Du coup, c’est en petits groupes que nous partons à pied au marché sentir, toucher, acheter parfois les produits locaux. Chaque jour 5 à 6 bénévoles de la région viennent se joindre à nous et nous accompagner. C’est formidable. Jean-Louis et Mireille seront là tous les jours avec leur bonne humeur que nous apprécions tous beaucoup.

Nous nous retrouvons tous pour déjeuner vers 12h30, bien contents d’avoir pu découvrir Bedoin et son marché. Ce midi, nous sommes 43 ! Maryvonne, une déficiente visuelle du Vaucluse venue passer la journée avec nous pousse la chansonnette reprise par d’autres.
Le soleil semble bien accroché, nous suivons donc le programme de l’après midi : sports et détente. 3 tandems sont à notre disposition, Hidelca, Jean, Achour, Michel, Béatrice… en profitent, certains pour de longs km. D’autres démarrent un tournoi de pétanque sur les deux terrains avec Albert et Jean-Claude et la majorité part avec Florian, l’animateur sportif des Florans pour une randonnée de 6km dans la campagne environnante « parcours du cœur ».

Le soleil a brillé toute l’après midi, chacun a pu prendre plaisir à faire ce qu’il voulait et se détendre. Nous restons longtemps sur la terrasse, retrouvons tous les sportifs avant de diner puis d’assister à la conférence organisée par l’Association Valentin Haüy avec Muriel, de l’Office du tourisme « Le vin et la vigne de l’antiquité à nos jours ». Nous apprenons pas mal de choses, notamment que la vigne est arrivée dans le Vaucluse avec les Romains et qu’on a retrouvé des représentations de cette époque. Le degré du vin était élevé et on le buvait toujours coupé d’eau. Il était aussi considéré comme un médicament ou comme « le lait des vieillards » au Moyen-âge. Le patron du vin est… saint Vincent… on ne sait pas bien pourquoi, sans doute à cause de la 1ère syllabe de ce nom ? Le plus drôle c’est que St Marc serait aussi le patron… du marc de la région ! Les Côtes du Rhône dateraient du 18ème siècle et une hiérarchie s’organisait déjà : du Gigondas au Châteauneuf du Pape…. A Bedoin, nous sommes en territoire des vins AOC du Ventoux, label depuis 1976. Bonne soirée, bien appréciée.

Mardi 25 septembre
Après le petit déjeuner, Danièle, notre guide pour la semaine nous rejoint dès 9h et nous commente sur le chemin de Fontaine de Vaucluse les spécificités de la région. La résidence des Florans était un château fin 19ème occupé par deux demoiselles qui ont légué la propriété à la commune. Aujourd’hui c’est l’association Ternélia qui gère les 88 chambres qui ont été construites peu à peu. Nous sommes sous le Mont Ventoux, côté sud, c’est un territoire de cailloux que nous traversons, en pleine période de vendanges. Nous descendons dans la plaine, admirons les chênes truffiers (à noter, les truffes seront vendues au Périgord et non sur place), les vignes et les arbres fruitiers.
Nous traversons Pernes les Fontaines, Danièle nous explique que le Mont Ventoux irrigue toute la région et que de nombreux cours d’eau appelés Sorgues surgissent du sous sol un peu partout, cela crée des fontaines ou des ruisseaux. A Fontaine du Vaucluse, nous montons sur le sentier jusqu’à la résurgence, ou plutôt le gouffre où apparaît l’eau. C’est magnifique, nous sommes au fond d’un grand cirque, les parois sont hautes de 200m environ, trouées de grottes et l’eau coule, claire et pure, parfois avec un vert ardent, couleur des plantes aquatiques.

L’eau de la région est si pure que l’économie s’appuyait dessus notamment avec la garance, plante qui pousse dans les fossés et longtemps utilisée pour teindre les tissus. Le niveau de l’eau serait très bas malgré la pluie d’hier, elle n’a pas eu le temps de couler dans les sous sols du Ventoux, sans doute. On devrait d’ailleurs dire qu’il s’agit d’une exsurgence et non une résurgence car cette eau n’est jamais sortie à l’air libre avant. Nous allons jusqu’en haut pour essayer d’apercevoir le gouffre, profond de 308m mais personne n’y est jamais descendu. On dit que, dans le temps, vivait la déesse de l’eau. Ce lieu a inspiré de nombreux poètes, citons notamment Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature en 1903 qui a laissé un poème en provençal que nous lit Danièle. En haut de la falaise, on aperçoit les vestiges d’un château médiéval en ruine accroché à un piton rocheux au dessus de nos têtes. Nous sommes sur le site du poète Pétrarque et de Laure, son amoureuse, et c’est justement le nom du restaurant dans lequel nous déjeunons.

Avant de déjeuner, nous nous arrêtons dans le Moulin à papier devenu un lieu d’exposition et une boutique de vieux documents ou parchemins. Nous entendons les roues tourner avec le courant puis nous intéressons aux explications sur le fonctionnement du système de récupération de tissus en coton malaxés, travaillés, mouillés puis transformés en papier de qualité.
La ville s’appelait avant Vaucluse, ce nom vient du latin « Valis closa », vallée close. On comprend bien pourquoi en descendant du fond de ce cirque majestueux. Après le repas, nous reprenons le car jusqu’à La Borie. Sur le bord de la route, des vestiges bien conservés de deux Bories, deux « maisons » de pierres plates ou lauses, sans liant entre elles. Ce sont des constructions oblongues en encorbellement du 16ème siècle: Nous entrons dans ce trois pièces long de 16m, profond de 4,50m, peu d’ouvertures en dehors de la porte centrale et des deux petites fenêtres des extrémités. On imagine que le lieu servait surtout d’abri à des bergers, leurs récoltes et leurs troupeaux.

Nous filons ensuite jusqu’au village de Saint Didier visiter une confiserie spécialiste des nougats. C’est un des patrons, Philippe Silvain qui nous accueille d’abord avec la projection d’un film vantant le métier d’agriculteur et leur production d’amandes, de miel et de fruits. Cela leur sert ensuite à la fabrication du nougat noir (miel caramélisé, 80% d’amandes, cuisson courte) et blanc (plus de miel, blanc d’œuf en neige). Ici le nougat est artisanal est donc bien meilleur que celui de Montélimar !

Nous visitons l’atelier derrière une vitre puis dégustons avec grand plaisir les spécialités de la fabrique.
Nous rentrons à Bedoin, dinons puis assistons à une projection en audiovision du film Le Prénom.

Mercredi 26 septembre
Le temps est gris, le vent souffle un peu ce matin on ne distingue pas le haut du Mont Ventoux, notre voisin. Tant pis, nous partons tout de même pour Vaison la Romaine en passant par le flanc ouest du Géant de Provence, via le col de la Madeleine (448m), sur une route bordée de chênes et de pins. Nous retrouvons quelques bénévoles de la correspondance dont Olivier, notre tandémiste déjà venu lundi. Nous commençons par entrer dans l’enceinte du musée archéologique de Puimen, dans la partie basse de la ville. Il y a tout juste 20 ans, une terrible inondation de la rivière Ouvèze a tué 37 personnes. Une commémoration a eu lieu ces jours ci et un grand colloque sur les phénomènes et catastrophes naturels s’est tenu. La ville dispose aussi d’une partie haute, fortifiée, on aperçoit les restes d’un château. Dans la partie extérieure du musée, nous parcourons les allées d’une villa romaine, la maison à l’Apollon Laure, le triclinium, les mosaïques datent de 3000 ans, à base de pierres de couleur taillées, la cour intérieure, le bassin… et Danièle nous parle de la manière dont vivait les Romains. Le site a longtemps été recouvert de boue ce qui l’a protégé. Tout le monde essaie les latrines (on s’essuyait avec une éponge accrochée au bout d’un bâton qu’on nettoyait ensuite avec l’eau de la rigole), touche aux vestiges de la cuisine, aux colonnes

Nous poursuivons la visite par le théâtre antique qui a été bien rénové et est toujours en service. Guy, en parfait baryton, descend sur la scène et nous chante kalinkala et d’autres airs fort applaudis !On aperçoit les deux arcades, vestiges romains que les habitants appellent les lorgnons, symboles de leur ville. Quelques gouttes de pluie nous font entrer dans le musée, visionner un film reconstituant la vie des Romains : leur habitat, leur nourriture, ils mangeaient allongés en écoutant de la musique. Ils savaient récupérer l’eau et l’utiliser à bon escient. On sort ensuite de l’enceinte du musée pour parcourir les ruelles étroites de la ville jusqu’au fameux pont romain ultra résistant, au dessus de l’Ouvèze. On note les marques de l’inondation du 22/09/2002. En 2h il est tombé les crues de 4 rivières alimentées par une pluie diluvienne. C’est un goulot d’étranglement de la vallée ce pourquoi la catastrophe a été si violente. Depuis, le pont a été vérifié, on s’est aperçu que quelques agrafes en plomb tenant les pierres entre elles avaient sauté mais le pont reste solide. Seul le parapet n’a pas tenu, cela prouve la solidité des constructions romaines, en dos d’âne, avec les pierres de Beaumont du Ventoux.

Nous reprenons le car jusqu’à la sortie de la ville, passons devant le jardin des neuf damoiselles, sorte de Carnac avec ses sculptures géantes sur un terrain considéré aujourd’hui comme inondable et inconstructible. Hélas, la pluie nous empêchera de nous y arrêter. Nous partons déjeuner et visiter les ateliers de l’Esat de Rasteau à Roaix. Christophe et Etienne Demaison, le directeur nous attendent avec un apéritif local bien sympathique. Ici ils accueillent 66 salariés handicapés mentaux de l’âge de 18 ans à celui de la retraite sur 4 ateliers : cuisine, espaces verts, confitures et conditionnement et couture. Ils reçoivent des commandes entreprises comme Ducros ou Durance (parfums, savons). Nous passons d’abord à table, l’équipe nous a préparé un menu et un service soigné spécial.

Ensuite, en deux groupes, nous parcourons les ateliers : couture, pour les sachets de lavande, de savon, les sacs à tarte… puis la mise en conserve et le conditionnement des olives, plus loin des bâtons de cannelle pesés pour chaque opération, le tri de fruits, des mirabelles pour les confitures. Chapeautés de bonnets, nous sommes obligés d’y goûter, elles sont originales et délicieuses.

Après cette bonne visite et les échanges avec la plupart des salariés, nous passons à la boutique pour… les dévaliser, tout simplement !
La pluie tombe toujours, bien forte. Nous rentrons à Bedoin, dinons puis nous amusons lors de la soirée karaoké. Quelques chansons sont en braille, nous nous régalons et poussons la chansonnette avec Florian l’animateur, Gérard et Anne qui veillent au choix des chansons accessibles !
Jeudi 27 septembre
Journée à Avignon, la ville des papes ! Le soleil est revenu, nous partons en car pour rejoindre la cité, entre les murs et monter dans le petit train venu nous chercher spécialement au parking pour un tour de ville. La ville est entourée de remparts qui ont été érigés d’abord contre les Français puis les animaux sauvages. Maintenant ils restent fort utiles face aux débordements du Rhône car ils protègent le centre de la vieille ville des inondations. Avignon compte 100.000 habitants et la population est en forte augmentation depuis l’arrivée du TGV, à 2h30 de la capitale. C’est la ville des papes, ceux-ci ont abandonné Rome à partir de 1403. Clément 5 était le 1er pape.

La ville d’Avignon est née il y a 6000 ans environ, le Pont Bénezet appelé Pont d’Avignon est toujours un des symboles de la cité, au dessus du Rhône mais sur 4 arches seulement sur les 22 d’origine et de 900 mètres de long au départ. Le pont porte le nom de celui qui fut à l’origine de sa création, créateur d’un ordre des mendiants, sur lequel on une petite chapelle toujours visible était construite. Le pont a été utilisé puis reconstruit régulièrement pendant 500 ans et jusqu’en 1650, date à laquelle il a été considéré comme dangereux. Chaque crue du fleuve détachait les pierres, effondrait le pont, un jour, on a arrêté de le réparer. Encore maintenant les crues continuent d’emporter des pierres de ce monument. La chanson dit qu’on dansait dessus, ce n’est pas vraiment exact, on dansait plutôt sur l’île voisine de la Bartelasse, île fluviale de 15km de long. Il y a quelques années il y avait encore des guinguettes où on pouvait boire et danser. Nous longeons les remparts, passons par la place du théâtre, Avignon a été une des 1ères villes de France à disposer d’un théâtre, avec Bordeaux. Parfois le petit train tressaute, les ruelles sont étroites et couvertes de galets du Rhône appelés les calades. On passe devant des hôtels particuliers du 18ème, dans le cœur de la ville, certains étant destinés aux cardinaux. Il y avait autant de palais que de cardinaux, chacun voulant être plus beau, plus haut et prouver sa richesse. Après l a place de l’horloge qui abrite l’hôtel de ville et le clocher du 18ème qui a donné son nom à la place, nous passons par l’ancien quartier juif puis nous retrouvons devant le Palais des papes. : 15.000 m² de superficie, construit à partir de Clément 5. Lors de chaque festival, 1200 représentations sont données sur ce site exceptionnel. Nous grimpons la côte vers le jardin du rocher des Doms, lieu de promenade agréable, en surplomb du fleuve, au dessus de la cathédrale Notre Dame des Doms créée au 12ème siècle pour sainte Marthe venue évangéliser les païens. Nous avons une vue panoramique sur le Rhône, la tour de Villeneuve lès Avignon qui était l’ancienne arrivée du fameux pont St Bénezet et sur des vignes plantées en haut du jardin avec les 13 cépages de la région de Côte du Rhône. Nous quittons le train puis entrons dans le Palais des papes sous prétexte d’aller aux toilettes qui se situent au fond de la grande chapelle de Clément 5 qui fut aussi la salle de grande audience et le tribunal. Le Palais était appelé « la plus belle église de la région ».

Nous rejoignons ensuite le quai pour embarquer sur le bateau La Saône pour la croisière des Papes jusqu’à 14h30. Après un excellent déjeuner à bord, le soleil ayant pris le dessus, nous admirons le paysage des bords du Rhône, sur la terrasse. Très bons moments, échanges et sourires..

Après cette belle croisière, accompagnés de Gérard Leydier, le président du comité venu nous accompagner, nous reprenons le car pour aller visiter les ruelles de La Chartreuse et le Moulin à huile. Nous passons sur le Rhône et changeons de département pour le Gard. Nous changeons aussi de région, nous sommes pour quelques heures dans le Languedoc-Roussillon. Au pied de la tour Philippe Le Bel, le rocher face à Avignon abrite une abbaye, la Chartreuse Saint André du Val de bénédiction, fondée au 14ème siècle par le pape Innocent 6. Nous marchons tranquillement dans les ruelles pavées, entre les maisonnettes avec jardins fleuris, au calme. Danièle nous explique l’histoire de la Chartreuse et de ce côté du Rhône qui était apprécié des cardinaux pour leur résidence de campagne. Cet ancien palais cardinal a été grandi par les Chartreux. Sous un porche, on donnait à manger aux indigents. Nous nous arrêtons au moulin à huile de la Chartreuse qui fournit 60.000 litres d’huile par an par assemblage de plusieurs sortes d’olives des environs. Il n’y a plus de meule en pierre car tout est mécanisé depuis 30 ans pour respecter les exigences européennes. Le travail de l’huile se fait de novembre à janvier. C’est aussi un bar-restaurant magnifique et une boutique de produits du pays. Ici on travaille l’olive par tonne, elle est pressée, filtrée puis tamisée pour extraire l’huile. Entre la période de ramassage de l’olive et la production d’huile il faut au moins un mois. Les déchets sont récupérés pour servir d’engrais rendus aux propriétaires des oliviers.

Nous rentrons ensuite à Bedoin, remercions les bénévoles nous ayant accompagnés ce jour là, dinons puis, pour certains, profitons de la soirée dansante avec grand plaisir.

Vendredi 28 septembre
Nous partons en car vers 9h pour passer la journée dans la vallée du Toulourenc qui se situe au pied de la face nord du Ventoux. Nous repassons par le col de la Madeleine, faisons une rapide incursion dans la Drôme. L’origine du mot Ventoux provient d’une langue indo-européenne mais aussi à cause du vent qui souffle tout le temps. Les populations adoraient le dieu du vent, on a d’ailleurs retrouvé des vestiges préhistoriques prouvant cela. Le Toulourenc est une rivière d’une trentaine de km, aujourd’hui il n’y a pas beaucoup d’eau mais l’été, beaucoup de gens viennent s’y baigner. Nous allons jusqu’à Savoillans où se trouve la ferme Saint Agricol qui nous accueille pour la journée. Nous apercevons le Mont Ventoux, par derrière par rapport à la vue de Bedoin.

Le président de l’association Toulourenc Horizons gérant la ferme, Olivier Dornet, nous accueille. Toutes les activités de l’association tournent autour de la découverte de la nature, nous déjeunerons sur place d’un menu cuisiné par les Aventurières du goût mais participerons aussi à plusieurs ateliers, en petits groupes : huiles essentielles, fromages et laits, bijoux de lavande puis irons marcher sur un sentier botanique. Le local est une ancienne ferme fortifiée du 16ème, nous nous tenons dans une grande salle voûtée avec quelques meurtrières, les murs sont en pierre. Nous sommes au bord du ruisseau, entourés de falaises et de dénivelés parfois importants, à 1km du Mont Ventoux. C’est ici le contrefort des Alpes, il n’y a pas de mistral et le climat de la vallée est doux. La rivière est alimentée par les sources du Ventoux aux eaux claires. Dans le village il n’y a que 90 habitants et Olivier est le maitre de l’école pour 12 élèves des 3 villages alentour.

Au menu : tartine de bruschetta tomate, ail, basilic ; tartine chèvre, amandes, ail, menthe ; cake tomates, noisettes, basilic, feta ; taboulé au petit épeautre, crumble aux prunes sauvages, sans gluten. Certains adorent, à d’autres, il manque un bon steak !

Nous repartons vers 17h pour rentrer par le sommet du Mont Ventoux, le géant de Provence, via Malaucène. Il a été reboisé il y a 50 ans environ car toutes cultures avaient disparu à cause des charbonnières et de la nourriture des troupeaux : tout était dévasté. Aujourd’hui, on trouve une belle forêt méditerranéenne par étages jusqu’à 1700m d’altitude. Au-delà, il n’y a plus que des cailloux blancs et un peu de végétation rase. Au sommet, à 1912m, on trouve encore une vie d’insectes, le pavot du Groenland, espèce très rare. De là haut, si la vue est dégagée, on peut voir jusqu’aux Saintes Maries de la mer et pour les marins, le Ventoux est comme un phare pour se repérer. En effet, une espèce de gros cigare rouge et blanc est érigé au sommet, c’est une station météo et radio. Beaucoup de cyclistes passent malgré l’heure et la fraicheur (il fait 10°). Nous descendons du car pour le bol d’air et allons jusqu’au promontoire face aux Alpes que nous apercevons au loin.

Nous rentrons doucement en descendant par l’autre versant de la montagne, nous passons devant la station de ski côté sud, après avoir vu celle du côté nord, du Mont Serein puis devant le monument dédié à Tom Simpson, cycliste britannique mort lors d’une étape du tour de France en juillet 1967. En une heure on retrouve notre logis, nous filons directement diner puis passons une soirée quizz musical des années 60 à 80 bien amusante. Trois équipes s’affrontent, pour gagner des points on va même jusqu’à danser mais c’est celle de Juliette, les « Champignons internationaux » qui remporte la victoire !

Samedi 29 septembre
Ce matin, grasse matinée, nous ne quittons les Florans qu’à 10h30. Avant ce moment, chacun peut aller faire un tour au village, préparer ses affaires pour le départ de demain, trainer un peu ou se reposer. Nous n’allons pas loin : à la cave coopérative de Bedoin, à la sortie du village, « les viticulteurs du Mont Ventoux ».

Mireille nous accueille et nous fait déguster le vin, 2 blancs, 1 rosé et 2 rouges en nous expliquant comment apprécier les arômes. Nous passons dans les rayons de la boutique, certains achètent avant de remonter déjeuner aux Florans. Il fait beau mais cela ne dure pas, la pluie menace et se met à tomber très drue pendant le repas. Nous sommes 38 à table, nos chers bénévoles sont fidèles et présents. Jean-Louis et Mireille nous ont accompagnés tous les jours, Lucie et Josiane, les dames de Bedoin sont venues plusieurs fois, comme Jean-Claude accompagné aujourd’hui de Clémentine d’Odile et de sa fille Manon. Nous apprécions beaucoup leur présence et leur compagnie, nous les remercions infiniment de leur soutien pendant tout le séjour.
Malgré les trombes d’eau, nous décidons de poursuivre le programme et de rejoindre la ferme des lamas, près du col de la madeleine. Dans le car, Manon nous explique un peu ce qu’elle a fait pendant son stage d’études sur l’élevage auprès des lamas qu’elle semble beaucoup apprécier malgré leurs crachats ! Ils sont de deux formes différentes, les premiers sont de simples postillons, les deuxièmes, quand le lama est bien énervé, sont plus gras et vert de la bile qu’ils recrachent. Ce sont des ruminants camélidés originaires il y a très longtemps des Rocheuses en Amérique du nord . L’intérêt d’élever des lamas dans cette région est essentiellement pour débroussailler les terrains peu accessibles de la montagne et limiter ainsi les risques d’incendie. Ils ne s’attaquent pas à l’écorce des arbres et mangent jusqu’à deux mètres de haut ce qui correspond à la hauteur réglementaire. Un lama vit 25 ans environ. Dans la ferme, ils sont 32 et vivent en système matriarcal. On les tond tous les deux ans, leur poil contient deux métaux, du zinc et de l’aluminium, qui leur permettent de supporter du très chaud au très froid, jusqu’à 40° de différence. C’est Marie, la propriétaire de la ferme qui nous accueille avec un grand sourire malgré la pluie qui tombe très fort. Elle nous fait entrer dans son atelier de tissage et nous fait toucher la laine, la soie, les métiers à tisser…

Nous sortons ensuite dehors, Marie attire les lamas hors de leur abri avec des croutons de pain et nous pouvons nous approcher d’eux, en respectant toutefois le fil électrifié qui sépare leur parc du jardin. Ils n’ont pas de sabots mais des pattes avec des coussinets ce qui préserve le sol, ils sont grands de 1,20m à 1,80m et pèsent entre 80 et 120kg. Un lama peut rester longtemps sans boire, les jeunes mâles sont castrés à leurs deux ans et demi quand leur croissance est arrêtée. Le vétérinaire ne vient que pour les castrations et la pose de la puce électronique de reconnaissance, à la base de l’oreille. Nous essayons de leur donner ces bouts de pain, ils ne semblent pas farouches mais s’approchent de nous avec une relative méfiance.
Nous allons ensuite dans une autre salle, tous assis. Marie poursuit ses explications sur la ferme et l’élevage des lamas, elle y est depuis plus de 20 ans, un peu isolée mais toujours passionnée. En Amérique on a utilisé le lama comme animal de bât mais il est sage et n’accepte que ce qu’il supporte et s’arrête quand il en a assez. Là bas, on mange sa viande, maigre, rouge et souvent consommée déshydratée. Les Indiens utilisent les os pour en faire des outils, des flûtes, des peignes… mais aussi les tendons, la graisse… Les crottes sont utilisées comme combustible. L’accouplement se fait en position couchée, l’ovulation de la femelle se fait entre 24 et 36h après le coït, sans période spécifique. C’est la femelle qui choisit. La gestation dure de 340 à 380 jours et les naissances se passent uniquement de jour, souvent en fin de matinée car le petit pourra sécher naturellement.

En fin d’après midi, la pluie se calme un peu et nous rentrons tranquillement aux Florans en car. Sur le chemin, Anne nous pose les questions du Quizz pour « vérifier »ce que nous avons retenu du séjour. En fait c’est un moment de rire et de détente pour se rappeler du programme, des curiosités, des anecdotes ou des points précis de nos visites. Nous sommes très forts dit-elle et nous gagnons tous… son estime ! Nous saluons aussi Danièle en l’assurant de nos remerciements pour son guidage très passionnant et très ouvert. Nous l’invitons à rester avec nous pour l’apéro-debriefing, au bar des Florans.
Bonne ambiance pour ce debriefing où chacun recherche les points négatifs pour que les organisateurs s’améliorent ! Pas facile, on échange tout de même mais on souligne surtout que le séjour a été particulièrement bien réussi ! Et on trinque, kir ou jus de fruits avant de passer à table et dire au revoir à Danièle, Mireille et Jean-Louis, nos bénévoles de Bedoin.
Après le diner, nous improvisons une nouvelle soirée cinéma avec « mon père est femme de ménage »car le « tournoi de pétanque et sangria » prévu n’attire personne, après la pluie de la journée, la fraicheur s’est installée. C’est notre dernier soir, nous voulons en profiter au maximum !

Dimanche 30 septembre
Pour le dernier matin, nous nous réveillons très tôt car le car nous amène à Avignon et part à 7h45 des Florans. Les petits déjeuners se déroulent tranquillement, le port des valises dans l’entrée, le contrôle des chambres par les bénévoles… ouf, nous sommes tous dans le car à l’heure. Hé non, à peine arrivée en bas du village de Bedoin, un coup de fil… deux vacanciers sont restés sur place… demi tour pour les récupérer ! Rien de bien grave en dehors de ce frisson de dernière minute, nous arrivons à la gare à temps pour le premier départ de 4 d’entre nous et le dépôt au Pontet des Vauclusiens que nous saluons avec amitié. Peu à peu chacun prend son train, après une attente plus ou moins longue dans la salle de réunion des employés encore mise à notre disposition. Les deux dernières, Marie-Rose et Michèle partent fort tard pour Nancy, nous avons une pensée pour elles dans notre TGV pour Paris. Bon retour à tous et à bientôt pour de futures autres aventures !
Merci à tous les bénévoles qui ont accompagné ce séjour ceux d’un jour, ceux de tout le séjour !

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