Séjour dans le Comtat Venaissin du 23 au 30 septembre 2012

C’est en train que nous rejoignons Avignon, arrivés dans la cité des papes, nous empruntons la navette pour rejoindre la gare Avignon-TGV, où se trouve le point de rencontre des participants. Le séjour est organisé par le siège de l’AVH, nous sommes 23 handicapés visuels et 6 accompagnateurs, tout le groupe est dirigé par Anne Harl et Régis Gaultier. C’est à 17 heures que tout le monde est réuni, nous montons à bord d’un car, il nous conduit à Bédoin, qui se situe à une cinquantaine de kilomètres d’Avignon, près de Carpentras, au pied du mont Ventoux. Nous sommes hébergés à la résidence les Florans, après notre installation nous sommes conviés à nous présenter autour du pot de bienvenue. Ensuite, nous avons pris le repas, et avant de rejoindre notre chambre, accompagnés de Marie-Rose et de Michèle nous sommes allés nous défouler quelque peu dans le parc de la résidence.

Jour 2 : Le petit déjeuner terminé, une pluie torrentielle s’invite, nous lézardons bien à l’abri, en jouant à des jeux de société, à 10 heures la pluie a cessé, le soleil apparaît. Nous accueillons des accompagnateurs bénévoles du comité AVH d’Avignon et de Vaison-la-Romaine qui vont passer la journée avec nous. C’est accompagnés de Marie-Rose, que nous descendons au village de Bédoin, nous sommes lundi est c’est le jour du marché. La présentation de la région PACA, du département du Vaucluse et du comtat Venaissin se trouvent en fin de document. Par contre voici la présentation de Bédoin :
Bédoin est une commune française, située dans le département du Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. La commune compte 3076 habitants, elle s’étend sur 91 kilomètres carrés et s’étale entre 240 et 1883 mètres d’altitude. Bédoin est situé au nord du département du Vaucluse, entre le mont Ventoux et Carpentras. La superficie totale de la commune est de9103 ha. dont 6280 ha. de forêt communale, ce qui en fait l’une des plus grandes forêts communales de France. Bédoin est bâti au pied du Mont Ventoux. Ce massif qui culmine à 1912 mètres d’altitude est une arête calcaire d’orientation est-ouest. Le village se situe à 300 mètres d’altitude, sur le versant sud du Mont Chauve. Cette partie considérée comme le vieux village occupe la colline Saint-Antonin. Le reste du territoire communal s’étend jusqu’au sommet, il se caractérise par la présence de multiples vallons et combes. La plaine alluvionnaire de Bédoin contient des sables à forte teneur en silice utilisés dans la verrerie, la céramique et la fabrication de produits résistant à de hautes températures. Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu’exceptionnellement par la destruction de bâtiments. La commune de Bédoin est traversée par la Mède qui prend sa source dans le Mont Ventoux pour se jeter ensuite dans la Sorgue de Velleron. La Mède, qui se nommait Mèze au XIII.me siècle, a été recouverte il y a plus de 30 ans. Elle s’écoule sous la route de Flassan au niveau de la chapelle des Sœurs de Nazareth, puis le long du parking du centre culturel, pour couler à découvert au niveau de la cave. Un de ses affluents, la Malagrone, prend sa source dans la Combe de Milan. La présence de nombreuses grottes et abris sous-roche à Bédoin et dans le Mont Ventoux milite en faveur d’une occupation ancienne de ce lieu. Des traces du paléolithique et du néolithique ont été retrouvées sur certains sites de la commune de Bédoin. Des nucléus, éclats, lames et lamelles, grattoirs, perçoirs et armatures de flèches ont été récoltés en abondance sur les sites de Terme Roux et des Vendrans. Des pièces d’industrie lithique ont été découvertes dans la combe de Maraval et une hache en serpentine au hameau des Baux. Dans l’abri sépulcral chacolithique de la Madeleine ont été trouvés des vestiges des âges du Bronze ancien (2300/2200-1600 av. J.-C.), moyen et final une anse à ruban et des fragments de bords à biseau interne. En 1794, le village de Bédoin comprend deux classes de populations, d’une part des cultivateurs, des maçons, des tailleurs, des tisserands et des marchands et de l’autre, une classe bourgeoise composée d’avocats, de médecins, de nobles catholiques et de prêtres. Ces habitants sont encore très attachés au pape, depuis la fin de la domination pontificale de l’ancien Comtat Venaissin (fin XVIII.me siècle). Six prêtres insermentés ou réfractaires et deux religieuses insermentées ont trouvé asile dans la commune. Le Comtat Venaissin est réuni à la République le 14 septembre 1791. Bédoin se distingue alors par son attitude ultraconservatrice et devient un foyer royaliste. Le village est surnommé « la Vendée du Midi ». Après l’exécution de Louis XVI, s’installe le régime de la Terreur de septembre 1793 à juillet 1794. Les principes révolutionnaires supplantent le culte catholique. Le 28 janvier 1794, la publication de la liste générale des émigrés entraîne la confiscation des biens de treize habitants de Bédoin. François Fructus, républicain, s’installe à la mairie. S’installe alors un trafic de biens nationaux, des orgies, des beuveries qui mécontentent la population. Dans la nuit du 12 au 13 floréal an II (1er au 2 mai 1794), un groupe de contre-révolutionnaires arrache l’arbre de la Liberté de la place publique (porte Saint-Jean). L’arbre est traîné dans le fossé au pied des remparts et abandonné dans le « pré au porc ». Le bonnet phrygien rouge qui surmontait l’arbre est jeté dans un puits partiellement comblé. L’affiche contenant les décrets de la Convention nationale est arrachée, lacérée, souillée, piétinée. Le 13 et 14 floréal, la municipalité débute une enquête, sans succès. Le 15 floréal, Agricol Moureau, administrateur du département de Vaucluse et Étienne Christophe Maignet, jacobin représentant du gouvernement révolutionnaire, ordonnent à l’agent national Le Go de se rendre à Bédoin accompagné du 4e bataillon de l’Ardèche commandé par Suchet. Les membres de la municipalité et du comité de surveillance, les nobles, les prêtres, et d’autres suspects sont arrêtés. Tous les habitants, femmes exceptées, sont réunis dans l’église paroissiale. Aucun ne dénonce les coupables. Maignet ordonne alors que le tribunal criminel du département de Vaucluse s’installe dans Bédoin pour y juger les faits commis. Extraits de l’arrêté du 17 floréal II : « Considérant que la justice ne saurait donner trop d’éclat à la vengeance nationale dans la punition du crime abominable qui s’est commis à BEDOUIN que ce n’est qu’en frappant sur le lieu même où il a été commis […] que l’on pourra porter l’épouvante dans l’âme de ceux qui oseraient encore méditer de nouveaux attentats […] « Ordonne que le Tribunal Criminel du département de Vaucluse […] se transportera dans le plus court délai à BEDOUIN, pour y instruire la procédure et y faire exécuter de suite le jugement qu’il rendra ». Cet arrêté ordonne « que le pays qui a osé renverser le siège auguste de la Liberté est un pays ennemi que le fer et la flamme doivent détruire ». Le Go et Suchet, accompagnés de leurs troupes, s’installent dans le village. Ils perquisitionnent, volent, profanent les objets de culte, la flèche du clocher est renversée. La maison de M. de Vaubonne, noble, est pillée. Le 20 floréal an II, le tribunal s’installe dans la commune, amenant avec lui la guillotine et trois bourreaux. Au terme du procès, 63 habitants sont condamnés à mort, 10 sont « mis hors la loi », une personne est condamnée aux fers, 13 à la réclusion et une à une année de détention. 52 personnes sont remises en liberté, mais restent soumises à l’arrêté du 17 floréal. Le 9 prairial an II (28 mai 1794), le jugement est rendu sur l’emplacement de l’arbre arraché en présence des habitants, 35 personnes sont guillotinées et 28 fusillées. Les corps dépouillés sont ensevelis dans une fosse commune. La chapelle de Becarras, sur la route de Flassan a été bâtie sur l’emplacement de la fosse. Le 13 prairial, Le Go donne un délai de vingt-quatre heures aux habitants pour évacuer le village. Le 15, les soldats du 4e bataillon de l’Ardèche incendient le village. Cinq cents maisons et édifices publics, huit chapelles, sont détruites. Les soldats font sauter une partie de la voûte de l’église paroissiale. La ville ayant soutenu l’insurrection fédéraliste, et arraché son arbre de la liberté, le représentant en mission Maignet ordonne, le 4 mai 1794, que la ville soit rasée et remplacée par un monument qui rappelle son crime. La commune est finalement incendiée, et soixante-trois de ses habitants massacrés. En langage révolutionnaire, Bédoin devient « l’infâme », « l’incendié », ou « l’anéanti ». Le 15 floréal An III, après le 9-Thermidor, le nouveau représentant en mission Debry fait célébrer une cérémonie solennelle de réhabilitation. Le marché provençal hebdomadaire se tient chaque lundi. Le tourisme est un point fondamental de l’économie de la commune. L’été, la population peut être multipliée par 5. Cet attrait résulte principalement de la présence et de la renommée du Mont Ventoux. Le climat est également un atout majeur. De nombreux touristes viennent à Bédoin pour le soleil, le repos et surtout pour l’ascension du Géant de Provence par sa face la plus difficile (1610 mètres de dénivelé sur 21,5 km, soit une pente d’environ 7,5%). Les passages du Tour de France sont des périodes de grande affluence. Plus de 500000 personnes étaient massées sur les pentes du Ventoux lors du Tour de France 2009. De nombreux équipements servent aux nuitées des touristes. Bédoin est doté d’une vingtaine de restaurants, de 3 hôtels, de 4 campings, d’un village de vacances, d’un camp de naturistes, de chambres d’hôtes et de locations saisonnières. Les vignerons de Bédoin cultivent environ 818 hectares de vignes d’appellations AOC Côtes du Ventoux et Vin de Pays. Les caractéristiques climatiques et géologiques de la commune permettent de rendre ces vins tout à fait typiques. Les cépages cultivés sont pour les rouges et les rosés : le grenache noir, le carignan, le cinsault, le syrah et le morvèdre. Les cépages sélectionnés pour la production des vins blancs sont le clairette, le bourboulenc et le grenache blanc. Ces appellations offrent une gamme s’étalant des vins dits « d’entrée de gamme », en passant par les cuves de terroirs ou les premiums. Bédoin possède une cave coopérative (les Vignerons du Mont Ventoux) ainsi que différents domaines (Galinier, Mas des Sœurs, le Van, la Grange de Maximin) Les vergers fruitiers représentent une autre part importante de l’agriculture, ils sont la troisième source de revenus après la vigne.Les cerisiers, en particulier pour la production de cerises rouges, sont très répandus sur la commune. Les variétés cultivées sont la Burlat (fin mai), la Summit (juin) et la Belge (tardive). Des abricotiers, pruniers et figuiers sont également présents. L’olivier tient une place particulière. L’huile produite à Bédoin est reconnue depuis le XVIII.me siècle, mais le gel de février 1956 a largement diminué la production. Depuis mars 2007, l’huile des communes de Bédoin et de Caromb bénéficie d’une AOC régionale « Huile de Provence ».L’église Saint Pierre (XVIII.me siècle). Bâtie de 1708 à 1736 selon les plans de Paul Rochas, architecte avignonnais, elle est dédiée à Saint pierre Imposante, elle surplombe le village et fait face au nord, au mont Ventoux. Sa façade est de style jésuite. Son clocher est carré. En partie détruite en 1794, elle fut reconstruite entre 1807 et 1821. Chapelle romane Notre-Dame du Moustier• Église des Baux de Bédoin• Chapelle de la Madeleine (XI.me) Située à trois km de Bédoin sur la route de Malaucène (nord-ouest du village), cette chapelle romane s’élève sur le terres du Château de la Madelène. Petite construction (10,80 x 10,40 m), de type basilical, elle est faiblement éclairée et peu décorée. Elle a un clocher carré avec quatre baies géminées. La Chapelle a été placée d’abord sous le vocable de saint Pierre puis sous celui de Sainte Madeleine. Elle fut donnée par le comte Exmido, seigneur de Bédoin, à l’abbaye bénédictine de Montmajour, près d’Arles, au Xe siècle. Au Moyen Âge, elle abrita des moines bénédictins qui défrichèrent les terres. Au XIX.me siècle le domaine devint la propriété de la famille Collet de la Madelène qui donna naissance aux écrivains Jules (1820-1859) auteur du roman Le marquis des Saffres dont l’action se déroule à Bédoin, et Henri (1825-1887), auteur de nouvelles (Jean des Baumes, La fin du marquisat d’Aurel), journaliste et homme de lettres. Actuellement privée, la Chapelle peut être visitée certains jours de la semaine• Sur la place centrale, monument commémoratif du massacre du 28 mai 1794, avec moderne notice explicative et ancienne plaque en marbre portant le texte suivant : « Après un an de pleurs sur ces débrits affreux, la loi ramène la justice consolez-vous, ô malheureux puisque l’éclat du crime en prédit le supplice ».• Route de Flassans, Chapelle de Beccaras, construite sur la fosse commune qui reçut les victimes du massacre du 28 mai 1794. À l’intérieur, des plaques portent le nom des 63 habitants de Bedoin guillotinés ou fusillés. Sur le côté de la chapelle, tombe de Monsieur FXM Allemand, décédé le 21 août 1865 à l’âge de 89 ans.
Nous déambulons sur le marché qui a investi la place du village et des rues adjacentes, c’est un marché provençal, nous dégustons les produits du terroir, nous découvrons les tissus provençaux, les santons et tout l’artisanat du comtat Venaissin. Après un vaste tour d’horizon de tous les camelots, nous rejoignons la résidence pour le déjeuner.
L’après-midi est consacrée à la détente, il fait un superbe soleil, certains sont installés à l’ombre pour jouer aux jeux de société, d’autres s’affrontent autour de la pétanque, une majorité dont Claudine et son binôme Marie- rose ont préférés s’aventurer à randonner sur le versant du mont Ventoux. Une petite poignée ce sont adonnés à la pratique du tandem, en abordant quelques lacets du géant de Provence, mais en bifurquant dès la première petite route rencontrée pour redescendre sur Bédoin, j’étais de ceux-ci, j’ai usé 2 pilotes Michel et Olivier. Au retour des randonneurs, tout le monde à monopolisé la terrasse du bar pour se désaltérer, puis après un petit passage à nos chambres, nous avons rejoint la salle de restaurant pour le dîner. Ensuite, nous avons assisté à une conférence sur le vin du Comtat Venaissin de l’antiquité à nos jours. Auparavant le côte du Rhône était limité à la rive droite du Rhône, autour d’Uzès. Aujourd’hui, on dit les côtes du Rhône, car l’appellation s’étend des 2 côtés du Fleuve, sur la rive gauche on peut citer les AOC que sont le Gigondas, le Vacqueyras, le Baume de Venise et Châteauneuf-du-Pape. On trouve aussi les côtes du Rhône villages comme le Rasteau et une troisième qualité nommée côtes du Rhône. Depuis 1973, une nouvelle appellation AOC a été créée, les côtes du Ventoux, qui fournissent 74% de rouge, 20% de rosé et 6% de blanc. En 1910, la quantité annuelle moyenne consommée par habitant en France était de 200 litres, aujourd’hui la consommation n’est plus que de 20 litres. Après un exposé d’une bonne heure, nous avons pris congé de notre conférencière pour aller prendre un repos bien mérité.

Jour 3 : Nous retrouvons nos guides autochtones, la journée est consacrée à fontaine de Vaucluse, et à Saint-Didier où nous irons visiter une fabrique de nougats. Tout d’abord, nous faisons la connaissance de Danièle, elle sera notre guide tout au long de notre séjour. Elle nous présente la résidence des Florans, elle est située sur un domaine où avait été construit au début du XX.me siècle un château, qui appartenait aux sœurs Floran. On l’appelait plus communément, le château de Bédoin, la façade est constitué de 2 tourelles, à leur mort, sans enfant, ni héritier, elles ont fait don de leur propriété à la mairie de Bédoin. Aujourd’hui les Florans sont propriété d’une caisse d’assurance maladie, la résidence est gérée par un conseil d’administration issu du groupe Novalia. Au fil du temps, le bâtiment s’est agrandi, on y a intégré des ailes nommées Ventoux et Montmirail. Aujourd’hui, la résidence possède 88 chambres, c’est un vrai petit paradis, les bâtiments sont entourés d’un immense parc, qui propose terrains de boules, de tennis, de football, de basket ball, de grands espaces de verdure, sans oublier la superbe piscine couverte. Nous sommes face au Ventoux, son sommet est enveloppé par le brouillard, le ciel est bien gris, nous nous éloignons du mont Ventoux d’une trentaine de kilomètres pour nous rendre au pied des monts de Vaucluse. Nous doublons et croisons de nombreux cyclistes, bédoin est la capitale du vélo, nous sommes sur la face sud du mont Ventoux. Son ascension est prisée de tous les bons cyclistes, il leur faut gravir une pente de 23 kilomètres depuis Bédoin, pour accéder au mont Ventoux, en avalant 1700 mètres de dénivelé. Nous roulons au milieu de vignes, le sol est très caillouteux, nous sommes dans le terroir AOC des côtes du Ventoux. Nous passons devant la cave coopérative de Bédoin, c’est la cohue, nous sommes en pleines vendanges. Nous distinguons des chênes truffiers, ils produisent la truffe noire, dite du Périgord, les truffes se ramassent au mois de novembre, et elles sont commercialisées dans le Périgord, car ils ont su mieux se médiatiser que la Provence pour vanter le diamant noir. Il n’est pas rare de nos jours, d’arracher des vignes pour les remplacer par des chênes truffiers, ce sont des chênes blancs, qui possèdent déjà sur leurs racines des petits champignons qui donneront de superbes truffes noires ou truffe du Périgord. En Provence on l’appelle la rabasse, et celui qui la cultive est le rabassier. Carpentras est la capitale de la rabasse, on ne dit pas que l’on va ramasser la truffe, mais on va caver la truffe. On cave avec un outil métallique, une sorte de petit piolet, lorsqu’il y a des truffes sous un chêne blanc, le sol est sans végétation. Certes, on cave avec un piolet, mais aussi avec le nez d’un chien ou le groin d’un cochon. Sur les flancs du mont Ventoux ont trouve des truffières naturelles, ici en plaine ce sont des truffières cultivées. Aujourd’hui, les rabassiers utilisent uniquement le chien pour caver, le cochon n’a pas besoin d’être dressé pour caver, c’est naturel pour lui. Par contre, le chien il faut l’habituer à caver, il faut donc le dresser à cette fonction. Les chiens truffiers se vendent très chers, ils sont parfois volés pour être revendus à des rabassiers incrédules. Une chienne truffière que l’on fait porter, on badigeonne les tétons de la mère de jus de truffes, afin que les chiots s’imprègnent du goût depuis leur premier âge. En fait, il aura plus l’odeur de la truffe que du lait, quand il tétera sa mère. Un chiot vendu, séparé de sa mère, son nouveau propriétaire lui fabrique une balle, une truffe enveloppée dans de vieilles paires de chaussettes, pour continuer à lui imprégner l’odeur de la truffe. Une fois habitué en jouant, les chiots sont dressés pour aller sentir la truffe afin de la caver, ce qui reste la fonction du rabassier. Une truffière produit après 25 ans de plantation de chênes blancs, la truffe mûre est reconnaissable, quand une certaine mouche très particulière, tourne sous l’arbre truffier, ce qui indique qu’il y a une truffe et qu’elle est bonne à être caver. Nous tournons sur notre gauche, nous prenons la direction de Mazan, nous apercevons une roulotte de gitans. De nos jours, c’est très mode, de circuler en roulotte pour découvrir la nature ou tout simplement d’y séjourner en tant que gîte immobile. Nous sommes toujours entourés de vignobles et de truffières, nous découvrons des amandiers, nous circulons sur des routes étroites. Danièle se lance dans des recettes d’omelettes à la truffe, ce qui est excellent c’est un brie truffé. Le kilogramme de truffes acheté chez un rabassier de connaissance s’élève à 500 euros, mais si l’on l’achète sur le marché le prix peut atteindre 900 euros. Aujourd’hui, il est arrivé la truffe chinoise, elle n’a rien à voir avec notre diamant noir, ce n’est que du caoutchouc, qui en a le goût, des indélicats, des arnaqueurs vous vendent de la truffe chinoise pour de la truffe noire du Périgord, alors il vaut mieux être connaisseur avant d’acheter son hectogramme de truffes sur un marché. Nous sommes accompagnés par le soleil, nous traversons le village de Saint-Didier, il existe plusieurs confréries de la truffe, il en existe une à Pernes-les-Fontaines que nous allons traverser. La commune compte 38 fontaines, l’équipe municipale est très active, et elle fait tout pour médiatiser au mieux leur commune en organisant bon nombre de manifestations. Nous longeons la Nesque, petite rivière qui prend sa source au mont Ventoux. Pernes a gardé une partie de ses remparts, elle a plusieurs petites églises et chapelles, le patrimoine est très bien conservé. Le village est suspendu à sa colline, la plaine est bâtie de mas agricoles. Jusqu’au XIX.me siècle, on trouvait à Pernes des champs de garance, elle fleurit l’été, les fleurs sont de couleur jaune. Les racines séchées, donnent de la poudre rouge, avec laquelle on a teint les pantalons de nos soldats, ce qui permettait aux prussiens en 1870 de mieux les débusquer. L’ouvrier agricole de garance gagnait 3 fois plus qu’un simple ouvrier agricole, car c’était un travail de galérien. Nous traversons la commune de Velleron, dont la spécialité est la culture du pied mère, qui sera ensuite greffé et qui est vendu dans le monde entier. Nous approchons de Fontaine-de-Vaucluse, le sol est verdoyant, les sorgues irriguent le sol. Les champs sont très morcelés, on produit du maraichage, les cultures sont protégées par des cyprès pour atténuer la force du mistral. Nous traversons l’Ile-sur-Sorgue, nous sommes face à un plateau montagneux et rocheux, un cirque, dont la falaise se dresse à 240 mètres, elle domine le gouffre où va arriver l’eau de ruissellement du plateau. Nous allons y aller à pied, puis arrivé au gouffre, c’est en quelque sorte la fin du monde, et il faudra nous retourner. Nous passons sous de hautes arcades, elles supportent le canal de Carpentras, il court sur 110 kilomètres dans tout le Comtat Venaissin, il apporte l’irrigation grâce aux eaux de la Durance. L’eau qui coule en provenance du gouffre est très pure et claire, on y voit du vert, ce sont des herbes aquatiques, elles recouvrent le fond de la rivière. Elles servent, de nids aux truites et ongles chevaliers. Nous sommes arrivés à Fontaine-de-Vaucluse, qui jusqu’en 1947 s’appelait Vaucluse. Voici la présentation de Fontaine-de-Vaucluse :
Fontaine-de-Vaucluse est une commune française, située dans le département de Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. La commune compte 600 habitants, elle s’étend sur 7 kilomètres carrés et s’étale entre 68 et 652 mètres d’altitude. Ses habitants sont appelés les Vauclusiens. Fontaine-de-Vaucluse est bâtie autour de son exsurgence, dans une vallée en cul-de-sac aux pieds des monts de Vaucluse, entre Saumane et Lagnes, à deux pas de L’Isle-sur-la-Sorgue. En direction de l’ouest, on trouve Saumane-de-Vaucluse à quatre kilomètres et L’Isle-sur-la-Sorgue à environ sept kilomètres. Vers l’est, Lagnes est à trois kilomètres et Cabrières-d’Avignon à dix. Collines des Monts de Vaucluse avec grande falaise de calcaire de 230 à 240 mètres et flancs en garrigue. Vallon luxuriant. Le massif des Monts de Vaucluse est formé de calcaires de l’ère secondaire, souvent perméables, ce qui permet l’infiltration de l’eau en profondeur et l’apparition de rivières souterraines. Plus en profondeur, les pierres plus dures, non perméables, empêchent l’écoulement naturel de ces rivières et provoque alors des résurgences comme celle-ci. Le village est dominé par une gigantesque falaise de 230 à 240 mètres où la fontaine a creusé sa résurgence. C’est un siphon de 308 mètres de profondeur, dont 223 sous le niveau de la mer. Cette énorme source a donné son nom à toutes les « fontaines vauclusiennes » du monde. Les premières explorations du gouffre ont débuté en 1878, et le point le plus bas, soit – 308 m à partir de la surface de la grotte, n’a été atteint qu’en 1985 par un robot de la Société spéléologique de Fontaine de Vaucluse. La Fontaine de Vaucluse, la plus grosse source de France, est ici appelée « la Fontaine ». Celle-ci donne naissance à la Sorgue qui se divise en plusieurs bras dans la plaine comtadine et s’écoule en direction de Saumane puis l’Isle-sur-la-Sorgue pour devenir ensuite un affluent de l’Ouvèze à Bédarrides et Sorgues et du Rhône à Avignon. Elle est classée cinquième au rang mondial avec un débit d’eau annuel de 630 millions de mètres cubes (20,0 m3/s). Le débit en fin d’été 2009 est descendu à 6 m³/s (79 cm), la sortie des eaux devient spectaculaire en période de crue (hiver et printemps avec un débit qui peut atteindre les 90 m3/s et dans ses plus forts débits, 170 m3/s. La résurgence de Fontaine de Vaucluse est en fait la sortie naturelle la plus importante d’un « réservoir » (galeries et cavités du massif des monts de Vaucluse et du massif des Baronnies et draine du Mont Ventoux à la Montagne de Lure les eaux de pluie ainsi que la fonte des neiges) sur une surface totale de 1100 km².Ce village de 600 habitants s’appelait autrefois Vaucluse : la vallée close (Vallis Clausa, 979) et a donné son nom au département. Jusqu’en 1946, il porta le nom de Vaucluse-la-Fontaine. Ce site a été de tous temps occupé. Plusieurs traces montrent une implantation humaine dès le néolithique. On a aussi retrouvé celles du passage des Phocéens de Massalia et les vestiges du premier canal romain qui utilisait les eaux de la Sorgue existent toujours. l’Ancien cite cette résurgence sous le nom de nobilis fons Orgae. Cette noble fontaine fut l’objet d’un culte majeur sous l’antiquité romaine. À la suite des découvertes de deux plongeurs spéléologues de la SSFV (Roland Pastor et Thomas Soulard), deux chantiers archéologiques sous l’égide du SRA PACA et du DRASSM ont permis de remonter à la surface plus de 1600 pièces de monnaies antiques du Ier siècle av. J.-C. au début du Ve siècle. Le Musée Pétrarque expose une partie de ce trésor à Fontaine de Vaucluse. Au VI.me siècle, la tradition veut qu’un dénommé Véran se soit installé, en tant qu’ermite, dans cette solitude. La légende affirme qu’il aurait chassé une fantastique coulobre et que ses miracles l’aient contraint à accepter de devenir évêque de Cavaillon. Plus assurée est la charte de Walcaudus, son successeur sur le siège épiscopal de Cavaillon. En effet le Cartulaire de Saint-Victor de Marseille contient un acte daté de 979, par lequel cet évêque, avec le consentement du roi Conrad le Pacifique et du comte Guillaume Ier le Libérateur, installe quelques moines dans la Vallée Clause où était enterré l’évêque Véran. Ce monastère fut ruiné au début du XI.me siècle, puisqu’en 1034, Clément, évêque de Cavaillon, constatant l’état de cet établissement (antiquitus constitutum) décida de confier à Isarn, abbé de Saint-Victor, sa restauration. Cette donation s’accompagna d’une mense constituée de moulins sur la Sorgue. À partir de 1339, Vaucluse fut le séjour privilégié de Pétrarque. C’est là que l’éternel amoureux de Laure vint régulièrement écouter « la voix enrouée des eaux ». Le poète explique que ce fut son séjour de prédilection : « La très illustre source de la Sorgue, fameuse par elle-même depuis longtemps, est devenue plus célèbre encore par mon long séjour et par mes chants. » Sur le derrière de la maison, une voûte arrondie, taillée dans le roc vif qui empêche de sentir les ardeurs de l’été… C’est sous cette voûte que je passe le milieu du jour. Un petit musée lui est aujourd’hui consacré, il se situe sur l’emplacement de sa maison – ou du moins de celui de son jardin – si l’on se fonde sur la description qu’il en fit dans sa lettre à son ami Guglielmo de Pastrengo, légiste et humaniste de Vérone : « Tout auprès de celui-ci (le jardin de Bacchus) et séparé seulement par un petit pont, s’élève, sur le derrière de la maison, une voûte arrondie, taillée dans le roc vif qui empêche de sentir les ardeurs de l’été… C’est sous cette voûte que je passe le milieu du jour. » À Vaucluse, son serviteur Raymond Monet lui apprend l’art de pêcher les ombres et les truites, de cultiver son jardin, de débusquer le gibier. Le poète quitte Vaucluse au mois de mars 1353 laissant sa maison aux fils de son serviteur, qui vient de décéder, avec mission d’offrir l’hospitalité à ses amis venant en ce lieu. Mais le jour de Noël de cette année, une bande de pillards entra dans le village et le mit à feu et à sang. La maison de Pétrarque fut brûlée. Mais ces cavaliers n’osèrent pas s’approcher du château épiscopal de Philippe de Cabassolle qu’ils croyaient défendu alors qu’il n’y avait aucune garnison. Après cette attaque, les Vauclusiens inquiets se fortifièrent derrière un rempart qui s’ouvrait par une seule porte à pont-levis. Consécutivement à cette attaque et au départ de Pétrarque, la vallée close retomba dans l’oubli. Considéré comme un lieu sauvage, elle fut peu fréquenté au XVI.me et XVII.me siècles. Seul Georges de Scudéry, (1601-1667) nous a laissé une Description de la fameuse Fontaine de Vaucluse. Les vents, même les vents, qu’on entend respirer, Et parmi ces rochers, et parmi ces ombrages, Eux qui me font aimer ces aimables rivages, Ont appris de Pétrarque à si bien soupirer. Les flots, même les flots, qu’on entend murmurer, Avec tant de douceur, dans des lieux si sauvages, Imitent une voix qui charmait les courages, Et parlent d’un Objet qu’on lui vit adorer. Au lieu même où je suis, mille innocents oiseaux Nous redisent encor, près de ces claires eaux, Ce que Laure disait à son amant fidèle : Ici tout n’est que flamme ; ici tout n’est qu’amour ; Tout nous parle de lui ; tout nous entretient d’elle ; Et leur ombre erre encor en ce charmant séjour. Il fallut attendre la fin du XVIII.me siècle pour une redécouverte du mythe et de la vallée. La lettre de Voltaire à l’abbé de Sade, datée du 12 février 1764, montre son ignorance totale du site : « J’irai vous voir assurément à le fontaine de Vaucluse. Ce n’est pas que mes vallées ne sient plus vastes et plus belles que celles où vécu Pétrarque, mais je soupçonne que vos bords du Rhône sont moins exposés que les miens aux cruels vents du nord. » On ne pouvait mieux se tromper. Ce fut bizarrement un duel qui popularisa à nouveau Vaucluse. En 1783, Gabriel-Honoré de Mirabeau provoqua Louis-François de Galliffet. La rencontre, devait avoir lieu à la Fontaine de Vaucluse. Mirabeau, empressé d’en découdre arriva trois jours avant. Pour patienter, il alla visiter le lieu et dans une admirable lettre conservée au musée, il décrit ainsi la fontaine : « Cet abîme sans fond, recouvert de voûtes concentriques, élevées par la main majestueuse de la nature, ce portail colossal, forment un des plus nobles spectacles que les pays des montagnes n’aient jamais offert… On y sent tout ce qu’on voit plutôt qu’on ne l’observe. » Si le duel n’eut pas lieu, les copies de la lettre connurent un indéniable succès. La consécration fut la visite, en 1802, de Chateaubriand. Les romantiques ne pouvaient qu’apprécier ce lieu et le populariser. Ce que fit François-René dans ses Mémoires d’outre-tombe. En 1804, de nombreux souscripteurs participent au financement de l’édification de la colonne pour sixième centenaire de la naissance du poète. L’eau de la Sorgue a jouée un rôle primordial pour l’économie de ce territoire. En utilisant sa force, des moulins à papier ont fait leur apparition au XV.me siècle. Fleuron de l’industrie locale, la papeterie assura jusqu’en 1950 la prospérité du lieu avant d’être dépassé par la modernité et remplacé localement au profit du tourisme et de l’artisanat. Il reste aujourd’hui une papeterie au village. Suite au décès de Christian Tallieux, une nouvelle élection est organisée le 26 juin 2011, pour le 1er tour, et le 3 juillet 2011 pour le second tour. Le nouveau maire est Roland Pastor. L’activité agricole de la commune se concentre autour de quelques pôles. Elle est incluse dans l’aire d’appellation Ventoux (AOC). Les producteurs n’ont pas de cave indépendante mais portent leurs vendanges à vinifier à la cave La Courtoise de Saint-Didier. Celle-ci fait une cuvée spéciale Vallis Clausa dont la qualité est régulièrement reconnue et récompensée lors des concours de dégustation régionaux ou nationaux. La trufficulture tient aussi une place importante. La récolte des truffes se fait entre la fin novembre et le début mars. Le touriste est le principal apporteur de devise de la commune par le biais des parkings, de la restauration ou de l’hôtellerie (de diverses catégories), gites, auberge de jeunesse, campings, chambres d’hôtes, des commerces de souvenirs et produits provençaux, des centres d’activités. Plusieurs centres de canoë-kayak, pêche à la truite, un parcours dans les arbres… Important artisanat : confiserie, verre et cristal filés, art du bois, poterie, bijoux, coutellerie, cuir, art du vitrail, papeterie. L’église Notre-Dame et Saint-Véran, cette église a été construite par les moines victoriens sur l’emplacement d’un antique sanctuaire dédié à un dieu païen des eaux. Elle comprend une nef à trois travées barlongues donnant sur un transept qui s’ouvrait sur trois absides. Une imposante colonne romaine qui décore la partie sud du chœur et une chapiteau réutilisé sur la colonne opposée restent les témoins du temple antique. Une porte, située sur le côté ouest, mettait l’église en relation avec le cloître attesté au XIII.me siècle. Dans son état actuel, elle peut-être datée du XII.me siècle, mais est, en réalité, la restauration d’un édifice du XI.me. Cette datation est confirmée par la dédicace qui est gravée sur le montant septentrional droit de l’arc d’ouverture de l’abside : XIII.me (?). KAL. NOVEMBRIS / DEDICACIO. SCE / MARIÆ À la fin du XII.me siècle, a été édifiée, entre l’abside et l’absidiole droite, une minuscule chapelle qui abrite un enfeu avec un sarcophage carolingien dit de saint Véran. Lors de sa construction ont été utilisés en réemploi dix fragments de plaques de chancel décorés de pampres, et un autel tabulaire de marbre. Il existe aussi, datables du Xe siècle, deux oblits conservés au Musée Calvet d’Avignon. Les vestiges du château des évêques de Cavaillon (XIII.me/XIV.me siècle) perché sur les hauteurs. La colonne érigée en 1804 pour célébrer le 600e anniversaire de la naissance de Pétrarque. Roues à aubes à la hauteur de Vallis Clausa et près du pont de la place de la Mairie• Deux habitats troglodytes : Le premier a été édifié aux Baumes Rouges. Il a utilisé trois énormes blocs d’éboulis et il est fermé par un mur en pierres sèches en façade. À l’intérieur, il comprend un lit et une cheminée rupestres. Le second, situé sur la rive droite de la Sorgue, est dénommé Bastide de la Baume. Il a été qualifié d’habitation troglodyte bourgeoise sinon aristocratique. Construit sous un gigantesque abri sous roche, ce bâtiment développe 100 mètres de façade des dépendances agricoles à la maison de maître avec fronton à balustrade. L’ancienne papeterie du XV.me siècle a conservé ses battoirs en bois actionnés par une roue à aube et destinés à broyer les chiffons pour faire de la pâte à papier. La fontaine de Vaucluse qui est en fait un gouffre ; de quelle profondeur ? Nul ne le sait exactement : le dernier record, 315 m, a été établi le 2 août 1985, à l’aide d’un petit sous-marin téléguidé équipé de moyens vidéo.
Nous commençons notre découverte pédestre de la galerie souterraine qui mène au gouffre, nous distinguons les ruines du château, il est féodal, il a été détruit comme tout le village au XIV.me siècle. Par les fameuses grandes compagnies, qui étaient les soldats mercenaires de la guerre de cent ans. Avignon et le Comtat Venaissin n’avaient rien à faire dans cette guerre, mais lors de trêves ou temps de paix, les mercenaires mal payés, ils traversaient le Rhône, ils investissaient Avignon et les petits villages du Comtat Venaissin pour les mettre à sac. Avignon s’est doté de remparts pour se protéger de ses exactions, mais les villages étaient à l’air libre, outre les églises et parfois les châteaux, ce qui favorisaient leur destruction. Le château de Fontaine-de-Vaucluse est blotti sur un piton rocheux, à 200 mètres au-dessus de la rivière. Aujourd’hui il est en ruine, nous entendons la rivière qui s’écoule. En face, nous découvrons la maison Pétrarque, elle tient lieu de musée, où sont rassemblés des objets et des œuvres de Pétrarque, et à l’étage, on peut y découvrir les pièces trouvées dans le gouffre, des pièces de monnaie de l’époque romaine. Les gaulois et les romains qui étaient installés ici, venaient prier la déesse des eaux, et on lui jetait des offrandes, des pièces, afin que les vœux soient accomplis. Il y a quelques années, on a remonté pas moins de 4000 pièces de monnaie d’or et d’argent. Actuellement l’eau ne sort pas du gouffre, nous sommes en fin d’été, elle jaillit de failles latérales du fond de vallée qui est en forme de cirque. Nous marchons sur une allée bordée d’énormes platanes, ils sont dans un environnement très humide, alors ils atteignent des tailles gigantesques. Nous sommes au niveau de la roue du moulin à papier que nous visiterons au retour, les falaises sont en roches calcaires, c’est une pierre tendre, depuis des millénaires les falaises ont été creusées par l’eau, les tourbillons d’antan ont creusé le rocher pour former des grottes, et aujourd’hui les vents tournants continuent à façonner les falaises. Ces grottes ont servi pendant des siècles, le plus récent, remonte à la seconde guerre mondiale, où le maquis des monts de Vaucluse s’y cachait. C’était un point de ancrage entre le maquis du Ventoux et celui du Vercors, nous découvrons par ailleurs un bâtiment construit il y a une vingtaine d’années, c’est le musée de la résistance. L’ancien président du conseil général du Vaucluse, monsieur Garcin a été résistant, le musée lui est dédié. Les maquis des monts de Vaucluse ont aidé au débarquement de Provence, le musée est très intéressant, il retrace toute l’époque et la vie quotidienne de la seconde guerre mondiale. La roue du moulin tourne par saccades, la roue est reliée par courroies à des marteaux qui vont déchiqueter le tissu pour le transformer en pâte à papier. Nous continuons notre approche du gouffre, l’air ambiant est beaucoup plus frais, c’est la conséquence du ruissellement de l’eau qui a une température de 12 degrés. Nous sommes entourés de micocouliers, l’eau coule plus puissamment, on la voit sortir des rochers, l’eau étant très basse, le gouffre en forme d’entonnoir n’est donc pas alimenté. Les hautes eaux apparaissent en général en octobre, en janvier et en mai à la fonte des neiges. L’eau du gouffre est mesurée grâce à des échelles disposées sur une de ses parois, ce sont des sections qui mesurent un mètre de long, elles sont au nombre de 25. Nous continuons notre ascension, nous avons dépassé les failles d’où jaillit l’eau, l’ambiance est plus calme. Sur la falaise à hauteur d’homme a été apposée une plaque, sur laquelle est écrit en espéranto, une éloge à Pétrarque, elle a été dévoilée en 1963. Une autre plaque relate, le prix Nobel de littérature obtenu en 1904 par Mistral, pour son livre Miréo écrit à la renommée de Fontaine-de-Vaucluse. Il fait allusion à l’olivier qui est accroché sur la paroi du gouffre, il n’est arrosé par les eaux du gouffre une seule fois par an, et il s’en porte à merveille. Nous sommes presque arrivés au fond de la vallée, nous sommes entourés de rochers en abrupts. Nous sommes à la hauteur du gouffre, c’est ici que nos ancêtres les romains et les gaulois venaient faire leurs offrandes à la déesse de l’eau. Le gouffre a été visité jusqu’à 315 mètres de profondeur, au-delà, c’est la nébuleuse. Lorsque le gouffre est mis en eau, c’est un véritable vacarme à l’endroit où nous nous trouvons, l’eau déborde du fameux entonnoir et se déverse sur les rochers qui se trouvent au fond du lit de la rivière, aujourd’hui ils sont uniquement humides et recouverts de mousse. Le chemin où nous marchons est toujours praticable, il n’est jamais submergé par l’eau. Nous distinguons le figuier décrit dans Miréo par Mistral, une plaque gravée en langue provençale décrit le passage où Mistral parle de ce fameux figuier. Nous sommes arrivés au terme de notre balade pédestre, il nous faut faire demi-tour, nous faisons une halte au moulin à papier. Nous découvrons la roue qui tourne grâce à la force de l’eau, nous pénétrons dans le moulin. 5 cuves creusées dans la roche sont munies de 3 marteaux qui sont actionnés par des courroies en cuir. Chaque marteau est pourvu de lames saillantes qui déchiquettent le tissu pendant 36 heures afin de le transformer en pâte à papier. Il fait un bruit assourdissant, les marteaux sont en pleines actions. Nous traversons le magasin, où sont proposés du papier gaufré, et toutes sortes d’affiches relatant les droits de l’homme, l’hymne national la Marseillaise et des sonnets de Pétrarque. On y trouve aussi des encriers, des porte-plumes et des plumes à écrire de toutes sortes. Nous sortons du magasin du moulin à papier, nous déambulons dans la galerie des ateliers, elle se trouve sous le chemin qui mène au gouffre, sur lequel nous sommes passés tout à l’heure. Dans cette galerie on trouve toutes sortes de produits artisanaux, cuir, verre, bijoux, art de la table, confiserie etc. Il est maintenant temps de s’approcher du restaurant Pétrarque et Laure où nous allons déjeuner. En fin de document, se trouve la biographie de François Pétrarque.
Nous quittons Vallis Clausa (vallée close) ou Fontaine de Vaucluse, Vallis Closa est d’ailleurs le nom donné au moulin à papier que nous avons visité, mais c’est aussi le nom donné au nouveau platane créé par l’INRA d’Avignon. Après 20 ans de recherches, on a découvert un platane qui peut supporter toutes sortes de maladies. On va donc remplacer les platanes malades par cette espèce dans la région, mais aussi le long du canal du Midi. Nous passons devant des maisons d’anciens ouvriers papetiers, les moulins à papier ont fonctionné jusqu’en 1950. Aujourd’hui, ces petits lotissements ouvriers retrouvent une nouvelle jeunesse, les maisons sont rénovées afin de devenir des maisons secondaires ou des habitations principales. Le Comtat Venaissin a fait sa richesse sur l’industrie du papier et surtout à fontaine-de-Vaucluse, grâce à son eau claire et la puissance de son débit. Le papier fournissait les imprimeurs d’Avignon, jusqu’en 1791 Avignon n’était pas française ainsi que le Comtat Venaissin. CE qui veut dire, que depuis la France, on venait imprimer à Avignon, tout ce qui était interdit en France. Comme les pamphlets contre le roi et son gouvernement, que des choses un peu plus légères. Avignon était état pontifical, nous passons devant une ancienne usine, d’où subsiste uniquement sa cheminée construites en briquettes rouges. Nous sommes à l’endroit où la Sorgue qui sort du gouffre se partage en 4 bras, un va vers Cavaillon, un vers Entraigues, Carpentras, Avignon et Velleron. C’est le paradis du canoë, et de la pêche à la truite. On traverse un pont qui enjambe la Sorgue, nous roulons au milieu de truffières, elles sont la propriété du maire de Saumane. Nous empruntons une petite route en direction de saint-Didier, elle traverse les monts de Vaucluse, nous serons entourés de garrigues de chênes et de pins. Nous circulons au milieu d’oliviers, nous croisons et doublons de nombreux cyclistes, la plupart sont d’origine hollandaise ou belge. Nous découvrons des plantations de cerisiers, qui produisent la superbe cerise du mont Ventoux. Nous apercevons dans des champs des murs de séparation, ils sont construits en pierres sèches, tout comme la borie vers laquelle nous nous dirigeons. Les constructeurs de ces édifices étaient vraiment des artistes, car les pierres sont disposées de façon qu’aucun lien ne les relie entre elles. Les champs sont en pente, et pour retenir la terre, on a édifié des murs de soutien, ce qui fait que la culture de ces parcelles se fait en terrasses. Nous passons sous le château de Saumane, le marquis de Sade a été embastillé à Paris pour tous les méfaits qu’il avait réalisés. Ensuite, il a été exilé en Provence dans ce château qui appartenait à un de ses grands oncles qui était chanoine. Ensuite le marquis de Sade est reparti tranquillement dans son château de Lacoste qui se trouve dans le Luberon à 20 kilomètres d’ici. La route est très sinueuse, nous sommes au royaume du chêne Kermesse, qui donne tout de même des glands malgré sa taille de buisson. Nous voici sur le plateau, nous allons faire une halte, pour aller contempler une borie du XVIII.me siècle. Elle est toute en longueur, elle se compose de 3 pièces la bergerie, la pièce à vivre et celle dans laquelle on dort. Les murs sont construits en encorbellement, plus ils montent, plus ils se rapprochent du centre de l’édifice. Le matériau utilisé pour la construire, provient des champs labourés, desquels on retirait les pierres pour avoir un sol plus meuble. On accumulait ainsi les pierres, puis on les empilait très studieusement jusqu’au toit, lequel était ensuite recouvert de lauze. A côté de cette borie parfaitement conservée, se trouve une autre borie au 2/3 éboulée. Les Bories sont situées sur la commune de Laroque-sur-Peynes, nous reprenons notre circuit en autocar. Les terrains où sont construites des maisons récentes, sont clos avec des murs, ils sont constitués de matériaux modernes, sur lesquels on colle des pierres plates, ça fait illusion de murs en pierres sèches, mais s’en est pas le cas. Le parement de pierre est réalisé avec des pierres qui proviennent des carrières de Perne-fontaines, elle est très blanche et se taille facilement. Le second pape d’Avignon, Jean XXII, s’est fait faire son tombeau en pierre de Pernes, il est si bien sculpté que l’on dirait de la dentelle. Le tombeau se trouve dans la cathédrale de Dom à Avignon, nous passons tout près de l’ermitage de Saint-Gens. Ce jeune garçon, Gens, vivait au XIII.me siècle à Monteux, dans un village qui se trouve à 12 kilomètres d’ici. Il avait une grande foi, et très près de l’église, il s’insurgeait des scandales que l’on lui racontait sur les ébats des évêques. La population de Monteux a donc décidé de l’exclure du village, sa mère lui confie les 2 vaches de la maison, afin qu’il puisse se travailler un petit lopin de terre. Mais, dès son départ, le village souffre d’une longue sécheresse. La population de Monteux se déshydrate, la sécheresse dure 2 à 3 ans. La population pense avoir mal agi par rapport à Gens, et elle en récolte leur agissement. C’est la punition de dieu, il faut à tout prix retrouver Gens, sa mère part à sa recherche, elle arrive à le rejoindre au bout de plusieurs semaines de marche, elle est complètement déshydratée. Il se trouvait dans la pinède que nous avons sur notre droite, Gens était entouré, d’une vache et d’un loup. Devant sa mère mourante, Gens s’est mis à prier le ciel, afin que la pluie tombe. Il a appliqué 2 doigts sur un rocher, d’un trou s’est écoulé de l’eau et de l’autre du vin. La source de vin est aujourd’hui tarie, m’ais l’eau coule toujours du rocher. L’autre miracle a été réalisé lors de son installation au milieu de la pinède, un loup a mangé l’une de ses vaches. Gens, était très en colère, car il n’avait plus qu’une vache a attelé. Il est entré en prière, il a domestiqué le loup, qui par la suite faisait équipage avec la vache restante pour labourer sa terre, ainsi l’attelage était reconstitué. Aujourd’hui, un grand pèlerinage est organisé chaque début du mois de mai, afin que l’été soit arrosé modérément, pour que personne ne souffre de la sécheresse. Au hasard d’un virage, nous découvrons le Ventoux dans toute sa splendeur, il est tout ensoleillé, il est d’un blanc immaculé. Nous circulons au milieu de cerisiers, nous commençons à apercevoir l’immense monastère de saint-Didier, il est constitué de grands bâtiments du XIX.me siècle, il est toujours en fonction. Dans la région, on a également un couvent de sœurs cisterciennes, à gauche du mont Ventoux on distingue parfaitement les dentelles de Montmirail. Nous descendons sur le village de Sain-Didier, nous apercevons sa petite église avec son clocher en pierre. Les toits des maisons sont recouverts de tuiles romanes, ce sont des tuiles en argile cuites, elles sont de couleur rouge comme à l’époque romaine. Nous voici sur la place du village, où se dresse l’église, et où se trouve le château propriété d’un aristocrate défortuné, saint-Didier possède aussi une clinique psychiatrique. Nous allons visiter la nougâterie des frères Silvain, le nougat blanc et le nougat noir, font partie des 13 desserts qui seront mis sur la table le 24 décembre après la messe de minuit. Nous pénétrons dans la nougaterie, les frères Silvain sont des paysans nougatiers, c’est en 1995 qu’ils décident de valoriser leur produits amandes et miel en créant une nougaterie. C’est la passion de l’authentique qui anime les frères silvain, le miel produit par les ruches du domaine est essentiellement issu de la lavande. Nous sommes accueillis par l’un des frères, puis il nous convie à visionner un film de 20 minutes qui nous explique leur métier de paysan nougatier. Ensuite, nous allons dans le laboratoire où l’on fabrique les produits, dont les nougats blancs et noirs, pour les provençaux le vrai nougat, c’est le noir. Blanc ou noir, le nougat est constitué d’amandes et de miel, ce qui les différencie, c’est la cuisson du miel. Dans le noir le miel est caramélisé, c’est-à-dire, cuisson très forte mais de courte durée. Il est constitué de 80% d’amandes, on y ajoute des pelures d’orange. La nougaterie Silvain, fabrique aussi la nougalette, c’est un petit nougat noir, dans lequel on met des brisures d’amandes, il est un peu plus croquant. Le nougat blanc est obtenu après 3 heures de cuisson à feu doux, c’est la douceur de la cuisson qui fait blanchir le miel. Il est essentiellement constitué de miel de lavande, un soupçon de sucre pour la conservation, et des œufs montés en neige pour le rendre fondant. La nougaterie emploie une quinzaine d’employés, c’est une activité familiale, le poids familial est très important. La nougaterie fabrique aussi des pâtes de fruits et des sorbets, la différence entre le nougat artisanale fabriqué ici, et le nougat industriel de Montélimar, résulte des ingrédients avec lesquels l’on fabrique les nougats. A Montélimar pour cuire le nougat blanc, il utilise un four sous vide, qui en un quart d’heure vous sort un semblant de nougat avec moins d’amandes, de miel et de sucre. Ensuite nous passons au magasin, où l’on déguste 2 sortes de nougats noirs, un nougat blanc et 2 calissons. Après quelques emplettes au magasin de la nougaterie, nous reprenons la route, nous empruntons une allée bordée de platanes pour quitter Saint-Didier. Ils sont malades, ils ont les feuilles marrons, leur écorce est très foncée, ils ont été marqués par l’oNf. L’ONF a décrété qu’il fallait les abattre, car ils sont atteints du chancre coloré. Cette maladie nous a été importée par les américains lors de la seconde guerre mondiale, leurs caisses de munitions étaient confectionnées en platane contaminés par la maladie. Pendant une vingtaine d’années, les platanes français ont bien résisté, mais depuis, la maladie s’est répandue et propagée, et amplifiée lors de la taille des platanes avec des outils non stérilisés transportant la maladie d’un arbre à l’autre, ou même seulement le phénomène du vent qui multiplie à outrance le chancre coloré. Les platanes malades seront donc abattus, et ils seront remplacés par des platanes vallis closa, qui sont le fruit d’un énorme et long travail de l’INRA. Nous sommes entourés de micocouliers, c’est arbre est en Provence depuis le moyen âge, il a un tronc très marron et lisse. On l’appelle aussi l’arbre éléphant, son bois est très dur, on en fabrique les fourches pour l’agriculture, aujourd’hui, elles sont toujours en micocouliers, mais elles sont importées d’Europe de l’EST. Danièle, nous fait passer quelques feuilles de micocouliers, pour que nous puissions les découvrir avec des micocoule son fruit, qui sera mûr au mois de novembre. Au moyen-âge, le micocoulier était planté dans les cimetières, le micocoulier à la particularité de bien supporter la sécheresse, et il donne une ombre très profonde qui émane de ses nombreuses petites feuilles. Nous passons devant une truffière qui possède un arrosage par aspersion, la truffe est vraiment le diamant noir, elle se négocie même en monnaie trébuchante et sonnante. Les rabassiers ont horreur des chèques, cette façon de commercialiser donne beaucoup de fil à retordre pour l’administration des impôts. Après le dîner, nous assistons à la projection d’un film en autodescription, le prénom, le groupe AVH y assistait en grande partie, mais d’autres résidants de la résidence ont pris part à la projection, afin de découvrir notre façon de regarder un film.

Jour 4 : Nous prenons la direction de Vaison-la-Romaine, nous sommes le groupe habituel de l’AVH, nous avons embarqué avec nous un couple de bénévoles de Bédoin Bernadette et Jean-Louis. Vaison-la-Romaine se situe au nord du mont Ventoux, nous apercevons des moutons, ils sont déjà redescendus des alpages. Ils sont de couleurs brun et blanc, ils sont surveillés par 2 chiens patoux. Ils sont blancs et de tailles imposantes, ils sont dressés pour lutter contre les loups. Nous passons devant une petite chapelle, elle est dédiée à Marie-Madeleine, elle fait partie des petits saints de Provence qui sont arrivés, il y a 2000 ans aux Sainte-Maries de la Mer. Elle était accompagnée de son frère Lazare, de Marthe, de Marie-Jacobée et Marie-Salomé qui sont les saints du Christ envoyés pour évangéliser la Provence. Nous sommes sur le flanc ouest du Ventoux, sur une petite route qui serpente, hier à Fontaine-de-Vaucluse nous étions sur le flanc est du Ventoux. Depuis Bédoin, nous contournons le géant de Provence, pour circuler sur son flanc nord, jusqu’à Malaucène qui se trouve à quelques kilomètres de Vaison-la-Romaine. Nous gravissons le col de la Madeleine, il culmine à 448 mètres d’altitude. La route est bordée de pins et de chênes, elle est très fréquentée par les cyclistes. Sur notre gauche nous apercevons des veines rouges, ce sont les ocres de Caron, c’est une carrière à ciel ouvert, nous pouvons donc distinguer les différentes couleurs de couches géologiques, qui va du beige clair au rouge foncé. L’ocre récupéré dans cette carrière, est constituée de sable, qui sera exporté en Italie pour la fabrication de vitre devant supporter de grosses températures, comme les fours à pyrolyse par exemple ou des objets en céramique comme les couteaux qui coupent comme des rasoirs. A Apt et à Roussillon, il y a aussi des carrières d’ocre, mais elle sert à la coloration. Cette route est empruntée chaque année par une course de voitures gonflées, beaucoup d’anciennes Gordini viennent y promener leurs vieilles carcasses. Par contre une autre course de côte existe, c’est celle dite du mont Ventoux, elle achemine les concurrents de Bédoin au sommet du Ventoux, aujourd’hui l’arrivée a lieu au chalet Rénart, cette compétition existe depuis 1902, elle a lieu au mois de mai. Le mont Ventoux est beaucoup franchi par les prototypes automobiles avant leur lancement, les engins qui appartiennent à toutes sortes de marques, viennent s’essayer sur les pentes du Ventoux recouvertes de bâche noire, afin qu’on ne voit pas ni leur carrosserie et surtout leur marque. Nous continuons la montée du col de la Madeleine en accomplissant de petits virages très doux, nous voici au sommet, nous commençons la descente sur Malaucène. Nous passons devant la ferme aux lamas, que nous visiterons samedi après-midi, ils sont de sortie, ils sont dissimilés sur toute l’étendue de la ferme qui s’étage sur 32 hectares. La ferme est la propriété d’un couple qui avait acheté une ferme pour faire l’élevage de brebis, ils n’étaient pas de la région, ils on été très mal accueillis et acceptés par le monde de la paysannerie. Devant ce fait, les nouveaux agriculteurs ont arrêté leur projet initial, ils sont passés de l’élevage de la brebis à une ferme expérimentale du lama, et ça a plutôt bien marché. Nous approchons de Malaucène, la commune est situé au pied du Mont Ventoux, une route sinueuse permet d’y accéder à son sommet par la face nord. Tout comme Bédoin, Malaucène vit du tourisme cycliste, elle est très bien pourvue en camping, en chambre d’hôtes et de gîtes. C’est le repère des hollandais, des belges et des allemands aux gros mollets qui raffolent du Ventoux. Malaucène est aujourd’hui une ville sinistrée, elle souffre de la fermeture de ses papeteries, c’est une industrie qui était implantée ici depuis le XIV.me siècle. Le premier pape d’Avignon Clément V, qui souffrait de cancer des intestins, l’été il venait se reposer à la fraîcheur, dans le monastère du Grozon qui se situe à Malaucène. Le Grozon par son débit activait les moulins à papier, il y a 40 ans les papeteries étaient encore en nombre à Malaucène. Petit à petit l’activité a diminué, il y a une vingtaine d’années on y fabriquait le papier à cigarette ainsi que leurs filtres. L’entreprise a été rachetée par une société américaine, elle a profité d’aides financières du conseil général, et ils ont plié boutique l’an dernier. Nous passons devant l’église de Malaucène, elle est dédiée à Saint-Pierre, c’est le pape Clément V qui l’a faite construire avec ses propres deniers. C’est une immense église forteresse, les remparts de la ville sont situés à sa proximité. Tous les élus ont essayé de défendre l’emploi, en maintenant l’activité papetière, mais rien n’y fit, elle est aujourd’hui éteinte. Les syndicats et les ouvriers ne s’avouent pas vaincus, ils continuent la lutte, vont-ils arriver à faire rouvrir les papeteries, car l’économie locale en a grand besoin. L’an dernier ce sont 250 licenciements qui ont eu lieu, ce sont 200 familles de malaucène qui sont touchés par ce désastre économique. Nous circulons sur une route bordée de platanes, un panneau indique, Vaison-la-Romaine 9 kilomètres, un boulodrome est envahi de camping cars de ressortissants du Bénélux, ils sont vraiment partout. Nous sommes dans une vallée, elle est entourée de petites collines, c’est le paradis des cerisiers. Un village est accroché à la colline, c’est le Crestet, il est dominé par son château, il est en partie restaurée, aujourd’hui il est en vente. Sur notre droite nous laissons la vallée du Toulourenc, où nous nous rendrons vendredi. La plaine s’ouvre, c’est celle de l’Ouvèze, connue pour sa crue meurtrière du 22 septembre 1992, qi a fait 37 morts à Vaison-la-Romaine. Nous sommes à Vaison-la-Romaine, ancienne capitale du Comtat Venaissin, le village du XIV.me siècle et du XVIII.me siècle se situe sur une des collines de la ville, il est protégé de remparts. La ville nouvelle est bâtie dans la partie basse de la vallée, le long de l’Ouvèze, à l’emplacement de l’ancienne ville romaine. Avant l’arrivée des romains, les habitants résidaient sur la colline où s’est édifié le village médiéval, où les romains avaient construit l’oppidum. Nous voici au pont romain, où l’Ouvèze est toute bien calme, elle s’écoule à 22 mètres sous le pont. En 1992, la rivière en crue est passée d’un mètre au-dessus du pont. L’eau de l’Ouvèze sortait par les portes et fenêtres des maisons avoisinantes. L’Ouvèze prend sa source sur le mont Ventoux, le 22 septembre 1992, il s’est abattu 300 millimètres d’eau au sol, toute cette eau en 2 heures, alors la rivière a gonflée, elle a débordé et inondé la basse vallée. Nous découvrons la cathédrale recouverte de lauze, c’est notre dame de Nazareth, elle a été construite sur une basilique romaine. Nous voici arrivé au site archéologique de puymen que nous allons visiter, voici une présentation de Vaison-la-Romaine :
Vaison-la-Romaine est une commune française, située dans le département du Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. La commune compte 6153 habitants, elle s’étend sur 26 kilomètres carrés et s’étale entre 157 et 493 mètres d’altitude. Ses habitants sont appelés les Vaisonnais. Elle est surtout connue pour ses vestiges romains particulièrement riches dont un pont à arche unique, ainsi que pour sa cité médiévale et sa cathédrale. Ce qui caractérise particulièrement Vaison, c’est la possibilité de voir dans un même mouvement les villes antique, médiévale et moderne, comme si on pouvait embrasser 2000 ans d’histoire d’un seul coup d’œil, quitte à oublier les discontinuités qui n’ont pas manqué de troubler le passé vaisonnais. Vaison-la-Romaine s’est vue décerner le label de « Cité chorale Européenne ». La commune est située sur la partie nord du département, au sud de l’Enclave des Papes. Elle est située à environ 27 km d’Orange, 50 km d’Avignon, 10 km des Dentelles de Montmirail et 10 km du pied du mont Ventoux. La commune fait partie du « pays Voconce ». La commune fait partie du parc naturel régional du Mont-Ventoux. Elle est entourée de sept collines couvertes de forêts et de vignes. En venant de l’ouest, Vaison marque le début des moyennes montagnes. La rivière de l’Ouvèze, célèbre pour son inondation meurtrière, passe dans le village et sépare la Haute Ville (XIII.me siècle) de la ville moderne. L’un des ponts l’enjambant est le célèbre pont romain, ayant résisté à un bombardement allemand et à la crue du 22 septembre 1992. La région est d’abord habitée par les Ligures qui introduisent le bronze. À la fin du IV.me siècle av. J.-C., Vaison devient la capitale d’une tribu celtique, intégrée au sein du peuple des Voconces. Après la conquête romaine (125-118 av. J.-C.), la cité des Voconces compte deux capitales, Luc-en-Diois et Vaison. Les Romains en font l’une des villes les plus riches de la Gaule narbonnaise. Elle fut la patrie de l’historien Trogue Pompée. Les invasions barbares du Ve siècle ruinent la cité. L’Ouvèze, autrefois navigable, sépare la Haute-Ville de la cité actuelle qui recouvre la ville gallo-romaine, dont 15 hectares sont dégagés. Quant au « château de la Villasse » et son allée de platanes bicentenaires, il domine les vestiges gallo-romains dits de La Villasse. Plus à l’est, la colline de Puymin est signalée par un vaste espace boisée. Les autres vestiges gallo-romains (Thermes du Nord, villa du Paon) échappent au regard. Le reste de la cité antique demeure sous le Vaison actuel. Enfin, on remarque deux édifices romans à l’ouest de La Villasse : la chapelle Saint-Quenin, et plus au sud, la cathédrale Notre-Dame de Nazareth et son cloître. Ce panorama urbain, où s’imbriquent vestiges antiques, bâtiments romans et constructions récentes suggère superpositions et déplacements des occupations au cours des âges. Des vestiges d’habitat et de rempart laissés par la communauté agraire du Premier Age du Fer (VII.me Ve siècle av. J.-C.) ont été découverts sur la rive gauche de l’Ouvèze, au bas de l’éperon rocheux. C’est sur cette hauteur, marquant le paysage (actuellement occupé par la Haute-Ville), que se sont abritées les populations ligures, puis celto-ligures à partir de l’invasion des Voconces au IV.me siècle av. J.-C. Vaison s’appelle alors « Vasio voncontiorum » c’est-à-dire « Vaison des Voconces ». Dès avant la conquête romaine, la cité est la capitale de ce peuple d’origine celtique qui occupait un territoire limité par la Durance au sud, l’Isère au nord, le couloir rhodanien à l’ouest, la Durance et les Préalpes à l’est. Avec la conquête romaine Vasio devient « cité fédérée » (et non une colonie). Les Voconces descendent sur la rive droite où se structure progressivement une ville. L’urbanisme commence à partir de noyaux agricoles qui se métamorphosent en habitations de ville, lors de la création des voies de circulation et l’édification des grands monuments publics dans la seconde moitié du Ier siècle : théâtre, pont, aqueduc, thermes… La paix romaine est propice à l’extension de la cité, qui connaît sa splendeur au II.me siècle. Elle couvre alors 70 à 75 hectares. Elle est l’une des villes les plus riches de la Narbonnaise. Après la chute de l’empire romain, Vaison devint un centre religieux relativement important (un évêché y existe dès le IV.me siècle) où se réunirent deux conciles, en 442 et 529. Aux temps troublés du Moyen Âge, les habitants émigrent sur le rocher escarpé de la rive gauche de la rivière l’Ouvèze, à l’abri des remparts et du château fort. En 924, le roi Raoul confirme les possessions de l’Abbaye de Saint-Martin d’Autun à Fréjus, à Vaisons-la-Romaine et en pays Viennois. Jusqu’au XII.me siècle, la ville se développe en plaine autour de la cathédrale et du palais épiscopal où elle subit plusieurs invasions dues aux conflits, entre les comtes de Toulouse et les évêques successifs. Au XIII.me siècle la population chercha refuge sur le rocher, au pied du château construit par les comtes de Toulouse, mais devenu propriété papale. C’est dans ce contexte que prospéra en territoire pontifical la ville médiévale qui subsiste aujourd’hui. Dans la cathédrale de la ville haute, en 1645, fut fondée une « dévote confrérie sous le titre de Monseigneur Vincent ». Pour en faire partie, il était exigé d’être « bon catholique et croyant ». La confrérie avait à sa tête un prieur, choirmi les membres du clergé, et un Bayle qui ne pouvait refuser sa charge et se devait, pendant l’année de sa cherge, de faire respecter et observer les statuts et en particulier de « prier Dieu pour l’augmentation de la foi catholique ». On sait aussi que la fonction de Prieur fut assumée, en 1686, par le capistol, doyen du chapitre de la cathédrale, en 1696, par l’archidiacre et, en 1709, par le sacristain. Comme les confrères n’avaient pas de chapelle spécialement dédiée à leur saint patron, ils avaient élu domicile dans celle de l’Ange gardien. Leur objectif, comme il est inscrit en exergue sur une page de garde de leur livre de compte, se résumait en cette maxime « Si nous vouons être de véritables confrères de saint Vincent, il faut que nous imitions sa vie ». Au XVIII.me siècle la plus grande partie de la population, redescendit dans la plaine. Le 12 août 1793 fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d’Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d’Apt et d’Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes. Le XX.me siècle voit une véritable renaissance vaisonnaise s’opérer, et la petite cité reconquérir patiemment son statut de ville, avec une économie basée à la fois sur la viticulture et le tourisme. Cela se traduit dès l’entre-deux guerre, il n’est qu’à regarder les multiples traces laissées dans l’urbanisme vaisonnais par l’architecture des années 30, au sein même de la ville moderne, avec ses ferronneries caractéristiques, ses balcons modern’style et les couleurs vertes ou roses de quelques immeubles. La crue meurtrière de l’Ouvèze en 1992. La crue du 22 septembre 1992 s’est déroulée durant les crues d’automne qui peuvent se produire sur les cours d’eau méditerranéens de moyenne montagne. Cet événement météorologique important, désigné sous le terme d’épisode méditerranéen, semble avoir été amplifié par les modes d’occupation du sol et de gestion des lits des cours d’eau. L’histoire et l’analyse géomorphologique indiquent en effet que l’Ouvèze a déjà connu des crues aussi importantes que celle du 22 septembre 1992. Elle se caractérise par sa courte durée et son intensité. En effet, en quatre heures, il est tombé selon les endroits, entre 300 mm (à Entrechaux près de Vaison-la-Romaine) et 143 mm (à Buis-les-Baronnies, dans la Drôme) et 179 mm à Vaison et 215 mm à Malaucène. De plus, il s’est écoulé à peine cinq heures entre l’inondation et l’amorce de la décrue. Toute la nuit et durant plusieurs jours, les secouristes vont s’affairer à retrouver les victimes. Mais cette montée des eaux restera marquée à jamais par les pertes humaines : 37 décès dont 3 à Séguret ; 4 disparus (dont un corps retrouvé en novembre 1993). Les pertes matérielles se chiffrent quant à elles à 500 millions de francs (soit un peu plus de 76 millions d’euro). Le commerce représente une part importante de l’activité de Vaison. La densité et la qualité des magasins sont impressionnantes et dignes de villes beaucoup plus importantes. Chaque mardi se tient un magnifique marché Provençal, l’un des plus importants de la région. L’entreprise principale de la ville est la société CAAGIS (Crédit Agricole Assurances Gestion, Informatique et Services) qui emploie environ 300 salariés et qui gère les contrats d’assurance du groupe Crédit Agricole. Vaison-la-Romaine est surtout connue pour le patrimoine archéologique dont elle tire son nom. Cependant, il ne faut pas réduire sa richesse historique à ce qui était enfoui, le pont romain, la ville médiévale sur la rive gauche de l’Ouvèze, la Cathédrale Notre Dame de Nazareth et son cloître attirent eux aussi beaucoup de visiteurs. La ville possède un Office du tourisme, ainsi que de multiples possibilités d’accueil (hôtels, campings, gîtes, chambres d’hôtes, village de vacances, aire de camping-cars…).Vaison-la-Romaine est sur la route des Princes d’Orange. Cet itinéraire était emprunté par les princes d’Orange (dynastie qui régna sur Orange de 1115 à 1702) pour rejoindre leur baronnie d’Orpierre. Le vignoble produit des vins classés en Côtes-du-rhône et Ventoux (AOC). Les autres vins qui ne sont pas en appellation d’origine contrôlée peuvent prétendre, après agrément le label Vin de pays de la Principauté d’Orange. Les vignerons de la commune sont représentés au sein de la Commanderie des Costes du Rhône, confrérie bachique, qui tient ses assises au château de Suze-la-Rousse, siège de l’Université du vin. Il existe une « Maison des vins » dans les locaux de l’office de tourisme pour promouvoir la production. Vaison-la-Romaine est une cité médiévale classée ville d’art et d’histoire. Le château des Comtes de Toulouse : Campé au sommet d’un rocher à pic, le château de Vaison, fut pendant des siècles, une puissante forteresse du Comtat Venaissin. Bâti en 1195 par Raymond V, comte de Toulouse et marquis de Provence, il remplaça une tour détruite par l’évêque Bérenger de Reilhane. L’évêque ne parvint pas à chasser par excommunication les ouvriers employés par le comte Raymond qui passa outre aux foudres épiscopales et le château fort domina bientôt la ville. Le château amputé de ses moyens de défense et de son donjon décapité conserve de beaux bâtiments. Il rappelle les luttes qui opposèrent les comtes et les évêques usurpateurs de leurs droits. Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, qui avait épousé la fille de Raymond VII, imposa aux évêques la restitution de ces mêmes droits en faisant rendre une sentence arbitrale le 30 décembre 1351. Le cloître : À gauche du chœur dans l’absidiole on accède au cloître, qui a conservé trois de ses galeries d’origine (XII.me et XIII.me siècles, celle du sud-est ayant été reconstituée au XIX.me siècle). Il est l’un des plus beaux de l’art roman. Ses arcades géminées, ses colonnettes revêtent un caractère artistique achevé. Edifié aux Xe siècle par les chanoines du chapitre, il fut réparé par l’évêque Joseph Marie de Suarès, au XVII.me siècle et complètement restauré au XIX.me siècle par M. Revoil, architecte départemental. De forme carrée, il contient quatre galeries voûtées décorées de corniches et sur lesquelles s’ouvraient jadis les portes communiquant avec les cellules des chanoines qui étaient attenantes. C’est aussi une ville archéologique où une cité romaine a pu être découverte dans sa quasi totalité. Elle comprend la Maison des Messii, le Portique de Pompée, la Maison de rapport (insula), le théâtre romain et des ensembles thermaux : thermes à l’est de la rue dallée (site de la Villasse), thermes du Sud du II.me siècle sur la rive droite de l’Ouvèze, thermes du Nord, les mieux connus, construits au milieu du Ier siècle sur 2000 m².Pont romain enjambant l’Ouvèze. Ville haute : les remparts qui enserrent ce bourg médiéval ont été en partie édifiés avec des pierres provenant de la ville romaine.
C’est l’abbé Sautel, au début du XX.me siècle, qui a commencé les fouilles du site romain, duquel on ne percevait que 2 arches, que l’on nommait les lorgnons. Epaulés par des amis, ils ont commencé la fouille, et quel fut leur étonnement, ils découvrent les restes de l’ancien théâtre antique, un quartier de magasins, un château d’eau, de grandes villas avec leurs latterines. L’époque romaine, ne correspond à l’époque judéo chrétienne où tous étaient interdits, la décence pour les romains n’existait pas, les latterines étaient donc le lieu où l’on allait se soulager tout en discutant, on y faisait salon pour ainsi dire. Après avoir fait leurs besoins, ils s’essuyaient avec une éponge qu’ils accrochaient à un bâton. A leur pied coulait de l’eau propre, ils trempaient donc l’éponge, et se lavaient les parties intimes. Les latterines possédaient une fente au-dessus de l’écoulement d’eau, par laquelle ils passaient le bâton pour faire sa toilette intime. Nous voici à pied d’œuvre, nous pouvons commencer la visite du site Puymen, des bénévoles de l’AVH de Vaison-la-Romaine nous ont rejoint et seront nos accompagnateurs pour la journée. Nous abordons le pocost, c’est la partie qui se trouvait sous les thermes, où l’on faisait passer l’air chaud qui allait réchauffer les pièces à vivre. Les romains se soignaient le corps, comme les nordiques aujourd’hui, en passant d’un bain chaud à un bain froid. On commençait donc par le tiépidaruum, le caldarium puis le frigidarium. Les thermes étaient construites en briquettes à canon vide, des esclaves nourrissaient jour et nuit un feu, il produisait de la chaleur que l’on faisait circuler dans les briquettes creuses qui encerclaient les thermes et diffusaient une chaleur ambiante. Le sol était également constitué de briquette à canon vide, on ne pouvait pas y marcher pieds nus dessus tellement elles étaient chaudes, on était chaussé de sandales pour se protéger du chaud. Aujourd’hui nous sommes accompagnés par Olivier de Vaison-la-Romaine, nous voici sur la villa Apollon Lauré, elle s’étendait sur plus de 2000 mètres carrés, on esquisse une borne cavalière qui était bien utile pour se mettre en selle sur son cheval. La villa Lauré est constituée de 14 pièces d’un vestibule, d’une cour intérieure, le bureau du maître de maison que l’on appelait le tabilium, un jardin à portique, une salle à colonnes, une salle à manger et une salle de réception. Pour mieux se rendre compte de la disposition des pièces, au XX.me siècle, on a construit des petits murets pour les délimiter. La partie centrale, le latrium était le lieu où se trouvait la fontaine, et tout autour s’organise la villa, on y trouve aussi un autel où l’on vénère le dieu de la maison à qui l’on fait des offrandes. L’ensemble de la villa était pavée de mosaïque, il y en a une qui est exposée. La mosaïque a été créée en Asie mineure il y a 3000 ans, on ne vivait plus sur de la terre battue, mais sur un sol constitué d’une multitude de petites pierres taillées, qui deviendront plus tard nos carrelages d’aujourd’hui. Chaque villa, pour montrer sa richesse avait son bassin, dans lequel on y mettait des poissons, on peut le voir, il a été reconstitué, un portique l’entourait. Il en reste encore quelques colonnes de décorations, le bassin était au centre de jardins. Pour recevoir ses invités, on mangeait dans le triclinium, ce nom, car la salle à manger possédait 3 lits, sur lesquels on s’y allongeait 2 par 2, on s’appuyait sur le coude gauche, et avec la main droite on mangeait. On mangeait donc allongé, le buste relevé. Il était bien vu aussi de roter à la fin du repas, nous passons un pas de porte, on peut encore y apercevoir les trous dans lesquelles était engondée la porte. Le tricuilium fait à peu près 100 mètres carrés, les cuisines y étaient attenantes, les murs n’étaient pas en pierres apparentes, ils étaient enduits, d’un rouge Pompéi, sur lesquels on faisait des fresques. Le tricuilium était toujours très décoré, mais il restait très foncé, les villas ne possédaient peu de fenêtres vers l’extérieur, elles donnaient sur le jardin, mais avant d’arriver au jardin, il y avait un portique avec sa toiture, ce qui fait que l’intérieur n’était pas lumineux. Il fallait donc s’éclairer 24 heures sur 24 avec des lampes à huile, à l’époque romaine, on se levait tôt le matin, on prenait un petit déjeuner consistant. Le midi, pour couper la journée de labeur, on allait dans les boutiques pour s’acheter son casse croûte, et le soir on faisait un repas plus conséquent. On ne travaillait que le matin, l’après-midi était consacré à l’entretien du corps et de l’esprit. Soit on prenait ses bains dans ses thermes privées ou l’on allait au thermes publiques, on pouvait aussi se rendre à la palestre pour effectuer des exercices physiques, c’était une sorte de gymnase. A proximité des thermes et du palestre, on pouvait se rendre à la bibliothèque, on pouvait soit lire sur du texte gravé sur des pierres ou écouter des orateurs ou tout simplement parler entre soi. Au petit déjeuner, il était de bon ton de manger des cuisses de loir, que l’on avait fait griller la veille, jusqu’en 313, les hommes et les femmes vivaient ensemble, mangeaient ensemble, se divertissaient ensemble, on se dénudait ensemble, c’est le christianisme qui réglementera la vie en communauté en mettant les femmes à l’écart de la société. La cuisine était construite autour d’un vaste évier en pierre, l’eau était transportée par des aqueducs, dans la maison l’eau circulait dans des tuyaux en plomb, ce qui a provoqué le saturnisme au romains. Ensuite, l’eau sale était évacuée dans un circuit d’égouts, qui allait se jeter à la rivière. Vaison-la-Romaine a pendant longtemps utilisé les égouts romains pour son assainissement, dans la cuisine on y trouvait le four que l’on chauffait au charbon de bois. Nous passons dans la partie réservée aux latterines, c’est toute une série de toilettes disposées en rang d’oignons, on y voit le siège, la fente pour passer le bâton et son éponge, le fond de la cuvette débouche à l’égout, et devant les latterines s’écoule l’eau propre pour y tremper l’éponge et la rincer. Nous passons devant la maison à la tonnelle, nous faisons une halte près d’une fontaine, appelée quadrilobés, elle recueille le ruissellement de toits. Nous voici au théâtre antique, nous y accédons par un immense tunnel et des galeries creusées dans la colline, elles mènent au-dessus des gradins du théâtre. Nous dominons tout le théâtre, les gradins sont devant nous, ils descendent jusqu’à la scène. Le théâtre a une forme semi circulaire, les assises des gradins sont très profondes, nous pouvons y allonger les jambes en s’adossant au gradin supérieur. La capacité du théâtre est de 4500 places, la partie construite est réalisée avec de la pierre qui provient des carrières de baumont-du-Ventoux. Comme tout les théâtres, une personne qui parle au milieu de la scène est entendue dans l’ensemble des spectateurs, où qu’ils soient placés dans les gradins. Le théâtre de Vaison-la-Romaine n’a pas de mur derrière la scène, comme à orange où il existe, lors des représentations à Vaison, on coupe la circulation derrière la scène, afin de ne pas être dérangé par le bruit des véhicules. Du mur de la scène qui a existé, il ne subsiste plus que quelques colonnes. Les matériaux qui constituaient le mur ont été au fil du temps, ramassés et employés pour construire des demeures environnantes. Aujourd’hui, le fond de scène s’ouvre sur la campagne, on peut y admirer, des champs de vignes et des collines. Les gradins ont bien sûr été rénovés, mais on en a sauvegardé une partie d’origine, pour montrer comme les gradins étaient à l’époque romaine. Jusqu’en 1907, le théâtre était recouvert de végétation, on peut apercevoir sur notre droite 2 voûtes qui se rejoignent, il n’y avait que ces 2 vestiges qui se trouvaient à l’air avant les fouilles de l’abbé Sautel, on les avait appelé les lorgnons. Les hauts des gradins sont percés de vomitoriums, ils sont au nombre de 4, c’est par ces tunnels que circulait le public pour entrer et sortir du théâtre. Dans le théâtre de Vaison-la-Romaine est organisé tous les 3 ans, les choralies, c’est un rassemblement de choristes de toutes la francophonie, ils se réunissent ici pour des ateliers de chants polyphoniques. Ils envahissent le théâtre, les gradins sont pleins, tout le monde chante, c’est très prenant et émouvant, ça remue les tripes, on en a la chair de poule. Guy, le faux breton monte sur la scène, et nous fait écouter sa voix de ténor, nous l’entendons parfaitement, malgré que nous soyons au-dessus des gradins. Après un rappel, Guy en remet une couche, il se lance dans le folklore russe, c’est super, à la fin de sa représentation, il signe un contrat pour les prochaines choralies qui auront lieu l’an prochain. Nous quittons le théâtre antique, nous faisons une halte au musée du site Puymen, où l’on assiste à une projection d’un film de 20 minutes, il nous retrace toute la visite que nous avons faite à l’extérieur. Nous redescendons de la colline où s’étaient implantés les romains, dans la vallée de l’Ouvèze se trouve la nouvelle ville, et en face de nous se dresse la colline où se trouve la partie médiévale de Vaison-la-Romaine. Nous traversons la ville, nous empruntons une rue piétonne commerçante, elle nous mène au bord de l’Ouvèze, où le pont romain la traverse. Nous contemplons la ville depuis le pont qui a été épargné par la crue du 22 septembre 1992, nous ne nous éternisons pas trop à cet endroit, car les vaisonais n’aime pas trop que les touristes se transforment en voyeuristes quand ils visitent leur belle ville. La visite de Vaison-la-Romaine est terminée, nous reprenons notre car, nous continuons notre circuit. A la sortie de la ville, nous passons près du jardin des 9 demoiselles, il se trouve en aval de Vaison-la-Romaine, c’était un lotissement qui fut anéanti par l’Ouvèze en 1992. L’interdiction de reconstruire à cet endroit fut déclarée, ce fut transformé en un site, où l’on trouve un parc pour faire des exercices physiques, une bambouseraie, et un espace que l’on appelle le jardin des 9 demoiselles. Il a été créé par un professeur des beaux arts d’Avignon, il est originaire du massif central, il est amoureux des pierres. Il en a ramené des immenses blocs de granit ici. Il en a fait un monument sur une pelouse, il consiste en des alignements, style Carnac en Bretagne, la particularité, c’est qu’il a voulu une représentation des villes de la culture européenne. Nous avons tout un assemblage de chiffres ésotériques, on peut y trouver le nombre d’or, les proportions des pyramides, tout est très bien étudié. Tous les représentants des villes de la culture européenne sont venus à Vaison-la-Romaine, il a été gravé par Serge Boyer, le professeur sculpteur auvergnat, sur chaque pierre, un poème ou une phrase dans la langue du pays. Serge Boyer a été beaucoup plus loin, car des pierres sont dédiées à des villes asiatiques, d’Europe centrale, d’Islande, mais toujours avec des symbolismes particuliers, qui relèvent du bouddhisme, du taôisme etc. Comme le ciel est bien noir, et que la pluie fait son apparition, nous préférons annuler notre déambulation dans le jardin des 9 demoiselles et de rejoindre Rasteau où nous allons nous restaurer. Nous déjeunerons à l’ESA, ancien CAT, nous y sommes accueillis par son directeur autour d’un apéritif. Ce centre pour travailleurs handicapés est géré par l’association la Mercie depuis 1975, c’est une association d’inspiration chrétienne. Ici, l’association gère un foyer occupationnel qui accueille 37 résidantes et 1 résidant, ces personnes ne travaillent pas. Par contre les bâtiments de l’ESAT emploient 65 travailleurs handicapés, dont 17 sont hébergés sur place. L’association gère aussi, un service d’accompagnement à la personne, le centre accueille donc, 140 personnes, nous faisons durer l’apéritif, car la pluie est très forte, elle nous empêche de rejoindre le restaurant de l’ESAT qui se trouve dans un bâtiment différent de celui où nous avons été accueillis. Ce sont des personnes handicapées qui œuvrent au restaurant, que ce soit dans la confection des plats ou le service à table. Les travailleurs handicapés sont employés dès l’âge de 18 ans, et ils sont employés à l’ESAT jusqu’à l’âge de leur départ à la retraite. L’ESAT est composé de plusieurs ateliers le restaurant, l’espace confitures, mis en sachet de la lavande, le conditionnement d’épices pour Ducros, une fabrication de confiserie, un atelier couture et un service qui s’occupe d’entretien de jardins. Une bonne partie du cotât des personnes handicapées est employé dans les ESAT, le reste travaille en milieu ordinaire. Enfin, une accalmie, la pluie a cessé, nous pouvons rejoindre le restaurant, nous sommes installés sur de petites tables à 4, le menu est alléchant, le service est rapide et fait avec le sourire.
L’après-midi est consacrée à la visite des ateliers, nous débutons par l’atelier confitures, il est composé de 3 parties le parage, la cuisson, l’étiquetage et le stockage. Nous sommes accueilli par un travailleur handicapé Nicolas, il nous raconte ses fonctions et la production de confiture, depuis l’arrivée des fruits à la mise en bocaux de la confiture, il répond à toutes nos questions. Nous passons dans l’atelier couture, où les machines à coudre confectionnent des sachets à recevoir la lavande. Ensuite, nous sommes conviés à déguster de la confiture de fraises, de poires puis d’abricots. Nous passons à l’atelier cannelle, elle est produit par le cannelier, les bâtons de cannelle sont conditionnés dans de tous petits bocaux, qui sont déposés dans de vastes cartons. Après 2 bonnes heures de visites, nous passons au magasin de l’ESAT, où chacun fait ses emplettes. Puis nous reprenons notre circuit, nous traversons des oliveraies, les oliviers de Provence ont tous gelés en 1956, les nouvelles plantations ont été faites de plants d’oliviers qui proviennent d’Andalousie. Pendant l’hiver 2011-2012, 40% d’oliviers du Luberon ont gelé, en février 2012, le thermomètre est descendu à moins 15 degrés, mais avec le mistral à 110 kilomètres heures la température est descendue beaucoup plus bas. La pluie continue à nous accompagner, nous rejoignons Bédoin sous un ciel chargé. Nous voici de retour à notre résidence à Bédouin, un petit passage à la chambre, puis c’est le repas. Après le dîner, nous participons à un caraoquet, l’AVH nous a même imprimé le texte des chansons en braille. Il est 22 heures 30 quand l’animation se termine, c’est la bonne heure pour aller se reposer.

Jour 5 : Nous prenons la direction de la cité des papes Avignon, le mont Ventoux est entouré de brouillard, nous voici à Sorgues, qui se trouve tout près de la préfecture du Vaucluse. La plupart des Sorgues qui proviennent des eaux pures de Fontaine-de-Vaucluse se jettent dans l’Ouvèze avant de se jeter dans le Rhône. Une sorgue traverse Avignon, et se jette directement dans le Rhône près du célèbre pont d’Avignon. La Sorgue avignonnaise alimente le canal des teinturiers à Avignon, dont la rue des métiers du tissu s’appelait la rue des roues. On y teignait les soieries, les cotonnades et les indiennes de Provence. Ces ateliers de teinturiers ont exercé jusqu’en 1800, l’eau claire de la sorgue permettait d’avoir des teintures éclatantes. Aujourd’hui sur le canal des teinturiers, tournent encore 3 roues pour le fun. Actuellement le canal des teinturiers n’a qu’un fond d’eau, comme à chaque fin d’été, le débit est trop faible pour activer les roues. Les sorgues ont été déviées depuis l’époque romaine, les dérivations ce sont d’ailleurs amplifiées au XIII.me siècle. Nous sommes en Comtat Venaissin et nous allons à Avignon, tout ça était des états pontificaux. L’industrie principale était la fabrication des soieries, et à partir du XVII.me siècle celle des indiennes de Provence, ce sont de magnifiques tissus très colorés. Elles sont de toutes couleurs du rouge, du bleu, du jaune, du blanc et toutes les couleurs de l’arc en ciel. Les premiers imprimeurs de tissu, ce sont servis des tampons que les grands navigateurs avaient ramenés d’Asie et d’Inde. D’où leur nom, indiennes de Provence, dont l’aspect est très colorées. Les navigateurs avaient d’ailleurs présenté les tampons aux rois de France, ils ont beaucoup plu aux courtisanes. Mais, Louis XIV et son ministre Colbert, ne voulant pas se mettre à dos les industries textiles, de Lyon et de Nîmes, ils ont donc interdit aux manufactures de France d’imprimer les tissus indiens. Suite à ce refus, les tissues ont été imprimés dans le Comtat Venaissin et à Avignon qui étaient états pontificaux, cette nouvelle industrie a donné une grande activité industrielle à toute la région. L’activité du papier était très présente dans le Comtat Venaissin et à Avignon, surtout l’imprimerie, mais après la révolution, les lois françaises ce sont appliquées et l’imprimerie a été réglementée et mise sous surveillance. Aujourd’hui l’indienne de Provence n’est plus à la mode vestimentaire, elle était trop chamarrée, on s’en sert uniquement pour la confection de costumes du folklore provençal et pour le tissu d’ameublement. Dans les années 1960, monsieur Démery, arrière-petit neveu d’un collectionneur de tampons, a découvert en débarrassant le grenier de son grand oncle. Une série de tampons, dans sa maison à Tarascon. En possession de ces tampons, il décide de créer une société et de relancer la fabrication des indiennes de Provence, sous la marque Solédaillo. Les ateliers de la société Solédaillo étaient installés dans l’hôtel particulier du vieil oncle, qui aujourd’hui a été transformé en musée de Solédaillo. Au début de son démarrage, la société avait un bon carnet de commande, mais les années passant, l’activité périclite. Monsieur Démery est obligé de jeter l’éponge, c’est la société Nicolin de Montpellier qui reprend le flambeau. Louis Nicolin le roi des éboueurs, et président du club de football de Montpellier, offre à sa femme originaire de Tarascon la société Solédaillo. Aujourd’hui, Solédaillo est la propriété d’un autre dirigeant qui essaie de relancer l’activité en créant une ligne de vêtements. 2 autres sociétés continuent de fabriquer des indiennes de Provence, la société les Olivades dans les Bouches-du-Rhône et la société les indiennes de Nîmes à Nîmes. La culture des vers à soie s’est estompée au XIX.me siècle, suite à une maladie des vers à soie, la pébrine. Les greniers des mas provençaux, servaient à la culture des vers à soie, leurs sols étaient recouverts de pare-feuilles, qui ont été employés pour recouvrir les pièces à vivre des mas, aujourd’hui transformés en maisons ou résidences secondaires. On décoconner en famille, c’est-à-dire, on allait d’une ferme à l’autre, on s’entraider. On descendait les genets des greniers, dans lesquels s’étaient accrochés les cocons, et le travail consistait à enlever les cocons des genets. Cette tâche se faisait dans la rigolade, dans la cour de la ferme, d’où le nom de décoconer ou de décoconnade. Une fois le cocon décroché du genet, il fallait l’ébouillanter pour tuer le ver qui se trouvait encore à l’intérieur. Ensuite on faisait sécher le cocon, puis on allait le vendre, il fut créer un appareil pour sécher et assécher les cocons, afin qu’il soit optimal pour être négocié. Le monde piété, ou chez ma tante, a été créé à Avignon, et dans ces locaux à Avignon, on peut y admirer un ancien poêle à sécher les cocons. Dans les usines, les ouvrières s’employaient à dérouler le fil contenu dans les cocons, il le mettait en fuseau par catégorie, car tout dépendait de la grosseur du fil. La confrérie des pénitents gris a été créée à Avignon, leur vocation n’était pas que religieuse, mais ils se consacraient pour une grande part à l’humanitaire. Les pénitents noirs par exemple, aidaient les insensés, et ils ensevelissaient les morts, mais ils pouvaient faire gracier un condamné à mort de droit commun, ce qui était un privilège. Nous approchons d’Avignon, le soleil est au rendez-vous, nous traversons de grandes zones commerciales, ce qui a eu pour effet de vider le centre d’Avignon de ses commerces. Autour des remparts d’Avignon ont été créés 2 immenses parkings pour faciliter la flânerie dans la vieille ville, nous dominons le palais des papes et la cathédrale notre dame des Doms. Nous sommes très près du Pontet, nous passons dans le quartier où vivait Mireille Mathieu, sa mère y vit toujours, dans la maison que Mireille Mathieu a offert à ses parents en encaissant ses premiers cachets. Elle est issue d’une famille nombreuse et peu fortunée, elle en était l’aînée, son père était marbrier, il était très rigolo et jovial, et très chaud lapin. Il parcourait Avignon en mobylette, son imperméable roulé sur son porte-bagages, c’est ainsi qu’il passait d’une petite copine à l’autre, mais il avait tout de même eu le temps de faire 13 enfants à sa femme. Ce qui n’empêche qu’il était très sympathique, et très disponible d’après les dires. Son indisponibilité faisait qu’il travaillait peu, il avait du mal à nourrir sa grande famille, mais tous les enfants ont très bien été éduqués. Une des sœurs de Mireille Mathieu a repris le magasin de fleurs et de marbre du père, et 2 de ses nièces travaillent au palais des papes, toutes deux ont un poste à la consigne. Nous passons vers le cimetière Saint-Véran, il a été créé en dehors des remparts d’Avignon, en zone non inondable en 1850. Nous approchons des remparts, ils ont plus de 4 kilomètres de long, ils sont toujours en élévation, ils possédaient 12 portes, Aujourd’hui d’autres petites portes ont été créées pour fluidifier le passage des passants et du trafic routier. Au début du XX.me siècle, le maire d’Avignon, monsieur Gaston Pourquerie de boisserin, il avait l’intention de détruire les remparts, pour faire d’Avignon une ville nouvelle. Bonjour le charme qui aurait été perdu, et l’utilité de sa construction au XIV.me siècle était d’empêcher les intrusions des grandes compagnies. Aujourd’hui les remparts n’ont plus de rôle défensif mais ils sont une barrière contre les inondations. Les avignonnais ont donc du se battre pour garder leurs remparts, et ramener à la raison ce maire incompétent en risques naturels et destructeur du patrimoine de la ville. Si en 2003, lors d’inondations importantes, les remparts n’avaient pas été là, ce sont 3 mètres d’eau qui ce sont heurtés contre les remparts du moyen âge. Lords des inondations les portes sont fermées, par des batardeaux, c’est-à-dire, l’on fait 2 barrières de bois aux extrémités des portes, entre lesquelles on bourre de sacs de sable, il y a un siècle on bourrait avec des sacs de fumier. sur notre droite nous avons le Rhône, il est très boueux, il a beaucoup plu ces jours ci, alors la Saône, l’Ardèche, l’Ouvèze et tous ses autres affluents déversent leurs eaux de ruissellement. Nous sommes au pied du rocher des Doms, nous pouvons contempler le pont d’Avignon, nous y passons dessous, comme l’on y dansait auparavant, mais du côté de l’île de la Barthelasse. Le pont, ne possède plus que 3 arches, sur les 22 qui le composaient avant. L’île de la Barthelasse était un ensemble de petites îles, aujourd’hui, il n’y a plus qu’une seule île, elles ont toutes été réunies pour former la Barthelasse. C’est la plus grande île fluviale d’Europe, elle fait 15 kilomètres de long pour 300 mètres de large, elle est habitée, elle est très agricole, on y trouve encore des guinguettes où on y danse toujours. Aujourd’hui, le chemin de rondes des remparts n’est plus praticable, il est presque totalement inaccessible, suite à l’érosion subie depuis près de 7 siècles d’existence. Les remparts sont construits en pierre calcaire, elle est très tendre, ce qui fait que sa préservation est un travail quotidien. A l’intérieur des remparts, ce sont 17000 personnes qui y vivent, le premier pape venu résider à Avignon fut Clément V, au début du 14.me siècle. Les papes ont su attirer les juifs dans leurs états pontificaux, dans le comtat venaissin et à Avignon, pour leur savoir, mais surtout pour leur argent. Le petit train touristique arrive, nous allons l’emprunter pour découvrir l’intérieur des remparts, mon Milestone me lâche, donc je suis obligé de faire appel à ma mémoire et à internet pour continuer à narrer notre circuit. Voici tout d’abord la présentation de la ville d’Avignon :
Voici le panorama que nous avons devant nous, la place du palais des papes avec le Petit Palais au fond de la place ; en arrière plan le Rhône et le pont d’Avignon ; au fond le fort Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon. Avignon est une commune du sud de la France, située dans le Vaucluse en Provence-Alpes-Côte d’Azur, et installée sur la rive gauche du Rhône qui marque la limite avec le Gard et la région Languedoc-Roussillon. Au sud d’Avignon, c’est la Durance qui sépare la ville des Bouches-du-Rhône. Sur les 89592 habitants de la commune au 1er janvier 2009, environ 15000 demeuraient intra-muros. L’unité urbaine (c’est-à-dire l’agglomération au sens morphologique telle que la définit l’Insee) comptait 440770 habitants en 2008. Avignon est aussi au cœur d’une vaste aire urbaine de 507626 habitants en 2008, la seizième de France par sa population. Surnommée la « cité des papes » en raison de la présence des papes de 1309 à 1423, elle est actuellement la plus grande ville et le chef-lieu du département de Vaucluse. C’est l’une des rares villes françaises à avoir conservé ses remparts, son centre historique, composé du palais des papes, de l’ensemble épiscopal, du Rocher des Doms et du pont d’Avignon. Elle a été classée patrimoine mondial de l’UNESCO sous les critères I, II et IV. Vitrine artistique et culturelle, la renommée de son principal festival, connu sous le nom de festival d’Avignon, a largement dépassé les frontières françaises. La ville a été capitale européenne de la culture en 2000. Ses habitants sont appelés les Avignonnais. Avignon se situe au confluent du Rhône et de la Durance, et de ce fait, est limitrophe à l’ouest avec le département du Gard et les communes de Villeneuve-lès-Avignon et Les Angles, et au sud avec les Bouches-du-Rhône et les communes de Barbentane, Rognonas, Châteaurenard et Noves. La ville se situe à proximité d’Orange (au nord), de Nîmes, Montpellier (au sud-ouest), d’Arles (au sud) et de Salon-de-Provence, Marseille (au sud-est). Directement accolées à l’est et au nord, on trouve les communes de Caumont-sur-Durance, Morières-lès-Avignon, Le Pontet, Sorgues. La région où se situe Avignon est très riche en pierres calcaires qui servirent de matériaux de construction. Par exemple, les remparts actuels, qui mesurent 4 330 mètres de long, ont été bâtis avec une pierre calcaire tendre très abondante dans la région que l’on appelle « molasse burdigalienne » Ceint de remparts, le rocher des Doms, élévation calcaire de type urgonien haute de 35 mètres (et donc à l’abri des inondations du Rhône qu’il surplombe) est le noyau originel de la ville . Les massifs calcaires sont très présents autour de la commune (Massif des Angles, Villeneuve-lès-Avignon, massif des Alpilles…) et résultent en partie de l’océanisation du bassin liguro-provençal consécutive à la migration du bloc Sardo-corse. L’autre élévation importante de la commune d’Avignon est la colline de Montfavet, une colline boisée à l’est de la commune. La vallée du Rhône présente une zone d’alluvions anciennes : un dépôt meuble y couvre une grande partie du sol. Il se compose d’un limon sablonneux plus ou moins coloré de galets provenant principalement de roches siliceuses. Les îles du Rhône, dont l’île de la Barthelasse, sont nées de l’accumulation des dépôts alluvionnaires et du travail des hommes. Le relief y est donc assez faible malgré la création de buttes permettant aux locaux de se protéger en cas de forte montée des eaux (inondations). Dans les terres qui se situent autour de la ville on peut noter la présence d’argile, limon, sable et calcaire. Le pont d’Avignon sur le « petit Rhône ». Au fond, le mont Ventoux. Le Rhône passe en bordure ouest de la ville mais est divisé en deux bras : on parle de « petit Rhône », ou « bras mort » pour la partie est qui touche Avignon et « grand Rhône » ou « bras vif » pour la partie ouest, celle qui touche Villeneuve-lès-Avignon dans le département du Gard, entre les deux, un chapelet d’îles dont la plus grande est l’Île de la Barthelasse. En parallèle au Rhône, un canal a été créé. Les bords du Rhône et l’île de la Barthelasse peuvent être sujets aux inondations durant l’automne et le mois de mars. Les inondations en France depuis le VI.me siècle jusqu’à nos jours – recherches et documents de Maurice Champion relate un certain nombre d’entre elles (jusqu’en 1862, l’inondation de 1856 ayant été l’une des plus importantes, qui détruisit une partie des remparts), mais elles n’ont jamais vraiment cessé comme le montrent les inondations de 1943-1944 Ou encore 23 janvier 1955, et sont encore importantes de nos jours à l’image des inondations du 2 décembre 2003. C’est pourquoi, une nouvelle cartographie du risque a été élaborée. La Durance s’écoule en limite sud de la commune, vient se jeter dans le Rhône et marque aussitôt la limite avec les Bouches-du-Rhône. C’est une rivière dite « capricieuse » et autrefois redoutée pour ses crues (elle était appelée le 3e fléau de la Provence) aussi bien que pour ses étiages, la Durance est une rivière à la fois alpine et méditerranéenne à la morphologie bien particulière. On trouve sur la commune plusieurs plans d’eau naturels ou artificiels comme le lac de Saint-Chamand à l’est de la ville. De nombreuses dérivations à l’histoire très complexe, ont été réalisées au cours de l’histoire, soit pour alimenter les douves entourant Avignon, soit pour irriguer les cultures. Au Xe siècle, une partie des eaux de la Sorgue d’Entraigues fut déviée et passe aujourd’hui sous les remparts pour pénétrer intra-muros. Voir Sorgue (Vaucluse). Ce cours d’eau est appelé canal de Vaucluse, mais les Avignonnais l’appellent encore la Sorgue ou Sorguette. Il est visible intra-muros dans la célèbre rue des teinturiers. Il alimentait les douves des premiers remparts, puis il a alimenté les douves des nouveaux remparts orientaux de la cité (remparts du XIV.me). Au XIII.me siècle (acte signé en 1229), une partie des eaux de la Durance fut détournée pour renforcer le dispositif d’alimentation des douves, à partir de Bonpas. Ce cours d’eau fut appelé plus tard la Durançole. La Durançole alimentait les douves occidentales de la ville. Elle a aussi été utilisée pour irriguer les cultures de Montfavet. Intra-muros, ces cours d’eau sont le plus souvent cachés sous les rues ou les habitations, et sont actuellement utilisés comme collecteurs d’égouts. Par ailleurs, le canal de l’Hôpital (réuni à la Durançole) et le canal de Crillon (1775) ont été creusés pour irriguer les territoires de Montfavet, du Pontet et de Vedène. Ils se divisent en de nombreuses « fioles » ou « filioles » (en provençal filhòlas ou fiolo). De même, pour irriguer les anciens riches jardins du sud d’Avignon, a été creusé le canal Puy (1808). Tous ces canaux dérivent les eaux de la Durance. Ces canaux ont été utilisés au départ pour inonder les terres, autrefois très caillouteuses, afin de les fertiliser par dépôt de limon. Tous ces canaux ont aussi été utilisés pour faire fonctionner de nombreux moulins. Le vent principal est le mistral, dont la vitesse peut aller au-delà des 110 km/h. Il souffle entre 120 et 160 jours par an, avec une vitesse de 90 km/h par rafale en moyenne. Avignon est desservi par deux gares : la gare historique datant de 1860, gare d’Avignon-Centre, située extra-muros, face aux remparts, qui peut accueillir tout type de train, et depuis 2001, la gare d’Avignon TGV, dans la zone de « Courtine » au sud de la ville, construite sur la ligne LGV Méditerranée. Le Rhône représente depuis de nombreux siècles un moyen de transport important pour la ville. Le trafic fluvial à Avignon bénéficie de deux ports marchands, de stations d’accueil pour des bateaux-croisières et de divers aménagements des berges. Une navette fluviale gratuite a été mise en place reliant les quais de la Ligne à la berge d’en face (l’île de la Barthelasse). Ce site fut occupé dès le néolithique comme l’ont prouvé les chantiers de fouille du rocher des Doms et du quartier de la Balance. En 1960 et 1961, des fouilles dans la partie nord du rocher des Doms dirigées par Sylvain Gagnière ont mis au jour une petite stèle anthropomorphe (hauteur : 20 cm) qui fut trouvée dans une zone de terre remaniée. Sculptée dans de la molasse burdigalienne, elle a la forme d’une « stèle funéraire » avec sa face gravée d’une figure humaine très stylisée et sans bouche dont les yeux sont marqués par des cupules. Sur la partie inférieure, décalée légèrement sur la droite, a été creusée une cupule profonde d’où partent huit traits formant une représentation solaire, découverte unique sur ce type de stèle. Par comparaison avec des figurations solaires identiques, cette stèle représentant le « premier avignonnais » a été classée dans une période s’étalant entre l’âge du cuivre et le bronze ancien qui correspond au chalcolithique méridional. Cela a été confirmé par les trouvailles faites dans ce déblai, situé près du grand réservoir d’eau sommant le rocher, où ont été mis au jour deux haches polies en roche verte, une industrie lithique caractéristique des « pasteurs des plateaux », quelques objets de parures chalcolithiques et une grand abondance de tessons de poterie hallstattienne indigène ou importée (ionienne et phocéenne). Le nom de la ville remonte aux environs du VI.me siècle av. J.-C.. La première citation d’Avignon (Aouen(n)ion) a été faite par Artémidore d’Éphèse. Si son ouvrage, La Périple, est perdu, il est connu par l’abrégé qu’en fit Marcien d’Héraclée et les Ethniques, dictionnaire des noms des villes que fit Étienne de Byzance en se basant sur cet écrit. Il y indique : « Ville de Massalia (Marseille), près du Rhône, le nom ethnique (le nom des habitants) est Avenionsios (Avenionensis) selon la dénomination locale (en latin) et Auenionitès selon l’expression grecque ». Ce toponyme a deux interprétations : ville du vent violent ou encore plus vraisemblablement seigneur du fleuve. D’autres sources font remonter son origine au gaulois mignon (marais) et de l’article celtique défini. Vestiges romains de l’ancien forum d’Avignon, actuelle place de l’Horloge. Simple emporion grec fondé par les Phocéens de Marseille vers 539 av. J.-C., c’est au cours du IV.me siècle av. J.-C. que les Massaliotes commencèrent à signer des traités d’alliance avec quelques villes de la vallée du Rhône dont Avignon et Cavaillon. Un siècle plus tard, Avignon fait partie de la « région des Massaliotes » ou du « pays de Massalia ». Fortifiée sur son rocher, la cité devient par la suite et resta longtemps la capitale des Cavares. À l’arrivée des légions romaines vers 120 av. J.-C., les Cavares, alliés des Massaliotes, deviennent ceux de Rome. Passée sous domination de l’Empire romain, Aouenion devient Avennio et fait maintenant partie de la Gaule Narbonnaise (118 av. J.-C.), puis de la 2e Viennoise. Avignon reste « ville fédérée » de Marseille jusqu’à la conquête de la cité phocéenne par C. Trébonius et Décimus Junius Brutus, lieutenants de César, elle devient alors une cité de droit latin en 49 av. J.-C. Elle acquiert le statut de colonie latine en 43 av. J.-C.. Pomponius Mela la place parmi les villes les plus florissantes de la province. Au cours des années 121 et 122, l’empereur Hadrien séjourne dans la Provincia où il visite Vaison, Orange, Apt et Avignon. Il accorde à cette dernière cité le statut de colonie romaine : « Colonia Julia Hadriana Avenniensis » et ses citoyens sont inscrits dans la tribu. À la suite du passage de Maximien Hercule, qui allait combattre les Bagaudes, paysans gaulois révoltés, un premier pont en bois est construit sur le Rhône et unit Avignon à la rive droite. Il a été daté par dendrochronologie de l’an 290. Au III.me siècle, il existe une petite communauté chrétienne hors les murs autour de ce qui deviendra l’abbaye Saint-Ruf. Si la date de la christianisation de la cité n’est pas connue avec certitude et que ses premiers évangélisateurs et prélats relèvent de la tradition hagiographique, ce qui est assuré est la participation de Nectarius, premier évêque historique d’Avignon, le 29 novembre 439, au concile régional dans la cathédrale de Riez auquel assistent les treize évêques des trois provinces d’Arles. En novembre 441, Nectarius d’Avignon, accompagné de son diacre Fontidius, participe au concile d’Orange convoqué et présidé par Hilaire d’Arles, où les pères conciliaires définissent le droit d’asile. L’année suivante, avec ses lecteurs Fonteius et Saturninus, il se retrouve au premier concile de Vaison avec dix-sept évêques, représentant des Sept Provinces. il décède en 455. Clovis, roi des Francs, mit le siège devant Avignon en l’an 500. Les grandes invasions ont commencé et les cités de la vallée du Rhône n’y échappent point. En 472, Avignon est pillée par les Burgondes et ravitaillée par Patiens, le métropolitain de Lyon, qui lui fait parvenir du blé. En 500, Clovis 1er, roi des Francs, attaque Gondebaud, roi de Burgondes, accusé du meurtre du père de son épouse Clotilde. Battu, celui-ci quitte Lyon et se réfugie à Avignon que Clovis assiège. Grégoire de Tours signale que le roi des Francs fit dévaster les champs, couper les vignes, raser les oliviers et saccager les vergers. Le Burgonde est sauvé par l’intervention du général romain Aredius. Il l’avait appelé à son secours contre les « barbares francs » qui ruinaient le pays. En 536, Avignon suit le sort de la Provence qui est cédé aux mérovingiens par Vitigès, le nouveau roi des Ostrogoths. Clotaire 1er annexe Avignon, Orange, Carpentras et Gap ; Childebert 1er, Arles et Marseille ; Théodebert 1er, Aix, Apt, Digne et Glandevès. L’empereur Justinien 1er, à Constantinople, approuve cette cession. En dépit de toutes les invasions, la vie intellectuelle continue à fleurir sur les berges du Rhône. Grégoire de Tours note qu’après la mort de l’évêque Antoninus, en 561, l’abbé parisien Dommole refusa l’évêché d’Avignon auprès de Clotaire Ier persuadé qu’il serait ridicule « au milieu de sénateurs sophistes et de juges philosophes qui l’auraient fatigué ». Le VII.me et le VIII.me siècles sont les plus noirs de l’histoire avignonnaise. La cité devient la proie des Francs sous Thierry II (Théodoric), roi d’Austrasie, en 612. Le concile de Chalon-sur-Saône est le dernier qui, en 650, indique une participation épiscopale des diocèses provençaux. À Avignon, il ne va plus y avoir d’évêque pendant 205 ans, le dernier titulaire connu étant Agricol. Un gouvernement centralisé est remis en place et en 879, l’évêque d’Avignon, Ratfred, avec d’autres collègues provençaux, se rend au plaid de Mantaille, en Viennois, où Boson 1er est élu roi de Provence. Le Rhône peut à nouveau être franchi puisqu’en 890, une partie de l’antique pont d’Avignon est restauré dont la pile no 14 près de Villeneuve. Cette même année, Louis, fils de Boson, succède à son père. Son élection a lieu au plaid de Varennes, près de Mâcon, et Teutbert, qui a été son plus efficace soutien, devient comte d’Apt. En 896, il agit comme plénipotentiaire du roi à Avignon, Arles et Marseille avec le titre de « gouverneur général de tout le comté d’Arles et de Provence ». Deux ans plus tard, à sa demande, le roi Louis fait don de Bédarrides au prêtre Rigmond d’Avignon. Le 19 octobre 907, le roi Louis, devenu empereur et aveugle, restitue à Remigius, évêque d’Avignon, une île sur le Rhône. Cette charte porte la première mention d’une église cathédrale dédiée à Marie. Après la capture puis le supplice de son cousin, Louis III, exilé d’Italie en 905, Hugues d’Arles devient son conseiller personnel et régent. Il exerce alors la plupart des prérogatives du royaume de Provence et en 911, quand Louis III lui cède les titres de duc de Provence et de marquis de la Viennoise, il quitte Vienne et s’installe à Arles siège d’origine de sa famille dont il fait la nouvelle capitale de Provence. Le 2 mai 916, Louis l’Aveugle restitue au diocèse d’Avignon les églises de Saint-Ruf et de Saint-Géniès. Le même jour, l’évêque Fulcherius teste en faveur de ses chanoines et des deux églises Notre-Dame et Saint-Étienne formant sa cathédrale. Un événement politique d’importance a lieu en 932 avec la réunion du royaume de Provence et de celui de Haute Bourgogne. Cette union forme le royaume d’Arles dont Avignon est l’une des plus fortes cités. À la fin du IX.me siècle, les musulmans d’Espagne installèrent une base militaire à Fraxinet depuis laquelle ils menèrent des expéditions de pillage dans les Alpes durant tout le Xe siècle. En 972, dans la nuit du 21 au 22 juillet, ils firent prisonnier dom Mayeul, l’abbé de Cluny, qui revenait de Rome. Ils demandent pour chacun une livre de rançon, soit 1000 livres, une somme énorme, qui leur est rapidement payée. Maïeul est libéré à la mi-août et retourne à Cluny en septembre. En septembre 973, Guillaume et son frère aîné Roubaud, fils du comte d’Avignon Boson II, mobilisent, au nom de dom Maïeul, tous les nobles provençaux. Avec l’aide d’Ardouin, marquis de Turin, au bout de deux semaines de siège, les troupes provençales chassent les Sarrasins de leurs repaires du Fraxinet et de Ramatuelle, puis de celui de Peirimpi, près de Noyers, dans la vallée du Jabron. Guillaume et Roubaud y gagnent leur titre de comtes de Provence. Le premier siège à Avignon, le second à Arles. En 976, alors que Bermond beau-frère d’Eyric, est nommé vicomte d’Avignon par le roi Conrad le Pacifique, le 1er avril, le cartulaire de Notre-Dame des Doms d’Avignon indique que l’évêque Landry restitue aux chanoines de Saint-Étienne des droits qu’il s’était injustement approprié. Il leur cède un moulin et deux maisons, qu’il avait fait construire à leur intention sur l’emplacement de l’actuelle tour de Trouillas du palais des papes. En 980, ces chanoines sont constitués en chapitre canonial par l’évêque Garnier. En 994, dom Maïeul arrive à Avignon où se meurt son ami Guillaume le Libérateur. Il l’assiste dans ses derniers moments dans l’île faisant face à la cité sur le Rhône. Le comte a comme successeur le fils qu’il avait eu de sa seconde épouse Alix. Celui-ci va régner en indivision avec son oncle Roubaud sous le nom de Guillaume II. Mais en face du pouvoir comtal et épiscopal, la commune d’Avignon s’organise. Vers l’an mil, il existe déjà un proconsul Béranger qui nous est connu, avec son épouse Gilberte, pour avoir fondé une abbaye au « Castrum Caneto ». Le royaume d’Arles, en 1032, est rattaché au Saint Empire romain germanique. Le Rhône désormais est une frontière qui ne peut être franchie que sur le vieux pont d’Avignon. Certains Avignonnais utilisent encore les expressions « Terre d’Empire» pour désigner le côté avignonnais, et « Terre du Royaume » pour désigner le côté villeneuvois à l’ouest, qui était possession du roi de France. Après le partage de l’empire de Charlemagne, Avignon, comprise dans le royaume d’Arles ou royaume des Deux-Bourgogne, fut possédée en commun par les comtes de Provence et de Forcalquier, puis par ceux de Toulouse et de Provence. Sous la suzeraineté de ces comtes, elle fut dotée d’une administration autonome (création d’un consulat en 1129, deux ans avant sa voisine Arles). Si on a trouvé un cachet juif du IV.me siècle à Avignon, la présence juive y est attestée depuis le XII.me siècle. Les Juifs résident alors dans le quartier de la rue vieille juiverie à moins que ce soit rue Abraham 1209, concile d’Avignon avec une deuxième excommunication pour Raymond VI de Toulouse. Lors de la guerre des Albigeois, la ville ayant pris parti pour Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse, elle fut assiégée et prise par le roi de France Louis VIII le 9 septembre 1226. Fin septembre, soit peu de jours après la reddition de la ville aux troupes du roi Louis VIII, Avignon connut des inondations. En 1249, elle s’érigea en une république à la mort de Raymond VII, ses héritiers étant partis en croisade. Mais en 1251, elle fut forcée de se soumettre aux deux frères de Saint Louis, Alphonse de Poitiers et Charles d’Anjou, héritiers par les femmes des marquisat et comté de Provence, qui en furent coseigneurs. Après la mort d’Alphonse (1271), Philippe III de France hérita de sa part d’Avignon, et il la transmit en 1285 à son fils Philippe le Bel. Celui-ci la céda en 1290 à Charles II d’Anjou, qui dès lors resta seul propriétaire de toute la ville. En 1309, sous le pape Clément V, le temps du Concile de Vienne, Avignon devint résidence pontificale. Son successeur, Jean XXII, ancien évêque de ce diocèse, en fit la capitale de la chrétienté et transforma son ancien palais épiscopal en premier palais des papes. Ce fut Benoît XII qui fit construire le Palais Vieux et son successeur Clément VI, Palais Neuf. Il acheta la ville, le 9 juin 1348 à Jeanne Ire de Naples, reine de Naples et comtesse de Provence. Innocent VI la dota de remparts. Ses deux successeurs Urbain V et Grégoire XI eurent la volonté de revenir à Rome. La seconde tentative fut la bonne. Mais la mort précoce du septième pape d’Avignon, provoqua le Grand Schisme d’Occident. Clément VII et Benoît XIII régnèrent à nouveau à Avignon. Au total ce furent donc neuf papes qui se succédèrent dans le palais des papes et enrichirent celui-ci au fil de leur pontificat. Sous leur règne, la Cour bouillonna et attira nombre de marchands, peintres, sculpteurs et musiciens. Leur palais, le plus remarquable édifice de style du gothique international, a été le fruit, pour sa construction et son ornementation, du travail conjoint des meilleurs architectes français, Pierre Peysson et Jean du Louvres, dit de Loubières, et des plus grands fresquistes de l’École de Sienne, Simone Martini et Matteo Giovanetti. La bibliothèque pontificale d’Avignon fut au XIV.me siècle la plus grande d’Europe avec 2000 volumes. Elle cristallisa autour d’elle un groupe de clercs passionnés de belles-lettres dont allait être issu Pétrarque, le fondateur de l’humanisme. Tandis que la chapelle clémentine, dite Grande Chapelle, attira à elle compositeur, chantres et musiciens, dont Philippe de Vitry inventeur de l’Ars Nova et Johannes Ciconia. Urbain V prendra le premier la décision de retourner à Rome au grand bonheur de Pétrarque, mais la situation chaotique qu’il y trouve et les différents conflits l’empêchent de s’y maintenir. Il meurt très peu de temps après son retour à Avignon. Son successeur Grégoire XI décide à son tour de rentrer à Rome, ce qui met fin à la première période de la papauté d’Avignon. Lorsque Grégoire XI ramena le siège de la papauté à Rome, en 1377, la ville d’Avignon fut administrée par un légat. Les papes revinrent l’habiter pendant le Grand Schisme (1379–1411). Puis, de nouveau, la cité fut administrée par un légat, assisté de manière permanente à partir de 1542, par un vice-légat. À la mort de l’archevêque d’Arles Philippe de Lévis (1475), le pape Sixte IV de Rome réduisit le diocèse d’Arles : il détacha le diocèse d’Avignon de la province d’Arles, l’érigea en archevêché et lui attribua comme suffragants les évêchés comtadins de Carpentras, Cavaillon et Vaison-la-Romaine. Au XV.me siècle, la ville d’Avignon subit d’une grosse inondation du Rhône. Aussi le roi Louis XI soutint-il la réparation d’un pont en octobre 1479, par ses lettres patentes. En 1562, la ville est assiégée par le baron des Adrets, qui voulait venger le massacre d’Orange. Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal (1564-1566), accompagné de la cour et des grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine. La cour y séjourne trois semaines. 1618, exil de Richelieu à Avignon. La ville reçut la visite de Vincent de Paul en 1607 et celle de François de Sales en 1622. En 1691, la fonction de légat est supprimée et le vice-légat gouverne désormais seul la cité. Ultérieurement, Avignon est donc restée possession pontificale jusqu’à la Révolution française. Au début du XVIII.me siècle, les rues d’Avignon sont toujours étroites et tortueuses, mais le bâti se transforme et des maisons remplacent petit à petit les anciens hôtels. Autour de la ville, plantations de mûriers, vergers et prairies. Le 2 janvier 1733, François Morénas fonde un journal, le Courrier d’Avignon, dont le nom évoluera au fil du temps et des interdictions. Publié dans l’enclave pontificale, hors du royaume de France, puis à Monaco, le journal échappait au système de contrôle de la presse en France (privilège avec autorisation préalable) tout en subissant le contrôle des autorités pontificales. Le Courrier d’Avignon parut de 1733 à 1793 avec deux interruptions, l’une entre juillet 1768 et août 1769 à cause de l’annexion d’Avignon à la France et l’autre entre le 30 novembre 1790 et le 24 mai 1791. Le 12 septembre 1791, l’Assemblée nationale constituante vota l’annexion d’Avignon et la réunion du Comtat Venaissin au royaume de France, à la suite d’un référendum soumis aux habitants dudit Comtat. Dans la nuit du 16 au 17 octobre 1791, après le lynchage par la foule du secrétaire-greffier de la commune soupçonné à tort de vouloir saisir les biens des églises, ont lieu les massacres dits de la Glacière, épisode noir de l’histoire de la ville où une soixantaine de personnes furent sommairement exécutées et jetées dans la partie basse d’une tour du palais des papes. Le 7 juillet 1793, les insurgés fédéralistes du général Rousselet entrent à Avignon. Lors du passage de la Durance pour la prise de la ville par les troupes marseillaises, une seule personne est tuée, Joseph Agricol Viala. Le 25 juillet, le général Carteaux se présente devant la ville qui est abandonnée le lendemain par les troupes du général Rousselet à la suite d’une erreur d’interprétation des ordres venus de Marseille. À la création du département du Vaucluse le 12 août 1793, la ville en devient le chef-lieu. Cette réunion fut confirmée en 1797 par le traité de Tolentino. Le 7 vendémiaire an IV, le chevalier de Lestang s’empare de la ville pour les royalistes, avec une troupe de 10000 hommes. Le représentant en mission Boursault reprend la ville, et fait fusiller Lestang. Pendant la Révolution et en 1815, Avignon fut le théâtre de déplorables excès de la Terreur blanche. Le 2 août 1815, le maréchal Brune y est assassiné. Dans les années 1820-1830, Villeneuve est contrainte de céder à Avignon une partie de son territoire ; il s’agit de l’île de la Barthelasse. Le 18 octobre 1847, la ligne ferroviaire Avignon – Marseille est ouverte par la Compagnie du chemin de fer d’Avignon à Marseille. En 1860, l’actuelle gare d’Avignon-Centre est construite. En novembre 1898, le réseau de tramway de la Compagnie des Tramways Électriques d’Avignon est ouvert en remplacement de l’ancienne compagnie de transport hippomobile. Lors du coup d’État du 2 décembre 1851, des Avignonnais, dont Alphonse Gent, tentent de s’y opposer. En 1856, une crue exceptionnelle de la Durance inonde Avignon. Le double viaduc des Angles, passage de la LGV Méditerranée sur le Rhône. Le XX.me siècle connaît un important développement de l’urbanisation principalement dans l’extra-muros et plusieurs projets importants voient le jour. Entre 1920 et 1975, la population a pratiquement doublé malgré la cession du Pontet en 1925 et la Seconde Guerre mondiale. Côté transports, 1937 voit la création de l’aérodrome d’Avignon-Caumont qui deviendra aéroport et connaîtra du début des années 1980 à nos jours un essor important avec l’ouverture de lignes internationales, une nouvelle tour, des travaux d’allongement de piste, etc. Septembre 1947, première édition du futur Festival d’Avignon. Après la Seconde Guerre mondiale, le 11 novembre 1948, Avignon reçoit une citation à l’ordre de la division. Cette distinction comporte l’attribution de la croix de guerre avec étoile d’argent. La ville se relève, développe son festival, dépoussière ses monuments, développe son tourisme et son commerce. En 1977, elle est lauréate du Prix de l’Europe, remis par le Conseil de l’Europe. 1996, le projet concernant la ligne LGV Méditerranée est démarré. Son trajet la fait passer sur la commune et par-dessus le Rhône. De 1998 à 2001, construction de la gare d’Avignon TGV. Avignon n’est pas seulement un centre administratif, c’est une vitrine artistique et culturelle de premier plan. Avignon est aussi une ville au riche patrimoine. « Ville d’art » jusqu’à la disparition de ce label en 2005 au profit du réseau des Villes et Pays d’Art et d’Histoire, la municipalité ne s’est pas incluse dans ce nouveau réseau. C’est avant tout les remparts du XIV.me siècle que l’on remarque lorsque l’on s’approche du centre. Ils sont longs d’environ 4 kilomètres, sont flanqués de 39 tours et percés de 7 portes principales reparties tout autour de la vieille ville. Les anciennes douves ont été comblées et aménagées en parkings, autrefois le niveau des remparts était bien plus élevé assurant une bien meilleure protection aux habitants d’Avignon. C’est à cette période (1363) qu’est mentionné le grenier à sel d’Avignon dont l’origine est aussi ancienne que celle des remparts de la ville. Détruit à plusieurs reprises par les inondations du Rhône, sa dernière reconstuction est due à l’architecte Jean-Ange Brun. Il se distingue par sa façade monumentale, son vaste porche en plein cintre, ses hautes fenêtres à décor Louis XV. Le bâtiment avait été acquis et aménagé par un groupe d’investisseurs régionaux (commissaires priseurs, médecins libéraux, sociétés). Ce sont d’immenses et luxueux espaces, entièrement équipés, qui ont été réalisés dans des conditions particulièrement difficiles en raison de l’état de délabrement du monument. La conception du lieu a été réalisée par Jean-Michel Wilmotte. Lorsque l’on ressort de la vieille ville et que l’on fait le tour le long des berges, on ne peut s’empêcher de rechercher le fameux pont d’Avignon, le pont Saint Bénézet. Contrairement à ce que dit la chanson, sa largeur ne permet pas réellement de danser dessus (selon les danses de l’époque) et c’est dessous, où des berges avaient été aménagées, que l’on allait danser. Une version plus ancienne de la chanson disait d’ailleurs « SOUS le pont d’Avignon, l’on y danse l’on y danse… » Le palais des papes du XIV.me siècle et le pont Saint-Bénézet (il s’agit du fameux pont d’Avignon) du XII.me siècle sont classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.
Nous faisons la connaissance de nos guides, ce sont des bénévoles de L’AVH d’Avignon, nous serons accompagnés par Bernadette, l’une d’entre eux. En petit train, nous roulons dans les rues de la vieille ville, nous découvrons de belles demeures et des hôtels particuliers qui ont été construits entre le XV.me siècle et le XIX.me siècle. Nous pouvons admirer l’hôtel de la Monnaie, la splendide rue de la République, la colline des Doms avec sa cathédrale notre dame des Doms, le magnifique bâtiment du conseil général, le temple protestant, la synagogue, la belle place de l’horloge où se trouve la mairie. Nous avons circulé dans de petites rues commerçantes, et le petit train nous a laissé aux abords du palais des papes. Nous y sommes parvenus en parcourant de petites rues caladées, elles sont pavées de galets de rivières, ils sont sciés en 2, la partie sciée forme le pavage extérieur, et la partie convexe est appliquée sur la terre. Les rues débouchent sur la place du palais des papes, pour y accéder on a creusé une trouée dans la colline. Nous avons observé le splendide palais des papes depuis l’extérieur, puis nous y avons pénétré pour aller contempler la salle du tribunal. Tout comme la chapelle du palais des papes, la salle du tribunal est très vaste, elle a une longueur de 50 mètres. Le palais des papes a surtout été l’œuvre des 2 derniers papes d’Avignon, dont principalement Clément VI. Le palais des papes s’étend sur 1500 mètres carrés, une vaste esplanade s’ouvre à nous quand nous en sortons, elle permet de découvrir les environs de la ville. Nous avons parcouru le centre ville, pour aller rejoindre le bord du Rhône, où nous attend le bateau, la Saône, sur lequel nous allons naviguer sur le Rhône et y déjeuner. Nous naviguons entre la rive gauche du rhône côté Avignon, et l’île de la Barthelasse. Le pont d’Avignon rejoignait donc Avignon à son île, aujourd’hui 2 ponts permettent de rejoindre les 2 rives du Rhône, côté Vaucluse on l’appelle le pont de l’empire ou Daladier, et côté villeneuve-les-Avignon le pont du royaume. Puisqu’auparavant villeneuve-les-Avignon faisait partie du royaume de France, et Avignon était rattachée au Saint-Empire. Nous avons navigué sur le Rhône jusqu’à l’écluse d’Avignon, de Lyon à Salins de Giraud, il n’y a que 2 écluses qui régulent le dénivelé du Rhône. L’écluse d’Avignon barre le Rhône sur une largeur de 200 mètres, elle est conçue pour fournir de l’électricité, son barrage est pourvu d’une centrale électrique. Les écluses du Rhône permettent à de grosses péniches de marchandises de relier la Méditerranée à la Saône en passant par le Rhône, sans oublier le trafic des bateaux hôtels qui naviguent et font découvrir les bords du Rhône à leurs passagers. Nous avons déjeuné tout en naviguant, mais devant un prochain lâcher d’eau de certains barrages des affluents du Rhône, notre navigation sera écourtée. Pendant notre balade fluviale, nous sommes passés sous l’autoroute et sous la ligne LGV qui rejoint l’Espagne via Montpellier, après le repas nous avons pris un bain de soleil sur le pont du bateau. En fin de document, se trouve la présentation de la papauté en Avignon.
Il est 14 heures 30 quand nous débarquons à Avignon, pour continuer notre circuit, Danièle nous propose d’aller déambuler dans la ville de Villeneuve-les-Avignon. Nous franchissons le pont dit de l’empire, puis celui du royaume, et nous voici en Languedoc-Roussillon et dans le Gard. Auparavant du côté Gard, il n’y avait qu’un village, Saint-André, Villeneuve-les-Avignon n’existait pas. Il subsiste d’ailleurs encore l’église Saint-André, pour surveiller les bords du Rhône côté royaume de France, on a érigé une tour qui se nomme, la tour Philippe le Bel. C’est à Villeneuve-les-Avignon que les papes d’Avignon séjournaient avant de construire le palais des papes à Avignon. A Villeneuve-les-Avignon, nous avons visité la Chartreuse, c’est un monastère de la communauté des chartreux. Nous avons circulé dans les cours de l’ancienne chartreuse, où de superbes bâtiments y sont parfaitement conservés, comme la buanderie, la prison, les bâtiments où étaient logés les convers ou jeunes moines. Nous sommes ensuite allés au hall qui donnait accès à la rue ou à la vie libre, c’est ici que le père supérieur recevait les visiteurs, les convers y avaient accès. Dans le hall, nous distinguons une petite fenêtre, c’est ici que les chartreux disposaient de la nourriture et un peu d’argent pour les indigents, et où l’on déposait les nouveaux nés qui étaient mal venus. Nous traversons une cour, elle était réservée aux moines qui pouvaient y circuler. Nous continuons à déambuler dans la chartreuse, aujourd’hui elle est dépourvue de religieux, elle fait partie du patrimoine de la ville de villeneuve-les-Avignon. Certaines parties sont privées, elles sont occupées, nous nous dirigeons vers le moulin à huile. C’est dans ce moulin que tous les gens de la région apportent leurs olives, pour qu’elles soient transformées en huile d’olives. Le maître des lieux, nous a expliqué toute l’élaboration pour obtenir de l’huile d’olives, ensuite, nous avons été conviés au magasin du moulin, où toutes sortes de produits régionaux étaient mis à la vente. Voici la liste des principaux monuments à découvrir à Villeneuve-les-Avignon : Villeneuve-lès-Avignon est classée ville d’art et d’histoire. La chartreuse Notre-Dame-du-Val-de-Bénédiction. Son architecture justifie à elle seule une visite. La Collégiale Notre-Dame achevée en 1314 et consacrée en 1333, (XIV.me siècle) par le cardinal Arnaud de Via qui était le neveu du pape Jean XXII et originaire de la ville de Cahors. Elle fut complétée par le clocher beffroi en 1362. Le fort Saint-André et l’ancienne abbaye bénédictine Saint-André. La tour Philippe Le Bel. Le Musée Pierre-de-Luxembourg qui abrite Le Couronnement de la Vierge d’Enguerrand Quarton. Nous rejoignons notre car, nous poursuivons notre circuit, nous remontons la rive droite du Rhône, nous parcourons le vignoble des côtes du Rhône, mais du côté du gard, nous traversons Roquemaure, la route est bordée de domaines vinicoles. Nous faisons une toute petite intrusion en Ardèche, puis nous traversons le Rhône, et nous voici sur la rive gauche du Rhône, dans le Vaucluse, nous traversons Châteauneuf-du-Pape, C’est une jolie petite ville, c’est le meilleur des vins des côtes du Rhône que l’on produit ici. Nous passons au-dessus de l’autoroute A6, nous sommes à Courtaison, c’est le village natale de Michèle Torr. Ensuite nous rejoignons Bédoin, après le repas, nous participons à une soirée dansante.

Jour 6 : Nous sommes en partance pour Savoillan, nous empruntons la même route qui mène à Vaison-la-Romaine, nous refranchissons le col de la Madeleine. Il nous faut contourner le Ventoux par l’est, longer la face nord pour s’engager dans la vallée du Toulourenc où se trouve le village de Savoillan. Nous sommes toujours entourés de vignes, elles poussent dans des sols très caillouteux. Nous circulons à flanc de coteaux du Ventoux, les vignes ne sont pas très arrosées, comme partout en Provence. Pour se nourrir et s’alimenter en eau, elles sont obligées de développer des racines qui puisent à 30 mètres de profondeur dans le sol. A cette profondeur l’humidité est toujours présente, et elle remonte à la plante par les radicelles et les racines. Sur la commune du Torre, entre Bédoin et Avignon, on y visite les grottes de Touzon. Il y a des stalagmites et des stalactites, mais on peut aussi y voir des radicelles suspendues au plafond. Elles proviennent des vignes plantées au-dessus des grottes, qui sont enterrées à 30 mètres sous terre. La route serpente beaucoup, nous repassons devant la ferme des lamas. Nous sommes sur la commune de Beaumont-du-Ventoux, le Luberon se divise en 2 parties. Le petit Luberon qui va de Cavaillon à Apt, sur à peu près 30 kilomètres, dont le sommet culmine à 400 mètres. Le grand Luberon, qui suit le petit Luberon, il commence à partir de la vallée de l’aigle brun, il file vers les Alpes-de-Haute-Provence, sur une longueur de 30 kilomètres, dont le sommet culmine à 1100 mètres. La troisième montagne du Vaucluse, ce sont les dentelles de Montmirail, elles sont très escarpées, elles culminent au-dessus du village de Gigondas, qui est un des 3 grands crus des côtes du Rhône du Vaucluse, le sommet des dentelles culminent à 400 mètres. Le massif des dentelles de Montmirail est parsemé de villages perchés, dont celui de Séguret. Ce village chaque année, organise une crèche vivante, toute la population y participe, les personnages de la crèche se transmettent de génération en génération. A la messe de minuit, l’église est bondée, pour assister au spectacle de la crèche vivante. Nous traversons Malaucène, le village s’est construit en rond, autour de l’ancien oppidum devenu castrum. Nous croisons des cyclistes belges, ils s’apprêtent à monter le mont Ventoux, ils sont copiés par des hollandais qui les talonnent de près. Nous empruntons une route qui mène à la vallée du Toulourenc, il y a une association des singlés du Ventoux, qui pour porter cette distinction, il faut avoir gravi 3 fois le mont Ventoux dans la même journée. Tout d’abord faire l’ascension du géant de Provence par la face sud, depuis Bédoin. Une fois au sommet, redescendre la face nord qui mène à Malaucène, dans la foulée regravir le Ventoux par la même face nord. Arrivé de nouveau au sommet, redescendre par la face est qui conduit à Sault, faire demi-tour pour remonter au sommet, depuis lequel on redescend la face sud pour rejoindre Bédoin. Et la boucle est bouclée, tout cela est certifié par des bornes électroniques, dans lesquelles on introduit une sorte de passeport, qui prouvera l’exploit. Nous roulons au milieu de vignes, nous sommes dans le vignoble des côtes du Ventoux, qui jouxte à cet endroit le vignoble des côtes du Rhône. Nous circulons sur les contreforts du Ventoux, nous flirtons avec la Drôme, nous passerons à Maulan-sur-Ouvèze qui en fait partie. Nous entrons à Entrechaux qui se trouve toujours dans le Vaucluse, il compte 850 habitants et il culmine à 284 mètres d’altitude. Le village est dominé par son château, il est construit sur un piton rocheux. Le village est situé au confluent du Toulourenc et de l’Ouvèze, l’histoire d’Entrechaux peut se lire dans ses grottes, où l’on peut remonter jusqu’à plus de 80000 ans. La région du Ventoux est le paradis de la randonnée pédestre, de l’équitation, de la pêche en rivière, de l’escalade sans oublier la petite reine qu’est le cyclisme. Le terrain est composé de safre, le terrain est schisteux, sableux, il est quelquefois incertain, ce qui pose des problèmes de sécurité, car parfois le sol subit des éboulements de terre. Nous voici engagés dans la vallée du Toulourenc, elle contourne le mont Ventoux, qui est toujours aussi sombre, il est en contre soleil, il dessine une masse noire. Au sommet du Ventoux, on y distingue son cigare, si légendaire, son observatoire. Sur notre droite, une pente raide descend sur le Toulourenc, au bord duquel on aperçoit le village de Veaux. C’est un petit chemin qui permet d’y accéder, il sillonne au milieu de chênes, du buis, du thym, de la sarriette et de la marjolaine. C’est une véritable garrigue, nous prenons de la hauteur, la vallée est de plus en plus profonde. Nous sommes entourés d’oliviers et de vignes, le Toulourenc a grossi avec les dernières pluies, il prend sa source sur le Ventoux. Il a 30 kilomètres de longueur, il est jalonné de petites cascades, où les locaux viennent s’y baigner. Le pied du Ventoux est constitué de multiples petits monts, de petites montagnes et de collines. Dans un virage nous distinguons les dentelles de Montmirail, En Provence Toulourenc signifie tout ou rien, soit c’est un filet d’eau ou c’est un torrent qui se déchaîne qui va se fracasser dans l’Ouvèze. Nous sommes pic en aplomb sous le cigare du géant de Provence, après la vigne, les oliviers, nous voici au milieu de champs de lavande. Nous arrivons au village de Saint-Léger-du-Ventoux, il compte 31 habitants, il est situé à 406 mètres d’altitude, c’est l’un des plus petits villages du Vaucluse. Il est construit sur la face sud de la montagne de Buy, il est composé de maisons et de fermes en pierre, c’est le point de départ des chasseurs qui vont traquer le sanglier. Le village possède une église paroissiale, c’est un ancien prieuré, il possède également la chapelle Saint-Bazille du XVIII.me siècle. Savoillans est une commune française, située dans le département de Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. La commune compte 97 habitants, elle s’étend sur 10 kilomètres carrés, et s’étale entre 500 et 1500 mètres d’altitude. Commune du nord du département dont le village est un village semi-perché sur les contreforts du mont Ventoux avec en limite nord de la commune : la Drôme. Vaison-la-Romaine, la petite ville du secteur, est à 36 km à l'ouest. En bordure du Toulourenc, au cœur de la vallée, la route départementale 40 traverse la commune sur un axe est-ouest. De cette route démarre la route départementale 41 qui passe au nord sur la hauteur pour rejoindre la commune de Brantes. La commune est traversée par plusieurs sentiers de grande randonnée, et sert de point de départ pour des randonnées sur sentiers balisés. Le village est semi-perché entre 500 et 530 mètres d'altitude sur le versant septentrional du mont Ventoux, lieu classé « réserve de biosphère » par l'UNESCO depuis 1994, jusqu'à 1389 mètres au nord du Gros Collet. Au nord, une vallée plus ou moins large où coule le Toulourenc (d'où le nom de « vallée du Toulourenc ») puis par delà la vallée du Toulourenc, le relief remonte vers la Drôme jusqu'à 974 mètres. Le Mont Ventoux est constitué de calcaires urgoniens blanchâtres massifs, d'âge crétacé inférieur, et très clairs (d'où l'impression d'un sommet enneigé). Son importante élévation vient de la compression due à la formation de la chaîne pyrénéo-provençale, aujourd'hui disparue. Cette compression a bombé et fait chevaucher les roches de la montagne sur les terrains plus au nord, durant le crétacé supérieur et le début du tertiaire. La vallée du Toulourenc a un sol du quaternaire composés de dépôts fluviatiles, colluvions et éboulis. Plusieurs ruisseaux le long des pentes du mont Ventoux Passage du Toulourenc au bas du village. Mentionné au XIII.me siècle : Saollanum Communauté territoriale jusqu'au XVIe, avec Brantes et Saint-Léger-du-Ventoux Co-seigneurie qui échut aux Vincent jusqu'à la Révolution. Le village possède une petite boulangerie qui cuit son pain à l'ancienne au feu de bois. Savoillans est un bourg aux ruelles en calades et aux maisons en pierre.
A notre descente de car, nous sommes accueillis par de petits ânes gris, notre groupe se partage en 2 parties, le nôtre consacre la matinée à une promenade botanique autour du village. Nous sommes accompagnés par Anne-Marie, notre découverte est animée par une personne de l’association qui gère la ferme de Sainte-Agricole. Nous rencontrons des mille feuilles, des noyers, de la bardane qui est employée pour les soins cosmétiques. Nous traversons un petit pont champêtre, nous apercevons au loin un petit cimetière, nous marchons au milieu d’orties, elles sont utilisées comme plantes médicinales, en cuisine et on en fait du purin d’orties pour traiter les plantes. Nous découvrons le chardon bleu et ses feuilles épaisses, le molène, la clématite, dont les paysans s’en servent pour faire des liens. Nous sommes au milieu de troènes et d’aubépines, bonnes pour les maladies cardiaques. Nous contemplons des carottes sauvages, avec lesquelles on peut en faire des beignets. Nous passons sous des arbres, ils sont le repère d’une nuée d’abeilles et de guêpes. Nous reniflons du calamon népetta, c’est une plante aromatique, les corses l’utilisent dans la préparation de leurs plats, ça a un peu le goût de menthe. Nous découvrons le Plantin, on l’utilise pour soulager les piqûres d’insectes et d’orties, c’est une plante dont les lapins raffolent. Nous sommes devant un parterre de lantanes, on s’en sert pour confectionner des paniers. Nous découvrons la cupidone, au moyen-âge, elle entrait dans la composition du filtre d’amour, d’où son nom. Nous ramassons une feuille de frêne, elle a été investie par le synipse, sorte de petit insecte, il ressemble à une fourmi volante, il pique une nervure de la feuille pour y déposer son œuf. Une excroissance se forme autour de l’œuf, la boule ainsi constituée s’appelle la gale du frêne. Nous sommes en face de lazères, c’est une plante aromatique, on peut l’intégrer dans une salade par exemple. Nous capturons une menthe religieuse, elle nous court sur les mains et les bras. Nous marchons sous des pins noirs d’Autriche, le sol est parsemé de genévriers, dont le fruit entre dans la préparation de la choucroute, de buis et d’hépatites à feuilles trilobés qui servent à soigner le foie. Nous sommes en présence de prèles ou queue de renard, la prèle entre dans la composition de tisane, nous rencontrons un trou d’au qui sert de baignoire aux sangliers. Nous déambulons à travers de genets d’Espagne, sur notre gauche, on est dominé par le Ventoux. Nous passons sur un espace, qui auparavant était occupé par une charbonnière, un panneau décrit la fabrication du charbon de bois, à proximité on découvre un énorme four à charbon, dans lequel on fabriquait le charbon de bois. c’est une sorte de gros chaudron. Nous continuons notre balade, nous sommes entourés de lavandes, de blanquettes, nous longeons un champ qui était planté d’épôtre, céréale avec laquelle on faisait le pain dans la région. Au sol nous distinguons des traces de sabots de biches, nous voici revenus à nos petits ânes gris, c’est la fin de notre découverte botanique, nous pénétrons dans l’ancien prieuré qui héberge aujourd’hui la ferme Sainte-Agricole. Nous sommes accueillis d par le président de l’association, qui est l’instituteur des villages de la haute vallée du Toulourenc, nous sommes dans une ancienne cave voûtée. Elle est éclairée par des meurtrières, c’est un modèle type de ferme fortifiée. C’est un ancien bâtiment agricole du XVI.me siècle, il est de style campagnard agricol, il est tout en pierre, comme la plupart des maisons construites dans le village jusqu’à 1970. Après la présentation de la ferme Sainte-Agricole, Olivier son président nous convie à trinquer. Puis, nous passons à table, le repas est composé de plantes cueillies dans la campagne avoisinante, nous allons manger une tartine de Bosquita, c’est une salade de tomates avec des olives de Nyons, du basilique, de l’ail, c’est très goûteux. Nous dégustons aussi une tartine de chèvre, c’est un fromage de chèvre, il est travaillé avec des amandes, des raisins secs, de l’ail, du poivron rouge et de la menthe, c’est un mélange sucré salé, c’est succulent. Ensuite, nous savourons un cake, il est composé de petites tomates cerises, de noisettes brisées, du basilique. Tout cela accompagné de taboulet de petite épôtre, travaillé avec du fenouil, de la carotte, du radis rose et des pissenlits. Enfin, nous terminons par un excellent cramble sans gluten, il est aux amandes, à la farine de riz, on y a adjoint du sucre et de la margarine
L’après-midi est consacrée à 2 ateliers, le premier lié à l’aromathérapie, où l’on nous fait découvrir les parfums et les odeurs d’huiles essentielles. Le second atelier consiste à déguster 8 sortes de fromages, chèvres, brebis et vaches, ils peuvent être affinés ou non, et UHT ou frais. Le but, c’est de les différencier et de les classer en les goûtant, et bien, ce n’est pas si facile que cela. Nous avons terminé l’atelier en goûtant différents lais, de chèvre, de brebis, de vache et de soja, c’est un peu plus facile, mais pas du tout évident. Pour terminer notre visite de la ferme, nous retournons dans la cave où nous avons déjeuné, où les personnes qui ont confectionné le repas, nous donnent la recette des plats qui nous ont été servis ce midi. Nous reprenons notre car pour continuer notre circuit, si nous continuons à monter la vallée du Toulourenc, nous arriverions à Montbruns-les-Bains, une petite ville thermale où l’on traite les maladies respiratoires. Montbruns est dominé par son château, la commune est située dans la Drôme, et depuis, si l’on continue à contourner le mont Ventoux, on arrive à Sault qui se trouve sur la face nord du géant de Provence. Nous redescendons donc la vallée de Toulourenc, dans certains villages isolés, on a créé des bistrots de pays, sous l’égide du conseil général, afin que chaque petit village possède un local commercial où l’on peut s’approvisionner en produits alimentaires de base, où l’on peut se rencontrer autour d’une boisson, et dans certains on peut même s’y restaurer. Les locaux de ses bistrots de pays sont hébergés dans des bâtiments communaux, le mont Ventoux est donc ceinturé de village qui recensent des bistrots de pays. En plus, ces commerces donnent un peu de vie aux villages, ils permettent à la population de se sédentariser et pourquoi pas d’en amener d’autre. Le ciel est voilé, mais le sommet du Ventoux baigne encore dans le soleil, nous apercevons des truffières, elles remplacent de plus en plus les vignes, nous voici à Molan-sur-Ouvèze, dont le château est la propriété d’allemands. Nous franchissons le col du voltigeur qui culmine à 238 mètres d’altitude, Nous sommes à Malaucène, nous commençons à gravir la face nord du Ventoux, nous distinguons des restes du monastère du Grozon, où le pape Clément V venait s’y reposer l’été, nous apercevons une petite chapelle enfouie dans la végétation. Nous arrivons à la source du grozon, c’est un endroit qui est toujours frais même en été. Nous croisons une concentration de vieilles voitures, nous doublons un cycliste qui mouline allègrement, nous allons passer vers le portail Saint-Jean. C’est une curiosité géologique, c’est un immense rocher tout blanc, il donne l’impression d’un portail qui donnerait accès à la montagne. Nous serpentons sur la pente du Ventoux, il était complètement déboisé à la fin du XIX.me siècle, les communes ont eu obligation de replanter des arbres en 1860. Nous sommes dans une pente à 8%, et nous sommes à 17 kilomètres du sommet. Le déboisement a eu lieu pour en grande partie, sous le règne de Louis XIV, les arbres abattus étaient des chênes, ils ont servi à l’arsenal de Toulon pour construire les mâts des galères et des bateaux de la marine royale. Ensuite les charbonnières ont pris part au déboisement du mont Ventoux, la plupart des charbonniers étaient des italiens et plus particulièrement des piémontais qui crevaient de faim chez eux. Le pasteuralisme a participé aussi à la déforestation du mont Ventoux, car il fallait créer des prairies pour faire paitre les brebis et les moutons. La reforestation se fera par étage, tout d’abord du cèdre, du pin d’Autriche, des chênes, dans la partie supérieure des chênes à crochet et le Ventoux sera donc reboisé jusqu’à 1700 mètres d’altitude. Sur notre droite nous découvrons du buis, avec lequel auparavant on fabriquait des rideaux de portes. Sur notre gauche nous avons une vue sur les monts de la Drôme, et sur notre droite nous découvrons la vallée du Rhône. Par temps clair, depuis le sommet du Ventoux, on peut voir les étangs de Camargue. Nous passons devant le gîte forestier des Ramaillettes, c’est une ancienne maison de cantonniers. Il nous reste encore 10 kilomètres avant le sommet, la route est large, la station de ski de la face nord s’appelle le mont Serein. Comme nous avons pris de l’altitude, nous apercevons les sommets des préalpes, depuis le sommet du Ventoux, toujours par temps clair on peut admirer le mont-Blanc. Le géant de Provence est interdit à la circulation à son sommet du 15 novembre au 15 avril, pour raison de sécurité causé par son enneigement, le brouillard et la puissance du vent qui y souffle l’hiver. Pendant cette période seul y résident les scientifiques de la station de météorologie, pour se déplacer, ils utilisent des chenillettes, avec lesquelles ils circulent sur des chemins bien bornés par des balise colorées. Nous arrivons à la station de ski du mont Serein, les pistes sont très pentues, il faut être un excellent skieur pour s’y aventurer. Nous sommes sur le territoire des pins à crochet, ils ont des racines qui s’accrochent dans le sol pour se maintenir, ils ont les branches qui remontent vers le ciel. Ils sont très résistants au vent, nous sommes à 1620 mètres d’altitude, nous passons sous les tire-fesses. Maintenant nous sommes entourés d’un désert de pierres, au-dessus duquel trône le fameux cigare, nous avons l’impression de rouler dans un environnement lunaire, il n’y a plus aucune végétation, nous sommes à 200 mètres du sommet. Nous continuons à exécuter des virages pour continuer l’ascension, c’est toute une faune d’insectes qui vit dans ce pierraille où ils se réfugient dans de très petites plantes très basses. Sur notre gauche, nous avons une vue panoramique sur le Toulourenc, les monts des Baronnies et les sommets enneigés des Savoie. . Devant nous ce sont les sommets des Hautes-Alpes, nous dessinons un virage important en épingle à cheveux. Nous sommes à la petite station de ski du mont serein, elle est constituée de quelques chalets, sur notre droite nous découvrons la balle dite de golf, c’est un observatoire. Sur notre droite nous avons un super coucher de soleil, nous sommes à 1800 mètres d’altitude, nous apercevons le clocher d’une petite chapelle, elle date du moyen-âge, elle a été restaurée dans les années 1960. Aujourd’hui elle est en béton, elle a perdu de son caractère, le cigare est à notre portée de mains, il est rouge et blanc sur un sol blanchâtre. En contre bas nous avons les petits villages perchés de la vallée du Toulourenc, dont celui de Savoillan. Nous arrivons au parking du belvédère du mont Ventoux, nous sommes à 1912 mètres d’altitude, il ne fait que 11 degrés, le soleil a disparu. Nous descendons du car pour aller à la table d’orientation, il y a un vaste espace qui a été façonné. Il a été créé lors de la guerre froide, lors des installations des ogives nucléaires sur le plateau d’Albion, et cet espace, c’était la plate forme où les hélicoptères pouvaient atterrir et décoller. C’est bien encapuchonné que nous descendons du car, nous allons jusqu’à la table d’orientation, elle nous indique tous les sommets alpins et les directions des villes de la région PACA et de Rhône-Alpes. Voici la présentation du mont Ventoux :
Le mont Ventoux est un sommet français culminant à 1911 mètres. Il fait environ 25 kilomètres de long sur un axe est-ouest pour 15 kilomètres de large sur un axe nord-sud. Surnommé le Géant de Provence ou le mont Chauve, il est le point culminant des monts de Vaucluse et le plus haut sommet de Vaucluse. Son isolement géographique le rend visible sur de grandes distances. Il constitue la frontière linguistique entre le nord et le sud-occitan. Avant d'être parcourue par trois routes principales, ce qui a permis le développement du tourisme vert et des sports d'hiver ainsi que l'organisation de grandes courses cyclistes, de bolides motorisés ou autres défis, la montagne était sillonnée de drailles tracées par les bergers à la suite de l'essor de l'élevage ovin entre le XIV.me siècle et le milieu du XIX.me siècle. Ces chemins ont désormais été transformés en sentiers de randonnée, à l'instar du GR 9. Sa nature essentiellement calcaire est responsable de sa vive couleur blanche et d'une intense karstification due à l'érosion par l'eau, avec la présence de nombreux pierriers dans la partie sommitale. Les précipitations sont particulièrement abondantes au printemps et à l'automne. L'eau de pluie s'infiltre dans des galeries et rejaillit au niveau de résurgences au débit variable telles la Fontaine de Vaucluse. Le mont Ventoux est soumis à un régime méditerranéen dominant, causant parfois l'été des températures caniculaires, mais l'altitude offre une grande variété de climats, jusqu'au sommet à l'influence continentale de type montagnard, en passant par un climat tempéré à mi-pentes. En outre, le vent peut être très violent et le mistral souffle pratiquement la moitié de l'année. Cette géomorphologie et ce climat particuliers en font un site environnemental riche et fragile, constitué de nombreux étages de végétation, comme en témoigne son classement en réserve de biosphère par l'UNESCO et en site Natura 2000. Si des peuplements humains sont avérés au niveau des piémonts durant la Préhistoire, la première ascension jusqu'au sommet serait l'œuvre, le 26 avril 1336, du poète Pétrarque. Il ouvre la voie, plus tard, à de nombreuses études à caractère scientifique. Par la suite, pendant près de six siècles, le mont Ventoux va être intensément déboisé, au profit des constructions navales à Toulon, des fabricants de charbon de bois et des éleveurs ovins. Durant la Seconde Guerre mondiale, la montagne abrite le maquis Ventoux. Depuis 1966, le sommet est coiffé d'une tour d'observation de plus de quarante mètres de haut surmontée d'une antenne. Alors que l'élevage ovin a presque disparu, l'apiculture, le maraîchage et la viticulture, la récolte des champignons parmi lesquels la truffe, ainsi que la culture de la lavande sont toujours pratiqués. En raison de ces particularités, le mont Ventoux est une figure symbolique importante de la Provence ayant alimenté récits oraux ou littéraires, et représentations picturales artistiques ou cartographiques. Le mont Ventoux, avec les noms principaux de ses cols et de ses abrupts 1 = Mont Ventoux - 2 = Col des Tempêtes - 3 = Tête de la Grave - 4 = Chalet Reynard - 5 = Col de la Frache - 6 = Flassan - 7 = Rocher de Cachillan - 8= Tête de Chauve - 9 = Tête du gros Charne - 10 = Tête du Fribouquet - 11 = Cime Saint Vincent - 12 = Grand Barbeirol. En occitan provençal, mont Ventoux se dit Mont Ventor selon la norme classique ou Mount Ventour selon la norme mistralienne. Le nom d'origine Ventour apparaît déjà au II.me siècle sous sa forme latine Vĭntur sur trois inscriptions votives à un dieu celte. La première est découverte au XVIII.me siècle, à Mirabel-aux-Baronnies, sur le site de Notre-Dame de Beaulieu par Esprit Calvet. Elle indique VENTVRI / CADIENSES / VSLM. La seconde, qui provient d'Apt, est relevé een 1700, par Joseph-François de Rémerville, lequel note VENTVRI / VSLM / M. VIBIVS. La troisième est exhumée lors des fouilles de 1993, à la chapelle Saint-Véran, près de Goult, seul VINTVRI restait lisible sur un fragment. Si cet oronyme est passé dans la langue provençale sans grand changement, il n'en est pas de même de son savant rhabillage latin Mons Ventosus qui est documenté dès le Xe siècle et qui est le vocable employé par Pétrarque au XIV.me siècle. À la suite du poète, il a été réinterprété pendant longtemps comme « mont venteux » tant il est vrai que le mistral y souffle souvent à plus de 100 km/h, et parfois jusqu'à 300 km/h. Certains auteurs ont cherché à l'analyser comme un *Ven-topp, qui aurait signifié « cime enneigée » en gaulois ou par *uindo / *vindo « blanc ». Mais la phonétique fait difficulté et la finale reste inexpliquée. Actuellement, en se fondant sur les formes anciennes biens connues, on met en avant la racine *Vin-. Elle se retrouve dans la montagne Sainte-Victoire, qui était un Mons Venturi transformé en Sanctæ Venturii à partir de 1345, ainsi qu'en région provençale dans Venasque, Venterol (Alpes-de-Haute-Provence), Venterol (Drôme), Vence, Ventabren, Ventavon ou en Corse dans Venaco et Ventiseri. Elle apparaît aussi dans le Piémont, où se trouve un Venasca, ainsi que dans les Pyrénées avec le Port de Venasque et Benasque qui a aussi donné son nom à la vallée de Bénasque. Cette racine pré-latine, répandue sur un large territoire, désigne à chaque fois une hauteur ou un lieu élevé et dans le cas du Ventoux et de la Sainte-Victoire son suffixe -tur indique une distance. Le Ventoux serait donc « la montagne qui se voit de loin » Le mont Ventoux est un sommet de Provence culminant à 1911 mètres. C'est le point culminant des monts de Vaucluse et le plus haut sommet du département de Vaucluse. Il fait environ 25 kilomètres de long sur un axe est-ouest pour 15 kilomètres de large sur un axe nord-sud et couvre environ 26000 hectares. Onze communes se partagent le massif : Aurel, Beaumont-du-Ventoux, Bédoin, Brantes, Flassan, Malaucène, Monieux, Saint-Léger-du-Ventoux, Sault, Savoillan et Villes-sur-Auzon. Situé à moins de 20 kilomètres à vol d'oiseau au nord-est de Carpentras, il est suffisamment éloigné des autres sommets de la région le Signal de Lure (1826 m) se trouvant à plus de 40 kilomètres à l'est — pour paraître plus haut qu'il ne l'est en réalité, ce qui lui vaut le surnom de Géant de Provence. De fait, au sommet, par temps dégagé, on découvre un panorama exceptionnel sur toute la chaîne des Alpes, la mer Méditerranée avec l'ensemble du golfe du Lion et la Camargue, la basse vallée du Rhône dont on peut parfaitement voir les méandres en direction d'Avignon, les Cévennes, le Massif central et même Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille. L'accès au sommet par le versant septentrional se fait depuis Malaucène par la D 974, dite route du mont Serein. Sa construction a été décidée en 1931 pour desservir la station de ski. Longue de 21 kilomètres, avec une pente de 7,5 %, elle a été inaugurée en 1932. Sur le versant méridional, la D 974, dite route de l'Observatoire, venant de Bédoin rejoint au niveau du chalet Reynard la route qui monte depuis Sault en direction du sommet. Inaugurée au printemps 1882, elle est longue de 21,6 kilomètres, avec des pentes oscillant entre 7,4 et 10 %. Elle n'est goudronnée qu'en 1934. La D 164, ou route du Ventouret, prend son départ à Sault. Empruntant la combe de la Font de Margot et la combe Brune, elle a 19 kilomètres de long et une pente de seulement 3,5 %. Les travaux ont été achevés en un an et elle a été inaugurée le 8 octobre 1950 par Édouard Daladier et Charles Martel, président du Conseil général de Vaucluse. Les drailles sont des voies liées à la transhumance. La plupart d'entre elles sont devenues actuellement des chemins de randonnée. Elles sont rares dans le sens nord-sud, à l'exception des deux partant de Flassan vers Verdolier et vers Brantes. À ces chemins pastoraux s'ajoute un chemin de pèlerinage, celui de Sainte-Croix qui, partant des Baux, se dirige vers le sommet par la combe Fiole. Les anciennes drailles sont plus fréquentes d'est en ouest. Les plus importantes restent celles de Malaucène à Saint-Léger, de Mormoiron à Sault et de Bédoin à Flassan. Cette dernière, devenue le GR 9, est dénommée « draille traversière ». Son tracé délimitait la plaine cultivée de la montagne boisée. Pour faciliter les passages plusieurs ponts de bois ou maçonnés avaient été construits. Il en reste six de pierre, dont quatre enjambant le Toulourenc et deux situés dans la vallée de l'Ouvèze. Dans la vallée du Toulourenc, d'autres résurgences apparaissent également tout le long du lit, décelables lorsqu'elles jaillissent dans la rivière par leur température constante à environ 11-12 °C toute l'année. Des sources existent aussi sur les versants du massif. Près du sommet, sur le versant nord, à 1 788 m, la source de Fontfiole (ou Font-Fiole) coule avec une eau à 4-5 °C. Il s'agit de la source la plus haute du département de Vaucluse. Sur le versant méridional, entre le sommet et le chalet Reynard, on observe la Fontaine de la Grave (ou Font des pastres), une source captée par une petite fontaine, ainsi que la Font d'Angiou, la Font de l'Arjelas et la Fontaine de Saint-Sidoine. La première Courses à pied est organisée en 1908 par l'Union sportive de Carpentras. Ce « Marathon du Ventoux » est remporté par le carpentrassien Joyerot. Pendant sept décennies, cette épreuve subit une éclipse. Elle est relancée le 14 septembre 1974 par le club d'athlétisme de l'Union Sault/Apt - Luberon/Ventoux. Pierre Liardet, originaire de Sault, parcourt les 26 km de la montée en 1 heure 39 minutes et 9 secondes. En 1988 et 1989, la ville de Bédoin propose une troisième et quatrième édition, la course se déroulant sur 21,600 km. Le record est établi par Aimé Arnaud en 1 heure et 35 minutes. Trois itinéraires d'ascension sont possibles pour le mont Ventoux : Bédoin (sud) est la plus emblématique des ascensions et l'itinéraire le plus souvent emprunté par le Tour de France. À partir de la sortie du village, c'est 21,6 kilomètres et 1610 mètres de dénivelé : facile jusqu'à Saint-Estève, la pente se durcit pour atteindre une moyenne d'environ 9 % pendant presque 10 km jusqu'au chalet Reynard. De là il reste 6 km avec des cailloux à perte de vue et souvent un vent violent dans les derniers kilomètres. Si les quatre kilomètres qui suivent le chalet Reynard sont moins pentus que dans la forêt, les deux derniers offrent en revanche un final redoutable. Depuis 2007, l'ascension dispose d'un chronométrage permanent qui permet à chaque cycliste de situer sa performance par rapport aux nombreux autres qui se mettent à l'épreuve sur cette ascension• Malaucène (nord) offre, malgré des passages à 12 %, une difficulté un peu inférieure à l'itinéraire sud, avec 21 kilomètres et 1570 mètres de dénivelé, et on y est mieux protégé du vent. Sault (est) est la plus longue mais la plus facile des ascensions, avec 26 kilomètres, 1220 mètres de dénivelé et des pentes à 5 %. Le Tour de France propose régulièrement l'ascension mythique de ce sommet, connu pour la raideur de sa montée tout autant que pour la chaleur qu'il y fait en juillet et le vent qui y souffle. Le peloton franchit pour la première fois le Ventoux en 1951 au cours de l'étape Montpellier-Avignon. Charly Gaul en 1958, Raymond Poulidor en 1965, Eddy Merckx en 1970, Bernard Thévenet en 1972, Jean-François Bernard en 1987, Eros Poli en 1994, Marco Pantani en 2000, Richard Virenque en 2002 et Juan Manuel Gárate en 2009 s'y sont notamment illustrés. Le record actuel de l'ascension par Bédoin est détenu depuis le 10 juin 2004 par l'Espagnol Iban Mayo en 55 minutes et 51 secondes et a été établi lors du Critérium du Dauphiné libéré 2004. Mais les plus grands y ont également connu des défaillances. Ainsi, lors de l'édition de 1967, le Britannique Tom Simpson est mort après un malaise ayant provoqué une chute, victime du dopage, sous une chaleur étouffante de 35 °C. Le Masterseries est un défi organisé chaque année fin juin ou début juillet. La pratique du VTT se développe également.
Nous reprenons notre circuit, il fait meilleur à l’intérieur du car, à l’abri du vent et du froid. Nous apercevons le jalonnement du tracé réalisé pour permettre aux chenillettes du personnel de la station de météo de circuler en sécurité, il faut toujours avoir les bâtons bleus à droite et les bâtons rouges à gauche, et rouler dans ce couloir ainsi délimité. Nous continuons notre circuit, nous redescendons la face sud du Ventoux, pour rejoindre Bédoin, nous passons devant le monument qui commémore l’accident mortel de Tom Simpson, le 13 juillet 1967, il se trouve à 500 mètres du sommet du mont Ventoux. La route est remplie de noms de champions cyclistes écrits à la peinture, ils s’effacent avec le temps, le tour de France emprunte assez souvent l’ascension du Ventoux. Nous avons commencé à redescendre, nous retrouvons de la végétation, le plateau d’Albion se trouve sur le flanc est du Ventoux, derrière la ville de Sault. Le plateau d’Albion a été transformé en gruyère, pour y stocker les ogives nucléaires. Aujourd’hui c’est le génie de la légion étrangère qui a pris possession des lieux, il est dit que le plateau d’Albion serait désarmé de ses ogives, ce qui plus ou moins sûr. Nous entrons dans une enfilade de virages, nous sommes plus qu’à 600 mètres d’altitude. Nous commençons a bien distingué la plaine, nous apercevons le petit hameau de Sainte-Colombe, De nombreuses fontaines bordent la route, elles permettaient d’abreuver les moutons, nous traversons Sainte-Colombe, nous sommes au milieu de cerisiers. Nous croisons un cycliste qui monte au Ventoux, il est presque 19 heures, ce n’est pas très prudent de se lancer à l’ascension du Ventoux à cette heure ci à cette époque. Nous continuons à descendre, nous approchons de Bédoin, nous roulons au milieu d’une terre rouge, c’est de l’ocre. Nous apercevons une plantation d’oliviers, nous distinguons le clocher de l’église de Bédoin, encore quelques virages et nous voici à bédoin. Nous atteignons la résidence des Florans vers 19 heures, après le repas, nous participons à un jeu musical.

Jour 7 : Tout d’abord nous descendons au village de Bédoin pour faire quelques emplettes, nous y allons en petits groupes et chacun fait suivant son désir. Puis nous remontons à la résidence, où le car nous attend pour aller faire la visite de la cave et déguster les vins produits à Bédoin. Des bénévoles de Bédoin et de l’AVH d’Avignon nous accompagnent aujourd’hui, notre guide pour cette journée sera Michèle, dont c’est la fête, nous sommes le 29 septembre. Nous voici à la maison des vignerons à Bedoin, c’est le nom de la cave coopérative de la commune, elle a 130 coopérateurs, et elle vinifie sur 1000 hectares. 750 hectares sont en AOC Ventoux, le reste étant en vins de pays. La cave produit du rouge, du rosé et du blanc. L’AOC Ventoux va de Vaison-la-Romaine à Apt, il couvre 58 communes situées à l’est du département du Vaucluse. Ensuite nous commençons la dégustation des vins AOC, tout d’abord le blanc, il se boit jeune, il est de couleur paille, il est sec et fruité. Le blanc que nous avons goûté s’appelle Grange des dames, Ensuite nous dégustons du perle Ventoux, c’est un vin rosé, puis un second rosé appelé gourmandise, il est de 2011, il est composé de raisins de table. Enfin nous en venons au rouge, que l’on peut faire vieillir, le roche des dames, il a une teneur en alcool de 13,5 degrés, il est à base de grenache, de syrah et de cinsaut. Dans tous les AOC appellation Ventoux sont faits d’assemblage, on ne peut pas produire du monocépage, c’est stipulé dans le cahier des charges. L’AOC rouge, roche des dames, il est de couleur rubis foncé, il a des arômes fruités poivrés, ce qui est typique de l’AOC Ventoux, celui que nous goûtons est de la cuvée 2010. Nous terminons la dégustation par un rouge, tombe à la guerre, il est composé de 80% de syrah et de 20% de grenache. Les papilles bien humidifiées, nous passons au magasin pour faire nos emplettes, puis nous reprenons le car pour aller déjeuner à la résidence des Florans.
C’est sous un ciel chargé que nous sommes en partance pour la ferme aux lamas, c’est Manon qui nous explique tout sur le lama et ce que nous allons voir, elle est au micro dans le bus. Le lama ne se laisse pas facilement approché, il est très docile, mais on a du mal à le caresser, et il ne faut pas trop les embêter, sinon, il crache. Il y a le premier crachat dit de postillons, et si l’on continue à l’importuner, il lance un véritable crachat, composé d’un liquide gluant vert, c’est de la bile. A la ferme nous verrons des métiers à tisser, de haute et de basse lisse. Tout est fait main, on tisse le poil de lama, la propriétaire de la ferme travaille aussi la soie. Manon est étudiante dans une maison familiale, près de Salon-de-Provence, où l’on apprend le métier d’éleveur de toutes sortes d’animaux, et elle a effectué un stage à la ferme des lamas. Le lama est un vrai débroussailleur, il travaille pour la prévention des feux, il mange tout ce qui est au sol, mais ne détruit pas l’écorce des arbres dont raffolent les chèvres. Les lamas sont loués pour débroussailler des terrains en toutes sortes. La ferme possède 31 lamas, la majorité sont des femelles, et ce sont-elles qui dominent les mâles. Un lama vit 25 ans, malgré qu’ils vivent en troupeaux les lamas sont solitaires. Nous voici arrivés à la ferme aux lamas, il tombe des trompes d’eau, nous allons nous mettre à l’abri sous un hangar, voici la présentation de la ferme aux lamas :
Sur la commune du Barroux, depuis 1984, une « ferme expérimentale d’élevage de lamas » est installée par Pierre-André Scherrer sur sa propriété de 33 hectares. Confronté aux risques d’incendie de ses garrigues, il s’était procuré auprès du Muséum national d'histoire naturelle de Paris cinq de ces camélidés andins pour leur faire débroussailler les sous-bois. Cette expérience, soutenue par la municipalité et l’Office national des forêts, retient dès 1988-1989, l’attention du Conseil général de Vaucluse, du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, du ministère de l'environnement et de la CEE. En juillet 1990, un protocole est signé avec le Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée (CERPAM). Désormais le lama est considéré comme un outil de débroussaillement, au même titre qu’un engin mécanique dont il faut financer les journées de travail. Fort de cette expérience sur le piémont du Ventoux, à présent des lamas interviennent sur les garrigues entourant la raffinerie Shell à Berre, dans les Bouches-du-Rhône, dans l'île du Levant pour le compte de la Marine nationale, pour l’Armée de l'air, afin d’entretenir le couloir de sécurité autour de la base aérienne d'Orange, etc. La ferme expérimentale, inscrite depuis 1996 au « Registre national des fermes pédagogiques », a reçu en 1999 le trophée du « tourisme industriel et technique » décerné par EDF. Depuis novembre 2000, c'est Marie, l’épouse de Pierre-André Scherrer, qui a pris la direction de l’exploitation.
C’est marie qui nous accueille, elle nous raconte les origines des camélidés. Ils proviennent des montagnes rocheuses d’Amériques du nord, le lama s’est établi quant à lui en Amérique du sud sur les hauts plateaux, il y a différentes espèces de lamas. 2 espèces sont domestiques, le grand lama dit le cracheur, et l’alpaga qui est connu de façon positive grâce à sa laine. Il y a aussi 2 espèces sauvages, il y a le boinako, et la ligogne qui est plus connue qui était en voie de disparition, mais grâce à de bonnes volontés, aujourd’hui elle est sauvée. Les lamas peuvent se reproduire entre eux dans un même troupeau. Le lama est très robuste, il résiste aussi bien au froid qu’au chaud. La laine les protège du froid et de la chaleur, aujourd’hui par exemple sous la pluie, ils sont couchés sur le sol, leur toison faisant office de parapluie. La laine du lama est un isolant thermique, dans chaque brin de laine du lama, il y a un taux important de zinc et d’aluminium. Ces 2 métaux vont filtrer les rayons du soleil, ce qui atténuera la chaleur ambiante en été. Le lama a une température corporelle qui peut varier de 36 à 40 degrés, tout comme le dromadaire dont sa température peut varier de 34 à 40 degrés, c’est pour cela que le lama arrive à supporter des si grands écarts de chaleur. Les lamas aiment à se rouler, pour mettre un peu d’ordre dans leur fourrure. Le lama a un certain caractère, mais il est si docile et intelligent qu’il sait se faire apprécier. Le lama débroussaille jusqu’à 2 mètres de haut, sans s’attaquer aux écorces des arbres, ce qui est la hauteur réglementaire du débroussaillement. Les lamas n’ont pas de sabots, ils ont 2 doigts avec un ongle sur chacun, ils ont donc des pieds, ils possèdent des coussinets sous les pattes comme les chiens. Grâce à leurs pieds, les lamas peuvent grimper sur des pentes très prononcées, en plus à cause de leurs pieds, ils n’abîment pas le sol. Un lama mesure 1,20 mètre au garrot, un lama adulte peut atteindre entre 80 et 100 kilogrammes, il est constitué tout en muscles. Marie nous explique le filage, le tissage et la fabrication d’objets qu’elle réalise avec de la laine de lamas et de la soie. Nous profitons d’une accalmie de la pluie, pour aller voir les lamas dans leur enclos. Marie les attire avec du pain, derrière les pattes arrière, ils ont une petite cicatrice, dans laquelle se trouve une glande malodorante, qu’ils activent quand ils se sentent en danger. Les lamas sont parqués à notre proximité, ils gambadent sous le soleil qui a fait son apparition. Nous rentrons de nouveau à l’intérieur pour écouter de nouveau Marie. En Amérique du sud, le lama est utilisé comme bête de somme et de bât, mais le lama a du caractère, et l’on ne peut pas lui imposer de travailler. C’est lui qui décide, il peut porter jusqu’à 30 kilogrammes sur son dos, s’il ne veut porter que 20 kilogrammes, il refusera de se lever pour marcher. C’est identique pour la distance, quand ils en ont marre de marcher, ils s’arrêtent, et rien n’y fait pour les faire redémarrer. La viande de lama est comestible, elle est très bonne sur le plan diététique, elle est maigre, elle est d’aspect rouge comme le bœuf, mais un peu plus fade. En Amérique du sud, la viande est consommée déshydratée. La viande du lama sert donc à la nourriture, ses os sont transformés en flûtes, en outils pour l’agriculture, en peignes pour le tissage ou pour se coiffer etc. avec les nerfs et les tendons, on en fait des liens. La graisse est utilisée pour faire des chandelles pour l’éclairage, et pour se soigner de petits maux pas très méchants. De la peau, on confectionne des chaussures, des habits, des sacs, des ceintures et aussi des gobelets. L’épaisseur de la peau sur le cou est plus importante, afin de se protéger lors des combats entre mâles. Les dents du lama sont en crochet, alors quand ils mordent, en tirant la chair ça fait d’énormes dégâts dans les muscles. Les crottes de lamas sont utilisés comme combustible, le lama est vraiment indispensable sur les hauts plateaux sud américains. L’accouplement chez les lamas se fait en position couchée, comme chez tous les camélidés, l’ovulation de la femelle est déclenchée 24 heures à 36 heures après l’accouplement qui en est le déclencheur. Les femelles lamas sont réceptives aux mâles tout au long de l’année, les petits naissent donc tout au long de l’année, si l’on laisse le mâle au sein du troupeau. Pour rameuter les femelles, le mâle émet un bruit très puissant, une sorte de grognement, les femelles accourent, et celles qui sont réceptives restent à proximité du mâle. La femelle consentante se couche, elle attend patiemment son tour, il faut savoir que l’accouplement chez le lama peut durer de 5 minutes à 50 minutes, alors si le lama mâle a plusieurs femelles à honorer, il faut pour la femelle attendre son tour. Pour être sûr de la fécondation, il faut que l’accouplement dure au moins 30 minutes, les femelles impatientes vont tout faire pour déstabiliser le mâle, afin qu’il écourte l’accouplement en cours, afin que le leur arrive. Parfois la vie de mâle est dure, si la femelle n’arrive pas à déstabiliser le mâle, elle a un moyen radical. Comme le mâle est sur la femelle, elle lui tape dans une patte de devant pour le déséquilibrer, du fait il tombe et l’accouplement est interrompu. La femelle qui a initié la chute du mâle, s’allonge donc à son tour, et attend le mâle. Les femelles et les mâles lamas ont la même corpulence, en fait c’est la femelle qui propose et le mâle dispose. La gestation chez le lama dure entre 340 et 380 jours, c’est la femelle qui contrôle la mise bat, selon la météorologie, elle choisit le moment propice. Les naissances chez le lama ont lieu uniquement le jour, le plus souvent le matin. Le petit lama se sèche au soleil dès qu’il est mis bat, la mère ne le léchant pas. 30 minutes après sa naissance, le petit lama commence à marcher, il est encerclé par tout le troupeau afin de le préserver des prédateurs. Il fait entièrement partie du groupe, malgré qu’il soit attiré par sa mère pour être nourri. Le petit lama tête sa mère pendant une année, le sevrage se fait naturellement. Un lama peut boire 20 litres d’eau en une fois, mais il peut rester 2 jours sans boire une seule goutte d’eau. La castration des lamas se fait vers 2 ans et demi, tous les lamas de la ferme possèdent une puce électronique pour les identifier. Nous profitons d’un rayon de soleil pour rejoindre notre car sans affronter la pluie, nous reprenons la direction de la résidence des Florans pour la dernière fois. Nous disons un grand merci à Danièle notre guide et à nos accompagnateurs de Bédoin et de l’AVH d’Avignon. Après un petit passage à la chambre, nous sommes conviés pour un petit debreafing de la semaine, puis nous prenons un apéritif de fin de séjour entre nous, sans oublier Danièle et nos 2 guides de Bédoin Mireille et Jean-Louis. Il est temps de passer à table, le repas terminé, nous allons voir un film en audiovision, mon père est femme de ménage, duquel je ne me rappelle de rien, car je me suis endormi dès le début.

Jour 8 : C’est le grand jour, le départ, pour nous c’est raté, le car est parti sans nous, pas de panique, un petit coup de fil, et le car revient nous chercher à la résidence des Florans. Nous voici vraiment partis, nous passons à Carpentras, dont la présentation se trouve en fin de document. Nous laissons des autochtones au Pontet, puis nous allons déverser le gros du groupe à la gare Avignon-TGV, enfin nous terminons seuls Claudine et moi accompagnés par Gérard, qui nous guidera jusqu’à la gare Avignon-centre, où nous prendrons notre train pour rejoindre Montpellier.

Nous garderons un bon souvenir de notre séjour dans le Comtat Venaissin, où tout fut parfaitement organisé, nous étions très bien secondés par nos accompagnateurs de l’AVh de Paris Marie-Rose, Monique, Anne-Marie, Michèle, sans oublier les organisateurs Anne et Gérard. Que dire de nos guides locaux, ils étaient à nos petits soins et toujours avec le sourire. L’olive sur le gâteau fut Danièle, elle a très bien su nous décrire sa Provence, nous narrer son histoire, ses us, ses coutumes, et à bon escient, elle a su glisser des anecdotes bien à propos pour nous illustrer des personnages, des lieux ou des sites. Pour ne rien gâcher au séjour, l’hébergement était parfait, et la table n’avait rien à lui envier.

Michel Michelland

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur est une région administrative française du Sud-Est. Elle est souvent désignée par l'acronyme PACA. Elle est limitrophe de l'Italie dont elle est séparée par les Alpes méridionales. Au nord, elle voisine avec la région Rhône-Alpes et à l'ouest avec le Languedoc-Roussillon dont le Rhône marque la limite. La région PACA est baignée au sud par la mer Méditerranée. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur regroupe six départements issus des provinces de l'Ancien Régime de Provence et du Dauphiné. Une partie du Vaucluse est issue de l'annexion du Comtat Venaissin pendant la période révolutionnaire et la rive gauche du Var des Alpes-Maritimes qui constituait le comté de Nice rattaché à la France en 1860 pendant le Second Empire (le comté de Nice était une ancienne partie du duché de Provence avant 1388, date de la dédition de Nice à la Savoie). Le logo du conseil régional rappelle ces quatre régions en reprenant leur ancien blason dans certaines publicités. C'est la 3e région qui produit le plus de richesse en France. Colonisée déjà par les Grecs, la région faisait partie de la province romaine transalpine dénommée Provincia Romana, d’où dérive son nom actuel, du latin Provincia et, postérieurement, Narbonnaise (en latin Narbonnensis). La région fut successivement habitée par différentes peuplades germaniques comme celles des Ostrogoths, des Burgondes et des Francs. En l'an 879 apr. J.-C., la région fut incorporée au royaume sous le nom de Provence (quelquefois appelée Bourgogne Cisjurane ou Cisjurásica) et ensuite, au Xe siècle, intégrée au royaume d'Arles. Au commencement du XII.me siècle, elle fut soumise à la juridiction des comtes de Barcelone sous le règne de Pierre II d'Aragon. Postérieurement, elle perdit toute autonomie, restant soumise à la maison d'Anjou qui gouverna de 1245 à 1482 jusqu'au règne de Louis XI de France et fut définitivement annexée en 1483. 1720-1722 : la grande peste, partie de Marseille, envahit la Provence et la dévaste ainsi que les États pontificaux (comtat Venaissin). Lors de la Révolution française, la Provence est divisée en départements : Bouches-du-Rhône, Var et Basses-Alpes (futur département des Alpes-de-Hautes-Provence). Le 14 septembre 1791, Avignon et le Comtat Venaissin sont rattachés à la France. Le territoire est temporairement partagé entre Drôme et Bouches-du-Rhône jusqu'à la création le 12 août 1793 du département du Vaucluse. Parallèlement, la Provence retrouve le comté de Nice et donne naissance au département des Alpes-Maritimes le 31 janvier 1793 avant que celui-ci ne repasse sous le contrôle piémontais. En 1860, suite à un plébiscite, le rattachement du comté de Nice à la France ramène Nice à la Provence. Quelques territoires alpins du comté restent cependant italiens jusqu’en 1947 où un nouveau référendum entraine leur rattachement à la France, mettant un terme à près de sept siècles de division de la Provence, la frontière passant désormais par la ligne de crête. Les départements de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur sont : les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, les Hautes-Alpes, le Var, et le Vaucluse. Sa géographie se caractérise par la grande diversité et par la nette division de son territoire. Située en bordure de la mer Méditerranée, au sud -est de la France, la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur est peuplée de presque 5 millions d'habitants. Son territoire avec une superficie de 31400 km2 représente 5,8 % de la superficie nationale. Sa population est inégalement répartie : dense sur la côte, rare en montagne. Elle comprend des zones de haute montagne, constituées par l'extrémité sud-ouest de l'arc alpin, des reliefs côtiers isolant des plaines littorales restreintes, et dans sa partie occidentale des zones de plaine dans la basse vallée du Rhône se terminant par un delta marécageux : la Camargue. Le point culminant de la région se situe à la Barre des Écrins (4102 m) dans les Hautes-Alpes. Le relief est globalement vallonné avec des Préalpes impressionnantes dans sa partie centrale et la chaîne des Alpes du sud à lest et au nord-est (culminant à 3412 m à l'Aiguille de Chambeyron - Alpes-de-Haute-Provence). Les plans de Haute-Provence délimitent les Préalpes des collines centrales (Plateau de Valensole - Plan de Canjuers - Plateau d'Albion). Parmi les sommets qui ont atteint une renommée internationale, il y a le Mont Ventoux, mondialement connu grâce au Tour de France, la Montagne Sainte-Victoire, que Cézanne a peint sous toutes ses facettes, les Alpilles, que Van Gogh a illustrées et le Massif du Luberon, devenu le symbole du tourisme élitiste. Les côtes de Marseille à Menton sont plutôt escarpées (Calanques - Maures - Esterel), l’érosion due aux orages violents d’été pouvant constituer des ravines assez creusées. L’Ouest de la région est marqué par la plaine de la Crau et la Camargue qui constituent les seuls véritables espaces plats de la région provençale. Du fait de sa grande variabilité de climat et de végétation, allant des sommets alpins jusqu'aux côtes méditerranéennes, la Provence est la région de France la plus dotée d'espèces animales et végétales. Le climat méditerranéen fait croitre une faune et une flore diversifiées depuis ses territoires plus au nord jusqu'à ceux de l’ouest. Près des littoraux, la végétation est majoritairement composée de pinèdes, maquis, garrigues et chênes verts. La douceur méditerranéenne permet également à la région de se spécialiser dans certaines activités économiques telles que la culture de la vigne et la production de vins (notamment les rosés) ainsi que la culture de la lavande et des oliviers, productions qui ont fait connaitre à travers le monde ses traditions et tout ce qui concerne son tourisme. Plus au nord, on trouve une région avec un climat alpestre et sa taïga de montagne comme végétation avant que celle-ci ne disparaisse à une certaine altitude. Depuis 2007, les villages de Provence-Alpes-Côte d'Azur ont gagné 120000 habitants. Parmi les plus recherchés, Banon bénéficie d'un ensoleillement de 300 jours par an et Correns est la première commune française a être passée intégralement à l'agriculture bio. La région a une tradition de polyculture. La morphogéologie riche qu'offre ses terroirs, son ensoleillement et la diversité de ses climats ont permis le développement de cultures variées: maraichage (avec notamment 2 MIN -marchés d'intérêt nationaux d'Avignon et Châteaurenard) , cultures florales, vignes et oliviers dans le sud, ou encore plantes et herbes aromatiques comme la lavande vraiesur les plateaux de Valensole ou des monts de Vaucluse. L'élevage prédominant sur les reliefs (ovidés, bovins, caprins). On observe dans une grande partie de la région un fonctionnement par ASA (syndicats de l'eau) où le partage se fait entre exploitations, à partir d'un canal, comme le canal de Carpentras qui dérive l'eau de la Durance et irrigue une grande partie du Comtat Venaissin (première région maraîchère de France). Agriculture de Vaucluse, Melon de Cavaillon, Fraise de Carpentras, Asperge verte de Lauris et Muscat du Ventoux. Les problèmes majeurs de pollution des nappes et des cours d'eau poussent les exploitations à se tourner vers une agriculture raisonnée voire bio, notamment grâce aux fonds européens. De la même manière l'UE donne des subventions en faveur de l'agritourisme pour que les petites exploitations restent viables, elles peuvent proposer un accueil à la ferme, ce qui se fait beaucoup dans les zones de montagne qui souffrent parfois de dévitalisation rurale. À de rares exceptions près, l'ensemble des vins se présentent en rouge, rosé et blanc. En fonction de leur robe, ils peuvent traditionnellement accompagner les viandes rouges ou blanches, le gibier ou les venaisons, les poissons d'eau douce ou de mer, toute la cuisine provençale, et même les desserts avec les vins doux naturels du département de Vaucluse. Les vins de Vaucluse font partie du vignoble de la vallée du Rhône. Pour les AOC régionales, ils se déclinent en Côtes-du-rhône, Côtes-du-rhône villages, Côtes-du-luberon et Ventoux (AOC). Les côtes-du-rhône villages comprennent dix appellations : Cairanne, Massif-d'uchaux, Plan-de-dieu, Puyméras, Rasteau (AOC), Roaix, Sablet, Séguret, Valréas et Visan. Les appellations locales ou crus sont au nombre de quatre : Beaumes-de-venise (AOC), Châteauneuf-du-pape, Gigondas et Vacqueyras, tandis que les vins doux naturels sont représentés par le Muscat de Beaumes-de-Venise et le Rasteau (VDN). Les quelques vins qui n'ont pas droit à l'appellation peuvent être labellisés soit en vin de pays de Vaucluse, vin de pays d'Aigues ou encore vin de pays de la Principauté d'Orange. Autour de cette production s'est développé l'Œnotourisme avec, en particulier, la mise en place de la Route des vins des Côtes du Rhône. Le vignoble de Provence s'étend du sud d'Avignon jusqu'aux Alpes-Maritimes. Ses terroirs viticoles sont d'une très grande hétérogénéité tant pédo-géologique que climatique avec bien évidemment une dominante de climat méditerranéen strict mais également de zones plus froides où l'influence du vent est déterminante. Au sein de ce vignoble ont été reconnues deux grands types d'appellations d'origine contrôlées (AOC). Les appellations régionales qui regroupent : Côtes-de-provence, Coteaux-d’aix-en-provence, Coteaux-des-baux-en-provence, Coteaux-varois et Coteaux-de-pierrevert. Les appellations locales comprennent : Bandol, Bellet, Cassis et Palette. Les vins qui n'ont pas droit à l'appellation peuvent être labellisés soit en vin de pays des Bouches-du-Rhône, vin de pays du Var ou encore vin de pays des Alpes-de-Haute-Provence. À ces vins de pays départementaux s'ajoutent des vins de pays de zone : Vin de pays d'Argens, Vin de pays des Maures, Vin de pays de Mont-Caume et Vin de pays des Alpilles (ex Petite Crau). Les marchés provençaux, très souvent marchés de tradition – certains remontent au Moyen-Âge – se déroulent sur l'ensemble des département de la région. Occupant place et ruelles, ils permettent aux locaux et aux touristes de découvrir et de se fournir en tomates, poivrons, salades, olives vertes et noires, oignons, aulx, abricots, pêches, figues, raisins, truffes, etc. À cette production fruitière et légumière s’ajoute une production de type artisanal grâce aux étals de tissus colorés, dont les nappes, les serviettes, les sets de table, ainsi que couvres lits, coussins, boutis et tissu au mètre. L’art de la table reste toujours présent avec des artisans locaux qui offrent de la faïence et de la poterie provençales sous forme d'assiettes, plats, saladiers, brocs, huilier, salière, poivrière, etc. Comme l'a analysé l'anthropologue Michèle de La Pradelle, en 1996, lors de son étude sur le marché de Carpentras, c'est un événement marquant de la vie de la ville ou du village qui se présente comme une célébration de l’identité locale, une cérémonie collective dont chacun est à la fois acteur et spectateur, un lieu de rencontre où tout le monde est traité sur un pied d'égalité et dont personne n'est exclu. Deux principes régissent ce type de marché, le prix des marchandises est secondaire et tout doit rappeler le divertissement. Le Bistrot de pays est une marque déposée pour un label concernant des établissements de restauration ou des débits de boisson qui ont pour but de « contribuer à la conservation et à l’animation du tissu économique et social en milieu rural par le maintien d’un lieu de vie du village ». Le concept a été imaginé dans les Alpes-de-Haute-Provence en 1992, par le SIVOM du Pays de Forcalquier et Montagne de Lure. Ils sont présents dans 20 départements répartis sur 8 régions de France. La Fédération Nationale des Bistrots de Pays a son siège social à Forcalquier. Le Bistrot de pays s'engage à proposer des services qui n'existaient plus dans son village : dépôt de pain, de tabac, de journaux, petite épicerie, etc. Sa clientèle extérieure se voit aussi proposer une documentation touristique : dépliants, cartes postales, etc. Son objectif principal est de la promotion des produits du terroir, ce qui lui impose d'organiser, au moins trois fois par an, des animations festives ou culturelles sur ce thème. Quand le Bistrot de pays assure une restauration complète dans son établissement, il doit proposer à sa carte un maximum de produits du terroir et de recettes régionales. À défaut, il offre au minimum un casse-croûte à tout heure à base lui aussi de produits locaux. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur est la première région de France pour l’accueil des touristes français et la seconde pour les touristes étrangers. L’extrême diversité de la région est un atout très fort car elle permet la pratique de la plupart des formes de tourisme : tourisme balnéaire et nautique (135 ports de plaisance et près de 60000 places, environ 90 plans d’eau touristiques), tourisme urbain, villes d’art et d’histoire, tourisme rural, le golf (66 golfs et practices, praticables toute l’année) ou encore les activités liées à la neige (68 stations de sports d’hiver et centres de ski), tourisme vert (parcs), tourisme sportif (cyclisme au mont Ventoux, etc.), etc. Le patrimoine naturel est remarquable : trois parcs nationaux, cinq parcs naturels régionaux, des réserves naturelles, etc. (les Écrins 800000 visiteurs, le Mercantour 500000 visiteurs, Port-Cros 500000 visiteurs, Porquerolles 1000000 visiteurs, Gorges du Verdon 1000000 visiteurs). Il en va de même de son patrimoine culturel : 1800 édifices inscrits ou classés monuments historiques, des festivals en grand nombre dont plusieurs de forte renommée internationale (Aix, Orange, Avignon, Juan-les-Pins, Cannes...). Pour accueillir les touristes, la région dispose d’une capacité d’hébergement élevée. Les 2,8 millions de lits touristiques représentent 14 % du parc d’hébergement national. Les résidences secondaires (hébergement non commercial) représentent plus de trois lits sur quatre. Le nombre de lits en hébergement commercial est proche de 700000. En termes de fréquentation, 34 millions de touristes ont été accueillis en 2006. Cela représente 8 fois la population régionale (4,5 millions d’habitants). Ces touristes ont généré 226 millions de nuitées en 2006. La consommation touristique est estimée à près de 10 milliards d’euros. La part du tourisme dans le PIB régional est de 12,2 % (6,6 % au niveau national). Près de 200 communes de la région perçoivent la taxe de séjour pour un montant total d’environ 20 millions d’euros. Ce montant représente 19 % du montant total de la France (PACA 2e rang derrière Île-de-France). Les emplois touristiques fluctuent en fonction des périodes de l’année. En moyenne, plus de 105000 emplois touristiques salariés sont dénombrés (soit 7 % des emplois de la région selon l’INSEE). Les emplois salariés dans les « activités caractéristiques » du tourisme se répartissent dans les secteurs suivants : hôtels de tourisme, autres hébergements (auberges de jeunesse, campings…), restaurants et cafés, agences de voyage et autres (téléphériques, remontées mécaniques, activités thermales). Du tourisme dépendent également de nombreux emplois indirects, par exemple dans les secteurs du BTP, du commerce de détail, des transports, etc. 20% de l'activité industrielle se situe dans le secteur de la Défense, il s'agit du ratio le plus élevé des régions française : Chantiers navals : La Seyne-sur-Mer (fermés), la Ciotat, … Métallurgie : Fos-sur-Mer• Pétrochimie : Port-Saint-Louis-du-Rhône, Fos-sur-Mer, Berre-l'Étang • Chimie Biochimie : Grasse, Sophia Antipolis• Raffinage pétrolier : Fos-sur-Mer, Martigues (Lavéra), Berre-l'Etang, Châteauneuf-les-Martigues• Microélectronique : Gardanne, Sophia Antipolis• Centrale thermique de Gardanne• Nucléaire : Centre de Cadarache• Aéronautique : Marignane (Eurocopter). Faisant partie intégrante du bassin méditerranéen et proche de l'Italie à laquelle le Comté de Nice était même autrefois rattaché, la région a une cuisine marquée par les influences de la Méditerranée : utilisation d'huile d'olive, d'olives comme dans la tapenade, d'ail, d'herbes aromatiques (thym, romarin, laurier, sauge, etc.). La consommation de légumes y est importante : aubergines, poivrons, courgettes, tomates, etc. Dans le sud et le centre de cette région, l'agneau et le mouton sont très utilisés (tant pour leur viande que pour le lait de brebis), tout comme les produits de la mer. Au nord et dans les Alpes, la cuisine est plus riche, avec une abondance de charcuterie et de fromages. Les principales spécialités gastronomiques de la Provence-Alpes-Côte d'Azur sont : Alose à l'étouffée• Anchoïade• Aïoli• Berlingot de Carpentras• Bouillabaisse• Cade | Panisse | Socca• Crespeou• Calisson• Daube provençale• Fruits confits d'Apt• Huile d'olive• Navette de Marseille• Nougat de Sault• Pissaladière• Pan bagnat• Papaline d'Avignon• Pieds paquets• Ratatouille• Rouille• Salade niçoise• Soupe au pistou• Tapenade• Truffes. Les treize desserts qui suivent le « gros souper » de Noël font partie de la tradition méridionale de Noël, tradition ancienne pour ce qui est des desserts et assez jeune en ce qui concerne le chiffre treize. À Marseille, au XVII.me siècle, fruits frais, fruits secs et pompes « régalent les gens les deux derniers jours » avant Noël. Dans les années 1820, dans les Bouches-du-Rhône, le « gros souper » de Noël se terminait par un « dessert plus ou moins splendide selon l'aisance des familles, qui consiste en gâteaux, fruits secs, confitures, biscuits et sucreries », chataignes et pompes. Avant le XX.me siècle, on ne trouve apparemment aucune attestation d'une association des desserts de Noël avec le chiffre treize. Frédéric Mistral, quant à lui, ne cite pas le chiffre treize mais évoque les friandises exquises de la veillée de Noël. En 1885, un chroniqueur note : « Le gros souper n'est plus qu'à l'état de légende ». Au début du XX.me siècle, à la suite de Mistral et de son Félibrige, la nostalgie pour les Noëls de jadis est à la mode en Provence. En 1925, dans un numéro spécial de Noël du journal La Pignato, un écrivain d'Aubagne, le docteur Joseph Fallen, écrit à propos des desserts : « Il en faut treize, oui treize, pas plus si vous voulez, mais pas un de moins, notre Seigneur et ses apôtres ! ». L'année suivante, la romancière Marie Gasquet écrit, dans Une enfance provençale, qu'à Noël « il faut treize desserts, treize assiettes de friandises, douze qui versent les produits du pays, du jardin, la treizième beaucoup plus belle, remplie de dattes ». Au début des années 1930, le Musée du Terroir marseillais consacre une salle au repas de Noël; la tradition commence à s'installer. Le pastis (de l'occitan provençal pastís: pâté ou mélange) est le nom donné à des boissons alcoolisées parfumées à l'anis. Il est le résultat de la macération de plusieurs plantes : le fenouil et la réglisse. Le fenouil a été remplacé par la badiane chinoise dont les fruits sont beaucoup plus riches en anéthol. Il se boit en apéritif, complété avec de l'eau. On ajoute généralement de cinq à sept volumes d'eau fraîche pour un volume de pastis. Mais libre à chacun de le boire plus ou moins léger, selon ses goûts et la température extérieure. Lorsque l'on fait le mélange en versant l'eau, on passe alors d'une couleur ambrée assez transparente à un jaune trouble un peu laiteux. Ce trouble provient de la précipitation de l'anéthol, peu soluble dans l'eau ; si l'on attend quelques heures, le précipité disparaît. Ce phénomène apparaît aussi lors de la réfrigération du pastis pur (on dit alors que le pastis paillette). Le premier pastis est d'origine avignonnaise. En 1860, Jules-François Pernod fonde la société Jules Pernod, d'abord spécialisée dans l'extraction de la garance, qu'il transforme en 1872 en Société Pernod père et fils, puis à partir de 1884, il se lance dans la distillation de l'extrait d'absinthe dans son usine de Montfavet. La production d'absinthe initiée par Jules-François, et qui avait assis la fortune de la famille, commença à être la cible d'une vive campagne contre ses méfaits dès 1907. Sa production est interdite par une loi du Parlement français votée le 16 mars 1915. Successeur de son père à la tête de l'entreprise, Jules-Félix fonde en 1918 la marque « Anis Pernod » qui produira le premier pastis commercialisé. Son usine de Montfavet met aussi en marché d'autres produits anisés ou non comme le « Vin Pernod », le « Kunnel Korta », le « Velours » sans alcool ou toute une gamme d'anis à 30, 32, 35 et 40°.De nombreuses œuvres littéraires évoquent la région dont l'œuvre littéraire (mais aussi théâtrale et cinématographique) de Marcel Pagnol. Ses Souvenirs d'enfance, par exemple (La Gloire de mon père, Le Château de ma mère, etc.), se déroulent principalement à Marseille et dans les collines environnantes, de même que le diptyque L'Eau des collines. On peut noter aussi les nouvelles qui composent les Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet et qui se situent pour la plupart dans les environs de Beaucaire (20 km à l'est de Nîmes et en face de Tarascon), et reprennent parfois des récits tirés du folklore provençal. De nombreuses autres œuvres s'inspirent ou racontent la Provence, les Alpes du sud ou encore le territoire de l'ancien comté de Nice et dont les auteurs sont Frédéric Mistral, Joseph Roumanille, René Char, Théodore Aubanel, Clovis Hugues, Henri Bosco, Marie Mauron, Yvan Audouard, Pierre Magnan, Jean-Yves Royer, Jean Giono et bien d'autres ! Les frères Lumière, qui possédaient une belle maison à La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, y réalisèrent leurs premières œuvres cinématographiques avec celles tournées à leur usine de Lyon : L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat, L'Arroseur arrosé. La première salle de cinéma de l'histoire, L'Éden, se situe à La Ciotat. L'Éden est toujours présent et est classé monument historique. Un comité de soutien présidé par Bertrand Tavernier est en cours pour sa réhabilitation. La première projection publique du cinématographe y eu lieu le 28 septembre 1895. Michel Simon tombera amoureux de cette ville et y achètera une maison devenue propriété de la commune et siège de l’association « Les Amis de Michel Simon ». La Provence a connu bien d'autres aventures avec ces précurseurs du cinéma. Le matériel d'Auguste et Louis Lumière, à l'arrivée de la Première Guerre mondiale, a été sauvegardé dans une maison de Signes (Var). Marseille a eu ses studios de cinéma. De nombreux films ont été réalisés dans les villes et villages. Le fameux Napoléon d'Abel Gance a été tourné en Cinérama, l'ancêtre du CinemaScope, en 1927 à La Garde (Var). En 1935, sort Toni, réalisé et tourné à Martigues par Jean Renoir, film instigateur du cinéma néoréaliste italien. La Femme du boulanger, de Marcel Pagnol, tourné au village de Le Castellet, est le plus connu des années de l'entre-deux-guerres. Il est resté sept ans à l'affiche à New York. C'est en 1946 qu'Orson Welles, désirant faire la connaissance de Raimu, vient à Toulon, ville natale du célèbre acteur provençal. Il rencontre Marcel Pagnol qui lui annonce qu'il arrive une semaine trop tard. Orson Welles dira : « C'est dommage car il était le plus grand de nous. » La région, depuis le début du cinéma, possède une histoire très riche et l'activité dans ce domaine continue, en regrettant toutefois la mise en sommeil des studios de la Victorine à Nice. Les tournages, les festivals, principalement le Festival de Cannes, le plus connu mondialement, font que la région est devenue une plaque tournante essentielle du 7e art.

Le Vaucluse est un département français de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 84. Ses habitants sont appelés les Vauclusiens. Ce nom provient de la « Vallis Clausa », la vallée close d'où sourd la Fontaine de Vaucluse. Pour désigner ce département, la forme courante est « département de Vaucluse » En revanche, la forme reconnue par le CNIG est « département du Vaucluse » En effet le département tient son nom du village du même nom, Vaucluse, qui s'appelle aujourd'hui Fontaine-de-Vaucluse. Le village lui-même doit son nom à une profonde vallée très pittoresque, Vaucluse (étymologiquement vallée close : Vallis Clausa en latin). Afin de faciliter le fonctionnement institutionnel, cette commune est dénommée officiellement « Fontaine-de-Vaucluse » depuis 1945. Les Conventionnels (1793) ont constaté une homogénéité topographique autour de l’intense réseau des Sorgues qui s’articule à partir de la vallée close (Vallis Clausa en latin) de la commune de « Vaucluse ». Cette dénomination fait donc référence au territoire historique originel et non pas à un élément naturel (cours d’eau, montagnes). Cette exception issue d’une commune éponyme remarquable se retrouve dans l’appellation du « Territoire de Belfort » et du Département unicommunal « de Paris ». Le nom du département lui a été attribué après le rattachement à la France du Comtat Venaissin et de l'État pontifical d'Avignon. L'Assemblée Nationale, par deux fois les 27 août et 20 novembre 1790 avait refusé de décréter leur annexion. Les « patriotes » des deux États pontificaux élurent leurs représentants qui se rassemblèrent à Bédarrides, dans l'église Saint-Laurent, le 18 août 1791 et ils votèrent leur rattachement à la France à une forte majorité puisque le décompte des mandats s'éleva à 101046 voix favorables sur un total de 152919. Cet acte est considéré comme le premier exprimant le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». Le 14 septembre, mise devant le fait accompli, la Constituante proclama que les États d'Avignon et du Comtat faisaient désormais « partie intégrante de l'Empire français ». Le département de Vaucluse fait partie de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, région située au sud-est de la France. Il est limitrophe des départements du Gard à l'ouest, de l'Ardèche au nord-ouest, de la Drôme au nord, des Alpes-de-Haute-Provence à l'est, du Var (sur quelques centaines de mètres à peine) et des Bouches-du-Rhône au sud. Également, le Vaucluse possède au nord une partie, le canton de Valréas, entièrement enclavée dans la Drôme. Le relief du département de Vaucluse présente une alternance de montagnes (les dentelles de Montmirail, le massif du Luberon, les monts de Vaucluse), de plateaux et de plaines parsemées de collines. La plus importante de ces plaines, située au sud et à l'ouest du mont Ventoux, est la plaine du Comtat, au sein de laquelle est concentrée une majorité de la population. Elle s'étend entre le Rhône à l'ouest, la Durance au sud et les monts de Vaucluse dont le point culminant est le signal de Saint-Pierre (1 256 mètres) à l'est. La zone est extrêmement fertile et abrite une grande partie de la culture de primeurs français. La plaine du Comtat est bordée au nord-est par des reliefs calcaires qui sont le prolongement du massif alpin dans son extrême sud-ouest. Le mont Ventoux, le « Géant de Provence », qui culmine à 1912 mètres, domine le paysage vauclusien. Sa flore particulière (flore du mont Ventoux) et sa biodiversité ont amené l'Unesco à l'inscrire comme réserve de biosphère en 1990. Les massifs abritent une végétation essentiellement de résineux. Le Luberon au sud abrite un écosystème diversifié, qui a notamment conduit à la création du parc naturel régional du Luberon. Son point culminant est le Mourre Nègre à 1125 mètres. Les cours d'eau ont taillé dans les roches calcaires des paysages variés tels les gorges de la Nesque ou la combe de Lourmarin. Malgré des étés secs et des plans de sècheresses qui reviennent chaque année, l'eau est assez présente dans le département. Le Rhône à l'Ouest et la Durance au Sud délimitent le département. Les cours d'eau : Le Rhône, la Durance, la (ou les) Sorgue (s), l'Auzon, le Boulon, le Calavon ou Coulon, le Carlet, la Dôa, l'Eygues ou Aigues ou Aigue, l'Imergue, le Lez, la Nesque, l'Ouvèze, la Roubine, la Sénancole, la Véroncle... Les sources remarquables : La Fontaine de Vaucluse qui avec un débit d'eau annuel de 630 millions de mètres cubes est la première résurgence de France et la cinquième mondiale. Les canaux : Canal de Carpentras, Canal de Donzère-Mondragon, Canal de Provence, Canal Saint-Julien… Les plans d'eau : Étang de Mormoiron, Étang de la Bonde, Plan d'eau d'Apt, Plan d'eau de Monieux, Plan d'eau de Rustrel, Lac du Paty à Caromb... Les îles : L'Île de la Barthelasse, Île de l'Oiselay (ou Oiselet)... L'histoire du territoire du département de Vaucluse est ancienne avec de nombreuses traces d'occupations préhistoriques. Avant l'arrivée de Jules César, le territoire est occupé par plusieurs tribus celto-ligures. On retrouve des traces de Cavares, Voconces et Méminiens... mais aussi de Dexsiviates, Menlini, Tricastini, Vordenses et Vulgientes. Avec l'occupation romaine du territoire, de nombreux monuments sont créés. Des théâtres comme le Théâtre antique d'Orange, des routes et des ponts comme le pont Julien, etc. Liée aux territoires qui la composeront, c'est-à-dire la Provence, le Comtat Venaissin et le comté d'Orange (fondé par Charlemagne, il deviendra Principauté d'Orange en 1181), la suite de son histoire se mêle de guerres (massacre des Vaudois du Luberon...), de maladie (pestes, choléra…) et de religion (Papauté d'Avignon...). Son histoire est aussi fortement liée au développement des cultures dont la sériciculture ou la culture de la garance, à l'exploitation de mines et de carrières (mines ocrières, carrières de pierres, etc.). Les communes sont nombreuses et ont toutes leur blason. Les papes d'Avignon : Clément V, Jean XXII, Benoît XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain V et Grégoire XI. Précédemment possessions pontificales, Avignon et le Comtat Venaissin furent rattachés à la France le 14 septembre 1791. Le 28 mars 1792, ces territoires formèrent deux nouveaux districts, Avignon dans les Bouches-du-Rhône et Carpentras dans la Drôme. Puis, le 12 août 1793 fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes. En 1800, une dernière modification des limites départementales rattacha Suze-la-Rousse à la Drôme, ce qui eut pour conséquence d'enclaver entièrement le canton vauclusien de Valréas dans la Drôme. Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes autrichiennes de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire). Ludovic Naudeau constatait : « L'une des caractéristiques de ce département, c'est, de l'aveu général, le jeu effréné auquel une partie de ses habitants se livre. Avignon, Carpentras, Cavaillon, regorgent, pour la malédiction des familles, de tripots où de grosses sommes sont à chaque instant risquées » Le Vaucluse aujourd'hui, c'est plus de 15000 commerces, entreprises industrielles et de service, plus de 10000 artisans et plus de 8000 exploitations agricoles. Le Vaucluse a longtemps été un département profondément rural, dont l'économie était marquée par l'agriculture pastorale et l'industrie centrée sur la transformation des produits agricoles. L'existence de la zone fertile est historiquement un catalyseur du développement local, avec la persistance d'un secteur maraîcher encore dynamique, puisqu'il fournit l'essentiel de la production française en fruits (melons, cerises, fraises, raisin de table…) et légumes (tomates…). Toutefois, le secteur est soumis à des problèmes de compétitivité liés à la concurrence de l'Espagne notamment. Le secteur tertiaire est de loin le plus dynamique dans le département: sur la base de la production importante de primeurs en Vaucluse, le Marché d'Intérêt National (MIN) est devenu le pôle structurant de l'activité commerciale dans le département, prenant le pas sur les marchés locaux (notamment celui de Carpentras). Dans les années 1980-1990, le développement des échanges de marchandises entre le Nord et le Sud de l'Europe ont renforcé la position d'Avignon comme carrefour logistique, et favorisé la création d'entreprises de transport et de stockage dans l'habillement et l'alimentaire. Le commerce de détail sur le modèle de la grande distribution s'est développé et imposé dans toutes les villes moyennes (Orange, Cavaillon, Carpentras…), avec une concentration importante sur l'agglomération avignonnaise. Sites militaires : Base aérienne 115 Orange-Caritat et Base aérienne 200 Apt-Saint-Christol. L'activité agricole s'articule autour de trois productions majeures : vins, fruits et légumes qui assurent 90 % du chiffre d'affaires. Le Vaucluse est le premier producteur de cerises (qu'elles soient destinées à la consommation directe ou à la transformation), de pommes golden et de raisin de table et le deuxième de tomates et de melons. Parmi les autres productions de fruits et légumes, l'on peut noter l'olive, la fraise avec diverses variétés et spécialités locales ou encore la poire. Le secteur viticole jouit d'une bonne réputation grâce aux Côtes du Rhône produits principalement sur les coteaux de Châteauneuf-du-Pape, Gigondas ou Vacqueyras...). Les vins du Luberon et du Ventoux tendent à se développer sur une gamme de produits élargie (rosés), davantage associée aux vins provençaux. L'élevage, qui a longtemps été le socle d'une économie montagnarde de subsistance sur les versants des reliefs, est une activité marginale. Les cultures spécialisées (lavande sur les plateaux des Monts de Vaucluse, herbes aromatiques...) se développent grâce à un marché en expansion. Le secteur industriel, historiquement fondé sur la transformation de la production agricole, a connu une extension vers des secteurs plus spécialisés au cours du XIX.me siècle (manufactures de garance). Malgré l'installation au XX.me siècle de pôles de production majeurs, notamment au nord de l'agglomération avignonnaise (Electro-Réfractaire- devenu tour à tour SEPR, puis Saint-Gobain-, poudrerie SNPE, Isover Orange etc.), le tissu industriel reste peu dense, subissant également des vagues des réductions importantes d'effectifs à partir des années 1980. Le maillage industriel local reste ainsi assuré par les PME, souvent familiales et d'implantation historique, dans les secteurs de la transformation agricole. La construction reste un pourvoyeur important d'emploi salarié et d'artisanat, compte tenu du dynamisme du secteur résidentiel (sous le double effet de l'arrivée de migrants et de la pression touristique). La Chambre de commerce et d'industrie de Vaucluse représente les intérêts des entreprises commerciales, industrielles et de service du département. Certaines de ces entreprises comme Delta Plus Group ou Eurosilicone se sont développées à l'international. Le Vaucluse est aussi un important producteur d'énergie électrique nationale avec le site nucléaire du Tricastin, le barrage de Donzère-Mondragon et le parc éolien de Bollène. À Mazan, se trouve l'un des plus importants gisements à ciel ouvert de gypse au monde et la plus grande carrière à ciel ouvert d'Europe avec un gypse d'une pureté exceptionnelle (90 %)Sur les flancs du Petit et du Grand Luberon, on exploite la richesse des roches calcaires avec de nombreuses carrières où l'on extrait des pierres blanches (Roche d'Espeil, Pierre de Ménerbes, Estaillades) L'homme a aussi exploité la richesse en fer des terres ocrières au nord du Petit Luberon, au centre et à l'est de la vallée du Calavon, mais les guerres mondiales, les coûts de production et l'émergence de nouveaux pays fournisseurs de minerai de fer ont eu raison de cette activité. Le tourisme occupe directement (hôtellerie, camping, gîtes, restauration, loisirs, etc.) ou indirectement (artisanat culinaire, etc.) une part importante de l'économie du département de Vaucluse. Le département accueille quelque 3500000 touristes chaque année. Les principales destinations sont le Luberon (repos, randonnées, festivals...) avec 27,5 % des nuitées, Avignon (Palais des papes, festival...) avec 26 % des nuitées et le secteur du Mont Ventoux (cyclisme...) avec 15,4 % des nuitées. Le reste se réparti plus ou moins sur tout le Vaucluse. Les Français sont majoritaires et en progression (83 % des nuitées en 2003 contre 69 % en 1997) mais le tourisme international progresse. Selon le site officiel du conseil général, le tourisme génère un chiffre d'affaires annuel de plus de 610 millions d'euros. Le département est divisé en 3 arrondissements et 24 cantons. Personnages liés au Vaucluse : Fernand Sardou (1910 à Avignon - 1976) Jean-Louis Trintignant (1930 à Piolenc - ) Michel Modo (1937 à Carpentras - 2008) Mireille Mathieu (1946 à Avignon - ). Michèle Torr (1947 à Pertuis -). Naima Belkhiati (1973 à Avignon - ). Christophe Maé (1975 à Carpentras - ). Emma Daumas (1983 à Avignon - ). Eva Lopez (à Avignon - ). Michel Petrucciani (1962 à Orange - 1999), jazz. Mazarine Pingeot-Mitterrand (1974 à Avignon - ).

Le Comtat Venaissin ou Comtat est une partie du département de Vaucluse, entre Rhône, Mont Ventoux et Durance, comprenant les villes de Cavaillon, Carpentras, Vaison-la-Romaine. Il y a deux thèses en présence : Celle de Bouche, Papon et A. Brun, popularisée par A. Thierry dans son «Histoire des Gaulois » qui font dériver le Comtat Venaissin d’un Comté de Venasque (Comitatus Vendacensis) Celle du jésuite Valladier, de Joannes Jansonnius et de Jules Courtet qui indiquent que le Comitatus Venicinus (Comtat Venaissin) est issu de Comitatus Avennicinus (Comtat d’Avignon) Déjà en 1601, André Valladier notait dans son Labyrinthe Royal : « Nous trouvons encore en quelques-uns des anciens qu’Avignon se nommait Avennicus et en d’autres Avennica à tout bout de champ, d’où est venu le nom de Comitatus Avennicinus, et puis par une lettre tronquée Venicinus, en français le Comtat Venaissin que les indoctes notaires et greffiers depuis ont corrompu de cent façons. » Toujours au XVII.me siècle, dans son « Theatrum », le graveur Joannes Jansonnius sur la page ayant trait à Avignon notait « Le Comtat d’Avignon ou de Venisse ou Venaissin » Quant à Jules Courtet, par deux fois, en 1849 et en 1876, il justifia sa théorie en rappelant l’histoire d’Avignon et de son comté. Entre 1125 et 1195, cette cité devint une commune libre indivise entre les comtes de Provence et de Forcalquier. La croisade contre les Albigeois et le Traité de Meaux (mars / avril 1229) accéléra le processus de séparation entre Avignon et son ancien comté. Raymond VII comte de Toulouse et marquis de Provence, dut le céder, après sa mort en 1249, à son gendre Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse, frère de Louis IX. Puis Alphonse de Poitiers le laissa à son neveu Philippe III le Hardi qui ne le rendit au pape qu’en 1274. Le roi de France se réserva Avignon qu’il céda à Charles II d’Anjou, devenu comte de Provence, en 1290. Charles Rostaing, l’éminent toponymiste, dans son Essai sur la toponymie de la Provence, fait état des deux thèses en présence. À l’appui des partisans de Venaissin issu de Venasque, il cite deux actes du Cartulaire de Saint-Victor de Marseille. La première charte (C. 274), datée de 1030, note in Comitatu Vendaxino, quant à la seconde (C. 1081), datée de 1067, elle signale un Commitatu Vennecensi. Mettant la charte 274 en parallèle avec le «Testament d’Abbon » daté de 730, qui cite in pago Vendascino, il suggère le glissement de sc en x. Mais aucun comté de Venasque n’ayant existé on peut penser à une erreur de scribe. Jules Courtet, quant à lui, cite deux chartes plus anciennes rédigées sous le règne de Louis l’Aveugle, roi de Provence. Dans la première, datée de 898, ce roi fait don de Bédarrides «mansum in comitatu Vancensi » au prêtre Rigmond d’Avignon. Puis le 16 mai 904, alors qu’il se trouve à Vienne et qu’il est devenu empereur, Louis l’Aveugle donne à Remigius, évêque d’Avignon « ad sedem Avinionensam ecclesiam in onore Sancti Stefani sacratum », tout le territoire compris entre la Sorgue et le Rhône dont une villa à Bédarrides « in comitatu Aveniocensi ». Dans son tome II, l’historien signale que Domitius battit les Gaulois à Vindalium et explique en note : « Vindalium, c’est la ville de Venasque, autrefois capitale du Comtat Venaissin, auquel elle donna son nom ». Il est exact qu’en -120 / -121, une expédition, dirigée par Cneius Domitius Ænobarbus et Quintus Fabius Maximus, paracheva la conquête de la future Provincia. Les Allobroges et les Voconces se heurtèrent aux légions romaines de Ænobarbus à Vindalium mais ce site se trouve au Mourre du Sève, entre Sorgues et Vedène. Jules Courtet rectifie la seconde erreur de cette courte note à propos de Venasque, capitale du Comtat Venaissin. « Il est vraiment fâcheux qu’un grave et docte historien comme M. Amédée Thierry ait, dans son Histoire des Gaulois légèrement admis une pareille assertion qui pourrait induire en erreur les personnes accoutumées à croire la parole du maître ». Ce fut le cas puisque les auteurs plus modernes ont reproduit et continuent à reproduire ces indications erronées. Le Comtat est noté en occitan provençal : lo Comtat Venaicin / la Comtat selon la norme classique ou lou Coumtat Venessin / la Coumtat selon la norme mistralienne. Le roi de France Philippe III le Hardi cède le Comtat au pape Grégoire X en 1274. Le pape Clément V établit sa curie à Carpentras en 1313. La ville devint la capitale du Comtat quand le recteur Arnaud de Trian, neveu de Jean XXII, s'y installa en 1320. Trois ans plus tard, la plaine du Comtat Venaissin était devenu le grenier à blé de la papauté d'Avignon. La reine Jeanne de Naples ayant vendu Avignon à Clément VI en 1348, les deux possessions pontificales de Carpentras et d'Avignon formèrent alors chacun un État distinct, frappant monnaie et battant pavillon. Ses habitants étaient généralement exempts de taxes. Mais les Capitaines des Armes du Comtat que furent Juan Fernandez de Heredia et Raymond de Turenne pouvaient, en fonction des nécessités lever des impositions ou des aides. Les papes étaient restés à Avignon de 1309 à 1404 mais seulement jusqu'en 1377 si on n'accepte que ceux reconnus officiellement par le Magistère de Rome. Dès la cession du Comtat à la papauté, les Juifs comtadins, associés à ceux d'Avignon où les papes résident de 1309 à 1377 et souvent appelés les « Juifs du pape », ont vécu une histoire différente de celle des Juifs de France, de par la politique originale des papes vis-à-vis des Juifs et ce jusqu'à la Révolution. En effet, la relative tolérance des papes permit aux Juifs comtadins de résider dans le Comtat et Avignon (avec de multiples restrictions), et à de nombreux Juifs de France d’échapper aux persécutions dont ils étaient victimes. Toutefois, en 1322, Jean XXII expulse les Juifs du Comtat qui se réfugient en Dauphiné et en Savoie. Le pape fait jeter à bas les synagogues de Bédarrides, Bollène, Carpentras, le Thor, Malaucène, Monteux et Pernes. Cette expulsion est rapidement annulée car le même pape, en 1326, lors du concile d’Avignon impose aux Juifs que, dès l’âge de quatorze ans, les garçons soient contraints de porter la rouelle jaune et les filles, dès douze ans, de s’affubler d’un voile distinctif (cornalia ou cornu). À Carpentras, la plus vieille synagogue de France. À partir de la fin du XVI.me siècle, les Juifs sont contraints de vivre dans une des quatre carrières comtadines. Ce sont les Arba Kehilot, les quatre saintes communautés d’Avignon, de Carpentras, de Cavaillon et de l’Isle-sur-la-Sorgue. La plus vieille synagogue de France en service remonte pour ses plus anciens murs au XIV.me siècle et se trouve à Carpentras. Elle fut construite dès 1361 avec l'accord de l’évêque Jean Roger de Beaufort, dit Flandrini, neveu de Clément VI et frère de Grégoire XI. Six ans plus tard, le même évêque octroyait aux Juifs carpentrassiens le droit d'avoir leur cimetière. Les monnaies, frappées à l'effigie pontificale, furent en circulation dans le Comtat dès 1274. Une importante collection a été réunie par Joseph-Dominique d'Inguimbert (1683-1757), qui fut évêque du diocèse de Carpentras de 1735 à 1754. Il a fait don de son médailler à sa ville épiscopale où sont visibles florins d'or, gros d'argent, demi-gros d'argent, quart de gros d'argent, deniers de billon et oboles de billon. À partir des quart de gros jusqu'aux billons, le revers de la pièce est toujours frappé de la légende Comes Venesini au lieu de Sanctus Petrus. Le premier atelier de frappe fut installé à Pont-de-Sorgues par Clément V et fonctionna jusque sous le pontificat d'Innocent VI. Il fut alors transféré à Avignon, dans l'actuelle rue Saluces, où il fut en service jusqu'à la Révolution. Les rois de France, tout au cours des siècles, firent pression sur l'économie des États pontificaux. Leur méthode ne varia guère au cours de leurs différents règnes avec la mise en place de droits de douane exorbitants. En cas de crise aiguë entre Paris et Rome, l'entrée du blé français était bloquée. Résultat : les populations d'Avignon et du Comtat étaient aussitôt menacées de disette. Certains tentèrent à plusieurs reprises d'annexer l'État pontifical : il fut notamment occupé à l'occasion de différends entre des rois de France et plusieurs papes en 1663, 1668, 1687-1688 lors de l'affaire de la régale et de 1768 à 1774 pour faire pression sur le pape en vue de supprimer la Compagnie de Jésus. À ce niveau le conflit entre Louis XIV et Innocent XI fut exemplaire. En plus du droit de régale que le roi voulait imposer au pape s'était greffée l'affaire des jésuites chassés de France et qui trouvaient trop facilement asile à Avignon. Ce fut le prétexte trouvé pour faire entrer les troupes royales en Avignon et dans le Comtat. L'occupation dura jusqu'en 1774 année où furent à la fois réglés par une bulle le sort des jésuites dont l'ordre fut supprimé et la question des évêchés français et de leurs bénéfices. Avignon et le Comtat retournèrent dans le giron pontifical au grand dam des négociants avignonnais et des grandes villes comtadines qui virent leur négoce à nouveau étranglé par la réapparition des droits de douanes. Le mur de la Peste à Cabrières-d'Avignon. Sa construction, marquant physiquement une frontière entre une partie du Comtat Venaissin, l'état d'Avignon et la Provence française, fut l'un des épisodes les plus dramatiques des relations ambiguës entre la France et les États pontificaux. Tout commença le 25 mai 1720 à Marseille. Le Grand Saint-Antoine, navire marchand affrété par l'échevin Estelle arriva dans le port avec une cargaison d'étoffes et de soieries devant être vendue à la prochaine foire de Beaucaire. En dépit de morts suspectes survenues sur ce bâtiment, l'échevin réussit à faire écourter la quarantaine de sa marchandise et commença à vendre ses tissus sur place. Le 20 juin, le premier cas de peste fut déclaré en ville. On minimisa et ce ne fut qu'après la foire de Beaucaire, le 20 juillet, que l'annonce officielle du fléau fut faite. Une ligne sanitaire fut mise en place dès le début septembre le long de la Durance. La troupe fut mobilisée pour monter la garde jour et nuit empêchant toute traversée des gens et des marchandises. Restait à régler le cas des enclaves d'Avignon et du Comtat en terre de France. Le 14 février 1721, à Mazan, se réunirent les autorités pontificales et le comte de Médavy, lieutenant-général du roi en Dauphiné. Ils décidèrent la construction d'un mur entre Cabrières-d'Avignon et Monieux. Les sujets du pape devaient en assurer seuls l'édification. Pendant cinq mois, cinq cents hommes élevèrent une muraille de pierres sèches sur une hauteur de 1, 90 m. Elle s'étendit sur trente-six kilomètres de long et fut flanquée de quarante guérites, de cinquante postes de garde et de vingt et un enclos. Un millier de soldats comtadins commencèrent à monter la garde à la fin juillet. Inutilement car en août la peste se déclara à Avignon. Du coup les troupes du régent remplacèrent celles du pape le long du Mur de la Peste et le Comtat ne fut plus ravitaillé que par quelques rares « barrières » dont celle de la Tour de Sabran. La Grande Peste sévit encore jusqu'au 2 octobre 1722 à Avignon et les dernières barrières furent levées le 1er décembre. Il y avait eu au moins 126000 morts dans la Provence, le Languedoc et le Comtat Venaissin. La disette dans le Comtat existait à l'état endémique. Un déficit de récolte suffit pour mettre le feu aux poudres. Au cours du mois de mars, les greniers d'Avignon furent pillés et à Carpentras le blé fut vendu à un cours forcé imposé par les acheteurs ce qui évita les émeutes. La prise de la Bastille, le 14 juillet à Paris provoqua, dans la seconde partie du mois la Grande Peur dans toutes les provinces françaises. Le Comtat n'y échappa point et des milices bourgeoises furent créées. Le 7 août, à Avignon, le vice-légat Philippe Casoni, fit savoir qu'il acceptait de recevoir des cahiers de doléances. Deux jours plus tard une émeute éclata, à Carpentras, contre les impôts, le recteur Christiforo Pieracchi promit immédiatement l'allègement des taxes. Au même moment, les villageois du Barroux, contraignaient leur seigneur à arborer la cocarde tricolore. Le 26 août, à Mazan, et les habitants dénonçaient les abus de l'administration pontificale. Tandis que de nouveaux troubles éclataient à nouveau à Avignon au début du mois de septembre, le 14 de ce mois, à Vaison-la-Romaine, quatre cents paysans en armes s'emparaient des portes de la cité. Face à la flambée de la colère, à Carpentras, lors de l'Assemblée générale du Comtat, plusieurs délégués des villes et villages insistèrent pour que fussent convoqués les États Généraux. Ce fut dans cette ambiance que l'on apprit que le 12 novembre, à Paris, que Bouche, l'un des députés de la Provence, était monté à la tribune de l'Assemblée Nationale pour déposer une motion demandant la restitution d'Avignon et du Comtat Venaissin à la France. Si cette proposition souleva l'enthousiasme des Avignonnais, elle fut fort mal reçu par les notables du Comtat. L'un d'eux, le baron de Sainte-Croix, seigneur de Mormoiron et fervent papiste, le 25 novembre, intervint à l'Assemblée générale en s'opposant vivement au rattachement. Il eut le soutien d'une majorité de délégués. À Avignon, le 3 février 1790, plusieurs milliers de personnes envahirent le palais des papes où résidait le vice-légat. Leur mobilisation contraignit Philippe Casoni à libérer Molin et l'avocat Peyre qu'il avait fait emprisonner. La convocation des États Généraux du Comtat restant à l'ordre du jour, un accord intervint avec le recteur, le 25 mars, en vue des élections des délégués. À Avignon, dans le même temps, se déroulaient les premières élections municipales. En dépit de nombreuses abstentions, elles virent la victoire des patriotes. Tandis qu'à Vaison durant tout le mois d'avril des affrontements violents opposèrent papistes et partisans d'Avignon, ce fut le 12 de ce même mois que se déroulèrent les élections pour les États Généraux. Ceux-ci tinrent leur première réunion à Carpentras le 24 mai. Trois jours plus tard, les délégués décidèrent que les États seraient désormais l'Assemblée représentative du Comtat Venaissin. Ils venaient de mettre un terme à quatre siècles de jurisprudence pontificale. Mais comme l'a souligné René Moulinas « En dépit du parallélisme apparent de leurs démarches, la municipalité d'Avignon et les États du Comtat restaient animés d'un esprit très différent dû en particulier au recrutement social de leurs principales vedettes. À Avignon, les meneurs étaient des roturiers, des négociants, des hommes de loi ou des maîtres artisans et des boutiquiers très proches du peuple. En revanche, à Carpentras, les rôles de ténors étaient tenus par des membres de l'aristocratie ». La situation à Avignon se radicalisa rapidement. Le 10 juin, les patriotes accusèrent les aristocrates de comploter contre la municipalité. Le lendemain, trois d'entre eux, convaincus de trahison furent pendus. Le 12, après un vote de la municipalité, le vice-légat fut informé officiellement de la demande du rattachement d'Avignon à la France. Philippe Casoni se réfugia aussitôt à Carpentras où il allait cumuler les charges de vice-légat et de recteur du Comtat. Mais à Paris l'Assemblée Nationale, mise devant le fait accompli, réserva sa réponse à la demande de rattachement pour ne pas froisser le pape et rompre ses relations avec le Vatican. Le mois de juillet fut consacré aux élections municipales dans toutes les communes comtadines. L'antagonisme entre Avignon et Carpentras marqua cette campagne électorale : à Malaucène, le 4 juillet, pour mettre un terme à l'émeute dont les meneurs étaient accusés d'être des émissaires d'Avignon, des milices voisines furent appelées en renfort ; le 11, des heurts éclatèrent au Thor entre pro-Avignonnais et papistes ; le 13, Cavaillon fut occupée par l'armée de l'Assemblée représentative du Comtat. Mais à la fin du mois chaque commune avait élu son maire qui, généralement, fut installé après la célébration d'un Te Deum à l'église paroissiale. Alors que le 12 septembre, le Courrier d'Avignon avait publié un article indiquant que le pape déclarait la nation française schismatique si le roi donnait son aval à la Constitution civile du clergé, un mois plus tard, le 15 octobre, le conseil municipal d'Avignon confisquait l'argenterie des églises. L'arrêté municipal avait été pris pour la transformer en numéraire et servir à soulager les pauvres et à subvenir aux besoins de la ville. Si le mois de novembre fut marqué par une inondation à Avignon, celui de décembre vit la mise en place de grandes manœuvres. Le Carpentrassien Raphaël, un des notables de la capitale du Comtat, rejoignit Avignon, dès le 1er du mois. Au cours de la semaine qui suivit, La Villase, maire de Vaison, et son ami le notaire Anselme furent accueillis par le Club des Amis de la Constitution d'Avignon. Il n'était question que de provoquer dans le Comtat une réunion des citoyens favorables au rattachement à la France. Le 2 janvier 1791, alors qu'à la suite de l'intervention des Avignonnais contre Cavaillon, les communes comtadines arboraient les trois couleurs, l'Assemblée représentative du Comtat, de plus en plus disqualifiée, suspendait ses travaux. Le 14, les Carpentrassiens se soulevaient contre les papistes, tenaient une assemblée dans la cathédrale Saint-Siffrein et demandaient leur rattachement à la France. Ils furent soutenus par l'Armée d'Avignon qui, dès le 20 janvier, vint mettre le siège devant la capitale du Comtat. Mais pluie et neige obligèrent à le lever. Au cours du mois de février, le mouvement fit tache d'huile. Le 7, vingt-cinq communautés comtadines, réunies dans la cité des papes, demandèrent leur rattachement à la France. Le principe de former un département fut adopté, il devait avoir pour nom Vaucluse et son chef-lieu serait Avignon. À Carpentras, en revanche, les habitants tentèrent d'établir un petit État indépendant, qui réaliserait chez lui les réformes de l'Assemblée Constituante française, mais sans accepter de le réunir à la France. En avril 1790, sans l'accord du pape, mais en reconnaissant son autorité, ils se réunirent en assemblée et réformèrent le gouvernement : le pape y était reconnu comme souverain constitutionnel. Avignon, française depuis peu, chercha alors à forcer Carpentras à entrer dans la République française. Carpentras résista à deux sièges successifs menés par les Avignonnais. Le 18 août 1791, en l'église Saint-Laurent de Bédarrides, fut décidé par les députés de chaque commune le rattachement du Comtat Venaissin à la France. Cet acte est considéré comme l'un des premiers exprimant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. L'Assemblée nationale de France chargea alors trois commissaires, Verninac Saint-Maur, Lescène-des-Maisons et l'abbé Mulot, d'aller sur place. Le 14 septembre 1791, l'Assemblée nationale constituante française prit, sur la proposition du député Armand-Gaston Camus, un décret portant « incorporation à l'Empire français» des « deux États réunis d'Avignon et du Comtat Venaissin ». Sanctionné par Louis XVI le jour même, il devint la loi des 14 = 14 septembre 1791, portant réunion d'Avignon et du Comtat Venaissin à la France. Le 23 septembre 1791, l'Assemblée nationale constituante française prit un décret « portant organisation provisoire des ci-devants États d'Avignon et du Comtat Venaissin ». Sanctionné par Louis XVI le 2 octobre suivant, il devint la loi des 23 septembre = 2 octobre 1791. Le 25 juin 1793, la Convention nationale française prit un décret « relatif à la formation d'un 87e département, sous la dénomination de département de Vaucluse ». Le département de Vaucluse fut ainsi définitivement constitué par la réunion de la cité-État d'Avignon, de Comtat Venaissin, incluant l'enclave des papes dans la Drôme devenue le canton de Valréas, les principautés d'Orange et de Mondragon, la viguerie d'Apt et le comté de Sault. Le nouveau département se vit supprimer cinq évêchés sur six : Carpentras, Cavaillon, Apt, Orange et Vaison, seul resta l'archevêché d'Avignon. Le pape Pie VI, sous la menace d'invasion des autres États de l'Église par les armées françaises menées par le général Bonaparte, signe le traité de Tolentino, le 19 février 1797. Carte du Languedoc-Dauphiné-Provence, par R. de Vaugondy et Delamarche 1794-1806 montrant le Comtat Venaissin alors que le département de Vaucluse est créé depuis 1791. Bonnieux, devenu une enclave pontificale en Provence, fut élevé, en 1274, au rang de lieu-chef d’une viguerie comprenant Cabrières-d'Avignon, Maubec, Ménerbes, Oppède, Robion, les Taillades et une partie de Saint-Saturnin-lès-Apt. Furent toujours exclus du Comtat outre l'État d'Avignon la principauté d'Orange et celle de Mondragon. Cette dernière appartenait au titulaire du siège de l'archidiocèse d'Arles. Mais étaient rattachés au Venaissin un certain nombre de « terres adjacentes » ou enclaves en Dauphiné ou en Valentinois dont les villes de Montélimar (en partie) et de Pierrelatte. Neuf communes, aujourd'hui incorporées dans la Drôme, étaient des enclaves pontificales : Aubres, Bouchet, Eyroles, Les Pilles, Rochegude, Rousset-les-Vignes, Saint-Pantaléon-les-Vignes, Solérieux et Valouse. Lors du rattachement du Comtat à la France le refus de Rochegude d'être une commune du Vaucluse créa l'Enclave des papes (Valréas, Grillon, Visan et Richerenches) A contrario, les communes de Saint-Léger-du-Ventoux, Brantes et Savoillan (enclaves pontificales de la vallée du Toulourenc) demandèrent leur rattachement au Vaucluse. Lui furent aussi intégrées celles de Saint-Romain-en-Viennois (en coseigneurie entre le pape et le Dauphin) et de Saint-Marcellin-lès-Vaison qui appartenait en totalité au Dauphin. Entre Rhône et Durance, le Mont Ventoux, les Dentelles de Montmirail et les Monts du Vaucluse cernent la plaine du Comtat. Cette plaine est irriguée dans sa partie septentrionale par le Toulourenc, l'Hérin et l'Aygues, dans sa partie centrale par la Nesque, l'Auzon et l'Ouvèze, dans sa partie méridionale par les différents bras de la Sorgue et le Calavon qui dès son entrée en Comtat prend le nom de Coulon. La grande richesse de l'agriculture du Comtat l'a fait surnommer le Jardin de la France. Dans ce climat chaud et sec, l'irrigation des cultures devint rapidement une nécessité pour lutter contre la sécheresse. Deux rivières servirent à cet usage, la Sorgue et la Durance. Le plus ancien réseau d'irrigation fut mis en place dès le XII.me siècle avec le creusement du canal Saint-Julien qui captait les eaux de la Durance sur la commune actuelle de Cheval-Blanc. Les travaux entrepris au siècle suivant sur la Sorgue pour la canaliser jusque vers Avignon permirent d'irriguer de nouvelles terres. Ce ne fut pas suffisant puisque François Ier, le 11 décembre 1537 autorisa une nouvelle dérivation des eaux de la Durance à partir de Mérindol. Cette captation porte de nos jours le nom de « Vieux canal d'Oppède ». Le XVIII.me siècle fut celui de toutes les audaces. Deux nouveaux réseaux furent mis en place avec le « Cabedan vieux » (1765) et le « Cabedan neuf » (1766). Peu après, en 1771, l'ingénieur architecte Brun cadet proposa la création d'un canal d'irrigation pour « l'arrosement d'une partie des terres du Comtat Venaissin » avec une nouvelle prise à Mérindol. Il cartographia son projet qui contournait le Luberon à Saint-Pierre (Cheval-Blanc), passait par les Taillades, Robion et Maubec puis traversait le Calavon pour aboutir à Avignon après avoir irrigué la plaine du Comtat vers Carpentras. C'est l'ancêtre du « Canal de Carpentras ». Cette plaine de maraîchage, grâce à l'irrigation produisait dès le XII.me siècle des choux, des fayots, des raves, des pois chiches et des fèves. Un siècle plus tard, la mise en place du canal du Vaucluse par la canalisation de la Sorgue augmenta son potentiel de production. La venue des papes dans le Comtat puis leur installation à Avignon bouleversa les habitudes alimentaires. Nous avons vu que la plaine comtadine devint le grenier à blé pontifical. Mais les zones irriguées virent, à partir du XIV.me siècle l'apparition de nouvelles variétés dont la salade, les artichauts et le melon. Une première culture industrielle se mit en place avec le mûrier pour la nourriture du vers à soie. Contrairement à une idée reçue les papes ne firent pas couvrir le Comtat de vignobles. Seules les terrasses furent consacrées exclusivement à la culture de la vigne. Les vergers d'oliviers servaient le plus souvent de support à la vigne menée en hautain. Un acte de vente dans la région de Carpentras signale à cette période « un verger d'oliviers dans lequel est planté une vigne de douze journaux ». Mais déjà est sélectionnée la verdale variété d'olive qui est toujours cultivée autour de Beaumes-de-Venise et de Malemort-du-Comtat. Le XVI.me siècle vit apparaître la tomate venue des Amériques ainsi que les haricots. Deux siècles plus tard, en 1763, Jean Althen implantait la garance qui allait faire la richesse du Comtat pendant près de deux cent ans. Le XIX.me siècle fut marqué par des catastrophes. En dépit de l'intervention sur place de Louis Pasteur, la maladie de la pébrine eut raison du vers à soie à partir de 1862, le phylloxéra ravagea le vignoble dès 1868 et un produit chimique, l'alizarine, remplaça la garance. La création du Vaucluse et la rupture des liens commerciaux du Comtat avec les États pontificaux posa un problème de reconnaissance et de notoriété pour les vins de ce nouveau département français. Une soixantaine d'années plus tard, Bercy, qui devenait alors la grande place du négoce des vins, chercha à répertorier les grands vins sur tout le territoire national Achille Larive, fondateur et directeur du « Moniteur Vinicole », le "Journal de Bercy", en 1856, dès sa première année de parution, lança un « appel aux propriétaires de crus ignorés ». Un lecteur du Vaucluse lui répondit : « Nos vignobles, égaux et supérieurs en qualité à tant d'autres auxquels la routine a donné une aura, n'ont pas été appréciés autant qu'ils le mériteraient... En l'état actuel nos vins sont livrés sous un pseudonyme plus ou moins brillant : vins d'Espagne, de Narbonne, de Saint-Gilles, etc., leur origine se cache sous une estampille d'emprunt » Mais la mise en place, en dépit de nombreuses réticences, de la ligne de chemin de fer Lyon-Marseille, en 1857, puis du PLM confirma l'agriculture du Comtat dans sa vocation maraîchère et fruitière puis vini-viiticole. D'autant qu'un nouveau produit gastronomique partit à la conquête de la capitale, la truffe du Ventoux. Le réseau d'irrigation était tel grâce aux « filioles » qui canalisaient l'eau jusqu'au moindre champ que les premiers « primeurs » de fruits et légumes purent inonder Paris à partir de la gare de Cavaillon. C'est de cette époque que date la flatteuse réputation du melon de Cavaillon, si cher à Alexandre Dumas et le poétique axiome de Léon De Fos : « Les vers, le melon et le vin sont trois choses qui supportent difficilement le médiocre » La plaine du Comtat - le nom est resté pour sa production agricole - est au premier rang en France pour la production en plein champ ou en serres des pommes, cerises (bouche ou industrie), raisins de table, tomates et melons. Elle arrive au second rang pour ses poires, fraises, asperges, courgettes, aulx et oignons. Les agriculteurs rapatriés d'Algérie, en dépit de leur faible pourcentage, par leur dynamisme et leur conception "moderniste" de l'agriculture ont eu sur le milieu rural local une influence décisive. Dans la plaine du Comtat, ils ont été généralement à l'initiative de la culture sous serre et de la plasticulture. Dans les zones viticoles, ils furent parmi les premiers à utiliser la « maîtrise des températures en vinification » (ruissellement d'eau sur les cuves puis pompes à chaleur). Les vins AOC, avec en tête le châteauneuf-du-pape, vin historiquement originaire de l'état d'Avignon, ont comme fleurons le vacqueyras, le gigondas, le beaumes-de-venise, ainsi que les VDN de Rasteau et Beaumes-de-Venise. À cette production prestigieuse s'ajoutent les côtes-du-rhône-villages dont ceux portant un nom de commune ou de lieu-dit : Cairanne, Rasteau, Visan, Sablet, Séguret, Roaix, Puyméras, Plan-de-Dieu, Massif d'Uchaux, ainsi que les vignobles des côtes-du-ventoux et des côtes-du-luberon. Les manufactures du Comtat se sont toutes développées avant la révolution industrielle. Elles ont essentiellement utilisé l'eau comme force motrice. Celle de la Sorgue d'abord avec une série de moulins à farine et à foulon installés depuis la fontaine de Vaucluse jusqu'aux portes d'Avignon en passant par l'Isle-sur-la-Sorgue. S'y ajoutèrent rapidement les papeteries à Vaucluse et à Malaucène avec utilisation de la force motrice de la source vauclusienne du Groseau. La transformation du cuir fut importante à Carpentras (quartier des Tanneries) le long des berges de l'Auzon. L'extraction de l'argile (briqueteries à Bollène), de l'ocre (entre Mormoiron et Villes-sur-Auzon) et du gypse (Mormoiron) ne prit son importance qu'à l'aube du XVIII.me siècle. Plus significative fut l'extraction de la pierre de taille dans les carrières de Beaumont-du-Ventoux, Saint-Didier et les Taillades. Il est à souligner que l'art des carriers s'exerça aussi au service de la viticulture dans les monts de Vaucluse avec le creusement de cuves vinaires rupestres essentiellement à Venasque, Le Beaucet, Saint-Didier, Fontaine-de-Vaucluse, Saumane, Cabrières d'Avignon et Lagnes. De nos jours l'ancien Comtat Venaissin, pour la transformation de sa production agricole, a attiré nombre d'industries agro-alimentaires ainsi que des industries connexes comme la ferblanterie, la caisserie et la papeterie.

Francesco Petrarca, en français Pétrarque (Arezzo, 20 juillet 1304 – Arquà 19 juillet 1374), est un érudit, poète et humaniste italien. Avec Dante Alighieri et Boccaccio, il compte parmi les premiers grands auteurs de la littérature italienne. Plus que Dante avec Béatrice, Pétrarque est passé à la postérité pour la perfection de sa poésie qui met en vers son amour pour Laure. Pour beaucoup, l'ensemble de sa gloire, l'essentiel de sa renommée, la portée de son influence, tant stylistique que linguistique, tiennent uniquement à un volume, son immortel Canzoniere dans lequel il rénova la manière des écrivains du « dolce stil nuovo ». C'est dans cette œuvre majeure qu'il « se présente comme une sorte de Janus regardant à la fois vers le passé et l'avenir, l'antiquité et la chrétienté, la frivolité et le recueillement, le lyrisme et l'érudition, l'intérieur et l'extérieur ». « Le lundi 20 juillet de l’an 1304, au lever de l’aurore, dans un faubourg d’Arezzo appelé l’Horto, je naquis, en exil, de parents honnêtes, Florentins de naissance et d’une fortune qui touchait à la pauvreté. » Fils du notaire ser Pietro (Petrarco (en)) di Ser Parenzo, il passa son enfance dans le village de Incisa in Val d'Arno, proche de Florence car son père avait été banni de la cité florentine par les Guelfes noirs en 1302 en raison de ses liens politiques avec Dante. Le notaire et sa famille rejoignirent ensuite Pise puis Marseille et le Comtat Venaissin. Les exilés arrivèrent à Avignon en 1312 puis François s’installa à Carpentras où « il fit ses humanités sous la férule de l’excellent maître toscan Convenole de la Prata ». La tradition veut que celui-ci ait reçu de son élève un livre de Cicéron contenant, entre autres, le De Gloria aujourd’hui perdu. Toujours gêné pécuniairement, le maître avait engagé ce livre et, malgré les offres de Pétrarque pour le lui racheter, il refusa toujours par fierté. À sa mort, le poète gémit d’avoir « perdu à la fois son livre et son maître ». Ce fut pourtant de lui que le jeune homme acquit le goût des belles lettres. Dans une lettre à son ami d’enfance, Guido Settimo, archevêque de Gênes, qui étudia avec lui chez le maître toscan, il rappelle : « Je séjournais quatre ans à Carpentras, petite ville voisine d’Avignon, du côté du levant, et dans cette ville j’appris un peu de grammaire, de dialectique et de rhétorique, autant que l’on peut en apprendre à cet âge et qu’on peut en enseigner à l’école. » Pour payer ses études, son père donnait chaque année au recteur du collège quatorze éminées de blé et le futur poète devait apporter son vase à vin et son gobelet pour boire au cours des repas. À Carpentras, le jeune Pétrarque vécut un moment important. Il assista, le 1er mai 1314, à l’arrivée du Sacré Collège venu élire un nouveau pape. Les vingt-trois cardinaux dont quinze cisalpins et huit transalpins entrèrent en conclave puis durent se disperser face à l’attaque armée des Gascons de la famille de Clément V, le pape défunt. François, qui avait terminé ses études, quitta Carpentras pour suivre des cours de droit à l'Université. C'est lui-même qui nous indique son cursus : « Je me rendis à Montpellier, où je consacrai quatre années à l'étude des lois ; puis à Bologne, où pendant trois ans, j'entendis expliquer tout le corps du droit civil. » Il y arriva à Montpellier au cours de l'automne 1316 et y apprécia son séjour estudiantin si l'on en croit cette confidence épistolaire : « Là-bas aussi, quelle tranquillité avions-nous, quelle paix, quelle abondance, quelle affluence d'étudiants, quels maîtres ! » En 1318 ou en 1319, Pétrarque perdit - en tant qu'adolescent - sa propre mère, Eletta, qui était alors âgée de 38 ans. « Détail véridique ou inventé, c'est cette disparition qui lui fit écrire ses premiers vers, une élégie de trente-huit hexamètres latins en hommage à cette mère morte à trente-huit ans. » Pourtant, ce fut dans cette cité universitaire qu'à peine un ou deux ans plus tard, se déroula un autre drame. En 1320, son père brûla ses livres. Lui et son cadet Gérard partirent alors continuer leurs études à Bologne, le plus grand centre européen d'études juridiques. Ils étaient accompagnés de Guido Settimo, rencontrèrent les trois fils de l'influente et puissante famille Colonna, Agapito, Giordano et Giacomo et se lièrent avec ce dernier. Ce fut là, dès l'automne 1320, que le jeune homme prit conscience de la naissance d'une nouvelle forme de poésie écrite, non plus en latin, mais en langue vulgaire, le plus souvent le toscan. La famille Colonna aura une importance considérable pour Pétrarque; il entrera en 1325 au service de celle -ci à travers Giocomo et son père, Stefano le Vieux, et jusqu'en 1347. Il vouera à la figure parentale de Stefano une affection et une admiration considérable, ayant trouvé en devenant orphelin des deux parents - le père de Pétrarque mourut en avril 1326- un père modèle qui lui permettra de faire face aux aléas de la vie. Dans les Correspondances, il témoignera de reconnaissance pour ce lien néo-parental. Les deux frères ne revinrent à Avignon qu’à la mort de leur père, abandonnant leurs études de droit. François, âgé de 22 ans, attiré par la Cour pontificale, s’y installa en avril 1326. L'héritage paternel, bien écorné, permit aux deux frères de mener pendant quelques mois une vie insouciante et mondaine. Pétrarque et ses amis « Là, je commençai à être connu et mon amitié fut recherchée par de grands personnages. Pourquoi ? J'avoue maintenant que je l'ignore et que cela m'étonne ; il est vrai qu'alors cela ne m'étonnait pas car, selon la coutume de la jeunesse, je me croyais très digne de tous les honneurs. » François, flanqué de son ami Giacomo Colonna, s'est effectivement fait remarquer par son élégance, sa prestance et son éloquence avant de se faire admirer par ses talents poétiques. En effet, le jeune homme, qui avait définitivement abandonné le droit, s'adonna dès lors à une activité littéraire. « Le talent qu'il va démontrer dans ces exercices poétiques et le raffinement de sa personne lui permettent d'acquérir rapidement, dans cette société courtoise, une réputation prometteuse » Mais, pour continuer à satisfaire autant leurs besoins que leurs ambitions, les deux frères durent s'assurer des revenus réguliers. C'est sans nul doute ce qui les amena à recevoir les ordres mineurs, seule possibilité de percevoir des revenus ecclésiastiques. En 1330, François rejoignit son ami Giacomo, évêque de Lombez où il retrouva son frère Gherardo, devenu chanoine, ainsi que deux autres de ses amis, Lello et Luigi di Campina. Son séjour estival dans la cité a été idyllique : « Ce fut un été quasi divin grâce à la franche allégresse du maître de céans et de ses compagnons. » De retour dans la cité papale, il entra au service du cardinal Giovanni Colonna. Mais il ne se plaisait point à Avignon, la cité des papes lui semblant être une nouvelle Babylone. Il déversait sur elle les pires calomnies et médisances. La cité papale avait droit à ce type d'invective : « Ô Avignon, est-ce ainsi que tu vénères Rome, ta souveraine ? Malheur à toi si cette infortunée commence à se réveiller ! ». Pour lui, Avignon était « l’enfer des vivants, l’égout de la terre, la plus puante des villes », « la patrie des larves et des lémures », « la ville la plus ennuyeuse du monde » ou bien « le triste foyer de tous les vices, de toutes les calamités et de toutes les misères ». Il ajouta même que « La Cour d’Avignon [était] un gouffre dévorant que rien ne peut combler ». Enfin, il eut cette formule qui fit florès « Avignon, sentine de tous les vices » Mais plus que sa haine d'Avignon, c'est celle contre les cardinaux du Sacré et Antique Collège qui éclate dans ses lettres. Les affublant du nom de boucs, il leur réservait ses traits les plus acérés. Il cloua au pilori un de ceux-ci qui « pesait de tout son poids sur les malheureuses chèvres et ne dédaignait aucun accouplement », dénonça son alter ego qui « troublait tous les enclos et ne laissait aucune chèvre dormir tranquillement pendant la nuit somnifère », fustigea un autre qui « n'épargnait pas les tendres chevreaux ». Dans son « Invective contre le cardinal Jean de Caraman », il s'attaquait en particulier à « un petit vieillard capable de féconder tous les animaux. Il avait la lascivité d'un bouc ou s'il y a quelque chose de plus lascif et de plus puant qu'un bouc ». Pour que ses contemporains l'identifient avec précision, Pétrarque indiqua « qu'il avait dépassé sa soixante-dixième année, qu'il ne lui restait plus que sept dents, qu'il avait la tête blanche et chauve et qu'il était si bègue qu'on ne pouvait le comprendre ». Puis il narra à son sujet un épisode tragicomique. Le barbon dut, alors qu'il était dans le plus simple appareil, coiffer son chapeau de cardinal pour convaincre une jeune prostituée effarouchée qu'il était membre du Sacré Collège. Et le poète de conclure : « Ainsi ce vétéran de Cupidon, consacré à Bacchus et à Vénus, triompha de ses amours, non en armes, mais en robe et en chapeau. Applaudissez, la farce est jouée. » Pourtant, en 1327, en dépit de la mort de sa mère Eletta Cangiani, la cité pontificale d’Avignon lui sembla parée de tous les charmes un certain 6 avril. Ce jour-là, pour la première fois, le poète rencontra Laure. Sur son manuscrit de Virgile, il nota : « Laure, célèbre par sa vertu et longuement chantée par mes poèmes, apparut à mes regards pour la première fois au temps de ma jeunesse en fleurs, l’an du Seigneur 1327, le 6 avril, à l’église de Sainte-Claire d’Avignon, dans la matinée. » Laure de Sade, épouse du marquis Hugo de Sade, venait d'avoir dix-sept ans et Pétrarque eut un coup de foudre. Un événement banal qui allait pourtant, par la grâce du génie d’un poète, entrer dans l’histoire de la littérature mondiale. Il allait, en effet, la chanter et la célébrer comme jamais aucun poète ne l’avait fait depuis le temps des troubadours. Fidèle aux règles de l'Amour Courtois, le poète a peu donné de renseignements sur Laure. Il précisa seulement que « sa démarche n'avait rien de mortel », que « sa bien-aimée avait la forme d'un ange » et que « ses paroles avaient un autre son que la voix humaine » Il en conclut : « Moi qui avais au cœur l'étincelle amoureuse, quoi d'étonnant si je m'enflammais tout à coup. » Depuis quelques années, une nouvelle campagne « négationniste » a été développée par certains pétrarquistes. Pour eux, il faut que Laure n'ait point existé charnellement et qu'elle soit réduite, si l'on en croit leurs subtiles analyses, à un simple mythe poétique. Le plus acharné est Nicholas Mann qui nie en bloc et l'existence même de Laure et la véracité, nous le verrons plus loin, de l'ascension du Ventoux par le poète. Une dernière et récente hypothèse suggère que le personnage de Laure ait été celui d'une chanteuse rencontrée en Vénétie vers la moitié du XIV.me siècle. Ces hypothèses d'école sont battues en brèche par une lette du poète à Giacomo Colonna, parue dans ses Epistolæ metricæ, I, 6, et qui a été écrite à Vaucluse, vers l'été ou l'automne 1338 « Il est dans mon passé une femme à l'âme remarquable, connue des siens par sa vertu et sa lignée ancienne et dont l'éclat fut souligné et le nom colporté au loin par mes vers. Sa séduction naturelle dépourvue d'artifices et le charme de sa rare beauté lui avaient jadis livré mon âme. Dix années durant j'avais supporté le poids harassant de ses chaînes sur ma nuque, trouvant indigne qu'un joug féminin ait pu m'imposer si longtemps une telle contrainte ». On sait que Simone Martini arriva à Avignon, en 1336, pour décorer le palais des papes. Giacomo Stefaneschi, le cardinal de Saint-Georges, en profita pour lui passer commande des fresques du porche de Notre-Dame des Doms. C'est cette année-là que Pétrarque rencontra le maître qui, à sa demande, réalisa pour lui deux médaillons à son effigie et à celle de Laure. Un an plus tard, le poète accompagna le dauphin Humbert II lors de son pèlerinage à la Sainte-Baume. En cette année 1337, à Avignon, naquit Giovanni, son fils naturel; l'événement suscita un scandale. Dans la chapelle napolitaine de Sancta Maria dell’Incoronata de Naples, lieu de culte voulu par la souveraine et édifié entre 1360 et 1373, les fresques des voûtes représentent les sept Sacrements et le Triomphe de l’Église. Dans le Mariage, les spécialistes ont pu identifier les portraits de Robert d’Anjou et de la reine Jeanne, et on suppose que dans le Baptême on a représenté Pétrarque et Laure. Il est sûr que la rencontre du poète et de sa muse ne le fixa pas sur place. De 1330 à 1333, il voyagea. Après sa visite à Lombez, il entreprit un périple qui, par Paris, Liège et Aix-la-Chapelle, lui fit traverser la France, la Flandre et la Rhénanie. Il retourna enfin vers Avignon par les Ardennes et Lyon. L'itinéraire possible de l'ascension du Ventoux par Pétrarque (d'après un croquis dressé par Pierre de Champeville) Son cadet le rejoignit dans le Comtat Venaissin en 1336. Là, le 26 avril, François et Gérard firent l’ascension du mont Ventoux. Le poète décrivit sa randonnée de Malaucène jusqu’au sommet à François Denis de Borgo San Sepolcro. Certains auteurs ont mis en doute la date de cette montée. Pour étayer leur thèse, les adversaires de la réalité de la montée du Ventoux, en 1336, ont été obligés de déplacer la date de l'ascension après 1350, période où effectivement, pendant un demi-siècle, les accidents climatiques se succédèrent. Cet artifice leur permet d'expliquer que, dans de telles conditions, ce périple était impossible à réaliser au printemps 1353 et parle donc d’une recherche uniquement mystique. Personne aujourd'hui ne nie que la lettre relatant la montée du Ventoux n'est pas la relation primitive que Pétrarque fit à son confesseur. Si elle a été réécrite par le poète pour mieux passer à la postérité, cela ne peut servir d'argument pour expliquer que cette ascension n'eut pas lieu. C'est bien pourtant la voie dans laquelle s'est lancé Nicholas Mann, un professeur d'histoire de la tradition antique au Warbourg Institute de l'Université de Londres. Indiquant que « la lettre ne prit sa forme définitive qu'en 1353 », il glose : « Dix-sept ans plus tard, l'excursion d'une journée était devenue un programme pour la vie. Même, si au bout du compte, Pétrarque n'escalada jamais le mont Ventoux, la chaleur du récit qu'il en tira est autant littéraire que morale : la difficulté d'adopter le chemin le plus escarpé qui mène au bien ». Des arguments bien différents en faveur de la réalité de cette montée ont été apportés dès 1937, année où Pierre Julian a fait paraître une traduction du texte latin de François Pétrarque sur L'ascension du Mont Ventoux suivie d'un essai de reconstitution de l'itinéraire du poète par Pierre de Champeville. En dépit du peu d'indications géographiques données, il en existe une essentielle. Le poète signale s'être reposé au pied de la Filiole. Cette dénomination désigne toujours un ensemble toponymique qui comprend un piton dominant la combe la plus haute et la plus importante du Ventoux qui part du Col des Tempêtes et descend jusqu'au Jas de la Couinche. Cette combe est aujourd'hui dite Combe Fiole. Sa désignation a été, à l'évidence, faite par le berger qui guidait les deux frères. Elle est largement suffisante, à moins de traiter le poète de menteur, pour prouver qu'il a atteint dans son ascension au moins ce point précis situé à quelques centaines de mètres du sommet. Dans son essai de reconstitution de l'itinéraire des frères Pétrarque, l'alpiniste Pierre de Champeville suppose qu'après Les Ramayettes, à la différence de la route qui emprunte à partir de là le flanc nord, ils ont parcouru la face méridionale moins boisée et plus accessible de l'ubac. Mais Avignon, objet de tant d'amour et de haine, permit surtout à Pétrarque de mener à bien un grand dessein qui occupa toute sa vie, « retrouver le très riche enseignement des auteurs classiques dans toutes les disciplines et, à partir de cette somme de connaissances le plus souvent dispersées et oubliées, de relancer et de poursuivre la recherche que ces auteurs avaient engagée ». Il a eu non seulement la volonté mais aussi l'opportunité et les moyens de mettre en œuvre cette révolution culturelle. Sa notoriété de poète et d'homme de lettres désormais reconnue, ses contacts avec la Curie qui lui ouvre ses portes, le soutien efficace de la famille Colonna, lui permirent de rencontrer tous les érudits, lettrés et savants qui se rendaient dans la cité papale. À titre d'exemple, sous le pontificat de Benoît XII, Pétrarque apprit les rudiments de la langue grecque grâce à un grec calabrais, le basilien Barlaam, évêque de Saint-Sauveur, venu à Avignon avec le Vénitien Étienne Pandolo en tant qu'ambassadeurs du basileus Andronic III Paléologue afin de tenter de mettre un terme au schisme entre les Églises orthodoxe et catholique. La condition était que les armées «franques » vinssent soutenir l’empire byzantin contre la poussée turque, les arguties réciproques firent capoter cette ambassade. L’évêque Barlaam, de retour à Constantinople, en butte aux persécutions quiétistes, préféra revenir en Avignon où il se lia d’amitié avec Pétrarque. Il créa, au cours de ces rencontres, un réseau culturel qui couvrait l'Europe et se prolongeait même en Orient. Pétrarque demanda à ses relations et amis qui partageaient le même idéal humaniste que lui de l'aider à retrouver dans leur pays, leur provinces, les textes latins des anciens que pouvaient posséder les bibliothèques des abbayes, des particuliers ou des villes. Ses voyages lui permirent de retrouver quelques textes majeurs tombés dans l'oubli. C'est à Liège qu'il découvrit le Pro Archia de Cicéron et à Vérone, Ad Atticum, Ad Quintum et Ad Brutum du même. Un séjour à Paris lui permit de retrouver les poèmes élégiaques de Properce. En 1350, la révélation de Quintilien marqua, aux dires du poète, son renoncement définitif aux plaisirs des sens. Dans un souci constant de restituer le texte le plus authentique, il soumit ces manuscrits à un minutieux travail philologique et leur apporta des corrections par rapprochements avec d'autres manuscrits. C'est ainsi qu'il recomposa la première et la quatrième décade de l'Histoire Romaine de Tite-Live à partir de fragments et qu'il restaura certains textes de Virgile. Ces manuscrits, qu'il accumula dans sa propre bibliothèque, en sortirent par la suite sous forme de copies et devinrent ainsi accessibles au plus grand nombre. Un de ses biographes, Pier Giorgio Ricci, a expliqué à propos de la quête humaniste de Pétrarque : « L'aspiration à un monde idéal, soustrait à l'insuffisance de la réalité concrète, se trouve à la base de l'humanisme pétrarquiste : étudier l'antiquité par haine du présent et rechercher une perfection spirituelle que Pétrarque n'aperçoit ni en lui ni autour de lui. » Abordant la question d'une possible dichotomie entre humanisme et christianisme, il affirme « Il n'existe aucun conflit entre son humanisme et son christianisme. La vrai foi manqua aux Anciens, c'est vrai, mais lorsqu'on parle vertu, le vieux et le nouveau monde ne sont pas en lutte. » L'admiration de Pétrarque envers les auteurs classiques n'est pas simplement la marque de son humanisme mais révèle une prise de conscience nationale, un nationalisme romain qui, à l'instar de Dante, juge les autres cultures barbares toujours imprégnées de scolastique, ce qui entraîne en retour un réveil du nationalisme français. Le site enchanteur de la Fontaine de Vaucluse Pétrarque, parce qu’il n’aimait point Avignon ou parce que Laure ne l’aimait pas, se réfugia sur les berges de la Sorgue à la fontaine de Vaucluse à partir de 1338. Décidé de mettre un terme à ses obligations mondaines et à mener une vie consacrée à la solitude, la poésie et la réflexion, il y fit installer sa bibliothèque. C'est ce qu'il explique dans son Épître à la Postérité : « Je rencontrai une vallée très étroite mais solitaire et agréable, nommé Vaucluse, à quelques milles d'Avignon, où la reine de toutes les fontaines, la Sorgue, prend sa source. Séduit par l'agrément du lieu, j'y transportai mes livres et ma personne. » Il va y séjourner épisodiquement mais régulièrement jusqu'en 1353 faisant de ce lieu le « centre de sa vie émotive et intellectuelle » Philippe de Cabassolle, l’évêque de Cavaillon, qui y possédait son château épiscopal, devint dès lors son ami le plus cher. Ses amours ne l’empêchèrent point d’avoir le sens de la formule puisqu’il déplora ce « bien petit évêché pour un si grand homme ». Il resta en tout quinze années à Vaucluse. Le poète dit lui-même : « Ici j’ai fait ma Rome, mon Athènes, ma patrie ». Dans l'une de ses lettres à l'évêque de Cavaillon, Pétrarque explique les raisons de son amour pour la Vallis Clausa : « Exilé d'Italie par les fureurs civiles, je suis venu ici, moitié libre, moitié contraint. Que d'autres aiment les richesses, moi j'aspire à une vie tranquille, il me suffit d'être poète. Que la fortune me conserve, si elle peut, mon petit champ, mon humble toit et mes livres chéris ; qu'elle garde le reste. Les muses, revenues de l'exil, habitent avec moi dans cet asile chéri. » Dans ses Familiarum rerum, il nota : « Aucun endroit ne convient mieux à mes études. Enfant, j'ai visité Vaucluse, jeune homme j'y revins et cette vallée charmante me réchauffa le cœur dans son sein exposé au soleil ; homme fait, j'ai passé doucement à Vaucluse mes meilleures années et les instants les plus heureux de ma vie. Vieillard, c'est à Vaucluse que je veux mourir dans vos bras. » Au cours d’un premier séjour de deux ans, il rédigea De Viris Illustribus et le monumental poème latin Africa dont les neuf livres inachevés ont pour héros Scipion l’Africain. Son second séjour, d'un an, eut lieu en 1342, après la naissance de Tullia Francesca, sa fille naturelle. Jules Courtet, le premier historiographe du Vaucluse, se permit de commenter « Pétrarque n’aima que Laure. C’est possible, sauf la distraction » En 1346, il retourna à nouveau à Vaucluse. Il y écrivit De Vita Solitaria et Psalmi Penitentiales où il implorait la rédemption. Un an plus tard, il se rendit à Montrieux rencontrer son frère Gherardo. De retour de la Chartreuse, il composa De Ocio Religiosorum. L’année 1351 marqua le commencement des trois séjours consécutifs du poète à Vaucluse. Au cours de ces trois années, où il fustigeait les mœurs de la Cour pontificale d’Avignon, il composa ses traités Secretum meum et De otio religioso. La somme de travail qu'il accumula est impressionnante, car c'est dans le Vaucluse que prirent corps toutes ses œuvres poétiques et littéraires, le poète le reconnaît lui-même : « En résumé, presque tous les opuscules qui sont sortis de ma plume (et le nombre est si grand qu'ils m'occupent et me fatiguent encore jusqu'à cet âge) ont été faits, commencés et conçus ici. » Ce qui est certain, c’est que François, rêvant et travaillant sur les rives de la Sorgue, cultivait autant ses amours (platoniques) pour Laure que sa réputation (bien établie) de poète. La solitude de la Vallis closa lui servit « à faire revenir la mémoire en arrière et à vagabonder par l'esprit à travers tous les siècles et tous les lieux ». En dépit de sa gloire, il revenait toujours à son séjour de prédilection. Il y organisait sa vie et écrivit à Francesco Nelli, prieur de l'église des Saints-Apôtres à Florence : « J'ai acquis là deux jardins qui conviennent on ne peut mieux à mes goûts et à mon plan de vie. J'appelle ordinairement l'un de ces jardins mon Hélicon transalpin, garni d'ombrages, il n'est propre qu'à l'étude et il est consacré à notre Apollon. L'autre jardin, plus voisin de la maison et plus cultivé, est cher à Bacchus. » Pétrarque, comblé d’honneurs, cultivait donc conjointement sa muse et ses vignes. Comme il le nota lui-même la fontaine de la Sorgue aurait été un lieu parfait de résidence si l'Italie avait été plus proche et Avignon plus lointaine. C'est de plus à sa plume qu'est dû le plus ancien croquis de la Fontaine. Il dessina en marge de son Histoire Naturelle de Pline la Sorgue jaillissante du rocher sommé d'une chapelle avec en premier plan un échassier. Il légenda transalpina solitudo mea jocundissimo. Sa notoriété était telle qu’en 1340, son maître et confesseur, le moine augustin François Denis de Borgo San Sepolchro, lui proposa de recevoir la couronne de lauriers à la Sorbonne où il professait. Les docteurs de Paris lui offraient cette distinction pour remercier celui qui permettait la renaissance des lettres, la redécouverte des textes anciens oubliés et ouvrait la voie aux humanistes. Le Sénat romain lui fit la même proposition. Pétrarque eut donc le choix entre Paris et Rome. S’il opta pour la Ville Éternelle, ce fut avant tout pour être honoré par Robert d’Anjou, roi de Naples et comte de Provence. Car, expliqua-t-il, « Le roi de Sicile est le seul que j’accepterai volontiers parmi les mortels comme juge de mes talents » Au cours de l’année 1341, Pétrarque quitta momentanément sa retraite de Vaucluse et sa chère fontaine pour se rendre en Italie. Le Vauclusien fut d’abord accueilli, en mars, par le roi Robert à Naples qui allait juger s’il était digne d’être couronné des lauriers d’Apollon comme prince des poètes. Durant trois jours, Pétrarque se soumit publiquement à son jugement. Le premier jour, il discourut longuement sur l’utilité de la poésie ; le second, le roi l’interrogea sur des sujets allant de la métaphysique aux phénomènes naturels, de la vie des grands hommes à ses voyages à Paris ; le troisième, après lecture de quelques extraits de l'Africa, le souverain le déclara digne des lauriers et proclama « Nous l’engageons dans notre maison pour qu’il soit possesseur et jouisse des honneurs et privilèges que possèdent les autres familiers, après avoir prononcé le serment d’usage ». Ce que Pétrarque fit avec joie. Et le poète vauclusien proclama haut et fort : « Heureuse Naples, à qui il est échu, par un singulier don de la Fortune, de posséder l’ornement unique de notre siècle ! Heureuse Naples, et digne d’envie, siège très auguste des Lettres ; toi qui parus déjà douce à Virgile, combien dois-tu le sembler davantage maintenant que réside en tes murs un juge si sage des études et des talents ». » Robert d’Anjou lui ayant proposé de le couronner à Naples, le poète insista pour l’être à Rome. Il partit donc en compagnie de Giovanni Barrili, chambellan royal et fin lettré, après avoir reçu des mains du roi l’anneau et le manteau pourpre aux fleurs de lys. Le 8 avril 1341, jour de Pâques, au cours d’une cérémonie qui se déroula au Capitole dans une pompe et une solennité extraordinaires, Pétrarque se vit remettre, par le sénateur Orso dell’Anguillara, la Couronne de laurier d’Apollon. Dès lors, il fut porté aux nues par tout ce que l’Occident comptait de lettrés. Mais ces lauriers si désirés déçurent rapidement le poète vauclusien. « Cette couronne n’a servi qu’à me faire connaître et me faire persécuter » écrivit-il à l’un de ses amis. Il confia à un autre « Le laurier ne m’a porté aucune lumière, mais m’a attiré beaucoup d’envie ». François Pétrarque adorait égratigner mais ne supportait pas de l’être. Il quitta Rome et ses lauriers à l'invitation d'Azzo di Correggio, seigneur de Parme qui lui offrit l'hospitalité pour un an. Là, il découvrit et chérit sa seconde solitude à Selvapina. Rome, où le poète avait été couronné, devint dès lors pour lui une obsession. Vénérant et idolâtrant cette ville plus que toute autre, il écrivit à son propos : « Rome, la capitale du monde, la reine de toutes les villes, le siège de l'empire, le rocher de la foi catholique, la source de tout exemple mémorable. » Cette glorieuse cité ruinée, capitale d’un empire, devait retrouver tout son lustre. Pétrarque, partisan des gouvernements populaires, vit d’un bon œil la politique qu’y menait Nicola Gabrino, dit Cola di Rienzo. Mais, pour que Rome redevienne Rome, il fallait surtout que la papauté délaissât les berges du Rhône pour retourner sur celles du Tibre. En 1342, travaillé par une profonde crise spirituelle due à sa lecture des textes de Saint Augustin, il quitta Vaucluse pour revenir à Avignon. Là, il demanda à Clément VI de retourner à Rome qui bouillonnait de révolte sous la férule du jeune et brillant de Cola di Rienzo. Ce fut une fin de non-recevoir. Un an plus tard, il arriva à Avignon à la tête d’une ambassade italienne. Le tribun et le poète ne purent que sympathiser. Ne venait-il pas demander au Souverain Pontife de quitter Avignon pour Rome ? Lors de sa réponse, le pape ne daigna pas aborder ce sujet mais accorda aux Romains un jubilé pour l’année 1350. Déçu, le poète retourna à sa chère maison de Vallis Closa ruminer contre Clément quelques acerbes clémentines. Le pape le sortit rapidement de sa réserve et le chargea d’une ambassade à Naples au cours de ce mois de septembre 1343. Arrivé sur place, il constata que le Royaume était comme « un navire que ses pilotes conduisaient au naufrage, un édifice ruiné soutenu par le seul évêque de Cavaillon ». Pétrarque dénonça à Clément VI la camarilla qui entourait Jeanne et mit particulièrement en cause un certain fra Roberto qu’il accusa d’être responsable de la décrépitude de la Cour napolitaine. Un an plus tard, le poète vauclusien, retourné à ses chères études, commença la rédaction des quatre livres de Rerum Memorandorum. Il reprit foi dans le devenir de Rome quand, en 1347, Rienzo se fit élire Tribun. Pétrarque rompit alors avec le cardinal Giovanni Colonna et partit rejoindre la Ville Éternelle pour le soutenir. La déception fut à la hauteur de l’espoir. Chassé de Rome le 15 décembre 1347 aux cris de « Mort au tyran », Rienzo fut contraint de se réfugier chez les franciscains spirituels puis à Prague auprès de l'empereur Charles IV de Luxembourg. Celui-ci le fit incarcérer puis l'envoya à Avignon, où il fut emmuré pendant un an au Palais des Papes dans la Tour du Trouillas. Pétrarque commença à se poser des questions sur celui en qui il voyait l'homme providentiel capable de faire renaître la splendeur de la Rome antique. Il écrivit à son ami Francesco Nelli : « Nicolas Rienzi est venu dernièrement à la Curie, pour mieux dire, il n'est pas venu, il y a été amené prisonnier. Jadis tribun redouté de la ville de Rome, il est maintenant le plus malheureux de tous les hommes. Et pour comble d'infortune, je ne sais s'il n'est pas aussi peu digne de pitié qu'il est malheureux, lui qui, ayant pu mourir avec tant de gloire au Capitole, a à supporter à sa grande honte et à celle de la République romaine d'être enfermé dans la prison d'un Bohème puis dans celle d'un Limousin. » Un an plus tard, il envoya une lettre à Rienzo dans laquelle il put lire : « Vous me ferez dire ce que Cicéron disait à Brutus : Je rougis de vous ». Incarcéré à Avignon, Rienzo est resté prisonnier jusqu’au 3 août 1353. Rappelé à Rome par le cardinal Gil Álvarez Carrillo de Albornoz, il n'échappa pas à son destin et mourut lors d'une nouvelle émeute du peuple romain. Le 6 avril 1348, vingt et un ans jour pour jour après sa rencontre avec Pétrarque, Laure, le parangon de toutes les vertus, trépassa, sans doute atteinte de la Peste Noire. Pétrarque était alors en ambassade auprès du roi Louis de Hongrie. Ce fut son ami Louis Sanctus de Beeringen qui, le 27 avril, lui envoya un courrier d’Avignon pour l’informer. Pétrarque reçut la missive le 19 mai. Outre la mort de l’aimée, elle l’informait qu’Avignon était vidé de ses habitants les plus notables, réfugiés dans les campagnes avoisinantes et que sept mille demeures étaient fermées. De plus, le 3 juillet, son ami et protecteur, le cardinal Giovanni Colonna, décédait à son tour du mal contagieux. C'est à lui qu'en 1338, il avait confessé son amour pour Laure, cette dame de rang élevé, dont l'image le poursuivait dans ses pérégrinations et dans sa solitude de Vaucluse. Effondré, le poète ne put qu’écrire « La postérité pourra-t-elle croire à tant de malheurs ? ». Mais, son naturel reprenant le dessus, il composa un sonnet où il explique que « la mort paraissait belle sur son beau visage ». Celui-ci reste un des sommets de la poésie de Pétrarque, l'une des images les plus parfaites du concept idéal incarné par Laure. Il ne lui restait plus qu’à compiler ses différents sonnets pour composer le Canzoniere dit encore Rime Sparse ou Rerum Vulgarum Fragmenta. Dans sa première partie, In Vita di Madonna Laura, le poète apparaît tourmenté par sa passion amoureuse, l'humaniste épris de vie et de gloire se heurte au chrétien cherchant à renier toutes ses faiblesses. Dans la seconde, In Morte di Madonna Laura, les tourments du poète se sont apaisés et Laure, transfigurée par la mort, devient plus tendre et plus accessible pour un François dont l'amertume a laissé place à la mélancolie. Des poèmes qui allaient faire pendant des siècles le tour de l’Europe entière. Grâce à eux, Laure et Pétrarque entrèrent dans le légendaire amoureux au même titre que Tristan et Iseut ou Roméo et Juliette. L’impossible amour de Messer Francesco pour Madonna Laura avait, de toute éternité, trouvé son cadre sur les rives de la Sorgue. Il avait suffi de la magie d’une rencontre pour que le génie d’un des plus grands poètes puisse le magnifier. Car si Vaucluse est le lieu où germèrent les Épitres, c'est aussi et surtout la vallée dans laquelle l'amant de Laure vagabonda « de pensée en pensée, de monts en monts » Si les rapports de Pétrarque avec Clément VI avaient été quelquefois tendus, une estime réciproque unissait les deux hommes. Mais sentant venir la fin de ce pontife, le 16 novembre 1352, le poète voulut quitter définitivement sa retraite de Vaucluse. Surpris par une pluie torrentielle, il dut s'arrêter à Cavaillon. Là, il apprit que les routes vers l'Italie étaient bloquées soit par la neige, soit par des soldats débandés. Il préféra faire demi-tour. Ses relations avec le nouveau pape Innocent VI furent peu amènes. Il faut dire que le poète avait pris en grippe non seulement la Curie mais aussi les physiciens de la Cour pontificale dont l'illustre Guy de Chaulhac et que son soutien affiché à Rienzo et ses partisans, contre lesquels luttait le cardinal Albornoz en Italie, lui avait valu l'hostilité du nouveau Souverain Pontife. Il préféra quitter Vaucluse et le Comtat Venaissin pour aller se faire oublier en Italie. Avant son départ, il s’arrêta à la Chartreuse de Montrieux pour y rencontrer son frère Gérard. Pétrarque passa la frontière au Montgenèvre en mai 1353. La vue de son pays d'origine du sommet du col souleva son émotion littéraire et il versifia : « Salut terre très sainte, terre chérie de Dieu, terre douce aux bons, aux superbes redoutable. » Il avait quitté le village de Vaucluse au bon moment. En effet, le jour de Noël de cette même année, une bande de pillards pénétra dans la Vallis Clausa et la maison du poète fut brûlée.... En route à Padoue, Pétrarque se vit remettre une lettre du Sénat de Florence par l’intermédiaire de son ami Boccace. Elle lui proposait de venir enseigner à l’Université florentine qui venait d'ouvrir et de rentrer en possession des biens paternels. Dans leur missive, les sénateurs florentins le couvraient de louanges : « Illustre rejeton de notre patrie, il y a longtemps que votre renommée a frappé nos oreilles et remué nos âmes. Le succès de vos études et cet art admirable dans lequel vous excellez vous ont valu le laurier qui ceint votre front et vous rendent digne de servir de modèle et d’encouragement à la postérité. Vous trouverez dans les cœurs de vos compatriotes tous les sentiments de respect et d’affection auxquels vous avez tant de droit. Mais, afin qu’il n’y ait rien dans votre patrie qui désormais puisse encore vous blesser, nous vous accordons, de notre propre libéralité et par un mouvement de tendresse paternelle, les champs jadis ravis à vos ancêtres, qui viennent d’être rachetés des domaines publics. Le don est faible en lui-même, sans doute, et peu proportionné à ceux que vous méritez, mais vous l’apprécierez davantage si vous avez égard à nos lois, à nos usages, et si vous vous rappelez tous ceux qui n’ont pu obtenir une semblable faveur. Vous pouvez donc, à l’avenir, habiter dans cette ville qui est votre patrie. Nous nous flattons que vous n’irez pas chercher ailleurs les applaudissements que le monde vous donne et la tranquillité que vous aimez. Vous ne rencontrerez pas parmi nous des César et des Mécène. Ces titres nous sont inconnus. Mais vous rencontrerez des compatriotes zélés pour votre gloire, empressés à publier vos louanges et à étendre votre renommée, sensibles à l’honneur d’avoir pour concitoyen celui qui n’a pas d’égal dans le monde. Nous avons résolu, après mûre délibération, de relever notre ville en y faisant fleurir les sciences et les arts ; c’est par là que Rome, notre mère, acquit l’empire de toute l’Italie. Or il n’y a que vous qui puissiez remplir nos vœux. Votre patrie vous conjure, par tout ce qu’il y a de plus saint, par tous les droits qu’elle a sur vous, de lui consacrer votre temps, de présider à ses études et de concourir à lui donner ainsi un éclat qu’enviera le reste de l’Italie. Les magistrats, le peuple et les grands vous appellent ; vos dieux pénates et votre champ recouvré vous attendent. S’il y a dans notre style quelque chose qui vous blesse, ce doit être un motif de plus pour vous porter à vous rendre à nos vœux : vos leçons nous seront nécessaires. Vous faites la gloire de votre patrie, et c’est à ce titre que vous lui êtes si cher ; c’est à ce titre qu’elle vous chérira davantage si vous cédez à ses instances. » Pétrarque répondit négativement : « J’ai assez vécu, mes chers compatriotes, suivant l’axiome du sage, qu’il faut mourir quand on n’a plus rien à désirer… Hommes illustres et généreux, si j’avais été auprès de vous, aurais-je pu solliciter rien de plus que ce que vous m’avez accordé en mon absence, et lorsque je ne le sollicitais pas ! Comblé de vos faveurs, j’oserais m’approprier la réponse que fit Auguste au Sénat, en versant des larmes : Arrivé au comble de mes vœux, que puis-je demander aux dieux si ce n’est que votre bonne volonté dure autant que ma vie ! Jean Boccace, interprète de votre volonté et porteur de vos ordres, vous dira combien je désire vous obéir et quels sont mes projets pour mon retour. Je les lui ai confiés. En vous remettant cette lettre, il vous fera connaître mes sentiments ; je vous prie de croire à ses paroles comme si je vous parlais moi-même. Fasse le ciel que votre république soit toujours florissante. » Et il ne retourna jamais à Florence. À l'invitation de l'archevêque Giovanni Visconti, il se fixa à Milan d'abord dans une petite maison près de Saint-Ambroise puis au monastère de Saint-Simplicien-hors-les-murs. Au cours des neuf années de son séjour lombard, il exerça à nouveau sa verve contre Guy de Chaulhac en publiant « Invective contre un médecin ». En 1356, Barnabò et Galeazzo Visconti, potentats de Milan qui venaient de succéder à leur oncle Giovanni, le chargèrent de se rendre à Prague auprès de l’empereur Charles IV de Luxembourg. Sa présence en Lombardie n’empêcha point Innocent VI d’utiliser ses talents d’ambassadeur auprès du doge Giovanni Dolfin en 1357. Le 13 janvier 1361, à Villeneuve-lès-Avignon, arriva l’ambassadeur de Galeazzo Visconti en l’Hôtel du Dauphin. C’était François Pétrarque. Après un discours d’une rare éloquence, il remit au roi de France, de la part du Milanais, la bague sertie d’un diamant perdu par Jean II à Maupertuis. Puis il offrit au Dauphin Charles une autre bague montée d’un rubis. Ravi, le roi voulut retenir le poète à sa Cour mais Pétrarque préféra rejoindre Milan. À son retour, son fils Giovanni venait de mourir de la peste. Fuyant l'épidémie qui ravageait la plaine du Pô, il quitta les Visconti et se réfugia à Padoue à l'invitation de Francesco da Carrara. Il se rendit ensuite à Venise, en 1362, où il fut accueilli par le doge Lorenzo Celsi. Dythirambique, le poète proclama : « Ville auguste, seul réceptacle à notre époque de liberté, de paix et de justice, dernier refuge des bons, port unique où peuvent trouver abri les vaisseaux de ceux qui aspirent à la tranquillité » Il allait y rester cinq ans et fut rejoint par sa fille et son gendre. Le couple venait d'avoir une petite fille, Eletta. Au cours de ce séjour, il termina De Remediis et Familiari ainsi que son recueil Senili. Pour répondre aux attaques de jeunes vénitiens averroïstes, il composa De sui ipsius et multorum ignorantia, dégoûté d'avoir été traité d'ignorant par ce groupe. En 1367, Pétrarque quitta la Sérénissime République avec sa fille Francesca et son gendre Francescuolo da Brossano pour se rendre à l’invitation de Francesco de Carrare, seigneur de Padoue. Le poète acheta alors une maison à Arqua, dans les Monts Euganéens. Là, il apprit l’entrée triomphale d’Urbain V dans Rome le 16 octobre 1367. Pétrarque afficha une joie sans retenue. Il en fit part à son ami Francisco Bruni : « Jamais mes paroles n’ont égalé ce que je pense de ce pontife. Je lui ai fait des reproches que je croyais justes, mais je ne l’ai pas loué comme je voulais. Mon style a été vaincu par ses mérites. Ce n’est point l’homme que je célèbre, c’est cette vertu que j’aime et que j’admire avec étonnement. » Le 30 mai 1368, Urbain V décréta Barnabò Visconti coupable de révolte contre l’Église et prêcha la croisade contre lui. Le pape désirait que Charles de Luxembourg en prenne la tête. Pétrarque quitta Arqua pour se rendre à Udine auprès de l’empereur et participer à la guerre contre les Visconti. Deux ans plus tard, alors qu’il se rendait à Rome auprès d’Urbain V, une syncope frappa le poète. Le 4 avril 1370, il dut rédiger son testament. Quand, en 1373, Grégoire XI annonça à son tour son intention de retourner à Rome, Pétrarque en fut comblé d’aise. Un an auparavant, désespéré, il avait rédigé son Apologia contra Gallum, où il réfutait la thèse favorable au maintien de la papauté en Avignon. Cette année-là, le poète, fatigué par l’âge, accepta quand même de reprendre sa toge d’ambassadeur pour aider son ami Francesco de Carrare. Battu par les Vénitiens, ce dernier devait non seulement verser une forte rançon mais aussi livrer son fils en otage. Ce fut Pétrarque qui l’accompagna à Venise afin de le recommander au doge Andrea Contarini. Pétrarque mourut à Arqua, le 19 juillet 1374, terrassé par une crise d’apoplexie. Sa fille le retrouva la tête reposant sur un livre. Francesca lui fit élever un mausolée et son gendre fut son exécuteur testamentaire.

Philippe le Bel a besoin de ressources pour entretenir une armée et une marine capables de maîtriser les velléités d'autonomie des riches villes flamandes. Il décide de lever, en 1295, un impôt exceptionnel sur le clergé, la « décime». Le pape Boniface VIII, qui tire d'abondants revenus de France, répond par la bulle de 1296, Clericis laicos. Dans cette dernière, il dit, à l'intention des souverains, que le clergé ne peut être soumis à aucun impôt sans l'accord du Saint-Siège. Les évêques sont tenus de suivre les recommandations du Saint-Siège sous peine d'excommunication. En rétorsion, Philippe Le Bel interdit toute exportation de valeurs hors du royaume de France, ce qui a pour effet de priver le pape d'une part importante de ses ressources. Les rapports avec Rome se tendent et, en 1302, par la bulle Unam Sanctam, Boniface VIII affirme la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel et, de ce fait, la supériorité du pape sur les rois, ces derniers étant responsables devant le chef de l'Église. C'en est trop pour Philippe le Bel, qui réunit un concile des évêques de France pour condamner le pape, puis également des assemblées de nobles et de bourgeois à Paris. Le roi cherche l'appui de tous ses sujets, afin de légitimer la lutte qu'il mène contre le pape. Ce dernier menace d'excommunier Philippe IV et de jeter l'interdit sur le royaume de France. Fort du soutien de la population et des ecclésiastiques, le roi envoie son garde des sceaux, le chevalier Guillaume de Nogaret avec une petite escorte armée vers l'Italie afin d'arrêter le pape et de le faire juger par un concile. Nogaret est bientôt rejoint par un ennemi personnel de Boniface VIII, Sciarra Colonna, qui lui fait savoir que le pape s'est réfugié à Anagni. Le 8 septembre 1303, lors d'un entretien tumultueux, le pape Boniface VIII est menacé par Guillaume de Nogaret. Il meurt quelques semaines plus tard. Son successeur Benoît XI est élu le 22 octobre 1303 dans une atmosphère détestable. Il annule la plupart des mesures de nature à vexer le puissant roi de France avant de mourir lui-même le 7 juillet 1304. Pendant onze mois, de pénibles tractations se déroulent entre le parti français, conduit par la famille romaine des Colonna, et le parti du défunt Boniface VIII, emmené par les Caetani. On décide finalement de choisir le pape à l'extérieur du Sacré Collège des cardinaux et l'unanimité ou presque se fait sur le nom de Bertrand de Got, prélat diplomate et juriste éminent, resté neutre dans la querelle entre le roi Philippe le Bel et le pape Boniface VIII. Le 5 juin 1305, les cardinaux, réunis en conclave à Pérouse, portent à la tête de l'Église Bertrand de Got qui choisit le nom de Clément V. C'est le huitième pape français. Il monte sur le trône de Saint Pierre à l'âge de quarante ans alors que l'Église traverse une grave crise politique. Le nouveau pape renonce à se rendre à Rome par crainte des intrigues locales et des risques liés au conflit des guelfes et des gibelins: Il choisit en définitive de se faire couronner à Lyon, en terre d'Empire, le 1er novembre. Après son élection à Pérouse, le 24 juillet 1305 et son couronnement à Lyon, le 15 novembre, le pape Clément V entreprit une longue errance dans le royaume de France et la Guyenne anglaise. L'ancien archevêque de Bordeaux avait été élu grâce au soutien du roi de France, dont il était le sujet mais non le vassal, en échange duquel soutien il lui devenait redevable. Clément V fait son possible pour se concilier les bonnes grâces du puissant Philippe le Bel, mais repousse sa demande d'ouvrir un procès posthume contre Boniface VIII qui aurait pu justifier a posteriori l'attentat d'Anagni. En 1307, il a un entretien avec le roi capétien où il est question en particulier du sort des Templiers. Philippe le Bel veut supprimer cet influent et riche ordre de moines-chevaliers. C'est chose faite le vendredi 13 octobre 1307 sans que le pape ait pu s'y opposer. Le concile de Vienne, qu'il avait convoqué pour juger l'Ordre du Temple, nécessitait qu'il se rapprochât de cette ville. Il rejoignit donc le Comtat Venaissin, terre pontificale. Si son choix se porta aussi sur la ville d'Avignon, possession du comte de Provence, c'était que sa situation sur la rive gauche du fleuve la mettait en relation avec le nord de l'Europe, par l'axe Rhône/Saône et dans cette vallée du Rhône, frontière commune entre la France et le Saint-Empire romain germanique, seules des villes desservies par un pont pouvaient postuler à un rôle de capitales internationales. C'était le cas d'Avignon avec le pont Saint-Bénézet, le lieu de passage obligé entre l'Espagne et le Languedoc, la Provence et l'Italie. De plus, l'importance des foires de Champagne jusqu'à la fin du XIII.me siècle et la pérennité de la foire de Beaucaire avaient fait d'Avignon et de son rocher une étape commerciale obligée. La présence pontificale allait lui redonner un lustre qu'elle était en passe de perdre et le conflit entre l'Angleterre et la France une importance politique que n'aurait pu avoir Rome trop excentrée vis-à-vis de ces deux royaumes. Si Rome, dès l'Antiquité, avait dû sa puissance et sa grandeur à sa position centrale dans le bassin méditerranéen, elle avait perdu de l'importance et, dans cette fin du Moyen Âge, le centre de gravité du monde chrétien s'était déplacé. La situation d'Avignon était bien plus favorable géographiquement et politiquement. Clément V n'arriva à Avignon que le 9 mars 1309 et logea au couvent dominicain des frères prêcheurs. Sous ce pontificat, Avignon devint, sous la haute surveillance du roi de France Philippe le Bel, la résidence officielle d'une partie du Sacré Collège des cardinaux, tandis que le pape préféra résider à Carpentras, Malaucène ou Monteux, cités comtadines. Clément V meurt en 1314, quelque peu après la mise sur le bûcher de Jacques de Molay, chef des templiers. Il aurait prédit la mort du pape et celle de Philippe le Bel, sur le bûcher en 1314, Philippe le Bel mourut quelque mois après Clément V en 1314. Ses 3 fils et son petit fils, Jean le postume, eurent des règnes courts et ils signèrent la fin de la dynastie des capétiens.
La papauté d’Avignon désigne la résidence du pape à Avignon (France). Cette résidence qui déroge à la résidence historique de Rome (Italie) depuis saint Pierre, se divise en deux grandes périodes consécutives : La première, de 1309 à 1378, celle de la papauté d’Avignon proprement dite, correspond à une époque où le pape, toujours reconnu unique chef de l’Église catholique romaine, et sa cour se trouvent installés dans la ville d’Avignon au lieu de Rome. La seconde, de 1378 à 1418, coïncide avec le Grand Schisme d’Occident où deux papes rivaux (et bientôt trois) prétendent régner sur la chrétienté, l’un installé à Rome, et l’autre à Avignon. Voici la liste des papes d’Avignon :
Jean XXII, Pape de 1316 à 1334.
Benoît XII, Pape de 1334 à 1342•
Clément VI, Pape de 1342 à 1352•
Innoncent VI, Pape de 1352 à 1362• Urbain V, Pape de 1362 à 1370•
Grégoire XI, Pape de 1370 à 1378•

Carpentras est une commune française, située dans le département de Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. La commune compte 30336 habitants, elle s’étend sur 36 kilomètres carrés et s’étale entre 56 et 212 mètres d’altitude. Ses habitants sont appelés Carpentrassiens et les Carpentrassiennes. Carpentras est la capitale du Comtat Venaissin. La ville est dans la plaine, au sud du Mont Ventoux, à l'ouest des Monts de Vaucluse, à l'est du Rhône et au nord de la Durance. Cette ville se situe à environ 5 km d'Aubignan et de Mazan, à environ 25 km d'Avignon et à 1h05 d'Aix en Provence. Paris est à environ 8h de Carpentras. Alternance de plusieurs petites collines de faible amplitude et vallons. Collines un peu plus importantes à l'approche des monts de Vaucluse à l'est. Le centre historique (intérieur des anciens remparts) est posé sur un plateau au sommet d'une petite colline. L'Auzon passe au pied de la colline du centre historique. La Mède, et son affluent, le Brégoux, ainsi que le canal de Carpentras arrosent également la ville. D'après Pline, le peuple qui occupe le secteur de Carpenctoracte sont les Meminiens. La ville accueille des Juifs depuis au moins le 28 février 1276, selon des rôles d'impôts de cette période. En 1155, Raymond V de Toulouse, marquis de Provence,envoie son chancelier Raous à Raymond 1er, l'évêque de Carpentras pour confirmer les privilèges du marché qui se tient à Carpentras. Au Moyen Âge, le marché se tient tous les vendredis dans le cimetière de Saint-Siffrein. Il y avait alors 200 marchands forains. Au début de la papauté d'Avignon, l'évêque Bérenger Forneri voulut, sans succès, interdire le cimetière au marché. Le pape Clément V établit sa curie à Carpentras en 1313. Lorsqu'il meurt en 1314, son successeur donne sa préférence à Avignon. Cependant, capitale du Comtat Venaissin en 1320, la ville profite de la munificence pontificale : gouvernée par ses évêques, elle s'étend et s'entoure d'une enceinte dont il ne reste plus que la porte d'Orange. Le marché s'étend, en 1385, sur la place de la Fusterie, actuelle place des pénitents noirs. Chassés de France par Philippe le Bel, les Juifs se réfugient en terres papales où ils sont en sécurité et bénéficient de la liberté de culte. Avec Avignon, Cavaillon et L'Isle-sur-la-Sorgue, Carpentras abrite une importante communauté juive dans un quartier qui ne devient ghetto qu'à la fin du XVI.me siècle. Dès 1790, dans l'esprit révolutionnaire, Avignon chasse le vice-légat, représentant l'autorité pontificale et demande son rattachement à la France. Les habitants de Carpentras, en revanche, tentent d'établir un petit état indépendant, qui réaliserait chez lui les réformes de l'Assemblée Constituante française, mais sans accepter de le réunir à la France. En avril 1790, sans l'accord du pape, mais en reconnaissant son autorité, ils se réunissent en assemblée et réforment le gouvernement : le pape y est reconnu comme souverain constitutionnel. 1791 : Rattachement du Comtat-Venaissin et de Carpentras à la France. En mai 1990, l'affaire de la profanation de Carpentras intervenue dans son cimetière juif fait beaucoup parler de la ville. Le Président Mitterrand s'était alors déplacé personnellement sur les lieux. Cette affaire a eu des répercussions sociales et politiques très importantes sur la France entière. Les coupables étaient des militants d'extrême droite, qui ont été condamnés en 1997. Le développement économique s'est organisé au sud de la Ville, sur un site de 133 hectares pour plus de 150 entreprises (environ 1700 emplois) regroupé sous l'appellation « Carpensud ». La ville possède une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de Vaucluse. Personnages nés à Carpentras : Alibert (1889-1951), chanteur et acteur. Maurice Caillet (1910-2008), bibliothécaire. René Quillivic (1925- ), graveur. Michel Modo (1937 - 2008), acteur et humoriste. Jean Ragnotti (1945- ), pilote automobile• Eric Caritoux (1960- ), cycliste. Christophe Maé (1975- ), de son vrai nom Christophe Martichon, chanteur.

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