Séjour en Lorraine du 3 au 9 juin 2012 :

Cette année l’association Rencontre a décidé d’organiser un séjour en Lorraine, nous sommes 24 participants à avoir répondu à la proposition. Nous traversons le Languedoc Roussillon en mettant le cap sur l’est. Ensuite nous remontons le Rhône jusqu’à Lyon, puis nous longeons la Saône, nous passons Villefranche-sur-Saône, Nous voici en Bourgogne nous déjeunons à Macon. Nous reprenons notre itinéraire, arrivés à Tournus, nous sommes au milieu des régions vinicoles de la côte mâconnaise et de la côte chalonnaise. Voici Chalon-sur-Saône, la patrie de Nicéphore Niepce, nous quittons la Saône, à Chagny, nous abordons la Côte de Beaune, jusqu’à Nuits-Saint-Georges. Ensuite entre Vosne-Romanée et Gevrey-Chambertin, nous roulons dans la côte de Nuits. Voici Dijon, la Capitale de la Bourgogne, nous présentons les personnalités de la ville Charles le Téméraire, le chanoine Kir et bien d’autres encore. Nous circulons dans la vallée de la Tille, c’est ici que fut créé la société SEB, en 1857, à Selongey. Nous voici en Champagne, nous sommes tout près de Bourbonne-les-Bains, c’est le seule centre thermale de la région Champagne-Ardenne. Nous contournons Langres, la cité de Denis Diderot l’encyclopédiste. Puis nous abordons la Lorraine, les Vosges tout d’abord, Puis Toul, et enfin Nancy. Il est 20 heures quand nous arrivons à notre hôtel, il est situé tout près de la place Stanislas. Nous dînons, ensuite nous faisons un petit tour pour prendre connaissance de la célèbre place de Nancy.
Jour 1 : C’est sous un ciel chargé de nuages que nous prenons la direction de Metz, nous faisons la connaissance de Jean-Louis et son accent belge, il sera notre accompagnateur tout au long du séjour. La ville de Nancy se traverse assez facilement, nous sommes en quelques coups d’accélérateur sur l’a31, en direction du Luxembourg. Après sa présentation Jean-Louis, nous dépeint l’histoire de la Lorraine, et son environnement dont voici une synthèse :
La Lorraine (Louréne en lorrain roman et Lothringe(n) en francique lorrain et francique rhénan) est une région au nord-est de la France dont le nom est hérité du duché du même nom. La Lorraine regroupe quatre départements : la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Moselle et les Vosges et compte 2337 communes. La préfecture de région est Metz. Ses habitants sont appelés les Lorrains et étaient au nombre de 2350112 au 1er janvier 2009. La superficie de la Lorraine est de 23547 km2, chaque département ayant approximativement la même superficie (environ 6000 km2). Son point culminant est le Hohneck à 1364 m ; son point le plus bas est de 115 m au niveau de la rivière Saulx. La région a été formée entre autres à partir des anciens duchés de Lorraine et de Bar, des Trois-Évêchés de Metz, Toul, Verdun, des comtés de Vaudémont et de Créhange, des principautés de Salm et de Commercy et de la partie sud du duché de Luxembourg (région de Thionville). Le comté de Sarrewerden, parce que sa population était en majorité protestante, a été rattaché au département du Bas-Rhin dès 1790. La Lorraine est la seule région française à partager ses frontières avec trois autres pays : la Belgique, le Luxembourg et l’Allemagne (länder de la Sarre et de Rhénanie-Palatinat). Elle est par ailleurs voisine de trois régions françaises : Alsace, Champagne-Ardenne et Franche-Comté. Cette situation est un atout stratégique pour cette région située de ce fait à proximité du centre de la Mégalopole européenne, cette conurbation qui traverse l’Europe du Lancashire (Angleterre) à la Toscane (Italie), en passant par le couloir rhénan. Cet avantage n’a pas toujours été exploité : comme le notait François Reitel, « La France a conscience de n’avoir qu’une fenêtre ouverte sur les pays allemands, l’Alsace rhénane » La Lorraine est formée de plusieurs entités géologiques : Le massif des Vosges date de l’ère primaire : c’est une partie des plissements hercyniens qui a été relevée au moment de la formation des Alpes. Elles constituent la bordure est de la région. Le plateau lorrain qui constitue pratiquement le reste de la région. Il est dans son ensemble rattaché au bassin parisien dont il forme la partie orientale. Sa formation géologique remonte à plus de 250 millions d’années. Il est entrecoupé de lignes de côtes successives : l’Argonne, les côtes de Meuse et les côtes de Moselle. Au nord-est la boutonnière du Warndt est creusée dans un anticlinal et rend accessibles les couches de charbon : elle correspond à peu près aux limites du bassin houiller lorrain. Au nord de la région sont situés les bassins miniers du fer et du charbon. Ils ne sont plus exploités, à la différence des gisements de charbon de Sarre (voir par exemple la mine d’Ensdorf). De Sarralbe jusque dans le Lunévillois se trouvent les gisements de sel. Au sud, on trouvera également des sous-sols constitués de bans de grès (roches sédimentaires de l’ère primaire) : forêt de Darney, vallée de l’Ourche. Le réseau hydrographique lorrain est essentiellement tributaire de la mer du Nord, s’articulant autour de la Moselle et de ses affluents, Madon, Meurthe, Seille, Sarre, et de la Meuse. La Saône et ses affluents (Gras, Ourche, Côney) fait exception (bassin rhodanien), ainsi qu’un peu moins de la moitié ouest du département de la Meuse qui fait partie du bassin hydrographique de la Seine (Aire, Ornain, Saulx…)Les lacs naturels les plus importants sont le lac de Gérardmer, le lac de Longemer, le lac de Retournemer et le lac des Corbeaux. Ils sont moins étendus que les trois retenues utilitaires, le réservoir de Bouzey, le lac de Madine, et le lac de Pierre-Percée (appelé également lac du Vieux Pré). Avec 840 000 ha de forêts, et un taux de boisement de 36 %, la Lorraine est l’une des régions les plus boisées de France métropolitaine. Elle compte 42 % de forêts des collectivités (361 200 ha), 32 % de forêts privées et militaires et 26 % de forêts domaniales (218600 ha). La surface des forêts affectées au ministère de la Défense est de 5600 ha. Le département des Vosges est le troisième département français le plus boisé après les Landes et le Var avec un taux de 48 %. La Meuse 36 % ; la Meurthe et Moselle 31 % ; la Moselle 28% Certaines forêts comme la forêt de Darney sont réputées nationalement pour la qualité de leurs chênes et de leurs hêtres. Peut-être pour partie à cause de la Première Guerre mondiale, et pour des raisons pédogéologiques, c’est aussi la région où le sol est en France métropolitaine le plus riche en ADN selon l’inventaire national de la biodiversité microbienne des sols. Cette variété fait sa richesse : forêts de plaine ou forêts de montagne, pelouses sèches, lacs et zones humides sont des écosystèmes qui additionnent leurs richesses. Le lynx, animal réintroduit en 1983 en Lorraine. Les forêts de plaine abritent des cerfs, des chevreuils et des sangliers, parfois en trop grand nombre. Le milieu agricole voit une plus petite faune : lièvres, renards, perdrix, corbeaux… et les villages accueillent des hirondelles et des martinets. Les étangs de Moselle et de Meuse sont un lieu de passage pour les animaux migrateurs et le refuge de nombreuses espèces : canards, hérons, cincles, crapauds, le cormoran. Le castor a été réintroduit en 1983. La montagne vosgienne est traditionnellement associée au grand tétras, menacé par les activités humaines. On y rencontre aussi des cervidés et des sangliers. Le chamois, introduit en 1956, a conquis les chaumes des Vosges alors que le lynx, réintroduit en 1983, reste discret. Durant l’Âge du fer, L’actuelle Lorraine est occupée par les Trévires au nord, les Médiomatriques dans la Basse-Moselle, les Leuques dans la Haute-Moselle, les Lingons à l’extrême sud-ouest et les Séquanes à l’extrême sud-est. Lors de la conquête romaine de la Gaule, la Lorraine est incluse dans la Gaule belgique. Lors de la paix gallo-romaine les principales cités sont : Metz (Divodurum Mediomatricorum), Verdun (Verodunum), Toul (Tullum). Après le déferlement des Huns d’Attila, les Francs conquièrent la Gaule belgique. Ils créent en particulier un royaume dont la capitale est Metz (1er roi : Thierry, fils de Clovis) et qui deviendra peu après l’Austrasie. La Lorraine telle que nous la connaissons aujourd’hui est un vestige du royaume créé pour le Carolingien Lothaire II, la Lotharingie, alors que ses frères recevaient les royaumes d’Italie et de Provence. En 880, la Lotharingie sera intégrée à la Francie orientale, qui deviendra le Saint-Empire romain germanique. Au Moyen Âge, les ducs de Lorraine installèrent Nancy comme capitale politique de leur duché, ex nihilo. Au XV.me siècle le Duché était convoité par la France mais aussi par les Bourguignons, principalement sous Charles le Téméraire car il était le maillon manquant de la continuité territoriale entre Bourgogne et Flandre. Charles le Téméraire trouva la mort au cours de la bataille de Nancy (1477) dont l’enjeu était la possession de la Lorraine. La Lorraine est aussi influencée culturellement par la France (la frontière linguistique partage le duché de Lorraine entre le domaine roman et le domaine germanique) qui est de ce fait partiellement romane. Au fil des siècles, le royaume de France n’aura de cesse de prendre le contrôle des territoires lorrains, en commençant par les Trois-Évêchés (Metz, Toul, Verdun) acquis par Henri II au moment du « voyage d’Allemagne » (1552). Les Trois-Évêchés sont officiellement réunis à la France en 1648 par les traités de Westphalie qui mettent fin à la Guerre de Trente Ans qui fut très durement vécue par les Lorrains. Le duché de Lorraine est occupé par la France sous Louis XIV mais retrouve son indépendance (surveillée) avec le duc Léopold Ier qui entreprend de restaurer ses États. Pour bien montrer sa détermination, il fait construire le château-résistance de Lunéville que Stanislas Leszczynski s’appropriera quelques années plus tard. En 1738 l’empereur Charles VI obtint l’acceptation par la France de la Pragmatique sanction en échange du duché de Lorraine. Celui-ci sera donné, à titre viager, au roi déchu de Pologne, Stanislas Leszczyński, beau-père de Louis XV qui avait épousé sa fille Marie Lesczynska. À la mort de Stanislas, la France reçut le duché de Lorraine en 1766. Stanislas Leszczyński fut un acteur très important des Lumières à Nancy. Après les destructions ayant suivi les guerres de Louis XIII et Louis XIV, il dota la ville d’un ensemble architectural exceptionnel (Place Stanislas) conçu à la gloire de son gendre Louis XV. Cet ensemble urbain est inscrit depuis 1983 au titre du patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco. Il se distingua par des initiatives sociales en avance sur son temps : écoles, hôpitaux et bibliothèques publiques, greniers collectifs, secours aux plus démunis, etc. Son intendant Chaumont de La Galaizière remplaçait les administrateurs lorrains par des Français, imposait la langue française dans les actes de justice (alors qu’une partie de la Lorraine était de langue germanique) et envoyait les récalcitrants aux galères royales. En 1790, durant la Révolution, quatre départements sont créés : Meuse, Meurthe, Moselle et Vosges. Les derniers territoires sont rattachés à la France : Salm et Créhange en 1793, Lixing en 1795. En 1871, le traité de Francfort attribue à l’Empire allemand les territoires lorrains correspondant à une partie du département de la Moselle et du département de la Meurthe : géographiquement cela recouvre la Moselle actuelle qui forme avec l’Alsace le Reichsland Elsass-Lothringen jusqu’en 1918 ; l’arrondissement de Saint-Dié dans les Vosges est également amputé des parties anciennement rattachées à l’Alsace, c’est-à-dire des cantons de Saales et Schirmeck, dès lors rattachées au Bas-Rhin. Les habitants des territoires annexés sont contraints de choisir entre l’Empire allemand, s’ils veulent rester, ou la France. Beaucoup d’optants » choisissent de migrer vers la France, en particulier vers Nancy, dont la population double rapidement. La Première Guerre mondiale marque profondément la Lorraine qui voit ses habitants s’affronter sur son sol sous des uniformes ennemis. La majorité des Mosellans, sujets de l’Empire allemand, se battent loyalement pour l’Empereur. La bataille de Verdun, l’une des plus longues et les plus meurtrières, se déroule en 1916 dans la Meuse. Plusieurs villages, entièrement détruits par les combats, ne seront jamais reconstruits. Cette région dévastée, appelée zone rouge, comporte d’importants mémoriaux, dont le plus fameux est l’ossuaire de Douaumont. Le traité de Versailles de 1919 restitue l’Alsace-Lorraine à la France. Le droit local en Alsace et en Moselle, contenant notamment le régime concordataire abrogé en France en 1905, fut maintenu dans ces territoires après 1918. Durant l’entre-deux-guerres, la Lorraine voit l’édification de la ligne Maginot qui va se révéler stratégiquement inutile. La Moselle est de nouveau annexée en 1940. Cette annexion de fait permet à l’Allemagne nazie d’incorporer de force des Mosellans dans les armées du Troisième Reich. La libération de la Lorraine se fait par étapes à partir du 31 août 1944 et se termine le 19 mars 1945. La première phase de la campagne, menée par la IIIe armée américaine, se termine par la victoire des Alliés dans les secteurs de Nancy, Lunéville, Épinal, Saint-Dié, Thionville, Sarrebourg et Metz. La seconde phase de la campagne de Lorraine, menée par la VIIe armée américaine, voit libérer les territoires mosellans encore occupés après le 18 décembre 1944. L’après-guerre se révèle une période prospère pour la région disposant de réserves de matières premières quasi intactes. De nombreux immigrants principalement d’Italie et de Pologne viennent s’y installer. Ceci a pour conséquence un accroissement de la population et fait progresser la Lorraine au rang de 3e pôle économique français. La Lorraine a été une région fortement marquée par l’activité industrielle. Avec le déclin de l’activité minière, une réorientation est en cours et on assiste à l’implantation de sociétés dans des domaines des nouvelles technologies (énergie, électronique, …). La région profite, tout comme l’Alsace des échanges frontaliers avec le Luxembourg et l’Allemagne. Les axes de transport de Lorraine se sont structurés sur une direction nord-sud, suivant le cours de la Moselle. Elle est traversée par la route de l’ambre vers l’ouest méditerranéen, puis la voie romaine Lyon-Cologne. S’y ajoutaient des perpendiculaires, permettant de relier Seine et Rhin comme les voies romaines Reims-Toul ou Verdun-Metz. Encore aujourd’hui, l’axe majeur de transport en Lorraine est le sillon mosellan, appelé également « sillon lorrain » (Épinal, Nancy, Metz, Thionville) qui traverse la partie est de la région, en provenance du massif Vosgien au sud et s’ouvre au nord sur le Luxembourg, la Belgique et l’Allemagne. Sur la majeure partie de cet axe se côtoient l’autoroute A31 (Dijon-Luxembourg), les canaux à grand gabarit et les voies ferrées. Il est complété par la Magistrale européenne Paris-Budapest, emprunté par la LGV Est, l’autoroute A4 et la RN4. Le tourisme en Lorraine est une activité plutôt récente. La Lorraine n’est que la 15e région française en matière de tourisme. Cependant la région a su mettre en valeur un patrimoine riche, mais aussi divers et varié. Les principaux centres touristiques sont les musées, les monuments (châteaux et sites historiques), la gastronomie et les métiers d’art. La région grâce au massif des Vosges dont une partie est classée réserve mondiale de biosphère par l’UNESCO bénéficie aussi de visites touristiques hivernales, l’été étant plutôt consacré à la visite des édifices religieux des principales villes et du développement de l’artisanat notamment en Meurthe-et-Moselle. Le Pays du Verre et du Cristal regroupe plusieurs communes qui ont accueilli l’art verrier. On peut noter les villages de Meisenthal (qui abrite aujourd’hui encore le Musée du verre et du cristal), Goetzenbruck (où l’art des vitraux et l’industrie du verre à lunette sont encore présents), Lemberg ou encore Saint-Louis-lès-Bitche et Baccarat (où les célèbres cristaux sont toujours fabriqués). D’autres manufactures prestigieuses continuent d’exercer. Toutes appartiennent à ce jour à un groupe français appartenant à Jean et Marc Jacquet et dont la direction artistique et marketing a été confiée à Jean-Louis Janin Daviet. Ces manufactures séculaires travaillent pour le monde du luxe et fabriquent pour Pierre Frey textile, Kenzo, Sir Elton John, Tiffany de New York, The American Friends of Versailles… et produisent des collections propres que l’on retrouve aux quatre coins du monde. Toutes ces entreprises sont accessibles aux visiteurs sur rendez-vous, et l’une d’entre elles, la faïencerie de Niderviller est classée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Vous pouvez découvrir la cristallerie de Portieux fondée en 1705 dans les Vosges, la cristallerie de Vallerysthal fondée en 1707 en Moselle, la faïencerie de Niderviller fondée en 1735 en Moselle, les manufactures Royales de Faïence de Lunéville Saint-Clément fondées en 1748 en Meurthe et Moselle. Ces établissements accueillent 166 maîtres cristalliers et faïenciers. Depuis le début de la fermeture des mines de Lorraine, le tourisme industriel est en plein développement. Le musée de la mine à Neufchef présente les différentes installations du début jusqu’à la fermeture des mines de fer de Lorraine. Il en va de même pour le Parc du haut-fourneau U4 à Uckange. Symbole fort du patrimoine industriel de la vallée de la Fensch sauvegardé grâce à son inscription à l’inventaire des monuments historiques, le U4 est le dernier des six hauts-fourneaux de l’usine d’Uckange ; il est aujourd’hui l’un des rares vestiges de la sidérurgie du XX.me siècle conservé en France. À Metz, le Centre Pompidou-Metz, musée d’art moderne, est devenu une attraction nationale et même internationale depuis sa construction ( l’exposition Sol Lewitt sera bientôt inaugurée ). Amnéville-les-Thermes a développé un centre touristique et de loisirs dans le bois de Coulange, doté d’une cité thermale et d’un casino. de nombreux équipements permettent des divertissements variés, notamment avec l’un des plus beaux zoos d’Europe. La première piste de ski indoor de France : le snow hall d’Amnéville, un aquarium, un musée de la moto, une piscine-patinoire… Comme dans beaucoup de régions de France, la gastronomie tient une place importante. Réputée pour sa quiche lorraine, la Lorraine a également une cuisine riche en plats traditionnels. La région propose des spécialités culinaires de haute réputation. La Moselle, le Bayonnais et le Xaintois sont connus pour leurs recettes à base de mirabelle (tarte, eau de vie…). La vallée de la Fensch a aussi sa spécialité, la wagotine. Nancy est réputée pour ses macarons et ses bergamotes, le Lunévillois pour le pâté lorrain, Boulay-Moselle également pour ses macarons, Verdun pour ses dragées, Commercy et Liverdun pour leurs madeleines, Rambervillers pour sa tête de veau, Vittel pour ses grenouilles, La Bresse pour ses confiseries et le miel de sapin des Vosges. La potée lorraine est un plat paysan à base de pommes de terre, de chou et de viande de porc provenant des milieux agricoles de la région.
Nous traversons une partie de la Meurthe-Et-Moselle où le nom des communes sont romanisés et latinisés donc français, dès que nous passerons en Moselle les noms des communes seront de consonance germanique. En Moselle, on parle un patois germanophone, comme en Alsace, nous passons la sortie d’autoroute qui permet d’accéder à Pont-à-Mousson. Cette ville possédait une abbaye et une université très importantes, dont la dernière a fonctionnée jusqu’à la révolution, La ville est aussi connue comme étant la capitale de fabrication des plaques d’égout qui drainent dans toutes les agglomérations de France.
Depuis l’autoroute, nous apercevons de ci de là des collines, en Lorraine on les appelle les tiges, quelquefois les villages établis au-dessus de ces tiges, ont le mot tige à la fin de leur nom. La Loraine donnera de grands princes à l’église, des cardinaux, des archevêques et des évêques. Les plus connus seront les Guises, ils sont de la branche cadette des ducs de Lorraine. Lors du sacre d’Henri IV, l’archevêque de Reims qui était le dernier prince de la maison de Guise, en tant que titulaire de l’archevêché de Reims n’a pas accepté l’abjuration d’Henri IV. C’est pour cette raison que le premier des bourbons a été sacré roi de France à Chartres, Jean-Louis nous narre également des anecdotes lorraines et des histoires belges. Nous pénétrons dans le département de la Moselle, il fut très convoité par la France et L’Allemagne tout au long des siècles pour sa richesse de son sol. Nous sommes tout près de la Sarre allemande, elle a donné un des plus grands maréchaux de la France impériale du premier empire, il s’agit du maréchal Nee. La région où nous roulons est très boisée, la ville de Thionville appartenait auparavant au duché du Luxembourg, c’est Louis XIV qui rattacha Thionville au royaume de France. A perte de vue, nous distinguons des forêts de sapins, nous approchons de la ville de Metz, nous roulons dans une vaste combe, c’est le cratère d’un ancien volcan, nous dépassons la ville de Briey qui eut un riche passé industriel. Nous abordons la banlieue de Metz, la ville est en pleine expansion, elle est parsemée de vastes parcs et jardins. Nous traversons un quartier, qui a été construit pendant la période allemande, au cours de l’annexion entre 1870 et 1918. Nous passons devant de très belles demeures, la ville de Metz a été construites dans un endroit très marécageux, nous longeons la Moselle. Nous distinguons une église de style rhénan avec ses clochers, nous sommes dans le quartier bâti sous Louis XV, nous arrivons près de la cathédrale, nous embarquons Brigitte dans notre bus, elle nous fera découvrir la ville de Metz, dont la présentation se trouve en fin de document ainsi que la présentation de la Moselle. Nous commençons la visite, Metz a été édifiée sur la colline Sainte-Croix, aujourd’hui Mets est la capitale régionale de la Lorraine et la préfecture de la Moselle, la ville compte 130000 habitants. Nous commençons notre découverte panoramique par la place Jean-Paul II, il est venu en visite à Metz en 1988. Nous passons devant le marché couvert, il date du XVIII.me siècle pour être le palais épiscopale. La révolution a interrompu les travaux, il fut transformé en marché couvert, il est en forme classique en forme de U, il a été réalisé avec la pierre de Jaumont, pierre locale. Nous arrivons place de Chambre, c’était au XVII.me siècle, le centre de l’hostellerie messine, le relais des diligences se trouvait ici, c’était le point de départ de toutes les lignes qui permettaient de se rendre à Paris, Bruxelles, Luxembourg, Mayence, Strasbourg etc. La place fut rebaptisée place Gourmande, car son pourtour est envahi de restaurants. Nous avons une superbe vue sur la cathédrale, et plus particulièrement sur la tour du chapitre, elle culmine à 60 mètres de haut. Sur cette tour se trouve un christ monumental, il a été sculpté au XIX.me siècle par le sculpteur Dujardin, il remplace un christ médiéval qui fut détruit pendant la révolution. Nous contournons la place de la préfecture, elle a été dessinée au XVIII.me siècle, nous empruntons le quai Félix Maréchal, il fut maire de Metz au XIX.me siècle, c’était autrefois le quai des moulins. Auparavant de nombreux moulins étaient établis sur la Moselle, d’ailleurs en contre bas, on peut apercevoir le passage dit des Moulins. Dans une rue parallèle où nous roulons, se trouvent à droite les 2 plus anciens restaurants de la ville, dont celui de la ville de Lyon où Maurice Barrès a médité son célèbre roman Colette Baudoche symbole de la résistance. L’autre restaurant la Fleur de lys remonte au XVI.me siècle, nous poursuivons notre découverte de Metz. Nous passons devant la synagogue de Metz, elle a été construite au XIX.me siècle, elle est de style néo-roman, la communauté juive messine est très ancienne. Elle s’est distinguée par son rayonnement spirituel, il y avait une école rabbinique à Metz, et une imprimerie hébraïque. En face de la synagogue, on peut voir une ancienne porte, c’est le vestige de l’ancien quartier, qui a été reconstruit à cet endroit depuis les années 1950. Nous nous engageons sur le boulevard Pexan, Henri Pexan était général d’artillerie, ce boulevard a été percé par les allemands au début du XX.me siècle. Pendant l’annexion allemande, la ville subira de nombreuses modifications, les remparts disparaîtront, ils feront place à la nouvelle ville centrée autour de la gare. Sur notre gauche, nous découvrons les constructions élevées par les allemands, elles comportent frontons et pignons, à notre droite nous apercevons les vestiges de l’ancienne église des Carmes, qui a été détruite pendant la révolution. Au XIII.me siècle on avait construit une enceinte de 7,5 kilomètres autour de la ville. Elle comportait 38 tours, 18 portes, les tours avaient pris le nom des corporations qui les entretenaient, et qui en assuraient la défense, il y avait la tour des maçons, des tisserands, tour des vignerons etc. Au XV.me siècle, la muraille avait été doublée, les portes ont été agrandies, notamment la porte des allemands, elle se présente comme un château fort sur la Seille affluent de la Moselle, elle comprend 4 grosses tours. Ce nom de porte des allemands lui vient de la proximité d’un hôpital, il était tenu par les chevaliers de notre dame des allemands, plus connus sous le nom de chevaliers teutoniques. Sur notre gauche nous distinguons quelques vestiges des remparts, puis nous arrivons à la porte des allemands. Nous découvrons 2 tours en poivrières, elles datent du XIII.me siècle, nous distinguons les 2 autres tours crénelées qui datent du XV.me siècle. Les allemands appelaient cette porte, la porte dorée étant donnée la couleur de la pierre de Jaumont avec laquelle elle avait été édifiée. Cette pierre de Jaumont est extraite dans la banlieue proche de Metz, à une quinzaine de kilomètres à Mallancourt-la-Montagne, au lieu dit le mont Jaune d’où sa couleur dorée. C’est une pierre calcaire, elle est résistante au gel, elle se travaille très bien, elle est appréciée des sculpteurs, les romains l’utilisaient déjà pour leurs constructions. Nous nous approchons du quartier de l’amphithéâtre, où se trouve le centre Pompidou, l’amphithéâtre construit par les romains pouvait contenir 25000 spectateurs. C’était un des plus grands de l’empire, il se situait juste après celui du Colysée, d’Autun, de Kapou et de Vérone. Il culminait à 35 mètres de haut, il avait 2 étages et un latique. Metz a été choisi pour la construction du centre Pompidou, car la ville possédait un terrain constructible en son centre, à proximité de la gare et surtout à proximité des frontières allemande, belge et luxembourgeoise. Le centre Pompidou est un centre culturel, un lieu de vie, qui comprend outre des salles d’expositions, mais aussi des salles de spectacles et des salles de conférences. Il a été conçu par 2 grands architectes, l’architecte japonais qui est né à Tokyo, Chiké Rubane et par l’architecte français Jean Decastine. Le centre Pompidou se déploie autour d’une flèche centrale, elle culmine à 77 mètres, c’est un petit clin d’œil au centre Pompidou de Paris qui a ouvert ses portes en 1977. Nous passons vers les arènes et le parc des sports, puis nous distinguons le parc de la Seille ou jardin en liberté. Nous voici arrivés au centre Pompidou, nous sommes sur la place des droits de l’homme, le centre Pompidou à une superficie de 10700 mètres carrés, dont 5000 mètres carrés réservés aux expositions. La toiture a une forme de chapeau chinois, la charpente est en bois, elle est composée de 18 kilomètres de poutres en lames collées d’épicéa d’Autriche et de Suisse. La charpente repose sur 4 piliers tulipes, ils recueillent les eaux de pluie pour irriguer les jardins. La toiture est recouverte d’une membrane blanche, très légère et translucide, c’est de la fibre de verre enrobée de téflon, ce qui rend la membrane autonettoyante. Le rez-de-chaussée du centre Pompidou est constituée d’une grande nef, dont la hauteur atteint 25 mètres, elle permet d’exposer des œuvres monumentales. Au-dessus de cette grande nef sont disposées 3 grandes galerie, elles offrent une vue différente sur la ville de Metz. Une s’ouvre sur la gare, une autre sur le parc de la Seille, et la dernière galerie située tout en haut de l’édifice donne une vue magnifique sur la cathédrale. Le centre Pompidou de Metz a ouvert ses portes en 2010, c’est sous un petit crachin que nous nous dirigeons à pied à la gare de Metz. Nous franchissons une passerelle, elle relie le centre Pompidou à la gare, nous rentrons dans la gare où nous sommes à l’abri d’une averse plus conséquente. La gare possède 11 quais, elle a été construite en 1908, elle est de style néo-roman rhénan qu’affectionnait plus particulièrement l’empereur Guillaume II. Nous pouvons découvrir des frises géométriques, des animaux monstrueux, et surtout des chapiteaux qui racontent la vie des voyageurs. De nombreuses sculptures mettent en valeur la puissance de l’empire germanique, la gare a été construite à des fins militaires. Elle devait pouvoir embarquer et débarquer par 24 heures, 20000 hommes et leurs équipements, ainsi que canons et chevaux. Elle a été construite avec des grés gris jaune de Nicrevillers en Moselle, les sous bassement sont en basalte de l’Eiffel, ce qui donne un aspect plus foncé. Nous ressortons de la gare, nous sommes sur le parvis de cette immense gare, une pluie fine nous accompagne, le toit de la gare est recouvert de tuiles vernissées, sur lequel trône une immense horloge. En face de la gare se trouve la poste centrale de Metz, sa proximité permettait de favoriser les transmissions du début du XX.me siècle. Le bruit des travaux en cours nous fait fuir le parvis de la gare, nous y pénétrons de nouveau pour continuer notre visite de ce monument ferroviaire. Maurice Barrès a beaucoup critiqué l’architecture et l’immensité de la gare de Metz, aujourd’hui elle fait partie des monuments incontournables à visiter à Metz. La gare a une longueur de 300 mètres, elle a été construite sur pilotis, on a enfoncé 3000 pieux en béton à 17 mètres de profondeur. La gare a été classée monument historique en 1973, elle est l’œuvre de l’architecte berlinois Krugger. Quant à la poste que nous avons aperçu, elle est construite en grès rose, elle a été mise en service en 1911. La poste est très imposante, elle a l’aspect d’une forteresse avec ses tours d’angle fermées, elle évoque l’architecture des châteaux défensifs des chevaliers teutoniques. La gare de Metz a vu le passage de milliers de déportés qui se dirigeaient dans des wagons précaires en Allemagne, c’est dans un de ces trains que a agoni Jean Moulin, son décès a été constaté en gare de Metz. C’est le nez dans les capuches pour se préserver de la pluie que nous rejoignons notre bus, Nous apercevons le haut d’un château d’eau à proximité de la gare, il permettait d’alimenter en eau les machines à vapeur. Les allemands pendant l’annexion n’ont pas utilisé que de la pierre de Jaumont, mais aussi du grès gris, du grès rose, du basalte, du granit, et ils ont construit dans d’autres styles que le style gothique. Ils ont voulu germaniser la ville à travers l’architecture, nous remontons l’avenue Foch construite par les allemands, elle a pris place à l’emplacement des anciens remparts et de leurs fossés. Nous pouvons admirer de très beaux hôtels qui bordent l’avenue, beaucoup sont de style art nouveau, nous passons devant de belles villas construites pour des négociants. Nous abordons une construction à pans de bois, elle possède des vitraux paysagés art nouveau, A côté nous découvrons une façade néo-gothique. Elle arbore un superbe balcon, il est soutenu par 2 anges qui soutiennent des écussons. Nous arrivons devant la tour Camouffle, elle date du XV.me siècle, elle porte le nom d’un habile artilleur bombardier, Jacques de Castel dit Camouffle. Cette tour a été épargnée par les allemands, lors de la destruction des remparts. Nous arrivons place Mondon, c’est le nom d’un ancien maire de Metz, un ancien résistant. A l’époque allemande cette place avait pour but, de glorifier le pouvoir impérial, tous les pouvoirs étaient regroupés autour de cette place. Un imposant bâtiment était occupé par la chambre des métiers, il symbolisait le pouvoir des corporations, il est en grès rose, il est de style néo renaissance alsacienne. A droite, nous distinguons la chambre de commerce, qui était avant la banque impériale, elle représentait le pouvoir financier. Nous pouvons voir les anciennes casernes, elles sont en briques roses, elles symbolisaient le pouvoir militaire. Nous remarquons également des bâtiments de style haussmannien, nous contournons le jardin de l’évêché, la porte Serpenoise qui est la plus vieille porte de la ville, elle a été reconstruite au XIX.me siècle. Nous sommes avenue Robert Schumann, père de l’Europe, en face de nous nous avons la place de la République, elle vient d’être réaménagée. Au-dessus de la place se trouve les jardins de l’esplanade, Metz est une ville verte. Nous passons devant la caserne Née, elle a été bâtie en 1850, elle est toujours en fonction. En face nous découvrons l’arsenal, il a été construit sous Napoléon III, dans les années 1980, l’architecte catalan Ricardo Bofill l’a complètement transformé. Aujourd’hui, c’est une salle de spectacle, l’espace est dédié à la musique, la salle a une formidable acoustique, c’est l’une des plus belles salles d’Europe, elle peut contenir 1300 spectateurs. Les murs sont recouverts de marqueterie, le volume est agrémenté de colonnes et de pilastres en bois de hêtre et de sycomore. La salle a été inaugurée en 1989, à côté de l’arsenal, nous apercevons la chapelle des templiers, elle date du XII.me siècle. Un bâtiment du XVI.me siècle vient d’être transformé en hôtel de prestige, il sera classé 4 étoiles, ce sera le premier à Metz et en Moselle. Nous passons devant le palais du gouverneur militaire, c’est une construction allemande du début du XX.me siècle, il est sorti de terre grâce à l’impulsion de Guillaume II. C’est toujours la résidence du gouverneur militaire de la région nord est, le palais est magnifique, il comprend une centaine de pièces, on peut encore y voir la baignoire de Guillaume II et celle de l’impératrice. Le palais est entouré de superbes jardins, le palais se visite lors de la journée du patrimoine, c’est le bâtiment le plus photographié de Metz par les touristes. Nous nous dirigeons vers le plan d’eau, c’est le lieu privilégié des fêtes messines, notamment la fête de la mirabelle, le fruit lorrain par excellence. Mirabelle vient du mot italien mirabella, qui signifie belle à voir. Le plan d’eau accueille également le port de plaisance, nous sommes toujours entourés d’espaces verts, nous passons devant des fontaines en forme de grottes, elles ont été construites par les allemands pendant l’annexion. Nous distinguons le buste de Verlaine, il est né à Metz en 1844, nous apercevons la flèche du temple de la garnison, il a été construit par les allemands à la fin du XIX.me siècle, il a brûlé en 1946, seul reste la flèche qui culmine à 91 mètres. Un mètre de plus que la plus haute tour de la cathédrale, on dit que c’était une rivalité. Nous passons devant le temple neuf, il est de style néo-roman rhénan, il est construit en grès gris, il s’inspire de la cathédrale de Reims, il est parfaitement illuminé le soir ce qui produit une impression féérique, car le temple neuf est bâti sur une île au milieu de la Moselle. Nous apercevons le théâtre, il a été aménagé au XVIII.me siècle, nous circulons dans un endroit qui était auparavant marécageux. Nous contournons la préfecture, nous sommes devant la porte aux chevaux, nous découvrons la toiture de la cathédrale, elle fut détruite par un incendie en 1877. Il a été provoqué par un feu d’artifice tiré en l’honneur de Guillaume premier, les allemands ont donc du remplacer la charpente en bois par une charpente métallique, et la couverture d’ardoise par du cuivre. Lors de la restauration, le faitage a été surélevé de 4,50 mètres, depuis cette époque, la cathédrale a complètement changé d’aspect. Nous abordons la place d’armes, la pluie a cessé, nous descendons du bus, autour de cette place tous les pouvoirs étaient représentés, l’aménagement de la place remonte au XVIII.me siècle. C’est le petit fils de Fouquet qui créa de belles places à Metz. Il fit démolir les 5 églises et leurs cloîtres, ils se trouvaient près de la cathédrale, depuis le V.me siècle, il y avait 5 églises et un cloître. Aujourd’hui, sur la place d’armes se trouvent l’office de tourisme, qui était l’ancien corps de garde militaire, de l’autre côté était prévu le parlement, ainsi les 4 pouvoirs étaient concentrés autour de la place d’armes le pouvoir militaire, Municipal, judiciaire et religieux. Nous allons pénétrer dans la cathédrale qui trône sur la place d’armes, elle est fort belle au niveau des vitraux, c’est celle qui en possède le plus des cathédrales du moyen âge, elle en compte 6500 mètres carrés, c’est pour cette raison que l’on l’a appelé la lanterne du bon Dieu. La cathédrale remonte au V.me siècle, en 415, à l’emplacement de la cathédrale était édifié un oratoire à Saint-Etienne. Une sorte de petite chapelle, Au V.me siècle les hordes d’Attila ont ravagé Metz, et seul la chapelle a été épargnée, avec les habitants qui s’y étaient réfugiés. Metz reconstruit, la chapelle Saint-Etienne est devenue la cathédrale. La cathédrale où nous nous trouvons a été construite à partir du XIII.me siècle, pour se terminer au XVI.me siècle, il a donc fallu 3 siècles pour la réaliser. La dernière partie construite fut le chœur, il date du XVI.me siècle, c’est du gothique flamboyant. Flamboyant, car la pierre prend la forme de flammes, il y eut beaucoup d’obstacles pour démanteler l’ancienne cathédrale romane en cathédrale gothique, il a fallu détruire d’autres édifices religieux décrits ci-dessus, et combler le terrain abrupte qui ne permettait pas de réaliser une construction plus importante. Pour bâtir la nouvelle cathédrale, on a insérer l’église de la ronde dans la structure de la cathédrale actuelle. Les 2 églises ont été réunies au XIV.me siècle, on voit bien la différence, les 4 premiers piliers sont ronds, les autres piliers sont à colonnettes. La cathédrale contemporaine de Metz, est donc la fusion de l’ancienne cathédrale romane et de l’église notre dame de la ronde qui ce sont vues englobées dans la nouvelle construction gothique. L’élévation intérieure de la cathédrale est de 42 mètres, c’est l’une des plus hautes en France, la première étant Beauvais et ses 48 mètres, Amiens 42,30 mètres puis suit la nef de Metz. La véritable richesse de la cathédrale Saint-Etienne de Metz, ce sont ses vitraux. La cathédrale Saint-Étienne, de style gothique. Avec plus de 6000 mètres carrés de vitraux réalisés par Hermann de Münster (1381), Théobald de Lixheim (1504), Valentin Bousch (1521-1539), Laurent-Charles Maréchal (1847), Jacques Villon, Roger Bissière ou Marc Chagall est la cathédrale qui possède la plus grande surface de baies. Nous sommes à la réunion des 2 anciennes églises, c’est ici que sont érigées les 2 tours, il y a la tour de Mutte, elle culmine à 90 mètres, actuellement elle est en réparation, elle est toute enveloppée à l’extérieur. Mutte est la célèbre cloche qui se trouve dans la tour dite de Mutte, la cloche Mutte pèse 11 tonnes, elle a été suspendue au XIV.me siècle, ce nom de mutte vient du verbe ameuter. Elle servait à donner l’alarme, et de rassembler la population en cas d’attaque ou d’incendie, elle était actionnée aussi pour les évènements importants de la cité. Elle a sonné pour la dernière fois à la volée, à l’occasion des fêtes de la victoire en 1918. Il y a eu des fragments de pierre qui sont tombés sur la place d’Armes, à cause des vibrations qu’elle engendre, ça déstabilise la tour. Pour des mesures de sécurité, on l’a fait uniquement sonner les 12 coups de midi, et le jour d’élection, tous les quarts d’heure, quelque soit l’élection, afin de rappeler aux citoyens à leur devoir d’électeur. Aujourd’hui la mutte est donc muette à cause de la restauration de sa tour, l’autre tour de la cathédrale se nomme, la tour du chapitre, elle culmine à 69 mètres. Le soleil fait son apparition à travers les vitraux, nous pouvons contempler toute la beauté des vitraux, ils sont multicolores. En 1943, certains vitraux ont été ravagés par une tempête de grêle, ils ont été remplacés en 1959, par des vitraux modernes. La cathédrale de Metz a été bâtie sur le modèle de celle de Reims, c’est le style gothique champenois, qui est né en Champagne. Le gothique champenois c’est le raffinement des sculptures, on peut y remarquer des guirlandes de feuillages, des angles très aigus, des piliers à colonnettes, des fenêtres hautes qui occupent toute la partie supérieure de l’édifice. A l’extérieur, ce sont une multitude d’arcs boutants, ils sont très dégagés et légers, c’est vraiment le style champenois en terre Lorraine. Nous sommes devant un pilier à colonnettes, il est de 42 mètres de haut, les colonnettes montent jusqu’à la galerie. Les vitraux font 15 mètres de haut, la luminosité est parfaite à l’intérieur de la cathédrale. Nous passons devant une très belle chaire, nous découvrons un orgue suspendu, on dit en nid d’hirondelle, il date du XVI.me siècle, des concerts d’orgue sont donnés à la cathédrale, on y joue de la musique renaissance. Les volets sont fermés, ils sont verts, ils protègent de l’empoussiérage et de la visite des oiseaux dans l’édifice. Les volets une fois ouverts sont rouges, ils ont une fonction acoustique, pour répandre la musique dans la cathédrale. La cathédrales possède aussi de grandes orgues, elles sont quant à elles plus modernes, elles datent de 1970. Nous sommes devant le chœur, la cathédrale a la forme d’une croix, on dit que c’est la position de Jésus sur la croix. La tête de jésus c’est donc le chœur, les bras de Jésus sont les transepts, le corps de Jésus, c’est le centre entre 2 rangées de piliers, on dit que c’est la nef. De chaque côté de la nef, il y a 2 allées, que l’on appelle les bas côtés, on a donc bien la position de Jésus sur la croix. De chaque côté du chœur, il y a 2 puits de lumière, ils sont alimentés par de magistraux vitraux du XVI.me siècle. Le chœur est surélevé, au-dessous se trouve la crypte romane, de chaque côté du chœur se trouve de magnifiques stalles, elles ont été sculptées à Colmar pendant l’annexion allemande en 1913. L’autel vient d’être restauré, il est en bronze, que l’on a récupéré dans les caves de la cathédrale, il avait été réquisitionné par les allemands.
Nous continuons la découverte des vitraux dans le chœur, on y découvre Sainte-Barbe, Saint –Clément qui fut le premier évêque de Metz, il évangélisa la ville en neutralisant le monstre qui y sévissait, le fameux Graoully. Nous découvrons le gisant d’un évêque de Toul, il date du XIV.me siècle, il est représenté avec un chien à ses pieds. Un vitrail représente la création d’Adam et d’Eve, quand le soleil est très puissant, le vitrail devient éblouissant, ce phénomène est unique, il est du à la composition du verre employé pour réaliser le vitrail. Nous circulons dans le déambulatoire, où sont disposés de superbes vitraux, ils sont du XX.me siècle, ils ont remplacé des vitraux détruits lors de l’explosion d’un pont proche de la cathédrale en 1944. Nous passons devant une baignoire qui faisait office de fonds baptismaux, elle est de l’époque gallo-romaine, elle est décorée d’une tête de lion. Nous sommes dans une chapelle, elle est dédiée à notre dame de bon secours, comme c’est un lieu de prière, nous nous ne éternisons pas davantage. Nous ressortons de la cathédrale, un timide soleil nous accompagne jusqu’au bus. Nous circulons dans la vieille ville de Metz, nous apercevons des maisons à arcades, nous voici arrivés au restaurant où nous allons déjeuner.
Après un bon repas, nous reprenons notre circuit en bus, nous quittons la Lorraine, nous voici dans l’ancien duché du Luxembourg. Auparavant Thionville et sa région faisaient partie du grand duché du Luxembourg, en 1476, cette région était vinicole. Le duc de Bourgogne de la maison valois, celui qui dans l’histoire est connu sous le nom de Charles le Téméraire rêvait de faire un grand état bourguignon. Seule la Lorraine manquait à son tableau, afin d’avoir un territoire homogène entre la Hollande et la Rhénanie en passant par la Franche Comté. Charles le Téméraire va accomplir de nombreuses campagnes militaires pour arriver à son hégémonie, il devra s’affronter aux suisses, il sera défait aux batailles de Mora et de Crançon. Il arrive tout de même à englober la Lorraine et Liège au duché de Bourgogne, il veut faire de Thionville le centre de ses états. Nous sommes dans la banlieue de Thionville, sur une colline qui domine la ville, où se trouve un pressoir à raisin appelé crève cœur. L’idée était que toute la population vienne presser le raisin à cet endroit, le rêve s’écroulera en janvier 1477 quand Charles le Téméraire périra au siège de Nancy. Nous avons une très belle vue sur la vallée, nous sommes au sommet de la colline, la ville de Thionville s’étage à nos pieds. Nous descendons du bus pour aller contempler le crève cœur, le soleil est le bienvenu, nous sommes accueillis par les chants d’oiseaux. Nous faisons le tour de l’immense pressoir, Bien sûr pour avoir le droit de presser le raisin, il fallait s’acquitter d’un impôt, car Charles le Téméraire avait un grand besoin d’argent. Ses campagnes militaires étaient très onéreuses, tant contre les suisses, dont ils voulaient s’emparer de certaines terres qu’ils possédaient. Mais aussi les pays rhénans et allemands, à signaler qu’à l’époque il y avait un roi de France impitoyable, Louis XI, tellement malin, il faisait battre les autres et récoltait ce qu’il avait envie de prendre à la fin des hostilités. Louis XI va tout faire pour lancer Charles le Téméraire dans le guétapens suisse, les troupes suisses sont brillantes et reconnues comme telle dans toute l’Europe. Les troupes suisses sont engagés dans tous les états européens, la Suisse ne produisait que des hommes, aujourd’hui encore la garde pontificale est constituée de suisses en souvenir de cette période XV.me siècle à nos jours sans interruption. Les suisses se faisaient très bien payer, l’expression est pas d’argent pas de suisse, Louis XIV râlait parfois de payer si cher le service des suisses. Comme la demande était forte pour engager des soldats suisses, le prix du marché devenait de plus en plus fort, ce qui faisait la part belle à la ville de Berne, capitale de la Suisse. Nous reprenons la route, nous traversons Thionville, c’était une véritable forteresse qui devait défendre le duché du Luxembourg contre la France, les bourguignons vont s’en emparer. La ville deviendra possession bourguignonne, en 1477, les lorrains vont l’occuper un certain temps, puis la ville redeviendra dans le giron des successeurs féminins des ducs de Bourgogne. Ensuite le duc de Guise s’emparera de la ville pour le compte du roi de France Henri II. Un siècle plus tard, le cardinal Richelieu fait le siège de la ville pour la conquérir, il échouera, c’est le maréchal de Vauban qui s’en emparera. Par la suite, il fortifiera Thionville qu’il a prise aux Haltzbourg. Les prussiens vont défendre Thionville sous napoléon, lors de la campagne de France, elle est défendu militairement par le général d’empire Hugo, père du célèbre Victor Hugo. En 1870, lors de la guerre franco prussienne, la ville sera défendue par les français, mais elle parviendra tout de même à être prise. De la ville ancienne il ne reste praticablement rien, à part un endroit que l’on appelle la tour des puces. Selon la légende, Charlemagne avait créée ici un chenil, dans une tour où il mettait ses chiens. Ceux-ci étaient tellement habités par des puces, que toute la population était envahie de puces, il a donc fait construire une tour pour y loger tous ses chiens. La tour à donc pris le nom de tour aux puces, au lieu de tour aux chiens. Thionville est aujourd’hui un désert industriel, auparavant on y trouvait des mines de fer, un grand secteur métallurgique, et bien d’autres industries liées à l’acier. Nous sommes tout près de Florange et de Hagondange, nombreux sont les villages ici qui se terminent par ange. Ce terme signifie un lieu construit par une personne, Hagondange a été construit par un germanique dont le non était Hagond. En 1870, ce sont tous les territoires de langues allemandes en Alsace et en Loraine, qui ont été annexés par les prussiens. La Prusse a donc annexé toute l’Alsace sauf un arrondissement du Haut-Rhin, le territoire de Belfort, et le département de la Moselle en Lorraine, par contre 2 cantons vosgiens parlant allemand ont été annexés entre 1870 et 1918. Jean-Louis notre guide, nous narre l’épisode des courriers envoyés entre l’impératrice Eugénie et Bismarck, et la réponse faite à l’impératrice par Clémenceau en 1918, où il traitait Eugénie de vieille bique. Nous passons devant des bâtiments qui ont vraiment l’architecture allemande, les maisons sont séparées des unes des autres, la ville de Thionville a conservé des régiments militaires, ce qui lui permet de survivre économiquement. Le drapeau lorrain est de couleur jaune, sur lequel se trouve 3 oiseaux, selon la légende, ces 3 pigeons ont été transpercés par une seule flèche, qui aurait été tirée par un noble de la région, il est connu sous le nom de Godefroy de Bouillon. Thionville a subi beaucoup de dégâts lors de la seconde guerre mondiale, La ville de Thionville est très verdoyante, elle possède de nombreux parcs et jardins. Nous sortons de Thionville, et nous voici à Manom, où nous allons visiter le château, il fut la propriété du duc de Belle-Ile au milieu du XVIII.me siècle, il était le petit fils de Fouquet, le super intendant sous Louis XIV. Le dit petit fils est à l’origine des superbes places que nous avons découvertes ce matin à Metz, voici une présentation du château de Manom :
Le château de La Grange construit en 1731 est situé au lieu-dit la Grange à Manom (Moselle) en Lorraine. Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis février 1984. Un château est mentionné dès 1106. Il a appartenu successivement à la famille La Grange, puis est passé à la fin du XIV.me siècle à la famille Solouvres. De 1445 au début XVI.me siècle il appartient à la famille Chinery , puis à la famille Brandebourg jusqu’en 1657 à la famille Argenteau jusqu’en 1701 date à laquelle il est acquis par Brice Gomé des Hazards. Le château qui a été ruiné par la guerre de Trente Ans est alors reconstruit par son fils Christophe Gomé des Hazards à partir de 1731 sur des plans de l’architecte Robert de Cotte et vendu à Fouquet en 1752, pour revenir à la famille de Bertier en 1803. Durant les deux guerres mondiales, il est occupé et très endommagé. Il est restauré depuis 1950. Le château de la Grange a vu les séjours de Casanova, du duc et de la duchesse de Windsor, du colonel de Gaulle. Du château médiéval il ne reste que les douves et une partie des caves en partie reconstruites XVII.me siècle. L’entrée se fait en traversant les douves sur leurs trois ponts, le pont-levis et les trois portes charretières et piétonnes pour atteindre la basse-cour pavées(tous éléments classés monument historique). Les bâtiments sont avec étage et étage de combles avec des décors de sculptures, ornements, fleurs, têtes d’hommes et de femmes et armoiries : les armes des Fouquet, des Bertier de Sauvigny et des Selancy sont présentes. Des travaux effectués au XIX.me siècle consistent en la construction de dépendances, de la maison neuve datée 1856 sur le linteau de la porte piétonne et des maisons dites d’Alger et du gardien.. Le pigeonnier a été inscrit monument historique le 28 février 1984 et les autres dépendances, à l’exclusion des communs du XIX.me siècle ont été classées (les douves, leurs trois ponts, le pont-levis, la ferme, la cour du colombier et les trois habitation qui l’entourent, l’étable, l’ancienne écurie). Le château comporte un ensemble remarquable de mobiliers du XVIII.me siècle, d’objets d’art, de céramiques et de tableaux. Sont classés monument historique l’escalier de service et l’escalier principal, la salle à manger, le grand hall et leurs poêles en faïence, le salon rouge, la chambre Empire et la salle de bains Empire, le salon bleu, la bibliothèque lambrissée installée dans l’ancienne chapelle (et son escalier, sa tribune et sa cheminée), la cuisine, sa cheminée et son four à pain, la grande chambre et la chambre dorée. La même famille y demeure depuis plus de 250 ans. Sont aussi remarquables un monument sépulcral et une croix monumentale. Des éléments architecturaux sont classés monument historique : les terrasses et leur balustrade, les escaliers, les deux lions et les deux chimères de pierre. Le jardin classique a disparu et c’est le paysagiste Franck Neau qui a créé le jardin actuel. Il est connu pour ses fleurs de tous pays : des prairiales, qui donnent ainsi leur nom au jardin (Jardin des Prairiales). La vaste pelouse centrale est encadrée par deux larges bandes de prairies semées de fleurs. Ce jardin possède une vaste collection de buis dans le sous-bois qui prolonge les prairiales. L’autre côté est plantées de buis et fleuri de lys et d’hémérocalles. Le jardin des Prairiales est membre du réseau « Jardins sans Limites »
Nous franchissons l’ancien pont levis, nous effectuons le tour du propriétaire en flânant dans les jardins, la fin d’après-midi est clémente, notre pas est rythmé par le chant des oiseaux. Ensuite nous sommes conviés à la visite du château, la guide nous brosse l’historique du château sur une de ses magnifiques terrasses. Nous commençons la visite par la pièce la plus ancienne du château, nous montons pour visiter la chambre dorée, puis la chambre polonaise du XVII.me siècle, on peut y remarquer un écureuil sculpté, c’est un petit clin d’œil à la famille Fouquet. Cette chambre est privée, elle serait encore utilisée par les propriétaires actuelles, dont la mère du comte a fait rénover cette chambre en 1980. L’ancienne comtesse fut élue maire de Manom en 1944, elle le restera pendant 44 ans. Nous passons dans un salon, les murs sont recouverts de portraits de la famille, nous empruntons un escalier majestueux pour descendre à l’étage inférieur. Nous visitons un grand salon, où trône un immense poêle en fonte émaillée, et bien d’autres meubles, dont une chaise à porteur qui provient de Corse. Nous abordons la salle à manger, elle est encore utilisée par les propriétaires actuels quand ils reçoivent, on aperçoit un tableau qui représente Louis XIV, la famille Fouquet lui était très proche avant qu’il les ai mis en disgrâce du royaume. Nous continuons la visite en circulant dans de nombreuses pièces et salons, nous nous rendons dans la bibliothèque, elle a pris place dans l’ancienne chapelle du château. Nous voici dans le salon bleu, puis nous voilà au salon rouge, tous les salons possèdent un mobilier très riche. Nous traversons la chambre empire, nous pénétrons dans la salle de bains, la baignoire est creusée dans un seul bloc de marbre, elle a appartenu à Pauline, la sœur de napoléon. Après une bonne heure de visite, nous rejoignons notre bus pour continuer notre circuit en Moselle. Thionville était un quartier de Luxembourg, le duché du Luxembourg était immense, il s’étendait en Belgique, en Allemagne et en France. Le duché du Luxembourg est occupé par un grand duc, aujourd’hui le duché compte 400000 habitants et s’étend sur à peine 5000 kilomètres carrés. Pour exister, on a créé un grand nombre de banques, et pour attirer l’argent, on en a fait un paradis fiscal, il est très apprécié des grandes fortunes européennes. En 1815, on a voulu recréer les anciens pays bas, la Hollande, la Belgique et le duché du Luxembourg. Cet ensemble devait faire un état important, dont le rôle était de s’opposer à la France. En 1830, les belges se soulèvent, ils gagnent leur indépendance, ensuite le duché du Luxembourg sera territoire de la Hollande, puis il deviendra autonome. Nous faisons une petite incursion au Luxembourg, la ville de Luxembourg compte 80000 habitants, quand nous passons la frontière nous en sommes à 29 kilomètres. Nous sommes tout près de Trêve, qui se trouve en Allemagne, nous roulons dans un environnement très boisé. Nous repassons la frontière, nous revoici en France, nous empruntons l’A31, nous apercevons des hauts fourneaux qui ont cessé leur activité. C’est à 20 heures que nous arrivons à Nancy, nous dînons à l’hôtel, après lequel nous allons flâner sur la place Stanislas qui se trouve à quelques enjambées.

Jour 2 : Aujourd’hui nous prenons la direction des Vosges, nous nous rendons à Epinal, plus nous approchons du massif vosgien, plus nous sommes entourés de forêts de sapins. Les arbres abattus aux sommets des cimes sont débardés par des chevaux de trait, ils amènent les grumes jusqu’à l’endroit où des engins motorisés peuvent les prendre en charge pour les descendre dans la vallée où des grumiers les attendent pour être transportées dans les scieries. Nous roulons au milieu de vastes prairies, elles sont parsemées de petits bosquets, ils sont implantés sur des petites collines, ce sont des tumulus sous lesquels se trouvent des tombes gallo-romaines. Les Vosges sont le paradis des mirabelles et des myrtilles, Nous approchons du château de chatel-sur-Moselle, il a été reconstruit et restauré par des équipes de bénévoles. Nous arrivons à Epinal, la présentation en est faites en fin de document ainsi que celle du département des Vosges. Voici par contre une présentation du musée de l’imagerie :
Le musée de l’image est situé à Épinal dans les Vosges. La ville est connue pour sa tradition imagière. Cartiers et dominotiers à l’origine, les imagiers d’Epinal ont produit des images en feuilles depuis le XVIII.me siècle mais ce sont les imageries Pinot et Pellerin, qui font sa renommée au XIX.me siècle. Pour valoriser ce patrimoine, la Ville d’Epinal a créé en 2003 le Musée de l’Image, qui gère aujourd’hui l’une des plus importantes collections d’images populaires françaises et étrangères du XVII.me siècle à nos jours. Le Musée de l’Image et l’Imagerie d’Epinal se situent sur un même site intitulé Cité de l’Image. Inauguré en 2003, le Musée de l’Image est un bâtiment contemporain dont la façade en verre laisse deviner une « fête au village », gigantesque image formée d’une foule de petites images. Il a été construit juste à côté de l’ancienne Imagerie Pellerin, entreprise privée toujours existante, où l’on peut visiter les anciens ateliers, connaître les techniques d’impression et acheter des images. L’Imagerie d’Épinal et le Musée de l’Image sont complémentaires ; la billetterie, commune aux deux établissements, propose un billet groupé pour visiter l’ensemble de la Cité de l’Image. Le Musée de l’Image conserve de nombreuses feuilles produites dans les grands centres imagiers français du XVII.me siècle à nos jours. Mais il est particulièrement riche de la période du XIX.me siècle qui voit la mise en place des imageries de l’ère industrielle dans l’Est de la France (Epinal, Metz, Jarville, Pont-à-Mousson…). Les imageries étrangères sont également présentes : Allemagne, Italie, Belgique, Espagne, Autriche… mais aussi Inde, Japon, Chine… Quelques éléments d’impression (bois gravés et pierres lithographiques) proviennent essentiellement de l’imagerie d’Epinal. En juin 2010, la Ville d’Épinal a acquis la collection privée de M. Henri George. Cet ensemble de 85000 pièces est composé non seulement d’imageries populaires mais également de vues d’optique, de chromos publicitaires, de canivets particulièrement rares et de nombreuses images religieuses, de littérature de colportage…Ces pièces de qualité et pour certaines très rares sont dévolues aux collections du Musée de l’Image. L’achat de cette collection triple le fonds du usée, qui conserve désormais la plus importante collection d’images populaires en France (110000 environ). Le Musée de l’Image acquiert également des images contemporaines, comme les maquettes de papier ou les images scolaires, dans la continuité des productions traditionnelles. Il développe aussi depuis son ouverture une politique d’acquisition d’œuvres d’artistes contemporains dont le travail s’est trouvé en rapport avec les images. Les peintures de Dorothée Selz et les images de la série de guerre, les photographies de Clark et Pougnaud et le thème des degrés des âges, la photographie contemporaine de Karen Knorr (qui ouvre l’exposition permanente), les œuvres de Jochen Gerner… La salle d’exposition permanente développe sur 400 m² l’histoire de l’imagerie populaire du XVII.me siècle à nos jours, les graveurs, les centres imagiers…Elle explique ensuite les fonctions des images : édifier, jouer, instruire, vendre… Images religieuses, historiettes pour enfants sages, images de propagande, théâtres de papier, feuilles de soldats, images satiriques et publicité, l’exposition présente la plupart les thèmes traités dans l’imagerie populaire. Pour des raisons de conservation, les images de la salle permanente sont remplacées tous les six mois pour ne pas être exposées trop longtemps à la lumière. Plusieurs expositions temporaires sont proposées chaque année. Elles développent des thématiques qui permettent d’approfondir des sujets liés à l’Imagerie. Depuis son ouverture, le musée a proposé des expositions temporaires sur des thèmes aussi variés que Napoléon, les contes de Perrault, les Amériques, les décors de théâtre ou les années 60…Grâce à la lecture des images, le musée apporte un éclairage sur l’évolution des mœurs, des goûts, de notre imaginaire… Il élargit toujours le propos en comparant images d’hier et images d’aujourd’hui, afin que les unes permettent la compréhension des autres. Chaque exposition permet de connaître le travail d’artistes contemporains, en connivence avec les images anciennes.
Nous commençons par visiter l’exposition temporelle, le thème en est rois et reines. Au XIX.me siècle, les gouvernants vont avoir besoin de support de propagande pour asseoir leur pouvoir. Comme une grande partie de la population ne sait pas lire, on va s’appuyer sur des images pour mettre en valeur l’intérêt de mieux connaître la vie de la royauté ou de l’empire à la population. Pour étayer cet état publicitaire, Napoléon III va avoir à son service, un certain monsieur Pinot, directeur de l’imagerie d’Epinal. Il va diffuser à travers toute la France, une série de 10 bases remontant aux premiers rois de France. Le premier roi de France est le légendaire Faramon, il veut se rattacher à un prince troyen, il a fui Troie conquis par les grecs, il est venu se réfugier sur les bords du Rhin, et il est à l’origine des francs. Il eut un fils Mérovée, qui eut Childéric comme fils qui était le père de Clovis. Les images représentent donc tous les rois et les reines depuis Clovis, Entre la dynastie des mérovingiens et celle des carolingiens, il y eut une révolution, mais il ne fallait pas que ça apparaisse dans l’imagerie populaire. On fait comme si les mérovingiens s’étaient éteints, et que les carolingiens avaient pris le pouvoir automatiquement. Le second carolingien, Charlemagne va poser un problème à l’imagerie populaire, car ce brave Charlemagne a plusieurs épouses en même temps, les images font apparaître les épouses l’une après l’autre, alors qu’elles cohabitaient toutes à la même époque avec Charlemagne. Les images ne font pas cas de l’échafaud pour Louis XVI et Marie-Antoinette, napoléon est représenté uniquement avec Marie-Louise d’Autriche sa seconde épouse, mais pas avec Joséphine sa première femme. Napoléon III est présenté avec l’impératrice Eugénie, qu’il avait choisi pour le peuple, elle n’était pas de descendance royale, mais de la grande noblesse espagnole. En fait il n’y a aucun lien entre napoléon premier et Napoléon III, le père virtuel de ce dernier est Louis Bonaparte, on sait très bien quand Napoléon III fut conçu, Louis Bonaparte n’était pas auprès de sa femme. Il était en ce moment là, roi de Hollande, c’est un amiral hollandais, qui était le soutien moral et physique d’Hortense. Après une trentaine de minutes au milieu d’images relatant l’histoire de France en gommant les exactions royales, nous sommes conviés à la visite des ateliers de l’imprimerie. Jusqu’en 1984, c’est les descendants de la famille Pellerin qui ont été à la destinée de l’imprimerie, qui est toujours privée. L’imprimerie accueille un grand nombre de visiteurs par an, elle emploie 11 employés, dont 4 qui travaillent dans les ateliers de production. A l’époque de Jean-Jacques Pellerin, créateur de l’imprimerie de l’image à Epinal, des imageries on en trouvait dans le monde entier. . L’imprimerie où nous sommes actuellement est la seule qui continue à produire des images de façon traditionnelle, et artisanale, donc tout ce que nous voyons ici est unique au monde. Les premières images éditées par Jean-Jacques Pellerin furent religieuses, pour les fabriquer, on utilisait un bois gravé. On grave donc dans le bois l’illustration à reproduire, c’est ce que l’on appelle l’xylographie. Le bois utilisé pour effectuer cette opération provenait de fruitiers, ils étaient choisis pour leur dureté sous la presse et pour leur souplesse à la taille. La pression exercée pour frapper le papier est de 500 kilos, en 1820, le bois est abandonné, il est remplacé par du métal. Pour obtenir la plaque métallique, on passe par un moule que l’on obtient en passant par un bois gravé. Notre guide va s’exercer à une impression, il nous présente le chat botté, qui est l’entête de l’imprimerie actuellement. L’opération terminée, nous passons dans une autre salle, le coloré se fait au pochoir à la main, des plaques métalliques sont percées de trous qui correspondent à la couleur à imprimer. Il faut autant de plaques troués ou de pochoirs, qu’il y a de couleurs. Le travail est très minutieux pour découper les lucarnes dans la plaque métallique, qui correspondent aux parties à colorer. Pour découper les plaques métalliques, on utilise une machine appelée pédalette, c’est une sorte de petite scie, elle est actionner par le pédalage de l’ouvrier. Pour éviter la coulure des couleurs, on fait un léger martelage autour des fenêtres réalisées dans le pochoir. Une autre astuce, c’est de mettre un peu de lard de cochon, sur le pourtour des fenêtres du pochoir. La peinture étant à l’eau, elle est arrêtée par la fine couche de gras, c’est ce que l’on appelle la répulsion des corps gras par l’eau. Pour colorer 80 chats bottés, il faut 6 heures de travail. C’est pour cela, que l’on va avoir les machines à colorer les images qui vont arriver à partir du XX.me siècle. A l’heure industrielle, on passera à 500 images par heure, en plus, on réalise l’impression de 9 couleurs à chaque passage. La machine à colorer est appelée aquatique, nous sommes face à 2 de ces machines, elles fonctionnent toujours, une est de 1911 et l’autre est de 1922, elles sont encore utilisées pour certaines impressions d’images. Le second changement, c’est l’abandon du gravage, avec l’apport de la pierre, on va dessiner sur la pierre comme sur une feuille de papier, les images deviennent donc plus raffinées et fines. 3 étapes pour réaliser une lithographie, tout d’abord le bourriquage comme son nom l’indique c’est la rotation d’un outil qui tourne comme une bourrique, il a pour rôle, d’aplanir et de rendre la pierre lisse comme du papier. La seconde étape est le dessin, nous pouvons voir des pierres dessinées qui sont exposées, dans les caves de l’imprimerie, il y en a plus de 6000 qui y sont stockées. La pierre provient de Bavière et des Cévennes, où plus précisément du Gard. On dessine donc à l’envers sur la pierre bourriquée l’image que l’on veut obtenir sur le papier, le dessin est fait à l’encre grasse. On mouille la pierre, bien sûr l’eau ne reste pas sur l’encre grasse, on joue encore sur la répulsion des corps gras par l’eau, puis arrive la dernière étape où l’on applique le papier sur la pierre dessinée à l’encre grasse, on balaie la plaque métallique au dessus de la feuille de papier avec une sorte de râteau, et par miracle le dessin dessiné sur la pierre et imprimé sur papier. Nous sommes entourés d’images, dont certaines ont été imprimées par des pierres qui datent du XIX.me siècle. Nous terminons la visite par l’atelier, où une coloriste s’affaire à sa tâche, le tirage numéroté est limité à 220 exemplaires, elles sont signées de la main de l’artiste, ensuite on effectue le coloriage avec des pochoirs. Puis nous voici à la boutique de vente, on nous propose des images produites dans les ateliers de l’imprimerie, il y en a à tous les prix, chacun fait ses emplettes, si le cœur et le porte monnaie lui en dit. Nous profitons du soleil, nous allons prendre l’air dans un jardin près du musée de l’imagerie, il surplombe la Moselle. Nous reprenons notre circuit, nous devons aller déjeuner à Gérardmer. Nous sommes au pied des ruines du château d’Epinal, nous quittons la ville, nous roulons dans des forêts typiques des Vosges où le sapin est roi. Enfin, nous voici arrivés à Géradmer, nous sommes attendus au restaurant qui se trouve en bordure du lac, nous allons déguster des escargots aux lardons et au munster frais, un régal !
Après un excellent repas, pour favoriser la digestion, nous allons faire une petite promenade en bateau sur le lac. Le lac fait entre 500 et 750 mètres de large, nous sommes à 650 mètres d’altitude, la longueur du lac est de 2 kilomètres, la hauteur d’eau moyenne est de 16 mètres. La superficie du lac est de 110 hectares, qui contient 119 millions de mètres cubes d’eau, le lac est alimenté par bon nombre de petits ruisseaux naturels, et surtout par des sources naturelles, été comme hiver ces sources alimentent le lac avec une eau qui jaillit à 35 degrés. Aujourd’hui la température de l’eau en surface est de 16 degrés, nous apercevons une zone interdite aux bateaux et à la pêche, c’est un lieu de reproduction des poissons. Sur notre gauche nous découvrons une magnifique demeure, elle date de 1750, un ancien lavoir a été transformé en abri pour pédalos, le tour du lac peut se faire à pied, la distance est de 6 kilomètres. Nous sommes à l’endroit où le lac est le plus profond, sous nos pieds nous avons 38 mètres d’eau. Le lac est entouré de massifs forestiers, nous passons devant un site touristique, en été l’eau varie entre 20 et 25 degrés. Une prairie se plonge à la limite du lac, on y aperçoit une ferme qui se situe à mi pente de la grande étendue d’herbe. Dans la vallée de 16 kilomètres provoquée par la fonte du glacier, 3 lacs ont été formés, celui de Longemer, Retournemer et celui de la ville de Gérardmer. Cette vallée s’appelle, la vallée des 3 lacs, celui de Géradmer est le plus important. Géradmer possède un domaine skiable, il comprend une vingtaine de pistes, elles ont toutes un nom d’animal. Nous sommes au bout du lac, nous revenons à notre point de départ, un voilier évolue toutes voiles au vent, des maisons sont construites sur le rivage, tous les poissons d’eau douce sont présents dans le lac, il faut un permis spécial pour avoir le droit de pêcher dans le lac de Géradmer. Le lac est glacé l’hiver, la couche de glace varie entre 15 et 40 centimètres, on peut donc y faire du patin à glace, de la planche à voile transformée pour glisser sur la glace. Il suffit d’une couche de 5 centimètres pour porter un homme, et 15 centimètres pour permettre à une voiture de circuler sur le lac gelé. Nous abordons la seule partie où la baignade est surveillée, ailleurs elle est autorisée mais à ses risques et périls. Le lac ne déborde jamais, le trop plein se déverse dans la Vologne, tristement connue pour l’affaire du petit Grégory. Après un bon bol d’air de 30 minutes, nous reprenons la route, nous nous dirigeons vers la ville de Thann. Géradmer est connu pour son festival de cinéma fantastique, une des présidentes du jury fut la splendide Marie Laforêt. Nous sommes en direction de Colmar, nous allons empruntés la ligne bleue des Vosges, elle est constituée de toutes les crêtes du massif vosgien, elle s’étire jusqu’à la frontière allemande. Nous gravissons le col de la schlucht, il nous conduit sur la route des crêtes. Maurice Barrès a très bien décrit l’environnement et l’ambiance dans lequel nous roulons actuellement, nous sommes entourés de forêts de sapins. Nous sommes déjà à 1046 mètres d’altitude, nous passons à côté de la source de la Meuse, elle se situe entre le Hohneck et le col de la Schlucht. Nous sommes au sommet du col de la Schlucht, il culmine à 1148 mètres. Nous avons passé la station de ski de la Bresse, c’était le jardin d’entraînement de Jean-Paul Pirat, qui a tant rapporté de titre à la France en ski de fond dans la dernière décennie du XX.me siècle. Nous roulons maintenant sur la route des crêtes, nous sommes dans la région où l’on produit le Munster. Au fond d’une vallée nous distinguons un lac, les prairies sont le royaume des vaches, elles ont de l’herbe à profusion. Nous sommes au sommet du Honeck, cette région fut annexée par l’Allemagne en 1870, car nous sommes en Alsace. Nous circulons à 1270 mètres d’altitude, nous sillonnons toujours la ligne bleue, en contre bas nous apercevons un superbe petit lac. Nous sommes sur le versant alsacien du massif des Vosges, nous sommes dans une contrée d’Alsace où l’on n’a jamais parlé le dialecte alsacien. Nous sommes tout près de Sainte-Marie-aux-Mines, c’est la ville natale du chanteur Jacques Ygelin. Au fond de la vallée, on découvre la ville de Munster, c’est de cette région qu’est natif le docteur Schweizer, qui toute sa vie a soigné les lépreux en Afrique. La Collégiale Saint-Thiébaut est une église gothique dans la ville de Thann en Alsace. À côté des cathédrales de Strasbourg et de Fribourg-en-Brisgau qui sont beaucoup plus grandes, elle est considérée comme une œuvre majeure de l'art gothique le long du Rhin supérieur, c'est-à-dire la région des deux côtés du fleuve se situant entre Bâle et Bingen. Les Thannois se plaisent à dire en parlant de leur clocher : "Strasbourg a le plus haut, Fribourg le plus gros, Thann le plus beau !" La collégiale doit son nom au collège de chanoines venu s’y installer en 1442. Le curé-doyen responsable de la communauté catholique est Gérard Helmer. Cette collégiale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1841. La petite ville de Thann est mentionnée pour la première fois en 1290. Mais déjà trois ans plus tôt est fait état d'une église dédiée à Saint-Ubald Gubbio (mort en 1160), dont est conservé la relique d'un doigt qui a miraculeusement trouvé son chemin d'Italie. La construction de la collégiale actuelle fut commencée dans la première moitié du XIV.me siècle (nef latérale sud, partie basse de la façade ouest). En 1351 débuta la construction du chœur et de la tour. Vers 1400, le tympan de Marie au-dessus du portail ouest était terminé. Il représente la vie de la Vierge Marie sur la base de textes bibliques et apocryphes. La consécration du chœur a eu lieu en 1432. En 1492, la nef nord était terminée, en 1495, la nef centrale. La construction de la tour de l’église, commencée en 1506 par Rémy Faesch, ne fut achevée qu’en 1516. De 1629 à 1631, on construisit la chapelle de la Sainte Vierge au sud de la nef. De 1887 à 1895, on ajouta les pinacles aux contreforts et les toits en tuiles colorées à la collégiale. Malgré sa petite taille, la collégiale est un des chef-d’œuvres de l’architecture gothique flamboyante dans le sud de l’empire du Moyen Âge. Le plan et la voûte sont des exemples du langage artistique du style gothique, la nef centrale sans triforium, typique pour le sud-ouest de l’empire (à comparer par exemple à la collégiale de Colmar et la cathédrale d'Ulm). Le portail de la façade ouest et la tour sont les deux pièces majeures de la collégiale. Le portail fait 18 m de haut et 8 m de large. Les deux portails avec des archivoltes, des extrados avec des personnages et des tympans sont surmontés d’un autre, plus grand, composé de trois archivoltes et d’un tympan en cinq parties. Dans cette composition, on trouve 150 scènes sculptées avec environ 500 personnages, qui relatent la vie de la Vierge sur le tympan principal, la Nativité et l'arrivée des Rois mages sur le petit tympan de droite, la Crucifixion sur celui de gauche. Juste au-dessus du portail, Jésus en juge du monde avec Jean le Baptiste et la Vierge Marie. Sur le fronton, Saint Thiébaut avec des pèlerins. L’autre joyau est la tour d’une hauteur totale de 78,14 m. C’est l’une des rares tours du Moyen Âge avec une tracerie de 22 m de haut, proche de celle de la cathédrale de Bâle. À partir de 40 m la tour est octogonale ; un noyau d’escalier est ouvert dans la partie sud-ouest. La cloche la plus ancienne date de 1467. À l'intérieur de l’église, il y a entre autres une statue assise de saint Thiébaut, une madone des vignerons datant d’environ 1510, dans le chœur des statues des apôtres du XV.me siècle. Les stalles (après 1492) comportant de nombreux détails, sont les plus belles de l’Alsace (restauration 1900/1902, prolongation vers l’est 1906). Les peintures murales baroques sont de F. Hillenweck. Les vitraux datent du XV.me. L’autel principal existe depuis 1845. De nouvelles verrières pour le chœur ont été inaugurées en 2010. Elles sont l'œuvre du père Kim En Joong.
Thann possède une collégiale et non pas une cathédrale, car il n’y avait pas d’évêque, mais un collège de chanoine, ils sont venus s’installer à Thann au XV.me siècle. Saint-Thiébaut était l’évêque de la ville italienne de Cubio, cette église lui est dédiée. Nous sommes sur le parvis devant la splendide façade ouest, elle est unique en France puisqu’elle est à triple tympans. Le portail date de la seconde moitié du XIV.me siècle, comme les gens ne savaient ni lire et écrire, on représentait les scènes bibliques sur les façades et les vitraux des églises. Sur la façade sont représentés des pèlerins, car Thann est sur la route des chemins de Saint-Jacques de Compostelle. La collégiale est construite en grès, il est de 2 couleurs, un est jaune et l’autre est rose. Nous rentrons dans la collégiale, nous sommes dans la chapelle qui porte le nom du saint patron de Thann, Saint-Thiébaut, nous découvrons sa statue. Nous sommes dans la partie la plus ancienne de la construction, l’existence de cette chapelle remonte à 1287, elle fut tout d’abord en bois puis en pierre. Ensuite cette chapelle est devenue le chœur de l’église primitive, ensuite la collégiale s’est agrandie. La collégiale a été construite de la fin du XIII.me siècle à la fin du XV.me siècle. La chapelle Saint-Thibaut est de style gothique simple, la statue de Saint-Thiébaut date de 1520. Elle est en bois, elle est recouverte de feuille d’or, elle vient d’être restaurée, c’est pour cela qu’elle est éclatante. Un vitrail du XIX.me siècle illumine la chapelle, Saint-Thiébaut y est représenté avec 2 pèlerins agenouillés à ses pieds, un homme et une femme. Sur l’autel on remarque un bas relief sculpté, qui représente en plusieurs scènes, les origines légendaires de la fondation de la ville de Thann. Pourquoi y a-t-il une église dédiée à Saint-Thibaut à Thann, en même temps il y a une fête annuelle très connue célébrée dans la ville. La fête a lieu le 30 juin, c’est la crémation des 3 sapins. On brûle 3 sapins sur la place de la mairie, en mémoire de cette légende. 3 scènes la décrivent, la première se passe à Cubio en Italie, c’est le jour de la mort de Saint-Thiébaut. Il meurt le 16 mai 1160, toute sa vie il a été très généreux, il distribuait l’argent aux pauvres. Il avait promis à son plus célèbre serviteur, comme récompense à tous ses services rendus, qu’il pouvait récupérer à sa mort son anneau épiscopal qu’il avait à son Pouce. Mais en voulant récupérer l’anneau, le serviteur a pris en même temps le pouce, il s’est donc retrouvé avec la relique de Saint-Thiébaut. Le serviteur qui n’était pas italien a voulu retourner dans son pays natal, il y a 2 versions, soit en Lorraine ou au pays bas, toujours est-il qu’il arrive à l’emplacement de la ville de Thann. A l’époque le lieu était recouvert de sapins, le bas relief de l’autel l’atteste. Il arrive donc à Thann en 1161, il fait une halte, il a son bâton de voyage, dans lequel il a mis la relique. Il fait une sieste, et quand il veut reprendre sa route, le bâton était comme enraciné dans le sol. Il ne pouvait plus le récupérer, à ce moment là, 3 lumières ont jailli du sapin où il était adossé. Ils sont représentés sur le bas relief par 3 anges, les 3 lumières ont été aperçues par le comte de Ferreth, il habitait sur les hauteurs de la future ville de Thann dans un château. La dernière scène représente, le serviteur explique au comte de Ferreth qu’il est en possession de la relique de Saint-Thiébaut, avec les 3 lumières le comte voit un miracle, un signe de dieu, et il décide de faire construire à cet endroit une chapelle dédiée à Saint-Thiébaut. Une fois la promesse faite, le bâton se détache du sol, Chaque année, on brûle donc 3 sapins, pour rappeler les 3 lumières qui ont jailli du sapin où était adossé le serviteur. Le 30 juin, car la légende raconte que le serviteur de Saint-Thiébaut est arrivé à Thann le Premier juillet 1161, la fête se déroule donc la veille. La légende rejoint bien la réalité, car on se trouve bien devant la relique de Saint-Thibaut, elle est posée sur l’autel, on la sort tous les 30 juin de chaque année. En fait ce n’est pas le pouce comme le dit la légende, mais la relique n’est qu’un fragment de peau de l’auriculaire droit de Saint-Thiébaut. La relique a été scientifiquement attestée, par des prélèvements effectués sur le corps de Saint-Thiébaut, qui repose dans une chasse dans la cathédrale de Cubio. Nous nous dirigeons vers le chœur de la collégiale, la nef et le chœur ont 22 mètres de long, les voûtes culminent également à 22 mètres. La collégiale n’a pas de transept, la croix latine est donc pas formée, ce n’est pas rare dans les églises de style rhénan, mais comme toutes les églises, elle est dirigée vers l’est. Le chœur possède 51 stalles, elles sont réparties de part et d’autre du chœur, les stalles datent pour certaines du XV.me siècle et d’autres du XVI.me siècle, elles sont en chêne. Les chanoines se tenaient debout, à leur place dans leur stalle respective, toutes les stalles n’étaient pas occupées, car la collégiale ne recensait que 15 chanoines. Les stalles ont été protégées lors de la seconde guerre mondiale, par des sacs de sable et des planches de bois. Quant aux vitraux, ils ont été démontés pendant la seconde guerre, et ont été mis à l’abri dans la cave d’un château en Dordogne. Les vitraux datent du XV.me siècle, ils ont été réalisés en 7 ans, certains font 15 mètres de haut. Les vitraux sont en rond, ils rappellent les miracles qu’a faits Saint-Thiébaut. Par la provenance des pèlerins d’Europe du nord, des miracles de Saint-Thiébaut lui sont rapportés en Allemagne, en Poméranie et en Pologne. Nous ressortons de la collégiale pour aller admirer la flèche qui culmine à plus de 78 mètres, elle a l’allure d’une dentelle qui s’élance dans le ciel. Nous pouvons contempler les tuiles vernissées, elles ont été ajoutées par la suite au XIX.me siècle. La visite terminée, nous faisons quelques emplettes, sans oublier d’aller regarder les 3 ronds dessinés sur la place de la mairie, ils matérialisent l’endroit où sont brûlés les 3 sapins chaque année, le 30 juin. Nous reprenons place à bord du bus, nous continuons notre circuit, une falaise ressemble à une tête de sorcière à la sortie de Thann. Sur une colline nous apercevons une croix de rogations, nous prenons la direction de Remiremont qui se trouve dans les Vosges. Le folklore alsacien est très marqué, si le village est catholique, les femmes catholiques ont la robe rouge, par contre dans les villages protestants les femmes ont la robe verte. Par contre les communautés juives, dans le folklore, les femmes ont une robe grenat. Maintenant une catholique, dans un village protestant, elle portera la jupe verte avec un petit liserai rouge en bas de la robe. Par contre une protestante dans un village catholique, la femme portera la robe rouge avec un liseraie vert en bas de la robe. La coiffe traditionnelle alsacienne, l’espèce d’oreilles de chien, qui est noir, ce n’est pas la couleur d’origine, elles sont noires depuis l’annexion de l’Alsace en 1872, auparavant les coiffes étaient de couleur rouge. Les hommes dans le folklore alsacien porte un grand chapeau noir, sauf dans un coin d’Alsace où ils portent un bonnet de fourrure. La fortune du jeune homme se signale par le nombre de boutons qu’il porte sur son costume, beaucoup de juif en alsace faisaient commerce de peaux de lapins. Michel Debré, premier ministre du général de Gaulle, porte un nom patronymique choisi à la révolution, car la famille est d’origine juive alsacienne. La région de Thann a beaucoup souffert lors de la seconde guerre mondiale, il y eut beaucoup de destructions. Nous roulons dans une vallée très étroite, nous sommes entourés de vigne, elle produit le vin de Thann. L’alsace et la Moselle ont depuis 1918, des lois particulières, dont le concordat de l’église, et beaucoup de droits sociaux qui résultent de leur annexion de 1870 à 1918. Nous voici de nouveau en Lorraine, nous sommes dans le département des Vosges, sur notre gauche nous côtoyons la Moselle. Nous abordons Remiremont, la ville comptait 32 quartiers de noblesse, c’est pour dire que toutes les personnes qui étaient chanoinesses de Remiremont, venaient de grandes familles. Souvent les abbesses qui étaient en titre et en charge appartenaient à la famille royale, il en est même de la dernière, Louise princesse de bourbon condé. Elle était la tante du duc d’Enghien, qui fut fusillé à Vincennes, sous Napoléon. Lorsque le chapitre sera détruit par la révolution, Louise de bourbon Condé ira en exil en Suisse, en Allemagne, en Pologne et en Russie. Elle sera tour à tour carmélite, bénédictine, ursuline etc. Elle reviendra en France pendant la restauration de Louis XVIII et elle fondera l’abbaye Saint-Louis du Temple. Nous passons devant un bâtiment qui dépendait du chapitre noble, aujourd’hui il est occupé par une administration. La princesse Louise de bourbon Condé sera abbesse de Saint-Louis du Temple, nous passons devant des maisons entourées de galeries couvertes. Nous quittons les Vosges, nous sommes revenus en Meurthe-et-Moselle, nous approchons de Nancy. Après le dîner, pour nous détendre, nous allons faire un tour dans la vieille ville de Nancy sous un petit crachin.

Jour 3 : C’est sous un timide soleil que nous prenons la direction de la Meuse, nous nous dirigeons vers Verdun, haut lieu de bataille lors du conflit de la première guerre mondiale. La région de Verdun a des villages inhabités qui ont un maire, comme Douaumont ou Fleury-derrière-Douaumont, car certains terrains appartiennent encore plus ou moins à des propriétaires. Ces villages sont déclarés zones historiques, par conséquent ils ne peuvent pas être habités. Au long de notre circuit, nous allons traverser 2 forêts, celle des Ardennes et celle d’Argonne. Nous sommes toujours entourés de petites collines ou tiges, Verdun était auparavant une ville très artistiques, dont les artistes étaient très demandés dans les principautés voisines, et notamment pour réaliser des chasses. Pendant 30 ans Verdun a eu un prince évêque, Henri de Verdun, il était particulièrement amis des arts, il est à l’origine de la création de l’école de Verdun, école spécialisée dans la confection des chasses contenant les ossements présumés des Saints-patrons des villes avoisinantes. Nous roulons sous une fine pluie, nous passons devant un vaste bâtiment religieux, nous distinguons la cathédrale de Toul. La Lorraine est composée de 2 départements agricoles, la Meuse et les Vosges, et de 2 départements industriels la Moselle et la Meurthe-et-Moselle. Dans la région de Toul, on cultive de la vigne avec laquelle on produit le gris de Toul. Beaucoup de noms de villages se terminent par ville, ce terme indique qu’ils sont implantés sur d’anciennes villas romaines. Nous commençons a apercevoir le long de la route des stèles, elles commémorent les pertes de soldats survenus à ces endroits pendant la première guerre mondiale. Nous circulons dans un paysage composé de vastes étendus de champs. C’est sous une plie plus dense que nous faisons notre entrée dans le département de la Meuse, dont la présentation est faite en fin de document. La Meuse est le département français qui compte le plus de communes, qui comptent moins de 50 habitants. Les fermes que nous croisons ont un habitat tout en longueur, au début de la grande guerre, la France a subi une grande perte de fantassins, à cause de leur pantalons rouges qui en faisaient des cibles assurées. Nous traversons un village, il appartenait à l’ordre militaire du temple, qui a été créé en Champagne entre le XI.me et le XIII.me siècle, tout près où nous sommes actuellement. Nous traversons bon nombre de petites rivières et ruisseaux, ce sont des affluents de la Meuse, lors des grosses pluies, ils gonflent à outrance et provoquent des inondations en amont de Verdun. Sur notre droite nous apercevons une colonne, elle signale un lieu de combat, les bornes kilométriques rappellent également l’atrocité et commémorent la perte en vies humaines sur la route où nous roulons. Nous découvrons de ci de là, des carrés de province où sont enterrés des soldats qui leur sont originaires, nous passons devant l’un d’entre eux, il est érigé à la mémoire des soldats bretons qui sont tombés à cet endroit. Les prussiens sont arrivés ici en 1792 avec l’armée de Condé, les femmes de Verdun leur ont offert des dragées, ce qui leur a valu de passer devant le tribunal révolutionnaire, puis elles sont passées à l’échafaud. Elles ont été donc les premières à faire la propagande de la dragée, mais a quel prix. Nous arrivons à Verdun, le soleil a réapparu, nous dépassons le mémorial de la bataille de Verdun, il se trouve en face de la maison du général Mangin. La présentation de la ville de verdun se trouve en fin de document. Notre accompagnateur Jean-Louis laisse sa place à une guide, elle va nous faire découvrir la bataille de Verdun. Nous nous dirigeons vers le fort de Douaumont, Le mémorial représente des soldats serrés les uns contre les autres, la devise de Verdun en est, ici on ne passe pas. Nous quittons la place centrale de Verdun, nous passons vers une superbe porte, elle est du XIV.me siècle, on la doit à un des riches marchand, monsieur Vautrec, elle donnait accès à l’est de la ville. La bataille de Verdun s’est déroulée sur les hauts de Meuse, nous découvrons les collines au-dessus des maisons qui furent mises à sang en 1916. Nous quittons Verdun, nous sommes sur une des 2 routes qui verront passer tous nos soldats, ce sont les chemins de la relève. Ils étaient empruntés de préférence la nuit, pour éviter la précision des tirs de l’ennemi, l’autre raison en était, que les futurs combattants ne croisent pas à la lumière du jour ceux qui descendaient du champ de bataille. Ils étaient dans un tel degré d’épuisement après une semaine de durs combats, suivant la saison, ils étaient couverts de boue, trempés jusqu’aux os, et il n’était pas rare qu’ils accompagnaient aussi des camarades blessés. Une fois en ville, les blessés étaient assurés de bénéficier de soins appropriés à leur état, ce que l’on ne pouvait pas leur donner dans les postes de secours de première ligne. La relève se passait donc la nuit, c’était beaucoup moins tragique, et les soldats qui montaient au front ne percevaient pas l’état de leurs camarades qui revenaient du front. La première guerre mondiale a pour point de départ, notre défaite de 1870 contre les prussiens, les allemands vainqueurs annexent l’Alsace et une partie de la Lorraine. La France perd une frontière naturelle, le Rhin, la nouvelle frontière est plus à l’ouest. Nous savons que nous aurons une prochaine guerre contre les allemands, la France construira donc des forts sur cette nouvelle frontière. On entreprend des travaux colossaux, ils sont conduits par un général du génie, le général Céridrière, il donnera donc son nom à cette nouvelle ligne de fortifications. Elle démarre au nord de la France, et elle se termine en Provence, car on se méfiait aussi de l’Italie. Le plus gros des dangers, se trouve tout de même à l’est, et plus particulièrement dans la région de Verdun. Entre 1875 et 1910, ce sont 38 forts qui seront construits dans la région où nous sommes. Verdun sera la ville la plus fortifiée de France, le déclencheur de la guerre de 14-18, fut l’assassinat de l’archi duc François Ferdinand à Sarajevo, c’est grave, l’Europe qui attendait un prétexte pour entrer en guerre, le voici trouvé. Par le jeu des alliances, la France entre dans le conflit le 3 août 1914, les allemands nous envahissent tout de suite, ils traversent la Belgique et le nord de la France. Un mois plus tard ils sont à une trentaine de kilomètres de Paris, ils sont bloqués près de la Marne, nos soldats résistent, ils arrivent même à repousser l’armée allemande. C’est la victoire de la Marne pour les français, elle est importante, ensuite on se bat en Champagne, en Picardie et en Flandre française. Fin 1914, les soldats français et allemands sont épuisés, c’est la guerre de mouvement, on marche beaucoup pour prendre des villages que l’on perd ensuite, c’est très épuisants pour les hommes qui combattent. Début 1915, le front se fixe, ça deviendra la guerre de position, ce sera la guerre des tranchées, de part et d’autre on se met à creuser des réseaux de tranchées. On en comptera 800 kilomètres, les tranchées partent de la mer du nord et se terminent à la frontière suisse. L’hiver arrive, les tranchées sont ni plus ni moins que des fossés creusés dans la terre, elles se remplissent de boue et d’eau, pour les soldats français et allemands c’est l’horreur. On s’installe dans un conflit sans fin, les allemands imposent à l’armée française une grande bataille, ils vont chercher un terrain qui leur semble propice, dès 1915, leurs stratégies s’oriente vers Verdun et sa région. Le point fort des allemands ce sont les voies de communications avec Verdun, ils en comptent une vingtaine, alors que la France n’en possède qu’une. C’est la voie sacrée, elle relie Bar-le-Duc à Verdun, pour les allemands d’après leurs calculs, une seule voie n’est pas suffisante pour fournir en hommes et en matériel, les hauts de Meuse. En 1915, le secteur de Verdun est très calme,
On ne se bat pas ici, on est même persuadé qu’il ne s’y passera jamais rien ici. On démantèle même les forts en matériel de défense pour les installer ailleurs, en Champagne notamment et en Picardie. En septembre 1915, les hommes quittent aussi les forts de la région de Verdun, ils vont se battre dans d’autres régions plus éprouvées par les combats. Les allemands salivent, leur stratégie était la bonne, fin 1915, ils sont à une vingtaine de kilomètres de Verdun, dans ce secteur occupé, ils font venir une artillerie importante et des soldats en nombre, il suffit d’attendre la météo favorable pour lancer les combats.
Ils attendent le 21 février 1916, cette nuit là, il a fait très froid, jusqu’à moins 15, ce qui donne un ciel parfaitement dégagé. Le 21 février 1916 ce sont 1225 canons allemands de tout calibre qui vont bombarder les 2 rives de la Meuse, c’est le début de la bataille de Verdun. Elle va durer toute l’année 1916, elle se terminera fin décembre 1916. Pendant cette période, les soldats devront endurer un hiver rigoureux et un été torride, les hommes ont froid, ils ont chaud, ils agonisent, les jours devaient être interminables. Nous passons devant l’ossuaire de Douaumont, puis près du village de Fleury-derrière-de-Douaumont, c’est un des villages qui ont été détruits et jamais reconstruits. La terre au départ était peu fertile, pendant 10 mois, la vie sera un enfer ici, plus de village et encore moins de terres agricoles elles étaient empoisonnées par les obus à gaz. A la fin de la guerre, on a estimé que le prix pour remettre ces terres en valeur serait trop onéreux, alors on décide de ne pas reconstruire les villages qui perdront leur environnement. L’état dédommage les paysans, ils vont vivre ailleurs, l’état deviendra donc propriétaires des lieux, actuellement nous roulons dans une forêt domaniale. Des sols on retirera les os des soldats disparus que l’on déposera à l’ossuaire, et on déblayera la ferraille du matériel militaire, ensuite on plantera des sapins qui laisseront ensuite place aux feuillus. Le cimetière face à l’ossuaire est en réfection, c’est un véritable chantier, il compte plus de 16000 tombes, où sont enterrés des soldats morts au combat que l’on a pu identifier, les autres soldats non identifiés se trouvent à l’ossuaire qui se trouve juste en face du cimetière. Nous passons devant un monument récent, il rend hommage aux troupes coloniales qui ont combattu pour la France, la grande majorité de ces soldats étaient de confession musulmane. Le monument a été inauguré en 2006, par le président de la république, il se doit de revenir tous les 10 ans pour commémorer ces soldats, et tous les 5 ans, c’est le premier ministre qui doit effectuer la même démarche. Pour se déplacer d’un point à un autre, les hommes étaient amenés à creuser dans le sol, on appelait cela les boyaux de communication, nous en découvrons un le long de la route, c’est par ces boyaux ou petits chemins que se passait toute la vie du champ de bataille. Ils reliaient les tranchées entre elles, c’est grâce à eux qu’on alimentait les soldats en nourriture, ils étaient empruntés par la relève et par les brancardiers. Nous arrivons au fort de Douaumont, il est entouré de champs qui sont bosselés suite aux bombardements incessants de 1916, le fort est enterré sous terre, voici une synthèse et présentation du fort de Douaumont :
Le fort de Douaumont est un fort Séré de Rivières situé sur la commune de Douaumont, près de Verdun. Après la guerre de 1870 qui a vu la perte de l'Alsace et de la Moselle, un plan de défense de la frontière est établi par le général Raymond Adolphe Séré de Rivières qui fait construire 38 forts et ouvrages sur un périmètre de 40 kilomètres autour de la ville de Verdun. Parmi eux, le fort de Douaumont est l'ouvrage le plus grand, mais non le plus puissant comme l'affirment certaines cartes postales de propagande. Sa construction commence dès 1885 et se termine fin 1913. Il devient par sa place dans le dispositif, un fort important de la région verdunoise en 1914. Au début de la Première Guerre mondiale, l'état-major français ne croit plus aux fortifications fixes car il pense que seule l'offensive peut procurer la victoire. La destruction des forts franco-belges de la Meuse en 1914 par les mortiers géants allemands et les habiles manœuvres de désinformation renforcent cette idée et le 5 août 1915 est signé un décret autorisant le retrait des garnisons, de l'armement, des munitions et des vivres des forts. Pire encore : des travaux de minage en vue de faire sauter les ouvrages sont entrepris, et des charges de démolition sont posées. Le 25 février 1916, les Allemands attaquèrent en direction du Fort de Douaumont dans le but de porter leurs lignes à environ 600 mètres du fort. Étonnés par le calme régnant dans la région du fort et poussant en avant, ils réussirent à descendre dans le fossé et à rentrer dans les galeries. Les 57 soldats qui occupaient le fort furent faits prisonniers. La perte du fort, important point d'appui, observatoire et abri de premier ordre entraînait pour la défense des conséquences matérielles et morales considérables. Les Allemands organisent tout de suite la défense du fort de Douaumont. Dans la soirée du 25 février, ils sont 19 officiers et 79 sous-officiers et hommes de troupes de cinq compagnies différentes à occuper Douaumont. Le fort devient le pivot de la défense allemande sur la rive droite de la Meuse (près du fort de Vaux). Le 8 mai 1916, la vie du fort, alors occupé par les Allemands, fut troublée par un événement imprévu. La veille, les bombardements avaient été très violents. L'ouvrage avait reçu les blessés, un bataillon au repos et de nombreuses troupes se trouvaient dans le fort. À 6 heures du matin, une violente explosion, celle d'un dépôt de grenades, mit le feu à un dépôt de lance-flammes. Cette explosion est du a une erreur humaine. Les pertes furent lourdes, les Allemands commencèrent à enterrer les morts mais comme on en retrouvait toujours, le commandement les fit placer dans deux casemates qui furent murées. Des 800 à 900 soldats qui périrent, 679 sont enterrés derrière cette croix : c'est le cimetière allemand du fort. Le 24 octobre 1916, le fort fut repris, entre autres, par le régiment d'infanterie coloniale du Maroc renforcé de Tirailleurs sénégalais et somalis faisant partie des divisions Mangin : « Le 24 octobre 1916, renforcé du 43e bataillon sénégalais et de deux compagnies de Somalis, a enlevé d’un admirable élan les premières tranchées allemandes ; a progressé ensuite sous l’énergique commandement du colonel Régnier, brisant successivement la résistance de l’ennemi sur une profondeur de deux kilomètres. A inscrit une page glorieuse à son histoire en s’emparant d’un élan irrésistible du fort de Douaumont, et conservant sa conquête malgré les contre-attaques répétées de l’ennemi. » Ordre du jour du général Nivelle, le 25 octobre 1916, remerciant les troupes qui ont repris le fort de Douaumont : « Officiers, sous-officiers et soldats du groupement Mangin, en quatre heures, dans un assaut magnifique, vous avez enlevé d'un seul coup, à notre puissant ennemi, tout le terrain, hérissé d'obstacles et de forteresses, du nord-est de Verdun, qu'il avait mis huit mois à vous arracher par lambeaux, au prix d'efforts acharnés et de sacrifices considérables. Vous avez ajouté de nouvelles et éclatantes gloires à celles qui couvrent les drapeaux de Verdun. Au nom de cette armée, je vous remercie. Vous avez bien mérité de la Patrie. » Le 14 décembre 1916, un obus allemand de 420 mm tombe dans une casemate et tue 21 soldats. On put en sortir quatorze pour les enterrer à l'extérieur, les sept autres, dont les noms sont inscrits sur une plaque, furent déchiquetés et reposent encore derrière ce mur épais qui mure maintenant la casemate. Douaumont coûta, d'après le général Pétain, 100000 morts à la France, et aura été pris et repris sans combat. Le fort fut également utilisé au début de la Seconde Guerre mondiale en 1940. Le fort de Douaumont n'est pas l'ouvrage armé le plus important et le plus puissant de toute la région de Verdun, bien qu'il présente sur une longueur de 400 mètres et plusieurs kilomètres de galeries sur ces deux niveaux inférieurs. Il demeure un des forts les plus vastes de la place de Verdun avec une superficie de trois hectares. Son artillerie composée d'une tourelle de 155C, une tourelle de 75 et une casemate de flanquement dite « de Bourges » armée de deux canons de 75 sur affûts appropriés, est inférieure aux forts de Vacherauville (deux tourelles de 155, une de 75 et deux casemates de Bourges) et du Rozelier (possédant le même armement que Douaumont mais possédant en plus des canons sur sa périphérie). La carapace de protection du fort de Douaumont est épaisse de plus de six mètres (pierres, sable, béton spécial et terre), mais a, en grande partie, disparu suite aux divers bombardements et au prélèvement du sable pendant l'occupation allemande durant le premier conflit mondial. Le fort permettait de loger 800 hommes environ mais en 1916, il y en eut parfois jusqu'à 3000, voire 3500. Après la reprise du fort par les troupes françaises de nombreux travaux de renforcement et de défense furent entrepris. Par exemple dans le couloir central, il y a des chicanes avec des créneaux pour mitrailleuses et grenades. Dans certaines « niches » se trouvent des échelles grâce auxquelles on accède aux étages inférieurs. Malgré le bombardement, le bruit à l'intérieur du fort restait diffus et sourd, tant que les obus explosaient à l'extérieur et n'arrivaient pas à pénétrer dans les œuvres vives du fort. Le fort contenait des citernes en béton. Cependant, avec les bombardements, elles furent rendues inutilisables (fissurées par les vibrations) et les ravitaillements en eau étaient particulièrement difficiles, rationnant les occupants à 250 ml d'eau par jour. À cette époque, on utilisait pour l’éclairage des bougies et des lampes à pétrole qui, à cause de la surpopulation et d'inévitables dégradations, n'étaient que peu ou pas utilisées. Les Allemands, remédiant à cet état, avaient mis en service au fort des groupes électrogènes. Au moment de la reprise du fort par les troupes françaises le 24 octobre 1916, ils en avaient amené d'autres plus puissants qui étaient en cours de montage et qui leur auraient permis d'électrifier quasiment tout le fort. La ventilation était assurée par des ventilateurs à main. Les toilettes existaient à l'intérieur du fort, mais en nombre insuffisant (quatre) et dans un état de saleté repoussante, les Allemands remédièrent à ce problème en installant plus de vingt toilettes à l'extérieur, à l'abri du bombardement, et condamnèrent celles de l'intérieur. Le fort présente aussi une pièce, aménagée par les troupes allemandes, dans laquelle on désinfectait les uniformes et le personnel avec de la vapeur d'eau chaude. Le fort servait de lieu de passage et de repos à l'infanterie allant en ligne, le seul endroit où une troupe pouvait se reposer sans danger. La sortie en était difficile, l'artillerie française tenant sous son feu les issues du fort. Aussi pour réduire les pertes à la sortie du fort, les Allemands entreprirent la construction d'une communication souterraine, appelée « Tunnel sud » dans l'axe même du fort. Fin octobre, 60 mètres seulement étaient achevés. Il fut prolongé par les Français après la reprise du fort, à 250 mètres environ au sud du fossé de gorge du fort. Le fort renferme la tourelle Galopin. Ces tourelles furent construites de 1907 à 1909. C'est un canon de 155 R, ce qui veut dire 155 raccourci, qui se trouvait en haut sous la coupole, et était orientable à 360°.Il s'agit d'une tourelle à éclipse qui monte pour tirer et redescend aussitôt. La manœuvre pour monter la tourelle était effectuée par quatre artilleurs à l'aide d'un système de cabestans et des démultiplications. En tournant, ils faisaient armer un contrepoids de lancement. Au moment de mettre la tourelle en batterie (position haute permettant le tir), le contrepoids déverrouillait à son tour les deux gros balanciers et leurs contrepoids. Ceux-ci, descendaient et faisaient monter la tourelle (le principe d'un tire-bouchon à bras). La coupole montait dépassait le point de tir de quelques millimètres, faisait sortir un coin et redescendait se caler sur celui-ci : elle est prête au tir. Pour la descendre, il suffit d'effacer le coin et la tourelle redescendait plus bas qu'en position d'éclipse, faisant ressortir un autre coin, remontait de quelques millimètres et se calait dessus. Le système est simple, c'est l'équilibre des deux contrepoids avec le poids de la tourelle. Ainsi on a 37 tonnes de contrepoids et 37 tonnes de tourelle. Les obus utilisés étaient montés depuis l'arrière un par un à l'aide d'une noria (monte-charge fonctionnant sur le principe d'une roue à aube) puis arrivés à l'étage intermédiaire, passés dans une seconde noria jusqu'à la chambre de tir. Un obus de 155 (modèle « lourd » exclusivement utilisé dans les tourelles) pesait 43 kg et le canon lui donnait une portée de 7,2 km. Le tir de ces tourelles était relativement rapide. Il n'y avait aucun inconvénient au moment du tir, les effluves de la combustion de la poudre dus aux tirs étaient chassés à l'extérieur (encore plus quand la culasse était ouverte) et un système de ventilation assurait une bonne ventilation du reste du local. Le bruit à l'intérieur de la tourelle était tout à fait acceptable, la volée du tube étant à l'extérieur et enchâssée dans une rotule, 80 % du bruit était chassé à l'extérieur. Les tourelles de 155 de ce type étaient même moins bruyantes, pour les servants, que certaines pièces d'artillerie utilisant des canons courts employant la même munition. Lorsque le fort a capitulé au début de la Seconde Guerre mondiale face aux troupes allemandes, les deux tourelles (155 et 75) furent sabordées. C'est un soldat français nommé Victor Chrétien qui se serait chargé de ce travail pour la tourelle de 155 mm. Tout au long de la visite, notre guide nous a fait circuler dans bons nombre de casemates, d’allées charretières et de lieu de vie. La voûte étant constituée en pierre calcaires, suite aux bombardements les plafonds se sont fissurés, l’eau s’infiltre donc et des stalactites se sont formées.
Après une bonne heure de découverte du fort de Douaumont, nous nous rendons à l’ossuaire, il est situé à quelques kilomètres d’ici en reprenant la route qui conduit à Verdun, en voici la présentation :
L'ossuaire de Douaumont est une nécropole nationale située sur le territoire de la commune française de Douaumont, en Lorraine. Le monument fut créé après la bataille de Verdun. Il abrite un cloître long de près de 137 mètres avec des tombeaux pour environ 130000 soldats inconnus, allemands et français, indéfectiblement entremêlés. En face de l'ossuaire se trouve un immense cimetière composé de plus de 16000 tombes de soldats français. La bataille de Verdun, 21 février 1916- décembre 1916, a constitué 300 jours et 300 nuits de combats acharnés et effroyables, où environ 300000 soldats français et allemands ont été portés disparus. Ossuaire provisoire de 1920 à 1927 : c'est en parcourant les lieux, aux premiers jours de l'Armistice de 1918, que Monseigneur Ginisty, évêque de Verdun, accompagné du général Valantin, gouverneur de Verdun, a l'idée de donner aux restes des soldats tombés lors de la bataille une sépulture décente où les familles pourraient venir se recueillir et prier leurs disparus. 22 août 1920 : la première pierre est posée par le maréchal Pétain, président d'honneur du Comité de l'ossuaire. 17 septembre 1927 : transfert solennel de l'ossuaire provisoire à l'ossuaire définitif des 52 cercueils représentant les secteurs de la bataille de Verdun. 7 août 1932 : inauguration officielle par le président de la République Albert Lebrun. 22 septembre 1984 : François Mitterrand et Helmut Kohl y rendent ensemble hommage aux combattants tombés pendant la Première Guerre mondiale. 11 novembre 2008 : pour la première fois, un président de la République (Nicolas Sarkozy) préside une cérémonie de l'armistice du 11 novembre 1918 depuis l'ossuaire. C'est l'œuvre des architectes Léon Azéma, Max Edrei et Jacques Hardy. La tour (Tour des Morts), haute de 46 mètres, offre à son sommet une vue panoramique sur les champs de batailles avec une table d'orientation. Toujours à son sommet, le bourdon de la Victoire résonne aux cérémonies importantes et le phare, lanterne des morts, rayonne sur le champ de bataille et porte jusqu'à l'horizon le souvenir des événements douloureux. Le bâtiment de l'ossuaire de Douaumont représente pour certains une épée enfoncée en terre jusqu'à la garde, dont seule émerge la poignée servant de lanterne, pour d'autres un obus. Une carte présentant une maquette du projet pour lever des fonds par souscription pour sa construction décrit le bâtiment comme suit : « La ligne droite du bâtiment voulue par les architectes et couronnant le grand Cimetière national de 20000 tombes et plus de Héros identifiés, symbolise la Digue que les héroïques Défenseurs de Verdun ont opposée avec leurs poitrines à l'avance de l'ennemi. » Le cloître est long de 137 mètres ; on y trouve les 46 tombeaux abritant les restes de nombreux soldats. Ces tombeaux recouvrent les cuves de 14 m où sont déposés les restes de 130000 soldats inconnus sans distinction de nationalité, où les familles peuvent se recueillir et prier pour leurs morts. Les noms inscrits sur le mur au-dessus des tombeaux correspondent aux zones de combats où les soldats sont tombés. Sur la voûte, chaque pierre gravée représente le nom d'un soldat disparu, ou d'une association d'anciens combattants. Il y a aussi des pierres rendant hommage aux soldats tombés pendant la Seconde Guerre mondiale et les guerres d'Indochine et d'Algérie. Au premier étage se trouve le musée de guerre qui comporte des reliques des villages détruits, des vues stéréoscopiques en relief du champ de bataille, ainsi que de nombreuses armes. On peut notamment trouver un mortier allemand de 76 mm en parfait état de conservation, le « Minenwerfer », classé monument historique. En contrebas de l'ossuaire, le « Cimetière national », qui s'étend sur 144380 m², contient 16142 tombes de soldats français identifiés, dont 592 tombes de soldats musulmans, orientées vers la Mecque. Le général Anselin, tué le 24 octobre 1916, occupe au centre l'emplacement souhaité par le maréchal Pétain. Le président Jacques Chirac y a inauguré un monument à la mémoire des soldats musulmans en juin 2006. celui-ci se trouve à l'est du cimetière. Un mémorial consacré aux soldats de confession juive avait été édifié en 1938 à l'ouest du cimetière.
Nous reprenons notre circuit, nous nous rendons au mémorial de Verdun, il se situe à Fleury-derrière-Douaumont, un des villages inhabités, voici la présentation du mémorial de Verdun :
Le Mémorial de Verdun à Fleury-devant-Douaumont en Meuse (en région Lorraine) évoque les souffrances des combattants mais aussi des populations civiles pendant la Première Guerre mondiale. Situé dans le réseau des collines de Verdun encore fortement marquées par les séquelles de guerres et où sont morts environ 300000 soldats et où 400000 autres ont été blessés ou brûlés par les armes chimiques (Ypérite, chlore) en moins d'un an, le Mémorial a été construit à l'emplacement de l'ancienne gare de Fleury-Devant-Douaumont. Il rassemble les vestiges de la bataille de la Première Guerre mondiale. Créé en 1967, à l'initiative du CNSV (Comité National du Souvenir de Verdun) sous l'égide de l'Académicien et ancien combattant Maurice Genevoix qui en était alors le président, le Mémorial de Verdun est aujourd'hui l'un des principaux musées européens de la Grande Guerre. Une collection de nombreux objets personnels et d'objets dits « d'artisanat de tranchées » y évoquent la vie quotidienne et le martyre des hommes qui y ont vécu un des épisodes les plus tragiques de la Première Guerre mondiale. L'association nationale du souvenir propose aussi des visites de terrain, permettant de découvrir les vestiges du champ de la bataille de Verdun. Certains sont allés regarder et écouter un film sur la bataille de Verdun, pendant que d’autres on flâné dans le musée, où sont exposés bon nombre de matériel de la vie quotidienne du poilu, des armes de toutes catégories et des véhicules militaires dont un camion Berliet. Il est temps se penser à déjeuner, nous nous rendons à Verdun pour passer à table, la guide nous fait une petite visite panoramique de la ville, dont la présentation se trouve en fin de document.
Le soleil est toujours de la partie, nous quittons Verdun, sous préfecture et évêché de la Meuse. Nous allons remonter et longer la Meuse jusqu’à Commercy, nous croisons toujours des cimetières militaires, nous passons Sayon, où il y eut de grands combats en 1916. Nous passons la ligne TGV qui relie Paris à Strasbourg, au milieu d’un pré, un calvaire indique la présence d’une tombe militaire. Nous traversons la petite ville de Saint-Mihiel, Nous roulons dans l’ancien duché de Bar, les villages de cette régions ont des églises fortifiées. Nous passons devant un centre de détention, dans une vaste étendue nous apercevons un élevage de poules en batterie, nous voici à Bar-le-Duc, c’est la ville natale de Raymond Poincaré qui fut président de la république. Nous voici arrivés à Commercy, dont voici la présentation :
Commercy est une commune française, située dans le département de la Meuse, dont elle est une des sous-préfectures (avec Verdun). La commune compte 6500 habitants, elle s’étend sur 35 kilomètres carrés, et elle s’étale entre 220 et 280 mètres d’altitude. Elle fait partie de la région Lorraine. Les habitants de Commercy sont appelés les Commerciens.
Commercy se trouve dans la vallée de la Meuse, à mi-chemin entre Bar-le-Duc à l'ouest, et Nancy
À l'est. Comment ne pas passer à Commercy sans visiter une fabrique de madeleines, elles sont très présentes en littérature, citons celles de marcel Proust. Après une dégustation de madeleines et quelques emplettes, c’est sous un soleil fringuant que nous reprenons la route, nous passons près de Vaucouleurs. C’est à Vaucouleurs que Jeanne d’Arc est venue chercher des hommes d’armes, qui l’ont accompagné jusqu’à Chinon. Jean-Louis se lance dans la vie et l’histoire de Jeanne d’Arc, dont voici la synthèse :
Jeanne d’arc, ses faits d’armes, guerre de Cent Ans, siège d'Orléans, Bataille de Jargeau, Bataille de Meung-sur-Loire, Raid sur Reims, Bataille de Patay. Famille, Fille de Jacques d'Arc, et d'Isabelle Romée ; 3 frères et 1 sœur : Jacques, Jean, Pierre, et Catherine. Jeanne d'Arc, née vers 1412 à Domrémy, morte sur le bûcher le 30 mai 1431 à Rouen, est une figure emblématique de l'histoire de France et une sainte de l'Église catholique. Au début du XV.me siècle, cette prophétesse d'origine paysanne mène victorieusement les troupes françaises contre les armées anglaises, levant le siège d'Orléans, conduisant le dauphin Charles au sacre à Reims et contribuant ainsi à inverser le cours de la guerre de Cent Ans. Capturée par les Bourguignons à Compiègne, elle est vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de dix mille livres, et condamnée à être brûlée vive en 1431 après un procès en hérésie. Entaché de nombreuses et importantes irrégularités, ce procès est cassé par le pape Calixte III en 1456, et un second procès en réhabilitation conclut à son innocence et l'élève au rang de martyre. Elle est béatifiée en 1909 et canonisée en 1920. Elle est l'une des quatre saintes patronnes secondaires de la France. Jeanne d'Arc est vraisemblablement née en 1412 dans la ferme familiale du père de Jeanne attenante à l'église de Domrémy, village situé aux marches de la Champagne, du Barrois et de la Lorraine, pendant la guerre de Cent Ans qui opposait la France à l'Angleterre. Fille de Jacques d'Arc et d'Isabelle Romée, elle faisait partie d'une famille de cinq enfants : Jeanne, Jacques, Catherine, Jean et Pierre. Aucune source ne permet de déterminer exactement les origines de Jeanne d'Arc, ni ses dates et lieu de naissance : les témoignages d'époque sont imprécis, Domrémy ne possédait pas de registre paroissial, et les discussions restent nombreuses sur ces points, néanmoins sa biographie peut s'établir à partir des réponses de Jeanne d'Arc aux questions des juges à son premier procès de condamnation sur son éducation religieuse et ses occupations ainsi que les souvenirs des habitants de Domrémy qui veulent convaincre les juges du procès en réhabilitation de sa piété et sa bonne renommée. Jeanne (ou Jeannette, comme on l'appelait à Domrémy où elle grandit) fut décrite par tous les témoins comme très pieuse ; elle aimait notamment se rendre en groupe, chaque dimanche, en pélerinage à la chapelle de Bermont tenue par des ermites garde-chapelle, près de Greux, pour y prier. Les témoignages de ses voisins lors de ses futurs procès rapportent qu'à cette époque, elle fait les travaux de la maison (ménage, cuisine), du filage de la laine et du chanvre, aide aux moissons ou garde occasionnellement des animaux quand c'est le tour de son père, activité loin du mythe de la bergère qui utilise le registre poétique de la pastourelle et le registre spirituel de Jésus le bon berger. Les réponses qu'elle a faites à ses juges, conservées dans les minutes de son procès, révèlent une jeune femme courageuse, dont le franc-parler et l'esprit de répartie se tempèrent d'une grande sensibilité face à la souffrance et aux horreurs de la guerre, comme devant les mystères de la religion. L'usage de la particule n'indique rien quant à de possibles origines nobles, une particule pouvant être portée tant par des roturiers que par des nobles. Jacques d'Arc, habituellement considéré comme laboureur, ou pour d'autres historiens comme ayant le rang de collecteur de l'impôt, semble aussi avoir été métayer et paraît ainsi avoir émigré d'Arc-en-Barrois (en Champagne), avec l'accord de son seigneur. Dès lors, il dépend du titulaire des droits sur Domrémy où il a fondé son foyer. Au début du XV.me, Domrémy se trouve imbriquée dans un territoire aux suzerainetés diverses. Sur la rive gauche de la Meuse, elle peut relever du Barrois mouvant, pour lequel le duc de Bar, par ailleurs souverain dans ses États, prête hommage au roi de France depuis 1301. Mais elle semble être plutôt rattachée à la châtellenie de Vaucouleurs, sous l'autorité directe du roi de France qui y nomme un capitaine (le sire de Baudricourt, au temps de Jeanne d'Arc). Enfin, l'église de Domrémy dépend de la paroisse de Greux, au diocèse de Toul dont l'évêque est prince du Saint-Empire germanique. Colette Beaune précise que Jeanne est née dans la partie sud de Domrémy, côté Barrois mouvant, dans le bailliage de Chaumont-en-Bassigny et la prévôté d'Andelot. Toutefois, si les juges de 1431 corroborent cette thèse, de même que Jean Chartier ou Perceval de Cagny, Perceval de Boulainvilliers considère pour sa part qu'elle est née dans la partie nord, qui relevait de la châtellenie de Vaucouleurs et donc du royaume de France dès 1291. Durant la guerre de Cent Ans, la plupart des régions du nord et sud-ouest du territoire français sont contrôlées depuis 1420 par les Anglais. Le roi de France Charles VI, dit « Charles le Fol », ne dispose pas de toutes ses facultés mentales. La légitimité de son dernier fils survivant, le dauphin Charles, héritier de la couronne, est contestée, du fait des aventures qu'aurait eues sa mère Isabeau de Bavière (en particulier avec Louis d'Orléans). Depuis l'assassinat de Louis d'Orléans en novembre 1407, le pays est déchiré par une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Ceux-ci se disputent le pouvoir au sein du conseil de régence présidé par la reine Isabeau du fait de la folie de son époux. Profitant de ce conflit, Henri V, roi d'Angleterre relance les hostilités et débarque en Normandie en 1415. La chevalerie française subit un désastre à Azincourt, face aux archers gallois. En effet, les Anglais, ayant une maîtrise parfaite du tir à l'arc long (longbow) et, bien abrités des charges par des pieux disposés à l'avance, déciment sous une pluie de flèches la chevalerie française dont les chevaux ne sont pas encore protégés. Ils vont ainsi devenir maîtres des batailles à terrain découvert malgré leur nette infériorité numérique, jusqu'à ce qu'apparaisse l'artillerie de campagne qui donnera l'avantage aux Français en fin de conflit. À Domrémy, on apprend que le duc Edouard III, son frère, le seigneur de Puysaye et son petit-fils le comte de Marle, sont tombés au combat. Le duché échoit au frère survivant du duc défunt, Louis, évêque de Verdun, lequel est un temps contesté par le duc de Berg, gendre du feu duc. Lors de l'entrevue de Montereau le 10 septembre 1419, le dauphin Charles et Jean sans Peur doivent se réconcilier, pour faire face à l'ennemi. Mais malheureusement, au cours de cette rencontre, Jean sans Peur est poignardé par un homme du dauphin, probablement Tanneguy du Chastel. En réaction à cet assassinat, le fils de Jean sans Peur, Philippe le Bon, se rallie aux Anglais imité en cela par la puissante Université de Paris. Alliés au puissant duc de Bourgogne, les Anglais peuvent imposer en 1420 le Traité de Troyes, qui est signé entre le roi Henri V d'Angleterre et Isabeau de Bavière, reine de France et régente. Selon les termes de ce traité, Henri V se marie à Catherine de Valois, fille de Charles VI ; à la mort de Charles VI, la couronne doit revenir à leur descendance, réunissant les deux royaumes. Ce traité, qui spolie le dauphin de son droit de succession (car considéré être enfant illégitime et assassin présumé du duc de Bourgogne), est contesté par la noblesse française. À la mort de Charles VI en 1422, la France n'a donc plus de roi ayant été sacré. La couronne de France est alors revendiquée par le roi d'Angleterre encore mineur, Henri VI qui vient de succéder à son père. À treize ans, Jeanne affirme avoir entendu dans le jardin de son père, les voix célestes des saintes Catherine et Marguerite et de l'archange saint Michel lui demandant d'être pieuse, de libérer le royaume de France de l'envahisseur et de conduire le dauphin sur le trône. Les intrusions anglo-bourguignonnes menacent la Lorraine. Dès lors, elle s'isole et s'éloigne des jeunes du village qui n'hésitent pas à se moquer de sa trop grande ferveur religieuse, allant jusqu'à rompre ses fiançailles probablement devant l'official de l'évêché de Toul. Craignant le pillage et les massacres pour son village de Domrémy, les expériences mystiques se multiplient à mesure que les troubles dans la région augmentent mais, effrayée, elle ne les révèle qu'à l'âge de 16 ans à son oncle Durand Laxart (il s'agit en fait d'un de ses cousins qu'elle apelle oncle car il est plus âgé) Après beaucoup d'hésitations, prétextant aller préparer les relevailles d'une cousine germaine car sa vraie démarche n'a pas la permission parentale, son oncle l'emmène rencontrer Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, forteresse voisine de Domrémy. Demandant à s'enrôler dans les troupes du dauphin pour répondre à une prophétie locale qui voulait qu'une pucelle des Marches de Lorraine sauvât la France, elle demande audience à Robert de Baudricourt, seule une lettre de crédit de sa main lui ouvrirait les portes de la Cour. Le seigneur local la prend pour une affabulatrice ou une illuminée et conseille Laxart de ramener sa nièce chez ses parents avec une bonne gifle. L'année suivante, les Anglo-bourguignons attaquent Domrémy, elle et sa famille se réfugient à Neufchâteau. Jeanne tenace revient s'installer à Vaucouleurs en 1429 pendant trois semaines. Elle loge chez Henri et Catherine Le Royer, famille bourgeoise et est adoptée par la population qui la soutient, avide en ces temps troublés de prophéties encourageantes. Dotée d'un grand charisme, la jeune paysanne illettrée acquiert une certaine notoriété de guérisseuse lorsque le duc malade Charles II de Lorraine lui donne un sauf-conduit pour lui rendre visite à Nancy : elle lui promet de prier pour sa guérison en échange d'une escorte menée par René d'Anjou, le gendre du duc. Elle finit par être prise au sérieux par Baudricourt après qu'elle lui a annoncé par avance la journée des Harengs et l'arrivée concomitante de Bertrand de Poulengy, jeune seigneur proche de la maison d'Anjou et de Jean de Novellompont, dit de Metz. Il lui donne une escorte de six hommes liés à Yolande d'Aragon, les deux écuyers Jean de Metz et Bertrand de Poulengy qui resteront fidèles à Jeanne tout au long de son aventure, ainsi qu'un courrier, le messager royal Colet de Vienne, chacun accompagné de son serviteur (Julien et Jean de Honnecourt ainsi que Richard L'Archer) Avant son départ pour le royaume de France, Jeanne ira se recueillir dans l'ancienne église de Saint-Nicolas-de-Port, dédiée au saint patron du duché de Lorraine. Portant des habits masculins et coupant ses cheveux au bol (ce qu'elle fera jusqu'à sa mort, excepté pour sa dernière fête de Pâques), elle traverse incognito les terres bourguignonnes et se rend à Chinon où elle est finalement autorisée à voir le dauphin Charles, après réception d'une lettre de Baudricourt. La légende de « l'envoyée de Dieu », peu probable, raconte qu'elle fut capable de reconnaître Charles, vêtu simplement au milieu de ses courtisans et lui parle de sa mission lors d'une entrevue privée. En réalité, arrivée à Chinon le 23 février, elle n'est reçue par le roi que deux jours plus tard, non dans la grande salle de la forteresse mais dans ses appartements privés, la grande réception devant la Cour à l'origine de la légende n'ayant lieu qu'un mois plus tard. Par superstition Jeanne est logée dans la tour du Coudray, celle où Jacques de Molay fut emprisonné. Jeanne annonce clairement quatre événements : la libération d'Orléans, le sacre du roi à Reims, la libération de Paris et la libération du duc d'Orléans. Après l'avoir fait interroger par les autorités ecclésiastiques à Poitiers où des docteurs en théologie réalisent son examen de conscience et où des matrones, supervisées par Yolande d'Aragon, constatent sa virginité (exigence pour une « envoyée de Dieu » ? Vérification qu'elle n'est pas un homme ? Pour ne pas donner prise à ses ennemis qui la qualifient de « putain des Armagnac » et après avoir fait une enquête à Domrémy, Charles donne son accord pour envoyer Jeanne à Orléans assiégée par les Anglais, non pas à la tête d'une armée, mais avec un convoi de ravitaillement. Ce sera à Jeanne de faire ses preuves. Jeanne d'Arc, chef de guerre ou simple mascotte (avril 1429 – mai 1430) ? Ses frères la rejoignent. On l'équipe d'une armure et d'une bannière blanche frappée de la fleur de lys, elle y inscrit Jesus Maria, qui est aussi la devise des ordres mendiants (les dominicains et les franciscains). En partance de Blois pour Orléans, Jeanne expulse ou marie les prostituées de l'armée de secours et fait précéder ses troupes d'ecclésiastiques. Arrivée à Orléans le 29 avril, elle apporte le ravitaillement et y rencontre Jean d'Orléans, dit « le Bâtard d'Orléans », futur comte de Dunois. Elle est accueillie avec enthousiasme par la population, mais les capitaines de guerre sont réservés. Avec sa foi, sa confiance et son enthousiasme, elle parvient à insuffler aux soldats français désespérés une énergie nouvelle et à contraindre les Anglais à lever le siège de la ville dans la nuit du 7 au 8 mai 1429. Après cette victoire (encore célébrée à Orléans au cours des « Fêtes johanniques », chaque année du 29 avril au 8 mai), on la surnommera la « Pucelle d'Orléans », expression apparaissant pour la première fois en 1555 dans l'ouvrage Le Fort inexpugnable de l'honneur du sexe féminin de François de Billon. Après le nettoyage de la vallée de la Loire grâce à la victoire de Patay (où Jeanne d'Arc ne prit pas part aux combats), le 18 juin 1429, remportée face aux Anglais, Jeanne se rend à Loches et persuade le dauphin d'aller à Reims se faire sacrer roi de France. Pour arriver à Reims, l'équipée doit traverser des villes sous domination bourguignonne qui n'ont pas de raison d'ouvrir leurs portes, et que personne n'a les moyens de contraindre militairement. Selon Dunois, le coup de bluff aux portes de Troyes entraîne la soumission de la ville mais aussi de Châlons-en-Champagne et Reims. Dès lors, la traversée est possible. Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, en la présence de Jeanne d'Arc, Charles VII est sacré par l'archevêque Renault de Chartres. Le duc de Bourgogne, en tant que pair du royaume, est absent, Jeanne lui envoie une lettre le jour même du sacre pour lui demander la paix. L'effet politique et psychologique de ce sacre est majeur. Reims étant au cœur du territoire contrôlé par les Bourguignons et hautement symbolique, il est interprété par beaucoup à l'époque comme le résultat d'une volonté divine. Il légitime Charles VII qui était déshérité par le traité de Troyes et soupçonné d'être en réalité le fils illégitime du duc d'Orléans et d'Isabelle de Bavière. Cette partie de la vie de Jeanne d'Arc constitue communément son épopée : ces événements qui fourmillent d'anecdotes où les contemporains voient régulièrement des petits miracles, le tout conforté par leurs références explicites dans les procès, ont grandement contribué à forger la légende et l'histoire officielle de Jeanne d'Arc. La découverte miraculeuse de l'épée dite de « Charles Martel » sous l'autel de Sainte-Catherine-de-Fierbois, en est un exemple. Le mythe de la chef de guerre commandant les armées de Charles VII en est un autre. C'est le duc de Bedford, pour minimiser la portée de la délivrance d'Orléans et les défaites ultérieures qui lui attribue le rôle de chef de guerre de l'ost du roi envoyé par le diable. Les conseillers du roi se méfiant de son inexpérience et de son prestige, ils la font tenir à l'écart des décisions militaires essentielles tandis que le commandement est successivement confié à Dunois, au duc d'Alençon, Charles d'Albret ou le maréchal de Boussac. Les historiens contemporains la considèrent soit comme une simple mascotte qui redonne du cœur aux combattants soit comme un génie militaire. Dans la foulée, Jeanne d'Arc tente de convaincre le roi de reprendre Paris aux Bourguignons, mais il hésite. Jeanne mène une attaque est sur Paris (porte Saint-Honoré), mais doit être rapidement abandonnée. Le Roi finit par interdire tout nouvel assaut : l'argent et les vivres manquent et la discorde règne au sein de son conseil. C'est une retraite forcée vers la Loire, l'armée est dissoute. Jeanne repart néanmoins en campagne : désormais elle conduit sa propre troupe et se considère comme une chef de guerre indépendant, elle ne représente plus le roi. Entraîneur d'hommes qu'elle galvanise par son charisme et son courage (elle est plusieurs fois blessée), elle dispose d'une maison militaire avec une écurie de coursiers, un écuyer et un héraut. Ses troupes lutteront contre des capitaines locaux, mais sans beaucoup de succès. Le 4 novembre 1429, « la Pucelle » et Charles d'Albret s'emparent de Saint-Pierre-le-Moûtier. Le 23 novembre, ils mettent le siège devant La Charité-sur-Loire pour en chasser Perrinet Gressart. Pour Noël, Jeanne a regagné Jargeau suite à l'échec du siège. Jeanne est alors conviée à rester dans le château de la Trémouille à Sully-sur-Loire. Quittant le roi sans prendre congé, elle s'échappera rapidement de sa prison dorée, pour répondre à l'appel à l'aide de Compiègne, assiégée par les Bourguignons. Finalement, elle est capturée par les Bourguignons lors d'une sortie aux portes de Compiègne le 23 mai 1430. Elle essaie de s'échapper par deux fois, mais échoue. Elle se blessera même sérieusement en sautant par une fenêtre au château de Beaurevoir. Elle est rachetée par les Anglais pour dix mille livres et confiée à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et allié des Anglais. Lors de son procès qui dura du 21 février au 23 mai 1431. elle est accusée d'hérésie et interrogée sans ménagement à Rouen. Elle est emprisonnée dans le donjon du château de Philippe Auguste ; seule une tour de la construction est parvenue jusqu'à nous et appelée maintenant « tour Jeanne-d'Arc ». Jugée par l'Église, elle reste néanmoins emprisonnée dans les prisons anglaises, au mépris du droit canon. Si ses conditions d'emprisonnement sont particulièrement difficiles, Jeanne n'a néanmoins pas été soumise à la question pour avouer, c'est-à-dire à la torture. Or à l'époque, la torture était une étape nécessaire à un « bon procès ». Cette surprenante absence de torture a servi d'argument pour une origine « noble » de Jeanne d'Arc. Les bourreaux n'auraient pas osé porter la main sur elle. Le procès débute le 21 février 1431. Environ cent vingt personnes y participent, dont vingt-deux chanoines, soixante docteurs, dix abbés normands, dix délégués de l'Université de Paris. Leurs membres furent sélectionnés avec soins. Lors du procès de réhabilitation, plusieurs témoignèrent de leur peur. Ainsi, Richard de Grouchet déclare que c'est sous la menace et en pleine terreur que nous dûmes prendre part au procès ; nous avions l'intention de déguerpir. Pour Jean Massieu, il n'y avait personne au tribunal qui ne tremblât de peur. Pour Jean Lemaître, Je vois que si l'on agit pas selon la volonté des Anglais, c'est la mort qui menace. Une dizaine de personnes sont actifs lors du procès, tels Jean d'Estivet, Nicolas Midy ou Nicolas Loyseleur. Mais, les enquêteurs, conduits par l'évêque de Beauvais, Mgr Cauchon, ne parviennent pas à établir un chef d'accusation valable : Jeanne semble être une bonne chrétienne, convaincue de sa mission, différente des hérétiques qui pullulent dans un climat de défiance vis-à-vis de l'Église en ces temps troublés. Le tribunal lui reproche par défaut de porter des habits d'homme, d'avoir quitté ses parents sans qu'ils lui aient donné congé, et surtout de s'en remettre systématiquement au jugement de Dieu plutôt qu'à celui de « l'Église militante », c'est-à-dire l'autorité ecclésiastique terrestre. Les juges estiment également que ses « voix », auxquelles elle se réfère constamment, sont en fait inspirées par le démon. Soixante-dix chefs d'accusation sont finalement trouvés, le principal étant Revelationum et apparitionum divinorum mendosa confictrix (imaginant mensongèrement des révélations et apparitions divines). L'Université de Paris (Sorbonne), alors à la solde des Bourguignons, rend son avis : Jeanne est coupable d'être schismatique, apostate, menteuse, devineresse, suspecte d'hérésie, errante en la foi, blasphématrice de Dieu et des saints. Jeanne en appelle au Pape, ce qui sera ignoré par les juges. Citation « Sur l'amour ou la haine que Dieu porte aux Anglais, je n'en sais rien, mais je suis convaincue qu'ils seront boutés hors de France, exceptés ceux qui mourront sur cette terre. » Le 24 mai, au cimetière Saint-Ouen de Rouen, les juges mettent en scène une parodie de bûcher pour effrayer Jeanne et la presser de reconnaître ses fautes. Jeanne sous la promesse orale (donc invérifiable) du tribunal de l'incarcérer dans une prison ecclésiastique, signe d'une croix (alors qu'elle savait écrire son nom) l'abjuration de ses erreurs, reconnaissant avoir menti à propos des voix et se soumet à l'autorité de l'Église. Elle est alors renvoyée dans sa prison aux mains des Anglais. S'estimant trompée, elle se rétracte deux jours plus tard, endosse de nouveau des habits d'homme (dans des conditions obscures). Déclarée « relapse » (retombée dans ses erreurs passées), le tribunal la condamne au bûcher et la livre au « bras séculier ». Le 30 mai 1431, elle est brûlée vive place du Vieux-Marché à Rouen par le bourreau Geoffroy Thérage. Elle rend l'âme en criant trois fois « Jésus ». Selon les témoignages, elle est voilée et placée à plus de trois mètres de hauteur. Le cardinal de Winchester avait insisté pour qu'il ne reste rien de son corps. Il désirait éviter tout culte posthume de la « pucelle ». Il avait donc ordonné trois crémations successives. La première mourir Jeanne d'Arc par intoxication au monoxyde de carbone, la seconde laissa au centre du bûcher les organes calcinés, et de la troisième il ne resta que des cendres et des débris osseux qui furent ensuite dispersés par Geoffroy Thérage. le bourreau, dans la Seine (là où a été construit plus tard le Pont Jeanne-d'Arc) afin qu'on ne puisse pas en faire de reliques. On ignore l'âge exact de Jeanne d'Arc lors de son supplice. La version officielle, construite à partir du procès qui s'est tenu à Rouen, nous transmet que Jeanne a dit être née à Domrémy, et qu'elle a 18 ou 19 ans au moment de son procès. Une source unique à l'historicité contestée la donne née le jour de l'Épiphanie sans précision sur l'année, le 6 janvier 1412, mais par ailleurs une plaque apposée sur le parvis de la cathédrale de Toul indique que « s'étant présentée seule lors d'un procès matrimonial intenté par son fiancé en 1428 », elle aurait donc été majeure à ce moment-là (20 ans selon le droit local) et émancipée de la responsabilité parentale. Jeanne est brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431. Les deux sources principales sur l'histoire de Jeanne d'Arc sont le procès en condamnation de 1431, et le procès en réhabilitation de 1455-1456. Le procès-verbal, l’instrumentum publicum est rédigé quelques années plus tard sous le contrôle du principal greffier Guillaume Manchon par Thomas de Courcelles. Étant des actes juridiques, elles ont l'immense avantage d'être des retranscriptions les plus fidèles des dépositions. Mais elles ne sont pas les seules : des notices, des chroniques ont également été rédigées de son vivant, telle que la Geste des nobles François, la Chronique de la Pucelle, la Chronique de Perceval de Cagny, la Chronique de Monstrelet ou encore le Journal du siège d'Orléans et du voyage de Reims, le Ditié de Jeanne d'Arc de Christine de Pizan, le traité de Jean de Gerson. Il faut ajouter également les rapports des diplomates et autres informateurs (écrits de Jacques Gelu à Charles VII, registres du greffier du Parlement de Paris Clément de Fauquembergue). C'est Jules Quicherat qui rassemblera de manière quasi exhaustive l'historiographie johannique entre 1841 et 1849, en cinq volumes. Entre le XV.me siècle et le XIX.me siècle, une foule d'écrivains, de politiciens, de religieux se sont appropriés Jeanne d'Arc, et leurs écrits sont nombreux. Il faut donc être prudent dans la manipulation des sources : peu lui sont contemporaines et elles réinterprètent souvent les sources originelles dans le contexte de leur interprète. Les procès sont des actes juridiques. Les deux procès ont la particularité d'avoir subi une influence politique évidente, et la méthode inquisitoire suppose bien souvent que l'accusée et les témoins ne répondent qu'aux questions posées. De plus le procès de 1431 fut retranscrit en latin (vraisemblablement à l'insu de Jeanne), alors que les interrogatoires étaient en français. Philippe Contamine, au cours de ses recherches, a constaté une abondance d'écrits dès 1429, et le « formidable retentissement au niveau international » dont cette abondance témoigne. Il remarque également que Jeanne d'Arc fut d'emblée mise en controverse et fit débat parmi ses contemporains. Enfin, dès le début « des légendes coururent à son sujet, concernant son enfance, ses prophéties, sa mission, les miracles ou les prodiges dont elle était l'auteur. Au commencement était le mythe. » Il apparaît donc qu'aucun document contemporain de l'époque — hormis les minutes des procès — n'est à l'abri de déformation issue de l'imaginaire collectif. Au cours du procès de réhabilitation, les témoins racontent d'après des souvenirs vieux de 26 ans. L'anoblissement accordé à Jeanne d'Arc par le roi Charles VII pose un autre problème. Il ne reste en effet aucune charte originale pour l'attester, mais uniquement des documents attestant de cet anoblissement rédigés postérieurement. Ces documents dont nous ne savons s'ils sont faux ou déforment une partie de la vérité historique font apparaître que Jeanne d'Arc avait été anoblie par Charles VII et avec elle ses parents, comme il était d'usage pour asseoir la filiation nobiliaire sans contestation, et par conséquent la filiation présente et à venir de ses frères et sœur. En 1614, la descendance fort nombreuse de la famille d'Arc montra qu'elle s'établissait uniquement vers la roture, et le roi leur retira leur titre de noblesse. Par ailleurs, le trésor y gagna en nombreuses pensions, car chaque membre de la lignée pouvait prétendre à indemnisation de la part du trésor pour le sacrifice de Jeanne d'Arc. Une des copies de la charte d'anoblissement qui nous est parvenue dit que le roi Charles VII la fit Jeanne dame du Lys, sans lui concéder un pouce de terre, ni à elle ni à ses frères et sœur, ce qui était contraire à l'usage de l'anoblissement, car le titre visait à asseoir la propriété de façon héréditaire. En d'autres termes, la faisant dame du Lys, le roi Charles VII la liait au royaume et à la nation mais puisqu'elle s'était vouée à la chasteté et à la pauvreté il ne lui allouait aucun bénéfice terrestre, ce qui privait du même coup sa parentèle de la possibilité d'user convenablement de cet anoblissement puisqu'elle demeurait sans possibilité de s'élever dans la société nobiliaire. Les d'Arc restèrent des roturiers par la force des choses. Jeanne d'Arc fut très populaire de son vivant, la chevauchée vers Reims la fait connaître également à l'étranger. Elle commence à recevoir des courriers sur des questionnements théologiques venant de nombreuses contrées. On lui demandera son avis sur lequel des papes, alors en concurrence, est le vrai. Jeanne se rapproche des ordres mendiants. Elle était une des nombreux prédicateurs en cette époque se disant directement envoyés de Dieu. Même si l'objet principal de sa mission est la restauration du trône de France, la Pucelle prend parti de fait sur le plan théologique et fait débat. Les conflits d'intérêts autour d'elle dépassent la rivalité politique entre les Anglais et les partisans du dauphin. Ainsi l'Université de Paris, qui était « remplie des créatures du roi d'Angleterre » ne la voit pas d'un bon œil, à l'opposé des théologiens de Poitiers, composée des universitaires parisiens exilés par les Anglais, et également à l'inverse de l'archevêque d'Embrun, des évêques de Poitiers et de Maguelonne, Jean de Gerson (auparavant chancelier de l'université de Paris), l'Inquisiteur général de Toulouse, ou encore l'Inquisiteur Jean Dupuy qui ne voyait que comme enjeux « à savoir la restitution du roi à son royaume et l'expulsion ou l'écrasement très juste d'ennemis très obstinés ». Ces gens d'Église, et autres, soutenaient la Pucelle. Pour l'éminente autorité religieuse qu'était alors la Sorbonne, le comportement religieux de Jeanne dépasse l'enjeu de reconquête du royaume, et les docteurs en théologie de cette institution la considèrent comme une menace contre leur autorité, notamment à cause du soutien des rivaux de l'Université à Jeanne, et pour ce qu'elle représente dans les luttes d'influence à l'intérieur de l'Église. Jeanne n'a pas eu non plus que des amis à la cour du dauphin, le parti du favori La Trémouille (dont Gilles de Rais était) se plaça régulièrement en opposition, au conseil du dauphin, face à ses initiatives. Jeanne d'Arc n'a ni influé à elle seule sur la phase finale de la guerre, qui s'est achevée en 1453, ni été inexistante dans le rôle tactique et stratégique de sa campagne. Dunois parle d'une personne douée d'un bon sens indéniable et tout à fait capable de placer aux points clés les pièces d'artillerie de l'époque. Les faits d'armes sont donc à porter à son crédit même si certaines batailles ont été réglées en partie par de curieux événements. Elle fut en outre un chef indéniablement charismatique. Sur le plan géopolitique, le royaume de France, même privé de tout ce qui était situé au nord de la Loire, bénéficiait de ressources humaines et matérielles bien supérieures à celles de l'Angleterre, quatre fois moins peuplée. La stratégie de Charles V, qui misait sur le temps, en évitant les combats et en assiégeant une par une les places fortes, a parfaitement montré les limites de l'invasion anglaise. Cependant, avant l'intervention de Jeanne d'Arc, les Anglais bénéficiaient d'un avantage psychologique extrêmement important lié à plusieurs raisons : la réputation d'invincibilité de leurs troupes ; le traité de Troyes qui déshéritait le dauphin Charles et mettait en doute sa filiation à l'égard du roi Charles VI ; un état d'abattement et de résignation de la population ; L’alliance avec la Bourgogne. L'avantage numérique du royaume de France pesait peu. Cette situation faisait qu'en 1429 la dynamique était anglaise. Jeanne a eu indéniablement le mérite d'inverser l'ascendant psychologique en faveur de la France, en remontant le moral des armées et des populations, en légitimant et sacrant le roi, et en battant les Anglais. Charles VII a eu, lui, l'initiative de se raccommoder avec les Bourguignons, étape indispensable pour la reconquête de Paris. Jeanne d'Arc visiblement ne portait pas les Bourguignons dans son cœur à cause de leur proximité avec son village de Domrémy et des heurts qu'il avait pu y avoir. Si « pucelle » signifiait à l'époque simplement « fille » et pas particulièrement (vierge), Jeanne mettait aussi en avant sa virginité pour prouver, selon les mœurs de son temps, qu'elle était envoyée de Dieu et non une sorcière et affirmer clairement sa pureté, aussi bien physiquement que dans ses intentions religieuses et politiques. Dès lors vérifier sa virginité devient un enjeu important, étant donné l'importance politique des projets de Jeanne : restaurer la légitimité de Charles, et l'amener au sacre. Par deux fois, la virginité de Jeanne fut constatée par des matrones, à Poitiers en mars 1429, mais aussi à Rouen, le 13 janvier 1431. Pierre Cauchon (celui-là même qui la fit brûler) avait ordonné ce deuxième examen pour trouver un chef d'accusation contre elle, en vain. Il est en revanche difficile de savoir ce qui s'est passé entre le jugement et le constat de « relapse », période où Jeanne a été durement maltraitée par ses geôliers, défigurée. Selon Martin Ladvenu, un lord anglais aurait essayé de la forcer dans sa prison, en vain. Certains auteurs (Anatole France) ont estimé que le phénomène des perceptions de Jeanne d'Arc ait pu être le fruit d'hallucinations auditives, provenant de possibles formes de "dissociations du moi" ou d'intenses états émotionnels provenant d'éventuelles infections d'origine tuberculique. Il n'en demeure pas moins, selon l'ouvrage Jehanne, la Délivrance (éd. Peleman 2011) que la phénoménologie auditive est aisément expliquable au regard des récentes découvertes scientifiques en matière de neurologie. Les chercheurs (Damasio, Sacks, Changeux) ont en effet identifié les trois zones corticales actives à la réception du langage. Selon cette étude, la perception de ces zones est parfaitement possible par un individu sensible au langage et tel serait singulièrement le cas de Jeanne qui prouve tout au long de son procès d'inquisition, une subtile capacité d'écoute et de répartie. « A défaut de critères scientifiques, inexistant à son époque, elle dénomma les trois zones du langage selon une terminologie angéologique, en phase avec la pensée de son temps ». La perception des voix est un classique dans le cadre de la communication prophétique, précise le Prof. Raphaël Draï dans son livre l'Economie Chabbatique, éd. Fayard, 1998). Plusieurs femmes se présentèrent comme étant Jeanne d'Arc affirmant avoir échappé aux flammes. Pour la plupart, leur imposture fut rapidement décelée, mais deux d'entre elles parvinrent à convaincre leurs contemporains qu'elles étaient réellement Jeanne d'Arc : il s'agit de Jeanne des Armoises et de Jeanne de Sermaises, qui étaient peut-être une seule et même personne. D'après une source tardive (trouvée en 1686 à Metz), Jeanne des Armoises apparut pour la première fois le 20 mai 1436 à Metz où elle rencontre les deux frères de Jeanne d'Arc, qui la reconnaissent pour leur sœur. Il est impossible de déterminer s'ils ont vraiment cru qu'elle était leur sœur ou non. Quoi qu'il en soit, Jeanne des Armoises reste le cas le plus sérieux. En 1456, après la réhabilitation de la Pucelle, Jeanne de Sermaises apparut en Anjou. Elle fut accusée de s'être fait appeler la Pucelle d'Orléans, d'avoir porté des vêtements d'homme. Elle fut emprisonnée jusqu'en février 1458, et libérée à la condition qu'elle s'habillerait « honnêtement ». Elle disparaît des sources après cette date. Jeanne d'Arc n'est pas un cas unique, bien qu'on fasse à l'époque plus confiance à des enfants ayant des visions qu'à des hommes ou femmes prophètes (les prophétesses sont des mulierculae, « petites bonnes femmes » dans le traité De probatione spirituum de 1415 de Jean de Gerson, théologien qui déconsidère notamment Brigitte de Suède ou Catherine de Sienne et met au point des procédures d'authentification des vraies prophétesses car désormais seule l'Église a le jugement d'autorité en matière de visions, apparitions et prophéties). En 1391, l'Université de la Sorbonne et en 1413 l'Université de Paris publient une affiche appelant à tous ceux qui ont des visions et se croyant appelés à sauver la France à leur communiquer leurs prophéties, les vrais prophètes selon les critères de l'époque devant être humbles, discrets, patients, charitables et avoir l'amour de Dieu. Le Journal d'un bourgeois de Paris rapporte un sermon entendu le 4 juillet 1431 faisant référence à trois autres femmes : Citation « Encore dist il en son sermon qu'ilz estoient IIII, dont les III avoit esté prinses, c'est assavoir ceste Pucelle, et Perronne et sa compaigne, et une qui est avec les Arminalx (Armagnacs), nommée Katherine de La Rochelle ; … et disoit que toutes ces quatre pouvres femme frère Richart le cordelier (…) les avoit toute ainsi gouvernées ; (…) et que le jour de Noel, en la ville de Jarguiau (Jargeau), il bailla à ceste dame Jehanne la Pucelle trois foys le corps de Nostre Seigneur (…) ; et l'avoit baillé à Peronne, celui jour, deux fois (…) » De ces trois autres femmes, le même Bourgeois de Paris relate l'exécution de Piéronne, qui « estoit de Bretaigne bretonnant » et fut brûlée sur le parvis de Notre-Dame le 3 septembre 1430. Et s'il ne la nomme pas, le Formicarium du frère Jean Nider semble décrire la même exécution. Interrogée au sujet de Katherine de La Rochelle lors de son procès, Jeanne d'Arc déclara l'avoir rencontrée et lui avoir répondu « qu'elle retournât à son mari, faire son ménage et nourrir ses enfants ». Elle ajouta : « Et pour en savoir la certitude, j'en parlai à sainte Marguerite ou sainte Catherine, qui me dirent que du fait de cette Catherine n'était que folie, et que c'était tout néant. J'écrivis à mon Roi que je lui dirais ce qu'il en devait faire ; et quand je vins à lui, je lui dis que c'était folie et tout néant du fait de Catherine. Toutefois frère Richard voulait qu'on la mît en œuvre. Et ont été très mal contents de moi frère Richard et ladite Catherine. » Avec l'essor de l'astronomie et de la futurologie à la fin du Moyen Âge, les cours à cette époque aiment s'entourer de ces prophètes, parfois pour les instrumentaliser à des fins politiques. Ainsi une bataille autour des prophètes a lieu notamment entre les Anglais et les Français, chaque camp fabriquant de fausses prophéties. Thèses divergentes sur l'origine de Jeanne d'Arc, Marcel Gay, journaliste à l’Est républicain, et Roger Senzig s'intéressent à Jeanne d'Arc et nient la thèse de l'imposture. Dans L'affaire Jeanne d'Arc les auteurs reprennent une thèse inventée par le sous-préfet Pierre Caze en 1802 en prétendant que Jeanne serait la fille illégitime d'Isabeau de Bavière et Louis d'Orléans (mort en 1407), et donc sœur de Charles VII. Elle aurait été confiée, à sa naissance, à la famille d'Arc, discrètement chargée de l'élever. Elle n'aurait jamais été bergère (comme elle le précise deux fois très clairement lors de son procès) et les seules voix qu'elle aurait entendues seraient celles des envoyés de la couronne, lui demandant de coopérer à une mission de sauvetage de Charles VII. Selon eux, cette origine noble expliquerait pourquoi elle parlait un très bon français et non la langue locale de Domrémy où, selon les auteurs, très peu de gens s'exprimaient en français. Son statut de noble lui aurait également permis d'apprendre à chevaucher de fougueux destriers, à manier l'épée, à faire la guerre et à être reçue sans difficultés par Robert de Baudricourt. Toutes choses impensables pour une simple bergère. Cette même thèse adopte les nombreuses histoires de survivance de Jeanne d'Arc : Jeanne ne serait pas morte en 1431. Elle aurait été remplacée sur le bûcher par une autre femme, dont Marcel Gay et Roger Senzig ne précisent pas le nom, et Jeanne aurait épousé Robert des Armoises. Elle aurait fini ses jours au château de Jaulny en Lorraine, puis aurait été enterrée à Pulligny, dont une plaque trouvée dans l'église commémorerait le décès de Jeanne des Armoises. Selon ces auteurs, aucune preuve n'est apportée de la naissance de Jeanne à Domrémy, mais il est attesté qu'elle a bien vécu en Lorraine. Par ailleurs, à une époque où les prêtres dispensaient l'instruction, et Domrémy étant une paroisse qui relevait du domaine royal, avoir reçu un enseignement en français n'est pas une gageure. Le fait qu'elle ait été noble n'explique en rien qu'elle ait pu apprendre à monter des chevaux de guerre, les femmes nobles montant des haquenées et non des destriers, ni à manier l'épée, ce qui faisait partie de l'éducation masculine seulement. Par ailleurs, Jeanne d'Arc a déclaré lors de son procès ne jamais s'être servie de son épée. Robert de Baudricourt ne l'a pas reçue sans difficulté mais n'a fait que céder aux pressions de son entourage. Le reste de la thèse (enfant illégitime, confiée à un couple de paysans, sœur d'un roi qui peine à retrouver son trône, etc.) n'est pas sans ressembler aux mythes de la naissance de Zeus, Romulus et Rémus, Œdipe... où le personnage principal est fils de roi ou de reine et caché à la naissance par une nourrice fidèle qui le confie à d'humbles paysans. Les thèses d'imposture de Jeanne d'Arc reprises par des auteurs ressemblent à celles courant sur Louis XVII, la grande-duchesse Anastasia, le tsar Alexandre Ier, ou encore le fils d'Ivan le Terrible. Ce caractère romanesque, les approximations, les raccourcis, les nombreuses erreurs et les simplifications caricaturales expliquent que L'Affaire Jeanne d'Arc ne soit pas un travail reconnu par la communauté scientifique. L'historien Olivier Bouzy a démonté point par point toute la thèse dans son étude et aucun historien ne l'a reprise. En avril 2011, l'écrivain Bernard Simonay livre une version romancée de cette thèse dans Le Lys et les ombres, édité chez Calmann-Lévy. Il s’appuie notamment sur L'Affaire Jeanne d'Arc et Jeanne d'Arc, vérités et légendes. Affirmant que la thèse officielle « défendue bec et ongle » par les historiens orthodoxes ne l'a jamais convaincu, il ajoute que ces derniers nient volontairement l'existence d'un certain nombre de sources (relatives aux armoiries attribuées à Jeanne d'Arc, au fait qu'elle reçoive des éperons dorés, apanage de la noblesse, ou encore à Jeanne des Armoises qui a pu convaincre les propres parents de Jeanne d'Arc qu'elle est bien la Pucelle) afin de conserver « l'image idéale d'une petite bergère de Lorraine morte en martyre ». Il cite lui-même Wikipédia dans ses sources. Relapse puis héroïne Christine de Pisan est un des rares auteurs contemporains à avoir fait l'éloge de Jeanne d'Arc, la nouvelle Judith. Villon mentionne en deux vers, parmi les Dames du temps jadis, « Jeanne la bonne Lorraine / Qu'Anglois brûlèrent à Rouen ». Avant le XIX.me siècle, l'image de Jeanne d'Arc est défigurée par la littérature. Seule la notice d'Edmont Richier, surtout prolifique sur le plan théologique, apporte un volet historique cependant entaché d'inexactitudes. Chapelain, poète officiel de Louis XIV, lui consacre une épopée malheureusement très médiocre au plan littéraire. Voltaire ne consacre qu'un vers et demi à la gloire de Jeanne d'Arc dans son Henriade, chant VII « ... Et vous, brave amazone, La honte des Anglais, et le soutien du trône. » et en consacra plus de vingt mille à la déshonorer. Depuis le XIX.me siècle, les exploits de Jeanne d'Arc sont usurpés pour servir certains desseins politiques au mépris de l'histoire. Les arcanes de cette exploitation d'une héroïne symbolise la France de façon mythique, voire mystique sont innombrables. On retint surtout les thèses évoquées lors de son procès : la mandragore suggérée par Cauchon, l’instrument politique destiné à jeter la terreur dans les troupes anglaises, et la si romanesque main de Dieu (qu’on y voit de l’hérésie ou des desseins monarchiques). Jeanne d'Arc a été réhabilitée en 1817, dans le livre de Philippe-Alexandre Le Brun de Charmettes : Histoire de Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans, tirée de ses propres déclarations, de cent quarante-quatre dépositions de témoins oculaires, et des manuscrits de la bibliothèque du roi de la tour de Londres. Le travail scrupuleux de cet historien, fondé sur des enquêtes rigoureuses, et l'étude de documents originaux, a souvent été réutilisé comme base de travail par des écrivains français et étrangers, tel Jules Quicherat, qui ont contribué à redonner ses titres de noblesse à la Pucelle d'Orléans. Lorsque Charles reprend Rouen, un second procès, à la demande de la mère de Jeanne et sur décret du pape espagnol Calixte III, casse en 1456 le premier jugement pour « corruption, dol, calomnie, fraude et malice » grâce au travail de Jean Brehal. Le Pape ordonna à Thomas Basin, évêque de Lisieux et conseiller de Charles VII, d'étudier en profondeur les actes du procès de Jeanne d'Arc. Son mémoire fut la condition juridique du procès en réhabilitation. Après avoir enregistré les dépositions de nombreux contemporains de Jeanne, dont les notaires du premier procès et certains juges, il déclare le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet » et réhabilite entièrement Jeanne et sa famille. Il ordonne également l'« apposition [d'une] croix honnête pour la perpétuelle mémoire de la défunte » au lieu même où Jeanne est morte. La plupart des juges du premier procès, dont l'évêque Cauchon, sont morts entre temps. Aubert d'Ourches comparait comme vingt-huitième témoin, voici sa déposition du 14 février 1456 lors de la neuvième séance : « La Pucelle me parut être imbue des meilleures mœurs. Je voudrais bien avoir une fille aussi bonne... Elle parlait moult bien » Jeanne d'Arc est canonisée en 1920, et Pie XI la proclame sainte patronne secondaire de la France en 1922. Maria Bochkareva (en), surnommée Yashka ou « la Jeanne d’Arc russe », fut une paysanne illettrée qui prit la tête en juillet 1917 du Bataillon féminin de la mort composé de 300 femmes pour combattre dans l'armée russe lors de la première guerre mondiale. De prétendues reliques de Jeanne d'Arc sont conservées au musée d'Art et d'Histoire de Chinon. Propriété de l'archevêché de Tours, elles ont été mises en dépôt dans ce musée en 1963. Le bocal de verre qui les contient a été découvert à Paris en 1867 dans le grenier d'une pharmacie située rue du Temple, par un étudiant en pharmacie, M. Noblet. Le parchemin qui fermait l'ouverture du bocal portait la mention : « Restes trouvés sous le bûcher de Jeanne d'Arc, pucelle d'Orléans ». Le bocal contient une côte humaine de dix centimètres de long recouverte d'une couche noirâtre, un morceau de tissu de lin d'une quinzaine de centimètres de longueur, un fémur de chat et des fragments de charbons de bois. Le médecin-légiste français Philippe Charlier, spécialiste de pathographie, qui a analysé les restes à partir de février 2006 avec son équipe de l'hôpital Raymond-Poincaré à Garches (Hauts-de-Seine), conclut qu'il s'agit de restes de momies, à la fois momie humaine et momie animale, d'origine égyptienne datés de la Basse époque et qui auraient pu faire partie soit de la collection d'un cabinet d'amateur soit de la pharmacopée d'un apothicaire avant d'être employés à la confection de ces pseudo-reliques. Une analyse microscopique et chimique du fragment de côte montre qu'il n'a pas été brûlé, mais imprégné d'un produit végétal et minéral de couleur noire. Sa composition s'apparente plus à celle du bitume ou de la poix qu'à celle de résidus organiques d'origine humaine ou animale ayant été réduits à l'état de charbon par crémation. Les « nez » de grands parfumeurs (Guerlain et Jean Patou) ont notamment décelé sur le morceau de côte une odeur de vanille. Or ce parfum peut être produit par « la décomposition d'un corps », comme dans le cas d'une momification, pas par sa crémation. Le tissu de lin, quant à lui, n'a pas été brûlé, mais teint et a les caractéristiques de celui utilisé par les Égyptiens pour envelopper les momies. D'autre part, concernant le pollen, il a été noté une grande richesse de pollens de pin, vraisemblablement en rapport avec l'usage de résine en Égypte au cours de l'embaumement. Enfin, une étude au carbone 14 a daté les restes entre le VI.me et le III.me siècle av. J.‑C., et un examen spectrométrique du revêtement à la surface des os a montré qu'il correspondait à ceux de momies égyptiennes de cette période tardive. Charles VII paya à Jeanne une armure coûtant 100 écus, soit 2.500 sols ou 125 livres tournois. Cette somme n'est pas extraordinaire, il suffit de la rapprocher de l'inventaire établi par Jehanne lors de son procès : « Elle dit ensuite que ses frères ont ses biens, ses chevaux, épées, à ce qu'elle croit, et autres qui valent plus de 12000 écus. Elle répondit qu'elle avait dix ou douze mille écus qu'elle a vaillant... » Le comte de Laval par témoignage nous apprend qu'il s'agissait d'un « harnois blanc », c'est-à-dire de pièces d'armure d'un seul tenant, et non d'une brigandine. Par comparaison, cette armure valait deux fois le prix de l'équipement le moins coûteux, et huit fois moins que le plus cher. Cette armure fut offerte à Saint-Denis en ex-voto après l'échec de l'assaut sur Paris. À partir de ce moment, elle porta une armure prise sur un Bourguignon, sans qu'on connaisse la valeur de ce nouvel équipement. L'armure de Saint-Denis ne fut certainement pas détruite mais a peut-être subi le sort de l'épée qui fut déposée à Sainte-Catherine de Fierbois par un soldat et empruntée par Jeanne. L'épée qui accompagna Jeanne d'Arc pendant toutes ses batailles fut découverte sur son indication sous les dalles de l'église de Sainte-Catherine-de-Fierbois (Indre-et-Loire), parmi d'autres épées enterrées par des soldats de passage. Cette épée fort ancienne était décorée de cinq croix. La rouille qui la recouvrait aurait disparu aussitôt que Jeanne d'Arc eut l'épée en main. Jean Chartier, dans Journal du siège et Chronique de la Pucelle, mentionne l'épée et les circonstances de son acquisition par la Pucelle : le roi voulut lui donner une épée, elle demanda celle de Sainte-Catherine de Fierbois, « on lui demanda si elle l'avoit oncques veue, et elle dit que non. » Un forgeron fut envoyé depuis Tours et découvrit l'épée parmi plusieurs ex-voto déposés là, apparemment dans un coffre derrière l'autel. Jeanne brisa cette épée sur le dos d'une prostituée, à Saint-Denis, selon le duc d'Alençon, vraisemblablement après la tentative manquée contre Paris. Il semble qu'elle ait pris l'habitude de frapper avec cette épée sur le dos des filles de joie qu'elle rencontrait, de tels incidents étant précédemment mentionnés à Auxerre par le chroniqueur Jean Chartier et par son page, Louis de Coutes, pour l'étape Château-Thierry. Charles VII se montra très mécontent du bris de l'épée. Celle-ci avait en effet pris des allures d'arme magique parmi les compagnons de Jeanne, et sa destruction passa pour un mauvais présage. On n'a aucun indice sur ce que sont devenus les morceaux. Suivant une légende locale, Lyonnel de Wandonne récupéra l'épée de Jeanne d'Arc qu'il emmura dans l'église de Wandonne. Il ne faut pas confondre l'épée réelle et l'épée « virtuelle » qui se trouve décrite dans les armoiries de la famille d'Arc. Dans le blason de Jeanne, l'épée est représentée avec cinq fleurs de lys alors que les textes concernant l'épée de Fierbois ne mentionnent que cinq croix. Depuis le 29 avril 1429, date de son arrivée à Orléans, Jeanne logeait chez Jacques Boucher, trésorier du duc d'Orléans, et son épouse Jeanne Lhuillier, dont le frère confectionna la huque qu'on lui offrit. Elle dût être fort bien reçue, car elle qualifie des hôtes comme « ses bons amis du grand hostel de la porte Renart ». Logée dans cette maison avec, entre autres, ses frères Pierre et Jean, ainsi que Jean d'Aulon, son fidèle écuyer, elle partageait, comme cela se faisait à l'époque, le même lit que la fille de la maison, la petite Charlotte (9 ans), et l'on dormait nu. On peut imaginer qu'elles discutaient ensemble, le soir, avant de s'endormir. Jeanne avait pris en amitié cette petite fille, et était sans doute pour elle un peu comme une grande sœur. Rien d'étonnant qu'elle lui laisse un souvenir d'elle, ce qu'elle a dû faire, après avoir séjourné dix jours chez Jacques Boucher, au moment de son départ, le 10 mai 1429, pour entreprendre la campagne de Loire après la délivrance d'Orléans. Au Moyen Âge, quand on voulait remercier quelqu'un de son affection ou de sa gentillesse, il était coutume d'offrir un objet personnel, ou de lui en faire don par testament. Jeanne ne déroge pas à cette règle, et elle offrit plusieurs autres de ses objets personnels (un anneau en or, elle en possédait trois, à la veuve de du Guesclin, le 1er juin 1429; un habit rouge, qu'elle tenait du duc d'Orléans, qu'elle offrit en juillet 1429, à Châlons, à Jean Morel, de Domrémy, l'un de ses parrains....). C'est ainsi que ce chapeau échoue dans la famille de Jacques Boucher. C'était le chapeau qu'elle portait « à la ville », en satin bleu, bordé d'or, avec un « rebras », c'est-à-dire un segment relevé contre la calotte. Celle-ci était surmontée d'une fleur de lys en cuivre doré, de laquelle rayonnaient des filigranes d'or de Chypre, cousus en torsade sur la calotte. À l'extrémité de chaque filigrane était attaché une petite fleur de lys métallique. Au 17e siècle, on trouvait ce chapeau dans la descendance d'Antoine Boucher, le frère de Charlotte. Durant un certain temps, les descendants de Jacques Boucher se transmirent cette relique de Jehanne. Le précieux dépôt quitta Orléans, passant tranquillement d'une génération à l'autre durant plus de deux cents ans, jusqu'à Marguerite de Thérouanne, épouse de Jean de Métezeau. Celle-ci, voulant certainement mettre fin aux pérégrinations de ce chapeau, et afin qu'il soit en sûreté, le confia à son beau-frère, Paul Métezeau, prêtre de l'Oratoire de Jésus-Christ, en 1631, pour qu'il soit conservé par cette institution. Le Père Métezeau, orateur distingué et écrivain mystique, en fit don à l'Oratoire d'Orléans en 1691. C'est ainsi que le chapeau de Jeanne revint à Orléans. Les Oratoriens gardèrent fidèlement et respectueusement leur relique jusqu'à la Révolution, l'ayant disposée près de la chapelle, dans leur sacristie. Elle y resta encore cent ans. Les tourments de la Révolution, l'expulsion des religieux, suite à la loi du 13 février 1790, firent craindre à la congrégation des Oratoriens la disparition du chapeau historique. Voulant le préserver, et afin qu'il reste à Orléans, ils le confièrent à l'une des plus honorables familles orléanaises, en la personne de Madame de Saint-Hilaire, née Jogues de Guedreville. En 1791, le chapeau de Jeanne fut donc conservé par cette personne, dans son hôtel particulier, sis vis-à-vis de l'église Notre-Dame de Recouvrance, dans le vieux quartier historique de la ville, à deux pas de l'endroit où s'élevait la maison du trésorier du duc d'Orléans qui avait hébergé la Pucelle. Cet hôtel particulier, au n° 11 de la rue de Recouvrance, sera ensuite occupée par l'un des petits-fils, M. Arthur de Dreuzy. Vers la fin d'août 1792, une bande de révolutionnaires vauriens et excités, conduite par « Léopard » Bourdon, représentant du peuple, se rend à l'hôtel de Madame de Saint-Hilaire, et somme cette femme de leur livrer le chapeau, pour le détruire. Celle-ci tenta de s'y opposer, mais il lui fût répondu par des cris de mort. Pour sauvegarder sa vie et celle de ses enfants, elle céda par obligation, et livra le chapeau à ces fous furieux ivres de vin et de sang. Ces sauvages allumèrent un feu dans la cour de l'hôtel, dans lequel ils jetèrent le chapeau de la Pucelle, dansant, criant et chantant le « çà ira », pendant que la seule relique de Jeanne que possédât Orléans était réduite en cendres. Il reste à préciser, selon les sept témoignages ci-avant, que le fameux chapeau était de couleur bleue (cinq témoignages), avec des rebras ou rebords retroussés (trois témoignages), garni de fleurs de lys dorées (quatre témoignages), en feutre (deux témoignages) et dans un étui de maroquin rouge (deux témoignages). L'un des témoignages le dit « en velours », et un autre avec quatre rubans, détails de fait peu importants.
Nous quittons le duché de Bar, nous voici dans les Vosges, nous sommes arrivés à Domrémy-la-Pucelle, dont voici la présentation :
Domrémy-la-Pucelle - ou Domrémy-la-Pucelle est une commune française, située dans le département des Vosges et la région Lorraine. Ses Habitants sont appelés les Domrémois. La commune compte 156 habitants, elle s’étend sur 9 kilomètres carrés, et elle s’étale entre 250 et 400 mètres d’altitude. La commune est située dans la vallée de la Meuse au nord de Coussey. Le territoire communal englobe vers l'ouest une éminence boisée culminant à 407 m - le bois de Domrémy - et qui domine Les Roises, une petite commune meusienne. Le lieu était habité à l'époque celte comme le montrent certaines murailles et tumuli antiques. Au XV.me siècle, du vivant de Jeanne d'Arc, la paroisse était divisée en deux parties: l'une dépendait du comté de Champagne, l'autre du Barrois mouvant. Très pieuse, Jeanne aimait se rendre chaque samedi en la chapelle de Bermont, près de Greux, pour prier, comme à l'église de Domrémy où elle avait reçu le baptême. Ses voix, qui l'initièrent à sa mission et l'accompagnèrent dans son action – les saintes Catherine d'Alexandrie, Marguerite d'Antioche et saint Michel Archange– étaient pour elle des figures familières du voisinage, voire familiales, ce qui forma la psychologie de la jeune adolescente dans la vocation hors normes qui fut la sienne. la partie nord du village – fut exempté d'impôts par Charles VII après son couronnement lors de l'anoblissement de Jeanne d'Arc. En 1571, Domrémy fut officiellement rattaché à la Lorraine et perdit le privilège (le duché de Lorraine relevait du Saint Empire romain germanique et fut rattaché au royaume de France près de deux siècles plus tard sous Louis XV). En revanche, la ville de Greux demeura française et conserva le privilège jusqu'en 1766. La paroisse de Domrémy devint en 1578 Domrémy-la-Pucelle. Elle passa au statut de commune à la Révolution française. Maison natale de Jeanne d'Arc, classée monument historique depuis la première liste en 1840• Église Saint-Rémy: cette église a été « retournée » en 1824, c'est-à-dire que l'entrée actuelle se trouve à la place de l'ancien chœur et que le chœur actuel est à la place de l'ancienne entrée. On peut y voir, sur un pilier, le martyre de saint Sébastien. Basilique du Bois-Chenu ou « Basilique Sainte-Jeanne-d'Arc » (du nom du lieu où Jeanne entendit ses voix) et son orgue de Jacquot-Lavergne construit en 1944• Centre Johannique, musée. Ce centre constitue aussi un lieu de citoyenneté ou les jeunes de France et d'Europe - à partir de l'histoire de Jeanne d'Arc et de cette période charnière entre Moyen Age et modernité peuvent réfléchir sur l'Europe dans laquelle nous vivons et sur celle que nous devons construire. Jeanne d'Arc (née à Domrémy en 1412, brûlée à Rouen en 1431), en l'honneur de laquelle Domrémy fut rebaptisée « Domrémy-la-Pucelle ».
Nous faisons une halte pour aller visiter la maison natale de Jeanne d’Arc, elle est très simple, nous circulons dans les 3 pièces qui la composent, elles sont dépourvues de mobilier, alors comme le temps nous presse nous survolons la visite. Malgré que la journée soit bien avancée, le soleil est présent, nous nous rendons à la basilique du bois Chenu, elle se trouve à quelques encablures du centre du village de Domrémy-la-Pucelle. Nous sommes accueillis par une religieuse de la communauté installée à la basilique du bois Chenu, elle nous met entre les mains du recteur et curé de la basilique. Il nous commence la visite depuis l’extérieur, nous sommes dans le paysage que Jeanne d’Arc a connu, nous sommes dans une clairière, où là même un arrière petit neveu de Jeanne d’Arc avait fait édifier une petite chapelle en 1610. Elle fut détruite entre 1630 et 1636, pendant la guerre de 30 ans, lors de fouilles, on a retrouvé la clé de voûte de l’ancienne chapelle, construite et financée par un descendant de jeanne d’Arc, il était curé à Bar-le-Duc. Cette clé de voûte est exposée aujourd’hui dans la maison natale de Jeanne d’Arc, c’est donc à l’endroit où l’on l’a retrouvée que la basilique du bois Chenu a été édifiée, dont voici la présentation :
La basilique du Bois-Chenu, du Bois Chênu ou encore Sainte-Jeanne-d'Arc de Domrémy-la-Pucelle, est un édifice religieux dédié à Jeanne d'Arc, qui a été élevé au XIX.me siècle sur un coteau forestier de Domrémy-la-Pucelle, son village natal. La première pierre du bâtiment a été posée le 3 novembre 1881 à proximité immédiate du lieu où Jeanne, bergère, aurait entendu ses voix. Il a été bâti sur les plans de l'architecte Paul Sédille (après la mort de ce dernier en 1900, les frères Émile et René Demay, architectes à Neufchâteau, prendront la direction des travaux jusqu'à leur achèvement en 1926). L'édifice initial, prévu plus petit, était initialement dédié à saint Michel étant donné que Jeanne n'était pas encore été béatifiée. La première messe y fut célébrée en 1896, l'église étant alors toujours en construction. En 1897 4 cloches furent ajoutées au nouveau clocher. En 1909, la béatification de Jeanne d'Arc par le pape Pie X, constituera la première étape vers la sainteté, mais il faudra encore attendre onze années pour qu'elle soit canonisée en 1920 par le pape Benoît XV. En 1922, le pape Pie XI la proclame sainte patronne secondaire de la France et la consécration de l'édifice à Sainte-Jeanne-d'Arc eut lieu quelques années plus tard, en 1926. Le 4 juin 1939, l'église reçut le titre de basilique mineure. Elle a été inscrite aux monuments historiques par un arrêté du 24 juillet 2006 signé par le préfet de région, Pierre-René Lemas. Son clocher est pour l'IGN un point géodésique d'ordre 4 dans le système NTF. L'édifice est caractérisé par sa polychromie, composée d'une alternance de granit rose des Vosges et de la blancheur de la pierre d'Euville, de la Meuse. Illuminée chaque soir, la basilique domine la vallée de la Meuse. D'un style plutôt néoroman, la basilique est décorée de gigantesques mosaïques ainsi que de huit peintures de Lionel Royer représentant la vie de la sainte. Dans la crypte dédiée à Notre-Dame des Armées se trouve la statue de Notre-Dame de Bermont, celle-là même que connut Jeanne et devant laquelle elle avait l'habitude de prier. Sur le parvis de la basilique se dressent plusieurs statues, notamment : « Jeanne s'offrant à Dieu pour l'accomplissement de sa mission » (œuvre du sculpteur Couteau, offerte en 1946 par le gouvernement de la province canadienne du Québec), « Jeanne et ses voix » du sculpteur André-Joseph Allar, datant de 1894, et les parents de Jeanne (statues de bronze datant de 1911 et représentant Jacques d'Arc et Isabelle Romé). La sonnerie de la basilique comprend actuellement 5 cloches de volée. En 1897 4 cloches de volée de 3440kg coulées par Farnier de Robécourt intègrent la nouvelle basilique de Domrémy, auxquelles s'ajouta en 1926 une cinquième cloche offerte en souvenir des noces de diamant sacerdotales de Monseigneur Foucault, évêque de Saint-Dié. Elle eut pour marraines les filles du donateur Georges Farnier.
Le curé de la basilique nous a fait visiter et commenter la basilique du bois chenu, il nous a retracé la vie de Jeanne d’Arc qui a été abordé ci-dessus, nous terminons la visite en descendant dans la crypte, où nous avons contemplé Notre-Dame de Bermont, celle-là même que connut Jeanne et devant laquelle elle avait l'habitude de prier. C’est sous un soleil resplendissant, et la sonnerie des cloches de la basilique qui annonce qu’il est 19 heures, que nous prenons congé de notre maître des lieux, le recteur et curé de la basilique du bois chenu. C’est un peu las que nous reprenons notre circuit, tout le monde est saturé, Jean-Louis nous laisse un peu de répit, nous passons à Saint-Nicolas de Port, puis nous voici à Nancy. Nous sommes trop fatigués, après le dîner nous allons prendre un repos bien mérité.

Jour 4 : Le soleil est avec nous, nous sommes en partance pour Pont-à-Mousson, on appelle cette région, le pays du feu, car on y travaillait le verre et le feu. Pont-à-Mousson est située tout proche de la Belgique, du Luxembourg et de l’Allemagne. Pont-à-Mousson est connue pour ses plaques d’égouts dans la France entière , nous roulons dans un environnement vallonné, de ci de là nous découvrons des petits châteaux, nous sommes dans l’ancien duché du Luxembourg. Mais dès que nous serons à Pont-à-Mousson, nous serons de nouveau en Lorraine. La ville est très fleurie, elle se trouve dans le département de la Meurthe-Et-Moselle, la ville compte 15000 habitants. Nous sommes près de l’église, elle possède 2 tours, une statue représente Saint-Martin sur son cheval, il se sépare de la moitié de son manteau qu’il donne à un pauvre. La ville a une abbaye, elle était occupée par les prémontrés, c’est un ordre qui a été créé tout près d’ici, dans le département de l’Aisne. Ils vont créer une école qui sera très réputée, mais à la réforme protestante, ils voient qu’ils ne sont pas à la hauteur, pour combattre l’hérésie protestante, dont le duché de Lorraine est le fer de lance catholique dans la région. Les prémontrés se mettent d’accord avec le duc, pour appeler à Pont-à-Mousson, un ordre religieux qui vient de naître. Cet ordre prend la défense de la contre réforme, il s’agit des jésuites. Ils vont donc venir à Pont-à-Mousson, ils créent une université, elle va être dirigée par les jésuites jusqu’en 1766, année dont la France absorbe la Lorraine. Les lois du royaume de France sont appliquées à Pont-à-Mousson, les jésuites sont expulsés, s’en est fini de l’université à Pont-à-Mousson. Elle a eu parmi ses élèves des personnages connus, dans l’histoire de France, comme les 2 Choiseul, le duc de Choiseul et le duc Choiseul Stainville. Après la suppression des jésuites, l’université est devenu un séminaire, il a été saisi à la révolution, puis restitué au culte après la révolution. Aujourd’hui, c’est devenu un centre de recherches, qui est en même temps un hôtel de très bonne qualité, l’établissement est toujours plus ou moins dirigé par les prémontrés. Nous traversons la Moselle, le Mousson en est un de ses affluents. La façade de l’université qui donne sur la Moselle, comprend 3 étages et 96 fenêtres. Certaines maisons ont côté rue des arcades, nous faisons une halte sur la place principale de la ville, nous avons un petit temps libre, nous en profitons pour faire des emplettes dans des commerces qui se trouvent sous des arcades. Nous reprenons notre circuit, nous allons traverser la petite suisse, c’est le nom donné touristiquement à la région entre Pont-à-Mousson et Toul. Nous sommes au seillant de Pont-à-Mousson, il y eut de rands combats lors de la première guerre mondiale, nous passons d’ailleurs devant un cimetière militaire. A Pont-à-Mousson se trouve la brasserie des brasseurs lorrains, nous arrivons à Euzelin, une petite commune, où nous allons rendre visite au forgeron de la contrée. Il nous accueille dans son atelier, il nous narre sa passion du feu et du fer, il chauffe, il tape, il brosse, il meule pour confectionner des chefs d’œuvre. Après 15 minutes dans le vacarme, nous passons au magasin d’exposition, rien n’est à vendre, monsieur Fringuant ne travaille que sur commande. Nous nous baladons dans le village, la météo s’y prête, nous faisons le tour de la petite église, nous discutons avec le cantonnier, puis nous reprenons notre circuit. Nous traversons un village rue, il ne possède qu’une seule artère où sont situées de chaque côté les maisons qui constituent la commune. Dans les champs c’est le royaume des bleuets, des marguerites et des coquelicots, nous sommes bien en France. Nous traversons un désert industriel, ça sent la crise, où est la petite Suisse. Nous passons devant un champ de panneaux voltaïques, nous voici arrivés à Toul où nous allons déjeuner dans un restaurant situé dans une zone industrielle.
Nous reprenons notre circuit, nous approchons de Toul, la ville est entourée de fortifications, nous ne sommes plus en Lorraine, nous sommes en territoire des 3 évêchés, dont l’évêché de Toul faisait partie. Les 3 évéchés Toul, Metz et Verdun deviennent français en 1552. C’est Henri II qui met la main sur ces 3 évéchés, le gros problème des ducs était de ne pas avoir d’évêque sur leur territoire. Nancy a eu un siège épiscopal juste avant la révolution. Toul compte 18000 habitants, l’économie est assurée par l’industrie pneumatique. Nous voici arrivés à la cathédrale de Toul, dont voici la présentation :
La cathédrale Saint-Étienne de Toul est un édifice de style gothique remarquable par sa façade occidentale, chef-d'œuvre du gothique flamboyant, et par son cloître gothique, le deuxième plus grand de ce style en France, et deux chapelles Renaissance. C'est, avec Notre-Dame-de-l'Annonciation de Nancy, l'une des deux cathédrales du diocèse de Nancy-Toul. Les tours de la façade mesurent 65 m de haut la nef, 98 m de long pour une hauteur de voûte de 32 mètres et le transept 56 m de large. Malgré une construction sur plus de trois siècles, l'édifice (hors façade) présente une grande homogénéité de style. Le XIII.me siècle voit l'édification du chœur, du transept, de la dernière travée de la nef et de la première travée de la galerie est du cloître. Au XIV.me siècle, les quatre travées suivantes de la nef sont construites. Au XV.me siècle, la magnifique façade de style gothique flamboyant est construite ainsi que les deux premières travées de la nef. Au XVI.me siècle, deux chapelles Renaissance sont ajoutées à l'avant des collatéraux nord et sud de la nef, la chapelle de Tous-les-Saints, devenue la sépulture de Jean Forget, chapelain et chantre du chapitre des chanoines, et la chapelle des Évêques avec sa voûte plate à caissons, supportée par de simples arcs surbaissés – fermée depuis cinquante ans, en attente de restauration. La Révolution française fait quelques dégâts notables. Un bombardement lors de la Seconde Guerre mondiale anéantit la toiture et l'orgue. Une importante campagne de restauration commence dans les années 1980. Deux tours d'aspect inachevé encadrent le chœur ce qui traduit une influence rhénane héritée probablement de la cathédrale romane. L'une des tours s'était effondrée peu après sa construction. On retrouve ce plan roman-rhénan sur d'autres édifices religieux lorrains ou champenois. Les deux tours de chevet encadrant le chœur gothique de la cathédrale se retrouvent notamment à la collégiale Saint-Gengoult de Toul et à l'église de l'abbaye Saint-Vincent de Metz. La forme octogonale sur une base carrée et la décoration des tours de la cathédrale ont influencé l'architecture de la collégiale Saint-Gengoult de Toul, de l'église Saint-Martin de Pont-à-Mousson et de l'église Saint-Léon de Nancy de style néo-gothique. La sublime chapelle des évêques est une étonnante chapelle Renaissance dont le plafond unique, en voute plate, ne contient aucune structure de maintien. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la chapelle attend une restauration et sa réouverture au public. La première cathédrale, dédiée à saint Étienne et Notre-Dame, est édifiée dans la seconde moitié du Ve siècle. Le groupe épiscopal comprend à l’origine trois églises, l’une consacrée à la Vierge, la deuxième à saint Étienne et la troisième, qui servait de baptistère, à saint Jean-Baptiste. Entre 963 et 967, l'évêque Gérard de Toul fait entreprendre la construction d'une cathédrale romane sur l'emplacement des trois basiliques du Ve siècle qui ne formeront plus qu'un seul édifice. Aux XI.me siècle et XII.me siècle la cathédrale subit diverses reconstructions avec probablement établissement d'un plan roman-rhénan (chœur flanqué de tours...). Entreprise en 1221, par l'évêque Eudes II de Sorcy (1219-1228), la construction de l'édifice que nous pouvons contempler s'étale sur trois siècles pour s'achever en 1561, la cathédrale romane étant détruite petit à petit pour laisser place à l'élévation gothique. Le gros-œuvre du chantier débute par le chœur, flanqué de deux tours de chevet dites « harmoniques », adaptation du plan-type de l’église gothique avec la tradition romane de l'ancien édifice. Le chœur est achevé en 1235. La construction du transept et des cinq dernières travées de la nef dure de 1331 à 1400, en parallèle avec la destruction progressive de la nef romane. Le cloître est alors édifié par Pierre Perrat (mort en 1400) ainsi que le portail occidental. Entre 1400 et 1460, les travaux sont interrompus à cause de la guerre entre le duc de Bourgogne et le duc de Lorraine. En 1460, le chapitre de la cathédrale s'étant adressé au pape et au roi de France, il reçoit du pape un don de 1000 livres, et du roi 1500 livres qui permettent la reprise des travaux. La construction d'une partie de la façade, jusqu'au niveau de la rosace, et de la première travée de la nef est entreprise par Jacquemin de Lenoncourt. On démolit le massif occidental de la cathédrale romane du XI.me siècle. La façade gothique est aux armes de Wary de Dommartin, évêque de Verdun, et de René II de Lorraine. Les seconde et troisième travées de la nef sont achevées dans le style gothique flamboyant. Suit le raccord entre la façade construite à partir de 1460 et la quatrième travée de la nef achevée à la fin du XIV.me siècle. Le 9 mars, le chapitre de Toul commande à Tristan de Hattonchâtel le dessin de la façade occidentale en se réservant le droit de la faire construire par l'architecte de son choix. En 1496, la construction du portail occidental de la cathédrale est complétée par le couronnement fleurdelisé des deux tours de style gothique flamboyant. Entre la fin XV.me siècle et le début XVI.me siècle, l'autel des reliques est édifié dans le collatéral sud. De style composite, il combine avec harmonie le style gothique flamboyant et le style renaissant. Il est orné des armes des mécènes, Nicolas le Sane, chanoine de la cathédrale de Toul, encadré par les armes des évêques de Toul et du blason du chapitre canonial de Toul. 1503 voit la réalisation par un certain I.V. (Jehan le Verrier ?) de la verrière du Couronnement de la Vierge, dans le croisillon nord du transept de la cathédrale. Il est orné des armes des mécènes, le blason de Nicolas le Sane, le blason du cardinal Raymond Perraud, évêque de Gürk, légat de l'évêque de Toul au Saint-Siège, le blason des évêques de Toul ainsi que le blason du chapitre canonial de Toul. À la Renaissance, la cathédrale se voit complétée par la construction du dôme dit « à la Boule d'Or », sur la toiture, à la croisée du transept. Vers 1530, la construction de deux clochers surmontant les tours du chevet est achevée. Avant 1533, l'évêque Hector d'Ailly (1524-1532) passe commande de la chapelle des évêques, de style Renaissance, dans le collatéral nord de la nef. En 1534, le campanile, entre les deux tours du portail occidental de la cathédrale, est édifié dans le style Renaissance. Il comporte une colonnade, des chapiteaux corinthiens, des arcs en plein-cintre et un dôme. La cloche date de 1536. En 1537, sous l'épiscopat d'Antoine Pélegrin (1537-1542), la partie supérieure du grand meuble de sacristie est installée. Avant 1549, le chantre Jean Forget passe commande de la chapelle de Tous-les-Saints, dans le style Renaissance. Édifié dans le collatéral sud de la nef de la cathédrale, il comporte un dôme surmonté d'un lanternon et utilise le procédé de la perspective en trompe-l'œil de Jean Pèlerin dit le Viator, chanoine de la cathédrale. 1561 voit l’effondrement de l'étage supérieur de la tour sud du chevet. Les chanoines de la cathédrale font abattre l'étage supérieur de la tour nord du chevet par sécurité et pour une restauration symétrique selon la sensibilité du XVI.me siècle font ajouter des toitures en bonnet-de-prêtre. Entre 1625 et 1725, l'abside est décorée de marbres. En 1648, l'annexion définitive de l'évêché de Toul au Royaume de France, est entérinée à la suite des Traités de Westphalie qui mettent fin à la Guerre de Trente Ans. Cette date marque le début d’une longue et lente décadence et mise à l’écart de Toul en tant que centre spirituel. En 1776, le diocèse de Toul qui recouvrait les trois-cinquièmes du duché de Lorraine est démembré pour créer ex-nihilo les évêchés de Nancy et de Saint-Dié. En 1790, L'évêché de Toul qui existait depuis le IV.me siècle est supprimé au profit de Nancy. Le XVIII.me siècle voit la construction de chapelles latérales, de la tribune d'orgues (1750). En 1794, on supprime les statues qui garnissaient les niches des portails de la façade occidentale, celles du jubé, des stalles, et divers ornements dont les sculptures du cloître. En 1824, l'évêché de Nancy devient l'Évêché de Nancy-Toul. Les verrières du XIII.me siècle siècle de l'abside du chœur sont déposées en 1836 en parallèle au réaménagement des absidioles de part et d'autre du chœur, sous les tours de chevet. En 1840, la cathédrale est classée sur la première liste des monuments historiques. Casimir de Balthasar de Gachéo réalise, en 1863, la verrière de saint Étienne, dans le croisillon sud du transept de la cathédrale. En 1870, la façade occidentale (dont la verrière de la grande rosace du début du XVI.me siècle) et le côté sont endommagés par les tirs prussiens. En 1874, Émile Boeswillwald, architecte en chef des monuments historiques, entreprend la restauration de la cathédrale. Son fils Paul Boeswillwald lui succède. Les verrières de l'abside du chœur de la cathédrale sont installées en 1874-1876. Le 19 juin 1940, la tour sud de la façade occidentale et la totalité des toitures sont anéanties par un bombardement. Une couverture provisoire est mise en place pour mettre hors-d'eau et protéger les voûtes. La restauration réelle fut tardive et cette installation provisoire dura plus de quarante ans ! En 1978, les toitures de la cathédrale ne sont toujours pas restaurées et on doit même fermer l'édifice par mesure de sécurité. Le siège du diocèse de Nancy et de Toul ayant été transféré à Nancy en 1790, la cathédrale de Toul appartient à la commune qui assume la lourde charge de restaurer l'intérieur de l'édifice. C'est seulement à partir de 1981 que les toitures sont reconstruites en reprenant la géométrie d'avant 1940 (couverture en ardoises sur une haute charpente métallique). Cette restauration des parties extérieures de la cathédrale à l'exception de la façade occidentale s'achève en 1995. Suivent ensuite les restaurations partielles (campanile) de la façade occidentale (2003), des travées de la nef y compris les peintures (2004-2005), du chœur (2006-2008). En 2010 commence la réfection des toitures du cloître (recouvert depuis 60ans par un toit provisoire en tôle ondulée). La restauration de la chapelle des Évêques est prévue à partir de 2012. La première galerie du cloître gothique fut édifiée vers 1240, a priori d'abord par la galerie Est, dans un style rayonnant aux grandes baies ouvertes très simples. Avancée très moderne à l'époque, et étudiée par Viollet-le-Duc, l'évacuation de l'eau par les gargouilles s'effectue via des chéneaux. L'intégralité du cloître dut terminé avant la fin du XIII.me siècle, la galerie longeant la nef sera édifiée et aménagée au XIV.me siècle et comprend la salle du chapitre, fermée par une vaste verrière rayonnante. Il est considéré comme le second plus grand cloître gothique de France avec 65 mètres pour la galerie Est comprenant 10 travées, depuis l’entrée extérieure du cloître jusqu'au portail du transept, 40 mètres pour la galerie Sud, percée de 6 baies, et 52 mètres pour la galerie Est composée de 8 travées. La cathédrale disposait d'un orgue au moins depuis le XIV.me siècle. Il connut plusieurs aménagement successifs. À partir de 1740, les chanoines de la cathédrale s'adressèrent à plusieurs facteurs en vue d’édifier un grand instrument sur la tribune, en remplacement du précédent, qui datait du XVI.me siècle : François Thierry, Charles Cachet et Jean-André Silbermann furent ainsi sollicités. Ils confièrent finalement le marché en 1751 à Nicolas Dupont, qui construisait alors les orgues de l’église Saint-Jacques de Lunéville, et dont ils avaient pu apprécier sur place le travail. La réception des travaux eut lieu le 14 juillet 1755. Les sculptures du buffet furent réalisées par Athanase Lacourt, de Toul. L'instrument avait quatre claviers et quarante et un jeu. Le premier titulaire fut Jean-Baptiste Nôtre (1732-1807), auteur d'un Livre d'orgue manuscrit. Comme il l’avait écrit dans son devis rédigé en 1751 pour les chanoines, l’ambition de Nicolas Dupont avait été de doter la cathédrale d’un instrument « comparable avec le plus grand nombre des grandes orgues de France, dans lequel on trouvera les jeux pour jouer tous les couplets qui peuvent se faire selon le bon goût du tems, et pouvoir les diversifier pendant tout un office, sans être obligé de répéter deux fois les mêmes meslanges ». L’instrument de Nicolas Dupont, plusieurs fois modifié par la suite, fut complètement détruit le 20 juin 1940 dans l’incendie de la cathédrale, et remplacé par un instrument de style néoclassique dû à Curt Schwenkedel, inauguré le 23 juin 1963 par Gaston Litaize. C'est un des plus beaux instruments du grand Est de la France. Les timbres variés, le grand plein jeux, les anches raffinées et son tutti clair et élégant permettent d'interpréter Johann Sebastian Bach, mais aussi les compositeurs romantiques ou contemporains. Le buffet, construit sans boiseries, est composés de plusieurs plans sonores permettant une projection du son tout à fait étonnante. Plusieurs enregistrements viennent de voir le jour à l'occasion de l'inauguration de la restauration intérieure de l'édifice. L'instrument a été l'élément déclencheur de la mise en place du Festival Bach de Toul.
Après une bonne heure de visite, nous filons par des petites ruelles, pour aller visiter la collégiale Saint-Jeangoult. Si les moines de la cathédrale étaient recrutés dans la noblesse, ceux de Saint-Jengoult étaient issus de la bourgeoisie. Ils aimaient bien se chamailler, notamment les chanoines de la cathédrale se devaient de sonner les cloches en premier, étant donné qu’ils étaient dans la cathédrale. Mais quelquefois à saint-Jengoult, les chanoines s’amusaient à faire sonner leurs cloches avant celles de la cathédrale, uniquement pour embêter les chanoines de l’autre camp. L’histoire de la collégiale de saint-Jengoult suit celle de la cathédrale Saint-Etienne. C’est Saint-Gérard qui a crée le chapitre collégiale des chanoines de Saint-Jengoult au Xème siècle, mais l’église actuelle a été construite entre le XIII.me et le XV.me siècle. Comme à la cathédrale, à l’époque du gothique les chanoines ont voulu avoir une église gothique. En 1219, ils sont autorisés de commencer les travaux, c’est-à-dire 2 ans avant la pose de la première pierre de la cathédrale actuelle. Ils ont commencé à construire le chœur, puis ils ont détruits l’ancienne église pour construire le transept et une partie de la nef. Ensuite il y eut une interruption des travaux pendant 150 ans, la dernière tranche de construction s’est étalée entre 1460 et 1510. Il y avait un cloître ancien, mais en 1510, les chanoines décident d’en construire un plus important, il mêle le style gothique flamboyant et le style renaissance. La collégiale n’a pas trop souffert de la révolution, il faut dire qu’elle était dépourvue de décorations, par contre tous les médaillons du cloître ont été martelés. Un représentait un homme à cheval, on a martelé l’homme et laissé intact le cheval. Le cloître était prévu pour être sur 2 étages, mais on s’est limité à un seul étage, le jardin du cloître est composé de plantes médicinales. Le long du mur de la collégiale côté cloître, on aperçoit des épitaphes, le précédent cloître étant plus petit ne collait pas à l’église. Il y avait un espace, il servait de cimetières aux chanoines. Le nouveau cloître étant plus grand, on l’a collé à l’église, de ce fait le cimetière a disparu, pour rappeler l’existence du cimetière, on a repris certaines épitaphes, que l’on a intégré dans les murs de l’église. 3 lapins sont sculptés, ils se tiennent par les oreilles, c’est le symbole de la trinité. Un orage se prépare, nous prenons la poudre d’escampette pour aller se mettre à l’abri dans le bus qui nous attendait près de la cathédrale. Nous continuons notre circuit, nous allons en direction de la montagne de Sion, elle fut chanté par Maurice Barrès à l’époque de l’annexion allemande. De la montagne de Sion par beau temps, on distingue le pays de Metz. Nous roulons sous un déluge de pluie, en 1428, Jeanne d’arc est venue sur la montagne de Sion. La ville de Toul a été fortifiée par Vauban, Jean-Louis nous narre la vie de Jengoult. Sa femme avait un amant, tous les 2 décident de faire mourir Jengoult, par la suite il sera canonisé, depuis il est le patron des couples désunis. Jengoult appartenait à la haute aristocratie carolingienne, qui a donné énormément de saints à l’église. C’est pour cela qu’il y a beaucoup de saints locaux en Lorraine, terre des carolingiens, dont beaucoup de villes possédaient des résidences royales. Louise la reine, femme de Henri III était Louise de veaudémont, elle était princesse de Veaudémont. Nous passons dans le village de Veaudémont, le couple n’a pas eu d’enfant, on assiste donc à l’extinction des valois, c’est le bourbon Henri IV qui deviendra roi à la mort de son cousin Henri III. Nous sommes à proximité de la base aérienne 123 de Toul, En 1870, la France vit des heures épouvantables, la guerre franco prussienne se termine, c’est la défaite française, il y a l’instauration de la commune, en plus il y a la perte de l’Alsace et de la Lorraine par l’annexion allemande. Les élections qui suivent en 1870, voient l’arrivée des représentants des royalistes à l’assemblée. Malheureusement pour la cause royaliste, elle se divise en 3, il y a les légitimistes qui sont les partisans du comte de Chambord représenté par le petit fils de Charles X. Il y a les orléanistes, ils sont partisans du petit fils de Louis XVIIII, il y a aussi les bonapartistes, qui sont les partisans du prince napoléon, représenté par Louis napoléon fils de Napoléon III. Les 3 partis royalistes vont s’entendre autour de la personnalité du comte de Chambord, il vit en exil en Autriche, il accepte de revenir, on prépare son couronnement, on peut d’ailleurs voir son carrosse au musée des invalides. Tout est fin prêt, mais le comte de Chambord va proposer un dictat, il accepte la couronne à condition que le drapeau blanc remplace le drapeau tricolore, il y a levé de boucliers des orléanistes et des bonapartistes. Finalement la restauration n’a pas lieu, on a donc la république royaliste avec Mac Mahon, comme président. Les députés républicains gagnent de plus en plus de sièges à l’assemblée, mais n’arrivent pas à avoir de majorité pour donner une république à la France. La montagne de Sion est pour toute la région Lorraine, un haut lieu de pèlerinage à la frontière des 2 parties de la Lorraine dont une est annexée par les allemands. On vient à la montagne de sion pour chanter des chants patriotiques, en ces lieux, les chants évoquent l’espoir de la réunion des 2 Lorraines séparées et de l’Alsace qui viennent d’être perdues par la France. Les ans passants, la France étant une république monarchique, ne sachant pas où se diriger dans le méandre de l’annexion de l’Alsace et de la Moselle, la république va être votée un 9 septembre, d’où le nom importants de rues ou de placent qui portent ce nom. Le vote pour la république est acquis avec une seule voix de majorité, c’est un député royaliste wallon qui amène son bulletin pour établir une république en France. Nous passons tout près de Thorey, c’est le village natal du maréchal Lyautey. Nous sommes sur la route qui permet d’accéder au sommet de la montagne de Sion, nous commençons à apercevoir la basilique, nous nous situons à la pointe extrême est de la France après 1870. Dans la pente de la montagne de Sion sont étagés des vergers, dont l’arbre de prédilection est le mirabeillier. Nous essuyons un bel orage, il n’est pas possible de descendre du bus, pour aller visiter la basilique de Sion, dont voici tout de même la présentation :
Saxon-Sion est une commune française, située dans le département de Meurthe-et-Moselle et la région Lorraine. La commune compte 66 habitants, elle s’étend sur 6 kilomètres carrés, et elle s’étale entre 300 et 530 mètres d’altitude. Occupée dès le néolithique. Il y eut d'abord un vaste habitat celtique jusqu'au 1er après J.-C., puis une villa du haut Empire. Les Celtes avaient autrefois établi sur la colline, un haut lieu de culte. Lors de la pax romana, les rites se tournèrent vers des déesses latines. On y vénéra plus tard Mercure et Rosmerta. L'arrivée du christianisme fit doucement transposer le culte important d'une déesse en celui de la Vierge Marie. Les chrétiens y firent leur apparition au Ve siècle et, en 986, une communauté de chanoines y assurait le culte de la Vierge. À partir de 1070, Sion devint un important centre de pèlerinage. Fondation d'une confrérie de chevaliers de Notre-Dame en 1393, puis d'un couvent de franciscains tiercelins en 1627. En 1669, Notre-Dame de Sion fut proclamée souveraine de la Couronne de Lorraine. Les religieux, expulsés en 1792, furent remplacés en 1837 par la communauté organisée par les frères Baillard, bientôt considérés comme schismatiques. Les oblats de Marie assurent le culte depuis 1853. Saxon-Sion possède sur son territoire la colline de Sion qui a inspiré Maurice Barrès pour son roman La colline inspirée. Un culte marial ancien est célébré sur la colline, sur laquelle a été édifiée la Basilique Notre-Dame de Sion. Monument Barrès • Nombreux vestiges de substructions de l'âge du Fer et surtout de l'époque gallo-romaine ; nombreux éléments de mobilier aux musées de Nancy et d'Epinal. Site archéologique de la colline de Sion. Vestiges d'un château dans la rue Haute. Mémorial des alsaciens et des lorrains : ex-voto patriotique (1870/1918/1945). Basilique Notre-Dame de Sion • Église paroissiale de la Nativité de la Vierge ; couvent de Tiercelins, actuellement de missionnaires oblats de Marie-Immaculée? mentionnée en 1065 : elle dépend alors de la Collégiale Saint-Gengoult de Toul ; chœur reconstruit dans le premier tiers du XIV.me siècle ; réparée en 1500 et 1505 ; toitures de la nef et du chœur, façade occidentale restaurées en 1627 ; sacristie construite de 1628 à 1630 ; fenêtres du chœur repercées en 1687 ; nef agrandie en 1741, date portée, 2e sacristie construite en 1741 ; tour clocher et 1ère travée de la nef construites de 1858 à 1869 ; chapelle absidale construite en 1870 ; exhaussement des murs gouttereaux en 1871 ; intérieur restauré en 1923 ; chœur restauré en 1965, 1966 ; restauration générale en 1988. Couvent fondé le 24 avril 1626 par le duc de Lorraine François II ; corps sud et est construits en 1626, 1627 ; détruits en 1627 par un ouragan, reconstruits en 1629 ; corps nord construit en 1663 pour Charles IV et sa cour ; charpente réparée en 1694 ; corps est reconstruit en 1837, 1838 pour les frères Baillard, nouveaux propriétaires ; racheté en 1868 par Mgr Foulon et donné aux missionnaires oblats de Marie-Immaculée.
Nous faisons un arrêt sur le parking, la pluie nous empêche de voir la vue panoramique sur Metz et la Lorraine annexée par la Prusse en 1870, nous basculons dans la pente qui nous conduit à Saint-Nicolas de Port, où nous allons visiter la basilique dont voici la présentation :
La basilique de Saint-Nicolas-de-Port est une imposante basilique située à Saint-Nicolas-de-Port dans le département de la Meurthe-et-Moselle, en région Lorraine. De style gothique flamboyant, elle fut érigée aux XV.me et XVI.me siècles par René II duc de Lorraine et duc de Bar suite à sa victoire contre Charles le Téméraire, lors de la bataille de Nancy le 5 janvier 1477, qui a permis à la Lorraine de rester indépendante. Au XI.me siècle est rapportée à Saint-Nicolas-de-Port par Aubert de Varangéville une relique : la dextre bénissante de Saint-Nicolas (selon la tradition il s'agit de l'os d'une phalange de la main droite de l'évêque). Elle est conservée dans un bras reliquaire de la fin du XIX.me siècle en argent, or, émaux et diamants. Une première église sera consacrée au saint au XII.me siècle. Selon la légende, Cunon de Réchicourt un chevalier lorrain emprisonné en 1230 lors de la sixième croisade aurait été miraculeusement libéré de sa geôle dix ans plus tard par Saint-Nicolas. Transporté pendant son sommeil par le saint, il se réveilla devant le porche de l'église. Pendant la célébration de l'office qui suivit, les chaînes qui enserraient la taille et les membres du captif tombèrent d'elles-mêmes. Rentré dans son fief, le sire de Réchicourt ordonna qu'une procession ait lieu tous les ans, et on vit jusqu'à la Révolution une délégation des gens de Réchicourt lors de ces célébrations. (Cette « procession aux flambeaux » a encore lieu actuellement chaque année dans la basilique, le samedi le plus proche du 6 décembre, jour de la Saint Nicolas.) Rapidement le pèlerinage à Saint-Nicolas s'étend bien au-delà de la Lorraine, et le saint est considéré comme le saint patron des Lorrains. La légende veut que ce soit dans l'édifice précédent la basilique que vint se recueillir Jeanne d'Arc avant de partir porter son message au Dauphin de France. En réalité il est plus probable qu'elle soit passée à l'église Saint-Nicolas, afin d'y prier, après avoir rendu visite au Duc Charles II de Lorraine qui était très souffrant. La victoire du duc René II face au « grand duc d'occident » Charles le Téméraire en 1477 lors de la Bataille de Nancy va déterminer le jeune souverain à faire édifier un édifice plus imposant pour symboliser le retour à l'indépendance de la nation Lorraine ainsi que sa reconnaissance au saint patron de la Lorraine. Le choix de Saint-Nicolas-de-Port qui s'appelait encore simplement Port fut évident, puisque la ville était le centre économique du Duché de Lorraine attirant de nombreux marchands de toute l'Europe lors des foires. La construction de la basilique actuelle commence en 1481 en pierre calcaire blanche extraite des carrières de Viterne. Simon Moycet (14??-1520) en est le maître d'œuvre et Valentin Bousch en est le maître-verrier. L'édifice est inauguré presque achevé en 1544, la façade en 1545 et enfin elle fut consacrée en 1560 peu après que les deux tours-clochers, édifiées en 1544, aient reçu leurs premières coupoles de plomb. Au cours de la guerre de Trente Ans, en novembre 1635, elle subit un grand incendie qui détruit la toiture et le mobilier et fait fondre le plomb de nombreux vitraux dont les verres s'effondrent. Noircies, bon nombre de peintures murales datant d'avant 1520 sont alors dissimulées sous un badigeon où elles seront redécouvertes lors de la restauration du XX.me siècle. Une nouvelle charpente en chêne est posée vers 1664 et les tours sont recouvertes des nouveaux dômes d'ardoise en forme de bulbes qui subsistent actuellement. En 1840, la basilique est inscrite sur la première liste des monuments historiques. Elle est consacrée basilique en 1950 par le Pape Pie XII. Fortement détériorée lors de la Seconde Guerre mondiale par le bombardement du 19 juin 1940, elle est restaurée dès 1983 grâce au legs d'une riche Portoise mariée à un Américain : Camille Croué Friedman. La restauration prit quinze années pour redonner à l'édifice sa splendeur initiale. La basilique possède les proportions d'une véritable cathédrale de style gothique flamboyant (onze travées, une nef principale et deux latérales avec deux bas-côtés terminés par deux absidioles). Ces dimensions sont pour le moins impressionnantes : une nef culminant à 30 m au-dessus du sol, au niveau du transept : deux colonnes élancées de 21,50 m (les plus hautes de France) dont l'une est torsadée afin de masquer un faux aplomb de vingt centimètres, deux tours de 85 et 87 m respectivement coiffées de clochers à bulbes. L'édifice est d'une grande homogénéité de style, d'une sobriété rare à la fin de l'époque gothique, du fait de sa construction assez rapide (environ 60 ans) pour ses dimensions avec respect des plans initiaux. Elle possède d'harmonieux volumes. On y retrouve des influences champenoises dues au premier architecte, Michel Robin : le plan du chœur s'inspire de la basilique Saint-Urbain de Troyes et la coursière qui permet de faire le tour intérieur de l'édifice à la base des fenêtres basses, à sept mètres du sol, est un véritable passage champenois. Toutefois la tradition lorraine reste respectée puisqu'on peut noter l'absence de déambulatoire derrière le chœur ou les cinq pans de l'abside pourvus de très hautes fenêtres comme dans la cathédrale Saint-Étienne de Toul. Particularité bien visible dès l'entrée : l'axe de la nef n'est pas rectiligne, mais accuse une déviation de six degrés vers la droite. Cette déviation a suscité quelques hypothèses, certaines fantaisistes, d'autres plus sérieuses notamment celle évoquée par Dom Calmet écrivant que « les bâtisseurs n'étant pas maitres du terrain ont cru devoir donner cette tournure à l'édifice ». Les contraintes cadastrales (disponibilité du terrain) semblent, encore à ce jour, être les meilleures candidates à l'explication de cette déviation. À l'extérieur, côté nord, la déclivité du terrain a permis d'insérer, sous le sol des chapelles latérales, six loges ouvrant sur la rue et destinées à l'origine au commerce. Bien qu'une grande partie des vitraux ait été détruite pendant le saccage de la ville et l'incendie des toitures de l'église provoqué par les pilleurs en 1635, la basilique dispose encore d'une part non négligeable de vitraux XVI.me siècle, œuvres attribuées à Valentin Bousch, Nicolas Droguet, Georges Millereau ou anonymes. De nombreuses peintures sur pierre sont également visibles sur les colonnes (descente de Croix, Job, Saint Yves, Saint Martin, Sainte Aprône, Saint Didier) ou en fresques (ravissement de Sainte Marie-Madeleine). L'orgue actuel est le cinquième de la basilique. Reconstruit en 1994, il comporte 3673 tuyaux répartis en 54 jeux y compris les deux tremblants pour 4 claviers et pédalier, traction mécanique suspendue, le tout installé dans un buffet de style troubadour de 16 mètres de hauteur et 7 mètres de large érigé en 1848 par le facteur d'orgue nancéien Joseph Cuvillier (1801-1893) d'après un dessin de Désiré Laurent ; buffet classé monument historique en 1980. Un aigle grandeur nature symbolisant Saint Jean l'Évangéliste est disposé, comme sur un lutrin, à la base de la tribune en encorbellement. L'instrument est situé à mi-hauteur dans le bras nord du transept, le plancher de tribune à environ sept mètres du pavé de l'église. La basilique possède 19 cloches, dont 12 peuvent sonner à la volée, ce qui constitue l'un des ensembles de sonneries de cloches les plus grands de France. La tour Sud abrite la plus grosse cloche, le bourdon "Joseph-Auguste-Edmond", coulé par Ch. Martin à Nancy en 1897 et qui donne la note Si2, pour un poids de près de 5 tonnes. La tour Nord quant à elle contient 14 cloches dont 8 de volée : quatre ont été coulées à Robécourt dans les Vosges par la fonderie Perrin-Martin en 1853, quatre autres coulées à Nancy par le fondeur Jules Robert ont été ajoutées en 1896. Les six dernières, servant uniquement à un usage de carillon datent de l'an 2000 et ont été coulées par la fonderie Paccard en Haute-Savoie. Le clocheton qui surplombe le chœur abrite quatre autres cloches, en volée manuelle, coulées pour deux en 1839 et 1856 ; pour les deux autres en l'an 2000. La cloche de 1839 fondue par Thuielle a été fêlée en juin 1940. A cet ensemble s'ajoute une petite cloche de 1832 et trouée en 1940 ne sonnant plus, exposée dans la chapelle Sainte-Marguerite. La basilique étant à l'origine exclusivement dévolue au pèlerinage (la ville de Saint-Nicolas-de-Port ne deviendra paroisse qu'en 1803), les habitants de Saint-Nicolas-de-Port devaient se rendre en l'église de Varangéville pour les baptêmes. Pendant l'érection de la basilique fut construite contre l'absidiole nord, en contrebas, une chapelle baptismale destinée à la population et qui servit également pour la continuation du pèlerinage lequel ne fut jamais interrompu pendant les quelque 60 années que dura l'édification de la basilique. Cette chapelle, de style gothique flamboyant, présente une remarquable voûte avec pendentif et un magnifique retable exposant notamment le Christ et les douze apôtres.
C’est sous une grosse averse que nous pénétrons à l’intérieur de l’église, un guide nous en fait l’historique, dont la teneur est très proche de la présentation ci-dessus. En fait nous sommes dans le sanctuaire national des lorrains, l’édifice est important pour le duché de Lorraine. Saint-Nicolas est le patron de la Lorraine, ce que l’on est sûr c’est qu’il a vécu au III.me siècle, en Turquie, il était généreux, il avait perdu ses parents très jeunes. Il était riche, on le connaît pour ses nombreux miracles, dont le premier, c’est d’avoir doté les 3 filles de son voisin. Ce dernier avait fait mauvaise fortune, il envisageait de faire de ses filles, 3 prostituées. Nicolas, bon chrétien ne pouvait pas supporter cela, et comme il était riche. Il a déposé 3 soirs de suite, 3 dotes chez son voisin, afin d’éviter à ces 3 jeunes filles, qu’elles ne tombent dans l’horreur de la prostitution. Ce premier miracle nous porte sur le chiffre 3, tous ses miracles auront tous des rapports avec le chiffre 3. Pourquoi, parce que dans son existence, quand il a été évêque de MYR, il a participé au concile de Nissé, qui est le premier parmi les conciles importants, qui ont fixé le dogme de la trinité. A l’époque, il n’était pas facile de considérer Jésus comme dieu, il a fallu plusieurs siècles pour que la trinité soit acceptée dans l’église chrétienne. Nicolas était un réel défenseur de la trinité, et notamment le caractère divin du christ. C’est pour cela que tout ce qui touche à Nicolas se rapporte au chiffre 3. Nicolas a été le patron des prisonniers libérés, puisqu’un beau jour, 3 malheureux officiers qui avaient été prisonniers, ils s’apprêtaient à être fusillés, Nicolas qui était évêque et qui avait autorité est intervenu pour éviter l’assassinat de 3 innocents. Cette histoire là a donné la légende des 3 petits enfants, ils sont emprisonnés par un méchant boucher, puis mis au saloir pour être mangés. Saint-Nicolas passant par là, il les ressuscite, il les sort du saloir, cette légende est une transformation de l’histoire des 3 prisonniers. Au moyen âge, on peignait de façon naïve ce genre de scène, elle représentait de façon assez grandiose, un Nicolas très grand puisqu’il était saint. Par contre à côté de lui, 3 petits personnages, la petitesse parce qu’ils sont pêcheurs et prisonniers, la nudité car ils étaient détenus, et pour vraiment être sûr qu’ils étaient prisonniers, on les montrait au-dessus d’une tour. En fait, la tour était un donjon crénelé, de fil en aiguille, il est devenu le saloir, et les 3 petits personnages tout nus au-dessus de la tour sont devenus les 3 petits enfants. Cette légende est attestée depuis longtemps, elle remonte au XII.me siècle, où la légende des 3 petits enfants était déjà connue. Notre saint personnage a vécu sa vie terrestre, et comme tout évêque, il fut enterré où il exerçait. 1000 ans plus tard, on est au XI.me siècle, la ville de Bari en Italie envoie une expédition pour aller chercher les reliques de Saint-Nicolas à MYR en Turquie. Les reliques sont donc ramenées à Bari, elles sont exposées, le jour où le pape est venu vénérer les reliques, on pense qu’un des morceaux a été dérobé par un des chevaliers lorrains, il s’agit d’Aubert de Varangéville. Varangéville aujourd’hui est la commune qui borde Saint-Nicolas de Port, bien sûr le chevalier Aubert de Varengéville a ramené la relique dérobée en Lorraine. Mais, Varengéville avait déjà son saint, Saint-gorgon, on a donc déposé les reliques de Saint-Nicolas dans une petite chapelle, qui se trouvait de l’autre côté de la rivière portus, qui a donné plus tard le nom de Saint-Nicolas de Port. La chapelle était dédiée à la vierge, Saint-Nicolas était très vénéré, le culte a prospéré, du coup la ville a prospéré à son tour, et la ville est devenue la capitale du duché de Lorraine. Petit à petit, on a construit une première église, mais Nicolas a vraiment pris une place importante pour les lorrains lors de la bataille de Nancy. Nous sommes en 1477, la Lorraine est convoitée par Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, il veut réunir toutes ses possessions en un seul bloc, seul lui manque la Lorraine pour arriver à son objectif. Charles le Téméraire parvient à assiéger Nancy, le duc de Lorraine Henri II est battu, mais en quelques mois il constitue une petite troupe. Elle est constituée de mercenaires lorrains, alsaciens et suisses avec laquelle il se dirige vers Nancy. La dernière étape avant de livrer l’assaut de Nancy est Saint-Nicolas de Port, il y passe la nuit, il rend visite au saint, il lui demande de l’aider à remporter la victoire sur les bourguignons. La victoire est remportée le lendemain, il retrouve son duché, et donc comme ex voto, pour remercier Nicolas, il décide qu’il sera le saint-Patron de la lorraine et il décide de faire construire cette édifice magnifique dans lequel nous sommes. L’autre but, était en construisant ce joyau architectural était d’asseoir la dynastie lorraine. Il pouvait inscrire la famille lorraine, comme protégée de l’église et protectrice de l’église. L’église est très lumineuse, la cérémonie de Saint-Nicolas a lieu tous les ans dans ce lieu, c’est un office très prisé des lorrains, il attire des milliers de personnes tous les samedis le plus près du 6 décembre, jour de la mort de Saint-Nicolas. Au moyen âge Saint-Nicolas comptait 10000 habitants, alors que Nancy n’en dénombrait que 6000, la capitale du duché de Lorraine était donc bien Saint-Nicolas de Port. La ville était très prospère économiquement, chaque année 4 foires importantes s’y tenaient. Saint-Nicolas est aussi le patron des pêcheurs, Saint-Louis qui revenait de croisade, il fut pris dans une tempête, son bras droit, le sir de Joinville, rappelons que Joinville est dans la Meuse. De ce fait, il connaissait Nicolas, il a suggéré gentiment à la reine de prier Nicolas. Les prières faites, la mer est redevenu calme, elle décida donc de donner en ex voto, un vaisseau en argent, et qu’on le fasse transporter au trésor du sanctuaire national de Lorraine. Plus récemment, Saint-Nicolas a exaucé un nouveau miracle. Nous sommes dans les années 1930, une jeune femme native de Saint-Nicolas de Port, qu’elle avait quitté pour aller vivre aux Etats-Unis où elle avait fait fortune, dans la mode et le cinéma. A cette époque, elle était souvent en croisière, tellement elle était riche. Nous connaissons tous le drame du Titanic, et bien cette jeune femme a subi la même cause arrivée au Titanic en 1912. Le bateau dans lequel elle se trouvait a coulé, elle a eu la vie sauve, car étant lorraine elle avait prié Saint-Nicolas. Pour le remercier, elle a fait construire une partie des vitraux qu’elle a financés. Nous sommes devant l’un d’eux, il est assez moderne, il a été offert par la miraculée, elle est représentée dans une partie du vitrail, elle tient un vaisseau dans ses mains. Elle était si riche, que chaque hiver elle offrait la soupe populaire aux gens, A la fin de sa vie, comme chaque hiver elle est venue ici, elle se rend compte que la basilique est en très mauvais état, elle nécessitait des travaux importants. Ici, comme ce n’est pas une cathédrale, en tant qu’église paroissiale, elle est à la charge de la commune. En 1979, elle s’entretient avec le président de l’association connaissance et renaissance de la basilique, qui cherchait à l’époque quelques fonds pour la remettre en état. Tout cela a fait chemin dans sa tête, quand elle est décédée, sur son testament, elle avait légué 7 millions de dollars, pour redonner à la basilique son éclat d’antan. C’est grâce à ce legs que la basilique a pu être restaurée, Cette dame s’appelait Camille Croué Friedman à qui l’on doit beaucoup. D’ailleurs la rue et la place devant l’église portent son nom, aujourd’hui la basilique est en parfait état. On peut remarquer qu’à l’intérieur de l’église, la construction n’est pas rectiligne sur sa longueur, elle dessine une légère courbe. L’église a été consacrée basilique en 1950, une basilique est une église qui a reçu un titre honorifique de la part du pape, Il faut bien distinguer une basilique d’une cathédrale, une cathédrale il y en a une par diocèse, c’est l’église où siège l’évêque. On reconnaît une basilique à 2 choses, il s’y trouve un pavillon jaune et rouge que l’on aperçoit au fond de l’église et une petite clochette que l’on appelle un tintinnabule. Ces 2 éléments sont symboliques, elle doit son titre de basilique donné par le pape, c’est une église particulièrement attachée à la personne du pape. Le pape peut donc y venir célébrer des offices, alors si le cas se produisait ici, on sortirait le pavillon pour le protéger et avec le tatinabule on appellerait la population pour participer à l’office. La basilique est très bien fournie en cloches, la plus grosses pèse 5 tonnes. L’église n’est pas chauffée, lors de la procession de la Saint-Nicolas, la température dans la basilique n’excède pas 8 degrés. Le soleil a réapparu, l’intérieur de l’église est un puits de lumières multicolores. Nous passons devant Saint-Roch, le saint pesteux et Saint-Martin. Saint-Roch est accompagné de son inséparable petit chien, le chien a dans sa gueule un morceau de pain. Le chien de Saint-Roch a donné le nom de Roquet, qui est souvent donné aux petits chiens teigneux. Charité bien ordonnée commence par soi même, c’est une devise que l’on pourrait donner à Saint-Martin, il n’a donné que la moitié de son manteau, car l’autre moitié appartenait à l’armée romaine, comme d’ailleurs la majorité de son paquetage, alors il n’a donné que ce qu’il possédait. L’orgue est situé dans le transept,
En bas de l’orgue on aperçoit un aigle, c’est l’aigle de Saint-Jean l’évangéliste, car l’orgue permet aussi grâce à la musique de diffuser la parole. L’aigle porte une croix de Lorraine autour du cou, les prussiens étant représentés par l’aigle de Prusse, la croix lorraine certifiait que l’aigle était lorrain, c’est une hypothèse personnelle de notre guide. La basilique est parfaitement fleurie, c’est sous un festival de cloches que nous sortons de la basilique, il est 19 heures, miracle le soleil est éclatant. Certains profitent de la boutique de la basilique pour faire quelques emplettes, puis nous terminons notre circuit sous un ciel ensoleillé. Le dîner terminé, nous allons découvrir le quartier de la gare de Nancy, le théâtre où il y a un concert de musique classique, puis nous redécouvrons de nouveau la vieille ville et la place Stanislas.

Jour 5 : Aujourd’hui nous découvrons Nancy, notre visite débute de notre hôtel, nous suivons notre guide à pied. La présentation de la Meurthe-et-Moselle et de Nancy se trouvent en fin de document. Nous marchons dans une rue flanquée de Bâtiments de style art nouveau, nous allons en direction de la place Stanislas. En 1870, la France perd la guerre contre les prussiens, la France est amputée de l’Alsace et de la Lorraine, Nancy restera française. L’annexion allemande va donner un essor économique à Nancy. Des français annexés ne veulent pas être allemands, beaucoup s’installent à Nancy, ils n’arrivent pas les mains vides, ils ont de l’argent, ils ont des connaissances, ils ont un métier, c’est pour cela que le courant d’art qui bourgeonne partout en Europe et si présent à Nancy. Emile galet est l’artiste nancéen majeure, il dessine et fabrique des meubles et des vases. Ses œuvres sont très fleuris, il était ancien botaniste très éclairé, il va donc s’inspirer des fleurs pour réaliser ses œuvres d’art, ça sera utilisé par tous les artistes à Nancy. Nous sommes devant la brasserie Excelsior, le bâtiment à 3 étages, c’était auparavant un hôtel et au rez-de-chaussée une grande brasserie. L’ensemble avait été décoré par les artistes de l’école de Nancy, on peut voir sur la façade que le monde floral est très présent. Une longue marquise est décorée de pommes de pin, elles sont en pate de verre, quant à la marquise, elle est en ferronnerie. Nous allons traverser la brasserie, où la décoration est essentiellement florale. L’intérieur de la brasserie est de décoration art nouveau, le plafond est parcouru par des fougères, elles sont en stuque, les poutres au plafond ne sont que décoratives, car toute la structure du bâtiment est métallique. Par contre le système d’aération est caché dans les poutres, c’était très moderne pour l’époque, car nous sommes tout au début du XX.me siècle. Les couleurs d’ambiance sont assez sobres, ce qui donne une ambiance reposante pour des gens qui étaient toute la journée en voyage. Nous sommes tout près de la gare, tout le mobilier provenait de la maison Majorelle, l’éclairage jaillit de lustres réalisés en pâte de verre. C’est une technique que Dome a utilisé pour faire des luminaires, la mosaïque au sole a des formes d’éventail, dans des tons brun, beige et blanc. Nous allons sortir par une porte qui a été ajoutée dans les années 1920, ce n’est plus l’art nouveau qui a été utilisé, mais l’art déco. On a changé de mode, ce n’est plus la nature, trop exubérante qui décore tout, mais ce sont plutôt des lignes géométriques, elles sont rectilignes, il n’y a pas de courbe. Le style art nouveau c’est 20 ans avant la première guerre mondiale, pendant la guerre l’art est mis en attente, après la fin de la première guerre mondiale apparaît l’art déco, il sévira jusqu’à la seconde guerre mondiale. Louis Majorelle a eu un fils, Louis, il était peintre, il est parti vivre à Marrakech, où il a construit la villa Majorelle et son splendide jardin. Jacques avait d’ailleurs aussi construit une villa à Nancy, que l’on appelle villa Majorelle, ici c’est une villa art nouveau. Nous reprenons notre cheminement, nous découvrons des bâtiments imposants, ils sont construits en pierre très claire c’est une pierre locale, c’est du calcaire qui se prête très bien à la sculpture, elle est très régulière et assez douce. Nous sommes devant une façade richement décorée, ce sont pour la plupart des éléments tirés du monde floral, sous la toiture on distingue un chêne sculpté avec ses branches, ses glands et ses feuilles. Ce bâtiment était la chambre de commerce et de l’industrie, les nouveaux habitants qui arrivent à Nancy à la fin du XIX.me siècle, ils amènent de l’industrie, de nouvelles activités, Nancy va devenir l’une des villes les plus riches de France. L’argent circule à profusion à Nancy, la chambre de commerce et d’industrie suivait ce boum économique de très près. Ces bureaux sont devenus beaucoup trop petits, et, en 1906, on décide de construire un nouveau bâtiment, c’est donc celui qui se trouve devant nous. Pour l’édifier, on fait appel aux meilleurs artistes du mouvement de l’école de Nancy, entre autre pour les vitraux, c’est Jacques Druber qui va les concevoir. Ils sont très compliqués, il va employer toutes les techniques à sa disposition. Les vitraux représentent des paysages des Vosges, des villages lorrains, et 3 secteurs d’industrie. Il y a un chariot de mine avec un mineur qui le pousse, un homme qui travaille dans un laboratoire, ça représente l’industrie chimique, le dernier représente l’industrie du verre, car la Meurthe-et-Moselle recensait bon nombre d’entreprises liées au verre. Un cardère est mis en évidence entre 2 fenêtre, c’est une plante typique de la région, les boules de cette plante servaient à carder la laine. Cette fleur représente l’industrie du textile, économiquement l’agriculture tenait une grande place dans la richesse de la Lorraine, la chambre de commerce et d’industrie régimentait cette activité à cette époque. Nous continuons notre progression en direction de la place Stanislas, nous passons devant le lycée Raymond Poincaré. Nous abordons la place Stanislas, la place est accessible par des grilles monumentales, elles sont décorés d’éléments dorés. La dorure est vraiment en or, elle a été refaite en 2005, à l’occasion du 250ème anniversaire de la place Stanislas. La dorure est tellement fine, que l’on a employé que 600 grammes d’or pour redorer tous les éléments dorés présents sur la place. Il faut savoir qu’avec un kilo d’or en feuille, on recouvre un stade de foot ball entier. La dorure coûte, certes cher, mais la main d’œuvre quant à elle coûte très chère. La place a été construite par le personnage, dont la statue se trouve sur la place, il s’agit de Stanislas Lewinski, roi de Pologne et duc de Lorraine et de Bar. Stanislas était polonais, il faisait partie de la noblesse polonaise, il fut élu comme roi de Pologne, mais un autre candidat n’acceptait pas cette décision. Avec des appuis extérieurs, il réussit à détrôner Stanislas pour lui prendre sa place. Il va errer un peu partout en Europe, sans trône, il va être sauvé par sa fille, Marie Lewinska, qui est la femme de Louis XV. Louis XV réussit en 1836 de mettre la main sur le duché de la Lorraine, jusque là ce duché était un petit pays indépendant, il était coincé entre la France et l’empire germanique. Très convoité depuis longtemps, c’est finalement Louis XV qui le conquiert. Louis XV décide de ne pas mettre tout de suite le duché de Lorraine dans son royaume, ce sera ce duché une solution pour son beau père. Il n’a plus de trône de roi, Louis XV a le sien, il lui propose le titre de duc de Lorraine, c’est mieux que rien. Louis XV donne donc le duché de Lorraine à son beau père en viager, Louis XV ne risque rien, car il est marié avec la seule fille de Stanislas. A la mort de Stanislas, Louis XV récupèrera la Lorraine, mais il fait une grave erreur. En 1737, quand il est nommé duc, stanislas a déjà 60 ans, mais il décèdera en 1766, à 89 ans. En plus Louis XV s’est complètement trompé, car en plus de donner la Lorraine à Stanislas, il lui octroie une somme astronomique de 2 millions de livres par an, du fait de son âge presque canonique pour l’époque quand il fut nommé duc de Lorraine. 2 millions de livres, c’était tout de même 2% du budget de la France, c’est donc pendant 30 ans, que Louis XV est obligé de verser une sommes colossale à son beau père de duc. Stanislas restera donc très longtemps à Nancy, en plus il est friqué à mort, et beaucoup de temps libre. Il a certes le titre de duc, mais il n’a pas les pouvoirs que Louis XV garde pour lui, il enverra un intendant, une sorte de préfet qui administrera le duché de Lorraine du beau père. Stanislas avec son argent il donne de grandes fêtes dans son château, à Lunéville et il va beaucoup construire. Il adorait les arts, dont l’architecture plus particulièrement. Derrière son château à Lunéville, il fait de belles constructions dans son parc, et ici à Nancy, il conçoit un ensemble de places. Il en construira 3, dont celle-ci où nous sommes, qu’il baptisera place royale de Nancy, et au milieu ce n’était pas la statue de Stanislas qui trônait, mais celle de son gendre, Louis XV roi de France, il était si bon pour son beau père, qu’il méritait bien cette récompense. La place Stanislas A 165 mètres de long et 126 mètres de large, elle est entourée de bâtiments classiques d’architecture française, l’architecte en chef de Stanislas était Emmanuel Héré. Les façades sont assez sobres et rigoureuses, toutes les fenêtres sont bien alignées, toutes identiques, c’est le royaume des pilastres, des chapiteaux, des éléments qui proviennent de l’antiquité. L’ensemble est sûr d’aspiration française, mais Stanislas lui a incorporé le style rocaille. Ce qui procure une décoration très riche, tout en courbes et contre courbes, comme sur les grilles qui se trouvent en angle de la place. Nous sommes environnés de chants d’oiseaux, au-dessus des fontaines, les grilles sont décorées de multiple feuilles, elles sont volutées et dorées à l’or fin. Toutes ces décorations donnent une chaleur à cette architecture quelque peu austère. Les fontaines ne sont pas alimentées en eau actuellement, car le réseau d’eau est en travaux pour être rénové. Dans la fontaine centrale, on aperçoit Neptune, le dieu de la mer, les statues des fontaines étaient dorées à l’origine, il y a 250 ans. Les statues étant en plomb, la dorure à l’or tient beaucoup moins que sur de la ferronnerie, alors au lieu de redorer tous les 25 ans, il faut faire l’opération tous les 5 ans, alors par mesure d’économie, on a laissé les statues dans leur teinte grise et noire de plomb, et ça s’intègre parfaitement à l’ensemble doré de la place. On peut vérifier l’aspect royal qu’avait la place à son origine, il y a des symboles qui représentent la France de ci de là sur la place. On remarque une couronne avec des fleurs de lys, un médaillon bleu roi qui est arboré de 3 fleurs de lys, au-dessus des piliers de la statue principale de la fontaine centrale, se détachent des petits médaillons bleus supportant des fleurs de lys. Au-dessus de chaque pilier, on distingue un oiseau, ce n’est pas un aigle de la Lorraine, mais un coq de France, il est surmonté d’un soleil, qui est un symbole de la royauté française depuis Louis XIV. Pour les avertis, on peut même trouver les initiales de Louis XV, elles se trouvent au-dessus de 2 statues qui décorent une fontaine, en dessous de la couronne royale, on découvre un double L entrelacé, qui est symbolique à Louis XV. La place fut inauguré le 26 novembre 1755, ce jour là, ce n’était pas de l’eau qui jaillissait des fontaines, mais du vin, ce qui ne fut pas le cas lors de l’inauguration de la place rénovée en 2005. Il y a 7 ans, la circulation passait sur la place, aujourd’hui elle est le paradis des piétons. Le dallage a été refait à l’origine, grâce à un tableau qui montrait le sol de la place, il avait été peint depuis un des balcons d’un bâtiment qui est aujourd’hui l’hôtel de ville. Le pavage était de couleur claire, il comportait 2 diagonales plus foncées, elles partaient des angles de la place et se rejoignaient en son centre où se trouvait la statue de Louis XV à l’époque. Enigme, sur d’autres tableaux ces lignes n’apparaissaient pas, le peintre aurait bien pu les inventer. Il a fallu trouver d’autres preuves, qui iraient dans le même sens, ce fut fait en retrouvant les toisés ou métrés. Ils attestent le métrage des pierres et pavés nécessaires pour couvrir la place, on a découvert la commande d’un grand nombre de pavés clairs, mais aussi un petit lot de pavés noirs. La preuve était faite, que les diagonales avaient bien existées, et la décision fut prise de les inclure dans la restauration de la place de 2005. Sur le tableau on avait également remarqué, que la statue reposait sur une surélévation de 3 marches au lieu de 4 avant la restauration. Alors autant faire les travaux à l’identique, ce qui fut fait, la place a donc une forme convexe, qui donne encore plus d’importance à la statue centrale de Stanislas. Aujourd’hui, la ville de Nancy compte 105000 habitants, elle se trouve dans une cuvette où s’écoule la Meurthe, elle est administrée depuis plus de 30 ans par André Rossinot. La statue de Louis XV fut déposée à la révolution, celle de Stanislas a été érigée en lieu et place en 1837, soit un siècle après sa nomination comme duc de Lorraine par son gendre royal. La statue de Stanislas montre un homme imposant par sa taille, il porte un grand manteau comme les rois, il pointe son doigt en direction du nord que nous allons suivre pour continuer notre découverte de Nancy. Nous prenons une petite rue qui se trouve sur la place Stanislas, au bout de cette rue, nous arrivons à un arc de triomphe, tout en haut on remarque le portrait de Louis XV, le monument lui est donc dédié. 2 citations latines y sont gravées, le prince de la victoire et le prince de la paix, toute la décoration symbolise ces 2 thèmes. On peut y remarquer Mars, Hercule, Apollon qui terrasse le piton, l’ange avec sa trompette pour la renommée, les lauriers de la victoire, les déesses Cérès et Minerve etc. La vieille ville était entourée de remparts, dont l’arc de triomphe faisait partie, il est dans l’alignement de la nouvelle place royale aujourd’hui Stanislas avec une place qui existait déjà, la place de la Carrière. L’ensemble des 2 places donne une grande perspective, qui commence au sud de la place Stanislas pour se terminer au nord de la place de la Carrière. Nous passons sous l’arc de triomphe pour pénétrer sur cette dernière, nous venons de quitter une place presque au carré, pour se retrouver sur une place allongée, elle a une longueur de 300 mètres et une largeur de 100 mètres. Elle a été construite au milieu du XVI.me siècle, c’est un dernier rajout à la vieille ville de Nancy. Aujourd’hui les maisons qui l’entourent sont toutes de style du XVIII.me siècle, elles sont identiques à celles construites autour de la place Stanislas. La cause, c’est que c’est Stanislas qui va tout transformer sur la place de la Carrière, il a fait sa place royale d’un côté, et de l’autre côté, au fond de la place de la Carrière, il va construire un nouveau palais. Les constructions sont de style classique français, il voudrait une certaine unité architecturale entre les 2 places, il va rebâtir toutes les façades de la place de la Carrière. Une seule maison sera conservée, c’est l’hôtel qui se trouve devant nous, quand on le regarde bien, il y a similitude entre sa façades et celle des bâtiments qui entourent la place Stanislas. Au rez-de-chaussée il y a de grandes fenêtres en plein cintre arrondi, ensuite un étage noble qui possède de très hautes fenêtre, enfin un étage latique avec de plus petites fenêtres. Les 2 étages supérieurs sont reliés par des pilastres, c’est ce que l’on appelle en architecture un ordre colossal. Nous retrouvons la même disposition sur les bâtiments de la place Stanislas. En fait, l’architecte Emmanuel Héré de Stanislas s’est inspiré de cette maison appelée hôtel Craon, devant lequel nous sommes, il avait été construit 40 ans auparavant sur cette place Carrière, pour concevoir les nouveaux bâtiments de la place royale. Emmanuel héré va aussi faire une copie de cet hôtel craon, d’où les doubles C que nous pouvons voir sur la balustrade, pour le transposer de l’autre côté de la place, juste en face, et nous le découvrons en nous retournant. Cette idée était de garder la symétrie sur cette place, sur laquelle au moyen âge, se déroulait des tournois de joute à cheval. Aujourd’hui, la place de la Carrière est le théâtre tous les 2 ans, des 24 heures de Stan, c’est un jeu où les étudiants des grandes écoles de Nancy s’affrontent. Chaque école vient ici avec un char, une vieille voiture à qui l’on a enlevé le moteur, et pendant 24 heures les étudiants de chaque école vont pousser leur engin. Au bout de 24 heures on fait le décompte des tours, mais compte aussi pour remporter le titre, c’est la décoration du char, l’animation qu’on y met, on ne pousse pas seulement, mais on doit chanter, danser se déguiser etc. Un critère très important aussi pris en compte, c’est le cadeau remis au jury par chaque école, il doit être insolite es gratuit, bien sûr l’école qui gagne, elle a le pouvoir et le droit d’organiser les prochaines 24 heures de Stan. Pour terminer sur cette épreuve, certes, les voitures n’ont pas besoin de carburant pour rouler, par contre les pousseurs, là il faut du carburant, alors pendant 24 heures la bière brassée pour l’occasion est consommée à profusion, mais sans exagération. Nous quittons l’ensemble XVIII.me siècle en passant par une porte pour rejoindre la vieille ville de Nancy, nous déambulons dans une rue étroite, elle est cernée par des maisons hautes typiques du moyen âge. A cette époque, pour être mieux défendues, les villes se limitaient dans l’enceinte de remparts ramassés pour ne pas avoir un linéaire trop important à défendre, ce qui donne cette atmosphère étouffant de l’urbanisme du moyen âge. Nancy va exister qu’à partir du XI.me siècle, ce n’était au début qu’un petit château qui se trouvait sur une petite butte, que l’on peut encore déterminer au fond d’une ruelle qui monte. Nous déambulons dans la grande rue, elle existait déjà au moyen âge, c’était l’artère commerçante de la ville, le petit château avait pour rôle de défendre la grande rue. Bien sûr, il y a 1000 ans, les constructions étaient en bois, il n’en reste rien, aujourd’hui les maisons les plus anciennes qui nous entourent sont de la renaissance XIV.me et XV.me siècle. Les encadrements de portes sont décorés, et certaines arborent des pilastres. Les fenêtres ont des tailles différentes, certaines possèdent encore des meneaux et des traverses, mais quelquefois ils ont été enlevés. C’est le résultat du calcul de l’impôt, il était proportionnel au nombre d’ouvertures que possédait la maison, alors une fenêtre à meneau comptait pour 4 ouvertures. La solution du contribuable était vite trouvée, il cassait les meneaux pour en faire qu’une seule ouverture, ou plus radicalement, il murait carrément l’ouverture pour payer encore moins d’impôt. Sur une petite place, on aperçoit une maison qui possède une échauguette, c’est une petite tour qui permettait de surveiller les 2 façades d’une maison située en angle de rue. Pour revenir sur la place de la Carrière, l’hôtel Craon et sa copie conforme, qui font face, sont occupés aujourd’hui par le tribunal administratif et la cour d’appel. La cour d’appel était déjà occupée par un tribunal à l’époque de Stanislas, il y créa aussi une chambre de consultations, où les avocats étaient payés par Stanislas pour aider les gens pauvres à être assistés lors de procès. Il était précurseur en créant avant l’heure ce qui est maintenant l’aide juridictionnelle que nous connaissons aujourd’hui. Stanislas grâce à Louis XV avait beaucoup d’argent, il aurait pu garder tout pour lui, mais il va consacrer de l’argent pour améliorer le sort des lorrains. Il disait lui-même, le vrai bonheur consiste à faire des heureux. Comme preuve qu’il était apprécié, aujourd’hui il se trouve sur la place Stanislas, et sur le socle de sa statue est gravé, Stanislas le bienfaiteur, signé la Lorraine reconnaissante. Au départ quand il est arrivé, il était inconnu, il fut même considéré comme un traître, un étranger qui se prêtait au jeu des français et qui allait faire pour que la Lorraine perde son indépendance. Tout était de la faute de Stanislas au départ, très vite on s’aperçoit que ce n’est pas lui en cause, mais la France. Elle a tout manigancé, et finalement le dernier duc lorrain n’est pas si mal que cela, où il a beaucoup fait d’œuvres pour son duché et ses habitants. Nous continuons à remonter la grande rue, devant une maison, au sol est dessinée une croix de Lorraine avec une date, 1477. Date très importante pour la Lorraine et aussi pour toute l’Europe, c’est l’année où Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, décide de venir à Nancy avec une énorme armée, afin de prendre Nancy et son duché. Il voulait rajouter ce duché à son empire, car il n’était pas que duc de Bourgogne, il était aussi comte de Flandres et de hollande et au nord il avait aussi beaucoup d’autres possessions. Au milieu de son territoire, il manquait un morceau, qui était la Lorraine, alors il vient ici pour réaliser la connexion de ses possessions en mettant la main sur le duché de lorraine. Il ne va pas réussir son rêve, il sera même tué pendant le siège de Nancy. Le fait qu’il soit tué, c’est une erreur, à cette époque, on capturait plutôt les princes, afin de les rendre contre rançon. Charles le Téméraire aussitôt tué, aussitôt détroussé de son armure et de son arme qui valaient une fortune. Du fait, ce sera l’un des corps des 4000 bourguignons tués pendant le siège de Nancy. On a beaucoup de mal à le retrouver, c’est le surlendemain que l’on retrouve un corps dénudé dans les marais autour de Nancy, ça pourrait être Charles le Téméraire, car les oups ont commencé à le dévorer, et il n’est plus tout à fait complet. Les restes du corps sont donc ramenés dans la maison devant laquelle nous sommes. Sur la maison est inscrit, dans cette maison a été déposée le corps de Charles le Téméraire, tué à la bataille de Nancy le 5 janvier 1477. Son corps ramené ici, on fait venir son médecin personnel, grâce aux cicatrices portées sur son corps d’anciennes blessures, il certifie que c’est bien le corps de Charles le Téméraire qui se trouve devant lui. Il sera enterré dans une église à Nancy, il sera réclamé par les flamands, aujourd’hui ses restes sont dans une église à Bruges. La défaite de Nancy marque la fin du rêve bourguignon, la France reprend donc la Bourgogne, si Charles le Téméraire avait réussi, aujourd’hui nous serions en Lotharingie, l’empire du milieu comme l’on disait après la mort de Charlemagne, quand il avait divisé son grand empire en 3 pour y asseoir ses 3 petits fils. L’empire donné à Lothaire allait de la Hollande jusqu’à Rome, c’était un empire immense, qui va diminuer en taille au fil des siècles, mais que Charles le Téméraire avait envie de reconstituer. Nous sommes devant une maison très étroite, elle est de style renaissance, elle n’a pas qu’un fronton au-dessus de la porte, mais elle en possède au-dessus de chaque ouverture. Le propriétaire étant très riche, sa maison étant très étroite, la seule façon de montrer sa richesse a été de mettre le paquet sur la décoration. On voit donc des frontons partout, des chaînages en pierre de taille, le crépi a été repeint en orange pour rappeler qu’auparavant le mur était recouvert de briques. On peut aussi remarquer que les gens riches n’aimaient pas payer beaucoup d’impôt, car les fenêtres sont dépourvues de meneaux, avec le risque de voir le linteau se fendre sous le poids du mur qu’il soutient sans support qu’était le meneau. En haut sous la toiture, on distingue 2 têtes de lion, elles font office de gargouilles, elles sont imposantes par leur taille. Nous continuons notre progression, nous arrivons sur une place, nous sommes devant un grand bâtiment, il a une toiture en ardoise très pointue, qui se termine en haut par une grille faitière. Elle est décorative, elle augmente la hauteur et le prestige de ce bâtiment. C’était le palais des ducs de Lorraine, il est toujours en pierre calcaire très claire, la façade possède une porte monumentale, elle est dominée par une grande statue équestre, le chevalier étant le duc Antoine, le fils de René II qui a vaincu Charles le Téméraire lors de la bataille de Nancy en 1477. Le duc Antoine en se faisant représenter à cheval, il a triché un peu, car il a son cheval les 2 jambes de devant levées, cela voudrait dire qu’il serait mort au combat. Les statues équestres répondent à certains critères, quand les 2 jambes de devant sont à terre, ça signifie que le cavalier est mort tranquillement dans son lit. Si une jambe du cheval est levée, ça signifie que le cavalier a été blessé au combat, et les 2 jambes en l’air du cheval attestent que le cavalier est mort au combat. Le duc Antoine a fait faire sa statue de son vivant, alors comment savoir serait-ce sa mort. Il n’est pas mort au combat, il a beaucoup combattu et il fut quelquefois blessé, il aurait pu se représenter sur un cheval levant une seule jambe mais pas les 2. Derrière la toiture du palais des ducs, on voit une tour s’élancer dans le ciel, elle est recouverte de cuivre qui s’est patiné au fil du temps. Au-dessus de la tour flotte le fanion de la girouette, on distingue aussi 4 fleurs de chardon, pour le dicton lorrain qui remonte à 1477, qui s’y frotte s’y pique, le chardon étant l’emblème de la Lorraine depuis la victoire de la bataille de Nancy. Dessous les fleurs de chardon, on aperçoit la couronne ducale, qui domine la croix Lorraine, croix que portait les soldats de René II toujours en 1477, la croix est devenue le symbole de la victoire, elle fut empruntée au cours de la seconde guerre mondiale. Sur la petite place, face au palais des ducs, se situe une fontaine, dans laquelle est représentée la statue équestre de René II, le vainqueur de la bataille de Nancy, où il n’était âgé que de 26 ans. Sur la place se trouve aussi l’énorme église des cordeliers, Elle a été édifiée avec la pierre calcaire claire, comme la plupart des bâtiments de Nancy, elle est en cours de rénovation, les pierres sont passablement noircies par les intempéries et la pollution de l’air. Cela fait près de 12 ans que l’on a commencé le nettoyage des pierres, à ce jour juste l’une des tours a retrouvé son aspect clair d’antan, la tâche est encore longue. L’église est de style néo-gothique, elle date de la fin du XIX.me siècle, elle arbore bon nombre de pinacles, elle est de forme très élancée. La flèche culmine à 84 mètres de haut, nous quittons la vieille ville, et nous empruntons le parc de la pépinière pour rejoindre la place Stanislas, il s’étale sur 22 hectares. C’est un ancien parc royal, qui servait de pépinière, Stanislas va demander à son gendre qu’il devienne public, afin que les nancéens puissent s’y promener pour se détendre. Bien entendu Louis XV accepte, c’est la joie des habitants qui peuvent prendre possession d’un cadre merveilleux. Aujourd’hui le parc est parfaitement fleuri, arboré, quadrillé par des chemins et des sentiers où chacun s’adonne à son activité sportive. Une grande horloge de 5 mètres de diamètre est dessinée avec des fleurs, elles représentent les signes du zodiaque, il a fallu 4000 plants pour réaliser cette œuvre florale. 3 Jardiniers ont travaillé une semaine durant pour confectionner l’horloge, le parc de la jardinière emploie 15 jardiniers pour son entretien, la ville de Nancy a un service de parcs et jardins qui occupent 100 jardiniers. L’allée où nous marchons est délimitée par des marronniers, ils sont malades, on les remplace petit à petit par des tilleuls. Nous croisons des marcheurs et des coureurs à pied, au bout du parc de la pépinière se dresse la statue de Emmanuel Héré, l’architecte de Stanislas qui a donné une autre image architecturale à l’ancienne capitale du duché de Lorraine, il a vécu de 1705 à 1763. Nous sortons du par cet nous voici sur la place Stanislas, nous profitons d’un soleil éclatant, pour découvrir en petit train la ville de Nancy, nous empruntons pendant une trentaine de minutes tous les quartiers que nous avons déambulé à pied. Il est midi quand notre balade en petit train se termine, nous rentrons à pied à notre hôtel pour y déjeuner.
L’après-midi, nous avons quartier libre, nous allons en gare, devant laquelle nous empruntons le tramway pour sillonner la ville, nous nous rendons à l’arrêt de tramway qui se trouve après la station de la cathédrale pour flâner un peu. Un jeune collégien très sympathique nous fait office de guide. Il nous explique l’environnement où nous marchons, nous rejoignons le canal, nous sommes au calme et à l’ombre, car le soleil est ardent. Nous prenons congé de notre jeune guide au bord du canal, il est arrivé chez lui, il vit sur une péniche avec son père, une petite photo pour immortaliser cette rencontre, et nous continuons maguy, Andrée, Claudine, Claude et moi notre promenade. Nous abordons le parc de la pépinière, c’est magnifique cet écran de verdure si près du centre de la ville, nous faisons de superbes photos, nous profitons d’une terrasse à l’ombre pour nous désaltérer. Ensuite nous parcourons de nouveau la place Stanislas, nous faisons quelques emplettes sans oublier d’acheter des macarons à la boutique des sœurs macarons, ils sont excellents. Il est 19 heures quand nous rejoignons l’hôtel, après le dîner, nous décidons d’aller nous balader dans Nancy que nous commençons à connaître dans tous les recoins. Nous avons même eu le loisir de nous séparer aux abords de la place Stanislas, ce fut ensuite un jeu de piste pour reconstituer notre groupe. Claudine et moi avons eu le plaisir pendant cet égarement, de rencontrer notre ami Frédéric au pied de la statue de Stanislas, il a été notre guide lors de séjour dans les Vosges et dans le Jura Suisse. Ce fut vraiment un miracle qu’il nous reconnaisse 15 ans après nos exploits vosgiens et suisses, n’aurait-on pas changé, où nos cannes lui ont rappelé à son souvenir, en tout cas, ce fut super de nous revoir. Il est minuit, c’est le temps de rejoindre notre hôtel, car demain c’est le retour sur Montpellier.

C’est le départ, nous faisons route inverse, à Dijon, petit incident, une crevaison nous bloque une heure 30, ça met un peu de piment à notre voyage. Nous reprenons la route, arrivés à Macon, nous déjeunons au même restaurant qu’à l’aller. C’est la dernière ligne droite, il est 20 heures quand nous atteignons notre but Montpellier.

Ce fut un merveilleux séjour, où nous avons abordé l’histoire de la Lorraine tout au long du second millénaire. Nous avons découvert une région au riche passé industriel et militaire, tout en découvrant des paysages formidables, notamment dans le massif vosgien et dans la Meuse. Quels cours d’histoire à Verdun et à Domrémy-la-Pucelle, sans oublier la visite des 2 principales villes de la Lorraine que sont Metz et Nancy. Nous étions hébergés dans un superbe hôtel, où la table était de bonne facture. Nous avons eu droit à des guides et à un accompagnateur, Jean-Louis qui ont su nous distiller leur savoir et la passion qu’ils ont pour leur région. Bravo à Thierry notre chauffeur pour sa conduite, et grand merci à rosemay, madame granelle qui est toujours à nos petits soins. Cette année nous étions accompagnés et guidés par un trio de luxe Maguy, Andrée et Claude, c’est grâce à leurs explications que j’ai pu relater notre séjour. Bien sûr nous avons eu un peu de pluie, même parfois beaucoup, mais elle n’a pas perturbé notre programme, nous sommes même revenus le teint hâlé.

Michel Michelland

La Moselle est un département français de la région Lorraine qui doit son nom à la rivière Moselle, affluent du Rhin, qui le traverse dans sa partie ouest et arrose Metz, son chef-lieu. Ses habitants sont appelés les Mosellans. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 57. La Moselle fut l'un des 83 départements créés à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir notamment de la partie nord de la Province de Lorraine. L'un de ses premiers préfets fut le comte de Vaublanc de 1805 à 1814. Le département connut diverses rectifications de frontière jusqu'en 1815. Les villes de Sarrebruck et Sarrelouis, aujourd'hui allemandes, en faisaient partie jusqu'en 1795. Le département était alors divisé en quatre arrondissements : Metz (chef-lieu du département), Briey, Sarreguemines et Thionville. Ce département disparut le 18 mai 1871, à la suite du traité de Francfort par lequel le nouvel Empire allemand, proclamé le 18 janvier précédent dans la galerie des glaces du château de Versailles, en annexait la plus grande partie, ainsi qu'une portion du département de la Meurthe et des Vosges. Seul l'extrême-ouest de la Moselle (l'actuel arrondissement de Briey) resta français et forma avec les arrondissements du département de la Meurthe restés français le nouveau département de la Meurthe-et-Moselle. Les territoires devenus alors allemands comprenaient non seulement la partie germanophone de la Lorraine, avec Thionville, Boulay, Sarreguemines et Sarrebourg, dont les habitants parlent le platt, mais encore des régions où l'on avait toujours parlé français, comme Metz ou le Saulnois avec Château-Salins. Les arrondissements existants depuis la Révolution furent redécoupés : l’arrondissement de Metz-Ville devint le Stadtkreis Metz, le Landkreis Metz incluant quant à lui l’arrondissement de Metz-Campagne et quelques cantons proches de la ville. Enfin le Bezirk Lothringen correspondant à l'actuel département de la Moselle. Il forma avec l'Alsace, le Reichsland Elsaß-Lothringen, avec Strasbourg pour chef-lieu. De là est né le mythe des provinces perdues, dites « Alsace-Lorraine », correspondant en fait à cette nouvelle terre d’Empire, ou Reichsgebiet, dont les traces subsistent dans le statut particulier de l'Alsace-Moselle. Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, les Mosellans furent incorporés dans les troupes allemandes et durent se battre pour l'Empire. Ceci explique la spécificité des monuments aux morts du département qui ne portent souvent que l'inscription lapidaire « À nos morts » en lieu et place du traditionnel « Morts pour la France ». Entre l'armistice du 11 novembre 1918 et la promulgation du traité de Versailles le 10 janvier 1920, la Moselle a été juridiquement un territoire sous occupation de l'armée française. Quand en 1919, le traité de Versailles rendit à la France les territoires lorrains perdus, on ne reconstitua pas les anciens départements, mais le "Bezirk Lothringen"devint le "nouveau" département de la Moselle, conservant les anciens arrondissements de Boulay-Moselle, Forbach, Metz, Sarreguemines et Thionville et ceux de Château-Salins et Sarrebourg, qui avant 1871 appartenaient à la Meurthe. Le département de Meurthe-et-Moselle resta inchangé, conservant l'arrondissement "mosellan" de Briey. La Moselle est touchée en premier lieu par la Seconde Guerre mondiale, à partir de la déclaration de guerre le 3 septembre 1939 : près de 30 % du territoire de la Moselle se trouve entre la Ligne Maginot et la frontière allemande 302732 personnes, soit 45 % de la population du département, sont évacuées pendant le mois de septembre 1939 vers des départements du Centre et de l'Ouest de la France, essentiellement la Charente, la Charente inférieure, la Vienne, la Haute-Vienne et enfin la Haute-Loire qui accueillent les mineurs. L'ordre d'évacuation pour les villages frontaliers comme Oberdorff a été donné dès le 1er septembre Parmi les quelque 300000 évacués, 200000 reviendront après la défaite. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, malgré l'armistice du 22 juin 1940, la Moselle fut à nouveau annexée, illégalement, sans préavis, en juillet de la même année par l'Allemagne nazie. Elle ne fut pas réunie à l'Alsace, qui subit le même sort, mais intégrée au Gau Westmark, la "Marche de l'Ouest", comprenant aussi la Sarre et le Palatinat, Sarrebruck en était le chef-lieu. Cependant, l'importance de la population francophone amena le Gauleiter Bürckel à procéder à des expulsions massives vers la France de tous les éléments, dits "indésirables", qui ne lui semblaient pas sûrs. L'évêque de Metz, Joseph-Jean Heintz, expulsé dès le mois d'août, en fut la figure emblématique. Apparemment moins bien traités que les Alsaciens, les Lorrains expulsés se félicitèrent peut-être de leur destin quand, en 1942, les jeunes Mosellans restés ou retournés au pays furent soumis à l'incorporation de force. Comme dans le reste de la France, plusieurs types de résistance à l'annexion de fait se développèrent en prenant parfois la forme de groupes organisés et structurés comme ce fut le cas pour le Groupe Mario, animé par l'instituteur communiste Jean Burger alias "Mario", ou le Groupe Derhan plus proche des Gaullistes. L'histoire des départements annexés pendant la Seconde Guerre mondiale ne se résume donc pas au sort tragique des Malgré-Nous : plus de dix mille Mosellans, surtout des ouvriers, furent déportés dans des camps de concentration dans les Sudètes pour s'être opposés publiquement à l'annexion en janvier 1943. Si les villages frontaliers furent libérés dès le début de septembre 1944, il fallut attendre le mois de novembre pour que la Moselle soit en grande partie libérée, notamment par le XX.me corps d'armée du général Walker, qui prit Metz le 22 novembre après des combats acharnés, l'armée américaine, ayant eu besoin de la "pause d'octobre" pour être ravitaillée avant de pouvoir s'attaquer aux forts de Metz et passer la Moselle. Cependant, certains villages ne furent libérés que beaucoup plus tardivement, en mars 1945. À la suite de l'annexion de 1871, le département de la Moselle, tout comme le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, est aujourd'hui sous régime concordataire et dispose d'un droit local. La Moselle fait partie de la région Lorraine. Elle est entourée par les départements de Meurthe-et-Moselle et du Bas-Rhin ainsi que par l'Allemagne (Länder de Sarre et de Rhénanie-Palatinat) et le Luxembourg. Chef-lieu : Metz. Cours d'eau principaux : la Moselle, la Sarre, la Seille, la Nied. Depuis plus de vingt ans le Conseil Général de la Moselle a engagé une véritable politique de développement touristique dans le département. La réalisation de zones de loisirs, de structures d’hébergement (hôtels, gîtes…), ainsi que divers équipements touristiques et l’ouverture de sentiers de randonnée et de pistes cyclables ont permis d’accroître sensiblement la fréquentation touristique en Moselle. Aux côtés du Conseil Général, l'Agence de Développement et de Réservation Touristiques de la Moselle (Moselle Tourisme) est chargée de mettre en œuvre certaines actions de promotion, de commercialisation. Moselle Tourisme est membre du Réseau national des destinations départementales De nombreux autres partenariats sont activés, en particulier avec les collectivités locales et les professionnels du tourisme. Moselle Tourisme est copropriétaire du Système d'Information Touristique - Lorraine (SITLOR), dont les objectifs sont la collecte de l'offre touristique régionale et sa diffusion auprès du grand public. Dans certains domaines comme la chasse, les associations, les religions, etc., le droit appliqué en Moselle, ainsi que dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, est un mélange de droit national et de droit local. De nos jours en Moselle, les cultes catholique, israélite, protestant luthérien et protestant réformé sont toujours officiellement reconnus et financés par l'état (application du droit local) les ministres du culte (évêques, prêtres, pasteurs et rabbins) sont salariés par l’État• les collectivités territoriales participent au financement du culte paroissial• l’enseignement religieux est obligatoire (sauf dérogation demandée, réellement appliqué depuis les années 1980, par les parents et accordée de droit). Les dispenses érodent les fréquentations. l’Université de Strasbourg accueille deux chaires théologie, l’une catholique, l’autre protestante. Le culte de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, financièrement autonome, est représenté en Moselle avec deux paroisses : la paroisse de Metz et la paroisse de Forbach. Au Moyen Âge il existe de nombreux châteaux, fermes et églises fortifiées en pays messin. Les grandes demeures féodales disparaissent avec la politique d’expansion territoriale vers l’est de Louis XIII et Louis XIV qui appliquent une politique de démantèlement et de destruction des édifices. La guerre de Trente Ans ruine une partie de la noblesse dont les possessions, vendues ou confisquées, sont attribuées à de nouveaux venus ou de récents anoblis. Le château du Schossberg, le château de Turquestein ou celui de Faulquemont sont rasés en 1634 sur ordre de Richelieu, les deux châteaux d’Audun-le-Tiche en 1675, de même pour Lixheim, Sarralbe, Sarrebourg et Sarreguemines. Après la guerre de Trente Ans, disparaissent dans l’indifférence générale : le château du Falkenstein, ruiné par les troupes de Mansfeld en 1623, celui de Thicourt, incendié en 1635, le château des évêques d’Albestroff, le château de Créhange et celui de Fontoy, détruit en 1643. Le château de Raville est reconstruit fin XVII.me puis détruit à la Révolution. Le château de La Grange est reconstruit en 1731. À Hombourg-Haut, le château des évêques de Metz puis des ducs de Lorraine est entièrement détruit vers 1735. Le château de Château-Voué est partiellement détruit à partir de 1795. Le château médiéval d’Ottange, en partie détruit en 1671, fut entièrement démoli en 1734. Disparaissent également les châteaux d’Hingsange et de Guermange. Certains sont vendus comme bien nationaux à la Révolution : le château d’Imling en 1795, il est détruit peu après et sert de carrière de pierres ; le château de Frescaty à Moulins-lès-Metz, construit pour l’évêque de Metz, détruit en 1944, il sert aujourd’hui de terrain d’aviation à la ville de Metz. Certains châteaux du pays messin sont transformés en fermes comme à Ancerville ou le château-ferme de Prayelles à Augny. Les troubles des périodes de guerre retardent, à de rares exceptions près, l’apparition du classicisme en Moselle au XVIII.me siècle, période de paix durant laquelle de nombreuses demeures sont remaniées ou reconstruites, en particulier par des officiers ou par des conseillers au parlement de Metz. À la fin de l’Ancien régime, dans les 250 maisons nobles — châteaux, maisons-fortes et manoirs —, existent en Moselle dont la moitié subsiste aujourd’hui. Les guerres de l’époque contemporaine détruiront les châteaux de Colombey, incendié après la guerre de 1870, de Lorry-Mardigny (une partie subsiste), Sailly-Achâtel, Albestroff, Louvigny, Amanvillers, Lorry-lès-Metz, Arry, Coin-sur-Seille, Corny, Sillegny, Verny, Maizières victimes de la Seconde Guerre mondiale. Après les conflits, certains propriétaires préfèrent démolir plutôt que financer une réhabilitation ; les bâtiments abandonnés sont victimes du vandalisme. Le château d’Hayange, symbole de la famille de Wendel, est en partie démoli en 1935. Le château de Montois-la-Montagne est rasé vers 1950 au profit d’une cantine ouvrière. Le château de Reinange est rasé vers 1958-1960. Les châteaux de Florange, Francaltroff et Distroff sont aussi en ruine. Certains chefs-d’œuvres du patrimoine architectural en péril sont restaurés à grand frais par les collectivités : le château de Malbrouck (originalement Schloss Meinsberg) ou le château de Courcelles. D’autres sont fidèlement entretenus par des familles respectueuses de la demeure ancestrale comme au château de Pange ou par une noblesse de cœur ayant envie de redonner une âme à ces monuments : Pouilly, Les Étangs, Mardigny ou le château de Landonvillers. Plusieurs sites sont en cours de sauvetage, par des associations ou autres initiatives, comme le château Saint-Sixte en restauration depuis 2007. Le parc du château de Mercy sert de terrain pour la construction du nouvel hôpital au sud-est de Metz prévu pour 2012. Jacques Brel chante déjà le vin moselle dans la chanson Jef. La moselle fut très longtemps une terre de vignobles (cf Vignoble de Lorraine) L’irruption du phylloxéra à la fin du XIX.me siècle, puis l’Armistice de 1918 qui sonna le glas des débouchés sur le marché allemand, ont provoqué le déclin de la vigne. Depuis 2010, le vin Moselle (AOC) est un AOC.

Metz est une ville située dans le nord-est de la France. Elle compte 130000 habitants, elle s’étend sur 41 kilomètres carrés et s’étale entre 150 et 250 mètres d’altitude. Elle est la préfecture du département de la Moselle et chef-lieu de la région Lorraine. Ses habitants s’appellent les Messins. Ancienne capitale du royaume d’Austrasie et berceau de la dynastie carolingienne, Metz témoigne par la richesse de son patrimoine d’une histoire commencée il y a trois mille ans. De culture latine, la ville conserve un héritage de l’annexion allemande, dont le quartier impérial est, sur le plan architectural, particulièrement emblématique. S’affirmant comme cité de la communication et des nouvelles technologies de l’information avec son technopôle, l’antique cité marchande s’est voulue « ville jardin » égrenant son paysage urbain et architectural au fil de l’eau et des parcs, à travers une politique pionnière en France en matière d’écologie urbaine. Metz occupe une position unique au croisement des grands axes européens de circulation : l’axe nord-sud Bruxelles-Luxembourg-Metz-Nancy-Dijon qui relie directement la mer du Nord à la Méditerranée traverse la Lorraine en longeant le Sillon mosellan, et l’axe est-ouest Paris-Reims-Metz-Strasbourg-Sarrebruck-Francfort-sur-le-Main rapproche Metz de Paris et des grandes métropoles allemandes. Ainsi les villes les plus importantes qui entourent Metz sont Luxembourg à 55 km au nord, Nancy à 53 km au sud et Sarrebruck à 60 km à l’est. La ville est située à peu près à mi-chemin entre Strasbourg à 130 km et Reims à 155 km. Paris se trouve à 320 km et Francfort-sur-le-Main à 230 km. Metz est située à moins de 36 km de la Centrale nucléaire de Cattenom et à moins de 115 km de la future zone d'enfouissement de déchets radioactifs de Bure. Metz est dominée par le mont Saint-Quentin qui culmine à 358 mètres à l’ouest de l’agglomération hors du territoire de la commune. La partie ouest de la ville se situe dans les vallées de la Moselle et de la Seille, marquées par quelques buttes en centre-ville et au Sablon. Les quartiers à l’est de la ville sont situés en hauteur sur les contreforts du plateau lorrain. Située à l’est du bassin parisien, Metz est implantée au pied de la cuesta « les côtes de Moselle », auxquelles appartient le mont Saint-Quentin. Celle-ci est constituée d’une couche calcaire du Bajocien à son sommet, avec en dessous des marnes du Toarcien. La vallée de la Moselle en elle-même draine des sédiments constitutifs des îles. La Moselle se divise à Metz en plusieurs bras. Ici, vue depuis le pont de Verdun, l’île du Saulcy au fond, et l’île Saint-Symphorien à droite (commune de Longeville-lès-Metz). Metz se situe dans la vallée de la Moselle, plus précisément à la confluence de la Moselle venant du sud-ouest et de la Seille qui irrigue la porte des Allemands à l’est, en provenance du Saulnois. La ville, installée sur les petites collines de Sainte-Croix et de la Citadelle, a rallié trois îles habitées dont les bras de la Moselle dessinent les contours : le Petit Saulcy, le Grand Saulcy et Chambière. Ces îles sont reliées entre elles par de nombreux ponts dont certains datent du Moyen Âge . le Moyen Pont, le pont des Morts, le pont des Roches, le pont Saint-Marcel, le pont de la Préfecture, le pont Moreau, le pont Saint-Georges et le pont des Grilles. Les rives de la Moselle font partie intégrante de la ville historique dotée de nombreux quais. Au sein de la ville coulent également plusieurs ruisseaux tels celui de Vallières, le ruisseau Saint-Pierre, à Magny, ou encore le ruisseau de la Cheneau, souterrain sur plus du tiers de sa longueur, reliant le lac Ariane, de la Grange-aux-Bois à la Seille au niveau de Plantières. Une situation de qualité et un site favorable expliquent le passé trois fois millénaire de Metz qui naît et se développe au confluent de deux rivières, la Moselle et la Seille au rôle économique déterminant. À l’intérieur de cette zone de confluence, la butte du Haut de Sainte-Croix constitue le berceau de la ville. III.me siècle av. J.‑C. : oppidum des Médiomatriques ; 52 av. J.-C. : République romaine puis Empire romain, Gaule Belgique, province de Trèves ; III.me siècle : évêché de Metz ; 511-751 : capitale du royaume d’Austrasie ; 768 : Empire carolingien ; 843 : Francie médiane ; 855 : Lotharingie ; 925: Saint-Empire romain ; 959 : duché de Haute-Lotharingie, puis Lorraine.svg Duché de Lorraine à partir de 1047 ; 1234 : Armes de la ville de Metz République messine ; 1552 : protectorat de facto des évêchés de Metz, Toul et Verdun du Pavillon royal de la France.png Royaume de France ; 1648 : traité de Westphalie, chef-lieu des Trois-Évêchés ; 1871 : Drapeau: Empire allemand ; 1918 : Drapeau français République française ; 1940 : annexion de facto par le Drapeau : Allemagne Reich allemand ; Depuis 1944 : Drapeau de France : 1976 : Metz est la Préfecture de la région Lorraine. En 1882, un biface datant de 200000 ans av. J.-C. a été découvert dans une sablière de Montigny-lès-Metz. Les hommes vivant à cette période étaient des chasseurs-cueilleurs, vivant selon le mode de vie non sédentaire propre aux nomades et dont les déplacements étaient liés en partie à leur approvisionnement en nourriture. Les Hauts-de-Sainte-Croix ont livré quelques tessons du IV.me millénaire av. J.-C., mais l’occupation attestée du site ne commence qu’au Ier siècle av. J.‑C. avec la présence de fonds de cabane et des emplacements de maisons de bois et de torchis ainsi qu’une nécropole à urnes cinéraires. Le nom du peuple des Médiomatriques, une tribu celtique qui allait donner son nom à Metz, apparaît dans un récit du général romain Jules César. Cette tribu s’est fixée certainement au III.me siècle av. J.‑C. sur un territoire allant de l’Argonne aux Vosges, l’espace au-delà des Vosges étant occupé par les Triboques. Ils édifièrent leur principal oppidum, c’est-à-dire leur capitale, au confluent de la Moselle et de la Seille sur la colline de Sainte-Croix. Cet oppidum était notamment un centre économique groupant des ateliers d’artisans des métaux et de terre cuite. Une assemblée de type oligarchique, composée des chefs des principales familles, détenait le pouvoir. L’organisation sociale, hiérarchisée, reposait sur trois classes : les chevaliers ou nobles, la plèbe et les esclaves. C’est en 58 av. J.-C. que les Romains occupèrent la ville et en en reconnaissant la position stratégique la transformèrent de cité agricole à cité administrative et militaire. Au lendemain de la conquête romaine, Metz, désigné par les Romains par le qualificatif Divodurum Mediomatricorum (« oppidum des Médiomatriques ») est intégré à la Gaule Belgique dont la capitale est Durocortorum (Reims). L’importance de la ville était grande ; en 27, elle faisait partie des soixante capitales gauloises. Il faut pourtant attendre le début du II.me siècle pour voir apparaître le nom Divodurum mentionné pour la première fois par Tacite dans son premier livre des Histoires à propos des troupes de Vitellius qui y massacrent 4000 personnes. La cité occupe initialement tout l’emplacement du Haut-de-Sainte-Croix et croît rapidement vers le sud pour atteindre au début du Ier siècle l’Esplanade et le Sablon. Le plan de la ville reproduit celui classique de la ville romaine. Le forum, lieu de rencontre indispensable à la vie publique de l’agglomération, devait se trouver entre la place Saint-Jacques et la place de la Cathédrale. Les fouilles archéologiques récentes ont révélé une agglomération de bâtiments en bois et torchis, établie selon le quadrillage propre aux villes romaines avec cardo (actuelle rues Serpenoise, Ladoucette, Taison) et decumanus (actuelle Fournirue), dont la surface avait quadruplé depuis la fin de l’indépendance. Lors de la construction du parking souterrain du futur centre Pompidou, une fouille a été conduite à proximité immédiate de l'amphithéâtre de Metz permettant la mise à jour de nombreux vestiges datant du Ier siècle. La longue période de la paix et l’intégration à l’Empire romain en fait une ville étape prospère. Elle devient le foyer le plus important de la civilisation gallo-romaine en Lorraine. Metz est un important carrefour routier où convergent les voies de Lyon, Reims, Trèves, Mayence et Strasbourg— préfigurant en quelque sorte les autoroutes actuelles (A4-A31). Le tracé des routes obéit à des impératifs stratégiques : assurer la défense à l’arrière du Rhin. Rome privilégie les relations Sud-Nord, qui se traduit par la voie de Lyon à Trèves. Après avoir atteint la Moselle à Toul, elle traversait le territoire des Médiomatriques à Scarpone (actuellement Dieulouard), suivait la rive droite de la Moselle et atteignait Metz au Sablon. Puis elle empruntait la rue Scarponaise (devenue rue Serpenoise), la rue Ladoucette, et la rue Taison pour atteindre l’ancien oppidum qu’elle quittait par les rues des Trinitaires et rue Marchant en dévers. La deuxième chaussée stratégique, reliant Reims à Strasbourg, atteignait Metz par le bas de Montigny, traversait la ville par les actuelles en Fournirue — cette apposition « en » est précisément à Metz l’héritage de la toponymie romaine des rues — et rue Mazelle, puis dépassait la côte de Queuleu vers Delme, Sarrebourg et Saverne dans la direction du Rhin. À Divodurum, comme dans l’ensemble de la Gaule, la civilisation gallo-romaine atteint un sommet : la population estimée entre 15000 et 20000 habitants à son apogée, chiffre considérable pour l’époque où la plupart des villes connues en dehors de la région n’ont guère plus de 7000 habitants. On y distingue les habitants de condition libre — citoyens romains venus d’Italie et non-citoyens parmi lesquels les propriétaires terriens, les membres des professions libérales —, les affranchis et les esclaves. Une partie de la population habite des constructions en pierre et de grands édifices voient le jour qui utilisent la pierre de Jaumont et surtout la pierre de Norroy. Parmi les plus prestigieux, l’amphithéâtre, construit certainement à la fin du Ier siècle à l’emplacement de l’actuelle gare de marchandises, disposait de 25000 places. Il était le plus grand des Gaules et l’un des plus grands du monde romain. L’aqueduc de Gorze à Metz long de 22 km traversant la Moselle et dont on voit les arches à Jouy-aux-Arches alimentait la ville en eau. Les vestiges de plusieurs thermes — dont l’un sur le site de l’actuel musée — ont été trouvés. Par ailleurs, une vaste nécropole s’étend au sud de la ville de part et d’autre de la voie vers Lyon. Les nombreuses stèles funéraires exposées au musée gallo-romain de Metz ainsi que de nombreux vestiges mis au jour lors de fouilles, montrent que la vie économique était déjà très active à cette époque. De nombreux métiers relevant de l’artisanat sont exercés ; notamment ceux du cuir, du textile, du travail des os de cervidés et de porcs. Le travail de l’argile est en plein essor et la terre cuite fournit tous les récipients d’usage courant. Lors des fouilles opérées à Saint-Pierre-aux-Nonnains, on a retrouvé le four d’un potier nommé Casicos. Le travail du fer débouche sur la fabrication de l’outillage courant. La cervoise, ancêtre de la bière, est fabriquée à partir d’épeautre. Le commerce est actif. La corporation des nautes de la Moselle est spécialisée dans le transport fluvial de produits lourds, et notamment les matériaux de construction. On connaît l’existence d’un marchand de sayons— une des grandes spécialités textiles des Médiomatriques — qui était en liaison commerciale avec l’Italie du Nord. Un cimetière se développe au Sablon. Sur l’acropole de Metz, actuelle place de la maternité Sainte-Croix, on prie les divinités religieuses anciennes (Épona, cavalière celtique et déesses-mères de la terre) et gréco-romaines (Jupiter, Mars, Mercure…) mais aussi comme partout de plus en plus les divinités d’orient (comme Isis l’égyptienne). Une autre de ces religions d’orient se développe de plus en plus : le christianisme. En 212, l’édit de Caracalla accorda la citoyenneté romaine à tous les Médiomatriques de condition libre. Les plus fortunés parmi les habitants de condition libre participent à la gestion municipale sous le qualificatif de magistrat. Les anciens magistrats forment l’ordre des décurions ou Sénat municipal. Nous ne savons rien des décurions messins. À partir de 245, les périodes de paix sont entrecoupées d’épisodes violents et de destructions. La ville est envahie et détruite une première fois en 253 par les Alamans. Dans ce climat de moindre sécurité, la ville s’entoure alors d’une enceinte de 3,5 mètres d’épaisseur percée de plusieurs portes où sont remployés des éléments d’architecture et des stèles des monuments romains. Le Sablon sera sacrifié et laissé en dehors, la ville ainsi forclose représente un rectangle d’environ 1 200 sur 600 mètres ; sa superficie est rapportée à 70 hectares. Ces troubles et les premières invasions entraînent certainement un ralentissement des activités artisanales. Une production nouvelle, la vigne, fait son apparition à partir de 283, date de l’autorisation accordée par l’empereur Probus. Ce vignoble se propage rapidement dans les alentours de la ville où apparaît également le mirabellier. De la fin du III.me siècle ou du début du IV.me siècle date la construction de l’édifice de plan basilical connu sous le nom de basilique de Saint-Pierre-aux-Nonnains qui deviendra plus tard l’église de l’abbaye. Certains y voient une basilique civile, d’autres la palestre d’un ensemble thermal voisin. Saint Clément conduit le Graoully sur les bords de la Seille. En 297, la cité des Médiomatriques est intégrée dans la Belgique première et perd son territoire à l’ouest avec l’émergence de la cité de Verdun. Par contre, Metz bénéficie de la proximité de Trèves promue au rang de capitale de l’Empire. L’axe de communication Rhin-Rhône permet une diffusion plus rapide que dans le reste de la Gaule des nouvelles idées religieuses. L’Église de Metz est l’une des plus anciennes avec celles de Reims et de Trèves. La diffusion du christianisme arrive à Metz à la fin du III.me siècle, vers 280, avec le premier évêque, Clément. Prudent, l’évêque s’installe dans les vestiges de l’amphithéâtre. Il établit un sanctuaire, l’église Saint-Pierre-aux-Arènes, dans la fosse du grand amphithéâtre désaffecté. Ses traces ont été retrouvées par les fouilles allemandes de 1902, lors de la construction de la gare. Il faudra attendre les édits de tolérance de 311 et 313 pour que le christianisme sorte de la clandestinité et de la confidentialité. Au IV.me siècle, le nom Divodurum Mediomatricorum n’est plus d’usage, on rencontre la forme dérivée et simplifiée de Médiomatrix, laquelle finira par aboutir au nom de Mettis, rencontré pour la première fois vers 400 et duquel est issu le nom de Metz. Au Ve siècle, alors que les troupes d’Attila franchissent le Rhin et déferlent sur la Gaule, Livier revient prendre la tête de l’armée messine vers l’an 450. Les Huns tentèrent un premier siège de la ville puis s’en allèrent ravager les villes de Toul, Dieuze et Scarpone. Lorsqu’ils revinrent attaquer la ville le 7 avril 451, les défenseurs étaient largement inférieurs en nombre et la ville fut largement incendiée et pillée et vu sa population décimée. Seul subsista l’oratoire dédié à saint Étienne et situé à l’endroit de la cathédrale actuelle. Défaits peu de temps après, les Huns repassent le Rhin et laissent le champ libre aux Francs. L’oratoire de Saint-Étienne est dans les grâces divines et devient alors fort populaire. On parle de miracle. Il accueille le siège de l’évêque et devient en quelque sorte la première cathédrale de Metz, à l’intérieur même de celle-ci. Metz est la capitale du royaume d’Austrasie durant deux siècles de la période franque, de 511 à 751. En 511 à la mort de Clovis, unificateur du peuple franc, ses enfants se partagent son royaume. Thierry Ier reçoit la région nord-est baptisée Austrasie. Thierry Ier fixe sa capitale à Reims, puis se ravise et la fixe à Mettis, qui occupe une partie plus centrale. Lui et ses successeurs relèveront la cité dont la population est alors estimée entre 5000 et 10000 habitants. Il construit son palais sur la colline Sainte-Croix dont la tradition a conservé le souvenir sous le nom de Cour d’Or. C’est aujourd’hui le nom des musées situés à cet endroit. À la mort de Clotaire en 561, Sigebert Ier reçoit en héritage la partie orientale du royaume avec Reims pour capitale. Mais en 566, il célèbre à Mettis son mariage avec Brunehilde, la fille du roi des Wisigoths dont les noces sont chantées par le poète Venance Fortunat. Il choisit alors la ville comme résidence principale et en fait la capitale d’Austrasie. Lors du règne de Sigebert, la charge de maire du palais est pour la première fois mentionnée. Depuis le palais, Brunehilde joue un rôle politique de premier rang sur tout le pays pendant près d’un demi-siècle, ce qu’elle va faire avec toute son énergie, en secondant son fils Childebert II, proclamé roi d’Austrasie à Metz à l’âge de cinq ans, puis son petit-fils, Théodebert II. Ses successeurs abandonnent le soin de gouverner à leurs maires du palais. À l’origine, simples intendants au palais de la Cour d’Or, ils deviennent rapidement une sorte de premier ministre, occupant la première place dans les conseils de la Cour. Exerçant la réalité du pouvoir, ils finissent, en un siècle, par rendre leur charge héréditaire. L’Église prend une place importante au cœur de la ville : les édifices religieux se multiplient, de nombreuses nécropoles et lieux de cultes foisonnent à l’extérieur des remparts de Metz, et notamment au Sablon, surnommé alors quartier des Basiliques. En tant que capitale austrasienne, la ville messine avait vu en son sein la montée en puissance des pouvoirs religieux paroisses, soixante-sept églises, huit abbayes bénédictines intra-muros pour une population aux alentours de trente mille habitants à cette époque) et du pouvoir spirituel auquel allait bientôt être rattaché un pouvoir bien plus temporel, avec la disparition des comtes héréditaires notamment, vers le Xe siècle : l’épiscopat messin s’étant enrichi, il possédait des terres à l’envi, qui rapportaient à la ville des richesses incomparables. L’évêque Chrodegang fonde l’abbaye de Gorze à vingt kilomètres au sud de Metz qui devient un important foyer du chant messin— nommé à l’époque CANTILENA METENSIS. Mais les nombreux ennemis et envieux sont le revers de la médaille. Elle s’en protégeait par d’épais remparts. C’est à Metz que naît la dynastie des Carolingiens, inaugurée par Pépin le Bref en 751, descendant de deux familles de l’aristocratie austrasiennes : celles d’Arnoul, évêque de Metz et de Pépin de Landen, maire du palais. La ville cesse d’être capitale, tout en restant un des grands centres intellectuels des Gaules. Elle reçoit périodiquement la cour carolingienne alors que son abbaye Saint-Arnould devient la nécropole des Carolingiens et abrite les dépouilles des sœurs et de la première femme de Charlemagne, ainsi que celle de l’empereur Louis le Pieux. Charlemagne eut de constantes préoccupations pour Metz, dont il favorisa tout particulièrement l’Église et donna une impulsion nouvelle à sa célèbre école. Une décision prise en 775 par Charlemagne et connue sous le qualificatif de « grand diplôme » est à l’origine du pouvoir temporel de l’évêque de Metz et devait déboucher sur la constitution d’un État indépendant. L’évêque bénéficie désormais de l’immunité pour tous ses biens. Ses possessions territoriales sont soustraites à l’action des juges royaux qui ne pouvaient y pénétrer. L’évêque et ses sujets échappent à la justice royale et aux impôts. Mais ces droits enlevés au gouvernement royal sont accordés à l’évêque qui a juridiction sur son clergé et sur ses sujets et perçoit les impôts. Cette immunité s’étend à toutes les possessions de l’église de Metz, situées soit dans le pays messin, soit dans les pays voisins. Du Ve siècle au VI.me siècle, elle a posé les bases de son futur État en incorporant les donations de toutes les premières églises situées dans les bourgades le long de la voie Metz-Strasbourg. Sous l’évêque Drogon, ces possessions débordent les limites du diocèse et se rencontrent en Alsace, dans la région de Liège et jusqu’en Aquitaine. Réorganisée par Charlemagne, l’école de Metz atteint la célébrité sous l’épiscopat de son fils naturel Drogon. On y enseignait le latin, un peu de sciences, le catéchisme et aussi les arts mineurs. Quelques-uns de ses élèves laissèrent leur nom à la postérité : Amalaire, Aldric. Cette école possédait en outre une remarquable école de chant grégorien, sans doute la première de l’empire. Le pape lui-même y aurait envoyé des maitres experts et sa réputation fut telle que pendant un certain temps, le chant grégorien fut appelé chant messin. Cette école de Metz consacra également une partie de son activité à la copie de manuscrits, d’où le développement d’un remarquable foyer artistique d’où sortirent les plus habiles miniaturistes du temps, qui décorèrent et ornèrent les superbes ouvrages du IX.me siècle. Le chef-d’œuvre en a été le sacramentaire de Drogon, qui se trouve aujourd’hui à la bibliothèque nationale. Tout y mérite l’admiration : la calligraphie, les miniatures, les plaques d’ivoire sculptées servant de couverture. En démembrant l’Empire carolingien par le traité de Verdun en 843, les petits-fils de Charlemagne ouvrirent cette bien longue querelle qui allait durer jusqu’au XX.me siècle. L’Austrasie revient à Lothaire Ier. Metz devient la capitale du royaume de Francie médiane et certains conciles s’y tiennent. En 855 par le traité de Prüm, son cadet Lothaire II en reçoit la partie nord qu’il appellera Lotharingie. En 925, Metz, enjeu de cette lutte, passe sous la coupe des rois de Germanie. En 959, après le partage de la Lotharingie par l’évêque Brunon de Cologne, la Haute-Lotharingie devient le duché de Lorraine. Metz et son territoire deviennent indépendants et sont intégrés au Saint-Empire romain germanique, siège d’un évêché disposant du pouvoir temporel. La cité épiscopale s’approprie peu à peu les droits d’une « ville libre » du Saint-Empire romain germanique. La bourgeoisie s’enrichissant, elle fait de Metz au XIII.me siècle une république oligarchique, gouvernée par un collège d’échevins à la tête duquel le maître-échevin est élu pour un an. Comme à Nuremberg, les institutions de cette république sont l’apanage d’un cercle de familles riches, ici regroupées à travers six « paraiges ». À la différence de Mayence, Strasbourg ou Bâle, Metz conserve un patriciat suffisamment puissant pour tenir tête aux nouvelles corporations d’artisans [du XIV.me siècle. Les XIII.me et XIV.me siècles constituent l’une des périodes les plus prospères dans l’histoire de Metz, qui compte alors près de 30000 habitants soit la plus grande concentration urbaine de Lorraine. Ses foires sont très fréquentées et sa monnaie, la première de la région jusqu’en 1300, est acceptée dans toute l’Europe. On reste étonné de la facilité avec laquelle les bourgeois messins ouvrent leurs coffres aux grands personnages de l’époque, empereurs, ducs, évêques ou comtes. Ainsi, Édouard Ier de Bar emprunte sans problème en 1315 la coquette somme de 19000 livres tournois et 112 sols d’or à Dame Poince, épouse de Nicolas de la Court. Les Changeurs de Metz, dont la corporation était organisée par les évêques depuis le XIIe siècle, prêtent eux aussi aux marchands, comme aux princes, voire à l’empereur. L’un d’eux, Charles IV, y promulgue le 25 décembre 1356. la fameuse « Bulle d’or », réglant définitivement les élections impériales du Saint-Empire romain germanique. Cette richesse attise les convoitises et entraîne la cité messine dans des conflits récurrents avec ses voisins. Dans cette lutte d’influences, tous les prétextes sont valables, y compris les plus insignifiants. La peste apparait à Metz et dans le Pays messin en 1423 ; trois ans plus tard, le bilan est de 16000 morts. Après la guerre des quatre seigneurs opposant Jean Ier de Bohême, Baudouin de Luxembourg, Édouard Ier de Bar et Ferry IV de Lorraine à la cité messine (1324), Metz est de nouveau assiégée au cours de la Guerre de la hottée de pommes par Charles II de Lorraine, René Ier d’Anjou et Bernard Ier de Bade en 1428, sans succès. En 1438, une nouvelle épidémie de peste fait 20000 victimes. En 1444, Charles VII et René d’Anjou assiègent de nouveau la ville, réussissant cette fois à rançonner les citains. Le petit-fils de René d’Anjou, Nicolas de Lorraine tentera lui aussi d’assiéger Metz en 1473, mais avec beaucoup moins de succès. La prospérité de la république messine décline à partir du XV.me siècle. Les épidémies, et la guerre sans fin que lui font les ducs de Lorraine, en sont en partie responsables. Metz est une des dix premières villes de France où se développent l’imprimerie et la typographie. Les premiers imprimeurs connus sont Jean Colini et Gérard de Villeneuve en 1482 Sur le plan religieux, la proximité de la Suisse et l’appartenance au Saint-Empire romain germanique favorisent l’adoption de la Réforme dès les années 1520. La ville devient un important foyer protestant, qui ne disparaîtra qu'après la révocation de l’édit de Nantes. En 1552, le roi de France Henri II s’empare du territoire des Trois-Évêchés. Après son entrée pacifique dans la ville libre du Saint-Empire romain germanique, il promet de conserver les droits et usages locaux. Charles Quint, voulant reprendre ces villes du Saint-Empire, organise le siège de Metz. La ville sera défendue victorieusement par le duc François de Guise, nouveau gouverneur de la ville. Le siège est levé en janvier 1553. Cette annexion de facto sera ratifiée de jure par le Traités de Westphalie, en 1648. Dotée d’une garnison française, et d'une citadelle en 1561 Metz devient une place forte du royaume de France, tandis qu’elle continue de se développer. Sur le plan religieux, les Juifs, dont la présence est attestée du IX.me siècle au XII.me siècle, sont de nouveau autorisés à s’installer à Metz en 1565. La communauté prospérera tout au long des XVII.me siècle et XVIII.me siècle, pour atteindre 2400 personnes en 1842. Après la révocation de l’édit de Nantes, les huguenots messins fuient en Hollande et en Allemagne, pour échapper aux dragonnades de Louis XIV. L’émigration messine des huguenots vers Berlin, qui cause un réel préjudice à l’économie locale, se traduit en revanche à Berlin par un doublement de la population. Cette émigration se poursuivra tout au long du XVIII.me siècle, vers l'Allemagne, mais aussi vers le Nouveau Monde. Sur le plan politique, la ville devient le siège d’un parlement en 1633. Les "Treize" sont supprimés peu après en 1640. Metz ne passe juridiquement sous souveraineté française, en tant que capitale de la province des Trois-Évêchés, qu’en 1648. Le 10 mai 1636, le parlement est transféré provisoirement à Toul, avant d’être réinstallé à Metz le 1er décembre 1658. Le parlement des Trois-Évêchés sera provisoirement supprimé le 10 octobre 1771, pour être remplacé par la Cour souveraine de Nancy, avant d’être réinstallé le 26 septembre 1775 à Metz, jusqu’à ce que l’Assemblée Nationale décide de sa suppression définitive le 3 novembre 1789. Sur le plan militaire, la ville conserve un rôle stratégique important tout au long du XVII.me siècle. Si le Pays messin n'échappe pas aux misères de la Guerre de Trente Ans décrites par Jacques Callot, la ville de Metz est préservée derrière ses remparts. Sous le règne de Louis XIV, le rôle de place forte de la cité messine est encore renforcé. Vauban s’en exprime au roi sur le rôle qu’il lui attribue en ces termes : « Les places fortes du royaume défendent leurs provinces, Metz défend l’État. ». En 1678, ce dernier conçoit un premier « Projet général de fortifications » pour la ville de Metz. A peine vingt ans plus tard, en 1698, un second « Projet général de fortifications » est conçu pour renforcer les défenses de la ville. Les travaux de fortifications se poursuivront tout au long du XVIII.me siècle. La ville s'embellit au XVIII.me siècle. Le maréchal Charles Louis Auguste Fouquet de Belle-Isle, acquis aux idées des Lumières, décide de repenser l’urbanisme de Metz dès 1728. Après avoir doté la ville d’un nouveau théâtre sur l’Ile du petit Saulcy, il souhaite aérer le quartier de la cathédrale, en y créant une place royale centrale, entourée de plusieurs bâtiments publics. Après vingt ans de négociations avec le clergé et les bourgeois messins, il fait finalement appel à l’architecte Jacques-François Blondel pour mener à terme le projet de l’Hôtel de ville de Metz. Ce projet ambitieux est suivi, en 1764, par la construction d'un nouveau portail néoclassique pour la cathédrale. Charles-Louis Clérisseau se charge en 1777 des plans de l'hôtel du Gouvernement, actuelle Palais de justice de Metz, dans un style des plus classiques. La construction d'un nouveau palais épiscopal, le marché couvert actuel, est entreprise. Le Parlement de Metz est supprimé en 1775. Le souffle des Lumières se fait sentir dans la cité, où plus de sept loges maçonniques fleurissent, et jusque dans les abbayes messines, où les bibliothèques s'enrichissent de nombreux ouvrages encyclopédiques. Après l'élection de Pierre-Louis Roederer en octobre 1789, Metz devient le chef-lieu du nouveau département de la Moselle en 1790. En 1802, l'école royale d'artillerie de Metz fusionne avec l'école du génie de Mézières, donnant naissance à l'École d'application de l'artillerie et du génie. En 1808, l'Académie de Metz est créée avec un lycée et une faculté des Sciences. Au cours des dernières campagnes de Napoléon Ier, en 1814 et en 1815, la ville fut assiégée à deux reprises par les forces coalisées. Elle ne se rendit qu’à partir du moment où Napoléon signa la capitulation, lorsque la nouvelle atteignit Metz. Pour ne pas avoir capitulé, la ville fut surnommée la « forteresse de l’Est ». En 1830, Metz approuve la révolution parisienne. En 1852, le chemin de fer arrive à Metz, en entraînant de profonds changements territoriaux, suite à la création de la voie ferrée de Devant-les-Ponts au Sablon, ainsi que l'édification d'une nouvelle gare en dehors des remparts, et de celle de Metz-Nord (renommée Metz-Devant-les-Ponts suite à la construction de la gare, route de Thionville, en 1908). La ville est désormais reliée à Réding, Lérouville, Zoufftgen ; depuis 1973 la portion de voie ferrée du réseau messin incluse avant 1908 à la ligne menant à Zoufftgen ne sert plus qu'au transport de marchandises, ce qui a fortement fait décliner l'utilisation de la gare de Devant-les-Ponts, qui ne ressemble plus qu'a un simple entrepôt. Par ailleurs, en 1970 naît le projet d'installation d'un triage à Metz-Sablon. En 1861, une Exposition universelle ayant trait à l’agriculture, l’industrie, l’horticulture et les beaux-arts se tient sur l’esplanade. En 1866 après la bataille de Sadowa, l’état-major français décide de protéger Metz par quatre forts détachés, les forts de Plappeville, Saint-Julien-lès-Metz, Queuleu et Saint-Privat. Ces derniers ne sont pas totalement achevés lorsque la guerre éclate avec la Prusse en 1870. L’année 1870 est une année douloureuse pour les habitants de Metz. Pendant la Guerre franco-prussienne de 1870, l’armée impériale du général français Bazaine s’est réfugiée à Metz. Après la bataille de Borny-Colombey le 14 août à l’est de la ville, puis celle de Saint-Privat–Gravelotte à l’ouest le 18 août, Metz est assiégé le 20 août et capitule le 29 octobre. Abandonnée par la majorité des députés français, y compris les députés lorrains de la Meurthe, qui ont voté à la quasi-unanimité sa cession, « la plus forte citadelle de la France » est rattachée au nouvel Empire allemand le 10 mai 1871, conformément au traité de Francfort. Metz devient le chef-lieu du "Bezirk Lothringen",le district de Lorraine, intégré au nouveau Reichsland Elsass-Lothringen et le restera jusqu’en 1918. Malgré le départ d’une importante portion de ses élites et de dix à quinze-mille « optants » pour la France, la ville continue de s’agrandir et de se transformer, dominée par la personnalité de son évêque français Paul Dupont des Loges qui est élu député au Reichstag et dont il va devenir l’un des « députés protestataires ». L’émigration de Mosellans vers la France, en particulier vers Nancy et Paris, commence dès l’armistice et se poursuit pendant une vingtaine d’années. La germanisation de la ville et de ses habitants, inexorable du fait du renouvellement des générations et de l’installation d’immigrés allemands, se fait progressivement. Ces derniers deviennent majoritaires à Metz, dès les années 1890. Comme dans le reste de la Moselle, l’enseignement du français est supprimé dans les écoles primaires, où les instituteurs allemands donnent l’enseignement en allemand. Le français est toutefois toléré, comme « langue étrangère », dans les établissements secondaires et dans quelques établissements bilingues. Mais les Messins de souche continuent logiquement à parler français en privé, par tradition ou par attachement à la culture française. Sous Guillaume Ier (1871–1888), on continue d’imprimer et d’importer des livres en français. Trois quotidiens francophones sont également tolérés face aux quotidiens germanophones Metzer Zeitung et Lothringer Zeitung. Le Lothringer Zeitung s’adresse principalement aux immigrés allemands, commerçants, fonctionnaires ou militaires et fait systématiquement la promotion du Deutschtum. Le Metzer Zeitung (1871–1918), journal indépendant est en revanche plus critique à l’égard des pouvoirs publics preuve d’une relative tolérance du pouvoir impérial. Remplaçant les sociétés musicales créées avant 1870, une trentaine de sociétés musicales et chorales voit le jour à Metz sous l'Annexion, de la Dilettanten Verein et le Metzer Liedertafel, au Kirchenchor Saint-Simon, en passant par le Metzer Liederkranz et le Gesangverein «Cecilia». Metz se transforme sous l’action des autorités allemandes qui décident de faire de son urbanisme une vitrine de l’empire wilhelmien. En 1898, le baron von Kramer, maire de Metz, demande à l’empereur Wilhelm II la permission d’étendre la ville, au détriment des terrains militaires. L’empereur décide alors de détruire les fortifications de Cormontaigne en conservant la tour Camoufle, la porte Serpenoise et la porte des Allemands. En 1902-1903, l’architecte Conrad Wahn conçoit un plan d’urbanisme pour la « Nouvelle Ville » (Neue Stadt), l’empereur imposant ses conceptions architecturales pour les bâtiments publics. L’éclectisme architectural se traduit par l’apparition de nombreux édifices de style néoroman tels la poste centrale, le temple protestant ou une nouvelle gare ferroviaire ; de style néogothique tels le portail de la cathédrale et le temple de garnison, ou encore de style néo-Renaissance tel le palais du Gouverneur. Des statues érigées à l’occasion de ces aménagements d’édilité glorifient l’empire. Une statue équestre monumentale de l’empereur Guillaume Ier est dressée sur l’Esplanade, une seconde statue équestre toute aussi imposante du prince Frédéric-Charles est élevée dans le jardin de Boufflers, tandis qu’une troisième statue de Frédéric III prend place non loin de la tour Camoufle. Comme dans d’autres cités du Reich, une Tour Bismarck, est élevée à la mémoire du chancelier Otto von Bismarck (1871–1890) sur le mont Saint-Quentin. En 1910, le maire Paul Böhmer peut écrire : « Une promenade à travers la ville convaincra chacun, qu’à côté du vieux Metz pittoresque de l’époque française, un Metz moderne est en train d’être érigé, qui doit sa création à l’initiative et la force de travail allemandes » Avec l'installation de la nouvelle gare, de 1907 à 1908, le réseau ferroviaire messin s'est vu modifié, en effet au détriment du premier chemin de fer reliant le Sablon à Devant-les-Ponts, pour relier la gare actuelle à Patrotte Metz-Nord, de nouvelles voies sont construites le long de la Seille, et sur l'île Chambière, pour aboutir à une jonction avec la voie ferrée de 1852 avant Woippy. Deux nouvelles gares supplémentaires sont bâties pour desservir les voyageurs, la gare de Metz-Abattoirs (rebaptisée plus tard en Metz-Chambière), avenue de Blida, et celle de Metz-Nord pour compenser le déclin de son homonyme renommée Metz-Devant-les-Ponts (sur l'ancienne ligne à laquelle a été rajouté en 1873 une liaison vers Conflans-Jarny, déclassée en 1973 avec la desserte voyageurs de l'ensemble de la section du réseau de la ville), ainsi qu'une gare des marchandises au Sablon. De nouvel leslignes sont mises en places en 1908 telles celle de Metz à Château-Salins et celle de Metz à Überherrn, toutes deux aujourd'hui déclassées. Pour ce point stratégique majeur de la défense de l’empire — il s’agit d’un carrefour routier et ferroviaire de premier ordre —, l’état-major allemand poursuit les travaux de fortification entamés par Napoléon III sous le Second Empire. Dès 1871, le système défensif de la ville avait profondément été corrigé, avec la construction d’une ceinture de forts éloignés de type « von Biehler » autour de l’agglomération, conformément au développement des techniques d’assaut. Lorsque le comte Gottlieb von Haeseler prend le commandement du 16e corps d’armée en 1890, Metz est devenue une place forte inexpugnable. Elle se présente sous l’aspect d’une ville de garnison allemande animée où se côtoient des Bavarois aux casques à chenille, des Prussiens et des Saxons aux casques à pointe et aux uniformes vert sombre, ou encore des Hessois aux uniformes vert clair. Cette garnison allemande oscille entre 15000 et 20000 hommes au début de la période et dépasse 25000 hommes avant la Première Guerre mondiale. Au hasard des mutations, les plus grands noms de l’armée allemande comme Göring, Ribbentrop ou Guderian sont passés par Metz, acquérant la conviction que la ville était définitivement allemande. Aux postes de commandement, beaucoup d’officiers allemands appartenant à l’aristocratie militaire prussienne sont affectés à la place forte de Metz, en particulier dans le XVI.me corps d’armée. Ces officiers de carrière, avides de fêtes et de spectacles de qualité, s’installent avec leur famille à Metz Ils participent ainsi à la vie culturelle locale et animent la vie mondaine de la cité : dans les salons ou à l’opéra de Metz, où l’on joue évidemment les œuvres de Wagner ; on rencontre alors les Richtoffen, les Salmuth, les Briesen, les Twardowski, les Winterfeld ou les Bernuth. Chaque année, l’empereur Guillaume II vient dans la cité lorraine, pour inspecter les travaux d’urbanisme et ceux des fortifications de Metz. Ses visites sont, pour la ville de Metz, l’occasion d’organiser des parades et des fêtes dignes d’un hôte impérial. Au cours d’une de ses visites, il déclare ainsi : « Metz et son corps d’armée constituent une pierre angulaire dans la puissance militaire de l’Allemagne, destinée à protéger la paix de l’Allemagne, voire de toute l’Europe » En 1914, Metz est devenue la première place forte au monde. La ville, bien défendue, a été largement épargnée par les combats de la Première Guerre mondiale. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les Mosellans se battent loyalement pour l’Empire allemand. Les autorités militaires interdisent rapidement les quotidiens francophones et incarcèrent une poignée de sympathisants de la France à la forteresse d'Ehrenbreitstein Très rares sont les appelés qui désertent et, parmi eux, beaucoup tomberont au champ d’honneur sous l’uniforme allemand, sur le Front de l’Est mais aussi à l’Ouest. En dépit de leur attachement à l’Empire, les Messins accueillent avec joie la fin des hostilités et la paix enfin retrouvée. Après l’Armistice de 1918 et le retour à la France, la Moselle reste traumatisée par les déchirures de la guerre et les dommages collatéraux des nationalismes. Les intellectuels mosellans et messins réagiront diversement au rattachement de la Moselle à la France. Certains s’engagent sur la voie d’un nationalisme pro-français, revanchard et cocardier. D’autres s’engagent sur la voie antagoniste d’un nationalisme pro-allemand, tout aussi vindicatif et belliqueux. D’autres encore, comme Adrienne Thomas Polly Maria Höfler (1907-1952), Ernst Mungenast ou Alfred Pellon hésiteront entre un pacifisme sincère, mais naïf, et un régionalisme culturel identitaire. Ces mouvements, plus ou moins autonomistes, seront ensuite largement exploités par les nazis Ce combat identitaire, souvent mené par des intellectuels idéalistes, qui s’inscrit parmi des courants de sensibilité à l’œuvre dans l’Europe entière, traduit aussi une crise d’identité propre à l’ensemble des Alsaciens-Lorrains. Après les expulsions massives de 1918–1919, touchant toutes les classes de la société, Metz est économiquement très affectée. Sur l’intervention des États-Unis, de nombreux expulsés peuvent cependant revenir à partir de 1920. Mais les classes supérieures, détentrices des capitaux, ne reviennent pas en Moselle. La population germanophone, qui représente, dans les années vingt, près de 30 % de la population messine, se compose maintenant essentiellement d’ouvriers et de petits commerçants. Dans cette population laborieuse, largement ouverte aux idées communistes, est entretenu un sentiment hostile à l’égard de la France. La « Volkstribune » et « L’Humanité d’Alsace et de Lorraine » entretiennent ce sentiment anti-français en dénonçant implicitement l’impérialisme de la France. Les catholiques et protestants germanophones partagent ces préjugés à l’encontre d’une France à leurs yeux trop laïque. Cette situation perdurera pendant plus d’une génération. Le rôle militaire de Metz est confirmé avec le siège du commandement de l’état-major de la région Est. De nombreux commerces rouvrent leurs portes. Plus de trois cents cafés que fréquentent assidûment les militaires, valent à la ville le surnom de « petit Paris de l’Est ». La population est devenue bilingue après 48 années d’annexion, et la culture allemande imprègne le mode de vie des Messins. Ainsi, paradoxalement, l’âge d’or de la presse allemande coïncide à Metz avec la période de l’entre-deux-guerres. Plusieurs générations d’enfants ont été contraints, non seulement d’apprendre, mais aussi de parler en allemand à l’école, sous peine de sanctions. Enfin, beaucoup de notables messins nés pendant l’Annexion, comme Gabriel Hocquard ou Robert Schuman, ont suivi une scolarité allemande complète, de l’école primaire à l’université. La majorité des Messins possédaient, par conséquent, une double culture franco-allemande solide à la veille de la Seconde Guerre mondiale. De nouveau occupée durant la Seconde Guerre mondiale, Metz devient le poste avancé du Gau Westmark, la « Marche de l’Ouest » du Troisième Reich, dont le siège est à Sarrebruck. À l’encontre des accords signés entre les deux États, le régime nazi applique de facto une politique d’annexion à Metz, ainsi que dans les territoires anciennement annexés dans le cadre du Reichsland Elsass-Lothringen. Le régime de Vichy se limite alors à des protestations si discrètes, qu’elles alimentent dans la population l’idée d’un pacte secret. L’administration municipale est reprise en main par les nazis, qui remplacent la plupart des cadres français. Les rues sont débaptisées, les enseignes des magasins enlevées et les statues déboulonnées. Un Oberbügermeister, cumulant les fonctions administratives de maire et politiques de Kreisleiter, est placé à la tête de l’administration de la cité. L’un des premiers mouvements de résistance en France, l’Espoir français », naît à Metz en juillet 1940. L’organisation, chargée du renseignement, travaillant avec le 2e bureau français, est démantelée quelques mois plus tard. Le 8 août 1940, les autorités allemandes suppriment les poilus encadrant le monument aux morts de Niclause et remplace l'inscription « Aux enfants de Metz morts victimes de la guerre » par « Sie starben für das Reich » pour rendre hommage aux soldats de 14-18. Le 1er octobre 1940, Metz intègre les communes voisines de Montigny, Longeville, Le Ban-Saint-Martin, Saint-julien et Vallières, créant ainsi la Großstadt Metz. Après la visite de Himmler en septembre 1940. le chancelier Adolf Hitler se déplace en personne à Metz, le 26 décembre 1940. Mais conscient du ressentiment des Messins, le Führer ne fera pas de long discours, se contentant de passer la soirée avenue Foch, avec Sepp Dietrich et des cadres de la 1ère division SS. Du fait de l’Annexion de la Moselle, la population messine appartenant à la Deutsche Volksgemeinschaft, ou « communauté du peuple allemand », est sous une surveillance policière étroite. Des Blockleiter, ou « chefs de quartier », sont chargés d’informer les Zellenleiter, ou « chefs de cellule » du NSDAP, en relation avec la Gestapo. Le ministre de l'Éducation et de la Propagande du Reich, Joseph Goebbels, se déplace en personne à Metz en 1941, pour visiter les locaux du Metzer Zeitung un journal de propagande incitant les Mosellans à adhérer aux organisations nazies. Partout, la propagande fait rage relayée par de nombreuses organisations allemandes, comme les Hitlerjugend et les Bund Deutscher Mädel (BDM), qui recrutent, avec beaucoup de mal, des Messins profondément attachés à la France. Le Gauleiter Bürkel sera finalement obligé de reconnaître que ces adhésions forcées étaient dépourvues de toute valeur. Le 1er avril 1941, le Stadtkreis Metz continue de s'étendre, intégrant les communes de Borny, Magny, La Maxe, Moulins, Plappeville, Sainte-Ruffine, Scy et Woippy. Le Service du travail obligatoire pour les jeunes gens est imposé le 1er mai 1941. Certains Messins rejoignent aussitôt le maquis À partir du 29 août 1942. les jeunes hommes sont enrôlés de force dans la Wehrmacht, la Kriegsmarine ou la Waffen-SS, et souvent envoyés sur le Front de l’Est, pour limiter les désertions. Ce sont les malgré-nous. Au cours du printemps et de l’automne 1944, Metz est bombardée par l’aviation alliée à plusieurs reprises, faisant de nombreuses victimes civiles. Ainsi, le 1er mai 1944, un bombardement visant les lignes de chemin de fer touche durement le quartier du Sablon. Les voies ferrées de Woippy sont à leur tour bombardées le 25 mai 1944. Le 12 août 1944, la gare de triage du Sablon est de nouveau bombardée par le Tactical Air Command. Le 14 août 1944, le bombardement vise la base de Frescaty. Le 18 août 1944, c’est l’usine aéronautique Hobus-Werke de Woippy qui est visée, et de nouveau le terrain de Metz-Frescaty. La gare de marchandise de Metz est une nouvelle fois bombardée par les Américains le 20 octobre 1944. Le 7 novembre 1944, pas moins de 1299 bombardiers lourds américains déversent des centaines de tonnes d’explosifs et de napalm sur les forts de Metz et divers points stratégiques situés dans la zone de combat de la IIIe armée. À chaque fois, la précision des bombardements étant assez aléatoire, la population messine est durement touchée. Les Messins se terrent autant pour échapper aux bombardements américains, qu’aux réquisitions, toujours plus coercitives, de l’armée allemande. Jusqu’en juillet 1944, la Wehrmacht ne considère pas la ville de Metz comme un site stratégique et n’hésite pas à réduire son dispositif défensif, en désarmant la plupart des forts de Metz. Toutefois, lorsque les forces alliées commencent à progresser en France, après le débarquement de Normandie, Metz redevient un site stratégique important pour la défense du Troisième Reich. Le commandement allemand se met alors à organiser la défense de la ville, pour tenter de contrôler l’avance alliée. C’est dans ces conditions, que se déroule la bataille de Metz, du 27 août au 13 décembre 1944. La IIIe Armée américaine, commandée par le général Patton, fait face à la 1re armée du général von Knobelsdorff. Les forts de Metz, épargnés pendant la Première Guerre mondiale, prouvent leurs valeurs défensives en bloquant l’armée américaine devant Metz. La bataille se solde par de lourdes pertes pour les deux armées. Chars et bombardiers américains se heurtent pendant deux mois à une ceinture de béton, de fer et de feu. Dans ces combats, la population civile n’est pas épargnée. La bataille de Metz se termine enfin le 22 novembre 1944, par la victoire des Alliés. Le fort Jeanne d’Arc, tenu par la 462e Volks-Grenadier-Division, résistera jusqu’au 13 décembre 1944. Revenu à la mairie dès la libération de Metz, Gabriel Hocquard eut la lourde tâche de sortir la ville du marasme où les événements l’avaient plongée. Les bombardements américains n’ayant pas épargné la ville, les logements manquaient cruellement. En outre, les caisses municipales étaient vides. Avec sagesse, Gabriel Hocquard essaya d’aplanir les dissensions entre les expulsés et ceux qui étaient restés sur place. Il restera préoccupé par le sort des réfugiés et s’attachera à aider les plus démunis. Son successeur, Raymond Mondon, allait changer le visage urbain de Metz, en l’inscrivant délibérément dans la modernité. Ce choix urbanistique, privilégiant la reconstruction à neuf, à la rénovation de l’immobilier ancien, conduira à certains excès. Les opérations d’urbanisme de Saint-Ferroy, du quartier Coislin, du Haut-de-Queuleu, du secteur de Bellecroix, du secteur de Plantières-Queuleu, de Magny-village laissent aujourd'hui leur empreinte sur cité messine. Metz connaît alors une période de croissance, tant démographique, qu’économique et urbaine. Sur le plan démographique, Metz passe de 89863 habitants en 1954 à 117199 habitants en 1975, après avoir absorbé les communes de Borny, Magny et Vallières. Sur le plan économique, Metz se développe grâce à la création d’un aérodrome civil à Metz-Frescaty (1950), la canalisation de la Moselle de Metz à Coblence (1963) la création d’un port fluvial, la construction des autoroutes Nancy-Metz-Luxembourg et Paris-Metz-Sarrebruck et enfin la création de zones industrielles périphériques à Borny (1962), à Devant-les-Ponts (1965) à Metz-nord (1971), et plus tard à Queuleu (1985). Après la crise du charbon, celle de la sidérurgie et celle du textile, la ville a diversifié ses activités. Depuis 1945, le rôle militaire de Metz n’a cessé de décroître et la démilitarisation de l’espace urbain se poursuit encore de nos jours. À la fin des années 70, deux événements notables peuvent être mentionnés. Le 17 juillet 1975, les vaisseaux Apollo-Soyouz se rejoignirent pour la première fois en orbite au-dessus de la cité messine. Aboutissement d’un programme né des accords politiques conclus entre le président Nixon et les autorités soviétiques en 1972, les poignées de mains échangées par les deux cosmonautes soviétiques et les trois astronautes américains sont les premières à avoir eu lieu dans l’espace. Du 6 au 8 avril 1979 se déroula le congrès de Metz du Parti socialiste où s’affrontèrent François Mitterrand et Michel Rocard. Le maire actuel, Dominique Gros, élu le 21 mars 2008, est le premier maire de Metz de gauche depuis l’institution du suffrage universel en 1848. Il met fin, de ce fait, à une gestion politique axée à droite. Metz fut longtemps connue pour être une ville de garnison, non loin de la frontière avec l’Allemagne. Dans le cadre de la réforme de la carte militaire de 2008, le départ d’environ 5000 hommes stationnés à Metz et son agglomération est prévu à partir de 2010. Parmi les secteurs économiques représentés à Metz, citons la métallurgie, la pétrochimie, l’automobile, la logistique, le commerce…Le technopôle de Metz est situé au sud-est de la ville, et accueille 230 implantations et 4000 salariés qui se répartissent en trois pôles : les entreprises de pointes liées à la télécommunication et à l’information, les grandes écoles et universités, et le centre d’affaires constitué du World Trade Center Metz-Sarrebruck et du Centre international de congrès. Le centre Saint-Jacques inauguré en 1976 a été construit en lieu et place de l’ancien quartier Saint-Jacques, dont ont été conservées les maisons sur son pourtour. C’est un centre commercial qui comprend cent vingt boutiques un supermarché Simply Market, un grand magasin Fnac, un parking souterrain de 1200 places, et un hôtel-restaurant Novotel situé en centre-ville. La plus importante zone d’activité commerciale de la région est situé en périphérie de la ville, à Augny. Metz accueille le siège de la chambre de commerce et d’industrie de la Moselle qui gère la zone d’Ennery et le CFA, ainsi que le Nouveau Port de Metz, (1er port fluvial céréalier français), le port de Metz-Mazerolle et le port fluvial de Thionville. Le Pays messin est aussi traditionnellement une région de culture et production de la mirabelles en Lorraine, la ville de Metz donnant son nom à l’une des deux principales variétés du fruit. La ville de Metz compte parmi les quatre principales villes du Sillon Lorrain avec Nancy, Épinal et Thionville, qui forment une aire de plus d’un million d’habitants. Metz est par ailleurs l’une des quatre villes membres du QuattroPole avec Luxembourg, Trèves (Trier) et Sarrebruck (Saarbrücken). Ce réseau transfrontalier favorise la coopération inter-urbaine. Enfin, Metz et sa voisine mosellane Thionville ont rejoint en 2007 une troisième coopération transfrontalière, LELA, renommée LELA+ à cette occasion. LELA+ s'appelle ttonicité depuis le 30 juin 2010. Ce réseau de villes ayant pour but le développement transfrontalier de la région regroupe ainsi Luxembourg, Esch-sur-Alzette, Longwy et Arlon. À noter que l’économie du pays messin est liée à celle du Luxembourg : 70000 Lorrains y travaillent actuellement. On estime qu’ils seront 135000 travailleurs transfrontaliers en 2030. La pierre de Jaumont, pierre emblématique du Pays Messin, extraite à quelques kilomètres de Metz, constitue une grande partie des monuments de la ville, notamment ceux du centre-ville. La couleur ocre orne en conséquence une grande partie des monuments de la cité messine. Toutefois, à cause de la pollution automobile, la pierre de Jaumont a tendance à se noircir au fil du temps, ce qui nécessite de réguliers travaux de nettoyage, pour éviter de donner un aspect austère à la ville et à ses monuments. Le regain d’intérêt pour l’architecture 1900 et notamment le legs allemand, depuis les années 1970, s’est accompagné de recherches, et de récentes publications ont vu le jour. En 2007, la ville de Metz, par la voix de son maire d’alors, Jean-Marie Rausch, a proposé la candidature de son quartier impérial wilhelmien à l’Unesco au titre des sites du patrimoine mondial de l’humanité. Avec l’impulsion que représente le projet du Centre Pompidou-Metz, ville de la Grande Région, Metz a participé au programme de l’année européenne de Luxembourg et grande région capitale européenne de la culture 2007. Le 18 novembre 2011, le ministère de la Culture et de la Communication a décerné, à l'unanimité et avec les félicitations du jury, le label Ville d'art et d'histoire à la Ville de Metz. L'obtention de ce label marque l'engagement de la ville de Metz de passer d'un stade de sauvegarde et de restauration de son patrimoine bâti à un stade de valorisation et d'animation du patrimoine dans son acceptation la plus large. Liste des monuments historiques de Metz. les thermes romains, datant de l’époque gallo-romaine ; l’amphithéâtre, Ier siècle, détruit ; l’hôtel Saint-Livier, XII.me et XIII.me siècles ; l’hôtel de la Bulette, XIV.me siècle ; l’hôtel de Heu, XIV.me et XV.me siècles ; l’hôtel de Gargan, XV.me siècle ; l’hôtel de Burtaigne, XVI.me siècle ; l’hôtel de Gournay, XVI.me siècle ; la maison de Rabelais, XII.me siècle, avec sa chapelle Saint-Genest, XIII.me siècle ; la maison des Têtes, construite en 1529 ; la grange Chèvremont, XIII.me et XVI.me siècles ; la grange des Antonistes, XIV.me siècle ; l’opéra-théâtre, XVIII.me siècle (plus ancien théâtre de France encore en activité) ; le marché couvert, palais épiscopal inachevé à la Révolution et transformé par Jaunez ; le monument aux morts de style Art déco de Metz, inauguré en 1935. Cette œuvre monumentale de Paul Niclausse représente une mère assise, grave, les yeux fermés et portant sur ses genoux son fils nu : il s’agit là de l’interprétation laïque d’une pietà. Elle a été très remaniée au cours des guerres et annexions diverses. la place Saint-Louis, XIV.me siècle ; de forme triangulaire, avec ses maisons à arcades qui, adossées au rempart médiéval, ont conservé leur mur gouttereau typique de l’architecture messine, et parfois aussi leurs créneaux à la façon des palais lombards ; la place des Charrons, XV.me siècle ; elle présente deux hôtels aux rares façades de l’époque Renaissance à Metz ; la place Mazelle, XVII.me siècle ; la place d’Armes, la place Jean-Paul II (anc. place de la Cathédrale), la place Saint-Étienne et la place de Chambre forment une composition de places articulées autour de la cathédrale, due au projet de l’architecte Jacques-François Blondel en 1764 ; la place de la Préfecture, XVIII.me siècle. la place Saint-Jacques, XVIII.me siècle résultant de la démolition de l’église Saint-Jacques à la Révolution ; la place de la Comédie fut pavée en 1732 par la ville qui décida d’y construire le théâtre dont les travaux durèrent de 1738 à 1752. C’était l’un des premiers théâtres construits en France et il demeure le plus ancien encore en activité. Composant une place ouverte sur le quai du bras de la Moselle et au-delà la cathédrale. la place de la République, XIX.me siècle, 1802, ancienne place royale ; la place de Maud’Huy, XIX.me siècle ; la place Raymond-Mondon, la place du Roi-George XIX.me siècle créées selon les perspectives pittoresques du plan d’urbanisme de la Nouvelle-Ville ; la place Jeanne d’Arc, XX.me siècle ; la place Coislin, XX.me siècle dans son état actuel. Cette grande place carrée était jadis délimitée par des maisons à arcades similaires à la place Saint-Louis voisine. Avec l’arrivée des garnisons militaires qui y logèrent, la place fut progressivement destructurée. la place du Général-de-Gaulle (anc. place de la Gare) XX.me siècle a été réaménagée sur un projet initial de Bernard Huet, lors de la création d’une voie de circulation et d’un parc de stationnement souterrain. La ville de Metz est traversée en par la Seille et la Moselle laquelle démultipliée en cet endroit forme plusieurs îles. Aussi de nombreux ponts jalonnent les accès de la ville. Le quartier des Îles en particulier ne compte pas moins d’une dizaine de ponts de pierre. Ils contribuent au pittoresque du Vieux-Metz. Les plus anciens, datant du XII.me siècle, sont construits d’après un procédé romain de voûte à arceaux espacés servant au coffrage. Les ponts les plus anciens sont : le grand pont des Morts et le moyen pont des Morts, Le pont de la Préfecture, Le pont des Grilles, dont l’intrados des arches laissent percevoir l’ancien dispositif des grilles qui fermaient l’accès de la ville par la Moselle. Le pont des Roches. Le pont Saint-Marcel. Le pont Moreau. Le pont Saint-Georges. la cathédrale Saint-Étienne, de style gothique. Avec plus de 6000 mètres carrés de vitraux réalisés par Hermann de Münster (1381), Théobald de Lixheim (1504), Valentin Bousch (1521-1539), Laurent-Charles Maréchal (1847), Jacques Villon, Roger Bissière ou Marc Chagall est la cathédrale qui possède la plus grande surface de baies — elle est parfois surnommée « lanterne de Dieu » — et sa voûte est l’une des plus hautes de France ; l’église abbatiale Saint-Pierre-aux-Nonnains, plus vieille église de France, datant du Ve siècle ; l’abbaye bénédictine Saint-Arnould, fondée au VI.me siècle, aujourd’hui Cercle des Officiers ; l’église de Notre-Dame-aux-Champs, existe en 1164 et est située devant Metz à la porte Saint-Thiebault ; l’abbaye Saint-Vincent, construite de 1248 à 1376, ancienne abbatiale avec son cloître du XVIII.me siècle ; l’église Saint-Eucaire, XII.me et XV.me siècles ; l’église Saint-Maximin, XII.me et XV.me siècles ; etc…hôtel de la Monnaie, édifié en 1435 non loin de la place du Change ; palais de justice (ancien palais du Gouverneur), la préfecture (ancien hôtel de l’intendant du roi), l’hôtel de ville, XVIII.me siècle ; ancienne gare, construite en 1878 ; palais du Gouverneur, construit de 1902 à 1905 en style néo-renaissance flamande par les Allemands. hôtel de la Chambre de commerce et d’industrie de Metz, néo-renaissance. gare, d’inspiration néo-romane-rhénane, œuvre de Jürgen Kröger, construite de 1905 à 1908, de confluence en limite du quartier impérial de la Nouvelle Ville ; hôtel des postes, construit sous l’Empire allemand en 1911 ; centre de secours, caserne des sapeurs-pompiers de Metz (1953-1960) construite par l’architecte Georges-Henri Pingusson. l'Hôtel de Région. les remparts médiévaux conservés par l’ingénieur militaire Louis de Cormontaigne, dont fait partie la Tour des Esprits ; plusieurs portes de ville : la porte des Allemands XII.me et XV.me siècles, la porte en Chandellerue XIII.me siècle, la porte Serpenoise XIX.me siècle ; la citadelle de Metz (c. 1560) et son magasin aux vivres (MH), 1559 ; Palais du Gouverneur de Metz• trophées de la caserne Ney ; nombreux forts construits entre 1867 et 1916 : le fort de Queuleu sert de camp d’internement aux nazis pour torturer des résistants. La Moselle et la cathédrale Saint-Étienne Ville eau, Metz est traversée par la Seille et la Moselle. « Ville-jardin », la nature y est présente jusqu’au cœur de la cité : avec plus de 470 hectares d’espaces verts, environ 37 m² de verdure par habitant, Metz se place parmi les premières villes vertes de France. Des actions d’aménagement menées par la municipalité depuis trente ans ont permis de préserver, de compléter et d’embellir ces espaces. En remportant en 1994, le Grand prix européen du fleurissement, Metz se positionne comme une ville où il fait bon vivre et se promener. On peut citer notamment : l’Esplanade, 1816 ; le jardin Boufflers ; le square Giraud, sur le site de l'ancienne citadelle ; le square Gallieni, derrière la porte Serpenoise ; le jardin botanique, 1866, à Montigny-lès-Metz ; le plan d’eau Saint-Symphorien et sa promenade, 5,4 ha, 1974 ; écluses ; lac aux Cygnes ; le jardin des Régates ; etc…Certaines personnalités nées à Metz, comme Paul Verlaine ou Bernard-Marie Koltès, ont suivi ailleurs le cours de leur destin. D’autres, nées en France, au Luxembourg comme Robert Schuman, en Allemagne, en Belgique et ailleurs, se sont installées dans la région, participant à l’histoire de Metz et à son rayonnement. L'international français de rugby à XV, Morgan Parra, est également originaire de la ville.

Les Vosges sont un département français qui fait partie de la région Lorraine. Son nom vient du massif des Vosges qui occupe une grande partie de son territoire. Son chef-lieu est Épinal. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 88. Occupant le sud de la province de Lorraine et quelques communes de Champagne et de Franche-Comté, le département des Vosges est l'un des 83 départements créés à la Révolution française le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789. Le 21 février 1793, la principauté de Salm-Salm, enclave lorraine de l'Empire, gérée par la municipalité de Senones, demande un rattachement à la France. Le départ prudent de sa famille princière en été 1791 et surtout le blocus français des vivres de 1792 a discrédité le pouvoir princier et retourné l'opinion en terre de Salm. Ce rattachement est ratifié par la Convention nationale le 2 mars 1793. En 1795, suite à une réfection du canton de La Broque, créée à partir des terres de Salm en vallée de la Bruche, des communes alsaciennes environnant Schirmeck et des communes des anciennes terres du Ban-de-La-Roche initialement incluses dans le Bas-Rhin, sont rattachées au département des Vosges. En 1871, suite au traité de Francfort du 10 mai, une convention additionnelle signée à Berlin et à Paris les 21 et 23 juillet, annexe à l'Allemagne dix-huit communes des Vosges soit le canton de Schirmeck et la moitié du canton de Saales, comprenant 21000 habitants et une superficie de 19415 ha. Raon-sur-Plaine réduit à 860 ha, puisque la commune est amputée de son territoire stratégique sur le Donon, est rendu ultérieurement à la France le 12 octobre 1871, puis incorporé sur demande des habitants au canton de Raon-L'Etape. Les communes du canton de Saales restées françaises forment en 1872, avec Beulay, le canton de Provenchères-sur-Fave. Les territoires vosgiens annexés sont rendus à la France par le traité de Versailles en 1919, mais ils restent depuis de façon inaliénable rattachés au Bas-Rhin et à la région Alsace. Le département des Vosges fait partie de la région Lorraine, il est entouré par les départements de la Meuse et de Meurthe-et-Moselle au nord qu'il croise au site des trois bornes, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin à l'est, du Territoire de Belfort et de la Haute-Saône au sud, et de la Haute-Marne à l'ouest. Le département a la particularité d'être à cheval sur quatre bassins fluviaux : celui du Rhin avec la Moselle et ses affluents, dont la Vologne et la Meurthe, celui du Rhône par la Saône, celui de la Meuse qui draine l'extrême-ouest où elle reçoit le Vair,et celui de la Seine par l'Ornain affluent de la Marne qui reçoit la Maldite aux environs de Grand. Le département n'est en adéquation avec son nom que dans sa partie est, montagneuse. On peut ainsi distinguer deux moitiés disparates de part et d'autre d'Épinal. L'ouest du département, comprenant la Vôge et le Xaintois, est une région de collines avec un couvert de feuillus. L'est, tantôt granitique, tantôt gréseux, est plus élevé et couvert de forêts de résineux. La partie la plus élevée est incluse dans le parc régional des Ballons. Personnalités nées dans les Vosges :
• Julien Absalon
(cycliste, Champion Olympique)
• Jeanne d'Arc
• Maurice Barrès
(écrivain)
• Jacky Boxberger
(athlète français, 1949-2001)
• Julien Bontemps
(véliplanchiste)
• Jean-Marie Cavada
(journaliste)
• Gilberte Cournand
(journaliste et critique de danse, mécène)
• Darry Cowl
(comédien, musicien)
• Hubert Curien
(homme politique et chercheur)
• Alain Devaquet
(homme politique)
• Julie-Victoire Daubié
(première bachelière de France)
• Émile Durkheim
(sociologue)
• Jules Ferry
(homme politique, fondateur de l'école laïque gratuite)
• René Fonck
(pilote de chasse, as de l'aviation)
• Pierre Fourier
(prêtre canonisé, fondateur de la congrégation enseignante Notre-Dame)
• Claude Gellée
(peintre)
• Nicolas Gilbert
(poète)
• Yvan Goll
(poète)
• Jack Lang
(homme politique)
• François Théodore Legras
(maitre-verrier)
• Maurice Lemaire
(homme politique, tunnel alsace vosges)
• Jean Lurçat
(peintre, créateur de tapisseries)
• Louis Madelin
(historien)
• Jules Méline
(homme politique)
• Christophe Mengin
(cycliste)
• Maxime Mermoz
(joueur de rugby)
• Bertrand Munier
(écrivain)
• Vincent Munier
(photographe)
• Damien Nazon
(cycliste)
• Jean-Patrick Nazon
(cycliste)
• Victor Noir
(journaliste)
• Pierre Pelot
(écrivain)
• Jean-Paul Pierrat
(32 fois champion de France en ski de fond)
• François Joseph Hubert Ponscarme
(sculpteur médailleur)
• Frédéric Pottecher
(chroniqueur judiciaire, écrivain)
• François Rauber
(pianiste, compositeur, arrangeur et chef d'orchestre)
• Emmanuelle Riva
(actrice)
• Jean Rodhain
(fondateur du Secours Catholique)
• Richard Rognet
(poète)
• Robert Rollis
(comédien)
• Raymond Ruyer
(penseur et philosophe)
• Dominique Walter (chanteur et humoriste)
• Claude Vanony
(humoriste)
• Laurent Mariotte
(animateur télé)

Épinal est une commune française, elle est la préfecture du département des Vosges dans la région Lorraine. La ville compte 33000 habitants, elle s’étend sur 60 kilomètres carrés et s’étale entre 300 et 500 mètres d’altitude. En lorrain, la ville se nommait Pino. Au sud de la Lorraine, à proximité de la Belgique, du Luxembourg, de l’Allemagne et de la Suisse, Épinal bénéficie d’une situation privilégiée au cœur de l’Europe, aux confins de la Banane bleue. Épinal est située à 380 km à l’est de Paris, 70 km au sud de Nancy, 135 km au sud-ouest de Strasbourg et 81 km au nord-ouest de Mulhouse. Épinal est traversée par la Moselle. La ville se trouve dans un couloir creusé par cette dernière dans les couches de grès vosgien reposant sur le soubassement granitique du massif des Vosges. Le granite clair porphyroïde affleure au fond de la vallée de la Moselle. La largeur de la vallée est d’environ 750 m. La ville est entourée de plateaux plus ou moins arrondis avec une pente relativement marquée notamment sur la rive droite. La pente est parfois échancrée par des vallées secondaires comme la rue Saint-Michel et le faubourg d’Ambrail au nord. L’altitude au niveau de la Moselle au centre de la ville est de 324 m. À l’ouest (rive gauche), les plateaux s’élèvent jusqu’à une altitude de 360 à 440 m et pour l’est (rive droite), ils atteignent une altitude de 360 à 470 m. La vallée de la Moselle s’élargit rapidement en aval de la ville. Le cadre est verdoyant, les forêts de résineux et de hêtres des plateaux sont visibles du centre-ville. Un vieux mémoire cité par Dom Calmet nous apprend que le château d’Épinal, un des plus anciens de la Gaule Belgique, dominait une ville au nom de Chaumont, Calmonensis, et qu'il fut détruit ainsi que la ville par les Vandales en 406. Albéric ou Ambron les fit alors rebâtir, en 431, mais les Barbares les détruisirent à nouveau en 636, de fond en comble. Si bien qu'on ne vit dans la suite que ronces et épines, d'où le nom de Spinalium qui lui fut donné au Xe siècle par son restaurateur Thierry Ier de Metz. Sur une terre qui appartenait à l'ancienne civitas des Leuci, se trouve un promontoire qui surplombe les routes d'eau, nord sud de l'ancienne route de Germanie (voie romaine Metz-Bâle) et un embranchement de la voie Langres-Strasbourg. Thierry Ier évêque de Metz décide de construire sur une des manses de la paroisse de Dogneville un château et un monastère. La manse s’appelait la manse de Spinal, mais la ville recouvrait aussi les terres des manses d'Avrinsart, Grennevo Rualménil et Villers. Il dota l’ensemble d’un marché. Le but de Thierry était de protéger le sud de ses possessions qui était attaqué par les pillards bourguignons. À l’époque, la ville de Remiremont était bourguignonne. Il donna au monastère les reliques de saint Goëry qui se trouvaient dans le monastère messin de Saint-Symphorien. Ces reliques furent l’objet de nombreux pèlerinages ce qui permit l’essor économique de la ville. Des fouilles archéologiques ont confirmé des traces d'une présence humaine au Xe siècle. Un dépotoir a été retrouvé, ainsi que des traces de clôtures et des latrines. Le monastère ne fut réellement occupé que sous le règne de son successeur Adalbéron II. L’église et le monastère furent consacrés en l’honneur de saint Maurice et de saint Goëry. Le monastère fut d’abord occupé par les hommes (chanoine) puis rapidement par des femmes bénédictines puis chanoinesses au XII.me siècle. L’occupation initiale par les hommes n’étant d’ailleurs pas totalement avérée. Le château d’Épinal au XVIIe siècle. Extrait d’un tableau de Nicolas Bellot représentant la Passion du Christ. L’artiste a symbolisé Jérusalem par le château d’Épinal. Le tableau est exposé dans la basilique Saint-Maurice Depuis 1466 Épinal appartient au duché de Lorraine. Celui-ci est indépendant depuis le traité de Nuremberg de 1542. À l’intérieur du duché, la ville bénéficie d’un statut de relative autonomie. Elle est administrée par un collège de quatre notables choisis tous les ans. À l’aube du XVII.me siècle, les historiens estiment que la population est d’environ 4000 habitants. Il y a une activité importante textile parfaitement visible sur le plan peint par Nicolas Bellot en 1626 (tableau original visible dans le musée de la cité des images à côté de l’imagerie, reproduction visible au musée du chapitre). Sur cette peinture on distingue parfaitement le blanchiment sur prés des draps au lieu dit les Gravots. Il existe également une industrie papetière utilisant les moulins sur le bord de la Moselle (également visible sur le plan Bellot). Le plan montre également le château ainsi que les remparts qui protègent la ville. La ville connaît dans la première partie du siècle une certaine prospérité grâce aux activités industrielles et commerciales. Avec l’avènement de Charles IV duc de Lorraine (début du règne le 28 novembre 1625), la situation d’Épinal et de toute la Lorraine change. Ce dernier a un caractère belliqueux et inconstant. Malgré une intelligence certaine et de bonnes qualités militaires, il se montre incapable de mener une politique qui sauvegarde les intérêts du duché. Il choisit les Habsbourg contre les Bourbons, ne comprenant pas que la France est en pleine évolution et devient la puissance dominante en Europe. Au même moment Richelieu récent conseiller du roi Louis XIII cherche à affaiblir la maison d’Autriche. La situation s’aggrave quand Charles IV accueille le frère du roi, Gaston d’Orléans alors en disgrâce qui fuyait Paris. Ce dernier épouse Marguerite de Lorraine à Nancy. En 1629, la ville est atteinte par une épidémie extrêmement violente de peste pendant les mois de juillet, août et septembre. La Lorraine est atteinte par les armées suédoises qui mènent des incursions meurtrières dans le duché en 1632. Le 26 mars 1632, Charles IV reconnait par lettre patente les 32 religieuses de l’Annonciade sous la direction de la mère supérieure Seguin (ce couvent se situait sur la place du marché couvert) En 1633, la ville est attaquée par les troupes françaises du maréchal Caumont la Force. La ville se rend sans combattre ce qui lui permet de négocier des conditions favorables (proclamation du 17 septembre 1633). En 1635, le maréchal de la Force empêche Jean de Woerth et la ligue catholique d’occuper Épinal. La ville est assiégée par Charles IV, installé à Rambervillers. La défense de la ville est sous les ordres du colonel Gassion. Charles IV doit se replier en novembre sur Besançon sans prendre la ville. La ville est atteinte par une seconde épidémie de peste en 1636. La mortalité est énorme, à la fin de l’épidémie, il ne reste que 1000 habitants dans la ville. La ville garde la mémoire de cet épisode, l’épidémie s’est appelée l’épidémie des quarante semaines (à cause de sa durée). Un quartier de la ville s’appelle toujours le quartier de la quarante semaine (proche de l’endroit où furent enterrés les pestiférés morts de la peste). En octobre de cette même année, Charles IV reprend la ville grâce à la complicité d’un conseiller de la ville Denis Bricquel. À la suite de négociation de l’abbesse de Remiremont Catherine, tante de Charles IV, la neutralité de la ville est reconnue par le roi le 24 septembre. Le 21 mars 1641 Louis XIII et Charles IV signe la paix de Saint-Germain qui ne durera que quatre mois. Le 25 septembre, le lieutenant français du Hallier prend le château de la ville au baron d’Urbache. Commence alors, une occupation de la ville par les troupes françaises qui dure jusqu’en 1650. Les habitants doivent supporter les frais de cette occupation (logement et nourriture des soldats et des chevaux). Le 16 août 1650, la France est affaiblie par la Fronde, les troupes de Charles IV commandées par le colonel Lhuiller reprennent la ville avec l’aide des habitants. Malheureusement l’occupation lorraine est aussi lourde que l’occupation française. À la suite de négociation, la ville est de nouveau reconnue neutre par les deux parties. Mais les Français s’arrangent pour faire jouer la neutralité en leur faveur. La municipalité prête allégeance sous la menace au roi de France Louis XIV le 18 juillet 1653 à Nancy. Ainsi commence la troisième occupation française qui dure jusqu’au traité de Vincennes en 28 février 1661. La ville retourne dans le giron lorrain. La ville est ruinée par les épreuves. Dans une requête datée de 1654 au frère de Charles IV (celui-ci est alors prisonnier en Espagne), le duc Nicolas François, le rédacteur mentionne la ville comme étant celle qui est la plus misérable de la province. En 1670, les Français prennent la ville de Nancy, Charles IV se réfugie à Épinal. La ville défendue par le Lorrain Comte de Tornielle est attaquée par les troupes du maréchal de Créqui. Il s’empare de la ville le 19 septembre et le château le 28 septembre. La ville est condamnée à verser une somme exorbitante aux Français de trente mille francs barrois et doit démolir à ses frais le château et les fortifications. Ces conditions exigées sur ordre du roi étaient destinées à effrayer la Lorraine. Le château est détruit mais les fortifications ne sont détruites que partiellement. Les remparts sont en fait intégrés progressivement à l’habitat. Les portes (porte des grands moulins, porte Saint Goëry, porte d’Ambrail, porte d’Arches) sont détruites entre 1723 et 1778. La porte du Boudiou n’est détruite qu’au XIX.me siècle (un jour avant l’arrivée de Prosper Mérimée qui venait déclarer la porte monument historique). Le montant de la somme d’argent à verser est fortement diminué après la reddition des autres places fortes lorraines. Mais la chute de la ville représente un tournant, la ville cesse d’être une place forte. La ville se francise progressivement. En 1685, le bailliage est remplacé par le bailliage royal. Le système des quatre gouverneurs disparaît. Le premier maire royal de la ville, François de Bournaq est nommé. En 1790, l’Assemblée constituante demande à l’assemblée départementale des Vosges de choisir entre Mirecourt et Épinal pour désigner le chef-lieu du département. L’assemblée départementale se réunit à Épinal le 1er juin et choisit par trois cent onze voix contre cent vingt sept la ville d’Épinal. Mirecourt devient une sous-préfecture. Même si Épinal est moins concernée par le conflit que les régions françaises plus au Nord, la ville est néanmoins envahie par les troupes allemandes à partir du 12 octobre 1870. Les combats pour défendre la ville ont eu lieu dans les environs à Deyvillers, vers le Château de Failloux, au bois de la Voivre et dans la tranchée de Docelles. À l’entrée des soldats par le faubourg Saint-Michel, s’illustre le spinalien Sébastien Dubois qui se plaçant un genou à terre avec son fusil au milieu de la rue abat deux soldats avant d’être lui-même tué. En représailles de la résistance de la ville, les Allemands demandent 500000 francs or. Cette somme est ramenée à 100000 francs après négociation. La ville est occupée jusqu’au 30 juillet 1873. Paradoxalement, la catastrophe pour la France de la défaite de 1870 est à l’origine d’un formidable développement de la ville. À la suite du traité de Francfort, la ville d’Épinal comme la presque totalité du département des Vosges reste française. Commence alors un très fort développement basé sur l’immigration de nombreux industriels alsaciens notamment du secteur textile qui fuient l’occupation allemande. Ces industriels sont à l’origine de l’industrie textile dans les Vosges. Épinal prenant la place de Mulhouse passé en territoire allemand comme centre industriel du textile. Le développement est également provoqué par la position frontalière de la ville qui devient une des quatre places fortes avec Verdun, Toul et Belfort du système de défense Séré de Rivières. Au début du XX.me siècle, seul le chef-lieu d'Épinal disposera d'un réseau urbain de tramways, et il peut paraître curieux que des promoteurs aient en 1903 tenté l'aventure consistant à desservir une ville d'une population permanente avoisinant 30000 habitants. La société se constitue le 8 juillet 1903, mais la concession est accordée à ses fondateurs, par convention du 29 août 1904 passée avec la ville pour une durée de 65 ans. Le réseau prévu comprend deux lignes à voie métrique : Gare - Poissompré ; Pont de Golbey - Champ du Pin. complétées par deux raccordements entre la Gare et la rue de la Faïencerie puis entre la Place des Vosges et la Préfecture. La ville consent certains sacrifices dérogeant aux conditions habituelles des concessions de tramways urbains : octroi d'une garantie d'intérêt, prise en charge de l'entretien du pavage. Le décret du 15 novembre 1904 prononce la déclaration d'utilité publique. Les travaux, entreprise en 1905, permettent la mise en service des deux lignes le 17 février 1906. Le dépôt se trouve à la Maison Romaine sur la ligne du Pont de Golbey. Il abrite douze petites motrices équipées du frein à patins et deux remorques très peu utilisées. Le tracé des lignes, correct dans les faubourgs, devient franchement difficile en ville : voirie étroite et accidentée, itinéraires très sinueux, voie unique avec des garages très espacés. La ville d'Épinal est en outre sillonnée par des voies militaires à l'écartement de 0,60 m ; les convois de l'Armée disposent de la priorité, et il est interdit à un tramway de s'engager sur le pont de la Loge Blanche si un train militaire le franchit. Les tramways circulent à la fréquence de 20 min, déjà dissuasive lorsque les distances à parcourir sont courtes. L'iconographie ne nous montre, en général, que des tramways peu achalandés. Les militaires, nombreux à Épinal, hésitent à consacrer deux journées de prêt pour s'offrir un ticket à 0,10 F. En conséquence, à partir de 1908 la compagnie décide d'apposer des pancartes publicitaires sur le toit de ses petites motrices pour combler les pertes financières. Toutefois, les résultats de l'exploitation sont très décevants et, lorsqu'un exercice enregistre un excédent, il s'agit d'une somme infime bien incapable d'amortir une dépense d'établissement voisine d'un million. Peu avant 1914, la compagnie tente d'améliorer le service en utilisant un des raccordements pour obtenir une déserte plus cohérente. Il est prévu trois lignes totalisant un peu plus de 7 km : Pont de Golbey - Préfecture ; Gare - Champ du Pin ; Place des Vosges – Poissompré. Le service est suspendu à la mobilisation d'août 1914. Au sortir de la guerre, l'état d'abandon dans lequel se trouve le réseau pendant plus de 4 ans exigerait de grosses dépenses de remise en état. Ces frais paraissent injustifiés au regard des résultats antérieurs. La société prononce sa dissolution et sa mise en liquidation en 1920. Les liquidateurs acceptent le 5 février 1925 de signer une convention de résiliation de la concession, et prennent à leur charge la dépose des installations. Le décret du 13 août 1925 prononce le déclassement du réseau. En juin 1940, pour protéger la retraite des troupes françaises en débâcle, le génie fait sauter les arches centrales du magnifique viaduc de la Taverne à Dinozé. Le 11 juin 1940, les Allemands vont à leur tour bombarder le viaduc de Bertraménil au cours de leur offensive de manière à couper tout lien ferroviaire aux troupes françaises dans ce secteur. Le fort de Longchamp situé au nord d’Épinal, qui est le fort le plus puissant de la place, combattit quatre jours en juin 1940 avec un effectif très réduit. Il tirera près de 300 obus de 155 et 400 de 75. Les bombardements qu’il subira ne feront aucun dégât majeur mais cinq soldats périront dans le fort pendant les combats (3 Allemands et 2 Français). Il sera complètement ferraillé en 1943-44. La libération d'Épinal commença les 22 et 23 septembre 1944 par un duel d'artillerie qui fut particulièrement tragique pour la ville dont le centre a été durement éprouvé. Auparavant, débarquée en Normandie, la 3e Armée américaine commandée par le Général Patton a libéré le nord de la région d'Épinal. La 2e DB commandée par le Général Leclerc formait alors l'aile droite de la 3e Armée américaine. Elle libérait Dompaire et avança sur Epinal par le nord et l'ouest (Chaumousey, Les Forges, Chantraine). Débarquée en Provence, la 1re Armée française, commandée par le Général De Lattre De Tassigny, montait en parallèle avec la 7e Armée américaine et libérait la région sud d'Épinal après avoir pris Toulon, Marseille, Lyon... Ainsi, les forces alliées avaient décidé de prendre la ville d'Épinal en tenaille, en particulier grâce aux renseignements communiqués par les réseaux de résistance locale. Très vite, l'ennemi fut chassé de l'usine où il était replié dans l'actuel quartier du port, et les Alliés prirent le dessus sur des Allemands manquant de munitions. Le dimanche 24 septembre 1944, vers 17h30, le premier char américain de la 7e Armée américaine, commandée par le Général Patch entra par le sud dans la ville d'Épinal sous les acclamations de la population : la victoire s'annonçait enfin. Les habitants vivaient alors la fin de l'époque la plus dure et la plus cruelle de l'histoire de la ville. Épinal était libérée, mais la ville était terrassée. Son centre était détruit, le quartier de la gare était totalement rasé après les séries de bombardements visant à chasser l'ennemi. L'hôpital, le lycée, la prison..., toutes les installations, la plupart des ponts, des écoles et l'église, un nombre considérable de logements étaient entièrement ou partiellement détruits. Au cours de la lutte, l’explosion des ponts fut si forte que tous les immeubles et les magasins bordant les rives de la Moselle eurent à souffrir. La ville comptait ses morts au milieu des gravats. Durant l’hiver 1947-1948, une forte crue de la Moselle accrut encore les dégâts. Le Cimetière américain d'Épinal d'une superficie d'environ 22 hectares, fut construit sur le site libéré le 21 septembre 1944 par la 45e Division d'Infanterie américaine. Le Mémorial est composé d'une chapelle et d'un musée ainsi que d'une Cour d'Honneur. L’imagerie d’Épinal a été fondée en 1796 par Jean-Charles Pellerin où furent imprimées les premières images d’Épinal en série. Des batailles napoléoniennes aux contes pour enfants en passant par des devinettes, l’Imagerie était au XIX.me siècle ce que sont aujourd’hui les journaux ou les magazines. Elle a d’ailleurs joué un rôle prépondérant dans la propagande du temps du Premier Empire. L’imagerie a grandement participé à l’essor de la cité et lui a offert une réputation de dimension nationale et internationale. Aujourd’hui, l’Imagerie continue à fabriquer des images comme par le passé. Sept artistes différents et complémentaires créent les images nouvelles sur des thèmes aussi variés que le Piano, l’Équipe de France, championne du Monde de Football ou encore Cyrano de Bergerac. Épinal compte de nombreux monuments classés : Basilique Saint-Maurice (classée monument historique) ; Maison Romaine (inscrite monument historique aujourd'hui le centre du pôle images de la ville (Supermouche, The Picture Factory) ; Parc et Château d’Épinal (le château est classé monument historique et le parc est inscrit monument historique) ; La tour chinoise (construite en 1809 par Hogart, conducteur des Ponts et Chaussées. Classée monument historique en 1992. Elle reliait l'immeuble du receveur général des Finances des Vosges à son jardin privé : le parc du château). L'église Notre-Dame-au-Cierge, avenue De-Lattre-de-Tassigny. les maisons de la place des Vosges nommée autrefois Place du Poiron (inscrites monument historique. Située au cœur de l'Europe, le long de la vallée de la moyenne Moselle, à la croisée des chemins commerciaux, industriels et touristiques, au carrefour de l'Allemagne, de la Belgique, du Luxembourg et de la Suisse, Épinal bénéficie d'une très bonne desserte en matière de voies de communication permettant un accès facile et rapide à toutes les grandes villes européennes. Avec plus de 60000 emplois comptabilisés sur son territoire, soit près de quatre emplois vosgiens sur dix, la zone d'emploi d'Épinal est de loin le principal fournisseur d'emplois du département. Au cours de la période 1999-2005, elle a fait preuve d'une plus grande attractivité que durant la décennie 1990. Elle bénéficie d'un apport important d'actifs provenant essentiellement des autres zones d'emploi vosgiennes. Ce surplus d'actifs est majoritairement féminin. L'arrivée de main-d'œuvre correspond à une croissance de l'emploi supérieure à la moyenne régionale, alors que la population active reste atone. Si, en effet, certains secteurs traditionnels comme l'agriculture, l'habillement-cuir ou le textile, ont reculé, les services ont largement compensé ce déclin. Les services opérationnels (sélection et fourniture de personnel, enquêtes et sécurité, activités de nettoyage, assainissement, voirie et gestion des déchets ainsi que divers autres services fournis aux entreprises), ont à eux seuls généré 1500 emplois, soit près de la moitié de la hausse de l'emploi. Épinal, chef-lieu du département, et son agglomération offrent 36000 emplois, dont près de 2600 emplois de cadres et professions intellectuelles supérieures, soit 30% de ceux proposés dans l'ensemble du département. Le tiers de ces emplois sont occupés par des personnes ne résidant pas dans l'agglomération. Plus généralement, cette dernière attire en particulier les actifs des cantons environnants. Ainsi, 65% des actifs résidant dans le canton de Châtel-sur-Moselle, 30% et 34% de ceux de Dompaire et Xertigny travaillent dans l'agglomération spinalienne. Son attractivité s'étend aussi dans les cantons de Bains-les-Bains et Charmes où un actif sur cinq effectue quotidiennement le trajet pour travailler à Épinal et son agglomération, et à un degré moindre dans ceux de Darney, Rambervillers et Remiremont où cette proportion s'élève à un sur huit. Enfin, la Meurthe-et-Moselle, et majoritairement l'Agglomération Nancéienne, capte 13% des actifs du canton limitrophe de Charmes, situé sur l'axe Nancy-Épinal. Épinal n’est donc pas à proprement parler une ville industrielle. Ce sont en fait, pour la majorité, les communes avoisinantes qui abritent les principales industries, et notamment les villes de Golbey et Thaon-les-Vosges. Sur la première se situe entre autres, la plus importante usine européenne de papier journal (Norske Skog), une usine de climatisation (Trane) et une usine Michelin. Sur la seconde se situe une usine de turbo pour voitures (Honeywell Turbo Technologies). L’économie d’Épinal est avant tout une économie fondée sur le secteur tertiaire, ce qui en fait la métropole sud de la Lorraine. Épinal est la « Capitale mondiale du bois » et de l’Image dite « d'Épinal ». Épinal est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie des Vosges. Elle gère l’aéroport de Mirecourt.

La Meuse est l'un des quatre départements français de la région Lorraine. Ce département doit son nom au fleuve qui le traverse du sud au nord, la Meuse. Sa préfecture est Bar-le-Duc. Ses deux sous-préfectures sont Commercy au sud et Verdun au centre. Verdun est la ville la plus peuplée du département. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 55. La Meuse fait partie de la région Lorraine. Elle est limitrophe des départements des Ardennes, de la Marne, de la Haute-Marne, des Vosges et de Meurthe-et-Moselle, ainsi que de la Belgique. Les villes importantes sont: Verdun, Bar-le-Duc, Commercy, Saint-Mihiel, Ligny-en-Barrois, Étain, Montmédy, Stenay et Revigny-sur-Ornain. Les cours d'eau sont: la Meuse, l'Aire, la Chiers, l'Ornain, la Saulx, l'Orge, l'Oignon, la Vaise, l'Orne et l'Aisne dont la source est dans le département. Les « côtes de Meuse », cuestas en bordure Est du Bassin parisien, sont la forme de relief la plus caractéristique du département. Les fronts, bien drainés, sont favorables à la culture des arbres fruitiers, particulièrement des mirabelles, et autrefois de la vigne. Le revers, plateau calcaire aux vallées bien marquées, est aujourd'hui entièrement occupé par des cultures céréalières. Ces côtes dominent la plaine de la Woëvre, région au sol argileux et marécageux. La Meuse est l'un des 83 départements créés à la Révolution française, à partir de la partie la plus occidentale de la province de Lorraine. Ce département n'a presque pas varié dans ses limites depuis sa création. On peut cependant citer le cas de la petite commune de Han-devant-Pierrepont, qui en a été détachée en 1997 pour être rattachée au département de Meurthe-et-Moselle. Durant la guerre de 1870, l'ouest du département fut le théâtre des opérations qui aboutirent à la défaite de Sedan. La Meuse fut l'un des principaux théâtres de combat de la Première Guerre mondiale, particulièrement à Verdun en 1916. Après l'armistice, les dégâts étaient tels que 20000 ha de terres furent considérés Zone rouge (séquelles de guerre) dans ce seul département lors des premières évaluations. La loi du 24 avril 1923 définit finalement 15000 ha de surfaces qui furent l'objet d'expropriation et classement en forêt de guerre, où les séquelles des combats (cratères) sont encore très visibles. Verdun est la capitale de la dragée. Bar-le-Duc est spécialisée dans les confitures, notamment la confiture de groseilles épépinées à la plume d'oie. Stenay possède un important musée de la bière. Commercy est connue pour ses madeleines. À Saint-Mihiel, on trouve les Rochers et les Croquets. Les côtes de Meuse, où sont cultivées les mirabelles de Lorraine, produisent de l'eau-de-vie de mirabelle et le vin gris côtes-de-meuse. A Void-Vacon, la spécialité est la gastronomie de terroir notamment la perlé quoi. Le tourisme de la région s'appuie sur deux éléments ; le tourisme vert d'une part (forêts d’Argonne, étangs de la Woëvre) et le patrimoine historique de la Première Guerre mondiale d'autre part (Verdun, Douaumont). D'autres éléments touristiques sont à signaler : Là Vaucouleurs reste un vibrant souvenir du passage de Jeanne d'Arc, avec son château-fort. la basilique d'Avioth• le château de Commercy, demeure édifiée par Germain Boffrand pour Charles Henri de Lorraine-Vaudémont à l’architecture du XVIII.me siècle. le quartier Renaissance de la ville-haute de Bar-le-Duc• le lac de Madine pour les loisirs nautiques• la citadelle de Montmédy• des églises fortifiées comme celle de Sepvigny. La cité de Marville avec un aspect de la Renaissance espagnole. L'usine Petitcollin d'Etain dernière et plus ancienne fabrique de baigneurs et de poupées encore en activité créée en 1860.

Verdun est une commune française située dans le département de la Meuse et la région Lorraine. La commune compte 18000 habitants, elle s’étend sur 31 kilomètres carrés, et s’étale entre 190 et 330 mètres d’altitude. Elle fut le théâtre de la Bataille de Verdun lors de la Première Guerre mondiale. Verdun est située en bordure est du Bassin Parisien, dans la région des Côtes de Meuse. La ville est à peu près au centre de son département, la Meuse, et dans le nord-ouest de la région Lorraine. La ville s'est construite sur un promontoire qui domine une courbe de la Meuse. Le nom officiel de la ville était « Verdun-sur-Meuse » jusqu’en 1970. Les principales villes voisines, dans l’arrondissement de Verdun, sont Étain, Montmédy et Stenay. Verdun est à 53 km de Bar-le-Duc, 57 km de Commercy, 58 km de Longwy, 81 km de Metz, 122 km de Luxembourg et 135 km de Nancy. La région de Verdun s'étend sur un plateau de calcaire du jurassique supérieur légèrement incliné (1 % en moyenne) vers le centre du Bassin Parisien situé à l'ouest. À Dugny-sur-Meuse (et autrefois à Haudainville) près de Verdun sont exploitées des carrières de calcaire pour la fabrication de chaux. La Meuse coule du sud vers le nord parallèlement à la côte qui porte son nom, non le long du front de côte mais sur le revers, qu'elle a entaillé. Il est admis que la Moselle était jadis, jusqu'à la dernière glaciation vosgienne, un affluent de la Meuse. Le fort débit, alimenté par la fonte des glaciers vosgiens, creusa une large vallée dans le plateau calcaire et explique que la Meuse coule aujourd'hui dans une vallée encombrée d'alluvions périglaciaires et qui semble trop large pour elle. Verdun est située sur la Meuse, à son confluent avec son affluent de rive gauche la Scance. La haute Antiquité de Virodunum et son importance militaire s’expliquent par sa situation topographique, au point de croisement de la grande voie reliant Metz à Reims, et de la route qui suivait la vallée de la Meuse. Le passage de la rivière y était particulièrement facile : la Meuse, venant du sud, se heurte au mouvement de terrain qui se termine à l’est par la croupe où fut construit le castrum romain ; elle est ainsi amenée à décrire une courbe assez prononcée vers la droite et à ralentir son cours. Elle se divise en plusieurs branches qui étaient jadis guéables en beaucoup de points. De bonne heure, il fallut surveiller et défendre ces gués qui constituaient des passages tout indiqués. Or, aucune position n’était plus favorable à cette défense que la croupe que contourne la Meuse. Le castrum romain y était protégé au sud, à l’est, au nord par des escarpements de rochers, puis, plus avant, par une ligne d’eau continue : la Meuse et, au nord la Scance. Le plateau n’était abordable que par un isthme étroit, du côté de l’ouest. Cet accès difficile en a fait un bastion naturel, que les hommes ont ensuite fortifié de plus en plus puissamment au cours des siècles. La Meuse est sujette à des inondations parfois catastrophiques dont la ville a eu à souffrir tout au long de son histoire. Ainsi le 21 décembre 1740 une crue submergeait pendant plus de deux semaines les quartiers bas de la ville, emportant les ponts et détruisant les moulins. Ce n'est que 30 ans plus tard que furent entrepris des travaux visant à améliorer l'écoulement des eaux du fleuve : suppression des îles en amont et en aval, réduction des retenues autour des moulins, suppression du goulot d'étranglement du pont Sainte-Croix. Les annales mentionnent d'autres crues dans l'hiver 1245-1246, en 1302, en 1639. En 1784, les dommages causés aux ponts de Verdun par une inondation étaient évalués à près de 350000 livres. Le 27 février 1844, la crue de la Meuse s'élevait à 3,20 m. L’histoire de Verdun plonge ses racines dans l’âge de la pierre taillée ou paléolithique : la présence humaine dans la région date de 300000 à 400000 ans. À l’époque celtique, cette région de la Gaule est occupée par le puissant peuple des Médiomatrices dont la « capitale » est Metz ou Divodurum. Un oppidum celte est situé sur l'éperon rocheux dominant la Meuse, correspondant au quartier actuel de la ville-haute de Verdun, autour de la cathédrale. Après l’invasion des Gaules par les Romains, cet oppidum est transformé en castrum. Une réforme administrative, sous l'empereur Dioclétien, fait de Virodunum le centre administratif de la nouvelle civitas virodunensium. Les limites de cette petite circonscription sont restées à peu près immuables jusqu'à la Révolution française : elles ont en effet servi à délimiter le diocèse et plus tard le comté de Verdun. La ville est évangélisée au IV.me siècle par saint Saintin ou Sanctinus, premier évêque de la ville. Il fait construire en dehors et à l’ouest du castrum, sur l’emplacement d’un ancien temple païen, une modeste église, remplacée plus tard, en 952, par l’abbaye Saint-Vanne, à l’emplacement de la citadelle actuelle. En 450, les Huns d’Attila ravagent Verdun. Clovis, qui cherche à étendre sa domination sur les autres royaumes francs, assiége et prend la ville en 485. À sa mort en 511, l'Austrasie, partie orientale de son royaume où se trouve Verdun, échoit à son fils Thierry Ier. Elle a ensuite à souffrir des invasions des Normands et des Hongrois : les premiers y arrivent en remontant la Meuse, les seconds viennent d’Alsace par Metz. Les onze sièges que la ville a subis sont la preuve de l’intérêt attaché à sa possession, et son nom retentit à chaque grande époque de l’histoire. À l’époque carolingienne, Verdun est un important marché aux esclaves où viennent s’approvisionner les marchands occidentaux, juifs et musulmans. Le traité de Verdun en 843 (juillet aout) est considéré par les historiens comme l’un des plus importants de l’histoire européenne. En effet, il consacre la partition de l’empire de Charlemagne en trois unités distinctes qui donnent naissance à l’ouest à la future France et à l’est à la future Allemagne: la question de la frontière entre France et Allemagne est posée pour onze siècles. Verdun appartient à la Francie médiane, large bande de terre située au centre, qui relie la mer du Nord à la Méditerranée et connaît une rapide décomposition en plusieurs territoires : au traité de Prüm (855), l'empire de Lothaire Ier est divisé entre ses trois fils : Louis II le Jeune reçoit l'Italie, Lothaire II le nord, de la Frise jusqu'aux Vosges (cette région prend plus tard le nom de Lotharingie) et Charles la Provence et la Bourgogne cisjurane. La Lotharingie revient finalement au Saint-Empire romain germanique, sous l’empereur Othon Ier et est divisée en deux duchés, celui de Basse-Lorraine (Belgique actuelle), et celui de Haute-Lorraine (Lorraine actuelle). Pendant un siècle et demi, Verdun fait partie de la Basse-Lorraine qui appartient aux seigneurs de la Maison d’Ardenne. Cette période est très mouvementée : les derniers rois carolingiens français revendiquent la Lorraine. Lothaire, roi de France, vient mettre le siège devant Verdun deux fois dans la même année (984). Il prend la ville, la perd, la reprend mais ne peut empêcher qu’elle retourne bientôt à l’empire germanique. Un peu plus tard, l’empereur Othon II donne aux évêques de Verdun le titre d’évêques-comtes, en les nommant princes temporels du Saint-Empire. Mais ceux-ci sont amenés à se faire suppléer, pour l’administration civile et la protection de l’évêché, par des comtes voués héréditaires. Les premiers voués appartiennent à la puissante famille d’Ardenne qui possède le comté avant qu’il ne devienne épiscopal, et que les évêques, trop faibles, n’osent évincer. Les comtes et les évêques ne vivent pas toujours en bonne intelligence : ainsi Godefroy le Barbu, |l’un de ces seigneurs, prend Verdun et incendie la cathédrale et l’évêché en 1043. Le dernier comte, neveu du précédent, abandonne ses droits en partant pour la Croisade : Godefroy de Bouillon devient roi de Jérusalem. De 936 à 1089, Verdun connaît l’une des plus brillantes périodes de son histoire. Les empereurs, les évêques, les comtes, les moines et les marchands contribuent à son développement. Si les Xe et XI.me siècles sont connus pour être ceux de l’apogée de Verdun, dans la foulée le XII.me siècle est celui d’un sommet artistique et d’un grand homme : Nicolas de Verdun, l'un des grands orfèvres du Moyen Âge. Les évêques de Verdun, à l’époque, viennent tous de l’entourage impérial. D’ailleurs, il est d’usage de parler « d’Église impériale ». Ainsi, par exemple, Haimon fait-il bâtir bien des édifices religieux qui connaîtront une belle notoriété et favoriseront le rayonnement de Verdun. Cet évêque reçoit même au début du XI.me siècle le droit de nommer le comte de Verdun, ainsi que le droit de frapper monnaie. Après la dislocation de l’empire carolingien qui fait de Verdun une zone stratégique, les comtes de Verdun sont de « grands seigneurs laïcs inconstants, toujours ambitieux, mais pieux et magnifiques » comme le souligne un éminent historien Parmi ceux-ci, citons Godefroy II le Barbu qui combattit Verdun, brûla même dans sa colère la cathédrale, avant de devenir un authentique bienfaiteur et de voir fils et neveu lui succéder. Les moines aussi signent des épopées verdunoises en matière de réforme religieuse et d’exemple spirituel. Parmi eux, Richard de Saint-Vanne qui maîtrise la Place de Haute Pensée sur une vingtaine d’abbayes pendant près d’un demi-siècle (1005- 1046) a l’appui des empereurs, des rois de France et des comtes de Flandres. Nous possédons de lui plusieurs manuscrits remarquables. De nombreux et dynamiques marchands, animateurs permanents d’un commerce international, parcourent l’Europe et font de Verdun un riche marché de tissus, d’armes, d’épices, d’ivoire, de fourrures, et même d’esclaves. Retenons que Verdun, ville libre du Saint Empire romain germanique, centre religieux et artistique, est un lieu manifeste d’incessante vie économique et stratégique. Verdun au cœur du monde, pourrait-on dire sans craindre d’exagérer. Ponts, fortifications, abbayes, monastères, cathédrale en perpétuelle construction, Verdun s’impose comme une ville toujours en mouvement. Le XII.me siècle voit éclore le mouvement communal. Les bourgeois de Verdun veulent se soustraire à l’autorité de l’évêque. Ils obtiennent de l’empereur Henri IV une charte d’après laquelle la cité, devenue libre, relève directement de l’empire (1195). C'est alors la lutte entre l’évêque et les bourgeois. La bourgeoisie souveraine est formée en trois Lignages héréditaires ayant le monopole des fonctions publiques. Au XII.me siècle, les comtes de Bar prétendent dominer l’évêché de Verdun et en avoir l’avouerie. Vers 1119, Renaud le Borgne, comte de Bar, élève une énorme tour entre la porte Châtel et l’abbaye de Saint-Vanne. De cette tour, ses gens terrorisent la ville et ses abords. Évêque et bourgeois s’unissent contre Renaud. La tour est prise en 1134, puis détruite. L’avouerie est retirée à la Maison de Bar. Mais, au cours des siècles suivants, les comtes de Bar restent pour Verdun des voisins dangereux, ainsi d’ailleurs que les comtes de Luxembourg. Les seigneurs de ces deux Maisons, tantôt ennemis, tantôt alliés, s’unissent parfois pour opprimer de concert l’évêché de Verdun. Pour se défendre contre la rapacité de leurs voisins, les évêques qui, jusqu’alors, s’appuyaient surtout sur l’empire, sont amenés à solliciter la protection des rois de France plus rapprochés. Ceux-ci, se rendant compte de la situation importante de Verdun, répondent à cet appel. À partir de 1315, date à laquelle Louis X le Hutin y met la première « Garde Française », l’influence de la France fait des progrès incessants. Charles VII, Charles VIII, Louis XII prennent successivement Verdun sous leur protection. Cette politique préparent son rattachement complet à la France. Dans sa lutte contre l'Empire, le roi de France Henri II s’appuie sur les princes protestants allemands. Ceux-ci, pour payer l’alliance française, lui permettent d’occuper les Trois-Évêchés: Metz, Toul et Verdun, ce qui se fait sans difficulté. Depuis 925, la ville fait partie du Saint Empire romain germanique. À partir de 1552 débute un processus de rattachement à la France. Le 12 juin 1552, Henri II, roi de France, entre dans Verdun qui n’oppose pas de résistance. Arrivé de Damvillers, où se trouve cantonnée son armée, le roi de France reste seulement quelques heures dans la cité épiscopale, mais laisse en demeure une garnison de trois cents hommes sous le commandement du maréchal Tavannes. Ainsi, Verdun devient français de fait en 1552. Charles Quint s’efforce de reprendre les Trois évêchés. En 1554, il assiège Verdun et s’en empare, mais il est bientôt obligé de rendre la place à Henri II. Un peu plus tard, il échoue complètement devant Metz, défendu par le duc de Guise. Verdun, pendant quelque temps, conserve en partie son autonomie. L’évêque Nicolas Psaume est réintégré dans les pouvoirs temporels de ses prédécesseurs, et se montre administrateur éclairé. Grâce à cet illustre prélat, dont le souvenir est encore vivace, Verdun, à part la tentative de surprise des Huguenots en 1562, vit dans la tranquillité et la prospérité. C’est le début d’un processus qui conduit au rattachement définitif de Verdun à la France, entériné en 1648 par le traité de Westphalie. Fortifiée par Vauban et l'un de ses disciples, la ville subit le siège du duc de Brunswick. Sous la pression de la population qui craint un bombardement, le colonel de Beaurepaire signe la reddition le 30 août 1792, avant de se suicider. Après la bataille de Valmy, la ville est évacuée par l’armée prussienne en bon ordre le 14 octobre. La ville est à nouveau prise lors de la guerre franco-prussienne de 1870 : elle est alors l’enjeu de nombreuses batailles. L’armée allemande barre en effet la route qui relie la ville à Metz, rendant impossible la retraite de l’Armée du Rhin sur Châlons-sur-Marne. En 1916, la bataille de Verdun est l’une des principales batailles de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle la ville résiste à tous les assauts. Suite à cet évènement, la ville de Verdun est citée à l’ordre national de la Légion d'honneur par le décret du 12 septembre 1916. Lors de la Grande Guerre, 165000 Français et 140000 Allemands sont morts à Verdun. Ces douloureux événements ont été immortalisés, entre autres, par le peintre officiel des armées François Flameng dont les croquis et dessins ont été publiés dans la revue L'Illustration. Verdun est le siège d'un diocèse catholique qui correspond aux limites du département de la Meuse. Il est suffragant de l'archidiocèse de Besançon et est divisé en 4 doyennés et 20 paroisses. La ville de Verdun ainsi que les communes environnantes sont rattachées à la paroisse de Saint Vanne en Verdunois, qui compte à Verdun 7 lieux de culte: Le « tourisme de mémoire » (c'est-à-dire lié à la Première Guerre mondiale) est le premier vecteur de fréquentation touristique dans la Meuse et joue un rôle important dans la vie économique de Verdun et de sa région : l'ossuaire de Douaumont, la citadelle souterraine de Verdun, le mémorial de Verdun, les forts de Vaux et de Douaumont, ou plus loin le musée de la Voie sacrée à Souilly ou le fort de Troyon commémorent les combats meurtriers de la bataille de Verdun. Le Mémorial de la Paix à Verdun accueillait à lui seul environ 500000 touristes en 2005. Constructions mécaniques et électriques ; Textile ; Chimie ; Confiserie : principalement les dragées Braquier dont l’usine est ouverte au public ; Antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de la Meuse. La cathédrale de Verdun est vieille de plus de 1000 ans. C'est le plus vaste édifice roman de l'est de la France. Elle possède également un cloître du XVI.me siècle. La bibliothèque et le Centre mondial de la paix sont installés dans l'ancien palais épiscopal, construit sous l'épiscopat de Charles François d'Hallencourt par Robert de Cotte premier architecte du roi, en 1725. L'ancienne abbaye Saint-Paul abrite actuellement le Palais de Justice et la sous-préfecture. Quai de Londres (nommé en l’honneur de la capitale britannique qui a financé la reconstruction de Verdun). Canal des Augustins, canal du Puty, canal Saint-Airy, Grand Gueulard (ex-grandes écluses ou écluses Notre-Dame), Meuse, canal de l’Est, branche Nord, écluse de Belleray, ballastières. Porte Châtel, Porte Chaussée, Porte de France, Porte de la Tour du Champ, Porte Neuve, Porte Saint-Paul, Porte Saint-Victor. Cinéma Majestic, Dragées Braquier, Espace des Cordeliers, gendarmerie, Hôtel de la Cloche d’Or, Hôtel des Impôts, hôtel de ville, marché couvert, (anciennement) mess des officiers, musée de la Princerie (archéologie, sculptures du Moyen Âge, faïences locales et étrangères), Office(s) du Tourisme, Poste, salle Cassin, salle Vannier, théâtre municipal, le Grenier théâtre, tour des Plaids, tour de l’Islot, tour Saint-Vanne. Cimetière civil du Faubourg-Pavé, cimetière civil israélite, cimetière militaire de Bevaux (3107 corps, 23269 m²), cimetière militaire du Faubourg-Pavé (5095 corps, carré des Sept inconnus de 1920 (cérémonie du choix de l’Inconnu de l’Arc de Triomphe), monument aux fusillés par l’ennemi en 1914-1918 et 1939-1945, 19522 m²), cimetière national de Glorieux (4244 corps, 20579 m²). Maison forestière de la Chartonne, Maison forestière de la route d’Étain, Maison forestière du Coulmier, Maison forestière du Fays. Danielle Mitterrand, née en 1924 à Verdun, épouse du président français François Mitterrand ; et Hervé Revelli, né le 5 mai 1946 à Verdun, footballeur international, entraîneur.

La Meurthe-et-Moselle est un département français de la Région Lorraine dont la préfecture est Nancy. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 54. Carte du nord-est de la France montrant la frontière de l'Empire germanique séparant le Haut-Rhin de l'actuel Territoire-de-Belfort, rajoutant deux cantons vosgiens au Bas-Rhin, coupant l'ancien département de la Meurthe en son tiers nord-est et l'ancien département de la Moselle en son quart ouest. Les deux territoires nord-est ont formé le département actuel de la Moselle et ceux du sud-ouest l'actuel département de la Meurthe-et-Moselle. Redécoupage des frontières départementales du fait du traité de Francfort de 1871. Le département de Meurthe-et-Moselle fut créé le 7 septembre 1871, à partir des territoires des départements de la Meurthe et de la Moselle que le traité de Francfort avait laissés à la France. Les arrondissements de la Meurthe (Lunéville, Nancy et Toul), restés français comme celui de Briey en Moselle furent associés pour constituer le nouveau département de la Meurthe-et-Moselle. Les autres arrondissements de la Meurthe, ceux de Château-Salins et de Sarrebourg, de même que le reste de la Moselle, furent quant à eux rattachés à l'Empire germanique jusqu'en 1918. La limite actuelle entre les départements de Meurthe-et-Moselle et de la Moselle correspond précisément à la frontière franco-allemande entre 1871 et 1919. Cette limite servit à nouveau de frontière de fait après l'annexion illégale des départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin par les nazis entre 1940 et 1944. La seule modification intervenue dans les limites du département fut le rattachement en 1997, pour des raisons de gestion administrative, de la petite commune de Han-devant-Pierrepont, qui appartenait auparavant à la Meuse. Le département de Meurthe-et-Moselle est situé au centre de la région Lorraine. Il est entouré par les départements de la Meuse, des Vosges, du Bas-Rhin et de la Moselle et sa frontière nord jouxte le Luxembourg et la Belgique. Remodelé par les guerres franco-allemandes, le département a une forme étrange : ses dimensions sont de 130 km du nord au sud, et entre 7 et 103 km d'est en ouest. Cette forme, dont la partie Nord correspond à un panhandle, est parfois comparée à celle d'une oie. La forêt recouvre 32 % du département. Elle a été fortement endommagée par la tempête de 1999. La ville principale du département est sa préfecture, Nancy. Parmi les autres pôles urbains importants on peut citer Briey, Longwy, Lunéville, Pont-à-Mousson, Toul et Villerupt. Le département doit son nom aux deux principaux cours d'eau qui le traversent: la Moselle et la Meurthe. Parmi les autres rivières: la Chiers, la Seille, l'Orne et la Vezouze. Le relief est modelé par les vastes plaines que ces cours d'eau ont creusé dans le plateau lorrain. Il cède sa place au massif des Vosges au sud-est. Le point culminant est le Roc de Taurupt (731m), entre Bionville et Raon-sur-Plaine. Un autre relief historiquement important est la colline de Sion. Le point le plus bas est situé à Arnaville (171 m). L'économie départementale a longtemps été liée à l'extraction minière (fer, sel et calcaire). Prospère jusque dans les années 60, elle a commencé à souffrir de la crise de la sidérurgie à partir de 1970, ce qui l'a contrainte à reconvertir son économie. Au nord de Briey, le Pays Haut est la région qui a le plus souffert de cette crise. Aujourd'hui encore le taux de chômage y est élevé et l'emploi transfrontalier vers la Belgique et le Luxembourg très développé. À titre d'exemple, 50 % de la population active de l'ancienne ville sidérurgique de Longwy travaille au Luxembourg. Le Lunévillois est également un territoire en difficulté. L'agglomération nancéienne est au contraire très dynamique avec une forte implication dans les services, la recherche et l'enseignement supérieur. Au sud du département, le Saintois (le verger des Ducs de Lorraine) est resté, quant à lui, très rural. Depuis 2008, un important pôle aéronautique se met en place à Chambley-Buissières, pour le projet et la production de l'avion Skylander (groupe GECI International). Issue de la guerre de 1871, la limite actuelle entre Meurthe-et-Moselle et Moselle ne marque pas une réelle frontière culturelle et les habitants des deux départements, hormis quelques enjeux d'aménagement du territoire, ou bien lors de rencontres sportives, se reconnaissent comme parties du même ensemble. Près de Longwy, l'ancien bassin industriel du pays-haut reste par exemple culturellement plus proche de la région de Thionville en Moselle que du sud du département.

Nancy est une ville française, préfecture du département de Meurthe-et-Moselle, en région Lorraine. La ville compte 106000 habitants, elle s’étend sur 15 kilomètres carrés et s’étale entre 170 et 380 mètres d’altitude. Elle était la capitale politique du duché de Lorraine jusqu'à son rattachement au Royaume de France en 1766. La population intra muros s'élève en 2009 à 106318 habitants dans une aire urbaine comptant 434202 habitants en 2008. Nancy est située dans le nord-est de la France, entre plusieurs collines formant des petits plateaux boisés, dans une demi-cuvette sans ouverture à l'ouest vers Paris. Cette cuvette est traversée par différents cours d'eau qui n'occupent pas une position centrale dans la ville puisque la Meurthe marque la frontière est de la commune. Cette rivière n'est pas aménagée pour le transport fluvial et seul le canal de la Marne au Rhin, au gabarit Freycinet, qui lui est parallèle sur trente kilomètres permet un trafic fluvial de petit tonnage. Les cours d'eau nancéiens tendent aujourd'hui à redevenir des éléments attractifs vers lesquels se tourne la ville comme par exemple les jardins d'eau dessinés par Alexandre Chemetoff. Nancy possédait une valeur défensive géographique médiocre du fait de sa situation en « cuvette ». Frouard, qui possédait d'ailleurs un château, et sa position au point de confluence, ou Saint-Nicolas-de-Port par exemple, auraient sans doute été des choix géographiques plus stratégiques pour une place-forte. Cependant, lors de la création de la ville, le site de Nancy était une plaine au cœur du Duché de Lorraine permettant un développement urbain peu contraignant. Bien que de nombreux sites préhistoriques aient été découverts sur les plateaux entourant la ville (Cité d'Affrique Ve siècle av. J.‑C.) à l'Ouest ; habitats celtique des Leuques à l'Est, sur la butte Sainte-Geneviève...), le site historique de la ville ne semble pas avoir été vraiment occupé avant l'époque mérovingienne, vers la fin du VII.me siècle. On mentionne juste l'existence d'un gué sur la Meurthe au VIII.me siècle. La naissance de Nancy est en fait liée à l'édification d'un château féodal, au cours du XI.me siècle, par Gérard d'Alsace qui y fonde une petite cité qui deviendra la capitale du duché de Lorraine sous ses successeurs au XI.me siècle. En 1218, au cours de la Guerre de Succession de Champagne, sous le règne du duc Thiébaud Ier, la ville est totalement incendiée par l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen. Elle sera reconstruite, agrandie et protégée par un nouveau château. C'est lors de la bataille de Nancy, qui fut précédée par un siège, que Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, meurt en janvier 1477 face au duc René II à l'étang Saint-Jean. René II est également considéré comme le premier duc bâtisseur : il fait reconstruire son palais Ducal et fait ériger à côté l'église des Cordeliers ainsi qu'un lieu de culte à Notre-Dame de Bonsecours (notons également la construction d'une basilique gothique flamboyante à Saint-Nicolas-de-Port, d'où le duc est parti pour entamer la reconquête de sa capitale). Hieronimo Citoni créa la ville neuve de Nancy en 1596. Sous les règnes des ducs Charles III et Léopold, la ville bénéficie de nombreuses extensions (ville neuve) et construction d'hôtels particuliers ainsi que d'un rayonnement culturel sans précédent. Stanislas Leszczyński, roi de Pologne et beau-père du roi de France, (sa fille Marie Leszczyńska a épousé Louis XV en 1725), écarté du trône de Pologne en 1709 puis en 1733, reçoit en viager le Duché de Bar et le duché de Lorraine, que le duc légitime François III est contraint d'échanger contre la Toscane au traité de Vienne. Il s'applique à améliorer la qualité de vie de ses nouveaux sujets et à faire du duché un pôle culturel, mais s'il règne, il n'a que peu de pouvoir de décision : c'est l'intendant dépêché par le roi qui gère les affaires du duché, préparant l'intégration à la France. Le duché, libéré de la pression militaire française, connait alors une période d'apogée, en plein siècle des Lumières. Il crée en l'honneur du roi de France une place de belles proportions qui recevra plus tard son nom. À sa mort en 1766, le duché revient à la couronne de France. Le 1er novembre 1749, le roi de Pologne et duc de Lorraine et Mme Infante tiennent sur les fonts baptismaux la fille du comte de Bragelone. Source : Gazette de France publiée par Théophraste Renaudot. Nancy est le siège d'un évêché depuis 1778 correspondant au transfert de celui de Toul. La ville possède également une cour d'appel. En août 1790, la ville fut l'objet d'une révolte militaire réprimée sévèrement par les troupes du marquis de Bouillé : le régiment des hussards de Lauzun chargea dans les rues de la ville. Cet évènement, connu sous le nom «d'affaire de Nancy », fut le principal épisode de la période révolutionnaire à Nancy. En 1871, la ville reste française tandis que l'Alsace et la Moselle, avec Strasbourg et Metz, sont rattachées à l'Allemagne par le traité de Francfort. Nancy connaît alors une période de prospérité et un nouvel âge d'or culturel. En effet, de nombreux optants (Alsaciens et Mosellans refusant la nationalité allemande) choisissent de s'y installer, parmi lesquels un grand nombre d'intellectuels et d'industriels. Nancy devient alors la principale ville de l'est de la France et sa population augmente de façon considérable passant de 50000 habitants en 1870 à 120000 habitants en 1914. Mais avec l'annexion, Nancy devient un symbole et sombre peu à peu, dans une crise nationaliste à partir de 1889 qui voit arriver parmi les conseillers municipaux, sur les bancs de l'Assemblée, des élus antisémites. Ville de sidérurgie depuis les années 1880, Nancy se rêve aussi en ville charbonnière à la toute fin du XIX.me siècle. Le projet, dû à l'impulsion de maîtres de forges (les Cavallier, Lespinats, Saintignon, Villain…), d'ingénieurs des Mines, de banquiers et d'hommes d’affaires locaux, restera cependant sans lendemains. À cause de la poussée démographique des années 1870-1900, l'urbanisation à Nancy sera pour le moins anarchique. C'est une ville en pleine expansion qui verra la naissance, en 1894, de la société des arts décoratifs Lorrains, future École de Nancy, dont les chefs de file seront Émile Gallé, Antonin Daum, Louis Majorelle, Victor Prouvé ou encore Eugène Vallin. L'exposition de cette société, créée sur l'initiative de l'architecte Charles André, a le mérite de faire connaître, au côté d’Émile Gallé, d'autres artistes nancéiens. Parmi eux, l'ébéniste Eugène Vallin expose, dans la section consacrée à l'architecture, un plafond de salle à manger pour la demeure qu'il est sur le point de construire boulevard Lobau. C'est l'une des premières réalisations architecturales de l'art 1900 à Nancy. L'Alliance provinciale des industries d'art, ou École de Nancy, dont le but est la renaissance et le développement des métiers d'art en Lorraine, va institutionnaliser ce mouvement en 1901. Les statuts de cette association, son but, et la composition de son comité directeur sont révélateurs des liens étroits existant entre les industriels, et les artistes locaux. L'exposition universelle de l'Est de la France de 1909, sera la dernière manifestation collective de l’École de Nancy. Eugène Vallin en construira le pavillon. Entre 1891 et 1911, sur 3500 édifices construits, 250 sont influencés par l'Art Nouveau, et une cinquantaine d'édifices se démarquent. Les commanditaires d'édifices de style 1900 sont des particuliers, des industriels ou des notables locaux, souvent originaires des territoires annexés d'Alsace-Moselle. Les maîtres d'œuvre, architectes, ingénieurs, ou entrepreneurs, viennent d'horizons différents. La plupart des architectes, comme Lucien Weissenburger, Henry Gutton, ou Émile André, ont une formation classique: ils sont diplômés de l'École des beaux-arts de Paris, ou sortent de l'atelier de Victor Laloux. Par contre, les ingénieurs, tels le polytechnicien Henri Gutton ou Frédéric Schertzer, ont une formation plus souple, ouverte aux innovations techniques. Enfin, nous trouvons l'ébéniste Eugène Vallin, le premier semble-t-il à traduire dans l'architecture, les principes de l'Art nouveau à Nancy. Durant la Première Guerre mondiale, la ville a été menacée lors de la bataille du Grand Couronné. Elle a ensuite subi des bombardements par avions et zeppelins et également les tirs du Gros Max : une batterie de 380 mm modèle SKL/45 installée à 35 km de distance, dans le village de Hampont en zone annexée. Ces bombardements firent de gros dégâts matériels et causèrent la mort de 177 personnes. Lors de la Seconde Guerre mondiale, la libération de Nancy de l'occupation allemande fut menée par la troisième armée américaine du général Patton pendant la campagne de Lorraine en septembre 1944. Les troupes alliés arrivèrent par l'actuel avenue de la Libération. La gestapo était installé au carrefour de la rue de Boudonville et du Boulevard Albert 1er ; on peut lire une plaque en commémoration des nombreuses victimes de ce service devant le bâtiment. En 1969, Nancy fut récompensé du Prix de l'Europe, conjointement avec sa ville jumelle Karlsruhe. Dans les années 1960, et jusqu'en 1980, la ville de Nancy a procédé à des rénovations urbaines importantes et parfois très décriées. Le quartier Saint-Sébastien fut d'abord érigée sur d'anciens taudis, il est composé de plusieurs tours d'environ 15 à 20 étages et du vaste Centre commercial Saint Sébastien. Mais c'est le quartier gare qui a connu l'opération la plus spectaculaire avec la construction en 1975 de la tour Thiers qui culmine à plus de 100 mètres de hauteur. Cette tour fut l'objet de vives critiques parce qu'elle jouxte des immeubles datant de l'époque Art nouveau et qu'elle bouche la perspective vers l'ouest depuis la place Stanislas. Les quartiers Croix-de-Bourgogne et Saint-Léon à l'ouest de la gare sont les dernières opérations d'urbanisme de grandes ampleurs qui ont eu lieu dans l'hypercentre de la ville. Depuis le milieu des années 1990, la communauté urbaine du Grand Nancy s'est engagée dans une vaste et progressive réhabilitation des rives de Meurthe dans l'est de la ville. Près de 400 hectares sont concernés dans l'un des plus grands chantiers qu'a connu Nancy, les objectifs sont multiples, exploiter le peu de place encore disponible sur le territoire de la ville, étendre le centre-ville et reconquérir les berges de la Meurthe jusqu'ici mise à l'écart de Nancy. Le quartier de la gare est également engagé depuis 2005 dans une opération d'urbanisme dont le but est d'embellir ce quartier, y construire des immeubles de bureaux ainsi qu'un nouveau palais des congrès incluant partiellement l'ancien centre de tri postal, labellisé « Patrimoine du XX siècle », les colonnes de courrier, une des trois tours et les galeries côté voies ferrées seront néanmoins démolies. Ce nouveau quartier de la ville s'étendra de la gare jusqu'à l'emprise de l'ancienne prison Charles III démolie suite à la construction d'un nouveau centre de détention dans le quartier du Haut du lièvre. Nancy est la cinquième place financière de France, elle possède entre autres les sièges « régionaux » des principales banques françaises. Une « Maison de la Finance » a ouvert ses portes dans une partie du bâtiment de Saint-Gobain (PAM) le 1er février 2007, à proximité de l'université Nancy-II. Nancy est également le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Meurthe-et-Moselle qui gère le port de Frouard ainsi que de la Chambre régionale de commerce et d'industrie de Lorraine. Nancy est le premier pôle de santé du nord-est de la France avec le CHRU (centre hospitalier régional universitaire) installé sur le site de Brabois, l'hôpital Central dans le centre de la ville ainsi que la maternité régionale. La ville ainsi que l'agglomération possèdent de nombreuses cliniques privées. La ville abrite également le quotidien L'Est Républicain, qui fait partie du groupe EBRA anciennement Groupe Est Républicain qui est le premier groupe de presse quotidienne régionale française. Le technopôle de Nancy-Brabois, situé sur un plateau au sein de la commune de Vandœuvre-lès-Nancy, est l'un des plus importants du pays et l'un des trois premiers aménagés avec ceux de Sophia Antipolis à Nice et de Meylan à Grenoble. En 2007 près de 300 entreprises y emploient plus de 15000 personnes et 17000 étudiants sont présents sur le site. En 2008, Nancy était considérée par l'INSEE comme ville centre : de l'unité urbaine de Nancy : 286733 habitants• de l'aire urbaine de Nancy : 434202 habitants. La zone d'emploi rassemble un total de près de 168000 emplois, ce qui en fait la première zone d'emploi de Lorraine selon les chiffres du recensement de 1999. Le bassin d'emploi affiche également un pourcentage d'emplois stables parmi les plus élevés en permettant à 88 % des actifs résidents de trouver leur emploi sur place. Avec 13000 emplois métropolitains supérieurs, Nancy se classe au 16e rang des aires urbaines françaises. Elle apparaît particulièrement bien positionnée sur les domaines de l'information, de la recherche et des télécommunications. Avec plus de 23000 entreprises le tissu économique est essentiellement composé de PME-PMI sans qu'on puisse réellement parler de secteur industriel dominant. Elle a ainsi été relativement préservée des crises du textile, de l'industrie minière et de la sidérurgie qui ont successivement touché la région. Nancy est une ville traditionnellement de droite. Tous les maires de la ville ont été de ce bord politique, de même que les résultats aux élections nationales. Néanmoins la sociologie politique varie selon les quartiers, certains votant plutôt à gauche, ce qui explique que 3 cantons sur 4 le sont actuellement. Trois places du XVIIIe siècle (places Stanislas, de la Carrière et d'Alliance) sont classées au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1983. En 2006, Nancy a accueilli plus de 2000000 de touristes étrangers. Relativement préservés par les siècles, les différents quartiers possèdent toujours une architecture et une ambiance caractéristique ainsi que les faubourgs environnants. Les plus anciennes constructions de la ville datent du haut Moyen Âge. La tour de la Commanderie Saint-Jean-du-Vieil-Aître datant du XII.me siècle est le bâtiment visible le plus ancien de la ville. Nancy possède un vaste secteur sauvegardé de 132 hectares qui correspond au centre historique de la ville. Il a été approuvé en juillet 1996. Premier site bâti de la ville, on peut encore y contempler quelques vestiges des anciennes fortifications qui entouraient la ville médiévale, dont la porte de la Craffe datant du XIV.me siècle. Le palais Ducal est un bâtiment du XVI.me siècle. Avec sa porterie, typique du style gothique flamboyant, il abrite aujourd'hui le musée historique lorrain. Jouxtant le palais, l'église des Cordeliers renferme les tombeaux des ducs de Lorraine. La ville-vieille conserve également de nombreux hôtels particuliers renaissance (hôtel de Lillebonne, hôtel d'Haussonville…) ainsi que quelques hôtels classiques (Hôtel Ferraris, Hôtel des Loups…).Il faut également citer la place Saint-Epvre, au centre du quartier que la basilique du même nom domine. Les quartiers édifiés sous Charles III constituent la ville-neuve de Nancy. À la demande du duc, l'Italien Girolamo (ou Hieronimo) Citoni trace des rues larges et droites sur un plan en damier en vogue à l'époque pour les villes nouvelles, exception faite de la rue Saint-Nicolas (ancien faubourg) qui garde son tracé pré-existant. Des fortifications (porte Saint-Nicolas, porte Saint-Georges et Saint-Jean) protègent cette ville neuve, qui ne communique que par une esplanade avec la « vieille ville » au tracé irrégulier. L'hotel Ferraris Le duc Léopold entreprend la reconstruction de sa capitale après les destructions de la guerre de Trente Ans. Il débute la reconstruction de la primatiale (future cathédrale). De nombreux hôtels particuliers sont construits dans la ville, ainsi que des édifices civils, dans un style qui essaie d'assimiler les nouvelles conceptions classiques à une tradition Renaissance. Devenu duc de Lorraine, le roi Stanislas veut moderniser sa capitale, il a l'idée géniale de relier la vieille ville médiévale à la « ville-neuve » de Charles III par un système de places urbaines, en marquant la transition par un arc de triomphe. Cet ensemble, constitué par la place Royale, rebaptisée place Stanislas, et la place de la Carrière, articulées par l'arc de Triomphe (porte Héré), combine avec grâce des bâtiments majestueux et les fameuses portes d'or du serrurier Jean Lamour. Hôtel de ville, palais de l'Intendance (palais du Gouvernement), hôtels particuliers de la haute noblesse en font la grandeur ; la place d'Alliance complète ce dispositif par un square plus intimiste. La place Stanislas donne aussi accès au parc de la Pépinière créé par Stanislas, d'une superficie de 23 ha en plein centre-ville, avec ses jardins à l'anglaise. Cet ensemble du XVIII.me siècle est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Après restauration, la place Stanislas fête ses 250 ans en 2005 en devenant entièrement piétonne. La ville se pare également à la même époque de nombreux hôtels particuliers construits, entre autres, par Germain Boffrand et son élève lorrain Emmanuel Héré, l'architecte de Stanislas. Après la mort de Stanislas, le cours Léopold est créé au-delà du rempart; la longue perspective, fermée par la porte de Stainville sur la route de Metz, sera ensuite plantée de marronniers. Malgré le mélange des styles architecturaux sur trois siècles, le cours conserve aujourd'hui son ordonnance originelle calme et majestueuse. À l'Ouest de la ville, le quartier Saint-Léon date de la transition XIX.me et XX.me siècle, il contient de somptueuses demeures de style Art nouveau telle la villa Majorelle (avenue Foch et rue Jeanne-d'Arc…) que l'on trouve également très répandues dans le quartier de Saurupt, ainsi que dans le quartier Nancy-Thermal (parc Sainte-Marie). Plus généralement l'École de Nancy a laissé de nombreux édifices civils dans le centre historique (chambre de commerce, BNP, verrière du Crédit lyonnais) ou privés conservés (parc de Saurupt, et répartis dans toute la ville : ateliers d'Émile Gallé et d'Eugène Vallin, immeuble France-Lanord, maison Bergeret, maisons Huot…). L'évêché du diocèse de Nancy-Toul est situé dans la ville, à côté de la cathédrale. Parmi les bâtiments religieux de la ville on peut citer : Tour de la Commanderie Saint-Jean-du-Vieil-Aître : XII.me siècle ; Église des Cordeliers (St-François) du XV.me siècle, à nef unique bordée des enfeus des Ducs, complétée d'une chapelle ducale baroque au XVII.me siècle ; l'ancien couvent XVIII.me abrite un musée des arts et traditions populaires ; Église Saint-Sébastien : église-halle de style baroque italien du XVIII.me siècle ; Temple protestant Saint-Jean, ancienne église Saint-Joseph des Prémontrés (XVII.me siècle-XVIII.me siècle) ; Cathédrale Notre-Dame : XVIII.me siècle, rare cathédrale de France construite à l'époque classique et présentant un riche trésor (évangéliaire du Xe siècle…) ; Église Notre-Dame-de-Bonsecours : XVIII.me siècle, qui abrite le tombeau de Stanislas LeszczyDųki. C'est aussi la paroisse des Polonais en Lorraine ; Chapelle ronde de l'ancien couvent de la Visitation XVIII.me siècle, incluse dans le lycée Henri-Poincaré"†Synagogue : construite en 1787 et agrandie plusieurs fois et Cimetière israélite de Nancy. La Révolution française a vu la vente ou destruction de nombreuses églises de la ville. La ville possède également de nombreux autres édifices religieux récents, nouvelles paroisses ou églises remplaçant des édifices plus anciens : au XIX.me siècle, la basilique Saint-Epvre, édifice néo-gothique riche de 86 baies-vitrail, de fresques, et de son mobilier sculpté, qui remplace une église gothique abattue; mais aussi les églises Saint-Georges, Saint-Léon IX, Saint-Pierre, Saint-Nicolas, Saint-Vincent-et-Saint-Fiacre, Saint-Joseph, Saint-Mansuy; au XX.me siècle, la basilique du Sacré-Cœur qui date du début du XX.me siècle, la basilique Notre-Dame-de-Lourdes, l'église Saint-Vincent-de-Paul ; la chapelle du Sacré-Cœur: située rue Oudinot, ses offices sont menés par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X selon la forme extraordinaire du rite romain. Ouverte en 1999, c'est la deuxième du nom dans la rue Oudinot bien que la précédente (une ancienne chapelle protestante) soit maintenant fermée (pour cause d'étroitesse). Elle allie une architecture moderne avec des éléments plus classiques (arcs-boutants et tribune au premier étage) et une paramentique plus traditionnelle. En août 2010, elle devient dépendante du prieuré Saint-Nicolas alors nouvellement créé à ses côtés• le cimetière de Préville, sorte de Père-Lachaise nancéien, qui abrite les tombes de nombreuses personnalités lorraines; Nancy compte également sept lieux de cultes musulmans, mosquées et salles de prière• L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours compte une église à Nancy, rue de Badonviller. Les différentes portes de la ville, vestiges des différentes époques de fortification : Porte de la Craffe du XVI.me et son pendant XVII.me la porte Notre-Dame ; Porte de la Citadelle, Saint-Georges et Saint-Nicolas toutes trois construites entre le XVI.me et le XVII.me siècle ; Le sous-sol du musée des Beaux-Arts présente un bastion en bon état de conservation ; La porte Sainte-Catherine et la porte Stanislas édifiées au XVIII.me ; La porte Désilles, dernière porte construite, juste avant la révolution ; L'ancien Arsenal des ducs de Lorraine dans un agréable style Renaissance ; La caserne Thiry (premièrement « Ste-Catherine ») construite de 1764 à 1769 ; La caserne Blandan, concernée par le projet Artem. La bergamote, petit bonbon rectangulaire jaune, est une spécialité nancéienne bien connue. À l'origine plaisanterie douteuse d'un pâtissier qui parfuma un bonbon à l'eau de Cologne, elle est depuis directement réalisée à partir d'essences de bergamote. Ce constituant de l'eau de Cologne est un fruit proche du citron, originaire de la Sicile qui était alors possession du duc de Lorraine René Ier. On peut également citer la quiche lorraine, le baba au rhum inventé par le duc de Lorraine Stanislas Leszczyński, le pâté lorrain, la madeleine, la mirabelle et les macarons produits depuis le XVII.me siècle bien que les villes de Toul et de Boulay produisent également cette spécialité depuis le XIX.me siècle Par ailleurs, le développement des restaurants universitaires (RU) à Nancy en a fait un symbole de la ville. Le RU chinois aux Aiguillettes et celui de Saurupt sont les plus emblématiques d'une sous-culture estudiantine conviviale, particulièrement répandue chez les étudiants du collège universitaire franco-allemand de l'Institut d'Études Politiques de Paris comme en témoigne ce reportage du Blizz.
Personnes célèbres nées à Nancy : La plupart des ducs de Lorraine dont : René II de Lorraine vainqueur sur Charles le Téméraire lors de la bataille de Nancy (1477). François III de Lorraine (1708-1765), qui deviendra empereur des Romains sous le nom de François Ier et donnera naissance à la famille de Habsbourg-Lorraine. Jacques Callot (1592-1635), Jean Le Clerc (1586-1633) et Xavier Willemin (1763-1833). L'architecte Richard Mique (1728-1794), notamment connu pour avoir fait le hameau de la Reine à Versailles. Le dramaturge Charles Palissot de Montenoy (1730-1814). Joseph Ducreux (1735-1802), portraitiste, pastelliste, miniaturiste et graveur lorrain. Célèbre pour son autoportrait "Moqueur". Charles Louis Dieudonné Grandjean (1768-1828),général des armées de la République et de l'Empire.Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Etoile. Grandville, célèbre illustrateur des Fables de La Fontaine. Philippe, baron Christophe de Lamotte-Guéry (1769-1848), général français du XIX.me siècle. Nicolas-François Christophe (1770-1839), frère du précédent, général d'Empire. René-Charles Guilbert de Pixerécourt, (1773-1844), auteur dramatique, directeur de théâtres parisiens et bibliophile (un des fondateurs de la Société des bibliophiles français). Antoine Drouot (1774-1847), général de Napoléon, surnommé « le Sage de la Grande Armée ». Joseph Léopold Sigisbert Hugo (1773-1828) général d'Empire et père de Victor Hugo. Louis-Joseph Hugo (1777-1853) général d'Empire, frère du précédent et oncle de Victor Hugo. Frédéric Auguste de Beurmann (1777-1815- Metz) général d'Empire. Jean Baptiste François Jacqueminot, 2e comte de Ham (3 octobre 1781- Nancy 10 juin 1861- La Poterie (Loiret)), homme politique français du XIX.me siècle. Jean-François Jacqueminot, vicomte de Ham (1787-1865), général et homme politique français du XIX.me siècle, frère du précédent. Virginie Mauvais (1797-1892), institutrice, officier de l'Instruction publique, dite doyenne de l'Instruction publique. Le ministre Michel Goudchaux (1797-1862),banquier, homme politique français et ministre de la Deuxième République. Joseph Vautrain (1818-1881), premier président du conseil municipal de Paris et député de la Seine au début de la Troisième République. L'auteur Edmond de Goncourt (1822-1896), fondateur de l'Académie Goncourt. Joseph-Hardouin-Gustave comte d'Andlau (1er janvier 1824- Nancy (Meurthe) janvier 1892- Buenos-Aires (Argentine)), militaire et homme politique français du XIX.me siècle. Louis-Émile Bertin (1840-1924), ingénieur général du Génie maritime et créateur de la marine militaire du Japon à l'époque de Meiji. Une rue de Nancy porte son nom. le céramiste-verrier Émile Gallé (1846-1904). René Blondlot (1849-1930), auteur d'une des plus grandes erreurs du XX.me siècle en physique expérimentale avec les rayons N, mais qui a réalisé d'autres travaux scientifiques réputés. Les peintres Aimé Morot (1850-1913) et Jacques Majorelle (1886-1962) Lyautey, maréchal de France (1854-1934). Le mathématicien et physicien Henri Poincaré (1854-1912). Victor Prouvé (1858-1943), artiste aux multiples talent de l'École de Nancy. Les chanteurs Esther Lekain (Nancy, 1870 - Nice, 1948). L'orfèvre-joaillier André Kauffer, né en 1867• L'architecte Émile André (1871-1933). Le politicien Eugène Dieudonné (1884-1944 à Eaubonne), un anarchiste illégaliste membre de la bande à Bonnot. L'affichiste Paul Colin (1892-1985). Le mathématicien Henri Cartan (1904-2008). L'inventeur de la musique concrète Pierre Schaeffer (1910-1995). Les acteurs Madeleine Barbulée (1910-2001) et Georges Marchal. Louis Sébastien Jacquet de Malzet, né à Nancy en 1715 et décédé le 17 août 1800 à Vienne, prêtre séculier, inventeur et écrivain lorrain. Henri Prouvé (1915-2012), architecte.

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