Escapade à Perpignan le 8 mars 2012

C’est pour la journée internationale de la femme qu’une Trentaine de féminines et une poignée de masculins font cap sur l’ouest, tout comme le faisait au XIII.me siècle Jacques le Conquérant. Lorsqu’il rejoignait la capitale de son royaume qui était Perpignan, après une visite dans sa contrée orientale de son royaume de Majorque qu’était la seigneurie de Montpellier. Notre périple du jour est sous l’égide de l’association Rencontre présidée par madame Granel, c’est dans un froid hivernal, il est amplifié par un fort vent, que toute la cour du royaume de Majorque prend place dans l’autocar de la Populaire, il est drivé par Thierry. Nous empruntons la via domitia du XXI.me siècle, l’A9, tout au long de l’autoroute nous apercevons les amandiers qui sont en fleurs. Madame Granel profite du trajet pour nous préparer à la découverte du jour, elle nous parle de l’ancienne province du Roussillon dont voici une présentation :
Les Pyrénées-Orientales sont un département français, situé au sud de la France, au nord de la Catalogne, à la frontière avec l’Espagne, dans la région du Languedoc-Roussillon. Le département s’étend sur 4116 kilomètres carrés, il compte 445000 habitants. Ce département regroupe l’ancienne province du Roussillon, c’est-à-dire le Roussillon, la Haute Cerdagne, le Conflent, le Vallespir et le Capcir originellement catalanophones ainsi que le territoire des Fenouillèdes, seul territoire du département de culture languedocienne et de langue occitane. L’Insee et la Poste lui attribuent le code 66. Le département des Pyrénées-Orientales recoupe approximativement les territoires appelés Roussillon, ou Catalogne française ou Catalogne Nord. Ce dernier terme a été inventé dans les années 1930 par les catalanistes du groupe Nostra Terra qui souhaitaient rappeler les liens historiques, culturels et linguistiques de cette région au reste de la Catalogne. L’emploi de nos jours des termes Catalogne Nord, Roussillon ou Pyrénées-Orientales traduit plus ou moins l’attachement à une identité catalane. Le terme Catalogne Nord a obtenu une première forme de reconnaissance officielle lors de la session du conseil général des Pyrénées-Orientales du 10 décembre 2007, où a été approuvée une Charte en faveur du catalan. Celle-ci déclare en préambule que « La langue catalane, née il y a plus de mille ans, constitue un des piliers de notre identité, du patrimoine et de la richesse du département des Pyrénées-Orientales (Catalunya Nord) ». Le terme Catalogne Nord, écrit toutefois en catalan et non en français, apparaît ainsi pour la première fois sur un document officiel. Son usage tend donc aujourd’hui, à être plus courant, en particulier dans son usage par les touristes espagnols, de plus en plus présent dans les Pyrénées-Orientales. Le département des Pyrénées-Orientales est créé, à la Révolution française, en application de la loi des 22 décembre 1789= janvier 1790, à partir de la province du Roussillon et d’une partie du Languedoc appelée Fenouillèdes. Le 8 janvier 1790, Jean-Xavier Bureau de Pusy, député franc-comtois du bailliage d’Amont, présente à la Constituante un « rapport sommaire sur la nouvelle division du royaume », assortit d’un « tableau des départements, suivant l’ordre du travail ». Il y propose que « le Roussillon, agrandi par une petite cession du Languedoc », forme un département « termin(ant) la chaîne des Pyrénées ». Il convient de l’exiguïté d’un tel département qui n’aurait que « deux cents lieues (carrées) » de superficie ; mais la justifie par « sa position physique (qui) ne permet pas de l’étendre sans tomber dans une contradiction manifeste avec les motifs qui ont déterminé la division (du royaume) en départements ». « En effet, poursuit-il, le Roussillon, borné au midi par la grande chaîne des Pyrénées, est séparé à l’ouest du pays de Foix, par des montagnes presque incommunicables ; au nord, il est séparé du Languedoc par une autre chaîne de montagnes, et sa limite orientale est bornée part la mer ». Le 9 février suivant, l’Assemblée nationale constituante prend un « décret particulier », portant création d’un « département du Roussillon » ayant la ville de Perpignan pour chef-lieu et divisé en trois « districts » ayant respectivement Perpignan, Céret et Prades pour chefs-lieux. le En 1258, le traité de Corbeil fixe la frontière entre les royaumes de France et d’Aragon, aux Corbières, les Fenouillèdes sortent de la zone d’influence du roi d’Aragon alors que le Roussillon s’y maintient comme toute la Catalogne. Les habitants de l’actuel département appartiennent à deux pays différents et parlent deux langues proches, le catalan en Roussillon, Conflent, Vallespir et Cerdagne et l’occitan aux Fenouillèdes. 1659 : la province du Roussillon et une partie de la Cerdagne sont cédées par l’Espagne à la couronne de France au traité des Pyrénées, à l’exception de l’enclave de Llívia. La frontière politique de 1258 devient alors une limite entre deux provinces du royaume de France. Malgré la création du département en 1790, les différences se sont maintenues entre les deux entités. Les Catalans utilisent le terme péjoratif de gavatxos pour désigner les habitants des Fenouillèdes et de l’Aude. En fait, ce terme est toujours très répandu en Espagne sous les formes gavatx (en catalan) et gabacho (en castillan). « Gavatx » pourrait être assimilé au mot Boche en français. Mais il désigne les Français Il est encore vivace car la dernière invasion de l’Espagne date des guerres napoléoniennes. Dans la partie catalonophone des Pyrénées-Orientales, ce terme a perdu sa connotation agressive et est devenu moqueur, il est plus assimilable au « franchouillard »usité par les Français, ou au mot Teuton que ceux-ci emploient pour désigner les Allemands. La couronne espagnole, désireuse de retrouver son ancienne possession, envahit avec ses troupes le département en avril 1793, mais la France le récupéra treize mois plus tard, avec la guerre du Roussillon. Au XIX.me siècle, les Pyrénées-Orientales furent l’un des départements les plus républicains de France. François Arago, homme politique et savant né à Estagel, en est le symbole. Le département des Pyrénées-Orientales fait partie de la région Languedoc-Roussillon. Ses frontières sont constituées de la mer Méditerranée à l’est, l’Espagne (province de Gérone) au sud, du département de l’Aude au nord, de l’Andorre et du département de l’Ariège à l’ouest. Il fait partie des rares départements français (avec les Alpes-Maritimes, les Pyrénées-Atlantiques et la Corse) qui permettent à leurs habitants et aux touristes de profiter à la fois des joies de la montagne et de celles de la mer. Il est traversé d’ouest en est par trois fleuves parallèles, le Tech, la Têt et l’Agly. C’est également dans les Pyrénées-Orientales que l’Aude prend sa source. Son point culminant est le Pic Carlit (2921 m), mais sa montagne la plus connue reste le mont Canigou. L’économie du département repose traditionnellement sur l’agriculture, dominée par l’arboriculture (nombreux vergers de pêchers, d’abricotiers et de cerisiers), le maraîchage (salades, artichauts notamment) et la viticulture. Dans ce domaine, les Pyrénées-Orientales se distinguent par une importante production de VDN (vins doux naturels), avec quatre appellations prestigieuses : Banyuls, Maury, Rivesaltes, Muscat de Rivesaltes, sans compter le Byrrh, élaboré dans les caves de Thuir. On produit aussi de nombreux vins secs AOC, rouges surtout, dont l’appellation Collioure est sans doute la plus connue. L’élevage, en recul pendant plusieurs décennies, semble trouver une nouvelle vitalité, en particulier celui des bovins (production de viande de veau Rosée des Pyrénées). L’Agriculture Biologique trouve dans les Pyrénées-Orientales un lieu de prédilection puisque ce sont près de 10 % de la SAU du département qui sont aujourd’hui convertie à ce mode de production respectueux de l’environnement. Il faut cependant préciser qu’à peine plus de 8000 personnes, si on excepte les saisonniers, vivent de l’agriculture. Les entreprises industrielles sont peu nombreuses, et ne peuvent constituer une ressource suffisante pour le département, qui connaît un important taux de chômage (plus de 15 % de la population active). La majorité de la population travaille dans le secteur tertiaire (administration, services, distribution, tourisme**). Le recensement de 1999 donnait les chiffres suivants dans la répartition des actifs : agriculture : 8227, industrie : 10389, construction : 8460, tertiaire : 97673. Plusieurs grands peintres sont venus vivre en Roussillon au début du XX.me siècle, soit à Céret, soit à Collioure. C’est en grande partie à Collioure, où ont séjourné Henri Matisse et André Derain, qu’est né le fauvisme. Le cubisme s’est quant à lui développé à Céret, fréquenté par Pablo Picasso et Georges Braque à partir de 1911. Aristide Maillol est né dans ce pays et y est resté, sculptant sur le thème de la femme. Céret abrite aujourd’hui un important musée d’art moderne de Céret, fondé en 1950 par Pierre Brune. De nombreuses manifestations culturelles ont lieu chaque année, notamment le festival photographique Visa pour l’image à Perpignan et le Festival Pablo Casals (musique classique) à l’abbaye Saint-Michel de Cuxa, près de Prades. Dans les années 1960, le Languedoc-Roussillon a été aménagé pour permettre le tourisme de masse. La Côte Vermeille s’est couverte d’immeubles. Le Tourisme s’est beaucoup développé dans le département, notamment avec des stations balnéaires comme Canet-en-Roussillon, Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien, Le Barcarès, qui accueillent de nombreux campings, et de nombreux hôtels, attirés par les longues plages de sable fin. Qui dit tourisme dit attractions touristiques, et pour cela le département est bien équipé ; en effet, il accueille de nombreuses attractions de grimpe aux arbres dans la montagne, de canyoning (naturel et artificiel), ainsi que le plus grand circuit de karting du monde: le Circuit du Roussillon.
Après 2 heures de chevauchée à brides abattues, nous voici à Perpignan, dont la présentation se trouve en fin de document. Nous apercevons le Canigou qui se dresse fièrement en arrière plan de la ville, il n’est pas enneigé, un froid glacial et venté nous saisit à la descente du bus. Nous circulons dans de petites rues piétonnes pour rejoindre la cathédrale Saint-Jean-Baptiste. C’est l’inamovible madame Granel qui nous commente la visite de la cathédrale, elle a été entreprise par Sanche second roi de Majorque. Voici la présentation de la cathédrale saint-Jean Baptiste, de l’église Saint-Jean le vieux et du cloître cimetière, ces 3 éléments sont contigus :
La cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan est une cathédrale catholique romaine du XIV.me siècle de style gothique situé dans la ville de Perpignan en France. La cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan est un édifice construit entre 1324 et 1509. À partir de 1602, elle supplante Elne en tant que siège du diocèse, anciennement diocèse d’Elne, et désormais diocèse de Perpignan-Elne. Elle succède à un autre édifice dédié à saint Jean-Baptiste, l’église Saint-Jean-le-Vieux, construite aux XII.me et XIII.me siècles (consacré en 1246), qui subsiste à son flanc nord. Cette église, siège de la paroisse primitive de Perpignan créée en 1025, devint le siège d’une communauté de chanoines augustin sen 1102. Dès 1230, la chapellenie majeure de cette communauté fut unie au siège épiscopal d’Elne. En 1324, alors que Perpignan était la capitale du royaume de Majorque, le roi Sanche lança le chantier du nouvel édifice qui, s’il n’était pas la cathédrale en titre du diocèse, n’avait pas moins l’ambition de le devenir. Pour remplacer le cimetière situé au sud de Saint-Jean-le-Vieux, dont l’espace devait être occupé par la nouvelle construction, on avait commencé dès 1298 par construire un vaste cloître-cimetière situé plus au sud, au détriment d’un espace déjà urbanisé. La nouvelle église devait comporter trois nefs, un court transept et un chevet simple à trois absides, les bas-côtés étant flanqués de chapelles. Le chantier lancé en 1324 ne connut une activité soutenue que durant moins de vingt ans, l’absidiole sud du chevet étant la seule partie atteignant une certaine hauteur de construction, grâce aux libéralités de la sœur du roi, Sancia de Majorque, reine de Naples. Dès 1344 en effet, ce fut la fin du petit royaume, et quatre ans plus tard, les ravages de la peste noire mirent un coup d’arrêt à l’entreprise. Pendant plus de soixante ans, le chantier n’avança que très peu ou pas du tout. C’est sous l’épiscopat de Jérôme d’Ocon, au début du XV.me siècle que la construction reprend, semble-t-il, sous l’impulsion de Galceran Albert, administrateur du diocèse. Le maître d’œuvre de l’édifice est alors le majorquin Guillem Sagrera, cité comme tel en 1416 et qui continuera ses fonctions malgré son retour à Majorque en 1422. En 1436, Galceran Albert, parvenu à l’épiscopat, change, sans doute selon le projet de Sagrera, le plan de l’édifice projeté : la construction est réduite à une seule nef, de grandes largeur (18 m) et hauteur (26 m), flanquée de chapelles entre contreforts qui remplacent les bas-côtés initialement prévus. Ce choix traduit le désir d’une édification plus facile et moins coûteuse, en même temps qu’un choix esthétique en faveur de la nef unique qui s’est imposée depuis la fin du XIII.me siècle comme la formule-type des grandes églises dans le domaine méridional. La construction suit à partir de ce moment un rythme régulier, progressant d’ouest en est : c’est au cours de la première occupation française du Roussillon, entre 1490 et 1493, que le sanctuaire est voûté. La première messe est célébrée en 1504, alors que l’édifice est solennellement consacré le 16 mai 1509, cent quatre-vingt cinq ans après la pose de sa première pierre. La cathédrale actuelle est du plus pur style gothique méridional : large nef unique (80 mètres de longueur, 18 de large, 26 de hauteur) de sept travées s’ouvrant sur un transept et une vaste abside à sept pans. La façade occidentale ne semble pas avoir été achevée. Lors des restaurations aux XIX.me et XX.me siècles, la fenêtre gothique de la façade fut rétablie, des photographies anciennes montrant la façade percée d’une grande baie rectangulaire. Le porche, ainsi que l’actuelle tour de l’horloge, furent établis au XVIII.me siècle. Le mobilier de la cathédrale est riche. Parmi les nombreuses pièces, il est à mentionner le retable du maître-autel (XVI.me au XIX.me siècle, il eut une histoire mouvementée), l’orgue (dont l’origine remonte à 1504 : les panneaux peints et sa décoration remontent à cette date), les vitraux néo-gothiques (deuxième moitié du XIX.me siècle), et bien sûr le splendide Dévot Christ du XIV.me siècle (exposé dans la chapelle du même nom, attenante à la cathédrale et dont l’origine remonte au XVI.me siècle). Attenant au côté sud de l’édifice, le Campo Santo (ou cloître Saint-Jean) était le cloître funéraire de la cathédrale. Il est d’ailleurs la plus ancienne construction de ce type subsistant en France. Sa construction débuta selon toute vraisemblance au tout début du XIV.me siècle (voire fin XIII.me), et s’étala durant toute la première moitié du XIV.me. Après la Révolution, des constructions parasites vinrent se greffer sur l’édifice, qui fut alors sévèrement endommagé. Il faudra attendre 1984 pour que la décision soit prise par le conseil général des Pyrénées-Orientales de dégager l’emprise du cloître. La restauration s’acheva en 1991. Il ne reste donc plus aujourd’hui que les enfilades des enfeus, dont une bonne partie a été rétablie lors des restaurations. Quelques éléments de sculptures (pierres funéraires, bas reliefs) sont intégrés dans les parois de ceux-ci. Les galeries en claires-voies qui entouraient le cloître ont disparu au cours du XIX.me siècle, et lors du déblaiement du site de nombreux éléments (colonnes, chapiteaux) les constituant ont été déblayés et transportés au Couvent des Minimes de Perpignan pour les entreposer. On pourrait envisager un rétablissement partiel de ces galeries pour donner une idée de ce qu’avait pu être le monument avant son démantèlement, comme ce qui a été fait pour le cloître de l’abbaye de Cuxa, dont environ la moitié a pu être rétablie. L’origine de l’église semble remonter au Xe siècle (voire au IX.me siècle), lorsque les comtes du Roussillon entreprirent la construction de leur résidence sur ce site (palais dont il ne reste malheureusement presque plus rien aujourd’hui, si ce n’est semble-t-il quelques éléments difficile d’accès). Des fouilles entreprises lors des restaurations de 1985 en ont révélé l’existence sous la nef centrale. Cet édifice est reconstruit et agrandi au début du XI.me siècle (il est consacré en 1025 par l’évêque d’Elne). Environ un siècle plus tard, en 1102, un chapitre de chanoine est établi à Saint Jean, qui fait alors l’objet de travaux d’agrandissement : le chevet à trois absides et le transept sont alors, selon tout vraisemblance, construit à cette période. Au début du XIII.me siècle l’église est de nouveau trop exiguë, et deux collatéraux viennent flanquer la nef de part et d’autre. Enfin, avec la prospérité engendrée par le trop éphémère royaume de Majorque, on décide au XIV.me siècle l’établissement d’un édifice beaucoup plus vaste : c’est alors que commença, en 1324, la construction de l’église actuelle, qui devint cathédrale en 1601. Au XVIII.me siècle, le chevet roman de l’église fut amputé de son absidiole gauche et de la majeure partie de l’abside centrale, et à la toute fin du XIX.me siècle une usine électrique est installée dans l’église qui va alors être sérieusement détériorée. Sa restauration fut entreprise à partir des années 1970 avec le démantèlement de l’usine et les fouilles dans les années 1980. L’édifice se compose aujourd’hui d’une nef dotée de collatéraux de 4 travées, terminée par un transept et un chevet dont seule l’absidiole droite subsiste à ce jour (l’abside majeure ne subsiste que très partiellement et l’absidiole gauche a été totalement détruite au XVIII.me siècle). Le portail méridional de l’édifice mérite d’être mentionné : en marbre blanc, il est daté du XIII.me siècle. Sa composition est très originale, avec une division de la partie inférieure du tympan en deux arcs plus petits et séparés par une clef pendante sculptée d’un splendide Christ, dont l’attitude est saisissante. Le portail est attribué (notamment pour le Christ) au sculpteur Raymond de Bia, auteur signataire de reliefs funéraires ornant le cloître d’Elne. Aujourd’hui l’édifice n’est pas visitable, si ce n’est le croisillon gauche, Notre Dame dels Correchs (Notre-Dame des Ravins), à partir de la cathédrale gothique. Ce croisillon supporte le clocher roman, dont seule la partie inférieure est médiévale : il a été surmonté de trois étages en brique au début du XVIII.me siècle. La cathédrale de Perpignan est dotée d’un carillon de 46 cloches fondues en 1878 par la fonderie Amédée Bollée du Mans. Le carillon est installé dans le clocher de l’église Saint-Jean-le-Vieux, mitoyen de la cathédrale. En 1996, le carillon, propriété de l’Etat, a été restauré par l’entreprise France carillons d’Hérépian. Depuis, les carillonneurs, nommés par ordonnances épiscopales, sont chargés de mettre en valeur cet instrument, tant sur le plan culturel que cultuel. Ce carillon constitue le deuxième ensemble campanaire de la région Languedoc-Roussillon après celui de l’église Saint-Vincent de Carcassonne. Couvrant quatre octaves, le carillon est doté d’un clavier de type « coup de poing » permettant de jouer des airs traditionnels profanes ou religieux. Outre lors des grandes fêtes religieuses (Pâques, Noël, Ascension, Pentecôte, Assomption et Toussaint), le carillon est régulièrement utilisé notamment le samedi après-midi. Parmi ces 46 cloches, quatre cloches peuvent sonner en volée (lancer-franc) et sont utilisées pour les offices religieux. Le bourdon pèse 1,63 tonne, mesure 137,7 cm de diamètre et donne la note ré3. Le carillon de Perpignan est classé Monument historique en 1990. La cathédrale est également doté d’un petit carillon pour l’horloge situé dans un campanile en fer forgé au sommet de la tour du beffroi, sur la droite de la façade principale. Les cloches sont sonnées par tintements. Le bourdon mesure 202 cm de diamètres et pèse près de 5 tonnes, fondu en 1418 c’est une des plus anciennes et des plus grosses cloche de la région. Le 12 octobre 2007, quelques objets liturgiques ont été volés au cours de la nuit. Heureusement, la majorité des pièces ne remontaient qu’au XIX.me siècle et n’avaient pas de réelle valeur artistique ou historique.
Nous commençons la découverte de la cathédrale en pénétrant dans la nef unique, elle est très vaste, mais mal éclairée, elle a été consacrée en 1509, puis nommée cathédrale en 1609 à la place de celle d’Elne. La cloche bourdon de la cathédrale est enfermée dans une cage en fer, il provient du Canigou, il a pour qualité de ne pas rouiller. Nous remarquons les contreforts, ils sont énormes, toute la charge de la construction se rejoint sur eux, habituellement les contreforts se trouvent à l’extérieur. Ici ils sont à l’intérieur, ils délimitent les chapelles latérales. Nous découvrons un magnifique orgue, il est en bois de style gothique, bien sûr au vu de son âge, il a été remanié. Dans la pénombre nous distinguons les retables, le monnayeur qui permet d’éclairer la cathédrale est hors d’usage, il a été saccagé, nous avons donc du mal à découvrir la splendeur des retables. Ils sont parfaitement décorés, c’est un des plus beaux retables catalan, ils sont du style baroque, ils datent du XVII et XVIII.me siècle. Nous passons devant un gisan, c’est celui d’un des évêques de Perpignan, il est en marbre blanc. Nous accédons dans l’église attenante, Saint-Jean le vieux, on y est accueilli par le gisan d’un roi de Majorque, nous apercevons une vierge et l’enfant qui se trouve sur ses genoux. Derrière une grille on découvre un baptistaire, il a été creusé dans une colonne romaine. Nous déambulons dans le campo Santo, ou cloître cimetière, Les murs du cloître sont en pierre galet roulé, les galets ont été récupérés dans la rivière, presque toutes les maisons du centre historique de Perpignan, ainsi que le Castillet et le palais des rois de Majorque ont été édifiés grâce aux pierres galets roulés. Le campo Santo est le plus ancien cloître funéraire en France, il date du XIV.me siècle, il est monument historique depuis 1910. Il est l’œuvre de l’abbé Guillaume Jorda entre 1300 et 1330, le bâtiment actuel se compose de 4 galeries de 54 mètres de long. Auparavant les galeries étaient recouvertes de bois, la charpente était soutenue par des colonnes à chapiteaux. Ce sont les riches familles de la noblesse et de la bourgeoisie catalane qui étaient inhumées sous le cloître. Un ossuaire centrale, creusé au milieu de la place fut construit en 1321, il était réservé aux moins fortunés. Le campo Santo après la révolution a été occupé par l’armée, puis par le séminaire, enfin il accueillera la gendarmerie nationale qui évacua les lieux en 1984. Nous passons devant la petite chapelle funéraire, église Saint-Jean le vieux, elle est de style gothique, elle date de la fin du XIV.me siècle, elle a été financée grâce à des dons privés et par un gros legs de 200 livres provenant de Barcelone. Au XV.me siècle elle change de fonction, elle devient salle de cours, puis salle capitulaire, après la révolution elle a été transformée pour recevoir les archives de la ville. Elle est dédiée à Saint-Jean l’évangéliste, elle présente un plan à nef unique, composée de 2 travées sur croisées d’ogives. Nous ressortons par la cathédrale, nous déambulons dans de petites rues, elles nous conduisent au Castillet. Après le manque d’éclairage dans la cathédrale, nous sommes accueillis au Castillet par 2 personnes de l’office du tourisme, qui ont plus la vocation d’être gardienne et gardien de prison, mais ne possède surtout pas un rôle d’accueil dans un site touristique. Nous n’avons pas de guide à notre disposition, alors nous allons flâner à notre gré dans le Castillet, dont voici une présentation :
Le Castillet ou Castellet (en catalan) est un monument de la ville de Perpignan qui fut tour à tour porte de la ville et prison d’Etat. Aujourd’hui il abrite le Musée Catalan des Arts et Traditions Populaires (La Casa Pairal). Il fut également appelé à certaines époques Baluard ou Bastilla. Le Castillet est constitué de deux parties que sont le Grand Castillet et le Petit Castillet. Il est considéré comme un document archéologique de la plus grande importance pour l’histoire de la ville, et constitue un type d’architecture militaire unique en son genre. Il est de plus décoratif avec son couronnement de crénelages, de consoles et de tourelles de style mauresque. Le Grand Castillet fut construit vers 1368 par le maître d’œuvre Guillaume Gatard sur ordre de l’Infant Don Joan d’Aragon, pour remplacer la porte dite du Vernet qui permettait de traverser les remparts et de faire communiquer la ville avec le faubourg. Le nouveau passage comportait un pont-levis qui n’existe plus. La construction massive du bâtiment était celle d’un château fort défensif pour résister à toute offensive venant du nord. L’occupation éphémère du Roussillon par Louis XI permit d’en changer la destination. La forteresse devenait inutile puisque tout conflit avec la France était terminé et l’on en fit une prison d’État. Les fenêtres furent garnies de grillages en fer, le passage du pont-levis fut supprimé. Cependant, il fallait assurer une issue de la ville vers le Vernet et l’on juxtaposa le Petit Castillet à la primitive bâtisse en 1478. Ce fut le Portal de Nostra Dona del Pont ou Porte de Notre-Dame du Pont. En 1542, Charles Quint fit couvrir le Castillet au nord au moyen d’un bastion polygonal dont la pointe et l’échauguette s’avançaient vers la Basse (rivière située au nord). Les ouvriers utilisèrent les matériaux provenant de la Chapelle Notre-Dame du Pont qui fut démolie (ainsi que les maisons du faubourg) pour des raisons stratégiques. Suite à la destruction de cette chapelle on plaça le Castillet sous la protection de Nostra Dona del Pont et la statue de la Vierge qui l’ornait pris place dans la chapelle. Par la suite, la statue fut placée sur la façade dans une simple niche pratiquée dans le mur (la niche concave, visible de nos jours, ornée d’un encadrement gothique date de 1864). Vauban fit renforcer le bastion polygonal de Charles Quint et remit le Castillet en état de défense. Au cours de ce siècle on construisit également le Corps de garde. Il s’agissait d’une bâtisse assez simple (démolie en 1843), située côté sud au rez-de-chaussée et couverte de tuiles. Elle servait comme son nom l’indique de lieu de vie au Corps de garde. Une cour longeant le mur du Castillet permettait d’accéder à la porte du monument. En 1904, on démolit l’enceinte fortifiée de Perpignan mais on respecta le Castillet. Les béquilles qui le reliaient aux remparts disparurent et le bastion et son échauguette furent dynamités. Au XX.me siècle, le Castillet abrita les Archives Municipales de ville de Perpignan. De nos jours, il abrite le Musée Catalan des Arts et Traditions Populaires aussi appelé La Casa Pairal. Les maçons aux XIV.me et XV.me siècles à Perpignan, utilisaient les galets tirés de la rivière et la brique, mais les constructions militaires étaient faites exclusivement en briques. Le ciment quant à lui était un amalgame de chaux et de briques pilées (le terbol), très adhérent et résistant. Le Grand Castillet mesure 31 mètres de longueur et le Petit huit mètres. La hauteur des parapets du crénelage est de 20 mètres au-dessus du sol et celle du faîte de la tourelle de 29,20 mètres. L’épaisseur des murs est de 3,50 mètres à la base, de 2,80 mètres au deuxième étage et de 1,60 mètre au troisième. Un escalier en spirale d’un diamètre de 2,77 mètres dessert le Grand Castillet. Un second escalier en colimaçon a été pratiqué dans l’épaisseur du mur entre le Grand et le Petit Castillet. Ils permettent l’un et l’autre d’accéder à la terrasse. Le Castillet, prison d’État, recueillit les délinquants de droit commun et les soldats détenus. Un document établi par un officier du Génie au XVII.me siècle (Archives historiques du fort de Vincennes) indique comme suit la disposition des locaux : Grand Castillet : en sous-sol le « cachot blanc ». Au premier étage la chambre du Gouverneur (occupé dans les années soixante par les Archives Municipales). Au deuxième étage la chambre « où sont les fanatiques » et la chambre « où l’on donne la question » avec les instruments de supplice. Petit Castillet : En sous-sol le « cachot noir ». Au premier étage la chambre dite des « galériens ». Au deuxième étage la chambre « où l’on enferme les soldats » et la chapelle. Au troisième étage la chambre « où l’on enferme les femmes ». Les prisonniers sont conduits, pour leur promenade, tout en haut sur la terrasse dallée de pierres. Le Corps de garde : pour servir le Corps de garde. En 1948, Louis Xaragai prit possession de son poste de bibliothécaire municipal au Castillet. Dès son arrivée, il fut intrigué par une fenêtre encadrée de pierres blanches, qui avait dû être jadis grillagée mais qui était maintenant bouchée. Il alerta des maçons pour dégager cette ouverture et savoir quel était là-haut l’état des lieux (la dite fenêtre se trouve dans le mur du Petit Castillet, à gauche de la statue de la Vierge). On eut fait de dégager les pierres qui la clôturaient mais l’ouvrier se retira aussitôt, suffoqué par une forte odeur nauséabonde : « Il y a un cadavre là-dedans ! » s’écria-t-il. On alla voir et on se trouva dans un réduit, mesurant trois mètres de long, quatre-vingt centimètres de large et de deux mètres de haut, fermé par une porte en bois doublée de lames de fer. On y découvrit le squelette d’un enfant : son corps allongé reposait sur un terreau de soixante centimètres. Il devait être habillé lorsqu’on l’y déposa, car il portait des chaussures de cuir. On recueillit des ossements, des lambeaux d’étoffe, le bout d’une chaussure, des os d’animaux (restes d’un repas), une assiette de l’époque Louis XVI, croit-on, et une moitié de cruche. L’énigme était posée et diverses hypothèses furent envisagées comme la plus folle qui avançait qu’il s’agissait de Louis XVII. Le Dauphin aurait été confié à des commissaires chargés par la Convention nationale de conclure la paix avec l’Espagne, qui exigeait comme condition préalable la remise de l’enfant. Décédé pendant les négociations, il aurait été inhumé en secret au Castillet. Après étude, il apparut que l’enfant martyr ne fut enfermé dans sa geôle qu’à la fin du XIX.me siècle. Mais son sort pose toujours une troublante énigme : Avait-il commis quelque forfait? Était-ce un fou? Ou bien sa famille voulait-elle se débarrasser de lui par haine ou par cupidité, en vue d’un héritage? Nous sommes en plein mystère.
Après une visite improvisée du Castillet, nous affrontons de nouveau, un fort vent glacial, nous serpentons dans des rues piétonnes, elles nous mènent à la place de la Loge, où nous allons découvrir la cour de la mairie. Bon, elle est un peu facile, dès que nous pénétrons dans la cour, nous avons une odeur de chaussettes qui s’y dégage. Au centre de la cour se trouve une fontaine, au milieu de laquelle se dresse la statue de Mayol. Les balustrades des balcons sont en dentelles de pierre, cette façade date de 1842, elle fait contraste avec l’autre façade construite en galets roulés et en marbre qui possède des fenêtres de style ogivale. Nous continuons notre circuit à travers des rues commerçantes, où il est impossible de trouver 2 cartes postales de Perpignan. Bon, le ventre commence à crier famine, nous sommes à la recherche du restaurant où nous allons déjeuner. Enfin, voici la Casa Sansa, une brasserie toute ordinaire, on nous case au fond de la salle. Nous sommes entassés les uns sur les autres, c’est vraiment la cantine. Le repas constitué de tapas, d’une paëlla et d’une crème catalane a tout de même duré 3 heures 30. Cette adresse est à oublier, nous allons rejoindre notre bus, nous devons aller visiter le palais des rois de Majorque. C’est sous un vent violent que nous débarquons devant les remparts du palais, c’est coupé en deux que nous progressons dans le parc du palais, le vent souffle à la cime des sapins. Nous montons insensiblement en empruntant un cheminement en bois, puis nous rencontrons notre guide qui va nous faire découvrir le palais des rois de Majorque, dont voici une présentation :
Le palais des Rois de Majorque, Palau dels Reis de Mallorca (ou Castell Reial de Mallorca ou Castell Major) en catalan est un palais-forteresse de style gothique situé à Perpignan. Cet édifice fut achevé en 1309. Le palais est situé sur la colline du Puig del Rei, qui domine la plaine du Roussillon et la ville de Perpignan, et qui fait face au quartier populaire et pittoresque de Saint-Mathieu. On y aperçoit au loin les sommets enneigés du massif du Canigou. Parmi ces bâtiments se trouvent notamment le palais majorquain de Jaume II qui témoigne de la richesse de ce petit royaume méditerranéen du XIII.me siècle. La citadelle fut développée par Louis XI puis renforcée par Charles Quint et son fils Philippe et ne cédera aux troupes de Louis XIII, qu’après un siège de dix mois, le 9 septembre 1642. En 1276, le roi de Majorque Jaume II fait de Perpignan sa capitale. Sur une colline au sud de la ville, il commence à faire construire un palais entouré de jardins qui sera achevé en 1309. Il sera construit en 25 ans. Il se trouve au cœur de la citadelle de Perpignan. Longtemps appelé le château de Perpignan il ne trouvera son nom de Palais des rois de Majorque qu’au XIX.me siècle. Organisé autour de trois cours de 60 mètres de côté, c’est un palais-forteresse de style gothique. Il est composé en entrant de la tour des hommages, de la salle( banquets, réception, réunions..) les premiers appartements du Roi lors de la construction. En face l’entrée la première chapelle dite basse ou de la Reine et au-dessus de part et d’autre de la chapelle haute les appartements du Roi et de la Reine. Sur les côtés se trouvent les communs, les écuries et hangars. Il abrite notamment deux chapelles superposées : une chapelle basse, dite chapelle de la Reine, et une chapelle haute, dite de Sainte-Croix, au très beau portail de marbre rose, qui présente des caractéristiques communes avec la Sainte Chapelle construite quelques décennies auparavant. Ce portail est du gothique visible par un soubassement avec des angles droits et des sculptures bien détachés de la paroi même si le haut de la porte est arrondi. À l’intérieur les fenêtres sont gothiques ainsi que la voûte. La chapelle est accessible de part et d’autre par les appartements de la Reine (à droite) et du Roi ( à gauche). Dans l’alcôve qui cache la porte du Roi se trouve une frise verte qui reprend l’écriture arabe pour signifier Allah  » Il n’est de Dieu que Dieu « . C’est un mélange de culture arabo-hispanique avec une architecture en évolution du roman vers le gothique. Le Palais fut l’un des endroits clef des négociations entre l’empereur Sigismond de Luxembourg, et l’antipape Benoît XIII, pour permettre au Concile de Constance de mettre fin au Grand Schisme d’Occident. Ce palais a connu quelques transformations lorsque les rois d’Aragon y ont pris la suite des rois de Majorque, et s’ouvre alors au XV.me siècle, le Siècle d’or catalan. L’intégration du palais à la citadelle de Perpignan, commencée sous les rois catholiques et achevé par Charles Quint, modifièrent profondément sa structure. Lors du siège de 1502, une grande partie de l’aile nord du palais fut détruite. Aujourd’hui seule une tour sur les sept qui jalonnaient l’enceinte subsiste à sa hauteur originelle. Le Traité des Pyrénées formalise une paix conclue entre le royaume d’Espagne et le royaume de France à l’issue d’une partie de la guerre de Trente Ans (1618-1648), la guerre franco-espagnole commencée en 1635. Ces jardins situés dans l’enceinte du palais sont une oasis de calme et de verdure surplombant la ville de Perpignan. Ils sont sur deux niveaux au-dessus des remparts et permettent une vue sur l’ensemble de la plaine du Roussillon vers l’Ouest, le Força Réal, le massif du Canigou, et la chaîne des Albères jusqu’à la mer Méditerranée. Au XIV.me siècle, une ménagerie peuple le château et partage l’intimité de la famille royale. On y voit des loups, des ours, des lions et des lionnes, dans les fossés, il y a également des perroquets, des lévriers, une fauconnerie pour la chasse, et dans les bois proches hors les murs il y a des autruches, paons, lapins et porcs-épics pour la réserve de chasse du roi.
Notre guide n’a rien à voir avec nos 2 gardiens de prison qui sévissent au Castillet, elle nous choisit un endroit à l’abri du vent dans la cour d’honneur pour commencer la visite. Il y a 800 ans Perpignan n’était ni espagnol, ni français, Perpignan était catalan. Le royaume catalan va être balloté entre les 2 grands royaumes monarchiques français et castillan du côté espagnol. Au XII.me siècle, il y a des comtes indépendants qui se succèdent, les comtes du Roussillon règnent donc sur Perpignan et la province du Roussillon. En 1172, le dernier comte indépendant du Roussillon, Gérard II meurt sans laisser de descendant. Peu avant sa mort, il transmet le Roussillon à son neveu Alphonse, il est comte de Barcelone, en plus il est roi d’Aragon. A partir de cette date, ce sont des comtes rois qui vont se succéder, ils sont à la fois comte du Roussillon, mais aussi comte de Barcelone et roi d’Aragon. Au XIII.me siècle soit un siècle plus tard, on s’intéresse à un de ces comtes rois, il est très important pour l’histoire de ce palais des rois de Majorque. Il s’agit de Jacques le Conquérant, Conquérant oui parce qu’il va reprendre beaucoup de territoires aux arabes ou plus précisément aux maures. A l’époque au sud de l’Espagne, il y a un royaume très riche et prospère, c’est l’Andalousie. Les maures ont des palais somptueux, richement décorés et très modernes pour l’époque. Jacques le Conquérant arrive à reprendre aux maures, les îles Baléares et également Valence. Pour donner un point de repère, Jacques le Conquérant est contemporain du roi de France Saint-Louis ou Louis IX. Ils sont amis, ils ont fait ensemble leurs études à la Sorbonne, ils vont même marier leurs enfants. La fille de Jacques le Conquérant épousera le fils de Saint-Louis, Elle sera donc reine de France en devenant l’épouse de Philippe III le hardi. Isabelle d’Aragon ne sera hélas peu de temps reine de France, elle décédera suite à une chute de cheval. Pour l’histoire montpelliéraine, Jacques le Conquérant ou Jacques II est le petit fils du dernier Guilhem, Guilhem VIII qui va céder la seigneurie faute de descendant mâles, ses fils sont tous décédés à sa fille Marie de Montpellier. Cette dernière épousera Pierre II d’Aragon, avec lequel par une mise en scène théâtrale de coucherie, ils engendrent le futur Jacques le Conquérant dans un hôtel à Montpellier. Jacques le Conquérant à 2 fils, Jacques le benjamin, et Pierre l’aîné. Jacques le Conquérant n’appliquera pas la règle du droit d’aînesse, il décide de diviser en 2, de manière à peu près équitable son royaume entre ses 2 fils. L’aîné Pierre va hériter à ce qui correspond aujourd’hui à la Catalogne sud, l’Aragon et Valence qu’il vient de reprendre aux maures. Son second fils, Jacques II quant à lui, il hérite d’un nouveau royaume qu’il va créer et que l’on baptisera le royaume de Majorque. Pourquoi royaume de Majorque, car en plus de la Catalogne nord ou l’ancienne province du Roussillon, de la seigneurie de Montpellier qui par des mariages était devenue catalane, Jacques le Conquérant adjoint à ce royaume les îles Baléares. La plus grande île de l’archipel des Baléares est Palma de Majorque, c’est elle qui donnera son nom au nouveau royaume. Le palais que nous allons visiter est la résidence du jeune fils de Jacques le Conquérant, il sera le premier roi de Majorque, il sera Jacques II. Perpignan sera la capitale du nouveau royaume, car géographiquement la ville est au milieu de ce petit royaume, il présente un fort désavantage. Il est complètement disloqué dans l’espace, on a les îles séparées par la mer au sud, Montpellier plus au nord séparé par le Languedoc qui est déjà passé aux mains des français. Sous le royaume de Majorque Perpignan est très dynamique, la ville commerce avec tout le monde médiéval de l’époque, la ville compte 400 ateliers de tissage. Le roi choisit un endroit en hauteur pour y implanter sa résidence, il doit montrer que c’est lui le roi. Cette résidence doit être aussi château fort, le souci de ce jeune fils, c’est que évidemment que son frère aîné Pierre d’Aragon n’a jamais accepté la décision paternel de diviser le royaume en 2. En tant que fils aîné, il juge que tout le territoire doit lui revenir, il va donc y avoir très rapidement des luttes fratricides qui vont accompagner toute l’existence de ce petit royaume. Jacques II est donc dans l’obligation de se protéger, c’est pour cela que l’extérieur du palais à l’aspect d’un véritable château fort. Nous sommes à l’abri sous la tour de l’hommage, au moyen âge la tour est un symbole très important, elle permet de se montrer et d’être vue. Comme tous les châteaux forts les remparts sont garantis par un fossé, nous l’avons traversé en franchissant un pont de pierre qui a remplacé l’ancien pont levis. Derrière nous sous la tour de l’hommage, nous découvrons une grille en bois, bien sûr elle était ferrée au moyen âge, c’était une herse qui protégeait l’entrée du palais. A l’extérieur nous avons bien l’aspect d’un château fort, par contre à l’intérieur nous avons bien à faire avec un palais, il est complètement différent, tout mais pas un château fort. Jacques II n’est pas un roi guerrier, c’est un fin lettré, ce qu’il veut avant tout, c’est d’avoir un palais élégant, confortable avec toutes les commodités de l’époque. Le royaume de Majorque va durer que 75 ans, il y aura 3 rois de Majorque Jacques II, son fils Sanche puis Jacques III qui sera le dernier roi de Majorque. Les attaques successives et incessantes des rois aragonais, tout au long de ces 75 ans d’existence du royaume de Majorque vont avoir raison. C’est Pierre IV le cérémonieux qui arrive à mettre la main sur le Roussillon en 1344, c’est la fin du royaume de Majorque, ses territoires vont revenir du côté aragonais barcelonais, il n’y aura plus d’indépendance du Roussillon. Ensuite le Roussillon sera sous domination castillane avec les rois catholiques, suite au mariage d’Isabelle de Castille avec Ferdinand d’Aragon. A partir de cette date, le palais deviendra citadelle, et ne sera plus résidence royale, le palais sera délaissé, les rois castillans ne viendront plus séjournés ici. On aura de cesse de réadapter l’architecture de ce vieux château aux nouvelles techniques de guerre de l’époque. C’est au XV et XVI.me siècle que date l’énorme étoile à 6 branches, elle englobe tout le palais, elle est constituée de bastions énormes en briques rouges. C’est au XVII.me siècle que le Roussillon deviendra français, suite au traité des Pyrénées signé en 1659. Nous empruntons un escalier pour nous rendre à la cour du trône, à l’intérieur l’architecture est plus raffinée, dehors c’est le rude château fort qui symbolise le côté militaire indispensable, mais beaucoup de choses font apparaître que Jacques II n’est pas un roi guerrier. Par contre à l’intérieur, on a vraiment un lieu de vie élégant, où l’on a toutes les nouveautés de l’époque qui vont s’exprimer au travers du nouvel art gothique venu de l’île de France. Jacques II était en contact permanent avec la France. L’art gothique va s’entremêler avec un art venant du sud, il provient des maures qui sont voisins des catalans, des liens commerciaux sont entretenus entre le royaume de Majorque et les maures d’Andalousie. C’est une époque de prospérité, d’ouverture d’esprit, il va même il y avoir des mariages entre ces différentes populations. L’influence architecturale mauresque s’harmonise avec l’art gothique du nord, ce qui fait de ce palais, un lieu unique pour la fin du XIII.me siècle, et extrêmement en avance sur son temps. Il faut savoir que ce sont les arabes qui avaient amené toutes les connaissances, au niveau médical, scientifique, astronomique, hygiénique etc. la cour du trône est carrée, elle est très aérée et spacieuse ce qui est très rare pour cette époque. Autour de cette cour on trouve 4 ailes, comme tout l’ensemble est très hiérarchisé, fonctionnel et rationnel, chaque partie va avoir une fonction précise. Nous sommes ici réfugiés à l’abri dans l’aile du pouvoir temporel, le pouvoir du roi, nous sommes dans la salle du roi où il va rendre la justice et exercer son pouvoir. Tout à l’heure nous étions sous la tour de l’hommage, elle symbolise le roi, hors qu’en on entre, on est frappé par une autre tour qui est plus haute. Elle symbolise le second pouvoir du moyen âge, un pouvoir qui est au-dessus du pouvoir du roi, c’est le pouvoir divin. Nous sommes face à la tour chapelle, elle renferme en son sein 2 sanctuaires, la chapelle basse et la chapelle haute. La tour chapelle est donc plus haute que la tour de l’hommage, ce qui veut dire que le roi reste humble et inférieur à dieu. Dieu est au- dessus de tous les hommes, et par conséquence du roi lui-même, et le plan du palais va être ordonnancé autour de l’axe majeur des 2 tours. La tour de l’hommage à l’ouest qui répond directement à l’est, à la tour chapelle qui est encore plus haute. A l’ouest le pouvoir temporel et à l’est le pouvoir spirituel, sur notre gauche l’aile nord, c’est la partie administrative, appelée la chancellerie, on y trouve la salle des timbres, du blason, du sceau etc, c’est ici que le roi signe les documents. A gauche de la chapelle se trouve les appartements du roi, à droite de la chapelle sur le même plan horizontal les appartements de la reine. Quant à l’aile sud, c’est la partie la plus récente, c’est ce que l’on appelle la aula ou salle de réception ou salle des fêtes, où va se tenir les conciles et les parlements. Le palais sera construit rapidement pour le moyen âge, il n’a fallu que 35 ans de travaux. Ils auraient démarré vers 1262 avant même l’avènement de Jacques II, et 1309 avec la consécration de la chapelle haute. Ce qui fait la richesse de ce palais, c’est l’éclectisme et la fusion culturelle au niveau des décors. L’art mauresque se voit déjà dans l’architecture, cour carrée et spacieuse, de grands escaliers somptueux et monumentaux de part et d’autre de la cour d’honneur, des escaliers à degré que l’on trouvera au nord de la France beaucoup plus tard à la renaissance. L’art gothique est également présent, nous pouvons voir des arcs brisés, c’est le style gothique septentrional, comme il y a plusieurs styles gothique, nous remarquons aussi du gothique méridional qui se mêle plus au style roman. Nous distinguons de grands arc monumentaux, ce ne sont pas des arcs romans, car ils ne sont pas en plein cintre, mais, ils sont beaucoup plus larges avec des piliers assez fins, c’est ce que l’on appelle des arcs à anse de panier. Ces 3 styles mauresques, gothiques septentrional et gothique méridional s’entremêlent constamment. Enfin, ce qui va donner une harmonie au palais, c’est que l’on décide de mélanger les couleurs, vu que l’on va utiliser des matériaux différents. Bien sûr le marbre, il y en a 3 sortes, du blanc tacheté de bleu qui vient de Bachas, que nous pouvons découvrir sur les arcs dits à anse de panier. Par contre le superbe portail de la tour chapelle, nous pouvons admirer du marbre blanc veiné de rose qui vient de Céret, alterné avec du marbre rose qui vient de Villefranche de Conflens. Tout cela va donner une élégance au palais, et une sensation de légèreté, une sorte d’architecture féminine. Dans les colonnes il y a de petites ouvertures, au moyen âge lors de forte tramontane, pour s’abriter du vent en hiver, on place au fond de l’ouverture un cadre en bois sur lequel on tend des toiles de lin. Nous passons dans la première chambre du roi, au début de son règne, Jacques II va faire construire un petit appartement ou chambre provisoire, de manière à ce qu’il puisse loger avec sa reine quand il était de passage à Perpignan. De passage, car il avait d’autres résidences à Palma de Majorque, à Montpellier et à Collioure. C’est le palais primitif, il se trouve à l’angle sud-ouest, c’est la plus ancienne partie du palais. Des pierres de calcaire ou pierres de taille ornent la pièce, mais elles sont très onéreuses, on les réserve pour les parties visibles comme autour des fenêtres, des portes et sur les grands escaliers. Comme on est très malin, on va employer un matériau gratuit, tout venant dont on n’a pas besoin de tailler, ce sont les gros galets de rivières. Ces galets on les fait tenir avec un mortier constitué de chaux, de sable et d’eau. Pour permettre d’absorber l’humidité, on alterne le mélange galets de rivière et mortier avec des assises régulières de briques rouges, le Roussillon possédait beaucoup de fabriques de briques au moyen âge. Depuis l’époque romaine, on emploie la brique pour l’étanchéité des murs. Au moyen âge on ne voyait pas les galets, on ne trouvait pas que ça faisait très prestigieux à côté de la belle pierre de taille ou du magnifique marbre. Pour ce faire on camouflait soigneusement tous ces galets avec un enduit de chaux, et pendant que la chaux était encore fraîche, c’est le principe de la fresque, on y déposait des pigments de couleurs pour y faire des décors magnifiques. Au moyen âge, on aime la couleur, il faut s’imaginer les murs avec des fresques avec du rouge, du vert, du jaune et du bleu. On y dessinait des animaux exotiques, on nous parle ici de la salle des perroquets des végétaux et des motifs géométriques. Aujourd’hui les murs sont dénoués de décoration, ils sont blancs ou gris. A l’extérieur, les galets de rivière étaient également camouflés, on recouvrait les galets d’un enduit, sur lequel on dessinait de fausses pierres de taille. Dommage tout cela a disparu, en 1958, lors de la restauration, on a voulu aller trop vite. En arrachant le crépi des militaires, qui sont restés au palais des rois de Majorque jusqu’en 1958, on a tout enlevé, certes le crépi militaire, mais aussi le trompe l’œil médiéval. Nous nous rendons dans la salle du conseil, elle est très impressionnante par son volume, c’est fait exprès, il fallait montrer la puissance et le pouvoir du roi de Majorque. C’est la salle publique, elle est appelée en catalan la Aula, tout comme la camera signifie la chambre et la capella la chapelle. C’est à l’aula qu’on va banqueter, festoyer, c’est une salle polyvalente où se tenaient les réunions du parlement royal autour du roi de Majorque. Le parlement était constitué de corses ou ce que l’on appelle en France de consuls, parmi lesquels il y avait 3 collèges. La main mineure constituée de travailleurs manuels, la main moyenne constituée de commerçants et la main majeure constituée de riches bourgeois. La noblesse et le clergé n’était pas représenté au parlement royal, ce qui était exceptionnel pour une société à la fin du XIII.me siècle. On voulait garder une indépendance politique et judiciaire envers les clercs et les nobles, nous pouvons parler de tout premier conseil municipal autour du roi de Majorque ou encore d’une monarchie constitutionnelle. La salle n’a rien à envier à l’architecture religieuse, elle est construite comme les églises du Roussillon, on retrouve les mêmes arcs monumentaux que nous avons vu ce matin dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste. Ce sont des arcs diaphragmes, car ils sont ressemblants avec le diaphragme humain, ils sont caractéristiques du gothique méridional. Une énorme cheminée meuble une partie d’un mur, en fait elle est divisée en 3 volumes, dans le foyer central on y brûle les branchages qui répandent la chaleur dans les 2 autres volumes, on a à faire à une sorte de chauffage central. Bien sûr ce système ne permet pas de tempérer cette immense salle. Les domestiques vont donc amener des bras zéros contenant de la braise auprès des nobles ou des consuls, afin qu’ils endurent le froid. Au moyen âge les murs étaient décorés de fresques, et en hiver par-dessus les fresques, on tend des tapisseries, des tentures aux couleurs très vives, en plus de décorer ces lainages permettent de calfeutrer l’atmosphère. De même que le sol était recouvert de mous et épais tapis, lors des réceptions le roi et la reine prenaient place juste devant la cheminée. La reine a un statut important, elle assiste à toutes les décisions, aux actes politiques de l’époque, ce n’est pas qu’une reine pondeuse. Ils sont assis devant une table étroite, car on moyen âge on ne mange que d’un côté de la table afin de pouvoir regarder les spectacles. Il y avait des montreurs d’ours, des jongleurs, des conteurs, des ménestrels, des joutes chevaleresques qui ont lieu dans la cour d’honneur, les musiciens sont aussi très présents dans la salle, ils sont installés sur des estrades. Les repas étaient interminables, alors pour s’aérer on sortait par une petite porte. Elle permettait d’accéder à un escalier mobile, qui descendait dans les jardins royaux. Là, on pouvait se balader au milieu d’animaux en tout genre, des paons, des porcs épics, des lapins, des moutons et d’autruches. On peut s’imaginer l’écran de verdure qu’il y avait autour du palais, les jardins royaux étaient immenses, ils allaient jusqu’à la vieille ville, elle était concentrée autour de la cathédrale. La cour du roi de Majorque était très raffinée, sur le sol on répandait des fleurs d’orangers pour embaumer le palais, il était continuellement parfumé. Les cuisines se trouvaient au rez-de-chaussée, les domestiques montaient les plats par un escalier très étroit, ils disposaient les mets dans la cheminée afin qu’ils ne refroidissent pas avant d’être servis à table. Des bancs sont disposés contre les murs, les femmes y prenaient place, où elles attendaient que l’on les invite à danser lors des bals organisés dans la salle. Nous nous dirigeons vers la chapelle royale, nous montons au troisième et dernier étage du palais, nous sommes en relation avec le pouvoir divin. Pour y parvenir nous avons monté un escalier en bois, auparavant il était en marbre. Pour revenir au symbolisme tout en bas les domestiques avec les dépendances, dont les immenses cuisines. Au premier étage le roi et les nobles, et ici, au troisième étage et dernier, il est réservé au spirituel. Nous sommes devant la chapelle de la Sainte-Croix, elle a été construite à la même période que la Sainte-Chapelle à Paris, elle a été conçue comme un énorme reliquaire. A l’intérieur, il y a une énorme et magnifique croix en or, dans laquelle est incrusté un morceau de la croix du Christ. C’est pour cela que nous avons de part et d’autre de l’autel, il y a des rectangles où étaient exposées en permanence les reliques. Nous sommes devant une architecture gothique septentrionale, par contre si l’on regarde le portail, on est devant un style roman. Nous découvrons des arcs en plein cintre, ils sont superposés par des arcs dits architrave, qui symbolisent l’art gothique méridional. Pour être complet l’art gothique du nord est présent, par la sculpture et la représentation d’animaux sur les chapiteaux. Pour ne pas faire simple, nous remarquons le style mauresque dans les montants de bois de la porte, ils sont décorés d’arabesques. Nous avons devant nous, sur le portail de la chapelle, un résumé des 3 styles présents au palais des rois de Majorque. Nous pénétrons dans la chapelle, nous nous installons sur des bancs dans la nef. Le style gothique du nord est très présent, au plafond nous distinguons des croisées d’ogives. Nous découvrons la représentation de la voûte céleste, comme à la Sainte-Chapelle à Paris, les fenêtres sont décorées de vitraux. Ils sont de type gothique rayonnant, malgré cela la chapelle reste sombre. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un château fort, nous sommes dans le donjon du palais, depuis l’extérieur on ne voit pas de chevet qui distingue habituellement les chapelles. C’est une tour rectangulaire, comme celle de la cour de l’hommage, la chapelle est donc implantée dans une tour d’aspect défensif. Il ne fallait pas fragiliser l’ensemble de la structure militaire, derrière les vitraux, ce sont des pans de murs qui apparaissent, les vitraux ne sont donc pas éclairés par la luminosité de l’extérieur, les ouvertures n’existent pas, elles auraient rendues le château fort dépecé de son rôle défensif, les vitraux n’ont qu’un rôle de décoration. De part et d’autre de la chapelle, il y a 2 loges, l’une pour le roi et l’autre pour la reine, elles communiquent par de petites portes avec leurs appartements privés. Les plus beaux décors sont dans la loge du roi, des fresques ornent tout le tour de la nef, il en existe encore quelques fragments de ci de là. Nous terminons la découverte du palais des rois de Majorque par la visite des appartements de la reine, nous sommes dans une partie privative, nous y accédons par une petite porte. On y vient pour se reposer, pour y prendre le soleil, le lieu est situé au sud, il est réservé à la reine. Ce n’est pas tout le monde qui accédait aux appartements de la reine, on y trouve une petite cour privée, de l’autre côté de la chapelle, il y a les mêmes appartements qui sont réservés au roi. C’est dans les appartements de la reine que le roi vient rejoindre sa femme, aujourd’hui nous avons accès qu’à une toute petite partie des appartements de la reine, le reste n’est pas du tout restauré. Dans l’immense pièce où nous sommes, nous découvrons une immense table, elle est du XIV.me siècle, elle est très longue, mais très étroite, on pouvait y manger sans vis-à-vis pour contempler les spectacles donnés lors des repas. Au palais des rois de Majorque le raffinement était de mise, on mangeait avec des couverts, bien sûr en or et en argent, on ne mange pas avec les doigts comme en Ile-de-France. On se rince les doigts dans des soucoupes remplies d’eau parfumée à la rose, on ne s’essuie pas la bouche avec sa manche ou la nappe, mais avec un napperon qui est l’ancêtre de la serviette de table. ON a retrouvé des textes dits lois palatines, qui sont des règles de biens séances, elles vont régenter toute la vie du palais. Pour confectionner les sorbets que raffolaient les courtisans, on les rafraîchissait avec de la glace que l’on allait recueillir au Canigou. Trois reines vont se succéder au palais des rois de Majorque Escarnon de Foix épouse de Jacques II, marie d’Anjou épouse de Sanche et constance Alba Lamondre épouse de Jacques III, ensuite il y aura toutes les reines aragonaises qui vont se succéder au palais au cours des siècles suivants. Après une bonne heure de visite, nous redescendons les étages du palais, nous ressortons du palais, nous affrontons le vent qui à redoublé de puissance. Nous rejoignons l’autocar, nous sommes à l’abri du vent et du froid ambiant, nous reprenons l’autoroute pour rejoindre Montpellier, il est près de 20 heures quand nous accostons la capitale régionale, qui au XIII.me siècle faisait partie du royaume de Majorque.
Que dire de cette journée, après une matinée gâchée par le manque d’accueil à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste et au Castillet due à l’inefficacité de l’office du tourisme de Perpignan qui s’est vraiment montré en dessous de tout. Du repas de midi, qui aurait pu être réparateur d’une matinée tronquée, mais qui par son accueil, son service à l’emporte pièce ont mécontenté tout le monde. Par contre nous avons vraiment eu plaisir à découvrir le palais des rois de Majorque, la guide nous a fait vivre la vie éphémère du royaume de Majorque qui a eu tous ses éclats au XIV.me siècle. Comme d’habitude, madame Granel a su composé avec tous les imprévus indépendants de son fait, mais nous garderons tout de même une dent sur la politique néfaste de la ville de Perpignan en ce qui concerne le tourisme.

Michel Michelland

Perpignan est une commune française située dans le Département des Pyrénées-Orientales et la région Languedoc-Roussillon. Perpignan est la préfecture du département des Pyrénées-Orientales. Ancienne capitale continentale du royaume de Majorque, Perpignan fait le pont entre la péninsule Ibérique et le Sud de la France. Les habitants de Perpignan sont appelés les Perpignanais et les Perpignanaises. Perpignan comptait 117905 habitants intra-muros lors du recensement de 2009. Elle est la 30e commune la plus peuplée de France. En 2008, la population de son aire urbaine était de 296104 habitants. Il s’agit de la deuxième du Languedoc-Roussillon, après celle de Montpellier et devant celle de Nîmes. Vue aérienne de Perpignan, à gauche, la place de la Résistance, lieu de jonction du boulevard Georges Clemenceau et du boulevard Wilson. Au centre droit, le Castillet (El Castellet). La rivière la Basse, petit affluent du fleuve côtier la Têt est longée par le quai Sadi-Carnot (à gauche) où se trouvent la préfecture et le conseil général, et à droite le quai Vauban et ses commerces. L’altitude de Perpignan est de 40 mètres environ. La superficie de Perpignan est de 68,07 km2. La densité de population de Perpignan est de 1704 habitants par km². La latitude de Perpignan est de 42,698 degrés et sa longitude de 2,893 degrés. Les villes et villages proches de Perpignan sont : Saint-Estève à 4,02 km, Cabestany à 4,31 km, Bompas à 5,07 km, Pia à 5,64 km, Baho à 5,70 km, Le Soler à 5,00 km, Toulouges à 6,80 km, Canohes à 8,20 km et Pollestres et Villeneuve-de-la-Raho à 8,40 km. La ville est traversée par la Têt ainsi que par son affluent, la Basse. Elle est traversée aussi par plusieurs canaux d’irrigation alimentant la ville en eau : au sud, par le biais de l’aqueduc des arcades (canal Las Canals provenant d’Ille-sur-Têt), au nord, par le canal de Vernet-Pia qui prend sa source dans les terres et par le ruisseau de la Llabanère, et le Réart au sud. Perpignan est une ville qui a subi de fortes inondations : en 1986, la ville connut une très grosse inondation qui arracha une partie de l’ancienne gare routière du centre-ville à l’Espace Méditerranée. Perpignan, préfecture des Pyrénées-Orientales est une ville de 6807 hectares située au centre de la plaine du Roussillon. La ville est encadrée au sud par la chaîne des Pyrénées, à l’ouest par la région des Corbières, à l’est par la Méditerranée, au nord par le ruisseau de la Llabanère, tandis que le Réart lui sert de limite méridionale. La ville se situe à 13 kilomètres de la mer Méditerranée (Canet-en-Roussillon) par voie express et à 85 kilomètres du domaine skiable le plus proche (Cambre d’Aze, 2400 m env.). Elle est la plus méridionale des grandes villes de France métropolitaine. Perpignan se situe à 850 km de Paris à 200 km de Toulouse, à 450 km de Bordeaux, à 310 km de Marseille, à 470 km de Nice, à 1070 km de Lille, (1150 km de Dunkerque) et à 190 km de Barcelone capitale de la Catalogne. Plus proches sont les villes de Narbonne (65 km) ou encore la capitale administrative de région, Montpellier, à 150 km. Perpignan est la trentième ville de France de par sa population et septième ville du pourtour méditerranéen français. Perpignan est à 13 kilomètres de la mer. Son point culminant se situe au fort du Serrat d’en Vaquer (100 m) au sud-ouest de la ville, en outre la plus haute colline du Roussillon. Perpignan est construite sur plusieurs collines formant plusieurs niveaux, à savoir, le niveau Têt, le niveau Cassanyes, le niveau La Lunette-Champs de mars, le niveau Moulin à Vent (deuxième point le plus haut, de 80 mètres environ) et le Serrat d’en Vaquer-Porte d’Espagne (de 80 à 100 mètres environ). La ville s’est beaucoup agrandie au fil des siècles, transformant des villages voisins en quartiers (faubourgs du Vernet, lieu-dit de La Patte d’Oie et Saint-Gaudérique sont les exemples les plus marquants). En effet, dans ces quartiers l’architecture change et rejoint celle d’un petit village (ruelles et immeubles donnant sur la rue). Le paysage de Perpignan est surtout marqué par l’impressionnant pic du Canigou (Pic del Canigó) (2784 m), situé au sud-ouest de la ville non loin de la frontière espagnole (région autonome de Catalogne) et visible depuis le centre-ville. La chaîne des Albères, qui culmine à 1256 m au Pic du Néoulous, forme une barrière au sud et marque la limite avec l’Espagne, pays avec lequel elle communique facilement au col du Perthus, dont l’altitude n’excède pas 300 mètres, à environ 30 km de la cité. Perpignan s’étend du nord au sud sur près de 13 kilomètres et d’est en ouest sur près de 12 kilomètres. Perpignan est une ville qui s’est organisée au début sur le site de Château-Roussillon (anciennement Ruscino), oppidum romain situé à l’est de la ville actuelle et traversé par la Via Domitia. Au Haut Moyen Âge, la ville s’implanta sur son site actuel, plus à l’intérieur des terres. Vue du ciel la ville a une forme de croix et s’étale du nord au sud sur 13 kilomètres environ, et de l’ouest à l’est sur 12 kilomètres environ soit environ 68 km². De ce fait, la superficie de Perpignan est plus importante que celle de Bordeaux (49,36 km2), Lyon (47,87 km2) ou Montpellier (56,88 km2). Perpignan étant une ancienne ville forteresse, son hyper-centre est très étendu. Il est composé pour la majeure partie de maisons de l’époque typique catalane de trois à cinq étages par endroits, et peintes avec un enduit lisse aux couleurs chaudes (orange, jaune ou bordeaux). Les toits sont constitués essentiellement de tuiles rouges typiques de la région, hormis pour certains bâtiments de style haussmannien, fréquents dans la « nouvelle ville » (boulevard Clemenceau et quartier de la gare). Les quartiers proches de la gare sont en voie de réhabilitation, notamment grâce à l’arrivée du TGV. La place de la République, c’est une place piétonne située au cœur de la vieille ville. À droite, on aperçoit le théâtre municipal. Quartier central Au début du XX.me siècle, Perpignan connaît un boom démographique et à cause de la circulation automobile, la ville se sépare de ses remparts qui encerclaient la ville, laissant de grands terrains à bâtir et créant les boulevards dit « de ceinture » qui dessinent schématiquement un hexagone autour du centre ancien. Sur ces boulevards des immeubles de styles variés (du style haussmannien à l’architecture contemporaine), comprenant quatre à sept étages, ont été construits ou sont en construction. Le Vernet est le quartier nord de la ville, séparé du centre-ville par la Têt. L’avenue du Maréchal Joffre, sa principale artère (ancienne nationale 9 avant la construction de la Pénétrante Nord) est par son style, le prolongement du centre-ville (grand boulevard et immeubles hauts). De nombreuses maisons et appartements ont vu le jour autour de cet axe. Le quartier sud est caractérisé par sa ville nouvelle, nommée « Moulin à Vent », quartier de Perpignan construit à la suite de la guerre d’Algérie (vers 1962) pour les rapatriés. Ce quartier dominé par des espaces verts est composé d’immeubles anciens de quatre à cinq étages ainsi que de tours de dix étages à l’architecture hétérogène. Ils épousent la colline sur laquelle a été construit ce quartier. Ce quartier est, par ailleurs, qualifié de ville nouvelle, car il possède tous les services que possède une ville, comme la poste, une mairie annexe, des écoles maternelles, primaires, secondaires ainsi que l’université de Perpignan Via Domitia de 10000 étudiants, une cité universitaire, des logements étudiants, le parc des sports, et le technopôle Tecnosud. C’est un des seuls grands ensembles en France qui a fonctionné comme l’espéraient ses concepteurs. Le sud de la ville avec le quartier Porte-d’Espagne constitue également le point de départ des axes desservant l’ouest et le sud du département : la RD 900 (ex RN 9) et accès à l’autoroute A9 vers l’Espagne, l’avenue d’Argelès vers la ville du même nom (voie rapide RD 914, ex RN 114), et enfin la RN 116 vers Prades et l’Andorre. Cette partie de l’agglomération joue un rôle clef dans le dynamisme de l’économie de la cité, notamment grâce au marché international Saint-Charles et sa plate-forme de marchandises dont les flux sont dirigés vers l’Espagne et le Nord de la France grâce au transport combiné camions-trains et à l’autoroute ferroviaire Perpignan-Luxembourg. En outre, le quartier Porte-d’Espagne est une importante zone commerciale qui regroupe un grand nombre de magasins. La réalisation de la ligne grande vitesse internationale Perpignan – Figueres a rendu nécessaire le remaniement de la gare actuelle. La ville de Perpignan a donc adopté un PDU comprenant la rénovation du quartier de la gare et la réalisation d’un « pôle d’échanges intermodal »pour se préparer au mieux à l’affluence qu’apportera le TGV. Il comprend notamment une nouvelle gare routière, desservie par le futur site propre bus De plus, outre la gare, c’est le quartier entier (La gare – Saint-Assiscle) qui se verra remodelé. Les parkings de stationnement deviendront souterrains, l’ancienne gare de triage laissera place à un nouveau quartier, et seront créés et construits un futur pôle judiciaire, l’Hôtel d’agglomération (achevé en 2011), un centre d’affaires à la place de la ZAC du Foulon (en face de la gare) et de nombreuses résidences et hôtels. L’histoire de Perpignan ne commence pas avant le Xe siècle. En effet, un des grands peuples ibères (et non pas celtes), les Sordes, auraient occupé la plaine du Roussillon, vers 500 avant Jésus-Christ. Les échanges commerciaux et culturels ont pu se faire à travers les comptoirs grecs installés le long de l’actuelle Catalogne, à Empúries, et aussi à Agde, en Languedoc. La deuxième guerre punique amena les Romains dans ces contrées. Les Ibères ont été ainsi en dehors des Ligures de Provence, romanisés bien avant les Celtes installés plus au nord. [dossier d'archéologie novembre 1997 : Les Ibères de l'Andalousie au Languedoc]. À cette époque, Perpignan n’existait toujours pas, mais l’oppidum de Ruscino (actuel lieu-dit du Château-Roussillon ou Castell Rosselló), situé à l’est de la ville, qui était le siège de l’administration romaine de la région Étymologiquement, Roussillon doit son nom à Ruscino. Au fil des années, Ruscino se fit disputer le titre de capitale par la ville d’Elne (Illiberis), jusqu’à la chute de Rome et l’invasion pacifique (initialement) des Wisigoths en 412. Actuellement, il n’y a aucune trace ou document stipulant le passage des Wisigoths à Ruscino ; en outre, les chrétiens fondèrent l’évêché d’Elne, délaissant ainsi la ville de Ruscino.Cependant l’installation durable des Wisigoths est, avec les Ibéro-romains, le fondement de ce qu’il allait devenir plus tard, un État « catalan ». En effet, une dynastie wisigothique se mit en place avec l’aval des Carolingiens (Francs), contrairement à d’autres contrées où ce sont des Francs qui prirent le pouvoir, ce qui permit une plus grande manœuvre politique vis-à-vis du pouvoir carolingien (puis une rupture avec les Capétiens). Après l’invasion des Sarrasins, Pépin le Bref, puis, par la suite, Charlemagne, reconquirent la région définitivement vers 811 ; c’est alors que commence l’ère Carolingienne et la construction de plusieurs villages sur la plaine du Roussillon, notamment Perpignan à quelques kilomètres de Ruscino. La première mention de Perpignan date de 927, il s’agit de l’acte de vente d’un terrain d’un certain Aton à l’évêque d’Elne, Wadale : …de, alio latere in ipso termino de la villa Cabestagnio et le terlio 1atere in ipso termino de villa Perpignano…En 929, Guisandus et son épouse Genta vendent à Sisegutus et à son épouse Arcedonia, une vigne sise au territoire de Villa Gothorum ou Malleoles (aujourd’hui Mailloles ou Malloles, au sud-ouest). Elle était sur le chemin qui va du village de Villa Perpiniani à Orle. Enfin en 961, le testament du comte Raymond II de Rouergue, marquis de Gothie, parle de l’alleu de Perpignan……illo alode de Perpiniani…qu’il lègue par tiers à l’abbaye de Saint-Pierre de Rodes (actuellement en Catalogne), et aux cathédrales de Gérone et Elne. 961 est l’année où Guilabert Ier reçoit le comté de Roussillon en héritage de son père tandis que son frère reçoit celui d’Empúries (actuellement en Catalogne). En 991 Guilabert s’installe à Perpignan, transformant la ville en capitale locale. À cette époque le Roussillon n’était qu’un territoire côtier. C’est au Moyen Âge, à partir du Xe siècle, que la ville connaît son essor. Elle est en effet la capitale du comté de Roussillon dès cette époque, gagnant en importance jusqu’à attirer l’évêque, résidant normalement à Elne. On y construit le château comtal, une église et un hôpital, le tout placé sous le patronage de saint Jean. De nos jours l’église est nommé Saint-Jean-le-Vieux, elle se trouve à côté de la cathédrale, l’hôpital a changé de lieu, il est actuellement au nord de la ville (Haut-Vernet) mais retrouve son nom d’origine d’hôpital Saint-Jean, quant au château il n’en reste que quelques salles enterrées situées actuellement sous le cours Maintenon à cette époque la ville n’est pas dotée de remparts. En 1172, elle est intégrée à la couronne d’Aragon. En 1197, Perpignan reçoit une charte communale qui met en place son organisation communale. Ses habitants disposent de privilèges étendus, comme celui d’élire des consuls, un par « main » représentante chacune d’une classe sociale. On distingue ainsi main majeure, moyenne et mineure. Jacques Ier d’Aragon dit « le Conquérant », fit des conquêtes vers l’Est du royaume d’Aragon, propulsant ainsi Perpignan à son apogée durant 68 années (1276-1344). Entre 1276 et 1344, Perpignan connaît son âge d’or ; la ville est alors la capitale continentale du royaume de Majorque constitué par Jacques le Conquérant pour l’enfant Jacques, son fils cadet, et comprenant, outre les îles Baléares, le Roussillon, la Cerdagne et la seigneurie de Montpellier. Sa population et sa surface quadruplent en moins d’un siècle. C’est l’époque des grands chantiers, ceux de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste et du palais des rois de Majorque. De plus, durant cette période d’apogée Perpignan connaît un essor industriel et commercial important grâce notamment à son rôle politique ; sa structure consulaire et corporative, sa population active de pareurs de draps, teinturiers, etc. Le roi de France Philippe III le Hardi y meurt le 5 octobre 1285. En 1344, elle perd son statut de capitale par la réintégration du royaume de Majorque dans la couronne d’Aragon. Dès 1346 elle est durement touchée par la peste noire. La ville ne s’en remet pas pendant longtemps. En 1463, Louis XI occupe Perpignan mais la ville se soulève contre les Français en 1473. Après un siège terrible, qui se termina le 2 février 1475 le titre de « Fidelissima villa de Perpinyà » (Fidèle ville de Perpignan) fut décerné par les rois d’Aragon. Plus tard, en 1493, Charles VIII restitua le Roussillon et la Cerdagne aux Rois catholiques, qui venaient de fonder l’unité d’Espagne, par le mariage entre la Castille et l’Aragon. Malheureusement, la rivalité franco-espagnole et les conflits qui suivirent devaient faire chuter l’économie de Perpignan, dotée par Philippe II, à cet égard, de puissantes fortifications. Devenue place avancée de la monarchie espagnole face à la France depuis 1479, Perpignan entre dans une logique militaire, enfermée dans des remparts puissants renforcés à toutes les époques (Vauban notamment), elle n’est plus qu’un enjeu entre les deux grandes puissances. Prise par les armées de Louis XIII en 1642, elle est annexée avec le reste du Roussillon (en fait, les provinces ou comarques historiques du Roussillon, du Conflent, du Vallespir, du Capcir, de Cerdagne (Haute-Cerdagne, l’autre partie, la Basse-Cerdagne se trouvant en Catalogne) et celle, occitane, du Fenouillèdes) au royaume de France par le traité des Pyrénées de 1659. Au XVIII.me siècle, le maréchal de Mailly, gouverneur du Roussillon, transforme la Loge de mer en théâtre, qui deviendra relais de poste après la Révolution. Augustin-Joseph de Mailly (5 avril 1708-25 mars 1794) est lieutenant général, puis commandant en chef en Roussillon où il est à l’origine de grands travaux, du renouveau de l’université et où il joue un grand rôle au sein de la franc-maçonnerie catalane. La régénération politique du peuple roussillonnais, ainsi entreprise dès les dernières années du règne de Louis XIV, est entièrement consommée sous celui de Louis XV, par l’intervention du duc de Noailles, gouverneur général, et du comte Augustin-Joseph de Mailly, commandant de la province, qui prennent vivement à cœur, le dernier surtout, le bien-être du pays qui leur est donné en garde. Alors on voit le Roussillon purgé de tous les vagabonds et déserteurs de la Catalogne et du Languedoc, que la négligence des délégués du pouvoir avait laissés jusque-là pulluler dans ce pays dont ils étaient le fléau. Mailly fonde des hôpitaux, des manufactures et des foires. Augustin-Joseph de Mailly commence, après la paix avec l’Espagne, à négocier les rectifications de frontières. Il conclut avec l’Espagne, en 1750, un traité particulier qui fixe les limites des deux royaumes. Rénovateur de l’urbanisme de la ville des rois de Majorque, Mailly fonde le premier théâtre du Roussillon dans les locaux de la Loge. Les dirigeants du théâtre donnent également de nombreux bals masqués, quatorze plus précisément au tournant de l’année 1779-1780. Il semble également que la salle de spectacle, sise à la loge de mer, soit utilisée à l’occasion de bals publics comme ce fut le cas en 1776 où les consuls informent que, sur la sollicitation de M. de Chollet et d’Augustin-Joseph de Mailly, tous deux francs-maçons, ils ont permis des bals publics pendant le carnaval à la salle de spectacles. Des bals publics sont également donnés dans cette salle, tous les dimanches, en juin 1779. À l’époque des Lumières, le déploiement des différents réseaux de sociabilité, relevant d’initiatives individuelles ou collectives, s’articule dans la cité, fruit du volontarisme du commandant en chef de la province, le futur maréchal de Mailly. Nombre de francs-maçons, avec en figure de proue, l’homme du Roi, le commandant en chef de la province – le maréchal de Mailly – investissent l’espace des Lumières à Perpignan en l’insérant dans le maillage du tissu provincial catalan et en y circulant à l’intérieur. Les catholiques ne sont pas oubliés. Ils le remercieront pour la fondation des prix d’émulation, celle de douze places pour l’entretien des pauvres, et plusieurs autres établissements aussi utiles que glorieux, en l’an de grâce 1784. D’ailleurs, un premier chapitre d’honneur héréditaire est créé pour Monseigneur le comte Augustin-Joseph de Mailly, marquis d’Haucourt et ses hoirs et successeurs chefs de sa Maison, dans l’église cathédrale de Perpignan, à perpétuité. Il crée de nombreux jardins publics. Elle prend le statut de « capitale provinciale », c’est-à-dire de chef-lieu ; elle est le siège d’une intendance et d’un Conseil souverain. Les gigantesques travaux de Vauban devaient faire de Perpignan une cité désormais imprenable et, pourtant, il ne reste à peu près rien de son œuvre car la municipalité de l’époque a décidé de les démolir au début du XX.me siècle dans le but d’aérer le quartier central et de pouvoir étendre la ville sur la plaine du Roussillon. Aujourd’hui il ne reste que le Castillet, le palais des Rois de Majorque, des casernes, des souterrains ainsi qu’une partie des remparts épargnés, qui témoignent de l’époque de la grandeur de Perpignan et de ses installations militaires. Son agglomération concentre aujourd’hui la majorité des habitants du département. Lors des révoltes dans le Midi en 1907 par toute la profession viticole, la préfecture de Perpignan fut l’assaut par des vignerons d’un incendie et de saccages. La ville est libérée par la 1re DFL (division française libre) le 19 août 1944. En avril 2009, suite à l’affaire dite de « la chaussette », le Conseil d’État confirme la décision du tribunal administratif de Montpellier d’annuler les élections municipales de 2008. Par conséquent, Bernard Bacou, président de la délégation spéciale nommée par la préfecture, assure les fonctions de maire jusqu’à la réélection de Jean-Paul Alduy en juillet 2009. Le 15 octobre 2009, Jean-Paul Alduy, qui souhaite s’investir plus dans l’agglo, annonce sa démission de maire de Perpignan. Lors du conseil municipal convoqué à cet effet le 22 octobre, il laisse le siège de maire à Jean-Marc Pujol auquel il succède comme premier adjoint. Les activités économiques de Perpignan sont l’agroalimentaire et la métallurgie. Perpignan est le siège de la Chambre de commerce et d’industrie de Perpignan et des Pyrénées-Orientales. Elle gère le port de Port-Vendres et l’aéroport de Perpignan. Depuis quelques années, un certain nombre de zones économiques ont vu le jour à la périphérie de la ville : Le pôle économique Saint-Charles (à l’ouest, fruits et légumes)• Polygone Nord (au nord de la ville)• Tecnosud (au sud, entreprises de pointe)• Torremila, près de l’aéroport. La ville, bien qu’elle ne soit pas très industrialisée, possède (ou a possédé) quelques usines. La ville est surtout connue pour ses poupées Bella fabriquées à Perpignan même, jusqu’en 1984, date de fermeture de l’usine, aujourd’hui seul subsiste un musée de ces poupées, les anciennes installations ayant été rasées. De nos jours la ville possède trois principales usines de confiseries et chocolaterie, telles que la Confiserie du Tech (zone Mas Guérido-Cabestany) l’usine Cémoi – Cantalou (Chocolaterie) et la biscuiterie Lor. Il faut aussi savoir que plusieurs usines se trouvent dans les secteurs d’activité comme Torremila (Astral (siège français)…) Grand Saint-Charles, etc. La cuisine de la région de Perpignan est évidemment catalane.

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