Séjour à Arvert du 5 au 18 septembre 2011

Cette fois, nous avons opté pour 2 séjours, le premier est axé sur l’aquagym et la balnéothérapie, quant au second, il a pour thème la découverte de la Charente maritime. En réalité nous avons fait plusieurs séjours à la résidence AVH à Arvert, mais nous ne connaissons pas la région, c’est pour cette raison que nous avons couplé 2 séjours, un liant la mise en forme, et l’autre consacré à des visites entremêlées de séances d’aquagym.
Nous sommes accueillies par Djémel et Pascal, ils sont entourés de 4 salariés Arlette, Sandrine, Murielle et Véronique, elles nous assistent dans la résidence et nous accompagnent lors de nos activités à l’extérieur de la résidence. En plus cette année des bénévoles se joignent à nous pour nous encadrer à la piscine, à la balnéothérapie à Saujon et lors des visites de sites ou de villes, ainsi nous avons fait la connaissance de Monique et de Thomas.
Jour 1 : A la découverte du marais de la Seudre, une partie se trouve sur la commune d’Arvert dont voici une présentation, par contre les présentations de la région Poitou Charente et du département de la Charente maritime se trouvent en fin de document :
Arvert est une commune française, située dans le département de la Charente-Maritime et la région Poitou-Charentes. La commune compte 3069 habitants et s’étend sur 26 kilomètres carrés. Ses habitants sont appelés les Alvertons et les Alvertonnes. Ancienne baronnie sous l’ancien régime, la commune, qui compte 3069 habitants au dernier recensement, tire aujourd’hui profit de sa situation géographique, non loin de la ville de Royan ou de l’Île d’Oléron pour développer son activité touristique. Arvert est également un important centre ostréicole, possédant deux ports, Coux et Avallon, situés sur l’estuaire de la Seudre. Arvert est au coeur de la presqu’île d’Arvert, à laquelle elle a donné son nom. La commune est située sur l’axe routier N.O / S.E reliant La Tremblade à Saujon (D 14). L’estuaire de la Seudre longeant la commune au nord-est, deux solutions sont possibles pour rejoindre Rochefort (24 km), La Rochelle (48 km), Poitiers (145 km) ou Paris (433 km) : passer par le viaduc sur la Seudre entre La Tremblade et Marennes ou passer par le pont sur la Seudre à l’Éguille. La commune est bordée au nord-est par la Seudre, fleuve qui prend la forme d’un estuaire entouré de marais (zone ostréicole). Habité dès l’époque néolithique, le site de l’actuelle commune d’Arvert se limitait autrefois à une mince bande de terre située entre deux golfes marins. Si un premier village apparaît à l’époque romaine, ce n’est qu’à partir du XII.me siècle qu’il prendra de l’importance et verra s’établir une communauté monastique, qui relèvera l’église grâce à un don du seigneur de Mornac. Peu après, Arvert devient une seigneurie indépendante, comprenant sous sa juridiction de nombreuses paroisses : celles de Trembledam (aujourd’hui La Tremblade), de Notre-Dame de l’Isle (aujourd’hui Étaules), de Chaillevette, de Les Mathes ou encore la paroisse, disparue aujourd’hui, de La Roche. En 1534, Calvin tient des discours à Angoulême et à Poitiers que de jeunes moines saintongeais entendent. La Réforme sera bientôt prêchée dans toute la presqu’île d’Arvert et vers 1550, la majorité de la population est protestante. En 1546 puis en 1553, ce sont en tout trois moines qui sont condamnés au bûcher pour avoir prêché la réforme à Arvert En 1568, l’église est incendiée et presque entièrement détruite. Cette même année, un premier temple est édifié dans le village. En 1598, l’Édit de Nantes est promulgué. On cherche cependant par tous les moyens à convertir les Protestants. En 1644, les cultes protestants sont interdits à Arvert. En 1682, le roi Louis XIV ordonne la destruction du temple. La révocation de l’Édit de Nantes, en 1685 va accélérer l’exode des protestants de la presqu’île, malgré l’interdiction qui leur est faite de quitter la France. Des passeurs sont arrêtés et les fugitifs envoyés aux galères. Le 21 février 1687, trois barques surchargés de fugitifs partant de Mornac, Chaillevette et La Tremblade sont immobilisées par des soldats sur la Seudre. Malgré ces arrestations, la presqu’île se de sa population. Ceux qui restent vont créer une église clandestine qu’ils appelleront Église du désert. Des assemblées clandestines sont organisées dans les dunes, les bois ou dans des granges. Jean-Louis Gibert, pasteur du Désert, aménage ainsi des granges en « Maisons d’oraison » à partir de 1751. On en trouve deux à proximité d’Arvert : à Avallon et à Chaillevette. En 1754, le pasteur, condamné à mort, s’exilera en Amérique. Baronnie sous l’ancien régime, Arvert appartiendra au cardinal de Richelieu, avant de passer à la famille des Senectère. En 1790, Arvert est érigé en commune. Une querelle intervient peu après entre les représentants des communes de La Tremblade et d’Arvert, chacune voulant devenir le chef-lieu du canton. Pour des raisons économiques, c’est La Tremblade qui obtient finalement ce privilège. Occupé par les troupes allemandes pendant la seconde guerre mondiale, le village sera le théatre de durs combats au moment de la libération de la poche de Royan, en avril 1945. L’église Saint-Étienne, cet édifice semble avoir des origines très anciennes, peut-être immédiatement postérieures aux grandes invasions normandes, néanmoins, soit par mode, soit par nécessité, il fut reconstruit vers le XII.me siècle dans le style roman qui fleurissait alors partout dans la région. De cette époque subsiste deux beaux massifs de sept colonnes encadrant les angles de la façade et faisant office de contreforts. Chaque colonne est surmontée d’un chapiteau à la décoration assez fruste. Une sculpture, située à l’angle sud de la façade, semble représenter un guerrier que certains assimilent à un guerrier viking, ce qui n’est pas attesté. L’église eût beaucoup à souffrir des guerres de religion : presque entièrement détruite en 1568, elle n’est relevée qu’en 1683 sous l’impulsion de l’abbé Jean de Lafargue. Reconstruction très sommaire : dès le XIX.me siècle il devient nécessaire de consolider le monument. En 1845, l’église est pourvue d’un élégant clocher carré, surmonté d’une flèche en ardoise, et les murs sont surhaussés. Deux petites chapelles sont adjointes à la nef, donnant à l’église le plan d’une croix latine. Le chœur est restauré en 1890. Il conserve un mobilier datant essentiellement du XVIII.me siècle. La nef, bien proportionnée, conserve quelques graffitis représentant des navires. Sur le parvis de l’église, on peut admirer un puits datant de 1727, commandé par l’archiprêtre de la paroisse Alexandre de Lafargue. Il se situait autrefois dans le parc du presbytère et ne fut réédifié à son emplacement actuel qu’en 1990. Le premier temple construit dans le village d’Arvert fut édifié à partir de 1568, année de la destruction partielle de l’église catholique. Il fut démoli en 1682 sur ordre du roi Louis XIV. En 1834 la commune fit l’acquisition d’une vaste propriété, achetée aux héritiers Martin Descombes : tandis que la commune vendait les jardins aux enchères, le consistoire protestant acheta les matériaux pour édifier le nouveau temple, à partir de l’année 1836. Si au début du XIX.me siècle la commune comptait encore une vingtaine de moulins à vent, seul quatre ont survécu jusqu’à nos jours. Le moulin des justices, construit dès le XVI.me siècle, est le plus ancien d’entre eux. Ce moulin doit son nom au lieu où l’on exécutait la justice seigneuriale sous l’ancien régime. Ses ailes, aujourd’hui manquantes, étaient équipées du système Berton, qui permettait de régler la voilure, même lorsque le moulin était en action. Une stèle du général de Gaulle datant de 1949, commémore la venue du Général de Gaulle à Arvert, le 22 avril 1945, peu après la libération de la presqu’île d’Arvert et de la poche de Royan. Il avait fallu trois jours de combats acharnés pour arriver enfin à la capitulation des dernières troupes allemandes, retranchées dans leurs blockhaus de la forêt de la Coubre.
C’est Cécile qui nous guide et nous fait découvrir le marais, on y affine les claires Marennes d’Oléron dans des bassins d’eau claire, l’affinage est la dernière étape de l’élevage des huîtres claires d’Oléron. Nous serpentons à travers le marais, le vent s’est levé, il est le bien venu, il chasse les nuages qui s’amoncelaient au-dessus de nous. La colline d’Arvert est très verdoyante, c’est certainement ce cadre qui a donné son nom à la commune. Nous sommes entourés de bassins qui s’étalent entre 50 et 500 mètres carrés, certains bassins contiennent des crevettes qui continuent leur croissance, ce sont des crevettes impériales, elles ne sont pas originaires de la région. On les importe, et ici on fait leur grossissement, les jeunes sont mises dans les bassins quand la température de l’eau atteint 15 degrés, c’est la température minimale supportée par les larves de crevettes tropicales importées des nurseries et écloseries. Elles se nourrissent du zoo plancton contenu dans la claire, quand elles sont mises en bassin, elles ne font que quelques centimètres, après 6 mois en bassin d’eau claire, au mois d’octobre, on les retire du bassin, elles pèsent alors 70 grammes et mesurent une dizaine de centimètres de long, elles sont commercialisées comme gambas. Le marais est géré par une association la navicule bleue, c’est un CAT appelée aujourd’hui ESAT, au début de l’été les crevettes ne pèsent que 8 grammes et ont déjà 6 centimètres de long. Les crevettes tropicales sont nocturnes, nous ne pouvons pas les apercevoir, la journée elles se terrent dans la vase de la claire. La profondeur d’une claire est de 50 à 70 centimètres de profondeur, ce sont d’anciens marais salants qui ont été remaniés par les ostréiculteurs au début du XX.me siècle. Auparavant le bord de Seudre, tout comme le marais de Brouage, ils étaient recouverts de marais salants, c’était le grenier à sel de l’Europe. Le marais de Brouage se trouve entre Marennes et Rochefort, l’envasement de la zone a donc trouvé une seconde vie au marais dans le grossissement de crevette et l’affinage des huîtres claires d’Oléron. Les vases ont été apportées par la Charente, qui débouche peu après Rochefort, en remontant vers la Rochelle. L’île d’Oléron fait barrière, entre la côte et l’océan, ce qui provoque l’accumulation des vases dans le bras de la Seudre. Les hommes en ont tiré profit pour y établir des marais salants, la culture du sel commença à décliner à la fin du XIX.me siècle, les sels de mines avaient pris le pas sur le sel marin. Les ostréiculteurs qui commençaient à élever les huîtres ont repris les terrains, ils les ont recreusés quelque peu et ils ont fait l’affinage de l’huître. Les ostréiculteurs ont repris la tradition des sauniers, lors des grandes marées ils partaient à la pêche, ils ramenaient des coquillages et des poissons, ils les mettaient en attente dans la réserve d’eau, de leurs marais salants avant de les manger. Ils s’étaient rendus compte, que les huîtres étaient meilleurs après un passage dans leurs marais salants, l’affinage des huîtres claires Marennes d’Oléron résulte donc de cette tradition des sauniers. L’affinage des huîtres en eau claire, ne peut être réalisé que dans cette région, grâce à son paysage et sa situation qui permettent l’envasement des terres. La végétation des marais est très riche, on y trouve la salicorne, qui plonge ses racines d’ans l’eau, une partie charnue et succulente émerge de l’eau, la salicorne est comestible, on l’appelle l’haricot de la mer, ça a le goût du cornichon. C’est un condiment, elle se concentre en sel tout au long de l’année, son goût optimal est obtenu à la fin du mois de mai, elle a pris sa teinte d’automne, à sa récolte au mois de mai elle est d’un vert éclatant. A l’automne la salicorne libère ses graines avant de mourir, elles donneront une nouvelle plante au printemps suivant, c’est une plante annuelle. On découvre une autre plante annuelle la soude commune, on la faisait brûler, on récupérait les cendres qui servaient à laver le linge. La soude commune contient du carbonate de sodium, on en faisait de la lessive ou du savon, on s’en servait aussi dans l’industrie du verre. Une autre soude se trouve dans le marais, elle n’a pas les pieds dans l’eau, c’est la soude arbustive, elle est plus ligneuse, elle devient buisson qui peut atteindre 1 mètre de haut, elle vit plusieurs année. Il existe aussi la salicorne arbustive, elle ressemble à la salicorne annuelle, elle a le rameau un peu plus court, mais comme elle est arbustive, elle va vite devenir ligneuse, une partie de bois va se développer dans sa tige, elle est plein de fil comme certains haricots verts. La Seudre est eau salée jusqu’à Saujon, ensuite l’eau devient douce, jusqu’à Saujon l’eau à la même salinité que la mer, car la Seudre a un tout petit débit, c’est un tout petit fleuve qui n’a que 70 kilomètres de long. Le bras principal de la Seudre a une multitude de petits bras qui entrent dans les terres, le marais est presqu’au niveau Zéro de la mer, seul de minuscules monticules de terre rompent la planéité du site. A chaque marée haute, la mer va rentrer progressivement à l’intérieur des terres, jusqu’à 3 ou 4 mètres d’altitude, on marche le long d’un chenal ou d’un ruisson, nous sommes en période de marées à faible coefficient, le chenal est pratiquement vide. La semaine dernière le coefficient de marée était élevé, le chenal était empli d’eau, le chenal serpente au milieu des terres, il y a aussi tout un réseau de tuyauterie savamment inventé par les sauniers, les tuyaux passent sous les bosses, sous le chemin où nous marchons. Le principe des vases communicants permet de mettre ensuite en eau les claires qui sont de grandes baignoires. La claire se remplit au gré des marées, un bouchon permet à l’eau de ne pas descendre à la marée descendante, on peut ainsi garder l’eau dans sa claire indéfiniment. L’eau est partiellement vidée suivant les besoins de la culture du coquillage ou du crustacé, qui séjourne dans la claire. Pour emplir une claire en eau, il faut un coefficient de marée de 80, aujourd’hui la tuyauterie est réalisée en béton ou en plastique, auparavant les tuyaux étaient directement creusés dans des troncs d’arbres ou fabriqués avec 4 planches. Ce qui constituaient un tuyau de forme carrés, qui risquait de s’affaissait, car moins compact et solide qu’un tuyau creusé dans un tronc d’arbre. Pour subvenir aux aléas de la mortalité de l’huître, par souci financier les ostréiculteurs ce sont lancés dans le grossissement de la crevette impériale. Le marais est entretenu, on le tond, on le débroussaille, le marais de la navicule bleue s’étend sur 12 hectares. L’huître claire de Marennes d’Oléron est plus chère que l’huître de mer, car elle procure plus de manipulations et de travaux pour sa culture. Nous rencontrons de la moutarde sauvage, la navicule bleue est un centre ESAT qui emploie des personnes handicapées, le travail se fait de façon traditionnelle, on fait l’éparage des huîtres à la pelletée par exemple. Nous découvrons une plante avec un long pédoncule, c’est de la bette maritime, c’est donc l’ancêtre de toute les betteraves actuelles. Certaines claires sont emplies d’eau, d’autres sont en jachères, elles regorgent de salicornes. Le marais est protégé par des dunes, elles sont percées de portes que l’on ouvre ou laissent fermées suivant les besoins, les premières portes des digues sont heureusement très bien entretenues, mais les portes qui maîtrisent l’eau des bassins de claires sont plus ou moins laissées à l’abandon. Nous apercevons une plante l’obione, elle a une feuille argentée bleutée, ses feuilles se mangent, on les prépare en salade, ça a un goût salé. Auparavant le bétail séjournait sur le marais, sur les petits monticules de terre, on y entretenait des potagers. Le marais est le paradis de l’aigrette, des huppes, des hérons, des canards tout ce beau monde est épié par des rapaces. On peut y voir aussi des milans, des oiseaux migrateurs et quelques cigognes, mais elles préfèrent les marais d’eau douce où la nourriture leur convient mieux. Nous marchons au milieu de lavande des mers ou statis, elle n’a pas d’odeur, on en fait des bouquets séchés, sa pleine floraison est au mois de juillet. Nous marchons sur un chemin recouvert d’écailles d’huître, nous continuons notre balade à travers le marais. Nous découvrons une nouvelle plante, l’armoise maritime, l’armoise maritime, c’est une plante médicinale. Sur les dunes on peut rencontrer l’immortel des dunes ou l’arbre à curry, même sec, il dégage une bonne odeur et pendant de longues années, il sert à solidifier les dunes afin qu’elles ne se déplacent pas. Nous humons sur notre passage l’odeur du fenouil, qui entre dans la composition des alcools anisés. La navicule bleue est le nom d’une algue microscopique, elle se développe parfois dans les bassins, elle est invisible à l’œil nu, elle a une forme de navette, au fil de sa vie un petit pigment bleu va se former à l’intérieur de sa cellule. Ce piment bleu s’appelle la marennine, le nom vient de Marennes commune située au bord de la Seudre. La navicule bleue n’est présente que dans la région de l’estuair de Marennes d’Oléron, c’est la seule région au monde où elle se développe. Uniquement dans les clairs, mais pas en pleine mer. Quand la marennine est très présente, à sa mort, elle rend l’eau des claires verdâtre, l’huître en filtrant l’eau capte les nuances vertes, ce qui lui donne une sorte de petit médaillon à l’intérieur de sa coquille. C’est ce que l’on appelle l’huître verte de Marennes, c’est un label rouge, ça ne change rien au goût de l’huître, mais comme elle est plus belle, elle paraît meilleur, son prix est plus élevé qu’une huître n’ayant pas sa petite pointe verte.
L’après-midi, nous sommes en partance pour Saujon et son centre de balnéothérapie, nous traversons les villages de etolle et de Breillé, nous passons un grand carrefour qui distribue les directions de Royan, Saintes, la Rochelle, Rochefort et Saujon. Saujon est une commune de 6500 habitants, elle est située sur la Seudre, l’économie est assurée par le centre thermale tourné vers les maladies nerveuses et dépressives, une polyclinique psychiatrique est située à proximité des thermes de Saujon. Le centre thermal de Saujon à la particularité d’appartenir à aucune chaîne de centres thermaux, il est la propriété de la famille Dubois depuis 5 générations, l’eau qui sert aux bains est tirée à 800 mètres de profondeur, elle est chauffée afin d’atteindre la température de 35 degrés. Pour accueillir les curistes la commune de Saujon possèdent 4 hôtels, des meublés loués par des particuliers et une multitude de terrains de camping. L’après-midi le centre thermal ouvre ses installations et mets à dispositions son personnel soignants pour des séances de balnéothérapie hors médication pour le bien être et la détente. C’est donc le centre Philéa dans lequel nous avons eu le loisir de nous relaxer. Nous avons découvert le Sauna pendant 15 minutes, c’est un bain de vapeur sèche à température de 70 degrés, ses vertus sont nombreuses ouvertures des pores, libération des sinus et des voies nasales, purification et apaisement général grâce aux effets lénifiants de la chaleur. A la sortie de la douche nous avons eu droit à notre premier soin le massage sous infusion, nous sommes sous une fine pluie de micro gouttelettes, le kinésithérapeute masse pendant 20 minutes sélectivement les zones du corps selon l’objectif recherché (détente, anticellulite, retour veineux, souplesse musculaire). Bien détendus nous avons fait une séance de 15 minutes dans le hammam, c’est un bain de vapeur humide de 40 degrés dans un air saturé d’humidité, ses effets sont similaires à ceux du sauna, mais il est souvent mieux toléré. Ensuite nous avons reçu le second soin le massage à sec ou modelage du corps, c’est un massage de 15 minutes pratiqué à mains nues avec une essence à base de vaseline par un kinésithérapeute, ce qui provoque une évacuation du stress et un profond relâchement musculaire s’installe. Bien malaxés nous avons profité d’une trentaine de minutes du jacuzzi, il permet de passer un bon moment de convivialité tout en profitant d’un bouillonnement tonifiant des jets d’eau sous-marins. Libérés de nos 2 soins nous avons profité de la piscine et de ses jets ainsi que des cours d’aquagym, ensuite au gré de nos désirs nous pouvions nous installer soit dans le sauna, le hammam ou le jacuzzi. Ensuite nous avons eu droit à une séance de do ing, le do-in est l’art de l’automassage, rien à voir avec la relaxation, il faut être actif, François nous interdit de nous allonger, c’est vraiment le bagne, mais l’initiation se déroule dans une bonne ambiance dont voici une petite synthèse :
Nous commençons par nous frotter les mains afin de les réchauffer, nous faisons la salutation au soleil, les bras tendus en diagonale devant nous, les paumes des mains qui regardent le plafond.
Nous sommes assis les jambes écartées, nous laissons tomber les mains entre les cuises en basculant le corps en avant, on relève le corps en inspirant, on bloque la respiration le corps dressé, on laisse retomber les mains et le corps en expirant, on renouvelle ces mouvements plusieurs fois.
On englobe tout le crâne avec nos 2 paumes de mains en croisant les doigts au-dessus de la tête, on fait une pression en soufflant à l’arrière du crâne, on relâche on renouvelle la pression en soufflant bien au-dessus du crâne, on applique la même action en avant du crâne. On relâche la tension en laissant tomber les bras le long du corps en expirant, on s’administre 3 séries de suite sur le crâne, chaque pression doit durer 3 secondes.
On se fait des pressions glissées au niveau du front, on trace 3 lignes horizontales sur le front, une en haut, une au milieu et une au-dessus des sourcils, avec le majeur, on part du milieu du front, on glisse en faisant une petite pression jusqu’à l’implantation de la chevelure, on relâche les bras le long du corps, on renouvelle la série à 3 reprises.
On s’applique de petites pressions sur les sourcils avec les index, on appuie à l’intérieur des sourcils, au milieu puis à l’extérieur, on se relâche et on renouvelle 3 fois la série.
On crochète l’os qui se trouve au-dessous de l’œil avec l’index, le majeur et l’annulaire, on effectue une petite pression vers l’arrière, on effectue 3 pressions successives toujours en soufflant bien et en se relâchant si le besoin s’en fait sentir.
On pose les index et majeurs sur les tempes, on effectue des rotations avec la peau, ce ne sont pas les doigts qui tournent, on change le sens de rotation en soufflant bien, ce mouvement est préconisé en cas de maux de tête ou de migraine.
On pose les index à la base du nez près des yeux, on fait une petite pression vers l’intérieur et le bas, on applique la même pression au milieu du nez avec les deux index au niveau de la petite bosse osseuse, le troisième point se situe au niveau des narines à la jonction avec la joue.
On positionne l’index à l’horizontale sous le nez, on effectue une petite pression vers ‘intérieur, on applique la pression 3 secondes et toujours 3 fois en soufflant calmement et en se relâchant si besoin après l’exercice.
On effectue le même mouvement avec l’index à l’horizontale sous la lèvre inférieure
On pince le menton avec le pouce dessous, l‘index et le majeur au-dessus, on commence avec les deux mains au milieu du menton, on décale les doigts vers l’extérieur et on applique un nouveau pincement au niveau de la petite enclave sous la mâchoire avant l’articulation de celle-ci, , le troisième pincement se fait au niveau de l’articulation de la mâchoire, nous renouvelons 3 séries comme à chaque fois et on s’applique un relâchement si besoin, chaque pression doit être accompagnée par une petite expiration.
On place les pouces sous les oreilles, on applique les mains sur les joues, les doigts sont sur les tempes, on se masse les joues avec les paumes de mains.
On applique les paumes de mains sur les côtés du cou, les doigts sont disposés à l’arrière du cou, entre les paumes et les doigts on fait des pincements en se déplaçant sur la hauteur du cou.
On se masse les trapèzes, en plaçant la paume de la main opposée sur le haut de l’épaule, on serre et on relâche le muscle en se déplaçant du cou vers l’extérieur.
Nous venons de nous appliquer le do-in du visage et du haut du torse, on détend tous les muscles, en faisant des nous et des ouis avec la tête, des oreilles collées aux épaules, des rotations de la tête dans les 2 sens, on baisse et descend les épaules puis on les fait tourner en les roulant dans les 2 sens.
Nous passons au massage des bras, on place l’avant bras gauche sur la cuisse gauche, la main gauche pend devant le genou, avec la main droite on fait des pressions vers l’intérieur du muscle en se déplaçant trois fois sur le bras, on fait 3 autres pression en poussant le muscle vers l’extérieur puis vers l’intérieur.
Toujours dans la même position nous posons la main droite à plat sur l’avant bras gauche à proximité du coude, pour faire les pressions on bascule le corps en avant, on applique trois pressions du coude au poignet toujours en expirant calmement.
Nous plaçons les 2 coudes sur les genoux, on masse le dessus des doigts de la main gauche en glissant le pouce de la main droite de la base des doigts vers l’extérieur, ensuite avec le pouce, l’index et le majeur de la main droite on masse les côtés des doigts de la main gauche en simulant le mouvement d’un tire-bouchons. Pour terminer on balaie le bras gauche avec la main droite, on part de l’épaule, on longe le bras, l’avant-bras, la main et on termine par les doigts en projetant la main à l’extérieur dans le vide.
On fait des pressions à l’intérieur du bras, en plaçant la paume de la main droite vers le ciel, on applique les trois sortes de pression vues précédemment.
On fait les pressions avec le poids du corps en avant, sur l’intérieur de l’avant-bras gauche en mettant la paume de la main vers le ciel, on applique les 3 pressions du coude vers le poignet.
On se masse l’intérieur des doigts de la main gauche avec le pouce droit toujours de la base des doigts vers l’extérieur.
On masse l’intérieur du poignet gauche en glissant le pouce droit entre les 2 os externes du poignet.
On fait un nouveau balayage du bras gauche jusqu’au doigts en terminant dans le vide avec la main droite.
Pour terminer le massage du bras droit, on cherche la jonction ou cavité qui se trouve entre le pouce et l’index, on masse les 2 têtes d’os, c’est recommandé en cas de stress.
Le massage du bras gauche terminé, on fait de même sur le bras droit avec la main gauche.
Après 45 minutes de do-in, nous sommes anéantis, nous pouvons somnoler dans le minibus qui nous conduit au Moulin du Cassot à Arvert.
Jour 2 : L’aquagym se déroule dans la piscine de la résidence du Moulin du Cassot, qui se trouve à 30 mètres de l’hébergement. C’est une piscine couverte avec ses casiers personnels matérialisés avec des chiffres en relief, un cheminement granuleux nous conduit aux toilettes, à la douche, au pédiluve puis à la piscine. L’escalier qui conduit à la piscine est encadré par 2 mains courantes, nous abordons la piscine et son mètre 30 de profondeur. La piscine à une longueur de 12 mètres pour une largeur de 5 mètres, la longueur est matérialisée par des barres rondes, la largeur par des barres carrées, les barres sont situées à 20 centimètres en dessous du niveau de l’eau, elles servent à faire certains exercices. Le fond de la piscine est incliné, la hauteur de l’eau varie entre 1,30 mètre et 1,60 mètre. L’aquagym est animé par Jean Jérome, la séance consiste à un échauffement, puis des exercices d’aquagym proprement dits pendant 45 minutes avec l’aide de briques, de planches et de frites en mousse sans oublier les fameuses barres. Ensuite Jean Jérome nous administre un bon étirement pour terminer la séance, il nous propose 5 à 10 minutes de temps libre où nous pouvons nous relaxer à notre guise. Après près de 2 heures passées dans la piscine, nous regagnons nos chambres pour nous doucher, nous habiller, nous relaxer avant de prendre le déjeuner.
L’après-midi, nous reprenons la direction de Saujon pour notre seconde séance de balnéothérapie, en plus du sauna, du hammam, du jacuzzi et de la piscine nous avons droit à 2 soins. Le shiatsu du corps est un massage appliqué par François par pression sur des points précis de tout le corps, la séance dure une vingtaine de minutes. Le bain bouillonnant avec Sophie, détrompez-vous, Sophie nous installe dans une baignoire à bulles, met la machinerie en branle et se retire, pendant 20 minutes des jets nous malaxent, nous frictionnent, nous pétrissent, c’est vraiment super. Enfin pour terminer, François nous administre une séance de relaxation, elle se déroule sur un lit de camp, on nous positionne un oreiller sous la tête et une couverture sur le corps. François nous rythme avec une voix de circonstance notre respiration sur un fond sonore léger, il commençait à nous faire détendre à partir de la tête tout le corps, nous étions aux ordres de la voix de François où rompu par la fatigue, mais dès que nous arrivions à la détente des épaules, certains étaient vraiment plus que relaxés, ils étaient dans les bras de Morphée, François était presque obligé de nous réveiller en fin de séance. Nous pensions être de mauvais élèves, mais le marchand de sable, nous a dit que c’était le but du jeu, il fallait se laisser aller jusqu’à l’endormissement si nous le pouvions et surtout de ne pas lutter pour rester éveillés.
Jour 3 : Le matin est consacré à une marche dans la forêt de ronce-les-bains, elle nous conduit au bord de l’océan, en face de nous nous apercevons l’île d’Oléron. Après un bon bol d’air marin et 6 kilomètres de marche, nous reprenons les véhicules, nous nous rendons à Marennes, au port de Cayenne, au restaurant qui porte le même nom pour y déguster des huîtres et des crevettes accompagnées de tartines de pain beurrées et de vin blanc de l’île d’Oléron. Tout en savourant notre plateau de coquillages et de crustacés, nous tendons l’oreille, pour écouter monsieur Sonnette narrer son ancien métier d’ostréiculteur et l’histoire de l’huître de Marennes. En voici une synthèse :
La véritable huître de Marennes était lisse et ronde, tous les bassins de France cultivaient la même qualité d’huître, en 1870 un navire qui s’appelait le Morlaisien qui devait rejoindre les côtes du Nord a échoué près de Royan, on a donc déchargé sa cargaison qui était constituée d’huîtres du Portugal. La portugaise a donc par le hasard été élevée dans le bassin de Marennes Oléron, la coquille est plus rugueuse et bombée, ensuite on a introduit la race japonaise en 1970, aujourd’hui la nouvelle race d’huître est la tiplot qui est née en laboratoire. La tiplot possède une petite queue qui lui est caractéristique, ce qui fait que nous ne pouvons pas l’ouvrir par l’arrière. La tiplot naît en laboratoire, mais elle est élevée comme les autres. Ce sont les compagnons du tour de France qui ont propagé l’huître comme met, ils l’ont découvert aux détours de la côte quand ils se restauraient dans les tables d’hôtes appelées Caillenne. Plus tard l’huître est arrivée sur la table des rois, pour la petite histoire on a même voté avec des coquilles d’huîtres qui servaient de bulletins de vote. L’huître devient laiteuse au mois de juillet, elle prépare sa ponte, lorsque l’eau de mer arrive entre 18 et 20 degrés l’huître fait sa première ponte qui est femelle de 2 millions d’ovules, la deuxième ponte de la même huître est la ponte male de 10 millions de spermatozoïdes. Les germes se rencontrent dans l’eau par les courants, dès qu’ils se rencontrent 4 heures après une tâche noire apparaît dans l’ovule et le cœur se met à battre. La petite ovule saute dans les courants, elle monte et descend les marées pendant 10 à 12 jours, si elle touche quelque chose, elle survit sinon elle sera perdue. Sur les 2 millions d’ovules seulement 16 à 20 ovules survivent, et au bout des 4 ans d’élevages ce seront la moitié qui finiront sur la table pour être dégustées. Fin juillet début août l’ostréiculteur installe des capteurs ou collecteurs dans l’eau, auparavant on captait les ovules avec des petits fagots de bois constitués d’une vingtaine de bouts de bois, le fagot était maintenu dans l’eau par une pierre et il était attaché à une corde. Une fois le fagot ensemencé de petits points noirs ou ovules, l’ostréiculteur les repêchait pour les installer dans des tables à pousser. Les fagots ont été interdits car ils freinaient les courants, ensuite on captait sur des chapelets constitués de coquilles d’huîtres constitués par les femmes au mois de juin et juillet. On a capté sur tuile d’ardoise, aujourd’hui on capte sur tuyau en plastique, on nous fait toucher sur un tuyau en plastique des petits ovules qui ont 9 jours, c’est très minuscule mais le mollusque et les 2 coquilles sont déjà formés. Sur un tuyau en plastique nous apercevons de toutes petites huîtres qui ont 6 mois, on en dénombre 600 sur ce tuyau, l’hiver l’huître subit le mauvais temps, les tempêtes donc elles ne poussent pas et elles sont parfois arrachées de leur collecteur. Les huîtres de 12 mois sont très saillantes donc coupantes, à 18 mois on enlève les huîtres de leur support car elles sont touche à touche et elles ne peuvent plusse développer. Le travail de récolte sur les supports s’effectue du mois de janvier au mois de mai, la tâche se fait à la machine ou à la main ce qui va aussi vite, les hommes ramènent les huîtres sur des tables à la main d’œuvre féminine. Les femmes trient les huîtres, les petites sont ressemées en mer carrément sur le sol avec une pelle et elles vont y rester un an de plus, les moyennes vont aller en culture casiers ou pochons. Dans chaque pochon on introduit à peu près 1 kilogramme d’huîtres moyennes, on installe les pochons à un mètre du sol dans la mer sur des tables en fer, tous les bassins ostréicoles de France font la culture pochon. Dans leur 4 ans de culture l’huître sera changer 7 à 8 fois de parc, il y a des parcs de sable, de graviers, de vase etc., au départ pour la pousse on les met sur des terrains vaseux, la dernière année l’huître à droit aux parcs sableux et de graviers. Dans le bassin de Marennes d’Oléron il y avait 3000 producteurs, aujourd’hui on n’en compte que 700, dans un proche avenir ce nombre sera encore divisé par 2, ce seront uniquement de gros établissements européens, la petite exploitation est en voie de disparition. La superficie du bassin de production à marée basse est de 3600 hectares. A la belle époque le bassin horticole employait 10000 personnes, toute l’année il y avait des tâches à effectuer que ce soit pour les hommes ou les femmes, maintenant l’été les femmes n’ont plus de travail, heureusement que le tourisme est arrivé. Au mois de septembre la vente des huîtres recommence, les hommes vont repêcher les pochons qui ont 4 ans, on garnit les tables aux femmes qui jusqu’au mois de décembre vont calibrer les huîtres. Le calibrage va de la plus petite calibre 5 à la plus grosse calibre 0, autrefois le calibrage se faisait manuellement, la France compte 11 bassins ostréicoles de la Méditerranée à la Normandie et chaque bassin à son appellation. L’appellation du bassin de Marennes d’Oléron est la poussant claire, la spéciale de claire et la fine de claire. L’appellation de claire s’étend donc sur 3600 hectares et sur 15 kilomètres de côte, l’ostréiculteur n’est pas propriétaire des parcs en mer, ce sont des concessions maritimes avec des baux renouvelables tous les 15 ans et ils se transmettent de génération en génération. Auparavant les bassins de Marennes et d’Arcachon fournissaient en essaim d’huîtres tous les autres bassins ostréicoles, aujourd’hui la production d’essaims se fait en laboratoire à proximité des bassins. Les ennemis de l’huître avant qu’elle soit en pochon sont l’étoile de mer, la dorade, le petit crabe coureur, la raie, et le plus grand ennemi et le bigorneau perceur, tous ces prédateurs étouffent, brisent, aspirent ou sucent le mollusque contenu dans l’huître. Un laboratoire a trouvé la façon de remédier à la queue qui se trouve à l’arrière de la race d’huître tiplot, il suffit d’interrompre de la nourrir en laboratoire pendant une dizaine de jour quand elle est encore en laboratoire et le tour est joué, à maturité la queue a disparu est on peut l’ouvrir sur tout son périmètre. Les huîtres provenant de laboratoire sont matures à 3 ans de culture au lieu de 4, elles vivent en laboratoire jusqu’à 2 mois après elles retrouvent l’élément marin, leur goût est identique à l’huître fécondée et née en mer. Aujourd’hui le calibrage se fait à la machine dans de petits godets qui calibrent au poids entre 30 grammes et 110 grammes, ce qui fait qu’il n’y a plus que 3 calibrages au lieu de 6 avant petite, moyenne et grosse. L’ensemencement au mètre carré de l’huître diffère selon la qualité de l’huître 2 au mètre carré pour la poussant claire, 4 pour la spéciale de claire et 15 pour la fine de claire. On pourrait en ensemencer 100 au mètre carré, mais la qualité ne serait pas la même, car une huître pour se nourrir filtre 2 litres d’eau à l’heure, l’huître est une pompe qui aspire et refoule l’eau et se nourrit du plancton vivant qu’il y a dans l’eau. Dans les claires il y a une algue microscopique qui s’appelle la navicule bleue, le pigment de cette algue microscopique donne une petite teinte verte du côté gauche aux huîtres affinées claires. 60% de la production se commercialise pour les fêtes de fin d’année, les huîtres sont pêchées, passées au laveur, décantées pendant 24 heures, elles sont repassées au laveur, ensuite on garnit les tables pour que les femmes les trient. Devant chaque table il y a un tabouret où sont assises 2 femmes, une à 3 huîtres dans sa main gauche et 2 dans la droite, elle les dispose dans la bourriche et annonce 1, sa collègue fait la même opération et annonce 2, elles renouvelles l’opération jusqu’à l’annonce 10, on sait alors que la bourriche est pleine, elle contient 50 huîtres, c’est-à-dire 4 douzaines plus 2 en prévention si une se cassait ou était défectueuse. Le jour d’emballage il était interdit de parler, sinon le patron faisait une remontrance et à la troisième c’était la porte. Auparavant il existait de grosses bourriches en osier qui contenaient 50 douzaines d’huîtres, aujourd’hui les grandes surfaces demandes quelquefois des bourriches de 2 ou 3 douzaines, l’emballage est donc une pièce maîtresse de l’ostréiculture, car en cas d’erreur du nombre d’huîtres contenu dans une bourriche répétée, l’ostréiculteur peut perdre le marché. Une huître emballée par une femme est garantie 15 à 20 jours sortie de l’eau de 0 à 8 degrés, si elle est bien emballée. La première bourriche emballée pour les fêtes de fin d’année dans chaque exploitation est remisée dans une buanderie, 15 jours après on l’ouvre pour déguster les huîtres, c’est le témoin gustatif en cas de remarque. Le bassin de Marennes d’Oléron produit 80000 tonnes d’huîtres par an, tout l’ensemble des bassins français en produisent 250000 tonnes annuellement. Le premier parc à huîtres date de 1870, c’est l’idée d’un habitant de la Tremblade tout près d’ici, il partait à la guerre de 70, pour mettre à l’abri alimentairement sa femme et son fils il décida de mettre des huîtres pêchées sur la côte dans d’anciens marais salants. Il partit à la guerre, sa femme et son fils ont donc essayé de vendre les fameuses huîtres au Noël suivant, mais la navicule bleue n’était encore pas connue et elle repoussait les acheteurs. Un écailler parisien en a acheté, il trouvait qu’elle avait un goût formidable, la poussant claire et son goût de noisette était née. Notre narrateur nous a terminé son explication sur sa passion qu’est l’ostréiculture en nous racontant la vie d’antan de sa famille, il est à 76 ans le successeur d’une longue lignée d’ostréiculteur qui remonte à son grand-père arrivé de paris à la fin du XIX.me siècle.
L’après-midi, c’est l’incontournable séance de balnéothérapie à Saujon, aujourd’hui nous avons droit à 3 soins :
Réflexologie du pied avec Marie-Claude, la réflexologie des pieds est un massage de la voûte plantaire, car tous les organes ont une ramification précise à la base du pied, la séance dure une vingtaine de minutes.
Douche sous infusion d’eau avec Yann, nous sommes sous une fine pluie de micro gouttelettes, le kinésithérapeute masse pendant 20 minutes sélectivement les zones du corps selon l’objectif recherché (détente, anticellulite, retour veineux, souplesse musculaire).
La douche à pression, Sophie se transforme en pompier, à l’aide de sa lance à eau, elle nous frictionne de dos, de face et des 2 profils, la séance dure 8 minutes, c’est très revigorant.
Nous gardons le dernier soin pour le bonheur des bonheurs, le shiatsu du visage qui nous est assuré par Laetitia, elle est esthéticienne, elle nous applique des pressions de do in sur la tête et le visage, la séance dure une vingtaine de minutes, elle se déroule dans l’ambiance d’une musique douce, nous sortons des mains de Laetitia très reposé et relaxé.
Pour nous achever, François nous dispense notre second cours de relaxation de la semaine.
Jour 4 : Ce matin nous assistons à notre dernière séance d’aquagym, elle est animée par Jean-Jérôme qui nous fait travailler sans relâche. L’après-midi, nous nous rendons à Saujon pour notre ultime séance, elle est réservée à 2 soins, un massage sous jet à pression et un massage dans un bain bouillonnant. Bien sûr comme toutes les autres séances, les soins sont entremêlés de détente au hammam, au sauna, dans le jacuzzi et dans la piscine. En plus à volonté nous pouvons aller nous relaxer dans une salle qui nous est réservée, où nous pouvons nous désaltérer d’eau fraîche et de tisanes. Pour clôturer la journée, et en guise d’au revoir à Saujon, François nous administre une séance de relaxation.
Jour 5 : Le matin est consacré à une balade à la Palmyre, intitulée les pieds dans l’eau. Nous longeons sur une piste cyclable le club Med, puis nous abordons la plage, certains déambulent dans le sable, d’autres marchent dans l’eau et quelques uns se baignent en suivant la progression des marcheurs. Il fait un temps superbe, le soleil est radieux ainsi que les femmes nues qui s’exposent sur la plage naturiste. Après 2 bonnes heures de bol d’air marin, nous rejoignons la résidence, pour aller y déjeuner. Après le repas, nous flânons quelque peu sur la pelouse qui entoure la résidence, le soleil est toujours aussi fringant. Ensuite nous prenons la direction des Mattes, c’est la commune dont est rattachée la Palmyre. Nous prenons place dans un petit train touristique, qui nous fait découvrir la cité balnéaire, voici la synthèse de la narration de notre chauffeur-guide :
Pourquoi le nom la Palmyre, Aliénor d’Aquitaine possédait Au XII.me siècle l’Aquitaine et Le Poitou. A 16 ans elle épouse le futur roi Louis VII âgé de 19 ans, elle amène donc à la couronne française l’Aquitaine et le Poitou. Louis VII très pieux, il décide de se rendre à Jérusalem accompagné de sa femme Aliénor d’Aquitaine. Au cours du voyage elle s’amouracha d’un prince musulman, de retour en France, en visite sur ses terres des Mathes, en parcourant le marais et la forêt qui l’entoure. Elle décida de donner le nom de la Palmyre à ce lieu. Bien sûr Louis VII n’apprécia pas du tout cette initiative, il la répudia avec l’accord de la papauté. Aliénor d’Aquitaine repris donc l’Aquitaine et le Poitou à la France, 3 mois après son divorce, elle se remarie avec Henri de Plantagenais qui allait devenir roi d’Angleterre. L’Aquitaine et le Poitou était donc devenus sous influence anglaise. En visite sur ses terres Aliénor d’Aquitaine prit la décision de rompre avec le sport local, qui était de faire échouer les embarcations pour leur extorquer leurs marchandises. C’était très simple, on coiffait les vaches d’un support entre leurs cornes, on les promenait sur le littoral par mauvais temps ou la nuit, les marins pensaient qu’ils avaient à faire à des signaux maritimes. Ils s’approchaient de la rive et s’enlisaient dans le sable, il ne suffisait plus au gabans de rejoindre l’épave pour en soustraire leur précieux chargement. Un seigneur du coin s’adonnait à cette activité, le seigneur de Beauregard, il faisait fit de la charte interdisant le piratage, en plus loi qui émanait d’une femme. Il voulut passer outre, il fut prit, on le noya à moitié, on le pendit, on le mit dans son château que l’on détruisit. La charte était sans pitié pour les contrevenants, le fruit du butin était donné aux filles pauvres comme dote, si jamais on ne trouvait pas de fille à doter, le butin revenait à l’abbaye de Vaux située près de Royan. Pour la petite histoire, le roi d’Angleterre, Henri de Plantageanais trouvant qu’Aliénor d’ Aquitaine s’occupait trop de politique, il l’emprisonna, c’est son fils Richard Cœur de Lion qui lui redonna sa liberté. Le petit train nous transporta à l’intérieur de la Palmyre, on pu découvrir le zoo, l’ancien village du Clapet (c’était le lieu où était installé une écluse-vanne qui maîtrisait l’eau des marais. La forêt de pin, la zone dunaire paradis de l’Euphorbe qui a des qualités pour guérir les verrues, les dunes sont envahies d’oyat qui ont le rôle de stabiliser le sable. Nous passons près du port de la Palmyre, c’est le royaume des plaisanciers, 2 bateaux de pêche y sont ancrés. Nous distinguons le phare de la Coubre, auparavant il se trouvait à 2 kilomètres de l’océan, aujourd’hui il se trouve à 200 mètres de la mer, ce qui tend à dire que les tempêtes à répétition rongent le littoral. Nous pouvons apercevoir l’île d’Oléron, l’île de cordouan, son nom vient de Cordou en Espagne, les arabes qui avaient envahis l’Espagne, remontèrent depuis Cordoba et de Grenade l’Atlantique. Ils avaient installé une légion sur l’île située au large de la côte sauvage. Nous avons parcouru le centre de la Palmyre, en parcourant de vastes avenues, nous avons pu admirer la villa Sextant, qui fut occupé en 1962 par l’armée américaine lors de manœuvres dans le cadre de la guerre froide, c’était leur quartier général. Nous avons pu contempler la villa Russe construite en 1935.
Voici une présentation de la commune des Mathes, et, de la cité balnéaire de la Palmyre.
Les Mathes est une commune française, située dans le département de la Charente-Maritime et la région Poitou-Charentes. Ses habitants sont appelés les Mathérons et les Mathérones. La commune compte 1675 habitants et s’étend sur 35 kilomètres carrés. La commune se compose de deux noyaux urbains, d’architecture et de fonction différentes : d’une part, le bourg des Mathes, village traditionnel saintongeais regroupé autour de son église romane, d’autre part, la station balnéaire de La Palmyre, située à proximité de la baie de Bonne Anse. L’une des attractions majeures de la ville est son parc zoologique, qui attire chaque année près de 800000 visiteurs. Premier parc zoologique privé de France, c’est également l’un des plus renommés d’Europe La commune des Mathes se situe dans le sud-ouest du département de la Charente-Maritime, dans l’ancienne province de la Saintonge. Longtemps simple village tourné vers les activités maraîchères et forestières, la création d’un complexe balnéaire à proximité de la baie de Bonne Anse, dans les années 1960-1970, a métamorphosé la commune. Originellement conçue comme un simple prolongement du village, la station balnéaire de La Palmyre est devenue un centre urbain à part entière avec ses propres infrastructures, centres commerciaux, galeries marchandes et annexes des principaux services publics. C’est également le poumon économique de la cité, grâce à son parc zoologique de réputation internationale, son Club Med et son port de plaisance. La commune est située dans la partie occidentale de la presqu’île d’Arvert, au cœur d’une forêt domaniale de 8000 hectares, la forêt de la Coubre, qui forme une vaste pinède. Le sol y est constitué d’un plateau calcaire entouré de terres argileuses dans sa partie septentrionale, là où s’étendait autrefois un étang nommé Le Barbareu, tandis qu’au sud, il est de nature sablonneuse. Le littoral, qui s’étend le long de l’océan Atlantique, à proximité de l’embouchure de la Gironde, est constitué de vastes étendues dunaires, prolongées par une baie formant une sorte de lagon, la baie de Bonne Anse. Deux plages se situent sur le littoral communal : l’une, la plage de La Palmyre, protégée des courants par la baie de Bonne Anse, est propice à la baignade, tandis que la plage de la Côte-Sauvage, que la ville partage avec la commune de La Tremblade, est plus adaptée aux sports nautiques, en particulier le surf. Située face à l’île d’Oléron, et orientée plein ouest, elle est en proie à de forts courants et à des phénomènes de baïnes. Il n’est pas rare d’y voir des vagues spectaculaires. La commune se situe sur le littoral Atlantique, à environ 10 kilomètres au nord-ouest de la ville de Royan, 60 kilomètres au sud de la préfecture du département, La Rochelle, et une centaine de kilomètres au nord de la ville de Bordeaux. Le phare de la Coubre marque la limite avec la commune de La Tremblade. La D25, qui constitue le prolongement de la rocade de Royan, traverse la commune dans sa partie méridionale : c’est la principale voie d’accès vers le quartier de La Palmyre. Atteignant également le promontoire sur lequel se trouve le phare de la Coubre, elle remonte ensuite vers le nord, en direction de Ronce-les-Bains, station balnéaire attenante à la ville de La Tremblade. Une voie rapide, la D141, permet de relier le quartier de La Palmyre à la ville d’Arvert, située au nord de la commune, via le village des Mathes. Traversant la pinède et bordant l’hippodrome de Royan-La Palmyre, elle est également appelée avenue des Mathes. Une route touristique, que l’on atteint depuis le centre-bourg des Mathes, conduit au village de Saint-Augustin, et au-delà, à la ville de Saint-Palais-sur-Mer. Elle ménage de beaux points de vue sur les marais d’Étaules et de Saint-Augustin et les villages pittoresques qui y sont implantés. La commune n’est pas desservie par le chemin de fer. La gare SNCF la plus proche se trouve à Royan. Celle-ci accueille des TER et des trains Corail Intercités: des bus de la compagnie Cara’bus partent régulièrement de la gare vers les communes avoisinantes, dont Les Mathes. La commune est bordée dans sa partie septentrionale par les anciens marais d’Arvert et d’Étaules, sillonnés de nombreux chenaux, et dans sa partie méridionale et occidentale par l’océan Atlantique. 1043, dans une charte indiquant l’appartenance de l’église saint-Eutrope à l’abbaye de Vaux. À cette époque, le village était une île, située dans l’ancien étang de Barbareu, lequel avait lui-même succédé au golfe d’Arvert, qui s’ouvrait encore sur l’océan au début de notre ère. Le village est rattaché à la paroisse d’Arvert au milieu du XIII.me siècle, avant de devenir une paroisse autonome en 1671. Le XVII.me siècle fut une époque de grands travaux, afin de maîtriser un littoral devenu particulièrement dangereux du fait de déboisements inconsidérés : les massifs forestiers étant la seule protection contre le déplacement des dunes, prêtes à ensevelir les habitations du fait de l’action du vent. Malgré ces précautions, un village situé au nord de La Palmyre, connu sous le nom de Notre-Dame de Buze, est entièrement enseveli par les sables. S’il n’en reste guère de vestiges, mis à part quelques pierres de l’église et quelques débris au milieu de la forêt, les chroniques de l’époque nous apprennent que cette ancienne localité comportait une église et une léproserie. Les fonts baptismaux de l’église de Notre-dame de Buze sont maintenant situés dans l’église Saint-Eutrope. Pendant la Révolution, les terres de la baronnie d’Arvert, de laquelle dépend la paroisse, sont vendues comme biens nationaux, avant de revenir à leur ancien propriétaire, le marquis de Conflans, au moment de la restauration. Durant le Premier Empire, en 1811, deux platanes sont plantés symboliquement, afin de célébrer la naissance du « Roi de Rome ». Toujours debout, ils furent classés monument historiques en 1932. La seconde partie du XIX.me siècle verra également la plantation d’un vaste massif forestier constitué pour l’essentiel de pins maritimes : la forêt de La Coubre. Tout comme pour le massif forestier des Landes de Gascogne ( qui s’étend depuis Le Verdon-sur-Mer, de l’autre côté de l’estuaire de la Gironde, jusqu’au sud de la Gascogne, dans l’actuel département des Landes ), l’objectif était de fixer les dunes du littoral. La plantation de cette forêt de presque 10000 hectares permit le développement de l’industrie du gemmage, qui fut prédominante jusque vers la décennie 1950-1960. Dans les années 30, on commence à bâtir des villas balnéaires pour des personnalités attirées par le climat privilégié et les vertus de l’air marin. Ainsi, en 1930, un prince russe en exil fait bâtir la villa russe, d’inspiration slave, puis en 1935, c’est la villa le sextant qui est bâtie par l’architecte Le Corbusier Les années 60 verront le début de la ville de La Palmyre, qui est conçue comme une station balnéaire indépendante du village primitif : elle est représentative de l’architecture moderniste, tout comme plusieurs villes de la région. En 1966, Claude Caillé fonde le zoo de La Palmyre, appelé à devenir l’un des plus réputés d’Europe, et qui assure une partie de la prospérité de la commune. En 1976, un violent incendie se déclara à proximité de La Palmyre, obligeant à évacuer en urgence les 800 animaux que comptait alors le zoo. Par miracle, les flammes s’arrêtèrent à quelques mètres de celui-ci, mais des centaines d’hectares de forêt furent réduits en cendres. Afin d’éviter que ce sinistre n’attise la convoitise de promoteurs immobiliers, le conservatoire du littoral décida en 1978 d’acquérir plusieurs parcelles du massif forestier de La Coubre, notamment la forêt des Combots d’Ansoine, qui se situe à l’entrée de La Palmyre En 1999, la tempête Martin qui balaya la région causa de nouveaux dégâts dans la commune, notamment du fait des nombreuses chutes d’arbres. D’après l’ONF, ce sont l’équivalent de dix années de récoltes qui auraient disparues durant cette tempête. Le parc zoologique de La Palmyre, première entreprise de la commune Les principaux secteurs économiques sont le tourisme, l’aide aux particuliers ou aux entreprises, ainsi que le commerce. L’aide aux particuliers représente 40,7 % des emplois de la commune, le commerce, 25,9 %.Les autres secteurs d’activité sont la construction (7,9 %) , l’industrie agro-alimentaire (5,1 %) ou l’immobilier (3,2%)Une Zone d’activité, la ZA du Néré, est implantée au nord du village des Mathes. Au total, ce sont près de 216 entreprises qui sont présentes sur l’ensemble du territoire communal. L’une des entreprises les plus prospères de la commune est le zoo de La Palmyre, qui représente 9 millions d’euros de chiffre d’affaires à lui seul. Le taux de chômage, qui culminait encore à 18 % en 1999, est descendu à 15,6 % en 2004, ce qui correspond approximativement à la moyenne départementale. Après un bon bol d’air, nous avons fait quelques emplettes à la Palmyre, ensuite nous avons rejoint Arvert et notre résidence.
Après toutes les tâches administratives qu’implique une fin de séjour, nous avons été conviés à boire l’apéritif en terrasse, puis nous avons pris notre dernier repas en commun. Nous étions 9 participants à ce séjour Maguy, Micheline, Cherrifa, Claudite, Claudine, Nacdar, Patrick, Alain, moi et Twix le chien guide de Claudite. Nous avons passé une semaine dans la bonne ambiance, pour certains s’étaient des retrouvailles et pour d’autres s’étaient la découverte. Chaque soir sous l’égide de Nacdar nous découvrions le village d’Arvert et ses nouveaux lotissements, lors de notre promenade nocturne qui durait pendant une bonne heure. . Jamais fatigués, arrivés à la résidence, nous nous réunissions au salon pour discuter et chanter des chansons communes, quelles belles soirées !
Le dimanche matin, c’est le départ de la plupart des résidents, Claudine et moi sommes les seuls à rester pour le prochain séjour, dont le thème est la découverte de la région. Le midi pour agrémenter la journée, nous avons décidé de nous faire un restaurant. Pascal nous accompagne à Marennes, au port de Cayenne, où nous allons au restaurant du même nom. Il est renommé pour ses plats de poissons, nous nous sommes régalés. Ensuite Pascal nous a fait découvrir la cité royale de Brouage, dont voici la présentation :
Hiers-Brouage est une commune française située dans le département de la Charente-Maritime et la région Poitou-Charentes. Ses habitants sont appelés les Hiersois, Hiersoises et Brouageais, Brouageaises. La commune compte 639 habitants, elle s’étend sur 31 kilomètres carrés et s’étale entre 0 et 26 mètres d’altitude. Les marais et la place forte de Brouage ont été admis dans le Réseau des grands sites de France en 1989. La commune appartient également depuis 2011 au réseau « Villages de pierres et d’eau », label initié par le conseil général afin de promouvoir des sites exceptionnels présentant la particularité d’être situés au bord d’une étendue d’eau (mer, rivière, étang…) Lieu unique de par son environnement naturel et architectural, la citadelle de Brouage a aussi un riche passé historique. C’est un ancien port de commerce du sel, puis port de guerre catholique voulu par le cardinal de Richelieu pour concurrencer la place forte huguenote de La Rochelle. Brouage est également considérée comme étant la commune de naissance du géographe Samuel de Champlain qui a participé à la fondation et à la colonisation de la Nouvelle-France, et qui est le fondateur de la ville de Québec au Canada. Hiers-Brouage se situe en bordure de l’océan Atlantique à environ 35 kilomètres au sud de La Rochelle et à 120 kilomètres au nord de Bordeaux. Cette commune du nord de la Saintonge n’est qu’à 6 km de Marennes et 11 km de Rochefort. Port de guerre au bord de l’océan Atlantique au Moyen Âge, la commune est aujourd’hui à l’intérieur des terres, entourée de marais. Hiers, le bourg ancien, et Brouage, la citadelle créée au XVI.me siècle, ont eu une destinée historique liée depuis le début mais les deux communes ont fusionné le 21 mars 1825. La commune possède une altitude générale proche du niveau de la mer avec des marais recouvrant la majeure partie du territoire. Seuls quelques points plus élevés, vestiges d’anciens îlots au Moyen Âge quand la mer recouvrait ces marais, permettent d’atteindre un point culminant de 26 mètres d’altitude. Le bassin de Marennes est constitué des marais de Brouage qui occupent la partie évidée de l’anticlinal de calcaire marneux de Jonzac. Ces roches calcaires ont été formées au crétacé. Ces roches se sont érodées jusqu’au plio-quaternaire (période du pliocène et du quaternaire) où les dépôts sableux et vaseux flandriens ont peu à peu comblé la vallée, avec pour conséquence un recul du rivage et un exhaussement irréversible des fonds. Le bilan sédimentaire dans le bassin est aujourd’hui toujours positif : les actions de dépôt l’emportent sur celles d’érosion. Par ailleurs, un risque sismique léger concerne la commune qui est située non loin de la faille d’Oléron. Le 7 septembre 1972, le séisme d’Oléron d’une magnitude de 5,7 a produit quelques dégâts dans la région et a pu être ressenti jusqu’en région parisienne. Le dernier séisme ressenti en date, toujours sur cette faille, d’une magnitude de 4,7, a eu lieu le 18 avril 2005. Les marais qui s’étendent sur 2900 hectares représentent plus de 92% du territoire communal. Ce sont d’anciens marais salants qui sont aujourd’hui principalement alimentés en eau douce. Le canal de la Charente à la Seudre (dit de la Bridoire) traverse la commune au sud-est. Large de 6,5 m et profond de 2,5 m, ce canal, commencé vers 1700, a été mis en service en 1860 et permet de relier Rochefort au niveau de la Charente à Marennes au niveau de la Seudre. Le havre de Brouage est un chenal qui délimite la commune au nord-est et permet de relier l’océan Atlantique au canal de la Charente à la Seudre grâce au prolongement assuré par le canal de Brouage (entrepris en 1782 et inauguré en 1807). Le canal de Mérignac délimite quant à lui la commune au sud-ouest et relie également le canal de la Charente à la Seudre à l’océan Atlantique. L’ensemble de ce réseau hydrographique constituant le bassin de Marennes permet d’évacuer une partie des crues de l’Arnoult et de la Charente. La Brouage était le nom d’un ancien bras de mer issu du comblement progressif de l’ancien golfe des Santons. Longtemps ouvert à la navigation, il s’étendait jusqu’à l’ancienne ville et châtellenie de Broue, dont seuls témoignent les ruines du donjon médiéval, la tour de Broue. L’accentuation du phénomène d’envasement conduisit à la transformation du bras de mer en marais-gâts, provoquant par la même la ruine de la place-forte. Le terme Broue désigne également le nom de la vase bleutée que découvre la mer. L’église de Hiers est mentionnée au XI.me siècle. Le village était à cette époque une île au milieu du golfe de Saintonge, golfe qui se comblera ensuite au fil des siècles pour n’être plus aujourd’hui qu’un marais. L’île fait partie d’un archipel avec d’autres îlots comme ceux de la Guilletterie, de Montboileau, de Fremailloux et d’Érablais. De par son altitude relativement élevée permettant de contrôler la navigation entre le continent et l’île d’Oléron, on construisit dès le XI.me siècle un château et un prieuré qui dépendait de la seigneurie de Broue. Les moines de l’église Saint-Hilaire exploitent alors déjà le sel. Brouage fut fondée en 1555 sur un ancien dépôt de lest formant des bombements de galets et de vase. Brouage était l’avant-port du village de Hiers, il est conçu tout d’abord sans intentions militaires mais pour être un centre de négoce. Dix ans après sa fondation, la cité reçoit la visite de Charles IX. La cité eut d’abord une vocation commerciale, grâce à « l’or blanc » : le sel. A partir du XIV.me siècle, le commerce du sel de Brouage prit une dimension internationale. Le port devint le plus important d’Europe et faisait vivre tout un peuple (sauniers, mariniers, pêcheurs de morue, etc.) en rapportant des droits et des taxes au clergé et à la noblesse locale. Jusqu’à 200 bateaux pouvaient venir mouiller dans le port. La cité était alors un lieu d’approvisionnement en sel pour les pêcheurs de morue de Terre-Neuve. « Jacopolis sur Brouage », nom originel de la cité, devint ainsi riche et prospère. Pendant les guerres de religion, la ville est tour à tour prise par les catholiques et les huguenots. En 1576, lors de la sixième guerre de religion, le duc de Guise prit la ville afin de compléter l’encerclement de la place protestante de La Rochelle. Cette même année, Henri de Navarre, futur Henri IV, séjourna dans la citadelle. En 1578, le roi Henri III décide que la ville, devenue trop importante, ne doit ni tomber aux mains des protestants ni dans celles des Anglais, et en fait une Ville Royale : elle devient un coffre-fort du pouvoir central. En 1586, les Rochelais rendirent inutilisable le port de Brouage. Le prince de Condé fit couler des bateaux pour bloquer le port et celui-ci ne fut d’ailleurs jamais totalement dégagé par la suite. En 1626, Louis XIII l’intégra au royaume de France, la cité prit alors le nom de Brouage. Le gouverneur en titre de la cité était Jean Armand du Plessis, Cardinal de Richelieu. À cette époque, la ville comptait 4000 habitants et était toujours une place de négoce : on y trouvait de tout et la cité était très cosmopolite. stratégique, elle devint le cœur logistique de la machine de guerre royale pour conquérir La Rochelle. En 1628, Louis XIII visita le port. Entre 1630 et 1640, Richelieu ordonna la construction d’une nouvelle enceinte réalisée par Pierre de Conty d’Argencour. Le bourg de Hiers, de son côté, était devenu l’arrière-cour industrieuse de Brouage : c’est là qu’étaient installés tous les métiers du bâtiment (charpentiers, maçons…) de l’armurerie et de la marine. Certaines enseignes sculptées de l’époque sont encore visibles çà et là. En 1653, Mazarin devint gouverneur de Brouage. En 1659 celui-ci hébergea sa nièce, Marie Mancini pour l’éloigner du jeune Louis XIV qui la courtisait mais qui devait épouser pour des raisons politiques l’infante Marie-Thérèse d’Autriche (1638-1683). En 1685, Vauban modernisa les bastions et les chemins de ronde. Né à Brouage entre 1567 et 1580 (selon les sources), Samuel de Champlain, explorateur et cartographe, partit pour la Nouvelle-France pour la première fois en 1603. Il réalisa par la suite 21 voyages en tout entre la France et la Nouvelle-France. Il fonda la ville de Québec en 1608. Il mourra à Québec le 25 décembre 1635 sans avoir fini les préparatifs de la fondation de Montréal qui n’aura lieu qu’en 1642. Aujourd’hui, de nombreux éléments démontrent les liens forts qui unissent la ville de Brouage à celle de Québec : rue du Québec et Square du Nouveau-Brunswick à Brouage, rue de Brouage et statue de Champlain à Québec. Par ailleurs, l’église Saint-Pierre a été restaurée avec des dons de la ville de Québec. Durant le XVI.me siècle, la ville de Brouage fut tour à tour prise par les Huguenots et les Catholiques lors des guerres de religion. La ville était devenue un enjeu économique important. La Rochelle fit en sorte de rendre l’accès impossible au port brouageois en y faisant couler des bateaux à son entrée. En 1653, c’est Mazarin qui devient le gouverneur du lieu. Il y héberge sa nièce, Marie Mancini, pour l’éloigner de son très amoureux Louis XIV. Ce dernier, par devoir royal, devait épouser l’infante Marie-Thérèse d’Espagne pour des raisons politiques stratégiques. Cependant, le déclin de la très cosmopolite ville de Brouage commença. En raison de la baisse du niveau de la mer et à défaut d’une rivière drainante, l’horizon maritime s’éloigna de plus en plus pour laisser place à une étendue de marais, rendant Brouage désœuvrée dans ses principales activités portuaires. L’ascension de la ville de Rochefort, ville voisine préférée par Vauban, plongea Brouage dans l’oubli au XVIII.me siècle. Les marais salants furent abandonnés, la ville commença à tomber en ruine. De nombreux bâtiments disparurent. De fait, les constructions n’ont jamais occupé tout l’espace disponible à l’intérieur des remparts. À la Révolution, la cité devenue centre de détention logea plusieurs centaines de suspects courant 1793, puis des prêtres réfractaires qui refusaient de jurer fidélité à la République, déportés en provenance des pontons de Rochefort à partir de 1794. En 1885, l’armée quitte définitivement Brouage. Le 29 août 1970, le gouvernement du Québec rendit hommage à Champlain en inaugurant un mémorial en son honneur devant sa maison natale. Depuis 1980, de lourds travaux de restauration ont été entrepris pour la mise en valeur du site. Brouage est aujourd’hui centre européen d’architecture militaire. En 2001, Diane Lemieux, ministre d’état à la culture du Québec, est venue à Brouage inaugurer un vitrail de l’église symbolisant les liens de son pays avec la cité saintongeaise. À l’occasion du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec par l’enfant du pays Samuel de Champlain, de nombreuses festivités ont été organisées à Brouage en 2008. La Maison Champlain abrite depuis lors une exposition permanenente dénommée Champlain, une aventure saintongeaise en Amérique. L’exposition interactive d’un coût de 2210500 euros a été financée conjointement par l’ambassade du Canada en France et par le conseil général de la Charente-Maritime. Une œuvre d’art de l’artiste Marc Lincourt sera également mise en place représentant une vague de 2 mètres sur 10 avec le nom des quatre cents premières familles souches qui ont quitté le sol français pour se rendre à Québec. La citadelle de Brouage fut élaborée par Pierre de Conti, sieur d’Argencourt, classée monument historique en 1888. Pour tenir sur les marais, la citadelle repose sur un plancher flottant de chêne couvert de trois rangées de dalles de pierres cramponnées de fer et supporté par des pieux enfoncés dans la vase et noyés de mortier de chaux. Les plans des fortifications, bien que ressemblant à un ouvrage de Vauban, sont antérieurs d’un siècle à celui-ci. Les remparts furent édifiés entre 1628-1635, et renforcés en 1689. La face extérieure est en pierre de taille, le reste en moellons liés par un mortier sable-chaux. Les pierres des angles des bastions ont été cramponnées par des crochets de fer. Ils représentent une sorte de quadrilatère de 2080 m de périmètre extérieur, renforcé de huit bastions, chacun surmonté de trois guérites. L’intérieur des remparts est constitué de parcelles rectangulaires de 30 mètres sur 8 pour les habitations.Les porte royales furent construites en même temps que les remparts d’Argencourt. La porte Royale subsiste à peu près intacte. Elle donnait accès aux quais maritimes et était protégée extérieurement par une petite enceinte à pont-levis. La porte d’Hiers a été presque entièrement démolie et était protégée par des ouvrages avancés. On pouvait aussi sortir de la ville par d’autres passages : deux poternes, la courtine de la mer, deux ports souterrains dans les flancs des bastions de La Brèche et d’Hiers pour une navigation en barque dans les fossés. La halle aux vivres comprenait un rez-de-chaussée et un étage. On y entreposait tout ce qui était en tonneau : le vin, la bière, la viande salée, etc. Le rez-de-chaussée pouvait contenir 700 barriques tandis qu’à l’étage, un plancher de chêne pouvait recevoir jusqu’à 300 tonnes de blé. Le bâtiment abrite actuellement une exposition du Centre européen d’architecture militaire. Les hangars de la porte Royale, adossés aux courtines, recevaient, selon les époques, ateliers d’armuriers, de forgerons, magasins aux bois, aux affûts de canons, écuries, etc. La tonnellerie. Les forges, adossées au bastion Royal. Les magasins à poudre, celui de Saint-Luc à quatre arcs-boutants contenait 30 tonnes de poudre, celui de La Brèche, édifié par Vauban en 1692, contenait 20 tonnes. Les bâtiments disparus : Le palais du gouverneur reçut des hôtes de marque comme Richelieu, Louis XIII, Marie Mancini… Les casernes furent construites en 1637. Elles étaient composées de 72 chambres, abritant 648 hommes. Elles furent détruites en 1895. L’hôpital militaire, fondé en 1611 et agrandi progressivement. L’arsenal. La prison. Le moulin à poudre. L’église Saint-Pierre est ouverte au culte en 1608, l’année de la fondation de Québec. D’un point de vue architectural, il s’agit d’un édifice de transition entre le style gothique et le style Renaissance. Le clocher et une partie de la façade ont été repris à la fin du XVIII.me siècle après qu’une tempête eut causé des dégâts à cette partie de l’édifice en 1731. Ainsi, le portail est il teinté d’influences classiques, lesquelles s’expriment par la présence de pilastres et un fronton triangulaire. À l’intérieur du sanctuaire, des vitraux retracent des épisodes de la fondation de la Nouvelle-France. L’un d’entre-eux dépeint la fondation de la ville de Québec, tandis qu’un autre, offert par le Nouveau-Brunswick, représente le poste de l’île Sainte-Croix, fondé en 1604 par Pierre Dugua de Mons. Enfin, une autre verrière évoque la fondation de Brouage en 1555. L’église abrite également une Vierge du XVIII.me siècle, un ex-voto représentant un navire du début du XX.me siècle, ainsi que le tombeau de l’ancien gouverneur de la place de Brouage, Claude d’Assigné, marquis de Carnavalet, décédé le 10 septembre 1685. En hommage au sacrifice de nombreux Canadiens pour la libération de la France en 1944, un casque de soldat canadien retrouvé à Dieppe est accroché au mur de l’église. Après être revenu de Québec en 1629, Champlain aurait prié dans l’église pour que le Canada pris par les Anglais soit restitué à la France en faisant vœu de faire construire à Québec une église dédiée à Notre-Dame de Recouvrance. Ce vœu se réalisa et une plaque commémorative le rappelle dans l’église : Ici Champlain a prié et a été exaucé. Fondée au XII.me siècle, l’église Saint-Hilaire est le plus ancien monument de la commune. Construite sur l’ancienne île de Hiers, elle est une église prieurale avant de devenir paroissiale. Le sanctuaire roman est presque entièrement reconstruit au XV.me siècle, ainsi qu’en témoignent les fenêtres ogivales à remplage flamboyant, les voûtes à croisées d’ogives et la porte nord (aujourd’hui murée), surmontée d’un gâble en accolade. Très éprouvée par les déprédations consécutives aux guerres de religion, elle est partiellement reconstruite au XVII.me siècle, mais est amputée de plusieurs travées. La façade est la partie la plus récente de l’édifice et ne date que de 1862. Elle intègre un clocher de faible hauteur, surmonté d’une flèche en ardoise. Tout comme l’église Saint-Pierre, l’église Saint-Hilaire est basée sur un plan rectangulaire à trois vaisseaux. À quelques mètres du sanctuaire, une maison d’habitation conserve quelques éléments de l’ancien prieuré, datés du XVII.me siècle. La glacière, bâtiment disparu puis reconstitué récemment à l’identique : constituée d’un réservoir artificiel semi-enterré. Le bâtiment était protégé des variations climatiques par l’épaisseur du bastion Richelieu (le mieux protégé du vent et de la pluie) et par le choix de son ouverture au nord. Elle était située non loin de l’hôpital qui était grand consommateur de glace pour la préparation des remèdes. Elle permettait également d’offrir aux hôtes de marque des entremets et sorbets ! Le mémorial Champlain ainsi que les jardins ont été financés par le Québec. Les marais de Brouage est une zone classée Natura 2000. On y trouve notamment une faune riche mais souvent menacée : cistudes (Emys orbicularis, tortues d’eau douce menacées de disparition en Europe), lucanes (cerf-volant) et loutres. Ces marais sont surtout connus par le grand public pour abriter plus de 150 espèces d’oiseaux. C’est un lieu de nidification des hérons cendrés (Ardea cinerea), Héron pourpré (Ardea purpurea) et aigrettes. Les cigognes blanches (Ciconia ciconia) y nichent depuis 1978. La région arrive en seconde position après l’Alsace pour l’accueil des cigognes.
Après une belle déambulation dans l’ancienne cité royale et quelques emplettes intéressantes, nous avons découvert dans un tabac presse toutes les principales maquettes des monuments de la côte atlantique (phares, tours etc). Ensuite nous sommes retournés à Arvert pour y prendre le dîner, à la suite duquel nous avons investi le salon pour écouter de la musique sur la chaîne et parcourir certaines revues en braille.
Le lundi matin, nous nous sommes affligés quelques temps de repos, réveil plus tard, détente dans la résidence et préparation pour affronter une nouvelle semaine à la résidence du moulin du Cassot, dont le thème sera lié à la découverte de la région. Dans l’après-midi, les nouveaux arrivants se sont échelonnés, ils ont pris place dans leurs chambres pour s’y installer. En début de soirée, chacun s’est présenté lors du pot de bienvenue et la présentation de la semaine qui nous attend, ensuite nous sommes passés à table. Nous sommes 8 participants à ce séjour Anne, Janine, Patricia, Claudine, Jean-Marie, Alain, Carlos, moi et Dolmen le chien guide de Patricia.
Jour 1 : Le matin, nous effectuons la même randonnée dans la forêt de la courbe à Ronce-les-bains, ainsi que la dégustation d’huîtres et de crevettes à Marennes que nous avions faite la semaine dernière.
L’après-midi, nous sommes en partance pour la rochelle, dont la présentation se trouve en fin de document. Nous mettons le cap sur le nord de la Charente maritime, nous traversons la Charente à Rochefort en empruntant le viaduc, sur notre droite nous apercevons le transbordeur, puis nous filons sur la Rochelle. Le but de notre venue dans la préfecture de la Charente maritime est la visite de son aquarium, nous l’effectuerons avec un audio guide sur les oreilles, à vrai dire, pour avoir déjà testé cette façon de téléguidage que je n’apprécie pas, j’aborde cette exploration quelque peu septique. Voici tout de même la synthèse de notre découverte, hélas la description est faite pour des clairvoyants, alors malgré les explications de nos accompagnatrices Monique et Véronique, je vais essayer de faire vivre le monde sous-marin :
Tout d’abord nous empruntons un ascenseur, il simule l’intérieur d’un sous-marin, et pour les clairvoyants il donne la sensation de remonter en surface. Nous sommes accueillis par des méduses qui font un ballet dans un bassin, des seiches sont disposées dans une grande cavité. Nous abordons un bassin réservé aux huîtres et aux moules, nous distinguons des maigres, ils vivent aussi bien dans l’eau de mer que dans l’eau douce, ils sont en nombre dans les estuaires. Nous sommes devant un bassin où sont présentés des saumons et des anguilles, les premiers se reproduisent en eau douce et vivent en mer, quant aux anguilles c’est le contraire, elles se reproduisent en mer et vivent en eau douce. Nous passons devant le bassin des sardines, elles vivent le long des côtes, c’est très difficile de les faire vivre en aquarium. C’est difficile de les capturer, car elles ont un épiderme fragile, elles ont été pêché avec un chalut, elles se nourrissent de plancton. Pour les apprivoiser, il faut les nourrir avec de la chair de poisson achée, la sardine doit évoluer dans un aquarium vaste, qui soit dépourvu de décor, avec un fort courant pour privilégier leur déplacement. La pêche commerciale se réalise entre 20 et 200 mètres de fond, sur les fonds marins vivent les langoustines (faune benthique), nous les apercevons tapies dans des terriers ou sous une colonie de corail jaune. La faune pélagique, celle qui vit en pleine eau, comme les sardines ou les maquereaux que nous voyons évoluer devant nous. Nous voyons évoluer des hippocampes ou (cheval courbé), ce sont bien des poissons, ils se déplacent grâce aux ondulations rapides de leurs nageoires, leur queue leur permet de s’attacher aux algues. Chez l’hippocampe, c’est le mâle qui porte les œufs, il possède une poche ventrale où il reçoit entre 200 et 300 ovules de la femelles, il les féconde ensuite et les gardent à l’abri des prédateurs pendant 2 mois. Les œufs éclosent à l’intérieur de la poche, puis il les expulse par des contractions, une centaine de jeunes sont alors expulsés, ils font une quinzaine de millimètres de long, maintenir des hippocampes en aquarium est très délicat, ils se nourrissent que de proies vivantes qu’il faut leur apporter en grande quantité et quotidiennement. Noud longeons une reconstitution de falaise, nous abordons un immense aquarium de 120000 litres, en surface on peut observer le bar au corps fuselé, des mulets broutent le dessus des rochers, ils recherchent de micros organismes. Nous apercevons un poisson à la forme allongée et au corps tacheté qui se repose sur le fond, il a la forme d’un requin, il s’agit de la roussette, plus communément appelée saumonette, en raison de la couleur rosée de sa chair. Nous découvrons des dorades, elles sont de 2 sortes les grises et les royales, elles sont toutes deux constituées d’un corps comprimé en forme arrondie. La bouche est pointue chez la dorade grise, quant à la dorade royale, elle arbore entre ses 2 yeux, une bande dorée. A droite de cet immense aquarium, on découvre la grotte de Méditerranée, la grande bleue, au cours des temps a bénéficié de plusieurs sources de peuplements, ils sont à l’origine de la grande diversité des espèces que l’on y rencontre. 2 tiers de ses espèces sont originaires de l’Atlantique, mais une partie de la faune, en revanche est endémique, c’est-à-dire qu’elle est présente qu’en Méditerranée. Enfin une centaine d’espèces proviennent de la mer rouge, elles s’y sont introduites depuis l’ouverture du canal de Suez en 1869. Nous voici devant un autre bassin, je suis pleines de ventouses, je suis inoffensive, mais Jules Verne et Victor Hugo on fait de moi un monstre redoutable, qui suis-je ? La pieuvre bien sûr, elle ne sort que la nuit pour chasser ses proies, pendant la journée, elle se cache dans des trous rocheux, ramenant près d’elle les cailloux même lourds, puisqu’elle est capable de tracter 10 fois son poids. De nombreux chercheurs étudient son comportement, mais surtout ses facultés d’apprentissage, qui sont les plus perfectionnées des invertébrés. Une pieuvre est capable d’ouvrir un bocal, après une simple observation du geste. Les côtes ouest africaines et méditerranéennes présentent des conditions de vie identiques, leur faune comprend donc des espèces communes, comme la murène au corps allongé ou le mérou avec sa grosse bouche et son corps massif. Lorsque les conditions climatiques changent de façon saisonnière ou permanente, les animaux doivent se déplacer, c’est le cas du baliste, il est de forme ovale, et a ses yeux très éloignés de sa bouche. Auparavant il vivait que le long des côtes africaines, mais depuis le réchauffement des eaux, on le trouve aujourd’hui plus au nord, jusqu’en Bretagne. La nuit, il se réfugie dans des crevasses étroites, dans lesquelles il peut s’ancrer, en redressant son épine dorsale. Pendant ce temps, la murène part à la recherche de quelques proies, elle regagnera son abri rocheux pendant la journée, pour se reposer. Nous abordons un bassin qui fait la part belle aux poissons qui vivent en banc, au moment de la reproduction, la rencontre entre males et femelles est plus facile, si un banc recherche de la nourriture, il suffit qu’un seul poisson en détecte, pour que le reste du banc en soit averti. Enfin un banc se déplace comme un organisme unique, ça impressionne les prédateurs, si le banc est attaqué, il se sépare en Deux. Le prédateur a donc bien du mal à fixer son attention, mais le regroupement en banc ne présente pas que des avantages, sa taille le fait plus facilement repérer par un prédateur, il fonce alors dessus la gueule ouverte. ON a même observé que des prédateurs, comme les barracudas qui surveillent les poissons à la façon des chiens de berger, ils remettent dans le droit chemin les poissons qui s’écartent du banc et mangent les traîneurs. Nous passons devant un bassin où se développent des planctons, ils sont composés d’êtres vivant animaux et végétaux, ils sont incapables de lutter contre le courant, Le plancton végétal ou phito plancton est composé d’algues microscopiques, le plancton animal ou zoo plancton se compose d’animaux de petites tailles, comme des crustacés ou des larves de poissons ou mollusques. La baleine filtre une très grande quantité de plancton pour se nourrir, elle n’en retient qu’une partie que l’on appelle le crile. Il est composé de petits crustacés, de la grosseur d’une crevette grise, le plancton se compose aussi d’animaux de grandes tailles, telle que les méduses, elle se laisse emporter par les courants et les vagues, c’est pour cela qu’elle évolue ici dans un aquarium cylindrique, où règne un courant permanent. Sans cette circulation d’eau, les méduses se poseraient au fond de leur aquarium, elles proviennent d’un laboratoire de l’aquarium, par de petits hublots on peut suivre l’évolution de la vie d’une méduse. Nous arrivons aux bassins des mers tropicales, dans les massifs coralliens de la mer des Caraïbes, les poissons d’apparence multiples et aux comportements fascinants forment un système écologique complexe, mais comment toutes ces espèces parviennent-elles à cohabiter. Heureusement les poissons ne sont pas actifs au même moment, la recherche de nourriture est déterminée suivant l’heure de la journée. Ainsi les herbivores, qui se nourrissent d’algues vivent plutôt le jour, pendant lequel, les poissons chirurgiens ou les poissons perroquets rongent la fine pellicule d’algue qui recouvre les récifs. Tandis que les petits carnivores recherchent des invertébrés sur le fond, dès le crépuscule, toutes ces espèces se réfugient dans les cavités des constructions coralliennes. Alors que les prédateurs nocturnes comme les murènes sortent de leurs repères, et s’apprêtent à rôder la nuit, à la recherche de proies. Le fait que des espèces soient actives le jour et d’autres la nuit, ça évite les compétitions pour l’espace et la nourriture au sein du récif. Nous abordons un autre bassin, nous découvrons l’opistolclade, c’est un petit poisson blanc au corps allongé, les antillais le nomment le poisson marionnette, il défend et entretien méticuleusement son terrier, il s’y glisse la queue la première au moindre danger. A la nuit tombée, il ferme son terrier avec un morceau de corail et se retire dans ses appartements. Savez-vous que chez ce hépisconelate c’est le male qui pouponne, il garde les œufs dans sa bouche jusqu’à leur éclosion. Cette solution est certes sécurisante pour les œufs, mais amaigrissante pour ce male dévoué, qui devra jeuner pendant 2 à 3 semaines. Nous sommes devant un bassin où des algues vertes se balancent au rythme de la houle, il se dresse des gorgones, ce ne sont pas des végétaux, mais des colonies d’animaux vivants fixés sur des rochers, elles exposent leurs branches perpendiculairement au courant, afin que chaque animal de la colonie puisse prélever les particules nutritives, dont il a besoin, et éliminer ses déchets dans le courant, il est donc indispensable pour ces espèces comme pour ces algues de reproduire ce mouvement de l’eau en aquarium. Nous sommes devant un bassin où l’eau est à 25 degrés, nous sommes dans le lagon au milieu d’une farandole de poissons tropicaux, tout est de lumière et de couleur, pourquoi les poissons des massifs coralliens sont-ils aussi colorés. Les couleurs chez ces poissons peuvent avoir 2 fonctions opposées, pour passer inaperçu ou être vu. Certains poissons tropicaux sont imprimés de bandes ou de tâches de couleurs très contrastées. Les prédateurs ont alors du mal à déterminer les pourtours de leur proie, des couleurs bien visibles sont des signaux d’avertissement, elles signalent qu’un animal dangereux ou un territoire déjà occupé. Ces couleurs permettent aussi aux animaux, de même espèces de se reconnaître lors de la reproduction ou lorsqu’ils se reposent. Toutes ces stratégies convergentes vers le même but, survivent dans un milieu peu étendu, où de nombreuses espèces se côtoient. Le poisson chirurgien est facile à reconnaître, car il possède en avant de sa queue une lame tranchante, comme un scalpel, qu’il utilise pour se défendre. Le poisson ange a lui aussi une arme dissuasive, une épine située de part et d’autre sur la tête au niveau de ses ouïes. Quant au poisson papillon, on le reconnaît à sa bouche effilée, et à ses 3 couleurs caractéristiques, le jaune, le blanc et le noir. Nous passons dans les mers et océans indopacifique, dans un bassin se déplacent des sortes d’araignées, dont le nautile qui fait l’objet de nombreuses recherches, son sang est bleu, il coagule en présence de certaine substances produites par des bactéries, il est utilisé pour évaluer la pureté de certains équipements médicaux, sa carapace possède un composant qui permet de réduire la cicatrisation. Nous découvrons un bassin, qui nous rappelle le fondement de la barrière de corail, qui s’étend près de la Nouvelle Zélande sur près de 2000 kilomètres de long. Cet ensemble complexe de 320 îles et 2500 récifs, c’est l’un des plus grands édifices élaborés par des êtres vivants, la barrière de corail est même visible de la lune. Les coraux trouvent ici, dans les eaux chaudes dans le pacifique sud, les conditions idéales à leur développement. Les coraux servent de refuge à un nombre exceptionnel d’animaux, 1400 espèces de poissons, 4000 espèces de mollusques, 10000 espèces d’éponges sans compter les tortues marines, requins et baleines à bosses. Souvent citée comme huitième merveille du monde, la grande barrière australienne est reconnue comme patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 1981. Nous passons devant un bassin qui contient des poissons des mers chaudes, c’est un milieu où la compétition est rude, nous partons à la recherche du poisson pierre, il s’enfouit dans le sable ou la vase, sa forme globuleuse, lui permet de passer inaperçu, il complète ce déguisement grâce aux algues filamenteuses qui poussent sur sa proue. Sa mine patibulaire signifie qu’il va faire une rencontre fatale, à la moindre pression exercée sur son dos, il redresse des épines équipées à leur base de glandes à venin. D’un effet foudroyant, la puissance de ce venin peut-être assimilée à celle d’un cobra. Nous arrivons dans les eaux de la mer Rouge, 15% des espèces du site, ne se rencontre qu’en mer Rouge, nous apercevons le poisson chirurgien avec sa lame coupante au niveau de la queue. Certains tel un avertissement arbore une lame de couleur orange, pour prévenir les autres poissons du danger, pour d’autres la lame est la même couleur que celle du poisson, et passe ainsi inaperçu. Nous distinguons le poisson ange avec son croissant jaune sur ses flancs, il se défend quant à lui grâce aux épines disposées près de ses ouïes. Dans la grande diversité biologique qui les caractérise, les récifs corallins sont des oasis dans le désert océanique, leur intérêt écologique est indéniable, mais il joue aussi un rôle, d’un point de vue économique, social et culturel. Près de 100 millions de personnes ont une activité dépendante des récifs pêche, tourisme, artisanat, mais également médecine ou pharmacie. Cette présence humaine n’est pas sans conséquence, 10% des récifs sont déjà condamnés, et si aucune action de protection n’est entreprise, ce sont 30% des récifs qui disparaîtront d’ici 30 ans. A l’aquarium de la Rochelle des essais de bouturage des coraux ont été entrepris, il suffit pour cela de détacher un fragment d’une colonie, et de le mettre dans des conditions optimum pour sa croissance. Cette technique permet de coloniser les décors de l’aquarium, tout en limitant prélèvements sur les récifs naturels. Nous voici en compagnie des requins, dès l’antiquité on dénombre déjà des attaques de requins sur des pêcheurs d’éponge, au XVI.me siècle, des naturistes s’appuyant sur des récits fantaisistes, décrivent le requin comme un prédateur redoutable, qui peut s’attaquer à l’homme. Malgré tout, il est considéré comme un animal peureux, pouvant être une prise de pêche. Les polynésiens quant à eux vénéraient le dieu requin, en fait cet animal a pris sa place imaginaire populaire qu’à partir de la seconde guerre mondiale. Suite aux affrontements en pleine mer entre les marins ou aviateurs aux requins, c’est surtout dans les années 1970 avec le livre et le film, les dents de la mer, que le requin mangeur d’hommes est venu un mythe. Ce mythe s’est construit autour d’une même espèce, le grand requin blanc, pourtant il existe plus de 400 autres espèces. La plus petite d’entre elle, ne fait pas plus de 20 centimètres de long, quant à la plus grande, le requin baleine, il ne se nourrit que de plancton, il est donc inoffensif, malgré ses 18 mètres de long. Les requins sont apparus il y a 300 millions d’années, les requins ont évolué jusqu’à atteindre le statut de super prédateur, leur capacité à repérer une proie est exceptionnelle. Contrairement aux idées reçues, les requins ne sont pas aveugles, la plupart d’entre eux distinguent les couleurs, et voient très bien la nuit. Ils possèdent pour cela, sous la rétine, des plaques réfléchissantes renvoyant sur la partie centrale de l’œil, 90% de la lumière. Ces plaques produisent un éclat semblable, à celui qui illumine les yeux des chats la nuit. L’odorat est très développé chez le requin, leur permet de détecter une substance odorante diluée 10 millions de fois, enfin de plus des 5 sens que nous possédons, le requin est doté d’un organe sensoriel. Il est ultra performant, il lui permet de percevoir le mouvement d’une proie blessée, en détectant les champs magnétiques provenant d’autres animaux. Ces champs émis par tous les êtres vivants, ne sont visualisables par l’homme, qu’au moyen d’un appareillage médical, comme un électrocardiographe. La plupart des requins possèdent des mâchoires hors du commun, pour un requin de 3 mètres, la pression qu’elle exerce peut-être de 3 tonnes par centimètres carrés, alors que celle de l’homme n’est que de 200 kilos par centimètres carrés. La dentition des requins est remplacée en totalité tous les 15 jours, les requins possèdent entre 5 à 7 rangées de dents, les plus petites en grandissant repoussent les plus anciennes jusque sur le bord externe de la mâchoire, où elles finissent par tomber. Aujourd’hui le requin est un animal en danger, sur les 400 espèces de requins, seul une dizaine est dangereuse pour l’homme. Au niveau mondial, on recense une centaine d’attaques de requin sur l’homme, dont 10 sont fatales. Le plus souvent le requin confond un surfeur ou un plongeur avec sa proie habituelle, telle que phoque ou tortue. La pêche du requin est devenue trop intensive, pour plusieurs raisons, la chair et les ailerons sont consommées dans l’alimentation humaine, la peau produit un cuir très résistant, les dents et les mâchoires sont recherchées comme trophées, le foie renferme une huile servant de lubrifiant ou entrant dans la composition de cosmétiques, le squelette est utilisé dans le traitement des brûlures, le sang est un très bon coagulant et la cornée peut être greffée avec succès sur l’œil humain. Aujourd’hui certaines espèces sont menacées d’extinction, certaines sont protégées, comme c’est le cas pour le grand requin blanc en Afrique du sud. En conclusion, après avoir eu peur des requins, l’homme met tout en œuvre pour les protéger afin qu’ils ne disparaissent pas. Nous sommes devant un grand aquarium, où une multitude de poissons de toutes tailles sont présentés. On distingue la murène qui sort sa tête de son refuge, les petits poissons chirurgiens qui virevoltent dans l’eau ou les bancs de poissons qui se déplacent en groupe, les tortues se reposent au fond de l’eau sur le sable. Les tortues marines vivent dans l’eau essentiellement, seules les femelles s’aventurent sur les plages pour pondre. Les tortues nagent comme les poissons dans l’eau, ne nous trompons pas, il s’agit d’un reptile, la tortue respire grâce à des poumons, mais peut avec son rythme cardiaque ralenti restée en apnée pendant plus d’une demie heure. Cette tortue, appelée tortue imbriquée a longtemps été chassée pour sa carapace, elle est actuellement protégée, comme les 6 autres espèces tortues marines. Le centre de la Rochelle est un laboratoire qui étudie la tortue marine, il recueille les tortues échouées ou capturées accidentellement sur la côte Atlantique française, le centre les garde pendant l’hiver avant de les relâcher en mer, au moment le plus favorable pour la survie de l’espèce. Après plus de 2 heures de déambulation au milieu de bassins, j’ai saturé, écouter l’audio-guide, demander des explications à nos guides, certes c’est tout à fait réalisable, mais la musique d’ambiance et les appels de la sono sont très perturbantes, on se croirait parfois dans un aéroport ou un hyper marché. En attendant le reste du groupe, nous avons été touchés les peluches du magasin de l’aquarium, nous avons pu enfin toucher, ce qui nous a été décrit tout au long de la visite, qui à mon avis n’est pas adaptée pour un aveugle. Une fois tout le monde rattroupé, nous avons repris les véhicules pour rejoindre la résidence à Arvert. Après le dîner, c’est un peu fatigué que nous avons subi la séance de relaxation de Jean-Jérome à la piscine, mais pas dans la piscine. Ensuite nous avons rejoint le salon, où nous avons fait connaissance des nouveaux résidents, dont Patricia et Carlos.
Jour 2 : Le matin est consacré à une séance d’aquagym sous la houlette de jean-Jérom,. Ensuite chaque matin, avant le déjeuner qui se prend à midi, nous avions une bonne heure pour se reposer, se détendre, bouquiner, discuter ou écouter de la musique, c’était un temps libre bien agréable.
L’après-midi, nous prenons la direction sud de la Charente maritime, nous allons à Meschers, qui se trouve près de Royan. Voici les communes et les sites qui se trouvent sur la côte Atlantique du département de la Charente maritime, du nord au sud :
La Rochelle, Ile de Ré, Saint-Martin-de-Ré, La-Flotte-en-Ré, Ars-en-Ré, Ile de Ré, phare des Baleines, Ile d’Aix, Fouras, Fort-Boyard, Rochefort, Ile Madame, Ile d’Oléron, Brouage, Bourcefranc Le Chapus, Marennes, Saint-Just-Luzac, La Seudre, Ronce-les-Bains, La Tremblade, Mornac-sur-Seudre, la forêt de La Coubre, La Palmyre, Saint-Palais-sur-Mer, Vaux-sur-Mer, Royan, Saint-Georges-de- Didonne, Estuaire de la Gironde, Le phare de Cordouan, Le Verdon, Port Médoc, Le Médoc, le Parc de l’Estuaire, Meschers, grottes de Regulus, grottes de Matata et Talmont.
Voici une présentation de Meschers :
Meschers-sur-Gironde est une commune française située dans le département de la Charente-Maritime et la région Poitou-Charentes. La commune compte 2600 habitants, elle s’étend sur 16 kilomètres carrés et s’étale entre 0 et 39 mètres d’altitude.Ses habitants sont appelés les Michelais et les Michelaises. Cette station balnéaire située sur la côte de beauté possède plusieurs plages, toutes situées le long de l’estuaire de la Gironde. La ville est également connue pour ses grottes de Régulus et de Matata, lesquelles forment de véritables cités troglodytes. La commune de Meschers se situe dans le sud-ouest du département de la Charente-Maritime, dans l’ancienne province de la Saintonge. C’est une ville et station balnéaire située dans la grande périphérie de l’agglomération royannaise, sur la côte de Beauté. D’une superficie de 1598 hectares, elle occupe un site bordé par l’estuaire de la Gironde. Si l’essentiel du territoire communal est constitué d’un plateau calcaire partiellement recouvert par les sables éoliens, de vastes étendues marécageuses s’étendent au nord-est (marais de Chênaumoine) ainsi qu’au sud de la commune (marais de Béloire). Sur le littoral, plages et falaises calcaires alternent depuis la pointe de Suzac jusqu’au port de la ville, ou la côte se transforme subitement en une vaste étendue marécageuse, délimitée par les falaises de Meschers au nord et par celles de Talmont au sud. Plusieurs massifs forestiers se répartissent de part et d’autre du territoire. Si près des hameaux de Serres et du Berceau, subsistent quelques restes de la forêt originelle, constituée principalement de chênes et de chênes-verts, l’essentiel du domaine forestier est composé de pinèdes, plantées au cours du XIX.me siècle afin de contenir l’avancée des dunes ( massif forestier de Suzac ). L’estuaire de la Gironde borde la commune. Les Ligures s’implantent sur la presqu’île d’Arvert vers 1800 av. J.-C. et créent à Meschers un important centre de travail du bronze. Les Gaulois arrivent quant à eux vers 800 av. J.-C. en provenance de Germanie. Une tombe de cette époque a été découverte sur la commune contenant un squelette de 1,80 mètre. De l’église Saint-Saturnin, de l’édifice initial, détruit par des combats au début du XVII.me siècle, ne subsiste que le clocher, édifié au XV.me siècle. Le sanctuaire actuel, reconstruit dès la fin du XVII.me siècle et plusieurs fois remanié par la suite, forme un plan en croix latine. La nef unique comprend trois travées, éclairées de baies en plein-cintre ornées de vitraux de facture récente. Le chevet, très sobre, est constitué d’un mur aveugle, de même que les deux croisillons. Des voûtes en plâtre ont remplacé à la fin du XIX.me siècle la charpente qui couvrait l’édifice. La façade est caractéristique du style néo-classique, assez mal représenté dans la région. Elle se compose de trois portails en plein-cintre, encadrés de quatre pilastres doriques. L’ensemble est surmonté d’un vaste fronton triangulaire. Le clocher borde la façade sur son côté gauche : des traces d’arcatures gothiques à sa base montrent que l’ancienne église était située un peu en retrait de l’actuel édifice, débordant probablement sur le parvis. Ce clocher carré et massif abrite trois cloches : Jeanne, un bourdon de 675 kilos sonnant le Fa, est la plus ancienne. Elle fut bénite en 1890, sous le pontificat de Léon XIII. Deux cloches plus petites Lucie et Anne-Radegonde, furent installées dans le clocher le 6 décembre 2000. La première, pesant 96 kilos, sonne le Fa (un octave au-dessous de Jeanne ), la seconde, pesant 128 kilos, sonne le Mi-bémol. Deux pinacles témoignent de l’inachèvement du clocher, qui était prévu pour supporter une flèche en pierre. Restauré par l’architecte Marc Roberti entre 1896 et 1898, ce clocher qui est devenu l’un des symboles de la ville, est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1925. Les grottes de Régulus Creusées dans des falaises blanches de calcaire, elles servirent successivement de réserves à grain, de cachettes aux contrebandiers, de refuges aux protestants, de logements aux miséreux, et de guinguettes. Le site troglodytique municipal de Régulus a été ouvert au public en 1986. De novembre 2002 à Juin 2003, des travaux importants ont permis de proposer au public un nouvel accueil, de nouvelles terrasses avec vue imprenable sur le plus vaste estuaire d’Europe et un nouveau sens pour le circuit de la visite guidée. Le nom de Régulus vient d’un vaisseau de guerre français, un splendide 2 ponts, 3 mâts, sabordé face à Meschers pour ne pas tomber au mains des Britanniques en 1814. À noter quelques animations phare. Les grottes de Matata, Il s’agit également de grottes creusée dans les falaises de la ville, qui tout comme les précédentes, peuvent être visitées. Un parcours montre l’histoire de ce lieu reconstituant l’habitat troglodytique de la préhistoire à nos jours. Le château de Meschers, si les origines de ce château remontent au moins au XV.me siècle, les bâtiments actuels ne sont probablement pas antérieurs au XVII.me siècle. Cette seigneurie appartint à la famille des du Breuil de Théon, qui l’acquirent en 1594. Madeleine du Breuil de Théon (1749-1812) l’apporta à son époux Henry-Mathieu Isle de Beaucheine qui en fut le dernier seigneur. Le château revint à leur fils Victor Isle (1789-1866), maire de Meschers, qui y mourut. Les bâtiments s’articulent autour d’une cour rectangulaire, agrandie en 1821. Ils forment une structure en équerre, composée d’une part d’un logis de plain-pied daté de 1615, d’autre part d’un second logis à étage, construit en 1740.
Nous voici aux grottes de régulus, nous sommes accueillis par notre guide, elle va nous faire découvrir des grottes troglodytes qui ont servies d’habitations.
Nous commençons la visite dans une partie complètement fermée, elle est très aménagée, du carrelage au sol, des portes, des fenêtres, de l’électricité, il faut dire qu’il y a une dizaine d’années où nous sommes c’était une maison. C’est une ancienne salle, dite des fontaines, de l’eau ruisselle le long des parois, le mur est très humide, ce sont les infiltrations d’eau de pluie qui traverse la roche. La roche c’est du calcaire, la prolifération d’humidité amène des algues, de la mousse et l’hiver des champignons, du salpêtre et des moisissures. L’humidité vient certes de la porosité de la roche, mais la proximité de l’estuaire y joue aussi un grand rôle, en plus la pièce est fermée, ce qui atténue la ventilation et l’aération. Tout au cours de la visite nous allons rencontrer des personnages qui rappellent l’habitat au cours des siècles, dans cette pièce sont représentées des personnages du XVI.me siècle. On distingue une villageoise qui tient un bébé dans ses bras, et à ses côtés se trouve un pasteur, puisqu’il faut savoir que la région a été très protestante. Ce qui veut dire que pendant les guerres de religion, la population locale était protestante, pour pouvoir échapper aux massacres, elle venait se réfugier dans ses grottes. En plus d’être des lieux de cachette et de refuge, les grottes de Meschers étaient également des lieux de culte, d’où le tableau représenté par des mannequins à taille humaine, il devait retracer un baptême. Sur les parois, on distingue 2 photos, une représente l’église catholique de Meschers qui date du XII.me siècle, l’autre photo montre l’église réformée de Meschers qui date du XIX.me siècle. Nous prenons un couloir où il nous faut franchir des marches, les falaises que nous sommes entrain de visiter sont très lumineuses, elles sont à proximité de l’estuaire exposées plein sud. On peut imaginer la réverbération de l’estuaire et de la falaise blanche, la luminosité est garantie toute l’année. Du coup, la température est assez homogène, 13 degrés l’hiver et 18 degrés l’été. Des vitrines renferment des fossiles qui ont été prélevés qui se sont trouvées moulées à l’intérieur de la falaise. Ces falaises remontent entre 70 millions et 100 millions d’années, on peut découvrir des fossilles d’oursins, de cardiocs en forme de cœur que l’on peut associer à la famille des palourdes, les rudistes qui ont une forme de dent, on peut voir aussi des gastropodes ou petits escargots, des ammonites, des huîtres et des moules. Il faut s’imaginer que la falaise s’est faite sous l’eau, elle s’est formée dans l’estuaire de la gironde, qui est formée de la Garonne, de la Dordogne et de l’océan Atlantique. L’estuaire fait 75 kilomètres de long pour une quinzaine de kilomètres de large, c’est au bec d’Ambes que se rejoignent la Garone et la Dordogne. L’estuaire est donc composé d’eau douce et d’eau de mer, il a 2 rives, une est située sur le département de la Charente maritime et l’autre sur le département de la Gironde, Meschers étant située à l’entrée nord de l’estuaire en Charente maritime. Nous passons devant 2 autres personnages qui forment un tableau de la vie quotidienne, c’est un couple d’amoureux, ils sont très endimanchés, habillés très chic, à la mode du début du XX.me siècle. Ils sont assis devant une table où est disposé un jeu de domino, il y a aussi une tasse et un verre. Cela signifie que dans ces grottes, il y avait des guinguettes, elles étaient assez nombreuses dans les années 1900 dans les falaises. Ces guinguettes sont devenues par la suite des restaurants, la première pièce où nous sommes arrivés, a été un restaurant jusque dans les années 1970. La salle où nous sommes est fermées par des baies vitrées, les murs sont brutes de falaise, une photo rappelle l’époque du restaurant, peut avant qu’il ferme. Les murs de cette pièce sont pavoisés de photos qi représentent des poissons, un personnage représente une poissonnière à l’allure très sympathique, sur son étale sont disposés tous les poissons que l’on peut manger ici. On peut y voir des huîtres, des moules, des crevettes, des crabes, des pibales ou toutes petites anguilles, ça a une tête de souris et un corps de serpent, c’est grand comme une allumette et toute transparente. Un autre poisson est représenté en maquette, que nous avons pu toucher, c’est un gros esturgeon, il est présent dans l’estuaire de la Gironde depuis le début du XX.me siècle. Une maquette accroché au mur, représente un énorme poisson, appelé maigre, il vient se reproduire dans l’estuaire chaque printemps, pendant la reproduction il grogne sous l’eau. C’est pour cela que l’on l’appelle aussi le cochon des mers, le plus gros maigre que l’on ait pêché dans la région, il pesait 70 kilos pour 2 mètres de long. Nous déambulons dans une sorte de couloir, qui nous mène à une autre pièce fermée, qui est ouverte sur l’estuaire, il n’y a pas de baie vitrée, l’estuaire est très calme, il est scintillant, il est tout argenté, le ciel est très dégagé et le soleil illumine tout l’ensemble. Nous voyons très bien le département de la Gironde qui se trouve en face, la pièce où nous sommes, c’était la seconde pièce de l’ancien restaurant. Cette salle était en proximité de l’estuaire, c’est ce que l’on venait chercher ici, le cadre est magnifique, la température ambiante est très agréable, la lumière est très douce et sereine, pas du tout agressive. A la suite du restaurant, c’est un propriétaire qui a racheté les pièces dans la falaise, c’est lui qui a fait carreler le sol et installé l’électricité afin de rendre le lieu habitable avec le confort. Depuis 2000 la municipalité a racheté tout l’ensemble, pour offrir aux visiteurs un agrandissement de la grotte de Régulus qui se trouve à l’extérieur à flanc de falaise. Face à nous nous avons la falaise dont les pieds sont appelés les platènes, les pieds sont recouverts d’algues et de coquillages, c’est ce qui permet de longer la falaise, et planté dans la falaise se trouve un carrelet. C’est un grand filet de pêche carré, qui est fixé sur une plate forme munie d’un treuil, et sur la plate forme se dresse une petite cabane en bois. Elle renferme tous les accessoires de pêche, mais pour le fun, pour y rester la journée ou la nuit, la cabane du carrelet est aménagée sur ses 4 à 6 mètres carrés pour y vivre sommairement. Après la dernière tempête de 2009, la moitié des carrelets ont été emportés, soit 400 qui ont pour la plupart été reconstruits. Nous descendons d’un étage, nous sommes dans une pièce très humide, le plafond est bas, des photos noir et blanc sont accrochées aux murs, elles représentent la plage, il y a un siècle, on y voit des personnages et des cabines de bains en bois, 2 mannequins représentent une baigneuse et un baigneur. On prenait donc le bain habillé, on ne nageait pas, au début de la fréquentation des plages à la fin du XIX.me siècle, on allait se baigner ou plutôt se tremper. Les costumes de bains à la sortie de l’eau étaient mouillés et collants, on devait donc changer de costume à chaque bain, à l’intérieur de la cabine en bois. Le costume était obligatoire, il devait recouvrir la totalité du corps, pour cacher sa nudité et ne pas bronzer afin de garder le teint blanc porcelaine. La blancheur était pour les aristocrates de l’époque, le signe extérieur de beauté qui déterminait par ailleurs son rang dans la société et sa richesse. Certaines cabines possédaient des roues, pour emmener la baigneuse au bord de l’eau sans avoir à se déplacer. Certains hommes avaient pour fonction, ils prenaient les dames de l’aristocratie dans leurs bras, et ils les maintenaient en surface de l’eau en les portant. A la sortie du bain, ils rinçaient ces dames à l’eau douce. La première plage fréquentée à Meschers est celle des Nones, depuis 1850, les plages de Royan étaient connues par l’aristocratie française depuis 1800. Royan à cette époque regorgeait de belles villas, il y avait 3 casinos, une foison de restaurants, des hôtels grand luxe. Tout cela fréquenté au départ par les aristocrates bordelais, la bourgeoisie locale de cognac, Angoulême, les notables du cru, les propriétaires de domaines agricoles, puis sont venus les premiers parisiens grâce à l’arrivée du chemin de fer. Malheureusement, la ville de Royan a été presque toute détruite, lors de bombardements pendant la seconde guerre mondiale, elle a donc perdu son éclat d’antan. Nous sortons à l’air libre, nous marchons en longeant la falaise, il y a juste un muret qui nous garanti de l’estuaire. On surplombe tout l’estuaire, la falaise possède de nombreux trous que nous ne visiterons pas, nous sommes sur des chemins qui ont été réaménagés pour longer la falaise. Nous ressentons très bien l’exposition plein sud, le soleil est éclatant, c’est pour cela que ce site est aussi exceptionnel l’hiver que l’été. Nous découvrons des habitations privés, elles sont dans des grottes troglodytes, on distingue des escaliers, des rambardes, des fenêtres, des portes et des terrasses fleuries. Sur le kilomètre de falaise à Meschers, on compte une trentaine d’habitations troglodytes dont certaines sont des résidences principales. Sur la même falaise on trouve les grottes de Matata, dont voici la légende :
Les Grottes de Matata à Meschers sont connues depuis des dizaines d’années pour avoir mis en valeur ce site exceptionnel en l’associant avec un hôtel-restaurant-bar. La tradition continue avec les mêmes activités mises au goût du jour pour les estivants et touristes d’aujourd’hui. Des visites guidées sont proposées et un bar et une crêperie permettent de faire une pause en profitant d’un point de vue unique sur l’embouchure de la Gironde, la Pointe de Grave, le Médoc, l’estuaire, Talmont. Un hôtel, chambres avec balcons sur l’estuaire, ouvert toute l’année, complète l’ensemble. Nous vous recommandons la terrasse où vous pourrez vous restaurer, prendre un verre, et savourer un moment de détente « comme sur un bateau ». L’accueil est sympathique et excellente initiative, la carte comporte une page sur l’origine des lieux, page que nous reprenons ci-dessous: La Légende de Matata »Charlotte de La Trémoille, épouse de Henri de Condé,était propriétaire à Meschers du Château Bardon. Au 16ème siècle, la jeune princesse y faisait quelques visites en compagnie de son page, Permilhac de Belcastel. En l’année 1588, Henri de Condé fut retrouvé mort empoisonné. Sa veuve fut accusée et emprisonnée durant six ans. Permilhac, quant à lui, soupçonné de complicité, s’enfuit et se cacha dans les grottes de Meschers. Tapis dans son creux, vêtu comme un misérable, ne sortant que la nuit, il passa d’abord inaperçu. Mais un matin, alors qu’il s’était attardé sur la falaise et qu’il passait près d’un moulin, le meunier étonné de la présence de cet étranger, lui demanda son nom. De peur d’être reconnu, Permilhac bafouilla quelques mots de latin relatant la beauté du jour – Matuta, Matunina. Ce mot, mal compris, se transforma en Matata et devint son « nom ». De part sa vie recluse et son allure de vaurien, Matata se fit une dure réputation de sorcier, et lorsqu’il ne se présenta pas à la cérémonie du baptême de la cloche de l’église, toute la population lui en garda rancune. On ne douta plus que Matata eut des rapports avec le diable. Manipulés par la peur et l’ignorance, quelques fanatiques vinrent le guetter à la sortie de son trou, le lapidèrent et l’emmurèrent dans la falaise. Ainsi se termina la vie de Matata. Ce qui porte aujourd’hui son nom fut le témoin d’une tragique histoire d’amour entre une princesse de 19 ans et son page qui en avait 16… ».
Redevenons plus sérieux, nous abordons la grotte de Régulus, nous sommes revenus aux choses historiques, Régulus est le nom d’un des bateaux de guerre de Napoléon. Ce navire était breton, Il quitte la Bretagne avec 700 hommes d’équipage, pour venir défendre l’estuaire de la gironde. Malheureusement, il se trouve piégé à l’entrée de l’estuaire, Meschers est la première commune au nord quand on rentre dans l’estuaire, elle fait face à la commune le Verdon qui se trouve quant à elle, la première commune sur la côte sud de l’estuaire. Le Régulus se fait coincer par les anglais, ne pouvant pas s’échapper de l’emprise anglaise, les français préfère saborder leur bateau. Les hommes sont débarqués, les troupes ainsi sauvées, les français mettent le feu au Régulus. Il faisait 50 mètres de long, 14 mètres de large, il avait 2 ponts, 3 mâts, 86 canons et 720 hommes d’équipage. Ce fait de guerre a eu lieu à la fin du premier empire en 1814, le bateau a terminé en fumée, comme un brasier sur l’eau, il a coulé au fond de l’estuaire au large de Meschers. C’est pour cela que cette partie de falaise porte son nom, nous continuons notre visite, nous pénétrons dans un abri dans la falaise appelé Cadet. Nous sommes en face d’un pirate représenté par un personnage, il a les pieds dans l’eau, il a à la main une paire de chaîne, nous découvrons aussi un bouc. Il a de grandes cornes, entre lesquelles est placée une lanterne, le personnage se servait du bouc, pour attirer les bateaux chargés de marchandises. La nuit apercevant la lueur de la lanterne, les bateaux faisaient cap sur la lueur, et venaient s’échouer au pied de la falaise, il ne restait plus aux naufrageurs de mettre la main basse sur la cargaison. Nous apercevons une mâle remplit d’or, elle représente le butin dérobé par les naufrageurs. Nous redescendons d’un étage, nous entendons parfaitement bien le bruit des vagues de l’estuaire, cet abri a tout été restaurée, on a reconstitué une cuisine du XIX.me siècle. Nous découvrons une vieille lessiveuse avec sa planche à laver, une table, un garde à manger, des chaises, une cheminée, un évier taillé dans la roche, de la vaisselle d’époque, du linge qui sèche dont une culotte fendue, une cafetière, un moulin à café et tous les ustensiles de cuisine. L’eau potable provenait du ruissellement de l’eau de pluie qui s’infiltrait dans la roche calcaire, on la récupérait et stockait dans des sortes de réservoirs taillés dans la falaise. Les gens qui vivaient dans les habitations troglodytes avaient donc de l’eau potable à disposition, et pour se nourrir. Ils avaient le produit de la mer poissons, coquillages, crustacés, et aujourd’hui ce qui est devenu le boulevard de la falaise, n’était pas une artère de circulation au XIX.me siècle. C’était occupé par des vignes, des moulins à vent, et chacun avait son potager, au milieu de tout ça couraient des lapins et de la volaille. Dans les grottes le toit était gratuit, la température ambiante ne nécessitait peu de chauffage. Ensuite à l’arrivée des guinguettes et des petits restaurants, les sédentaires pouvaient se faire la pièce, ce qui mettait du beurre dans les épinards. A l’origine les habitants des falaises étaient des ouvriers agricoles, des ouvriers et des pêcheurs, ils n’avaient pas grands besoins, ils se contentaient de ce que la nature leur offrait pour vivre en autarcie. Ils ont pu vivre dans l’environnement des falaises jusqu’en 1920, nous nous dirigeons vers la chambre à coucher. La chambre est aménagée de mobilier de la fin du XIX.me siècle, avec un lit rouleau, sous le matelas il y a une bouillote, dans un coin est disposée une chaise percée, les murs sont tapissés de photos du début du XX.me siècle. On y voit une femme née en 1842, elle a vécu dans cette falaise sédentairement pendant 26 ans, jusqu’en 1920. Elle était célibataire, elle vivait en communauté avec d’autres personnes, elle a quitté la falaise à l’âge de 78 ans. Elle est partie sur ses 2 pieds, pour aller vivre dans une maison traditionnelle, et elle est décédée en 1923 à l’âge de 81 ans. Elle a eu un sacré parcours, elle était ici dans les falaises en tant qu’ouvrière agricole, elle a donc travaillé très tôt et très dur, quelle longévité. Après 2 heures de visite intensives, nous sommes allés nous désaltérer sur une terrasse de café sur le port de Meschers, ensuite nous sommes rentrés à notre résidence. Après le repas, Jean-Jérome nous a pris en main pour nous administrer une séance de relaxation.

Jour 3 : La journée est consacrée à la visite de la ferme tropic bio à Vanzac, qui se trouve à 80 kilomètres d’Arvert et dans les terres de la Charente maritime. Nous traversons Mortagne, nous roulons dans une zone viticole, sur notre droite nous apercevons un moulin fier de nous montrer ses ailes. Nous abordons Jonzac, nous montons sur Champagnac, arrivés sur la colline, nous avons un joli panorama sur l’étendue des vignes, nous distinguons l’église de Champagnac. Nous traversons Saint-Médard puis Léoville, nous voici arrivés à Vanzac. A la ferme tropic bio, nous sommes accueillis par charlotte, la fille de Charlette qui est la propriétaire de ce domaine de 1,6 hectare. Charlotte étant handicapé, sa mère restauratrice à Paris, chercha une formule pour le mieux vivre de sa fille Elle ne pouvait pas travailler dans un bureau, elle devait vivre dans un endroit où la pollution est restreint. Elles cherchèrent ensemble un projet qui serait adéquate pour l’avenir de Charlotte, elles décidèrent d’acquérir un terrain agricole, près de Vanzac, retiré de tout urbanisme. Le projet émergea en 2004, et en 2006 tout était finalisé, elles s’installèrent à Vanzac pour produire du safran. Pour améliorer leurs revenus, on leur conseilla de faire visiter leur production de safran en s’acquittant d’un prix d’entrée. Elles trouvèrent cette solution un peu gonflée, payé pour voir pousser du Safran. En 2008 s’ouvre les Antilles parc aquatique, dans la ville balnéaire voisine Jonzac. La boucle était bouclée, elles allaient faire un complément aux Antilles de Jonzac, en proposant aux curistes un havre de paix, loin de tout, dans un environnement végétale exceptionnel. La petite affaire était lancée, nous allons donc visiter le domaine de la ferme tropic bio de Vanzac. A l’entrée un panneau dit : »ce parc est dédié à notre bon père, l’abbé Pierre et à Serge Bacdiano, qui est le parrain, avec cette devise de Raoul Toléro (1903-1977) grand écrivain, Soyez chacun de vous une parcelle, une étincelle d’amour, organisez l’épidémie du bien et qu’elle contamine le monde ». Nous pénétrons dans l’enclos du jardin, des figues de barbarie nous font une haie d’honneur. Nous découvrons l’aloès véra, beaucoup de plantes qui vivent en France, ne sont pas originaires de notre pays, ce sont des explorateurs qui les ont ramenées de leurs expéditions au bout du monde. Certaines proviennent des pays tropicaux ou chauds, la ferme tropic bio est là pour nous faire toucher ses plantes et nous les faire découvrir. La ferme tropic bio est aussi productrice de poivre de Chi Chuan, c’est la seule production en Europ. Le poivre de chi chuan, à la forme du poivre, mais ce n’est pas du poivre. C’est un arôme, il sert à parfumer les plats sucrés ou salés. Une mousse de chocolat au poivre de Chi chuan, c’est succulent. Le poivre de Chi chuan est pétillant en bouche, sur une viande en fin de cuisson, on peut la saupoudrer du fameux poivre tout comme l’on ajoute la fleur de sel sur un plat, ça donne une saveur exquise à la viande. La ferme tropic bio de Vanzac propose des chambres d’hôtes, elles sont situées à proximité des plantes tropicales, c’est un très joli cadre. Nous sommes entourés de verveine, que l’on consomme en tisane, elle dégage une odeur agréable. Nous pénétrons dans une serre où règne une chaleur humide, on y trouve le piment chinois le plus fort au monde, que l’on appelle le cadesicum, nous découvrons une espèce de piment qui a une forme de poivron, il passe par les couleurs aubergine, orange puis il rougit, après il sèche sur son pied, c’est alors que l’on peut le récolter. Il est très apprécié à la Réunion, où il prend une grande place dans la constitution des plats réunionnais. La ferme bio vend ce piment, pour qu’il soit intégré dans les compositions florales. Nous apercevons des goyaves, du jasmin d’Arabie, dont la fleur intégrée à du thé, donne le fameux thé au jasmin. Nous ressortons de la serre, nous rencontrons un figuier, le domaine possède des noyers, des pommiers, des poiriers, des framboisiers, des fraisiers, de la vigne et des pêchers. Nous abordons un pêcher, dans lequel se balance au vent, des coquilles d’œufs attachées par des fils à ses branches. Les coquilles d’œufs évitent aux pêchers de contacter la maladie de la cloque, quand l’intérieur de la coquille devient noir, ça signifie que la coquille a absorbé la maladie de la cloque, on remplace alors les coquilles contaminées pour continuer à préserver le pêcher de la maladie de la cloque, dont il est l’arbre le plus convoité. C’est certes un remède de grand-mère, mais il est très efficace, on peut administrer le traitement à tous les arbres fruitiers. Nous sommes près de la parcelle où est planté le poivre de Chi Chuan, c’est un arbre très épineux, comme l’acacia, il a des grappes très rouges, ensuite les grappes s’entrouvrent. On découvre alors une graine noire, elle est très dure, elles tombent au sol. A maturité les grappes deviennent grises, la cueillette se fait à la main, grappe par grappe, la récolte s’effectue au mois d’octobre. L’arbre à poivre de Chi Chuan en haie est infranchissable, avec toutes ses épines, il est un véritable rempart pour les intrus. Nous sommes sous une tonnelle où pendent des raisins, nous goûtons des fraises et des framboises sur leur pied, elles sont excellentes. Nous déambulons vraiment dans un cadre merveilleux, le soleil est de la partie, et les oiseaux ne cessent pas de gazouiller. Nous pénétrons dans la partie réservée au potager, nous contournons de la ciboulette, nous passons sous un tunnel de raisins blancs et noirs. Nous entendons une fontaine d’eau qui s’écoule, nous passons devant des arbres à kakis, il se mange très mûr après lui avoir épluché sa peau. Le kaki est à maturité, quand il est complètement orange, il se récolte au mois de novembre. Nous passons entre des poiriers, dont les branches plient sous le poids des fruits. Nous arrivons vers une parcelle réservée aux tomates, aux câpres, aux piments, aux poivrons, aux aubergines, au thym et au persil. Le thym de tanaisie, peut être utilisé comme vermifuge pour l’humain, et comme répulsif pour les pucerons. Nous passons près de cognassiers, le coing est recommandé quand on a la diarrhée. Nous voici devant des bougainvilliers, son nom vient de l’explorateur navigateur qui a découvert cette plante, il s’agissait de monsieur Bougainville. A son arrivée en France, cette plante a été offerte à Joséphine de Beauharnais, la première épouse de Napoléon. Le bougainvillier peut-être de plusieurs couleurs rose, fuchsia, orange ce qui est très rare et certains sont panachés blanc et mauve. Cette plante craint les basses températures, il faut donc la rentrer l’hiver dans certaines régions. Nous sommes devant un massif d’agapanthe, elle a une forme de longues feuilles est assez large, les pompons de fleurs sont sur de longues tiges, la fleur est une sorte clochette bleu porcelaine, actuellement elles sont passées, elles sont sèches. L’agapanthe est une plante très vivace et envahissante, tout comme le pissenlit, elle s’étale à profit. Nous découvrons Le di cladonia, il aime le soleil, elle n’est pas trop exigeante en eau, celle que nous avons devant nous est double, il peut être de couleur blanc ou rose, c’est une plante grimpante, l’hiver il craint le froid. Nous apercevons des calacoé, c’est une petite plante grasse, elle est originaire de Madagascar, elle peut fleurir rouge, jaune, orangé ou saumoné, elle est très toxique, il faut la mettre hors de portée des enfants et des animaux. Nous découvrons toutes sortes de sauge, dont la sauge flonis, elle a une odeur différente de la sauge normale. Nous touchons la sauge du devin, elle est originaire du Mexique, elle est hallucinogène, autrefois les indiens fumaient cette plante, elle leur aidait à avoir des visions pendant leur rituel. La sauge du devin possède une feuille rêche, qui dégage une odeur. Nous arrivons dans le royaume du bégonia, elle a été découverte par Michel Bégon intendant de la marine à Rochefort, on a donc donné son nom à la plante, qui est bégonia. A Rochefort se situe, le musée du bégonia, où sont exposés plus de 2000 espèces de bégonias. Nous arrivons près d’un massif, où à son centre est planté un arbre à tomates, il est originaire du Pérou, il fait un fruit qui ressemble au kiwi, mais qui a un goût de tomate. Il est entouré de 5 petites plantes, que l’on appelle pépinos, le pépinos fait un fruit allongé, il devient jaune, il a la forme d’un œuf, il peut être consommé cru, en compote ou en confiture. C’est un fruit rafraîchissant,
Qui a le goût de la pastèque, Louis XIV avait fait planter des pépinos à foison dans son jardin. A une époque, c’était un fruit que l’on trouvait dans tous les vergers et sur les tables, ensuite le pépinos a disparu, aujourd’hui il redevient à la mode, il fait partie des fruits oubliés que l’on souhaiterait réintégrer à notre alimentation. Nous contournons un parterre d’une multitude d’espèces de géranium, dont le géranium comestible, dont on peut consommer sa fleur. Nous touchons les différents géraniums afin de humer leur odeur, et de sentir la différence de texture de leur feuille. Nous voici au paradis du thym, il y en a de toutes sortes, qui dégagent des odeurs différentes, comme le citron ou la menthe. Au milieu des thyms se dresse un polonia, Celui-ci ne produit pas les fameux haricots que produisent certains polonia, il a été offert à Napolionia de Russie, en son hommage on a donné son nom à cet arbre. Il pousse assez vite, les japonais avec son bois, qui est de bonne qualité, ils se confectionnent des semelles de chaussures. Nous abordons les fleurs cigares, elles sont allongées et assez grosses, elles font penser à d’énormes cigares. Derrière nous apercevons des lupias, que l’on appelle aussi des fleurs cigarettes, elles sont rouges avec un bout jaune, on dirait une cigarette entrain de se consumer. Quand nous regardons de près la fleur cigarette, on aperçoit de petites étamines qui sortent de la trompette de la fleur, et il y a 2 petits points noirs de chaque côté, on dirait une tête d’insecte avec les 2 yeux et la langue qui ressort. Nous entreprenons la découverte de l’érable du Japon, il existe le vert, le rouge et le panaché, on s’en sert pour les bonzaïs des jardins zen. Autrefois les japonais utilisaient le bois d’érable, qui devient très dur, pour confectionner des lances en bois pour combattre ou aller à la chasse. Nous voici près de bananiers, nous traversons un espace où sont reconstitués des animaux, leur structure est en maille de gros fil de fer, qui est remplie de mousse du Canada. La mousse du Canada peut être ramassée, ce qui est interdit en France, tout comme les galets ou le sable sur les plages. La mousse est séchée avant de prendre place à l’intérieur de la structure métallique, puis la mousse est teinte de teinture végétale suivant l’animal que l’on veut représenter. La teinture rose, par exemple, des flamands roses est obtenue avec du jus de betterave rouge. Les animaux représentés, ils sont l’œuvre d’une artiste, on peut croiser une girafe, un éléphant en tenue de parade, un flamand rose etc. Nous rencontrons des hortensias, il est originaire de Chine, il en existe de nombreuses sortes, ils ont tous de grosses fleurs, mais de formes différentes. Nous voici près de l’arbre qui produit le fruit appelé l’amour en cage, il est originaire du Pérou, le fruit a la forme d’une petite lanterne en papier mâché, dans laquelle se trouve une sorte de petit noyau qui est comestible. Nous sommes devant une étendue de théiers, nous apercevons de la rhubarbe géante du Brésil, qui se trouve près d’un plan d’eau. Nous arrivons à l’espace destiné à la culture du safran, il n’est pas encore sorti, il a été planté au mois d’août et il fleurit au mois d’octobre. Le safran est un crocus, tout comme la tulipe, il a donc besoin de l’homme pour se reproduire. Le safran est un épice, on l’utilise en cuisine, en tinctoriale, en cosmétique et en médecine où il est en étude pour lutter contre le cancer et le sida. En tinctorial, il faut savoir qu’un gramme de safran peut colorer 1000 litres d’eau, sachant qu’un gramme de safran vaut 34 euros. Pour la petite histoire, le safran est appelé l’or rouge, c’est un produit de luxe, mais sa culture est assez facile comparer à la production de poivre de Chi Chuan. En outre tout de même, il faut 160000 fleurs de safran, pour obtenir un gramme de poudre de safran. Après 2 heures de déambulation sous un soleil rayonnant, et dans un cadre merveilleux, où le calme est rompu uniquement par le chant des oiseaux et le bruit de l’écoulement des fontaines et des petites cascades construites artificiellement. Sur un petit chenal creusé, qui serpente tout au long de la propriété. Nous allons déjeuner à la table de la ferme, où le repas est constitué de produit bio provenant de la propriété hormis le vin. Voici le menu, tout d’abord un cocktail bien frais, puis en entrée une soupe froide avec des perles du Japon suivie de 3 petits soufflets au guacamole, au safran et aux lentilles. En plat des escargots à la tomate et son thym suivi d’un tagine poulet aux pruneaux. Ensuite un soufflet au fromage de chèvre et en dessert une succulente salade de fruits.
Pour digérer ce copieux repas, nous avons terminé la visite du domaine en flânant, entre ombre et soleil, puis vers 16 heures on nous a convié de nous poser à table, afin de déguster une tarte tatin accompagné d’un thé au safran, qui par ailleurs à un goût tout à fait spécial. Le départ est proche, certains vont faire des emplettes au magasin de la ferme tropic bio, puis nous reprenons notre route de retour vers Arvert. Nous ne prenons pas le même chemin que ce matin, nous voici à Jonzac, sur notre droite nous apercevons son château, qui fait presque face aux Antilles de Jonzac. Nous traversons Clam, nous traversons la petite ville de Pons qui possède un château médiéval, et un rond point qui est illustré avec des moines. Nous passons à Coze, nous contournons la ville de Saintes et Saujon, nous voici à Meschers, puis Saint-Georges de Didone, Royan et la route habituelle qui nous mène à Arvert. Après le repas, nous avons fait une petite balade nocturne pour éliminer toutes les calories ingurgitées dans la journée.
Jour 4 : Le matin, petite remise en forme, nous participons à notre séance d’aquagym sous la baguette de Jean-Jérome, et les yeux de Pascal et de Véronique.
L’après-midi, nous prenons la direction de Rochefort, où nous allons visiter le transbordeur et la ville. Nous arrivons à Echillais, qui se trouve sur la rive en face de Rochefort, nous sommes en Saintonge, c’est la Charente qui fait frontière avec l’Aunis dont Rochefort fait partie. Le transbordeur permettait donc de franchir la Charente pour changer de province, et de passer d’Echillais à Rochefort. Nous nous rendons à la maison du transbordeur, où nous découvrons la maquette de l’ancien pont transbordeur et de son environnement. En fait, il y a 2 pylônes de chaque côté de la rive, qui culmine à 50 mètres de haut, ils sont reliés par une structure métallique ou pont suspendu. Sur lequel circule un chariot, qui est relié par des câbles à une nacelle, qui suit la progression du chariot qui avance sur le pont suspendu, à quelques mètres du niveau le plus haut de la Charente. Nous faisons connaissance de notre guide, qui nous fera l’historique du pont transbordeur et la visite de la ville de Rochefort. Nous commençons notre découverte près du fleuve Charente, C’est-elle, qui a donné son nom au département, qui est resté Charente inférieure jusqu’en 1941, qui est devenu depuis Charente maritime. Au fur et à mesure, que l’on s’approche de la Charente, nous ressentons un peu plus le vent. Nous sommes à 6 kilomètres de la mer, et 22 kilomètres par la Charente, qui décrit beaucoup de méandres avant de se jeter dans l’océan. Nous circulons sur un ponton de pêche, nous sommes balayés par un petit vent très agréable, car le soleil brille de tous ses éclats. Le vent est renforcé par la marée, nous faisons un arrêt sur le ponton qui sert à la pêche, les charentais ne sont pas des marins, ce sont des paysans qui habitent au bord de la mer. Ils sont malins, ils se sont toujours donnés les moyens, de récupérer le poisson de mer, sans aller en mer. Sur les îles, il y a des écluses à poissons, il en existe au nord des îles de Ré et d’Oléron, ce sont des murets demi circulaires qui sont construits en mer. Ils sont recouverts par la marée haute, et à la marée basse, le poisson reste piégé dans ces pierres. Sur le littoral, comme ici à Echillais, on a construit des pontons ou carrelets, le carrelet est un grand filet carré, que l’on monte et descend à l’aide d’un treuil à marée haute. La Charente est sensible au phénomène des marées, la marée se fait sentir jusqu’à 70 kilomètres à l’intérieur des terres, jusqu’à Saintes. Le changement de marée amène le vent, mais elle influe aussi sur le temps. On a l’habitude de dire ici, quand la marée se renverse, le temps se renverse, donc il ne faut jamais avoir peur du mauvais temps, car le temps change avec la marée. C’est le cas, car la marée basse était à 13 heures 49, et on est reparti vers la marée haute, qui amène le beau temps et le soleil. Suite à la tempête de 2009, la moitié des pontons ou carrelets ont été emportés, s’ils avaient été pris en charge par les assurances pour les dégâts causés en 1999, la garantie d’assurance n’a pas fonctionné pour la tempête de 2009. Avec les carrelets dans la Charente on peut pêcher de bonnes petites crevettes pour l’apéritif, et un joli bar pour le repas, mais là c’est le meilleur des cas. Pour capturer le poisson avec le carrelet, on le monte et descend à marée haute, car la Charente atteint à marée haute une profondeur de 6 à 8 mètres, on piège donc ainsi le poisson, sans avoir besoin d’aller en mer. Le charentais n’a pas habitude à se fatiguer, on les appelle d’ailleurs, les cagouillards (les escargots), le cri de guerre des charentais est »être bien et à l’aise ». Nous sommes sur la rive gauche de la Charente, à Echillais, elle prend sa source à 360 kilomètres d’ici, à Chéronac en Haute-Vienne, dans le Limousin. Elle arrose Angoulême, Cognac, Saintes, Rochefort et se jette à 22 kilomètres d’ici au large de Fouras île d’Aix. La Charente est sensible aux marées, ici, elle n’est pas très appétissante, elle a une couleur marron, si on était à Saintes elle serait bien verte. La couleur marron est provoquée, par la rencontre de l’eau douce avec l’eau salée, ce qui donne un phénomène de floculation. C’est-à-dire que les petites particules en suspension dans l’eau se rencontrent, s’agglomèrent les unes aux autres, gagnent du poids, puis tombent et forment la vase, qui donne un reflet marron. La Charente n’est navigable qu’à marée haute, ici elle fait 180 mètres de large, depuis la nuit des temps et jusqu’en 1900, le moyen de traverser la Charente était un bac. Un bac à rames, qui est ensuite devenu à vapeur à partir de la seconde moitié du XIX.me siècle. Nous sommes à côté de la cave d’embarquement et de débarquement de ce bac, qui aujourd’hui est complètement envasé. Quand on voulait traverser la Charente, on appelait le bac, à l’aide d’une clochette qui se trouvait sur chaque rive. Les bateliers venaient et faisaient traverser la Charente, mais, les traversées étaient irrégulières, soumises au phénomène des marées, à marée basse on ne pouvait pas traverser, ni en cas de fort vent. Tout cela posait un problème, tous les mardis, jeudis et samedis, qui étaient les grands jours de marché. Les paysans qui se déplaçaient des villages autour d’Echillais, avec leur volailles, leurs fruits, leurs légumes et produits de la ferme étaient bien pénalisés quand ils ne pouvaient pas traverser la Charente, pour aller les vendre au marché de Rochefort. Quand la traversée n’était pas assurée, on entreposait les produits dans un hangar, qui est aujourd’hui la maison du transbordeur, jusqu’à ce que l’on puisse traverser. En 1850, la population locale exige, un moyen régulier et sûr pour traverser la Charente. L’affaire n’est pas simple, il faut laisser passer les piétons, les cyclistes, les voitures en tout genre sur un axe important la Rochelle, Marennes d’Oléron, Royan puis Bordeaux. D’autre part, c’est là que le problème se corse, en même temps, il faut laisser passer et remonter les bateaux, vers le port de guerre, de commerce, de pêche et de plaisance basés à Rochefort. Ces bateaux on des mâts qui peuvent atteindre pour certains 70 mètres de haut, faire un pont, comme les romains, on savait le faire, mais comment bâtir une arcade qui fasse 50 mètres de haut, pour laisser passer la plupart des mâts des bateaux. A la fin du XIX.me siècle, les ingénieurs rivalisent de créativité, pour trouver un moyen de laisser passer les bateaux et le trafic terrestre. En 1860 6 projets sont proposés aux autorités de la Charente inférieure, un projet de tunnel de navigation, un de pont fixe, un de pont tournant, un de ferries et un de canal, tous ces projets sont repoussés. Pour des raisons, économiques, techniques et politiques. A la fin du XIX.me siècle, on attend toujours le pont miracle. En 1872, l’ingénieur Ferdinand Arnaudin, il fonde à Châteauneuf-sur-Loire, une usine spécialisée dans les structures métalliques et les câbles d’acier à torsion alternative. En 1888, Ferdinand Arnaudin dépose le brevet, d’un projet très innovant, un pont à transbordeur, à grand débouché, servant à la passe des voies maritimes. Il propose de construire un pont à transbordeur sur le site où nous sommes, appelé Martrou qui signifie trou de mer, aux autorités de la Charente inférieure, en 1894. En 1897, le projet est adopté, les travaux commencent en 1898, et 27 mois plus tard, on inaugure le pont à transbordeur. C’est le dernier pont à transbordeur qui existe en France, il a fonctionné de 1900 à 1967, les dernières personnes à l’avoir utilisé sont les demoiselles de Rochefort. Film de Jacques Demis, il est venu tourner son film ici, parce qu’il était nantais, Nantes possédait un très joli pont à transbordeur, qui malheureusement est parti à la ferraille. Tous les ports de France avaient un pont à transbordeur Marseille, Bordeaux, au Havre, à Brest et, Nantes et à Rochefort. Ils sont tous partis à la ferraille, celui de Rochefort devait avoir le même destin, heureusement, il a été classé monument historique en 1976. Il a fallu attendre des subventions européennes, en 1990, pour qu’il soit entièrement restauré, rivet par rivet, câble par câble et aujourd’hui il fonctionne dans un but touristique. Uniquement pour les cyclistes et les piétons, c’est donc le dernier pont transbordeur qui existe en France. Il en reste 8 dans le monde dont celui de Bilbao, à Buenos Aires, à Newport etc. On les a tous fait classer au patrimoine mondial de l’UNESCO, on les a mis en réseau, sous forme d’association dont le président est le roi d’Espagne. Nous rejoignons la maison du transbordeur, pour terminer la présentation du transbordeur. En 1967, le pont à transbordeur a été remplacé par un pont à travée levante, qui a son tour, en 1991, a été remplacé par le viaduc sur la Charente. Nous apercevons différents tableaux qui représentent les 3 ponts successifs, le viaduc est le cousin de celui de l’île de Ré. Tout le monde connaît l’expression être dans le coaltar, c’est une houille de goudron, avec laquelle on enduisait les câbles du transbordeur, pour les préserver de l’humidité et de la rouille à chaque printemps. On ne prenait pas toutes les précautions actuelles, un simple seau rempli de coaltar, un bâton, au bout duquel une peau de mouton, et aller que je préserve le câble des attaques atmosphériques. Bien sûr, en fin de journée, nos artistes peintres étaient semi conscients, d’où l’expression être dans le coaltar. Le coaltar est toujours utilisé pour rendre étanche les bateaux, mais aussi sur les îles, les petites maisons blanches des pêcheurs sont préservées des attaques atmosphériques, grâce à son application. On enduit sur une hauteur de 50 centimètres , les murs de la maison., le pont à travée levante a été détruit, il était muni d’un contre poids de 560 tonnes, la travée centrale se levait en haut de ses pylônes, pour laisser passer les bateaux. Quand la travée était levée, elle provoquait des embouteillages monstres, il fut donc très vite obsolète. On n’a pas pu garder le pont à travée levante, car il n’avait pas été conçu pour être levé 24 heures sur 24. C’est dommage, car sur moins de 300 mètres, on aurait eu 100 ans de passage d’eau. Le viaduc est en béton précontraint, il permet le passage des bateaux 24 heures sur 24, ainsi que les voitures. La nacelle du pont à transbordeur, elle permettait de faire passer 200 personnes à chaque passage ou 9 voitures, ce qui faisait traverser la Charente entre 600 à 900 personnes par jour. Aujourd’hui, la circulation moyenne juillet août, sur le viaduc et de 80000 voitures par jour. Le viaduc sur la Charente fait 1100 mètres de long, quant au viaduc de l’île de Ré, il a une longueur de 3100 mètres. Pierre Loti a parlé de ses traversées de la Charente par le bac, dans son livre intitulé, roman pour un enfant. Jacques Demis pleurait son pont transbordeur de Nantes, pour les besoins de son film, les demoiselles de Rochefort, il avait demandé à sa production de le peindre en rose, comme il en avait fait peindre tous les volets de la place Colbert de Rochefort. Le pont n’a jamais été peint en rose, car quand la production a su qu’il fallait 9 tonnes de peinture pour réaliser la demande de Jacques demis, le vœu du cinéaste n’a pas été accepté. Le pont a été inauguré en grandes pompes, le dimanche 29 juillet 1900 à 15 heures, on nous a lu le menu, c’était gargantuesque, pour l’occasion 2 ministres étaient présents, celui de la marine et son collègue ministre des travaux publics. Après une présentation du pont à transbordeur, nous nous rendons sur le bord de la berge, pour traverser la Charente avec le moyen de passage d’eau inventé à la fin du XIX.me siècle. On remarque que tous les jardins, qui entourent les maisons en Charente maritime, possède son figuier, puisqu’il est censé de préserver des orages et des mauvais esprits. Toutes la zone de la Charente maritime est une zone de marais, que l’on appelle zones humides, qui sont surmontées de quelques plateaux calcaires. Sur lesquels les hommes ce sont installés, ces plateaux ont tout naturellement donné leur nom aux villes. La Rochelle petite roche, Rochefort pour roche fortifiée. Le transbordeur approche, il accoste sur la berge sud de la Charente, sur la commune d’Echillais. Après la restauration du pont à transbordeur, on a bien été embêté pour le faire certifier pour sa conformité, la législation en 1991 était complètement inadaptée, c’était le seul pont de cette conception qui existait encore en France. Il a fallu trouver un subterfuge, la nacelle a été classée comme téléphérique, et la structure métallique comme un pont suspendu, et hop le tour est joué, le pont à transbordeur reçoit la conformité d’exploitation à titre touristique. On prend place sur la nacelle, elle pèse 23 tonnes, à l’époque de son exploitation, il mettait 75 secondes pour traverser la Charente. Aujourd’hui pour le régal des touristes, le pont se déplace plus lentement, il effectue la traversé en 4 minutes et 30 secondes. Nous débarquons sur la rive nord de la Charente, nous sommes à Rochefort, nous reprenons nos véhicules, pour rejoindre le centre ville, nous passons devant la corderie royale, nous faisons halte sur une petite place pour commencer la visite. En fin de document se trouve la présentation de la ville de Rochefort. La place où nous sommes est sur le plateau calcaire, il culmine à 10 mètres au-dessus du niveau de la mer. Nous sommes dans une immense boucle de la Charente, autrefois, il n’y avait pas de ponts ni de marais asséchés. Ici, c’était le bout du monde, au moyen âge, à cet endroit complètement enclavé dans le marais, où régnaient les plus grandes puanteurs, se trouvait un petit village de 350 cabanes ou cayennes, qui encerclaient une petite église, qui est datée de 1047. Ce village va connaître un destin extraordinaire, au XVII.me siècle, où arrive à la tête du royaume, un tout jeune roi, Louis XIV. Certes, il est puissant sur terre, mais sur mer c’est une autre histoire. Il hérite d’une marine complètement obsolète, une vingtaine de vaisseaux, dont les mauvaises langues disaient, que 3 seulement pourraient prendre la mer. Louis XIV qui n’a vu que 2 fois la mer, ne se préoccupe pas de tous ces problèmes maritimes. Par contre à ses côtés, il avait quelqu’un de très vigilant, Colbert, qui avait tout de suite compris le problème. Il voulait rapporter des richesses au royaume de France, il savait qu’elles se trouvaient outre mer, il fallait donc se lancer dans une guerre, qui ne serait que maritime. La guerre se déplaçait de la terre vers la mer, nos ennemis hollandais, mais surtout anglais. Ces derniers avaient une puissance marine, elle verrouillait toutes les voies maritimes. Comment affronter cette marine anglaise, qui comptait 120 vaisseaux avec nos 3 vaissaux pouvant prendre la mer. Il n’y avait qu’un choix, il fallait construire des bateaux de guerre, Colbert forme une commission, avec à la tête son cousin, Colbert de terron, qui était gouverneur du Brouage, une citadelle à une quinzaine de kilomètres de Rochefort dans le marais. Colbert de Terron a une mission, il faut trouver un endroit sur la côte Atlantique pour installer un arsenal. Un arsenal est un mot arabe, il veut dire maison, un arsenal est donc un ensemble d’ateliers pour construire, armer et réparer des bateaux de guerre. L’estuaire de la Loire n’est pas retenu, car il subit des phénomènes d’ensablement, donc l’estuaire est instable et peu fiable. On s’arrête, alors, sur la Charente pour 3 raisons, il fallait se protéger des anglais qui nous attaquaient toujours par la mer. Rochefort est donc bien protégé, car la ville se trouve à 22 kilomètres de la mer par la Charente, et que l’on peut y accéder qu’à marée haute, à marée basse la Charente n’est qu’un filet d’eau de 60 centimètres de profondeur. La deuxième protection ce sont les îles charentaises l’île de Ré, d’Aix, Madame et celle d’Oléron qui au large forment une barrière. Un système défensif naturel, qui a été renforcé, par toute une série de forts, comme le fort-Boyard. La troisième raison, c’est un arrière pays très riche, à Angoulême on trouvait beaucoup d’hommes, des terres céréalières, de quoi faire des canons avec les fonderies de Ruelle, Cognac, le liquide du même nom, dont l’avantage était de ne pas tourner en mer, Saintes pouvait apporter son beau calcaire blanc, qui reflète bien la lumière et facile à travailler. Rochefort et ses 350 cayennes le long de la Charente, appartenait à la seigneurie de Cheuze, mais le seigneur de Cheuze était protestant. Louis XIV ne lui fait pas de cadeau, il l’exproprie de sa seigneurie, sans la moindre indemnité, et en mai 1666, Louis XIV donne l’ordre suivant, faites vite, faites beau, faites grand. Tout d’un coup sur ce marais, on convoque 8000 ouvriers, 30 corps de métiers pour construire l’arsenal et la marine royale. Les ouvriers sont logés dans un immense bidonville, De 1666 à 1689, Rochefort prend la triste réputation, d’être le tombeau de la marine. On mourait par dizaine toutes les semaines, c’est Michel Bégon, qui met fin à cette triste réalité. Il est nommé intendant de la marine en 1689, il est enterré à Rochefort, sur sa tombe on peut lire, j’ai trouvé cette ville en bois, je la laisse en pierre. Une belle œuvre, pour une vie d’homme, la ville que nous allons fouler a été uniquement construite pour loger les ouvriers de l’arsenal et leurs familles. C’est-à-dire 20000 habitants, et 3 siècle plus tard, elle fonctionne toujours aussi bien pour 27000 habitants. La ville est construite dans son ensemble sur le plateau calcaire, au grand jamais en terre inondable. La ville est très simple, comme un échiquier, il y a 14 rues est-ouest, elles font 800 mètres de long, elles sont parallèles l’une à l’autre. Elles sont coupées par 10 rues nord-sud, dont leur longueur est de 1000 mètres. Dans toutes les rues, nous allons ressentir des courants d’air, l’obsession de Michel Bégon, c’était d’assainir la ville, toutes les rues sont ouvertes vers le large. Elles sont également très larges, 20 mètres, 14 mètres et 10 mètres. Rappelons que nous sommes en 1690, Michel Bégon voulait que 2 charrettes puissent circuler, pendant que 2 autres stationnaient. Ce qui était vrai pour des charettes, et vrai pour des voitures 3 siècles plus tard. Cet entre croisement de rues forme 61 îlots, dont un est non construit, c’est une place, appelée Colbert. Michel Bégon donnera à chaque famille de l’arsenal un carreau, une parcelle de 7 à 10 mètres de façade, sur 30 à 40 mètres de profondeur. Chaque famille a obligation, de construire sa maison en pierre, en moins d’un an, avec un étage et 2 étages dans les carrefours. La maison doit obéir à une charte architecturale très précise, une porte latérale pleine en bois, avec heurtoir et poignée, un post en verre peint en bleu roi bien sûr, 2 fenêtres au rez-de-chaussée avec des volets pleins, 3 fenêtres à l’étage avec des persiennes, aucune décoration architecturale, si ce n’est un bandeau pour souligner les différents niveaux. Voila la ville nouvelle de Michel Bégon, elle a certes évoluée au cours des siècles, elle est classée au patrimoine historique que depuis 1988. Ce qui veut dire qu’entre 1690 et 1988, on a fait tout ce que l’on voulait dans cette ville. Malheureusement, l’arsenal qui était le premier employeur de la ville, a fermé en 1927. Date à laquelle la ville a été abandonnée, ce qui a eu pour cause de protéger le patrimoine. Une seule bêtise a été faite, Michel Bégon avait entouré sa ville de remparts fermés de 3 portes. Les remparts ont été détruits en 1925, sur ordre du conseil municipal, ces esprits brillants comme les appelait Pierre Loti. Pierre Loti a été l’un des seuls a s’opposer à la destruction des remparts, il est mort en 1923, on les a détruit en 1925. Ce que tout le monde regrette amèrement aujourd’hui, un grand travail a été fait, à Rochefort depuis, pour la prise de conscience du patrimoine de la ville entière. Sur la place où nous sommes se dresse une statue de pierre Loti, il est né à Rochefort en 1850, il est mort en 1923, il est enterré dans l’île d’Oléron, dans le jardin de ses aïeuls, où il allait y passer ses vacances. Suivant ses volontés, il repose à même la terre, sous le laurier avec le seau et la pelle de son enfance, et toujours suivant ses dernières volontés, le site est interdit au public. Par contre sa maison à Rochefort est ouverte au public, on y admet plus que 50 personnes par jour, on l’appelle la maison aux 1001 voyages, puisque Pierre Loti a eu un destin extraordinaire, il a été marin, il a passé 42 ans sur les mers, il est revenu de Syrie avec une mosquée, qu’il a fait démonter en Syrie puis fait remonter dans sa maison rochefortaise. On déambule dans les rues de la ville, on doit aussi à Michel Bégon, le bégonia, c’était un illustre curieux, il avait 1000 passions, il a laissé une bibliothèque personnelle de 25000 ouvrages et 1200 œuvres d’art. Une de ses passions était la botanique, il organise en 1690, une expédition botanique vers Saint-Domingue. A la tête de l’expédition, il met un franciscain, le père plumier. Il ramène 3 plantes inconnues en Europe, qu’il dédie à Michel Bégon, qui deviendra le bégonia. Aujourd’hui il existe à Rochefort le musée du bégonia, il renferme plus de 2000 espèces de bégonias, il faut savoir que dans la nature il en existe près de 10000 variétés. Nous sommes devant le collège Pierre Loti, il est installé dans un ancien couvent, le couvent des capucins, il a été saccagé à la révolution, le couvent a résisté mais la chapelle a été détruite. Le couvent a été construit sur ordre de madame Bégon, elle était très active, elle recueillait les orphelines de la marine, elle leur donnait une éducation et une dote, ainsi elles pouvaient être mariées pour avoir une vie décente. Pierre Loti a fréquenté ce lieu, qui à l’époque était un lycée, il en parle dans son livre roman d’un enfant, où il relate sa rentrée au lycée à l’âge de 12 ans. Le garnement de lycéen est devenu un écrivain célèbre, il est devenu académicien à l’âge de 40 ans seulement. Nous abordons la place Colbert, elle ne possède pas de statue équestre, ni de buste de Louis XIV ou de Colbert, Rochefort n’est pas une ville royale, c’est une ville qui a uniquement été construite pour loger les ouvriers de l’arsenal. La place Colbert a 150 mètres de côté, auparavant, c’était un champ de blé à la disposition de l’intendant. Tout autour de cette place la ville a évolué, il faut imaginer au XVII.me siècle ces maisons d’ouvriers, très simples, 7 mètres de façade, 30 mètres de profondeur etc. La ville évolue au XVIII.me siècle, le siècle de la mer, on part à la conquête du monde, on a un empire coloniale extraordinaire. Le commerce maritime enrichit certains armateurs de la ville, mais moins glorieux, le commerce des esclaves se met en place. Pour montrer sa richesse, il est alors de bon ton, de se faire construire un hôtel particulier en centre ville. La Rochelle compte encore beaucoup de ces hôtels, qui respectent le plan type de l’hôtel particulier. Un plan en U, un corps de logis, 2 ailes en retour, une cour d’honneur en avant et un jardin à l’arrière. A Rochefort c’est la même chose, certains deviennent très riches, mais problème, la ville est complètement construite de petites maisons d’ouvriers. Sur la place Colbert, on peut admirer un hôtel particulier, il a une façade qui mesure 21 mètres, il appartenait au marquis d’Anmblimont, gouverneur de la Martinique. En 1760, il casse 3 maisons d’ouvriers, 3 fois Sept font 21 mètres de façade, et construit son hôtel particulier, qui se réduit à un rectangle rue sur rue. C’est l’hôtel de ville actuel, c’est dans cet hôtel qu’a été entièrement tourné le film des demoiselles de Rochefort. Le studio de musique et de danse que l’on voit dans le film, aujourd’hui c’est le bureau du maire, pour le film, les 1000 volets de la place avaient été peints en bleu turquoise et rose bonbon. Une fois la ville classée, il a fallu retrouver des couleurs un peu plus raisonnables, aujourd’hui les volets sont de couleur gris bleu, un peu plus terne. Les hôtels particuliers ne respectent le plan initial de Michel Bégon, ce sont des rectangles qui prennent place rue sur rue. En plus au XIX.me siècle, à l’angle des rues, on a cassé les maisons d’ouvriers pour y construire des immeubles de rapport de 3 ou 4 étages. On est loin de la charte de Bégon, qui limitait la hauteur des immeubles d’angle à 2 étages, ils sont en rupture totale avec la ville du XVII.me siècle, mais on a conservé la trame de 7 mètres en 7 mètres. La place Colbert a été entièrement restaurée en 2006, une horloge à marée a pris place, au centre de la place, elle se trouve au sol. Elle indique par un logiciel, l’état des marées, qui est très important à Rochefort, pour déterminer la météo et la possibilité ou non d’entrer ou de sortir en mer. Sur la place est disposée une fontaine, elle rappelle le problème de l’approvisionnement en eau de la ville de Rochefort. Les rochefortais ont bu le café salé jusqu’en 1960, la ville est située dans une immense boucle de la Charente, que la mer remonte jusqu’à 70 kilomètres à l’intérieur des terres, et bien l’eau est saumâtre. Le problème est identique à celui des îles, qui sont alimentées en eau potable par le continent. qui passe par les ponts. A Rochefort, on a toujours cherché de l’eau limpide, en 1808, Napoléon passe une première fois à Rochefort. Il demande au directeur de l’hôpital de la marine, qui accueillait 1200 malades, ce qu’il lui ferait plaisir pour sa cité. Il répondit, sir des eaux limpides, on creuse un puits artésien à moins 856 mètres, dans la cour de l’hôpital. Mais au lieu de trouver de l’eau limpide, de l’eau jaillit à une température de 42 degrés, elle est chargée en différents minéraux, la station thermale de Rochefort était née. Aujourd’hui, Rochefort accueille 1200 curistes par semaine, pour tous les problèmes de rhumatologie, de dermatologie et de phlébologie. L’activité thermale est le troisième pilier de l’économie locale, après l’armée de l’air et la fabrication d’avions. La station thermale occupe 700 personnes, elle concerne la santé, la thalassothérapie et le bien être. Nous sentons toujours un petit courant d’air, d’où que l’on soit dans la ville, elle est sans cesse ventilé, aujourd’hui l’eau potable provient de 50 kilomètres de Rochefort. Ensuite notre guide a abordé l’aspect économique de la ville, ainsi que le chantier de l’Hermione, mais comme il est développé dans la présentation de la ville de Rochefort ci-dessous, je ne l’aborde pas ici. Après 3 bonnes heures de découverte de Rochefort et de son pont à transbordeur, nous prenons place sur une terrasse sur la place Colbert où nous allons nous désaltérer. Ensuite c’est le retour à Arvert, après le dîner, c’est notre dernière séance de Relaxation avec Jean-Jérome. Nous ne sommes pas toujours fatigués, nous terminons l’ensemble des résidents au salon, où tout le monde improvise un tour de chant, bon souvenir.
Jour 5 : Le matin, nous commençons par une séance d’aquagym, ensuite c’est une détente bien méritée. Nous prenons le déjeuner, et nous avons un peu de temps pour flâner à nos occupations.
L’après-midi, nous prenons la direction de la Palmyre, pour aller marcher en bord d’océan, le soleil est de la partie, nous marchons sur une piste cyclable, puis nous foulons la plage. Nous avions 2 choix, à droite la plage naturiste, à gauche la plage textile, et bien nous avons opté pour la droite. Après une bonne heure de marche, nous sommes allés faire quelques emplettes, puis nous avons dégusté une gaufre à une terrasse de café accompagné d’une boisson. Tout à une fin, nous reprenons pour la dernière fois la direction de la résidence, arrivés nous satisfaisons aux tâches administratives de fin de séjour. Nous sommes conviés à prendre le pot du départ, puis nous prenons le repas, ensuite nous terminons la soirée au salon à nous narrer nos aventures épiques de la vie quotidienne.
Le dimanche, c’est le départ pour les 8 résidents, seule Janine redouble sa semaine, c’est à 11 heures que le taxi vient nous prendre pour nous accompagner à la gare de Royan. Après 2 changements de trains, 8 heures de voyage, dont une relative à des problèmes de correspondance et de défaillances techniques, c’est à 20 heures que nous mettons le pied en gare de Montpellier, où nous sommes surpris par la fraîcheur de la soirée.
Nous pensons que l’enchaînement de 2 séjours nous a paru une bonne expérience, nous avons connu 2 groupes, certes différents, où la bonne ambiance et la convivialité étaient identiques. Que dire de nos amis accompagnants, et ceux employés à la résidence, ils sont toujours aussi efficaces et répondent à tous nos besoins. J’ai trouvé un peu fatigant les séances de d’oing et de relaxation au centre de balnéothérapie de Saujon, tout comme les séances de relaxation au bord de la piscine, après le repas du soir. Elles auraient pu être remplacées par des moments de détente au calme, car le doing et la relaxation, toutes deux impliquent de l’attention et de la concentration. Sinon tout a été parfait, hormis la visite de l’aquarium de la Rochelle, après la découverte de celui de Montpellier et de Monaco, ce fut le troisième aquarium visité, c’est vraiment trop visuel, et la technique de l’audio guide, je la refuse, rien ne vaut la description faite par un guide, nous devons réhumaniser tout ce monde gadgétisé. Bon, nous attendons le programme des séjours à thèmes de 2012, pour faire notre marché de détente et se laisser vivre.

Michel Michelland

Le poitou charente est une région administrative de France Superficie : 25 810 km2 Nombre d’habitants : 1 640 068 Chef-lieu : Poitiers Nombre de départements : 4 (Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne). De taille moyenne, la Région est peu peuplée et encore souvent rurale. L’agriculture occupe un peu plus de 10 % des actifs, juxtaposant céréales, vigne (cognac) et élevage. Le littoral (avec La Rochelle) est animé par la pêche, l’ostréiculture et le tourisme estival. L’industrie est dominée par les constructions mécaniques et électriques, l’agroalimentaire.

La charente Maritime est un département de la Région Poitou-Charentes Chef-lieu de département : La Rochelle Chefs-lieux d’arrondissement : Jonzac, Rochefort, Saintes, Saint-Jean-d’Angély Nombre d’arrondissement(s) : 5 Nombre de cantons : 51 Nombre de communes : 472 Superficie : 6 864 km2 Nombre d’habitants : 557 024 Le département appartient à l’académie et à la cour d’appel de Poitiers, à la zone de défense Sud-Ouest. Il est formé de plaines et de bas plateaux, surtout calcaires, où l’élevage bovin pour les produits laitiers a progressé aux dépens des cultures (blé) la production de cognac se maintient à l’Est de Saintes. Le littoral, en partie marécageux (Marais poitevin, marais de Rochefort et de Brouage), est animé par l’ostréiculture (Marennes), la mytiliculture, le tourisme estival (Royan, îles de Ré et d’Oléron) et la pêche (La Rochelle). La Rochelle (avec son avant-port, La Pallice) et Rochefort concentrent l’essentiel de l’industrie, en dehors de l’agroalimentaire.

Rochefort Prononciation du titre dans sa version originale est une commune française, située dans le département de la Charente-Maritime et la région Poitou-Charentes. La commune compte 25000 habitants, elle s’étend sur 21 kilomètres carrées et s’étale entre 0 et 29 mètres d’altitude. Les habitants de Rochefort sont les Rochefortais et les Rochefortaises. Entièrement située sur la rive droite de la Charente, Rochefort est une ville nouvelle du XVII.me siècle qui doit sa création en 1666 à l’implantation d’un arsenal maritime et militaire dont l’ambition était d’en faire le plus grand et le plus beau du royaume. De ce passé prestigieux, Rochefort hérite d’un patrimoine urbain parmi l’un des plus riches et des plus remarquables de la Charente-Maritime, ce qui lui a valu d’être classée ville d’art et d’histoire. Devenue une ville touristique grâce à ses nombreux musées et sa vie culturelle animée, elle est également la plus importante station thermale de tout le centre-ouest de la France. Deuxième pôle industriel de la Charente-Maritime dont l’activité économique est principalement stimulée par la construction aéronautique et la plasturgie, Rochefort demeure un centre administratif secondaire (sous-préfecture, chambre de commerce et d’industrie, enseignement) mais s’affirme de plus en plus comme un des principaux centres commerciaux du département. Par sa population, elle est la troisième ville de Charente-Maritime ainsi que la troisième aire urbaine avec 54492 habitants. Faisant partie intégrante du bipôle La Rochelle-Rochefort, Rochefort tire un grand avantage de sa proximité avec La Rochelle, cette dernière étant la locomotive économique de la Charente-Maritime. Dans la région Poitou-Charentes, elle se classe au sixième rang des agglomérations urbaines. La ville de Rochefort est située dans la partie sud-ouest de la France et au centre de la côte atlantique distante d’à peine une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau. La ville bénéficie d’une situation géographique exceptionnelle en Charente-Maritime ayant l’avantage d’être située entre les villes principales de La Rochelle au nord, de Royan au sud et de Saintes au sud-est. Cette situation géographique a fait de cette ville un carrefour routier incontournable dans le département et qui a bénéficié d’importants aménagements et d’une modernisation de ses accès. Tout d’abord, la ville est desservie par l’autoroute Saintes-Rochefort qui se prolonge au nord de l’agglomération par la D 137 à 2×2 voies en direction de La Rochelle. Elle est également reliée par une 2X2 voies jusqu’à Saint-Agnant via le pont-viaduc sur la Charente. Une rocade urbaine contourne la ville tout à l’ouest pour assurer la continuité du réseau routier entre La Rochelle et Saint-Agnant, et au-delà, vers Marennes et l’île d’Oléron d’une part et vers Royan d’autre part. Rochefort bénéficie d’une gare ferroviaire au trafic voyageurs important qui la met en contact direct avec les grandes métropoles régionales de Nantes, au nord, et de Bordeaux, au sud, ainsi qu’avec les villes régionales de La Rochelle, Saintes et Angoulême. Enfin, Rochefort est à proximité de l’aéroport de Rochefort-Saint-Agnant- civil et militaire – situé au sud du fleuve, dans la commune de Saint-Agnant. Cette infrastructure qui appartient au département est appelée à devenir la grande plateforme aéroportuaire de la Charente-Maritime à l’horizon 2020. Cité fluviale par excellence, Rochefort est entièrement bâtie sur la rive droite de la Charente, fleuve auquel elle doit sa création. La cité de Colbert a été créée en 1666 pour les besoins de la Marine de guerre et le fleuve au bord duquel l’arsenal militaire a été édifié présentait à cette époque tous les avantages stratégiques nécessaires à son implantation. En fait, la ville occupe un site de méandre profond qui répondait originellement à des besoins purement défensifs. Rochefort est située entre deux grands marais qui ont constitué pendant longtemps des obstacles à son développement avant qu’ils ne soient asséchés à partir du XVII.me siècle lors de la création de l’arsenal. Au nord de la ville s’étend le Marais de Rochefort- qui englobe également le Marais de la Petite Flandre en raison de la venue d’ingénieurs hollandais – et au sud, au delà de la rive gauche du fleuve, se situe le vaste Marais de Brouage, dont les travaux d’assèchement ont été entrepris dès le XVI.me siècle. Rochefort est édifiée à la fois en bordure des marais asséchés qui la cernent à l’ouest et au nord et sur une table calcaire du jurassique qui correspond à une ancienne île avant le retrait de la mer à l’époque celtique. C’est sur ce substratum calcaire de faible élévation que la vieille ville a été en très large partie construite tandis que le développement urbain contemporain a débordé sur les parties asséchées des marais et sur des zones inondables en bordure du fleuve, notamment le quartier portuaire et industriel. Les contraintes du milieu sont à l’origine de l’enclavement de la ville avant que les progrès techniques ne viennent rompre cet isolement. Les voies ferrées ont rompu en premier lieu l’isolement de Rochefort. Tout d’abord, l’édification de la voie ferrée en 1857 s’est faite au nord de la ville, à travers le Marais de Rochefort et a permis de la mettre directement en contact avec Paris. Ensuite, la construction de la voie ferrée qui la relie à Saintes le long de la vallée de la Charente a brisé davantage encore cet enclavement à partir de 1867 tandis qu’en 1873 la liaison ferroviaire avec La Rochelle était enfin établie. Quant au réseau routier, il a fallu attendre le tout début du XX.me siècle pour que la ville soit correctement reliée. Certes, les liaisons routières étaient établies avec le nord en direction de La Rochelle et de Surgères, mais il a fallu attendre l’année 1900 pour que le pont transbordeur soit construit et rompt définitivement l’isolement de la ville avec le sud du département, notamment avec Marennes et Royan. Le site urbain de Rochefort obéit à des conditions naturelles assez contraignantes dues, d’une part, à sa position dans un large méandre de la Charente et, d’autre part, à sa situation de contact avec des marais desséchés au nord de la ville. Cette situation particulière de la ville découle d’une géologie dont les assises sont relativement simples mais en réalité peu favorables à une urbanisation du site. Au nord-ouest, se trouvent les plus hautes altitudes de la ville qui s’élèvent jusqu’à 30 mètres dans la zone commerciale des Quatre-Ânes, en bordure de la route, en direction de La Rochelle, et même encore jusqu’à 16 mètres à Béligon, dans le secteur du nouvel hôpital de Rochefort. Cette partie de la ville est en effet établie sur une assise du Crétacé inférieur dont l’étage correspond à celui du Cénomanien inférieur. Le substratum calcaire correspond à une ancienne île qui fait partie des nombreuses autres îles qui émergeaient dans l’ancien golfe santonique, aujourd’hui entièrement colmaté et occupé par le Marais de Rochefort, au nord de la vallée de la Charente. Cette île du Crétacé est de même nature géologique que celle de la Pointe de la Fumée dans la Presqu’île de Fouras et de l’île d’Aix, à l’ouest, dont le Cénomanien inférieur s’étire sur toute la rive droite du fleuve Charente et s’étend jusqu’à Burie, en limite du département de la Charente. Il se retrouve donc dans la pointe de Tonnay-Charente. Dans la commune voisine de Breuil-Magné, cet étage géologique est en contact avec l’effleurement du Jurassique supérieur, représenté ici par le Kimméridgien. Tout le reste du soubassement géologique de Rochefort repose sur des terrains du Quaternaire, constitués essentiellement par des alluvions anciennes et modernes. Ces dernières ont envahi progressivement la vallée de la Charente où le fleuve a creusé de larges méandres en rencontrant des terrains tendres et meubles. Ces formations du Quaternaire, constituées d’argiles fines, dénommées localement bri, sont de faible élévation, généralement inférieures à 3 mètres en bordure du fleuve, et sont occupées aujourd’hui par des marais d’origine fluviatile. Au nord-est de la ville, en limite des communes de Loire-les-Marais et de Tonnay-Charente, le Marais de la Petite Flandre, portion du Marais de Rochefort, a été desséché vers la fin du XVIII.me siècle, au temps de l’intendant Guéau de Reversaux. Au sud-ouest de la ville, dans la boucle que forme le fleuve, le marais de Martrou et la prée de Soubise, qui correspondent à de grandes étendues du marais fluviatile, sont aujourd’hui le domaine de la Station de lagunage et de prées horticoles, prairies naturelles longeant la Charente converties en vastes serres horticoles. La cité historique, fondée par Colbert en 1666, est sise sur l’ancienne île calcaire de Rochefort tandis que le site de la Corderie royale qui longe le fleuve repose sur des madriers posés sur d’anciens marais asséchés, en contrebas de la ville. A l’ouest, au-delà des anciennes fortifications aujourd’hui disparues, le Faubourg s’est établi sur des terrains calcaires de 10 à 15 mètres d’élévation moyenne. L’urbanisation a « boudé » en général le fleuve, c’est pourquoi toute la ville a le dos tourné à la Charente, sauf au nord-est, où les industries et les activités portuaires, prolongées par des immeubles d’habitation collectif, des entrepôts et des grandes surfaces commerciales, ainsi que des voies de communication moderne (routes et voies ferrées), se sont établies le long de la Charente jusqu’à Tonnay-Charente, formant avec cette dernière une conurbation urbaine. Rochefort était une partie de la ligne de défense de la côte d’Aunis et de Saintonge et de la vallée de la Charente. Le château de Rochefort, isolé dans la boucle de la Charente n’a apparemment pas joué d’autre rôle que celui de surveiller le fleuve. Le seigneur qui contrôlait tout l’accès à la rive nord de la Charente avait un pouvoir cependant limité par la présence des autres châteaux aux alentours. À la fin du XIII.me siècle la famille de Rochefort s’éteint avec Gilbert de Rochefort. Sa tante, vend alors le domaine à Philippe le Bel, intéressé car le domaine se situe à ce moment-là sur une frontière naturelle avec les possessions du roi d’Angleterre. Rochefort passe ensuite aux main d’Édouard III d’Angleterre en 1360 via le traité de Brétigny et ce jusqu’en 1372, où Charles V le reprend. Il reste dans le domaine royal jusqu’en 1462, date à laquelle il passe ensuite aux mains des puissantes familles de Coétivy et de la Trémoille. En 1537, Rochefort repasse encore dans le domaine royal. Henri IV vend le 11 septembre 1599, la terre de Rochefort à un petit seigneur, Adrien de Lauzeré, 1er valet de chambre du roi. Sa famille le conserve jusqu’en 1665. Aux alentours de 1660, la marine française, créée par Richelieu est en mauvais état, elle ne compte plus que quelques navires capables de prendre la mer. Louis XIV charge alors Colbert de Terron de trouver un lieu sur la côte Atlantique capable d’accueillir un arsenal qui devienne un lieu de « refuge, de défense et d’approvisionnement ». Après quelques années de recherches sur la côte, Rochefort est choisi en décembre 1665. Plusieurs raisons ont conduit au choix de ce site : la situation, à une vingtaine de kilomètres de la mer par la Charente, garantissait une protection contre l’envahisseur maritime ; les marais environnants offrent une protection contre une attaque par la terre ; le roi veut imposer une place royale catholique forte face à La Rochelle, protestante et située à moins de 30 kilomètres ; la Saintonge était riche en matière premières (le bois, le sel…). En 1666, sur ordre de Louis XIV, les restes du château de Rochefort furent rasés, dans le but de créer un arsenal militaire pour abriter la flotte du Ponant. Le choix de Rochefort fut un compromis entre les propriétaires de deux villes préalablement choisies, Fouras et Tonnay-Charente ; Colbert de Terron sut convaincre le conseil du roi de choisir à mi-chemin entre ces deux villes, à Rochefort. L’arsenal est donc construit, accueillant ateliers et magasins. Le bâtiment de la corderie royale est alors construit. La ville se développe alors rapidement sous l’impulsion de Colbert de Terron, puis de Michel Bégon de 1688 à 1710 où la construction navale se fait à un rythme très soutenu (près de 49 navires jusqu’en 1692 et environ 350 bateaux au total). Bégon embellit la ville. En 1677, l’eau est amenée par canalisation en bois depuis Tonnay-Charente pour les besoins de la population grandissante. Cependant à l’usage, l’arsenal est difficile à exploiter. Les 12 milles nautiques le séparant de la rade sont une très bonne protection, mais les méandres du fleuve et sa faible profondeur posent de gros problèmes aux plus gros navires. Il est nécessaire de décharger les vaisseaux de leur artillerie, de l’eau potable et des munitions jusqu’à la rade. Le halage se faisant à la force des bras, il faut 3 marées dans le meilleur des cas pour sortir le bateau et l’amener jusqu’à l’île d’Aix. À partir de 1766, on utilise des forçats pour ce travail. Les canons sont ensuite chargés à l’île d’Aix, l’eau douce à Saint-Nazaire-sur-Charente (une fontaine d’eau potable est créée en 1676), l’embarquement se faisant à Port-des-Barques. L’étalement des infrastructures est générateur de retard, de surcoûts et de complications. L’État royal est très mauvais payeur : après avoir attendu leur salaire pendant plusieurs mois, les ouvriers s’insurgent, arrêtent le travail, et mettent le siège devant l’intendance. La situation se répète avec les calfats et les charpentiers en 1717 et 1719. Au XVIII.me siècle, la ville se dote d’immeubles cossus, comme l’hôtel Mac Nemara aménagé par Jean-Baptiste Mac Nemara, qui commence par acheter en 1719 à Rochefort un immeuble urbain, et qui fut lieutenant de frégate et enseigne d’une compagnie de marine, puis chef de division d’escadre et vice- amiral, puis lieutenant général des armées navale. Un bagne est ouvert à Rochefort en 1777, qui faisait partie des trois « grands bagnes » du royaume avec Toulon et Brest. On y enfermait les prisonniers condamnés à vie. Il fut fermé en 1854. La mauvaise récolte de 1788 conduit à des émeutes au moment de la soudure : les boulangeries sont pillées à Rochefort le 28 avril 1789. Les officiers de la Marine nationale étant restés majoritairement royalistes, la Terreur est particulièrement sévère : les représentants en mission Lequinio et Laignelot font guillotiner 52 prévenus (dont 19 officiers de la marine). Témoin des changements radicaux de l’époque : on compte 63 divorces sur la période. Après le 9-Thermidor, la Convention envoie Chauvin-Hersant qui épure le tribunal révolutionnaire. Rochefort est aussi le point de départ d’une déportation qui a eu lieu en 1794 et 1795. Appelés les martyrs des pontons de Rochefort, les déportés étaient 829 prêtres. Parmi eux, 274 ont survécu. En 1926, la fermeture de l’arsenal entraîne un déclin rapide de la ville. La préfecture maritime de l’Atlantique, la direction des constructions navales, l’artillerie, la justice militaire, les cartes et plans déménagent. Les bateaux qui assurent le désenvasement de la Charente partent également. En 1982, le viaduc de la Charente n’existe pas et le bassin no 2 n’est pas dévasé. La rocade nord vient d’être mise en service mais la rocade ouest et la pénétrante sud ne sont pas encore en chantier, la zone industrielle des Sœurs Ouest est occupé à 60 %, la partie Est ne comprend qu’un bâtiment. La Prée horticole n’existe pas. En 2000, le viaduc de la Charente est construit, le bassin no 2 est devenu port de plaisance, l’autoroute A 837, la rocade ouest et la pénétrante sud sont en service, la zone industrielle des Sœurs Ouest est saturée, la partie Est occupée à 80 %, le quartier de l’avant garde est achevé. La Prée horticole est occupée à 90 %. Situé rue Pierre Loti, l’Hôtel de ville a été construit vers 1770 pour l’officier de Marine Claude Marguerite François Renart de Furschamberg, comte d’Amblimont (1736-1797). L’édifice est acquis en 1804 afin d’y abriter la mairie. Vers 1880, une horloge est placée dans un oculus ceint de feuilles de chêne. L’Hôtel de ville est agrandi dans la seconde moitié du XIX.me siècle grâce à l’achat de trois maisons mitoyennes. En 1965, la façade située devant la place Colbert est prolongée de deux travées identiques. Il est composé de trois niveaux : rez-de-chaussée : l’accueil pour le public et les différents services municipaux, une petite cour avec une petite salle de réunion/de mariage, une arrière-cour pour le stationnement d’une dizaine de véhicules. 1er étage : bureaux du maire et de ses adjoints, salle du conseil municipal et des mariages, bureaux administratifs. 2e étage : bureaux administratifs. Le maire actuel de Rochefort est Bernard Grasset (PS), fonction qu’il occupe depuis mars 2001, il a été réélu le 16 mars 2008. Il est également le président de la Communauté d’agglomération du Pays Rochefortais (CAPR). Depuis sa création en 1666, Rochefort a toujours connu une présence militaire importante. En effet, la ville a été construite pour accueillir le premier arsenal du royaume de France selon la volonté du roi Louis XIV. Ainsi, la marine est restée présente à Rochefort jusqu’en 2002, soit 336 années. Puis au début XX.me siècle, c’est l’aéronavale qui a fait son apparition avant sa transformation en base-école de l’armée de l’air et en école de gendarmerie. Actuellement, Rochefort accueille deux sites militaires opérationnels : l’école de gendarmerie et le commandement des écoles de la Gendarmerie nationale. À quelques kilomètres au sud de Rochefort, la base aérienne 721 accueille l’école de formation des sous-officiers de l’armée de l’air. À Rochefort, environ 4000 personnes (militaires et civils) travaillent pour la défense nationale. Cette gare, au style Art déco, a été construite en 1922 par l’architecte Pierre Esquié (auteur par ailleurs de la Gare de La Rochelle-Ville). L’origine du bâtiment est clairement identifiée par la signalétique des Chemins de Fer de l’État sur la façade de la construction. Cette gare a un attrait certain, avec ses céramiques, sa verrière et ses lampadaires. Elle a également conservé une petite verrière. Deuxième pôle industriel de la Charente-Maritime après La Rochelle avec 2512 emplois en 2007 répartis dans un grand nombre de PME et en plusieurs zones industrielles aménagées dès les années 1970, Rochefort dispose d’une certaine diversité industrielle où prédomine la construction aéronautique avec EADS-SOGERMA, SIMAIR, MALICHAUD-ATLANTIQUE, METAL-CHROME. L’industrie aéronautique est en effet le premier poste industriel à Rochefort avec plus de 1200 emplois et près de la moitié des effectifs industriels de la ville. Les autres secteurs industriels sont représentés par des chantiers nautiques de plaisance répartis en 16 entreprises et employant 400 salariés. Les deux plus grands noms de cette industrie récemment implantée dans la ville sont CIM et NAUTITECH qui fabriquent des voiliers de grand renom. L’industrie du bois, l’industrie des matériaux composites pour l’équipement automobile, la fonderie industrielle, l’industrie textile complètent un secteur industriel en véritable renouveau après les années de crise profonde que la ville a connues dans les années 1970 et 1980 où nombre d’entreprises industrielles ont disparu (ROL, Forsheda-France, Société Chimique de la Route). Plus récemment la ville a connu quelques turbulences avec la fermeture de ZODIAC, une entreprise industrielle spécialisée dans la fabrication des célèbres canots pneumatique, à cause de la concurrence asiatique et qui a employé jusqu’à plus de 500 personnes. Le BTP, autre composante du secteur secondaire, occupe 921 emplois à Rochefort en 2007. Il s’agit d’un secteur économique constitué principalement de PME dont une entreprise du bâtiment qui emploie une centaine de personnes. Le marché de la construction est assez dynamique à Rochefort et dans sa zone urbaine depuis le début du nouveau siècle et stimule le secteur du bâtiment (construction du nouvel hôpital de la ville, rénovation urbaine, aménagement de lotissements résidentiels, construction d’immeubles modernes et de haut standing en bordure du port de plaisance). Rochefort possède deux ports, un de plaisance et l’autre de commerce, répartis en trois bassins à flot. Dans la seconde moitié du XIX.me siècle, tandis que l’arsenal se transforme, le port de commerce se développe. Installé d’abord dans l’arsenal sud, le port marchand est transféré à la Cabane carrée dans l’actuel quartier de la Libération, limitrophe de la ville voisine de Tonnay-Charente et sur le chenal des vivres. Sous Napoléon III, de 1859 à 1869, un nouveau port de commerce est construit. Il comprend deux bassins à flot qui sont devenus aujourd’hui les bassins de plaisance, complétés en 1890, par un troisième bassin, l’actuel port de commerce, qui connaît toujours une activité modeste mais régulière. Le port de plaisance de Rochefort est le premier port fluvial de Charente-Maritime. Il est situé sur la rive droite du fleuve Charente à 15 mille marins environ de fort Boyard ou de l’île d’Aix, au cœur de la ville. Il s’agit d’un port à écluses qui se répartit en deux bassins à flots dénommés Lapérousse et Bougainville. Il comporte 300 places sur pontons ainsi que 40 places visiteurs. Le port de commerce fonctionne en binôme avec le port de Tonnay-Charente, formant ainsi le port de Rochefort-Tonnay-Charente, un complexe industrialo-portuaire déjà actif dans le années 1970. Géré par le Conseil général de la Charente-Maritime et par la CCI de Rochefort, ce complexe portuaire est devenu le premier port départemental de France avec un trafic moyen annuel variant entre 800000 tonnes et un million de tonnes. Il se classe au troisième rang des ports français pour l’importation des sciages résineux, au sixième rang pour l’importation d’engrais et au dixième rang pour l’exportation des céréales. Le port de Rochefort accueille principalement des cargos chargés de bois du Nord. Les exportations portent principalement sur les céréales, blé et maïs. Le port de Tonnay-Charente quant à lui reçoit principalement des engrais et du charbon en vrac et expédie des sables et des graviers. Il y a en moyenne deux arrivées ou départs par jour, suivant le rythme des marées. Ces deux ports fonctionnent en effet avec la remontée de la marée sur la Charente. Le tonnage des cargos est limité à cause du tirant d’eau maxi qui est de 5,70 m et surtout de la largeur de l’écluse qui ne peut accepter des navires de plus de 16 m de large pour une longueur de 116 m. Le marché de Rochefort est le plus important de la région Poitou-Charentes. Il a lieu tous les mardis matins, jeudis matins, et samedis matins de toute l’année. Il est composé de deux marchés. Une foire mensuelle a lieu tous les 2e jeudi de chaque mois sur le cours Roy-Bry de 8h00 à 18h00. Rochefort est aujourd’hui la 7e ville thermale de France. La progression du nombre des curistes est liée à la fois à l’augmentation des besoins de soins et à la qualité des infrastructures pour réponde à cette demande. En 1970, l’établissement thermal accueillait 1089 curistes, 4052 en 1982 et 12000 en 2002. Aujourd’hui, il avoisine les 15000 curistes. En 1973, le conseil municipal de Rochefort approuve la construction d’une piscine thermale, qui allait par la suite permettre de dynamiser et de développer le site. En décembre 1979 est inauguré l’hôtel des Remparts, situé juste à côté des thermes. L’établissement appartient à la société thermale de Rochefort filiale d’Eurothermes depuis le 11 juin 1982. La ville reste le propriétaire de la source et garde la responsabilité de la production d’eau thermale. L’usage de l’eau revient à l’exploitant Eurothermes. Les thermes ont bénéficié d’une extension à la fin des années 1990. Depuis le début des années 2000, la ville a lancé plusieurs projets de construction autour du port de plaisance Bougainville situé à quelques dizaines de mètres des thermes. La Maison des curistes et d’autres studios thermaux furent construits devant l’aile ouest des thermes (tout proche de l’ancienne caserne Charente). Ces constructions ont permis d’augmenter la capacité en hébergement. Ces eaux, salines et ferrugineuses jaillissent des profondeurs de la terre (800 mètres et 960 m³ d’eau par jour). Supposées antalgiques, anti-inflammatoires et cicatrisantes, ces eaux sont utilisées dans le traitement des rhumatismes et des maladies des veines et de la peau. Les thermes accueillent près de 13000 curistes par an depuis 2005. Rochefort est classée ville d’art et d’histoire. Aujourd’hui, la ville est également visitée pour ses thermes, exploités depuis 1953. Monuments classés aux Monuments historiques : ancien hôtel de Cheusses (musée naval) depuis le 19 janvier 1932• corderie royale et les bâtiments annexes (château d’eau, fontaine, corps de garde) depuis le 10 octobre 1967• pont transbordeur du Martrou depuis le 30 avril 1976• vieille forme et forme double depuis le 9 mai 1989• maison de Pierre Loti depuis le 7 mai 1990. fontaine de la place Colbert depuis le 23 février 1925• porte de l’Arsenal dite porte du Soleil depuis le 11 juin 1928• remparts proches de l’ancien porte Martrou depuis le 30 mai 1930• hôpital maritime depuis le 14 septembre 1965• caserne Latouche-Tréville depuis le 7 avril 1967• théâtre municipal de la Coupe d’Or depuis le 29 décembre 1969• gare SNCF depuis le 28 décembre 1984• église Saint-Louis depuis le 2 juin 1987• forme Napoléon III depuis le 7 mars 1988. Dans l’esprit de ses fondateurs, Rochefort doit être le plus beau port de guerre de l’Europe. L’Arsenal en sera la pièce maîtresse. La porte du Soleil (ci-contre) est une porte monumentale en forme d’arc de triomphe érigée en 1831 par Auguste Giral. Elle formait l’entrée principale de l’arsenal, sous laquelle « la ville entière passait matin et soir », la majorité des hommes travaillant à l’arsenal. Son nom vient du fait que, le 4 mars et le 10 octobre, le soleil se lève exactement dans son axe. C’est en la franchissant que l’on peut commencer la visite de l’arsenal voulu par Colbert. Dès 1666, les trois parties principales de l’Arsenal sont en place: au centre, « la maison du Roy »• au sud, les magasins généraux et l’Avant-garde, appelé le « Parc »• au nord, l’arrière-garde, la corderie royale et la forme de radoub. La Corderie royale est située sur la rive droite de la Charente, en bordure même du fleuve. Elle renferme l’espace muséographique du Centre international de la Mer de Rochefort. La Corderie royale est l’un des bâtiments les plus importants de l’arsenal et ce fut l’un des premiers construits lors de la création de la ville en 1666. L’architecte de la corderie fut François Blondel qui lança les travaux en mars 1666. Envoyé aux Antilles, il ne put constater le résultat de ses plans. La réalisation ne fut pas simple en raison du terrain. Situé à la bordure de la Charente, le sol est constitué d’une couche de vase épaisse de près d’une trentaine de mètres, parfois inondé d’une soixantaine de centimètres d’eau aux grandes marées. Avant la construction du bâtiment lui-même, il fallut donc surélever de quelques pieds et établir un radier constitué d’un quadrillage de pièces de chêne de 30 centimètres de section enfoncé à 5 pieds sous la nappe phréatique. Ce n’est qu’une fois le radier terminé que commença réellement la construction, à l’aide de pierres calcaires des carrières proches de Crazannes. Afin de ne pas déstabiliser ce radeau flottant, la construction par les 700 ouvriers se fit de manière symétrique, le passage au niveau supérieur n’ayant lieu que lorsque les deux pans de mur avaient atteint le niveau. Finalement, après plus de trois ans de travail, la construction s’acheva en juin 1669. Pendant près de deux cents ans, le bâtiment long de plus de 370 mètres fut utilisé pour réaliser les cordages de la marine royale. La longueur du bâtiment central correspondait à la fabrication d’un cordage d’une encablure d’un seul tenant. L’aile principale est bornée par deux pavillons. Au nord, celui destiné au stockage du chanvre et au sud, celui destiné au goudronnage du cordage. On utilisait à la Corderie du chanvre qui arrivait des provinces de France et de Rīga en mer Baltique afin de réaliser des cordages, dont les plus grands, une fois terminés mesuraient une encablure, soit 200 mètres de long. Toutes les étapes étaient prises en charge à l’arsenal, jusqu’au goudronnage pour éviter que les cordages ne pourrissent en mer. En 1867, les cordiers cessent leur activité sur le site de Rochefort. Le bâtiment aura alors vocation à accueillir plusieurs institutions : L’école de maistrance et des apprentis armuriers• L’annexe de l’artillerie navale• Les travaux maritimes• Les archives secrètes de la marine• Le musée des « petits-modèles »• Le 10 septembre 1926 est décidée la fermeture de l’arsenal de Rochefort qui, en plus d’un grand émoi au sein de la population locale, entraîne l’abandon progressif de la Corderie. Le déclin du bâtiment sera complet lorsque les forces d’occupation quittant la ville en 1944 incendieront la Corderie. Le feu qui dura plusieurs jours rendit le bâtiment inutilisable. Laissé à l’abandon total pendant près de 20 ans, la Corderie et ses alentours devinrent le lieu d’une flore abondante. En 1964, l’amiral Maurice Dupont entreprit le nettoyage du site avec l’aide d’appelés et en 1967, le bâtiment fut déclaré monument historique. La ville propriétaire décida alors en 1976 de lancer des travaux de rénovation, à l’identique pour l’extérieur, avec à l’intérieur un cloisonnement et des matériaux modernes. Aujourd’hui, le bâtiment héberge : La Chambre de commerce et d’industrie de Rochefort et de Saintonge• La médiathèque municipale• Le siège de la LPO• Le siège du Conservatoire du littoral• Le Centre international de la mer, comprenant plusieurs salles d’exposition sur la fabrique des cordages. Il est bordé, côté Charente, par un jardin, dit des Retours. Les coques des navires devaient être périodiquement entretenues ou réparées. Pour éviter les délicates manœuvres d’abattage en carène des bateaux, on utilisait les formes de radoub. Les navires pénétraient, à marée haute, dans ces grandes coques, creusées dans la berge vaseuse puis maçonnées, qui se vidaient à marée basse (avec l’aide d’une machine hydraulique qui pompait le surplus d’eau) : le travail de réparation pouvait alors commencer. À Rochefort, trois formes de radoub sont encore visibles. La vieille forme, première « forme à l’anglaise » entièrement maçonnée, fut une innovation pour l’époque. Il fallait que le dallage supporte le poids d’un navire de premier rang. Elle a été dégagée de la vase en 1985. La forme double, dont les bassins amont et aval ont été dégagés en 1992 et 1993, est conçue par l’intendant Pierre Arnoul en 1683. Réalisée avec peine entre 1683 et 1728, car le sol trop meuble, engloutissait les pierres. Elle permettait de réparer deux navires à la fois et présentait deux innovations : au lieu d’être lisses, ses murs sont faits de gradins pour faciliter le travail de radoub et la fermeture de la forme est assurée par un bateau-porte. La forme Napoléon III, construite entre 1853 et 1861, fut allongée en 1900 pour accueillir le Dupleix, long de 134 m, le dernier grand croiseur-cuirassé construit à Rochefort. Maison du Roy (ancienne préfecture maritime et maintenant commandement des écoles de la gendarmerie.Cette demeure édifiée entre l’arsenal et la ville sur les ruines de l’ancien château féodal fut la demeure de l’intendant de la Marine et, à partir de 1781, celle du commandant de la Marine. Depuis trois siècles, elle a subi maints remaniements. Sa porte d’entrée monumentale, de 1716, a été déplacée après l’incendie de l’édifice en 1895, rue Toufaire, pour être dans l’axe de la rue de l’Amiral-Courbet, la seule de Rochefort qui ait conservé ses pavés. La maison du Roy abrita a deux reprises l’empereur Napoléon Bonaparte : la première fois en août 1808 pour visiter le fort Boyard en construction et pour dresser les plans du fort Liédot et la seconde, moins glorieuse, le 3 juillet 1815, lors de son départ sur l’île d’Aix avant son exil sur l’île Sainte-Hélène. En vérité, sa dernière destination volontaire sur le territoire et non sur une île sera Rochefort. Cependant, il se rendit le 8 juillet aux Anglais qui l’emmèneront sur sa terre d’exil depuis Fouras, qui est sa vraie dernière destination française mais non volontaire. Depuis, la maison du Roy est devenue la préfecture maritime qui gère les côtes des Sables-d’Olonne jusqu’à Biarritz. En 2002, elle ferme ses portes à la Marine (la préfecture maritime de Brest reprend le flambeau) et elle abrite désormais le Commandement des Écoles de la gendarmerie nationale depuis 2004. La tour des signaux date de 1728. Elle constituait à l’origine le clocher de la première église Saint-Louis, aménagée dans l’ancien prêche du seigneur de Cheusses, protestant, au moment de la fondation de la ville moderne. L’église, desservie par les Lazaristes (Congrégation de la Mission), est dès 1723 « trop petite, fort basse et peu convenable pour un lieu si considérable. Plusieurs poutres menacent ruine ». Les Lazaristes refusant de prêter serment à la constitution civile du clergé, la marine saisit leur église en 1791 afin d’en faire un entrepôt. Le titre paroissial est transféré à la chapelle du couvent des Capucins, qui, presque intégralement reconstruite à partir de 1835, devient l’église Saint-Louis actuelle. La tour des signaux et les bâtiments adjacents (restes de la première église) sont aménagés par l’armée. L’ancien clocher est étêté et un sémaphore, assurant les communications entre l’amirauté et la rade de la Charente, est installé sur la plate-forme sommitale. Malgré les évolutions technologiques, la tour est utilisée jusqu’en 1930, servant de réserve en cas de défaillance des autres moyens de communication. Elle reste propriété de l’armée jusqu’en2002, puis est restituée à la ville, qui y aménage un espace multimédia en 2008. Haute de 26 mètres, elle fut longtemps un des plus hauts bâtiments de la ville. De plan carré, elle domine les toits des immeubles de la rue Touffaire. La subsistance de tout ce peuple d’ouvriers et de marins à la fin du XVII.me siècle posa très vite des problèmes à l’État. Colbert proposa au roi Louis XIV de créer un « munitionnaire » chargé de régler la nourriture. Le roi créa le poste par un arrêté du 2 octobre 1669 et on décida d’élever un bâtiment : le « magasin aux Vivres » qui fut le plus vaste des monuments de ce genre possédé dès lors par la Marine. En 1671, le bâtiment fut commencé et sera achevé en 1673. C’est un édifice qui longe l’actuel bassin de plaisance. Le bâtiment porte le cachet de l’époque. Élevé sur le même alignement nord que le premier hôpital (caserne Charente), il a 120 mètres de long. Il contenait les greniers d’approvisionnement. L’ensemble forme un vaste quadrilatère ; les 2 ailes en retour mesurant 125 mètres. À droite de la porte d’entrée se trouvait la tonnellerie. Par la suite, le bâtiment connut pratiquement tout : magasin, hôpital de la marine, logements pour l’armée et bâtiment de la sécurité civil. A partir de 2011, le site sera reconverti avec la réalisation : de cent appartements de bon standing• d’une résidence hôtelière trois étoiles• d’un restaurant panoramique avec vue sur le port de plaisance• d’un parking aménagé dans la cour. La place Colbert avec sa fontaine et sa pelouse, c’est la place la plus célèbre de Rochefort, c’est le centre vital de la ville. A l’origine, cette place faisait office de pré pour le pacage des animaux et se nommait la place aux herbes. Par la suite, grâce à l’impulsion donnée par les urbanistes, cette place est embellie en 1757 et pourvue d’une belle fontaine de pierre couronnée, par Victor Bourguignon, d’une figure allégorique symbolisant la rencontre de la Charente et de l’Océan. La source alimentant cette fontaine provient de Tonnay-Charente par l’aqueduc du Coteau. Cet aqueduc initialement construit à la demande de l’intendant Bégon en 1695 aboutissait à un énorme réservoir situé près du bâtiment de corps de garde de la Corderie Royale. En 1754, cet aqueduc alimentait en eau toutes les fontaines de Rochefort. L’horloge de marées de la place Colbert. De cette époque datent aussi les balcons rocaille ou néoclassiques qui ornent de simples maisons comme des hôtels particuliers : hôtel des Lemoyne de Sérigny, seigneurs de Loire, devant la fontaine, et l’hôtel d’Amblimont, l’actuel hôtel de ville, en face. Célèbrement connue grâce aux Demoiselles de Rochefort, la place qui, pendant de nombreuses années, possédait un bassin carré au milieu qui a aujourd’hui disparu. En effet, depuis 2006, la place est redevenue ce qu’elle était lors de sa première construction. La fontaine a été remise en valeur, le bassin a disparu pour laisser deux axes croisés comme à l’origine. Une horloge de marées a été installée au centre de la place. Elle indique l’état de la marée et le nombre d’heures restant avant basse mer par une série de spots lumineux. Louis Nicolas de Clerville fut le commissaire général des fortifications de Rochefort. Cependant en 1662, ces fortifications privilégient l’esthétique à la fonctionnalité et à l’efficacité puisqu’elles étaient caractérisaient par : de longues courtines trop basses et mal flanquées• des redents pour remplacer des bastions• l’absence de défenses avancées• des portes sans dehors. Plusieurs années plus tard, ce furent près de 20000 personnes qui migrèrent à Rochefort. En 1690, l’enceinte des remparts de Rochefort étaient composée de trois bastions et de huit redents triangulaires adossés à la Charente. Les remparts ont été conservés sur de vastes portions malgré l’ordre de démolition en 1923. On peut notamment admirer devant le cours Roy-Bry, une guérite en pierre de forme pentagonale portée sur culot lisse. Il ne faut pas l’appeler échauguette, mot à réserver au vocabulaire des châteaux-forts. Les fortifications bastionnées (c’est le cas de Rochefort) ont des guérites en pierre, selon tous les documents de Vauban. Pont transbordeur de Rochefort. Ce pont, dont le système fut proposé par l’ingénieur Ferdinand Arnodin (1845-1924), a été inauguré le 29 juillet 1900, après 27 mois de construction. Ce pont repose sur deux pylônes métalliques hauts de 66,25 mètres et situés de part et d’autre de la Charente. Un tablier de 175,50 mètres de long, culminant à 50 mètres au-dessus des plus hautes eaux, relie ces deux pylônes entre eux. Une nacelle suspendue à ce tablier permet alors aux passagers de passer d’une rive à l’autre. Lors de son ouverture, ce pont qui avait coûté 586500 francs de l’époque, pouvait contenir à chaque traversée, 9 voitures à 2 attelages et 50 personnes ou 200 personnes. Sa capacité était de 26 tonnes. La traversée durait à l’époque, temps d’embarquement et débarquement compris, 40 minutes. Mais l’augmentation continue du trafic eut raison du transbordeur, et en 1967, il fut remplacé par le pont à travée levante et en 1975, un budget de 1,4 millions de francs fut alloué à sa démolition. Le pont sera finalement classé aux monuments historiques en 1993, 7 millions de francs seront utilisés à la rénovation globale. Aujourd’hui, le pont est de nouveau en activité pour son atout touristique. Il est exclusivement ouvert aux piétons et aux vélos. La traversée est payante (2,20 € l’aller-retour pour un adulte) et dure 4 minutes et demi. Le transbordeur est apparu dans le film de Jacques Demy, Les Demoiselles de Rochefort. Depuis 1997, une association s’est donné pour projet de reconstruire à l’identique la frégate l’Hermione à bord de laquelle La Fayette partit en 1780 rejoindre les insurgés américains au cours de la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique. La version originale du navire fut construite en 11 mois grâce à la collaboration de centaines de travailleurs, bagnards compris, pour un total de 35000 journées de travail. L’équipe de reconstruction du navire s’est attachée à effectuer une reconstruction à l’identique et à faire partager cela au public à l’aide de divers stands (forgeron etc.) et d’une visite guidée du chantier. Le chantier est installé dans la double forme de radoub du XVII.me siècle située à Rochefort et les visites sont une source de financement pour le chantier. En raison de difficultés d’approvisionnement, des bois humides, etc., l’association Hermione-La Fayette a décidé de modifier la construction du navire. Sa mise à l’eau prévue fin 2008 avec une coque nue, non équipée et non armée et ensuite la réalisation à flot pendant 2 ans des travaux d’aménagement et d’équipement est suspendue. Pour garantir la qualité du bordage, l’association a décidé de réaliser l’ensemble du bateau à sec sur le site actuel du chantier et de mettre l’Hermione à l’eau entièrement équipée et prête à naviguer. Selon Benedict Donelly, président de l’association, dans une interview du 6 juin 2011, la mise à l’eau est prévue au début de l’été 2012. L’officier de Marine Julien Viaud (1850-1923), en littérature Pierre Loti, passa une grande partie de sa vie à transformer sa maison natale en un lieu théâtral où il se mettait en scène lors de fêtes mémorables, invitant toutes les célébrités de l’époque que son immense renom l’amenait à fréquenter. Pour ses décors, il s’inspirait à la fois du passé : salle gothique et salle Renaissance et des pays lointains d’Orient et d’Extrême-Orient, qu’il connut lors de ses lointaines missions : mosquée, salon turc, chambre arabe et salle chinoise, en grande partie disparue aujourd’hui. Une fois passé derrière l’austère et banale façade rochefortaise le visiteur est transporté dans l’univers magique et exotique de l’écrivain qui fascine toujours autant plus d’un siècle après sa création.

La Rochelle Prononciation du titre dans sa version originale est une commune française, capitale historique de l’Aunis et préfecture du département de la Charente-Maritime, dans la région Poitou-Charentes. La ville compte 76000 habitants, elle s’étend sur 28 kilomètres carrés et s’étale entre 0 et 28 mètres d’altitude.La Rochelle est la commune la plus peuplée du département de la Charente-Maritime. Ses habitants sont appelés les Rochelais. Située en bordure de l’océan Atlantique, au large du pertuis d’Antioche, et protégée des tempêtes par la « barrière » des îles de Ré, d’Oléron et d’Aix, la ville est avant tout un complexe portuaire de premier ordre et, ce, depuis le XII.me siècle. Elle conserve plus que jamais son titre de Porte océane par la présence de ses trois ports (de pêche, de commerce et de plaisance). Cité millénaire, dotée d’un riche patrimoine historique et urbain, La Rochelle est aujourd’hui devenue la plus importante ville entre Loire et Gironde. Ses activités urbaines sont multiples et fort différenciées. Ville aux fonctions portuaires et industrielles encore importantes, elle possède un secteur administratif et tertiaire largement prédominant que viennent renforcer son Université et le tourisme. La Rochelle est avant tout une commune littorale, située en bordure de l’océan Atlantique, et caractérisée par une grande diversité de sites naturels (côtes basses, côtes sablonneuses et côtes à falaises, anses littorales, petits caps, promontoires) dont un certain nombre ont pu être aménagés pour fixer les activités humaines et économiques (trois ports, trois plages). La Rochelle est située au centre de la côte Atlantique française, sur le pertuis d’Antioche, face aux îles de Ré, à l’ouest, d’Oléron et d’Aix, au sud et sud-ouest. Cet ensemble insulaire constitue une sorte de barrière naturelle qui protège son site portuaire des fortes houles d’ouest et qui permet d’en faire une rade sûre. C’est ce qui, de tout temps, a favorisé l’essor de la cité océane. Deux aspects de la géographie de cette ville sont à relever et qui expliquent en grande partie le développement actuel de la cité portuaire. D’une part, sa position enclavée dans le territoire national et, d’autre part, sa situation maritime fort favorable. Etant longtemps demeurée à l’écart des grands axes de communication. La modernisation des infrastructures routières et ferroviaires a largement contribué à lever cet handicap d’une position géographique aux marges de la nation. Cette situation géographique peu favorable lui permet cependant d’échapper aux influences urbaines lourdes de la capitale et des grandes métropoles régionales. Ainsi, La Rochelle est-elle située à 472 km au sud-ouest de Paris, et par rapport aux grandes métropoles de l’ouest de la France, elle est distante de 147 km au sud de Nantes et de 187 km au nord de Bordeaux. La Rochelle est directement reliée à la capitale par le TGV depuis 1993 et par la voie express de la N11, puis l’autoroute A10 depuis 1981. Dans la région Poitou-Charentes, elle est située à 125 km au sud-ouest de Poitiers, la capitale régionale, à 130 km au nord-ouest d’Angoulême et à 65 km à l’ouest de Niort. Elle est bien reliée aux principales agglomérations de Poitou-Charentes, par la voie express de la N11 jusqu’à Niort, puis l’autoroute A10 jusqu’à Poitiers, par la voie express de la D137 et l’autoroute A837 puis la N141-aménagée en longues portions à 2X2 voies – jusqu’à Angoulême. En Charente-Maritime, La Rochelle est située à 70 km au nord-ouest de Saintes, deuxième ville du département et ancienne capitale de la Saintonge, à 30 km au nord de Rochefort et à 70 km au nord de Royan. La ville est bien reliée aux deux autres centres principaux du département que sont Saintes et Rochefort par la voie express de la D137 et l’autoroute A837. Depuis le 19 mai 1988, La Rochelle est reliée à l’île de Ré par le pont de l’île de Ré. Par sa position géographique sur le littoral, La Rochelle présente deux atouts majeurs qui lui ont largement permis son développement portuaire. Tout d’abord, La Rochelle bénéficie d’une position excellente pour la navigation nautique de plaisance, où son port de plaisance, le port des Minimes, est le plus grand de toute la côte atlantique de la France. Ce dernier est situé sur un vaste plan d’eau que constitue le pertuis d’Antioche. Ensuite, La Rochelle dispose au site de la Pallice d’un port en eau profonde, largement accessible aux navires de haute mer et aux paquebots. Il constitue, en effet, l’unique port de la côte atlantique française, libre de toute contrainte de la marée, étant disponible 24 heures sur 24. Ce qui représente un atout considérable pour le développement de son port maritime, pouvant recevoir des navires de plus de 200000 tonnes de port en lourd. La Rochelle et son agglomération sont situées sur un promontoire calcaire de faible altitude, qui prolonge à l’ouest la vaste plaine dénudée de l’Aunis, dont l’altitude moyenne est d’environ une trentaine de mètres. Ce promontoire se termine de façon inégale face à l’océan Atlantique, soit par de hautes falaises calcaires, soit par des côtes basses. Le littoral de La Rochelle fait partie de la côte charentaise, laquelle s’inscrit dans une zone de transition maritime du littoral atlantique de la France. La topographie du territoire communal de La Rochelle est globalement homogène, ne présentant ni escarpement, ni vallon abrupt, mais un terrain doucement vallonné, que certains ruisseaux et d’anciens marais comblés ont contribué en partie à façonner. Ainsi, l’altitude moyenne de la commune de La Rochelle est de quatre mètres, et l’altimétrie varie de 0 mètre (bordure littorale, anciens marais comblés) à 28 mètres (secteur de Mireuil), n’offrant pas d’obstacles naturels à la direction des vents. Le paysage est très ouvert. Tout le territoire communal de La Rochelle est situé en terrain jurassique, lequel recouvre entièrement la plaine de l’Aunis, correspondant à l’extrémité septentrionale du Bassin aquitain. Les affleurements calcaires et marneux du Jurassique apparaissent en surface sur la commune au relief peu vallonné. Les falaises de calcaire autour de La Rochelle présentent des couches de sédiments datant de l’ère du Jurassique supérieur. La bordure littorale de La Rochelle, qui correspond aux dernières extrémités de la plaine de l’Aunis, est remarquablement variée, elle fait alterner des côtes basses (côtes sablonneuses et côtes marécageuses) et des côtes élevées (falaises calcaires). Les côtes basses, où se trouvent d’anciens marais aujourd’hui desséchés (ancien marais des Minimes, ancien marais de Port-Neuf), sont issues des épanchements du Quaternaire ; ceux-ci correspondent à des apports sédimentaires d’origine marine, issus de la dernière transgression flandrienne. Les côtes sablonneuses sont situées dans les anses formées naturellement par les phénomènes de l’érosion marine et des courants marins (plage des Minimes, plage de La Concurrence, plage de Chef-de-Baie). Quant au littoral à falaises, ces dernières sont situées au sud de la ville (pointe des Minimes) et à l’ouest (môle de Chef-de-Baie, promontoire de La Pallice). Elles peuvent atteindre jusqu’à une vingtaine de mètres de hauteur entre La Pallice et L’Houmeau et sont nettement visibles depuis l’île de Ré. Des couches, caractérisées par des alternances de lits de marnes et de calcaires oolithiques, peuvent être observées sur les falaises qui bordent le littoral de La Rochelle. Elles mettent en évidence d’épaisses couches de roches blanches alternant avec des couches de sable et de vase très friables, s’étant formées durant les périodes glaciaires, et avec des couches contenant divers coraux, issues des périodes tropicales. Certaines, comme la pointe du Chay, à environ cinq kilomètres au sud de La Rochelle, contiennent de nombreux fossiles d’animaux marins et sont des zones d’études paléontologiques très réputées. Le calcaire ainsi formé est largement utilisé comme matériade construction dans les maisons traditionnelles de la région. Le Vieux-Port reçoit les eaux du canal de Marans. La Rochelle constitue le point d’arrivée du canal de Marans, ce dernier correspond à un « canal de jonction » entre la Sèvre niortaise, à 20 km au nord de la ville, et l’océan Atlantique, dans la baie de La Rochelle. Ce canal, appelé localement canal de Rompsay et qui a été construit dans le courant du XIX.me siècle, débouche directement dans le site du Vieux-Port, séparant le cœur de la vieille ville du quartier Saint-Nicolas et étant franchi par quatre ponts, dont une passerelle pour piétons édifiée juste en amont du pont-écluse qui donne sur le Vieux-Port. Par ailleurs, la baie de La Rochelle, le long de laquelle la ville s’est développée, s’ouvre largement sur le pertuis d’Antioche et est soumise à l’action des courants marins, à l’origine du problème récurrent de son envasement. Avec une hauteur d’eau de 3,80 mètres, le marnage moyen est relativement faible à La Rochelle. Il peut cependant atteindre 6,60 mètres avec un coefficient de marée de 120. Les courants marins ont une vitesse de 2,2 km/h dans la baie de La Rochelle, et de 4 km/h dans le nord du pertuis d’Antioche. L’envasement est de l’ordre de 50 cm par an, principalement en raison des eaux très chargées en sédiments des pertuis charentais, nécessitant la régularité des dragages. Les analyses hydrographiques des eaux et des sédiments, effectuées dans le cadre du projet d’agrandissement du port de plaisance des Minimes, ont établi que les eaux de baignade étaient de bonne qualité et que les sédiments n’étaient pas pollués. La baie de La Rochelle, qui est classée en zone conchylicole et appartient au Réseau Natura 2000, est un site remarquable par la qualité de son milieu marin et sa forte productivité biologique. De grands mammifères marins y sont présents, comme par exemple le grand dauphin, le marsouin, le globicéphale noir, le dauphin de Risso, le dauphin commun, le phoque gris, diverses tortues marines dont la caouanne, la tortue luth, la tortue verte, la tortue de Kemp, ainsi que des poissons d’estuaires protégés (alose et lamproie). C’est également une zone de reproduction pour la seiche et la méduse Rhizostoma pulmo. La faune benthique, constituée principalement de vers marins et de coquillages, est quant à elle relativement pauvre. Le déballastage des navires au môle d’escale du port autonome de La Rochelle présentant un risque d’introduction d’espèces indésirables, notamment en raison des importantes quantités d’eau rejetées qui sont ensuite entraînées par les courants vers la baie de l’Aiguillon, des échantillonnages sont systématiquement réalisés dans les ballasts. Faute de trouver des traces d’occupation des lieux antérieures à la fondation de la ville au Xe siècle, le site marécageux de La Rochelle a parfois été considéré comme inhabité avant cette époque. Pourtant, d’après l’historien Louis-Étienne Arcère, des Alains venus de l’Est se seraient implantés dans cette région déserte et marécageuse au Ve siècle, habitant dans des huttes et vivant de la pêche, du cabotage et de la viticulture. De récentes découvertes ont permis d’établir que tous les promontoires de la côte d’Aunis avaient été habités à l’époque gallo-romaine. On a ainsi retrouvé des traces de marais salants de grande taille datant de 8 à 2 et les fondations de deux imposantes et luxueuses villas romaines. Ces villas, dont l’une se trouve à Saint-Éloi et l’autre aux Minimes, constituaient le centre d’un vaste domaine agricole du Ier siècle au IV.me siècle. Leur découverte a confirmé que les Romains occupaient le site, exploitant les ressources de la baie de La Rochelle. Un petit hameau appelé Cougnes, dont l’origine reste imprécise, et vivant de l’exploitation de marais salants, est vraisemblablement le quartier le plus ancien connu de la cité de La Rochelle. Selon le Père Louis-Étienne Arcère (1698-1782), supérieur de la Maison de l’Oratoire, historien de La Rochelle et de la province d’Aunis, le nom du hameau viendrait du mot celte « cogn » ou « coign », désignant un coin, un angle. Cougnes s’est orthographié Compnes, Coigne, Cognes. En se développant, les habitations de Cougnes se rapprochent progressivement de la mer, jusqu’à ce qu’aux environs du IX.me siècle, une cité de pêcheurs appelée Rupella (petite roche) soit fondée sur un promontoire rocheux au milieu des marais, origine du nom de la ville de La Rochelle. Une tour de défense carrée, appelée tour Maulevault, ainsi qu’une église, l’église Notre-Dame-de-Cougnes, sont construites à cette époque. Au Xe siècle, en l’an 961, Guillaume d’Aquitaine octroie à La Rochelle une charte concernant le droit d’ancrage et de lestage des navires. À cette époque, le port primitif se situe au pied de la tour de la Lanterne sur le ruisseau du Lafond. Il sera déplacé plus tard à son emplacement actuel. Situé au fond d’une baie abritée des fureurs de l’océan par les Île de Ré et d’Oléron, alimenté par des sources d’eau douce, le lieu convient parfaitement à l’implantation d’un port. Ce faisant, le port de La Rochelle joue dès le XII.m e siècle, et durant tout le Moyen Âge, un rôle de premier ordre. En 1130, après la prise de Châtelaillon dont le seigneur Isembert était propriétaire des terres rochelaises, Guillaume X, duc d’Aquitaine, fait édifier une première enceinte autour de La Rochelle. Entre 1130 et 1137, il affranchit la ville des tutelles féodales, faisant de son port un port libre. Ces franchises sont confirmées par Louis VII puis par Aliénor d’Aquitaine (1146). Fort de cette caractéristique, le port devient le plus grand de toute la côte atlantique, et connaît trois siècles ininterrompus de prospérité, commerçant principalement du vin de La Rochelle, qui est une importante production régionale, produit en Aunis, Saintonge et Angoumois jusqu’à Cognac et qui est alors très réputé, ainsi que du sel. Aux XII.me siècle et XIII.me siècle, les routes des Templiers convergent toutes vers La Rochelle, faisant ainsi de la ville leur port sur l’Atlantique. Le XII.me siècle est également marqué par l’influence d’Aliénor d’Aquitaine, qui après s’être séparée du roi Louis VII de France, épouse en secondes noces le futur roi Henri II d’Angleterre en 1152, faisant de l’Aquitaine, ainsi que de La Rochelle, une province anglaise en 1154. De par sa situation géographique et son importance, le Vieux-Port voit s’ouvrir à lui les marchés de l’Angleterre et de l’Europe du Nord, très demandeurs des vins régionaux et du sel des marais du littoral. Une nouvelle enceinte de protection est érigée autour de la ville entre 1160 et 1170, tandis que le château de Vauclair est construit par Henri II d’Angleterre un peu avant la fin du XII.me siècle. L’enceinte du château, qui couvre plus d’un hectare, est protégée par un rempart orné de quatre grosses tours d’angle, reliées entre elles par des courtines au parapet crénelé, et entourée de profondes douves. Le château domine alors le port primitif de La Rochelle, situé à l’estuaire des cours d’eau de La Moulinette à l’Est, de Rompsay au Nord-Est et le chenal de la Verdière au Nord. Lors de la révolte des fils d’Henri II contre leur père, la ville reste fidèle au roi d’Angleterre. En récompense, elle obtient en 1175 une charte de commune, qui confirme également les franchises de la ville. En 1196, l’armateur rochelais Alexandre Aufrédy décide d’envoyer les sept navires de sa flotte commerciale à l’aventure vers les côtes africaines, chargés de sel et de vin. Les années passent mais ses navires ne reviennent pas. Ruiné, Alexandre Aufrédy se voit obligé de vendre l’intégralité de ses biens, dont son hôtel particulier, pour payer ses dettes, et est réduit à la mendicité. En 1203, il est sauvé de la misère par le retour inespéré de sa flotte commerciale qu’il croyait perdue, et dont la cargaison d’or, d’ivoire, d’épices et de bois précieux refait sa fortune. En remerciement au Ciel, il décide de consacrer sa vie et sa fortune aux pauvres, et fonde un hôpital portant son nom où, avec sa femme, il soignera les malades jusqu’à sa mort. Entre-temps, en mai 1199, Aliénor d’Aquitaine a confirmé la charte de commune, et concédé à la ville des exonérations de taxes, ainsi que des pouvoirs politiques et judiciaires étendus. Les habitants de La Rochelle élisent le premier maire dans l’Histoire de France, en la personne de Guillaume de Montmirail. Cette charte est à nouveau confirmée en juillet 1199 par Jean sans Terre, puis en 1204. Les extensions de la charte communale autorisant également la ville à battre la monnaie, Jean sans Terre y fait établir en 1215 un atelier monétaire. La monnaie royale qui y est frappée porte la lettre H comme marque de fabrique. En 1222, le roi d’Angleterre Henri III décide de renforcer l’influence anglaise en Aunis. Ainsi donc, le 4 décembre, il édicte une charte prescrivant aux Rochelais d’établir un port dans l’ouest de la ville et de la fortifier, et le 8 avril 1223, il leur ordonne de commencer les travaux. De son côté, Louis VIII, roi de France, prend prétexte du fait que les conditions du traité de 1217 n’étaient toujours pas remplies pour lancer une campagne destinée à s’emparer des possessions anglaises en France. En effet, après sa victoire sur Jean sans Terre à la bataille de la Roche-aux-Moines, en 1214, les barons anglais lui avaient promis la couronne d’Angleterre. Cependant, ces derniers revinrent sur leur décision le 11 septembre 1217 en signant le traité de Lambeth, qui octroyait la couronne à Henri III moyennant certaines compensations, dont le paiement d’une forte somme d’argent au roi de France. Ainsi, sur les ordres du roi Louis VIII, Mathieu II de Montmorency entame le siège de La Rochelle le 15 juillet 1224, et la libère de la domination anglaise le 3 août 1224. La ville revient alors sous la couronne de France, tout en conservant ses privilèges. En représailles, Henri III signe à Londres une charte communale à Bordeaux, qui jusqu’à présent devait passer par La Rochelle pour exporter son vin de Bordeaux, et qui désormais prend la prédominance du commerce du vin avec l’Angleterre. En 1241, une nouvelle guerre éclate entre la France et l’Angleterre. Henri III d’Angleterre débarque à la tête de son armée, mais est vaincu par Louis IX, nouveau roi de France, et est contraint de céder l’île de Ré à la couronne de France par un traité en date du 7 avril 1243. Dans les années 1255, de nouvelles halles sont construites par le sénéchal du comte Alphonse de Poitiers. Mal situées, et considérées comme une atteinte aux libertés communales, elles sont boudées par les marchands rochellais. Ils finissent d’ailleurs par les racheter 6000 livres en 1267, pour pouvoir les démolir, soit huit fois leur coût de construction. Au cours de la guerre de Cent Ans, la ville change régulièrement de mains, passant des Anglais aux Français et inversement, au gré des traités. De ce fait, elle se voit octroyer dès 1338, par le roi d’Angleterre, des lettres de sauvegarde l’autorisant, malgré la guerre entre les deux Couronnes, à trafiquer librement avec toutes les possessions anglaises. La France en 1365, après les traités de Brétigny et de Guérande. Territoires contrôlés par Édouard III avant le traité de Brétigny Territoires cédés par la France à l’Angleterre par le traité de Brétigny Territoire du duché de Bretagne, allié aux Anglais. En 1356, le roi Jean II de France, dit le Bon, est vaincu et fait prisonnier à la bataille de Poitiers. Emmené à Londres, il est forcé en 1360, en plus de verser une rançon de trois millions d’écus d’or (soit 11,64 tonnes d’or), de signer le traité de Brétigny en échange de sa libération. Le traité cède de nombreux territoires à la couronne d’Angleterre, dont la ville de La Rochelle. Ce nouveau passage sous la domination anglaise est très mal perçu, et la ville manifeste une importante résistance à cette annexion. Finalement, suite aux pressantes interventions du roi de France et à l’assurance donnée par le roi d’Angleterre que les privilèges seront maintenus, les Rochelais déclarent « Nous aourerons (honorerons) les Anglais des lèvres, mais les cœurs ne nous mouveront pas ». La Rochelle est pillée en 1370 par une chevauchée anglaise. Le 22 juin 1372, la bataille de La Rochelle marque le début du siège de La Rochelle, commandé par le connétable Bertrand du Guesclin sur ordre de Charles V. La flotte anglaise de Jean de Hastings, comte de Pembroke est détruite par la flotte franco-espagnole, le roi de France ayant obtenu l’appui du roi de Castille. Le 15 août 1372, les Rochelais chassent la garnison anglaise de leur ville grâce à une ruse du maire Jean Chaudrier. Cependant, ils refusent de laisser entrer le connétable Bertrand du Guesclin dans les murs de la ville, désirant négocier leur retour dans le Royaume de France moyennant une extension de leurs anciennes chartes. Le roi Charles V accepte finalement de confirmer les privilèges de la ville, lui donnant ainsi une grande indépendance vis-à-vis du pouvoir royal. Les rochelais laissent alors entrer Bertrand du Guesclin dans leurs murs le 23 août 1372, faisant de La Rochelle une ville définitivement française. Le château est détruit entre 1372 et 1375. Une partie des fondations de l’ouvrage ont été mises au jour lors du creusement d’un parking souterrain, sous l’actuelle place de Verdun. Le 8 janvier 1373, désireux de remercier les Rochelais d’avoir chassé les Anglais de la ville, Charles V confère au maire, à ses échevins et à leurs successeurs, un droit de noblesse héréditaire et perpétuel. Il crée également le gouvernement d’Aunis, distinct de la Saintonge. Néanmoins, il fait détruire le château Vauclair, symbole de pouvoir, et dont les pierres servent à édifier la muraille du Gabut. Le Corps de Ville fait également construire la tour de Moureiles, destinée à conserver les papiers consacrant les privilèges et les registres. Le port de La Rochelle est quant à lui transféré à son emplacement actuel. En 1376, après 31 ans de travaux interrompus par la rupture des fondations dans les premières années de la construction et par l’occupation anglaise ensuite, la tour Saint-Nicolas est achevée. Destinée à défendre la passe du port, elle héberge son premier capitaine ainsi que les soldats préposés à sa garde en 1384. Quelques années après la tour Saint-Nicolas, la tour de la Chaîne est édifiée sur l’autre rive. Elle est ainsi nommée en raison du fait qu’elle a pour fonction de tendre la chaîne fixée dans la tour Saint-Nicolas et fermant l’accès au port. Les deux tours deviennent emblématiques du Vieux-Port de La Rochelle, dont elles constituent la majestueuse porte d’entrée. En 1422, la charpente d’une maison où se tient une réunion s’écroule, tuant et blessant de nombreuses personnes. Le Dauphin Charles, futur Charles VII, qui y participait, s’en sort miraculeusement indemne. En octobre 1429, Jeanne d’Arc confond la supercherie de sa plus célèbre émule, Katherine de La Rochelle, qui prétendait qu’une inspiration sacrée l’avait invitée, non pas à aller à la guerre, mais à exhorter le peuple à apporter son argent au roi pour délivrer le pays. En 1542, suite à l’extension de la gabelle à l’Aunis, province où cet impôt sur le sel n’existait pas, la ville se révolte brièvement. Mais la révolte des pitauds, en 1548, a bien plus d’ampleur : partie de la région d’Angoulême, elle s’étend jusqu’à Bordeaux et Poitiers et aboutit, après répression, à l’abolition de la gabelle en Saintonge et dans l’Angoumois. Dans les années 1530 et suivantes, la population de La Rochelle se convertit au protestantisme, pour être entièrement huguenote au début des guerres de religion. Dans le cadre de la politique générale de centralisation du gouvernement menée par François Ier. Charles Chabot, seigneur de Jarnac et gouverneur de La Rochelle sous l’autorité de Henri d’Albret, œuvre à anéantir les privilèges de La Rochelle. En 1530, il supprime notamment le corps de ville et la mairie élective, héritage de 1199, et réduit le nombre d’échevins, au prétexte que la ville se servait des recettes de l’octroi pour renforcer ses fortifications. Le 1er avril 1536, Charles Chabot s’attribue un mandat de maire perpétuel de La Rochelle, ce qui lui attire la haine de la population. Des émeutes éclatent, que Charles Chabot tente de mater en faisant procéder à des exécutions publiques. Le 12 avril 1541, un édit royal étend l’impôt de la gabelle à La Rochelle et au pays d’Aunis, qui en étaient jusque là exemptés par leurs privilèges. Les habitants protestent, et de nouveaux troubles et émeutes éclatent en 1542. Le gouverneur Charles Chabot fait alors venir une garnison de 200 soldats afin de se protéger du peuple, mais ces derniers se livrent à de nombreux abus et ne font qu’exacerber la colère de la population, qui se soulève et les chasse de la ville, obligeant Charles Chabot à s’enfuir et à retourner sur ses terres de Jarnac. Le 30 décembre 1542, c’est François Ier lui-même qui, arrivant de Cognac, se rend à La Rochelle. Le 1er janvier 1543, il rencontre les notables rochelais et pardonne finalement la ville en la maintenant dans ses privilèges. Entre 1562 et 1598, l’Aunis et la Saintonge sont déchirées par huit guerres de religion successives. Les terres sont dévastées, les églises et abbayes détruites, et les pillards foisonnent dans les campagnes. De terribles épidémies éclatent. Le 14 septembre 1565, à l’occasion de son tour de France royal (1564-1566), le roi Charles IX accompagné de sa mère Catherine de Médicis, de sa Cour et précédé par le connétable Anne de Montmorency, fait son entrée dans la ville de La Rochelle, où il reçoit un accueil hostile de la part des habitants. En représailles, il prend des mesures pour brider l’indépendance des rochelais : il réduit le corps de ville à 24 échevins, destitue tous les officiers de la ville et confie les défenses de la ville au gouverneur Charles Chabot, précédemment chassé de la ville. En début d’année 1568, poussé par l’intense propagande menée par les pasteurs, le maire protestant François Pontard, nommé par Charles Chabot, soulève la ville contre les catholiques. Ces derniers fuient hors des murs, mais 13 prêtres sont arrêtés, égorgés et jetés à la mer du haut de la tour de la Lanterne, qui prendra à l’occasion le surnom de « tour des Prêtres ». Les églises Notre-Dame-de-Cougnes, Saint-Sauveur et Saint-Barthélemy sont détruites, leurs pierres servant à renforcer les murailles. Les troubles se répandent dans la région, où les pillages et les massacres se multiplient. Des catholiques de Luçon sont massacrés par des Rochelais, tandis que des catholiques massacrent des calvinistes à Mirambeau, à Saintes et à Saint-Sorlin. L’île de Ré se range aux côtés de La Rochelle, qui se proclame république indépendante et calviniste, en adoptant officiellement les idées réformistes et en rejoignant le parti protestant, ce qui ne manque pas d’inquiéter le pouvoir royal, et qui a d’importants retentissements dans le monde protestant. En effet, avec ses 22000 à 23000 habitants, la ville est parmi les plus grandes du Royaume de France, et elle est également riche du commerce développé avec l’Espagne, l’Angleterre et les pays d’Europe du Nord, ce qui en fait une cité d’une importance exceptionnelle pour l’époque. Charles IX charge alors Blaise de Montluc et Charles Chabot de Jarnac de reprendre le port de l’Atlantique. Blaise de Montluc arme une flotte de 500 arquebusiers d’élite dans le port de Brouage, et l’envoie prendre l’île de Ré, où après de terribles combats, les protestants sont massacrés. Il envoie ensuite ses troupes à Saint-Jean-d’Angély faire la jonction avec celles de Chabot de Jarnac et du comte de Lude, gouverneur du Poitou. Leurs troupes s’apprêtent à marcher sur La Rochelle lorsque la paix de Longjumeau est signée entre Charles IX et le prince de Condé le 23 mars 1568, et publiée à La Rochelle le 27 mars 1568. Dès son retour dans la ville, le gouverneur Chabot de Jarnac fait bannir François Pontard, mais furieux que le roi ait rendu de nouveau la mairie élective, il quitte La Rochelle. En novembre 1568, Jeanne d’Albret prend la tête du mouvement protestant et emmène son fils, Henri de Navarre, rejoindre les chefs protestants à La Rochelle, qu’elle administre dans tous les domaines, à l’exception des affaires militaires. Elle assure la communication avec les princes étrangers alliés, dont elle tente de conserver le soutien, surtout après la mort de prince de Condé, assassiné le 13 mars 1569. Elle refuse de se rendre après la défaite de Moncontour, et se montre intraitable lors des négociations de Saint-Germain-en-Laye, mais s’incline devant la volonté de négocier de ses coreligionnaires. Elle quitte La Rochelle en août 1571, pour revenir sur ses terres. Le 5 août 1570, la paix de Saint-Germain-en-Laye, signée entre le roi Charles IX et l’amiral Gaspard de Coligny, octroie aux Protestants quatre places fortes : La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité-sur-Loire. La Rochelle devient le « Boulevard de la Réforme ». Théodore de Bèze, qui arrive de Genève, vient présider le second synode protestant, lors duquel le texte fondateur de l’Église réformée de France est rédigé. Deux ans plus tard, dans la nuit du dimanche 24 août 1572, a lieu le massacre de la Saint-Barthélemy, qui met un terme à la paix et plonge le royaume de France dans l’horreur du fanatisme religieux, que le roi Charles IX ne parvient pas à endiguer. De nombreux huguenots s’enfuient vers La Rochelle, place forte protestante. Charles IX charge alors François de La Noue, qui a échappé au massacre, d’une délicate mission de conciliation entre les habitants de La Rochelle et le pouvoir royal. Les Rochelais, ulcérés par la tragédie qui vient de se jouer, refusent toute négociation. N’oubliant pas ses convictions huguenotes et sentant que la guerre est proche, François de la Noue démissionne de ses engagements royaux et organise la défense de la ville. En novembre 1572, La Rochelle refuse de recevoir le gouverneur royal Armand de Gontaut-Biron et sa garnison. Le 2 février 1573, le duc d’Anjou, frère du roi et futur Henri III, incite François de La Noue à se rendre dans des conditions favorables, tout en exigeant une reddition sous trois jours. Faisant face au refus de ses coreligionnaires extrémistes, qui pour certains l’accusent de traîtrise, François de la Noue quitte la ville pour attendre l’issue du siège de La Rochelle au camp royal, sans prendre part aux combats. Le roi Charles IX ordonne alors au duc d’Anjou de faire le siège de La Rochelle, ce qu’il entreprend dès le 11 février 1573, à la tête d’une armée de 28000 hommes. Après huit assauts infructueux, des pertes énormes, et ayant été élu roi de Pologne entre temps, il signe la paix de La Rochelle le 24 juin 1573 et abandonne le siège. Le 11 juillet 1573, la paix de Boulogne met fin à la quatrième guerre de religion en remettant en vigueur les clauses d’Amboise. Elle permet aux Protestants d’obtenir la liberté de conscience, mais ils perdent Cognac et La Charité-sur-Loire et n’obtiennent la liberté de culte que dans trois villes : La Rochelle, Montauban et Nîmes. François de La Noue, occupe alors la fonction de général de La Rochelle de 1574 à 1578. En 1590, les Rochelais obtiennent du roi Henri IV l’autorisation d’ériger une nouvelle enceinte, baptisée « enceinte huguenote » ou « enceinte Henri IV », et plus fortifiée que la précédente. Entre 1596 et 1612, six grands bastion royaux sont édifiés, ce sont les bastions des Grands-Lapins, des Petits-Lapins, de Cougnes, des Fonderies ou des Fours-à-chaux, de Maubec ou du Petit-Genève, et de Saint-Nicolas. La porte Maubec est reconstruite en 1611, suivie par la porte de Cougnes en 1613, et la porte Neuve renforcée en 1622. La ville ayant conquit son statut de ville libre devient un centre de ralliement pour les Huguenots, et initie une période de liberté, de prospérité et d’épanouissement qui s’étend jusqu’en 1620. Elle n’échappe cependant pas aux épidémies de peste, qui ravagent le continent européen. Frappée à plusieurs reprises en 1585, en 1602 et en 1604, elle voit sa population être décimée. Les malades sont transportés dans le quartier de Mireuil, lieu consacré aux pestiférés. Le 29 mars 1614, le corps municipal de La Rochelle entérine une charte dont les 29 articles édifient l’administration de la ville. Les Rochelais s’insurgent contre Jean Louis de Nogaret de la Valette, Duc d’Épernon, et représentant du roi. De 1620 à 1628, Louis XIII, qui entend mettre fin aux privilèges politiques dont bénéficient les Protestants depuis les guerres de religion, mène une politique de rétablissement de l’autorité militaire de l’État. En réaction, de 1621 à 1625, les provinces de Saintonge, de Guyenne et de Languedoc se soulèvent, menées par Henri II de Rohan, et de véritables opérations militaires ont lieu autour de La Rochelle, Saint-Jean-d’Angély, Montauban et Montpellier. En mai 1621, La Rochelle proclame son indépendance, et la constitution d’un « État protestant » est établie. Excédé par les Rochelais qui veulent faire de leur ville une république, le roi Louis XIII confie en juin 1621 au duc d’Épernon le soin d’investir la ville. Le 6 octobre 1621, à la tête d’une flotte de 22 navires, Jean Guiton défait, après deux heures de combats, les 40 navires royalistes, commandés par Isaac de Razilly, et venus faire le blocus de la ville. Le 9 octobre 1621, Isaac de Razilly reçoit 5 navires en renfort du gouverneur de Brouage, mais essuie un nouvel échec, et est chassé des eaux rochelaises. Le 6 novembre 1621, Jean Guiton apprend que 18 navires du Roi sont à Brouage pour se faire radouber. Il prend de nouveau la tête de la flotte rochelaise, et défait la flotte ennemie, capturant deux navires royalistes avec leurs équipages, le Saint-François et le Saint-Louis. Les Rochelais sont désormais maîtres de la mer, et ravagent le pays entre la Loire et la Garonne. En octobre 1622, le duc de Guise emmène une flotte largement supérieure en nombre et en armement à l’encontre de la flotte rochelaise. Les combats sont furieux, et durent plusieurs jours. La flotte rochelaise, bien qu’essuyant de lourdes pertes, fait preuve de beaucoup d’audace et de courage, prenant même l’avantage et allant jusqu’à bouter le feu au navire amiral de la flotte ennemie. Mais surpassée par le nombre et l’armement des navires adverses, la flotte rochelaise est gravement endommagée et affaiblie. Elle est défaite et sur le point d’être écrasée lorsque finalement la Paix de Montpellier est signée avec les Protestants, le 18 octobre 1622, alors même que le combat naval se déroule encore. Le traité de paix confirme l’édit de Nantes et entraîne la fin du siège, augmentant le prestige de la ville, qualifiée de « ville imprenable ». Cependant, seules La Rochelle et Montauban restent des places fortes huguenotes. Les activités des Huguenots de La Rochelle auront convaincu Richelieu de doter la France d’une véritable politique navale, et il crée à cet effet la Marine royale en 1624. En 1625, les hostilités reprennent. En janvier, le duc de Rohan lève une armée protestante de 5 500 hommes à Soubise, ce qui agite tout le Poitou, et en février, il prend l’île d’Oléron. Les Anglais se rallient à la cause réformée, mais leur intervention, conduite par George Villiers, duc de Buckingham, est un échec. Le 17 septembre 1625, Jean de Saint-Bonnet de Toiras et Henri II de Montmorency défont la flotte de Benjamin de Rohan, duc de Soubise. Après s’être emparé d’une partie de la flotte de Benjamin de Rohan, duc de Soubise, Jean de Saint-Bonnet de Toiras fait route vers La Rochelle à la tête de 90 vaisseaux et environ 16000 hommes. Suite à sa victoire sur Soubise, Jean de Saint-Bonnet de Toiras est fait comte, et est nommé gouverneur de l’île de Ré, qui est dès lors perdue pour les Protestants. Le 1er décembre 1625, Richelieu lance la construction d’une circonvallation de 12 km autour de La Rochelle, armée de 11 forts et 18 redoutes, dont le Fort-Louis et le Fort de Marillac, placés de part de d’autre de la baie de La Rochelle. Le 5 février 1626, la paix de La Rochelle est signée, et renouvelle la paix de Montpellier. La ville accepte de recevoir un commissaire royal et de rendre aux Catholiques les biens qui leur ont été pris, en échange de quoi le roi s’engage à détruire le Fort-Louis, qui fait peser une menace permanente sur la ville et ses accès maritimes et terrestres. Cependant, le cardinal de Richelieu refuse d’honorer cet engagement, et entend bien soumettre la ville et retirer au parti huguenot ses privilèges, qui lui apparaissent comme une négation du pouvoir royal. En 1627, Henri de Rohan est vaincu à Privas. Pendant ce temps la pression sur La Rochelle, où Richelieu est décidé à en finir, s’accroît de mois en mois. En tant que haut lieu du protestantisme, la ville est soutenue par l’Angleterre, qui y voit également un moyen de freiner le développement de la marine française. Appelé à la rescousse par les Rochelais, l’amiral George Villiers de Buckingham appareille de Portsmouth le 27 juin 1627, à la tête d’une flotte qui compte près de 110 vaisseaux et 16000 hommes, avec l’intention de faire respecter par le roi de France ses engagements. Apprenant la chose, Richelieu se saisit du prétexte pour déployer 20000 hommes autour de la ville et faire fortifier les îles de Ré et Oléron. Jean de Saint-Bonnet de Toiras dispose alors de deux forts pour défendre l’île de Ré, celui de Saint-Martin-de-Ré et celui de La Flotte, ainsi que 2000 fantassins et 200 cavaliers aguerris. La ville étant menacée par les troupes royales, les Rochelais hésitent à franchir le pas de la révolte, et le maire de La Rochelle, Jean Guiton, se voit contraint de refuser l’accès du port au duc de Buckingham, qui se tourne alors vers l’île de Ré et débarque avec 100 cavaliers et 5000 fantassins le 22 juillet 1627 à Saint-Blanceau. L’armée française est surpassée en nombre et contrainte à se retirer dans la citadelle de Saint-Martin-de-Ré. Le duc de Buckingham commence alors un siège qui va durer un peu plus de trois mois, et au cours duquel il se montre d’une cruauté implacable à l’égard des habitants de l’île. Le 10 septembre 1627, les Rochelais découvrent que les troupes royales sont en train de creuser des tranchées jusqu’aux fortifications de la ville et les accueillent à coups de canons. Les artilleurs du Fort-Louis répliquent, marquant le début du Grand Siège de La Rochelle. Le cardinal de Richelieu organise le blocus de la ville, faisant couper toutes les voies de communication terrestres. Début octobre, Jean de Saint-Bonnet de Toiras, découragé par le manque de vivres et l’impossibilité d’être secouru, entame des transactions avec le ducde Buckingham concernant les conditions de sa capitulation. C’est alors qu’une flottille de la Royale, en provenance des Sables-d’Olonne, arrive devant la rade de Saint-Martin-de-Ré. Elle est envoyée par Richelieu qui redoute que les Anglais conquièrent l’île de Ré, ce qui leur permettrait de soutenir La Rochelle. Bien que se faisant étriller par la flotte anglaise, les courageux marins parviennent à briser le blocus anglais à deux reprises, et une trentaine de chaloupes chargées de plus de 800 soldats, de vivres, de munitions et de vêtements, arrivent à accoster auprès de la citadelle, ravitaillant les assiégés pour plus d’une centaine de jours. Le 6 novembre 1627, le duc de Buckingham, qui lui aussi a reçu des renforts, tente un ultime assaut contre le fort de Saint-Martin-de-Ré, mais ne parvient toujours pas à le prendre. Entre-temps, 8000 hommes des troupes françaises menées par le maréchal Henri de Schomberg parviennent à débarquer à Sainte-Marie-de-Ré, et à déloger les Anglais. Jean de Saint-Bonnet de Toiras se joint alors à Henri de Schomberg, et les troupes françaises poursuivent les Anglais jusqu’à Loix, où l’armée du duc de Buckingham va subir de lourdes pertes. Le 7 novembre 1627, le duc de Buckingham est chassé de l’île après avoir perdu 4000 hommes sur son armée de 7000. Le 17 novembre 1627, la flotte anglaise est défaite en mer, et le duc de Buckingham rentre sans gloire en Angleterre. Le roi nomme le cardinal de Richelieu lieutenant général des armées, et lui octroie les pleins pouvoirs pour mener à son terme le siège de La Rochelle. Le 28 novembre 1627, Clément Métezeau, architecte du roi, et Jean Thiriot, entrepreneur parisien de maçonnerie, propose au cardinal de Richelieu de fermer le chenal du port de La Rochelle, qui fait environ 1600 mètres, par une digue de 1400 mètres, ouverte en son milieu. Ce dernier donne son accord pour le projet, et 4000 ouvriers grassement rémunérés, dont beaucoup de soldats, se mettent immédiatement à l’œuvre, protégés par les canons du Fort-Louis et du Fort de Marillac. S’appuyant sur des navires coulés et préalablement maçonnés, la Digue de Richelieu fait 1 500 mètres de longueur. Large de 16 mètres à la base (8 toises) et de 8 mètres à son sommet (4 toises), elle est haute de 20 mètres, et armée de canons pointés vers le large, afin d’empêcher le ravitaillement par mer. L’ouvrage s’avère particulièrement efficace, et contraint à plusieurs reprises, sous l’échange de tirs nourris, les navires anglais venus en renfort à rebrousser chemin. Les vivres s’épuisent, et les rochelais sont contraints de manger d’abord les chevaux, chiens et chats, puis les rats et les racines, mais leur résistance ne faiblit pas aussi rapidement que l’espérait Richelieu. Les assiégés tentent de faire sortir des messages chiffrés, mais ils sont interceptés, et Richelieu les fait déchiffrer par Antoine Rossignol, apprenant ainsi que les Huguenots sont affamés et qu’une flotte anglaise est sur le point d’arriver. Le 28 septembre 1628, une nouvelle flotte anglaise d’une centaine de vaisseaux, commandée par le Comte de Lindsey, le duc de Buckingham ayant été assassiné, arrive dans le pertuis rochelais et y trouve la flotte française, prête au combat. Entre le 1er octobre 1628 et le 5 octobre 1628, elle engage la flotte royale française à plusieurs reprises, mais finalement, le comte de Lindsey engage des pourparlers avec Richelieu et négocie un sauf-conduit pour Lord Montaigu. Les Rochelais meurent de faim, sur les 28000 habitants que comptait la ville avant le siège, il ne reste plus que 5500 survivants, dont seulement 62 soldats anglais et 74 soldats rochelais. Le 28 octobre 1628, la ville affamée capitule de manière inconditionnelle. Le 30 octobre 1628, Richelieu entre dans La Rochelle, et fait enterrer les morts. Il est rejoint par Louis XIII le 1er novembre 1628, qui en voyant l’état lamentable des Rochelais lâche quelques larmes et fait distribuer 10000 pains à la population. Le 4 novembre 1628, la flotte anglaise lève enfin les voiles et apporte la nouvelle en Angleterre. L’année suivante, l’Angleterre riposte en s’emparant de la ville de Québec. Ironie du sort, le 7 novembre 1628, une forte tempête ravage la côte et détruit la digue de Richelieu en plusieurs endroits. Si la tempête était survenue seulement dix jours plus tôt, la ville aurait pu être ravitaillée et le cours de l’histoire aurait pu en être changé. Le 28 juin 1629, suite à la capitulation de la ville protestante d’Alès, les réformés se voient imposer la « paix d’Alès », édit de grâce par les termes duquel le Roi leur retire leurs droits politiques, militaires et territoriaux, ainsi que toutes leurs anciennes places de sûreté, mais leur conserve la liberté de culte, garantie par l’Édit de Nantes, sauf à Paris. La mairie de La Rochelle est supprimée, la ville perd ses privilèges, et le Roi ordonne la destruction de toutes les fortifications, à l’exception des tours et remparts du front de mer, afin de protéger la ville d’éventuelles invasions maritimes. La Rochelle se relève très vite de sa situation précaire, notamment grâce au commerce maritime. C’est vers le début des années 1630 que la ville inaugure des relations régulières avec la Nouvelle-France (Canada) et les Antilles, qui vont dynamiser ses échanges durant tout le XVII.me siècle et une partie du XVIII.me siècle, et en faire l’un des ports les plus actifs de France. Le 4 mai 1648, dans le cadre de la politique de reconquête catholique menée par le Cardinal Mazarin, successeur de Richelieu, et à la demande de la régente Anne d’Autriche, dans le but de lutter contre l’influence du protestantisme, le pape Innocent X crée l’évêché de La Rochelle, et y transfère le siège épiscopal de Maillezais. Au milieu du XVII.me siècle, Louis de Foucault de Saint-Germain Beaupré, comte du Daugnon, gouverneur royal de l’Aunis et des îles et véritable tyran, décide de faire de la tour Saint-Nicolas son réduit de sûreté à La Rochelle. Pour cela, il fait édifier un ouvrage à corne triangulaire entouré d’un profond fossé, afin de se protéger de la ville. En 1649, il se range du côté des frondeurs et fait fortifier les tours, notamment en faisant araser le parapet de la tour Saint-Nicolas pour l’équiper d’une douzaine de pièces de fonte, ainsi que pour d’autres points élevés de la ville. En 1651 cependant, à l’arrivée des troupes du roi Louis XIV menées par Henri de Lorraine, comte d’Harcourt, il s’enfuit rejoindre le prince de Condé à Bordeaux, en laissant son lieutenant, de Besse, à la tête de quelques soldats réfugiés dans les tours. Pour les déloger, le marquis d’Estissac, fait miner les tours et ouvre le feu au canon. Les insurgés, plutôt que de tomber aux mains de l’ennemi, mettent le feu aux réserves de poudres entreposées dans la tour de la chaine. L’édifice s’effondre, le 19 novembre 1651, sous une formidable explosion, les assiégés, sain et sauf, s’étant réfugiés dans la tour Saint-Nicolas. Le dernier étage de la tour fut bombardé et détruit, et les soldats se rendent. Le lieutenant de Besse est trahi par ses propres soldats qui le précipitent du haut du parapet de la tour Saint-Nicolas le 29 novembre 1651. Bien que cela soit demandé par la ville, le roi refuse de faire démolir la tour et l’incorpore au domaine militaire. Charles Colbert du Terron, cousin germain (et non pas neveu comme on le lit souvent) de Jean-Baptiste Colbert, devient intendant général des armées navales du Ponant en 1666. En 1667, l’intendant fonde l’hôpital général dit hôpital Saint-Louis de La Rochelle. Il engage le jeune basque Bernard Renau d’Eliçagaray pour travailler sur les constructions navales. La population augmente avec la taille du port, sous l’action de Colbert. En vingt ans, la flotte royale passe de 36 à 276 bâtiments, un port comme Brest devenant capable de fabriquer une frégate en 22 heures contre 30 heures à Rochefort. À La Rochelle, le nombre de navires passe de 32 à 92 entre 1664 et 1682, dont 53 construits en France. Le commerce profite de l’essor des compagnies coloniales françaises. Bernard Renau d’Eliçagaray imagine un mode nouveau de construction maritime et invente des galiotes à bombes avec lesquelles il bombarde Alger en 1682. En 1696, il est envoyé au Canada pour y organiser des chantiers de construction navale et pourvoir à la sureté des colonies françaises, puis en Espagne pour inspecter et réparer les places fortes. La persécution grandissante des Huguenots culmine avec la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV en 1685, entraînant l’émigration de nombreux Huguenots, dont beaucoup d’artisans ou de membres de la bourgeoisie, qui s’exilent et fondent des villes telles que New Rochelle en 1689. C’est un coup dur pour l’économie française. Au XVII.me siècle et au XVIII.me siècle, le Vieux-Port de La Rochelle draine alors plus de la moitié du trafic colonial vers la Nouvelle-France. C’est une période prospère, marquée par d’intenses échanges avec le Nouveau Monde en général, et la Nouvelle-France (Canada et Antilles) en particulier. En 1694, le commerce de fourrures du Canada et de sucre des Antilles s’épanouit, et le rayonnement artistique de La Rochelle s’intensifie. La mort du Roi Soleil, en 1715, voit l’accession au trône du futur roi Louis XV. Étant trop jeune pour gouverner, un régent est nommé en la personne de Philippe, duc d’Orléans. C’est la Régence, période au cours de laquelle le duc d’Orléans procède à bon nombre de changements politiques : modification des alliances, mise en œuvre des théories économiques de John Law, augmentation des libertés et légitimation du Parlement, réformes religieuses (Jansénisme). C’est dans ce cadre que le 5 février 1718, la mairie de La Rochelle est rendue de nouveau élective et composée d’un maire, tandis qu’est ouverte en 1719 la Chambre de commerce et d’industrie de La Rochelle. C’est la grande époque du commerce triangulaire, en particulier de la traite des noirs. Des navires partent d’Europe, chargés de pacotilles destinées au troc, et se rendent dans les comptoirs côtiers d’Afrique, où ils échangent leur marchandise contre des captifs. Les prisonniers sont ensuite transportés dans des négriers vers les colonies d’Amérique, où ils travaillent comme esclaves à l’exploitation des ressources du continent. Les négriers retournent ensuite en Europe avec à bord les produits de cette exploitation. La Rochelle est alors le deuxième port négrier de France, en assurant 11,4 % du trafic négrier français, à égalité avec Bordeaux, mais loin derrière Nantes qui en aura assuré 41,3 %. En 1763, le traité de Paris attribue définitivement le Canada à la Grande-Bretagne, victorieuse de la guerre de Sept Ans. Les échanges avec la Nouvelle-France diminuent conséquemment, mais le port reste l’un des plus importants de France. À cette époque, les navires marchands, avec leurs grandes vergues, ne rentrent pas dans le port, dont l’entrée est plus étroite que de nos jours, puisqu’entre les tours Saint-Nicolas et de la Chaîne existe une troisième tour, la petite tour de la Chaîne. Les navires restent donc échoués à l’extérieur, dans la baie, sur ce que l’on nomme « les vases », des barges procédant au transfert des marchandises entre les quais du port et ces navires. Le tonnage des navires augmentant, l’entrée du port est élargie par la démolition de la petite tour de la Chaîne, et un bassin à flot intérieur, pour éviter l’échouage, est construit de 1778 à 1808. Avant même son achèvement, il se révèle trop petit, et un deuxième bassin, extérieur cette fois, est entrepris en 1807 et sera achevé en 1862 par Alfred Charles Ernest Franquet de Franqueville. En 1787, Louis XVI institue l’Édit de tolérance, qui met fin aux persécutions des huguenots, mais ce n’est qu’avec la Révolution française de 1789 pour que le protestantisme retrouve totalement droit de cité. Le premier arbre de la liberté est planté le 10 juin 1792. Début 1793 la République annonce la reprise de la guerre de la course, c’est-à-dire le recours aux corsaires. De 1796 à 1802, le port de La Rochelle arme une douzaine de corsaires qui vont écumer les mers durant tout le Premier Empire. Les guerres napoléoniennes, qui voient le Royaume-Uni s’assurer la maîtrise des mers et l’empereur Napoléon Bonaparte imposer le blocus continental, entraînent une réduction très importante du commerce maritime, et la ruine de La Rochelle, qui ne reviendra sur le devant de la scène qu’au cours du XX.me siècle, à la faveur du développement de l’industrie et du tourisme. Le 6 août 1808, l’empereur visite la ville qui fait tirer des coups de canon en son honneur. Le 19 mai 1810, il signe un décret transférant la préfecture de Saintes à La Rochelle à compter du 1er juillet 1810. Le 19 mars 1822, pendant la Restauration, quatre jeunes soldats du 45e régiment de ligne de La Rochelle, les sergents Bories, Goudin, Pomier et Raoulx sont arrêtés. Ils sont accusés d’appartenir à une organisation politique secrète complotant contre la monarchie restaurée, la Charbonnerie, et d’avoir voulu renverser le roi Louis XVIII. Refusant de rompre leur serment de silence en dénonçant leurs chefs, au rang desquels figure le célèbre marquis de La Fayette, ils sont sommairement jugés et condamnés à mort le 5 septembre 1822. Guillotinés en place de Grève à Paris le 21 septembre 1822, leur exécution provoque l’émoi de l’opinion publique qui, choquée par la sévérité des juges, les considère comme des « martyrs de la liberté ». Pour rendre hommage aux « Quatre sergents de La Rochelle », la tour de la Lanterne, dans laquelle ils ont été Enfermés durant leur emprisonnement, prend alors le surnom de « tour des Quatre Sergents ». Sur décision impériale de Napoléon 1er, en 1805, est creusé le canal de Marans à La Rochelle. Il est ouvert à la navigation en 1875 et communique avec la Rochelle en 1888. Le chemin de fer arrive à La Rochelle le 6 septembre 1857 grâce à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, qui vient de terminer la construction d’une ligne venant de Poitiers, et inaugure une gare en impasse dénommée « La Rochelle-PO » (pour Paris – Orléans), située sur le côté nord de l’actuel bassin des chalutiers (emplacement actuel de l’hôtel Océanides). Le 14 février 1864, le bassin à flot du port de La Rochelle sert de lieu d’expérimentation pour les tests de plongée du premier sous-marin motorisé au monde, le Plongeur, sous les ordres du Lieutenant de vaisseau Marie-Joseph-Camille Doré, natif de La Rochelle. Entre 1862 et 1871, la Compagnie des Charentes procède à la construction d’une ligne le long du littoral atlantique, et inaugure le 17 juin 1872 une nouvelle gare, située au sud de la première, desservie par la ligne La Roche-sur-Yon- La Rochelle. Le 29 décembre 1873 la ligne directe La Rochelle – Rochefort est inaugurée. Puis la ville est reliée à Coutras et finalement à Limoges par Angoulême le 12 août 1875. Le 15 juin 1867, le paquebot Jean Guiton inaugure la desserte de l’île de Ré au départ de La Rochelle, et la naissance de la compagnie maritime Delmas, qui naît à cette occasion. En 1870, il apparaît nécessaire de construire un nouveau port. Celui-ci est édifié par l’ingénieur Bouquet de la Grye, à un emplacement désigné en 1868 par l’amiral Henri Rieunier, alors ministre de la marine et député de Rochefort, à 5 km à l’ouest de la ville, dénommé la Mare-à-la-Besse, sur le secteur de La Pallice. Commencé en 1881, il est inauguré en 1890 par Sadi Carnot, alors président de la République française, et mis en service en 1891. Le rachat de la Compagnie des Charentes, lors de sa faillite, par l’État le 12 janvier 1878 inaugure un nouvel embarcadère, « La Rochelle Ville », à l’emplacement de la gare actuelle, et permet de développer l’axe Nantes – Bordeaux. En 1891, la gare de La Rochelle Ville est reliée au port de La Pallice, permettant ainsi l’acheminement de marchandises et de voyageurs, notamment en correspondance avec les liaisons maritimes vers le Royaume-Uni et l’Amérique du Sud. En 1896, des trains directs spéciaux, reliant Paris à La Rochelle et au port de La Pallice, sont mis en place lors des escales de paquebots. En 1899, un service de correspondance avec l’île de Ré, par navettes depuis La Rochelle, est mis en place, qui se voit doté dès 1901 d’un embarcadère dédié à La Pallice. La première moitié du XX.me siècle voit le trafic ferroviaire s’accroître de manière importante, notamment en raison du tourisme balnéaire et du fait que La Rochelle est à la croisée des lignes reliant Bordeaux, Nantes et Poitiers. Aussi, le 24 mars 1906, la construction d’un nouveau bâtiment voyageur est déclarée d’utilité publique. Dès 1909, une nouvelle gare est donc construite à la place de l’embarcadère. Le bâtiment, dessiné par l’architecte Pierre Esquié, est monumental et dominé par un campanile de 45 m de haut, plus haut que les tours de l’entrée du port. Sa construction, interrompue par la Première Guerre mondiale, ne reprend qu’en 1919. Finalement, la nouvelle gare est inaugurée le 19 novembre 1922 par le Ministre des Transports de l’époque. Les 16 avril 1911 et 17 avril 1911, lors du premier véritable meeting aérien à La Rochelle, l’aviateur Eugène Renaux réalise pendant 21 minutes des évolutions au-dessus des tours du Vieux-Port à bord d’un avion Farman. Par la suite, des pionnier de l’aviation tels que les frères Farman et Roland Garros viennent également s’y produire. À cette époque, les avions arrivent en pièces détachées par train, et sont ensuite assemblés sur place avant les représentations. La ville, qui restera épargnée par les combats, sert de base arrière aux alliés pendant la Première Guerre mondiale. Le port de commerce de La Pallice devient ainsi une base de stockage de matériels, de carburant et de nourriture, tandis que le génie américain améliore l’assainissement et la distribution d’eau. La rade accueille une escadrille d’hydravions de lutte anti-sous-marine, et des cinquantaines de navires, qui vont décharger plus de 800000 tonnes de matériel et 175000 chevaux tout au long du conflit. En raison des sous-marins prussiens qui rôdent, les bateaux de pêche sont équipés de canons, mais cela n’empêche pas les armateurs rochelais de payer un lourd tribut : deux bateaux neufs de l’armement D’Orbigny et deux tiers des navires de l’armement Delmas sont torpillés. Le 1er mai 1916, une importante usine de mélinite de La Pallice, qui assurait 15 % de la production française, explose et provoque d’importants dégâts alentours, tuant 176 personnes et blessant 138 autres. La mélinite, autre nom de l’acide picrique, est abondamment utilisée comme explosif dans les obus de l’époque. En 1917, le génie américain installe une usine ferroviaire de construction de wagons destinés à l’approvisionnement des troupes. Après guerre, l’usine ferroviaire continuera de produire des voitures voyageurs, des autorails, des locomotives et des voitures de métro, avant d’être finalement rachetée et intégrée au groupe Alsthom pour produire aujourd’hui des éléments de TGV de métros nouvelle génération et des tramways. Après la Première Guerre mondiale, et durant tout l’Entre-deux-guerres, la ville va connaître de nombreux bouleversements. Le développement du trafic automobile oblige à repenser les infrastructures de liaison avec l’île de Ré. À la fin des années 1920, une liaison sanitaire aérienne est établie à partir de La Rochelle. En 1930, le Conseil général adopte un projet de bac transbordeur et le port de La Pallice se voit octroyer un môle d’escale en mer, à l’endroit le plus profond du passage entre le continent et l’île de Ré, dont la construction s’achève en 1939. Dès le 28 janvier 1932, la Chambre de commerce et d’industrie envisage sérieusement la création d’un aéroport à La Rochelle, en complément au môle d’escale, en liaison avec les paquebots transatlantiques. En 1933, des anciens pilotes de la première guerre comme Pierre Vieljeux (fils de Léonce Vieljeux), Victor Lucas et Plantard, soutenus par la Ville et la Chambre de commerce, décident de créer un aéro-club et tentent de convaincre les autorités militaires de l’intérêt de l’aviation. Ces dernières vont mettre à leur disposition le terrain de Lagord en dehors des périodes de manœuvres. Le terrain est aménagé pour offrir deux pistes en croix de 650 mètres, et un hangar de 400 m² y est construit en 1934. L’aéroclub ouvre alors une école de pilotage (Georges Simenon en sera le 31e élève) et organise de nombreux meetings aériens qui rencontrent tellement de succès que cela précipite la décision de construire un aéroport, envisagée depuis janvier 1932. Le 18 juillet 1938, après de longues études de faisabilité et le choix d’un emplacement entre La Repentie et Laleu, une décision ministérielle autorise la création de l’aérodrome, auquel l’État participe à moitié, la moitié restante étant répartie à parts égales entre la Chambre de commerce et la Ville. La même année, la société des avions Henriot signe une convention d’exploitation de l’aérodrome, ainsi que la création d’une école de pilotes et de mécaniciens ayant pour mission d’instruire les élèves au brevet de pilote militaire. En août 1939, à peine quelques semaines avant le début de la Seconde Guerre mondiale, l’aéroport est terminé et sert alors de lieu de formation pour les pilotes. En 1939 s’implante, près du port de La Pallice, la S.C.A.N. (Société de construction aéronavale). Elle fabriquera des hydravions (S.C.A.N. 20 et S.C.A.N. 30) jusqu’à la mort accidentelle du directeur Léon Douzille en 1948. La France coupée en quatre : zone libre, zone occupée, départements annexés et du Nord de la France directement sous administration militaire allemande. Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, des bombardiers de la Luftwaffe larguent des mines magnétiques à l’entrée des ports français, notamment du port de La Pallice. Le paquebot Champlain est le premier de la longue liste des navires victimes de ces dernières. En mai 1940, de nombreux réfugiés de l’exode, venant principalement d’Alsace, de Lorraine et de Belgique, affluent sur la ville, dans l’espoir de pouvoir embarquer à bord de navires pour l’étranger. L’écrivain Georges Simenon participe notamment à leur accueil. À l’approche des Allemands et avec la signature dans la clairière de Rethondes de la convention d’armistice franco-allemande le 22 juin 1940, les Rochelais sabotent ou détruisent de nombreuses installations afin qu’elles ne tombent pas aux mains de l’occupant. Les réserves de pétrole et de carburant sont incendiées et le pétrolier Loing est sabordé. Le 23 juin 1940, 20000 soldats de la Wehrmacht, prennent possession de La Rochelle. Le même jour, le maire Léonce Vieljeux refuse d’obéir à un ordre lui intimant de hisser la croix gammée sur l’hôtel de ville et s’oppose systématiquement à l’affichage de la propagande nazie. Parallèlement, il aide des membres du réseau de résistance Alliance, auquel il appartient, à s’évader. Le 22 septembre 1940, il est destitué de ses fonctions de maire et expulsé de la ville en 1941. Revenu à La Rochelle, il est arrêté par la Gestapo au début de l’année 1944. D’abord interné à Lafond, transféré à Poitiers puis à Fresnes, il est emmené à Schirmeck près de Strasbourg, où il est détenu du 1er mai 1944 au 1er septembre 1944. Finalement, dans la nuit du 1er septembre 1944 au 2 septembre 1944, il est déporté au camp de concentration de Struthof, où il est exécuté d’une balle dans la nuque en même temps que 300 hommes et 92 femmes, à l’âge de 80 ans. Dans le contexte du Mur de l’Atlantique, l’armée allemande fait construire dès 1941 de nombreux blockhaus sur tout le littoral, ainsi qu’une immense base sous-marine au port de commerce de La Pallice, destinée à abriter une flottille de sous-marins de la Kriegsmarine. Bien que totalement achevée en 1943, la base est rapidement fonctionnelle et abrite les 109 U-boots type VII de la 3. Unterseebootsflottille dès le 19 novembre 1941, sous les commandements successifs du Kapitänleutnant Herbert Schultze (juillet 1941-mars 1942), du kapitänleutnant Heinz von Reiche (mars 1942-juin 1942) et du Korvettenkapitän Richard Zapp (juin 1942-octobre 1944). Le commandement du port et de la base sous-marine est confié au konteradmiral Waldemar Kober. Le Pertuis charentais est bouclé par un immense champ de mines et l’aéroport est réquisitionné pour les avions détecteurs de mines et les escadrilles de chasse de la Luftwaffe sécurisant la base sous-marine. Tout au long du conflit, la base sous-marine et l’aéroport sont bombardés à plusieurs reprises par les bombardiers américains Boeing B-17 Flying Fortress et Consolidated B-24 Liberator, ainsi que par les bombardiers britanniques Handley Page Halifax et Avro Lancaster, qui y larguent les premières bombes Tallboy (5 tonnes) et Grand Slam (10 tonnes). Afin d’éviter que des torpilles misent en œuvre par des bombardiers-torpilleurs n’atteignent les sous-marins, les alvéoles sont protégées par des filets anti-torpilles et des ballons captifs de la Luftwaffe sont mis en place pour protéger la base contre les attaques aériennes à basse altitude. La charte communale est accordée par Henri II d’Angleterre en 1175. En 1199, La Rochelle élit son premier maire, Guillaume de Montmirail. Ce privilège lui est retiré par Louis XIII le 28 octobre 1628, suite à la révolte et à la capitulation de la ville après le Grand Siège, mené par le cardinal de Richelieu. Ce n’est que le 5 février 1718 que Louis XV rend de nouveau élective la mairie de La Rochelle, et la compose d’un maire, de quatre échevins, de dix conseillers et d’un procureur syndic. Le maire actuel de La Rochelle est le député socialiste Maxime Bono, fonction qu’il occupe depuis 1999 à la suite du décès de son prédécesseur, Michel Crépeau, lors d’une séance parlementaire le 30 mars 1999 à Paris. Elu maire par le conseil municipal le 19 avril suivant, Maxime Bono remporte ensuite les élections de mars 2001 puis est réélu dès le premier tour le 9 mars 2008 avec près de 59% des voix. La Rochelle est composée de quartiers, dont la plupart sont représentés par un « comité de quartier », ce qui en fait un tissu micro-local très vivant. Un comité de quartier est une association d’habitants qui joue un rôle vis-à-vis des institutions publiques, et qui permet un échange d’informations entre les habitants et les services municipaux. Par ce biais, les habitants peuvent participer à l’orientation des projets d’évolution de leur quartier selon leurs aspirations. L’urbanisme de La Rochelle est particulier dans le sens où il a toujours été décidé de conjuguer avec sa riche histoire sans pour autant renoncer à développer la ville. L’un des points les plus remarquables de son urbanisme réside dans ses arcades, âgées de plus de 400 ans, et qui l’ont rendue célèbre. Depuis le 1er juin 2004, dans le cadre du Plan de développement urbain signé par la ville, le plan de circulation provisoire de la ville a été entièrement revu afin de permettre de désengorger le centre-ville en dissuadant les automobilistes de s’y rendre, et les zones 30 et zones piétonnes se sont multipliées un peu partout dans l’agglomération. L’agglomération rochelaise, réputée pour sa « qualité de vie», s’est depuis longtemps engagée dans une politique de protection de l’environnement et de développement raisonné, notamment en signant et en respectant une charte environnementale. La baie de La Rochelle est classée en zone conchylicole et appartient au Réseau Natura 2000. La Rochelle a été une ville pionnière en matière d’écologie urbaine. Elle est ainsi l’initiatrice du premier secteur piétonnier de France en 1970, la première ville à signer un document de « périmètre sauvegardé » pour protéger l’architecture de son centre-ville en 1971, des premiers vélos en libre-service en 1974, de la première Journée sans voiture le 9 septembre 1997, des premières voitures électriques (Citroën Saxo et Peugeot 106) en libre-service en 1999 et des transports en commun qui intègrent les modes de déplacement alternatifs (vélo, bateaux, voitures électriques, etc.). Avec la mise en service d’Elcidis, c’est la première ville française à disposer d’une plate-forme de livraison de marchandises en centre-ville en véhicules utilitaires électriques Depuis 1985, le port de plaisance des Minimes est récompensé de ses actions en faveur de l’environnement par l’attribution du Pavillon Bleu d’Europe. Les bus de l’agglomération roulent au diester, les campings sont équipés de chauffe-eau solaires, et la qualité de l’air est analysée et surveillée en plusieurs points de la ville depuis une trentaine d’années, ce qui a notamment permis de constater une diminution de moitié des niveaux de dioxyde d’azote et de dioxyde de soufre lors de la Journée sans voiture. D’après le recensement de 2006, la population immigrée représentait 3965 personnes en 2006 (soit 5,1 % de la population totale, c’est-à-dire 77196 personnes). Le nombre des étrangers était, quant à lui, de 2603 personnes, soit 3,4 % de la population totale. Sur les 2603 étrangers, 806 (31 %) sont des ressortissants d’un pays de l’Union européenne (principalement du Portugal, et dans une moindre mesure de l’Espagne), 750 (29 %) ont la nationalité d’un pays du Maghreb (principalement du Rif, Maroc et dans une moindre mesure de l’Algérie), 278 (11 %) ont la nationalité d’un autre pays d’Afrique, 178 (7 %) sont ressortissants de Turquie. 1978 personnes sont des Français par acquisition, c’est-à-dire des naturalisés, dont la majeure partie sont des ressortissants issue de la région nord du Maroc, le Rif. La population immigrée se répartit principalement en proche banlieue, dans les quartiers de Villeneuve-les-Salines, Mireuil, et Laleu-La Pallice, ainsi que dans une moindre mesure au centre-ville et dans le quartier des Minimes. Les autres quartiers sont moins prisés, notamment en raison du coût élevé du foncier. La Rochelle est le siège de la Chambre de commerce et d’industrie, qui gère le port de plaisance des Minimes, le port de pêche de Chef de Baie et l’aéroport de La Rochelle-île de Ré. La création d’une unité de production de biocarburants est prévue pour 2008, les axes de développement privilégient désormais l’international, et la ville étudie quelles solutions apporter au prix du foncier, véritable problème pour les travailleurs désirant se loger. Le bassin d’emploi de La Rochelle, qui représentait plus de 66000 emplois en 1999, affiche depuis les années 1990 un dynamisme élevé (+13 % entre 1990 et 1999), avec une croissance de l’emploi comparable à celle de la population active, et supérieure à celles de communes comparables. La croissance de l’emploi n’est cependant pas suffisante pour résorber un chômage structurel important dont l’origine remonte aux crises des chantiers navals et du secteur automobile des années 1980. La ville comptait plus de 10200 étudiants (dont plus de 6000 à l’Université) en 2005-2006. Si le transport routier est le mode de transport dominant dans l’agglomération rochelaise, il est néanmoins soumis à de grandes restructurations, notamment en ce qui concerne les transports urbains et les pistes cyclables. Mais La Rochelle dispose également d’une gare ferroviaire importante et d’un aéroport de dimension régionale ainsi que d’un port de commerce figurant dans la liste des ports autonomes de France. La voirie de La Rochelle est composée de plus de 1250 rues. En 2001, le réseau urbain de la ville représentait 193 km de routes et 89000 véhicules y étaient recensés. Le trafic automobile augmentant d’année en année, et la ville ne pouvant être contournée n’importe où en raison de la mer, le plan de déplacements urbains prévoit une large place à la sécurité routière. La vitesse maximale autorisée sur la ceinture périphérique a été abaissée à 90 km/h et des radars automatiques ont été placés sur la rocade. Dans l’agglomération, les zones 30 ont été étendues, les boulevards ont été sécurisés, et de nombreux rond-points ont été construits pour fluidifier le trafic. Sur le plan économique, 75 % des envois de plus de trois tonnes de la région Poitou-Charentes partent de l’agglomération rochelaise. Une voie spéciale desservant le port de La Pallice a été mise en place pour les poids-lourds, de manière à optimiser les trafics internationaux. En parallèle, la ville a mis en place Elcidis, une plate-forme de livraison de marchandises en centre-ville par des véhicules électriques, ce qui est une première en France. Toutefois, selon la Chambre régionale des comptes, le cumul de plusieurs innovations (plateforme de livraison et recours à des véhicules électriques) a compliqué la mise en ¢ du projet  » Elcidis  » et surtout son évaluation. En 2005, les transports collectifs urbains de La Rochelle ont transporté 11128000 voyageurs. L’action en matière de transports publics de l’agglomération rochelaise repose d’une part sur la RTCR, qui gère l’offre de transport public dite « réseau Yélo » – anciennement Autoplus – (près de 11 millions de voyages par an) et d’autre part sur la Communauté d’agglomération de La Rochelle elle-même au travers d’expérimentations et d’actions pérennes prévues par le plan de déplacement urbain. Il convient en outre de prendre en compte les services interurbains et scolaires gérés directement par le service transports de la CDA (par le recours à des sociétés privées), qui représentent environ 700000 km/an et 780000 voyages. Le nouveau réseau Yélo, mis en place en février 2010, comprend le libre-service vélo et les bus dont les quatre principales lignes structurantes sont les suivantes : 1 La Pallice Magasins Généraux – Aytré Plage, 2 Mireuil Guiardes – Villeneuve Fabre d’Eglantine, 3 Lagord P+R Les Greffières – 3A Les Minimes Plage – 3B Bongraine Normandin, 4 La Rochelle Place de Verdun – Beaulieu Commercial. La ligne 3, dite « Illico », est exploitée partiellement depuis janvier 2010 par un BHNS (Bus à Haut Niveau de Service), bus articulé en site propre construit dans l’usine HeuliezBus des Deux-Sèvres. Depuis la restructuration du réseau au début de l’année 2010, la RTCR gére 17 lignes deservant La Rochelle et la première couronne en semaine, 6 lignes pour les dimanches et jours fériés, et la société Véolia transport gére les 7 lignes qui déservent la seconde couronne. La Rochelle s’est engagée pour le vélo dès 1974, en inaugurant, pour la première fois en France, un service gratuit de mise à disposition du public de vélos en libre-service : les fameux vélos jaunes, qui sont aujourd’hui au nombre de 400. Aujourd’hui, l’agglomération rochelaise dispose de plus de 160 km d’aménagements cyclables (86 km d’aménagements cyclables intra-muros, et plus de 80 km pour les autres communes de l’agglomération), dont des itinéraires sécurisés et fléchés (par exemple l’itinéraire de 38 km entre La Rochelle et Rochefort), et 1448 arceaux (soit 2896 places) sont installés dans le centre-ville. Les transports en commun intègrent également cette dimension et sont adaptés au vélo. Il est ainsi possible de prendre le passeur électrique ou le bus pour l’île de Ré avec son vélo. L’agglomération a également mis en place un service de libre-service vélos, disponibles gratuitement à toute heure de la journée, tous les jours de l’année. Les 60 vélos affectés à ce service sont disponibles dans l’un des six points relais répartis sur l’agglomération. En raison de l’augmentation de trafic du port de la Pallice, un raccordement ferroviaire est mis en place entre ce dernier et la gare de La Rochelle en 1891, permettant ainsi l’acheminement de marchandises et de voyageurs, notamment en correspondance avec les liaisons maritimes vers l’Angleterre et l’Amérique du Sud. Des lignes directes spéciales, reliant Paris à La Rochelle et au port de La Pallice, sont mises en place lors des escales de paquebots, et seront exploitées jusqu’en 1962. Un important réseau ferroviaire se développe alors et permet la desserte de l’ensemble des infrastructures portuaires, et ce jusqu’au môle d’escale érigé en pleine mer. À partir de la fin des années 1980, la concurrence routière va entraîner une diminution des activités portuaires, et donc du trafic ferroviaire. Dépendant entièrement de l’activité du port de La Pallice, avec ses importations d’hydrocarbures et ses exportations de céréales, le trafic fret de la ligne Poitiers – La Rochelle est très modéré, avec une dizaine de trains quotidiens à l’expédition, et autant à la réception, dont notamment : 3 paires de trains de desserte de et vers Saint-Pierre-des-Corps, du lundi au vendredi ; 3 à 4 trains complets de céréales des silos de Poitou, Centre-Loire et Berry par semaine ; 2 trains d’engrais par semaine, en provenance d’Allemagne et à destination des entreprises de conditionnement locales ; 4 trains complets de pâte à papier par semaine, en provenance d’Amérique latine et à destination de Condat-sur-Vézère et de Sibelin ; 1 train de produits pétroliers par semaine, à destination de La Souterraine ; Trafic diffus de grumes de bois en provenance d’Amérique latine, de produits chimiques en provenance de la région Rhône-Alpes et à destination de l’industrie Rhodia, divers chargements liés aux activités d’Alstom, notamment les tronçons de TGV terminés, et de véhicules et matériels militaires dans le cadre des missions de l’Armée française à l’étranger. Le trafic de la ligne Poitiers-Niort-La Rochelle reste essentiellement voyageurs, surtout depuis son électrification en courant 25 kV en 1993, ayant débouché sur l’inauguration d’une relation TGV par mise en place de 5 allers-retours TGV quotidiens entre Paris Montparnasse et La Rochelle. La gare de La Rochelle offre aujourd’hui des liaisons TGV quotidiennes vers Paris (en 2h51 min), Tours et St-Pierre des Corps (en 2h), Poitiers (en 1h20) et Niort (en 40 min) ; ainsi que des liaisons Corail vers Bordeaux, Nantes, et Limoges par Saintes et Angoulême. La Rochelle est un port de voyageurs assurant autant l’escale des grands paquebots maritimes dans la belle saison que le transport saisonnier et régulier de voyageurs. Depuis juin 2010, La Rochelle assure une liaison directe et quotidienne avec l’île d’Oléron, plus précisément avec Boyardville, site portuaire dépendant de la commune de Saint-Georges-d’Oléron. Cette liaison maritime est assurée par un bateau, le Saint-Vincent-de-Paul, pouvant transporter jusqu’à 150 passagers. Les autres liaisons régulières et quotidiennes sont intra-urbaines. Elles sont assurées par la RTCR qui, par le moyen de petits bateaux électriques, assure la liaison maritime quotidienne entre la vieille ville et les Minimes d’une part et entre la vieille ville et l’autre rive débouchant sur la Ville-en-Bois- desserte de la Médiathèque et du quartier universitaire. Des liaisons saisonnières, qui ont lieu habituellement d’avril à octobre de chaque année, permettent de relier La Rochelle avec les îles de Ré, d’Aix et d’Oléron et sont fréquentées par pas moins de 200000 touristes annuellement. Enfin, La Rochelle dispose grâce à son port de La Pallice, d’une escale maritime pour l’accueil des grands paquebots de croisière au nombre d’une vingtain een moyenne annuelle, renouant ainsi avec son ancienne tradition de port d’escale du début du XX.me siècle. Le Grand port maritime de La Rochelle, seul port en eau profonde de la façade Atlantique, et capable d’accueillir des navires de types Post-Panamax, a été désigné, avec Nantes, comme maillon essentiel de l’Autoroute de la mer atlantique, projet de liaison maritime à haute fréquence entre la France et l’Espagne, et destiné à remplacer la circulation de 100000 à 150000 poids lourds par an d’ici 2007, dans un double objectif de développement durable et de viabilité économique. Ville fortifiée sur la mer et sur la terre, La Rochelle comporte de nombreux monuments de défense, dont les plus connus sont les tours médiévales du Vieux-Port, qui en gardent l’entrée et l’ont rendue mondialement célèbre. Parmi celles-ci, la tour Saint-Nicolas, celle de la Chaîne et de la Lanterne demeurent les seuls vestiges de l’enceinte médiévale du XIV.me siècle rasée par Richelieu en 1628 lors du siège de la ville. La tour de la Grosse Horloge fait également partie du patrimoine portuaire historique de la ville. De même en es-il de la tour de la Grosse Horloge qui gardait l’entrée de la cité marchande depuis le vieux-port et constitue un vestige des remparts médiévaux. Mais La Rochelle n’a pas seulement conservé des édifices de l’époque du Moyen Âge, la ville s’est enrichie dans les siècles suivants de remarquables monuments dont le célèbre Hôtel de ville de la Renaissance et d’autres édifices d. e l’époque classique édifiés au XVII.me et au XVIII.me siècles comme entre autres le bâtiment de la Chambre de commerce – ancien hôtel de la Bourse. En raison de la richesse exceptionnelle de son patrimoine historique, architectural et urbain, La Rochelle a demandé le classement du Vieux-Port et des tours sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Ces dernières, gérées par le Centre des Monuments Nationaux, ont accueilli près de 100000 visiteurs en 2007. La ville comprend de nombreux ouvrages d’eau dont les bassins du vieux-port qui ont été édifiés à l’époque napoléonienne puis achevés pendant le Second Empire ou encore le canal de Marans à la Rochelle, également appelé canal de Rompsay. Le parc Charruyer, classé monument historique en 1931, est établi sur les anciennes fortifications de la ville datant de 1685. Ses 40 hectares proviennent d’une donation effectuée en 1887. Long de 2 kilomètres et large de 200 mètres, il est parcouru par deux ruisseaux, le Fétilly et le Lafond, qui se jettent dans l’océan. C’est un parc à l’anglaise, aux allées sinueuses et ombragées par de grands arbres. Le parc Frank Delmas, du nom d’un membre de la famille Delmas fusillé pour acte de résistance pendant la seconde guerre mondiale, est situé au sommet de l’allée du Mail. Anciennement parc d’une propriété privée, la villa Fort-Louis, toujours au centre du parc, c’est un jardin public de sept hectares au riche patrimoine botanique. Réhabilité à la suite de la tempête de 1999, c’est également un lieu d’expérimentation de la résistance des végétaux aux contraintes climatiques. Ces deux parcs sont reliés par les Allées du Mail (appelées aussi l’ Allée du Mail ou le Mail). Les Allées du Mail sont le nom d’une promenade publique de six cents mètres de long et bordées d’arbres, des pins. Elles sont situées en bordure de la mer. Au XVIe siècle, le Mail était un grand pré utilisé pour les fêtes populaires et pour faire paître les animaux de ferme. Puis au siècle suivant, il fut aménagé pour s’exercer au jeu de mail qui consistait, en une de ses façons de le pratiquer, à mettre avec un maillet à long manche flexible une balle en bois sous un arceau de paille et cela en le moins de coups possibles. Ce jeu a finalement donné son nom au lieu en question. C’est au début du XIX.me siècle que l’aspect actuel des Allées du Mail a été donné. Les Allées du Mail sont constituées d’une longue et large pelouse centrale agrémentée de parterres fleuris dont la composition est modifiée chaque année. De chaque côté de cette pelouse, il y a successivement une allée piétonne, puis un rangée d’arbres et de buissons, ensuite une voie destinée à la circulation des véhicules. Tout le long de la rue, du côté droit (en remontant le Mail), ont été construites de belles villas balnéaires et maisons d’habitation à demi dissimulées aux regards des passants par des grilles peintes en noir. Le Mail fait partie des beaux quartiers de La Rochelle. À l’extrémité des Allées de Mail qui communique avec le parc Frank Delmas a été érigé le monument aux morts de la guerre 1914-1918. Réputée pour les piscines d’eau de mer de ses centres de thalassothérapie dès le XVIII.me siècle, la ville devient une station balnéaire en 1900, avec l’ouverture de la plage de la Concurrence. L’important succès rencontré oblige la ville à déclarer d’utilité publique la construction d’une nouvelle gare ferroviaire. La plage de la Concurrence est suivie par celle des Minimes en 1978, puis par celle de Chef de Baie et celle d’Aytré. Le Phare du Bout du Monde, érigé à la pointe de la plage des Minimes à La Rochelle À la pointe des Minimes se trouve le Phare du Bout du Monde, réplique du célèbre phare du bout du monde érigé sur l’île des États au large du cap Horn en 1884, et qui inspira Jules Verne pour son roman Le Phare du bout du monde, édité en 1905, peu après sa mort. Il a été érigé par André Bonner, aventurier rochelais qui a également reconstruit l’original, et a été inauguré le 1er janvier 2000. C’est un phare en bois de forme hexadécagonale et projetant la lumière produite par sept lampes fonctionnant à l’huile de colza. Le faisceau a une portée de 26 km sur un angle de 93°. L’aquarium de La Rochelle, initialement implanté dans le quartier de la « ville en bois », puis transféré sur le Port des Minimes après l’incendie de 1986, il est depuis 2001 situé au cœur de la ville, dans le quartier du Gabut. Il fait partie des plus grands aquariums européens. Quelque 10000 animaux des quatre coins de la planète se partageant les 3000 m³ d’eau de mer répartis sur 65 bassins où sont recréés les milieux naturels d’espèces de tous les océans et des mers du monde. le musée des automates, premier du genre en France, présente une vaste et prestigieuse collection d’automates et de scènes animés provenant de toute l’Europe et de toutes les époques ; le musée des Beaux-Arts de La Rochelle, fondé en 1844 par la Société des amis des arts, le musée des Beaux-Arts fut installé en 1845 au deuxième étage de l’ancien évêché, au centre ville. On y retrouve entre autres des toiles de peintres rochelais, tels que Théodore Chassériau, Eugène Fromentin, et William Bouguereau ; le musée des modèles réduits ; le musée d’Orbigny-Bernon, installé depuis 1921 dans l’hôtel néo-renaissance édifié par Alcide Dessalines d’Orbigny, maire de la ville, et légué à la commune par son épouse. On y trouve une riche collection de porcelaines et faïences, l’apothicairerie de l’hôpital Aufredy, des plats de Bernard Palissy, et des souvenirs du « Grand Siège » ; le musée du flacon à parfum, plus de 1000 flacons dont certains sont signés de grands noms ; le musée du Nouveau Monde, qui présente de nombreuses pièces retraçant l’histoire de la découverte et de la conquête du Nouveau Monde depuis le XVI.me siècle et à partir de La Rochelle ; le musée maritime, musée « à flots » situé dans le bassin des chalutiers du Vieux-Port, est riche d’une flotte patrimoniale de 8 navires dont 6 navires classés. Il ouvre à la visite deux navires : la frégate météorologique « France 1″ et le chalutier pêche arrière « l’Angoumois » ; le musée rochelais d’histoire protestante, qui présente une collection d’objets de l’histoire protestante de la ville et de la région, y compris quelques œuvres de Jean Calvin ; le muséum d’histoire naturelle, qui s’est installé en 1831 dans l’hôtel du gouvernement, que Napoléon lui avait donné dans ce but en 1808. Sa pièce la plus remarquable est une girafe, don du vice-roi d’Égypte à Charles X. La médiathèque Michel-Crépeau, inaugurée en 1998 et baptisée en l’honneur de Michel Crépeau, est l’une des douze bibliothèques municipales à vocation régionale de France. Elle dispose d’un fonds encyclopédique de 150000 ouvrages, 6000 cassettes vidéo, 12000 disques compacts et 1000 estampes et photographies, dont la consultation est libre et gratuite. Trois ans après son ouverture, la fréquentation atteignait 350000 visiteurs par an et en confirmait le succès. L’Espace d’art contemporain• Le Théâtre• Le Centre chorégraphique national : La Rochelle accueille l’un des 19 Centres chorégraphiques nationaux, sous la direction de Régine Chopinot. Les Cinémas d’art et d’essai : la ville de La Rochelle comporte trois cinémas classés Art et Essais, l’Olympia, la Coursive et le Dragon. La Coursive est une scène nationale dédiée au théâtre, à la musique, à la danse et au cinéma. Et l’Olympia, géré par le groupe CGR, dispose de trois salles. Ces deux lieux fréquentés par les cinéphiles permettent l’accès à des films peu distribués, en version originale. Ils constituent un bon complément au complexe Mega CGR. Il est à noter que le cinéma Dragon dispose aussi d’une salle classée Art et Essais, sur six salles, mais propose des films plus orientés grand public. Il est partenaire, comme la Coursive, du festival international du film de La Rochelle. L’Atlantique stade rochelais est un club de rugby à XV français participant au Top 14 pour la saison 2010-2011. Il a vu passer des joueurs tels que Arnaud Elissalde, Dominique Bontemps, Henri Magois, Jean-Baptiste Elissalde, Laurent Bidart, Gérald Merceron et René Le Bourhis, et est doté d’un beau palmarès : quart de finaliste du Championnat de France en 1961, 1962 et 1969, vainqueur du Challenge de l’Espérance en 1994, vainqueur du Challenge Yves du Manoir en 2002 et en 2003 (Coupe de la Ligue). L’Atlantique stade rochelais, fort d’un excellent centre de formation, et de jeunes joueurs de qualités dont certains sont espoirs en équipes nationales vient d’accéder au top 14 au terme de la saison 2009/2010.

Cet article vous plaît ? envoyez-moi un message

Ce contenu a été publié dans cahier de vacances. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire