Montpellier août 2011

Après notre séjour dans le jura, nous passons nos journées entre le farniente, la plage et des visites dans Montpellier. Pour la plage nous avons élu Palavas comme destination, pour la commodité d’y aller en bus depuis la place de l’Europe à Montpellier. Pour plus de faciliter, nous avons opté pour la plage qui se trouve près de la gare routière de Palavas, tout d’abord elle est tout près d’une brasserie où l’on peut se désaltérer, prendre une collation et même un repas. Ensuite nous sommes à 2 pas de la plage, où sévit l’audio plage, je ne reviendrai pas sur ce dispositif dont la fiabilité reste à démontrer, mais le lieu est agréable et nous sommes près du poste de secours dont les surveillants sont sympathiques. En plus cette plage est à 200 mètres du port de Palavas, ce qui nous permet d’aller y flâner où de prendre un bateau de promenade pour prendre une bouffée d’air marin. Nous avons essayé de nous rendre à la Grande Motte, mais à vrai dire, je m’y sens mal, c’est trop vaste et j’ai dû mal pour me repérer dans tout ce dédale de rues, de places et de résidences. Pour moi je compare la Grande Motte au Cap d’Agde, et Palavas au Grau d’Agde qui reste à taille humaine. Nous nous sommes aussi essayés d’aller au stade de la Mosson pour assister au match international amical France-Chili. Bon pour l’ambiance, c’est une expérience à vivre, mais pour suivre le match, c’est tout autre chose, heureusement que j’avais sur moi mon Milestone, alors je me suis mis en relation avec RMC pour pouvoir suivre les débats qui se déroulaient sous mon museau. Ma dernière expérience d’assister à un match, c’était France-Cote-d’Ivoire en 2006 toujours à la Mosson. Bon tous les 5 ans vivre l’ambiance d’un stade c’est bien, mais le suivre en direct, ce n’est pas ma tasse de thé. Je me sens quelque peu exclu de ne pas voir pourquoi le public s’exclame, crie, siffle, applaudit en plus au stade de la Mosson la sono est horrible, alors que ce soit la composition des équipes ou l’annonce des noms des buteurs, elle ne m’est d’aucun soutien. A réfléchir, assister à un match en direct, c’est identique à une sortie en boîte de nuit ou aller écouter un concert, je ressens encore plus mon handicap, je suis frustré de ne pas voir l’expression des visages qui en boîte de nuit est le mode de communication, et, les jeux de scène d’un spectacle ou d’un concert qui sont le plus d’un CD que l’on peut écouter à loisir chez soi. Bien entendu, quelquefois, il faut bien sortir, faire comme les autres, faire plaisir à quelqu’un, mais il faut beaucoup prendre sur soi pour s’imaginer, interpréter, le moindre mouvement de foule ou sur la scène, le moindre bruit, enfin c’est usant et sa me demande beaucoup de concentration. Fin juillet, nous sommes allés sur la place de l’Europre, où était donné le concert de clôture du festival de musique de radio-France, c’était une ambiance populaire et familiale,où le bruit des passants et des enfants qui jouaient se mêlaient à la musique du grand orchestre de radio France, ça change de l’ambiance feutrée du Corum et de l’opéra Comédie. Bon assez pleuré sur mon sort, ci-dessous le compte rendu d’une visite de Montpellier au moyen âge.
Nous sommes le premier août 2011, cet après-midi, nous avons décidé de découvrir Montpellier et le moyen âge. La présentation du Languedoc Roussillon, de l’Hérault et de Montpellier se trouve dans des comptes rendus précédents.
C’est devant l’office du tourisme que débute la visite, il se trouve sur l’esplanade. Il est 17 heures, le soleil est brûlant, nous nous réfugions à l’ombre d’arbres pour nous présenter, ensuite la visite commence. Montpellier compte aujourd’hui 260000 habitants intra muros, quant à l’agglomération de Montpellier, elle atteint 400000 habitants. Au niveau population Montpellier se classe à la huitième place des villes françaises, elle était au 22.me rang en 1960 avec 90000 habitants. Montpellier est en pleine explosion démographique, la ville accueille 1000 résidants de plus chaque mois, la ville s’est étendue sur l’est dans les années 1960. On a créé un quartier, le polygone, il a été construit sur l’ancien polygone de tir des militaires. Nous apercevons la citadelle militaire, elle date du XVII.me siècle, tout l’est de Montpellier était terrain militaire. Ce fut la chance pour Montpellier, qui demande aux militaires d’aller tirer plus loin, la ville hérite donc de l’ancien polygone de tir. On construit tout d’abord le polygone qui est un centre commercial, puis une nouvelle mairie sous le mandat de maire de Delmas. Le centre ville est donc tiré vers l’est, Georges Frêche amplifiera ce transfert mis en œuvre dès son élection de maire en 1977. Il sera aux destinées de la ville en tant que maire jusqu’en 2004, il tirera le centre de Montpellier jusqu’à Port Marianne où sera établie la nouvelle mairie en face du Lez. Entre port Marianne et la vieille ville, on a construit un quartier monumental. Il commence derrière le polygone, il s’appelle Antigone, la première fonction de ce quartier, c’est de faire la liaison, le trait d’union entre la ville historique et la nouvelle ville. Antigone est une succession de places piétonnes, elles sont toutes différentes dans leur fonction, une comprend des HLM, une autre est réservée à des appartements privé, une est investie de bureaux, une dernière accueille des équipements comme la bibliothèque et la piscine olympique. Une autre place moins gigantesque est occupée par une église, une école est insérée dans tout cet ensemble. Toutes les fonctions de la ville sont mélangées, ainsi que toutes les populations. Antigone a été pensé, réalisé et construit par l’architecte catalan Ricardo Bofill. Ricardo Bofill Barcelone 1939 Architecte espagnol Fondé à Barcelone en 1963, son « Taller de arquitectura » donne d’abord, en Espagne, des œuvres d’esprit néo-expressionniste. Dans les années 1980, un néoclassicisme monumental caractérise sa période française, en région parisienne et à Montpellier (ensemble Antigone). Il travaille ensuite dans le monde entier.
C’est en 1977, alors que Georges Frêche accède à la mairie de Montpellier, que le projet du quartier d’Antigone se met en place. Le nouveau maire a à sa disposition une quarantaine d’hectares de friche qui appartenait auparavant à l’armée qu’il veut transformer en ville nouvelle. Ce territoire s’étend donc du centre commercial Le Polygone jusqu’aux rives du Lez. Il fallait construire de nouveaux logements et nottament des logements sociaux (environ 20%) mais il fallait agir autrement qu’avec le quartier de La Paillade et ses grandes tours excentrées car ce nouveau quartier allait s’intégrer au centre historique. La ville va confier cette lourde tâche à l’architecte catalan Ricardo Bofill connu pour son architecture à forte influence classique et antique. Le quartier avait déjà un nom: Antigone, Bofill lui a donné une forme. C’est une longue suite de places entourées de bâtiments aux lignes d’influences romaines. La place du nombre d’or était fermée à l’origine mais il a fallu l’ouvrir pour ne pas enfermer les habitants et les commerces donc, aujourd’hui, ce qui caractérise Antigone c’est sa perspective puisque d’un bout à l’autre le visiteur peut appercevoir les extrêmités de l’ensemble architectural offrant ainsi une sorte de grande esplanade au long de laquelle les badauds peuvent se promener. Par la suite des fontaines furent construites apportant du mouvement et du bruit, des arbres furent plantés, les commerces se sont installés et la vie a suivi son cours. Antigone a été un projet architectural ambitieux qui détone totalement de la vieille ville qui offre très peu d’espace. Ce qui est étonnant: Ce quartier construit dans les années 80 est particulièrement moderne puisqu’il offre de nombreux espaces de vie, mais aussi des commerces, des promenades, de la vue, de la lumière… Ce qui a souvent été repproché aux projets architecturaux de ces années-là. Antigone a été bien pensé de sorte qu’aujourd’hui même s’il a été boudé dans ces débuts c’est un lieu où les Montpelliérains vont facilement flâner, boire un café ou déjeuner aux nombreuses terrasses de restaurants qui entourent les différentes places du quartier. De nombreuses manifestations sont également organisées sur les diverses places notamment l’été ou ce quartier prend toute sa dimension.
Nous sommes tout près de la place de la comédie, elle jouxte le centre historique, les remparts de la ville passaient où sont alignés les maisons sur le boulevard Sarrail après qu’ils furent arasés. Les remparts traversaient la place de la comédie et filaient le long de l’actuel boulevard Victor Hugo, le mur sud de l’opéra comédie repose sur les fondations des remparts du XII.me siècle. Les remparts continuaient jusqu’à la tour de la Babotte, qui était une des 25 tours qui protégeaient les murailles.
Nous prenons la rue des Augustins que nous remontons jusqu’à l’église qui fait face à la maison de retraite, une fontaine nous accueille avec son petit filet d’eau. On entend les orgues qui répètent, c’est une petite église caractéristique de la contre réforme, qui a eu lieu après les guerres de religion. Les guerres de religions ce sont déroulées au XVI.me siècle, entre catholiques et protestants, ils étaient tous chrétiens. Montpellier était dirigée par les protestants, pendant 75 ans, ce fut une place forte protestante. Tous les bâtiments religieux de la ville furent rasés on en a dénombré 60 qui comprenaient des chapelles, des églises, des couvents, des monastères et la cathédrale. Il ne subsistait rien de la religion catholique, Au XVII.me siècle Montpellier va redevenir catholique. Par la force, Louis XIII qui s’inquiétait de la puissance du protestantisme dans certaines villes de son royaume, il fait le siège de Montpellier en 1622. C’est de ce siège que Montpellier redeviendra catholique, la ville n’a plus de bâtiments religieux, on va reconstruire des églises dans les parties basses de la ville, comme celle qui est devant nous. Les églises seront toutes à l’intérieur des remparts, c’est l’époque où Richelieu faisait démanteler les fortifications du Languedoc, de peur que les protestants s’en emparent. Il n’est pas questions de construire les églises sur les hauteurs de Montpellier, qui possède 3 collines. Le risque aurait été que les protestants hissent leurs canons sur les églises, d’où ils auraient pu mettre à mal la citadelle. La cathédrale de Montpellier se trouve d’ailleurs dans un trou, Montpellier est construit sur une montagne, comme l’étaient toutes les villes au moyen âge, Montpellier n’existait pas à l’époque romaine. Toutes les villes du golf du lion ont été construites par les romains, Montpellier en est l’exception. Montpellier va commencer à naître autour de l’an 1000, Montpellier est donc une ville qui n’a que mille ans. Nous remontons dans la ville haute, nous nous rendons sur la place Pétrarque, nous pénétrons dans une demeure médiévale, l’hôtel de Varennes. La particularité de ce lieu, c’est qu’au XIV.me siècle, l’ensemble était composé de plusieurs îlots d’habitations. Nous passons un passage couvert, au-dessus de nous nous avons des voutes croisées d’ogives, comme ça se faisait au XIV.me siècle. Les ogives se croisent, elles sont pointues, elles ne sont plus circulaires comme elles l’étaient au XII.me siècle. Le passage permet d’aller de l’extérieur jusque dans la cour de la demeure médiévale, ce n’est pas n’importe qui, qui habite ces espaces. La cour de la résidence est aujourd’hui occupée par la terrasse du restaurant la Diligence, le restaurant occupe les anciennes écuries de la demeure médiévale. Dans la salle de restaurant on peut voir, au plafond des anneaux qui permettaient de suspendre les marchandises, on les trouve aussi dans la salle Pétrarque qui se trouve dans cet ensemble. Dans le fond de la cour on distingue 2 petites salles, on appelait cet endroit la loge. C’est le lieu de transactions du propriétaire des lieux, cette loge donne sur la cour de la demeure, mais aussi sur la rue. A cette époque, on ne mélangeait pas la vie publique, et la vie privée. Ce lieu a été la demeure de Jacques Nicolas un associé de Jacques cœur au XV.me siècle, Jacques Cœur était drapier à Bourges. Il avait une résidence secondaire à Montpellier, pour l’éloigner quelque peu le roi Charles VII, dont il était l’argentier, ils étaient ennemis, car l’argentier était beaucoup plus riche que le roi. Le roi l’envoya à Montpellier pour relancer l’économie, Jacques Cœur avait une maison à proximité de son associé qui possédait cette demeure. Ce n’est plus une habitation où s’entasse plusieurs familles, mais une véritable demeure cossue, que l’on appelle l’oustal ou le chez soi. La salle de conférence actuelle Pétrarque était les anciens entrepôts, on y stockait les 3 denrées le plus vendues à Montpellier elles étaient le sel, le vin et le drap rouge que l’on obtenait en trempant le tissu dans des bains de cochenilles. Par ailleurs, les pèlerins lors de leur passage achetaient un petit carré de drap rouge pour attester leur passage à Montpellier, qu’ils attachaient à leur pèlerine. Au centre de la cour se situe un puits, l’eau provenait de la nappe phréatique de Montpellier. Nous observons une large ouverture dans la cour, à l’origine elle était pointue, comme les ouvertures gothiques, au XVIII.me siècle la maison est devenue un hôtel particulier. Il appartenait à la famille de Varennes, on a réduit l’ouverture, on lui a donné une forme en anse de panier, et au seul escalier qui desservait les étages. Il était d’une seule volée en pente douce, qui par des galeries permettaient d’accéder à tous les étages. On a donc modifié l’escalier, on l’a conçu à degré, il s’enroule et se déroule comme un ruban. Il est très large, car au XVIII.me siècle tout comme la porte d’entrée, ça témoignait la puissance et la richesse de la famille. La largeur de l’escalier devait aussi permettre à deux dames de se croiser aisément avec leurs robes à crinoline. Au-dessus de la loge, on distingue des fenêtres à meneaux, elles ont été remaniées au XV.me siècle, au moyen-âge on y trouvait la salle à manger, car à cette époque ça ne dérangeait pas de vivre côté rue. Le bruit faisait partie de la vie, par contre au XVIII.me siècle, la famille de Varennes va s’établir plutôt côté salle Pétrarque. Pour s’isoler du bruit, en plus la famille occupe tout le premier étage, les cuisines et les dépendances sont au rez-de-chaussée, et les domestiques vivent sous les combles. Aujourd’hui le premier étage est occupé par le musée du vieux Montpellier, en bas de l’escalier, en bas relief, on peut voir une effigie qui représente Saint-Roch avec son chien. Le puits de Saint-Roch se trouve au 17 de la rue de la Loge, au fond de la boutique de chaussures herbet. Saint-Roch était un fils de consul, il a fait des études de médecine, Avant de partir en pèlerinage en Italie pour soigner les pestiférés. On raconte qu’il s’est lavé les mains avec l’eau de ce puits, l’eau ayant des vertus thérapeutiques, arrivé en Italie il a donc fait des miracles. Jusqu’à ce qu’il soit contaminé, le chien d’un seigneur lui portait chaque jour une miche de pain pour le nourrir et lécher ses plaies. C’est comme cela que Roch aurait guéri, on ne sait pas ce qu’est devenu le chien, Guéri Roch a voulu rejoindre Montpellier. Quand on est pèlerin, on a plus d’identité, il a été pris au cœur d’un combat, il a été pris pour un espion. Il a été arrêté, il a passé le restant de ses jours en prison dans le nord de l’Italie, à la veille de sa mort, il a dit à son prêtre. Je suis Roch, je viens de Montpellier, c’est pour cela qu’il a été canonisé, ses reliques sont restés en Italie tout ce temps. L’église Saint-Roch de Montpellier date du XIX.me siècle, moment où la ville échappe à une épidémie de choléra. On fait appelle au pape par une intervention de l’évêque de Montpellier, afin de récupérer les reliques du saint local, aujourd’hui l’église conserve un tibia et le bâton de pèlerin de Saint-Roch. L’église Saint-Roch est inachevée, elle a été construite en même temps que les grands travaux haussmanniens, manque de finances, il n’y a pas de statues, de vitraux, mais il y a les reliques de Saint-Roch. Le 16 août, une procession accompagne les reliques de Saint-Roch, de la maison où se trouve le puits à l’église Saint-Roch. Les reliques sont également sorties pour la toussaint, mais uniquement sur la place Saint-Roch.
Au XIII.me siècle la ville de Montpellier était la plus importante du sud de la France, elle compte 40000 habitants, Montpellier est une ville qui attire les commerçants. La ville a plusieurs atouts qui provoque cet élan de développement, elle est en sécurité sur une hauteur, elle n’est qu’à 10 kilomètres de la mer Méditerranée. Pour y accéder on emprunte le Lez, un petit fleuve qui passe à Montpellier, qui a contribué à l’essor de la ville, il coule au bout d’Antigone. Les gros bateaux pouvaient remonter le Lez Jusqu’à Lattes qui était un port au moyen âge, de là on rejoignait la mer à Palavas qui n’existait encore pas. On peut donc faire de l’import export avec tous les pays du bassin méditerranéen. A l’origine, Montpellier n’appartient pas au royaume de France, c’est une seigneurie féodale, mais indépendante. Elle sera gouvernée par une famille de la région, les Guilhem, ils vont diriger la ville pendant 2 siècles. Ce seront 8 générations qui vont se succéder, de Guilhem I.er à Guilhem VIII, c’est le dernier puisqu’il a eu des fils, mais ils sont tous décédés au jour de sa succession. C’est donc la fille de Guilhem VIII, Marie de Montpellier qui est unique héritière de la seigneurie de Montpellier. C’est pour cela que beaucoup de monde s’intéresse à elle à cette époque, Marie à peine plus de 20 ans quand elle se marie pour la troisième fois. A 12 ans on la marie avec un vieux de Marseille, dont elle sera veuve à 14 ans. Ensuite, on la marie avec un autre homme, elle lui fait deux filles et pas de garçon, il la répudie. A 20 ans et demi, c’est un roi qui s’intéresse à elle, le roi d’Aragon, qui est également comte de Barcelone, ce qui fait que l’Aragon a accès à la mer. De ce fait, le roi d’Aragon a des vues sur Montpellier, n’oublions pas que c’est la ville la plus importante du sud de la France. Montpellier à cette époque est même plus importante que Barcelone. Marie de Montpellier va donc épouser le roi d’Aragon au début du XIII.me siècle, Montpellier pers son indépendance, elle devient aragonaise. Le royaume d’Aragon est très puissant au XIII.me siècle, il domine toute la Méditerranée, pour Montpellier c’est la belle époque, elle devient très riche. Tout le monde fait fortune, en plus on ne paie pas d’impôt, ça va durer 150 ans. L’Espagne vit la reconquête chrétienne sur l’Espagne musulmane, elle est conduite par Jacques le Conquérant, il conquiert les Baléares, Valence et Murcie, il ne reste plus que Grenade à prendre. Jacques le conquérant est le fils de Marie de Montpellier et de Pierre II d’Aragon, il est né à Montpellier au bout de 4 ans de mariage. Ces guerres de reconquête sont très coûteuses, il y a aussi des conflits civils à régler, mais la prospérité de Montpellier va tout de même durer pendant 150 ans. Au milieu du XIV.me siècle les rois d’Aragon sont complètement épuisés et ruinés, ils mettent en vente la seigneurie de Montpellier, c’est le roi de France qui l’achète. Le Languedoc est déjà français à cette époque, suite à la croisade des albigeois, tous les cathares ont été exterminés condamnés par l’église, ce qui a eu pour conséquence de rattacher le Languedoc à la France. Montpellier était à part, tout d’abord elle était catalane, et, elle n’a pas sympathisé avec les cathares, elle est restée fidèle au pape. Montpellier sera française à partir de 1349, le roi de France au début n’a pas fait une bonne affaire en achetant la seigneurie de Montpellier, car le milieu du XIV.me siècle, c’est l’époque de la peste noire. Elle décime toute la population, puis se sera une famine qui s’installe, en plus c’est le début de la guerre de cent ans. A la belle époque Montpellier avait le monopole des épices, on va en Hollande et en Angleterre acheter des plus beaux draps en laine, à laquelle on lui donnera une plus value en la teignant en rouge. C’est le fameux rouge obtenu avec la cochenille. La ville est construite uniquement en pierre, non pas parce qu’on n’est riche, mais la pierre est partout dans le sous-sol de la région de Montpellier. Elle est de qualité moyenne, elle est facile à extraire, on va compenser sa fragilité en construisant des murs très épais. Le bois était plus précieux, car il fallait le faire venir du massif central, on s’en sert uniquement pour les charpentes. Montpellier possède encore de beaux vestiges du moyen âge, 60% des constructions actuelles du centre historique de Montpellier sont édifiées sur des fondations du moyen âge. Pour stocker les marchandises, elles étaient mises dans des ballots que l’on suspendait aux crochets scellés dans la voûte, afin que la marchandise soit protégée des rats et de l’humidité. C’est au moyen âge que va naître la faculté de Montpellier, aujourd’hui Montpellier compte 70000 étudiants, la faculté de médecine de Montpellier est la plus ancienne d’Europe, qui soit toujours en activité. Elle sera officialisée à la fin du XII.me siècle, à l’époque des Guilhem où Montpellier est essentiellement méditerranéenne. La ville est constituée de juifs, de chrétiens et des musulmans, ces 3 communautés vivent en parfaite harmonie jusqu’aux croisades. Guilhem VIII avait observé que les communautés juives et musulmanes recensaient de grands savants, les juifs sont d’excellents traducteur, les musulmans ont de grandes connaissances. Guilhem va donc rédiger un décret, qui disait, quiconque de n’importe quelles communautés et d’origine qu’il soit et à n’importe quelle religion il appartienne. Il A le droit d’enseigner la médecine à l’intérieur des murs de la ville de Montpellier. Tous les professeurs de médecine juifs des 4 coins de l’Europe accourent à Montpellier pour enseigner, qui en plus d’être une ville de marchands devient une ville universitaire, et, une ville internationale. On a trouvé une description de Montpellier par un voyageur, qui faisait le tour de la Méditerrané, il décrivait les villes traversées. Au XII.me siècle il décrivait Montpellier comme cela : à l’intérieur des murs de Montpellier, on y entend parler toutes les langues méditerranéennes et même l’anglais. Quel bel hommage fait à Montpellier, qui était à l’époque très dynamique et aisément riche. L’acte de naissance de la ville est contenu dans un acte de 985, il est dit que le seigneur de Melgueil aujourd’hui Mauguio, cède en tant que récompense des terres au futur Guilhem premier. Le territoire est composé d’un relief de 3 collines, le premier château sera construit sur le relief du milieu. Les Guilhem étaient d’une intelligence remarquable, ils ont tout fait pour attirer les gens dans leur ville naissante. Il faut dire, qu’on leur avait fait don d’un endroit de rêve pour l’époque, ils l’ont dynamisé en étant visionnaires, Montpellier est donc née dans de bonnes conditions. Le rapport entre saint-Guilhem et les Guilhem n’est pas évident à faire, Saint-Guilhem le fameux Guillaume était cousin de Charlemagne, ce qui nous mène au début du IX.me siècle. Par contre les Guilhem de Montpellier sont apparus à la fin du X.me siècle, nous avons donc 2 siècles de différence, mais rien ne permet de faire une relation entre eux et Saint-Guilhem. Quant à Saint-Roch, il va naître au début du XIV.me siècle à Montpellier, il était le fils de grands commerçants de Montpellier. Une fois reprise aux protestants au XVII.me siècle, le royaume donne des charges importantes et de l’argent aux bourgeois catholiques afin qu’ils assoient leur puissance face aux protestants. Ces bourgeois vont avoir de l’argent plein les poches, les maisons du moyen âge sont trop petites à leur goût, ils achètent donc plusieurs maisons attenantes avec lesquelles on en fait une grande. C’est le cas de l’hôtel Varennes où nous nous trouvons, on a gardé l’architecture, mais on rendra l’intérieur plus fonctionnel et plus spacieux. Chaque hôtel avait sa cour, au milieu de laquelle se trouvait un puits, une chance à Montpellier d’où l’on creuse on trouve l’eau, la ville comptait une centaine de puits au XVIII.me siècle.
En 2 enjambées nous passons de la place Pétrarque à la place Jean Jaurès, elle regorge de terrasses de bar où les consommateurs se désaltèrent sous des parasols multicolores. Des roses arborent le buste de Jean Jaurès, hier c’était l’anniversaire de sa mort, il fut assassiné le 31 juillet 1914, 2 jours avant le déclenchement des hostilités du début de la première guerre mondiale qui débutèrent le 2 août 1914. Cette place existe comme beaucoup à Montpellier, car elle a pris place où était implantée une ancienne église. Cette église a été démolie au cours des guerres de religion, c’était une église très importante pour Montpellier. Il s’agissait de notre dame des tables, c’était l’église la plus importante au moyen âge, c’est ici que ce passait tous les évènements de la vie publique de la ville. Elle possédait une crypte, Montpellier avait la chance de se trouver sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Toutes les reliques étaient exposées dans la crypte, dont celles de notre dame, qui faisaient des miracles à foison. Le vocable des tables provient des tables de change, des changeurs de monnaies s’établissaient autour de l’église où ils faisaient le change des monnaies des pèlerins, des commerçants et des étudiants afin qu’ils puissent consommer à Montpellier. Aujourd’hui les changeurs ont quitté la place, il ne reste plus que les tables des terrasses. Comme l’église de notre dame des tables était importante, après sa destruction par les protestants les catholiques la reconstruise, mais de nouveau les protestants la mette à bas. Au XVII.me siècle, enfin la paix religieuse étant revenue, les catholiques se mettent à l’ouvrage et remettent debout l’église qui leur est si cher. Malheureusement pour la troisième fois, à la révolution française, elle sera saccagée et détruite de nouveau. Les catholiques désabusés ne la reconstruiront pas, le vocable de notre dame des tables se perpétuera, on donnera ce nom à l’ancienne chapelle du lycée des jésuites qui se trouve à côté du musée Fabre. La crypte a été remise à jour, la ville y a installé un petit musée, c’est l’endroit le plus frais de Montpellier, qu’il fait bon de visiter l’été.
Nous poursuivons notre circuit, nous sommes devant les halles Castellane, dans lesquelles, un poissonnier tous les jours à midi, à l’heure de l’apéritif, il se fait une joie de vous ouvrir des huîtres à consommer sur place accompagné d’un vin de Picpoule. Nous déambulons dans la rue Saint-Guilhem, à gauche, nous nous engageons dans la rue des Trésoriers de la Bourse pour aller visiter l’hôtel Bonnier.
Nous y accédons en franchissant une entrée voûtée, l’hôtel est construit autour d’une cour où règne une ambiance de tranquillité. Les murs sont assez hauts pour protéger du soleil, l’humidité remonte du sol, c’est agréable l’été, nous apercevons un magnifique escalier qui montre la richesse du propriétaire des lieux. On dirait l’escalier d’un château, nous sommes chez quelqu’un de très riche, qui occupait le poste de trésorier de la bourse, C’est celui qui récoltait les impôts. En plus d’avoir une cour, les hôtels particuliers de Montpellier possédaient un jardin à la française. Les hôtels de Montpellier ont été réalisés sur le modèle des hôtels particuliers du Marais à Paris, ils sont entre cour et jardin. Nous abordons le jardin, il est très symétrique, cet hôtel possédait 60 domestiques, ça prouve la richesse des bourgeois de Montpellier au XVII.me siècle. Non seulement on se fait construire un hôtel particulier à l’intérieur des murs de la ville, mais en plus on se fait construire un château à l’extérieur de la ville. C’est ce que l’on appelle les folies de Montpellier, c’est une guirlande de 14 folies qui entouraient Montpellier. Les propriétaires de cet hôtel, les Bonnier possédaient une folie au nord de Montpellier à la Mosson. Ils se sont donc fait appeler les Bonnier de la Mosson, de cette folie aujourd’hui, il reste la salle de musique et le buffet d’eau dans le jardin. Ces folies ne sont pas des châteaux de résidence, on y allait juste passer la journée, elles étaient proches de la ville. On y va pour faire des banquets, y écouter des concerts, y danser et ensuite on revient dormir en ville à l’hôtel. C’est très étonnant d’être en plein cœur de ville, et, de voir un espace de verdure plongé dans un calme reposant, c’est un endroit privilégié encore aujourd’hui.
Nous ressortons de l’hôtel Bonnier, nous retrouvons l’ambiance de la rue, nous circulons dans la rue de la Friperie, nous faisons une halte dans la rue du Bras de Fer. Au moyen âge, cette rue regorgeait d’auberges, ici se trouvait le logis du bras de fer. Il n’existe plus, mais le nom est resté. A la fin du XIX.me siècle, un commerçant a illustré le nom de la rue, il a construit un bras de fer apposé sur une façade, il tient une lampe de rue.
Nous rejoignons la rue Saint-Guilhem, nous remontons la rue Sainte-Anne, nous arrivons sur la place Sainte-Anne. Une enseigne représente un serpent, elle matérialisait l’entrée d’une pharmacie au XVIII.me siècle, dont le serpent en est son symbole. Nous sommes devant l’église Sainte-Anne, elle a été réalisée au milieu du XIX.me siècle, elle est très importante pour Montpellier, car elle a été édifiée sur une partie haute de la ville. Elle domine la ville, en plus on lui a fait une flèche très élancée et haute, l’ensemble de l’ouvrage culmine à 68 mètres. Ce clocher est visible de partout de la ville, c’est le seul et unique qui ose pointer son clocher au-dessus de Montpellier. Montpellier ayant perdu tous ses édifices religieux au cours des guerres de religion n’avait plus de clocher qui surplombait la ville, au XVII.me siècle on reconstruit, certes, les églises, mais dans les parties basses de la ville, ce qui fait qu’aucun clocher n’est perceptible de loin. On disait que Montpellier avait le complexe du clocher, il va durer assez longtemps, jusqu’à la construction de Sainte-Anne au milieu du XIX.me siècle, qui a guéri la ville de son complexe. Cette église s’appelle maintenant le carré Sainte-Anne, l’église a été désacralisée, elle est devenue une salle d’expositions municipale. On traverse le carré Sainte-Anne pour admirer l’intérieur du bâtiment, l’architecture intérieure est très fine. Nous prenons la direction de la rue Foch, nous nous rendons à l’arc de triomphe, depuis lequel nous avons une vue panoramique à 360 degrés de Montpellier et de ses alentours. Pour accéder à l’escalier, qui permet de monter sur la terrasse de l’arc de triomphe, on est obligé de marcher l’un derrière l’autre, car la porte qui lui donne accès est située sous l’arc de triomphe où se croisent les voitures, qui circulent sur la rue Foch. Une fois gravi les marches, depuis la terrasse nous découvrons au sud la mer, Maguelone, Palavas et les pyramides de la Grande Motte. Au nord se dresse le pic Saint-Loup et l’Orthus, le début des Cévennes. En fait nous ne sommes pas sur un arc de triomphe, ce n’est qu’une porte de la ville, nous sommes sur le tracé des remparts du XIII.me siècle. Au moyen âge, on avait 2 tours semi circulaires qui protégeaient un pont levis sur le fossé. A la fin du XVII.me siècle, les tours étaient bien en mauvais état, alors au lieu de les retaper, n’étant plus à l’époque des arcs et des flèches, on décide de faire quelque chose de monumentale. Pour remercier Louis XIV, qui nous a confirmé capitale des états du Languedoc, pour la réaliser, on a fait appel à un architecte parisien nommé Charles-Auguste Daviler. Augustin Charles Daviler ou d’Aviler Paris 1653 – Montpellier 1701 Architecte français. Auteur du palais archiépiscopal de Toulouse, il a publié un important Cours d’architecture. Il a donc conçu une porte, comme il existe à Paris, la porte Saint-Martin ou la porte Saint-Denis. On l’a appelée arc de triomphe, le jour où on a démantelé les murailles des anciens remparts, on a laissé la porte toute seule. On lui a arraché sa grille, et, depuis 1830, on l’appelle arc de triomphe. C’est un abus de langage, car son vrai nom, c’est porte du Peyrou. Nous découvrons la colline du Peyrou depuis la terrasse, c’est un mont de pierre, comme le signifie Peyrou, et sur cette étendue, hors des murs de la ville, se dresse la statue équestre de Louis XIV. Le Peyrou se trouve à l’ouest de la ville, nous avons donc le roi au soleil couchant. Louis XIV se trouve donc à la campagne, il avait fait un décret qui stipulait que chaque nouvelle capitale de province dans son royaume, elle doit se faire une place royale avec sa statue équestre au centre. Montpellier est ravie de ce décret de place royale, la ville est composée d’une multitude de petites places suite aux destructions de ses églises, mais aucune ne peut supporter le vocable de place royale. Sinon il faudrait encore détruire plus, tout le monde se met d’accord, on décide de réaliser la place royale au point culminant de la ville. Le Peyrou se trouve à 52 mètres au-dessus du niveau de la mer, Louis XIV domine Montpellier, pour qu’il puisse toujours dominer la ville, on a fait la servitude dit du Peyrou. C’est une loi locale, elle stipule, qu’il est interdit de construire les maisons plus hautes que les balustrades royales situées côté mer et montagne. C’est vrai que depuis la place du Peyrou on ne voit rien qui dépasse le haut de la colline, hormis le sommet d’un ou deux clochers. Cette servitude du peyrou est toujours appliquée, que ce soit pour la construction d’Antigone ou de port Marianne, on l’a respectée. Ricardo Bofill et Jean Nouvelle, les architectes du nouveau Montpellier, ils ont malgré leur réticence, leurs constructions futuristes ont été réalisées avec une loi locale qui date du XVII.me siècle. Jean Nouvelle Fumel 1945 Architecte français. Utilisateur du métal et du verre dans un esprit high-tech, il est le coauteur, notamment, de l’Institut du monde arabe(1983 – 1987), du palais des Congrès de Tours (1991 – 1993), de la Fondation Cartier, à Paris (1994), du Centre de culture et de congrès de Lucerne (2000),dumusée du quai Branly,à Paris (2006). Depuis notre nid d’aigles, derrière Louis XIV, se dresse le château d’eau, qui est le point d’aboutissement de l’aqueduc. Il a été réalisé au XVIII.me siècle, c’est une copie du pont du Gard, c’est pour cela que l’on le confond parfois avec un aqueduc romain. Il est l’œuvre de l’ingénieur Piteaux, il sortait de travaux réalisés pour la restauration du pont du Gard, trop fasciné par l’ouvrage romain, il en a fait une copie pour réaliser l’aqueduc de Montpellier. Il mesure 14 kilomètres, il capte de l’eau de source à Saint-clément la Rivière. Il zigzague tout au long de son parcours, mais le dernier morceau de son trajet est parfaitement aligné. Nous avons une parfaite ligne entre la porte du Peyrou, la statue de louis XIV, le château d’eau et l’aqueduc. A la fin du XIX.me siècle on haussmanise Montpellier, on veut embellir Montpellier, comme Haussmann l’a fait à Paris. A Montpellier on veut faire une percée dans la ville médiévale, elle a quelque peu ratée. Ce projet devait faire la liaison entre les 2 espaces verts que sont le Peyrou et l’esplanade, le projet es presque terminée, la percée est presque à son but, il ne reste plus que quelques maisons à Abattre. Mais la vie économique de Montpellier est mise à bas, suite à l’apparition du phylloxéra. La ville est ruinée, on interrompt le chantier de la percée. Le philoxéra fut vaincu, l’économie de la ville a repris des couleurs, le nouveau maire n’a pas senti bon de reprendre le chantier. La percée n’a donc jamais été terminée, aujourd’hui c’est impossible de penser à remettre le projet en route, car toutes les maisons concernées qui n’ont pas été rasées sont classées monuments historiques. L’axe est donc mal fini, il est représenté par l’actuelle rue Foch. Ricardo Bofill a été influencé par cet axe ouest-est, les terrains militaires se trouvaient dans presque l’alignement des monuments de la place royale du Peyrou et de sa porte. Il a donc dessiné Antigone autour d’un axe central, qui se termine par une arche gigantesque du bâtiment du conseil régional au bord du Lez. Entre les 2 portes qui clôturent l’une la cité médiévale et l’autre la ville nouvelle, on trouve deux autres arches, l’une en face de l’entrées est du polygone et l’autre entre les 2 bâtiments occupés par les bureaux de l’agglomération de Montpellier. Nous distinguons depuis la terrasse, le sommet de la cathédrale, on se rend bien compte qu’elle se trouve dans la partie basse de la ville. Nous redescendons de notre observatoire, nous prenons la rue Placentin qui longe l’ancien tribunal, puis nous empruntons la rue du palais des Guilhem.
Nous allons visiter le bain rituel de purification, le mikvé, qui a été construit par la communauté juive de Montpellier au XII.me siècle. La communauté juive à Montpellier était assez importante, on l’estime à cette époque entre 5 et 10% de la population de la ville, qui en comptait 40000 habitants. Les juifs de Montpellier pouvaient, donc par leur nombre construire une synagogue et à proximité le bain de la purification (mikvé), qui est très important quand on est juif. Les juifs viennent se laver de leurs pêchés en se plongeant dans le mikvé, qui ressemble à une piscine. C’est par la purification du corps, que l’on purifie l’âme, ça équivaut à la confession des chrétiens. Ce sont uniquement les adultes qui viennent dans ce lieu de purification, mais ce sont surtout les femmes qui viennent régulièrement se purifier. Parce que la femme est impure par définition tous les mois, quand elle a ses règles, elle est considérée comme impure. Ce qui oblige la femme à venir se purifier touts les mois après ses règles, quand la femme est impure, il faut qu’elle évite tout contact, donc les hommes viennent séparément. La femme doit venir le huitième jour après la fin de ses règles, ce qui fait que chaque mois la femme est impure pendant 15 jours. Nous sommes dans une petite pièce située dans une cave, où se trouve une piscine dans le sol. De petites niches sont creusées dans les murs, dans lesquelles il y avait une petite planchette de bois, où l’on pouvait mettre une bougie afin de s’éclairer pour se déshabiller et où on déposait les vêtements avant d’aller se purifier. La femme vient donc au bain rituel, on lui met à disposition des bassines, des gants de toilette, du savon tout ce qu’il faut pour faire sa toilette. Une toilette que la femme fera méticuleusement, elle dure à peu près une heure, ensuite la femme peut se purifier. Le symbole est de se tremper dans de l’eau pure, la piscine contient de l’eau qui vient d’une manière naturelle, sinon elle ne serait pas pure. L’eau provient d’une nappe phréatique, elle est alimentée par les eaux de pluie du massif central, les pluies vont filtrées les sols pour former des rivières souterraines. Ces rivières souterraines vont faire de jolies grottes au nord de Montpellier, elles se dirigent doucement vers la Méditerranée, en plus elles ont la bonne idée de passer sous la ville de Montpellier. A Montpellier les rivières y rentrent puis en sortent, pour faire simple, l’eau du puits de Saint-Roch est miraculeuse et celle de la piscine que nous avons devant nous est purificatrice. Une fois la toilette faite, on se trempe dans la piscine, on en sort pur, lavé de tous ses péchés. La femme une fois sortie du bain a encore un devoir religieux, si elle est mariée, elle a obligation d’avoir une relation sexuelle avec son mari pour la procréation. C’est pour cela que l’on attend le huitième jour Cycle de l’ovulation, c’es un devoir religieux, après l’on fait ce que l’on veut. Avec ce système, les femmes tombent enceinte tous les ans, en fait elles ne viennent que 2 ou 3 fois par an, après chaque naissance. Que font alors les hommes qui n’ont jamais de règles, et, bien ils viennent quand ils veulent, ce sont eux qui décident, un homme très religieux peut venir avant chaque fêtes religieuses pour se purifier, s’il décide, il ne peut venir qu’une fois par an. L’homme et la femme ne se rencontrent jamais dans le mikvé, de toute façon on a retrouvé qu’un seul bain, il n’en existe que 5 en France qui datent du moyen âge. Pour ne pas se rencontrer dans ce lieu religieux, l’homme viendra se purifier en plein jour, quant à la femme, elle doit attendre la tombée de la nuit pour aller se laver de ses péchés. L’eau ne fait que passer dans le mikvé, elle atteint la septième marche, puisque dans la religion juive tout va par 7. Cet endroit est vraiment chargé d’histoire, de spiritualité que l’on a retrouvé intact en 1985. On savait que la communauté juive à Montpellier était importante au moyen âge, jusqu’aux croisades, après au milieu du XIV.me siècle, Montpellier devient française, Philippe le Bel par une loi fait expulser les juifs du royaume. Montpellier est donc obligé d’appliquer la loi, on sait qu’à la fin du XIV.me siècle, il n’y a plus un seul juif à Montpellier. On en a donc déduit que tous les bâtiments juifs de Montpellier avaient été détruits. Donc plus de synagogue et de mikvé, et aucun texte. Par coïncidence en 1985, un historien en fouillant aux archives, il tombe sur un acte de vente du XVIII.me siècle, il stipulait la vente d’un puits entre voisins. On voit bien un orifice au-dessus de la piscine, on l’a donc utilisée un certain temps comme puits. Lors de la vente le notaire avait décrit le puits, il était écrit, vente d’un puits avec une fenêtre géminée. Le puits concerné se trouvait dans ce quartier, qui était au moyen âge celui des juifs. L’historien se dit, alors le mikvé existait encore à Montpellier au XVIII.me siècle, et, s’il existait encore maintenant. On a donc demandé à visiter les caves, on a retrouvé le lieu de purification tel quel. Il n’y avait pas d’eau quand on l’a retrouvé, la piscine était comblée avec du sable et des pierres. La ville de Montpellier rachète la cave, pour la protéger, elle fait nettoyer la piscine, et l’eau a mis 2 jours avant d’atteindre la septième marche de la piscine. Le mikvé est en parfait état, l’eau y circule calmement. Les juifs pratiquent encore la purification par l’eau, quand on est très religieux bien sûr, il faut le faire avant le mariage, car sans certificat de purification, on ne peut pas se marier à la synagogue. La piscine est surplombée d’une petite fenêtre devant laquelle se trouve un banc en pierre. Quand on se purifie, aussi bien la femme que l’homme, on doit se faire accompagner d’une personne, elle est chargée de s’asseoir sur le banc, pour contrôler de la fenêtre que la purification est bien faite. Il faut absolument que tout le corps soit immergé dans la piscine, on ne doit pas voir flotter un seul cheveu sur la surface de l’eau. La personne certifie que la purification a bien été faite, elle sert de témoin. Ce mikvé ne fonctionne plus comme lieu de purification, mais il fait partie du patrimoine historique de Montpellier. Aujourd’hui Montpellier compte 2 mikvé qui fonctionnent, ils sont modernes, mais identiques à celui du XII.me siècle. La différence c’est qu’ils sont en céramique, on peut donc les javelliser pour les désinfecter, la religion stipule le nombre de mètres cubes d’eau nécessaires à la purification d’une personne. Il faut que l’eau arrive naturellement, il ne faut pas qu’il y ait de tuyau et de robinet comme c’est le cas ici. Plusieurs personnes peuvent faire leur toilette ensemble, mais la purification doit se faire individuellement. L’eau de la piscine du XII.me siècle est à 14 degrés, par sa fraîcheur l’eau doit être efficace dans la purification de l’âme. D’autres travaux de recherches vont débuter en septembre 2011, à partir de cette cave et dans tout le quartier, dans l’espoir de retrouver peut-être des traces de l’ancienne synagogue. Nous remontons à la surface de la rue, après 3 heures de visite commentée, nous quittons notre guide dans une ambiance ensoleillée de fin de journée.
Nous avons pu réaliser ces visites, ces sorties à la plage et vivre le match de l’équipe de France de football grâce à Gaëtan, mon neveu, que nous sollicitons pour nous accompagner ou nous guider dans toute nos activités loisirs. Autant pendant la vie active, il faut comprendre en période scolaire, nous avons de quoi nous occuper avec nos activités associatives. Mais pendant l’été et la fin d’année, il faut s’organiser pour ne pas sombrer dans la monotonie et se sentir encore plus marginalisé. Sinon, aussi bien les fêtes de fin d’année ou l’été deviennent une hantise dès qu’ils approchent, alors pour les vivre agréablement et décontracté, c’est pendant ces périodes que nous ressentons le plus le besoin d’être accompagné, en tout cas pour moi.

Michel Michelland

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