le protestantisme

C’est le 25 juin 2011 que nous mettons le cap sur l’est, le thème de la sortie est le protestantisme. Nous passons Castries, Saumières, Saint-Cristols-les-Alès, Anduze avant de se diriger vers Mialet. C’est dans ce village que nous allons découvrir le musée du désert, dont voici la présentation :
Le Musée du Désert est un musée situé au Mas Soubeyran, près de Mialet, dans le département du Gard et la région Languedoc-Roussillon. Il retrace l’histoire du protestantisme français et cévenol en particulier. Son nom fait référence au Désert, terme appliquée à la période durant laquelle le protestantisme était illégal en France, c’est-à-dire entre la révocation de l’Édit de Nantes en 1685 et l’Édit de tolérance en 1787. Le musée est établi dans l’ancienne maison de Pierre Laporte, chef camisard des Cévennes, rachetée par la SHPF sous le secrétariat de Jules Bonnet. Dans un cadre et une maison typiquement cévenols, il présente un habitat, des documents et des objets d’époque, telles ces chaises de prédication utilisées par les pasteurs au Désert, conçues pour être camouflables et transportables. Autant qu’une vocation historique, le Musée du Désert a une vocation religieuse : lieu de la mémoire protestante, il veut être aussi un lieu d’éveil, de réveil protestant. Ce qui explique qu’à son entrée même, il présente la Réforme de Luther et de Calvin et la signification de leur rupture. Ce qui explique encore qu’il interrompe un instant son parcours historique pour consacrer une salle entière à « la lecture de la Bible », comme pour souligner que dans cette lecture, la liberté chrétienne trouve sa source. Ce qui explique surtout que, dès l’origine, il ait été le centre des « Assemblées du désert ». Chaque année, le premier dimanche de septembre, des milliers de protestants (15 à 20000 selon les années), venus non seulement des Cévennes et du Languedoc, mais de toutes les régions de France et des pays du Refuge (Suisse, Allemagne, Pays-Bas, Angleterre, Danemark, Irlande, États-Unis, Afrique du Sud), se rassemblent sur le site du Mas Soubeyran lors de l’Assemblée du Désert. Le moment essentiel de la journée est le culte du matin ; l’après-midi se déroule une fête sur un sujet qui varie chaque année, commémoration tantôt d’un événement (par exemple, en 1986, le 450e anniversaire de l’introduction de la réforme à Genève), tantôt d’une figure de l’histoire de protestantisme (par exemple, en 1983, le 500e anniversaire de la naissance de Luther, et en 2009, le cinquième centenaire de la naissance de Calvin).
Un guide nous a fait visiter les salles du musée, elles relataient la vie et l’histoire du protestantisme, la vie quotidienne vécue par les camisards au XVIII.me siècle avec le mobilier de l’époque. En fin de document est insérée l’histoire du protestantisme, c’est la synthèse des informations données par madame Granel et celles du guide du musée du désert. Ensuite nous avons parcouru les ruelles du hameau du Mas Soubeyran, puis nous avons rejoint notre autocar qui était garé près du parc où se tient la réunion annuelle des protestants qui s’y tient au mois de septembre. Voici une présentation de Mialet :
Mialet est une commune française, située dans le département du Gard et la région Languedoc-Roussillon. La commune compte 560 habitants, elle s’étend sur 30 kilomètres carrés, elle s’étale entre 140 et 660 mètres d’altitude, elle dépend du canton de Saint-jean-du-Gard. Mialet est une commune située à quelques kilomètres d’Alès, de Saint-Jean-du-Gard et d’Anduze. C’est sur cette commune que se trouve le Mas Soubeyran, hameau cévenol typique qui abrite le Musée du Désert, haut lieu de la résistance des protestants durant les XVII.me et XVIII.me siècles. Jusqu’en 1685, Mialet a dû être un lieu sans complication historique particulière : enceinte préhistorique sur les collines environnantes (Sauque Ronde, 451 m), poste fortifié en bordure d’une bretelle de Chemin Regordane reliant Nîmes à Gergovie (route des Arvernes), dans une charte de Philippe le Bel est cité le Sieur « Hugue de Melete ».Deux compoix des années 1598 et 1647 donnent des informations très intéressantes sur la vie de la cité à cette époque. Sont recensés : 18 cardeurs, 18 tisserands, 4 meuniers (à plein temps), 1 boulanger, 1 tailleur, plusieurs chapeliers, muletiers, cabaretiers, maçons et un notaire à certaines périodes. Les cultures sont variées, de nombreuses terrasses (bancels ou faïsses) témoignent d’une activité importante, oliviers, châtaigniers et début du mûrier. Une dizaine de moulins (à huile et à grain) et plusieurs fours à chaux sont en exploitation. La population, de l’ordre de 2000 habitants, est répartie sur les huit hameaux, Mialet, Paussan, Luziers, le Mas Soubeyran regroupent 60% de celle-ci. Mialet adopte la religion réformée ; en 1560, premier synode provincial aux Aigladines et en 1613, levée d’impôts pour agrandir le temple. Malgré la paix d’Alais en 1629, la tension monte entre le pouvoir central et les protestants. Louis XIV révoque l’Édit de Nantes (1685) ; Mialet entre dans une période difficile. Les mesures draconiennes prises par le pouvoir pour ramener les protestants dans le giron de l’Église catholique, font que ceux-ci se soulèvent et prennent les armes… Ils deviennent les Camisards, et avec une troupe d’un millier de combattants, paysans et artisans, tiennent tête à un armée de 30000 hommes. Ce fut une guerre sans pitié. En mars 1703, 670 habitants de Mialet, dont 180 enfants, sont déportés en Roussillon. La démolition des maisons n’étant pas assez rapide, le Roi autorise le « brûlement des Cévennes ».En 1704 cessation de combats après négociation entre chef camisards et représentants du Roi ; la religion reste sous haute surveillance … mais fidèle à la religion réformée. En 1709, hiver d’une extrême rigueur, tous les oliviers sont détruits. L’Édit « de tolérance » en 1787, accorde un état civil aux protestants, ils retrouvent leurs droits civiques en décembre 1789 et leur temple en 1837. Entre temps ils célèbrent leur culte dans l’église Saint-André. Deux filatures et un fabrique de lacets ont été installées en bordure du Gardon pour filet et utiliser de la soie. Elles cessèrent leurs activités entre 1900 et 1930. L’élevage du vers à soie s’arrêta dans les années cinquante. Les charbonnières, nombreuses pendant le dernière guerre, ne fumèrent plus lorsque les capricieux gazogènes furent abandonnés. Les moulins de la bonté et de Trabuc s’arrêtèrent dans les mêmes années. Les châtaigneraies séculaires furent décimées par une maladie dans les années soixante. Personnalité de la commune, Rolland, ou Rolland Laporte, de son vrai nom Pierre Laporte, né le 3 janvier 1680 et décédé le 14 avril 1704 à l’âge de 24 ans était un chef camisard des Cévennes, surnommé le « Général des enfants de Dieu ». Sa maison natale au Mas Soubeyran est aujourd’hui le Musée du Désert.
Ensuite nous avons rejoint la bambouseraie d’Anduze, où nous avons pris place à bord du petit train des Cévennes. Il circule sur l’ancienne ligne qui reliait Anduze à Saint-Jean-du-Gard, la distance est de 15 kilomètres. Les wagons sont tractés par une ancienne machine à vapeur, elle dégage une vapeur blanche, le conducteur n’hésite pas à actionner le sifflet à tout bout de champ. La ligne emprunte un tracé qui surplombe le Gardon, nous roulons entre des falaises rocheuses, nous passons sous des tunnels, nous franchissons des ponts qui enjambent le Gardon. Nous avons un panorama sur les Cévennes, nous découvrons des villages escarpés, des mas isolés, nous passons des passages à niveau qui sécurisent de petites routes. Après une demi-heure de trajet, nous abordons la gare de saint-Jean-du-Gard. Voici une présentation de Saint-Jean-du-Gard :
Saint-Jean-du-Gard est une commune française située dans le département du Gard et la région Languedoc-Roussillon. La commune compte 2800 habitants, elle s’étend sur 41 kilomètres carrés, elle s’étale entre 160 et 800 mètres d’altitude, elle dépend du canton de Saint-Jean-du-Gard. Saint-Jean-du-Gard est considérée comme la « Perle des Cévennes ». Cette ville accueille plus de 2800 habitants, ils sont appelés les Saint-Jeannais(es). Bien que Saint-Jean-du-Gard ait gardé des traces de vie datant du néolithique, comme en témoignent de nombreux dolmens et autres grottes, l’histoire de cette commune commença réellement au XII.me siècle avec la création d’un monastère par les Bénédictins de Saint-Gilles. La première mention de Saint-Jean-du-Gard fut inscrite dans une bulle papale (San Johannis de Gardonnenca cum villa) au début du XII.me siècle. Tout d’abord dénommée Saint-Jean-de-Gardonnenque, la commune fut très influencée par le protestantisme au XVI.me siècle et fut un haut lieu de résistance des Camisards dès 1683, après la révocation de l’édit de Nantes ce qui en fait la première révolution civile de l’histoire. Le roi fera élever, dès 1703, des fortifications de plus de 5 mètres de hauteur pour empêcher les Camisards de communiquer avec la population. On peut voir, aujourd’hui encore, l’ancien tronçon dans la rue des Paillons qui était bordée d’une fortification sur la place Rabaut-Saint-Étienne, face à la rue Combe Dase. Trois grandes portes d’entrées étaient alors érigées ; l’une de ces portes est encore visible au château de Saint-Jean-du-Gard. Cette résistance dura pratiquement 3 ans, opposant 5000 camisards a 35000 dragons de l’armée royale. La ville connut une grande période de prospérité à partir du XIX.me jusqu’au milieu du XX.me siècle grâce à l’élevage du ver à soie et la culture du Mûrier qui permet de nourrir ce dernier. Au plus fort de cette période la ville ne comptait pas moins de 21 filatures, dont la plus connue reste la filature Maison Rouge. En 1965, La Maison Rouge ferma, coïncidant avec la fin de cette période prospère pour la commune. La ville de Saint-Jean-du-Gard vit maintenant en grande partie du tourisme. Un train à vapeur parcourt notamment la ligne de Saint-Jean-du-Gard à Anduze, avec un arrêt à la Bambouseraie qui attire chaque année près de 150 000 voyageurs. Saint-Jean-du-Gard est situé au pied de la corniche des Cévennes, dans le Gard non loin d’Alès et de Nîmes, traversé par le Gardon de Saint Jean. Située au croisement de la Vallée Borgne et de la Vallée Française, la commune a une superficie de 4164 hectares pour une population de 2824 habitants en 2007. La population peut largement dépasser les 10000 habitants l’été. Hameaux rattachés : Les Fournels et Falguières. Communes limitrophes : Mialet• Peyrolles• Sainte-Croix-de-Caderle• Thoiras• Saint-Étienne-Vallée-Française (Lozère).
Nous rejoignons le restaurant à pied, nous passons le pont qui franchit le Gardon, nous distinguons à peine un petit filet d’eau. Nous arrivons au restaurant, il est situé au centre de la commune, à proximité du musée cévenol. Au menu nous dégustons tout d’abord un Kir, ensuite nous avons droit à une assiette de charcuterie, une cuisse de canard en sauce accompagnée de son riz et d’épinards, un fromage de chèvre, une glace et son fondant de chocolat et le café, le tout arrosé de vin à son choix blanc, rosé ou rouge. C’est le ventre bien rempli que nous attend la visite du musée cévenol, nous avons parcouru les salles pour découvrir le mobilier et les outils d’antan employés dans les Cévennes. Ensuite nous avons rejoint la gare, où nous attendait le train pour le retour à Anduze. C’est sous une chaleur accablante que nous avons cheminé, les voitures étaient tractées par un autorail diésel. Arrivés à Anduze nous avons pris place dans notre autocar, nous avons terminé notre circuit camisard en empruntant un autre itinéraire. Nous sommes passés à Quissac, Saint-Mathieu-de-Trévies, prades-le-Lez et enfin Montpellier.
Après avoir appréhendés le pays cathare, la vie des templiers à la Couvertoirade, nous avons découvert le protestantisme dans les Cévennes où il est très présent. Nous attendons la prochaine saison et ses journées à thèmes, pour continuer à explorer l’histoire passionnante de notre région. Ci-dessous une présentation du protestantisme et du département du Gard.

Le protestantisme ou le christianisme protestant regroupe l’ensemble des courants religieux chrétiens sortis du catholicisme qui ont pris naissance en Europe lors de la Réforme sous l’impulsion de théologiens tels que Martin Luther, Jean Calvin, Ulrich Zwingli parmi tant d’autres. John Wyclif, Jan Hus, Lefèvre d’Etaples sont considérés comme des précurseurs de la Réforme. Le terme protestant est utilisé pour la première fois en 1529, quand les seigneurs et les villes qui suivaient la doctrine de Martin Luther se sont déclarés contre les décisions prises par la diète impériale à Spire à majorité catholique. Les protestants français, d’abord appelés « luthériens » au début par leurs adversaires, seront ensuite nommés par dérision « huguenots », puis « religionnaires ». Il s’agit de l’abréviation de « ceux de la Religion prétendue réformée », appellation officielle du protestantisme dans les actes royaux. Au sein de la seule Fédération Protestante de France on compte 26 unions d’églises, tandis qu’au plan international ce sont environ 320 églises issues du protestantisme qui participent au Conseil œcuménique des Eglises, de même qu’une trentaine d’églises orthodoxes ou vieilles-catholiques. Au début du XXIe siècle, on dénombre près de 800 millions de chrétiens protestants dans le monde. On fait généralement remonter les débuts du protestantisme à la date du 31 octobre 1517, lorsque les étudiants du moine et docteur en théologie Martin Luther réagissent à la campagne d’indulgences lancée par l’un des plus hauts dignitaires de l’Empire, Albert de Hohenzollern, prince-électeur et archevêque de Mayence en affichant sur la porte de l’église de Wittenberg une lettre rédigée par Martin Luther constituée de 95 thèses, à la fois constat des dérives de l’ Église, critique virulente des abus et solutions. On pourrait toutefois aussi considérer l’année 1521 comme déterminante : en janvier, Martin Luther est excommunié ; en avril, sommé par l’envoyé du Pape de se retracter devant la Diète de Worms, il répond qu’il ne le peut ni ne le veut, étant lié par la Parole de Dieu et par sa conscience. (« [Da] … mein Gewissen in den Worten Gottes gefangen ist, ich kann und will nichts widerrufen, weil es gefährlich und unmöglich ist, etwas gegen das Gewissen zu tun. Gott helfe mir. Amen. ») Invoqués ici pour la première fois, l’appel direct à Dieu et à la conscience individuelle sont des marqueurs du protestantisme. Parmi les idées de Luther, l’accès de tous à la Bible sans discrimination sociale et l’égalité entre les hommes ont un fort écho dans la population majoritairement paysanne, à tel point qu’elles provoquent au printemps 1525 la Bauernkrieg (guerre des paysans) dans le Saint-Empire romain germanique. Afin de mettre un terme rapide à cette explosion de violence contre la classe dirigeante, les princes se réunissent lors de la première diète de Spire, en 1526. Ils conviennent du décret de l’état d’urgence et décident que chaque prince choisit le culte à pratiquer dans son État, les opposants étant contraints de fuir vers un autre État favorable à leur foi. Cette confessionnalisation est déjà initiée à la fin de 1526 par Jean de Saxe qui institutionnalisa le luthéranisme. Cependant, absent de cette assemblée formée par ses électeurs, Charles Quint demeure hostile à ces dispositions. Accusé par le Saint-Siège de soutenir Luther, Charles Quint décide d’endiguer la propagation des thèses luthériennes. Il convoque donc en 1529, avec son frère Ferdinand Ier, une seconde diète de Spire lors de laquelle il révoque toutes les concessions faites par les princes aux paysans. Ainsi, il réinstaure le culte catholique et la messe en latin. Ces derniers réagissent immédiatement sous la conduite de Jean de Saxe en émettant une protestation. Les princes signataires sont appelés « protestants ». Citation « Part. passé adj. et subst. de protester* d’après l’allemand Protestant (lui-même emprunté au latin protestans, -antis, part. prés. de protestari, v. protester) nom qu’on donnait aux partisans de Luther, parce que en 1529, à l’issue de la Diète de Spire (19 avril) ils protestèrent publiquement d’appeler du décret de l’Empereur, à un Concile général : « so protestieren und bezeugen wir hier mit öffentlich vor Got…, dass ». » Les protestants modernistes hésitent à parler de « doctrine » ou de « religion ». Ils préfèrent convictions, engagements ou valeurs. Ils préfèrent toujours préserver un espace de discussion et d’échange entre les fidèles, particulièrement pour leurs expressions de foi, même les plus conservatrices. Toutes sensibilités confondues, les protestants partagent ces points fondamentaux (les deux premiers concernent le salut) : Sola gratia (« par la grâce seule ») L’homme ne peut pas mériter son salut auprès de Dieu, mais Dieu le lui offre gratuitement par amour. Ce qui rend l’homme capable d’aimer lui aussi. Ainsi, la valeur d’une personne ne dépend que de l’amour de Dieu, et non de ses qualités, ni de son mérite, ni de son statut social. Sola fide (« Seule la foi compte ») Ce don se fait à l’occasion d’une rencontre personnelle avec Dieu, en Jésus-Christ (solo Christo, par Christ seul). C’est cela la foi, non une doctrine ou une œuvre humaine. D’une personne à l’autre, elle peut surgir brusquement ou être le fruit d’un cheminement. Chacun la vit de manière particulière, comme sa réponse à la déclaration d’amour de Dieu. Sola scriptura (« par l’Écriture seule ») (A mettre en rapport avec le sacerdoce universel et l’éclairage indispensable du Saint Esprit) Considérée comme porteuse de la parole de Dieu, la Bible est à la fois la seule autorité théologique et le seul guide, en dernière instance, pour la foi et la vie. Elle est éclairée par la prédication de ministres appelés par l’Église et formés par elle (mais le Saint-Esprit peut appeler d’autres prédicateurs que seulement ceux-ci). À travers les témoignages humains qu’elle transmet, elle dessine des principes de vie à partir desquels s’exerce la responsabilité personnelle de chacun. Soli Deo gloria (« à Dieu seul la gloire ») Il n’y a que Dieu qui soit sacré, divin ou absolu. Ainsi, aucune entreprise humaine ne peut prétendre avoir un caractère absolu, intangible ou universel, y compris la théologie. De plus, partant du principe que Dieu a donné la liberté aux hommes, les protestants sont généralement favorables à un système social qui respecte la pluralité et les libertés. Ecclesia semper reformanda (« l’Église doit se réformer sans cesse ») Les institutions ecclésiastiques sont des réalités humaines. Elles sont secondes. « Elles peuvent se tromper », disait Luther. Ainsi, les Églises doivent sans cesse porter un regard critique sur leur propre fonctionnement et leur propre doctrine, à partir de la Bible. En revanche, les chrétiens catholiques pensent qu’il faut être guidé par l’Église de façon claire. La certitude peut aller dans certains cas jusqu’au dogme (vérité que l’on ne peut renier), prononcée par un concile, ou par le Pape en vertu de l’«infaillibilité pontificale ». Sacerdoce universel Principe de la Réforme protestante, que Luther considère comme central, selon lequel chaque baptisé est « prophète, prêtre et roi » sous la seule seigneurie du Christ. Ce concept anéantit les principes de hiérarchie au sein de l’Église. Chaque baptisé a une place de valeur identique, y compris les ministres (dont les pasteurs font partie). Issus d’études de théologie et reconnus par l’Église, ils sont au service de la communauté pour l’annonce de la Parole de Dieu (prédication et sacrements) et les missions particulières qui en découlent. Les femmes ont accès aux ministères de certaines églises protestantes, cela a évolué en fonction des pays et des époques. La doctrine protestante repose exclusivement sur les Écrits sacrés, à savoir la Bible, uniquement constituée de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les écrits apocryphes ont été considérés par les Réformateurs comme intéressants mais non fondateurs de la foi et ne sont plus imprimés dans les Bibles protestantes depuis le 19ème siècle. Le protestant croit donc à la résurrection et à la vie éternelle (voir les Évangiles). A l’instar de toutes les confessions chrétiennes, la résurrection de Jésus-Christ peut sans doute être considérée comme le point essentiel de la foi protestante. (cf. 1ère Epitre de S. Paul aux Corinthiens, chapitre 15, verset 14 : « si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine. ») Les pratiques majeures sont communes avec celles de l’Église catholique (prières, lecture de la Bible, le culte dominical et la participation à l’Eucharistie, dénommée la Sainte-Cène). Le protestantisme comporte toutefois notablement moins de « rites » que les autres branches du Christianisme. Par exemple, les protestants ne pratiquent pas le signe de croix et n’utilisent pas d’eau bénite, car ils considèrent qu’il s’agit là de superstitions. L’appartenance à l’Eglise est concrétisée chez les protestants par la confession de foi et non par la participation aux rituels sacrementels qui a la préférence des catholiques. Les protestants célèbrent les fêtes de Noël, des Rameaux, de Pâques (ils célèbrent le Jeudi Saint et le Vendredi Saint mais sans procession ni chemin de croix), de l’Ascension et de la Pentecôte. Le Baptême et la Sainte-Cène sont les deux seuls sacrements chez les protestants, qui partent du principe que, d’après le témoignage des textes bibliques, seuls ces deux actes ont été institués par Jésus-Christ. Dans certaines églises protestantes, le baptême n’est administré qu’à l’âge adulte tandis que d’autres laissent le choix et pratiquent assez largement le baptême des enfants. Le mariage est la bénédiction divine d’un amour humain et, bien que le Protestantisme n’encourage pas la pratique du divorce, l’idée qu’un divorce peut être préférable à une vie de couple devenue très difficile est largement partagée ; le remariage de divorcés est possible. Le culte des funérailles est destiné à l’accompagnement de la famille et des amis, il est centré sur l’annonce de l’Évangile et la promesse de résurrection. Le défunt est enterré simplement, avec respect : lecture d’un passage de la Bible et prières pour les familles. Il n’y a pas de cérémonie pour les morts de type messe anniversaire. Les autopsies, les prélèvements d’organes ainsi que la crémation sont en général autorisés. Il existe de nombreuses différences entre le culte protestant et le culte catholique. Les différences principales sont : Les protestants se référent uniquement à la Bible comme source de doctrine (sola scriptura). Ils récusent en particulier la tradition, autre source dogmatique admise par le catholicisme. Ils insistent sur le rôle de l’Esprit saint pour accéder à une compréhension véritable du sens du message biblique. Les protestants ne reconnaissent pas l’autorité du Pape, ni celle des cardinaux. Pour des raisons historiques, il existe une multitude de communautés protestantes non affiliées les unes aux autres. Les Eglises protestantes sont organisées soit autour d’évêques parfois appelés inspecteurs ecclésiastiques (d’après le sens du mot grec episkopos), on parle alors de système épiscopalien (cas des Luthériens et des Anglicans), soit autour de conseils presbytéraux souverains, les paroisses adhérant volontairement à des unions d’églises régies par une sorte d’assemblée générale dénommée synode, on parle alors de système presbytérien-synodal (cas des églises réformées). Ces unions qui sont cantonnées à l’échelon national se regroupent par obédience (luthérienne, réformée, anglicane, baptiste, méthodiste, etc.) au sein de fédérations internationales qui sont en général elles-mêmes affiliées au Conseil Oecuménique des Eglises (COE). Les protestants n’accordent pas à leur clergé un rôle spécifique de prêtres. Les pasteurs sont des conseillers et des savants dont le rôle est de former les croyants, de leur indiquer la direction à suivre. Ils président le culte et administrent la Sainte-Cène mais, moyennant une officialisation par l’Eglise pour des raisons de bon ordre et de discipline, des laïcs peuvent parfaitement en faire autant, y compris la prédication moyennant formation théologique. C’est l’ensemble des croyants qui est investi de la prêtrise (doctrine dite du sacerdoce universel, fondée notamment sur des textes de l’Epître aux Hébreux). Dans l’Eglise catholique, le prêtre en prononçant les paroles de l’absolution au sein de la confession accorde effectivement le pardon de Dieu, le pasteur se borne à rappeler au cours de la liturgie la promesse de pardon acquise « à ceux qui se repentent et qui croient »; le reste se passe directement entre le croyant et Dieu. (Exception : les anglicans utilisent le mot prêtre, sans toutefois y mettre le sens catholique.) Comme explicité au paragraphe précédent, les protestants ne reconnaissent que deux sacrements (le baptême et l’eucharistie ou Sainte-Cène) contre sept chez les catholiques (le baptême, l’eucharistie, la confirmation, la réconciliation, le mariage, l’ordination et l’onction des malades). Certains de ces rites existent toutefois sur un mode mineur : la confirmation (qui se pratique environ deux ans plus tard que chez les catholiques lorsque l’enfant a développé son sens critique et sa personnalité), la confession des péchés (soit collective au cours du culte soit personnelle dans le secret de la prière, mais jamais auriculaire à la manière catholique ; les protestants n’ont donc pas de sacrement de réconciliation (le dialogue avec un prêtre) et le pasteur n’a pas le pouvoir de remettre les péchés), le mariage, l’ordination (des pasteurs luthériens) ou la reconnaissance des ministères (des pasteurs réformés) remplacent l’ordination des prêtres mais en sont très éloignées dans la forme comme dans le fondement théologique, la question de la prêtrise restant au fond la grande différence entre les conceptions catholiques et protestantes de l’Eglise. La question dite de la présence réelle de Jésus lors de la Cène est particulièrement embrouillée. Les protestants ne croient pas à la transsubstantiation, doctrine catholique qui affirme la transformation physique et matérielle des deux espèces de la communion en véritable chair et en véritable sang du Christ lors de l’eucharistie. La majorité des protestants croit à la présence réelle de Jésus de manière spirituelle lors de la Cène. Le fait que l’expression présence réelle – considérée comme un tant soit peu pléonastique – ne soit guère utilisée par les Protestants ne doit pas faire croire qu’ils réduisent la Cène à un symbole. Cette position existe toutefois également (depuis Zwingli) mais reste minoritaire. Il est intéressant de noter que la communauté de Taizé avait trouvé une formulation qui convenait à l’ensemble des églises chrétiennes, parlant d’un « mémorial sacrificiel »• Les concepts de purgatoire (lieu de souffrance auquel on accède après la mort pour se racheter et se purifier de ses péchés avant d’accéder au paradis), canonisation (pratique catholique, mais aussi orthodoxe, par laquelle un homme ou une femme est reconnu comme Saint ou Sainte) et d’indulgence (à l’époque il y avait possibilité pour un catholique de verser une somme d’argent au Pape en échange du pardon de ses péchés, aujourd’hui c’est surtout le pardon donné par le Pape pour les grandes fêtes, par exemple l’Indulgence Plénière de Noël, ou dans d’autres occasions) n’existent tout simplement pas. La notion de saint, signifiant « mis à part », s’applique depuis Luther à tous les chrétiens puisque tous sont rachetés par Jésus-Christ et de ce fait sanctifiés. Il n’existe donc pas d’ »élite » composées de chrétiens qui seraient plus saints que les autres• On croit souvent à tort que l’excommunication (pratique par laquelle le Pape exclut quelqu’un de l’Église et de fait l’empêche temporairement ou définitivement de recevoir des sacrements) n’existe pas chez les protestants. Mutatis mutandis, ce n’est effectivement pas le Pape qui la prononce, mais elle est théoriquement possible, soit sous l’autorité de l’évêque (organisation de l’église selon le système épiscopalien), soit sous celle du conseil presbytéral (système presbytéro-synodal). Elle est en général tombée en désuétude sauf chez certains évangéliques, elle joue même un rôle de maintien de la cohésion des communautés Amish où l’excommunié est ipso facto mis au ban de la communauté au plan social. Les protestants ne donnent pas une place particulière à Marie. Ils ne croient pas à son Immaculée Conception, qui n’est pas un dogme du Protestantisme. Néanmoins, ils adhèrent à la naissance virginale de Jésus et Marie fait partie des témoins privilégiés au même titre que les disciples du Christ. Les protestants ne font pas appel à des intercesseurs comme Marie et les Saints dans leurs prières. Selon eux le croyant est seul responsable devant Dieu et ne doit pas passer par des intermédiaires pour dialoguer avec Lui. Les protestants croient que Jésus est le seul intermédiaire entre Dieu le Père et eux mêmes. Ils ne croient pas à l’utilité de la pratique catholique de la confession (voir plus haut le paragraphe sur la prêtrise.) Au XXIe siècle, l’héritage protestant se vit à travers de nombreux mouvements, car le principe même du protestantisme se veut réformateur en permanence afin d’éradiquer le poids éventuel de la tradition. Ainsi, on dénombre une multitude de mouvements, souvent proches. Les églises protestantes en France, pour certaines rassemblées dans la Fédération protestante de France, présentent plusieurs confessions très diverses : Églises luthériennes et réformées. Les églises réformées sont héritières de Jean Calvin et de Zwingli. Il existe en France trois alliances d’Eglises réformées : l’Église réformée de France, l’Église protestante réformée d’Alsace et de Lorraine (concordataire et aujourd’hui fusionnée dans l’Union des Églises Protestantes d’Alsace et de Lorraine), et l’Union nationale des Églises réformées évangéliques indépendantes. Les églises luthériennes sont héritières de la théologie de Martin Luther. Elles remontent également aux origines mêmes de la Réforme et se réclament des trois affirmations centrales du message de Luther : l’autorité souveraine de la Bible, le salut par la Grâce, et le sacerdoce universel des croyants. Il existe en France deux unions d’Eglises luthériennes : l’Église de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (concordataire et aujourd’hui fusionnée dans l’Union des Églises Protestantes d’Alsace et de Lorraine), et l’Église évangélique luthérienne de France. Elles sont membres de la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM : 65 millions de membres). L’Église évangélique luthérienne de France et l’Église réformée de France sont engagées dans un processus d’union, qui devrait aboutir en 2013 à la création d’une Eglise protestante unie de France. La France compte de nombreuses Églises évangéliques (voir Protestantisme évangélique ou évangélisme), elles représentent 1/3 des protestants du pays et sont depuis quelques années en croissance numérique rapide. La plupart de ces églises évangéliques sont rassemblées au sein du Conseil national des évangéliques de France (CNEF), créé en 2010 à partir de l’Alliance évangélique française et du réseau Fédération Evangélique de France; plusieurs sont également membres de la Fédération protestante de France (FPF). Elles se composent d’Eglises baptistes, adventistes, méthodistes, darbystes, pentecôtistes, libristes… Plusieurs de ces Eglises sont de type charismatique tandis que d’autres sont plutôt évangéliques classiques ou traditionnelles. Le Pentecôtisme est un courant évangélique de type charismatique né de mouvements de Réveil particuliers qui se sont manifestés au début du 20e siècle, aux États-Unis sous l’impulsion du pasteur Charles Parham et de William J. Seymour. La particularité théologique des pentecôtistes est de penser que le Saint Esprit est donné au croyant lors d’une expérience particulière, distincte du baptême d’eau traditionnel : la baptême du Saint Esprit . Celui-ci confère au croyant des dons particuliers comme le parler en langue, la prophétie ou la guérison divine. Les Églises pentecôtistes se font les témoins de l’Évangile aux quatre angles : « Jésus sauve, baptise, guérit, revient ». Par ailleurs, elles se situent dans la tradition protestante évangélique et baptiste et se référent aux grands principes de la Réforme : salut par la grâce, autorité de la Bible seule, sacerdoce universel. Les plus importantes Églises pentecôtistes en France, sont les Assemblées de Dieu et l’Église de Dieu en France. Dès le début elles sont organisées en plusieurs Églises en fonction des courants théologiques ou des circonstances historiques. Elles s’adressent dans le même mouvement à leurs membres et à la société (d’où le terme « multitude »). Il s’agit• des Églises luthériennes• des Églises réformées (calvinistes ou zwingliennes)• de l’Église anglicane. En plus des luthériens, des réformés et des anglicans, la Réforme a connu très tôt un quatrième courant, non « magistériel », accusé par les autres de mettre à côté ou au-dessus de la Bible une illumination intérieure considérée comme subjective, et nommé par eux « illuminés » ((de) Schwärmer) ou « Anabaptistes » (parce que, ne reconnaissant qu’un baptême d’adultes, ils « rebaptisaient » ceux qui l’avaient été, enfants, ailleurs). Les tenants de cette Réforme radicale affirmaient, eux, que cette illumination intérieure était l’œuvre du Saint-Esprit. Sont les héritières directes de la partie pacifiste de ce courant les Assemblées mennonites, dont les Amish font partie. S’y rattachent spirituellement les Baptistes et autres groupes apparentés issus à diverses époques de l’anglicanisme, avec souvent une mise en valeur de la piété face au « monde ». Dans ce groupe, les Quakers occupent une place à part. Fondé en 1650 en Angleterre par George Fox, ce mouvement très ancré dans la culture anglo-saxonne se distingue des autres communautés issues du christianisme par l’absence de credo, de clergé et de hiérarchie. De nombreux Quakers ne ressentent pas leur foi comme entrant dans les catégories chrétiennes traditionnelles, bien que subsiste au sein du Quakerisme un large courant évangélique. Dans les siècles suivants, d’autres mouvements ont vu le jour à partir de « réveils » spirituels du XIX.me siècle. Le principal, issu de la prédication de John Wesley, est le méthodisme. Conjuguant retour à la Bible, à la prière et à l’engagement social, il est le précurseur de mouvements socio-évangéliques tels l’Armée du Salut, fondée par William Booth en Angleterre, à la fin du XIX.me siècle. Refusant la prédestination, confessant la responsabilité de l’individu dans sa propre foi, il est aussi la source du pentecôtisme, né d’un Réveil plus récent. D’autres Églises indépendantes, privilégiant un aspect ou un autre de la foi ou de la pratique chrétienne, existent aussi : les Darbystes et autres « Assemblées de frères », les Adventistes du septième jour, etc. Les Témoins de Jéhovah quant à eux ne croient pas en la Trinité de Dieu et ne se revendiquent pas du protestantisme historique. Leur mouvement est né à la fin du XIX.me siècle aux États-Unis et n’a aucun lien avec le christianisme protestant. Dès ses débuts, la Réforme est pour les femmes l’occasion d’une réévaluation de leur rôle dans la famille, puis dans la société. À partir du 16e siècle, les femmes peuvent avoir, selon la Reforme, un accès à l’éducation. Elles doivent apprendre à lire pour pouvoir étudier la Bible et ainsi, élever chrétiennement leurs enfants. Les femmes protestantes se révèlent alors plus instruites que les femmes catholiques. Leur savoir les prépare à leur rôle de mère et d’épouse. Ce siècle est également marqué par l’ouverture d’écoles pour filles dans les grandes villes protestantes (Nîmes, La Rochelle…) du royaume de France. Mais le pouvoir reste aux mains des hommes, les femmes doivent rester de simples ménagères. On compte de nombreuses femmes célèbres à cette époque, essayant de faire bouger les dogmes : Marguerite d’Angoulême : sœur de François 1er, elle anima la vie intellectuelle de la cour, fonction principalement détenue auparavant par les hommes. Renée de France : Fille de Louis XII, elle protégea Calvin de l’Église Catholique qui voulait sa mort. Marie Durand : Enfermée pendant 38 ans dans la Tour de Constance car elle refusait de renoncer au protestantisme. Dès le 19e siècle, elles montrent de plus en plus leur désir de prendre des responsabilités au sein de la société. Elle manifeste ce désir notamment avec la publication de la Voix des Femmes, un quotidien féministe qui réclamait l’égalité homme-femme en politique. Le 20e siècle est marqué par la création de nombreuses associations, mettant ainsi en évidence la capacité des femmes à s’investir dans la société française. On peut alors citer l’Union Chrétienne des Jeunes Filles (UCJF) chargée de soutenir moralement les jeunes filles venues des provinces pour trouver du travail ; ou encore la Fédération Chrétienne des Éclaireuses, pionnière dans le scoutisme. Mais il faudra attendre 1960 pour que les femmes soient autorisées à devenir pasteurs à l’égal des hommes. On notera cependant la particularité de l’Armée du Salut qui, dès sa fondation, considéra qu’une femme peut enseigner, à l’égal des hommes (voir plus bas). Max Weber a mis en évidence dans « L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme  » la contribution unique du protestantisme à la création d’une culture favorable à la liberté d’entreprendre et au capitalisme, culture qui s’est à présent imposée à l’échelle mondiale. Weber met particulièrement en évidence le rôle des calvinistes et des puritains, caractérisés par un ascétisme qui mène à la thésaurisation donc à la formation de capital, et par une angoisse existentielle quant à leur élection et donc à leur salut : puisqu’il y a des élus et des réprouvés, ces protestants recherchaient partout, et notamment dans la réussite professionnelle, la confirmation de leur élection divine. Les activités industrielles, de négoce ou de banque menées par des protestants ont donc prospéré dans la durée. Des alliances réfléchies entre familles protestantes ont également permis de consolider et de diversifier ces activités économiques. De nombreuses entreprises françaises, toujours en activité aujourd’hui, ont ainsi été créées par des protestants et demeurent de véritables réussites, comme par exemple : la Banque Mallet : créée en 1713 par Isaac Mallet, elle fonda la Banque de France et finança de nombreux projets architecturaux durant la rénovation de Paris (Opéra…). Elle fut l’élément majeur de la Haute Banque Protestante. Aujourd’hui, la banque s’appelle Schlumberger. la manufacture de Jouy-en-Josas : créée en 1762 par Christophe Oberkampf, on y imprime la célèbre Toile de Jouy, toujours utilisée en décoration de nos jours. L’histoire des indiennes de coton en Europe montre dès 1700 une floraison d’usines dans la région de Genève, par une multitude de réfugiés protestants ayant fui la révocation de l’Édit de Nantes. Ces usines ont ensuite essaimé dans toute la Suisse protestante puis en Alsace (notamment à Mulhouse, alors cité-état indépendante) et enfin en Angleterre. DMC (Dollfus-Mieg et Compagnie) : entreprise textile créée à Mulhouse en 1756 par Jean-Henri Dollfus qui fut au cours du XX.me siècle l’un des plus grands groupes de textile européens, aujourd’hui spécialiste du fil destiné aux consommateurs et à l’industrie des textiles et autres produits dérivés. Peugeot : firme automobile créée en 1891 par Armand Peugeot, elle contribua à l’amélioration des conditions sociales des ouvriers (la journée de 10 heures introduite en 1871 avec 33 ans d’avance sur la loi…). Aujourd’hui, elle appartient au groupe PSA qui regroupe les marques Peugeot et Citroën et est toujours sous le contrôle du bloc familial formé par les descendants des fondateurs. La production annuelle de PSA classe ce Groupe à la 6e place mondiale. Les usines de Dietrich : fondé au 18e siècle, De Dietrich est aujourd’hui l’un des leaders dans la vente de produits électroménagers. Alstom (précédemment Alsthom) : constructions mécaniques (locomotives), centrales électriques… issue du regroupement (en 1928) de la Compagnie Française Thomson-Houston et de la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques, fondée en 1839 à Mulhouse par André Koechlin. Kronenbourg (brasserie sous-titrée « les bières Hatt »): fondée à Strasbourg en 1664 par Jérôme Hatt, c’est la plus connue des marques françaises. Toujours florissante, elle appartient depuis 2008 au groupe de brasserie danois Carlsberg, après avoir été un des fleurons du groupe BSN (aujourd’hui Danone) de 1970 à 1999. La brasserie Schutzenberger, fondée en 1740 et restée farouchement indépendante, a quant à elle fermé en 2006. Vins et spiritueux: la liste serait longue dans le Cognac, dont les propriétaires sont presque exclusivement protestants et parfois anglais (Jean Martell, Rémy-Martin, Thomas Hine, Richard Hennessy) mais pas toujours (Augier, Delamain, Courvoisier), le Champagne, l’Alsace, le Bordelais, le Languedoc… Perrier (une des premières marques d’eau minérale dans le monde): reconnue eau minérale naturelle depuis 1863, devant son nom au Docteur Perrier de Nîmes qui fut brièvement propriétaire de la source de Vergèze (Gard) et lui découvrit fort à propos une quantité de vertus thérapeutiques, la petite bouteille ronde conquit le monde en commençant par l’Empire britannique sous la férule de l’Anglais John Harmsworth : la production atteint 19 millions de bouteilles par an en 1933, date de la mort de John Harmsworth. MBK (Motobécane): c’est en 1924 que Charles Benoît et Abel Bardin conçoivent leur premier motocycle, la MB1. Pour ce faire, ils créent le 11 décembre 1924 les ateliers de la Motobécane à Pantin. Charles Benoit est fils de pasteur et son gendre Eric Jaulmes, protestant également, sera le directeur technique de Motobécane de 1941 à 1981; il sera donc le père de la Mobylette, sortie en 1949. Bien que passée sous la coupe de Yamaha en 1983, MBK poursuit son activité à Saint-Quentin, où elle emploie 800 personnes. Pendules et pendulettes L’Épée (horlogerie et micromécanique(boîtes à musique)) : manufacture fondée en 1839 à Sainte-Suzanne (Doubs) par Auguste L’Épée, venu de Neuchâtel, la marque est aujourd’hui retournée à un propriétaire suisse, mais l’établissement de Sainte-Suzanne, coutumier des conflits durs, a été fermé en 1997 après avoir représenté pendant 150 ans l’art et le savoir-faire français. Le commerce de luxe : Hermès, Guerlain. L’Armée du Salut naît en pleine révolution industrielle, à la fin du 19e siècle. Elle est créée, en 1878, par le pasteur anglais William Booth, scandalisé par le spectacle des foules ouvrières qui s’entassent dans les quartiers pauvres de l’Est londonien (East End). Pour lui, le changement ne s’opère pas au niveau des masses mais en chaque individu (contrairement à l’idéologie de Karl Marx). Le progrès social, politique et économique doit découler d’une profonde transformation intérieure de l’homme, réconcilié avec lui-même par la puissance de l’Évangile. Mais William Booth sait qu’avant de parler à quelqu’un de religion, il faut pouvoir lui proposer des conditions de vie décentes sur terre. C’est l’origine de la devise devenue populaire : « Soup, soap, salvation » (Soupe, savon, salut). En 1881, l’Armée du Salut s’implante à Paris avec Catherine Booth. Aidée de deux camarades de son âge, elle s’installe en plein quartier populaire de Belleville-Ménilmontant. L’Évangélisation est accompagnée d’un grand travail social : hôtelleries populaires, maisons pour jeunes filles en danger. De nombreux postes de l’Armée du Salut sont créés dans toute la France. Même si l’Armée du Salut est présente en France depuis 1881, sa structure a évolué. L’Armée du Salut des débuts crée l’Association des Œuvres Françaises de Bienfaisance de l’Armée du Salut, reconnue d’utilité publique en 1931. Après avoir été interdite sous l’Occupation, l’AOFBAS renaît. Depuis le 11 avril 2000, l’Armée du Salut est scindée en deux ; la Congrégation Armée du Salut (branche historique en charge du culte) et la Fondation Armée du Salut (branche sociale, respectueuse des valeurs chrétiennes). En France, le protestantisme arrive en 3ème position après le catholicisme et l’islam. Aujourd’hui, on dénombre entre 1,8 et 2,4 millions de fidèles en France dont 1,1 million appartenant aux Églises de la Fédération Protestante de France (FPF) et la Fédération Évangélique de France (FEF). On trouve en France des églises luthériennes, des églises réformées, et des églises évangéliques (dont pentecôtistes). Il existe aussi quelques paroisses anglicanes à l’attention des Anglo-saxons résidant en France. Les protestants représentent traditionnellement environ 2% de la population française, même si un sondage les estimait à 1.5% en 1995. Un sondage plus récent (2009) révise toutefois cette estimation traditionnelle à 3%, ce que le sociologue Jean-Paul Willaime attribue à la croissance des mouvements évangéliques (Journal REFORME / 3 septembre 2009). 25% des protestants français sont évangéliques, 26% sont membres des Églises réformées et 19% sont luthériens. 40% des protestants ont moins de 30 ans. Ils sont en majorité progressistes en matière sociale (97% défendent l’utilisation d’un préservatif) et hétérogènes en politique. 78% sont pour la laïcité. 25% des pasteurs français sont des femmes. Le protestantisme est inégalement réparti dans les régions. Il est principalement implanté en Alsace (notamment à cause du fait que pendant les guerres de religions, l’Alsace était allemande) et dans le Languedoc (Cévennes). Dans d’autres régions (Bretagne, Centre), le protestantisme est très disséminé alors que dans la reste de la France, il est surtout présent dans les grandes villes. La Fédération protestante de France (FPF) a été créée le 25 octobre 1905 comme une union d’Églises destinée à « défendre les intérêts protestants » dans le contexte de la séparation de l’Église et de l’État. Elle fédère aujourd’hui 17 Églises et unions d’Églises. Les annuaires protestants recensent 690 paroisses luthériennes et réformées (luthéro-réformées) ainsi que 2100 communautés évangéliques actives en France. Par ailleurs, nombreux sont les protestants issus des Églises établies qui sont très attachés à l’histoire parfois douloureuse de leur Église et aux éléments d’histoire familiale associés ; c’est à cela que l’on doit la fondation en 1852 de la Société de l’histoire du protestantisme français (SHPF), société savante fondée en 1852 afin de faciliter les recherches historiques sur le protestantisme. C’est une des plus anciennes sociétés savantes de France, qui publie depuis sa fondation le Bulletin de la SHPF (trimestriel) auquel se sont ajoutés depuis les années 1980, les Cahiers du centre de généalogie protestante. Dans la même veine, il existe un Comité protestant des amitiés françaises à l’étranger qui entretient les liens avec les communautés protestantes issues de l’émigration huguenotte dans les pays dits du Refuge (voir au paragraphe Histoire ci-après). 1483 : Naissance de Martin Luther (Allemagne)• 1509 : Naissance de Jean Calvin (France)• 1517 : Martin Luther publie Les 95 Thèses dénonçant les travers de l’Église catholique comme la vente des indulgences, et affirme que la Bible doit être la seule autorité sur laquelle repose la foi. 1520 : Luther brûle la bulle Exsurge Domine le menaçant d’excommunication. 1521 : Devant la diète de Worms, Luther refuse de se rétracter, s’estimant soumis à l’autorité de la Bible et de sa conscience plutôt qu’à celle de la hiérarchie ecclésiastique. Excommunication de Luther. Il est protégé par le Duc Jean-Frédéric de Saxe (1503-1554). 1529 : Le Luthéranisme devient religion d’État en Suède, puis au Danemark en 1536. 1532 : lors du synode de Chanforan, la majeure partie de l’église vaudoise choisit d’adhérer à la Réforme. 1536 : Calvin publie en latin l’Institution de la religion chrétienne. Les rois maudits ont joués un rôle non négligeable dans les conflits religieux, ils étaient influencés par leur mère Catherine de Médicis.
François II [France] Fontainebleau 1544 – Orléans 1560 Roi de France (1559 – 1560) de la dynastie des Valois. Fils aîné d’Henri II et de Catherine de Médicis, époux de Marie Ire Stuart, nièce des Guises, il subit l’influence de ces derniers, qui persécutèrent les protestants et réprimèrent avec cruauté la conjuration d’Amboise (mars 1560).
Charles IX [France] Charles IX Saint-Germain-en-Laye 1550 – Vincennes 1574 Roi de France (1560 – 1574), de la dynastie des Valois. Fils d’Henri II et de Catherine de Médicis, il resta sous l’influence de sa mère, qui exerça le pouvoir réel. Après la paix de Saint-Germain (1570), il accorda sa confiance au protestant Coligny, mais ne s’opposa pas au massacre de la Saint-Barthélemy (1572), au cours duquel celui-ci fut assassiné.
Henri III [France] Fontainebleau 1551 – Saint-Cloud 1589 Roi de France (1574 – 1589), le dernier des Valois. Troisième fils d’Henri II, il vient d’être élu roi de Pologne lorsque la mort de son frère Charles IX le rappelle en France. Critiqué pour ses goûts efféminés et les faveurs qu’il accorde à ses « mignons », il hésite longtemps entre les protestants, soutenuspar Henri de Navarre, et la Ligue catholique, dirigée par les Guises. Humilié par ces derniers, obligé de s’enfuir de Paris (journée des Barricades, 12 mai 1588), le roi convoque les états généraux à Blois, où il fait assassiner Henri de Guise et son frère, le cardinal de Lorraine (décembre 1588). Il se réconcilie avec Henri de Navarre et entreprend le siège de Paris, au cours duquel il est poignardé par le moine Jacques Clément.
1545: massacre de 3000 vaudois du Luberon. 1545: Le concile de Trente réaffirme les dogmes et la discipline de l’Église Catholique. Il se termine en 1563. Mai 1559 : première assemblée nationale de l’Église réformée de France. 1er mars 1562 : Massacre de Wassy, des protestants sont massacrés par le duc de Guise, ce qui marque le début des guerres de Religion. 8 guerres de religion (1562-98) : la France connaît au XVI.me siècle une fracture religieuse : la majorité du pays reste fidèle au catholicisme, tandis qu’une importante minorité rejoint la Réforme. Le principe de la coexistence de deux confessions dans le Royaume se révèle inapplicable. La guerre ne peut être évitée, signe de l’échec de la tolérance civile. Huit guerres vont se succéder sur une durée de 36 ans, entrecoupées de périodes de paix fragiles. 18 août 1572 : mariage d’ Henri de Navarre et de Marguerite de Valois à Paris. 23-24 août 1572 : Massacre de la Saint Barthélemy à Paris : un Conseil royal se réunit, au cours duquel il est décidé d’éliminer les principaux chefs huguenots. Coligny et d’autres gentilshommes protestants sont assassinés tant au Louvre qu’en ville. Cette exécution d’un nombre limité de chefs huguenots est suivie d’une tuerie sauvage qui va durer jusqu’au 29 août et fait dans Paris 4000 victimes. Le massacre s’étend alors à la province où l’on dénombre 10000 tués. Le massacre marque le début de la quatrième guerre de religion. 25 juillet 1593 : Henri IV se convertit au catholicisme, ce qui lui permet d’accéder enfin au trône de France auquel il prétendait depuis 1589. C’est à propos de cette cérémonie qu’il aurait prononcé la célèbre phrase : « Paris vaut bien une messe ». 30 avril 1598: Henri IV signe l’Edit de Nantes qui reconnaît la liberté de culte aux protestants. La promulgation de cet édit met fin aux guerres de religion qui ont ravagé la France au XVI.me siècle, et constitue une amnistie mettant un terme à la guerre civile. Le royaume de France est alors le seul État où deux religions coexistent officiellement. 14 mai 1610 : Assassinat d’ Henri IV par François Ravaillac, un catholique fanatique en désaccord avec les réformes religieuses du Roi. 18 octobre 1685 : Louis XIV signe l’ Edit de Fontainebleau révoquant l’Edit de Nantes. Le protestantisme est interdit dans le royaume de France. S’en suit alors une période de persécutions qui conduit une partie des protestants à l’émigration (le Refuge) et l’autre partie à une sorte de résistance passive. C’est la période de l’Eglise sous la Croix, où des cultes clandestins se tiennent parfois au Désert (allusion à l’errance du peuple d’Israël dans le Sinaï), c’est à dire souvent en pleine nature (grottes, clairières, vallons isolés). 7 novembre 1787 : Louis XVI rend aux protestants une existence légale par l’ édit de Tolérance qui leur donne un état-civil. 26 août 1789 : Adoption de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) qui promulgue la liberté de culte. 8 avril 1802 : Napoléon Bonaparte par la loi du 18 germinal an X rétablit officiellement et organise définitivement le droit au culte protestant. 25 octobre 1905 : création de la Fédération protestante de France. Le président actuel est Claude Baty (2007-). 9 décembre 1905 : Aristide Briand, député socialiste, fait voter la loi sur la séparation des Églises et de l’État. Les protestants sont en grande majorité favorables à celle-ci, contrairement aux catholiques beaucoup plus hostiles à cette réforme. Ceci marque cependant l’achèvement d’un affrontement violent qui a duré presque vingt-cinq ans et qui a opposé deux visions de la France : la France catholique royaliste et la France républicaine et laïque. 1997 : Jean-Paul II en visite en France déclare officiellement qu’il regrette qu’en 1572 que « des chrétiens (aient) accompli des actes que l’ Évangile réprouve ». 1998 : Commémoration du quatrième centenaire de l’ Edit de Nantes. 2009 : Protestants en fête : 9500 personnes au Zénith de Strasbourg.

Le département du Gard est un département français. Il tient son nom du Gard (Gard en occitan), plus souvent appelé Gardon, une rivière qui le traverse. L’Insee et la Poste lui attribuent le code 30. Le Gard fait partie de la région Languedoc-Roussillon. Il est limitrophe des départements des Bouches-du-Rhône, de l’Ardèche, du Vaucluse, de l’Hérault,de l’Aveyron et de la Lozère. Son point culminant est le mont Aigoual dans les Cévennes à 1567 m d’altitude. Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d’une partie de l’ancienne province de Languedoc. À noter que le canton de Ganges, initialement et logiquement attribué au Gard, fut échangé avec celui d’Aigues Mortes attribué à l’Hérault afin que le département possède un débouché sur le golfe du Lion. Le département du Gard est riche culturellement. Il est un point de rencontre extraordinaire entre la Provence, le Languedoc, les Cévennes et la Camargue, et borde la Méditerranée. Ce pays fut, dit-on, occupé primitivement par les Ibères. Ceux-ci furent chassés par le peuple celte des Volces qui prirent, en s’établissant dans cette contrée, le surnom d’Arécomiques, c’est-à-dire Volces du pays plat, pour se distinguer des Volces Tectosages, qui occupaient les montagnes du côté de Toulouse. La civilisation orientale fut apportée sur ces rivages par les Phéniciens, qui, du XIII.me au XI.e siècle avant Jésus-Christ, y fondèrent de nombreux comptoirs ; par les Rhodiens, qui, vers – 900, fondèrent Rhoda à l’embouchure du Rhône ; enfin, par les Phocéens, fondateurs de Marseille. On se rappelle les expéditions lointaines auxquelles s’associèrent les Arécomiques, sous Sigovèse, Bellovèse, Brennus. Entraînés sans doute par les Massaliotes dans le parti de Rome, les Arécomiques s’opposèrent au passage d’Hannibal(ou Annibal) et tentèrent de l’arrêter sur les bords du Rhône. Il les vainquit et passa (- 218). Vers – 154, les Arvernes soumirent tout le pays des Arécomiques ; mais leur séjour fut de peu de durée, et déjà ils avaient disparu quand les Romains se montrèrent. L’influence de Marseille décida les Arécomiques à se soumettre volontairement (- 121) au proconsul En. Domitius ; en récompense, le sénat permit à Nîmes et aux vingt-quatre bourgs placés dans sa dépendance de conserver leurs lois, leur religion et leurs usages. Rome trouva depuis dans les Arécomiques des sujets toujours fidèles et toujours étrangers aux mouvements qui agitèrent la Gaule. Quelques années après, les Cimbres et les Teutons traversèrent, avec l’impétuosité et les ravages d’une tempête, tout le pays entre le Rhône, les Cévennes et les Pyrénées, et fondirent sur l’Espagne pour revenir ensuite se faire battre par Marius. L’attachement que les Arécomiques vouèrent dès lors au vainqueur des barbares du Nord et à son héritier Sertorius leur valut la haine de Sylla et de Pompée, qui donna une partie de leurs terres aux Marseillais. Par la même raison, ils furent favorablement traités par Jules César et par Auguste (qui plus est, d’origine nîmoise). Leur pays fut compris dans la Narbonnaise, plus tard, dans la Narbonnaise première, et se couvrit de monuments romains qui font du Gard le département le plus riche en antiquités de cette époque. Les invasions barbares, arrêtées depuis Marius par la puissance romaine, recommencèrent en 407. Crocus, roi des Vandales, dévasta la Narbonnaise et renversa plusieurs monuments romains. Il fut vaincu par le second Marius. Aux Vandales succédèrent les Wisigoths auxquels fut soumis le pays de Nîmes. Clovis le leur enleva un instant. Mais la victoire d’Ibbas, général ostrogoth, le leur rendit, et leur domination n’y fut plus troublée que par la révolte du duc Paul sous Wamba (672). En 720, les Sarrasins, sous l’émir Zama, se répandent jusqu’au Rhône ; ils sont vaincus deux ans après par Eudes. Iousouf prend le même chemin en 737 ; Charles Martel le bat à son tour. Pour la troisième fois le pays de Nîmes est envahi par les Sarrasins en 752 ; mais il se révolte, forme une ligue et chasse les étrangers. Le chef qui avait été porté à la tête de cette sorte de république, Ansemond, ne se sentant pas assez de forces pour résister longtemps aux Maures, se mit sous la protection de Pépin le Bref et lui livra Nîmes en 752. Pépin donna le gouvernement de Nîmes et d’Uzès à Radulfe, qui fut le premier comte (753). Les comtes de Nîmes devinrent héréditaires après Charlemagne, dans ces temps de trouble où les Normands se rendirent si redoutables. Ces pirates débarquèrent en 858 dans la contrée qui nous occupe ; les Hongrois y parurent à leur tour en 924 et y commirent d’affreux ravages. Mais bientôt le Nemosez eut des seigneurs capables de le défendre ; ce fut en 956, lorsque l’héritière Cécile épousa Bernard II, vicomte d’Albi, dont les descendants, devenus maîtres de Béziers et de Carcassonne, furent si puissants et si célèbres sous le nom de Trencavel. La vicomté de Nîmes fut pourtant détachée des domaines des Trencavel, en 1130, pour devenir l’apanage de Bernard, fils cadet de Bernard-Athon IV. Elle fut vendue dans le même siècle (1185) par Bernard-Athon VI à Raymond V, comte de Toulouse, déjà maître de cette partie de la contrée que l’on appelait le comté de Saint-Gilles. Au commencement du siècle suivant, Simon de Montfort se la fit adjuger, et son successeur la remit à saint Louis, qui la réunit enfin à la couronne de France. Depuis ce temps, le Nemosez, directement soumis aux officiers royaux, n’a plus changé de maîtres. Le fief d’Alais (Alès) appartenait, au Moyen Âge, à la maison de Pelet, descendante des anciens comtes de Melgueil, qui avaient eux-mêmes pour auteurs les premiers vicomtes de Narbonne. Les Pelet, qui ont toujours réclamé en vain le comté de Melgueil et la vicomté de Narbonne, furent même obligés de se contenter de la moitié d’Alais lorsque Simon de Montfort se fut emparé de l’autre. Ils gardèrent cette moitié, sous le titre de baronnie, jusqu’au mi-lieu du XVII.me siècle. L’autre moitié, devenue partie du domaine de la couronne par la cession d’Amaury de Montfort, fut érigée en comté et passa successivement par mariage ou par vente aux Beaufort, aux Montmorency et aux Conti. La vicomté d’Uzès, au commencement du XVI.me siècle, fut acquise par un mariage au baron de Crussol ; le petit-fils de ce seigneur la fit ériger en duché (1556), puis en pairie, et, au XVIII.me siècle, le duc d’Uzès était déjà le plus ancien pair du royaume, toutes les autres pairies s’étant éteintes auparavant. Au XVI.me et au XVII.me siècle, les diocèses de Nîmes, d’Alais et d’Uzès furent agités par les guerres religieuses. Bien que sans cesse persécutés (dès 1660 avec les dragonnades), les Protestants y étaient très nombreux, quand la révocation de l’édit de Nantes (18 octobre 1685) vint les frapper d’une proscription générale. Alors, en effet, on leur envoya des missionnaires et des soldats, qui en convertirent quelques-uns ; mais le plus grand nombre aima mieux s’expatrier ou souffrir pour ses croyances. Ce n’était que temples renversés, pasteurs mis à mort ou envoyés aux galères, vieillards, femmes, enfants jetés en prison (comme à la Tour de Constance à Aigues-Mortes où cette protestante avait gravé sur les murs « Résistez ! »). Beaucoup se réfugièrent dans les Cévennes au nord du département ; mais, là encore, l’inquisition les poursuivit, et des milliers y périrent sur le bûcher ou sur la roue. Désespérés, quelques montagnards cévenols s’armèrent, les uns de faux, les autres de fourches, d’autres d’épées ou de fusils ; et, des montagnes du Gard, de la Lozère et du Vivarais, la révolte se propagea dans le pays d’Alais. Ainsi commença la guerre des Camisards (1702). Comme tous les hommes de parti, les Camisards ont été mal jugés : les uns en ont fait des brigands, d’autres des héros, ceux-ci des saints et des prophètes, ceux-là des sacrilèges et des impies. C’étaient de pauvres paysans honnêtes qui, las d’être rançonnés et vexés par les gens de guerre, se battaient simplement pour la défense de leurs biens, de leurs valeurs, de leurs libertés et de leurs vies. Ils en voulaient surtout aux gens d’Église, dont l’intolérance et le fanatisme sollicitaient sans cesse contre eux de nouvelles persécutions. Les catholiques mirent tout à feu et à sang dans ce pays, n’épargnant ni l’âge ni le sexe. On cite des villages où plusieurs femmes enceintes furent égorgées et dont les enfants, arrachés de leur sein, furent portés en procession à la pointe d’un pieu. On sait que cette guerre d’extermination dura trois ans. Mais la répression dura jusqu’à 1744, voire 1787 (date de l’édit de Tolérance) et même la Révolution française (1789) avec la déclarations des droits et son article sur la liberté de religion (rédigé par un Gardois protestant). Les Camisards marchaient jour et nuit, et par bandes ; ils appelaient frères leurs chefs. Jean Cavalier, qui commandait les bandes de la plaine ou du pays d’Alais, était un garçon boucher à peine âgé de vingt ans. Ardent et courageux, il passait pour un prophète et avait sur ses compagnons un pouvoir absolu. Il eut à combattre le maréchal de Montrevel, ce qu’il fit avec succès ; mais il se rendit à Villars. On dit que le grand roi s’étant fait présenter, le jeune héros, à la vue de son air chétif et de sa petite taille, il haussa les épaules et lui tourna le dos. Après ces sanglantes guerres, le pays de Nîmes, d’Alais et d’Uzès jouit d’un long repos ; le temps du « prophétisme » en tous genres est venu animé par les idées des Lumières , il a même conduit à la création d’une communauté quaker dans le village de Congénies. Des communautés méthodistes vont également se développer à partir des années 1820…Mais la Révolution vint réveiller les anciennes passions : l’histoire du département compte à cette époque de tristes pages…À la Renaissance, et surtout aux XVIII.me et XIX.me siècles, le Gard connaît un impressionnant essor. Notamment, de grandes manufactures de tissus se développent notamment en Cévennes — ainsi, et ce n’est pas une légende, les premiers jeans (Levi’s) furent réalisés à Nîmes avec une toile résistante, d’abord conçus pour les bergers cévenols et pour les marins gênois, ensuite pour les colons de l’ouest américain, chercheurs d’or et « cow-boys ». D’où les termes « Jean (Gênes) Denim (De Nîmes)». Des métiers à tisser cette toile sont visibles au Musée du Vieux-Nîmes. Bientôt la production d’étoffes et du bas de soie s’exporte en Europe et aux Indes espagnoles. Les deux tiers de la population active de Nîmes sont employés dans le textile. La ville et le département s’enrichissent. Le Gard change. La capitale du département, cité manufacturière vouée au textile et place commerciale importante, devient de plus une plaque tournante ferroviaire essentielle lors de la mise en place du réseau de chemin de fer dans les années 1830-1840. Voilà qu’apparaissent de superbes hôtels particuliers dans les villes et villages, voilà que se dessine un renouveau urbain. À Nîmes, par hasard, au siècle des Lumières, on redécouvre le sanctuaire romain de la Source. On en fait un grand projet d’urbanisme. L’industrie de la soie se reconvertit dans la confection de châles grâce aux premiers métiers Jacquard initiés par Turion, un ouvrier nîmois. Trente années de réussite fulgurante placent le Gard et Nîmes l’industrielle à un rang européen. Mais la concurrence lyonnaise est rude en cette deuxième moitié du XIX.me siècle. Très vite, avant de perdre de l’argent, on réinvestit les capitaux du textile dans le vignoble. Celui des Costières, dans la partie sud du département, connaît alors la prospérité. La culture de la vigne est facilitée par la construction du canal du Midi, le transport du vin par celle du chemin de fer, très développé dans le Gard dès la moitié du XIX.me siècle (notamment grâce à l’industriel Paulin Talabot et à l’ingénieur Charles Dombre). C’est une nouvelle ère de prospérité. Les villes se couvrent d’hôtels particuliers. Enfin, la gare centrale du Gard à Nîmes devient le centre de transit du charbon cévenol vers Beaucaire, le Rhône et Marseille. Il est à souligner que ce département a toujours été inspirée par de multiples cultures, ceci étant notamment dû à sa situation géographique exceptionnelle : la culture latine, provençale, protestante, cévenole, camarguaise — et en particulier la tauromachie —, languedocienne. Aujourd’hui, le Gard se remodèle. Dans un élan délibéré, sa capitale, Nîmes, allie depuis une vingtaine d’années l’art contemporain le plus pointu aux richesses du passé. Elle réhabilite ses quartiers anciens et s’étend vers le sud. Elle confie ses projets d’urbanisme et d’architecture aux plus grands créateurs internationaux : Norman Foster, Vittorio Gregotti, Kisho Kurokawa, Jean Nouvel, Martial Raysse, Philippe Starck, Jean-Michel Wilmotte…Prouesse technique entre toutes, Finn Geipel et Nicolas Michelin offrent aux arènes nîmoises une couverture de toile gonflable, amovible aux beaux jours. Hiver comme été, Nîmes organise des spectacles dans les arènes. Aujourd’hui, pour des raisons de coûts mais surtout de sécurité du bâtiment et des personnes, la bulle a été supprimée cet hiver et ne couvrira désormais plus les arènes pour les hivers à venir. La viticulture y est toujours importante mais privilégie désormais largement la qualité à la quantité. La vie culturelle y est dense et de nombreux festivals ont lieu dans le département durant toute l’année. Des personnages historiques ou célèbres jalonnent l’histoire du département (cf. Personnages célèbres). Enfin, L’engouement pour le sud-est de la France et l’arrivée en 2001 de la Ligne à grande vitesse Méditerranée, mettant le Gard à 2h52 de Paris en TGV, donnent un dynamisme nouveau au département et contribuent pour une bonne part à son important essor démographique et économique.le tourisme est aujourd’hui une des toutes premieres activites du GARD,c’est dans ce departement qu’est né le label national »TOURISME et HANDICAP  » qui permet l’accessibilité dans 160 equipements Gardois.
Les villes du Gard et leurs populations : nîmes 144468, Alès 40108, Bagnols-sur-Cèze 18512, Beaucaire 15274, Saint-Gilles 13211, Villeneuve-lès-Avignon 12644, Vauvert 11138.

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