Montpellier et saint-Jacques de compostelle

Aujourd’hui nous découvrons Montpellier et sa traversée par le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, la visite est organisée par le comité AVH de Montpellier.
Le rendez-vous est sur le quai de tramway du Corum, depuis le quai nous empruntons un petit chemin de galets, il monte sur une des collines de Montpellier. Nous devons cette mise à jour de ce site, grâce au progrès de la science et de l’archéologie, jusqu’en 2000 cet endroit était complètement méconnu. C’est suite à la construction de la ligne de tramway, que les fouilles ont permis de découvrir ces vestiges du moyen-âge. Le parcours que nous cheminons était emprunté par les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, quand ils abordaient Montpellier en provenance de l’Italie via Arles et Saint-Gilles. Le Corum construit en 1988 côtoie l’artère médiévale qui permettait d’accéder à Montpellier, dont le cœur de la ville a la forme d’un écusson d’où le nom actuelle donné au centre e historique de la ville. Nous sommes au nord du dit écusson, la tour de la Babotte se trouve au sud, le Peyrou est situé à l’ouest, les quartiers modernes le corum, le Polygone, Antigone et le Lez se profilent à l’est du cœur de la ville. Les fouilles effectuées lors de la construction de la première ligne de tramway hors sol et à l’intérieur du sol, elles ont mis à jour les vestiges de l’abside de la chapelle de l’ancien hôpital du Saint-Esprit. Nous nous trouvons dans le chœur de l’ancienne chapelle, Montpellier a toujours été reconnue pour son caractère médical, Au XII.me siècle, date de la création de l’hôpital Saint-Esprit, Montpellier comptait 19 hôpitaux, aujourd’hui la ville créée en 985 compte 9 hôpitaux et 14 cliniques. On peut donc dire que la tradition médicale a perduré, la ville de Montpellier fut fondée par Guilhem, grâce à des terres cédées par le seigneur de Mauguio ou de Melgueil à cette époque, 8 Guilhem vont se succéder à la destinée de la ville. C’est le fils de Guilhem VII, c’est un prêtre, il est à l’origine de la construction de l’hôpital Saint-Esprit. Au moyen-âge, certes l’hôpital était un lieu de soins, mais c’est surtout l’endroit où l’on héberge, où l’on accueille les orphelins, et surtout les pèlerins, c’est un lieu de passage dans lequel les pèlerins peuvent se restaurer et se reposer 3 jour maximum. Leur but est de cheminer jusqu’à saint-Jacques de Compostelle, ils ont à loisir de fréquenter les auberges situées sur le parcours. Les romieux, c’est-à-dire les pèlerins en provenance de l’Italie, après avoir traversé Baillargues, le Cres et le pont entretenu par les seigneurs concernés, car l’affluence des pèlerins faisait prospérer l’économie locale. Ensuite ils abordaient la léproserie saint-Lazare, où se situe actuellement le cimetière du même nom, le premier édifice qu’ils rencontraient en pénétrant dans Montpellier, c’était l’hôpital Saint-Esprit. Pour eux, c’était le lieu d’hébergement avant de continuer leur route, au moyen-âge un hôpital était toujours flanqué d’une chapelle. Nous pouvons découvrir les bases des murs d’enceinte de l’ancienne chapelle, c’est de la pierre coquillée qui provient de Castries et de Saint-Genies des Mourgues. C’est une pierre très clair, elle capte admirablement la lumière naturelle. La chapelle était bien sûr accompagnée d’un cimetière, il se trouvait de l’autre côté de l’abside. Le pèlerinage était très long, on parcourait entre 25 et 50 kilomètres par jour, de temps à autre on avait besoin de repos, malgré tout ça, certains mourraient lors des étapes, ils étaient donc enterrés au cimetière qui se trouvait près de la chapelle. L’abside est la partie la plus sacrée d’un édifice religieux, l’hôpital accueillait les pèlerins dans une salle qui leur était destinée. Le premier geste adressé à un pèlerin était de lui laver les pieds, d’une part pour l’hygiène, ensuite surtout pour les soigner et les soulager, car l’accumulation des kilomètres les rendaient fragiles. Le lavement des pieds et également un rite liturgique, on prenait aussi leur pèlerine pour les secouer au-dessus de l’âtre, ce geste permettait d’éliminer les parasites contenus dans le vêtement. On leur offrait la soupe qu’ils partageaient tous ensemble, un dortoir de 12 couches leur était proposé pour se reposer, 12 comme les 12 apôtres, on dormait 3 à 4 par lit pour se donner chaud, n’oublions pas qu’à cette époque, dans les familles les lits étaient communs, il n’était pas rare de s’y engouffrer 3 ou 4 par lit également. Au moyen-âge l’hôpital se trouvait à l’extérieur de l’écusson, les hôpitaux et les couvents se trouvaient toujours hors de l’enceinte des villes, car la maladie et la mort n’avaient pas droit de citer au cœur de la ville médiévale. Nous passons sous une porte reconstituée de l’ancienne ville, elle permettait d’accéder au cœur de la ville, elle se nommait porte du Pilat saint-Gély, en français ça signifie la porte de Saint-Gilles du Gard. Cette porte date du XIII.me voir XV.me siècle, c’était une des entrées de la ville, l’écusson était pourvu de 8 portes. Il y avait celle-ci, la porte de l’Université, la porte Saint-Charles, la porte de Saint-Jaumes ou Saint-Jacques qui menait en direction de Saint-Guilhem le Désert, la porte du Peyrou, la porte de la saunerie où se situait le marché du sel, la porte de la Babotte, sur la place de la comédie il y avait la porte d’Obillon. L’écusson comprenait 25 tours de défense, il n’en reste plus que 2, la tour de la Babotte et la tour des pins. Tous ces éléments plantent le décor d’une ville médiévale fortifiée, dont il ne subsiste que quelques vestige, la porte du Pilat Saint-Gély est donc une restitution pour symboliser l’entrée des pèlerins venant de l’est appelés. S les romieux A partir de cette porte, le trajet des pèlerins dans la ville est matérialisé par des clous en bronze, nous passons un petit pont de bois qui surplombe un fossé, nous traversons le boulevard bonnes Nouvelles et nous nous engageons dans la rue du Pilat saint-Gély. La rue est incurvée en son centre, elle rappelle les ruelles médiévales avec un caniveau au centre pour collecter les eaux usées, aujourd’hui la rue est quelque peu plus large qu’au moyen-âge. Elle est assez pentue, et elle est parsemée de clous qi rappellent que nous sommes sur le chemin emprunté par les romieux au XII.me siècle, le tracé du chemin qui traverse Montpellier est guidé par 300 clous en bronze distants de 5 mètres l’un de l’autre. A l’époque médiévale la rue du Pilat Saint-Gély regorgeait d’auberges, elles étaient fréquentées par les pèlerins. Nous passons devant une de ces auberges appelée, auberge du chapeau rouge, elle a d’ailleurs donné son nom à la rue où elle se situait, aujourd’hui c’est une résidence privée qui n’est pas ouverte à la visite. Les auberges portaient des noms sympathiques comme auberge du cheval blanc, du lion d’or etc. Pour les reconnaitre et les différencier, car les pèlerins pour la plupart ne savaient pas lire, au début on mettait une botte de paille au-dessus de la porte pour indiquer que la maison faisait office d’auberge. Parfois on incrustait la façade de coquilles Saint-Jacques pour éveiller l’œil du pèlerin, plus tard on renvoyait à des images pour identifier l’auberge et son nom, c’est la naissance des enseignes. L’auberge du chapeau rouge était indiquée par un chapeau, le ferronnier par un fer à cheval et chaque commerce avait pour ainsi dire son logo. Une petite anecdote, la comtesse de Ganges au XVIII.me siècle s’était fait construire un hôtel particulier, qui est aujourd’hui devenu la préfecture de Montpellier. Cette dame était mariée, mais elle entretenait une liaison avec le cardinal de Gonzy de Béziers. Les 2 amants se rencontraient à l’hôtel de Ganges, quant au comte de Ganges par les états du Languedoc, il logeait à l’auberge du chapeau rouge tout frais payé, par l’argent du peuple, les temps n’ont pas réellement changés. Habituellement les auberges situées sur le parcours du chemin de Saint-Jacques de Compostelle attiraient plutôt les notables, quelque peu fortunés, les pèlerins modestes se contentaient des hôpitaux qui leur réservaient le gîte. Il existait des pèlerins de substitution, quelqu’un mourrait, il devait faire son pèlerinage, dans son testament était consignée la personne qui devait le faire à sa place, ce n’était pas marrant, mais c’était la coutume. A l’époque médiévale 2 rues étaient réservées plus particulièrement aux auberges, la rue du Pilat Saint-Gély et la rue actuelle nommée grand rue Jean Moulin, ancienne rue des barbiers ancien nom donné aux chirurgiens du moyen-âge. Ces 2 rues étaient l’une située côté Italie, et l’autre côté Espagne. Au centre des 300 clous qui indiquent le cheminement des pèlerins à travers la ville, il y a une coquille Saint-Jacques stylisée, par contre sur les côtés est inscrit camine romieu, ce qui signifie, le chemin qui mène de Rome à Saint-Jacques de Compostelle. Ces clous sont l’ouvre d’un sculpteur et d’un fondeur de bronze, ils sont très prisés, certains ont été prélevés par des collectionneurs indélicats. Montpellier était certes une ville médicale, le pèlerin est le premier patient des médecins montpelliérains, la plupart des médecins sont juifs, ils travaillent de manière itinérante, ils sont très souvent à l’origine des guérisons des pèlerins et hélas parfois des amputations. Nous continuons à gravir la rue du Pilat Saint-Gély, nous arrivons à une patte d’oie, c’est l’endroit où se rejoignent la rue de l’Aiguillerie et la rue de la Vieille Aiguillerie, nous sommes au centre de la vieille ville médiévale, c’est ici que l’on recensait les fabricants d’aiguilles. A l’angle des 2 rues se dresse la statue de Saint-Roch, Saint-Roch est né à Montpellier au XIV.me siècle, c’était le fils d’un notable de la ville, la légende raconte qu’il est allé soigner des pestiférés en Italie. Il y a 2 fins à son histoire, les montpelliérains disent qu’il est revenu à Montpellier pour y mourir, il serait donc rentré par la porte du pilat Saint-Gély, cette statue rappelle cette hypothèse. Les réalistes, par contre savent qu’il est mort en Italie, sa sépulture est donc restée là-bas, Au milieu de la rue de la Vieille aiguillerie se situe l’ancienne résidence des évêques de Maguelone, il faut savoir qu’au moyen-âge, c’est l’évêque qui dispense le diplôme de médecine, quand on passe sa thèse, on la soutien avec son l’aval. Nous sommes au bout de nos peines, nous sommes sur la place de notre dame des tables, c’est le terme de l’ascension de la colline. Noud sommes à proximité de l’église Saint-Mathieu, elle est située dans la rue Germain, mais elle n’est pas ouverte à la visite. Notre dame des tables est une église jésuite, auparavant au XII.me siècle place Jean Jaurès, il y avait une église qui se nommait également notre dame des tables. Celle devant laquelle nous nous trouvons a été édifiée en 1629, L’ancienne paroisse notre dame des tables du XII.me siècle, elle accueillait les pèlerins, ils y étaient hébergés et ils pouvaient y échanger leur monnaie. L’ancienne paroisse notre dame des tables a été détruite pendant les guerres de religions, on a donc donné son nom à cette nouvelle église construite au XVII.me siècle. L’église notre dame des tables du XVII.me siècle, et l’ancienne chapelle du collège jésuite, lequel est devenu le lycée des garçons de Montpellier avant de céder sa place à l’actuelle musée Fabre. Je rappelle que le musée Fabre est délimité par le boulevard Bonnes Nouvelles, la rue Montpeliéret, la rue du Collège et la rue Girard. Les jésuites ce sont implantés après les guerres de religions, de chaque côté de la façade de la nouvelle église notre dame des tables, on aperçoit 2 statues. Une statue représente Saint-Jean l’évangéliste, dans sa main il tient une coupe qui contient un serpent, le serpent est l’incarnation de la prudence. Une autre statue représente un saint, dont ses attributs sont représentés par des lys qu’il tient dans sa main, les lys rappellent la virginité de la Vierge. Sur la place de notre dame des tables se situe une fontaine du XVIII.me siècle, aujourd’hui elle n’est plus alimentée en eau, une petite arcade surmonte la fontaine, une guirlande sculptée la met en valeur, on y aperçoit des grappes de raisin et une tête d’agneau. Nous déambulons dans la rue du collège, sur notre gauche se trouve le musée Fabre, nous croisons à gauche la rue Montpelliéret et à droite la rue Gleize. Nous parcourons la rue de la Monnaie, nous faisons une halte sur l’ancienne pharmacie de la chapelle de la miséricorde. Sur la porte est inscrit IHS, c’est le sigle des jésuites, le H est surmonté d’une croix. Cette pharmacie émanait d’un ordre charitable, et caritatif du XVII.me siècle. Cette officine a exercée à partir du XVII.me siècle., cet ordre est géré par des dames, leur but est d’aider les nécessiteux. C’est à cet endroit que l’on distribuait gratuitement les médicaments, dans le couloir sont aménagées des étagères sur lesquelles sont disposés des pots à pharmacie. Ils sont en faïence de Montpellier, une sorte de passe plat permettait aux dames de passer les médicaments aux malades. Nous continuons à déambuler dans la rue de la Monnaie, à gauche nous croisons la rue Fabre, nous prenons en face la rue Valledeau, puis nous nous engageons à droite dans la rue Embouc d’OR. La rue Embouc d’OR fait partie d’une des nombreuses circulades de l’écusson, ses immeubles de 4 étages faisaient remparts a des lieux stratégiques de la ville. Ces rues en forme d’ellipse, interdisaient au vent de s’y engouffrer, ces remparts naturels protégeaient ce qui se trouvait au centre de la rue circulaire. Le centre des rues circulaires au moyen-âge, c’était soit une église ou un château. Cette circulade protégeait le premier château des Guilhem, et plus tard l’église notre dame des tables du XII.me siècle, qui se trouvait sur la place Jean Jaurès. Nous nous rendons sur la place Pétrarque, nous pénétrons dans une demeure médiévale, l’hôtel de Varennes. La particularité de ce lieu, c’est qu’au XIV.me siècle, l’ensemble était composé de plusieurs îlots d’habitations. Nous passons un passage couvert, au-dessus de nous nous avons des voutes croisées d’ogives, comme ça se faisait au XIV.me siècle. Les ogives se croisent, elles sont pointues, elles ne sont plus circulaires comme elles l’étaient au XII.me siècle. Le passage permet d’aller de l’extérieur jusque dans la cour de la demeure médiévale, ce n’est pas n’importe qui, qui habite ces espaces. La cour de la résidence est aujourd’hui occupée par la terrasse du restaurant la Diligence, le restaurant occupe les anciennes écuries de la demeure médiévale. Dans la salle de restaurant on peut voir, au plafond des anneaux qui permettaient de suspendre les marchandises, on les trouve aussi dans la salle Pétrarque qui se trouve dans cet ensemble. Dans le fond de la cour on distingue 2 petites salles, on appelait cet endroit la loge. C’est le lieu de transactions du propriétaire des lieux, cette loge donne sur la cour de la demeure, mais aussi sur la rue. A cette époque, on ne mélangeait pas la vie publique, et la vie privée. Ce lieu a été la demeure de Jacques Nicolas un associé de Jacques cœur au XV.me siècle, Jacques Cœur était drapier à Bourges. Il avait une résidence secondaire à Montpellier, pour l’éloigner quelque peu le roi Charles VII, dont il était l’argentier, ils étaient ennemis, car l’argentier était beaucoup plus riche que le roi. Le roi l’envoya à Montpellier pour relancer l’économie, Jacques Cœur avait une maison à proximité de son associé qui possédait cette demeure. Ce n’est plus une habitation où s’entasse plusieurs familles, mais une véritable demeure cossue, que l’on appelle l’oustal ou le chez soi. La salle de conférence actuelle Pétrarque était les anciens entrepôts, on y stockait les 3 denrées le plus vendues à Montpellier elles étaient le sel, le vin et le drap rouge que l’on obtenait en trempant le tissu dans des bains de cochenilles. Par ailleurs, les pèlerins lors de leur passage achetaient un petit carré de drap rouge pour attester leur passage à Montpellier, qu’ils attachaient à leur pèlerine. Au centre de la cour se situe un puits, l’eau provenait de la nappe phréatique de Montpellier. Nous observons une large ouverture dans la cour, à l’origine elle était pointue, comme les ouvertures gothiques, au XVIII.me siècle la maison est devenue un hôtel particulier. Il appartenait à la famille de Varennes, on a réduit l’ouverture, on lui a donné une forme en anse de panier, et au seul escalier qui desservait les étages. Il était d’une seule volée en pente douce, qui par des galeries permettaient d’accéder à tous les étages. On a donc modifié l’escalier, on l’a conçu à degré, il s’enroule et se déroule comme un ruban. Il est très large, car au XVIII.me siècle tout comme la porte d’entrée, ça témoignait la puissance et la richesse de la famille. La largeur de l’escalier devait aussi permettre à deux dames de se croiser aisément avec leurs robes à crinoline. Au-dessus de la loge, on distingue des fenêtres à meneaux, elles ont été remaniées au XV.me siècle, au moyen-âge on y trouvait la salle à manger, car à cette époque ça ne dérangeait pas de vivre côté rue. Le bruit faisait partie de la vie, par contre au XVIII.me siècle, la famille de Varennes va s’établir plutôt côté salle Pétrarque. Pour s’isoler du bruit, en plus la famille occupe tout le premier étage, les cuisines et les dépendances sont au rez-de-chaussée, et les domestiques vivent sous les combles. Aujourd’hui le premier étage est occupé par le musée du vieux Montpellier, en bas de l’escalier, en bas relief, on peut voir une effigie qui représente Saint-Roch avec son chien. Le puits de Saint-Roch se trouve au 17 de la rue de la Loge, au fond de la boutique de chaussures herbet. Saint-Roch était un fils de consul, il a fait des études de médecine, Avant de partir en pèlerinage en Italie pour soigner les pestiférés. On raconte qu’il s’est lavé les mains avec l’eau de ce puits, l’eau ayant des vertus thérapeutiques, arrivé en Italie il a donc fait des miracles. Jusqu’à ce qu’il soit contaminé, le chien d’un seigneur lui portait chaque jour une miche de pain pour le nourrir et lécher ses plaies. C’est comme cela que Roch aurait guéri, on ne sait pas ce qu’est devenu le chien, Guéri Roch a voulu rejoindre Montpellier. Quand on est pèlerin, on a plus d’identité, il a été pris au cœur d’un combat, il a été pris pour un espion. Il a été arrêté, il a passé le restant de ses jours en prison dans le nord de l’Italie, à la veille de sa mort, il a dit à son prêtre. Je suis Roch, je viens de Montpellier, c’est pour cela qu’il a été canonisé, ses reliques sont restés en Italie tout ce temps. L’église Saint-Roch de Montpellier date du XIX.me siècle, moment où la ville échappe à une épidémie de choléra. On fait appelle au pape par une intervention de l’évêque de Montpellier, afin de récupérer les reliques du saint local, aujourd’hui l’église conserve un tibia et le bâton de pèlerin de Saint-Roch. L’église Saint-Roch est inachevée, elle a été construite en même temps que les grands travaux haussmanniens, manque de finances, il n’y a pas de statues, de vitraux, mais il y a les reliques de Saint-Roch. Le 16 août, une procession accompagne les reliques de Saint-Roch, de la maison où se trouve le puits à l’église saint-Roch. Les reliques sont également sorties pour la toussaint, mais juste sur la place Saint-Roch. Nous quittons l’hôtel de Varennes plus communément appelé salle Pétrarque, nous rejoignons la rue de l’Aiguillerie que nous descendons. Nous empruntons la rue Gleizes, puis la rue Montpelliéret pour atteindre l’esplanade. Nous sommes entre le corum et le musée Fabre, le Corum est recouvert de granit rouge bouchardé, il est appelé le vaisseau. Corum est la contraction de cœur et de forum, cœur, car nous sommes au centre de la ville, et forum pour la proximité de l’esplanade qui prolonge la Comédie. Le Corum à 67000 mètres carrés de surface, c’est gigantesque, la façade côté tramway a une hauteur de 34 mètres, pour une largeur qui varie entre 30 et 50 mètres. Le Corum renferme le palais des congrès et l’opéra, l’opéra comédie date du XIXKme siècle, il a subi plusieurs incendies, l’actuel opéra comédie a été reconstruit 3 fois. Aujourd’hui il subit une nouvelle restauration, dont l’essentiel est de rénover la machinerie et de déforestier son mobilier, afin que l’œuvre réalisée par un élève de Charles Garnier soit pérenne. Le corum a été construit un siècle après l’opéra comédie, en 1988, il est l’œuvre de l’architecte Claude Vasconi, c’est lui qui a construit le quartier des halles à Paris. Sur le toit du Corum, il y a un héliport, c’est l’un des palais des congrès le plus grand de France, il peut accueillir 3000 personnes, on y organise 150 manifestations chaque année. Au début ce vaisseau était considéré comme une verrue par les montpelliérains, on l’a beaucoup décrié, aujourd’hui il est parfaitement intégré, et fait partie des fleurons architecturaux de Montpellier. On s’avance près des statues d’Allan Mac Collum, ce sont 5 statues contemporaines placées sur des blocs en béton. Pour être franc j’ai déconnecté, car même au toucher j’ai eu du mal à reconnaître les formes exprimées par l’artiste. Elles sont de couleurs primaires une est jaune, une est bleue, une est beige, une est rouge et une est verte. Ces statues ont été réalisées par un artiste contemporain américain, il a également participé à l’embellissement de différentes stations de tramway. Le but était de faire un parcours artistique, Mac Collum l’artiste en question a une thématique dans son travail. C’est la répétition, devant nous, il y a 5 statues, de loin elles ont l’air identiques. Ce sont des moulages de statues qui proviennent du château de la Mosson, situé près de Juvignac. Au XVIII.me siècle à Montpellier, on fleurit, on construit des folies à l’extérieur de la ville, ce sont de petits châteaux miniatures, mais magnifiques. L’une de ces folies appartenait à Joseph Bonnier de la Mosson, il était intendant des états du Languedoc. Si le château était particulièrement beau, son parc était splendide, aujourd’hui ne subsiste de ce joyau, le par cet une salle de musique miraculeusement conservée. Quand Mac Collum a décidé de réaliser son projet, il est allé visiter ces folies de Montpellier, il a découvert dans le parc du château de la Mosson, qui est dans un état déplorable, c’est le refuge du vandalisme à outrance. On y prélève sauvagement des morceaux de statues, malgré ce cataclysme, l’artiste a trouvé les statues très belles, malgré leur état délabrées. A certaines ils manquent la tête, un bras, enfin tout ce qui peut être arraché facilement. Le matériau avec lequel il a réalisé le moulage des statues, c’est plutôt étrange, car ce n’est pas du tout ce que l’on imagine d’ordinaire. Une statue habituellement c’est en pierre, en bois ou en bronze, celles-ci sont à base de silicone, elles sont recouvertes de poussière de marbre. Au toucher l’aspect est dur, si les 5 statues ont des ressemblances, elles sont toutes différentes. Ce sont des femmes ou des hommes, ils sont couchés sur le flanc, la tête reposant sur l’un de leur avant bras. Les statues incarnent des allégories, la personnification d’une idée, ce sont leurs attributs qui nous l’enseignent. Les statues incarnent des dieux, des déesses ou des saisons, elles sont drapées. Les 5 sculptures incarnent les 4 saisons, et une représente la force. La couleur des statues est teintée dans la masse, à Noël 2007, un graffeur a voulu amener sa touche personnelle aux œuvres contemporaines en leur donnant un aspect argenté. Pendant 2 ans les statues n’ont pas retrouvé leur couleur d’origine, ce qui a mis Mac Collum dans une colère monstrueuse. Après multiples échanges avec la mairie, l’artiste a eu gain de cause, et sa propriété intellectuelle lui a été restituée, car les statues ont retrouvées leur couleur d’origine. Après près de 3 heures de découverte d’une partie de la vie médiévale et de réalisations du XX.me siècle, nous nous sommes quittés, nous avons rejoint l’arrêt de tramway du Corum, et chacun est reparti à ses occupations.
Ce fut une découverte enrichissante sur le passé médiévale de Montpellier, où le passage du chemin de Saint-Jacques de Compostelle a eu un grand retentissement sur l’économie locale.

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