la tour des pins

Petite balade culturelle autour du square de la tour des pins à Montpellier, cette journée est proposée par l’association Rencontre, c’est la présidente madame Granel qui nous accueille Boulevard Henri IV. Elle nous convie à la visite du square de la tour des pins, l’accès se fait par la porte qui se trouve sur le boulevard Henri IV à proximité de la rue Armand Gautier.
Au pied de la tour des pins, un des derniers vestiges des remparts de Montpellier, se trouve un petit square dans lequel on peut voir 4 statues. Statue d’Albert Fabre : historien et archéologue languedocien, sa statue est l’oeuvre de J.L. Guigues. A ses cotés, on reconnait Sainte Marie-Madeleine portant un vase à parfum. La sculpture date de 1924. Statue du Professeur Grasset : né et mort à Montpellier, il est le père de la neuropsychiatrie montpellieraine. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages ainsi que d’une pièce de théatre. Cette statue est due à J.A. Injalbert et date de 1929. Statue d’Auguste Baussan : sculpteur statuaire né à Montpellier. Il est l’auteur notamment de la statue de Planchon dans le square du même nom à Montpellier, de la vasque de la fontaine des 3 grâces sur la place de la Comédie à Montpellier, de la fontaine de la Belle Agathoise à Sète, ainsi que des sculptures monumentales du Theatre Molière de Sète. Cette statue est due à Raoul Dussol et date de 1911. Statue de Moquin-Tandon et son fils. On lit sur le socle : « A Mouquin Tandon e soun grand Auguste Tandoun la vila de Mount Pelie lou felibrige latin e las mantenancas de roumania et de franca ». Peu de chose sur Moquin Tandon, mais Auguste, son fils, était surnommé « le troubadour de Montpellier ». Cette sculpture, due à Vincent Taillefer, a pas mal « voyagée » et est dans ce square depuis 1909. A ne pas manquer aussi, la plaque dédiée à Jacques 1er d’Aragon, sur la Tour des Pins.
Le boulevard Henri IV a été construit sur l’ancienne commune clôture de Montpellier, le fossé a été comblé pour mettre à niveau la voie de circulation avec l’écusson ou Montpellier historique. Nous commençons la visite du square, il s’étend sur l’emplacement de maisons qui ont été abattues pour créer un poumon de verdure autour de la tour des pins. Nous croisons le médaillon de Fabre, il se trouve sur une colonne de marbre de la tour, le nez de l’imminent archéologue a été cassé par des vandales. Nous contournons la tour, elle a une base carrée de 25 mètres de côté, un balcon ornait le sommet, il s’est effondré. Il faut dire que pendant une longue période la tour n’a pas été entretenue. Les 4 pins et les 2 cyprès plantés au XVII.me siècle ont aidé à la détérioration de la plate forme de la tour, ainsi que les terrasses de fleurs qui l’ornaient, tout cet ensemble a eu raison du balcon. Nous apercevons la plaque dédié à Jacques d’Aragon, ce fut un grand prince, il a beaucoup œuvré pour Montpellier. Il était le petit fils de Guilhem VIII qui avait demandé au pape de divorcé, car il n’avait qu’une fille pour lu succéder, c’était la future Marie de Montpellier. Elle va apporter en dote Montpellier à l’Aragon en épousant Pierre II d’Aragon qui faut bien le reconnaître est un sale type. Il ignorait la pauvre Marie de Montpellier, il a fallu que les consuls jouent de stratèges afin qu’il l’honore afin de perpétuer la lignée de sang des princes d’Aragon. On lui fit miroiter une superbe jeune créature, mais avant de passer à l’acte, elle lui confia qu’elle préférait faire la chose dans l’obscurité. Elle profita de la situation et de l’absence momentanée de Pierre II d’Aragon pour mettre dans le lit Marie de Montpellier. C’est ainsi que fut conçu Jacques d’Aragon dans un hôtel particulier à Montpellier, près du plan pastourelle. Montpellier n’a pas eu de reconnaissance envers ce prince bienfaiteur, à son encontre. On a simplement donné son nom à une petite rue de l’écusson, et, cette plaque apposée contre la Tour des Pins. Par contre à Valence une gigantesque statue, elle n’a rien à envier au statuaire stalinien, elle a été érigée sur la place principale de la ville. Nous distinguons la statue du professeur Grasset, il a découvert que la souffrance physique et morale étaient identique, ses études ont démontré que la souffrance morale était parfois plus lourde que la souffrance physique. Il fut professeur à la faculté de médecine de Montpellier, il habitait 6 rue Jean Jacques Rousseau, il a eu beaucoup d’enfants, il est décédé en 1918. Il se trouvait très laid et il l’était, il portait une horrible barbe rousse, d’horribles binocles rondes. Il faisait des articles sur les journaux pour se moquer de lui-même, les gens étaient indignés, car ils ne savaient pas que c’était lui qui se moquait de sa propre personne. Auparavant il avait sa statue dans le square de la tour des pins, mais tout comme celle de Fabre, elle fut saccagé, on la déplaça donc sur un des murs de la dite tour. Nous sommes devant la statue de Baussan, le célèbre sculpteur montpelliérain, on peut remarquer auprès de lui la statue de la renommée, c’est une femme très bien drapée, elle a été réalisée par un des élèves de Baussan. Aujourd’hui la tour des pins renferme les archives, elles ont séjournées auparavant à la place Jean Jaurès, à l’ancienne mairie place de la Canourgue et à l’hôtel de Ganges actuellement occupé par la préfecture. Les archives ont subi des dégâts lors de leur stockage dans des lieux non préservés de la pluie, 25 volumes de grande importance ont été détériorés. Pour les mettre à l’abri, d’importants travaux ont été réalisés sur la plate forme de la tour des pins, ce qui a eu pour effet de consolider et restaurer la tour médiévale.
La tour des Pins est un vestige des anciens remparts de Montpellier, dans l’Hérault. Elle est située boulevard Henri IV et inscrite aux monuments historiques. La tour des Pins est un élément des vingt-cinq tours de l’enceinte fortifiée qui protégeait la ville de Montpellier à la fin du XIIe siècle, début du XIIIe siècle. Elle en reste le dernier vestige avec la tour de la Babote. Haute de vingt-neuf mètres à l’origine, elle surplombait un fossé. Le remblayage de ce dernier en 1778 lui a fait perdre quatre mètres. Sa destination défensive est abandonnée en 1592, date à laquelle elle est transformée en habitation. En 1792, sous la Révolution, elle devient une prison. La ville de Montpellier l’achète ensuite sous l’Empire, en 1809, pour y installer un asile de jeunes filles repenties. Celles-ci sont remplacées par une congrégation religieuse : les sœurs Noires jusqu’en 1836, les sœurs de la Madeleine jusqu’en 1861. En 1886, les archives municipales y sont transférées après restauration complète de l’édifice. Depuis 2003, la tour des Pins abrite deux associations de la tradition montpelliéraine : la confrérie des Barons de Caravètes et la Garriga. La plaque apposée sur le mur, en façade du boulevard Henri IV, célèbre le souvenir de Jacques Ier d’Aragon, né dans la ville en 1208 et seigneur de Montpellier par sa mère, Marie de Montpellier. Les pins au sommet de la tour lui ont donné son nom au début du XVIII.Me siècle, Cette curiosité qui s’explique facilement par les conditions atmosphériques et la terre accumulée entre les dalles de la plateforme a néanmoins suscité l’imagination populaire. Une prédiction de Nostradamus, ancien étudiant de l’université de médecine de Montpellier, signale en effet que « lorsque les pins disparaîtront, la cité périra ». La liaison avec la tour des Pins a été vite faite par les habitants de Montpellier mais, en 1828, la chute d’un de ces arbres n’affecta en rien l’existence de la capitale languedocienne. Les arbres sont cependant soigneusement entretenus et, le cas échéant, remplacés à leur mort par la municipalité, le dernier exemple datant de 1960.
Nous passons devant la statue de Moquin-Tandon, les bustes du père et du fils se superposent, en dessous des bustes, on remarque 2 enfants entrain de s’instruire. Les sœurs noires qui résidaient à Saint-Roch sont venues ici sur ordre de Napoléon, leur but était d’instruire les jeunes filles. A l’époque la tour était entourée d’habitations, c’était très exigu, les sœurs noires sont restées une vingtaine d’années. Ensuite ce fut la congrégation de l’ordre de la Madeleine créé par le père Montels qui a par ailleurs sa rue à proximité, elles enseignaient aux filles repenties, ensuite l’ordre de la Madeleine plus connus sous le nom des sœurs de Nevers ont agrandi leur espace devant le succès de leur instruction, elles se sont établies où se trouve aujourd’hui l’institut de biologie qui est délimité par la rue Armand Gautier, le boulevard Henri IV, le boulevard Pasteur et la rue du cardinal de Cabrières. Le couvent de la madeleine s’étendait sur tout le quartier, une chapelle avait été construite, aujourd’hui elle n’existe plus. Ensuite les sœurs de la madeleine ont acheté le Sacré Cœur dans la rue Saint-Vincent de Paul, qui s’appelait à l’époque le jardin Vidal. Le quartier ne leur plaisait pas, elles se son établies à la rue Garenne où elles enseignent toujours. Le square lors de sa création était arboré et fleuri, mais devant l’incivilité on a renoncé à le fleurir, aujourd’hui il est composé de nombreuses essences d’arbres, il servait par ailleurs au chanoine de la cathédrale qui venaient s’y recueillir pour réciter leur bréviaire. Après notre déambulation dans le square nous rejoignons la cathédrale, où une guide conférencière nous attend pour la visite.
La cathédrale Saint-Pierre de Montpellier est une cathédrale catholique. Située dans l’écusson, le centre de la vieille ville, c’est le plus important monument de style gothique de la ville de Montpellier et la plus grande église du Languedoc-Roussillon. La cathédrale Saint-Pierre était à l’origine la chapelle du Monastère-Collège Saint-Benoît Saint-Germain, fondée en 1364, par le pape Urbain V. Cette église fut érigée en cathédrale en 1536, lorsque le siège épiscopal est transféré de Maguelone à Montpellier. L’historienne montpelliéraine Louise Guiraud décrit précisément l’architecture du bâtiment ainsi que la composition des différentes chapelles. Quatre tours s’élèvent aux angles de la nef, dont l’une fut abattue lors des mouvements iconoclastes de 1567. Le bâtiment est muni de défenses importantes, ce qui en fait une forteresse. À la fin du XVI.me siècle on la surnomme d’ailleurs le « fort Saint-Pierre ». L’une des façades était couronnée par des mâchicoulis surmontés de créneaux, derrières lesquels devait courir un chemin de ronde dans l’épaisseur du mur. L’entrée est précédée d’un porche massif, composé de deux piliers cylindriques et d’une voûte reliant les piliers à la façade de l’église. Ce sont pratiquement les seuls éléments de l’architecture médiévale de la cathédrale que l’on peut encore observer aujourd’hui. L’église était composée d’un vaisseau unique, de cinq travées délimitant les chapelles latérales au nombre de quatorze. Elles sont dédiées à saint Germain, à Notre Dame, à saint-Victor, à sainte Cécile, sainte Ursule et les onze mille vierges, saint Martin, sainte Catherine, à la Sainte Croix, à saint Pierre, sainte Marie Madeleine, saint Blaise, saint Lazare et saint Michel. L’ornementation de l’église était très riche. L’autel majeur était entouré d’un retable de vermeil. Au rez-de-chaussée, la petite sacristie était commune avec l’église. Il y avait à l’intérieur des armoires à plusieurs serrures, dont l’une ou l’on avait pour habitude de conserver des reliques (bras d’argent de saint Benoît, de saint Germain et de saint Blaise) ainsi que des livres et du linge dans des coffres. Cette sacristie était dite mineure par opposition à la sacristie majeure qui contenait le trésor (reliquaires, vases sacrés, ornements précieux). Durant les guerres de religion, la cathédrale a été la cible des attaques protestantes. Le 20 octobre 1561, après un siège durant la nuit, la foule pénètre par une brèche dans la cathédrale où s’étaient réfugiés quelques dignitaires catholiques accompagnés d’une troupe de soldats. L’étendue du massacre varie entre 8 et 50 morts selon les chroniqueurs. Théodore de Bèze dans l’Histoire ecclésiastique, par exemple dénombre les morts sur place et ceux qui meurent quelques jours plus tard de leurs blessures. Jacques de Montaigne dans l’Histoire de l’Europe avance le nombre de 17 morts, ce qui paraît plus probable. Quoi qu’il en soit, le meurtre précéda le pillage et la ruine. En 6 ou 7 heures l’église fut complètement dépouillée. Cependant, les consuls de la ville (tous protestants) réussirent à préserver le trésor en établissant un inventaire. Le pillage de la cathédrale fut suivi du pillage des couvents et des monastères de la ville. En 1562, la cathédrale perd ses cloches et ses grilles de fer qui sont fondues pour faire des munitions face au siège de la ville par les catholiques. En 1567, la cathédrale subit les assauts des protestants qui cette fois vont s’attaquer au bâtiment. Une tour s’effondre sous les coups des calvinistes entraînant avec elle l’ensemble du bâtiment. Les chanoines de la cathédrale se réfugièrent à Villeneuve-les-Maguelone et à Frontignan ou ils restèrent jusqu’à la fin du siège de Louis XIII en 1622. Le roi fit aussitôt reconstruire la cathédrale. La voûte, le pavement de la nef et la façade sont refaits. Après avoir été réaménagée selon un projet de Jean-Antoine Giral au XVIII.me siècle, Saint-Pierre est victime de la volonté de la transformer en un édifice plus ambitieux. Les travaux dirigés par Henri Antoine Revoil de 1855 à 1875 aboutissent à une reconstruction de la tour-clocher et à l’ajout de chapelles rayonnantes au sein du chœur qui n’est cependant pas doté du déambulatoire initialement prévu . La toiture du chœur fut ornée de tuiles vernissées  » à la mode bourguignonne  » Auguste Baussan refait le décor sculpté de la tour et du tympan dans le goût du XIII.me siècle ; les verrières du transept et du chœur, exécutées par Édouard Didron et Paul Nicod, sont posées entre 1870 et 1872. Dans le bras droit, un tableau de Sébastien Bourdon représente La chute de Simon le Magicien (1657), épisode apocryphe de la vie de saint Pierre. En 1795, le siège épiscopal, (l’ancien monastère Saint-Benoît), devient le siège de l’École de Médecine. En 1847 Monseigneur Charles Thomas Thibault (1835-1860) obtint pour la cathédrale le titre, alors rarement accordé, de basilique mineure. La cathédrale Saint-Pierre est érigée en archidiocèse métropolitain le 8 décembre 2002 par décret de la Congrégation pour les évêques. La Province ecclésiastique de Montpellier comprend à présent les diocèses suffragants de Mende et de Perpignan-Elne (auparavant suffragants d’Albi), de Nîmes (auparavant suffragant d’Avignon) et de Carcassonne (auparavant suffragant de Toulouse). En 1775, l’évêque de Montpellier, monseigneur de Malide, ordonna d’abattre l’ancien chœur édifié au XIV.me siècle par Urbain V, devint trop exigu. Les commissaires firent appel au plus grand facteur d’orgue de l’époque : Jean-François Lépine. Avant de mettre en place l’instrument, il a fallu refaire la tribune pour soutenir l’édifice et faire que les trépidations ne désaccordent pas l’orgue. Depuis sa création en 1776, l’orgue fut régulièrement entretenu des fournitures aux nouvelles souffleries en passant par l’ajout de nouvelles souffleries ou tuyaux. En 1923, il fut équipé d’une soufflerie électrique. En 1943, la réfection d’une toiture fut désastreuse pour l’orgue ; en effet, la poussière et les plâtras tombèrent sur l’instrument et bouchèrent les tuyaux et paralysèrent les registres et les claviers. Une restauration fut entreprise et l’on en profita pour rajouter de nouvelles sonorités. Lors du millénaire de Montpellier, en 1985, l’éclairage de la cathédrale fut entièrement refait par la Conservation régionale des monuments historiques, avec le concours de la ville de Montpellier. Des projecteurs ont ainsi sorti l’orgue de sa demi-obscurité. Un peu plus tard, une nouvelle restauration vue le jour car les tuyaux de la tourelle centrale dont les pieds d’affaissaient sous le poids fut réparé. Les instruments de musique enlacés et les consoles furent dorés à la feuille. Il fallut 16000 feuilles d’or à 22 carats pour garnir l’orgue. La cathédrale est dotée de quatre cloches de volée et de trois cloches de tintement pour l’horloge. Les quatre cloches de volée sont logées dans la tour ouest du clocher (la tour Urbain V), elles ont été fondues en 1867 par Hildebrand A. à Paris, fondeur de l’empereur, elles ont été offertes par Monseigneur Lecourtier (évêque de Montpellier de 1861 à 1873) et installées dans le beffroi le 7 février 1870. Le bourdon pèse près de 4 tonnes et mesure 170 cm de diamètre, c’est la plus grosse cloche de volée de la région Languedoc-Roussillon, elle donne la note La2 et se nomme « François ». Les 3 autres ont un diamètre respectivement de 150 cm (« Charles »), 137 cm (« Nicole ») et 113 cm (« Simone »)et donnent les notes Si2, Do#3 et Mi3. Les trois cloches de l’horloge sont situées dans un campanile métallique en fer forgé sur le toit de la tour du clocher. Elles ont été fondues en 1730 par « Pierre Gor » (maître-fondeur à Pézenas) et Jacques Gor, son fils (fondeur à Montpellier). Elles ont un diamètre respectivement de 117cm, 79 cm et 67 cm et donnent les notes Ré3, La 3 et Do#4. Ces trois cloches sont classées au patrimoine des monuments historiques depuis 1959. Elles ont été offertes par le cardinal de Fleury, premier ministre de Louis XV et originaire de Lodève. Quelques chiffres : longueur intérieure : 95 mètres• longueur extérieure :102 ,50 mètres• longueur totale (avec le porche) : 113 mètres• hauteur de la nef : 28,50 mètres• hauteur du transept et du chœur : 27,50 mètres• largeur totale de la nef et de ses bas côtés : 26,7 mètres• À l’extérieur, les deux piliers (4,55 mètres de diamètre) et le baldaquin devant le grand portail sont d’origine (XIV.me siècle) et purement décoratif. Le portail gothique latéral, consacré à la vierge, est l’œuvre du sculpteur Auguste Baussan. Il a été inauguré en 1875.
A l’origine l’édifice religieux n’est pas une cathédrale, sa situation l’indique, elle se trouve dans un petit coin de la ville, dans un trou. Si on la compare à la cathédrale de Narbonne, de Béziers qui sont quant à elles situées sur les points culminants de la ville. On les voit de très loin, alors que la cathédrale de Montpellier est très discrète, d’ailleurs la plupart des touristes la cherchent. Au XIX.me siècle on construit l’église Sainte-Anne, qui deviendra le seul clocher de Montpellier qui se détache de la ville. Au départ c’est la volonté du pape Urbain V, originaire de Mende, il fait ses études de droit à Montpellier. Il deviendra abbé de Saint-Victor à Marseille, et, deviendra pape en Avignon. C’est là qu’il décide au XIV.me siècle, siècle traversé par la guerre de cent ans et les grandes épidémies de peste de construire un couvent à Montpellier. A cette époque on compte 500 morts par jour de la peste, tout le sud de la France est dévasté, l’Europe perd la moitié de sa population à cette époque. Abbé de Saint-Victor, Urbain V a créé un couvent de bénédictins à Marseille, et, se souvenant de son passage à Montpellier, il décida d’y créer un couvent. Ce sont donc quelques moines qui par leurs prières devaient apporter un peu d’espoir aux habitants de Montpellier très désespérés. Il n’était donc pas nécessaire de construire un couvent à la vue de tout le monde, le lieu est tout près des remparts de la ville, on va détruire une partie de la ville pour laisser place à la construction d’un couvent, en une semaine c’est un immense chantier qui anéanti le quartier. Les maisons brûlent pour faire table rase, en 1361 on pose la première pierre du couvent, c’est toute une armée d’ouvriers qui en 2 ans terminent les bâtiments. Le gros des ouvriers viennent d’Avignon, d’ailleurs les architectes le seront aussi, ce sont les mêmes qui ont créé le palais de Benoit XII et de Clément VI en Avignon. Nous sommes devant la partie construite au XIX. Me siècle, l’origine du couvent se limite au 4 premières travées. L’agrandissement du XIX.me siècle donnera réellement l’aspect d’une cathédrale au couvent du XIV.me siècle. C’est l’époque de Violet leduc, on pense que c’est le gothique qui épouse le mieux la foi, c’est l’élévation vers le ciel, on va donc agrandir le couvent en style néogothique. On aperçoit des culées, des pinacles, en fin tous les éléments du gothique parisien, puisque le gothique provient de l’Ile de France. Nous sommes toujours devant le porche et le transept avec une grande rosace au-dessus, elle est l’œuvre de Baussan qui a beaucoup travaillé à Montpellier, on lui doit la statue de Saint-Roch dans l’église du même nom, il avait pris Louis Bazille comme modèle. Le portail de la cathédrale Saint-Pierre reprend les thèmes de notre dame de Paris, c’est un véritable gothique flamboyant, dans le tympan on a le couronnement de la Vierge et la dormition etc. Le couvent des bénédictins du XIV.me siècle, tout l’ensemble avec ses machicoulis ressemblait à une forteresse militaire. Les montpelliérains se méfiaient par ailleurs de cet édifice, tout comme le palais des papes à Avignon, l’ensemble montrait la puissance et l’austérité. Les 2 énormes piliers et leur baldaquin au vu de leur imposante dimension, ne pouvaient pas servir d’abri, mais les piliers et leur ornement étaient des symboles de puissance. L’un était pavoisé des armoiries d’Urbain V, et l’autre arborait celles de Charles V roi de France. On voulait mettre en valeur la puissance temporelle et la puissance spirituelle, la tour détruite en 1561 par les protestants a été reconstruite lors de la restauration au XIX.me siècle. Les 2 tours de devant sont réellement de style néogothique, la rénovation du couvent du XIV.me siècle a été réalisé en style gothique méridional. La différence entre le style gothique flamboyant et le style gothique méridional, se trouve dans la répartition des charges, elle se fait par les arcs boutants dans le style flamboyant, par contre dans le style méridional la répartition de la charge se fait par les contreforts des murs gutturaux. Pour donner l’aspect gothique, le style méridional met en évidence des nervures qui sont que de la décoration, c’est du rapporté, par contre si on enlève les nervures du gothique flamboyant tout l’édifice s’écroule. Dans la salle Pétrarque à Montpellier, on a enlevé les nervures de la salle voûtée, la voûte a résisté, on réalisait du gothique méridional en gardant les mêmes bases de construction du style roman. Au départ cet édifice n’était que la chapelle du couvent, il faut attendre le XVI.me siècle pour que la chapelle devienne cathédrale. Tout cela est conditionné par le vent de réforme de l’église qui arrive par la vallée du Rhône, au début il y avait une volonté de dialogue, hélas par la suite tout s’est envenimé. L’évêque guillaume Pélicier qui siégeait encore à Maguelone, Maguelone était depuis le V.me siècle l’évêché de Montpellier, Guillaume Pélicier avait une volonté de tolérance, d’échanger, de comprendre, de ramener l’église sur des bases pures, mais en 1565 la cathédrale est prise à partie et partiellement détruite. C’est François premier et le pape Paul III qui acta de transformer le couvent des bénédictins en cathédrale en 1536, ce fut facile, l’église était si corrompue qu’il n’y avait plus que 5 ou 6 moines au couvent. La chapelle du couvent deviendra cathédrale et le couvent sera le palais épiscopal, après sa destruction en 1567, les montpelliérains rêvaient d’une cathédrale plus majestueuse. Ils voulaient la sortir de son trou, la mettre en évidence, la déplacer sur la place de la Canourgue. On entreprit d’élever un terre plein pour édifier un nouvel édifice, après la reprise de Montpellier par Louis XIII on construisit la citadelle pour fortifier la ville et Richelieu refusa de déplacer la cathédrale. Suite à l’édit de Nantes, Henri IV avait choisi Montpellier comme ville de sécurité pour les protestants, Montpellier sera donc une ville protestante. Louis XIII fera de Montpellier une ville royale et catholique, la citadelle abritera la garnison royale qui veillera à la sécurité de la région. Le pape fut accueilli à Maguelone, Montpellier resta favorable à l’accueil papale, c’est pour cela que la cathédrale sera également basilique. Nous pénétrons dans la cathédrale Saint-Pierre, l’intérieur est constitué d’une immense nef, il n’y a pas d’allée latérale, les chapelles sont contenues dans les contreforts des murs. Les 5 travées déterminent l’emplacement de l’ancienne chapelle du couvent, on peut se rendre compte de sa grandeur imposante. Il n’y a pas de chapiteau, les nervures retombent dans les piliers. La chapelle avait un cloître qui fut détruit pendant les guerres de religion, une aile échappa à la destruction, on la transforma en chapelle. Nous nous dirigeons vers la chapelle, elle est assez longue, mais pas très large. Avant de devenir chapelle, lorsque la faculté de médecine s’installe dans le palais épiscopal, ce lieu est utilisé par les médecins pour disséquer les corps devant les étudiants. Nous revenons dans la nef de la cathédrale, nous pouvons admirer le magnifique orgue du XVIII.me siècle, nous découvrons un tableau de Nicolas Mignard, c’est un peintre avignonnais, la toile représente l’ange qui apparaît à Joseph, il lui annonce la nécessité pour lui et sa famille de fuir en Egypte. Ce tableau se trouvait dans une chapelle des contreforts muraux de la cathédrale, elle appartenait à la famille Daïdé, chaque chapelle était rattachée à une famille aristocratique. Nous sommes devant une statue offerte par le collectionneur Fabre, elle est l’œuvre de Sotarelli, qui est le fils naturel de Fabre, la sculpture représente la vierge dans un drapé. Nous passons devant un tableau de Jean Detroy, il représente Saint-Pierre entrain de soigner un paralytique, on aperçoit un personnage en blanc, ce serait le cardinal de bonzy, derrière avec le turban serait le peintre lui-même. Une autre scène représente Jésus qui remet les clés à Saint-Pierre, Jean Detroy est mort avant de terminer son œuvre, c’est Antoine Frank qui reprit le travail, et, c’est un troisième peintre de Lyon qui terminera la toile. La perspective du tableau est gâchée par un magnifique autel du XVII.me siècle, il est en marbre de Carare. Il est orné d’un pélican, c’est le symbole de l’église qui nourrit ses fidèles. Nous arrivons dans le chœur, il a été entièrement réalisé au XIX.me siècle, lors de l’agrandissement de la chapelle initiale. Le chœur est ajouré par de splendides vitraux, on distingue Urbain V qui supporte le couvent qu’il a créé, Saint-Pons ainsi que tous les prêtres qui ont fait les paroisses dans le diocèse de Montpellier, le tout est survolé par la Vierge Marie. L’autel en cuivre a été offert à la cathédrale pour le millénaire de la ville en 1985. Nous découvrons la toile de Sébastien Bourdon, à l’âge de 6 ans, ses parents étant protestants, il quitte Montpellier, il deviendra peintre à la cour de Suède. On lui demande en tant que montpelliérain de réaliser une toile pour la cathédrale, il prendra le thème de Simon le magicien. Nous abordons la chapelle du cardinal de Cabrières, il a été évêque de Montpellier une longue période, il avait une grande générosité, il était très proche de ses fidèles. A l’époque à la fin du XIX.me siècle, l’économie de la région était axée sur la viticulture. Le vin était la richesse essentielle de Montpellier, malheureusement le phylloxéra a détruit le vignoble languedocien. Le professeur Planchon découvrira le moyen de greffer les cépages languedociens avec des cépages américains, la vigne sera sauvée. Le malheur continu, arrive ensuite une surproduction, les vins étrangers arrivent sur le marché et le court du vin chute. Le 9 juin 1907, les viticulteurs languedociens viennent manifester sur la place de la Comédie, ce sont près de 50000 viticulteurs qui hurlent leur désespoir. La figure de la révolte est Marcelin Albert, il ira jusqu’à Paris, il rencontrera Clémenceau afin de défendre les viticulteurs languedociens. Le soir du 9 juin 1907, les manifestants sont fatigués, ils n’ont pas les moyens de se payer un hôtel. Le cardinal de Cabrières va ouvrir les portes de la cathédrale pour accueillir les viticulteurs, un bas relief dans la chapelle rappelle toute cette histoire, elle est l’œuvre de Magro sculpteur languedocien. Le cardinal de Cabrières fait partie des grandes familles de Montpellier, il y a un an, on a ouvert l’hôtel Cabrières Sabatié d’Espéran. Le tombeau du cardinal Cabrières est dans sa chapelle, 2 autres évêques ont leur tombeau dans des chapelles, dont monseigneur Roucayrol grand musicien et organiste. Saint-Roch est le seul saint né à Montpellier, la maison des Roch se trouvait dans la rue Embouc d’Or, elle aurait donné également sur la rue de la Loge au dit Puits de Saint-Roch Il est midi pétante, nous circulons dans l’écusson pour aller rejoindre le restaurant, il se trouve place Candolle, son nom est roule ma poule.
Après le déjeuner nous déambulons dans les rues de l’écusson, nous rejoignons notre guide à l’entrée de la faculté de médecine pour la découvrir.
La Faculté de Médecine de Montpellier est la plus ancienne en activité du monde (celle de Salerne ayant disparu au début du XIX.me siècle). Sa devise fait référence à la tradition hippocratique dont elle se réclame : Olim Cous nunc Monspeliensis Hippocrates (« Jadis, Hippocrate était de Cos, maintenant il est de Montpellier »). L’enseignement médical à Montpellier est né de la pratique, en dehors de tout cadre institutionnel, au début du XII.me siècle. Le seigneur de Montpellier Guilhem VIII accorde en 1181 le droit d’exercer et d’enseigner la médecine. Dès 1220 apparaît très vite la nécessité d’organiser et de garantir l’enseignement de la médecine à Montpellier, ainsi le Cardinal Conrad d’Urach Légat du pape Honorius III, concède à l’« Universitas medicorum » ses premiers statuts. Un cadre institutionnel s’est développé autour de l’enseignement médical, en moins d’un siècle. Le 26 octobre 1289, le pape Nicolas IV adresse, depuis Rome, la constitution apostolique « Quia Sapientia », à tous les docteurs et étudiants de la ville de Montpellier, créant ainsi officiellement l’université de Montpellier regroupant le Droit, la Médecine, les Lettres et la Théologie. Jusqu’au début du XIV.me siècle, l’université de médecine n’occupe aucun bâtiment propre. Les cours sont dispensés au domicile des Régents, seuls les actes sont réalisés dans l’église Saint-Firmin. En 1340, l’université crée un cours d’anatomie qui fera bientôt sa renommée. L’École de médecine jouit d’un grand prestige ayant la réputation d’avoir hérité du savoir des Arabes et des Juifs, et accueille des étudiants de toute l’Europe. Le rayonnement de l’École va bénéficier de la proximité d’Avignon et de l’enseignement de maîtres illustres, dont Arnaud de Villeneuve et Gui de Chauliac. La place de l’enseignement clinique est importante. La Renaissance se caractérise par une rénovation de l’enseignement. Montpellier est alors un centre intellectuel de haut niveau. De la Renaissance à la fin de l’Ancien Régime, l’enseignement est marqué par la perte progressive de la tutelle cléricale au profit de l’État avec une faculté qui acquiert ses propres locaux vers 1450 : le « Collège royal de Médecine », et de nouvelles règles édictées par le décret royal de Louis XII le 29 août 1498. Cet édifice était situé près de l’actuelle église Saint-Mathieu et après la Révolution française, le bâtiment devint l’École de Pharmacie (actuelle « Panacée-cité des artistes). En 1556, la faculté est la première de France à se doter d’un amphithéâtre consacré à l’examen des cadavres. Le règne d’Henri IV laisse à Montpellier le sentiment d’une renaissance universitaire. L’École de médecine est dotée d’un « Jardin des plantes » dès 1593. Volonté d’un roi, il est l’œuvre du professeur Pierre Richer de Belleval. Premier Jardin Royal de France, antérieur à celui de Paris, il constitue aujourd’hui encore, l’une des plus belles richesses de Montpellier. La renommée de la médecine à Montpellier est alors considérable. Parmi les enseignants, d’illustres savants occupent les chaires. Gui de Chauliac et Arnaud de Villeneuve furent des précurseurs, Michel de Notre Dame dit Nostradamus, Rabelais (qui obtient son titre de docteur à Montpellier en 1537 ) et Guillaume Rondelet, des élèves notables. Tous se préoccupent de Botanique. Les guerres de religion vont mettre un terme à cette floraison. Montpellier, en rivalité avec Paris, fournit néanmoins la plupart des médecins du roi (dont François de Lapeyronie). Pendant la période révolutionnaire, par décret du 15 septembre 1793, la Convention met un terme à six siècles d’enseignement, dissout les universités et ferme les écoles. Malgré leur lustre international, Université de médecine, et Académie de chirurgie (créée en 1741), sont balayées. Mais, un an seulement après ce funeste décret, le 4 décembre 1794 (14 frimaire an III), la Convention décrète la fondation de trois Écoles de Santé (Montpellier, Paris et Strasbourg) dispensant un enseignement médical et chirurgical. En 1795, la faculté quitte ses locaux anciens et vétustes pour ses locaux actuels, le monastère Saint-Benoît, ancien évêché jouxtant la cathédrale Saint-Pierre. Jean-Antoine Chaptal y fait construire un théâtre d’anatomie. Médecine et Chirurgie sont réunies. La période 1794-1803 correspond à une phase féconde de reformation et à l’enseignement des idées scientifiques nouvelles. Le décret du 11 mars 1803 (19 ventôse an XI) soumet l’exercice de la médecine à l’obtention d’un doctorat. La Faculté de Médecine de l’ère moderne trouve alors un cadre institutionnel fixe et put se développer sans crise majeure. La contribution réciproque entre enseignement et pratique hospitalière ne fera désormais que se poursuivre. À partir de 1804, la faculté de Médecine se dote, grâce à son bibliothécaire Victor-Gabriel Prunelle, d’une bibliothèque prestigieuse. Le XIX.me siècle verra la construction d’une aile supplémentaire le long du boulevard Henri-IV (1851), abritant le conservatoire d’anatomie (devenu musée d’Anatomie) ainsi que du pavillon d’anatomie (aujourd’hui démoli). En 1890, est établie la construction d’une annexe nommée « Institut de Biologie », qui sera agrandit par la suite. La faculté de médecine de Montpellier est fédérée en application de la loi du 10 juillet 1896, à l’Université de Montpellier. C’est au XX.me siècle que sera agrandi l’Institut de Biologie (1937 et 1960). En 1957, est également construit le bâtiment abritant les laboratoires d’anatomie, accolé au bâtiment historique le long du boulevard Henri-IV. Ce bâtiment abrite encore aujourd’hui les corps humains destinés aux cours d’anatomie et le service des dons du corps du CHU. En 1969, la faculté de Médecine disparaît, elle est intégrée à l’Université Montpellier 1, conformément à la loi du 12 novembre 1968 et devient l’UER Médecine, puis UFR (en 1984). En 1972, une antenne de l’UFR est créée à Nîmes (sur le site du CHU Carémeau). Elle permet depuis 1995, une formation médicale complète (de la PCEM1 à l’internat). L’enseignement est identique au site montpelliérain. En 1992, sont construits deux bâtiments : l’UPM (Unité Pédagogique Médicale) destiné à abriter l’enseignement pour le second cycle (de la DCEM1 à la DCEM4) et l’IURC (Institut Universitaire de Recherche Clinique) sur le site « Arnaud de Villeneuve » à proximité du CHU de Montpellier. C’est sur ce site que doit être construit le futur campus médical qui pourra regrouper sur un même site la totalité de la formation médicale délivrée par l’UFR Médecine. Cette construction entrainera la fermeture définitive de l’Institut de Biologie en centre-ville. Parmi les célèbres savants diplômés de médecine à Montpellier, on peut citer : Nostradamus, François Rabelais, Paul Joseph Barthez, François Lapeyronie, Pierre-Joseph Amoreux, Pierre Borel, Pierre Magnol, Gui de Chauliac, Guillaume Rondelet, Jean Astruc, Théophraste Renaudot … Parmi les enseignants célèbres, on peut citer : Antoine Louis Dugès, Jacques Philippe Raymond Draparnaud, Augustin Pyrame de Candolle, Jacques Mathieu Delpech, François Chicoyneau etc… Les statues de Lapeyronie et Barthez ornent l’entrée de la faculté depuis 1864.
Nous abordons la faculté de médecine par la cour qui a pris place à l’ancien cloître de l’ancien couvent, dont une partie que nous avons visité ce matin est devenue la chapelle qui jouxte la cathédrale, on y célèbre de petits offices. On pénètre dans le couvent comme le faisait les moines bénédictins au XIV.me siècle, c’est-à-dire par le cloître qui séparait le bâtiment du couvent de la chapelle de celui-ci. Urbain V le créateur du couvent était un grand personnage, il avait une idée européenne, nous sommes au XIV.me siècle où l’ambiance est morose, c’est la guerre de cent ans et la peste sévit. Jusque là 150 étudiants fréquentaient l’université de Montpellier, à cette époque il n’y avait plus personne qui étudiait. La France n’attirait plus, le climat d’insécurité faisait fuir tout le monde. Urbain V en même temps qu’il créée ce couvent, il a la volonté de redonner une impulsion et une grandeur à l’université de Montpellier. Il le fait également pour l’université de Poitiers, d’Orléans, de Milan et même de Varsovie. Il s’occupe de l’Europe entière, il a à cœur de redynamiser l’étude, la connaissance. Ce couvent accueillera des étudiants, d’ailleurs à sa création, le couvent avait une partie réservée aux étudiants qui pourront suivre les cours à l’université de Montpellier. On parle de l’université de Montpellier depuis le XI.me siècle, n’oublions pas que Montpellier a été créé en 985, on est dans une province que l’on appelle la Narbonnaise avec des villes comme Béziers, Nîmes et Narbonne qui sont des villes romaines. Il faut attendre 985 pour que le comte de Melgueil (Mauguio) et l’évêque de Maguelone, ils font une donation à un certain seigneur qui se nomme Guilhem. Les Guilhem seraient originaire du Languedoc, ce Premier Guilhem avait un certain charisme, il donnait un sentiment de protection à ses populations éparpillées. Autour de cet homme Montpellier va naître, on est au X.me siècle, dès le XI.me siècle on parle déjà de Montpellier par rapport à la médecine. Cette renommée est due au fleuve Lez, c’est par ce contact avec la Méditerranée que Montpellier va avoir des contacts marchands avec Barcelone, Gênes, Pise et l’Afrique du nord. La dynamique économique de Montpellier est lancée, les montpelliérains avaient des comptoirs à Jérusalem, à Alexandrie on a même trouvé de la monnaie de Melgueil, le sou melgovien en mer de Chine. De gênes les montpelliérains n’ont pas de peine de descendre les côtes italiennes, au sud de Naples ils arrivent à Salerne. Salerne est déjà à cette époque renommée pour son école de médecine, dans l’idéal on parle que c’est un juif, un arabe, un latin et un grec qui ont créé la première université de médecine à Salerne. Salerne était un carrefour où finalement toutes les invasions barbares l’avaient épargné, pourquoi on ne le sait pas, mais en tout cas la ville comptait bon nombre de couvents. Ils ouvrent leurs portes aux miséreux, aux malades ce qui va apporter toute la connaissance aux soignants. Montpellier se développe très vite, au XIII.me siècle elle était fortifiée, c’était une ville intellectuelle, marchande et traversée par le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Les Guilhem auront toujours une politique d’accueil, de tolérance, ils font venir toutes sortes d’hommes abreuvés de savoir. A Salerne les montpelliérains se rendent compte que l’école de médecine avait gardé les connaissances de la médecine antique, c’est-à-dire celle d’Hippocrate et de tous les arabes. Les montpelliérains s’imprègnent de cette culture à Salerne, ils la transposent dès le XI.me siècle à Montpellier. Depuis Montpellier à une réputation liée à la médecine, on fait des détours pour venir étudier la médecine à Montpellier, en 1137 Aldelbert Mayence viendra faire ses études de médecine à Montpellier. A cette époque, il ne faut pas s’imaginer une faculté avec un amphithéâtre, des locaux immenses, pas du tout. On étudie chez un professeur, le plus souvent dans sa maison, il enseigne à 5 ou 6 étudiants, puis chez un autre professeur, c’est ainsi que les connaissances se propageront. Les diplômes de fin d’études sont remis dans des églises, Maguelone tout comme Montpellier sont des villes papales, on vénère le pape, Montpellier accueillera différents papes. L’université de médecine qui doit s’organiser, elle sera toujours sous la référence de l’évêque. Au XII.me siècle Guilhem VIII comme beaucoup d’arabes, de juifs et de montpelliérains veulent être médecins, il y a beaucoup de tension entre tous ces communautés, qui peut être médecin, qui peut enseigner etc. Devant toutes ces difficultés Guilhem VIII crée un édit en 1180, il dira quiconque à la connaissance et vient à Montpellier peut enseigner. C’est merveilleux comme ouverture, tolérance seulement n’importe qui peut faire n’importe quoi et n’importe où, ça crée des problèmes. En 1220 que conrad prélat du pape, il va établir un statut qui réglementera et structurera le rôle des professeurs, et, beaucoup de professeurs viennent de Salerne. Le statut encadrera la vie de l’étudiant, il devra étudier, passer des examens, dont le premier sera le bac qui s’obtient après 3 ans d’études. Le bac permet d’enseigner en tant qu’assistant auprès d’un professeur, la licence se prépare en une année, puis ce sera le doctorat. Le doctorat c’est le grand acte triomphal, il est remis à la paroisse Saint-Firmin qui se trouve rue Rebuffy, ce fut la première paroisse de Montpellier. Tout autour de cette paroisse les rues sont en circulade, tout comme par ailleurs dans la commune de Mauguio. Cette paroisse a été rasée par les protestants en 1562, car c’était le lieu où l’évêque avait la main mise sur l’université, il ne reste plus que le cimetière qui entourait la paroisse Saint-Firmin, c’est aujourd’hui un joli coin de verdure au cœur de l’écusson. Le XVI.me siècle est parcouru par la volonté de se détacher de l’église, ce sera le travail à Montpellier, Rabelais qui fut moine avant d’être défroqué, il est venu étudier la médecine à Montpellier par envie de liberté. Le statut de Conrad de 1220, il sera appliqué jusqu’à la révolution. Quand l’évêque de Maguelone vient s’établir à Montpellier, la chapelle du couvent devient cathédrale, l’ensemble conventuel devient appartement de l’évêque. A la révolution, on chasse l’évêque de ses appartements, on décide de créer 3 écoles de médecine Paris, Montpellier et Strasbourg, comme le palais épiscopal est vide, on y installe la faculté de médecine. Nous sommes toujours dans la cour où se situait auparavant l’ancien cloître du couvent, nous pouvons admirer la cathédrale et ses 4 tours qui s’élancent dans le ciel. Ce qui a toujours surpris, c’est que les 2 tours de derrière sont vides, celles de devant par contre renferment les cloches. Urbain V, un homme universel et très européen, on peut donc considérer que cette affluence de tours est d’origine germanique. Nous descendons des escaliers qui nous conduisent à la salle Urbain V, dans cette salle on a découvert un blason représentant Urbain V. Au temps des évêques de même que celui de la faculté, on avait investi les bâtiments qui se trouvent sur la rue, mais on ne s’est jamais préoccupé des dépendances du couvent dont cette salle qui en faisait partie. C’est seulement en 1950 que l’on a déblayé les détritus jetés par les soupiraux, ensuite la salle a servi de gymnase pour les étudiants, aujourd’hui elle est le témoin d’une des pièces du couvent du XIV.me siècle. On aperçoit le soubassement qui supportait les voûtes, car nous sommes dans une ancienne pièce voûtée. Aujourd’hui d’énormes piliers soutiennent la dalle construite au-dessus de la salle. Il y a donc eu destruction de la voûte pour des raisons fonctionnelles, on distingue encor des arches, des murs en pierre parfaitement bien taillée, la pierre provenait des carrières de Pignan. Derrière la glace qui immortalise l’ancien gymnase, se trouve un mur construit en pierre brute et très rustique. Jamais personne n’est allé voir ce qui se cachait derrière ce mur de fortune, il faudrait beaucoup d’argent pour entreprendre des travaux de fouille, les professeurs en rêvent. Pétrarque était un contemporain de Urbain V, on a retrouvé une correspondance entre les deux hommes, ils ne se sont jamais rencontrés, en tant qu’érudits ils s’exprimaient en grec, ils s’appréciaient. Pétrarque vénérait Urbain V, il le considère comme un homme droit d’une grande humanité. Urbain V tenta de quitter Avignon pour repartir à Rome, il n’y parviendra pas, c’est le pape suivant qui réinstallera la papauté à Rome. Nous reprenons l’escalier qui nous mène dans la cour extérieure, nous accédons à la bibliothèque de la faculté de médecine. Les murs sont construits de pierres alvéolées, c’est ce que l’on appelle le tuffe, c’est une pierre très légère qui permet de réaliser des voûtes assez grandes comme celle où nous nous trouvons. Le volume de la salle de la bibliothèque n’est pas pollué par des piliers de soutien grâce à la légèreté du tuffe. La voûte de la cathédrale de Lodève est réalisé avec du tuffe, ce matériau permet de construire des voûtes à arc de cloître. La voûte de la bibliothèque à un aspect médiéval, on pense qu’elle a été refaite sous François Bosquet évêque de Montpellier au XVII.me siècle. Sur un mur on aperçoit l’emplacement d’une cheminée, la bibliothèque doit se trouver dans les dépendances de l’ancien couvent, certainement les cuisines et le réfectoire. Comme aucune recherche et fouille n’ont été entreprises, on ne sait pas vraiment comment était organisé le couvent. La salle de la bibliothèque renferme plus de 600 livres, c’est une richesse extraordinaire, on la doit à Chaptal. Il est originaire de la Lozère, il a fait ses études à Montpellier, et- fut ministre de l’intérieur sous Napoléon. C’est en cette qualité de ministre qu’il confiera à Prunel la mission, d’aller récupérer dans les couvents tous les livres de connaissance qu’ils avaient en leur possession. Car pendant la révolution beaucoup de livres ont été détruits et galvaudés, alors pour préserver la mémoire, il fallait les mettre en lieu sûr. Cette initiative a donc permis à la faculté de médecine de Montpellier d’en être le lieu de préservation, on y recense des livres du XIV.me siècle d’une écriture éclatante et de couleurs surprenantes, tous manuscrits, car l’imprimerie n’a apparu qu’au XVI.me siècle. La bibliothèque n’est pas exclusive à la médecine, on y trouve le roman de la rose, des encyclopédies, les textes d’un chansonnier du XIII.me siècle et même une musique de l’époque de Charlemagne. Prunel disait et voulait que les médecins sachent le latin, le grec et qu’ils aient connaissance de tout ce qui nous entoure pour mieux administrer ses soins. La bibliothèque est la gardienne de toutes les thèses depuis le XVIII.me siècle, de tous les étudiants qui ont fréquentés la faculté de Montpellier, ça représente 9 kilomètres de stockage linéaire. On peut par exemple y trouver, la thèse du professeur Gachet, médecin de Van Gogh, sa thèse traitait de la mélancolie. Ensuite nous nous dirigeons vers le superbe hall d’entrée, il a été réalisé au temps des évêques, le cadre est magnifique, nous ne sommes plus dans le cadre du couvent. Les évêques veulent parader, en tout cas ils en ont la volonté, le plafond et l’escalier sont imposants. Ce hall n’a rien à envier aux hôtels particuliers de la ville de Montpellier. On est vraiment chez des gens qui se prennent vraiment au sérieux, Jean-Marie Blondel le célèbre architecte, c’est lui qui a créé l’académie royale d’architecture à Paris. Il disait, ces évêques, ces gens font des décors comme les mondains, donc c’était critiqué. C’est le pourquoi et le comment des réformes, que l’on a connu au XVI.me et au XVIII.me siècle. Quand la faculté de médecine va s’installer dans ce lieu, le hall sera orné des bustes des grands médecins. On y remarque Galien médecin des gladiateurs, Adelbert Mayence, Isaac Ben Abraham etc. Les juifs seront très bien accueillis depuis le XII.me siècle, pour la transmission. Ils arrivent d’Andalousie, ils parlent le latin, le grec, l’arabe donc ils sont capables de traduire les textes comme ceux d’Hippocrate par exemple, ce seront des personnages importants. Nous pénétrons dans la salle du conseil, elle est très vaste, c’est ici que les professeurs se réunissent pour statuer sur la thèse des étudiants, pour ce rituel, ils sont revêtus de leur robe rouge et cela depuis urbain V. Les murs de la salle du conseil sont pavoisés de tableaux, C’est François Mangin en 1640, qui souhaite que tous les professeurs qui passent à la faculté de Montpellier, à leur mort, la famille doit donner un tableau du professeur. C’est grâce à ce souhait que nous devons la présence de tous ces tableaux, il est bien certain que cette tradition a été suggérée au XVII.me siècle. On peut y remarquer la présence de Rabelais, Saporta, Fontanon et bien d’autres personnages du XVI.me siècle, il est bien évident que ces tableaux sont imaginaires ou issus de gravures. Le premier lieu de la faculté royale de médecine a été fondé par Rondelet en 1498, elle se trouvait en face de l’église Saint-Mathieu rue Saint-Germain, où se trouve aujourd’hui la panacée qui est la villa Médicis de Montpellier. C’est Rondelet qui créera le premier amphithéâtre d’anatomie, Rondelet qui va perdre sa femme et ses enfants va les disséquer pour faire avancer la connaissance. La dissection à Montpellier, malgré les interdits religieux débute en 1330, elle était opérée sur des cadavres de condamnés ou de miséreux. A l’époque de Rabelais au début du XVI.me siècle la dissécation concernait 5 à 6 corps par an. La volonté d’apprendre, de découvrir est relatée dans un livre des frères Blater, ils sont originaires de Bâle, ils sont venus étudiés la médecine à Montpellier. Dans leur livre ils racontent leur vie quotidienne d’étudiant, ils font allusion d’avoir soudoyé le gardien du cimetière, afin que la nuit tombée ils puissent aller déterrer le corps fraîchement inhumé pour réaliser leur découverte du corps humain. Rondelet va même jusqu’à demander à son ami Fontanon sur son lit de mort, si il pouvait avoir l’autorisation de disséquer son corps le moment venu. Saporta sont des juifs qui arrivent d’Andalousie au XIV.me siècle, la plupart de ces familles vont se convertir à la religion catholique ou protestante, la famille Saporta existe toujours, ce sont les propriétaires du château de la Maugère. Nous apercevons le portrait de Richet de Bonneval (1632), c’est lui le créateur du jardin des plantes. L’étude des plantes était très importante dans la médecine, observer une plante permettait aussi de mieux connaître l’humain, pour ainsi dire, on se consacrait à la botanique l’été, et, à l’anatomie l’hiver. Lors de la visite des hôtels particuliers de Montpellier, on pénètre dans le lieu où ont vécu ces hommes illustres qui on donné l’éclat à la médecine. Nous accédons à la salle de conférence ou des actes, une splendide cheminée décore un mur, une immense table ronde meuble le centre de la salle, autour de laquelle sont installées des chaises confortables, devant lesquelles sont placées des sous-mains en cuir. La guide nous dresse la place de la femme dans la médecine au cours des 2 derniers siècles, il a fallu de la persévérance des précurseurs pour arriver à s’imposer dans un monde qui était hostile aux femmes, et, où le machisme était grand. La première femme étudiante en médecine en France remonte seulement en 1875, en 1890 il n’y a que 10 femmes qui étudient la médecine au pays des droits de l’homme. Le premier lycée pour les filles à Montpellier, par exemple, il faut attendre 1881, ce fut le lycée Clémenceau. Dans cette salle on y peut voir les portraits des professeurs du XVIII.me siècle comme Magnol qui donnera son nom au fameux magnolia, splendide arbre à fleurs. Le professeur Lapeyronie a l’air de surveiller la salle, on nous narre la vie de Guy de Chauliac, qui mettra la chirurgie à la hauteur de la médecine. A sa mort à Paris Lapeyronie se souvient de sa ville d’origine, il lèguera le fruit de la vente de sa maison pour construire un amphithéâtre digne à Montpellier en 1755. Cet édifice situé, dans la grand rue Jean Moulin est aujourd’hui occupée par la chambre de commerce de Montpellier. Le professeur Barthez dont sa statue est située à l’entrée de la faculté de médecine, auprès de celle de Lapeyronie, au XVIII.me siècle, il base sa théorie sur le vitalisme. Le vitalisme, c’est reconnaître que dans chaque être les réactions sont différentes, il prouve que l’âme a une influence sur le corps. A son époque sa pensée et ses recherchent sont considérées comme débiles, il perdra un peu de renommée à cause de son avant gardisme. Aujourd’hui le vitalisme est la base du bien être, le professeur Grasset avait déjà mis en avant cet aspect positif de la vitalité pour le corps humain. D’ailleurs aujourd’hui, certains professeurs disent que Montpellier est la fac du vitalisme. Arnaud de Villeneuve, est un catalan, il va s’établir à Montpellier au XVI.me siècle, il avait des ouvriers qui écrivaient ses pensées, on a étudié grâce à ses livres jusqu’au XVII.me siècle. Il étudiait l’obstétrie, le corps de la femme, le système nerveux tous ces médecins étaient alchimistes, la médecine n’était pas leur seule connaissance. Nous sortons du couvent construit au XIV.me siècle, nous pénétrons dans le conservatoire d’anatomie, il a été construit sur les anciens remparts au XIX.me siècle expressément pour les étudiants. Le décor est très XIX.me siècle, la salle est ornée de colonnes en stuc, c’est le style trompe l’œil, ça a l’aspect du marbre, mais ce n’est pas du marbre. Le conservatoire est divisée en plusieurs parties les pathologies, les maladies surtout vénériennes, l’anatomie comparée des animaux et des oiseaux etc. En fin de ce document, on trouve la biographie des personnages qui ont marqués la faculté de médecine de Montpellier.
C’est à 17 heures que nous avons quitté notre guide conférencière, nous nous sommes séparés la tête bien remplie de tous les exposés faits par notre guide, sans oublier l’encyclopédie qu’est madame Granel, qui nous gratifie plein d’anecdotes dès que l’histoire pointe son nez.

Voici par ordre alphabétique la biographie des personnages qui ont marqués la médecine montpelliéraine :

Pierre-Joseph Amoreux est un médecin et un naturaliste français, né en 1741 à Beaucaire et mort en 1824 à Montpellier. Bibliothécaire à la Faculté de Médecine de Montpellier, il est l’auteur de nombreux ouvrages tant sur la médecine, l’agriculture, la botanique et d’autres sujets d’histoire naturelle. Il a été correspondant de la Société royale d’agriculture de Paris à partir de 1785. Ce médecin ayant fait diverses expériences pour reconnaître la valeur des eaux de Meynes, il fut amené à conclure dans un mémoire qu’il lut à l’Assemblée publique des sciences de Montpellier, le 8 décembre 1773, que ces eaux n’étaient point minérales et qu’elles ne différaient en rien de l’eau commune. Mais tout en leur refusant la propriété minérale, il ne prétendait point les bannir de l’usage de la médecine. Il estimait, au contraire, qu’étant froides, légères, pénétrantes, elles pouvaient être ordonnées avec succès dans certaines maladies. Amoreux s’appliquait aussi dans ce mémoire à détruire l’erreur où étaient tombés quelques écrivains en localisant des eaux minérales à Meynes, à Montfrin et à Tarascon.

Paul-Joseph Barthez, né le 11 décembre 1734 à Montpellier où il est mort le 15 octobre 1806, est un médecin et encyclopédiste français. Fils de l’ingénieur des ponts et chaussées Barthez de Marmorières, Barthez a fait ses études à Narbonne et à Toulouse, puis à Montpellier où il est reçu docteur en médecine à l’âge de vingt ans. Venu à Paris, où Falconet le mit en rapport avec l’abbé Barthélémy, le président Hénault, Mairan, d’Alembert avec qui il se lie et devient l’un des contributeurs majeurs à l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, pour laquelle il rédige plus de 2000 articles sur la médecine et l’anatomie. En 1756, il fut nommé médecin militaire et employé en cette qualité à Coutances. Il mit à profit cette occasion pour observer avec soin l’épidémie qui frappa le camp de Granville et la décrivit dans un mémoire imprimé dans le recueil de l’Académie des sciences. De retour à Paris en 1757, il devint censeur royal, et l’un des collaborateurs du Journal des Savants et de l’Encyclopédie méthodique. Deux années plus tard, il concourut pour une place vacante à la Faculté de médecine de Montpellier et parvint, non sans obstacles, à l’emporter sur ses concurrents. Il brilla d’un plus grand éclat dans la carrière de l’enseignement ; ses succès comme professeur donnèrent un nouveau lustre à l’école de médecine de Montpellier. Barthez fut nommé en 1773 coadjuteur et survivancier du chancelier de la faculté, et commença, dès cette époque, à jeter les fondements de la grande réputation dont il a joui comme médecin praticien. La même année vit naître le germe de la méthode philosophique qu’il développa, six années plus tard, dans ses Nouveaux éléments de la science de l’homme. L’immense célébrité qu’il devait à ses connaissances médicales lui fit ambitionner d’autres succès. Il étudia la législation, fut reçu docteur en droit en 1780, et acquit une charge de conseiller à la cour des aides de Montpellier. Barthez ne retira pas de ses études et de son argent les bénéfices qu’il en attendait : la hauteur et la violence de son caractère, l’excessive irritabilité de son amour-propre fatiguèrent ses collègues, qui lui suscitèrent des querelles et des désagréments de toute espèce, par suite desquels il se détermina à quitter Montpellier et à venir s’établir à Paris en 1780. De grands succès l’attendaient dans la capitale : il est nommé médecin consultant du roi, premier médecin du duc d’Orléans, en 1781, et conseiller d’État. Devenu associé libre de l’Académie royale des sciences en 1785, il sera médecin du Premier Consul en 1801. La plupart des sociétés savantes de l’Europe inscrivirent son nom sur la liste de leurs membres; il entra au conseil d’État, et était consulté de toutes les parties de l’Europe. À la Révolution, il perdit ses places et ses titres, et se retira dans le Languedoc, où il se livra à des travaux scientifiques. Lors de la réorganisation des écoles de médecine, il fut nommé professeur honoraire de la faculté de Montpellier, et prononça un discours remarquable pour l’inauguration du buste d’Hippocrate, donné par le gouvernement. Il mourut quelque temps après, de la gravelle.

Jean-Antoine Chaptal, comte de Chanteloup né le 5 juin 1756, à Nojaret (Lozère) et mort le 30 juillet 1832 à Paris, inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 89), est un chimiste et homme politique français. Chaptal fait des études de médecine à Montpellier jusqu’en 1777 avant de se rendre à Paris pour étudier la chimie. Sa renommée est surtout due aux applications qu’il fit de la chimie dans l’industrie, notamment avec l’amélioration de la production de l’acide chlorhydrique. Il donne son nom à la chaptalisation, procédé permettant d’augmenter par sucrage la teneur en alcool des vins. Il revient à Montpellier en 1780 pour y occuper la chaire de chimie universitaire. En 1781, il épouse Anne Lajard, fille d’un négociant qui lui fait connaître les besoins des manufactures textiles. Ce sont surtout les applications industrielles de la science qui l’intéressent. Fils cadet, désavantagé par le droit d’aînesse, c’est son oncle Claude Chaptal, médecin à Montpellier, qui, après avoir assumé les frais de son éducation et de ses études de médecine puis de chimie, l’aidera à bâtir des ateliers pour y expérimenter et développer ses découvertes, avant d’en faire son héritier. Il crée une fabrique de produits chimiques qui le fait bientôt connaître dans toute l’Europe, et dès 1786 il reçoit de Louis XVI des titres de noblesse. Une très grande importance doit être attribuée à son application de la formule de Lavoisier sur la transformation du sucre en alcool : on peut considérer que cette application de la formule capitale de l’œnologie constitue l’acte de naissance de la chimie moderne du vin. Chaptal avait développé sa doctrine sur la vinification dès 1799 lors de la rédaction de l’article « vin » du Dictionnaire d’agriculture de François Rozier. Immédiatement, les propriétaires de vignobles s’emparent de son travail et des savants tels Qu’Antoine-Alexis Cadet-de-Vaux et Jean-Louis Roard publient cette nouvelle doctrine avec leurs propres observations. Fort de tous les renseignements que lui fournissent ceux qui ont adopté ses principes, Chaptal développe son sujet dans son traité de 1807, qui a révolutionné l’art de la vinification. En 1793, il dirige à Paris la fabrique de poudre de guerre de Grenelle. Il concourt également avec Berthollet, Laplace et Monge à la création de l’École d’arts et métiers. Il enseigne la chimie végétale à l’École polytechnique et devient membre de l’Académie des sciences en 1796. Le 21 janvier 1801, Napoléon Bonaparte le nomme ministre de l’Intérieur. Chaptal est à l’origine d’une réorganisation complète de l’instruction publique et en particulier de la création de l’école de sages-femmes de l’Hospice de la maternité de Paris en 1802. On doit à son administration l’arrêté Chaptal, qui est l’acte fondateur des musées de province français. Il démissionne en 1804 lorsque Bonaparte se fait proclamer empereur, afin de se consacrer à ses travaux scientifiques. Il est reçu à l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen le 27 juillet 1803. Il est nommé sénateur en 1805, sera fait pair de France une première fois lors des Cent-Jours et ne le redeviendra sous la Restauration qu’en 1819. En 1823, ruiné par les dettes de son fils, il doit vendre son château de Chanteloup, acquis en 1802, et il meurt dans la pauvreté en 1832. Chaptal n’a fait aucune découverte de premier ordre, mais il a propagé l’étude de la chimie par ses leçons et ses écrits. On lui doit la fabrication artificielle de l’alun, du salpêtre, de ciments imitant ceux de pouzzolane, le blanchiment à la vapeur, l’art de teindre le coton en rouge d’Andrinople. Il fut un des fondateurs, avec les trois Consuls, de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, et son premier président jusqu’à sa mort, en 1832 (le baron Louis Jacques Thénard lui succède). Les conceptions qu’il professe sont très proches de celles de Jacques Claude Marie Vincent de Gournay, de la Société d’Agriculture, de Commerce et des Arts de Bretagne.

Guy de Chauliac, ou Gui de Chauliac, ou encore Gui de Chaulhac, né vers 1298 à Chaulhac et mort le 23 juillet 1368 était un chirurgien français. Il est considéré comme le père de la chirurgie médicale, profession alors réservée aux barbiers. D’abord chanoine au cloître de l’église de Saint-Just, il devint ensuite médecin auprès de la papauté d’Avignon. Il a ainsi été le médecin des Papes Clément VI, Innocent VI et Urbain V. Guy de Chaulhac naît vers 1298 sur les monts de la Margeride, à Chaulhac en Gévaudan (aujourd’hui la Lozère), dans une famille modeste. Les informations concernant sa jeunesse sont du coup très faible. Une légende s’est alors formée autour de ce vide. Il y est dit qu’une jeune fille noble de la baronnie de Mercœur, dont Chaulhac faisait partie, se serait cassé la jambe, et que cette fracture ne guérissait pas. Après avoir consulté une sorcière qui leur conseille un jeune garçon doué, la jeune fille est donc montré à Guy qui parvient si bien à la soigner qu’elle ne tarde pas à remarcher. La châtelaine de Mercœur aurait alors payé les études du jeune Guy. Il a sans doute commencé ses études au Malzieu, puis à Mende auprès du collège de chanoines. Là aussi la légende se mêle aux faits avérés, mais il est dit que c’est son instructeur au Malzieu qui lui aurait indiqué Toulouse pour continuer ses études. Guy de Chaulhac commence ses études de médecine soit à Toulouse, soit à la faculté de Montpellier.Il écrit lui-même dans la Grande Chirurgie qu’il a eu pour maître Nicolas Catalan de Toulouse, mais aucune date de son passage dans la ville rose ne semble conservé. À Montpellier, il à pour maître Raymond de Molières. Il devint maître de médecine en 1325, la maîtrise s’obtenant après une licence en six ans et des voyages pour parfaire son art. Il continue, à partir de 1326, son apprentissage à Bologne puis à Paris, où il se parfait dans ses connaissances en anatomie. En 1340, le pape Clément VI autorise l’autopsie publique des pestiférés afin d’essayer d’arrêter ce fléau. Cette mesure permet à Guy de Chauliac d’être parmi les précurseurs de la dissection (humaine) dans le but médical. Après Paris, les sources concernant Guy de Chauliac sont plus vagues. Il semble qu’il a beaucoup voyagé, gagnant sa vie au fil des opportunités comme nombre de médecins à cette époque. De la fin de ces études en 1330, il faut attendre 1342 pour que l’on retrouve trace de Guy de Chauliac dans des écrits. Vers 1344 il devient en effet chanoine au monastère Saint-Just, près de Lyon. Il accède même à la prévôté de l’église. Médecin du monastère, il est habilité à pratiquer la chirurgie dans l’infirmerie du couvent. Les papes Innocent IV puis Clément V ont été évêques de Saint-Just. C’est peut-être pour cela que Guy de Chaulhac est appelé à se rendre à Avignon en 1348 pour aider à lutter contre la grande épidémie de peste. Guy de Chaulhac arrive donc au Palais des Papes afin de soigner les malades de la peste. Cependant, son dévouement au contact permanent de la maladie lui fait la contracter. Il se soigne lui même en testant sur lui des méthodes chirurgicales. Il pratique ainsi l’incision des bubons qui lui apparaissent. Il devient alors le médecin des Papes. Durant son séjour à Avignon, quatre d’entre eux furent ses patients : Benoît XII, Clément VI, 8e médecin en 1342), Innocent VI (2e médecin en 1352) et Urbain V (1er médecin en 1362). Il aurait, par exemple, trépané Clément VI pour le soigner de céphalées. En 1353 il est fait chanoine avec prébende de Reims par Innocent VI, poste qu’il cessera d’honorer en 1359 pour rejoindre Saint-Just où il vient d’être fait Prévost du Chapitre. En 1367, Urbain V, lui aussi gévaudanais, le fait chanoine de Mende. Le 23 juillet 1368 il meurt dans un lieu qui n’a pas été retenu, sur la route reliant Avignon et Lyon. Il est alors inhumé au cimetière des prêtres de Saint-Just.

Arnaud de Villeneuve ou Arnau de Vilanova (1238 – 1311 ou 1313) fut un médecin, alchimiste, théologien et astrologue célèbre du XIII.me siècle. Il est considéré comme le plus éminent médecin de son siècle. Cet érudit se distingue par ses profondes connaissances en médecine, en chimie, en astrologie et en théologie. Il sait le latin, l’hébreu, l’arabe. À Montpellier où il se fixe, toute l’Europe vient entendre ses enseignements en médecine et chirurgie. On n’est pas d’accord sur l’époque et sur le lieu de sa naissance : les uns croient qu’il naquit à Villeneuve-lès-Maguelone, village voisin de Montpellier ; d’autres hésitent, parce qu’il y a aussi en Royaume de Valence (en Espagne), en Catalogne, en Languedoc, en Provence, des bourgs de ce nom. Il est d’ailleurs connu en Catalogne, Valence et les îles Baléares sous le nom d’Arnau de Vilanova et il est sûr qu’il écrivit quelques-unes de ses œuvres en catalan (Confessió de Barcelona, Raonament d’Avinyó). Quoi qu’il en soit, Arnaud eut beaucoup de réputation comme médecin, théologien et alchimiste. Il étudie la médecine à Montpellier jusqu’en 1260. Il court la France, l’Italie, la Catalogne, l’Espagne, tantôt médecin, tantôt ambassadeur. Il est le médecin personnel du roi d’Aragon à partir de 1281. À la mort du roi d’Aragon Pierre III le Grand, en 1285, il quitte Barcelone pour Montpellier. Influencé par Joachim de Flore, il annonce pour 1378 la fin du monde et l’arrivée de l’Antéchrist (De adventu Antichristi, 1288). Il est maître-régent de l’école de médecine, entre 1291 et 1299. Sa renommée est immense : parmi ses patients, on compte trois papes et trois rois. Se piquant aussi d’être théologien, il est condamné par l’Université de Paris en 1299 : accusé d’hérésie, emprisonné pour ses idées de réforme de l’église, il est sauvé du bûcher par Boniface VIII, qu’il a guéri d’une maladie douloureuse. Précédé d’une sulfureuse réputation d’alchimiste, il est à nouveau emprisonné à Paris vers 1309, sous le pape Benoît XI : la Sorbonne fait alors brûler ses œuvres philosophiques. Il devient ambassadeur de Jacques II le Juste, roi d’Aragon et de Sicile. Réfugié en Sicile auprès de Frédéric d’Aragon pour fuir l’Inquisition, il est appelé à Avignon comme médecin par Clément V, pape de 1305 à 1314. Il est certainement à l’origine de la bulle pontificale du 8 septembre 1309 incluant dans la formation des médecins la connaissance d’une quinzaine de traités gréco-arabes (Galien, Avicenne…). Au cours d’une mission diplomatique, il meurt dans le naufrage de son navire, au large de Gênes en 1311. L’inquisiteur de Tarragone le condamne, et quinze des propositions de notre docteur sont censurées. Un hôpital de Montpellier ainsi que la maternité portent aujourd’hui son nom.

Guilhem VIII, Né en 1157, mort en 1202, Guilhem VIII de Montpellier appartient à la dynastie des Guilhem, seigneurs de cette ville. Guilhem VIII naît en ce beau XII.me siècle où fleurit l’art des troubadours. Il est le fils de Guilhem VII et de Mathilde de Bourgogne. Il est seigneur de Montpellier : la ville, fondée deux siècles plus tôt par son ancêtre, est alors en plein essor. En 1174, il épouse une princesse byzantine: Eudoxie Comnène, nièce de l’Empereur d’Orient. En 1187, il la répudie pour Agnès de Castille, cousine de la reine d’Aragon, qu’il épouse à Barcelone. Ils vivaient déjà en union illégitime (ce second mariage bien que célébré n’ayant pas été reconnu par le Pape). En effet, deux Papes refuseront succesivement de légitimer cette union. De ces deux ‘unions’, naissent 7 garçons et 3 filles, tels que mentionnés dans le testament de Guilhem VIII : 1. Marie de Montpellier, 1182-1213. Elle épousera successivement: 1. en 1192: Raymond Geoffroi II dit Barral, vicomte de Marseille. 2. en 1197: Bernard IV de Comminges. 3. en 1204: Pierre II d’Aragon. 2. Guillem IX, 1202-1204. En 1204, il est déclaré par sa mère Seigneur de Montpellier Mais il fut aussitôt chassé, avec sa mère Agnès, par les bourgeois de Montpellier révoltés de cette décision. Agnès se réfugie à Pézenas et Marie, l’aînée de Guillem, devient seigneur de Montpellier et d’Aumelas. En échange, ces mêmes bourgeois, exigent que Marie (bien que déjà marié) prennent un nouvel époux afin d’assurer un appui fermes à la ville. Elle l’accepte. A cette date, 1204, on perd la trace de Guillem IX qui décèdera peu après. Il devait avoir moins de deux ans et n’aura donc pas régné réellement; 3. Thomas (Tortose); 4. Raymond, religieux; 5. Bernard, religieux; 6. Guy de Montpellier, religieux, qui développera fortement l’École de médecine de Montpellier; 7. Burgondion; 8. Gaucelin de Lunel ; 9. Gagnez; 10. Adelaïs. C’est en 1181 que Guilhem VIII édicte une loi qui va infléchir le destin de Montpellier : il y proclame la liberté d’enseigner la médecine, quelles que soient son origine et sa foi. Cette mesure va formidablement accélérer l’essor de la cité. Car Montpellier, déjà, est un creuset de migrations : fuyant l’Espagne des Almohades, de nombreux médecins juifs s’y réfugient depuis 1148, y rencontrant d’autres maîtres versés dans les médecines salernitaines et maure. Dès lors, les écoles médicales de la ville vont rayonner sur l’ensemble du monde connu. Héritière du célèbre édit, l’École de Médecine de Montpellier est à ce jour la plus ancienne en exercice dans le monde occidental.

François Gigot de Lapeyronie, né à Montpellier le 15 janvier 1678 et mort à Versailles le 25 avril 1747, est un chirurgien français. Il fut notamment le premier chirurgien et confident du roi Louis XV. Son père, originaire de Guyenne, qui avait été reçu barbier à Montpellier, voulait faire de son fils un médecin, mais le jeune François préféra opter pour la chirurgie. Le 17 février 1695, à l’âge de 17 ans, François Gigot de Lapeyronie obtient son diplôme de maistre-chirurgien et barbier de Montpellier. Souhaitant compléter son instruction, il se rend à Paris, où il se retrouve pensionnaire de Georges Mareschal, chirurgien major de la Charité avant de devenir, plus tard, premier chirurgien du roi. Il revient à Montpellier où, de 1697 à 1715, il habite la Grand-Rue à l’angle de la rue En Gondeau, rue qui porte aujourd’hui son nom. Il est nommé chirurgien-major à l’hôtel-Dieu Saint-Éloi. Professeur à l’École de médecine, il enseigne et dissèque devant les étudiants. En 1704, il abandonne ses activités pour s’engager comme chirurgien militaire lors de la campagne contre les camisards du maréchal de Villars. Devenu associé anatomiste à la Société royale des sciences de Montpellier en 1706, il en démissionne en 1717 lorsqu’il se fixe à nouveau à Paris. À la mort de Mareschal en 1736, Lapeyronie devient le premier chirurgien et confident du roi Louis XV, et chef de la chirurgie du Royaume. Le grade de docteur en médecine qu’il a obtenu à Reims lui permet en outre de faire partie du service médical de quartier. En 1738, une intervention sur la mâchoire inférieure du dauphin lui procure une nouvelle pension. Il est nommé associé libre de l’Académie royale des sciences en 1731 et il est président de l’Académie royale de chirurgie de 1736 à 1747. Il est sans doute à l’origine de l’ordonnance royale du 23 avril 1743, qui scella définitivement la séparation entre chirurgiens et barbiers. C’est avec les fonds légués par François de Lapeyronie, que fut édifié l’hôtel Saint-Côme à Montpellier, actuel siège de la Chambre de commerce et d’industrie de Montpellier. C’est Germain Pichault de la Martinière qui, lui succèdant à la tête de l’Académie de chirurgie et en tant que premier chirurgien du roi, poursuivra son œuvre.

Pierre Magnol est un botaniste français, né le 8 juin 1638 à Montpellier et mort le 21 mai 1715 dans cette même ville. Fils d’un apothicaire, il se passionne très tôt pour l’histoire naturelle et en particulier pour la botanique. En 1659, Pierre Magnol obtient brillamment son doctorat de médecine dans la plus fameuse université de l’époque : celle de Montpellier. Grâce à la protection de Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) et de Guy-Crescent Fagon (1638-1718), il devient médecin à la cour et suppléant au Jardin du roi. La chaire de botanique lui est pourtant refusée. Motif : Pierre Magnol est protestant… En 1685, avec la révocation de l’Édit de Nantes, il doit abjurer le protestantisme. Cet acte lui ouvre la voie : en 1694, il obtient enfin une chaire à la faculté de médecine de Montpellier. En 1697, il devient le directeur du Jardin botanique et, en 1709, il remplace Tournefort à l’Académie des sciences. On lui doit une remarquable flore des environs de Montpellier, des Alpes et des Pyrénées. Il est l’auteur de Botanicum Monspeliense sive plantarum circa Monspelium nascentium index (Lyon, 1676), Prodromus historiæ generalis plantarum, in quo familiæ per tabulas disponuntur (Montpellier, 1689), Hortus regius Monspeliensis, sive catalogus plantarum, quæ in horto regio Monspeliensi demonstrantur (Montpellier, 1697) et Novus character plantarum (publié posthumement par son fils, Antoine Magnol (1676-1759), à Montpellier en 1720). Dans ses différents ouvrages, Magnol décrit plus de 2000 espèces, certaines pour la première fois. Ses ouvrages, où il décrit plus de 2000 espèces, le font reconnaître comme le plus grand botaniste de son temps. Pour certains historiens, c’est Magnol qui a introduit le système moderne de classement des plantes par famille en botanique. Il est certain qu’il s’attache dans son Prodromus à délimiter des familles de plantes ayant un lien de parenté entre elles. Il y classe les plantes en 75 tableaux facilement reconnaissables par l’emploi d’un ou de deux adjectifs, ce qui rend son utilisation très aisée. Même si certains de ses rapprochements (les liliacées avec les orchidées ) ne sont pas justes, il fait montre d’une remarquable finesse d’analyse. C’est en son hommage que Carl von Linné (1707-1778) rebaptisa un arbre aux fleurs magnifiques, le Magnolia.

Michel de Nostredame, dit Nostradamus, né le 14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence, et mort le 2 juillet 1566 à Salon-de-Provence, est un apothicaire français (on dirait en français moderne : pharmacien. Selon bien des sources, il aurait également été médecin, bien que son expulsion de la faculté de médecine de Montpellier témoigne qu’il n’était pas possible d’être les deux à la fois Pratiquant l’astrologie comme tous ses confrères à l’époque de la Renaissance, il est surtout connu pour ses prédictions sur la marche du monde. Il est né de Jaume de Nostredame et Reynière (ou Renée) de Saint-Rémy le 14 décembre 1503. Jaume était l’aîné des six (certains disent dix-huit) enfants du couple Pierre de Nostredame et Blanche de Sainte-Marie. Le nom des Nostredame vient de son grand-père juif, Guy de Gassonet (fils d’Arnauton de Velorges), qui choisit le nom de Pierre de Nostredame lors de sa conversion au catholicisme, probablement vers 1455. Selon les archives d’Avignon, et selon les archives de Carpentras qui parlent souvent de juifs des autres régions, il est suggéré que l’origine du nom Nostredame fut imposée par le cardinal de Foix de l’archevêque d’Arles, Pierre de Foix. Le grand-père de Nostredame, Pierre de Nostredame, était si convaincu de sa foi qu’il a répudié sa femme d’alors (Benastruge Gassonet) qui ne voulait pas quitter le judaïsme. Le curieux « démariage » fut prononcé à Orange le 14 juin 1463 (ce qui lui a permis finalement d’épouser Blanche). C’est son bisaïeul maternel, Jean de Saint-Rémy, ancien médecin et trésorier de Saint-Rémy, qui lui aurait transmis en 1506 les rudiments des mathématiques et des lettres. Mais ceci est douteux, vu que la trace notariée (Archives dep. des Bouches du Rhône B. 2.607) de ce vieux personnage disparaît en 1504. Michelnostradamus. Il part très jeune à Avignon pour y obtenir son diplôme de bachelier ès arts. On le disait doué d’une mémoire presque divine, d’un caractère enjoué, plaisant, peut-être un peu moqueur « laetus, facetus estque mordax ». Ses camarades l’auraient appelé « le jeune astrologue », parce « qu’il leur signalait et leur expliquait les phénomènes célestes », mystérieux alors pour beaucoup : les étoiles filantes, les météores, les astres, les brouillards, etc. Il dut apprendre aussi la grammaire, la rhétorique et la philosophie. Mais il doit quitter l’université après un an seulement, et donc sans diplôme, à cause de l’arrivée de la peste (fin 1520). Neuf ans plus tard (1529), ayant cependant pratiqué comme apothicaire (profession non diplômée), il s’inscrit à la Faculté de Montpellier pour essayer d’y gagner son doctorat en médecine. Il se fait connaître grâce aux remèdes qu’il a mis au point en tant qu’apothicaire, dont les fameuses « boules de senteur ». Mais il est bientôt expulsé pour avoir exercé ce métier « manuel » interdit par les statuts de la faculté. De 1529 et sa radiation sont les seules traces de son passage à Montpellier, et on ne connaît pas de document attestant qu’il ait été docteur d’une autre université. Mais, sans être affirmatifs, la plupart des érudits du vingtième siècle pensent qu’il n’est pas impossible que l’expulsion de Nostredame ait été temporaire et qu’il soit devenu quand même diplômé de l’université de Montpellier (comme le prétendaient aussi, en ajoutant des détails supplémentaires peu croyables, certains commentateurs très tardifs comme Guynaud et Astruc), bien qu’il lui ait manqué le premier diplôme nécessaire pour accéder au doctorat, car les noms de plusieurs des diplômés connus de cette université sont absents, eux aussi, de ses registres, à moins que ceux-ci n’en aient pas été de vrais diplômés non plus (le phénomène du « faux docteur » étant très connu à l’époque). Vers 1533, il s’établit à Agen, où il pratique la médecine de soins à domicile. Il s’y lie d’amitié avec Jules César Scaliger. Cet Italien, installé à Toulouse, érudit de la Renaissance, est « un personnage incomparable, sinon à un Plutarque » selon Nostradamus ; il écrit sur tout. Impertinent, il s’attaque à tout le monde, s’intéresse à la botanique et fabrique des pommades et des onguents. Mais le jeune « imposteur » inquiète les autorités religieuses par ses idées un peu trop progressistes pour l’époque. La durée précise de son séjour à Agen est inconnue ; peut-être trois ans, peut-être cinq ans. Les points de repère manquent et l’on ne peut offrir que des dates élastiques. Vers 1534 Nostredame s’y choisit une femme dont on ne sait même pas le nom, qui lui aurait donné deux enfants : un garçon et une fille. L’épouse et les deux enfants moururent, très rapidement semble-t-il, à l’occasion de quelque épidémie, la peste vraisemblablement. D’après certains commentateurs catholiques des Prophéties – Barrere, l’abbé Torne-Chavigny notamment – Nostredame aurait dit en 1534 à un « frère » qui coulait une statue de Notre-Dame dans un moule d’étain qu’en faisant de pareilles images il ne faisait que des diableries. D’aucuns pensent que ses relations avec un certain Philibert Sarrazin, mécréant de l’époque et qui sentait le fagot dans la région d’Agen, avaient rendu Nostredame plutôt suspect à la Sainte Inquisition. Celle-ci l’aurait même invité à se présenter devant son tribunal de Toulouse pour « y être jugé du crime d’hérésie ; mais il se garda bien de répondre à cette citation ». Après la mort de sa première femme, Nostredame se serait remis à voyager. On l’aurait trouvé à Bordeaux, vers l’an 1539. Les commentateurs tardifs Moura et Louvet se le représentent en la compagnie de savants renommés de l’époque et du cru : l’apothicaire Léonard Baudon, Johannes Tarraga, Carolus Seninus et Jean Treilles, avocat. Nostredame accomplit de 1540 à 1545 un tour de France qui l’amène à rencontrer de nombreuses personnalités, savants et médecins. La légende signale le passage du futur prophète à Bar-le-Duc. Nostredame y aurait soigné, d’après Étienne Jaubert, plusieurs personnes et notamment une célèbre (?) Mademoiselle Terry qui l’aurait souvent entendu « exhorter les catholiques à tenir ferme contre les Luthériens et à ne permettre qu’ils entrassent dans la ville» Une tradition très douteuse affirme qu’il a séjourné un temps à l’abbaye d’Orval, qui dépendait de l’Ordre de Cîteaux, située alors au diocèse de Trêves, à deux lieues de l’actuelle sous-préfecture de Montmédy, un séjour que Pagliani, après plusieurs autres, date de 1543. On ne sait s’il faut y ajouter foi, même si, avec Torne-Chavigny et Napolêon lui-même, beaucoup de gens lui attribuent les fameuses prophéties d’Orval, Prévisions d’un solitaire, ainsi que celles d’un certain Olivarius. On les aurait trouvées à l’abbaye d’Orval en 1792, date approximative de leur style même. La première (de style tardif, elle aussi) serait datée de 1542, antérieure donc de treize ans, comme on le verra plus loin, à la préface des premières Centuries. Mais il semble plus probable que toutes les deux aient été composées au XIX.me siècle à la gloire de Napoléon. Ici se termine le cycle de pérégrinations de Nostredame qui l’a mené en somme, après être rayé de Montpellier, du Sud-Ouest au Nord-Est de la France. Nostredame atteint la quarantaine (1543) et commence une seconde phase de déplacements qui va le rapprocher de la Provence et le pousser vers l’Italie, terre bénie de tous ceux qui connurent à son époque l’ivresse de la Renaissance. Les premières étapes de ce périple sont probablement Vienne, puis « Valence des Allobroges », dont parle Nostradamus dans son Traité des fardemens et confitures à propos des célébrités qu’il s’honora d’y avoir rencontrées : « A Vienne, je vis d’aucuns personnages dignes d’une supprême collaudation ; dont l’un estoit Hieronymus, homme digne de louange, et Franciscus Marins, jeune homme d’une expectative de bonne foy. Devers nous, ne avons que Francisons Valeriola pour sa singulière humanité, pour son sçavoir prompt et mémoire ténacissime… Je ne sçays si le soleil, à trente lieues à la ronde, voit ung homme plus plein de sçavoir que luy ». En 1544, Nostredame aurait eu l’occasion d’étudier la peste à Marseille sous la direction, a-t-il dit, d’un « autre Hippocrate, le médecin Louis Serres ». Puis, il est « appelé par ceux d’Aix en corps de communauté pour venir dans leur ville traiter les malades de la contagion dont elle est affligée. C’était en l’année mil cinq cent quarante six ». On le voit certainement à Lyon en 1547 où il s’oppose au médecin lyonnais Philibert Sarrazin, à Vienne, Valence, Marseille, Aix-en-Provence et, enfin, à Arles, où il finit par s’établir. Là, il met au point un médicament à base de plantes, capable, selon lui, de prévenir la peste. En 1546, il l’expérimente à Aix lors d’une terrible épidémie : son remède semble efficace comme prophylactique, mais il écrira lui-même plus tard que « les seignées, les medicaments cordiaux, catartiques, ne autres n’avoyent non plus d’efficace que rien. » (Traité des fardemens et confitures, Lyon, 1555, p. 52) Malgré ce succès douteux, Nostredame est appelé sur les lieux où des épidémies sont signalées. À la même époque, il commence à publier des almanachs qui mêlent des prévisions météorologiques, des conseils médicaux et des recettes de beauté par les plantes. Il étudie également les astres. Le 11 novembre 1547, il épouse en secondes noces Anne Ponsard, une jeune veuve de Salon-de-Provence, alors appelé Salon-de-Craux. Le couple occupe la maison qui abrite aujourd’hui le Musée Nostradamus. Il aura six enfants, trois filles et trois garçons ; l’aîné, César, deviendra consul de Salon, historien, biographe de son père, peintre et poète. Nostredame prend le temps de voyager en Italie, de 1547 à 1549. C’est d’ailleurs en 1549 qu’il rencontre à Milan un spécialiste en alchimie végétale, qui lui fait découvrir les vertus des confitures qui guérissent. Il expérimente des traitements à base de ces confitures végétales et, de retour en France, il publie en 1552 son Traité des confitures et fardements. En 1550, il rédige son premier « almanach » populaire une collection de prédictions dites astrologiques pour l’année, incorporant un calendrier et d’autres informations en style énigmatique et polyglotte qui devait se montrer assez difficile pour les éditeurs, à en juger par les nombreuses coquilles (où certains voient le signe que l’auteur était dyslexique). Dès cette date, Michel de Nostredame signe ses écrits du nom de « Nostradamus ». Ce nom n’est pas l’exacte transcription latine de Nostredame, qui serait plutôt Domina nostra ou Nostra domina. En latin correct, ‘Nostradamus’ pourrait signifier : « Nous donnons (damus) les choses qui sont nôtres (nostra) » ou « Nous donnons (damus) les panacées » (nostrum, mis au pluriel), mais il est également permis d’y voir un travestissement macaronique (et très heureux) de Nostredame. En 1555, installé à Salon-de-Provence, il publie des prédictions perpétuelles (et donc en théorie, selon l’usage de l’époque, cycliques) dans un ouvrage de plus grande envergure et presque sans dates ciblées, publié par l’imprimeur lyonnais Macé (Matthieu) Bonhomme. Ce sont les Prophéties, l’ouvrage qui fait l’essentiel de sa gloire auprès de la postérité. Sa renommée est telle que la reine Catherine de Médicis l’appelle à la cour en 1555. Le motif de l’intérêt de la reine était peut-être que, dans son dernier Almanach, Nostradamus avait mis le roi en garde contre des dangers qu’il disait ne pas oser indiquer par écrit. En cette même année 1555, donc, Nostradamus, inquiet des intentions de la cour (il craint d’avoir la tête coupée), se rend à Paris, où il reçoit du couple royal des gratifications qu’en public il qualifiera d’amples mais dont il se plaint en privé qu’elles ne couvrent pas ses frais de voyage. Des nouvelles alarmantes sur l’intérêt que la justice parisienne porte à la source de sa prescience l’incitent à quitter Paris précipitamment. Il se persuade qu’on veut sa mort Dans les années qui suivent, il est la cible de plusieurs pamphlets imprimés. « Les attaques fusèrent de partout : de France et d’Angleterre, des milieux protestants et catholiques, des laïcs et des clercs, des poètes et des prosateurs, des adversaires de l’astrologie et des astrologues de métier, des étrangers mais aussi de ses proches ». L’ordonnance d’Orléans du 31 janvier 1561 (dont l’auteur ou un des auteurs fut le chancelier Michel de l’Hospital, hostile à Nostradamus) prévoit des peines contre les auteurs d’almanachs publiés sans l’autorisation de l’archevêque ou de l’évêque. Peut-être une infraction à cette ordonnance est-elle à l’origine d’un incident qui n’a pas été tiré tout à fait au clair. Le jeune roi Charles IX écrit le 23 novembre 1561 au comte de Tende, gouverneur de Provence, apparemment pour lui donner l’ordre d’emprisonner Nostradamus, car le comte de Tende répond au roi le 18 décembre : « Au regard de Nostradamus, je l’ay faict saisir et est avecques moi, luy ayant deffendu de faire plus almanacz et pronostications, ce qu’il m’a promis. Il vous plaira me mander ce qu’il vous plaist que j’en fasse ». Le comte a donc fait arrêter Nostradamus et l’a amené avec lui dans le château de Marignane. Les deux hommes étaient amis et la prison tenait plutôt de la mise en résidence. On ignore ce que le roi répondit au comte de Tende, mais tout indique que l’incident resta sans suites. Nostradamus rentra pleinement en grâce auprès de la famille royale, puisqu’en 1564, à l’occasion du grand tour de France, Charles IX, accompagné de Catherine de Médicis et de Henri de Navarre (le futur Henri IV), lui rendit visite. À cette occasion, la reine le nomma médecin et conseiller du roi. Certains, prenant à la lettre ce que Nostradamus, dans la préface de la première édition de ses Prophéties, dit de sa « comitiale agitation hiraclienne », pensent qu’il souffrait d’épilepsie. Selon d’autres, c’est seulement par image que Nostradamus désignait ainsi un état de transe qui accompagnait ce qu’il croyait être sa révélation prophétique. En revanche, il est vraisemblable (voir Leroy) qu’il fut atteint de la goutte et d’insuffisance cardiaque. Dans le dernier quatrain des Présages, qui parurent en 1568, soit deux ans après sa mort, on peut lire. Du retour d’Ambassade. dô de Roy. mis au lieu Plus n’en fera: sera allé a DIEV: Parans plus proches, amis, freres du sang, Trouué tout mort prés du lict & du banc. Certains y ont vu la preuve qu’il connaissait les circonstances de sa mort. On dit qu’on le retrouva mort, près de son lit et d’un banc de bois, le 2 juillet 1566, au retour d’un voyage où il avait représenté sa ville auprès du roi (donc une ambassade) et y avait reçu le titre de médecin ordinaire du roi. Ce qui est attesté, c’est qu’il représenta Salon-de-Crau en ambassade à Arles auprès du roi en 1564, qu’il fut par la suite richement doté par le roi. Il fut retrouvé mort le 2 juillet 1566 au matin (et non pas en novembre !). Ce qui laisse cependant entier le doute quant à la prophétie, puisque celle-ci ne sera publiée que deux ans après sa mort, et en forme apparemment rétro-éditée. Il mourut à Salon-de-Provence d’un œdème dit cardio-pulmonaire. On connaît son testament rédigé par son notaire et on connaît le devenir exact de sa dépouille. Son corps repose en l’église Saint-Laurent (voir Leroy, Benazra, Pierre Brind’Amour, Lemesurier etc. et illustration en version anglaise), à Salon-de-Provence.

François Rabelais était un médecin et écrivain humaniste français de la Renaissance, né à La Devinière, près de Chinon (dans l’ancienne province de Touraine), à une date indéterminée entre 1483 et 1494, et mort à Paris le 9 avril 1553. Son œuvre littéraire tient à la fois du conte avec ses personnages géants et de la parodie du roman de chevalerie. Admirateur d’Érasme, maniant la parodie et la satire avec éclat, Rabelais est de ceux qui luttent avec enthousiasme en faveur de la tolérance, de la paix et du retour aux valeurs antiques, par-delà ces « ténèbres gothiques » qui caractérisèrent selon lui le Moyen Âge. Rabelais s’en prend aux abus des princes et des hommes d’Église, et leur oppose la culture populaire, paillarde, « rigolarde », faite de vin et de jeux, pétrie d’une morale chrétienne légère, loin des lourdeurs ecclésiastiques. Ses critiques et ses expressions crues, proches parfois de la pornographie, lui valent la mise à l’Index Librorum Prohibitorum. Il partage avec le protestantisme la critique de la scolastique et du monachisme, mais le réformateur religieux Jean Calvin s’en prend à lui de manière très virulente, l’associant aux libertins et aux « pourceaux » François Rabelais fils d’Antoine Rabelais, sénéchal de Lerné et avocat serait né en 1494, probablement au domaine de la Devinière à Seuilly, près de Chinon en Touraine quoique aucun document ne permette d’établir avec certitude ses véritables lieu et date de naissance. Ainsi la date de 1494 est très controversée, certains lui préférant 1483 ou encore 1489. De trois à cinq ans, il passe son temps comme les petits enfants du pays : c’est à savoir : à boire, manger et dormir ; à manger, dormir et boire; à dormir, boire et manger. Toujours se vautrait par les fanges, se mascarait le nez, se chauffourait le visage, éculait ses souliers, bâillait aux mouches et courait volontiers après les papillons,… patrouillait en tout lieu… Les petits chiens de son père mangeaient dans son écuelle. C’est l’enfance de Gargantua et celle de François Rabelais est sans doute pareille. Vers l’âge de neuf ou dix ans, l’enfant est envoyé non loin de la Devinière, au village de Seuilly, où il y a une abbaye dont, une quarantaine d’années auparavant, un Guillaume Rabelais est tenancier et qui conserve des relations avec la famille du jeune François. Que ses parents l’y envoyassent pour l’y faire moine et voulussent consacrer au Seigneur leur dernier-né, nous l’ignorons. Nous ne savons pas même si sa mère n’est pas morte en lui donnant le jour, comme Badebec trépasse en mettant Pantagruel au monde. Mais on ne peut s’empêcher de se rappeler, à ce sujet, ce propos du moinillon de Seuilly devenu vieux, sur ces mères qui destinent dès le bas âge leurs enfants au cloître : Je m’ébahis, ditil, qu’elles les portent neuf mois en leurs flancs, vu qu’en leurs maisons elles ne peuvent les porter ni souffrir neuf ans, non pas septle plus souvent, et, leur mettant une aube seulement sur la robe et leur coupant je ne sais combien de cheveux sur le sommet de la tête, et avec certaines paroles, les font devenir oiseaux. Par oiseaux, il entend les moines. Et il donne la raison qui, le plus souvent, meut les parents à mettre leurs enfants en religion. C’est que les moines, étant morts au monde, se trouvent incapables d’hériter. Aussi, dit-il, quand, dans quelque noble maison, il y a trop d’enfants soit mâles, soit femelles, de sorte que, si chacun recevait sa part de l’héritage paternel, comme la raison le veut, la nature l’ordonne et Dieu le commande, les biens de la maison seraient épuisés, les parents se déchargent de leurs enfants en les faisant clergaux. Clergaux, le mot est particulier à notre auteur (Cinquième Livre). À Seuilly un jeune moine nommé Buinart, l’étonne par un sens droit et simple, un cœur inébranlable et un poing robuste, et dont il fait plus tard Frère Jean des Entommeures en ajoutant certes beaucoup à la nature. Mais, s’il est vrai que Frère Buinart se fâcha de la peinture, c’est qu’il est simple d’esprit, ou qu’il en juge par ouï dire et sur l’avis des malveillants. L’écolier, au sortir de Seuilly, entra comme novice dans le couvent de la Baumette, fondé par le roi René. Il y rencontre le jeune rejeton d’une vieille souche tourangelle, Geoffroy d’Estissac, qui devint évêque de Maillezais à vingt-trois ans, et deux des frères du Bellay, dont l’un était évêque et l’autre capitaine. Il se fit juger favorablement par tous trois et les prévint grandement en sa faveur. Selon Bruneau de Tartifume (1574-1636), Rabelais est novice, vers la fin de 1510 jusqu’en 1520, au monastère des Cordeliers (ordre des frères mineurs, ou franciscain) de la Baumette, construit devant la Maine, près du roc de Chanzé à Angers. Il reçoit alors une formation de théologie. Plus tard, Rabelais rejoint le couvent franciscain du Puy-Saint-Martin à Fontenay-le-Comte, où il devient moine vers octobre 1520. Rabelais achève son noviciat chez les Cordeliers de Fontenay-le-Comte, passe par tous les degrés de la cléricature et reçoit les ordres vers 1520. Parmi tous ces moines qui, dit-on, faisaient vœu d’ignorance encore plus que de religion il s’adonne avec ferveur aux études et, s’il est vrai, comme il semble, que plus tard, en peignant l’homme studieux, il se peint lui même, nous ne pouvons douter que sa jeunesse n’ait été chaste et recueillie, tout à fait exemplaire. Et vraiment on se plait à reconnaître le jeune frère François, dans ce tableau si riche et si frais, qui orne un des chapitres du troisième livre de Pantagruel : Contemplez la forme d’un homme attentif à quelque étude, vous verrez en lui toutes les artères du cerveau tendues comme la corde d’une arbalète… de manière qu’en tel personnage studieux vous verrez suspendues toutes les facultés naturelles, cesser tous sens extérieurs, bref, vous le jugerez n’être en soi vivant, être hors soi abstrait par extase… Ainsi est dite vierge Pallas, déesse de sapience, tutrice des gens studieux. Ainsi sont les Muses vierges ; ainsi demeurent les Charites en pudicité éternelle. Et il me souvient avoir lu que Cupido quelquefois interrogé de sa mère Vénus pourquoi il n’assaillait les Muses, répondit qu’il les trouvait tant belles, tant nettes, tant honnêtes, tant pudiques et continuellement occupées, l’une à contemplation des astres, l’autre à supputation des nombres, l’autre à dimension des corps géométriques, l’autre à invention rhétorique, l’autre à composition poétique, l’autre à disposition de musique, qu’approchant d’elles, il détendait son arc, fermait sa trousse, éteignait son flambeau, par honte et crainte de leur nuire. Puis ôtait le bandeau de ses yeux pour plus ouvertement les voir en face et ouïr leurs plaisants chants et odes poétiques. Là prenait le plus grand plaisir du monde, tellement que souvent il se sentait tout ravi en leurs beautés et bonnes grâces et s’endormait à l’harmonie, tant s’en faut qu’il les voulût assaillir ou de leurs études distraire. A Fontenay-le_Comte, Rabelais se sent brûlé d’une soif inextinguible de savoir, de cette soif qui dévore alors les plus vastes esprits et les âmes les plus nobles. Le grand souffle qui passe à cette heure sur le monde entier, ces tièdes haleines du printemps de l’esprit touchent son front. Avec le génie antique l’humanité renait. L’Italie s’éveille la première à la science et à la beauté. Dans la patrie de Dante et de Pétrarque, la sagesse antique n’a jamais pu mourir entièrement. Devenu bénédictin, Rabelais s’attache à la personne de Geoffroy d’Estissac, et devient son secrétaire. Il l’accompagne ainsi au cours des tournées d’inspection de ses terres et abbayes. Rabelais séjourne ensuite au prieuré de Ligugé, résidence habituelle de Geoffroy d’Estissac, où il se lie d’amitié avec Jean Bouchet. Au monastère proche de Fontenay-le-Comte, il rencontre le noble abbé Antoine Ardillon. Rabelais ne se plie pas facilement aux règles monacales et ne reste pas cloîtré dans son monastère. Vers 1528, il prend l’habit de prêtre séculier pour se rendre dans diverses universités. Rabelais égratigne volontiers les femmes, raille les maris infortunés et présente le mariage comme une loterie. Appréciant pourtant les dames bien nées et savantes, il décrit la petite famille idéale sous les traits de Grandgousier, Gargamelle et Gargantua. Il va d’abord à Paris (entre 1524 et 1530), où il commence ses études de médecine. Il a deux enfants. Le 17 septembre 1530, il s’inscrit à la Faculté de Médecine de Montpellier, où il donne des cours sur Hippocrate et Galien. Il y est reçu bachelier le 1er novembre suivant. À Montpellier, Rabelais se lie d’amitié avec le médecin Guillaume Rondelet (1507-1566). Au printemps 1532, Rabelais s’installe à Lyon, grand centre culturel où fleurit le commerce de la librairie. Le 1er novembre, il est nommé médecin de l’Hôtel-Dieu de Notre-Dame de la Pitié du Pont-du-Rhône (Lyon). Il y enseigne également la médecine et publie des critiques de traités médicaux antiques. Ses proches Étienne Dolet (1509-1546), Mellin de Saint-Gelais (1491-1558), Jean Salmon Macrin (1490-1557) sont protégés par l’évêque de Paris, Jean du Bellay- oncle du poète Joachim du Bellay- qui devient aussi le protecteur de Rabelais. Rabelais publie Pantagruel en 1532 sous le pseudonyme d’Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais). Il écrit une lettre à Érasme dans laquelle il se déclare le fils spirituel de l’humaniste, en ce qu’il a voulu réconcilier la pensée païenne avec la pensée chrétienne, construisant ainsi ce qu’on a appelé l’Humanisme chrétien. Mais en même temps, Rabelais, pour écrire ses premiers textes, s’inspire directement du folklore et de la tradition orale populaire. Après le succès de son premier ouvrage, Rabelais publie Gargantua en 1534, sous le même pseudonyme, utile précaution puisque tous ses livres sont ensuite condamnés par la Sorbonne. En 1534 paraissent à Lyon les Grandes et inévitables chroniques de l’énorme géant Gargantua, un recueil anonyme de contes populaires à la fois épiques et comiques. Ces contes tirent eux-mêmes leurs sources dans les romans de chevalerie du Moyen Âge, en particulier le cycle arthurien. Ce recueil obtient un grand succès. Rabelais se met alors à écrire un texte qui reprend la trame narrative des Chroniques. Il raconte l’histoire de Pantagruel, fils du Gargantua des Chroniques. Pantagruel est donc très marqué par ses sources populaires. Fort du succès de Pantagruel, Rabelais entreprend de réécrire à sa façon l’histoire de Gargantua. S’écartant de ses sources populaires initiales, Rabelais rédige un Gargantua littérairement plus marqué d’humanisme que la première version. Il accompagne Jean du Bellay à Rome, chargé d’une mission spéciale auprès du pape Clément VII. Après l’affaire des Placards (1534), Jean du Bellay, nommé cardinal, l’emmène de nouveau à Rome. Le pape Clément VII absout Rabelais de ses crimes d’apostasie et d’irrégularité. D’août 1535 à mai 1536, Rabelais séjourne encore à Rome en tant qu’agent de Geoffroy d’Estissac. Le 17 janvier 1536, un bref de Paul III autorise Rabelais à regagner un monastère bénédictin de son choix, et à exercer la médecine sans pratiquer d’opérations chirurgicales. Le cardinal du Bellay, abbé du monastère bénédictin de Saint-Maur-des-Fossés, lui offre de le recevoir dans ce monastère. Or, ce couvent de religieux est devenu une église collégiale de chanoines, juste avant que Rabelais n’y fût reçu. Une nouvelle demande au pape permet à Rabelais de régler ce problème de dates, et de retrouver ainsi sa liberté en toute légalité. 1539, Rabelais part pour Turin dans la suite de Guillaume du Bellay, frère du cardinal, seigneur de Langey et gouverneur du Piémont. En 1540, François et Junie, les enfants bâtards de frère Rabelais, sont légitimés par Paul III. Le 9 janvier 1543, Langey meurt à Saint-Saphorin, et Rabelais est chargé de ramener son corps au Mans, où il est inhumé le 5 mars 1543. Le 30 mai suivant, Geoffroy d’Estissac, le premier protecteur de Rabelais, décède à son tour. 1546 : auteur censuré des Tiers Livre et Quart livre. Le 19 septembre 1545, Rabelais obtient un privilège royal pour l’impression du Tiers Livre ; édité en 1546, Rabelais le signe de son propre nom. Le livre est aussitôt censuré pour hérésie. En mars 1546, Rabelais se retire à Metz, ville de l’Empire, chez Étienne Laurens, et est nommé médecin de la ville de Metz. En 1547, le roi Henri II succède à François Ier. Jean du Bellay est maintenu au Conseil Royal, et obtient la surintendance générale des affaires du royaume en Italie. Vers juillet 1547, Rabelais revient à Paris en tant que médecin du cardinal, qu’il accompagne dans ses voyages. En 1548, onze chapitres du Quart Livre sont publiés ; la version intégrale ne paraît qu’en 1552. Le 6 août 1550, Rabelais obtient du roi un privilège d’édition pour toutes ses œuvres, avec interdiction à quiconque de les imprimer ou de les modifier sans son consentement. Le 18 janvier 1551, le cardinal du Bellay octroie à Rabelais les cures de Saint-Martin de Meudon et de Saint-Christophe-du-Jambet. Rabelais ne fut curé de Meudon que l’espace de deux ans moins quelques jours. Il n’est pas sûr qu’il ait rempli jamais les fonctions curiales, pouvant toucher les bénéfices de cette cure sans devoir y séjourner en permanence. Le nouvel évêque de Paris, Eustache du Bellay, faisant sa première visite pastorale, au mois de juin 1551, est reçu à Meudon par Pierre Richard, vicaire, et quatre autres prêtres; il n’est pas question de Rabelais. En tout cas, il est évident qu’il ne put laisser dans le pays ces profondes traces, ces souvenirs vivaces qu’auraient retrouvés cent ans plus tard les Antoine Leroy, les Bernier, les Colletet. La légende du curé de Meudon s’est formée après coup. Le 1er mars 1552, le Quart livre est censuré par les théologiens. 1553 : décès à Paris et brillantes épitaphes, parfois pertinentes. Le 7 janvier 1553, Rabelais résigne ses cures. Il meurt à Paris en avril 1553. La Sorbonne censure le quatrième livre et la publication en est suspendue par un arrêt du Parlement en date du 1er mars 1552, portant que, attendu la censure faite par la Faculté de théologie contre certain livre mauvais, exposé en vente sous le titre de Quatrième livre de Pantagruel, avec privilège du roi, la cour ordonne que le libraire sera promptement mandé en icelle et lui seront faites défenses de vendre et exposer ledit livre dedans quinzaine : pendant lequel temps ordonne la cour au procureur du roi d’avertir ledit seigneur roi de la censure faite sur ledit livre par ladite faculté de théologie, et lui en envoyer un double pour suivre son bon plaisir.

Pierre Richer de Belleval est un botaniste français, né vers 1555 à Châlons-en-Champagne et mort le 17 novembre 1632 à 77 ans à Montpellier. Il est le fondateur du jardin des plantes de Montpellier. Il vient suivre des cours de médecine à l’université de Montpellier en 1584 et assiste aux cours de Guillaume Rondelet (1507-1566). Le 20 avril 1595 il obtient son titre de docteur auprès de la faculté de Montpellier. En 1593, Henri IV lui confie la création d’un jardin botanique à Montpellier suivant le modèle de celui de Padoue créé vers 1545. Le projet de Richer prend rapidement de l’ampleur et ne se limite pas à la culture des simples. Il en publie le catalogue, Onomatologia in Hirti Montispeti en 1598. Les guerres de religions qui ravagent la région anéantissent également son jardin lors du siège de la ville en 1622. À l’âge de 60 ans, Richer de Belleval doit tout reprendre à zéro. Il enseigne l’anatomie et la botanique à Montpellier et a le titre de médecin du roi sous Henri IV et Louis XIII. Il publie en 1603 Recherches des plantes du Languedoc. Son œuvre écrite n’a guère eu plus de chance. Il avait formé le projet de réaliser une grande flore du Languedoc. Pour cela, il avait fait réaliser environ 500 gravures sur cuivre (et non sur bois comme c’était la pratique à l’époque) qui étaient accompagnées d’un texte descriptif. Mais il meurt avant d’en avoir assuré l’édition. Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708), en visite à Montpellier, finit par les découvrir dans un grenier. Plus tard le botaniste lyonnais Jean-Emmanuel Gilibert (1741-1814) achète 300 plaques d’authenticité incertaine qu’il retrouve chez un libraire de Montpellier. Il part alors en Pologne et les emporte avec lui. Il en fait paraître 282 dans son ouvrage Démonstrations de botanique de 1796 mais en modifiant considérablement le texte de Belleval. Lorsqu’il revient en France, Gilibert perd une partie des plaques. Finalement, un botaniste de la région retrouve 459 plaques originales qui sont aujourd’hui conservées par l’Institut de botanique de Montpellier et, bien plus tard, 50 autres plaques seront encore retrouvées.

Guillaume Rondelet, né le 27 septembre 1507 à Montpellier et mort le 30 juillet 1566 de dysenterie, est un médecin et un naturaliste français célèbre pour ses travaux sur les poissons. Fils de marchand, Rondelet entreprend des études dans sa ville natale où il obtient son titre de docteur en 1537. Il devient le médecin particulier du cardinal de Tournon et l’accompagne dans différents voyages, notamment en Italie et aux Pays-Bas. Il reçoit la chaire de médecine à la mort de Pierre Laurent à la Faculté de Médecine de Montpellier où il va influencer de très nombreux scientifiques de son époque. Il participe activement à la construction d’un amphithéâtre dans la faculté que fait bâtir Henri II. Cet amphithéâtre permet à Rondelet de faire ses démonstrations par la dissection de nombreux cadavres. Même s’il n’a pas publié d’ouvrage de botanique, il exerce dans ce domaine une influence considérable. Il rencontre notamment Ulisse Aldrovandi et est le professeur de Jean et Gaspard Bauhin, de Conrad Gessner, de Charles de l’Écluse, de Léonard Rauwolf, de Mathias de l’Obel (Rondelet lui lègue ses manuscrits), de Jacques Daléchamps, de Pierre Richer de Belleval… Il devient, en 1556, chancelier de la Faculté après la mort de Jean Schyron. Parmi les œuvres qu’il a publiées, nous pouvons citer : De piscibus marinis, libri XVIII, in quibus veræ piscium effigies expressæ sunt (1554, Lyon) ; comprenant: De testaceis libri II. L’Histoire entiere des poissons, composee premierement en Latin par Maistre Guillaume Rondelet …, maintenant traduites en François. Avec leurs pourtraits au naïf, Lyon, 1558, 2 t. en 1 vol. in-fol..: accompagné de gravures sur bois. La traduction est de Laurent Joubert • C’est son Histoire des poissons qui lui assure la plus grande renommée. Il y décrit 244 espèces de Méditerranée. Très critique pour les textes anciens, il rejette tout ce qui lui peut paraître être une fable. Les illustrations, sur bois, permettent parfaitement de reconnaître les différentes espèces. Il termine De Piscibus Marinis sur ces mots : Or s’il en i a qui prennent les choses tant à la rigueur, qui ne veulent rien apparouver qui ne soit du tout parfait, je les prie de bien bon cueur de traiter telle, ou quelque autre histoire parfaitement, sans qu’il i ait chose quelconque à redire et la receverons é haut louerons bien vouluntiers. Il est modèle du personnage du docteur Rondibilis dans le Tiers livre de François Rabelais.

Michel Michelland

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