Séjour en Normandie du 31 mai au 9 juin 2008

(1) Ce sont une quarantaine de vétérans ou presque dont huit handicapés visuels qui prennent place à bord de l’autocar de Thierry pour rejoindre la Normandie, le commando du réseau rencontre est dirigé par le général Rosmay Granelle. Nous empruntons l’A75 depuis Montpellier, nous mettons le cap au nord, nous déjeunons à Châtelguyon, Nous contournons Vierzon et Orléans, Rosmay nous compte la vie de la plus célèbre pucelle Jeanne d’Arc. Nous sommes en pleine Beauce, le grenier de la France, nous apercevons d’immenses surfaces céréalières rompues parfois par un petit bosquet. Nous traversons Allonnes, nous commençons à distinguer les 2 flèches de la cathédrale de Chartres, nous nous dirigeons vers le centre de la ville de Chartres où est situé notre hôtel le Châtelet. Après le dîner, un petit train touristique vient nous récupérer pour une visite illuminée du centre historique de Chartres. Notre premier arrêt se situe devant le parvis de la cathédrale où nous assistons à une chorégraphie de lumière sur la cathédrale, devant une petite église en trompe l’œil un jeu de lumière nous est proposé. Une façade nous relate toute l’épopée de la révolution française, nous longeons le lycée Marceau, sa façade napoléonienne est admirablement éclairée, des représentations du Portugal y sont dévoilées. Nous passons devant la façade d’un vieux cinéma (les enfants du paradis), il avait un charme désuet, il a fait place à un complexe cinématographique de 10 salles au cœur de la ville, la modernité de l’édifice se retrouve dans l’œuvre d’art rappelant le vitrail à travers ses éléments métalliques. Nous découvrons le théâtre qui date de 1861, il est un des monuments opulents construits à l’époque du second empire, sa construction a duré à peine 15 ans, un reflet d’éclairage nous fait apparaître les sculptures de sa façade. Nous sommes sur la place des Eparts, un jet d’eau s’offre à nous sous la projection de spots qui nous donne des reflets bleus, au centre de la place se dresse la statue du général Marceau, il fut soldat à 16 ans, général à 24 ans et mourut à 27 ans en 1796 sur le champ de bataille. Nous longeons la médiathèque, elle est appelée notre dame des postes, car elle se trouve dans l’ancienne poste centrale de Chartres. Nous découvrons la statue de Jean Moulin, il fut préfet à chartres, dès 1940 il organisa la résistance sur le sol français, il est mort de son patriotisme en 1944. Le monument de la guerre de 1870 est superbement illuminé, nous longeons la butte des anciens charbonniers qui était adossée à l’ancienne enceinte de la ville. Nous découvrons le sommet de l’ancien kiosque à musique de la fin du XIX.me siècle, nous parcourons la promenade où le monde aimait se montrer auparavant, un jeu de paume clôturait l’espace, la butte des charbonniers était planté de vigne jusqu’au XIX.me, elle produisait un vin infâme. Nous apercevons la seule porte de l’ancienne enceinte qui en comptait 12, c’est celle de Dreux, nous contournons une ancienne église qui accueille de nos jours des expositions culturelles, c’est la collégiale saint-André qui date du XII.me siècle, elle est mise en lumière par 5 tableaux. Nous circulons dans la rue de la Tannerie au bord de l’Eure où naviguaient des bateaux à fond plat, cette rue hébergeait tous les métiers de la rivière comme les tanneurs, les parcheminiers et les fouleurs de peaux etc. Les ponts et les lavoirs sont illuminés, nous roulons au milieu de maisons ouvrières du XIX.me siècle qui ont pris place à un ancien jardin fleuri qui menait à la rivière. Le long de l’Eure sont construites des maisons à colombage, nous découvrons l’escalier de la reine Berthe en forme de tour qui date du XVI.me siècle. Nous continuons à serpenter dans les ruelles de la vieille ville, certaines façades sont animées par des tableaux cinéographes. Nous abordons la ville basse, nous empruntons la rue saint-Pierre, c’est l’ancienne route de paris, elle était habitée par la bourgeoisie chartraise. Nous découvrons l’église saint-Pierre et toute sa légèreté, un clocher de l’époque carolingienne coiffe l’ensemble, des vitraux du XIV.me siècle sont mis en valeur par des projecteurs, une statue de saint Fulbert se détache de la façade. Nous empruntons le pont Taillard pour traverser l’Eure, il est construit en pierre de Bergères village situé à proximité de chartres, la qualité de cette pierre est de se durcir avec le temps. Nous admirons les arches du pont Saint-Hilaire, dont la splendeur est magnifiquement soulignée par un éclairage de toute beauté. Nous circulons dans le quartier des béguines qui était un ordre dont les religieuses ne prononçaient pas de vœu, elles n’étaient pas très appréciées, nous abordons le quartier juif où serpentent de petites ruelles. Des ornements sur les façades des maisons nous renseignent sur le métier exercé par l’artisan qui habitait le lieu, Nous terminons notre promenade ferroviaire par la cathédrale, ensuite nous nous rendons à l’hôtel où nous allons prendre un repos bien mérité.

(2) Le matin est consacré à la visite de Chartres à pied pour flâner dans le centre historique, nous avons commencé par nous rendre à la cathédrale. Nous devions assister à une messe en grégorien, en fait ce sont quelques bons bougres qui essayaient de chantonner du latin avec un superbe accent beauceron, nous avons vite écourté l’office, nous avons pris l’initiative d’aller découvrir la ville à notre gré.
Chartres est une commune de 40361 habitants préfecture du département d’Eure-et-Loir, dans la région Centre. Ses habitants sont appelés les Chartrain(e)s. Au cœur de la Beauce, riche région agricole céréalière souvent présentée comme le grenier à blé de la France, la ville est célèbre pour sa cathédrale, que Rodin avait nommée « l’Acropole de la France », ainsi que pour ses nombreux pèlerinages. Elle conserve un important patrimoine bâti ancien le long de ruelles médiévales. La devise en latin de Chartres ajoutée au blason est servanti civem querna corona datur qui signifie « À celui qui sauve un citoyen est donné une couronne de chêne ». Il s’agit là d’une tradition de la Rome antique : la couronne de chêne était décernée à tout citoyen ayant, sur le champ de bataille, sauvegardé l’existence d’un de ses concitoyens. Cette devise figure sur le blason de la ville dès le XVIe siècle et on la retrouve à la fin du XVIIIe siècle sur des médailles frappées aux armes de la ville. En 1790, pour avoir sauvé une chartraine, le maçon Halgrain et le menuisier Brossier (conformément à la tradition antique) reçurent du maire Asselin une médaille en argent frappée aux armes de la ville, attachée à un ruban aux trois couleurs de la nation et portant la fameuse devise. C’est au milieu du XIVe siècle siècle que l’on trouve trace des premières armoiries de la ville. Depuis cette époque, ce n’est pas moins de six blasons différents qui se sont bsuccédé. En héraldique, le blason se définit ainsi : « De gueule à trois besants d’argent surmonté de trois fleurs de lys sur fonds d’azur entouré de feuilles de chêne ». C’est-à-dire que le blason est de couleur rouge, à l’intérieur il y a trois pièces de monnaie d’argent ; au-dessus figurent trois fleurs de lys sur un fond bleu ; le tout est entouré de feuilles de chêne.
Géographie : Chartres est située dans le Nord-Ouest de la France à 90 km à l’ouest de Paris. La superficie de la commune est de 16,85 km². Les communes limitrophes sont : Champhol, Lèves, Mainvilliers, Lucé, Luisant, Le Coudray et Nogent-le-Phaye. La vieille ville de Chartres est située sur un promontoire rocheux que contourne l’Eure, dans la plaine de Beauce, à 90 km au sud-ouest de Paris. Après l’occupation de la colline, la ville s’est étendue sur une langue de terre constituée par deux bras de l’Eure ainsi que sur une pente douce du coté opposé à la rivière. Les contours de l’ancienne ville sont délimités par les boulevards actuels et quelques grandes places (places Drouaise, des Epars, Pasteur, Morard) d’où partent d’importantes voies de communication.
Histoire : Chartres se situe dans une région dont les origines remontent à la préhistoire comme le montrent nombre de monuments mégalithiques et d’objets de l’époque néolithique attestant d’une occupation dense par les premiers agriculteurs.
Antiquité : L’actuel département d’Eure-et-Loir correspond à la partie centrale du territoire des Carnutes dont Chartres était la capitale, sous le nom d’ Autricum. Chartres-Autricum fut une grande ville. Elle était alimentée en eau par deux aqueducs, on y trouvait également un important amphithéâtre, au moins un forum ainsi que des temples. On peut encore aujourd’hui apercevoir des restes de l’amphithéâtre, sur la gauche de la collégiale St André. Il s’agit d’un semblant de chemin en pierre qui ne mène nulle part (dans le mur d’un immeuble voisin pour être précis). Évangélisé au milieu du IIIe siècle par saint Altin et saint Eodald, à la chute de l’Empire romain, Chartres-Autricum était l’un des évêchés les plus vastes des Gaules.
Moyen Âge : La ville a dû faire face aux invasions normandes des IXe et Xe siècles. En 876, un don du roi de France, Charles le Chauve (823–877), le Voile de la Vierge, fut à l’origine d’un important mouvement de pèlerinages qui fit la richesse de la cité et la puissance des institutions religieuses locales. Une autre source de cette puissance résidait dans la richesse de la Beauce où le chapitre de la cathédrale possédait de grands domaines. C’est de cette richesse et de cette puissance que découlèrent les cathédrales successives. Cet éclat matériel se doubla alors d’une grande renommée intellectuelle. L’évêque Fulbert de Chartres se trouva à l’origine du développement de l’École de Chartres qui s’épanouit pendant près de deux siècles. À côté de maîtres célèbres comme Thierry de Chartres ou encore Bernard de Chartres, il faut également noter la place de l’évêque Yves de Chartres qui fut l’un des grands canonistes de l’Église. La qualité des églises atteste l’ampleur du mouvement religieux et la prospérité économique des XIIe et XIIIe siècles. Dans le domaine politique et militaire, le roi de France Louis le Gros réduisit à merci, au prix d’une longue lutte, le sire du Puiset, dont la puissance était un défi à la monarchie. Durant la guerre de Cent Ans, cette région, au centre de la France et au cœur des domaines royaux, souffrit beaucoup. C’est à Brétigny, petit hameau au sud de Chartres, que fut signé le 8 mai 1360 un traité marquant une trêve entre les Anglais et le roi de France Jean le Bon. Plus tard, c’est au sud du département que se joua l’épisode mémorable de la bataille des Harengs qui vit un convoi de vivres destiné aux assiégés d’Orléans arrêté par les Anglais.
Époque Monarchique : Après avoir été l’apanage de Charles de Valois, père de Philippe VI, le comté de Chartres fut érigé en duché par François Ier en 1528 au profit de Renée de France, duchesse de Ferrare. Vainement attaquée par les protestants en 1568, la ville fut prise le 19 avril 1591 par Henri IV après un long siège ; il s’y fait sacrer dans la cathédrale le 27 février 1594. Louis XIV donna le duché de Chartres à la maison d’Orléans, dont l’héritier porta, jusqu’à Louis-Philippe, le titre de duc de Chartres. La résidence du duc de Chartres se situait à l’emplacement actuel de la banque BNP-Paribas ; le balcon principal au 1er étage donnait sur la place des Épars.
Époque Moderne : Après la Révolution française, l’entrée dans le monde contemporain fut marquée par des progrès importants comme l’arrivée du chemin de fer avec l’inauguration de la gare en 1849, la mise en place du tramway en 1899 ou encore la création, en 1909, parmi les premiers en France, de l’aérodrome, où plusieurs pilotes acquirent la célébrité comme Farman et Latham. La ville eut encore son lot de souffrances dans la première moitié du XX.me siècle avec les bombardements du 15 août 1918, de juin 1940 et de mai 1944. C’est également en 1940 que Jean Moulin, alors préfet d’Eure-et-Loir, eut ses premiers démêlés avec les troupes du IIIe Reich. La ville fut libérée par l’armée américaine le 18 août 1944. La résistance française à Chartres se réunissait au dernier étage d’une maison qui était au début de la rue du Grand Faubourg. Dès qu’ils le pouvaient, sans se faire voir ou entendre des allemands, ils installaient leur antenne sur le toit, afin de leur permettre d’écouter les instructions venant de Londres. À partir de la seconde moitié du XX .me siècle, Chartres connut une véritable transformation économique et sociale se caractérisant par l’emploi, l’augmentation de la population et la création des quartiers de La Madeleine et de Beaulieu. Aujourd’hui encore, Chartres veut donner une image dynamique tant dans le domaine de l’emploi que dans le domaine de la culture. Cela se caractérise notamment par l’inauguration du Centre international du vitrail, par la création de la « Cosmetic Valley » ou par la réalisation de manifestations comme la « Fête de la Lumière ».
Économie : • Centre agricole
; • Industrie mécanique ; • Électronique
; • Industrie pharmaceutique
; • Capitale de la parfumerie (Cosmetic valley).
Chartres est le siège de la Chambre de commerce et d’industrie d’Eure-et-Loir. C’est aussi un centre agricole. La ville possède de nombreuses industries : pharmacie, parfumerie, constructions mécaniques et électriques. Elle bénéficie aussi d’une excellente desserte ferroviaire et autoroutière.
Après 2 heures de flânerie nous avons rejoint notre hôtel pour y prendre le déjeuner.
Le début d’après-midi est consacré à la visite commentée de la cathédrale, notre guide se prénomme Esther, voici un condensé de son explication :
Début de la construction 1145 (cathédrale romane) 1194 (cathédrale gothique) Fin des travaux 1220 Style(s) dominant(s) Roman Gothique Classé(e) Monument historique (1862) Patrimoine mondial (1979) La cathédrale Notre-Dame de Chartres, en France, est le monument le plus célèbre de Chartres, préfecture du département de l’Eure-et-Loir, située à 80 kilomètres au sud-ouest de Paris. Elle est considérée comme un des plus parfaits édifices gothiques. L’actuelle cathédrale, de style gothique dit lancéolé, a été construite au début du XIIIe siècle, pour la majeure partie en 30 ans, sur les ruines d’une précédente cathédrale romane, détruite lors d’un incendie en 1194. Grand lieu de pèlerinage, cette cathédrale et ses tours dominent la ville de Chartres et la plaine de la Beauce alentour. Elles s’aperçoivent à plusieurs dizaines de kilomètres de distance. La cathédrale a été le premier monument classé au patrimoine mondial par l’UNESCO en 1979. Il semble qu’une ancienne grotte druidique ait servi de sanctuaire aux premiers chrétiens à l’époque romaine. Mais cette hypothèse n’est pas confirmée. Au IV.me siècle — vers 350 — eut lieu la construction de la première cathédrale appelée cathédrale d’Aventin. Celui-ci est le premier évêque de la ville de Chartres. Elle fut édifiée aux pieds des murs gallo-romains qui entouraient la ville. Cette première cathédrale fut incendiée en 743 ou 753 par les troupes de Wisigoths du duc d’Aquitaine Hunald, lors du sac de la ville. Un deuxième sanctuaire fut alors construit. Le 12 juin 858, cette deuxième cathédrale fut détruite par les pirates Vikings. L’évêque Gislebert reconstruisit un édifice plus grand. De ce dernier, il subsiste actuellement le martyrium, appelé chapelle Saint-Lubin. En 876, le roi Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne fit don à la cathédrale de la sainte relique connue sous le nom de « Voile de La Vierge » ou « Sainte Tunique »).Le 5 août 962 cette troisième cathédrale fut à son tour incendiée pendant la guerre qui opposa Richard Ier, duc de Normandie, au comte de Chartres, Thibault le Tricheur. Un quatrième édifice lui succéda. Les 7 et 8 septembre 1020, ce quatrième édifice fut à son tour accidentellement ravagé par le feu. L’évêque Fulbert releva l’église de ses ruines, en style roman. En 1020, on construisit la crypte que nous connaissons actuellement. La construction de cette dernière dura de 1020 à 1024. La dédicace de cette cinquième cathédrale eut lieu le 17 octobre 1037. L’évêque Fulbert était décédé en 1029.
Construction de la cathédrale actuelle : Le 5 septembre 1134, la ville de Chartres fut presque entièrement détruite par un incendie. Mais la cathédrale romane de Fulbert fut épargnée. De 1134 à 1155, on éleva la façade occidentale que nous connaissons toujours aujourd’hui, et peu après, on commença la tour nord. De 1142 à 1150 eut lieu le montage du portail royal et de ses sculptures. En 1145, on commença la tour sud (appelée actuellement clocher « vieux »), dont la construction s’acheva, avec sa flèche, avant 1170. La tour nord (appelée clocher « neuf ») fut terminée vers 1150. Mais elle ne comportait que 2 étages et était couverte en plomb. Le 11 juin 1194 eut lieu un nouvel incendie qui n’épargna que les cryptes, la façade occidentale et les tours. Le Voile de la Vierge avait été à l’abri dans la crypte dite « chapelle de Saint Lubin ». La tour sud était terminée, mais la tour nord n’atteignait que 41 mètres environ. Aucune des deux ne souffrit du feu. En réchappèrent aussi la façade ouest au complet et le vitrail « Notre-Dame de la belle verrière ».La reconstruction de l’édifice sous la forme que nous connaissons actuellement débuta immédiatement. Son architecte est inconnu. A l’exception de la façade occidentale et de la crypte, tout fut reconstruit. En 1240, les vitraux étaient déjà réalisés. Et la consécration solennelle eut lieu en 1260. Le sacre d’Henri IV : Henri IV fut le seul roi de France sacré dans cette cathédrale et non pas à Reims selon la tradition. Paris était en effet tenu par les catholiques, qui opposaient leur résistance au roi à cause de sa religion protestante. C’est à cette occasion que le monarque aurait prononcé la phrase célèbre : « Paris vaut bien une messe ». Il se convertit et fut sacré roi de France ; dès lors, les catholiques s’y rendirent progressivement.
Les fraternités de compagnons : La cathédrale a été construite par des ouvriers spécialisés, appelés compagnons, réunis en confréries ou fraternités. À cette période, il existait trois fraternités : les Enfants du Père Soubise, les enfants de Maître Jacques, et les Enfants de Salomon liés à l’Ordre du Temple. Ces derniers ont laissé sur les pierres ou les poutres, quelques signes gravés qui sont leurs signatures. Les tracés directeurs, de facture duodécimale, de la construction de son plan ont été directement exécutés grâce à la corde à treize nœuds, un des outils des compagnons bâtisseurs. On peut y voir plusieurs symboles inhabituels tels que les signes du zodiaque.
Quelques chiffres : Dimensions principales • longueur intérieure : 130 m • hauteur sous voûte : 37,50 m • hauteur du sol au faîte de la toiture : 51 m • hauteur du clocher vieux : 105 m • hauteur du clocher neuf : 115 m • longueur intérieure totale : 130 m • dont longueur de l’avant nef : 17 m • longueur de la nef : 44 m • croisée du transept : 14 m • longueur du chœur : 37 m • déambulatoire et chapelle axiale : 18 m • largeur du vaisseau central de la nef : 16,40 m (contre 12 m pour Notre-Dame de Paris) • largeur de la nef avec les bas-côtés : 33 m • largeur intérieure du transept de trumeau à trumeau: 63,4 m • largeur du chœur avec les bas-côtés : 47 m • largeur de la façade ouest : 48 m • dont le Portail Royal : 15 m • largeur de chacune des façades nord ou sud : 40 m•
La clôture du chœur comporte 200 statues • La grande rosace avec ses 13,36 mètres de diamètre, est une des plus grandes du monde (Les deux rosaces du transept de Notre-Dame de Paris ont un diamètre de 13,1 mètre). • Notre-Dame de Chartres possède 4.500 statues et bas reliefs (dont 176 représentations de la Vierge). • Pas moins de 10000 personnages y sont représentés, en comptant les vitraux. On compte 9 portails sculptés (ce qui est unique en Europe). • Avec ses 650 m², le chœur est le plus vaste de France. • Le transept de 63,4 m est aussi le plus long de France. • La crypte romane est la plus vaste de France. • On compte 176 verrières. • La surface totale de vitraux est de 2600 m² • La cathédrale possède la plus importante surface au monde de vitraux des XII.me et XIII.me siècles.
L’extérieur de la cathédrale
Les tours : On reconnaît facilement la cathédrale Notre-Dame de Chartres du fait de la grande différence entre ses deux tours : la tour nord a une base de type gothique ancien (avec contrefort et peu d’ouverture), surmontée d’une flèche flamboyante plus tardive (datée du XV.me siècle) en revanche, la tour sud, dotée d’une base typiquement gothique, est surmontée d’une flèche très simple.
Le portail royal dans la façade occidentale constitue la porte d’entrée principale de l’édifice religieux. Encadrée par deux tours, elle présente un programme sculpté important : 24 grandes statues (il en reste 19 aujourd’hui) et plus de 300 figures forment un décor en harmonie avec l’architecture de la cathédrale. Le décor derrière les statues représente les derniers feux du style roman : entrelacs, colonnettes, feuilles d’acanthe témoignent des influences méridionales. Le porche nord est aussi appelé « portail de l’Alliance ». Ses statues ont été exécutées entre 1205 et 1210. Elles représentent des scènes de l’Ancien Testament et de la vie de la vierge Marie. Les voussures de la baie centrale évoquent les épisodes de la Genèse. La baie de droite reprend le thème des travaux et des jours, ainsi que des arts libéraux. Le Portail sud Appelé aussi « portail de l’Église », il met en scène le Jugement Dernier (tympan central). Sont également figurés les confesseurs (portail de droite), les apôtres et les martyrs(portail de gauche).
L’intérieur [
Les vitraux, La cathédrale de Chartres possède le plus important ensemble vitré du XIII.me siècle, remarquablement préservé jusqu'à ce jour (notamment ses bleus inimitables). Il y a le nombre remarquable de 176 vitraux (petites roses comprises), sur une surface de 2600 m². Pour la plupart, ils représentent des saints et saintes ou des personnages de la Bible : (Noé, Joseph, le Bon Samaritain, le Fils Prodigue...) mais aussi de la Légende dorée de Jacques de Voragine (dominicain italien du XIII.me siècle). Signes du zodiaque et travaux des mois - de bas en haut : bélier, taureau, gémeaux, cancer et lion grande verrière occidentale et sa rosace du XII.me siècle Le triplet de la façade occidentale est situé sous la rosace. La baie centrale du triplet de la façade occidentale représente les épisodes de la vie du Christ. Les vitraux se lisent de bas en haut.
Le labyrinthe de Chartres, œuvre du XII.me siècle, est une figure géométrique circulaire inscrite dans toute la largeur du pavage de la nef principale, entre les troisième et quatrième travées. Elle représente un tracé continu déployé de 261,55 m, partant de l'extérieur et aboutissant au centre, en une succession de tournants et d'arcs de cercles concentriques. Une de ses particularités est que, partant du centre ou de l'extérieur, le chemin parcouru présente exactement le même enchaînement de tournants et d'arcs de cercle. Le labyrinthe serait un chemin symbolique qui mènerait l'homme de la terre à Dieu ; un chemin où l'homme irait à la rencontre de Dieu. Le centre de cette grande figure symbolise la Cité de Dieu. La démarche du labyrinthe ne consiste pas seulement à aller jusqu'au centre mais à en repartir. Le pèlerin est invité à emprunter la ligne tracée face à lui pour monter vers le chœur de la cathédrale, vers l'orient, vers la lumière (il évite aussi un voyage, souvent dangereux, sur les lieux saints). C'est un lieu réputé en géobiologie (radiesthésie).
La clôture du chœur est un mur de clôture entourant le chœur, destiné à mieux isoler ce dernier du déambulatoire. Entièrement sculptée (40 groupes, 200 statues au total), c'est partiellement l'œuvre de Jehan de Beauce qui initia les travaux au début du XVI.me siècle. Le programme iconographique est de style Renaissance et évoque les épisodes de la vie de Jésus et de la Vierge Marie.
La vierge au pilier : Cette vierge en bois de poirier date d'environ 1540, elle était autrefois adossée au jubé qui a été détruit au XVIII.me siècle.
Le voile de la Vierge : Il s'agit d'une relique très importante qui fut offerte en 876 à la cathédrale par Charles le Chauve, empereur d'Occident. Ce voile, selon la tradition, est la chemise que portait Marie lors de l'Annonciation, au moment ou le Verbe fut conçu. Cette relique importante drainait de nombreux pèlerins. Lors de l'incendie de l'ancienne église, en 1194, on crut que la relique était perdue mais on la retrouva intacte : cela fut interprété comme le fait que la vierge Marie désirait une plus grande église pour sa relique, et explique peut-être l'enthousiasme et la rapidité avec laquelle la nouvelle cathédrale fut bâtie. La relique était enchâssée dans une châsse de grande valeur, mais les joyaux furent vendus à la révolution. De même le voile fut découpé en plusieurs morceaux, qui furent vendus. Une expertise du tissu a confirmé sa datation, qui remonte bien à la haute antiquité. Il n'est d'ailleurs pas douteux que la vierge Marie, qui descendait de la famille royale de David et de Salomon par ses deux parents, sainte Anne (tribu d'Aaron) et saint Joachim (tribu de Juda), ait porté un vêtement de soie d'une telle valeur. Le voile est toujours exposé dans le déambulatoire, du côté nord, dans une des chapelles absidales.
Notre-Dame de Chartres reste un lieu de pèlerinage important à l'heure actuelle, principalement grâce à l'engouement pour la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, dont Chartres est une étape pour les pèlerins qui viennent du Nord par la route de Paris.
La crypte : La cathédrale actuelle résulte de 7 constructions de différentes époques, elles-mêmes reposant sur un lieu de culte druidique du pays des Carnutes. Les cathédrales ont souvent été superposées, servant chacune de fondations à celle qui a succédé. Les parties qui n'ont pas été remblayées forment deux cryptes concentriques qu'il est possible de visiter. Elle permet d'avoir un aperçu des fondations et de fresques du XII.me siècle, ainsi que du puits qui date des premières constructions. On peut y voir également une statue de "vierge à l'enfant" noire, réplique d'une statue médiévale, l'originale ayant été perdue dans un incendie.
La crypte intérieure : Les premiers chrétiens auraient édifié du IV.me au XI.me siècle des sanctuaires successivement dévastés par les flammes et/ou persécutions religieuses. Un vestige de muraille, généralement attribué à l'époque romaine, rappelle la première église, mais il ne subsiste rien de celle du VI.me siècle, pas plus que de celle détruite en 858 par les Normands. Par contre la crypte de l'église carolingienne édifiée par Gislebertus au IX.me siècle existe toujours. Elle porte le nom de caveau Saint-Lubin et se situe sous le chœur de la cathédrale actuelle, juste sous le maître-autel.
La crypte extérieure, La deuxième, appelée crypte Saint-Fulbert, qui enveloppe ce caveau, part d'un clocher et fait le tour de l'édifice. Datant du X.me siècle, avec ses 230 mètres de long sur 5 à 6 mètres de large, elle est la plus grande Crypte de France. En partant de l'extrémité de la galerie nord, on arrive à la chapelle de Notre-Dame Sous-Terre, vraisemblablement le plus ancien sanctuaire marial du monde, où on peut contempler une reproduction récente de la statue de l'antique Madone, le modèle original ayant été brûlé par les révolutionnaires en 1793. Elle mêle sans doute l'image d'une divinité féminine remontant au temps des druides, au culte marial. La galerie devient semi-circulaire sous le chevet et s'ouvre sur trois chapelles romanes profondes, encadrées par quatre plus petites chapelles gothiques du XIIIe siècle. C'est là que se trouve le puits dit des Saints-Forts (33 m de profondeur), érigé sur une base gallo-romaine carrée, dont l'eau passait au Moyen Âge pour posséder des vertus miraculeuses. Dans la galerie sud, on peut admirer une fresque du XII.me siècle comprenant la représentation, pense-t'on, de la cathédrale romane de l'époque.
Les principaux pèlerinages
La cathédrale Notre-Dame de Chartres est, depuis son édification, un haut lieu de pèlerinage pour les catholiques français - ce qui explique notamment l'ampleur du déambulatoire, permettant la circulation des fidèles autour du chœur. Au cours du XX.me siècle, les pèlerinages à Chartres ont connu un nouvel élan, à la suite de l'écrivain Charles Péguy qui se rendit à pied de Paris à Chartres en 1912, accomplissant un vœu fait au chevet de son fils malade. Après la mort de Péguy en 1914, certains de ses amis refirent la route en méditant ses poèmes, initiant un vaste mouvement de pèlerinages à Chartres, parmi lesquels : • le pèlerinage étudiant, organisé par les aumôneries de l'enseignement supérieur en Île-de-France, aux Rameaux,
• le pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté, d'inspiration traditionaliste, à la Pentecôte, • le pèlerinage du monde du travail. À la Pentecôte, il y a un pèlerinage de la Fraternité sacerdotale qui effectue le parcours en sens inverse, de Chartres à Montmartre mais qui n'a pas encore obtenu l'autorisation de célébrer la messe ni dans la Cathédrale de Chartres, ni dans la Basilique du Sacré Cœur de Montmartre. Chartres est également une étape importante pour les pèlerins qui viennent du nord de l'Europe et qui font route vers Saint-Jacques-de-Compostelle, en empruntant la route de Paris à Tours.
Comme dans toutes les églises mariales qui sont consacrées à la vierge, aucun tombeau ne se trouve dans la cathédrale, la vierge Marie n’est jamais morte, on a d’ailleurs un mot pour ça, c’est la dormition. Elle s’est donc endormie et montée directement au paradis, en théorie on n’enterre jamais personne dans une église mariale qui représente la vie, par contre on peut trouver des tombeaux vides que l’on appelle des cénotaphes, les offices funéraires de Chartres se déroulent à l’église saint-Pierre. Au cours des 2 guerres mondiales du XX.me siècle, les vitraux ont été démontés et entreposés dans une grotte en Dordogne, ils ont été réinstallés au début des années 1950 dans la cathédrale. A la même époque, on a entreposé des sacs de sable le long des parois de l’édifice afin que la structure soit conservée en cas de bombardements. La visite terminée nous avons repris la route en direction de Caen, nous avons rejoint l’A13, nous avons contourné Rouen et Caen, nous sommes arrivés à Luc-sur-Mer où nous serons hébergés à l’hôtel des Termes et du Casino. Après notre installation, nous avons pris le pot de bienvenue avant de passer à table, puis nous avons rejoint nos chambres pour un bon repos. Voici une petite présentation du coin de France que nous allons visiter :
La Basse-Normandie est une région de France, créée en 1956, qui regroupe trois départements : le Calvados, l'Orne et la Manche. Elle correspond à la partie occidentale de l'ancienne province de Normandie et d'une partie du Perche.
Économie La Basse-Normandie est : la première région agricole notamment pour la production de beurre, de fromages frais et de fromages à pâte molle, la production de pommes à cidre et de produits cidricoles, la production de poireaux et navets• La première région en nombre de chevaux, avec 12% du cheptel équin national• la troisième région pharmaceutique, la quatrième région pour l'industrie automobile
La cuisine normande. La position géographique de la Normandie détermine sa cuisine qui bénéficie de ses fertiles terroirs lui fournissant à foison les produits agricoles tandis que la mer la pourvoit généreusement en poissons et crustacés divers. La Normandie aime la bonne chère et sa cuisine se distingue essentiellement par sa production agricole et piscicole. Les produits laitiers y tiennent le haut du pavé : l’usage fait par les Normands du beurre et de la crème dans leur cuisine est quasi-légendaire.
Le département du Calvados (14) est un département de la régionouest de la France, sa préfecture est Caen, les sous-préfectures sont Bayeux, Lisieux et Vire, sa superficie est de 5548 kilomètres pour une population de 664000 habitants.
Histoire : Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de l'ancienne province de Normandie. On envisagea un temps de le nommer « Orne-Inférieure », avant de choisir son nom actuel. La légende veut que les rochers au large d'Arromanches-les-Bains aient pris le nom du Salvador ( qui serait devenu Calvados au fil des déformations linguistiques) navire de l'Invincible Armada espagnole qui s'y serait échoué. Mais une hypothèse plus sérieuse fait état de cartes marines rédigées en latin décrivant la côte dénudée et bosselée d'une partie de l'actuel département comme calva dorsa "dos chauve" , ce nom proviendrait plus précisemment des deux dos (dorsa en latin, élévation), qui au large apparaissaient chauves (calva en latin) du fait de la faible végétation, servant ainsi de repère aux marins
Géographie du Calvados : Le Calvados fait partie de la Région de Basse-Normandie. Il est limitrophe des départements de l'Eure à l'est, de l'Orne au sud et de la Manche à l'ouest, tandis que son flanc nord est constitué par les côtes de la Manche.
La Côte de Nacre s'étend de Ouistreham à Courseulles-sur-mer, des kilomètres de sable fin sur le site même des plages du Débarquement. Cette bande littorale tient son nom des couleurs et des reflets de la mer qui s'accordent à son ciel changeant et que l'on peut comparer à ceux de la nacre. Nous ignorons en revanche (malgré de nombreuses recherches) de quand date cette appellation (début XX.me probablement) et à qui en attribuer la paternité. La Côte de Nacre est constituée d'une succession de petites stations balnéaires familiales et discrètes où il fait bon vivre toute l'année. On y trouve tous les loisirs possibles : du nautisme sous toutes ses formes aux sports de glisse en passant par l'équitation, le tir, le bowling, trois casinos (Ouistreham, Luc-sur-mer et Saint-Aubin-sur-mer). Deux centres de thalassothérapie attendent les curistes, à Ouistreham et à Luc-sur-mer. On peut également simplement se détendre entre amis en bord de mer, profiter des kilomètres de digues promenades ornées des célèbres cabines de plage, visiter des musées à thèmes tels que le Centre Juno Beach (Courseulles), le Musée du Grand Bunker, le N°4 Commando (Ouistreham), ou encore le musée du radar (Douvres-la-Délivrande), qui ont tous trait à la seconde guerre mondiale. Mais aussi, par exemple la maison de la mer à Courseulles, la maison de la Baleine à Luc, la maison du fossile à Lion-sur-mer... La Côte de Nacre et son arrière pays possèdent un patrimoine particulièrement riche, préservé mais également méconnu. De nombreux joyaux architechturaux (la villa "la Bluette" à Hermanville, la Pharmacie Lesage à Douvres) témoignent d'un XIX.me siècle florissant. Les églises classées, les manoirs, la Basilique de Douvres, la grande aux dîme de Ouistreham, nous content une histoire religieuse et agricole particulièrement riches, mais il y a aussi les maisons de pêcheurs, les venelles, modestes mais pleines de charme... La Côte de Nacre recèle de nombreux atouts.
Luc-sur-Mer est une commune d’une superficie de 3,64 kilomètres carrés pour une population de 3036 habitants, située dans le département du Calvados.
Géographie : La commune de Luc-sur-mer se situe au sud de la baie de Seine et au cœur de la Côte de Nacre. Au nord du Calvados, elle se trouve aussi a 15 km de Caen (20 minutes en voiture). Le territoire communal est au croisement de trois unités paysagères : un espace littoral et balnéaire, un espace rural et un espace périurbain. Le croisement de ces variables engendrent un paysage remarquable. Les habitants de Luc-sur-mer se nomment les lutins.
Lieux et monuments : • Les falaises de Luc sur mer• La croix du cimetière daterait de 1662• La jetée fut montée en 1971 venant de Ouistreham dans le prolongement du lieu appelé « Brèche Marais »• Un squelette de baleine, échouée sur la plage de Luc en 1885, est exposé dans le parc municipal• L'ancienne gare de la ligne Caen-Courseulles.

(3) Nous faisons connaissance avec Isabelle, elle sera notre guide tout au long de notre semaine normande, elle prend place auprès de Thierry, elle nous convie à l’écouter ce qui est très agréable. La journée est consacrée aux plages du débarquement de Normandie, Hitler est arrivé au pouvoir en 1933 dans une Allemagne secouée de plein fouet par le crac boursier de 1929 et par son esprit de revanche subit après la défaite de la première guerre mondiale. En 1929 les américains retirent les capitaux qu’ils avaient investis en Allemagne, l’industrie allemande s’effondre, la bourgeoisie allemande voit en Hitler le sauveur de l’identité allemande. Le nouveau chancelier Hitler pactise avec ses voisins la Pologne, la Russie, l’Autriche, la Hongrie etc, ensuite il les envahit et les annexe. En 1940 l’Allemagne occupe la France, les armées française et anglaise se réfugient en Angleterre, c’est la débâcle. Le 18 juin 1940 les allemands atteignent sainte-Mère-l’Eglise, 4 années d’occupation vont suivre, c’est un régime militaire qui n’accepte aucune contestation, on arrête, on exécute, on fusille pour dissuader les opposants. Certains français sont séduits par ce régime, ils vont collaborer pendant que d’autres résistent, pendant ces 4 années les alliés préparent un débarquement en Europe. Ils ne savent pas quel lieu choisir, les Pays Bas, le nord de la France, la Normandie ou même la Bretagne, ils opteront pour la Normandie pour sa côte et sa proximité de l’Angleterre. Les allemands étaient convaincus d’un débarquement dans le nord de la France, les alliés vont créer 4 plages de débarquement, 4 secteurs situés sur le littoral du Calvados, les américains commandés par le général Montgomery vont même en ajouter une cinquième, le débarquement était prévu au mois de mai 1944, mais la création de la cinquième plage et la météorologie ont quelque peu décalé la date du débarquement. La nuit du 5 au 6 juin est choisie, c’est une nuit de pleine lune nécessaire à la réussite de l’opération, des parachutistes vont être largués en pleine nuit avant que les hommes débarquent sur les plages. On profite également d’une marée montante pour le jour J, afin de déterminer tous les pièges tendus par les allemands aux abords des côtes normandes. Pendant les 4 années d’occupation des espions viennent scruter la côte à bord de vedettes, ils étudient les fonds marins dans l’idée de créer un port artificiel, car la prise d’un port tel que celui de Cherbourg était très difficile et même impensable. Des espions seront parachutés pendant l’occupation pour évaluer les troupes, les entrepôts de munitions, le relief de l’arrière pays et recenser les notables qui possèdent le téléphone pour créer un réseau de communication. Les 2 plages à l’ouest Uta Beach et Omaha Beach sont destinées aux américains, la plage de gold Beach près d’arromanches est réservée aux anglais, Juno Beach sera le terrain des canadiens, et Sword Beach est sous influence anglaise accompagnée par un commando français dirigé par le lieutenant colonel Philippe Kieffer. Les anglais et les canadiens auront à traverser de longues plaines pour progresser à l’intérieur des terres, tandis que les américains découvriront un terrain de bocage qui ralentira leur progression. Les allemands avaient une parfaite connaissance du terrain, ce qui les avantageaient beaucoup, ils pouvaient ainsi tuer de nombreux soldats américains, car ils se servaient des haies et du parcellaire pour contrer l’avancée des troupes américaines. La guerre des haies a causé la mort d’un homme par mètre de terre conquise, l’hécatombe sera terrible sur le front du débarquement des côtes du Calvados, les chars ne pouvaient pas soutenir les fantassins, ensuite on a équipé les chars de coupe haies avec lesquelles ils pourront les défoncer et les éventrer, ce qui évite de les franchir et d’offrir aux allemands de superbes cibles lorsque les chars se présentaient à la verticale. Nous contournons la ville de Caen qui a été bombardé par les alliés pour anéantir les nœuds de communications routières, afin de ralentir l’acheminement de troupes allemandes sur le front du mur de l’Atlantique en Normandie. Le bombardement des villes a été contesté, car la plupart des villes étaient désertées par l’armée allemande, caen a donc presque été entièrement reconstruite, on a tracé des artères rectilignes avec un périphérique qui entoure l’agglomération. Les libérateurs n’ont pas toujours eu un accueil enthousiasme de la population qui avait subi d’effroyables bombardements faisant de nombreuses victimes civiles sans qu’ils soient très opportuns. Sainte Mère-l’Eglise est située à une quinzaine de kilomètres de Uta Beach, c’est un carrefour de voies de communications importantes, le parachutage des avions américains se sont avérés imprécis, les parachutistes ont donc été éparpillés dans un rayon de 15 kilomètres autour de sainte Mère-l’Eglise, certains seront même parachutés en pleine mer, il faut dire que les pilotes d’avion qui larguaient les parachutistes étaient des jeunes pilotes et non expérimentés. Le jour du débarquement un manoir est entrain de brûler ce qui monopolise les allemands et les habitants pour combattre l’incendie, les parachutes tombent du ciel comme des confettis au milieu du village en feu. D’autres parachutistes tombent dans les marais provoqués par les allemands, ils avaient utilisé les vannes des portes qui régulent les fleuves côtiers de la région pour inonder les plaines afin de provoquer la noyade des hommes parachutés. Les américains ont fait connaître lors du débarquement les soupes potages, les lunettes de soleil, les nouveaux textiles comme le nylon, les conserves de toutes sortes, un conflit apporte toujours du progrès quoique avec le recul ce n’est pas si évident. Le nom des plages était des codes qui sont d’ailleurs toujours restés et qu’on emploie usuellement, nous roulons sur la RN13. Le film (le jour le plus long) n’est pas un film d’archives, c’est un film à but commercial avec une pléiade d’acteurs, le metteur en scène a pris des libertés avec l’histoire. Le fameux épisode du parachutiste qui tombe sur le clocher de sainte Mère-l’Eglise est peu probable, le fait a été amplifié pour le fait du cinéma. Dans la brume nous distinguons le plus grand cimetière allemand de Normandie, on ne dénombre pas moins de 22000 tombes, ce sont de petites croix qui parsèment la vaste étendue, le dernier soldat allemand mort sur le mur de l’Atlantique en Normandie est un prisonnier allemand tué lors d’un déminage du sol français en 1949 4 ans après l’armistice. Les cimetières allemands sont gérés par une association allemande qui les entretiennent, ils sont très sobres voir austères, on ne cherche pas à glorifier l’armée, on ne fait pas état du grade du soldat juste le nom est inscrit sur la tombe, nous verrons par contre le cimetière américain où il règne une autre philosophie de la mémoire. Il n’est pas rare aujourd’hui de découvrir des corps de l’affrontement qui a eu lieu il y a plus de 60 ans, les corps sont inhumés dans les cimetières respectifs des corps découverts au gré du temps. Nous traversons la vire qui est un fleuve côtier, nous apercevons la porte qui empêche l’eau salée de rentrer dans les terres à marée haute, c’est un système très ingénieux qui remonte à l’époque de Louis XV. Nous passons sous un pont canal, sur notre gauche nous distinguons la ville de Carentan, elle est reliée à la mer par un canal qui mesure 7 kilomètres, il a été creusé sous le règne de Napoléon Bonaparte, il a été conçu pour mettre les bateaux à l’abri des anglais. Nous passons sur un autre fleuve côtier dont les portes sont entrain de se fermer, les parcelles qui nous environnent sont recouvertes d’eau douce en hiver, la végétation est celle connue dans les marais, Nous montons sur une élévation appelée (les hautes terres), les basses terres sont au printemps le terrain de jeu des chevaux qui sont restés tout l’hiver à l’écurie. Nous sommes au centre du département de la Manche qui compte une multitude de lacs, le département de la Manche est tout en longueur, nous nous approchons du cotentin qui signifie sous influence de Coutances qui est le siège épiscopal. Sainte Mère-l’Eglise a hébergé 3 cimetières provisoires qui comptaient 15000 tombes, un photographe surprend lors d’un reportage après la guerre, une femme qui fleurit la tombe provisoire du général Théodore Roosevelt junior, fils du président des etats Unis au début du XX.me siècle. Cette femme était la femme du mère de sainte Mère-l’Eglise, madame renault belle sœur de l’actrice Madeleine renault, la photo va faire le tour des Etats-Unis d’Amérique, cela a pour effet de redécouvrir le débarquement de Normandie, le parachutage, l’effet de mémoire est lancé et toute la région connaît un regain touristique américain. Nous arrivons à sainte Mère-l’Eglise, des vétérans et des collectionneurs arpentent le village en tenue de libérateur et au volant de véhicules militaires d’époque, c’est quelque peu irréaliste. Nous flânons autour de l’église, sur le clocher est accroché un parachute sous lequel est suspendu un mannequin qui représente un parachutiste.
Sainte-Mère-Église est une commune de 17,68 kilomètres carrés pour une population de 1585 habitants chef-lieu de canton du département de la Manche, dans la région Basse-Normandie. Ses habitants sont appelés les Sainte-Mère-Églisais. Sanctae Mariae Ecclesia, Ecclesia de Sancte Maria, Sainte-Marie-Eglise, autant d'appellations dans les anciennes archives qui aboutirent au nom actuel de Sainte-Mère-Église. Lorsque, au début du XII.me siècle, la première pierre de l'église de Sainte-Mère est posée, la paroisse est déjà en place. L'emplacement du village au coeur du Plain et proche de la côte va favoriser la circulation des idées, de même que sa situation privilégiée sur une voie de communication romaine. Son histoire a commencé bien avant "le jour le plus long", avec Guillaume de Sainte-Mère-Église, sacré évêque de Londres en 1199, les ravages des troupes anglaises au XIV.me siècle,la peste, les guerres de religion, l'existence d'une importante communauté protestante au XVII.me, la révolution de 1789, les chouans avec l'exécution en 1796 de leur chef, le vicomte de Bricqueville, l'épopée napoléonienne, la vie municipale sous le Second Empire, etc... Le 6 juin 1944, parachutage des forces alliées, américaines, 14000 hommes de la 82e Division Aéroportée US (82th Airborne) lors de l'Opération Overlord. La prise de contrôle de la ville est dévolue à la 82e Division Aéroportée US, en pratique de nombreux para de la 101e Division Aéroportée US participèrent également à la prise de la ville - du fait d'erreur de largage. Le soldat John Steele est devenu célèbre pour être resté accroché au clocher de l'église. Lieux et monuments de la commune : • Église des XII.me siècle et XIII.me siècle. • Le Musée Airborne, exposition permanente des troupes aéroportées • Ferme-musée du Cotentin • Départ de la Voie de la Liberté.
Nous pénétrons furtivement dans le musée Airborne pour y découvrir quelque véhicules militaires dont un char Sherman type M4 41 E8 qui a un poids en charge de 33 tonnes, vitesse maximum 35 kilomètres heure, vitesse moyenne 30 kilomètres heure, autonomie 8 heures, soit 200 kilomètres, réservoir 660 litres, consommation 80 litres à l’heure, rayon de braquage est de 6 mètres, moteur continental 9 cylindres en étoile, puissance 420 chevaux, refroidissement par air, le démarreur est un monocylindre de 2 temps, il est armé d’un canon de 76, chaque munition pèse 10,5 kilogrammes, d’une DCA 12,7 et d’une mitrailleuse de Capot. Nous sommes au point zéro de la route de la liberté, nous prenons la route de la pointe du Hoc, le mur de l’Atlantique dressé par les allemands s’étendait de la Hollande au Portugal. Nous longeons Uta Beach, toute la côte était fortement armée pour empêcher l’approche des bateaux ennemis, nous nous dirigeons vers la pointe du Hoc qui était une batterie côtière, elle menaçait Uta Beach et Omaha Beach, car la pointe du Hoc est située entre les 2 plages. Nous contournons la commune de sainte-Marie du mont, nous roulons dans un environnement de bocage, nous croisons un convoi militaire de collectionneurs, c’est un peu impensable, mais nous nous croyons 60 années plus tôt. Comme le fanatisme du fascisme est plus que présent dans cette région, un arrêté préfectoral interdit le port de l’uniforme allemand en dehors des reconstitutions officielles du débarquement. L’organisation allemande qui a suivi et construit le mur de l’Atlantique, c’est plus de 400000 hommes qui ont participé aux travaux colossaux de la construction du mur de l’Atlantique. Les ouvriers étaient des locaux qui répondaient à des annonces d’emploi, on les considérait comme des collaborateurs. Le béton des bunkers était fortement armé d’acier pour sa solidité, certaines plates formes atteignaient 3 mètres d’épaisseur. L’intérieur des bunkers étaient recouverts de plaque d’acier afin d’éviter la déflagration de projectiles lors de l’effet du bombardement du sommet de l’édifice qui provoquait une très forte zone de choc provoquant la mort des occupants du bunker. Nous arrivons à la pointe du Hoc, nous marchons au milieu de cratères creusé par les bombardements, nous sommes dans un terrain lunaire en quelque sorte. Nous découvrons tout au cours du parcours toutes les installations de la batterie militaire de la pointe du Hoc, voici le récit du débarquement à cet endroit :
Pourquoi un assaut sur la Pointe du Hoc ? A mi-distance entre Omaha Beach et Utah Beach, la Pointe du Hoc domine la mer de sa falaise verticale. Elle est couronnée par une batterie sous abri bétonné mise en place par les Allemands : à 6 kilomètres à l'Ouest d'Omaha, 6 obusiers de 155 mm de fabrication Française sont installés sur un plateau qui se termine abruptement en falaises rocheuses de 25 à 30 mètres de haut. Il faut s'en emparer pour libérer les plages (Omaha et Utah) de la menace qu'elle fait peser sur elles. Telle est la mission confiée à une unité américaine spéciale, créée spécialement pour l'occasion, le 2ème Bataillon de Rangers. La Pointe du Hoc a fait l'objet, dans les jours et mois précédents le débarquement, de bombardements massifs. La position, au sommet de la falaise, reste cependant importante, et dure à conquérir. La stratégie envisagée pour la capture de la batterie de la Pointe du Hoc Convoqué 5 mois plus tôt au Q.G. du général Eisenhower, le Lieutenant Colonel James Earl Rudder, un ancien fermier du Texas, apprend que le Vème Corps de la 1ère Armée du général Bradley doit prendre d'assaut le secteur ayant reçu le nom de code d'Omaha Beach. En voyant les photos aériennes de la Pointe du Hoc, il pense d'abord à une blague du commandement Allié en voyant cette batterie allemande, très fortement protégée par des bunkers et d'un rempart de hautes falaises, qu'on lui demande de prendre d'assaut. Mais Bradley, venu lui informer de la mission future, n'est pas là pour rire. L'assaut initial est prévu à 6 heures 30 et 225 Rangers, sous le commandement du colonel Rudder, participant lui aussi à l'attaque. A 7 heures, soit une demi-heure après l'assaut initial, les Rangers doivent signaler aux bateaux Alliés au large que la Pointe est capturée en tirant une fusée éclairante. Les Alliés doivent alors envoyer 500 Rangers en renfort pour retenir les contre-attaques allemandes et permettre d'attendre les troupes débarquées à Omaha Beach du 116ème Régiment d'Infanterie américain. Les Rangers doivent escalader la falaise des deux côtés de la Pointe du Hoc, Ouest et Est, capturer les bunkers et blockhaus qui renferment les pièces d'artillerie allemandes et les détruire. L'horaire doit être respecté si les américains veulent recevoir les 500 Rangers en renfort. Ils seront relevés le 6 juin par les hommes du 116ème Régiment d'Infanterie américain, accompagnés de chars Sherman, en provenance de Vierville, à l'Ouest, au secteur d'Omaha Beach. Si à 7 heures Rudder n'a pas lancé une fusée éclairante indiquant la prise de la Pointe du Hoc, les 500 Rangers de renforts seront directement envoyés à Omaha Beach, secteur Charlie. Le déroulement de l'assaut Sur le pont du H.M.S "Ben Machree", à 6 heures du matin, le 6 juin 1944, James E. Rudder se tourne vers ses hommes et dit : "Maintenant écoutez... Rangers ! Montrez leur ce que vous valez... Bonne chance les gars ! Démolissez-les... Départ dans cinq minutes." Les 225 Rangers, éclaboussés par l'eau et l'écume glaciale, atteint par le mal de mer en partie, chargés de leur équipement, naviguent dans les péniches de débarquement vers les falaises, cachées par la fumée des explosions, des incendies et par l'écran de fumée protégeant l'Armada alliée. Une équipe se chargera de la Pointe de la Percée, à l'Est de la Pointe du Hoc, surmontée d'un site radar allemand. Mais le courant est fort ; les barges sont déportées vers l'Est et, quelques dizaines de mètres avant d'atteindre la falaise, Rudder réalise que la falaise vers laquelle ils se dirigent n'est pas la bonne... Les barges affectées au transport des soldats devant débarquer à la Pointe du Hoc font demi-tour et naviguent en longeant la côte vers l'Ouest. Ils arrivent enfin en vue de leur objectif : il est 7 heures. A ce moment, les Alliés sur les bateaux, n'ayant pas vu la fusée éclairante signalant la prise de la falaise, s'imaginent que l'opération est un fiasco total. Les 500 Rangers destinés à renforcer Rudder et ses hommes sont alors dirigés vers la plage d'Omaha, où le débarquement a commencé... les Allemands, de leur côté, ont eu 30 minutes pour se rétablir : rejoindre les bunkers, établir un dispositif défensif, se réarmer... Et ils attendent de pied ferme, armes et grenades avec eux, ces soldats qui s'approchent de leur position. Le courant et les vagues font couler une barge, il n'y a qu'un survivant ; les autres coulent également, entraînés par leur équipement. Les mitrailleuses allemandes crépitent et déversent une pluie de fer qui s'abat sur les barges américaines. Certaines prennent l'eau ; une barge, transportant exclusivement des munitions destinées aux Rangers, explose dans un vacarme étourdissant, projetant des morceaux de toutes sortes à proximité. La première barge touche la plage de galet, côté Est de la pointe : la précipitation empêchera aux Rangers d'escalader la falaise des deux côtés de la Pointe. Les soldats américains s'élancent, découvrant une plage de cinq à six mètres de large déjà creusée par de nombreux trous de mortiers. Les premiers corps s'abattent sur les galets, tandis que les Rangers lancent, par fusils, des grapins et des cordes pendant que l'artillerie navale les appuie au plus près. Mais l'eau alourdie les cordes et les grappins retombent sur la plage. Certains se décident alors à grimper la falaise avec leurs mains, creusant des marches avec leur dague. Les Allemands lancent des grenades sur la fine bande de plage et l'arrosent avec les mitrailleuses MG. Des échelles de pompiers, installées sur des chalands, permettent à des Rangers d'accéder au sommet, tandis que d'autres y arrivent en grimpant avec la corde qui est restée accrochée et que les Allemands n'ont pas eu le temps de couper. Quelques minutes plus tard, les premiers soldats américains se dirigent vers les bunkers et découvrent un lunaire, creusé par les bombes. Les Allemands ont disparu mais des tireurs isolés frappent. Ces snipers utilisent les trous creusés par les bombes pour se rapprocher au plus près des Rangers. En 15 minutes, la Pointe est prise et couronnée par les Américains. Mais comble de malheur : les Allemands ont retiré les pièces d'artillerie de 155 mm. Elles ont été remplacées par des pylônes de bois qui ont trompé les avions Alliés de reconnaissance ! Une fois la surprise passée, le Lieutenant-Colonel Rudder organise la défense du bout de terre qu'il contrôle. Il lance un appel radio, de son poste de commandement derrière un blockhaus de Défense Contre Avions (D.C.A.), vers les navires Alliés : "Ici Rudder, le Hoc est sous contrôle... Lourde pertes... J'ai besoin de renforts immédiats !" On lui répond peu après : "Bon boulot. Désolé pour les renforts, ils ont déjà débarqué à Omaha." Les pertes sont, en effet, très élevées : sur les 225 Rangers débarqués, 90 sont hors de combat pendant l'escalade de la falaise et la prise de la batterie allemande. Rudder doit faire avec. Les bateaux au large effectuent un tir de barrage autour des zones contrôlées par les Américains. Une patrouille de deux Rangers, découvre environ à 1 kilomètre au Sud de la batterie les canons de 155 mm, cachés derrière une haie, en position de tir. Une cinquantaine de soldats allemands sont présents, à environ cent mètres plus loin au Sud. Le jeune Lieutenant qui commande la petite patrouille donne ses ordres : son camarade doit fournir un tir très important sur les Allemands tandis qu'il lancera des grenades et détruira les systèmes de visée avec la crosse de son arme. Après avoir réussi cette opération, ils reviennent sur leurs pas pour rendre compte à Rudder de leur découverte et de ce qu'ils en ont fait. La nuit tombe et les Allemands organisent une contre-attaque. Ils s'infiltrent à travers les lignes américaines puis sont repoussés par les Rangers. Mais les munitions s'épuisent et les renforts ne sont toujours pas là. De plus, de nombreux Rangers sont faits prisonniers car, trop peu nombreux, ils ne peuvent offrir une défense solide et sont souvent pris à revers. Une explosion plus forte que les autres se fait entendre : un Rangers vient de faire exploser le dépôt de munitions allemand. Au petit matin du 7 juin, Rudder fait un nouveau terrible constat : les munitions et vivres sont insuffisantes pour contenir ce siège et les effectifs américains baissent. Et le 116ème d'infanterie n'est toujours pas là ! Mais il faut tenir, ce sont les ordres. Le 116ème régiment d'infanterie a rencontré une très forte résistance, à Vierville et sur la route vers la Pointe du Hoc et est retardé. Personne ne connaît la date, l'horaire de leur arrivée pour relever les Rangers. La défense allemande se concentre à l'Ouest de la Pointe, aux alentours du blockhaus de D.C.A. Ouest. Rudder abandonne l'idée de le capturer, ayant déjà perdu 20 soldats américains pour tenter de réduire au silence ce point de forte résistance allemande. Partout ailleurs, de nombreux tireurs isolés blessent, tuent des Rangers. La deuxième nuit tombe sur la Pointe du Hoc depuis que ce bout de terre appartient à moitié aux soldats américains qui s'y accrochent avec les ongles. Les renforts ne sont toujours pas arrivés, la fatigue gagne (beaucoup n'ayant pas fermé l'oeil depuis deux jours), les munitions et vivres sont pratiquement épuisées et les effectifs sont encore en baisse. Dans le but de mettre un terme à la résistance américaine, les Allemands lancent pas moins de trois contre-attaques sur le secteur tenu par les Rangers. Peu à peu, les points de résistance américains tombent, les combats deviennent des corps à corps sanglants. Au petit matin, le 8 juin 1944, alors que les Allemands lancent ce qui doit être pour eux le coup de grâce, les chars américains de soutien au 116ème régiment arrivent enfin à la Pointe du Hoc avec l'infanterie. Les Allemands s'enfuient et Rudder, blessé, peut enfin souffler, la première fois depuis plus de 48 heures. Les Rangers sont relevés. Bilan, sur les 225 Rangers engagés à la Pointe du Hoc, seulement 90 d'entre eux sont encore en état de se battre et beaucoup sont blessés. Les 500 Rangers ayant débarqué à Omaha le 6 juin vers 7 heures 30 ont rencontré une très forte résistance sur la plage. Ils se sont séparés en deux groupes : l'un avec une cinquantaine de soldats qui ont débarqué comme prévu au secteur Charlie (Vierville), l'autre avec les centaines de Rangers restant à l'Est d'Omaha Beach devant Colleville, estimant que les soldats avaient plus de chance de survivre à l'Est que sur Charlie. En effet, sur la cinquantaine de soldats engagés sur Charlie, moins de dix ont réussi à survivre au débarquement tandis qu'à l'Est, une dizaine de Rangers ont trouvé la mort sur les centaines engagés. Le courage des Rangers sur la plage d'Omaha a été exemplaire et ces hommes, particulièrement sur Charlie, ont ouvert des brèches au prix de pertes incroyablement élevées comme toutes les compagnies américaines sur Omaha. De nos jours, la devise des Rangers, unité d'élite de l'Armée des Etats-Unis d'Amérique, est "Lead the Way, Rangers !" ("Montrez le chemin, les Rangers !"). Cette devise a été prononcée la première fois par le général Cota sur Charlie, pour encourager ces soldats à aider les Américains de la 29ème Division d'Infanterie U.S. ayant eux aussi de nombreuses pertes.
Nous reprenons notre route, nous passons devant le mémorial de la paix inauguré lors du soixantième anniversaire du débarquement de Normandie. Dans l’eau au bord de la mer des chevaux courent et marchent en tirant des sulkys dans lesquels sont installés des jockeys, en fait ce sont des chevaux de course qui profitent des bienfaits de l’eau de mer pour se muscler, on pourrait dire qu’ils sont en séjour de thalassothérapie. La plage est recouvertes d’algues, la plage sert aussi de terrain d’entraînement pour les chevaux, nous nous arrêtons pour déjeuner dans un restaurant en bord de mer situé à Grand Camp Maisy.
Nous nous dirigeons vers Vierreville qui faisait partie d’Omaha Beach, les américains avaient construit un port artificiel à cet endroit qui fut détruit lors d’une tempête qui a sévi entre le 19 et 21 juin 1944, alors que le port artificiel d’Aromanches avait subi des dégâts mais avait résisté. Les éléments qui avaient été épargnés par les coups de boutoir de la mer du port américain, ils vont d’ailleurs servir à colmater les brèches du port d’Arromanches. Nous passons devant un musée privé qui recense toutes sortes de matériel laissé par le débarquement, il est l’œuvre d’un ferrailleur qui a débarrassé la côte du matériel détruit et laissé lors du débarquement, une barge à fond plat se trouve à l’entrée du musée. Les maisons de la région sont entourées de grillage à grosses mailles qui provient de l’époque du débarquement, le grillage a encore fier allure après ses 60 ans de service. Nous longeons la mer, nous apercevons un des éléments du port artificiel américain qui est exposé sur la plage, nous roulons en bordure de la plage de Omaha Beach dont voici le récit de son débarquement :
Omaha Beach est l'une des cinq plages du débarquement du 6 juin 1944 en Normandie (Seconde Guerre mondiale). Les lourdes pertes que les troupes américaines y subiront le jour J laisseront le souvenir de Bloody Omaha, « Omaha la sanglante ». Partie orientale d'Omaha Beach, de Saint-Laurent-sur-Mer à Vierville-sur-Mer Cette plage s'étend devant les communes de Vierville-sur-Mer, Saint-Laurent-sur-Mer et Colleville-sur-Mer. La plage disponible pour un débarquement a une longueur de 8 km. Elle est encadrée de falaises rocheuses à chaque extrémité. Venant de la mer, la plage comprend : • sur l'estran : une bande de 300 m de sable fin avec un dénivelé de 5,4 m ; • une levée de galets en pente plus raide menant à l'ouest à une digue de mer avec une petite route et des villas et à l'est à une dune ;
• une bande de 200 m plus ou moins horizontale marécageuse par endroits ; • un talus herbeux de plus de 30 m de haut dominant tout ce qui précède ; • le plateau de l'arrière-pays. Cinq petites vallées encaissées sont les seules issues menant de la plage vers l'arrière-pays. La première mène à Vierville (code US : D.1 Draw). La deuxième, près du hameau des Moulins (code US : D.3 Draw), et la troisième, au lieu-dit appelé Ruquet (code US : E.1 Draw), mènent à Saint-Laurent. Les deux dernières sont des chemins de terre aboutissant à Colleville (code US : E.3 Draw) et à Cabourg Hameau (code US : F.1 Draw). Les Allemands ont parfaitement préparé leurs défenses. La plage a été « aménagée ». Les cinq accès menant vers l'intérieur des terres sont puissamment interdits par des obstacles et sont, bien entendu, sous le feu des positions défensives. Les obstacles Sur l'estran, les Allemands ont installé toute une série d'obstacles. En venant de la mer, ils se succèdent comme suit : • des portes belges : hautes barrières métalliques provenant de la ligne de défense belge de 1940 ; • des rampes : longs troncs d'arbre obliques recouverts d'une lame en acier, parfois minés, soutenus chacun par deux plus petits. Leur but est de soulever, voir d'éventrer l'avant des barges. • des pieux : troncs simples légèrement obliques surmontés d'une mine ; • des hérissons tchèques : ensembles de 3 poutres métalliques croisées en leur milieu et ancrées dans du béton. Plus haut, certaines parties de la plage, ont été minées et sur différents accès, des fossés ou des murs antichars ont été créés. Des kilomètres de fil barbelé ont été déroulés. Des villas en bord de plage ont été rasées pour dégager le champ de tir. À l'extrême ouest, il en est une, par contre, qui a été fortifiée et intégrée à la position défensive. Les positions défensives Quinze positions de défense ont été installées, dont douze dominent la plage. Les Allemands les appellent Widerstandnester (WN) et les ont numérotées de 60 à 74. Ces positions ne sont pas toutes terminées et leur équipement est variable. Dans chaque Widerstandnest, on trouve généralement un ou deux canons de 50 à 88 mm, parfois une tourelle de char (6 au total), 4 mitrailleuses, 2 à 3 mortiers. Il s'agit souvent d'armement récupéré dans les nations vaincues. Il n'y a pas de grosse casemate d'artillerie, mais à Longues-sur-Mer (6 km à l'est), il existe une batterie de 4 canons de 152 mm capable d'intervenir devant Omaha . Le dispositif est redoutable car il tient toute la plage sous des feux croisés et les possibilités d'accès vers l'intérieur sont extrêmement bien dominées. Les unités allemandes qui défendent le secteur d'Omaha ont un effectif de 31 hommes. Elles appartiennent à deux divisions d'infanterie : la 352e à l'ouest et la 716e à l'est. Il y a toutefois une imbrication entre certaines unités car une reprise est en cours. La 352e division d'infanterie, commandée par le général Kraiss (PC à Saint-Lô), a commencé à prendre position en mars. Cette division est organisée autour de noyaux de vétérans du front de l'est. Elle comprend trois régiments de grenadiers (914, 915 et 916) ayant chacun deux bataillons à quatre compagnies, un régiment d'artillerie et des unités d'appui. • Le 914 est à l'ouest d'Omaha beach. • Le 915, commandé par le colonel Meyer, est en réserve au sud de Bayeux. • Le 916 (colonel Goth, PC à Trévières) est déployé comme suit : • bataillon I : à l'est (vers Arromanches) ; • bataillon II : entre Saint-Laurent et Colleville. • Le régiment d'artillerie, parfaitement camouflé, est déployé pour pouvoir couvrir la plage d'Omaha. La 716e division d'infanterie est de qualité moindre. Elle est commandée par le général Richter dont le QG est à Caen (à l'endroit où a été construit l'actuel musée mémorial pour la paix). Elle se trouve sur la côte normande depuis mars 1942. Elle comprend deux régiments d'infanterie (726 et 736) à trois bataillons chacun, un régiment d'artillerie
et un bataillon de chasseurs de chars. • Le 726 est déployé comme suit : • bataillon I : deux compagnies à Colleville et deux autres 3 km à l'est ; • bataillon II : à Arromanches (Gold Beach) ; • bataillon III : à Vierville. • Le 736 est à l'est d'Arromanches. • Le régiment d'artillerie comprend 24 pièces dont les feux peuvent intervenir sur les 8 km de plage. Les alliés, la plage d'Omaha a été attribuée au Ve corps US (lieutenant général Gerow) qui comprend trois divisions d'infanterie (les 1re, 2e et 29e), une division blindée (la 2e Tk Div), deux bataillons de rangers, des unités du génie et diverses unités d'appui. La 2e division d'infanterie et la 2e division blindée
débarqueront dans les jours qui suivent le 6 juin. Les divisions désignées pour débarquer en tête sont : • à l'ouest, la 29e division (major général Gehrardt) dont ce sera le premier engagement ; • à l'est, la 1re division (major général Huebner) composée de vétérans (Afrique, Sicile). Elles sont renforcées chacune par deux bataillons tank, des unités antiaériennes et autres moyens d'appui. Les divisions d'infanterie Sans renfort, chaque division d'infanterie compte 14000 hommes et comprend : • un QG ; • une compagnie de reconnaissance ; • trois régiments d'infanterie, comprenant chacun : • trois bataillons d'infanterie avec chacun : • trois compagnies d'infanterie (les neuf compagnies du régiment sont "numérotées" de A à I ; chacune compte 190 hommes, • quatre compagnies d'appui (QG, obusiers 105 mm, canons antichars 57 mm, services) ; • quatre bataillons d'artillerie ; • un bataillon de génie ; • des transmissions et services. La 29e division comprend les 115, 116 et 175e régiments d'infanterie. La 1re division comprend les 26, 16 et 18e régiments d'infanterie. Les bataillons tank Parmi les bataillons tank renforçant les divisions de tête, le 743e à la 29e division et le 741e à la 1re sont équipés de chars amphibies. Ils comprennent chacun : • un commandement ; • trois compagnies de 18 tanks moyens Sherman M4 numérotées A, B, C comprenant chacune : • un commandement (3 tanks), • trois pelotons de chacun 5 chars ; la compagnie A est équipée de chars standards ; les compagnies B et C ont chacune 16 tanks DD (amphibies) • une compagnie de tanks légers numérotée D ; • une compagnie HQ (pelotons reconnaissance, mortiers, tank d'assaut) ; • une compagnie service. Les bataillons rangers Chaque bataillon de rangers a un effectif de 500 hommes répartis en six petites compagnies de 68 hommes numérotées de A à F. Chaque compagnie comprend 3 officiers et 65 hommes, soit un commandement et deux pelotons. Ce sont des unités d'élite ayant reçu une formation de commando. Les deux bataillons de rangers (2e et 5e) ont, en fait, une mission isolée : s'emparer de la pointe du Hoc (5 km à l'ouest d'Omaha) avec initialement trois compagnies du 2e. La compagnie C de ce bataillon doit débarquer avec la première vague à l'extrême ouest d'Omaha pour établir la liaison. Au signal des assaillants, les autres unités doivent rejoindre directement la pointe du Hoc sinon, elles débarqueront à ouest d'Omaha et rejoindront la pointe du Hoc par la terre. Cette action fait l'objet d'un article séparé intitulé pointe du Hoc. Le génie Les unités du génie comprennent les unités organiques des divisions mais aussi des renforts dont, entre autres, des unités spécialisées dans la démolition appartenant à la Navy. La flotte, le commandement de la flotte est assuré par l'amiral Hall qui travaille en étroite collaboration avec le général Gerow. Pour le débarquement, ils se trouvent d'ailleurs tous les deux sur l’Ancon qui remplit la fonction de navire QG. Croiseur Georges Leygues Les navires d'escorte, d'appui feu et de services• USS Texas (tirs affectés prioritairement à la Pointe du Hoc) • USS Arkansas • HMS Glasgow • FS Montcalm • FS Georges Leygues • 12 destroyers À cela, il faut ajouter 33 dragueurs de mines et quelque 600 navires de plus petite taille. Les navires de transport Plus de 280 navires de types divers, barges de débarquement d'infanterie non comprises, assurent le transport de 34000 hommes et de 3300 véhicules. Sherman DD avec jupe abaissée Les moyens amphibies De multiples moyens amphibies ont été construits pour le débarquement dont des chars amphibies et des barges de divers types. Les chars amphibies dits chars DD, abréviation officielle de Duplex Drive (double conduite), étaient appelés Donald Duck par les tankistes. Il s'agit de chars Sherman munis d'une jupe de toile qui, dressée verticalement, leur permet de flotter. Deux hélices assurent la propulsion. La mise à l'eau est prévue à quelque 4 km de la côte. Dès l'arrivée sur la plage, la jupe est abaissée et le char peut ouvrir le feu et se mouvoir. Ce matériel, imaginé par le général britannique Hobart, est resté secret jusqu'au 6 juin. Les principales barges étaient appelées : • Landing Craft Assault (LCA) : plus ancien et moins rapide (8 nœuds), peut transporter 30 hommes, longueur 12 m ; • Landing Craft Vehicle & Personnel (LCVP) : vitesse max 12 nœuds ; peut transporter 36 hommes ou des véhicules à roues, longueur 12 m ; Les LCA et LCVP transporteront d'abord les compagnies d'infanterie. • Landing Craft Mechanized (LCM) : peut transporter 60 hommes ou un char, longueur 13 m ; Les LCM transporteront d'abord les unités du génie avec leurs tankdozers . • Landing Craft Tank (LCT) : peut transporter 3 ou 4 chars moyens, longueur 60 m ; Les LCT tranporteront les chars Sherman jusqu'à la plage sauf les chars DD qui seront "lâchés" 4 km en mer. • Landing Craft Infantry (LCI) : existe en deux modèles ; capacité soit 100, soit 200 hommes. Il y a aussi des navires spéciaux : • Landing Ship Infantry (LSI): transporte des hommes, des LCA, des LCM qu'il met à l'eau ; • Landing Ship Tank (LST) : muni de grues et d'une rampe flottante pour décharger des chars et autres véhicules. Dans le cadre du plan Neptune (plan de mise en place de l'opération Overlord), la plage d'Omaha et la pointe du Hoc sont attribuées à la force d'assaut appelée "force O" qui sera suivie par la "force B". La "force O" comprend deux régiments de la 29e division (116 et 115), deux régiments de la 1re division (16 et 18), deux bataillons de rangers (2 et 5) et des moyens d'appui. Elle représente un total de 34000 hommes et 3600 véhicules placés sous le commandement du commandant de la 1re division (général major Huebner) assisté du général adjoint de la 29e division (brigadier général Cota). Cette organisation a pour but d'assurer l'unité de commandement dans la phase initiale et de faciliter le passage à deux divisions dès que possible. Les autres éléments des deux divisions constituent temporairement la "force B" qui débarquera dans la foulée et qui est placée sous le commandement du commandant de la 29e division. Deux régiments débarqueront en tête, chacun sur un front de 3 à 4 km : • à l'ouest, le 116e RCT (de la 29e division), renforcé, entre autres, par le 743e bataillon tank ; • à l'est, le 16 RCT de la 1re division avec, sous son commandement, le 741e bataillon tank. Ces régiments sont appelés Regiment Combat Team (RCT) car ils sont composés principalement d'infanterie mais aussi de tanks, d'unités du génie, de moyens antiaériens, d'artillerie et d'appui logistique et médical. Pour la mise à terre d'un RCT (3500 hommes et 300 véhicules), sont prévus environ : 80 LCVP, 20 LCA, (?) LCM et 50 LCT (faisant des rotations entre la plage et les navires de transport). La plage d'Omaha est divisée en secteurs de largeurs différentes portant des noms tels Charlie, Dog Green, Dog White afin de coordonner l'arrivée des unités vers leurs objectifs. L'ordre de succession des unités fait l'objet de tables reprenant de manière très précise, en fonction du temps et par secteur, le personnel et les véhicules à débarquer avec les moyens de transport naval afférents. Les barges de débarquement devront effectuer des rotations entre la plage et les navires de transport et un certain taux de perte a été estimé. Des missions de sauvetage de naufragés sont aussi prévues. Il va de soi que les autorités savent que ces tableaux indispensables ne pourront être suivis à la lettre et qu'ils ne constituent qu'un. Les premiers éléments qui devront arriver sur la plage sont les chars DD dont on compte sur l'effet de surprise. Il y en a 64 pour la totalité de la plage. Ils seront immédiatement suivis par des compagnies d'infanterie (quatre par RCT) et d'unités du génie. Les unités du génie sont articulées en seize Gap Assault Teams (8 par RCT) composés chacun d'une quarantaine d'hommes provenant du génie mais aussi des demolition units de la Navy. Chaque team dispose d'un Tankdozer. Ils seront amenés sur la plage par des LCM. Leur mission est de détruire les obstacles pour créer 16 brèches de 45 m de large. Ce travail est indispensable car la marée sera montante et il faut permettre l'arrivée des barges qui vont suivre. Ensuite arrivera, entre H + 40 min à H + 120 min, une vague toutes les dix minutes. Dans l'hypothèse où le 5e bataillon de rangers et les deux dernières compagnies du 2e bataillon ne seraient pas envoyés directement sur la pointe du Hoc, il est prévu de les faire arriver sur Dog Green entre H+60 et H+70. En l'espace de quatre heures, les deux RCT de tête doivent avoir débarqué. Alors suivront les deux autres régiments d'infanterie de chaque division et les divers éléments d'appui. À partir de 3 h 30, commence le transbordement des unités d'infanterie des bateaux de transport vers les barges de débarquement. Un peu avant 6 h, l'aviation bombarde les positions de la côte mais les nuages sont bas, beaucoup de bombes ne peuvent être larguées et les WN sont intacts. À 5 h 58, le jour se lève et l'artillerie navale prend le relais. La visibilité est mauvaise et les tirs tombent à l'intérieur des terres, 2 à 3 km derrière la ligne principale de défense allemande. Dès 5 h 40, des LCT commencent à "lâcher" les tanks DD du 741 bataillon à 5 km de la côte. Recouverts par la forte houle (creux de 1,5 m), les 16 tanks DD de la compagnie C coulent assez rapidement. À la compagnie B, 13 chars sont mis à l'eau mais 2 seulement parviendront à atteindre la plage ; les 3 derniers pourront être débarqués sur l'estran par leur LCT. Le 741e bataillon tank commencera le combat avec seulement le tiers de ses chars. Le 743e bataillon tank a plus de chance. Informé des problèmes du 741e, le commandant décide de prendre le risque de faire amener tous ses chars sur la plage par les LCT. Remarques concernant la perte des chars DD
• Des fouilles sous-marines effectuées dans les années 80 ont établi que des chars avec jupe levée et cheminée de chef-char en position coulèrent, hors de leur LCT, à bien plus de 5 km de la côte. Il semble probable que des marins effrayés par la vigueur du feu ennemi larguèrent "leurs" chars trop rapidement,donc trop loin. • Un fort courant marin parallèle à la côte est peut-être également en cause. Les jupes étaient plus vulnérables à des recouvrements d'eau venant latéralement. Dès 6 h 25, la première vague atteint la plage. Ce sont des équipes du génie qui arrivent en premier, suivies immédiatement puis dépassées par les huit compagnies d'infanterie. Les chars amenés par LCT arrivent quelques minutes plus tard. Les 2 Sherman DD rescapés sont aussi sur la plage. L'ensemble compte 1450 hommes, une soixantaine de chars et divers engins du génie. La plupart des unités arrivent toutefois plus à l'est que prévu (parfois plus d'un km) ; le courant marin a fait dériver les barges. Suite aux tirs de l'artillerie allemande, plusieurs barges sont coulées et près de 150 hommes parviennent à gagner la plage à la nage. Conformément aux ordres, les Allemands ne dévoilent pas leurs positions restées intactes. Ils attendent que les troupes débarquent pour ouvrir le feu. Les huit premières compagnies américaines du 116e RCT (E, F, G, A) et du 16e RCT (L,I,E,F) sont décimées. Les fantassins s'abritent, comme ils peuvent, derrière les obstacles des plages ou la levée de galet. Comme le fait remarquer un officier américain, il n'y a même pas un trou d'obus pour se mettre à couvert. Les hommes du génie qui doivent ouvrir des brèches à travers les obstacles avant que la marée ne monte subissent également des pertes importantes. Le photographe de guerre Robert Capa, qui a débarqué avec la compagnie E du 116e RCT à Easy Red, prend les premières photos du débarquement. La situation est catastrophique. Le seul point positif se situe à l'extrême ouest de la plage où la compagnie C du 2e bataillon de rangers a réussi à atteindre le pied de la falaise. Au même moment, à 5 km de là, trois autres compagnies de ce bataillon doivent s'emparer de la pointe du Hoc. La compagnie C est chargée de débarquer à Omaha pour réaliser la jonction avec eux. Elle parviendra à passer juste à l'ouest du WN 73 pour l'attaquer à revers. D'autres rangers, toujours en mer, attendent de la pointe du Hoc le signal de rejoindre, sinon ils débarqueront aussi à Omaha. À partir de 7 h, arrivent les barges qui amènent la deuxième vague. De nouvelles compagnies d'infanterie et les rangers débarquent. Le brigadier général Cota, adjoint au commandant de la 29e division arrive à Dog White. Il stimule les hommes. Le 5e bataillon de rangers, avec quelques compagnies d'infanterie, parvient à atteindre le plateau entre les WN 70 et 68. Vers 8 h 15, les rangers aidés des fantassins réussisent une première percée en direction de Vierville. À l'est, le colonel Taylor, commandant du 16 RCT, parvient à faire passer un groupe d'hommes entre les WN 64 et 62.On retiendra d'ailleurs une maxime lancée par Taylor sur la plage : "Il n'y a plus que deux genres de soldats sur cette plage; ceux qui sont morts et ceux qui vont mourir ! Alors bougeons-nous de là !" À 9 h, à l'extrême est de la plage, le WN60 se rend après avoir été débordé. À 10 h, trois percées ont réussi mais la situation reste désespérée. Deux destroyers s'approchent jusqu'à 1 km de la côte et effectuent un tir de précision sur les défenses. La voie d'accès du Ruquet (E1) peut être ouverte. A 10 h 30, la marée est haute. Les 18 et 115 RCT commencent à débarquer. Avec l'aide de l'artillerie navale, les WN tombent les uns après les autres sauf les WN 66 et 68 qui tiendront jusqu'au soir. Entre-temps, les Allemands contre-attaquent mais sont repoussés. L'artillerie allemande commence à faiblir, elle commence à manquer de munitions. Chez les Américains, l'appui naval se fait plus efficace et réduit certains WN. Les LCI peuvent aborder devant le Ruquet (E1). Les engineers aménagent un accès menant à Saint-Laurent et permettant l'acheminement des véhicules et du matériel. En début d'après-midi, les GIs occupent le haut de Vierville. Le soir, la pénétration n'est pourtant que de 2 à 3 km. Il y a toujours à Colleville des Allemands qui tentent de s'exfiltrer ; la plupart seront capturés. Les objectifs prévus (8 km à l'intérieur des terres) ne sont pas atteints. La jonction avec la pointe du Hoc n'est même pas réalisée mais le périmètre dégagé est suffisant pour pouvoir alimenter la tête de pont. 34000 hommes et 2800 véhicules ont débarqué mais seulement 100 t de fret au lieu des 2400 t prévues. Les pertes en matériel sont importantes. Les pertes humaines sont de presque 1000 tués et 2000 blessés et disparus (quinze fois plus qu'à Utah Beach). On estime qu'un quart des pertes sont dues à des noyades. La tête de pont s'agrandit et le retard est rattrapé. Le 7 et 8 juin, la 2e division d'infanterie débarque, suivie le 10 par la 2e division blindée. Un terrain d'aviation est construit dès le 8 ; il permettra l'évacuation de nombreux blessés. Un port artificiel Mulberry est assemblé au large de Saint-Laurent. Contrairement à son frère jumeau d'Arromanches, il ne résistera pas à la tempête du 19 au 22 juin. L'infrastructure sera toutefois adaptée pour faciliter des transbordements vers la plage. Activité de débarquement en juin 1944 Omaha Beach était certainement, parmi les cinq plages, celle qui avait le relief le plus défavorable pour un débarquement. Beaucoup de facteurs impondérables ont nui à l'opération : • la mauvaise visibilité a empêché la neutralisation de la défense par les bombardiers et l'artillerie navale ; • l'état de la mer et un courant marin plus fort que prévu ont causé le chavirement de nombreuses barges et de 27 tanks DD sur 29. Cela a également causé le chaos dans l'ordre et les lieux de débarquement ; • l'installation de la 352e division allemande est postérieure aux plans. L'artillerie navale ne semble pas avoir été à la hauteur. La visibilité n'était certes pas idéale mais les navires sont probablement restés trop éloignés de la côte. Seule, l'approche de deux destroyers après 10 heures a pu débloquer la situation. Le manque de chars pour appuyer la première vague s'est fait cruellement sentir. Vingt-neuf chars DD, dont 27 ont coulé, ont probablement été lâchés trop loin en mer (plus de 5 km). Ils n'avaient pas été conçus pour affronter des creux de plus de 1 m 50. Sur les autres plages, il en a été tenu compte et les chars ont été mis à l'eau beaucoup plus près et ont pu remplir leur mission. Le courant a aussi probablement amené les chars à ne pas rester perpendiculaires aux vagues afin de garder le cap. Les flancs, moins protégés que la proue, ont été plus facilement submergés par la mer. Le manque de dispersion des autres chars DD amenés directement en LCT jusqu'à la plage en a fait des cibles plus faciles. Néanmoins, les chars qui ont « survécu » se sont avérés décisifs. Ils ont sauvé la journée, dira un commandant de bataillon d'infanterie. Les rangers se sont montrés particulièrement efficaces ; ce qui prouve l'utilité de troupes d'élite bien entraînées. Les percées entre les positions allemandes se sont avérées bénéfiques car elles ont permis d'attaquer les WN à leur point faible, c'est-à-dire par derrière. Aucune contre-attaque d'envergure n'a pu être menée par les Allemands. La percée fulgurante menée dans les jours qui suivirent par les Américains fit oublier les piétinements du jour J sur Omaha mais ne fera jamais oublier les pertes en vies humaines. La plage restera pour l'histoire « Omaha la sanglante ».
Nous passons devant le musée des rangers, nous croisons de nouveau un convoi militaire de collectionneurs, ils s’y croient, ils s’amusent comme des petits fous tout du moins je l’espère. Nous arrivons à colleville sur Mer : Colleville-sur-Mer est une commune d’une superficie de 6,96 kilomètres carrés pour une population de 172 habitants, située dans le département du Calvados et la région Basse-Normandie.
L'église Notre-Dame de l'Assomption de Colleville date des XII.me et XIII.me siècles, classée monument historique en 1840. Elle fut presque entièrement détruite lors du débarquement par des tirs de destroyers américains car le clocher servait de poste d'observation à sept soldats allemands qui communiquaient les coordonnées de tirs aux batteries allemandes. La reconstruction a duré de 1946 à 1951 et a redonné à l'église son aspect d'avant-guerre. C’est au dessus de la plage d'Omaha la Sanglante, sur la colline, qu'a été construit, le 8 juin 1944, le premier cimetière militaire américain de la Seconde Guerre mondiale. Le cimetière s’étend sur 70 hectares, il recense 9387 tombes, dans 2 cas il y a 2 frères mis côte à côte, un père et son fils sont également inhumé ainsi que 4 femmes, 3 tombes sont ornées par des médailles d’honneur ce qui est très rare. La médaille d’honneur est remise par le congrès américain pour des hauts faits de guerre, parmi ces médaillés d’honneur il y a Théodore roseveld Junior qui est inhumé à côté de son frère
Quentin qui fut exhumé, car il était aviateur lors de la première guerre mondiale et fut abattu, on a donc ramené ses restes afin que les 2 frères reposent ensemble. Nous pénétrons dans la nécropole, tous les cimetières militaires américains du monde entier sont gérés et entretenus par une association américaine, dont les ressources proviennent directement du congrès américain. Les pelouses sont parfaitement tondues, les arbustes et les arbres sont taillées à merveille, le chant des oiseaux et le bruit de la mer donne une certaine solennité au lieu. En fait nous entrons dans une église végétale qui à la forme d’une croix latine, les familles des disparus avaient le choix de rapatrier les corps ou de les inhumer dans des cimetières provisoires avant de reposer dans des nécropoles militaires. Nous sommes devant le mur des disparus, on en dénombre 1555 dont les noms sont inscrits ainsi que leurs grades. Certaines tombes ont comme inscription (connu de Dieu seul), car on n’a pas pu identifier leur corps. Sur le mur des disparus certains noms (2) arborent une fleur avec la bannière américaine, ça signifie que leur corps a été retrouvé. Nous apercevons 2 oliviers qui sont les symboles de la paix, nous distinguons une statue d’un homme qui surgit des flots qui symbolise la jeunesse américaine. Nous déambulons devant un mur décoré de fresques à l’effigie du débarquement, dans la galerie du mémorial sont installées des maquettes qui retracent le débarquement et la situation des 5 plages choisies. Les chemins du cimetière sont empierrés de galets de la pointe du Hoc, toutes les croix sont blanches, les inscriptions sont à l’envers tournées vers l’ouest côté des Etats-Unis. Sur les croix sont inscrits l’identité du soldat, sa date de naissance, son état d’origine, son grade, son arme et la date de sa mort. On dénombre 2 sortes de croix latine pour les chrétiens et la croix de David pour les soldats juifs, les croix sont en marbre blanc de Laza d’Italie. Le traité de Versailles signé à la fin de la seconde guerre mondiale stipulait que les croix des alliés vainqueurs devront être de couleur claire et celles des allemands de couleur sombre, nous profitons d’une petite accalmie de la pluie pour circuler dans la nécropole. Nous gravissons un petit monticule qui termine l’église végétale, et nous découvrons un immense espace où se dressent des milliers de croix blanches. Nous sommes devant la tombe de Théodore Roosevelt Junior, il a voulu accompagner ses hommes lors du débarquement malgré son âge, il réussit à débarquer sur le sol français avec ses hommes, mais quelques jours plus tard il meurt d’une crise cardiaque tout près de colleville sur Mer, il sera donc inhumé auprès de ses frères d’arme. Après une promenade à travers la nécropole nous reprenons la route, le clocher de colleville a été détruit par une bombe, il faut dire qu’il était important, car il servait de repère pour les bateaux. Le cimetière de colleville a été inauguré en 1956, tout comme la pointe du Hoc ce sont 2 enclaves américaines sur le territoire français, elles ont été cédées pour remercier les soldats américains de leur engagement pour la libération de notre pays face à l’occupant allemand. Le cimetière de colleville attire 2 millions de visiteurs par an, sur notre droite nous distinguons la cathédrale de Bayeux, nous approchons d’Arromanches. Nous longeons la mer, au loin nous apercevons les caissons phénix qui sont les restes des 115 qui constituaient le port artificiel d’Arromanches. Nous avons visité le musée du débarquement, il évoque la logistique et la construction du port artificiel à travers de 2 vidéos et de maquettes malheureusement sous vitrine, mais en voici un tout petit extrait :
Arromanches-les-Bains, couramment appelée Arromanches, est une commune française, elle a une superficie de 13.7 kilomètres carrés pour une population de 502 habitants. C'est une station balnéaire. Ses habitants sont appelés Arromanchais.
Histoire Arromanches est célèbre comme lieu de bataille durant le débarquement, notamment pour le port artificiel qui y fut installé. Ce port permit de débarquer 9 000 tonnes de matériel par jour. C'est sur une plage d'Arromanches que, lors du débarquement de Normandie, les Alliés établirent un port artificiel provisoire afin de permettre le débarquement de matériel lourd, sans attendre la conquête de ports en eaux profondes, tels que le Havre ou Cherbourg. Ce lieu fut en effet choisi afin d’y établir les structures portuaires indispensables au déchargement des quantités de ravitaillement nécessaires aux troupes d'invasion lors du débarquement de juin 1944. Les Britanniques construisirent d'énormes caissons en béton, les "Phoenix" qui après avoir été remorqués des quais anglais devaient être assemblés afin de former des jetées délimitant un port artificiel, le Port Mulberry, comprenant des pontons reliés à la terre par de véritables chaussées flottantes. Un de ces ports fut assemblé à Arromanches et, aujourd'hui encore, quelques caissons "Phoenix témoignent de sa solidité. Quelques chiffres : le 12 juin 1944, plus de 300000 hommes, 54000 véhicules, 104000 tonnes de ravitaillement ont été débarqués. Pendant les 100 jours de fonctionnement du port, ont été débarqués : 2,5 millions d'hommes, 500000 véhicules, 4 millions de tonnes de matériel. La meilleure performance du port se situe dans la dernière semaine de juillet 1944, au cours de ces sept jours, le trafic d'Arromanches dépassa 136000 tonnes, soit 20000 tonnes par jour. L'église d'Arromanches est dédiée à Saint-Pierre, patron des pêcheurs. Elle fut construite entre 1857 et 1870 dans le style néo-roman. Elle remplace l'église paroissiale du XIII.me siècle devenue trop petite avec le développement de la station balnéaire.
Nous déambulons ensuite dans le musée du débarquement où sont exposés tous les attirails des soldats et des rangers libérateurs, ici à Arromanches la mer se retire à marée basse de 600 mètres, à colleville de 3 kilomètres et par comparaison elle se retire de 12 kilomètres au pied du mont saint-Michel. Un caisson phénix mesure 70 mètres de long, sa hauteur diffère selon son emplacement, il est large de 15 mètres et le plus gros pesaient 7000 tonnes qui est le poids de la tour Eiffel. Les éléments ont été construits en 8 mois en Angleterre, on les a remorqués sur les 160 kilomètres pour les couler au large d’Arromanches en ouvrant des vannes en cuivre qui les remplissaient d’eau de mer. Pour installer le port artificiel il a suffi de 15 jours, Le port d’Arromanches a survécu à la tempête qui fut fatale à celui de colleville posé sur du sable, car celui d’Arromanches était déposé sur des enrochements. La construction des ports artificiels fut l’idée de Churchill, il a tout mis en œuvre pour que son ingéniosité réussisse. A la sortie du musée nous avons accosté un collectionneur à bord de sa jeep, il nous a raconté sa passion, à mon avis il faut être un peu fada pour immortaliser cet évènement avec la ferveur qu’il nous raconte. Faire 1500 kilomètres en Jeep le week end pour assister à des reconstitutions, être obligé de coucher sous la tente même l’hiver, manger uniquement des rations militaires sans utiliser de feu pour réchauffer les aliments, excusez-moi, il faut être sur une autre planète. Nous avons aperçu de vrais vétérans qui viennent pour le devoir de mémoire, nous pouvons les comprendre, mais quand nous apercevons de jeunes couples avec leurs enfants tous habillés en tenue de combat, nous pouvons et devons nous poser des questions sur leur but. Ensuite nous avons continuer à longer les plages de débarquement de Gold Beach et Juno Beach dont voici un petit résumé :
Gold Beach fut l'une des cinq plages du débarquement de Normandie le 6 juin 1944. Environ 25000 hommes y ont débarqué le jour J, on dénombra 413 morts (soit 1,7 % des hommes débarqués). La plage, confiée aux Britanniques (30e corps) fut donc conquise sans trop de difficultés. Elle était divisée en quatre secteurs : Item, Jig, King et How mais ce dernier n'a pas été utilisé. Les objectifs ont été majoritairement remplis, une contre-attaque allemande fut même repoussée vers 16h30. À Gold et à Juno, le triple objectif de l'armée anglo-canadienne est de prendre Bayeux, de barrer l'axe principal Bayeux-Caen à tout char allemand et d'opérer la jonction avec les Américains à Port-en-Bessin. Le soir du 6, les Britanniques ont à peu près rempli leurs objectifs avec une tête de pont de 9 km de large sur autant de profondeur. Bayeux n'est pas encore prise mais désertée par l'occupant allemand. Le 7 juin en fin de matinée, ce sera la première sous-préfecture française libérée et intacte. Le 8 juin, Port-en-Bessin est transformé en port pétrolier. Arromanches, curieusement libérée par les terres et non par la mer, est transformée port artificiel. Face à l'impossibilité de s'emparer d'un grand port dans les premiers jours du débarquement, les Alliés avaient décidé de créer 2 ports artificiels sur les plages conquises : Mulberry A pour les Anglo-Canadiens, construit à Omaha Beach et Mulberry B, pour les Américains construit, à Arromanches. Seul ce dernier sera opérationnel. Le 8 juin, une très forte tempête, inhabituelle pour cette saison, détruit Mulberry A et endommage sérieusement Mulberry B. Celui-ci sera plus tard rebaptisé port Winston, en l'honneur de Winston Churchill, un des initiateurs de l'idée. Préfabriquées en huit mois en Grande-Bretagne, les pièces furent remorquées à travers la Manche jusqu'au large d'Arromanches. Dès le 7 juin 1944, à 1,5 km des côtes, 115 caissons en béton de
3 000 à 6 000 tonnes, appelés Phoenix, ainsi que 17 navires furent coulés pour servir de brise-lames et de digues sur 8 km de long. Ainsi protégées de la houle, plusieurs plates-formes d'acier flottantes, coulissant sur des pilotis (jusqu'à 1 000m²) furent mises en place. Reposant sur des flotteurs, 4 pontons les reliaient à la plage. En 12 jours, le port artificiel d'Arromanches était opérationnel. Il permis de débarquer 400000 véhicules et plus de 3 millions de tonnes de matériel.
Juno Beach est le nom de code d'une des principales plages du débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944 lors de la Seconde Guerre mondiale. Elle est située entre Sword Beach et Gold Beach, et s'étend depuis Saint-Aubin-sur-Mer à l'est jusqu'à mi-parcours entre les villages de La Rivière-Saint-Sauveur et Courseulles-sur-Mer à l'ouest. Sa prise fut assignée à la 3e division canadienne commandée par le major-général Keller . Elle était la seconde plage la mieux fortifiée après Omaha Beach. Le général allemand Richter commandait la 716e division gardant la plage avec 11 canons de 155 mm et 9 de 75 mm. Cette unité était composée surtout d’adolescents de moins de 18 ans, d’hommes de plus de 35 ans et de vétérans de la campagne de Russie qui avaient reçu des blessures débilitantes, réduisant dans une certaine mesure la difficulté de la tâche pour les Canadiens. Les bombardements aériens n’avaient fait que peu de dégâts. Le pilonnage naval entre 6h00 et 7h30 n’avait endommagé que 14% des fortifications et à cause de la météo les Allemands eurent une demi-heure pour se regrouper. Juno Beach était divisée en deux secteurs, Mike à l’ouest et Nan à l’est. La 7e brigade appuyée par le 6e régiment blindé canadien (1er Hussards) devait atteindre la terre et contrôler le secteur Mike devant Graye-sur-Mer et Courseulles. La 8e brigade soutenue par le 10e régiment blindé canadien (cavalerie Fort Garry) débarqua sur le secteur Nan devant Bernières-sur-Mer et Saint-Aubin. La 9e brigade était gardée en réserve. Une mer démontée interdit la mise à l'eau des chars amphibies de la 8e brigade, par contre, quelques chars du 1er Hussards sont mis à terre pour la 7e brigade. Dans la première heure de l’assaut les forces canadiennes subirent environ 50% de pertes, comparable à celles des états-uniens à Omaha Beach, principalement chez les Royal Winnipeg Rifles et chez les Regina Rifle Regiment . Malgré l'absence de soutien des chars, les hommes du Queen's Own Rifles et du North Shore appartenant à la 8e brigade, s'infiltrent entre les points d'appui allemands et progressent vers l'intérieur des terres. Les blindés du Fort Garry Horse et, quelques heures plus tard, les hommes du régiment de la Chaudière s'intègrent au dispositif et élargissent la tête de pont. Vers midi la division avait complètement débarquée et s’était enfoncée de plusieurs kilomètres pour prendre les ponts sur la rivière Seulles et à 18h elles contrôlaient la ville de Saint-Aubin-sur-Mer. Au soir du 6 juin, ayant avancé de quinze kilomètres et franchi la grande route Caen-Bayeux, le 1er Hussards était la seule unité ayant atteint ses objectifs. Cependant elle dut se replier car l’infanterie de soutien n’avait pas suivi. Des éléments de la 9e brigade, le North Scotia Highlanders et le régiment des Fusiliers de Sherbrooke, maintenus en réserve jusque-là, percent vers le sud et se concentrent, à l'approche de la nuit, à quelques kilomètres de Caen. À la fin de la journée suivante les forces canadiennes, 21500 hommes (sans compter les pertes), firent leur jonction avec les forces britanniques qui avaient pris Sword Beach. Les pertes canadienne( morts, blessés, disparus) tournent autour de 1000. Un monument à Courseulles-sur-Mer honore la mémoire de ces efforts et vies perdues.
C’est sous un soleil timide que nous avons rejoint notre hôtel, après le dîner nous sommes allés au casino de Luc-sur-Mer. Comme la salle des jeux était fermée, nous avons eu une initiation et démonstration des différentes tables de jeux qui sont installées dans un endroit confiné, moquetté, où règne le cuir, chaque joueurs à devant lui 2 trous incrustés dans la table pour y déposer certainement son verre de whisky et dans l’autre le cendrier dans lequel il déposait son cigare aujourd’hui devenu interdit même au casino. La croupière nous a très bien expliqué l’art du jeu, elle ne doit pas porter de bracelet, et toutes ses poches doivent être cousues afin de ne pas dissimuler de cartes, en plus des croupiers qui animent les tables, un juge perché sur une chaise supervise toute la salle et intervient en cas de litige, c’est en quelque sorte un arbitre. Pour nous allécher le casino nous a offert un cocktail, comme nous sommes très bien éduqués, nous avons rendus visite aux machines à sous qui nous ont dévoré nos quelques euros en poche. C’est vers une heure tardive que nous avons rejoint notre hôtel, il nous a fallu réveiller la propriétaire pour récupérer nos clés de chambres.

(3) (4) Nous commençons à 6 heures du matin par un petit jogging avec Fabienne, après la douche et le petit déjeuner nous prenons sous une petite pluie la route en direction de Ouistreham. Luc sur mer est la première station à s’établir sur la côte de Nacre en 1820, pour comparaison la station de Deauville date de 1863, toutes les stations balnéaires ont séduit bon nombre d’artistes en tous genres peintres, écrivains, comédiens etc. Nous roulons sur la route côtière qui n’existait pas auparavant, car les villages vivaient certes de la mer, mais ils s’en trouvaient éloignés de 2 ou 3 kilomètres. On avait peur de la mer et les loisirs n’étaient pas à la mode. La route est bordée de constructions des années 1850, tous les genres à cette époque étaient réalisés, style médiévale, féodale, gothique, néo normand avec ses colombages en béton peint c’était très éclectique, certains appelaient cela le style poubelle. Les premières maisons du bord de mer furent des chalets, on venait y prendre les eaux et les bienfaits de la mer, ensuite les chalets ont laissé place aux maisons plus cossues. Le style néo normand se caractérise par la profusion de toits, et par l’intégration de auvents. Ensuite on construira des hôtels, la première population des stations balnéaires venait dans un but médical, bien sûr ce sont des personnes fortunées, il apparaît donc les terrains de golf, de tennis et les casinos. On peut d’ailleurs dire que Cabourg est construit autour de son casino, car toutes les artères de la ville y convergent. Les premières lignes de chemin de fer apparaissent dans les années 1850, les plans des villes balnéaires sont très rectilignes ce qui facilitera la circulation et les déplacements à l’intérieur des stations balnéaires. Toute la côte est urbanisée depuis notre départ, nous approchons de Ouistreham, nous traversons le quartier des pêcheurs, une maison a un joli portail art-déco des années 1930. Nous contournons la mairie, nous découvrons le portail en plein cintre de l’église romane, nous apercevons la grange à dîme, Nous sommes à Bénouville, nous distinguons le pont Pégase, ce nom lui a été donné depuis le débarquement de 1944, car le régiment qui a atterri en planeur dessus le 6 juin 1944 avait comme emblème le cheval de Pégase. Le pont a été démoli pour en construire un plus moderne, ce fut l’émoi des vétérans anglais. On devait envoyer la fonte du pont ancien dans une fonderie afin de refondre l’acier, devant l’insistance des vétérans anglais, on a démonté le pont pour le reconstruire à proximité sur la terre ferme afin d’en faire un musée. L’orne est doublée d’un canal jusqu’à la ville de Caen, le pont Pégase était donc un point stratégique pour franchir l’Orne au renfort allemand provenant du Nord d’où l’intérêt des alliés de l’occuper. L’atterrissage des planeurs a été au cordeau, mieux qu’à l’entraînement, ils étaient tirés par des dagotas avant d’être largués, pour passer inaperçu les alliés avaient bombardé la cimenterie de Bénouville afin de déposer un chapeau de poussière au-dessus de la ville. Les planeurs ont atterri à une dizaine de mètres du pont sur le chemin de halage, les allemands occupaient le château de Bénouville réalisé par Claude Nicolas Ledoux, on lui doit la colonnade du Louvre. Les blindés allemands étaient dans la cour du château, il avait été prévu un exercice, une simulation de la prise du pont par les alliés. L’exercice a été annulé, les britanniques usent de leurs armes dès l’atterrissage, la population en ville et les allemands au château pensent que les bruits proviennent de l’exercice. Personne ne panique outre mesure, même les blindés dans le parc du château ne bronchent pas, un char va venir au début de l’avenue et il sera détruit par les mortiers anglais. Le pont est donc pris par les anglais, nous passons devant le café Gondrée qui est la première maison à être libérée de France. Des plots en pierre matérialisent l’emplacement des planeurs lors de leur atterrissage sur une pelouse tout près du pont, c’est un endroit très prisé des vétérans anglais, ils viennent dans le petit café Gondrée pour se remémorer leur aventure. Nous descendons de l’autocar sous une bonne pluie pour nous rendre devant la reconstitution d’un planeur qui a participé à l’opération, il est exposé tout près de l’ancien pont Pégase, de nombreux vétérans s’activent autour du pont musée, ils sont en séjour du souvenir, car nous sommes le 3 juin. Les planeurs sont de type Waco, ils transportaient une dizaine d’hommes. Nous allons faire quelques emplettes dans le café Gondrée, qui est toujours resté dans le même état depuis 1944, aujourd’hui c’est la fille Arlette qui en est la propriétaire, elle avait 4 ans en 1944, elle cultive la ressemblance avec sa mère Thérèse pour faire plus vrai encore. Le nouveau pont se lève pour laisser passer un bateau, la famille gondrée a également participé à la réussite de la prise du pont de Bénouville, car avant le jour J, elle et depuis longtemps donnait des informations précises aux anglais. En plus les gondrée étaient d’origine alsacienne, ils l’avaient bien cachés aux allemands, car ils comprenaient très bien la langue allemande. Toujours sous la pluie nous nous dirigeons vers riva Bella :
Bienvenue à Ouistreham Riva Bella, découvrez ses trois visages, le Bourg, ancien et médiéval, le port et ses diverses activités (port de pêche, liaison ferry avec l'Angleterre, bassin de plaisance...) et Riva Bella, la station balnéaire mais aussi le début des Plages du Débarquement.
Sites et Itinéraires touristiques : Eglise Romane du XII.me s: elle présente toutes les caractéristiques des églises rurales de cette époque. De par ses dimensions monumentales, elle est le reflet de la puissance des seigneurs normands au Moyen-âge. L'église veilla sur le bourg en remplissant au travers des siècles, outre sa vocation religieuse, plusieurs fonctions: fortifiée au XIV.me elle joua un rôle de défense, comme en témoignent les canons déposés sur son mur sud, et de protection car le clocher servit aussi de phare et les pilotes surveillaient la mer d'une lucarne aménagée au-dessus de l'abside. A l'époque de sa construction, Ouistreham était une baronnie appartenant à l'Abbaye Royale de la Sainte Trinité de Caen (Abbaye aux Dames fondée par la reine Mathilde, femme de Guillaume le Conquérant). Elle fut dédicacée à Saint Samson en 1180. L'intérieur tout aussi harmonieux et imposant que l'extérieur, conserve encore des statues et un mobilier intéressants, ainsi que deux vitraux commémorant la libération de la ville lors de la deuxième Guerre Mondiale. Au sud de l'église, s'élève le Monument aux Morts, remarquable par la présence du marin et du fantassin, le tout surmonté d'un coq. Grange aux Dîmes du X.me et XI.me s:jusqu'à la révolution, Ouistreham était une baronnie appartenant à l'Abbesse de la Sainte Trinité de Caen, la population lui était redevable de la dîme (impôt représentant environ 1/10e des récoltes et des troupeaux) qui était entreposée dans ces bâtiments. L'architecture de cette grange est similaire à celles construites en Angleterre durant la même période et montre ainsi l'importance de l'influence des échanges anglo-normands à l'époque. Aujourd'hui ces bâtiments servent à des manifestations publiques ou privées. La Flamme monument de commémorations: Mémorial élevé en 1984. Ce monument représentant une flamme a été érigée en mémoire des soldats, des disparus et des morts du Débarquement. Le Phare: Construit en 1903, il mesure 38 mètres de haut et a une portée de 18 miles. Il est doté de 171 marches. Musée N°4 Commando: Musée à la mémoire du 4e Commando franco-britannique qui délivra Ouistreham dans la matinée du 6 juin 1944. Parmi les combattants de la 1ere vague, se trouvaient les seuls français participant à l'opération au sein d'un détachement placé sous le commandement de Lord Lovat ayant sous ses ordres le Commandant Philippe Kieffer. Musée du Mur de l'Atlantique, Le Bunker: Vestige du Mur de l'Atlantique, ce bunker était le poste central de commandement des multiples ouvrages construits par l'armée allemande; il commandait le tir des blockhaus et permettait de surveiller grâce à un puissant appareil optique, toute la navigation dans la baie de Seine. Le musée qui occupe désormais le bâtiment retrace son histoire.
Nous faisons une petite halte à la criée, on y pratique la vente aux poissons appelée à la pêche fraîche, les bateaux débarquent leur pêche qui est directement vendue à des prix abordables. Nous continuons notre route nous longeons de petites maisons, nous sommes au port des liaisons avec l’Angleterre, nous apercevons le grand bunker, il renferme une collection de matériel militaire, mais uniquement allemand sur ses 5 étages. Nous longeons le front de mer, des cabines de plage sont installées à même la plage, nous passons devant le casino, c’est ici que les français commandé par le lieutenant de corvette Kieffer vont débarquer. Nous passons devant le musée du débarquement de Sword Beach, puis nous découvrons un petit castelet de style flamboyant et l’hôtel Saint-Georges en pierre de taille. Nous parcourons à pied la rue commerçante de Ouistreham, la pluie est toujours présente, nous nous réfugions dans un café pour boire une boisson chaude. Nous reprenons notre circuit, nous rejoignons Luc-sur-Mer pour le déjeuner.
L’après-midi nous prenons la direction de Honfleur, nous contournons Caen dont la ville médiévale était construite autour de 3 sites le château, l’abbaye aux dames et l’abbaye aux hommes qui chacune regroupait un grand nombre de paroisses ce qui nous donne un nombre importants de clochers qui se détachent de ces 3 sites. Nous empruntons l’A13, la pluie ne nous a pas quitté, nous traversons le pays d’Auge, il est irrigué par 2 fleuves côtiers la Dive et la Touque dans lesquelles se jettent 150affluents, le réseau hydraulique du pays d’Auge a eu pour effet l’importance des petites vallées (valleuses) où nous circulons. Nous roulons dans un paysage de pommiers, de poiriers, de prairies paradis des bovins, mais également des chevaux de courses. La Normandie fournit la plupart des chevaux de course du monde entier, certains ont des palmarès étonnants, la Normandie compte plus de 500 haras qui produisent et entraînent les chevaux au secret de leur immense propriété. L’homme d’affaire l’Aga Kan qui possède 5 haras dans le monde entier en détient 2 en Normandie, il vend ses futurs champions entre 20000 et 300000 euros. Les habitations typiques du pays d’Auge sont les longères, ce sont de longues habitations où est amassé tout le corps de ferme. Isabelle nous fait un petit historique de la Normandie dont voici un petit résumé :
Le mot Normandie est composé de 3 syllabes (nor) pour nord, (man) pour homme et le mot latin (die) qui signifie lieu de séjour, par conséquence la Normandie est le lieu de séjour des hommes venus du nord. La Normandie est un ancien pays d’Europe du nord-ouest de la France qui occupa tout d’abord la basse vallée de la Seine en 911, puis Le Mans et Bayeux en 924, le Cotentin, l’Avranchin et les îles de la Manche en 933. Duché de 911 à 1204, la partie insulaire (anglo-normande) de la Normandie, hormis Chausey, a formé les bailliages de Jersey et de Guernesey tandis que sa partie continentale (française) est devenue une province historique française après 1204. Très stables, les frontières continentales de cette ancienne province concordent assez fidèlement, hormis quelques territoires incorporés aux actuelles Eure-et-Loir, Mayenne, Oise et Sarthe lors de la création des généralités et quelques communes enclavées échangées avec la Mayenne après la création des départements à la Révolution, avec le Calvados, l’Eure, la Manche, l’Orne et la Seine-Inférieure. A l’époque contemporaine, la Normandie demeure un espace géographico-culturel dont trois collectivités territoriales portent le nom en partage : les deux régions administratives, sous souveraineté française, de Haute-Normandie et de Basse-Normandie ; le duché de Normandie, composé des bailliages de Jersey et de Guernesey, sur lequel les monarques de Grande-Bretagne exercent la souveraineté sous le titre de « duc de Normandie Suite à sa création en 911 par le Traité de Saint-Clair-sur-Epte entre le Viking Rollon Et Charles le Simple, sur une portion de l’ancienne Neustrie définie par le traité de Verdun de 843, le duché de Normandie ajouta des territoires à l’ouest : en 924, la Normandie centrale (Bessin, pays d'Auge et Hiémois) ; en 933 le Cotentin et les îles, aujourd’hui « Anglo-Normandes », situées à l’Ouest du Cotentin. Celles-ci sont restées sous la souveraineté de la couronne britannique (la Normandie et l’Angleterre n’ayant fait qu’un de 1066 à 1204) contrairement à la partie continentale devenue française en 1204. Vers 1009, les terres entre Sélune et Couesnon auparavant disputées à la Bretagne, furent rattachées à la Normandie. La Normandie fut un important duché, indépendant du royaume de France de 911 à 1204. Descendant de Rollon, Guillaume le Conquérant envahit, en 1066, l’Angleterre, dont il devient le souverain, sous le nom de Guillaume Ier d’Angleterre, après avoir remporté la bataille de Hastings. L’Angleterre reste ainsi associée à la Normandie jusqu’en 1204, date à laquelle Philippe Auguste confisque les fiefs de Jean Sans Terre en vertu du droit féodal condamnant l’acte de félonie commis par ce dernier en épousant Isabelle d'Angoulême de force. Cependant, les rois d’Angleterre conservèrent les îles Anglo-Normandes dans leur patrimoine. La conquête normande de l’Angleterre a permis le développement de la langue anglo-normande qui a donné naissance à une littérature anglo-normande très influente sur la littérature française. Ceci explique également que la langue anglaise contient de très nombreux emprunts lexicaux d’origine latine ou scandinave par le truchement de l’anglo-normand et de l’ancien français. essaimèrent et administrèrent des territoires souvent éloignés. Ils fondèrent des royaumes et des principautés en Méditerranée : Robert Guiscard et Roger de Hauteville en Sicile et Italie du Sud. Robert Burdet fonda une principauté en Espagne après avoir pris Tarragone aux Musulmans. Bohémond de Tarente fonda la principauté d'Antioche dont le territoire se situe dans les actuelles Turquie et Syrie. Jean de Béthencourt a conquis les îles Canaries en 1402. En 1625, Pierre Belain d'Esnambuc prit possession de la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Christophe et Marie-Galante. Après la guerre de Cent Ans, la Normandie s’est reconstruite et a connu une période faste dans la première moitié du XVI.me siècle : les campagnes se sont couvertes de manoirs et la prospérité a modifié le visage des villes. Les Grands bourgeois ont construit de magnifiques hôtels urbains en adoptant rapidement le style de la Renaissance. Après 1550, les guerres de religion, puis l’alourdissement des impôts ont mis un frein à cette prospérité. La proximité de l’Angleterre, avec laquelle la France est souvent en guerre entre 1689 et 1815, fait de la Normandie une terre d’affrontements. Administrativement, la partie continentale est restée un duché à part entière jusqu’en 1466, tout en relevant du royaume de France. Elle était alors partagée en bailliages, lesquels étaient subdivisés en vicomtés remontant à l’époque féodale et supprimés en 1744 seulement. Plus tard, un nouveau découpage en élections fiscales apparut, qui divisa la Normandie en deux, puis trois généralités : celles de Rouen et de Caen en (1542) et celle d’Alençon en 1636. La partie insulaire demeura partagée en deux bailliages de Jersey et Guernesey. Avant la Révolution française, la province de Normandie française formait aussi, comme la plupart des anciennes provinces un gouvernement militaire de Normandie, exception faite d’un gouvernement particulier au Havre. La province française fut ensuite partagée en 1790 en cinq départements : le Calvados, la Manche, l’Orne, l’Eure, et la Seine-Inférieure devenue Seine-Maritime. En 1956, les trois premiers furent administrativement regroupés dans la région de programme de Basse-Normandie et les deux derniers dans celle de Haute-Normandie. Depuis, la réunification de la Normandie par le regroupement des cinq départements normands est un sujet récurrent dans les contestations du découpage régional. À partir du XVIII.me siècle, l’industrialisation et la modernisation de l’agriculture ont transformé l’économie de la province.
Nous effleurons le pont de Normandie que nous laissons sur notre passage, nous continuons notre circuit vers Honfleur. Honfleur est une commune portuaire normande de 1,5 kilomètre carré pour une population de 8170 habitants dans le département du Calvados, située sur la rive sud de l'estuaire de la Seine, en face du Havre, tout près du débouché du Pont de Normandie. Ses habitants sont les Honfleurais. Elle est surtout connue pour son vieux port pittoresque, caractérisé par ses maisons aux façades recouvertes d'ardoises, et pour avoir été maintes fois représentée par des artistes, dont notamment Gustave Courbet, Eugène Boudin, Claude Monet et Johan Barthold Jongkind, formant l'École de Honfleur qui contribua à l'apparition du mouvement impressionniste. L'église Sainte-Catherine, qui possède un clocher séparé de l'édifice principal, est la plus grande église en bois de France. La commune est classée « quatre fleurs » au Concours des villes et villages fleuris.
Étymologie : Jadis "Honnefleu", encore au 18ème siècle. Prononciation traditionnelle: [Hronfieu] avec [H] fortement expiré. L ‘appellatif « -fleur », jadis « fleu », commun en Normandie (Cf. Barfleur, Vittefleur, Harfleur, Crémanfleur, Fiquefleur et La Gerfleur) vient d’un mot d’origine nordique « floth » ou du vieil-anglais flod signifiant : estuaire, bras de mer ou fleuve (Cf. « Le fleu de Lestre », rivière du Cotentin mentionnée au 13ème siècle). L’élément « Hon- » viendrait, quant à lui, d’un patronyme anglo-saxon ou scandinave que l’on retrouve à côté de Honfleur probablement dans Honaville.
Histoire : La première mention écrite attestant l’existence de Honfleur émane de Richard III, duc de Normandie, en 1027. Il est également avéré qu’au milieu du XII.me siècle, la ville représentait un important port de transit des marchandises au départ de Rouen vers l’Angleterre. Située au débouché d’un des principaux fleuves de France et au contact de la mer et appuyée sur un arrière-pays relativement riche, Honfleur bénéficiait d’une position stratégique qui s’est révélée à partir de la guerre de Cent Ans. Charles V fait fortifier la ville afin de fermer l’estuaire de la Seine aux Anglais, avec l’appui du port voisin de Harfleur. Honfleur fut cependant prise et occupée par les Anglais en 1357 et de 1419 à 1450. En dehors de cette période, son port servit de base de départ à de multiples expéditions françaises partant saccager les côtes anglaises, avec notamment la destruction partielle de la ville de Sandwich, dans le comté de Kent, dans les années 1450. Après la fin de la guerre de Cent Ans et jusqu’à la fin du XVIII.me siècle, Honfleur connaît une période de prospérité appuyée sur le commerce maritime, avec cependant une perturbation lors des guerres de religion du XVI.me siècle. La ville est prise par Henri IV au début de 1590. La ville participera ainsi au mouvement des grandes découvertes, avec notamment le départ en 1503 de Binot Paulmier de Gonneville de Honfleur jusqu’aux côtes du Brésil, la visite de Terre-Neuve et de l’embouchure du Saint-Laurent en 1506 par le Honfleurais Jean Denis, ou le départ d’une expédition en 1608, dirigée par Samuel de Champlain, qui aboutit à la fondation de la ville de Québec. À partir de cette période, le commerce de Honfleur prospère avec la multiplication des relations avec le Canada, les Antilles, les côtes africaines et les Açores, faisant de la ville l’un des cinq principaux ports négriers de France. Cette époque voit la ville s’agrandir avec le démantèlement d’une partie de ses fortifications sur l’ordre de Colbert. Les guerres de la Révolution française et du Premier Empire, avec notamment le blocus continental, causent la ruine de Honfleur, qui ne se releva que partiellement au cours du XIX.me siècle avec la reprise du commerce du bois avec le nord de l’Europe. Cet essor fut cependant limité par l’ensablement du port, qui parvient cependant à fonctionner encore aujourd’hui. Honfleur : la ville est située sur la Côte Fleurie, le Vieux Bassin, Le charme spécifique de Honfleur est présent dans les plus grands musées du monde. Peint des milliers de fois, ce petit port continue à attirer en toutes saisons les artistes qui fixent sur leurs toiles les reflets changeant de l’eau et du ciel. De la plus modeste à la plus renommée, les galeries de peinture sont omniprésentes sur les quais et dans les rues.
Honfleur est une ancienne ville forte qui joua un rôle important pendant la guerre de Cent Ans : conquise en 1346 par Edouard III d’Angleterre, perdue puis reprise, elle resta anglaise jusqu’en 1450. Par la suite, les marins de Honfleur se lancèrent dans l’exploration des mers ; à leur suite, les pêcheurs allèrent pêcher la morue jusque dans l’embouchure du Saint-Laurent. Sous Louis XIV, grâce aux travaux de Colbert qui en fit un port militaire, la population était constituée d’armateurs, pêcheurs et corsaires. Cependant, après la perte du Canada et de Terre-Neuve, Honfleur devint moins prospère à la fin du XVIIIème siècle, l’activité se réduisant au cabotage. Les hautes maisons étroites, serrées les unes contre les autres, font miroiter dans les eaux du Vieux Bassin leurs toits aux ardoises gris-bleu. Près de la Lieutenance, vestige des anciennes fortifications, une plaque commémore les embarquements de Champlain, fondateur du Québec au XVIIème siècle. Sur les quais, non loin des anciens greniers à sel (celui-ci permettait la conservation de la morue) se dresse l’église Saint-Etienne (XIV.me et XV.me siècles). Le musée du Vieux Honfleur propose des reconstitutions d’intérieurs normands et de nombreux objets régionaux. De l’autre côté du port, après quelques pas dans les rues bordées de vieilles maisons et de galeries de peinture, se trouve l’église Sainte-Catherine, construite au XV.me siècle par les habiles charpentiers de marine. Une oeuvre de Michele Ribeiro Réalisée en bois et recouverte d’ardoises, ses deux nefs accolées évoque la carène d’un navire. Contemporain de l’église, le clocher indépendant repose sur l’ancienne maison du sonneur. Au-dessus de Honfleur s’étend le verdoyant plateau de Grâce.La modeste chapelle Notre-Dame-de-Grace est un but de pèlerinage. De cet endroit, le regard plonge sur l’estuaire de la Seine le Havre apparaît dans le lointain. Nous approchons de Honfleur, nous contournons le bassin est de son port qui permet l’accostage de bateaux de 90000 tonnes, Honfleur possède un petit complexe pétrolier. Un long chenal permet la liaison du port à l’estuaire de la Seine, des bassins des quais et des jetées furent construits aux cours des siècles au fur et à mesure des besoins. Le plus ancien bassin est appelé (le vieux bassin), il date du XVII.me siècle, Honfleur est coincée entre 2 vallées et comme nous sommes sous un déluge de pluie nous ne pouvons rien contempler à cause de la brume ambiante. Nous prenons donc de la hauteur pour aller visiter notre dame de la Grâce qui surplombe la ville, nous passons devant l’ancienne paroisse Saint-Léonard qui était autrefois en dehors des remparts de la ville avant qu’ils soient démolis. Nous passons devant l’office du tourisme qui est hébergée dans une superbe bâtisse en pierre, la médiathèque le côtoie c’est une construction en verre. Nous longeons des petites maisons, le parcellaire est très étroit et notre autocar a du mal à se frayer le passage. Nous contournons le vieux bassin, il est entouré de superbes maisons ayant appartenues aux armateurs et aux capitaines, elles sont très étroites, elles sont construites en ardoise, en bois et en briques, elles sont toutes en hauteur. Ces maisons ont été construites sur la contre escarpe des remparts, ce qu’il fait qu’elles possèdent 2 rez-de-chaussée un qui donne sur le quai, l’autre est situé 1 ou 2 étages plus haut et donne dans la rue derrière la maison sur la pente de la colline abrupte. Une petite route permet d’accéder à notre dame de la grâce à pied ou en voitures, mais en autocar nous sommes obligés d’emprunter une route de contournement pour rejoindre le plateau. La chapelle domine la ville, par temps clair nous devrions apercevoir le port du Havre, elle est posée dans un écrin forestier. C’est sous une pluie battante que nous pénétrons à l’intérieur de la chapelle, les parois sont ornées d’ex-voto offerts pour des vœux qui ce sont réalisés, elle est superbement décorée et entretenue, après une mise au sec d’un quart d’heure il nous faut rejoindre notre autocar. La chapelle a été construite entre 1600 et 1615 par les marins et bourgeois de Honfleur sur un terrain donné par madame de Montpensier, elle remplace une ancienne chapelle fondée avant l’an 1023 par Richard II duc de Normandie. Cette première chapelle a disparu lors d’un éboulement de la côte au XVI.me siècle. Le clocher possède 24 cloches qui ont été fondus à Villedieu les Poèles, le carillon a été mis en place en 1699. Nous commençons à redescendre sur Honfleur toujours accompagné par la pluie, nous découvrons les anciens entrepôts à sel construits sous Colbert en 1670, le sel était prioritairement utilisé par les morutiers qui partaient en campagne au Canada. Les anciens greniers à sel sont aujourd’hui utilisés comme salle d’expositions en tous genres, nous nous garons près du bassin est pour aller visiter la ville dont la cathédrale Sainte-Catherine dans laquelle ont été célébrées les funérailles de Michel Serrault l’an dernier. Nous nous abritons sous le passage de la lieutenance, les navires accostaient au bassin en face de la lieutenance, ils acquittaient une redevance ou octroi avant de décharger leurs marchandises. C’est tout encapuchonné que nous poursuivons notre parcours, nous franchissons une lignée de maisons d’armateurs pour rejoindre l’église sainte-Catherine. Un plan de l’ancienne ville est affiché sous le porche de l’église, beaucoup de maisons sont en colombage ou à pan de bois. Le remplissage entre l’armature en bois est un mélange constitué de terre, de fibres végétales ou animales, ce mélange est introduit entre les poutres de bois. Les maisons en pans de bois ne sont donc pas constituées que de bois, en plus du mélange près cité on peut insérer des briques pour combler les vides. Maison à colombage provient de la sémantique de colonne de bois qui est devenu colombage, donc rien à voir avec colombe. Le clocher de l’église se trouve à l’extérieur, sous le clocher se situe la maison du sonneur, la couverture du clocher est faite de bardeau de châtaignier noirci qui donne l’aspect de l’ardoise. Les béquilles en chêne du clocher qui retombent sur la toiture sont recouvertes d’ardoise, la maison du sonneur est à colombage. Toutes les maisons à colombage ont un sous bassement en pierre, les remontées capillaires remontent dans le sous bassement est au contact du remplissage de terre l’eau va s’évaporer. Les maisons à colombage sont fraîches en été, par contre l’hiver elles ont une température ambiante appréciable. Honfleur n’a pas subi de bombardements pendant l’époque napoléonienne, ni au cours de la seconde guerre mondiale. A ces époques la Seine n’avaient pas de pont, les premiers se trouvaient à Paris, on franchissait la Seine avec des bacs, le premier pont construit sur la seine sera celui de Tancarville en 1959, il se trouve a 12 kilomètres du pont de Normandie. Les sous bassement de l’église ont été réalisés avec les pierres qui constituaient les anciens remparts, le chêne et le châtaignier de la construction de l’église provenaient de la forêt de la Touque. On a déjà construit une nef au début du XV.me siècle, la population s’accroissant, on construit une seconde nef à la fin du XV.me siècle. Le bois n’est pas un matériau pauvre, les parois sont truffés de sculptures, on n’a donc pas réalisé une église provisoire, mais une véritable église qui a survécu au temps. Au fond de la première nef il y avait un retable et tout un statuaire, à la fin du XVIII.me siècle on décide de recouvrir les parois de plâtre. Vers 1939 on décide la restauration de l’église, on transfert donc le retable et le statuaire dans l’église saint-Etienne, depuis on ne les a jamais rapatrié, aujourd’hui l’église saint-Etienne est devenu le musée maritime. La restauration a redonné son cachet d’antan à l’église sainte-Catherine, l’église est dotée d’un second portail qui dessert les petites rues où sont installées les fameuses galeries de peintres de Honfleur. La plupart des maisons ont pignon sur rue, ce qui donne une architecture en dents de scie, les murs les plus longs des habitations étaient mitoyens. Les maisons à pignon sur rue vont engorgées les tribunaux, car chaque voisin se plaignait de son voisin quand il subissait une infiltration dans les parois de sa maison. Ensuite on interdira les maisons à pignon sur rue, le mur le plus long appelé gouttereau devra donner sur la rue, afin que l’eau s’écoule sur la rue et ruisselle au milieu de la chaussée dans un caniveau. C’est trempé comme des soupes que nous avons rejoint l’autocar, nous avons mis le cap sur Luc-sur-Mer pour y retrouver un soupçon de soleil à l’arrivée à notre hôtel. Nous avons pris le dîner, puis un musicien et son orgue électronique nous a assuré un carahoquet que nous avons clôturé par quelques pas de danse.

(4) (5) la journée est consacrée à la visite du Mont saint-Michel, les archives concernant le mont Saint-Michel ont dans la totalité disparue lors du bombardement de la ville de saint-Lô. Nous contournons Caen, nous distinguons le site universitaire et le CHU de Caen, Nous empruntons l’A84 en direction de Cherbourg, Rennes et Bayeux. Au IX.me siècle le moine Bernard avait déjà édité un guide pour se rendre au mont saint-Michel, il renseignait sur l’itinéraire, l’hébergement à l’attention des pèlerins. Il existait un réseau très dense de chemins pour se rendre au mont saint-Michel, ils étaient appelés chemins montés ou chemins paradis, les chemins menaient donc au mont puis à saint-Jacques de Compostelle. On croyait que le mont était un simple sanctuaire populaire pour les autochtones (normands et bretons), on sait par exemple qu’en 1535 un établissement de charité saint-Jacques à Paris, il a reçu plus de 16000 pèlerins qui se rendaient au mont saint-Michel. Le mont saint-Michel faisait donc partie des grands lieux de pèlerinages comme Saint-Jacques de compostelle, Rome ou encore Jérusalem. Les chemins ont aujourd’hui disparus sous le macadam du réseau routier actuel, Un panneau à la sortie de Caen nous indique Rennes à 168 kilomètres et le mont saint-Michel à 117 kilomètres. Chaque église avait son méracoula qui ventait ses vertus spirituelles pour recueillir des dons, mais dénonçaient quelquefois leurs concurrents dont la palme était donné au mon saint-Michel. Le méracoula de l’église de Coutances n’était pas très tendre avec son concurrent direct qu’était le mont, en plus des offrandes laissées par les pèlerins, les sanctuaires étaient à la recherche de bras pour ériger leur église, alors si le pèlerin pouvait prolonger son séjour c’était du labeur fourni et offert. Les pèlerins étaient attirés par les reliques, si le premier oratoire du mont en avait 2, à la fin du XIX.me siècle l’abbaye du mont en renfermait 217. Nous étions dans un monde concurrentiel et déjà médiatique, les moines étaient avant tout de véritables trésoriers. Le méracoula du mont saint-Michel relate 24 miracles, un miracle peut être une guérison, une sanction ou une sanction puis une guérison. Le méracoula du mont fait beaucoup allusion aux sanctions, c’était pour maintenir l’ordre dans la communauté monastique, car elle pratiquait la débauche de leurs corps à l’extérieur de leur lieu de retraite. Nous apercevons de temps en temps des manoirs en pierre noir tout au long de l’autoroute, nous nous trouvons à 40 kilomètres de saint-Lô, les pâturages sont moins vastes, ils sont délimités par des haies où paissent les fameuses vaches normandes. Du département du Calvados nous passons dans celui de la Manche, nous distinguons un champ d’éoliennes au milieu d’un troupeau de vaches. Nous passons à côté de Villedieu les Poèles renommée par sa fonderie de cloches, nous descendons une pente abrupte qui descend dans la vallée de la Vire, nous traversons la vire. L’autoroute est bordée de genêts, sur notre droite se situe la ville d’Avranches, Aubert le créateur du mont Saint-Michel était évêque à avranches. Au loin nous commençons à apercevoir le mont saint-Michel, nous quittons l’autoroute. Après l’oratoire de saint-Aubert, au-dessus on construira une église carolingienne, la communauté monastique s’agrandit, on décide alors d’ériger une église beaucoup plus grande. On doit donc construire sur la pointe du rocher, pour réaliser cette prouesse, on construira autour de l’éperon rocheux des cryptes qui supporteront les différents éléments de la nouvelle église. La crypte est supportera le chœur de l’église, puis viendra les cryptes nord et sud qui supporteront le bras de transept, pour porter la nef on utilise l’église carolingienne à laquelle on ajoutera des salles et des couloirs à gauche et à droite et une extension devant l’église. Une fois tous ces aménagements réalisés, on a créé une superbe plate forme artificielle en forme de croix latine, on peut donc construire l’église abbatiale. Au mont saint-Michel on a donc une architecture très originale, l’abbaye est donc de forme hélicoïdale, elle tourne autour du rocher, elle est aussi à la fois verticale et horizontale. Nous nous approchons du mont, nous pouvons admirer la merveille, c’est un corps de bâtiment que l’on a ajouté du côté nord de l’abbaye, c’est un édifice gothique du XIII.me siècle. La merveille est un long gratte ciel médiévale, elle comporte 2 éléments qui ont chacun 3 niveaux d’élévations, le troisième élément n’a jamais été construit, car l’abbaye est tombée en décadence. La merveille n’a donc pas toute sa cohérence, la merveille avait pour but d’éblouir, d’étonner le pèlerin lorsqu’il franchissait la baie, il avait devant lui cette immense construction qui s’élevait dans le ciel. La traversée de la baie ne s’improvise pas, il faut être accompagné par un guide qui connaît tous les pièges dont les sables mouvants et les cours d’eau côtiers qui la serpentent. Les pèlerins de l’époque médiévale sont surpris par les marées, la plupart ne connaissent pas l’effet des marées, alors voir une immense masse d’eau qui se retire pour permettre l’accès au mont est pour eux un miracle en soi. Parfois ils se font surprendre par la marée montante, alors il se réfugie sur l’île tombelaine située entre la côte de la Manche et le mont. Arrivés au pied du mont, ils doivent le gravir afin d’aller au sommet prier l’archange. Le pèlerinage est toujours accompagné d’une part de difficulté, on doit souffrir avant de mériter l’accès au sanctuaire. Archange saint-Michel n’est pas un simple ange, ce terme arche tout comme archevêque ou archétype signifie grand chef ou principal, ange en chef. On évoque 3 archanges Raphaël, Gabriel et Michel, bibliquement ça ne se tient pas, car seul Michel est appelé archange et il ne peut n’y en avoir qu’un, on l’assimile même quelquefois au christ. Nous arrivons à la maison de la baie que nous allons visiter, ensuite nous traversons une zone de végétation pour accéder à un observatoire depuis lequel nous découvrons la baie, nous sommes entourés de moutons, voici une présentation de la baie et du mont saint-Michel :
Le Mont-Saint-Michel est une commune d’une superficie de 0,97 kilomètre carré pour une population de 40 habitants, située dans le département de la Manche et la région Basse-Normandie. Elle tire son nom d’un îlot rocheux dédié à saint Michel et où s’élève aujourd’hui l’abbaye du mont Saint-Michel. L’architecture du mont Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie et le premier de France (hors Île-de-France) avec quelque 3000000 de visiteurs chaque année. Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 170 mètres au-dessus du rivage. Classé monument historique en 1874, le site figure depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ses habitants sont appelés les Montois. Le mont Saint-Michel est donc un îlot rocheux granitique situé à l’est de l’embouchure du fleuve du Couesnon, rocher sur lequel a été construit un sanctuaire en l’honneur de l’archange saint Michel à partir de 709. Antérieurement à cette date, il fut connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il fut couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). Le rocher ne représente qu’une petite partie de la commune qui s’étend aussi sur la digue et plusieurs dizaines d’hectares de polders. La partie essentielle du rocher est couverte par l’emprise au sol de l’abbaye du mont Saint-Michel et de son domaine. Le mont Saint-Michel, situé à 48°38’10″ de latitude nord et à 1°30’40″ de longitude ouest, baigne dans la baie du mont Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L’îlot est une excroissance granitique d’environ 960 mètres de circonférence, qui atteint 92 mètres d’altitude et offre une superficie émergée d’environ 280 ha, au dessus de laquelle s’élève l’ abbaye. Cet îlot s’élève dans une grande plaine sablonneuse que la marée envahit deux fois par jour. En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi, avec l’emphase de cette époque, mais qui rend encore bien compte de la réalité :« Le Mont Saint-Michel apparaît comme une montagne circulaire qui semble s’affaisser sous la pyramide monumentale qui la couronne. On voudrait prolonger sa cime en une flèche aiguë qui monterait vers le ciel (la flèche actuelle ne date que de 1899), dominant son dais de brouillards ou se perdant dans une pure et chaude lumière. De vastes solitudes l’environnent, celle de la grève ou celle de la mer, encadrées dans de lointaines rives verdoyantes ou noires. Le mont Saint-Michel (l’îlot ou l’abbaye) a donné à son tour son nom à la Baie du mont Saint-Michel, elle aussi classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Le mont fut ensuite ballotté par les divagations des cours des trois fleuves qui abreuvent encore la baie du mont Saint-Michel. Ces cours d’eau sont : la Sélune, la Sée et surtout le Couesnon qui, marquant autrefois la frontière entre la Normandie et la Bretagne se mit dit-on soudainement à couler à l’ouest du mont, faisant ainsi passer ce dernier en Normandie. En réalité, jusqu’au XVIIIe siècle, l’embouchure de ce dernier se trouvait à 6 km du rocher. Ceci est donc une légende qui amuse les habitants frontaliers qui savent que la frontière ne se situe pas sur le Couesnon proprement dit mais sur la terre ferme à 4 km à l’ouest, au pied du massif de Saint-Brelade. Un vieux dicton local a cependant immortalisé l’évènement : « Li Couesnon a fait folie Si est le Mont en Normandie » « Le Couesnon dans sa folie A mis le Mont en Normandie » Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont de quoi impressionner : d’une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ». Aujourd’hui le Mont-Saint-Michel n’est entouré et ne redevient île qu’aux grandes marées. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours là. Au fil des années, la baie du mont Saint-Michel fut sujette à la poldérisation de la part de ses propriétaires riverains. L’action la plus marquante en ce sens fut la construction en 1880 d’une digue insubmersible par les Ponts et Chaussées, malgré l’opposition de diverses autorités. Cette digue et celle de la Roche-Torin précipitèrent l’ensablement de la baie, et il est maintenant question de démolir la digue qui relie le mont au continent, ceci afin d’endiguer cet ensablement qui menace l’insularité du mont. La digue d’accès construite au XIX.me siècle, qui retient le sable, aggrave donc l’ensablement naturel de la baie, au point que le mont pourrait cesser d’être une île. À peine finie, querelles et protestations de toutes sortes ( Clemenceau (1881) par anticléricalisme : dépenser de l’argent pour des moines ! Victor Hugo (janvier 1884) par symbolique de l’île, de Maupassant (juillet 1884) et une foule d’autres sont exprimées. Mais bientôt (en 1901) le chemin de fer arrive (il restera jusqu’en 1938). Le canal sert de réserve d’eau douce en été ; il permet d’éviter l’inondation de Pontorson ; il aide à la sédimentation du marais blanc. Le schorre (les herbus ou prés-salés) s’étend. Après la Seconde Guerre mondiale, où l’armée allemande a délibérément inondé (en eau de mer !) les polders, il faut reconstruire, et on repoldérise cette fois aussi en rive droite du Couesnon. Un immense projet (Centre d’études des Marées) voit le jour : séparer la baie en deux bassins, un à l’ouest et l’autre à l’est et jouer de la marée et du Couesnon convenablement orienté vers deux déversoirs pour faire une immense centrale hydroélectrique de marée. Ce projet ne sortira des cartons qu’en miniature (l’usine de la Rance) : les ostréiculteurs et les mytiliculteurs ont eu gain de cause et actuellement bien que le naissain vienne toujours de Marennes, l’essentiel de la production française de moules est celle des Hermelles, juste au nord du Vivier-sur-Mer. 1969 : le « péril vert » est écarté. On prend conscience de la valeur patrimoniale du site, et surtout pécuniaire : le tourisme est lancé et ne s’arrêtera plus (3,3 millions de touristes en 2005, on en prévoit 10 millions en 2010). il faut à la fois un parking et que l’île reste île. Dès 1975, l’ingénieur Mignot avait très rigoureusement analysé la baie et comparé avec les relevés de 1958 (qui étaient plus approximatifs : la slikke ne dépendait ni du SHOM ni de l’IGN). De 1975 à 1995, se feront des études en bassin (la SOGREAH, qui s’occupe aussi de la Somme). Pas faciles, ces études en bassin : la nacre pilée et la sciure remplacent le sable, il faut ajuster convenablement les débits des rivières, des pluies, de l’évapo-transpiration et du cycle des marées, “caler” les paramètres du modèle réduit puis passer de la rétrospective à la prospective. On se trompe, on rectifie avec observations sur le terrain ; on passe des thèses. 1979 : l’île est inscrite au Patrimoine Mondial, au titre de l’Art et au titre de la Culture. La loi littoral est votée. 1983 : très symboliquement, François Mitterrand vient non pas poser la première pierre, mais ôter la première pierre de la digue (submersible) de la Roche Torin. 1995 : les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la Commission du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés. D’où le projet (voir aussi Projet Mont-Saint-Michel) : • Suppression du parking : il sera ramené au sud du barrage de la Caserne (en cours de reconstruction), et une navette spéciale amènera les visiteurs par une route-passerelle au Mont ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3 ; • Côté île : on sait bien maintenant qu’on ne peut lutter contre la nature ; il faut ruser ; la ruse c’est de faire que le Couesnon soit chenalisé de part et d’autre du Mont-Saint-Michel, 2/3 à l’Ouest en Bretagne et 1/3 à l’Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700000 m³. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). L’écosystème sera préservé : pour conserver les 40 crapauds mâles, on a déjà enlisé une excavatrice dans la vase, qu’il a fallu extraire à la grue et non pas en traction (voir ci-dessus : sables mouvants) : cette excavatrice devait faire les mares nécessaires avant de pouvoir dégager et curer le Couesnon. L’entrée d’eau de mer se fera par l’eau de surface (beaucoup moins turbide) et la chasse sera brutale pour bien évacuer, selon des chenaux régulés, toute la vase et donner un « bel aspect » au Mont-Saint-Michel, débarrassé de son encombrant parking, mais entouré de douves “naturelles”.Du coup, on barre la route aux halophytes comme la salicorne, puisque le schorre sera contenu, et on ouvre la route à la navette des néophytes. Le coût des travaux a augmenté au fil du temps : 72 M€ en 1999, puis 94 M€, puis 134, puis, crise du pétrole aidant, 220 M€ en 2004 : pendant ce temps, la vase s’accumule et cela à raison de 2,6 mm/an maintenant, sur 240 km². Les travaux de désensablement de la baie du mont Saint-Michel ont débuté le vendredi 16 juin 2006. La commune accueille jusqu’à 20000 visiteurs par jour pendant la saison estivale. Parmi les 43 Montois dénombrés en 2006, il y a 12 moines. L’histoire ancienne de la commune étant peu dissociable de l’histoire de l’abbaye elle-même, nous renvoyons l’article consacré à l’abbaye du mont Saint-Michel, y compris pour les périodes gauloise et romaine. Le village, implanté sur le mont en 709, s’est développé à l’ombre de son abbaye médiévale. Au nord de l’église Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d’œuvre de l’architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher. L’économie du Mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu’à la Révolution française. On venait de toute l’Europe du Nord en pèlerinage à l’abbaye : depuis l’Angleterre, la France du Nord et de l’Ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeurs, notamment à cause de l’attrait touristique important que représente le site et sa baie : Déjà depuis le XIX.me siècle, les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tel Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au mont. Dans la deuxième moitié du XX.me siècle, la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l’une des premières destinations touristiques de France. On compte aujourd’hui trois millions de visiteurs annuels, dont un tiers seulement monte jusqu’à l’abbaye. Le temps moyen de visite est de 2 à 3 heures et il y a jusqu’à 20000 visiteurs par jour en période estivale. De nombreux immeubles du site sont, à titre individuel, classés au titre des monuments historiques. Par ordre d’importance, c’est bien sûr l’abbaye elle-même qui impose sa fière allure et sa magnifique architecture à plusieurs dizaines de kilomètres alentour. Mais il existe d’autres monuments religieux sur le rocher : • la chapelle Notre-Dame-sous-Terre (voir abbaye du Mont Saint-Michel) • l’abbaye du Mont Saint-Michel • l’église paroissiale Saint-Pierre. À l’origine, c’était l’église des habitants du Mont, les Montois. Saint-Pierre a conservé son titre de paroisse et se distingue encore aujourd’hui au spirituel – comme autrefois – de l’abbaye. Elle est desservie par un curé nommé par l’évêque de Coutances. L’église a gardé quelques vestiges du XI.me siècle, dans ses piliers, mais d’une manière générale, elle appartient aux XV.me et XVI.me siècles. Sa nef ne possède qu’un seul bas-côté, ce qui décentre son chœur vers la gauche. Munie d’un petit clocher, elle est riche de beaux objets cultuels : un vitrail du XV.me siècle, un gisant médiéval décapité, un autel et son rétable à colonnes daté de 1660, des fonts baptismaux primitifs du XIII.me siècle; une Vierge à l’Enfant et une Éducation de la Vierge (Sainte Anne enseignant à Marie) des XV.me ‑ XVI.me siècles. Enfin, une copie de la statue de saint Michel. L’église Saint-Pierre, qui est encore entourée de son cimetière, est inscrite depuis 1909 à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques (ISMH). • la chapelle Saint-Aubert • la fontaine Saint-Aubert. Patrimoine civile, La ville actuelle est l’une des rares villes françaises à avoir conservé l’ensemble de ses fortifications médiévales. Cette enceinte urbaine date des XIII.me et XV.me siècles. Elles est entièrement classée (MH). La muraille se compose de courtines flanquée de tours semi-circulaires et d’une tour bastionnée : • la tour Claudine, • la tour du Nord, • la tour de la Liberté, • la tour de l’Arcade, • la tour du Roi, • la tour Boucle (bastionnée). Le chemin de ronde et les parapets sont du XV.me siècle ainsi que divers ouvrages de défense comme : • la porte du Roi, • l’Avancée et sa porte, • le Boulevard et sa porte, • le corps de garde des Bourgeois (XV.mIe siècle). L’enceinte des Fanils, qui continue les murs du Monteux, de Cantilly et de la Pillette, date du XVI.me siècle, avec la tour Gabriel, qui porte en son chef un moulin à vent. Habitations classées : . maison de l’Artichaut • maison de la Coquille • maison de la Licorne • maison au Pot de Cuivre • maison de la Truie qui File • logis de Saint-Aubert • logis de Tiphaine Raguenel • logis Saint-Symphorien• hôtel du Dauphin • hôtel du Mouton-Blanc • hôtel de la Mère Poulard • hôtel Saint-Pierre (restauré conformément à l’ancienne maquette) Le mont Saint-Michel se situe à l’embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu’à aujourd’hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l’agriculture et à l’élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons de pré-salé). Le mouton ou l’agneau de pré-salé est ainsi une spécialité locale, à déguster de préférence grillé au feu de bois. Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d’œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.
L’île de tombelaine est inhabitée, elle est un peu plus grande que le mont-Saint-Michel, elle est recouverte de forêt, c’est une réserve d’oiseaux. Les prés salés sont envahis de moutons, nous continuons notre pèlerinage, nous faisons une halte à la biscuiterie du mont saint-Michel. Nous reprenons notre circuit, il est l’heure de déjeuner, nous nous arrêtons à l’endroit appelé Las Vegas où se trouvent tous les restaurants qui accueillent les touristes, notre dévolu est jeté sur le restaurant la Rôtisserie.
Nous parcourons la dernière étape qui nous amène au pied du mont, nous apercevons une grue qui s’active à la reconstruction du barrage du fleuve côtier le Couesnon. Enfin nous sommes arrivés, nous quittons notre autocar, nous franchissons la porte des remparts, nous pénétrons dans la ville en passant une seconde porte, nous sommes devant le restaurant mythique de la mère poulard, des cuisiniers s’activent à battre les œufs en omelette dans la devanture du restaurant pour le folklore. Nous franchissons de nouveau une porte agrémentée d’un pont levis devant laquelle sont exposées deux bombardes anglaises, le village a été fortifié dans l’ambiance tendue de la guerre de cent ans. Toute la région était sous domination anglaise sauf le mont saint-Michel, certes les remparts ont joué leur rôle mais la mer avec ses effets de marées a fortement compromis les tentatives anglaises. Nous commençons à escalader le mont à travers de petites ruelles parsemées d’escaliers, le rez-de-chaussée des maisons est investi par des échoppes à touristes, les 2 ou 3 étages supérieurs sont réservés à l’habitation. Les commerces situés sur notre gauche sont construits contre la paroi du rocher du mont, ces échoppes avaient été construites pour les pèlerins qui voulaient et devaient ramener un souvenir du sanctuaire de l’archange. L’urbanisme du mont est très étagé, il va du sommet à la mer délimitée par les remparts. Ouf nous voici rendu sur le parvis qui donne accès à l’abbaye, nous pénétrons dans une salle où sont exposées 4 maquettes qui démontrent les différentes églises qui ont existé au sommet du mont. Nous accédons sur une immense terrasse qui nous fait découvrir un superbe panorama, nous dominons la baie, la mer, nous distinguons l’île de Chausey où a été extrait la pierre qui a servi à la construction des habitations et de l’abbaye du mont. La taille de la pierre était faite sur place, puis on la transportait avec des bateaux qui profitaient de la marée montante pour livrer leur cargaison au pied du mont saint-Michel. L’édifice abbatial a beaucoup changé au cours des siècles, sur la terrasse au sol est dessinée avec des petites murettes la forme de l’église initiale avant qu’elle perde 3 travées. Nous distinguons au loin sur le continent le mont-Dol qui était auparavant entouré par la mer, c’est hélas le sort réservé au mont saint-michel et à l’île Tombelaine dans un avenir plus ou moins long, c’est inexorablement et naturel la destinée des baies qui se continentalisent au cours du temps. Nous pénétrons dans l’église, elle a été inaugurée en 1080, Guillaume le conquérant y a assisté, si il revenait aujourd’hui, il ne reconnaîtrait plus l’édifice maintes fois redistribué. Isabelle notre guide et également conférencière du mont saint-Michel, elle nous fait assoir dans l’église pour nous raconter l’Abbaye du mont saint-michel :
L’abbaye du mont Saint-Michel se trouve sur la commune du Mont-Saint-Michel, en Normandie, dans le département de la Manche. Classé monument historique en 1874, le site figure depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et est géré par le Centre des Monuments Nationaux On le compare souvent aux sept merveilles du monde. Le mont même était un lieu de cultes druidiques pour les peuplades qui occupaient la forêt de Scissy autour du mont Saint-Michel. Selon l’historien du XVIII.me siècle, Gilles Deric (1726-1800), le rocher était dédié au dieu gaulois du soleil sous le nom de Mons vel Tumba Beneni : mont ou tombe de Belenos. La voie construite par les Romains qui passait à l’ouest du Mons Belenus dut, avec l’envahissement de la mer, être déplacée vers l’est pour finir par disparaître en se fondant avec la voie passant par Avranches. À l’avènement du christianisme dans la région, aux alentours du IV.me siècle, le Mont Tombe est rattaché à l’ancien diocèse d’Avranches. Au milieu du VI.me siècle, le christianisme s’implante véritablement dans la baie. À cette époque, le Mont Tombe offre un abri à de pieux solitaires, ermites approvisionnés par le curé d’Astériac, qui veillent sur le site et mènent une vie contemplative autour de deux oratoires. Le premier, dédié au premier martyr chrétien, saint Étienne est élevé à mi-hauteur du rocher. Il est suivi d’un second en l’honneur du premier martyr des Gaules, saint Symphorien, élevé au pied du rocher. Le Mont Saint-Michel quitte, en 710, son appellation de Mont Tombe pour prendre celui de Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer à la suite de l’édification, par l’évêque saint Aubert d’Avranches, d’un oratoire dédié à l’archange saint Michel en 708. Aubert aurait reçu, au cours de son sommeil, trois fois l’ordre de Saint-Michel de faire ériger sur le Mont-Tombe un oratoire. L’archange aurait laissé la trace de son doigt sur le crâne d’Aubert. Ce crâne repose dans la cathédrale d’Avranches et porte les traces d’un tel stigmate. Le sanctuaire doit être, selon les prescriptions de l’ange, une réplique du Mont-Gargan en Italie (V.me siècle). Aubert fait arracher une pierre cultuelle païenne présente sur le Mont Tombe et construit à la place un sanctuaire circulaire formé de morceaux de roc grossièrement empilés. En 708 environ, Aubert envoya des moines chercher au sanctuaire du Mont Gargano en Italie, dédié à saint Michel, des reliques du lieu. Puis, le 16 octobre 709, l’évêque fit la dédicace de l’église et y installa un chapitre de douze chanoines. Le Mont Saint-Michel était né. Les restes de l’oratoire ont été retrouvés dans la chapelle Notre-Dame-Sous-Terre Ce sanctuaire est une chapelle reliquaire qui abritait le tombeau du fondateur, Aubert et certainement les reliques insignes ramenées du Mont-Gargan. La chapelle Notre-Dame-Sous-Terre est aujourd’hui sous la nef de l’abbatiale. Les premières constructions se révèlent insuffisantes et à l’époque carolingienne, d’importants bâtiments sont élevés, autour desquels se répartissent les cellules individuelles des religieux. L’ère de stabilité connue par laNeustrie durant le règne de Charlemagne laissa place, à la mort de l’empereur, à une période de grands désordres. Les raids et incursions des Normands précédemment contenus reprenaient une nouvelle vigueur, profitant de la désunion de petits-fils de Charlemagne. Ils atteignirent le Mont en 847. En l’an 867, Charles le Chauve vaincu par les Bretons dut leur céder le Cotentin, ce qui suppose qu’ils occupaient déjà l’Avranchin, ou que celui-ci était inclus dans la cession. Les Francs s’étaient cependant réservés la nomination des évêques neustriens. Guillaume Longue-Épée, qui succéda en 927 au premier duc de Normandie, Rollon, obtint la cession du Cotentin et de l’Avranchin en 933. La frontière sud-est de l’Avranchin avec le diocèse de Rennes étant alors indécise, sur la Sélune ou le Couesnon. Longue-épée poursuivit la politique de restauration des monastères inaugurée par son père, jusqu’à son assassinat en 942. Son fils et successeur, Richard Ier Sans Peur, fut le nouveau fondateur de l’abbaye en 966 lorsque, indigné, lors de ses fréquents pèlerinages au Mont, du relâchement qui régnait parmi les chanoines qui déléguaient leur culte à des clercs salariés, il obtint alors du pape Jean XIII une bulle lui donnant autorité pour y mettre bon ordre. Les ducs de Bretagne Conan le Tort, mort en 992, et Geoffroy Ier, mort en 1008, se firent ensevelir au Mont Saint-Michel, non comme seigneurs du lieu, mais aux titres de bienfaiteurs. C’est au Mont que Judith de Bretagne, fille de Conan le Tort, épousa le duc Richard II de Normandie, symbolisant l’alliance des deux duchés. L’abbaye est fondée en 966 à partir d’un oratoire préexistant, et doté de la règle bénédictine introduite par le monastère Saint-Pierre de Gand par l’abbé Maynard Ier de l’Abbaye de Saint-Wandrille. Au XII.me siècle, les bénédictins du Mont-Saint-Michel ont une grande influence sur le développement intellectuel de l’Europe en traduisant Aristote directement du grec en latin, à l’époque où d’autres traductions se font à Tolède depuis l’arabe. Des guerriers bretons dirigés par Guy de Thouars ayant incendié le Mont Saint-Michel en 1204, le roi Philippe II Auguste gratifia le monastère d’une importante somme d’argent destinée à sa reconstruction. Reconstruit dans le style architectural normand, avec tailloirs des chapiteaux circulaires, écoinçons en pierre de Caen, motifs végétaux, etc., le cloître de la Merveille est achevé en 1228. Au début du conflit de la guerre de cent ans, l’abbaye perd tous les revenus de ses prieurés anglais. En 1356, les Anglais prennent Tombelaine et commence le siège de l’abbaye. Peu de temps après, Bertrand du Guesclin est nommé capitaine de la garnison du Mont et remporte plusieurs victoires qui permettent d’écarter la menace anglaise pour plusieurs années. En 1386, Pierre le Roy est élu abbé et ordonne la construction de la tour Perrine, de la tour des Corbins et du Châtelet afin de défendre l’entrée du monastère. Après la bataille d’Azincourt, le nouvel abbé, Robert Jolivet, fait construire un rempart pour protéger la ville, ainsi qu’une citerne pour alimenter le Mont en eau douce. En 1419, Rouen tombe aux mains des Anglais. Le Mont est alors la seule ville de Normandie qui résiste à l’occupant. Craignant la puissance anglaise, Robert Jolivet offre ses services au roi d’Angleterre. En 1423, les Anglais lancent un assaut contre le Mont qui est sauvé par les Bretons. En 1434, un incendie détruit une partie de la ville. Les Anglais en profitent pour attaquer l’abbaye mais ils sont repoussés. Dès lors, le Mont ne subira plus de siège et la Normandie sera libérée en 1450. L’abbaye avait été, sous l’Ancien Régime, un lieu de détention pour plusieurs personnes incarcérées en vertu de différentes juridictions mais les derniers bénédictins ayant quitté le Mont en 1791, sous la Révolution, celle-ci devient alors une prison où sont incarcérés, dès 1793, plus de 300 prêtres réfractaires. Après la détention de socialistes au Mont de Martin Bernard, Armand Barbès et Auguste Blanqui, divers intellectuels dont Victor Hugo, dénoncent l’abbaye-prison qui sera fermée par décret impérial en 1863. En 1794, un dispositif de télégraphe optique, le système de Chappe, est installé au sommet du clocher faisant ainsi du Mont-Saint-Michel un maillon de la ligne télégraphique Paris-Brest. En 1817, les nombreuses modifications effectuées par l’administration pénitentiaire entraînent l’écroulement de l’hôtellerie édifiée par Robert de Torigni. Viollet-le-Duc visita le mont en 1835, mais ce furent ses élèves, Paul Gout et Édouard Corroyer (1835-1904), qui furent destinés à restaurer ce chef-d’œuvre de l’art gothique français. Des travaux urgents de consolidation et de restauration de l’abbaye, classée monument historique en 1874, sont effectués par Édouard Corroyer. En 1896, une flèche s’élevant à plus de 170 mètres au dessus de la mer est érigée. L’archange Saint Michel qui couronne la flèche a été réalisé dans les ateliers Monduit qui avaient déjà travaillé pour Viollet-le-Duc . En 1898, Paul Gout redécouvre, lors de fouilles sous le plancher de l’église, Notre-Dame-Sous-Terre qui sera complètement dégagée en 1959 une fois que l’architecte Yves-Marie Froidevaux aura installé une poutre en béton précontraint. En 1966, à l’occasion de la célébration sous l’égide d’André Malraux du millénaire de l’abbaye, plusieurs monastères bénédictins envoyèrent quelques moines passer l’année 1966 au Mont, afin de célébrer à leur manière le caractère religieux millénaire du lieu, sans lequel le rocher serait sans doute resté à l’état quasi naturel. Une fois l’année passée, avec son flot de visiteurs et de colloques, une poignée de moines resta, en accord avec l’État, propriétaire des lieux. Leur premier prieur était le père Bruno de Senneville, venu de l’abbaye du Bec-Hellouin. Cette petite communauté effectua pendant près de trente-cinq ans, par sa présence et la célébration du culte, une sorte de pèlerinage permanent sur les lieux, recevant elle-même les pèlerins de tous horizons. Ces pionniers permirent alors la restauration d’une communauté plus importante. Depuis 2003, les Fraternités monastiques de Jérusalem, venues de l’église Saint-Gervais de Paris assure la présence religieuse au Mont. Une communauté d’hommes et une communauté de femmes se retrouvent pour les temps de prière dans l’abbatiale ou plusieurs chapelles, rendant ainsi à l’édifice à sa destination originelle. Depuis le début du XX.me siècle, le père abbé de l’Abbaye Saint-Michel de Farnborough porte de droit le titre de père abbé de l’Abbaye du Mont-Saint-Michel. En effet, a cette époque, l’évêque de Coutances et Avranches le lui octroya pour récompenser l’abbaye de Farnborough pour le service rendu par certains de ses moines (des bénédictin français de l’Abbaye Saint-Pierre de Solesmes en exile) qui sont venus assurer une présence spirituelle au Mont auprés des pélerins, de plus en plus nombreux à y revenir, rien n’étant fixé pour les accueillir. La charte d’octroie stipule que le père abbé portera ce titre jusqu’à ce qu’une nouvelle communauté bénédictine se réinstalle au Mont et réalise un nouveau père abbé, ce qui, n’étant pas réalisé à ce jour, est encore valable. Édifiée dès le X.me siècle, l’abbaye bénédictine abonde en merveilles architecturales édifiées dans les styles carolingien, roman et gothique flamboyant. Le mont Saint-Michel pourrait, en ce sens, être considéré comme une mégastructure dans la mesure où le tout superpose les différents bâtiments dévolus aux activités d’un monastère bénédictin sur un espace exigu. L’abbaye se compose de plusieurs parties : Notre-Dame Sous-Terre : Les agrandissements successifs de l’abbaye ont fini par absorber la totalité de l’église abbatiale originale fondée en 966 jusqu’à la faire oublier pendant plusieurs siècles, avant sa redécouverte lors des fouilles effectuées au tournant des XIX.me et XX.me siècles. Restaurée, elle offre un magnifique exemple d’architecture préromane. Les autres bâtiments abbatiaux ont ensuite été élevés à l’est de l’église originale, sur le sommet du rocher et surplombant celle-ci. Les pèlerinages s’intensifiant, il fut alors décidé d’agrandir l’abbaye en édifiant une nouvelle église abbatiale à la place des bâtiments abbatiaux qui furent transférés au nord de Notre-Dame-Sous-Terre. La nouvelle église abbatiale comportait également trois cryptes, soit la chapelle des Trente-Cierges (au nord), la crypte du chœur (à l’est) et la chapelle Saint-Martin (au sud) (1031-1047). L’abbé Ranulphe commence ensuite l’édification de la nef en 1060. En 1080, trois étages de bâtiments conventuels sont édifiés au nord de Notre-Dame-Sous-Terre, comprenant la salle de l’Aquilon, servant d’aumônerie accueillant les pèlerins, le promenoir des moines et le dortoir. Le cellier et l’aumônerie de la future Merveille sont également entamés. Les nouvelles constructions recouvrent alors entièrement Notre-Dame-Sous-Terre qui demeure néanmoins utilisée pour le culte. Reconstructions Mal consolidées, trois travées occidentales de la nef s’écroulèrent sur les bâtiments conventuels, en 1103. L’abbé Roger II les fait reconstruire (1115-1125). En 1421, c’est au tour du chœur roman de s’écrouler. Il sera reconstruit en style gothique flamboyant entre 1446 et 1523 (avec une interruption entre 1450 et 1499). La façade classique de l’abbatiale Suite à un incendie en 1776, il fut décidé de démolir les trois travées occidentales de la nef et, en 1780, la façade classique actuelle fut édifiée. Malheureusement, les soutènements nécessaires à cette dernière ont nécessité la coupure en deux de Notre-Dame-Sous-Terre. L’abbaye du Mont-Saint-Michel est divisée en deux parties : l’abbatiale et la Merveille. La Merveille était l’endroit où vivaient les moines. Vue de l’extérieur, elle correspond à la partie gothique, c’est-à-dire à la face nord, et a été construite en 25 ans sur trois étages. La Merveille est elle-même organisée en deux parties : la partie est et la partie ouest. La partie est fut la première à être construite (de 1211 à 1218) et comprend trois salles : l’Aumônerie, la Salle des Hôtes et le Réfectoire (de bas en haut). La partie ouest, quant à elle, a été érigée sept ans après et comporte également trois salles : le cellier, la salle des Chevaliers et le cloître. L’abbé Robert de Torigni fit édifier, à l’ouest et au sud-ouest, un ensemble de bâtiments comportant de nouveaux logis abbatiaux, une officialité, une nouvelle hôtellerie, une infirmerie et la chapelle Saint-Étienne (1154-1164). Il fit également remanier les chemins de communication desservant Notre-Dame-Sous-Terre, afin d’éviter un trop grand contact avec les pèlerins et les moines de l’abbaye. On y trouve également une roue servant de treuil installée lors du fonctionnement de la prison destinée à approvisionner le mont en denrées et à l’intérieur de laquelle marchaient des prisonniers pour la faire tourner. Dans les ruines de l’infirmerie, effondrée en 1811, il subsiste au-dessus de la porte les trois morts du Dit des trois morts et des trois vifs, représentation murale montrant initialement trois jeunes gentilshommes interpellés dans un cimetière par trois morts, qui leur rappellent la brièveté de la vie et l’importance du salut de leur âme. Le bâtiment de la Merveille, situé juste au nord de l’église abbatiale, intègre cloître, réfectoire, salle de travail et aumônerie dans un parfait exemple d’intégration fonctionnelle. L’ensemble est constitué de deux corps de bâtiments de trois étages appuyé sur la pente du rocher. Au rez-de-chaussée, le cellier sert de contrebutement. Puis chaque étage comporte une salle particulière de plus en plus légère au fur et à mesure que l’on accède au sommet, de puissants contreforts situés à l’extérieur, permettant de soutenir le tout. Les contraintes topographiques ont donc joué un grand rôle dans la construction de la Merveille. Raoul-des-Îles édifie, au dessus de l’aumônerie construite sous Roger II, la salle des Hôtes (1215-1217), le réfectoire (1217-1220) et, au dessus du cellier, la salle des Chevaliers (1220-1225) et le magnifique cloître (1225-1228). On y trouve notamment un cloître, dont trois arches sont étonnamment ouvertes sur la mer et le vide. Ces trois ouvertures devaient constituer l’entrée de la salle capitulaire qui ne fut jamais construite. Les colonnettes, initialement en calcaire lumachelle importé d’Angleterre, ont été restaurées en poudingue de Lucerne. Le cloître abrite un jardin médiéval recréé en 1966 par frère Bruno de Senneville, moine bénédictin féru de botanique. Il est centré par un motif de buis rectangulaire bordé de treize rosiers de Damas. Les carrés de plantes médicinales, d’herbes aromatiques et de fleurs symbolisent les besoins quotidiens des moines au moyen-âge. Les angles sont marqués par des cinéraires maritimes. Au centre des motifs en buis, ce trouvaient des monstres, des diables qui signifiaient que au milieu de toute merveille le mal est tout de même présent. De même, les bâtiments de la belle-chaise et des logis abbatiaux intègrent les fonctions administratives de l’abbaye aux fonctions cultuelles. L’abbé Richard Turstin édifie, à l’est, la Salle des Gardes (qui sera depuis l’entrée de l’abbaye) ainsi qu’une nouvelle Officialité, où est rendue la justice relevant de l’abbaye (1257). Vers 1393, sont édifiées les deux tours du Châtelet, puis ensuite la tour Perrine et une Bailliverie. Le tout sera complété, à l’initiative de l’abbé Pierre Le Roy, par un logis personnel complétant les fortifications de l’abbaye même. Une muraille fortifiée ceint la ville nichée au sud et à l’est du mont. On peut voir, à proximité d’une des portes, deux bombardes de 380mm? et 420mm? abandonnées par les Anglais.
Nous déambulons dans le superbe cloître baigné par le soleil, nous pénétrons dans la merveille, nous entrons dans l’immense réfectoire des moines qui était démesuré au vu de leur nombre, on en comptait une soixantaine au XIII.me siècle, de magnifiques vitraux laissent entrer la lumière. Nous descendons au second niveau de la merveille, c’est le lieu où on accueillait les riches, c’était leur réfectoire, 2 immenses cheminées ornent l’immense pièce, elles servaient à cuisiner les repas, une tenture séparait les cuisines de la salle à manger des Vip. Nous descendons dans la crypte aux gros piliers (XV.me siècle), elle se trouve sous le chœur de l’église où nous avons commencé la visite et écouté le savoir de Isabelle, d’immenses piliers soutiennent la voûte. Nous accédons à la crypte saint-Martin du XI.me siècle, une porte mène à une tour, nous sommes sous le bras sud du transept. Nous effectuons le tour du rocher, sous la merveille nous étions au nord, dans la crypte au gros piliers nous étions à l’est. Nous pénétrons dans la salle où se trouve le monte charge qui était actionné par les prisonniers, ils couraient comme des hamsters dans une roue qui faisait enrouler ou dérouler une corde qui supportait des marchandises. Nous empruntons des couloirs qui symbolisent différentes zones l’hôpital, la chambre funéraire puis l’ossuaire, en fait ce sont des pièces qui sont en enfilade. Nous sommes sous le portail par lequel nous avons pénétré dans l’église, nous allons accéder dans notre dame sous terre, c’est l’ancienne église carolingienne. L’église du X.me siècle a été condamné d’accès au XVIII.me siècle, les mauristes qui étaient là à cette époque, ils ont vu l’écroulement des 3 travées supérieures par incendie ou par la foudre, alors par mesure de sécurité ils ont interdit l’accès à notre dame sous terre. L’église est très sobre, on y a installé un autel qui ne date pas de l’époque carolingienne. Après 2 heures de visite ininterrompues nous avons rejoint l’air libre où brillait le soleil, nous sommes redescendu rejoindre notre autocar en faisant quelques emplettes. Si à la cathédrale de chartres Jeannot nous a effectué un double salto arrière, Pierrette au bras de Jean nous a décrit une génuflexion scabreuse dans un escalier du mont saint-Michel. C’est la tête bien remplie que nous avons repris la route du retour, après le dîner, pour aider à la digestion nous avons fait une petite promenade en bord de mer, puis nous avons essayer de nous refaire au casino, mais comme à notre habitude nous avons fait la part belle à monsieur Tranchan et à l’état français.

(5) Nous commençons par notre petit jogging avec Fabienne, nous respirons le bon air, le soleil commence à apparaître, alors la journée s’annonce bonne. Nous sommes en partance pour la Haute Normandie et plus particulièrement la Seine-Maritime, nous prenons la direction de Fécamp. A proximité de luc-sur-mer à Douvres la Délivrante se trouve un cimetière de soldats du Commonwealth, on y trouve toutes les nationalités de l’ancien empire colonial anglais disparus lors du débarquement de Normandie, les tombes sont en marbre, elles ne possèdent pas de croix, mais une petite stèle indique le nom d
(6) du soldat disparu. Nous traversons caen, nous croisons le twisto, c’est le nom donné au tramway local, nous roulons sous un soleil ravissant. Les îles anglo-normandes Jersey et Guernesey vivent uniquement grâce au tourisme, elles ont encore un système hiérarchique médiéval, le responsable de l’île est le sénéchal, le chef des armées et de la police est le connétable, toute l’administration des îles est géré par le sénéchal. L’île de Chausey au large du mont saint-Michel est véritablement normande, elle est rattachée à la ville de Grandville, elle a une longueur de 2 kilomètres pour une largeur de 200 mètres. L’île compte aujourd’hui une dizaine d’habitants essentiellement des pêcheurs, autrefois l’île comptait 500 habitants dont les fameux carriers qui ont fourni les matériaux qui ont servi à l’urbanisation du mont saint-Michel, on y pratiquait aussi le séchage des algues, on obtenait alors de la soude qui servait à fabriquer des glaces ou miroirs. L’île de Chausey se trouve à 16 kilomètres au large de Grandville, l’instituteur d’antan faisait office de médecin, de réparateur de bateaux à la joie des écoliers qui avaient tout loisir de sécher les cours. Un curé de l’île a eu le plaisir d’enseigner en tant qu’instituteur, il fut le seul ecclésiastique à recevoir les palmes académiques. Nous commençons à distinguer les piles du pont de Normandie, nous le franchissons, voici une fiche technique de l’édifice :
Le pont de Normandie est un pont à haubans enjambant l’estuaire de la Seine, il relie le Havre (Seine-Maritime) rive droite au nord, à Honfleur (Calvados) rive gauche au sud. Sa longueur totale est de 2143,21 m dont 856 m entre les deux pylônes. 6,14 millions de véhicules ont emprunté le pont de Normandie en 2007, soit une augmentation de 7 % par rapport à 2006. M. Virlogeux a été à l’origine de la conception de cet ouvrage; en outre, pendant la construction, il a supervisé pour le compte de la « Mission Pont de Normandie » les équipes de maîtrise d’oeuvre dirigées par B. Deroubaix. Sous la maîtrise d’ouvrage de la Chambre de Commerce et ‘Industrie du Havre, les travaux ont débuté en 1988 et ont duré sept ans, jusqu’à l’inauguration le 20 janvier 1995. La construction du pont de Normandie a été confiée, pour la partie béton au groupement d’entreprises « GIE Pont de Normandie », et pour la partie métal à Monberg et Thorsen. Ce « GIE Pont de Normandie » rassemblait Bouygues, Campenon-Bernard, Dumez, GTM, Spie, Quillery et Sogea. Les études générales ainsi que les études de la partie béton ont été faites par le GIE Pont de Normandie et ont été dirigées par B. Raspaud, tandis que les études de la partie métallique ont été confiées à Eiffel et Cowi-Consult. La direction du chantier à été assurée par G. Barlet, et P. Jacquet, . En 1995, la portée principale de l’ouvrage bat de plus de 250 m le précédent record du monde datant de 1994 (Shanghai), mais celui-ci sera perdu en 1999 pour 34 m (Tartara, Japon). Son record de longueur de pont à haubans a été perdu en 2004 avec les 2883 mètres du pont Rion-Antirion. La structure qui, pour l’essentiel, est en béton, est d’une longueur totale de 2 141 m ; elle comporte une travée haubanée de 856 m de portée, les 624 m du centre étant en métal. Les pylônes en béton de cette travée atteignent une hauteur de 214,77 m. Le tablier d’une largeur de 23,60 m accueille quatre voies pour des véhicules automobiles, deux pistes cyclables ainsi que deux voies pour les piétons. Le tablier est composé de deux parties, une partie métallique, longue de 624 m, surplombant la Seine à 59,12 m ; celle-ci est composée de 32 voussoirs de 19,65 m. Chacun d’eux est relié à la tête mixte d’un des pylônes par deux haubans fixés de part et d’autre du voussoir. Le reste du tablier est en béton précontraint pour deux viaducs d’accès ainsi que pour les 58 m de portée attenant à chacun des deux pylônes. Composés en béton armé précontraint, les pylônes en Y-inversé mesurent 214,77 m et pèsent 20000 tonnes chacun dont 11 700 juste pour les armatures métalliques et 150 pour les câbles de précontrainte. Du fait de la sphéricité de la Terre, il y a deux à trois centimètres d’écart supplémentaire entre le haut des pylônes et leur base. Au nombre de 184, les câbles Freyssinet ou haubans sont composés de plusieurs torons d’acier, entre 31 et 53 en fonction des efforts qu’ils doivent subir. Tous sont protégés contre les agressions extérieures par une couche de cire et une gaine en polyéthylène. Ils sont assemblés en faisceaux et sont habillés d’un revêtement dont le profil est aérodynamique. Sur toute la longueur du pont, leur longueur varie entre 95 et 460 m. Ce pont est à péage, sauf pour les deux-roues et les piétons. • La Chambre de commerce et d’industrie du Havre est concessionnaire jusqu’en 2026. Les départements du Calvados, depuis 2000, et de l’Eure, depuis 2001, ont, en effet, décidé d’alléger une partie de l’abonnement payé par leurs administrés. Plafonnée à 304 € à l’année, l’aide départementale s’est ainsi élevée à 164000 € en 2005 pour le Calvados (plus 13000 € de subvention pour les abonnements Rivages, aide nouvelle depuis 2003) et à 112 558€ pour l’Eure. La ve est le pôle de la région.
Une fois le pont franchi nous avons changé de région et de département comme nous l’avons cité précédemment, nous apercevons le complexe portuaire de Havre, les énormes bateaux sont accostés dans un large canal creusé en dérivation de la Seine pour ne pas permettre l’enlisage provoquée par les sédiments du fleuve. L’armada qui a lieu tous les 4 ans à rouen, les bateaux qui y participent remontent la Seine en passant sous le pont de Normandie. L’habitat va changer, les constructions sont faites en briques et en silex, Nous traversons des villages qui possèdent des maisons à colombage, nous sommes à 21 kilomètres de Fécamp, nous roulons au milieu d’immenses propriétés agricoles, pour se protéger des vents, les corps des bâtiments des exploitations agricoles sont entourées de buttes de terre sur lesquelles ont été plantés des arbres pour faire barrage aux rafales de vent, ce type d’habitation est appelé (clos masure). Le chaume a disparu des toits au profit de l’ardoise au XIX.me siècle, l’agriculture ayant changé on ne produisait plus assez de chaume qui provenait des cultures céréalières pour couvrir les maisons, on a donc opté pour les couvertures en ardoise. Nous apercevons un ancien toit en chaume sur lequel sont plantées des iris, elles ont pour vocation d’aspirer l’eau contenue dans la chaume pour la rendre moins humide. Nous approchons de Fécamp, dont voici une présentation :
Fécamp est une commune de Haute-Normandie, Elle a une superficie de 15 kilomètres carrés pour une population de 21000 habitants, ancien port morutier, dans le département de la Seine-Maritime, sur le littoral du pays de Caux, à environ 40 km au nord du Havre.
Géographie : Fécamp se trouve dans la valleuse de la Valmont, au cœur du Pays de Caux, sur la côte d’Albâtre.
Histoire : La ville a le label « Villes et Pays d’Art et d’Histoire. Gaule indépendante et romaine : Durant l’époque romaine, une voie reliant Fécamp à Étretat passait à l’actuel lieu-dit du Fond Pitron. L’actuelle D 940 a repris le tracé de cette voie romaine. Moyen Âge : Au VI.me siècle, saint Léger est déporté à Fécamp. Autour du palais ducal, des témoignages carolingiens ont été retrouvés (monnaies et fondations de deux chapelles). Ville natale des ducs de Normandie Richard Ier et Richard II (qui y mourut le 22 août 1027). Richard Ier, duc de Normandie est né en 933. Après les destructions des Vikings en 851, Richard Ier fait reconstruire une église. Mais c’est Richard II qui fit venir Guillaume de Volpiano pour ranimer la vie de l’abbaye, selon la règle bénédictine. L’église abbatiale de la Trinité est construite entre 1175 et 1220 avec la pierre blonde de Caen. Sous les Plantagenêt, le scriptorium de Fécamp produit de nombreux manuscrits enluminés. En 1202, Jean sans Terre accorde un régime communal à Fécamp. 1410 : Incendie de la ville par les Anglais. En 1449, Fécamp est libéré de l’occupation anglaise. Pour Fécamp, les guerres de religion se finissent en juillet 1593, quand le capitaine de Bois-Rosé rallie la ville à Henri IV après sa conversion au catholicisme. Époques moderne et contemporaine : L’histoire de Fécamp repose principalement sur celle de la pêche et de son port fondé au XIX.me siècle. Au XIX.me siècle et au début du XX.me siècle, Fécamp a une importante activité de pêche morutière : les Terre-Neuvas. Premier port morutier Français, cette activité se pratiqua de la seconde moitié du XIX.me siècle jusque dans les années 1970, époque à laquelle le Canada interdit l’accès aux zones de pêches. Pratiquée d’abord par les voiliers, trois-mâts, les voyages pouvaient durer plus de six mois, le temps que les cales se remplissent de morues, qui étaient salées pour les conserver. La pêche s’effectuait à partir des trois-mâts dans des doris, petites embarcations qui emmenaient deux ou trois pécheurs. Bon nombre de ces doris se sont perdus dans le brouillard et ne sont jamais revenus aux trois-mâts. Puis les techniques ont évolué et les trois mâts ont disparu, laissant la place aux navires à vapeur, puis aux moteurs diesel. De nos jours, il ne réside qu’une faible activité halieutique, qui se résume à une pêche côtière. La plaisance a pris le pas sur la pêche. La recette de la liqueur bénédictine est reprise par Alexandre Legrand, qui fonde au XIX.me siècle la Bénédictine. L’écrivain Jean Lorrain y est né le 9 août 1855, de même que Jean Accart, as de la Seconde Guerre mondiale, le 7 avril 1912. Guy de Maupassant y habita.
Un champ d’éoliennes est installé aux abords de la ville, à Fécamp sera construite une abbaye bénédictine créée par Guillaume de Volpiano, l’abbaye sera détruite partiellement par les Vikings, ils construiront un palais ducal juste en face de l’ancienne abbaye. DES maisons sont construites tout contre l’abbaye, ce qui rend un aperçu caché de l’édifice. Il y a 20 ans Fécamp était encore le quatrième port de pêche français, nous contournons l’emplacement de l’ancienne abbaye de Fécamp. Nous circulons près du port qui est encadré par de superbes maisons d’armateurs, nous apercevons une chapelle de marins, tous les maisons de la ville sont en briques et silex. Un immense alambic est exposé sur un rond point, nous abordons le palais de la bénédictine qui est construit en briques rouges, nous allons le visiter. Nous pénétrons dans une cour ornée par quelques tourelles, la couverture du palais est en lauze, dans un coin de la cour est dressée la statue de l’initiateur du palais de la bénédictine Alexandre Legrand. Isabelle nous confie à une guide qui va nous raconter l’histoire de ce palais, la bénédictine est une liqueur, elle était produit par les moines bénédictins comme son nom l’indique. A fécamp de l’autre côté du centre ville où nous sommes passés. Les moines bénédictins ont résidé dans le monastère de Fécamp de l’an 1000 à la révolution, c’est l’un d’eux en 1510 un vénitien don Bernardo Boudetchelli, il est représenté sur un vitrail entrain de contempler une éprouvette, c’est lui qui a inventé un élixir de santé fait à base d’herbes et d’épices. Cette recette était en quelque sorte un produit miracle, elle s’est perpétuée jusqu’à la révolution. Pendant la révolution les révolutionnaires ont brûlé 3 des 5 bâtiments du monastère, il en reste donc 2 dont un qui est devenu la mairie de Fécamp depuis 1802. La recette avait disparu dans les incendies, il a fallu attendre un siècle pour qu’un négociant en vin de fécamp Alexandre Legrand en 1863. Alexandre Legrand a donc retrouvé la recette dans les livres sauvegardés du monastère, la bibliothèque du monastère est d’ailleurs hébergée dans le palais musée de la bénédictine. Il décida de remettre la potion magique en la transformant, il garda les herbes et épices qui la composaient en modifiant les doses. Pour Il eut donc l’idée de laisser tomber le côté médicinale pour en faire un produit commercial agréable au goût, il ajouta à sa nouvelle mixture de base du sucre, du caramel et de la vanille. Il a donc obtenu une liqueur qu’il appela bénédictine en mémoire des moines bénédictins, la liqueur bénédictine n’a jamais été élaborée par des moines bénédictins. Alexandre Legrand avait des idées en avance sur son époque, c’était un avant gardiste et un novateur, il eut 4 idées qu’il a concrétisé avant de mourir. Tout d’abord il déposa sa marque en 1864 pour éviter la copie de son succès commercial, il fut un des précurseurs de la publicité en mettant le premier encart publicitaire à but commercial dans le journal (la Lune) en 1866. Sa troisième idée géniale a été de permettre l’exportation de son produit dans le monde entier, aujourd’hui 96% de la production est exportée, sa quatrième idée a été la construction de ce palais où nous nous trouvons. Le palais fut construit en 1895 et il fut inauguré en 1900, il a été réalisé uniquement pour être un musée et une distillerie. Nous comprenons pourquoi l’aspect industriel représenté par la distillerie, le côté musée nous évoque le passionné d’art qu’était Alexandre Legrand qu’il voulait faire partager au public. Il ramenait lors de ses voyages d’affaires bon nombre d’objets, c’est un palais grandiose où se mélangent tous les styles, c’est ce que l’on appelait au XIX.me siècle le style écliptique. Nous y trouvons du gothique, de la renaissance, du baroque, du rocaille très chargé et même de l’art nouveau, vraiment un joyeux mélange. Nous sommes en pays de Caux alors la construction est en pierre, en silex et en briques, Caux veut d’ailleurs dire calcaire que nous trouvons dans les falaises alentours. Nous sommes dans la salle gothique, la charpente est en forme de coque de bateau renversé, elle a été réalisée par les charpentiers maritimes de la ville de Fécamp pendant leur moment de creux. La charpente date de 1896, elle est en châtaignier qui est un bois imputrescible. La salle est meublée de vitrines où nous pouvons découvrir des objets en ivoire qui ont été sculptés à Dieppe située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Fécamp, Dieppe était la capitale des ivoires en France entre le XVI.me et le XIX.me siècle. A la fin du XVIII.me siècle Dieppe comptait 380 ivoiriers, aujourd’hui on en compte encore 2. Nous distinguons la statue d’une vierge taillée dans l’ivoire dont le corps prend la courbure du matériau, les murs sont remplis par la bibliothèque qui recense plus de 1000 livres qui vont du XIV.me au XVIII.me siècle, la plupart de ces livres sont manuscrits par les moines copistes de l’abbaye de Fécamp, ils traitent de l’histoire, de la botanique et de dictionnaires. C’est dans l’un de ces livres qu’Alexandre Legrand a remis la main sur la recette de la bénédictine médicinale, la salle est ornée d’une statue de sainte-Barbe en bois. Nous pénétrons dans une nouvelle salle, on y trouve la dormition de la vierge, la scène n’est pas tirée de la bible, alors chaque pays ou presque à la sienne. Dans des vitrines sont exposés des émaux religieux du XIII.me siècle de Limoges, Limoges est situé sur le chemin de Saint-Jacques de compostelle. Nous passons dans la salle du dôme, elle a une forme de coupole, elle possède une galerie de déambulation, elle est de style renaissance représenté par son plafond à caisson, elle a une hauteur de 10 mètres. Une statue représente don Bernardo Boudetchelli inventeur de l’élixir de santé, un vitrail met en lumière Alexandre Legrand, on y remarque le fondateur et ses 4 idées principales : le dépôt de sa marque représenté par une bouteille de bénédictine, un ange ailé avec une trompette dans une main qui représente la renommée ou la publicité, sa main gauche sur le globe terrestre pour imaginer l’exportation de la bénédictine, et enfin la représentation du palais de la bénédictine en fond de tableau du vitrail. Alexandre édu fondateur. Ce sont ses fils qui ont dédié ce vitrail et la statue érigée dans la cour à titre d’hommage posthume. Alexandre Legrand avait 18 fils, 3 filles et 3 enfants morts nés qu’il avait eues avec ses 2 femmes successives. Nous accédons dans la salle renaissance, nous avons toujours le plafond à caisson, c’est le style renaissance italienne, c’est très décoré voir même chargé, il y a beaucoup de dorures et de couleurs, sur les tables sont présentées des ferronneries en toutes sortes des verrous, des clés, des marteaux de portes, des loquets, des cadenas Alexandre Legrand a acheté toute cette collection lors de voyages dans les châteaux et manoirs du bord de la Loire. Tous les objets datent du XV.me et XVI.me siècle, la plus ancienne clé date du XI.me siècle et la plus récente est du XVIII.me siècle. Pour sa quantité et sa qualité cette collection est classée 5.ème de France, la salle propose aussi des coffres de voyages dont certains pèsent 80 kilogrammes, la sûreté est renfermée dans le couvercle. Nous entrons dans une petite pièce ronde qui a la forme d’une des chapelles de l’abbaye de Fécamp, le plafond est admirablement décoré, il est de style gothique flamboyant. Dans son centre on y trouve une cuve baptismale en plomb dont le volume est séparé par une paroi, elle est du XIII.me siècle, elle est normande, un côté renfermait l’eau bénite, l’autre côté est percé, le trou permettait d’évacuer l’eau souillé par le pêché originel lors du baptême. On voulait montrer qu’on ne mélangeait pas l’eau sacrée et l’eau souillée, aux murs sont suspendus des instruments de musique. Ce sont des serpents, ils proviennent d’Angleterre, ils datent du XVIII.me siècle, on se servait de ces instruments pour accompagner les chorales ou chants grégoriens dans les églises. Dans les chorales on manque souvent de voix de basse, ces instruments comblaient donc cette lacune, c’est le seul instrument autorisé pour les chants grégoriens, car par définition un chant grégorien c’est du capella donc sans musique. Des vitraux représentent saint-Denis, une statue est dédiée à saint-Pierre, dans une vitrine est exposé un livre énorme de 100 kilogrammes, ce livre a été écrit par les moines bénédictins, il servait aux moines réunis autour du livre de suivre tel une partition de musique le chant à exécuter. Le livre est du XVI.me siècle, ses pages sont en parchemin et sa couverture est en bois. Nous découvrons une collection de croix, de chasses, de pièces de monnaie dont la première date de l’époque gallo-romaine. Nous distinguons dans une vitrine un petit autel portatif qui pouvait se glisser dans un bagage de voyage, c’est ce que l’on appelle un objet de dévotion. Nous entrons dans une immense salle de 17 mètres de long sur 8 de large, le plancher est en bois d’origine, le plafond est très haut et superbement travaillé, nous sommes dans la salle des abbés. Tout autour de la salle trône 16 statues des principaux abbés de l’abbaye de Fécamp, pendant les 8 siècles de l’abbaye on a compté 42 abbés. Le premier d’entre eux fut guillaume de Dijon dont le vrai nom était guillaume de Volpiano, il était italien, il était très connu à l’époque car il a créé une soixantaine de monastères autant en France qu’en Italie. Il est le fondateur de l’abbaye des bénédictins à Fécamp, la série des statues se termine par le dernier abbé qui était l’abbé de la Roche Foucault. Il a été abbé entre 1777 et 1791, il fut chassé par les révolutionnaires. Un vitrail nous représente la venue de François premier à Fécamp en 1534, c’est à lui que l’on doit la construction du port du Havre et une bonne partie de la ville. A chaque passage il s’arrêtait à l’abbaye de Fécamp pour y faire une prière, des lustres en bronze sont suspendus au plafond, chacun pèse une tonne, ils ont été faits à Rouen, ils ont été conçus pour un éclairage électrique, ce qui signifie qu’à son inauguration le palais de la bénédictine était électrifié. Nous avons terminé avec la partie artistique du palais, nous allons visiter la partie industrielle en franchissant une porte et un couloir d’accès au cœur de la fabrication de la bénédictine. Nous sommes dans une salle type art moderne où le plafond est en forme de coque de bateau renversée, nous nous apercevons que la forme de la bouteille n’a pas changé depuis 1876, une étiquette ronde devant avec les 3 lettres DOM, qui signifie (deo optimo maximo)que l’on peut traduire par (à dieu, très grand, très bon), c’est la devise des moines bénédictins. Nous apercevons une maquette qui a été créé pour l’exposition universelle de Paris de 1900, nous sommes devant une pyramide composée de 600 bouteilles. Toutes ces bouteilles sont des contre façon, chaque bouteille représente un procès gagné sur les 5 continents. Nous pénétrons dans une salle où tous les continents sont représentés avec l’herbe ou l’épice qui leur provient, des sachets en toile de jute ouverts nous excitent les narines de leur odeurs, c’est le plaisir des yeux et du nez. Nous pénétrons dans la distillerie, les ingrédients qui font la bénédictine sont séparées en 4 préparations différentes, tout d’abord une infusion est élaborée dans un alambic pendant 15 heures, le produit de l’infusion sert ensuite à la macération d’écorce de citrons et une autre de gousse de vanille. Les autres préparations seront des distillations effectués dans d’immenses alambics, les 4 préparations de plantes différentes donnent 4 produits de goût différent, tout cela va aller vieillir séparément pendant 3 mois, ensuite les produits seront mélangés et vieilliront ensemble pendant un an en fût de chêne. Ensuite on ajoute de l’eau distillée pour amener le degré d’alcool à 40 degrés, puis on incorpore du sucre, du miel, du caramel, une infusion de safran. Après cette opération la liqueur est prête, pour obtenir un fondu on doit la chauffer 2 fois à 100 degrés, elle est filtrée 2 fois, enfin elle retourne en fût de chêne pendant 3 mois. En fait la fabrication de la bénédictine s’effectue sur une période de 2 ans, la production est de 3 millions de litres annuel, ce qui donne 3,5 millions de bouteilles. Nous circulons dans les caves où la bénédictine est stockée dans des foudres de 30000 litres, la distillerie compte au total 12 caves comme celle dans laquelle nous sommes. Les caves sont sous tout le quartier du palais de la bénédictine dont sous le parking des autocars. Si l’exportation de la bénédictine est de 96% de la production, 42% est destinée à l’Asie, 37% aux Etats Unis à qui on élabore un produit plus sec, le reste de l’exportation part dans le monde entier dont le nord de l’Europe. Ensuite nous avons rejoint la salle de dégustation où nous avons bu un verre de bénédictine en guise d’apéritif, bien enbénédictinisé nous avons repris l’autocar pour aller déjeuner près du restaurant Maupassant, nous nous sommes satisfait de nous restaurer dans un lieu qui s’appelle la Cambuse. La cambuse est la partie d’un navire, prise entre la cale et le faux-pont où était entreposé, dans la marine traditionnelle, une partie des vivres. C’est notamment là que les cambusiers distribuaient les vivres au quotidien à l’équipage. C’était alors un espace sombre et souvent mal ventilé.
Nous reprenons notre circuit, nous quittons Fécamp en circulant dans le quartier des pêcheurs, nous nous dirigeons vers Etretat. Nous traversons un ancien village de pêcheurs où toutes les maisons à colombage ont été restaurées, nous sommes à Etretat qui est située sur la côte de Nacre :
Étretat est une commune du département de la Seine-Maritime, dans la région Haute-Normandie, Etretat a une superficie de 4 kilomètres carrés et une population de 1604 habitants. Naguère modeste village de pêcheurs, Étretat est aujourd’hui une station balnéaire de renom, appréciée pour ses falaises et ses plages de galets, au nord du Havre en Normandie, sur le littoral de la Manche et du pays de Caux. Elle tire sa réputation des falaises qui encadrent le village et la plage et qui ont inspiré des peintres impressionnistes Claude Monet ou Eugène Boudin. Une aventure d’Arsène Lupin, héros de Maurice Leblanc, s’y déroule : L’Aiguille creuse. Les écrivains Flaubert et Maupassant ont été des fidèles de la plage et du village. On trouve sur la falaise nord d’Étretat (dite d’Amont) un musée et un monument dédié à Charles Nungesser, François Coli et à leur avion « L’Oiseau blanc ». Géographie : Une falaise est constituée de calcaire. Au pied de la falaise il y a des éboulis provoqués par la mer. Il y a aussi des traits sur la falaise ; ces traits s’appellent des strates. Histoire : Guy De Maupassant y passa son enfance dans la maison « Les Verguies ».Pierre Jules Ono-Dit-Biot, sera maire de cette ville de 1876 à 1883, et y décédera le 18/08/1889. Les origines d’Etretat Agglomération secondaire dans l’Antiquité, Étretat était reliée à Iuliobona (Lillebonne) par une voie romaine. Plusieurs traces de ce passé gallo-romain ont été mises au jour : un aqueduc de trois kilomètres détruit dans la première moitié du XIXe siècle, des monnaies, des vases, une villa, un cimetière à incinération… Contrairement aux allégations de M. Lindon qui consacre une page entière à différentes étymologies d’Etretat, le nom d’Etretat n’est pas gallo-romain et encore moins latin. Il s’agit d’un nom d’origine scandinave dans une région où leur densité est maximale en Normandie. Formes anciennes: Strutat vers 1040, Estrutat ou Estrutart formes constantes du XIIe au XVe siècle (Cf. F.de Beaurepaire, in Les noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime Ed. Picard.) Le premier élément se retrouve dans Eturville (Manche, Normandie), dans Etreville et Eturqueraye (Eure, Normandie), pas ailleurs en France et pour cause. C’est le nom d’origine scandinave Styri ou Stori,  » le têtu » ou « le grand » qui survit dans le nom de famille normand: « Estur(e) » ou « Eture ». le second élément est probablement le scandinave stadr : « ferme », la finale -at n’existant pas en Normandie (at = langue d’oc pour é, ou forme auvergnate de -ac, forme d’oil =-y, -ay,-ey ou -é)La falaise d’Aval : l’Arche et l’Aiguille : L’érosion maritime a formé une arche naturelle et une aiguille, morceau relique de la falaise. Maurice Leblanc la décrit en ces termes : « Roc énorme, haut de plus de quatre-vingts mètres, obélisque colossal, d’aplomb sur sa base de granit » dans L’Aiguille creuse, 1909. À son époque déjà, le site attirait de nombreux touristes parmi lesquels des « lupinophiles », admirateurs d’Arsène Lupin : des étudiants américains venus chercher la clé de la grotte où le « gentleman cambrioleur » avait retrouvé le trésor des rois de France. Le film Arsène Lupin de Jean-Paul Salomé, sorti en octobre 2004, offre de nombreuses vues sur la falaise et l’Aiguille. Encerclée par les falaises, la plage prend une dimension très conviviale. Très fréquentée l’été elle prend un air de fête, pour reprendre son côté mystérieux hors saison. Le Vieux Marché : C’est une reconstitution de halles anciennes en bois. Elle abrite des commerces et des artisans qui font des magasins de petit objets. Le village : L’église Notre-Dame d’Étretat : située à l’écart du centre du bourg, l’église Notre-Dame d’Étretat est un petit édifice construit aux XIIe et XIIIe siècles, remanié au XIXe siècle et classée monument historique. Fondée au début du XIIe siècle, elle a un plan classique en croix latine. Au-dessus de la croisée du transept s’élève une tour lanterne sur quatre piliers. Elle est éclairée par huit fenêtres à lancettes. L’élévation de la nef est traditionnelle du style normand, à deux niveaux. Le chevet de Notre-Dame d’ÉtretatLa façade (sauf le tympan du XIXe siècle) ainsi que les six premières travées de la nef sont de style roman. Le reste de l’église a été complété plus tard, en style gothique : le chœur et les bas-côtés sont de la fin du XIIe et début du XIIIe ; le transept a été érigé au milieu du XIIIe siècle. Au XVIIIe siècle, le jubé qui séparait la nef et le chœur, est détruit, comme dans la plupart des églises françaises. Les fenêtres sont agrandies pour faire entrer plus de lumière. À la suite d’un incendie, il faut reconstruire le clocher. Les voûtes sont refaites au XIXe siècle, une sacristie est ajoutée et de nouveaux vitraux sont posés. décor d’une maison dans le coeur du bourg, La façade est caractéristique du style roman régional avec son mur « écran » surmonté d’un pignon qui cache le reste de l’édifice. Elle n’est encadrée par aucune tour. Hormis un tympan du XIXe siècle (en mauvais état), elle ne présente aucune statue. Le portail est en plein cintre et les voussures présentent un décor géométrique (bâtons brisés, fleurettes, frettes crénelées), représentatif de l’art roman en Normandie. Le corps de l’église est entouré par une série de corbeaux pittoresques romans. Le chevet rectangulaire se dissimule derrière la sacristie qui fut rajoutée au XIXe siècle. La tour lanterne et son escalier en vignot sont typiques de l’architecture gothique. Des soldats du Commonwealth, morts pendant la Première Guerre mondiale), reposent dans une partie du cimetière autour de l’église. Un hôpital militaire fonctionnait en effet à Étretat pendant cette période. À l’intérieur, les six premières travées présentent une apparence toute romane (arcs en plein cintre, décor géométrique, piliers massifs). Les chapiteaux sont dans leur majorité épannelés. Ceux du chœur, plus tardifs, révélent les influences françaises du début du XIIIe siècle (chapiteaux carrés à feuilles d’eau). Le mobilier se compose d’une statue de la Vierge du XIVe siècle dans le bas-côté nord. L’orgue Cavaillé-Coll date du XIXe siècle. La nef est décorée de drapeaux qui rappellent la vocation maritime d’Étretat. Le Manoir de la Salamandre, maison remarquée des touristes et située dans la rue principale près de la halle, mais du côté opposé de la rue, est une des maisons les plus anciennes d’Étretat, mais il s’agit d’un remontage. Cette maison, caractéristique d’une maison de ville du pays d’Auge, se trouvait jadis à Lisieux, mais sous le nom de maison Plantefor, le manoir de la Salamandre était une autre maison de Lisieux. Le clos Lupin et Maurice Leblanc : Situé rue Guy-de-Maupassant, et à proximité de l’ancienne maison de ce dernier, le cabinet de travail de Maurice Leblanc, un ermitage à colombages, entouré d’un jardin à la française. L’écrivain devait y résider plus de vingt ans et le racheta en 1918. Il le baptisa Le Clos Lupin, en hommage à son héros. Il fut réquisitionné par les nazis. Vendu en 1952 puis racheté par Florence Boespflug, petite-fille de Maurice Leblanc, en 1998. Le manoir a été transformé en musée qui, depuis son ouverture entre 1999 et 2004, a attiré plus de 125000 visiteurs. Le château des Aygues : Résidence balnéaire des reines d’Espagne Marie-Christine et Isabelle II. Ancienne propriété du prince Joseph Lubomirski, grand chambellan du tsar Nicolas Ier de Russie. Construit selon les plans de l’architecte havrais Huchon au XIX.me siècle.
Nous nous promenons en front de mer, la plage de galets est remplie de promeneurs et de personnes qui prennent leur bain de soleil. Nous faisons l’ascension d’un chemin, il nous mène à un observatoire où nous découvrons la ville, la mer et la fameuse falaise d’Etretat. Nous redescendons de notre nuage, nous entendons la mer se briser sur les falaises, des mouettes nichent le long des parois qui surplombent la mer, nous effectuons quelques emplettes, puis nous rejoignons notre autocar. Nous prenons la direction du Havre, sur un rond point est exposé un homme et son cheval qui ramasse des galets, aujourd’hui le ramassage des galets est formellement interdit. Nous arrivons sur les hauteurs du Havre, la ville a été fondée en 1517 par François premier, à l’emplacement d’anciens marécages. Au milieu des marécages se trouvait une chapelle qui s’appelait notre dame de Grâce, elle a donné son nom à la nouvelle ville qui était devenue le Havre de Grâce. Le Havre a été occupé par 2 fois, au XVI.me siècle par les anglais sur demande des protestants et au cours de la seconde guerre mondiale par les allemands. Les allemands ont livré la ville aux alliés le 13 septembre 1944, après plusieurs jours de bombardements qui ont anéantis le centre ville. Le Havre est donc une ville de la reconstruction, elle comptait 80000 sans abri à la suite des bombardements. Le quartier ouest de la ville a été reconstruit par l’architecte Auguste perret, un rond point est orné d’un superbe omar. Nous passons devant l’aéroport du Havre, C’est en 1820 que l’activité portuaire du Havre a pris son envol économique. En 1852 on a créé de nouveaux quartiers, suite à l’explosion démographique de la ville. Les nouveaux immeubles sont construits en béton, ils jouent avec la lumière de l’estuaire, c’est tout l’art de l’architecture du milieu du XX.me siècle. Le béton est soit lisse, gravillonné ou bouchardé, le bouchardage donne l’effet de pierre. Nous roulons au milieu de maisons du XIX.me siècle qui ont été épargnées par les bombardements. Nous descendons en bord de mer, nous sommes au niveau du port, le Havre est le premier port rencontré quand on emprunte le couloir de la Manche. C’est l’un des ports des plus importants d’Europe, nous pouvons admirer de très belles maisons en fond de baie, nous découvrons la tour lanterne de l’église saint-joseph reconstruite par auguste Perret. La plage en galets est envahie de cabines de plage, Nous sommes devant un bel hôtel d’art déco qui a survécu aux bombardements, on ne sait pas comment. Nous circulons dans un quartier complètement reconstruit qui a fier allure, on a joué avec différentes formes et de couleurs, nous longeons le port de plaisance. Nous passons devant la capitainerie, toujours œuvre de auguste Perret, le théâtre a été réalisé par l’architecte Oscar Dimeyer, nous circulons dans le secteur des nouveaux docks, où sont amarrés les ferries et les paquebots. Nous passons devant les anciens docks qui deviendrons dans un avenir proche une immense zone commerciale et de loisirs, si on ne peut plus travailler comment pourrons-nous remplir nos caddies et se divertir, ainsi va la mondialisation. Jean Nouvelle sera même de la partie, car il fera surgir de l’ancien ensemble industriel une immense tour. Le port du Havre c’est 8000 hectares de terrain, 1000 hectares de bassin, 28 kilomètres de quai, il peut stocker 500000 mètres cubes de pétrole, il est parcouru par 300 kilomètres de voies ferrées, il est sinué par 130 kilomètres de routes et il héberge 800 hectare d’entrepôts. Le Havre est le second port français après celui de Marseille, nous longeons le site pétrolier, le pétrole est raffiné sur place, on débarque aussi au Havre le charbon et le bois. Les marchandises embarquées sont les produits chimiques, les produits pétroliers raffinés et les céréales, car l’arrière pays du Havre est constitué d’une puissance économique importante axée sur l’activité agricole et industrielle. Le port du Havre a une grande activité containers, c’est l’un des plus importants en Europe, la majorité des produits manufacturés importés en France transitent par le Havre dans des containers. Nous retraversons la Seine en empruntant le pont de Normandie, nous faisons une petite halte à Honfleur sous un soleil éclatant, la ville à un autre charme que sous la pluie. Nous bouclons notre dernière étape, nous arrivons à Luc-sur-Mer ensoleillé, nous dînons, ensuite c’est une soirée dansante qui nous attend. Après 2 bonnes heures de défoulement, nous effectuons une petite promenade dans le centre de Luc-sur-Mer pour prendre un peu l’air, C’est vers minuit que nous rejoignons notre couche.

(7) Ce matin nous prenons la direction du Bessin, nous nous rendons à Bayeux. C’est le jour anniversaire du débarquement de Normandie, nous sommes le 6 juin. Nous traversons saint-Aubin sur Mer, nous filons sur Bayeux, nous passons devant un cimetière canadien. Nous roulons au milieu de cultures céréalières, on cultive le lin avec lequel on fait du pain, nous traversons de charmants villages. Ils sont blottis au fond de petites vallées, le Bessin est une riche région, sa terre est très fertile, elle est irriguée par de nombreux cours d’eau. Les propriétaires terriens ont fait fortune grâce à tous ces éléments, la qualité du bâti témoigne de la richesse engrangée. Nous apercevons le château de Creuilly qui fut le quartier général de Montgomery après le débarquement de Normandie, nous commençons à distinguer les 2 flèches de la cathédrale de Bayeux. Bayeux possède de magnifiques manoirs urbains à colombage, la ville a eu la chance de ne pas être bombardée en 1944. Voici une présentation de la ville de Bayeux :
Bayeux est célèbre pour sa tapisserie, la ville de Bayeux est une commune de 7,5 kilomètres carrés pour une population de 14961 habitants. Elle est située dans le département du Calvados et la région Basse-Normandie. Les habitants sont appelés Bajocasses ou Bayeusains. Bayeux est une sous préfecture du Calvados et siège d’évêché.
Géographie Bayeux est située à sept kilomètres des côtes de la Manche (plages du Débarquement) et à 30 kilomètres au nord-ouest de Caen. La ville, située entre 32 et 67 mètres d’altitude, avec une moyenne de 46 mètres, est traversée par l’Aure. Bayeux est située sur les axes routiers (RN13) et ferroviaire Paris-Caen-Cherbourg. La cité est la capitale du pays du Bessin qui s’étend au nord-ouest du Calvados. Les communes limitrophes de Bayeux sont Saint-Martin-des-Entrées au sud-est, Monceaux-en-Bessin au sud, Saint-Loup-Hors au sud-ouest, Vaucelles à l’ouest, Vaux-sur-Aure au nord et Saint-Vigor-le-Grand à l’est.
Histoire Fondée à l’époque gallo-romaine, au Ier siècle av. J.-C. avant notre ère sous le nom d’Augustodurum, Bayeux est la capitale du Bessin autrefois territoire des Bajocasses, peuple de l’ancienne Gaule. Mais les preuves de l’occupation humaine du territoire sont antérieures comme en témoigne le camp fortifié du cavalier d’Escures Commes avec ses fortifications dominant la mer d’un côté, la vallée de l’Aure de l’autre. Un autre camp fortifié existait à Castillon, d’une surface de 35 hectares. Les historiens ne possèdent pas de preuves de l’existence d’une ville celte inférieure à l’invasion romaine. Bayeux se limitait sans doute à des cabanes disséminées sur les bords de l’Aure et de la Drôme, à l’emplacement de l’actuelle Saint-Loup-Hors et aux habitations des druides sur le mont Phaunus où ils célébraient leur culte. Mais César envahit les Gaules et un de ses lieutenants, Titus Sabinus, pénétra dans le Bessin et soumit ce pays à la domination romaine. Les informations que nous possédons sur le Bayeux antique restent encore succinctes. La ville est citée par Ptolémée, qui vivait sous Antonin le Pieux, sous le nom de Noemagus Biducassium et a conservé ce nom jusqu’à la domination romaine, elle est ensuite désignée sous le nom de Bajocassum. La grande rue actuelle constituait déjà l’axe principal de la cité. Deux bâtiments thermaux, l’un sous l’actuelle église Saint-Laurent, l’autre sous l’ancienne poste, rue Laitière, sont attestés. Cela témoigne de l’adoption des coutumes et des croyances romaines car on y a trouvé une tête sculptée de Minerve, conservée au musée Baron Gérard. La mise au jour au XIXe siècle d’énormes blocs sculptés sous la cathédrale, avait fait pressentir l’existence d’un important édifice romain. Une fouille menée en 1990 sur le bas-côté nord a confirmé ce point de vue. La ville fut bâtie au carrefour important entre Noviomagus (Lisieux) et Aulauna (Valognes), c’est cet axe que suit la decumanus maximus, l’actuelle Grand-rue. La ville se développe d’abord sur la rive ouest du fleuve, elle devient un centre commercial et artisanal important en Normandie. Sur les pentes du mont Phaunus, partagé aujourd’hui entre Bayeux et Saint-Vigor-le-Grand, des fouilles archéologiques ont permis de mettre à jour des restes de nécropoles. Le mont Phaunus a une importance particulière dans la construction de l’identité religieuse de la ville, c’est un ancien centre druidique. La cité s’entoure à la fin du IIIe siècle d’une enceinte pour se protéger des invasions. Celle-ci encadrera la ville jusqu’au XVIIIe siècle. Vaste quadrilatère, on peut en suivre encore aujourd’hui le tracé approximatif. La cathédrale en occupait l’angle sud-est. Le château médiéval, à l’emplacement de la place De Gaulle, s’élevait dans son angle sud-ouest. Au fond des jardins des rues Bourbesneur au sud et Saint-Malo au nord, subsistent quelques pans de la fortification. Bayeux est alors l’une des cités les plus importantes de Normandie, elle est chargée de défendre la litus saxonicum, la frontière saxonne. Les historiens situent le martyr de saint Floxel, sous Maximin le Tarce vers 235-238, sur le mont Phaunus, saint Exupère y aurait impulsé le premier élan de l’évangélisation ; Saint Vigor, évêque de Bayeux y terrassa un dragon puis crée un monastère. A la fin du VIe siècle, la population est christianisée et la ville prospère et devient un centre religieux, siège d’un épiscopat. Au Ve siècle, avec la chute de l’empire Romain d’Occident, Bayeux est rattachée à la Neustrie, les évêques augmentent encore leur pouvoir et sont parfois issus de la famille royale comme Hugues, le neveu de Charles Martel. Période normande et Guerre de Cent-Ans L’invasion des Normands entraîne la destruction de la ville en 890, mais elle est reconstruite sous le règne de Bothon,au début du Xe siècle. Le XIe siècle voit la création de cinq bourgs à l’extérieur de l’enceinte, essentiellement au nord et à l’est, traduisant ainsi le développement que connaît la ville au cours de la période ducale. Sous l’impulsion de l’évêque Hugues II, puis de son successeur, Odon de Conteville, demi-frère de Guillaume le Conquérant, la ville s’enrichit d’une nouvelle cathédrale, dédicacée en 1077. C’est pourtant à cette période que la ville perd de son influence. Guillaume le Conquérant décide en effet en 1050 d’installer la capitale de son duché à Caen. L’annexion de la Normandie au domaine royal capétien en 1204, fera que renforcer l’importance politique et économique de cette dernière. Bayeux compte alors une vingtaine d’églises paroissiales ou chapelles. Entre le début du XIIe siècle et la fin de la guerre de Cent Ans, Bayeux va souffrir à plusieurs reprises de sacs et pillages, même si elle reste intacte jusqu’en 1417 contrairement à d’ autres villes normandes comme Avranches ou Caen. Puis les anglais s’emparent de la ville et la saccagent durant de longues années en la forçant à se soumettre au roi d’Angleterre Henri V. Le roi de France Charles VII mène une large offensive de reconquête de la Normandie qui se solde par la bataille de Formigny le 14 avril 1450 et le siège de Bayeux où se sont réfugiés les anglais du 4 au 16 mai. Le comte de Dunois reprend la ville et Charles VII amnistie les habitants. 1450 marque le début d’une période de prospérité, de nouvelles familles accèdent au pouvoir, les anciennes étant décimées par la guerre et les épidémies. On construit de nouvelles maisons et manoirs à tours. Il en reste une soixantaine, disséminés à travers toute la ville. Désormais, la pierre supplante progressivement le bois. La Renaissance a, quant à elle, laissé peu de traces. Parmi les plus belles créations de cette époque, on trouve l’église Saint-Patrice construite entre 1544 et 1548 et l’architecture intérieure de la chapelle de l’ancien palais épiscopal. Bayeux, ville religieuse, Bayeux fut le siège d’un évêché et d’une vicomté. Le XVII.me siècle est celui du développement des institutions religieuses sous l’impulsion de Monseigneur de Nesmond. Bayeux est alors un grand chantier avec la construction du séminaire, de l’hôtel-Dieu, du couvent des bénédictines, du couvent des ursulines, de la charité Notre-Dame et de plus d’une dizaine d’hôtels particuliers. Il faut dire que Bayeux cristallise les affrontements idéologiques entre calvinistes et catholiques, les insurgés protestants deviennent maîtres de la ville en 1562 et détruisent une grande partie du patrimoine religieux (statues, vitraux…). Suite au concile de Trente, Bayeux est un centre de la contre réforme, entre 1615 et 1650, on compte l’installation de cinq institutions religieuses dans la cadre de la Contre-Réforme sous l’épiscopat de François de Nesmond. La ville compte un ou une religieuse pour dix habitants. Cette période nous laisse de nombreuses constructions caractéristiques du XVIIe siècle comme l’hôtel de Nesmond qui abrite aujourd’hui la tapisserie ou l’hôpital. C’est également l’époque de l’installation des premières manufactures de dentelle. Le développement du travail du textile renforce alors le caractère industrieux de la cité. Il faut attendre le début du XVIII.me siècle pour que la ville connaisse de profondes modifications avec la destruction massive des remparts, le comblement systématique des fossés et la construction d’élégants hôtels particuliers témoignant du luxe de l’époque. Les années 1770 sont enfin marquées par deux événements politiques d’importance : l’installation à Bayeux du Grand conseil de Normandie, et la mise en place dans le cadre de la Guerre d’indépendance des Etats-Unis du champ de manœuvre militaire, dit camp de Vaussieux, situé à ses portes. Pour quelque temps, la cité accueille les plus hautes autorités judiciaires et militaires du royaume. Dentelle et porcelaine En 1793, Joachim Langlois ouvre une manufacture de porcelaine à Valognes mais celle-ci doit fermer en 1812 pour des raisons financières. Il décide de transférer l’activité à Bayeux dans l’ancien couvent des bénédictines laissé vacant après la Révolution. On compte trois étapes dans l’histoire de la manufacture qui coïncident avec les trois familles à la tête de l’entreprise : l’époque Langlois (1812-1849), l’époque Gosse (1849-1878) et l’époque Morlent (1878-1951). La manufacture se ravitaille en kaolin dans la commune Les Pieux, cette matière première est réputée pour sa solidité et sa résistance aux hautes températures et aux chocs thermiques. Sous l’époque Morlent, la production se spécialise dans les pièces destinées aux laboratoires et acquiert une réputation internationale. La dentelle de Bayeux n’est pas moins célèbre. François de Nesmond confie aux sœurs de l’hôpital le soin de s’occuper des enfants assistés en 1676. Les jeunes filles se lancent dans la confection dentellière, mais celle-ci reste modeste jusqu’au XVIII.me siècle avant un spectaculaire essor. En 1784, plus de mille personnes travaillent dans les différentes manufactures de la ville. À la suite de la Révolution, l’activité se sépare de l’église, en 1824, vingt cinq entreprises se consacrent à la fabrication de dentelle dont les plus célèbres sont les maisons Tardif et Carpentier-Delamare. La fabrication artisanale de dentelle au fuseau a beaucoup souffert de la mécanisation. Le dernier atelier, la maison Lefébure ferme en 1973. Un Conservatoire de dentelle existe de nos jours à Bayeux, il est spécialisé dans la création de luxe et a travaillé pour Hermès, Dior Et Christian Lacroix.
Période moderne Bayeux, au XIX.me siècle, célèbre pour son terroir agricole, ses dentelles et sa porcelaine ne subit pas de profondes modifications. Elle conserve toujours son tracé médiéval et s’enrichit de nouvelles demeures bourgeoises. Dès cette époque, on peut y découvrir la célèbre tapisserie de la reine Mathilde, qui en est dès lors l’emblème. Une bibliothèque-musée ouvre ses portes en 1835. En 1940, Bayeux est occupée par les troupes allemandes et sa proximité des côtes permet de protéger stratégiquement ces dernières. Les réseaux de résistance sont durement touchés, quelques figures se détachent, comme Guillaume Mercader, coureur cycliste qui se servait de ses entraînements sur les routes du Bessin pour transporter des messages. Bayeux est sortie comme miraculée des conflits de la dernière guerre. Elle fut libérée dès le 7 juin 1944, le lendemain du Débarquement de Normandie par les troupes britanniques débarquées sur la plage Gold. Sa préservation, au cours des combats de juin 1944, en font aujourd’hui l’unique ville conservée intacte du Calvados. Elle devint un refuge pour les blessés victimes des bombardements de la Bataille de Normandie. Bayeux est la première ville et la première sous-préfecture de France continentale libérée par le débarquement des Alliés. Bayeux fut capitale de la France du 14 juin au 25 août 1944 : le gouvernement y installa son siège provisoire dans l’actuelle sous-préfecture. À peine débarqué sur le sol français, à Courseulles-sur-Mer, le Général de Gaulle se rendit à Bayeux. Il traversa la ville à pied, entouré d’une foule enthousiaste et prononça un discours dans lequel il affirma l’appartenance de la France aux pays Alliés. De nombreux monuments commémorent cette période, dont le cimetière militaire britannique qui est le plus grand cimetière britannique de la Seconde Guerre Mondiale en France. Il accueille 4 648 tombes de soldats des deux camps, dont 3 935 Britanniques, 17 Australiens, 8 Néo-zélandais, 1 Sud-africain, 25 Polonais, 3 Français, 2 Tchèques, 2 Italiens, 7 Russes, 466 Allemands et 1 non-identifié. Sur un mémorial sont inscrits les noms de 2 808 soldats disparus : 1 537 Britanniques, 270 Canadiens et 1 Sud-africain. Charles de Gaulle revint dans cette cité qu’il affectionnait le 16 juin 1946 pour inaugurer une stèle sur la place qui porte aujourd’hui son nom. A cette occasion, il prononça le célèbre Discours de Bayeux dans lequel il présente les bases de ce qui deviendra la Constitution de 1958.
Nous traversons Bayeux, nous nous garons sur le parking situé tout près du musée où est exposée la tapisserie de Bayeux. Au fond du parking coule la rivière l’Aure, la berge de la rivière a toujours eu une grande activité économique. L’eau de la rivière a été utilisée comme énergie, différents moulins ont utilisé la force hydraulique pour moudre le grain, pour moudre l’écorce de chêne afin d’obtenir le tanin indispensable pour le travail du cuir, pour presser l’huile de colza qui était le produit essentiel pour l’éclairage. Les abords de la rivière sont plantés de très beaux arbres, nous nous dirigeons vers le musée, il est situé tout près du petit hôpital de bayeux, nous déambulons au milieu des ambulances qui attendent devant les urgences. Isabelle nous abandonne, la visite est réalisé par un horrible audiophone que l’on doit plaquer contre l’oreille, on n’arrête pas le progrès. Voici le résumé de notre navigation devant la tapisserie :
La Tapisserie de Bayeux, aussi connue sous le nom de tapisserie de la reine Mathilde, et plus anciennement « telle du Conquest » (pour « toile de la Conquête ») semble avoir été commandée par Odon de Bayeux, demi-frère de Guillaume le Conquérant. Elle décrit les faits relatifs à la conquête de l’Angleterre en 1066. Elle détaille les événements clés de cette conquête, notamment la bataille de Hastings. Il faut toutefois noter que près de la moitié des images relatent des faits antérieurs à l’invasion elle-même. Bien que très favorable à Guillaume le Conquérant, la Tapisserie de Bayeux a une valeur documentaire inestimable pour la connaissance du XI.me siècle normand et anglais : elle nous renseigne sur les vêtements, les châteaux, les navires, les conditions de vie de cette époque. Conservée jusqu’à la fin du XVIII.me siècle dans le trésor de la cathédrale de Bayeux, elle est aujourd’hui présentée au public dans un musée qui lui est entièrement dédié. La Tapisserie est inscrite depuis 2007 au registre « Mémoire du Monde » par l’UNESCO. La Tapisserie de Bayeux n’est pas, à proprement parler, une tapisserie ; en effet, elle relève de la broderie, de huit teintes naturelles de laines sur des pièces de lin bis. Elle a été confectionnée entre 1066 et 1082, peut-être en Angleterre pour décorer le palais épiscopal de Bayeux. Elle est divisée en une série de panneaux, d’une longueur totale de soixante-dix mètres pour une hauteur de cinquante centimètres. Chaque scène est assortie d’un commentaire en latin. Il faut aussi remarquer que la broderie est amputée. Sa fin est perdue mais elle devait se terminer, d’après tous les historiens, par le couronnement de Guillaume. Six cent vingt-six personnages, deux cent deux chevaux et mules, cinq cent cinq animaux de toutes sortes, trente-sept édifices, quarante-neuf arbres Au total, mille cinq cent quinze sujets variés fournissent une mine de renseignements sur le XI.me siècle. Si une majorité d’historiens s’accorde à penser que c’est bien Odon qui commanda cette broderie pour orner la nef de la nouvelle cathédrale Notre-Dame de Bayeux, inaugurée en 1077, la discorde règne encore quant à qui la fabriqua. La légende dit que c’est la reine Mathilde, aidée de ses dames de compagnie, qui la fabriqua ; pour d’autres, elle fut fabriquée, soit dans le Kent, soit à Winchester, dans le Hampshire, vingt ou trente ans après les événements qu’elle relate. Enfin dernière des hypothèses, sa fabrication aurait été effectuée à Saumur. Toutefois, deux hypothèses de recherches sont avancées. • Les dernières recherches de l’Université de Caen, réunissant des sommités archéologues, historiens, médiévistes, s’accordent à penser que la « Broderie d’Hastings » a été faite dans le Kent, à Winchester ou à Canterbury, tout de suite après la bataille elle-même, et sa confection aurait duré deux ans environ. C’est ce que Denise Morel et Marie France Le Clainche font vivre dans leur roman Les Brodeuses de l’Histoire, où elles mettent en scène l’atelier de broderie de Winchester. Nous savons, en effet, que cet atelier rassemblait brodeurs et brodeuses, laïcs et religieuses, anglo-saxonnes, normandes et bretonnes. • Selon l’historien américain George Beech, spécialiste du Moyen-Âge, plusieurs indices permettraient de démontrer, que la tapisserie de Bayeux fut en réalité conçue à l’abbaye de Saint-Florent de Saumur. Plusieurs faits permettent d’étayer cette réflexion. Le prieur de l’abbaye de Saint-Florent de Saumur, était seigneur de Dol en Bretagne. Or plusieurs scènes de la tapisserie racontent les préparations guerrières des batailles au Mont-Saint-Michel, à Dol de Bretagne, à Rennes et à Dinan. De plus Ce seigneur de Dol était lié d’amitié avec Guillaume le Conquérant. Enfin à la fin du XI.me siècle, l’abbaye de Saint-Florent-de-Saumur s’est retrouvée propriétaire de nombreux domaines en Angleterre. Ces possessions ont pu être offertes par Guillaume le Conquérant en remerciement de la tapisserie. La première moitié de la broderie relate les aventures du comte Harold Godwinson, beau-frère du roi Édouard le Confesseur, dont le navire fit naufrage sur les terres du comte Guy de Ponthieu (dans la Somme actuelle) en 1064. Il fut sauvé et capturé par Guy qui envisageait de le libérer contre rançon. Hélas, un espion de Guillaume, visible sur la broderie, était là. Guillaume exigea de Guy qu’il lui remît Harold, ce qui fut fait. Guillaume adouba Harold chevalier à Rouen. C’est lors de cette cérémonie, qu’on voit sur la broderie, que Harold jura, sur les reliques d’un saint (très important à l’époque) à Guillaume de le soutenir pour succéder à Édouard sur le trône d’Angleterre. Il revint sur cette promesse plus tard, ce qui lui valut son excommunication par le pape. La broderie montre ensuite Harold retourner en Angleterre et se faire acclamer roi après la mort d’Édouard. La broderie reflète le point de vue normand de l’histoire, notamment en justifiant l’invasion de Guillaume par sa légitimité au trône. Harold y est représenté comme un fourbe, parjure, reniant un serment sacré, alors qu’il semble que l’on ne trouve de relation de ce serment que dans la tapisserie et dans la Gesta Guillelmi de Guillaume de Poitiers, une autre source normande, écrite peut-être dix ans après la conquête normande de l’Angleterre. Cela dit, on s’accorde généralement à penser que ce serment eut bien lieu mais qu’il y aurait peut-être eu tromperie, puisque Harold aurait affirmé qu’il ne savait pas qu’il y avait de saintes reliques sous le livre sur lequel il jura. Cependant la tapisserie laisse aussi un peu de place au point de vue anglais. Harold, le parjure, est à l’honneur dès le début de la broderie; il sauve deux normands du Couesnon, on le voit prier Dieu, son couronnement montre qu’il est un roi légitime et les inscriptions durant la bataille prouvent sa dignité de roi. Ainsi la tapisserie en imposant le point de vue général normand permet une lecture plurielle, anglaise ou normande, sur des aspects secondaires. Ensuite, sur la broderie, nous voyons les préparatifs de Guillaume pour son invasion de l’Angleterre ; puis des images de la bataille d’Hastings. À ce sujet, on a longtemps cru que Harold y était représenté mourant d’une flèche dans l’œil, mais on pense, de nos jours, qu’il y a eu confusion sur la personne, le frère d’Harold étant mort d’une flèche dans l’œil. La broderie contient aussi une représentation d’une comète, probablement la Comète de Halley. La mention de cette comète est entièrement justifiée, car elle devait justement passer à cette époque. On peut également noter que les éléments (animaux fantastiques, sauvages ou domestiques, fables, chevrons) figurant dans les parties hautes et basses de la broderie ne semblent pas avoir de rapport avec le principal récit pour une minorité d’auteurs comme Wolgang Grape ou Carole Hicks. Ainsi, on peut voir par exemple dans la partie basse de la tapisserie une scène du corbeau et du renard d’Esope reprise par Phèdre qui n’aurait qu’un rôle décoratif. Cependant la grande majorité des spécialistes pense qu’il existe des liens entre les bordures et la bande principale. D. Beirstein et Daniel Terkla en ont fait la démonstration. Mais il y a débat sur le point de vue reflété par les fables. R.Wissolik et D.Bernstein ont interprété ces fables comme un commentaire anglo-saxon d’ordre moral. Pour Bard McNulty ou D.Terkla il s’agit d’une paraphrase soutenant le point de vue normand. Toutefois, à la fin de la broderie, lorsque la bataille entre Guillaume et Harold fait rage, les motifs décoratifs de la frise du bas disparaissent, et la frise se remplit des cadavres des morts et des boucliers et armes tombés à terre, comme si ce « débordement » devait traduire la fureur des combats, impossibles à contenir dans la zone du milieu de la tapisserie. La broderie nous apporte une connaissance quant à des faits historiques dont nous avons peu de trace par ailleurs. Elle apporte des informations nouvelles sur des éléments de l’expédition de Bretagne, sur le lieu du serment : Bayeux, sur la place des frères de Guillaume dans la conquête ou encore sur Odon, un évêque, qui a osé combattre dans la bataille ce que l’Eglise interdisait. La présentation de la broderie, sous forme d’images, la rendit tout au long des siècles accessible à tous alors que peu savaient lire. La broderie est inestimable quant à la connaissance de la vie de l’époque ; d’abord sur les techniques de broderie du XIe siècle, notamment l’apparition de ce qui est nommé depuis le point de Bayeux ; ensuite sur nombre de techniques de l’époque, puisque y apparaissent des constructions de châteaux, de bateaux (la flotte d’invasion de Guillaume). Y figurent aussi des vues de la cour de Guillaume, de l’intérieur du château d’Édouard, à Westminster. Nous y voyons nombre de soldats, ce qui a permis de se faire une meilleure idée de leur équipement. La plupart portaient des broignes et non des cottes de mailles comme on l’a cru longtemps. De même, sont bien visibles des signes distinctifs sur les boucliers, ce qui était peu répandu jusqu’alors. Toutefois, les soldats y sont représentés se battant mains nues alors que toutes les autres sources écrites de cette époque font apparaître que les soldats se battaient (et chassaient) presque toujours gantés. Vers l’an 1100, un poète français du nom de Baudry compose pour Adèle de Normandie, fille de Guillaume le Conquérant, un poème dans lequel il décrit une tapisserie faite de soie, d’or et d’argent et représentant la conquête de l’Angleterre. Même si la taille et les matériaux de cette tapisserie montrent qu’il ne s’agit pas de la même tapisserie, même si l’existence de la tapisserie de la comtesse Adèle est mise en doute, il est évident que le poème de Baudry s’inspire soit directement, soit indirectement de la tapisserie de Bayeux. La plus ancienne mention directe de la tapisserie est un inventaire des biens de la cathédrale de Bayeux, dressé en 1476, qui en mentionne l’existence et précise qu’elle est suspendue autour de la nef pendant quelques jours chaque été. En 1562, des religieux, avertis de l’arrivée imminente d’une troupe de Huguenots, mirent à l’abri quelques biens. Ils firent bien, car ceux-ci mirent à sac la cathédrale. D’une notoriété encore très locale, elle ne commença à intéresser des érudits non normands qu’à la fin du XVII.me siècle La Révolution française faillit marquer la fin de la Tapisserie. Déjà, le nouveau pouvoir préconisait de détruite tous les documents historiques. En 1792, la France étant menacée d’invasion, des troupes sont levées. Au moment du départ du contingent de Bayeux, on s’avisa qu’un des chariots chargés de l’approvisionnement n’avait pas de bâche. Un participant zélé, proposa de découper la tapisserie conservée à la cathédrale pour couvrir le chariot. Prévenu tardivement, le commissaire de police, Lambert Léonard Leforestier, arriva cependant juste à temps pour empêcher cet usage. Il se créa alors une commission artistique qui veilla à la sécurité de l’œuvre pendant la Révolution. À des fins de propagande contre l’Angleterre qu’il projetait d’envahir, Napoléon la fit venir à Paris en 1803 où elle fut exposée à l’admiration des foules parisiennes. Elle retourna à Bayeux en 1805. Dans la seconde moitié du XIX.me siècle, Mme Elisabeth Wardle, femme d’un riche marchand, finança une copie de même taille qui se trouve maintenant en Angleterre Elle fut à nouveau cachée pendant la guerre franco-prussienne de 1870 puis durant la Seconde Guerre mondiale. À l’heure actuelle, elle est exposée au Centre Guillaume le Conquérant, à Bayeux.
Après la découverte de la tapisserie nous montons un large escalier recouvert d’un tapis rouge, nous accédons à une salle où sont exposés en grandeur nature tous les personnages qui figurent sur la tapisserie dont Guillaume le Conquérant avec sa couronne assis sur son trône, les guerriers, les chevaux etc. Ensuite nous assistons à une projection qui relate toute l’épopée de la Normandie à l’époque de Guillaume le Conquérant. . La visite du musée terminée, nous déambulons dans la ville pour rejoindre la cathédrale dont voici un petit historique :
La cathédrale Notre-Dame de Bayeux est l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture romane et gothique normande. Située à l’emplacement présumé du forum de la cité gallo-romaine d’Augustodurum et remplaçant un édifice d’époque mérovingienne, l’actuelle cathédrale a été consacrée le 14 juillet 1077 et fait partie intégrante d’un ensemble épiscopal remarquablement préservé C’est pour elle que fut réalisée la célèbre Tapisserie de Bayeux. Les éléments romans primitifs du XI.me siècle encore visibles de nos jours sont formés de la crypte (1050-1060) et des tours du massif occidental (vers 1070-1090). La crypte est constituée de trois vaisseaux voûtés d’arêtes retombant sur des chapiteaux principalement ornés de feuilles d’acchantes. Sont également conservés dans la crypte deux chapiteaux du XIe siècle provenant de la croisée du transept et mis au jours à l’occasion des travaux de restauration de la tour centrale. Ils font partie des plus remarquables chapiteaux historiés normand d’époque ducale (1060-1070). Les autres éléments décoratifs notamment les fresques datent du XV.me siècle. Le massif occidental originel est désormais sous-jacent aux adjonctions d’époque gothique. C’est au rez-de-chaussée des tours que l’on perçoit le mieux les particularités de l’architecture romane normande primitive. Il convient ici de noter les différences entre le voûtement du rez-de-chaussée de la tour sud formé d’un classique berceau renforcé d’un arc doubleau et celui de la tour nord presque hémisphérique et renforcé de deux arcs doubleaux se croisant perpendiculairement. Dès le début du XII.me siècle, à la suite de l’incendie de l’édifice en 1105 sont entrepris d’importants travaux qui toucheront progressivement toutes les parties de l’édifice et qui se prolongeront jusqu’à la fin du XV.me siècle par le couronnement de la tour centrale. Le chantier débute vers 1120-1130 par la reprise des parties basses de la nef typiques du roman normand. Appartiennent ce cycle le décor des grandes arcades en plein cintre constitué de motifs géométriques agrémentés de masques fantastiques. Au-dessus, la paroi murale est composée d’un vaste tapis de motifs géométriques avec, dans les écoinçons un ensemble de bas-reliefs historiés qui trouvent d’évidents parallèles dans les motifs des scriptoria contemporains du sud de l’Angleterre. Le chantier gothique débute par les bas-côtés de la nef vers 1180 dans un style directement emprunté à l’Ile de France. Les murs extérieurs sont éliminés un siècle plus tard pour l’édification progressive des chapelles latérales (vers 1280-1350). Le chœur gothique réédifié vers 1230 est remarquable pour ses éléments typiquement normands : arcs brisés très aigus, profusion des colonnes et colonnettes, richesse du décor constitué de médaillons, rosaces ou quadrilobes ajourés dans les écoinçons, un vaste triforium remplaçant les tribunes au détriment des fenêtres hautes. Vers 1245-1255 on assiste à la reprise des parties hautes de la nef, dans un parti-pris différent avec suppression du triforium au bénéfice de vastes baies. Enfin, vers 1260 et 1280 est entrepris la recomposition du transept. Parmi les éléments gothiques remarquables de la cathédrale de Bayeux figurent également la Salle du chapitre avec son labyrinthe pavé et la Salle du Trésor qui conserve un mobilier remarquable (coffret d’ivoire du XI.me siècle, chasuble de Saint Regnobert du XII.me siècle, armoire reliquaire du XIII.me siècle, siège épiscopal du XIV.me siècle) dont l’accès est possible sous certaines conditions Le chantier gothique ne se limite pas aux intérieurs de la cathédrale comme le prouve son aspect extérieur notamment sa façade occidentale le portail du transept sud dit « du doyen » et naturellement sa tour centrale Jouxtant l’édifice sur son flanc nord, se déploie un dévolu au clergé de la cathédrale, au centre duquel s’élève la bibliothèque du chapitre, édifice du milieu du XV.me siècle qui rassemble encore de nos jour nombre d’ouvrages précieux dans un étonnant aménagement néogothique datant d’époque restauration Pendant les guerres de religion, la cathédrale fut pillée par des huguenots en 1562-1563 menés par le petit noble François de Bricqueville.
Nous sortons de la cathédrale, nous traversons un jardin, nous apercevons un énorme platane appelé arbre de la liberté, il a été planté en 1797, Il a un énorme tronc d’une circonférence importante. Nous admirons l’arbre aux 40 écus, c’est un ginco biloba, appelé aussi arbre à paillote, biloba car ses feuilles forment 2 lobes, ses feuilles ont aussi des vertus médicamenteuses. Nous rejoignons notre autocar, nous reprenons la direction de Luc-sur-Mer où nous allons déjeuner à l’hôtel, nous y dégusterons des tripes à la mode de Caen.
Nous consacrons l’après-midi à la visite de Caen, nous passons devant le campus universitaire qi accueille près de 25000 étudiants. Guillaume le Batard a subi une tentative d’assassinat de la part des barons de son duché en 1047, il était âgé à peine de 20 ans. Il choisit Caen pour construire une première place forte, il s’est servi d’un éperon rocheux de la ville, il érige une simple tour de guet pour surveiller les barons récalcitrants qui provenaient pour la plupart du Bessin et du Cotentin. Nous entrons dans l’enceinte du château fort qui fut construit par les enfants et les successeurs de Guillaume le Conquérant, pour avoir l’appellation de château fort, un château doit avoir au moins 3 éléments une caméra (chambre décisionnelle), une halla (hall où le seigneur reçoit ses vassaux) et une capella (chapelle). Bien entendu le donjon reste la pièce maîtresse de tout château fort, de l’époque de Guillaume le conquérant il ne reste presque plus rien de bâti. Le château a été bombardé en 1944, il manque un bâtiment où nous sommes stationnés, nous apercevons l’église saint-Georges, le château de Caen est un des plus grand d’Europe, il a une superficie de 5 hectares. Nous distinguons le palais du gouverneur, aujourd’hui il héberge le musée ethnographique, nous découvrons un immense immeuble appelé (la salle de l’échiquier), c’est ici, une nuit de Noël qu’Henri de Plantagenais duc de Normandie et roi d’Angleterre a invité plus de 1000 chevaliers du royaume, ils se réunirent donc, mais Henri de Plantagenais n’avait pas invité le roi de France. En tant que vassal Henri de Plantagenais aurait du rendre hommage au roi de France en lui envoyant un carton d’invitation, devant cet affront les rois de France n’avait qu’un souhait faire mordre la poussière au duché normand. Nous commençons à nous promener dans l’enceinte du château fort, voici une présentation de la ville de Caen :
Caen est une ville du nord-ouest de la France, elle a une superficie de 25 kilomètres carrés pour une population de 114007 habitants (agglomération 220000 habitants) (aire urbaine 370851 hab) chef-lieu de la région Basse-Normandie, préfecture du département du Calvados, traversée par l’Orne. Son nom se prononce can, Ses habitants sont appelés les Caennais.
Géographie : Le relief et la géomorphologie, Caen, comme toute la moitié orientale de la région Basse-Normandie, fait partie du bassin parisien. La ville est située sur un plateau, propice à la culture céréalière.
Histoire : On dispose de peu de renseignements concernant la fondation de la ville de Caen et l’origine de son nom. Les hypothèses à ce sujet sont multiples et la plupart du temps farfelues. La plus vraisemblable, fondée sur l’étymologie, semble être celle qui suggère que le toponyme ait une origine gauloise. Composé du gaulois cato « activités militaires » et du gaulois magos « champ », il signifierait le « champ de manœuvres » ou le « terrain d’exercices » Voici les plus anciennes dénominations de la ville : Cathim (charte de Richard III de Normandie à propos du douaire de son épouse, Adèle de France, 1026). Cadum, Cathum (chronique saxonne composée dans les XIe- XIIe siècles). Cathum (Florence de Worcester). •Cahom (Henri de Huntingdon). •Cahem (chronique de Robert, abbé du Mont-Saint-Michel). Cahem, Caem, Chaem, Caam, Caan (Robert Wace). Variantes : Came, Cane, Kan, Kame, Cam, Cathem, Catheim. Moyen Âge : Il existait déjà, autour de l’actuelle Abbaye aux Hommes, une forme d’habitat dès l’époque gallo-romaine. Elle serait due aux Saxons installés là par les Romains. Une église dédiée à saint Martin et un cimetière datant du haut Moyen Âge sont aussi connus des historiens. Dans les années 1020, après le choc des invasions vikings, le bourg comprend plusieurs églises et un marché où est perçu un tonlieu. Cette ville ayant été, à l’origine, un lieu de péage, certains ont émis l’hypothèse que le mot « Caen » puisse être la déformation du saxon « Gateheim » signifiant « maison de la barrière ». Avec le temps, les noms saxons « Catheim » ou « Gateheim » se sont transformés en Gathim, Cadun, Cahom, Cahem. Robert Wace écrira Cahem, Chaem, Caem ou Caan. Vers le XVe siècle, on n’utilisera plus que Gadomus ou Caën. Le duc de Normandie, Guillaume le Conquérant, la développe au XIe siècle en la dotant d’un château, de deux abbayes et d’un rempart. Le duc y réside plusieurs fois. En 1083, son épouse, Mathilde de Flandre, est inhumée à l’Abbaye aux Dames. Quatre ans plus tard, le corps de Guillaume reposera dans l’église de l’Abbaye aux Hommes. À cette époque, Caen est rapidement devenue la seconde ville du duché de Normandie. Au cours de l’incorporation du duché à la France par le roi Philippe II Auguste, Caen tombe le 21 mai 1204, avant Rouen. Guerre de Cent Ans : Au début de la guerre, la ville est ravagée une première fois après avoir été prise en 1346 par Édouard III d’Angleterre. En 1417, la ville de Caen oppose à nouveau une résistance héroïque à l’envahisseur anglais qui massacre 2000 bourgeois, pille et traite les survivants en rebelles à « leur » roi. La région de Caen sera le lieu d’une très vive résistance à l’occupant anglais qui y procédera à un grand nombre d’exécutions de résistants entre 1418 et 1450. La fondation, en 1432, de l’université de Caen fait partie des mesures du duc de Bedford, régent de Normandie, afin de tenter de se concilier la population caennaise. La fin de l’année 1434 voit un soulèvement commandé par Jean de Chantepie. La Normandie redevenue française, Charles VII la récompensera de sa « fidélité et loyauté » en confirmant tous ses privilèges et libertés en 1458 (confirmation de la Charte aux Normands). XVI.me siècle : Lorsque les Protestants prennent le contrôle de la ville en avril 1562, leur iconoclasme s’en prend, entre autres, au tombeau de Guillaume le Conquérant et de la reine Mathilde. Le service catholique est suspendu. Arrivé à Caen en décembre 1562, le chef du parti huguenot, l’amiral de Coligny, ordonne, avant son départ le 19 mars 1563, la démolition, « afin d’avoir le profit qui se tireroit des plombs des toits », de l’Abbaye aux Hommes le chartrier est brûlé. En 1584, la peste fait 10000 victimes à Caen. Le Parlement de Normandie et la Cour des Aides et la Chambre des Comptes sont déboublés à Caen de janvier 1589 à avril 1594 suite au soulèvement de Rouen contre le roi ; les parlementaires fidèles au roi se rendant à Caen. XVII.me siècle : La Révolte des va-nu-pieds amorcée à Caen le 13 août 1639 fut menée par un certain Bras-Nus se donnant le grade de colonel de l’armée souffrante ; il finit roué. Prudemment restée à l’écart des troubles de la Fronde, Caen va travailler va voir la création de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres et de la première Académie de Physique de France qui lui acquerra une réputation de capitale des beaux esprits et le surnom d’ « Athènes normande ». Les persécutions nées de la révocation de l’Édit de Nantes forcèrent de nombreux Caennais protestants refusant d’abjurer, riches marchands et industriels pour la plupart, à l’exil. Le commerce de la province en fut ruiné. L’absolutisme louis-quatorzien mit également fin aux franchises municipales dont jouissait Caen en supprimant les élections municipales et en transformant les offices d’échevin des nobles, des bourgeois et des marchands en charges vénales. XVIII.me siècle : Caen vit, en 1713, 1715 et 1725, des émeutes liées à la cherté du pain. À la Révolution, le procureur-syndic Georges Bayeux et le commandant de la place Henri de Belzunce furent massacrés par la foule. En 1793, la section caennaise des Jacobins de Caen rompit ses attaches avec ceux de Paris. Nombre de Girondins cherchant refuge à Caen lors de leur chute, celle-ci devint le centre des insurrections fédéralistes auxquelles se joignit la société caennaise des Carabots. C’est le faible recrutement des armées fédéralistes qui incita Charlotte Corday à quitter Caen à Paris le 9 juillet 1793 pour aller assassiner Marat à Paris. XIX.me siècle : 1812 : Le 2 mars, des émeutes débutent à la halle aux grains et au moulin Montaigu. Les émeutiers protestent contre la disette qui sévit depuis 1811. Le préfet Mechin et le maire Lentaigne de Logivière sont pris à partie. L’ordre est rétabli le soir même. Plusieurs personnes sont arrêtées dans les jours suivants. Le 6 mars, 4000 soldats arrivent en renfort dans la ville. Le 14 mars, 61 personnes sont jugées, 4 hommes et 4 femmes sont condamnés à mort. Ils sont exécutés le 15 mars. Les autres personnes sont condamnées à des travaux forcés ou à de la prison. 1815 : 6 avril : Charles X fait un passage à Caen et fait libérer les personnes emprisonnées depuis 1812. 1837 : Début des travaux du canal de Caen à la mer. • 1857 : 5 mai : inauguration du premier système de distribution d’eau. •23 août de la même année : inauguration du canal de Caen à la mer. 1858 : 3 août : inauguration de la gare de Caen par le couple impérial. 1863 : 10 août : inauguration des bains et lavoirs. Caen dans la Seconde Guerre mondiale : Caen a perdu environ 70% de son volume bâti durant la Seconde Guerre mondiale car elle s’est trouvée sur une ligne de front très disputée lors du débarquement en Normandie le 6 juin 1944( Jour J). Elle fut libérée par les forces canadiennes qui ont combattu pendant un mois les troupes S.S. Ses principaux monuments ont néanmoins été sauvegardés. La reconstruction de Caen a officiellement duré de 1947 à 1963 avec de larges avenues rectilignes bordées par des immeubles de pierre de Caen d’environ cinq étages, ce qui lui confère une grande unité architecturale. De nombreux immeubles qui avaient un toit plat ont été chapeautés d’un toit à pentes traditionnel.
Nous traversons des jardins, nous passons un pont levis, le drapeau normand flotte au dessus d’un mât. Nous passons la porte saint-Pierre, le château de Caen est entouré de fossés, Nous dominons la ville, nous apercevons l’église saint-Pierre dont la flèche a été bombardée en 1944, elle est toute festonnée pour éviter l’emprise du vent. Le chevet de l’église repose sur pilotis, car devant passe les 2 rivières qui serpente Caen l’Orne et un de ses affluents, aujourd’hui elles sont canalisées et recouvertes de macadam. Nous distinguons l’office du tourisme qui est abrité dans un ancien hôtel particulier, sa façade du XVI.me siècle est très sobre, par contre sa cour renaissance est magnifique. Nous descendons dans la ville basse, nous découvrons quelques restes de remparts, nous contournons l’église saint-Pierre, son chevet est d’un blanc immaculé. Nous faisons une halte à l’office du tourisme où une maquette de la ville est sous vitrine, nous pénétrons dans la cour intérieure de l’office du tourisme. Le propriétaire constructeur de cet hôtel a débauché les artisans qui travaillaient à la construction de l’église saint-Pierre pour réaliser son rêve, les façades sont décorées de figues biblique, de superbes colonnes, de splendides lucarnes, de superbes fenêtres à meneau, on se croirait dans un temple de l’antiquité. Nous empruntons la rue saint-Pierre qui est piétonne, nous marchons dans une artère assez large reconstruite après 1944, c’est une rue très commerçante. Nous atteignons une rue moins large, elle est bordée par des maisons du XV.me siècle à pignon sur rue, 2 d’entre elles sont à colombage, certaines arborent des encorbellements. Nous passons devant le musée de la poste et des télécommunications, nous passons devant l’église saint-Sauveur, nous sommes dans la rue Froide, la façade de l’église est bouchée par un hôtel particulier. Nous pénétrons dans l’église saint-Sauveur, elle est très vaste, elle possède 2 styles architecturaux différents, en hiver on répandait de la paille au sol afin de diminuer la froidure à l’intérieur de l’église et de neutraliser l’humidité. Nous continuons notre périple dans la rue Froide, nous pouvons admirer un ancien hôtel particulier dont la cour a été remanié en parking, quel dommage, la plupart des hôtels particuliers sont en longueur, car derrière l’hôtel se trouve de ravissants jardins voir parcs arborés. Le quartier a toujours été investi par des libraires, il était tout près de l’ancienne université, aujourd’hui encore bon nombre de libraires s’y trouve. Nous longeons un square très arboré, il est parsemé de bancs publics, nous atteignons l’église saint-Sauveur du marché, elle est entourée de maisons, de nos jours elle héberge des expositions d’art plastique. L’intérieur de l’église est de style flamboyant, la nef est du XV.me siècle, la pierre qui est tendre a permis de travailler de fines décorations et statues. Nous abordons la place saint-Sauveur, ce serait la plus belle place de la ville de Caen, si elle n’était pas envahie de voitures en stationnement et d’une artère à forte circulation. La place est entourée de superbes hôtels du XVII.me et du XVIII.me siècle, la place tout comme l’urbanisation de la ville a été revisitée au XVIII.me siècle, on démantèlera à cette occasion les 3 remparts le castral et les 2 abbatiaux. La place a pris le volume d’un ancien cimetière qui était entouré d’anciennes maisons à colombage et à en encorbellement, cet endroit était l’entrée principale de la ville de Caen et le reste d’ailleurs un passage obligé encore à notre époque. La transformation du quartier au XVIII.me siècle va apporter un changement radical des habitants, ce sont les bourgeois et les riches drapiers qui vont se faire construire de superbes hôtels que nous pouvons encore admirer. Les portails des hôtels sont décalés par rapport au bâti, c’était pour faciliter l’entrée et la manœuvre des calèches ou des carrosses dans la cour intérieure de l’hôtel. Auparavant ici se trouvait la place des exécutions, nous contournons la statue de Louis XIV qui a pris place à l’ancien gibet, les condamnés empruntaient la rue Montée à Regret pour accéder à la place où ils subissaient leur exécution. La nouvelle municipalité récemment élue va rendre la place saint-Sauveur aux piétons, ce sera une initiative qui fera de cette place un des plus beaux quartiers de Caen. Nous arrivons à l’abbaye aux hommes, Isabelle nous confie à une guide du site, voici la présentation de l’abbaye aux hommes :
L’abbaye aux Hommes est une des deux grandes abbayes, avec l’abbaye aux Dames, fondées par Guillaume le Conquérant à Caen. Elle s’élève à l’ouest de la ville et donna le nom de Bourg-l’Abbé au quartier qui l’entoure. Guillaume le Conquérant épouse sa cousine Mathilde de Flandre, mais leur mariage est prohibé par Léon IX pour cause de trop grande consanguinité. En contrepartie du pardon accordé par le Pape Nicolas II, ils fondent à Caen en 1059 deux abbayes bénédictines : l’abbaye aux Hommes dédiée à saint Étienne, et l’abbaye aux Dames dédiée à la Trinité. La construction de l’Abbaye aux Hommes, confié à Lanfranc, commence en 1063. L’église a été construite entre 1065 et 1077. La conquête de l’Angleterre, en 1066, en apportant des moyens supplémentaires, mais aussi la présence de carrières de pierre à ciel ouvert à proximité, expliquent la rapidité de cette construction. Elle fut dédicacée le 13 septembre 1077. Le chroniqueur Guillaume de Poitiers décrit la fondation de l’abbaye par Guillaume le Conquérant : « Pour l’établir abbé du monastère de Caen, il lui fallut user, pour ainsi dire, d’une pieuse contrainte ; car Lanfranc s’y refusait moins par amour pour l’humilité, que par crainte d’un rang trop élevé. Ensuite, il (Guillaume le Conquérant) enrichit ce monastère de domaines, d’argent, d’or et de divers ornements ; il le fit construire à petits frais, d’une grandeur et d’une beauté abordable, et peu digne du bienheureux martyr Étienne, par les reliques duquel il devait être honoré et auquel il devait être consacré. » La guerre de cent ans met l’abbaye en première ligne des combats. Après la prise de Caen par les français en 1346, les religieux reçoivent l’ordre de fortifier l’enceinte, Saint-Étienne se trouvant en dehors des fortifications de la ville. En 1562 et 1563, pendant les guerres de religion, l’église est pillée par les troupes de Montgommery puis abandonnée. Les vitraux, les orgues et le mobilier sont détruits. Le tombeau de Guillaume le Conquérant, magnifique mausolée en marbre, surmonté d’un gisant, et qui fut édifié à la demande de son fils Guillaume le Roux, roi d’Angleterre est profané en 1562 par les protestants. Les restes sont confiés à un moine de l’abbaye, Michel de Cemallé. Mais en 1563, une nouvelle intrusion des protestants provoque la fuite des moines et les ossements sont dispersés à l’exception d’un seul os, sauvé par Charles Toustain de La Mazurie, le poète ami de Vauquelin de La Fresnaye. Cet os est replacé dans le tombeau en 1642 par le prieur Jean de Baillehache, après la restauration du chœur. En 1742, les moines obtiennent du roi Louis XV l’autorisation non seulement de déplacer le tombeau dans le sanctuaire mais aussi de le réduire à un simple caveau recouvert d’une pierre tombale. La tour-lanterne s’écroule en 1566, détruisant les voûtes du chœur. Le chœur, en ruines, a failli être rasé sur décision du Parlement de Rouen. Un moine de l’abbaye, Jean de Baillehache, obtint l’annulation de cette décision et entreprit la reconstruction du chœur et la restauration de l’abbatiale. L’église est de nouveau consacrée le 18 mai 1626. En 1663 la Congrégation de Saint-Maur reprend en main l’abbaye. Elle redresse l’abbaye spirituellement, en rétablissant la discipline religieuse, et matériellement en reconstruisant les bâtiments conventuels qui tombaient en ruine. Du cloître, il ne restait alors que les fondations, tandis que les cuisines tombaient en ruine ; la plupart des bâtiments avaient également perdu leur toiture. Les travaux de rénovation, menés par Guillaume de Tremblaye, lui-même assisté par les frères Bayeux, débutent en 1704, mais ils sont interrompus faute de moyens en 1706 avant de reprendre en 1710 En 1715, Guillaume de Tremblaye meurt et le projet est repris par Dom Miserey qui le modifie en allongeant l’aile des hôtes vers le sud ; une aile en retour, parallèle à l’aile du réfectoire, devait également être construite à la place de la salle des Gardes pour fermer la cour sud, mais l’éviction des moines pendant la Révolution a entraîné l’abandon du projet En 1727 les terrains à l’est de l’abbaye sont remblayés de 25 pieds ; un mur de soutènement est construit au sud afin de former une grande esplanade sur laquelle on aménage des jardins à la Française, formées de parterres, de bosquets et de labyrinthes Un nouveau logis abbatial est construit de 1755 à 1759 dans le Clos de la Pépinière parcelle comprise entre le rempart du XIV.me siècle et le mur séparant l’enclos de la rue de l’abbatiale. Les travaux sont finalement terminés en 1764 La rue Guillaume le Conquérant, percée à travers les jardins de l’abbaye Dans la deuxième partie du XVIII.me siècle, les édiles caennaises décident d’aérer la ville médiévale en programmant plusieurs projets urbanistiques. Le baron de Fontette, nommé intendant de la Généralité de Caen en 1752, mène à bien certains de ses projets. Il décide notamment de créer un nouvel axe pour dévier la circulation de la rue Saint-Martin, axe historique permettant l’accès à l’ouest de la ville. En 1755 un accord est passé entre l’abbaye et la ville de Caen en vue de percer une nouvelle rue à travers les jardins de l’abbaye entre la place des Petites Boucheries et une nouvelle place octogonale, aménagée à l’emplacement des anciennes fortifications de la ville et sur laquelle vient déboucher la rue Écuyère. La partie sud de ce nouvel axe, appelé rue Saint-Benoît (actuelle rue Guillaume le Conquérant), est lotie par les moines de Saint-Étienne. Sur la place, rapidement baptisée place Fontette, on prévoit également d’ériger deux pavillons à l’entrée de la nouvelle rue ; en contrepartie de la construction du pavillon sud, l’abbaye obtient la propriété des terrains auparavant occupés par les fossés, les contrescarpes et les fortifications de la ville Le pavillon des moines est achevé en 1758 et les jardins de l’abbaye sont étendus jusqu’à la nouvelle place. En 1790, les religieux sont chassés de l’abbaye et les administrations préfectorales et municipales prennent leur place. En 1793, l’église Saint-Étienne est transformée en temple dédié au culte de la Raison et de l’Être suprême. Le 12 octobre 1800 l’Académie de Caen, rebaptisée « Lycée de Caen », est installée par le Préfet Dugua dans les locaux de l’abbaye. Suite à l’entrée en vigueur en 1802 du Concordat de 1801, le culte catholique est rétabli dans l’ancienne abbatiale, mais cette dernière devient église paroissiale et les religieux ne font pas leur retour à l’abbaye. En 1810 cependant les sœurs de l’Ordre de la Visitation, chassées pendant la Révolution de leur couvent transformé en caserne militaire (actuel quartier Lorge), s’installent dans l’ancien logis abbatial des bénédictins construit dans les années 1750 Elles aménagent les bâtiments existants et font élever une première chapelle provisoire, suivie d’une deuxième église, remplacée elle-même par l’édifice actuel construit entre 1890 et 1892. Les sœurs aménagent un grand jardin dans le sud de l’enclos. Le Petit Lycée, construit au XIX.me siècle dans les jardins de l’abbaye Finalement, le Lycée impérial (actuel Lycée Malherbe), fondé le 20 juillet 1804, est aménagé dans l’abbaye. L’abbaye est transformée au cours des années pour accueillir les élèves ; ainsi les cellules de moines ont été abattues dans les années 1880 pour faire place à des dortoirs communs. En 1842, l’aile des hôtes est achevée alors que l’ancien logis abbatial du XV.me siècle est démoli ; seul un écusson portant les armoiries de Charles Ier de Martigny, évêque de Castres et premier abbé commendataire de l’abbaye situé dans la galerie nord du cloître rappelle le souvenir de ce bâtiment construit en 1490 En 1810 les jardins de l’abbaye sont amputés d’une partie de leur emprise afin d’aménager une place reliant la place Fontette à la Prairie ; l’esplanade est alors plantée de marronniers et on installe une grille pour séparer la promenade des lycéens de l’espace public nouvellement créé, baptisé place du Parc (actuelle place Guillouard) et agrémentée en 1882 d’une statue provenant de la place de la République. Deux nouveaux bâtiments sont également construits dans les jardins : à la fin des années 1820, le couloir des classes (actuellement occupé par le service de l’État-civil) et, en 1841, le Petit Lycée abritant l’école primaire élémentaire Suite à des actes de sabotage perpétués près d’Airan par la Résistance en avril 1942, les autorités d’occupation décident de faire arrêter des otages en représaille ; dans la nuit du 1er au 2 mai et dans les jours qui suivent, 120 personnes, communistes, syndicalistes ou juives, sont rassemblées par la police et la gendarmerie françaises dans le Petit Lycée, puis amenées à la gare de Caen d’où elles sont déportées vers des camps de concentration ou d’extermination Pendant la bataille de Caen, l’ancienne abbaye est transformée en îlot sanitaire, ce qui la protège des bombardements. Le lycée Malherbe abrite une foule de 3500 personnes début juillet et plus de 8000 à la mi-juillet Les réfugiés s’installent dans l’abbatiale, dans les caves ou dans l’ancien parloir. L’ancienne abbaye sert également d’hôpital complémentaire à l’hôpital principal aménagé au Bon-Sauveur. Les corps des victimes décédées sont également entreposés dans le couloir des classes et un cimetière provisoire est creusé dans le parc. Le directeur de la Défense passive et des centres d’accueil, Joseph Poirier, dirige les opérations depuis l’abbaye aux Hommes, l’hôtel de ville de la place de la République ayant été détruit. Le 9 juillet, les troupes anglo-canadiennes entrent dans Caen ; les responsables alliés se rendent à l’abbaye où le Préfet Cacaud a transféré ses bureaux Le 10 juillet, après que Michel Cacaud, investi par le gouvernement de Vichy, a passé officiellement le pouvoir au nouveau préfet Pierre Daure, les Résistants caennais hissent le drapeau tricolore sur un lampadaire de la place Monseigneur-des-Hameaux et chantent la Marseillaise, marquant ainsi symboliquement la libération de la rive gauche de l’Orne Après la Seconde Guerre Mondiale, la décision fut prise de construire un nouveau lycée. Les locaux libérés devaient être occupés par le musée des Beaux-Arts de Caen et par le musée de Normandie nouvellement créé La construction du nouveau lycée n’étant pas jugée prioritaire, ce projet traîna en longueur. Finalement, les deux musées ont été aménagés dans l’enceinte du château de Caen et c’est l’administration municipale qui occupe désormais l’abbaye depuis l’ouverture du nouveau Lycée Malherbe en 1961. Afin d’accueillir décemment l’hôtel de ville, les locaux ont été restaurés. En 1964, les jardins à la Française de l’esplanade Jean-Marie Louvel ont été redessinés par Louis Bouket d’après des plans du XVIII.me siècle ; afin d’aménager les 11920 m² de l’esplanade, la statue de Louis XIV, qui trônait sur la place depuis 1882, a été déménagée sur la place Saint-Sauveur et l’aile en retour du Petit Lycée, désormais occupé par la police municipale, a été démolie. Le 16 janvier 1965 la première réunion du Conseil municipal se déroule dans la salle capitulaire. Le style de l’abbaye est influencé par l’Art lombard. Lanfranc est d’ailleurs originaire de Lombardie et sa ville, Pavie est sous le patronage de Saint-Étienne. Les tours de la façade possèdent une architecture proche de celles visibles à Ravenne et Milan. La haute façade ne comporte presque aucune décoration, si ce n’est de minces voussures autour des portails et une croix sculptée. Les Tours symétriques sont de plus en plus richement décorées au fur et à mesure de leur élevation. Elles ont été surmontées de flèches gothiques au XIII.me siècle (hauteur 80 et 82 mètres). Le chevet fut construit au XIII.me siècle par un certain maître Guillaume dont la pierre tombale se trouve sous le mur goutterot. Il a été reconstruit au XVII.me siècle après l’effondrement, en 1566 de la flèche de la tour lanterne. Les quatre clochetons surmontés de flèches lui donnent cet aspect original que l’on retrouve à l’Île Maurice et Bayeux. La nef est longue de 56 mètres, elle constitue un parfait exemple du style roman normand. Chacune des 9 travées, dont la première est occupée par l’orgue, comprend 3 niveaux : celui des grandes arcades du rez-de-chaussée, celui des tribunes au premier étage, celui des fenêtres hautes (la claire-voie) au second étage. L’étage des tribunes a pour but, par sa voûte en demi-berceau, de soutenir les murs de la nef. Au niveau des fenêtres, une galerie, la « coursière » permet de faire tout le tour de l’abbatiale. À l’origine couverte d’une charpente en bois (plafond plat ou voûte en berceau comme dans la nef du Mt St Michel ?), la nef a reçu, à partir de 1115, des voûtes sexpartites, sur croisée d’ogives en plein cintre. Ces voûtes seraient, après celles de Durham (Angleterre) et Lessay (Manche) édifiées autour de 1100, les plus anciennes voûtes sur croisées d’ogives de France. La tribune nord est occupée par une horloge comportant l’inscription : Dérigée par Fierville commis, exécutée par Gautier à Caen 1744. Le chœur de l’église abbatiale Saint-Étienne de Caen est le premier édifice construit après l’annexion de la Normandie au domaine royal (1204) quoique certains historiens pensent qu’il pourrait avoir été commencé en 1195 mais cette thèse est discutée. Il témoigne de l’introduction timide du style gothique dans la région et des résistances du style normand. La décoration de petites roses, trèfles et quatre-feuilles est typiquement normande. Il y a 13 chapelles rayonnantes. Les orgues des frères Lefebvre date de 1741. Elles reposent sur deux cariatides du sculpteur Rouennais Gouy. Le tombeau de Guillaume le Conquérant (mort le 9 septembre 1087) était placé au milieu du chœur (peut-être sous la tour lanterne). À la révolution, la pierre tombale du duc Guillaume est à nouveau détruite. Elle est remplacée en 1802 par la pierre tombale visible actuellement. Elle porte, en latin, l’inscription suivante : HIC SEPULTUS EST INVICTISSIMUS GUILLELMUS CONQUESTOR NORMANNIÆ DUX ET ANGLIÆ REX HUJUSCE DOMUS CONDITOR QUI OBIIT ANNO MLXXXVII. Le Palais Ducal, également appelé Palais de Guillaume ou Logis du Roi, a été construit au XIV.me siècle, probablement pour accueillir les hôtes de marque de l’abbaye Endommagé lors des guerres de religion, le bâtiment est transformé à la fin du XVI.me siècle en écurie et en grenier. Après la Révolution française, il sert de magasin à vivres pour l’armée. À partir de 1840, il abrite l’École normale d’instituteurs jusqu’au transfert de cette dernière dans les nouveaux locaux de la rue Caponière (actuellement rectorat de Caen) en 1887. À cette date, il est converti en École normale des institutrices. Depuis 1961 l’édifice est la propriété de la ville de Caen et héberge notamment les archives municipales. Le bâtiment de trois niveaux est aujourd’hui long de 47 mètres sur 12 Il a été prolongé en 1864-1865 par l’architecte départemental Léon-Florentin Marcotte de deux travées par un bâtiment néo-gothique en saillie sur la façade et dont le rez-de-chaussée est occupé par une chapelle. Avant cette date, la façade orientale avait déjà été altérée par l’architecte municipale Guy. Les ouvertures basses et irrégulières du rez-de-chaussée ont été modifiées. À l’étage noble, les huit baies en tiers-point, murées pour la plupart, ont été rouvertes et inscrites dans des ogives supportées par des colonnes. Au niveau supérieur, les ouvertures rectangulaires ont été transformées en oculi inscrites dans des arcs décoratifs incrustés. Trois contreforts ont été détruits et la corniche a été refaite à neuf. Enfin, le pignon sud et la tourelle d’escalier centrale ont été repris pour unifier l’ensemble. La façade occidentale, qui s’ouvre sur une cour au pied des anciennes murailles de l’abbaye, n’a pas été concernée par les travaux du XIX.me siècle ; elle est percée au rez-de-chaussée par des arcades en plein-cintre et aux niveaux supérieurs par des fenêtres de forme quasiment carrée. Au rez-de-chaussée de l’ancien palais, une grande salle offre un très beau vestige de la construction gothique d’origine : une série de colonnes octogonales, alignées sur un axe central, soutient des voûtes en ogive. La salle des gardes est un bâtiment construit au début du XIV.me siècle Elle était utilisée comme salle de réception lors de la venue des hôtes de marques à l’abbaye. La salle à l’étage servait également de palais de justice quand l’abbé rendait des jugements concernant ses terres ou quand l’Échiquier de Normandie, itinérant jusqu’en 1499, passait par Caen ; le rez-de-chaussée était alors utilisée comme salle des pas perdus. Les États provinciaux de Normandie siégeait aussi à l’occasion dans cette salle. Ravagé lors des guerres de religion, l’édifice connait le même sort que le Palais Ducal en étant transformé en écurie et en grenier. La salle prend son nom actuel au XVIII.me siècle, bien qu’elle n’est jamais servie à abriter la moindre garnison. Désirant fermer la cour sud des nouveaux bâtiments conventuels en construction, les moines projettent de détruire le bâtiment ; ils commencent par démolir une tour abritant l’escalier menant à l’étage. La Révolution française sauve l’édifice de la destruction, mais il est sérieusement détérioré quand l’abbaye est transformé en établissement scolaire. En 1804, des baies et la rosace sont murées, tandis que de nouvelles ouvertures carrées sont percées sur la façade ; on installe des cloisons et on multiplie les planchers afin d’installer des salles de classe. En 1828-1830, ces dernières sont transférées dans le couloir des classes que l’on vient de construire dans les jardins à l’est ; on abat alors toutes les cloisons et tous les planchers afin d’aménager un gymnase. Entre 1968 et 1976, la salle des gardes est restaurée avec soin par Jean Merlet, chef des monuments historiques, grâce à une description de l’édifice faite par Arcisse de Caumont à laquelle était jointe une gravure réalisée en 1767 par Andrew Coltee Ducarel La salle à l’étage sert de salle de délibération du conseil municipal depuis le 13 septembre 1973. L’édifice de deux niveaux fait 36 mètres sur 11. Plus ancien que le reste des bâtiments conventuels, il est légèrement désaxé par rapport aux bâtiments du XVIII.me siècle. Au sud, la façade est ouverte par trois hautes fenêtres ogivales couronnées d’un gable. Elle est encadrée par deux tourelles octogonales qui étaient à l’origine coiffées par des pyramides à huit pans. Au nord, la façade est percée d’une rosace fermée par vitrail, restaurée grâce à des gravures anciennes, dont le centre représente un château, emblème de Caen au XIV.me siècle. Sur la façade orientale, on peut encore voir les vestiges de l’ancienne tour abritant l’escalier ; de forme carrée, elle était renforcée par des contreforts et couronnée par une haute toiture à quatre pans. Les façades sont percées de baies en tiers-point décorées de pilastres cannelées. Au rez-de-chaussée, sont exposés les résultats de la fouille menée sur le site en 1974 et entre 1979 et 1981 ; au centre de la salle, le squelette de la première caennaise connue, une femme ayant vécu vers -2000 avant Jésus-Christ, est disposé dans une sépulture recouverte d’un tombeau vitré. À l’étage, la voûte en forme de coque de bateau renversée a dû être reconstruite en châtaignier, mais les deux poutres d’origines, en chêne, ont été conservées ; cette voûte était autrefois peinte d’armoiries qui n’ont malheureusement pas pu être restituées Au sol en revanche, la céramiste Françoise Bizette, secondée par Catherine Le Couey, a pu reproduire le pavage à l’ancienne constitué de pavés de briques vernissées dont une partie était conservée par la Société des antiquaires de Normandie ; ces carreaux représentent soit les armoiries de villes et de provinces (Caen, Normandie, Angleterre, Flandres) ou de personnages (abbés, des bienfaiteurs et grands seigneurs y ayant séjourné), soit des symboles religieux ou des motifs géométriques, soit enfin la conquête de l’Angleterre de 1066 Les deux cheminées détruites au XIX.me siècle ont également pu être restaurées. Les fortifications (XIV .me siècle), Il en reste des vestiges à deux endroits : une muraille et une tour, rue du Carel, et la tour Guillaume au fond de la cour du Palais Ducal, rue Lebailly. La boulangerie (XVIIe siècle), Elle est Située à l’extrémité sud de l’enceinte de l’abbaye, ce petit bâtiments du XVIIe siècle et une partie de l’ancienne charretterie abritent, depuis 1974, les collections du Musée d’Initiation à la Nature. Le cloître a été reconstruit à la place de l’ancien par Guillaume de la Tremblaye. La construction a duré plusieurs décennies• galerie est (1725-1728) • galerie nord (1734-1736) • galerie ouest (1741-) Les galeries sont de type toscan : les arcades en plein cintre sont encadrées par de fausses colonnes rectangulaires légèrement en saillies surmontées de chapiteaux doriques comme à l’abbaye d’Ardenne reconstruite à la même époque. À l’intérieur, les arcades sont rythmées par des arc-doubleaux reposant sur le même type de fausse colonne. Le plafond des arcades est constitué de voûtes d’arêtes doubles déprimées avec lunettes longitudinales et transversales et de plafonds centraux octogone bordés de nervure Le même dispositif a été employé à l’abbaye aux Dames, mais le cloître n’y a jamais été fermé par manque de moyen. Lors de la restauration de l’ancienne abbaye dans les années 1960, le jardin « à la française » inspiré de ceux de Le Nôtre ont été reconstitués. Au XIX.me siècle, il avait été transformé en terrain d’exercice et en cour de promenade pour les lycéens. Les travaux de reconstruction de l’abbaye ont commencé par l’aile orientale. La première pierre a été posée le 3 octobre 1704 par l’évêque de Bayeux, Monseigneur de Nesmond, et par l’intendant de la généralité, Nicolas Joseph Foucault Le gros œuvre et les sculptures de la façade sont achevés en 1713 et la toiture est terminée en 1715. Les travaux aboutissent en 1726. Ce bâtiment, long de 105 mètres a été construit dans l’alignement du croisillon sud de l’église abbatiale. Il est composé de trois niveaux de 20 mètres de haut, du sol jusqu’à l’entablement, et d’un toit mansardé. L’aile du réfectoire, dans les caves, on peut trouver un pressoir de la fin du XVII.me siècle les moines l’utilisaient pour la fabrication du cidre destiné à leur propre consommation. Au XIX.me siècle, il était toujours en activité pour le compte du lycée. Le pavillon d’entrée, ce bâtiment a été construit entre 1730 et 1734 pour accueillir la porterie, le parloir et le bureaux des officiers. L’esplanade Jean-Marie Louvel (XVIII.me siècle), du nom d’un ancien maire de Caen, elle se situe devant le bâtiment conventuel. C’est un parc aménagé à la Française.
Nous sommes accueillis dans une petite pièce appelée le chauffoir, on y remarque une splendide cheminée. Nous accédons dans le lieu où les moines se réunissaient pour les prières et où ils pouvaient discuter de la gestion du monastère, il était formellement interdit de parler en dehors de cette salle, c’était une des règles des moines bénédictins qui étaient (silence, travail et prière). Cette salle servait aussi de chambre capillaire où le moine supérieur lisait les chapitres, à l’époque du lycée impériale cette salle est devenue la chapelle du lycée. Aujourd’hui cette salle est devenue la salle des mariages de la mairie de Caen, les murs sont recouverts de boiseries sculptées, 2 grandes tentures du XVII.me siècle égaient la salle, des tableaux sont disposés contre les murs. Nous accédons à la sacristie, c’est le vestiaire des moines ils venaient se changer ici avant de participer aux offices, la journée était rythmée par 7 offices, chaque angle de la salle est ornée de prie dieu qui possède une marche amovible au meuble afin de pouvoir s’agenouiller avant d’aller aux offices. La salle est meublée de rangements aux vêtements religieux, des vitrines renferment les différents vêtements portés par les moines bénédictins dont certains sont admirablement brodés. Les murs sont ornées de miroirs eux-mêmes finement décorés de symboles religieux, les miroirs sont installés de façon à refléter une sorte de trompe l’œil. Des tableaux sont disposées contre les murs, Nous passons dans un hall qui séparait le monastère de l’abbatiale, la première prière la mâtine avait lieu à 4 heures du matin, un immense et somptueux escalier rompt la monotonie de l’espace. La construction de l’abbaye aux hommes a été réalisée en pierre de Caen, elle à la particularité de durcir et de blanchir à l’air libre, Guillaume le Conquérant va d’ailleurs l’exporter en Angleterre dès son accès au trône royal en 1066. Une statue en cire la même qui se trouve au musée Grévin représente Guillaume le Conquérant, c’est une commande de la ville de Caen pour fêter le 900.ème anniversaire de l’abbaye aux hommes, le costume porté par Guillaume sont l’œuvre de Christian Dior qui s’est inspiré du tissu de la tapisserie de Bayeux pour le créer. Nous sommes dans le cloître où les moines déambulaient en silence, au centre se trouvait un potager et un jardin de plantes médicinales. Nous nous trouvons juste en face de l’église abbatiale, nous découvrons aussi la tour lanterne, elle mesurait 90 mètres de haut, elle était en bois, elle brûle pendant les guerres de religions, on l’a reconstruit en pierre moins haute, elle ne mesure plus que 48 mètres. Nous quittons le cloître où le nouveau maire de caen fait une série photos, nous nous rendons au réfectoire du monastère. Aujourd’hui c’est la salle de réception de la mairie, les murs sont pavoisés d’une multitude de tableaux, un peu fatigué nous profitons des fauteuils confortables pendant que la guide décrit les tableaux aux plus courageux. L’ancien réfectoire devenue salle de réception à une longueur de 30 mètres pour une largeur de 9 mètres, le sol est recouvert d’un magnifique tapis, il est l’œuvre d’un tapissier local. Nous passons dans une salle où étaient inscrit le planning des offices du monastère, au-dessus de chaque tableau ou semainier sont rappelées les 3 règles de l’ordre des bénédictins. Nous quittons le monastère, nous abordons l’église abbatiale, nous y pénétrons nous sommes impressionnés par son volume, elle mesure 107 mètres de long. Notre guide nous narre les péripéties de l’église et de ses évolutions, nous n’en parlerons pas, car nous l’avons relaté dans la présentation ci-dessus. Après près de 2 heures de visite nous rejoignons notre autocar, nous apercevons l’hippodrome de Caen, nous franchissons l’Orne, nous distinguons le port de plaisance. Nous passons devant l’abbaye aux dames, elle abrite le conseil régional. C’est en somnolant que nous arrivons à Luc-sur-Mer, nous avons droit à un repas gastronomique, j’offre l’apéritif pour mon départ à la retraite, après le dîner nous effectuons notre promenade digestive en bord de mer avant d’aller nous reposer.

(8) Nous commençons notre éveil du corps par un jogging en bord de mer avec Fabienne, la journée s’annonce belle, il est 6 heures du matin et le soleil commence à poindre. Le thème du circuit proposé aujourd’hui est journée gourmande, nous contournons Caen, nous roulons au milieu de plaines où coulent la Dives et la Touque, nous sommes dans le pays d’Auge. C’est le royaume des pommiers, des herbages qui font saliver les vaches normandes. Le cidre est une boisson très ancienne, les phéniciens et les grecs en buvaient déjà il y a plusieurs millénaires. Pour fabriquer le cidre, on presse des pommes puis on laisse fermenter le jus obtenu. C’est à partir du XVI.me siècle que l’on va importer des greffons du sud-ouest et d’Espagne pour améliorer la race rustique des pommes normandes. Il existe plusieurs centaines de qualités de pommiers, le cidre provient d’un savant dosage de qualités de pommes certaines pour l’alcool, d’autres pour donner une couleur ambrée au cidre et d’autres pour leur acidité. Nous traversons le grenier de la Basse-Normandie, l’architecture des maisons sont à pans de bois, le village de Beuvron en Auge est un musée à ciel ouvert à titre architectural, dommage notre retard ne nous permet pas de le traverser. La production laitière du pays d’auge permet d’affiner de nombreux fromages dont le Livarot, le Pont-l’Evêque sans oublier le camembert. Ce sont tous des fromages AOC dont le cahier des charges oblige qu’ils soient le fruit du lait de vaches normandes, le cheptel de la race normande a été un temps abandonné, mais aujourd’hui sa réintroduction dans les exploitations agricoles a été réalisée. Le livarot est cerclé de 5 bandes de roseau qui permettent de lui donner sa forme circulaire, aujourd’hui les bandes de roseau sont remplacées par des bandelettes de papier. Nous passons devant l’abbaye de saint-Pierre sur Dives, l’église abbatiale est devenu la paroisse du village. Guillaume le Conquérant était devenu obèse à la fin de sa vie, il voulait récupérer le Vexin français, il a donc envoyé une délégation auprès du jeune roi de France Philippe en 1087.La délégation est reçue assez froidement par le jeune roi, il se permit même de blaguer sur l’embonpoint de guillaume. Il lança à la cantonade »quand bon ce gros homme accouchera-t-il », la délégation rapporte à guillaume la boutade qu’il n’apprécie pas du tout. Ile renvoie la délégation avec un message clair (je vais venir fêter mes relevailles avec 1000 lances en guise de cierges », la guerre est donc déclarée. Guillaume lève une armée, il traverse le vexin français qu’il met à feu et à sang. Il passe à Mantes, il met la collégiale à feu, elle brûle, c’est pendant l’incendie de la collégiale qu’une poutre tombe non loin de guillaume. Son cheval réagit, il se cabre, Guillaume tombe lourdement sur le pommeau de sa selle. Il se fait une éventration douloureuse interne, on le ramène grièvement blessé à Rouen, il agonise et meurt. Nous circulons sur une route qui franchit des collines et des vallées, elle est très sinueuse, comme l’ardoise à remplacer la chaume au XIX.me siècle, au XX.me siècle c’est la tuile qui a pris le pas sur l’ardoise. Nous descendons dans la vallée de la Vie, nous arrivons à Livarot où les maisons sont à colombage ou en briques rouges. Nous arrivons à la fromagerie Grain d’Orge à Livarot, un ancien camion Citroën U23 qui servait au ramassage du lait est superbement exposé dans la cour. Nous commençons la visite par une salle où sont exposés tous les objets, outils anciens qui ont servi pour la traite du lait, le stockage et son ramassage, la transformation et la fabrication du fromage. Dans ce site de production Grain d’Orge on élabore que le livarot et le pont-l’évêque, le camembert et le Neuchâtel sont fabriqués sur d’autres sites de production. Le site de production de Livarot à une centaine d’années, il a été créé en 1910, la fromagerie a subi un incendie en 1999, elle fut complètement détruite. On a donc du tout reconstruire, tout réaménager le site de production et on a pensé, imaginé et créé la visite de l’entreprise. Nous commençons la visite par audiophone, ce n’est pas vivant, mais il faut hélas s’y habituer. Nous assistons à une petite projection, elle nous explique les différentes opérations depuis la traite du lait à la dégustation du fromage. A travers d’un couloir vitré nous surplombons la partie livraison de la matière première qu’est le lait, ensuite nous passons dans la partie laboratoire. Nous apercevons les différentes phases de fabrication du livarot qui est toute automatisée, un seul homme supervise la chaîne. Le circuit se termine par une sorte de petit musée, nous y découvrons toutes sortes d’instruments liés à la production laitière et fromagère. En France nous consommons 13000 tonnes de camembert, la consommation annuelle totale de fromages est de 4 millions de tonnes. La consommation moyenne quotidienne est de 40 grammes par personne, il y a des fromages appréciés plus par les hommes et d’autres plus par les femmes. 96% des français mangent du fromage, il y a beaucoup d’expressions qui empruntent le mot fromage, comme « en discuter entre la poire et le fromage » ou « se partager le fromage » etc. On produit 1600 tonnes de livarot annuellement, 3500 tonnes de pont-l’évêque, la consommation de neuchatel est plus locale donc moins importante. Nous descendons dans la cave d’affinage, les fromages sont disposés sur des claies pour le séchage. Nous passons à proximité de la salle d’emballage, puis nous arrivons dans la salle où on nous convie à la dégustation du livarot, du pont-l’évêque, du camembert et du neuchatel, il manquait un petit verre de blanc pour faire glisser tout cela. Nous reprenons notre circuit, nous retraversons Livarot, nous passons devant la fabrique de cidre Ecusson, nous nous engageons dans la direction de lisieux.17 kilomètres nous séparent de lisieux, nous commençons à apercevoir le dôme de la basilique de Lisieux. Nous traversons le village de saint-hippolithe dont le manoir a été transformé en restaurant, nous approchons de lisieux, nous traversons la vile dont voici une présentation :
Lisieux est une commune de 13 kilomètres carrés pour une population de 23300 habitants, située dans le département du Calvados. Le nom de la ville vient du peuple gaulois qui habitait la région : les Lexovii. Cela explique également que les habitants de Lisieux sont appelés les Lexoviens. Lisieux est siège d’évêché. Lisieux est la principale ville du Pays d’Auge. Lisieux a été depuis le Moyen Âge le siège d’un des 7 évêchés de Normandie, relevant de la province de Rouen. Il a été fusionné avec celui de Bayeux, l’évêque portant désormais le titre de « Bayeux et Lisieux ». Le plus célèbre des évêques de Lisieux est probablement Pierre Cauchon qui eut une influence décisive lors du procès de Jeanne d’Arc. La dévotion à Sainte Thérèse, qui vécut au Carmel de Lisieux, en fait la deuxième plus importante ville de pèlerinage de France (après Lourdes). Détruite à 60 % en 1944, Lisieux conserve peu de monuments anciens. • La Cathédrale Saint-Pierre (gothique) • La Basilique Sainte-Thérèse : style romano-byzantin du XX.me siècle. • Le Carmel, monastère qui a accueilli sainte Thérèse. Il est toujours occupé. • Les Buissonnets, propriété de Louis Martin, père de Sainte Thérèse• .La Médiathèque André Malraux de Lisieux• L’Institution Frémont, et la chapelle de l’Institution ainsi que le vieux Manoir datant du XV.me siècle, restauré dans les années 1990. • l’hôtel de ville (XVIII.me siècle), ancien hôtel particulier• Le musée d’art et d’histoire• Hôtel du Haut-Doyenné, ancienne résidence du haut-doyen au XVIII.me siècle. Le Haut-Doyen était le second personnage religieux de la ville après l’évêque. L’École Nationale de Musique et de Danse de Lisieux y est située depuis sa création. Evènements : • 1590 : lors de la huitième guerre de religion, Henri IV doit conquérir son royaume. Lorsqu’il arrive à Lisieux, la garnison s’enfuit, et il prend la ville sans combat • 1907 : Premier décollage d’un hélicoptère, réalisé par Paul Cornu. • 1937 : Venue à Lisieux de Monseigneur Eugenio Pacelli, légat du pape et futur Pie XII et 7 juin 1944 : Les bombardements alliés font plus de 800 victimes et détruisent la ville aux deux tiers• 23 août 1944 : Libération par les troupes alliées• 2 juin 1980 : Visite du pape Jean-Paul II. Sainte Thérèse, de son vrai nom Thérèse Martin est née en 1873 et décédée en 1897.
Nous faisons une halte pour visiter la basilique sainte-Thérèse, nous pénétrons à l’intérieur de la basilique, ensuite nous accédons à la crypte, voici une présentation de la basilique de Lisieux et de la vie de sainte-Thérèse :
La Basilique de Sainte Thérèse est située à Lisieux, en France. Sa construction a débuté en 1929 et sa consécration a eu lieu en 1954. Aujourd’hui, elle est le deuxième lieu de pèlerinage en importance en France (après celle de Lourdes). Sainte Thérèse de Lisieux ayant été béatifiée en 1923 et canonisée en 1925, il fut décidé de construire une grande basilique vouée au pèlerinage dans la ville où elle avait vécu et où elle était morte. En effet, la dévotion à la nouvelle sainte attirait rapidement des foules de plus en plus importantes. Ce projet, lancé par l’évêque de Bayeux et Lisieux, Mgr Lemonnier, reçut le soutien total du pape Pie XI qui avait placé son pontificat sous le signe de Sainte Thérèse. Précédé d’un vaste parvis, le monument se trouve sur une colline, en limite de la cité qu’il domine de sa masse imposante. Il a été entièrement financé par des dons et souscriptions spécifiques venus du monde entier. Les travaux ont été commencés le 30 septembre 1929. Ils furent supervisés par trois architectes de père en fils, les Cordonnier Louis-Marie, puis son fils Louis-Stanislas et son petit-fils Louis. Le monument ne sera terminé que le 11 juillet 1954 à cause de la seconde guerre mondiale. Son style composite (dit romano-byzantin) est fortement inspiré de celui de la basilique du Sacré-Cœur à Paris. La basilique a été consacrée en 1937, en présence du cardinal Pacelli, légat du pape et futur Pie XII. Par ses dimensions, l’édifice, construit en béton armé et granit, se compare aux plus grandes cathédrales : • longueur : 104 m ; • largeur du transept 50 m ; • largeur de la nef 30 m ; • hauteur du dôme 95 m ; • hauteur de la coupole 50 m ; • la croix surmontant l’ensemble mesure 1,70 m; • hauteur des voûtes 37 m ; • superficie 4500 m². C’est une des plus grandes églises construites au XX.me siècle ; elle peut accueillir 4000 personnes. La structure de base, qui a été terminée avant la guerre, a subi peu de dégâts lors des bombardements qui détruisirent Lisieux aux deux tiers ; elle a probablement été épargnée grâce à sa position en limite d’agglomération. Sa décoration a été entreprise dans les années 1950. L’édifice est en forme de croix latine, avec nef, chœur et transept. La croisée est surmontée d’une imposante coupole. Le volume intérieur est d’un seul tenant, sans nefs collatérales ni déambulatoire : du fait de l’absence de colonnes, tous les fidèles qui assistent aux offices en ont une vue sans obstruction. La plus grande partie de l’intérieur de la basilique est couverte de mosaïques. Les sculptures sont de Robert Coin, les dessins des mosaïques et vitraux de Pierre Gaudin et les orgues de la maison Cavaillé-Coll (54 jeux). L’édifice contient 18 autels mineurs offerts par différentes nations en ex-voto à Sainte Thérèse. À partir de l’entrée, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre : • Nef, côté droit : Mexique – Espagne – Italie• Transept, côté droit : Ukraine – Chili • Chœur, côté droit : Brésil – Argentine – Portugal • Chœur, côté gauche : États-Unis – Colombie – Grande-Bretagne • Transept, côté gauche : Écosse – Allemagne – Cuba – Irlande • Nef, côté gauche : Canada – Belgique – Pologne. La crypte de la basilique Terminée en 1932, la crypte évoque le secret de la vie spirituelle de Thérèse. Longue de 50 m et large de 30 m, elle est décorée de marbre et de mosaïques représentant certaines scènes importantes de la vie de sainte Thérèse : baptême, première communion, guérison miraculeuse, engagement dans la vie religieuse, décès. Le campanile de la basilique Érigé dans les années 60, le campanile est séparé de l’édifice principal et situé sur le parvis. Il n’a jamais été complètement terminé, la priorité ayant été donnée à des œuvres de bienfaisance. Il contient 51 cloches, soit 6 de volée et 45 pour le carillon (toutes chromatiques). On donne des concerts de carillon deux fois par jour. Ce carillon, d’une grande qualité sonore, figure parmi les plus beaux d’Europe. Le campanile a été offert par la Belgique et la Hollande en ex-voto à sainte Thérèse. À l’extérieurderrière l’église, se trouve un chemin de croix monumental où se trouvent actuellement les tombes des parents de la sainte, Zélie Martin et Louis Martin, depuis l’introduction de leur cause de béatification en 1958. La chapelle d’adoration de la basilique Construite en 2000, la chapelle d’adoration est un lieu privilégié de prière silencieuse. On peut y accéder par la Crypte. Elle a été offerte par l’Irlande en ex-voto à sainte Thérèse.
Thérèse Martin naît au 12 rue Saint-Blaise à Alençon, le 2 janvier 1873. Son père, Louis Martin (°1823 – 1894), est horloger et sa mère, Zélie-Marie Guérin (°1831 – 1877), dentellière du point d’Alençon. Tous les deux, de la plus grande piété, font partie de la bourgeoisie aisée d’Alençon. Louis aurait voulu devenir chanoine dans la congrégation des chanoines réguliers du Grand Saint-Bernard (Valais -Suisse), mais son ignorance du latin l’en empêcha. Zélie-Marie avait voulu entrer au couvent, mais on lui avait répondu qu’elle n’avait pas la vocation. Aussi s’était-elle promis, si elle se mariait, de donner si possible tous ses enfants à l’Église. Louis et Zélie-Marie se rencontrent en 1858 et se marient le 13 juillet, tout en ayant décidé de vivre comme frère et sœur dans une continence perpétuelle. Leur confesseur les en ayant dissuadés, ils ont neuf enfants, mais seules cinq filles parviennent à l’âge adulte. Thérèse est la plus jeune ; c’est elle qui devient en religion « Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face ». Ses quatre sœurs deviennent également toutes religieuses : • Marie, née le 22 février 1860, morte le 19 janvier 1940, carmélite (sœur Marie du Sacré-Cœur) à Lisieux. • Pauline, née le 7 septembre 1861, morte le 28 juillet 1951, carmélite (Mère Agnès de Jésus) à Lisieux. • Léonie, née le 3 juin 1863, morte le 16 juin 1941, visitandine (sœur Françoise-Thérèse) à Caen. • Céline, née le 28 avril 1869, morte le 25 février 1959, carmélite (sœur Geneviève de la Sainte-Face) à Lisieux. À quatre ans et demi, Thérèse perd sa mère emportée par un cancer du sein le 28 août 1877. La famille s’installe alors à Lisieux pour se rapprocher du frère de Zélie, le pharmacien Isidore Guérin. Son éducation est l’œuvre, en grande partie, des bénédictines de Lisieux. Après l’entrée de sa sœur Pauline « sa seconde maman », dans les ordres en octobre 1882, Thérèse tombe gravement malade. Elle passe près de la mort, mais elle est sauvée le 13 mai 1883 après avoir prié avec ferveur devant la statue de la Vierge placée dans la chambre. Un miracle se produit, elle voit la Vierge lui sourire. Sa sœur aînée, Marie, rentre dans les ordres en octobre 1886. Après le départ de sa « troisième maman », Thérèse pleure à propos de tout jusqu’à sa complète conversion après la messe de minuit de Noël 1886. Cette nuit-là, le Seigneur lui donne sa force divine. Après la condamnation à mort de l’assassin Pranzini au cours de l’été 1887, Thérèse trouve sa vocation : la conversion des pécheurs par ses prières et le don de sa personne à l’Amour Miséricordieux. Pranzini ayant embrassé la Croix avant de mourir, elle va continuer de prier pour tous les pécheurs et souhaite rentrer au Carmel de Lisieux dès Noël 1887, mais elle devra attendre jusqu’au 9 avril 1888. À l’âge de quinze ans et trois mois, elle devient enfin carmélite, le 9 avril 1888, après avoir vainement essayé plus tôt d’obtenir une dérogation de Léon XIII qu’elle avait sollicitée directement lors d’un voyage familial à Rome en novembre 1887. Huit ans plus tard, en 1896, elle est atteinte de la tuberculose. A la même époque, elle souffre de déréliction (nuit de la foi) qu’elle traversa « en se jetant dans l’Amour ». Elle meurt de la tuberculose à Lisieux le 30 septembre 1897 à 24 ans et demi, laissant une autobiographie, L’Histoire d’une âme, que sa supérieure, « mère Agnès », lui avait demandé de rédiger. Elle y explique ce qu’elle appelle la « petite voie », une petite voie, selon elle, toute droite pour aller à Dieu, faite d’humilité et d’absolue confiance dans Sa Miséricorde, un chemin praticable par tous. << Je ne meurs pas, j'entre dans la vie >> Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte FaceÀ sa mort, elle est quasi inconnue. Ses obsèques sont célébrées en présence d’une petite trentaine de personnes. Très vite, pourtant, sa tombe devient un lieu de pèlerinage. Lors de l’introduction de sa cause en béatification, le 10 juin 1914, la supérieure de son monastère exprime d’abord sa surprise. Néanmoins, elle est béatifiée le 29 avril 1923 et canonisée le 17 mai 1925 par Pie XI qui l’appelle l’étoile de son pontificat. Elle est déclarée patronne des Missions en 1927. Son rayonnement s’accroît si rapidement qu’il faut trouver une solution à l’accueil des pèlerins : on édifie à cet effet l’immense basilique Sainte-Thérèse de Lisieux à partir de 1929. Thérèse est proclamée sainte patronne secondaire de la France en 1944 par Pie XII. Le 19 octobre 1997, Thérèse est proclamée docteur de l’Église par Jean-Paul II. Dans sa lettre apostolique Divini amoris scientia, il explique : « Dans les écrits de Thérèse de Lisieux, sans doute ne trouvons-nous pas, comme chez d’autres docteurs, une présentation scientifiquement organisée des choses de Dieu, mais nous pouvons y découvrir un témoignage éclairé de la foi qui, en accueillant d’un amour confiant la condescendance miséricordieuse de Dieu et le salut dans le Christ, révèle le mystère et la sainteté de l’Église. » Les parents de sainte Thérèse ont été déclarés « vénérables » par Jean-Paul II le 26 mars 1994. D’ailleurs, Thérèse disait d’eux qu’elle avait eu des parents « plus dignes du Ciel que de la terre ». Le procès pour leur béatification est en cours; aux dernières nouvelles, leur guérison soudaine d’un bébé serait inexplicable. Avant même sa canonisation (1925), furent construits les premiers monuments dédiés à la petite Thérèse. En 1923, le P. Daniel Brottier, qui vient d’être nommé Directeur de l’œuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil, décide la construction d’une chapelle dédiée à la « Bienheureuse Thérèse de l’Enfant Jésus ». Le Bienheureux Daniel Brottier est convaincu d’avoir été protégé par elle pendant la Grande Guerre et qu’elle l’a gardé pour qu’il s’occupe de ses enfants d’Auteuil. Sa conviction est renforcée quand il apprend que Thérèse priait déjà pour les enfants d’Auteuil avant sa mort. Elle sera la « petite maman des enfants d’Auteuil ». La chapelle sera terminée en un temps record et la messe y sera célébrée dès 1925. C’est le premier sanctuaire en France créé et dédié à sainte Thérèse. Aujourd’hui encore, au sein de la Fondation d’Auteuil (40 rue de Jean de la Fontaine, Paris XVIe) elle abrite des reliques de Sainte Thérèse et est ouverte toute l’année au public. A peu près dans le même temps, le collège Saint-François-de-Sales d’Alençon entreprend la construction d’une chapelle en l’honneur de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Cette chapelle se trouve toujours au sein de l’ensemble scolaire Saint-François de Sales à Alençon, la ville natale de Thérèse. La chapelle de Logelbach (Haut-Rhin), construite en 1855 comme chapelle privée par la famille Herzog, fut dédiée en 1925 à sainte Thérèse de Lisieux ; de style néogothique, elle est une réplique de la Sainte-Chapelle de Paris et contient une relique de la sainte, encastrée dans le tabernacle. En grès rose des Vosges, la construction est pourvue de clochetons, de gargouilles, de vitraux de Munich et de boiseries. Antoine Herzog, fondateur des usines de même nom, fut à l’initiative de la construction de l’édifice. L’inauguration eut lieu en 1865. L’église fut réservée aux propriétaires jusqu’au 19 mars 1893, date d’ouverture au public. À Toulon, la chapelle Saint-Thérèse fut construite en 1938. À Metz, l’église de la « nouvelle ville », en forme de livre ouvert pour rassembler entre ses pages tous les croyants, lui est dédiée. Commencée en 1934, elle ne sera terminée qu’après la guerre.
Nous rejoignons notre autocar, nous prenons la direction de Pont-l’Evêque qui est situé à 17 kilomètres de Lisieux, nous arrivons au restaurant du père Magloire à Pont-l’Evêque. C’est un restaurant original, les tables sont installés dans d’immenses foudres en bois de 30 mètres cubes environ, nous y dégustons un véritable repas normand avec son poulet accompagné de pommes d’en bas et d’en haut.
C’est sous un soleil radieux que nous reprenons la route, nous traversons Pont-l’Evêque, la ville a subi les bombardements de 1944, nous longeons la Touque qui traverse Lisieux et Pont-l’Evêque, elle se jette elle se jette entre Deauville et Trouville. Pont-l’Evêque était un octroi situé sur la rivière, les bateaux devaient s’acquitter d’une redevance comme droit de passage, elle était ensuite versée à l’évêque. Nous passons près du lac et du château de Pont-l’Evêque, nous circulons en pleine campagne qui est le paradis du pommier. Nous traversons Coquainbilliers, des moutons broutent sous les pommiers, nous arrivons à l’espace Boulard où nous allons visiter la distillerie. Nous sommes accueillis dans la distillerie de calvados Boulard, 8 alambics en cuivre reluisent, le calvados provient de pommes à cidre, elles sont plus petites que celles que l’on consomme, il en existe une multitude de variétés près de 900. Il existe des pommes douces, acides et amères douces. Les pommes sont récoltées dans les vergers de la distillerie près de lisieux, ca représente 63 hectares et 36000 arbres. Cette quantité importante ne représente qu’un tiers des besoins de la distillerie, le reste provient de petits producteurs de la région. Pour conserver l’AOC il est impératif que les pommes proviennent du pays d’Auge, une fois les pommes récoltées, elles sont amenées à la cidrerie où elles seront lavées, triées, broyées afin d’obtenir le moue de pommes. On peut donc le faire fermenter jusqu’à 5 ou 6 degrés d’alcool pour obtenir du cidre à consommer, sinon on l’amène à une fermentation complète à 16% d’alcool, c’est ce que l’on appelle le cidre à distiller. Il n’est pas consommable, il est trop acide et même vinaigré, on le transporte à la distillerie, on l’entrepose dans des cuves énormes qui se trouvent à l’extérieur. Ensuite on introduit 2000 litres de cidre à distiller dans l’alambic, on chauffe progressivement jusqu’à 100 degrés au propane, c’est la première chauffe, elle dure 6 heures, elle permet d’obtenir 380 litres d’alcool, cet alcool ne peut pas être consommée, on attend de reformer 2000 litres d’alcool de première chauffe, on la distille une seconde fois, nous obtenons alors l’AOC de la maison Boulard. On obtient donc de nouveau 380 litres d’eau de vie, elle est très parfumée et incolore, mais on ne peut pas la consommer car elle est beaucoup trop forte, on entrepose donc l’eau de vie en fût de chêne. Pour un litre de cidre il faut 15 kilogrammes de pommes, pour un litre de calvados il faut 6 litres de cidre, un litre de calvados subi 18 heures de distillation en tout, le vieillissement du calvados varie entre 2 et 20 ans en fût de chêne. Auguste boulard est le fondateur de la distillerie, elle date de 1825, aujourd’hui l’entreprise à une renommée mondiale. 80% de la production est exportée dans 60 pays différents, les plus gros consommateurs sont les japonais et les canadiens. La production de la distillerie est de 800000 bouteilles par an, aujourd’hui c’est la cinquième génération boulard qui œuvre à la destinée de l’entreprise. Nous pénétrons dans les chais, l’eau de vie est stockée dans d’énormes foudres pendant quelques mois, après le passage de l’inspecteur de l’INAO et contrôle de l’AOC, une fois l’appellation obtenue, on soutire l’eau de vie des grands foudres vers des petits fûts en chêne qui ont une capacité entre 400 et 700 litres. C’est à partir de ce moment là que le processus de vieillissement va commencer, il y a le phénomène d’oxydation, l’alcool va ronger le bois pour en dégager le tanin ce qui colorise et parfume l’alcool. Le second phénomène est l’évaporation, l’eau de vie est à son origine chargée de 70 degrés d’alcool, elle perd 0,5 degré par an, l’évaporation d’alcool en fût de chêne est de 2% par an. Pour diminuer la teneur en alcool pour la rendre consommable on y adjoint de l’eau distillée, l’évaporation est appelée la part des anges. La distillation s’effectue de novembre à juin, nous passons au petit bistrot pour la dégustation. C’est imbibé de calvados que nous avons repris la route, nous passons devant le château du Breuil il a été la propriété de Françoise Sagan. Elle l’avait acheté avec ses gains remportés au casino de Deauville, mais l’appât du jeu l’a ruiné, elle a donc été obligé de revendre son joyau qu’elle n’avait plus les moyens d’entretenir. Nous sommes à 12 kilomètres de Deauville, nous passons devant l’aéroport de Deauville, notre autocar nous dépose devant le casino de deauville, il se trouve à proximité des hôtels prestigieux que sont le Royal et le Normandie. Nous avons fait une promenade sur les planches de Deauville où de jolies créatures prenaient leur bain de soleil, ensuite nous avons zoné dans la principale rue de la cité balnéaire. Tous les rez-de-chaussée des immeubles sont occupés par des commerces de prestige, juste le prix des articles mis en vitrine nous font reculer, c’est une sorte de zoo où l’accès des magasins nous est interdit par l’aspect financier. Les bords des trottoirs sont une exposition de voitures de renom avec leurs propriétaires sur le retour d’âge, ils rodent, ils pavoisent, ils sont à la recherche de la petite pétroleuse qui s’active sur le trottoir, c’est un spectacle en plein air. Cet étalement d’argent, ce gaspillage même, nous prouve que la répartition de l’argent en France est à repenser. Voici une présentation des 2 cités balnéaires que sont Deauville et Trouville séparées par le fleuve côtier la Touque :
Deauville est une commune du département du Calvados, dans la région Basse-Normandie, elle a une superficie de 3,057 kilomètres carrés pour une population de 4364 habitants. Ses habitants s’appellent les Deauvillais(es). À Deauville est renommé pour son casino, ses champs de courses, son port, sa marina, son Palais des Congrès (Centre International de Deauville), ses villas ses hôtels et ses discothèques, Deauville est une des plus fameuses plages normandes. Elle est souvent associée avec sa vis-à-vis Trouville-sur-Mer, son chef-lieu de canton, de l’autre côté de la rivière la Touques. Le village appelé tout d’abord « Dosville » était disposé autour de l’église Saint-Laurent, dont la partie la plus ancienne remonterait au XIIe siècle. En 1850, il existait une dizaine de fermes, 26 maisons, et une centaine d’habitants qui vivaient de l’agriculture et de l’élevage. Trouville, sa voisine, était un village de pêcheurs. Les marais, situés en contrebas du village et sur lesquels allait s’édifier le futur Deauville, servait à faire paître les vaches et les moutons. Le Casino de Deauville, lieu de rencontres et de mondanités, connut des soirées de gala réputées, ainsi qu’une grande activité dans les salles de jeux. La période des Années Folles marque le sommet de cette réussite avec des grands personnages comme le roi Alphonse XIII d’Espagne ou bien encore André Citroën. Dans les années 1930, Deauville ne fut pas épargnée par la crise internationale qui atteint la France. Monsieur Fossorier, maire à l’époque, réagit en élaborant un programme d’économies. C’est dans les années 1960 que Deauville prit conscience de son image et de ses atouts, mais également de la nécessité de s’adapter aux exigences d’une nouvelle clientèle. Michel d’Ornano succéda à la mairie à Robert Fossorier, et Lucien Barrière à son oncle, François André. Les résidences secondaires fleurirent en remplacement des grandes villas, ce phénomène s’étant accentué grâce à l’extension de la bretelle de l’autoroute A13 jusqu’à Deauville.l’été 1858 : Le duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, fut invité à Trouville-sur-Mer par son médecin, le Docteur Oliffe qui dirigeait le salon du Casino de Trouville-sur-Mer. Morny saisit l’opportunité d’exploiter ce rivage de sable et de marais, pour créer à cet endroit la ville de Deauville. Ainsi se forma une association d’hommes venus d’horizons différents, dont le but était, selon les mots mêmes de Morny, de créer « le royaume de l’élégance ». Aux côtés de Morny et du Dr Oliffe, on trouvait également Anatole Demidoff, prince de San Donato, mari de la princesse Mathilde, M. Donon, un banquier parisien, directeur de la banque ottomane, qui sut trouver les fonds nécessaires à l’opération, et M. Breney, un architecte parisien inspiré par le Baron Haussmann, qui dressa les plans de la future ville et devint le premier maire du grand Deauville• En 1860, la société immobilière constituée par ces hommes racheta à la commune les marais pour la somme de 800000 francs or. en quatre années, de 1860 à 1864, « Deauville sortit des sables »• 1862 : création du champs de courses par le Duc de Morny (propriétaire de la Société d’Encouragement)
• 1863 : première liaison en chemin de fer Paris-Deauville
• 1864 : pose de la première pierre de l’église Saint Augustin de Deauville. Première course de chevaux sur l’hippodrome de Deauville-La Touques• 1865 : inauguration de l’église de Deauville• 1899 : création du premier golf de Deauville nommé « old course ou golf club ». Il était situé à la sortie ouest de la ville, entre l’actuelle avenue de la République et le coteau. Un tiers du terrain était sur Deauville et les deux tiers du terrain étaient sur Bénerville. Il a fonctionné jusqu’à l’entre-deux guerres, supplanté par le « new golf » devenu le golf Barrière. • 1911 : Désiré Le Hoc, maire de Deauville, veut donner un nouvel essor à la ville en la modernisant. Il fut appuyé dans cette démarche par Eugène Cornuché• 1912 : construction de l’hôtel Normandy Barrière et du Casino de Deauville• 1913 : construction de l’hôtel Le Royal Barrière• 1923 : création de la « Promenade des Planches» en bois exotique (l’azobé)• 1927 : décès d’Eugène Cornuché, François André prend la direction des grands établissements de Deauville (hôtels et casino). 1928 : inauguration du champs de courses de Deauville-Clairefontaine. 1929 : construction de l’hôtel du Golf Barrière et aménagement du terrain de golf le ceinturant. • 1931 : inauguration de l’aéroport de Deauville – Saint-Gatien. À la même époque, le chemin de fer local obtient de se faire construire l’actuelle gare, qui, à l’époque, semblait d’architecture révolutionnaire. La navigation de plaisance connaît également un essor important, un bassin est spécialement aménagé à cet effet. •1936 : Robert Fossorier devient maire. •1940-1944 : l’état-major allemand réquisitionne les hôtels Normandy et Royal et occupe les plus belles villas• 1944 : libération de la ville par les troupes belges et passage de la Brigade Piron, dont le pont séparant Deauville de Trouville garda le nom• 1962 : Michel d’Ornano devient maire• 1964 : construction de la piscine (eau de mer chauffée à 27°)• 1972 : le bassin des yachts étant à saturation, construction d’un nouveau port en eau profonde équipé de marinas : Port-Deauville• 1975 : création du Festival du Cinéma Américain• 1977 : Anne d’Ornano succède à son époux à la tête de la mairie de Deauville. L’aménagement des lais de mer (la double promenade le long de la plage agrémentée de jardins et de parkings), et la rénovation des deux places phares de la station (la place Morny et la place de la Mairie) ont contribué à l’embellissement de la ville• 1989 : création du festival musical Swing in Deauville• 1992 : inauguration du Centre International de Deauville (CID), le nouveau palais des congrès• 1997 : création du Festival de Musique de Pâques• 1999 : création du Festival du film asiatique• 2001 : Philippe Augier succède à Anne d’Ornano à la Mairie de Deauville• 2002 : rénovation de la place du Marché et de l’Office de Tourisme. Création de l’Août Musical (campus musical des jeunes musiciens), des concerts d’hiver et de la programmation culturelle de Deauville à l’année. Deauville Côte Fleurie : XXIème arrondissement de Paris, Deauville est une station balnéaire qui attire les habitants de la région parisienne lors des vacances estivales et des week-ends prolongés. Sa grande plage de sable propose ses abris colorés durant les mois d’été, protégeant du vent et du soleil plus que des regards : Deauville est un endroit où l’on se montre. Bordant le sable, les Planches permettent de longer la plage sur 643 m. Elles ont été fabriquées avec un bois tropical (azobé) particulièrement résistant aux conditions climatiques. A noter, les cabines aux noms d’acteurs. Très souvent au cours de l’année, les touristes (et les gens du pays) attirés par cette magnifique promenade en bord de mer sont si nombreux que la marche y est difficile. Vers l’est, Port-Deauville offre au regard ses marinas et sa flotte de plaisance. Deauville, les Planches Après le bord de mer, nous allons vers les boulevards maritimes et le centre en longeant le Centre International de Deauville (CID). Deauville, le boulevard Eugène Cornuché Le boulevard Cornuché relie le port à la station balnéaire de Tourgéville. C’est une succession de villas cossues, dont certaines datent du temps de Napoléon III. Nous trouvons ici deux hauts lieux de Deauville : le Grand Hôtel et le Casino. De l’autre côté du boulevard, les dunes sont peu à peu colonisées par des complexes modernes (CID, piscine), des parkings et quelques verts. Quelques avenues, perpendiculaires au rivage, conduisent au centre de Deauville. Un bref instant de calme avant le retour à la foule. Construit sur un plan régulier, le centre de Deauville est de style typiquement maisons à colombages, est un endroit animé. Ses boutiques de luxe rivalisent avec celles des grandes capitales et la circulation y est intense. On éprouve cependant un certain plaisir à flâner dans ces rues fleuries, tout en observant la faune alentour. Deauville, c’est Paris en bord de mer… Mon conseil : évitez le week-end du 15 août, mais profitez des beaux jours (il y en a toute l’année) pour vous promener sur les Planches. Deauville, place de Morny Pour une vue panoramique sur la baie de Seine, il faut se rendre sur le Mont Canisy ou derrière l’hippodrome de Clairefontaine.
Trouville-sur-Mer, Trouville les Planches, Célèbre station balnéaire de la Côte Fleurie, Trouville-sur-Mer est aussi un agréable petit port de pêche. Au XVIIe, les marins trouvillais allaient à Terre-Neuve pêcher la morue. Située à proximité de Deauville, cette commune dispose d’infrastructures (casino, équipements sportifs,…) lui permettant de concurrencer sa célèbre voisine. Une promenade sur ses Planches est agréable, grâce à sa situation au pied de vertes collines. L’immense plage de sable fin est un superbe lieu de détente face à la baie de Seine. Elle était déjà fréquentée par Gustave Flaubert en 1834. Trouville Le port, situé dans l’embouchure de la Touques, sépare Trouville de Deauville. Son bassin d’échouage dispose d’une petite flotte de chalutiers dont le produit de la pêche est proposé dans la criée toute proche. Les rues situées à flanc de colline sont animées toute l’année. A visiter : l’aquarium-vivarium et la villa Montebello qui propose des oeuvres de peintres trouvillais.
Nous quittons Deauville, nous terminons notre circuit en longeant la côte fleurie. De Honfleur jusqu’à Cabourg, la Côte Fleurie étale son chapelet de stations balnéaires, réputées dans le monde entier. Les collines du Pays d’Auge viennent buter sur la mer, laissant à leurs pieds de longues étendues sableuses. A l’extrémité orientale se trouve Honfleur, magnifique belvédère sur l’estuaire de la Seine, dont la traversée est possible grâce au Pont de Normandie. Entre Honfleur et Trouville, la route s’élève, laissant de côté de petites villages (Cricquebœuf et Villerville). A Trouville, les rues étroites escaladent la colline ; en contrebas, le port toujours animé propose ses étals de poissons le long de la Touques. De l’autre côté du pont, Deauville présente son plan soigné, ses grandes artères, son front de mer et son hippodrome. Dans ces deux communes, la circulation est intense dès les beaux jours ; le week-end du 15 août, préparez-vous à passer de longs moments dans les embouteillages. Entre Benerville-sur-Mer et Houlgate, les stations balnéaires deviennent un peu moins mondaines, mais la fréquentation est toujours importante, de nombreuses résidences ayant été construites à proximité. A Auberville, une petite route permet de quitter l’axe principal. Un chemin agréable permet de rejoindre Villers-sur-Mer, avec de belles perspectives sur la Manche. Les falaises situées à cette endroit, les Vaches Noires, sont riches en fossiles, ceux-ci pouvant être facilement ramassés sur la plage. Dives-sur-Mer fut le point d’embarquement du duc Guillaume le Conquérant, lors de son invasion de l’Angleterre. A côté, Cabourg a été immortalisée par Marcel Proust ; les avenues disposées en éventail convergent vers la place fleurie du Grand Hôtel. L’origine du nom de la Côte Fleurie D’après Bernd-Wilfrid Bergen, dans son ouvrage La Côte Fleurie, Evocation d’une richesse, l’expression Côte Fleurie a été prononcée la première fois dans un discours à Deauville en 1903, par le Comte Raymond Coustant d’Yanville, alors Conseiller général du Calvados, maire de Grangues, mais surtout Président de la Société d’Horticulture de l’arrondissement de Pont l’Evêque, s’adressant aux horticulteurs locaux en ces termes:  » Je me promenais Messieurs, dernièrement le long de votre plage et je me disais: Deauville est un nom qui évoque la poésie de la verdure et des fleurs, comme presque toute notre côte normande d’ailleurs, nulle part n’existe une aussi intime union de la mer grandiose et changeante, et de la végétation riante (…) Nos jardiniers ont parfaitement saisi la tâche d’artistes qui leur incombe en perfectionnant chaque jour leur méthode de culture, en modernisant cette science des couleurs et des oppositions de tons. Vous faites donc Messieurs oeuvre de patriotisme en vous efforçant d’embellir encore par vos soins, notre belle contrée et comme il y a sur la Méditerranée la Côte d’azur, grâce à nous, il y a sur la Manche, la Côte Fleurie !  » Il semble bien que c’est la première fois que ce nom fût prononcé. Et depuis, Houlgate s’appellera la Perle de la Côte Fleurie, et Deauville la Plage Fleurie. Nous traversons la commune de Varaville, nous voici revenu à Bénouville, nous repassons devant le café Gondrée, de nombreux vétérans et collectionneurs s’activent autour du pont Pégase, des véhicules militaires de collection nous croisent et nous doublent. Nous retrouvons ouistreham, nous arrivons à notre hôtel à Luc-sur-Mer, Isabelle nous fait ses adieux, elle nous quitte, sa prestation est terminée, nous la remercions, car elle a été exceptionnelle. Nous prenons notre dernier repas à l’hôtel, on nous présente tous les acteurs qui nous ont servi comme des princes pendant notre séjour, cerise sur le gâteau on nous offre l’apéritif et à chacun un petit présent. La sympathique responsable de l’hôtel nous accompagne pour aller découvrir le parc de la baleine après le repas, nous avons terminé notre journée par notre promenade en bord de mer. Nous avons rejoint l’hôtel, il a fallu faire la valise avant de se reposer, car demain nous quittons la Normandie.

(9) Tout à une fin, nous quittons la Normandie et plus particulièrement Luc-sur-Mer, nous prenons la direction du centre de la France, la vallée de la Loire pour rejoindre Chambord. Nous empruntons l’autoroute, nous contournons Caen, Falaise, Argentan nous effectuons une halte sur l’aire d’Alençon. Nous continuons notre trajet, nous passons près du Mans, nous quittons l’autoroute à Vendôme, nous traversons Blois, nous longeons et remontons la Loire, nous enjambons la Loire, nous arrivons à Mas Lives qui est situé à 5 minutes de Chambord où nous y prenons le déjeuner à L’Orée de Chambord.
L’après-midi est consacrée à la visite du château de Chambord, une magnifique voiture Simca type Chambord est exposée au centre de la cour du château. Une guide du château nous accueille pour nous accompagner dans la visite du château, François premier a régné 32 ans, il a construit et modifié 11 châteaux. Il modifie tout d’abord Blois et Amboise, après il construira Chambord ensuite il construira dans la région parisienne Fontainebleau, le bois de Boulogne etc. Tous ces châteaux sont édifiés près d’une forêt giboyeuse, Chambord à certes été construit pour la chasse, mais c’était aussi un lieu d’isolement pour François premier afin de s’éloigner des fastes royaux. Voici une présentation du château de Chambord :
Le château de Chambord est le plus vaste des châteaux de la Loire il fut construit sur ordre de François Ier pour se rapprocher de sa maîtresse la Comtesse de Thoury qui habitait près de là. La construction eut lieu entre 1519 et 1547 sur une courbe du Cosson, petit affluent du Beuvron (rivière), lui même affluent de la Loire, il est situé à environ 6 km de la rive gauche de la Loire, et à 14 km à l’est de Blois, dans le département de Loir-et-Cher (41). Chambord est sans conteste un des châteaux à la silhouette la plus reconnaissable, et constitue l’un des chefs-d’œuvre architecturaux de la Renaissance : 156 m de façade, 426 pièces, 77 escaliers, 282 cheminées et 800 chapiteaux sculptés. Le nom de l’architecte nous est inconnu, mais des analyses montrent l’influence de Léonard de Vinci, qui travaillait alors comme architecte de la cour de François Ier, mais qui mourut quelques mois avant le début du chantier, ainsi que celle de Domenico da Cortona. La construction débute en 1519. Le chantier de Chambord fut l’un des plus importants chantiers de la Renaissance. On raconte que 1700/1800 ouvriers y travaillèrent. Il fallu environ 220000 tonnes de pierres. La vie y était rude, d’autant plus que le château a été construit sur des marécages, beaucoup d’ouvriers moururent de la fièvre. Les charpentiers ont enfoncé des pilots de chêne jusqu’à 12 mètres de profondeur, afin d’établir les fondations du château sur un solide pilotis au dessus de l’eau. Des fouilles préventives réalisées en 2007 ont néanmoins révélé que la tour sud-ouest s’appuie sur un enrochement calcaire, elles ont aussi mis au jour une structure circulaire en moellons, vestiges probable d’une tour du château médiéval qui s’y élevait avant la construction de l’actuel château Des chariots arrivent du port de Saint-Dyé pour décharger tous les matériaux et en particulier la pierre de tuffeau utilisée pour la construction, c’est une pierre blanche, tendre et friable. Les tailleurs de pierre, comme les autres ouvriers, n’ont pas de salaire fixe et sont payés « à la tâche » : ce sont des tâcherons. Sur chacune des pierres qu’ils taillent, ils gravent discrètement leur marque. Cette signature permet au trésorier d’évaluer leur travail et de les payer ; on la retrouve sur certaines pierres n’ayant pas été graffitiées par la suite lors de l’ouverture du château au public. Le plan du château repose sur un corps central, appelé le donjon car même s’il n’a jamais eu aucune vocation à la défense, le château de Chambord est construit sur le modèle des châteaux forts du Moyen-Âge. À l’intérieur du donjon, on trouve 5 niveaux habitables. Il y a 4 appartements carrés et 4 appartements ronds par niveau. Entre les appartements, quatre couloirs, venants des « quatre parties du monde » mènent à l’escalier à double révolution au centre. Le roi François Ier, dans un second temps, étend le château d’un quadrilatère et installe ses appartements (plus vastes) dans l’aile orientale. Une chapelle est construite dans l’aile occidentale et est achevée par Jean le Humble sous le règne de François Ier. Cette position de la chapelle et des appartements royaux est rare pour l’époque : le roi, se plaçant en direction de Jérusalem, veut montrer qu’il est le détenteur du pouvoir spirituel dans son royaume. On dit que François Ier et son ami Jean le Humble voulaient également détourner la Loire et la faire passer devant le château, mais le projet a été abandonné. L’escalier à double hélice placé au centre de l’édifice révèle en particulier le style de Léonard de Vinci. Comme son nom l’indique, il comporte deux escaliers, tournant dans le même sens et ne se croisant à aucun moment. Il permet d’accéder à la grande terrasse, elle aussi inspirée d’une idée de Léonard, et qui offre une vue sur les cheminées et chapiteaux du toit en faisant le tour du donjon (qui est en fait la partie la plus haute du château et non la prison). Cet escalier est surmonté d’une tour lanterne bien reconnaissable de l’extérieur. Le deuxième étage est également remarquable par ses voûtes à caissons représentant les symboles royaux (monogramme F couronné et salamandre), accompagnés d’une cordelette nouée, emblème de sa mère, Louise de Savoie. Certains monogrammes de l’escalier à hauteur des terrasses sont tracés à l’envers de manière à ce que Dieu du haut du ciel voit la puissance du Roi ! Arrivé sur la terrasse, le visiteur peut remarquer que l’escalier est surmonté d’une tour dite « la Tour Lanterne », elle s’élève à 32 mètres et surmonte toutes les cheminées de Chambord. Son sommet, au lieu d’être coiffé d’une croix, est coiffé d’une fleur de lys (symbole de la royauté), comme si le Roi était au dessus de Dieu. Le vaste domaine boisé de Chambord fut acheté en 1392 aux comtes de Blois par la famille d’Orléans. Lorsque le duc d’Orléans devient roi de France en 1498 sous le nom de Louis XII, le domaine de Chambord devient propriété de la Couronne. En 1516, François Ier revient d’Italie avec Léonard de Vinci et le désir de réaliser un grand édifice dans le style de la Renaissance italienne. En 1519, le site de Chambord est choisi pour ouvrir le chantier d’une résidence de chasse sur l’emplacement d’un ancien château fort. À partir de 1526, 1800 ouvriers travaillent à la construction du château. Elle s’achève après de multiples agrandissements en 1547, à la mort du roi, par l’aile des appartements royaux. François Ier a finalement passé très peu de temps à Chambord, pour quelques parties de chasse et pour démontrer sa puissance à son rival, Charles Quint. Les rois de France délaissent le château après la mort de François Ier, et il se dégrade peu à peu. En 1639, Louis XIII le donne à son frère Gaston d’Orléans. Louis XIV fait à nouveau entreprendre des transformations en 1684, pour faire couvrir la chapelle, et relier les quatre appartements du vestibule nord du premier étage en enfilade pour en faire son logis, architecture intérieure dont on retrouvera la structure au château de Versailles. Molière y a donné sa première représentation du Bourgeois gentilhomme le 14 octobre 1670. De 1725 à 1733 le château a été occupé par Stanislas Leszczyński, roi détrôné de Pologne et beau-père de Louis XV. De 1745 à 1750, il sert de caserne au régiment de Maurice de Saxe. En 1792 le gouvernement révolutionnaire fait vendre le mobilier. Napoléon Bonaparte donne le château au maréchal Berthier. En 1821, le domaine est racheté à sa veuve grâce à une souscription nationale, qui l’offre au jeune Henri d’Artois, duc de Bordeaux, né l’année précédente. Après la révolution de 1830, celui-ci prendra, en exil, le titre de courtoisie de « comte de Chambord ». Avant cela, Charles X l’aura occupé brièvement et le fait restaurer sommairement. Pendant la guerre franco-allemande de 1870 il sert comme hôpital de campagne. Le comte de Chambord y résidera très brièvement en 1871, et lancera depuis Chambord un manifeste aux Français, appelant à la restauration de la monarchie et du drapeau blanc. Après 1883 le château appartient à l’ancienne famille régnante du duché de Parme, le duc Robert de Parme l’ayant hérité de son oncle maternel, le comte de Chambord. Le domaine, racheté onze millions de francs-or à Élie de Bourbon, est la propriété de l’État depuis 1930 qui le gère par le truchement de l’Association des amis de Chambord. En 1945 un incendie détruit une partie de la toiture du donjon sud-est. En 1947 commence une grande remise à niveau de ce qui est devenu une attraction touristique majeure avec notamment des spectacles Son et lumières. Depuis 1981, classé au patrimoine mondial de l’Unesco Depuis 2005 c’est un EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial) En 2007 , 17300 SUF se sont rassemblés dans le parc du chateau durant trois jours afin d’y fêter les 100 ans de la création du scoutisme par Lord Baden Powell . Un domaine de 5441 ha, dont 1000 ha ouvert à tous, ceinturé d’un mur de 32 km (équivalent au périphérique de Paris), est le plus grand parc forestier clos d’Europe. Le cerf et le sanglier en sont les espèces emblématiques mais l’on y trouve également plus de 100 espèces d’oiseaux. • Au deuxième étage se situe le Musée de la chasse et de la nature; • Le village de Chambord comporte quelques maisons à vocation touristique et est également la propriété de l’état dans son intégralité. Le château de Chambord a servi de décor au tournage du film Peau d’Âne de Jacques Demy en 1970.
Nous avons consacré la visite au donjon et à la partie royale, nous avons emprunté bon nombre d’escaliers dont celui à double ellipse. La fin de la découverte du château a été émaillé par la chute de Georgette et de Liliane dans un escalier, si Liliane s’est relevée avec quelques petites contusions, Georgette a du être évacué par les pompiers, car elle souffrait de la région fémorale. En attendant l’arrivée des secours, nous avons patienté dans le parc du château assis sur des bancs à l’ombre, car le soleil brillait de 1000 éclats. Claude étant resté auprès de Georgette je me suis greffé au tandem formé par Fabienne et Claudine, Fabienne nous a lu une plaque sur laquelle était inscrit : Le jeune roi François a 25 ans lorsqu’il lance l’immense chantier en 1519 la création du château de Chambord. A cette époque 5 grandes puissances se disputent la suprématie européenne, les jeux d’alliance se font et se défont entre la France, les états du pape en Italie, l’Angleterre, l’empire ottoman et l’empire de Charles Quint. Dès son accession au trône de François premier en 1515, il part conquérir la province du milanais en Italie que son prédécesseur Louis XII n’avait pas réussi à conserver. De retour en France marqué par sa victoire de Marignan et influencé par l’architecture italienne de la renaissance. Le jeune roi ambitieux et passionné de chasse, il entreprend la construction du château de Chambord, tout en conservant dans sa conception l’apparence d’une forteresse médiévale, un donjon central flanqué de 4 grandes tours, de 2 ailes et une enceinte clôturant le tout. Chambord est la synthèse surprenante entre des formes héritées des siècles passés, et une architecture novatrice de la renaissance italienne, des loggias, une terrasse, des pilastres, Des moulures horizontales rythmant les façades. Voulu comme un relais de chasse, chambord possède une architecture qui en fait le château de toutes les démesures 156 mètres de long, 56 mètres de haut, 77 escaliers, 182 cheminées, et 426 pièces. Pourtant, malgré ses dimensions colossales, la silhouette du château séduit toujours par sa grâce et son équilibre, de tous les matériaux utilisés pour sa construction, c’est le tuffeau qui attire l’œil du visiteur, bien qu’utilisé dans la majorité des sites du val de Loire, c’est certainement à Chambord que cette pierre calcaire à la fois tendre et fragile est travaillée avec le plus de virtuosité. C’est Henri II son fils et Louis XIV également passionnés de chasse qui donnerons à Chambord l’allure que nous lui connaissons aujourd’hui. C’est vers 19 heures que nous avons rejoint l’orée de Chambord pour y dîner et prendre un bon repos.

(10) Nous quittons Mas Lives pour rejoindre Montpellier, nous faisons un arrêt à l’hôpital de Blois, Rosmay, Jeannette et Thierry vont faire une visite à Georgette qui rejoindra Montpellier en ambulance. Nous traversons une partie de la Sologne, nous prenons la direction de Vierzon et de Romorantin que nous contournons. Nous traversons Villefranche-sur-Cher, nous accédons à l’A85 en direction de Bourges, Thierry nous projette un DVD sur le château de Chambord, nous nous arrêtons à Châtelguyon pour déjeuner.
C’est la dernière étape, nous filons sur Montpellier en empruntant l’A75, nous faisons un arrêt à l’aire de Séverac-le-Château, nous franchissons le pont de Millau sous une petite pluie, nous arrivons à Montpellier sous le soleil, il est 20 heures et nous finissons juste de visionner le film (bienvenue chez les chtis).

Le préjugé de dire que la normandie est pluvieuse n’est plus de mise, car pendant toute la durée de notre séjour nous avons eu droit qu’à une journée de pluie. Nous étions hébergés dans un petit hôtel de 48 chambres où les 25 employés nous ont offert une semaine prestigieuse, tous les soirs nous avions sur la table des plats très recherchés où le poisson était la base quotidienne accomodé différemment avec des sauces et saveurs recherchées. Notre hôtel baignait dans la mer, nous étions au cœur de la station balnéaire à proximité de tous les commerces et des centres de loisirs (casino, termes etc). Tout au long de la semaine nous avons eu de véritables guides de tourisme qui nous ont fait partager leur savoir, nous avons eu la chance d’être accompagnés pour une grande partie du séjour par Isabelle qui connaissait très bien sa région et qui nous a fait partager sa passion de l’histoire normande. Thierry et Rosmay comme à leur habitude ont su choisir les bons prestataires qui font la réussite d’un séjour, ils ont toujours répondu à nos attentes et ils avaient toujours un œil sur le groupe. Nous avons encore du subir Fabienne et Claude, ils sont certes nos accompagnateurs privilégiés, mais ils sont toujours à nos petits soins et nous les sollicitons pour traquer les informations qui nous permettent de narrer nos escapades. En fait le club rencontre a encore réussi à nous faire régaler, nous attendons donc le programme du prochain séjour pour refaire nos valises.

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