Séjour dans les Cyclades du 29 septembre au 6 octobre 2007

1 ) Le séjour est organisé par l’AVH de Toulouse, nous sommes 42 participants au départ de l’aéroport de Toulouse Blagnac dont 20 handicapés visuels. Nous décollons à 17 heures à bord d’un Airbus 321 qui en trois heures de vol transportent 200 touristes à Athènes. Le poids de l’avion chargé est de 80 tonnes dont 8 tonnes de carburant pour parcourir les 2200 kilomètres. Nous pouvons remarquer que si les 200 passagers avaient décidé d’effectuer le trajet en voitures, il aurait fallu une cinquantaine de véhicules, la consommation de carburant aurait été identique. Nous avons atterri à Athènes à 21 heures (heure locale) et nous avons du avancé nos montres d’une heure. Un bus nous a conduit à Glyfada qui se trouve dans la banlieue d’Athènes, nous avons pris une petite collation avant de prendre possession de nos chambres à minuit.

(2) Deuxième jour : la matinée a été consacrée à un tour d’horizon d’Athènes pendant lequel notre guide nous a fait un bref historique de la Grèce. Depuis 10 ans la Grèce a beaucoup changé, auparavant la plupart des voitures étaient des tacots, aujourd’hui ce sont des voitures récentes et beaucoup plus nombreuses qui circulent. La Grèce compte 11,5 millions d’habitants dont 1,5 millions d’émigrés économiques. Athènes compte avec le Pirée, son port, 4,5 millions d’habitants. Il y a cinquante ans Athènes comptait 1 million d’habitants. Cette expansion est due à l’exode rural et à l’afflux des grecs de Turquie : le traité de Lausanne, en 1923, sanctionna la défaite grecque en Asie Mineure face à la Turquie de Kemal Atatürk. Afin d’éviter toute reprise des hostilités et de limiter toute animosité future entre Grecs et Turcs, on décida à Lausanne de procéder à un échange de population afin de les homogénéiser. Les Grecs présents en Turquie devaient partir pour la Grèce et les Turcs présents en Grèce devaient partir pour la Turquie. Au total 1 200 000 « Grecs » quittèrent la Turquie et 500 000 « Turcs » quittèrent la Grèce Rien n’ayant été réellement prévu pour accueillir une telle quantité de réfugiés, les conditions de vie de ces derniers furent longtemps précaires. La Grèce a été sous domination turque pendant 4 siècles qui s’échelonnent du XVème au XIXème siècle. 25 mars 1821 début de la guerre d’indépendance (25 mars fête nationale grecque) – indépendance proclamée en 1830 (conférence de Londres). L’empire Ottoman ne reconnut cet état de fait qu’en 1832.
Athènes est composé de bâtiments néoclassiques dont certains sont à l’abandon ils sont remplacés à 95% par des immeubles modernes et plus fonctionnels construits sur pilotis à cause des fréquents tremblements de terre. La Grèce fut énormément touchée pendant la seconde guerre mondiale puis sous le régime des colonels 1967-1974 (coup d’état le 21 avril 1967 – en décembre 1967 exile du roi de Grèce Constantin II à Rome). La Grèce berceau de la démocratie n’a connu celle-ci que depuis une trentaine d’années.
Le 18 février 1952 la Grèce entre dans l’Otan, en même temps que la Turquie
En 1981, la Grèce intègre les Communautés européennes, réunies depuis 1993 au sein de l’union européenne.
La Grèce est composée de 40% d’agriculteurs et de 5% d’industries, ce qui est l’inverse en France donc on ne peut pas comparer. C’est un vrai dépaysement pour nous français mais le tourisme, malgré ses 10 millions de visiteurs, ne s’est ouvert et développé que depuis peu de temps. Auparavant c’était une destination réservée aux privilégiés. Tous les panneaux de signalisation en plus de l’écriture grecque sont en écriture latine, les routes ont remplacé les chemins. Le premier revenu de la Grèce provient de la marine marchande qui est la première en Europe et la troisième mondiale d’où les fameux armateurs grecs dont le plus connu est Aristote Onassis.
Nous avons traversé Athènes d’est en ouest, si on prenait en compte toute la banlieue d’Athènes on aurait la superficie de New-York. Athènes arrive en troisième position des villes polluées derrière Mexico et Los Angeles à cause de sa surpopulation, de sa position géographique car elle est entourée de collines et de la chaleur caniculaire pouvant atteindre les 48 degrés au cours de l’été. Les pouvoirs publics ont pris plusieurs dispositions afin de limiter ce fléau : limitation de la circulation des voitures au centre ville en créant l’alternance 1 jour sur 2 suivant le numéro des plaques d’immatriculation, évacuation des industries du centre d’Athènes pour les concentrer sur des zones industrielles, fonctionnement de tous les bus au gaz, construction du métro qui sera le plus beau d’Europe construit par la SPI société française qui depuis 10 ans, en creusant découvre des vestiges de la ville antique qui seront exposés dans des vitrines dans les stations musées. Depuis quelque temps les grandes surfaces ont fait leur apparition en Grèce dont la plus grande d’entre elles est sous l’enseigne Carrefour. L’alimentation des grecs ressemble à la nôtre ils ont de très bons fruits et légumes, l’agneau est la viande principale, la moussaka est le plat traditionnel, la feta est un fromage de brebis et l’ouzo est l’apéritif national. L’anglais est aujourd’hui la langue obligatoire apprise au collège, auparavant c’était le français grâce à l’amitié entre François MITTERRAND et Andréa PAPANDREOU.
En traversant Athènes nous sommes passés devant la maison de la radio, de magnifiques églises orthodoxes, 98% des grecs pratiquent la religion chrétienne orthodoxe. Ce n’est pas une religion d’état par contre ce sont des lobbies très importants, ils sont très écoutés car pendant la domination turque ils n’avaient pas le droit de culte, ce qui a procuré une certaine ferveur mais rien à voir avec le fanatisme.
Les orthodoxes ne reconnaissent pas le Vatican, pour eux le Pape est un homme qui comme tout homme peut faire des erreurs. L’église orthodoxe a à sa tête 4 patriarches, le principal est celui de Constantinople dont dépend l’église orthodoxe de Grèce, elle est composée principalement par les Eglises d’Orient. L’orthodoxie (la « foi droite ») rejette l’autorité de Rome depuis le schisme de 1054, et chacune de ses entités se caractérise par une organisation locale indépendante et par des structures de type collégial. Ils ont les mêmes fêtes religieuses dont la plus importante n’est pas Noël mais Pâques, en Grèce les prénoms sont fêtés comme chez nous nous fêtons les anniversaires. Les curés se nomment popes, ils ont le droit de se marier et de divorcer mais un pope marié ne peut pas monter dans la hiérarchie. La religion autorise trois mariages soit à la suite d’un divorce ou après un veuvage. L’intérieur des églises orthodoxes ne possède pas de statues mais beaucoup d’icônes, c’est très riche en or, en argent et cristal, les églises orthodoxes sont moins austères que nos églises.
Nous sommes passés devant le ministère des finances, de nombreux kiosques sont établis tout au long des avenues qui font office de débit de tabac, marchand de journaux et toute la petite épicerie, l’état avait donné les kiosques aux invalides de guerre aujourd’hui ils sont tenus et revendus à tout le monde. Devant le Ministère de la Défense se trouve le terminus du métro actuel. Athènes est très arborée, on y a planté des mûriers pour leur ombre, plusieurs parcs publics sont situés à l’intérieur de la ville. Suite aux tremblements de terre de 1999 tous les immeubles ont été recensés et signalés par des croix de couleurs différentes sur leurs façades suivant leur état : vert si le bâtiment n’a subi aucun dégât, jaune quelques réparations sont à effectuer et rouge signifie que l’immeuble doit être évacué soit pour rénovation ou destruction. Le tremblement de terre avait été classé 6 sur l’échelle de Richter dont l’épicentre était près de Corinthe, heureusement il a eu lieu dans la journée il était de type vertical et la plupart des immeubles construits aux normes antisismiques d’où le peu de victime contrairement à celui de Turquie qui a eu lieu quelques mois avant et qui était de type horizontal ce qui a créé des failles dans le sol et fait beaucoup plus de victimes. Nous avons traversé le quartier de toutes les ambassades où se trouve le monument en l’honneur des victimes du tremblement de terre.
Au gré de notre circuit nous avons découvert la Bibliothèque Nationale, l’Académie, l’Université, la Caserne des Evzones (soldat de l’infanterie grecque portant la fustanelle), le Palais Présidentiel, le stade d’Athènes des premiers jeux olympiques modernes (1896). En tant que nation berceau des Jeux Olympiques, la Grèce ouvre toujours le défilé des nations lors des cérémonies d’ouverture des Jeux Olympiques. Nous arrivons au pied de l’Acropole que nous devons gravir à pied, c’est sous un soleil radieux que nous découvrons le site. L’acropole d’Athènes est une forteresse naturelle située à 100 mètres au-dessus de la ville et 150 mètres du niveau de la mer, l’ensemble de l’acropole a une superficie de 4 hectares. C’est un sanctuaire consacré au culte d’Athéna la déesse de la sagesse et protectrice de la ville d’Athènes, et de nombreux autres dieux de la Mythologie grecque avec plusieurs temples dont le Parthénon, le Propylées, le temple d’Athena « la victorieuse », l’Erechtéion, le théâtre antique de Dionysos etc. C’est aussi un des symboles historiques de la naissance de la première grande démocratie de l’humanité et un des sites touristiques de vestiges de civilisations de l’Antiquité les plus visités du monde. Nous sommes passés devant le temple le plus vieux d’Europe (Vème siècle avant J-C) dédié au dieu du feu et des métaux Héphaïstos mari d’Aphrodite. Sur la colline des muses est située une statue monumentale de Philocampus prince de Syrie (IIe siècle après J-C). Philocampus était très cultivé, riche, ambassadeur des romains et captivé par le niveau de la civilisation grecque, il a donné beaucoup d’argent afin que les Athéniens développent les lettres et les arts, pour le remercier les Athéniens lui ont construit un mausolée. Tout le quartier de cette colline porte son nom Philocampus. Pour accéder à l’acropole on est obligé de passer la porte Beulé, Beulé était ambassadeur français à Athènes au milieu du XIXème siècle, il était riche et amateur d’archéologie. Il a découvert sous un édifice turc la porte du IIème siècle après J-C.. Ensuite nous avons emprunté un escalier du IIème siècle après J-C depuis lequel nous avons pu admirer les propylées, entrées monumentales donnant accès au complexe de temples et couronnant le chemin escarpé menant au sommet de la ville haute. Cet ensemble devait couper le souffle aux pèlerins afin de les préparer psychologiquement à la visite du merveilleux Parthénon. Tous ces monuments datent du Vème siècle avant J-C époque d’or et apothéose de la civilisation grecque : on l’appelle siècle de Périclès. Périclès était gouverneur d’Athènes c’est lui qui a été l’inspirateur de toutes ces merveilles, entouré par les architectes Mnésiclès et Ictinos et le sculpteur Phidias. Les Propylées comprenaient un bâtiment central, vaste vestibule de forme rectangulaire, et deux ailes latérales : l’aile nord, la pinacothèque, fut la première galerie de peinture du monde, sorte de club de luxe où les vieux athéniens et les pèlerins se reposaient quand il faisait chaud. la partie centrale donnait accès à la Voie Sacrée que suivaient les processions et qui mène au Parthénon. L’aile sud, plus petite, se composait d’une salle, qui menait à l’ouest, au temple d’Athéna Nike (la victoire). La troisième partie n’a jamais été achevée car au Vème siècle avant J-C une guerre fratricide a opposé les Athéniens aux spartiates que l’on a appelé guerre du Péloponnèse. Après la victoire de Salamine contre les Perses les Athéniens allégoriquement représentait Athéna sans ailes pour que la victoire ne s’envole jamais. Il faut d’ailleurs rapprocher Nike du fabricant de chaussures de sport qui a pris le nom Nike pour symboliser la victoire. Les Propylées franchis, le visiteur antique trouvait sur sa gauche des bâtiments administratifs ou logements, en face, majestueuse et haute de plus de 9 m, se dressait la statue d’Athéna. Le visage d’Athéna ses bras nus et ses pieds étaient en ivoire, sa robe, son épée, son bouclier ainsi que la statuette d’une victoire qu’elle tenait dans la main étaient en or massif, la statue d’Athéna pesait une tonne d’or. Les fondations des propylées sont en tuf, ce n’est pas par manque de goût mais ce matériau en étant flexible est plus solide atténue les secousses en cas de tremblements de terre. Les colonnes ne sont pas d’un seul bloc mais composées de tranches ou tambours afin de mieux résister aux secousses sismiques nombreuses en Grèce.
Les blocs de marbre qui ont servi à la construction de ces édifices étaient extraits et taillés dans une carrière qui se situait à une vingtaine de kilomètres d’Athènes . Ils étaient débités suivant la forme du bloc à laquelle il était destiné. Une fois débités les blocs de 40 tonnes étaient transportés sur l’acropole, une trentaine de chars chargés de blocs de marbre faisaient l’aller et retour, le voyage durée 3 jours. Une fois sur place un tambour de 12 tonnes ou un chapiteau était taillé pendant 2 mois par 8 hommes. Les tambours étaient ronds avec 2 oreilles pour permettre de les hisser et de les ajuster l’un contre l’autre, au centre du tambour un carré était creusé dans lequel on enfonçait du bois de cèdre du Liban qui troué en son milieu par un trou rond dans lequel on introduisait un axe en bois rond avec lequel on utilisait la technique chevillée. Cette ingéniosité a permis aux édifices de traverser les siècles et les effets sismiques du sol, aujourd’hui le bois de cèdre est toujours intact à l’intérieur des tambours. Une fois la colonne dressée les tenons ou oreilles avaient une autre fonction, ils servaient à construire les échafaudages afin de permettre aux ouvriers de dessiner les cannelures sur les colonnes afin de parfaire leur finition, ces tenons servaient aussi aux ouvriers pour inscrire leur temps de travail afin que l’on puisse les rétribuer. Nous avons gravi la voie sacrée qui après 10 minutes de marche nous amène au sommet de l’acropole d’où l’on distingue : la colline des muses où est situé le mausolée de Philocampus, la mer Egée, la ville du Pirée, un plateau rocheux le Pnyx où se trouve l’ancien parlement de la ville d’Athènes lieu de naissance de la démocratie mondiale (démos pour peuple et cratos pour pouvoir), la colline des Nymphes avec l’observatoire et son dôme noir construit après le départ des turcs, le rocher de Saint-Paul depuis lequel Paul prêchait la bonne parole (le premier athénien convaincu fut Denis magistrat de la ville d’Athènes qui a été le premier évêque de Lutèce –Paris, aujourd’hui), la colline d’Arès (dieu de la guerre) où siégeait le tribunal d’Athènes. On aperçoit également l’Agora (marché) qui était le poumon de la ville où se situait le centre administratif, économique, politique et religieux – au fond de l’Agora se trouve le temple du dieu du feu et des métaux (Héphaïstos). En arrivant au sommet de l’Acropole, on découvre le Parthénon dont la façade est située à l’est, du côté du soleil levant. Commandité par Périclès au 5Ve siècle avant JC, il a été bâti en 11 ans. Ce monument n’est pas un temple car aucun autel n’y est associé. Il s’agit en fait d’un « temple trésor » dont la vocation est de mettre en sureté l’argent de la ligue de Délos. Le Parthénon est demeuré quasiment intact pendant plusieurs siècles. Vers le 5e siècle la statue d’Athéna aurait été emmenée à Constantinople par un empereur romain. On perd ensuite sa trace, elle a peut-être été détruite pendant le pillage de Constantinople lors de la 4e Croisade en 1204. Au Ve siècle, le Parthénon est transformé en église consacrée à la Vierge Marie en 1456, Athènes est conquise par les Ottomans qui transforment le Parthénon en Mosquée avant d’être la résidence du harem du pacha d’Athènes. En 1687 les Vénitiens attaquent Athènes, les Turcs transformèrent le Parthénon en poudrière. Le bombardement de l’Acropole depuis la colline des muses eut pour effet d’endommager le Parthénon et un des propylées .Aujourd’hui un programme de préservation est en cours depuis plusieurs années. Un petit temple sur l’Acropole était consacré à Athéna. Pour les Athéniens la vierge était Athéna, c’est un temple qui est entouré de 4 rangées de colonnes doriques. L’art dorique est le style architectural le plus austère et monotone de l’architecture grecque, nous avons donc devant nous un temple périptère dorique. Phidias a décoré le Parthénon ainsi que l’une des 7 merveilles du monde, la statue de Zeus à Olympie (duquel a été créé les jeux olympiques) qui était en or et en ivoire. Le Parthénon mesure 69,5m sur 30,88m. Aujourd’hui le temple est gris ou blanc, auparavant les colonnes étaient blanches, les chapiteaux étaient dorés et les frises étaient bleues et rouges. Cet amalgame de couleurs obligeait les Athéniens situés en bas de l’acropole à mettre la main au-dessus des yeux pour se protéger du soleil afin d’admirer le Parthénon. Les deux frontons situés au-dessus des façades étaient décorés : celui de la façade occidentale représentait une scène de la mythologie grecque appelée la dispute d’Athéna et de Poséidon dieu de la mer à propos de la possession de la ville d’Athènes et sur le front oriental : la naissance d’Athéna.
En 1801, Lord Elgin, ambassadeur britannique à Constantinople et grand collectionneur d’art, a obtenu des autorités grecques et à avec l’aide des Turcs qui n’avaient rien à lui refuser, l’autorisation de récupérer tout ce qui pouvait être transporté afin d’enrichir sa collection. En dix mois, la moitié des sculptures furent enlevées. Il a donc embarqué toutes les richesses du site dont les deux frontons du Parthénon sur des bateaux surchargés, l’un d’eux celui qui contenait les plus beaux vestiges a coulé. Deux ans plus tard le riche collectionneur est revenu récupérer le butin englouti. A son retour à Londres sa femme a demandé le divorce et devant le besoin d’argent il a vendu toute sa collection qui comprenait les merveilles du Parthénon au British Muséum. Aujourd’hui il faut aller au Louvre, au British Muséum et au musée de l’Acropole d’Athènes pour voir ces sculptures.
Depuis, la Grèce sous l’impulsion de Mélina Merkouri a tout entrepris pour que les richesses dérobées à Athènes reviennent sur le sol grec, Jacques Lang fidèle ami de la Grèce a toujours soutenu les démarches de Mélina Merkouri.
Malgré le style dorique des colonnes le Parthénon ressemble à une plume d’oiseau qui essai de s’envoler de l’Acropole, cette élégance est donnée grâce à l’inclinaison des colonnes vers l’intérieur de l’édifice. En fait si toutes les colonnes du Parthénon mesuraient 1450 mètres de haut elles formeraient l’ossature d’une pyramide, la symétrie est calculée afin de donner à l’oeil une harmonie et une légèreté aux colonnes doriques, cette technique évite par ailleurs à l’eau de s’accumuler sur le dôme en cas de pluie
En face du Parthénon se trouve un temple dédié à Athéna et à Poséidon : l’Erechthéion. C’est à cet endroit qu’eu lieu la dispute entre Athéna et Poséidon dont on peut voir la marque de son trident sur un rocher. L’Erechthéion se compose d’un corps principal, des portiques nord et sud et de plusieurs annexes. Du côté nord il y a un grand porche avec des colonnes et au sud il y a le fameux portique des Caryatides où six statues de jeunes filles drapées servent de colonnes supportant l’entablement. Près de Sparte il y a une petite ville appelée Carya dont les femmes étaient renommées pour être les plus belles de la Grèce. La ville ayant collaboré avec l’envahisseur Perse, les athéniens lui déclarent la guerre et vendent ses femmes comme esclaves. Pour que cela serve d’exemple, ces statues sont sculptées dans le marbre pour rappeler le sort de ceux qui collaborent. La Maison Blanche résidence du Président des Etats Unis rappelle à propos de son architecture et sa décoration le temple des Caryatides.
Après 2 heures de visite nous sommes redescendus de l’Acropole, nous avons parcouru le quartier populaire de la Plaka, nous avons traversé l’Agora, nous contournons une horloge hydraulique qui date du IVème siècle avant Jésus christ qui se trouve dans un bâtiment appelé la tour des vents. Nous sillonnons dans de petites ruelles animées, un musicien joue des airs du folklore grec, nous arrivons dans un restaurant situé au milieu du quartier de la Plaka où nous allons prendre le déjeuner.
Nous reprenons le bus en direction de Rafina situé dans la banlieue est d’Athènes, nous roulons dans l’avenue de la reine Sophie, c’est le quartier résidentiel chic d’Athènes appelé Kolonaki qui signifie (petite colonne) en grec. Dans cet endroit on a découvert un petit sanctuaire dédié aux Nymphes, dont il ne reste plus qu’une petite colonne d’où son nom, nous passons devant un odéon moderne construit en marbre blanc qui jouxte l’ambassade des Etats-Unis d’Amériques. Nous traversons le quartier d’Abelokipi qui signifie (vigne) en grec, jusqu’à la seconde guerre mondiale la vigne était planté jusqu’aux portes de la ville. La plupart des immeubles n’excèdent pas plus de 6 à 7 étages, il y a quelques gratte-ciel constitués de centres commerciaux et de bureaux. Nous passons devant les hôpitaux militaires, nous apercevons une colline renommée pour la qualité de son miel, nous arrivons à un péage d’autoroute construit pour les jeux olympiques d’Athènes 2004 appelée route de l’Attique, à droite nous avons des petites montagnes et sur notre gauche se dessine la ville d’Athènes. Nous voici à Rafina où nous prenons l’hydroglisseur de 15 heures, pour tuer le temps nous profitons de faire quelques emplettes pour la traversée qui va durer 3 heures, nous embarquons pour Tinos.
3) Tinos sera notre première île des Cyclades que nous allons visiter. Les Cyclades est un archipel de 56 îles (dont 24 habitées) de la mer Egée. ON les appelle Cyclades (Kyklos en Grec) car elles forment un cercle de 300 km environ autour de l’île de Délos, l’île sacrée où naquit Apollon. Les Cyclades sont implantées sur 2500 km2 et sont peuplées par 100 000 habitants. La capitale des Cyclades est l’île de Syros. Tinos l’île où est né Eole, nous sommes accueillis par un vent digne de son nom, nous nous installons à l’hôtel où nous allons prendre un dîner qui laisse à désirer, alors que nous avions superbement déjeuné ce midi dans le quartier de la Plaka. Pour nous détendre quelque peu nous avons défié les bourrasques de vent (le meltem) nous avons tenté de faire une petite promenade le long de la mer, c’est tout ébouriffés que nous avons rejoint l’hôtel pour un repos bien mérité.
(3) La journée est consacrée à la visite de l’île de Tinos qui a une superficie de 195 kilomètres carrés pour une population de 7500 habitants. Tinos est une île montagneuse dont les pentes découpées en terrasses portent quelques cultures d’orge et des vignobles. La géologie est composée de granit, de schiste et d’ardoise qui sont utilisés pour la construction. Les marbriers de Tinos sont connus depuis l’antiquité, car Tinos regorge de carrières de marbre. Le ciel est brumeux, un vent souffle à 7 Beaufort, un Beaufort est égal à 5 nœuds dont un nœud est égal approximativement à 1800 mètres. Par conséquent 7 nœuds équivaut à un vent qui souffle à une soixantaine de kilomètres heure, malgré ces conditions atmosphériques nous arrivons à distinguer l’île de Syros, la plus grande île des Cyclades et Naxos avec ses 430 kilomètres carrés, ensuite vient Andros et en troisième position viennent Tinos et Paros qui sont de tailles identiques. La ville la plus importante de l’île de Tinos est Tinos qui porte le même nom où réside la moitié de la population de l’île qui comprend 40 villages. Une dizaine de maisons et son église forment un village, Dans une éclaircie nous distinguons l’île de Délos, Mykonos est le Saint-Tropez des Cyclades, aujourd’hui l’urbanisme de Mykonos est venu à saturation, les promoteurs ont donc choisi des îles proches pour continuer leur boulimie financière, ils commencent à saccager Tinos en bétonnant le rivage de l’île. Tinos se trouve à une trentaine de minutes de Mykonos en hydro glisseur, le paysage perd de son authenticité, car les nouvelles maisons sont gigantesques avec d’imposantes piscines qui raréfient encore plus l’eau si chère aux îliens. Nous traversons un village dont le nom en français signifie les 2 villages, à la sortie du village nous apercevons une immense maison privée qui ressemble plus à un hôtel vu le gigantisme de la construction. La période de pluie dans les Cyclades s’étale du mois de novembre au mois de février, la saison des pluies se caractérise par un ou deux orages par mois, l’hiver dernier il n’y a pas eu de pluie ce qui est dramatique pour le peu de végétation de l’île. Nous arrivons au monastère de sainte Pélagie que nous allons visiter, comme je porte un pantalon court une sœur revêtue tout en noir m’interdit l’accès au monastère, voici donc l’histoire et la visite du monastère :
L’histoire de cette icône commence au siècle dernier par des révélations. Ioannis Kiouzi, simple paysan très pieux, depuis son enfance avait entendu les anciens raconter une tradition selon laquelle dans un lieu appelé « Sité », situé dans le champ d’un certain Doxara, il y avait autrefois une principauté avec une grande princesse et que cette princesse ferait à nouveau revivre sa principauté. Mais pour la plupart des gens, c’était une légende sans signification. Ensuite un certain Michaël Polyzoï, originaire d’Andros, mais installé à Tinos, un homme comme lui, simple, humble et très pieux eut un rêve. En février 1821, à l’âge de 80 ans, il vit en songe une dame d’une grande magnificence qui lui dit avec douceur et grâce : «Vas dans mon champ, dans le champ d’Antoine Doxara, là tu pourras creuser et trouver la sainte icône». Le vieillard se réveilla et le rêve restait clairement imprégné dans son esprit. Un peu hésitant, mais à cause de la force de ce rêve, il décida d’en parler à certains de ses amis qui furent d’accord pour l’aider. Il semble qu’il ait cherché tout une nuit dans différents endroits du champ et que beaucoup l’aient aidé, mais la recherche fut vaine. Il trouva seulement quelques tuiles. Tout le monde désespérait de trouver quoi que ce soit, mais Michel Polizoï continuait à croire à cause de la force de son rêve et, avec son prêtre André Sofianou, il alla voir le métropolite Gabriel et lui raconta son rêve. Mais le métropolite ne pouvait rien décider à ce moment. Un peu plus tard, de nouveaux événements vinrent confirmer les précédents. Dans le célèbre monastère de la Mère de Dieu des Saints Anges, le monastère de Kehrovouniou, le 9 juillet 1822, juste avant les matines du dimanche, avant même les cloches, la sainte moniale Pélagie eut un rêve dans son sommeil : elle ressentit tout-à-coup un parfum très fort qui emplit tout son être. La porte de sa cellule soudain s’ouvrit et une dame d’une allure imposante, entourée d’une grande lumière, entra, s’approcha de son lit et lui dit : « Lève-toi rapidement et va trouver un homme qui s’appelle Stamatello Calgani et dis-lui de ma part que je ne peux plus supporter l’endroit où je suis depuis tant d’années; il faut qu’on découvre ma maison, qui est enterrée dans le champ d’Antoine Doxara et que cet homme fasse lui-même ce qu’il faut pour qu’elle devienne à nouveau une grande maison. S’il n’obéit pas, une épée divine viendra vous détruire tous». Après ces paroles, la femme toute brillante devint invisible. La moniale Pélagie se leva toute tremblante au moment où les cloches sonnaient pour les matines. Elle ne voulut pas révéler son rêve, elle avait peur que ce ne soit une illusion et une semaine entière passa ainsi. Exactement une semaine après, la nuit du samedi au dimanche 16 juillet, la même dame entourée de lumière apparut de nouveau à la moniale très émue et lui exprima de nouveau son désir de façon très pressante. Mais de nouveau la moniale Pélagie resta sans décision. Que dire ? Comment les gens écouteraient cela ? Et si ce rêve n’était pas vraiment de Dieu? C’était ces pensées qui la tourmentaient et qui la faisaient hésiter à parler. Le troisième dimanche, le 23 juillet, avant les matines, la dame inconnue lui apparut, très irritée cette fois-là, et lui dit d’un ton très sévère : « Pourquoi n’as-tu pas exécuté mon commandement, pourquoi es-tu comme cela dans le doute, pourquoi n’as-tu pas de foi ? » Pendant ces paroles, la moniale Pélagie tremblait et elle se réveilla dans cette peur. Mais même réveillée, elle continuait à voir cette dame de grande allure qui tout d’un coup souleva sa main et dit : « Ecoute-moi, pour la dernière fois, Pélagie : si tu ne fais pas ce que je t’ai ordonné, j’effacerai ton nom du Livre de Vie». La moniale voyait et écoutait avec une grande frayeur. Elle eut simplement l’audace de demander : « Mais qui es-tu qui m’ordonnes ces choses et qui es tellement courroucée par ma désobéissance ? » A cet instant la dame inconnue retrouva toute sa paix et sa grâce, resplendit d’une façon extraordinaire dans son visage et, montrant du doigt tout le monde, dit avec une grande douceur : «Terre, annonce la grande joie » La moniale Pélagie comprit tout de suite et, tombant à genoux, elle eut juste la force de continuer l’hymne de l’Annonciation (refrain de la neuvième ode) : « chantez, les cieux, la gloire de Dieu ! » C’était la « Pleine de Grâce », c’était la Mère de la Vie, la Mère de Dieu qui tout de suite disparut alors que l’humble cellule de la moniale continuait d’être emplie de lumière et d’un parfum céleste. Elle révéla donc sa vision à son higoumène après la Liturgie, ensuite au sacristain, celui qui s’occupait du couvent ; lui-même, ne voulant ni croire ni dénier les paroles de la moniale, l’envoya au métropolite Gabriel afin qu’il puisse examiner de façon plus spirituelle la question. L’évêque de Tinos, ayant déjà deux indications, celles de Kiouzi et celle de Polizoï, entendit la vision de la moniale Pélagie avec un profond intérêt et une grande émotion: il était bien évident qu’elle était d’origine divine et attestait de manière indubitable l’existence d’une icône sacrée dans la champs de Doxara. Il en était maintenant certain : il y a longtemps, une église dédiée à la Mère de Dieu a dû exister en cet endroit. Il décida alors, avec une foi inébranlable, de faire tout ce qui était possible pour aider à la découverte de l’ancienne église et de l’icône et d’aider à la construction d’une nouvelle église, comme l’avait demandé la Mère de Dieu. Il fit sonner les cloches de l’église des Saints Anges et, en présence de tout le clergé, du maire et de tous les notables, il fit un sermon et appela tout le peuple de Tinos à reconnaître ce miracle et à aider à la découverte de l’icône. Tous furent pris d’un grand enthousiasme et l’évêque, aidé des notables de l’île, commença le travail. Il fallait d’abord commencer les fouilles et pour cela il fallait l’autorisation du propriétaire du champ, Antoine Doxara qui était à cette époque-là à Constantinople. On demanda donc à sa femme qui refusa de façon catégorique car, disait-elle, elle n’avait pas reçu pouvoir pour cela de son mari et il était donc impossible de détruire les cultures qui étaient faites dans ce champ. L’évêque et les fidèles étaient très affligés car ils ne pouvaient rien faire sans autorisation. Que faire ? C’est la Mère de Dieu elle-même qui répondit à leur demande. Quelques heures après dans son sommeil, la femme de Doxara vit un homme portant la fustanelle et qui la menaçait de façon terrible en lui disant de donner l’autorisation pour les fouilles. Le rêve était tellement terrifiant, qu’elle chercha à ouvrir la porte sur la route et à sortir et, par erreur, dans son trouble, ouvrit la porte de l’armoire dans laquelle elle entra et où on la trouva le lendemain évanouie, dans un état terrible. C’est pourquoi, en revenant à elle, elle se dépêcha de faire dire au métropolite Gabriel qu’il pouvait faire librement tout ce qu’il voulait pour le commencement des travaux. Elle ajouta que si on y trouvait effectivement la sainte icône recherchée, elle ferait cadeau de son champ pour qu’on puisse y construire l’église. Donc les fouilles commencèrent en septembre 1822 et continuèrent pendant deux mois sans discontinuer; on trouva les ruines d’une ancienne construction qui donnait l’impression qu’il s’agissait d’une église; on trouva également un puits asséché. Mais nulle part on ne trouva l’icône; entre-temps l’argent qui avait été réuni était dépensé et le découragement s’abattit sur les habitants de Tinos, leur zèle s’évanouit et bientôt, on s’arrêta sans autre espoir. Après cet abandon, la Mère de Dieu permit une terrible maladie, la peste, qui fit périr beaucoup de gens à Tinos. De nouveau la moniale Pélagie eut une vision, qu’elle raconta rapidement au métropolite. La mère de Dieu disait : « Si les habitants de Tinos continuent à être indifférents et ne construisent pas mon église, de grands maux s’abattront sur votre île.» De plus, la femme et la sœur de ce Stamatello Calgani, dont la Mère de Dieu avait dit qu’il devait prendre en main la construction, tombèrent elles-aussi très malades et, très effrayés, ils allèrent trouver Mgr Gabriel et lui demandèrent de l’aider à reprendre les travaux. Et effectivement, le métropolite Gabriel publia une encyclique le 5 novembre 1822 où il rappelait aux habitants de Tinos les ordres de la Mère de Dieu et leur demandait d’aider à reprendre les travaux. Les habitants de Tinos qui étaient éprouvés par la terrible épidémie, répondirent à cet appel du métropolite Gabriel et fondèrent une association pour la construction de l’église. On décida que le 1er janvier 1823 aurait lieu l’office pour la fondation de la nouvelle église et donc, ce jour-là, Mgr Gabriel, entouré d’un grand nombre de prêtres et d’une foule de fidèles, allait commencer la célébration de l’office quand on s’aperçut que personne n’avait pensé à apporter de la ville de Tinos l’eau nécessaire pour la bénédiction. On envoya donc quelqu’un chercher de l’eau et tous attendaient son retour lorsque, soudain, on entendit la voix d’un enfant qui criait, très étonné, car un puits complètement à sec que l’on avait trouvé depuis longtemps s’était soudainement rempli d’eau jusqu’à ras-bord. Tout le monde comprit le caractère miraculeux de cet événement et, glorifiant Dieu, on décida de faire tout de suite la dédicace de l’église à la Mère de Dieu de la Source-Vivifiante en raison du miracle. La construction de l’église continua de même que les recherches de l’icône. Et le 30 janvier 1823, un ouvrier nommé Vlassi frappa de sa pioche quelque chose qu’il fendit en deux. C’était l’icône. Après l’avoir nettoyée et réunie, on s’aperçut que c’était une icône de l’Annonciation de la Mère de Dieu, ce que la Souveraine des Anges avait annoncé à la moniale Pélagie en lui disant le début de l’hymne : « Annonce, terre, la grande joie ». C’est déjà en soi un miracle que cette icône n’ait pas été détruite et qu’elle soit restée pendant près de huit cent cinquante ans sous terre après l’incendie et la ruine de l’ancienne église. Aussitôt la nouvelle se répandit dans tout Tinos; les cloches sonnaient partout et les gens pleurant, tout émus, se réunirent au champ de Doxara où le métropolite Gabriel, à genoux et en larmes, embrassait sans cesse l’icône et chantait avec les fidèles l’hymne de l’Annonciation. A la suite de la découverte, l’association décida d’édifier une église beaucoup plus grande et magnifique dédiée donc à l’Annonciation de la Mère de Dieu et à l’icône, construite au-dessus de celle de la Mère de Dieu de la Source-Vivifiante qui est appelée aussi « église de la Découverte ». La façon dont cette église a pu être construite a été l’occasion de nombreux miracles, où la Mère de Dieu a montré à quel point elle se souciait de la réalisation de cette église. Voici un exemple : un bateau, sous pavillon anglais, d’un certain monsieur Tax, se trouvait près de Tinos; tout à coup une violente tempête se souleva et le bateau était sur le point d’être détruit; alors le capitaine regardant vers l’église de la Mère de Dieu qui était en train de se construire, lui demanda de l’aider à se sauver avec son navire et fit le vœu de lui donner pour son église une somme importante. Dès qu’il eut prononcé ce vœu, le miracle eut lieu et les gens du bateau comme ceux sur la côte de Tinos purent voir que la mer continuait à se déchaîner aux environs, mais qu’autour du navire c’était le calme plat. Ainsi le bateau ne fut pas endommagé. Le lendemain, quand la tempête s’apaisa, il put gagner le rivage et donna comme il l’avait promis l’argent pour la construction de l’église. L’église fut finalement construite entre 1824 et 1830, ce qui constitue un très court délai, vu sa taille. En 1842, l’icône fut dérobée par un voleur, qui voulait prendre les différents objets de valeur mis par les gens sur l’icône. Mais l’icône fut retrouvée, le voleur fut arrêté car tous les habitants de Tinos s’étaient mis à sa recherche, on avait arrêté tous les bateaux qui sortaient de Tinos et ainsi on retrouva le voleur qui finalement montra où il avait caché l’icône. On fête aussi la date de cette redécouverte de l’icône volée. Les différentes dates où l’on fête cette icône sont le 30 janvier, jour de sa découverte dans le sol, le 25 mars pour la fête de l’Annonciation, le 23 juillet pour commémorer l’apparition de la Mère de Dieu à la moniale Pélagie : la tradition est d’apporter ce jour-là au matin l’icône au monastère de Kechrovouniou, d’y célébrer la sainte Liturgie et d’y laisser l’icône à la vénération des fidèles avant de la ramener très solennellement en grande pompe, le soir dans l’église de l’Annonciation. On la fête de nouveau le 15 août pour la célébration de la Dormition de la Mère de Dieu : c’est le moment où il y a le plus de pèlerins, venus de par le monde entier. La fête de l’icône au 15 août a été ordonnée en 1837 par un édit royal. On fait également ce jour un office de commémoration spécial pour ceux qui sont morts sur le grand navire de guerre de la flotte grecque Elli, qui a été coulé traîtreusement par un sous-marin italien le jour de la fête, le 15 août 1940, alors qu’il était mouillé avec tous les pavillons de fête devant Tinos. Enfin depuis 1907 on fête le 23 août, clôture de la fête de la Dormition. A travers son icône à Tinos, la Mère de Dieu a accompli un nombre extraordinaire de miracles, ce qui a fait de ce sanctuaire un des lieux de pèlerinage les plus connus de toute la Grèce. On y dénombre une foule de miracles, en particulier pour ceux qui sont en mer. Par exemple, c’est un navire pris dans une effroyable tempête et jeté sur un écueil qui l’avait percé d’un trou dans la coque : l’eau remplissait le bateau et les pompes ne suffisaient pas à évacuer l’eau à mesure qu’elle entrait; alors dans leur angoisse, le capitaine et les autres marins mirent tout leur espoir dans la Mère de Dieu et ils prièrent tous ensemble avec beaucoup de ferveur. Et le miracle eut lieu : tout à coup l’irruption de l’eau à l’intérieur du navire par le trou s’interrompit, alors que la tempête continuait. Les marins réussirent à vider l’eau et purent continuer leur traversée. Quand ils arrivèrent à un port espagnol et donnèrent le bateau à réparer, ils s’aperçurent que dans le trou de la coque s’était coincé un gros poisson de l’espèce des requins. Ils étaient tellement bouleversés par ce miracle extraordinaire qu’ils apportèrent à la Mère de Dieu dans son église de Tinos une copie en argent de leur bateau avec le poisson coincé dans le trou de la coque, que chacun peut voir aujourd’hui comme ex-voto. Un autre exemple des miracles advenus, c’est celui d’un aveugle qui depuis des années supportait sans murmure son infirmité, et un jour pria avec beaucoup de ferveur la Mère de Dieu, la Pleine de grâce de Tinos, en lui disant que la première chose qu’il verrait devant lui si elle lui ouvrait les yeux, il en ferait cadeau à son église. Et le miracle eut lieu, la première chose que rencontrèrent ses yeux, ce fut un oranger et il offrit à la Mère de Dieu une reproduction de l’oranger en argent. D’un point de vue historique, le fait que l’icône miraculeuse de la Mère de Dieu a été découverte au moment de la guerre de libération de la Grèce a été considéré dès le départ par les Grecs comme une grâce particulière et une protection du « stratège invincible » qu’est la Mère de Dieu. Et effectivement pendant les différentes batailles, les deux guerres mondiales, ils ont eu très souvent l’occasion de voir l’aide de la Mère de Dieu, parfois de façon visible, par des apparitions.
Le monastère de sainte Pélagie du XIXème siècle est composé de 2 églises dont la plus ancienne est fermée, nous apercevons la cellule où a vécu sainte Pélagie, plus haut se trouve une église plus moderne qui lui est dédiée. Les 2 églises sont très différentes, l’intérieur de l’église récente est tout en marbre. Le monastère est géré par une communauté religieuse, elle vit de dons importants, les religieuses s’occupent en travaillant aux métiers à tisser. De nombreuses toutes petites maisons sont éparpillées autour des 2 églises, des petites portes permettent d’accéder aux cellules. Nous gravissons un escalier en marbre qui nous permet d’accéder à l’église dédiée à sainte Pélagie, Maria notre guide nous raconte la différence entre l’église catholique et l’église orthodoxe. Le prénom des enfants est donné le jour du baptême, l’enfant est complètement immergé 3 fois dans l’eau, la confirmation et la communion se font également le même jour que le baptême. Les popes sont vêtus de noir, car ils portent le deuil de Jésus, les popes qui font carrière sont toujours revêtus de noir, ils portent un chapeau et la barbe. Le signe de croix se fait à l’inverse du signe de croix catholique avec les 3 doigts liés, l’enseignement religieux est obligatoire à l’école même pour les catholiques. Dans les couples mixtes l’enfant prend souvent la religion du père, mais sans obligation. Le mariage à l’église orthodoxe et catholique est reconnu, on n’est pas obligé de passer à la mairie pour officialiser l’acte de mariage. Lors du mariage on doit déterminer le nom des enfants à venir, savoir si ils porteront le nom du père, de la mère ou des 2 parents. Beaucoup de catholiques résident dans les Cyclades, c’est le fruit de la colonisation vénitienne, les mariages mixtes sont donc fréquents sans obligation d’épouser la religion de son conjoint, l’alliance est portée à la main droite. L’incinération est interdite en Grèce par l’église, nous faisons la visite de l’église. Les bas des murs sont recouverts de grandes icônes représentants des personnages, le haut des murs est orné de plus petites icônes. Un grand lutrin en bois sculpté tournant permet de déposer la bible, un splendide autel en marbre sculpté est orné de paons, des colonnes de marbres sont disposées dans l’église. De magnifiques chandeliers en cuivre trônent le long des murs, d’énormes lustres de plus de 100 ampoules sont suspendus au plafond, devant chaque statue est disposé un porte encens ressemblant à une petite vasque dorée couverte d’un couvercle. Des statues représentent la vierge et l’enfant Jésus, sainte Pélagie et d’autres saints. La porte en bois est sculptée d’oiseaux, de raisins, de représentations de Marie et de Jésus. Un ossuaire carré sculpté contient derrière une vitre le crâne de sainte Pélagie, dans un cercle contenant de la terre sont piqués des cierges qui se consument. Devant l’église de petites allées très fleuries sont décorées de petites fontaines sculptées avec leurs robinets en forme d’oiseau. Nous rejoignons le bus pour continuer notre circuit.
Nous passons au pied d’une colline, nous apercevons une église dédiée au sacré cœur, la croix orthodoxe est différente de la croix catholique. Auparavant la carte d’identité grecque était libellée en caractères grecques et comportait la mention (grec orthodoxe) on y signalait aussi la situation familiale (marié, célibataire ou veuf). Avec leur entrée dans l’union’ européenne, les cartes d’identité grecques sont libellées en caractères latins, elles font abstraction de la religion et la situation de famille n’apparaît plus. Nous traversons des villages catholiques, l’île de Tinos se compose d’un tiers de catholiques. Nous roulons dans un paysage lunaire où les météorites sont représentées par d’énormes pierres de granit rondes, nous approchons du village de Volax qui signifie (pierre ronde) en grec. Volax est un village d’une centaine d’habitants, auparavant la vannerie en avait fait sa renommée, toutes les maisons sont blanches avec des volets bleus. A pied nous parcourons le village en passant devant un restaurant animé, nous cheminons dans de petites ruelles étroites qui serpentent entre les maisons. La plupart des constructions sont réalisées en pierres rondes, un petit jardin est clos par des murets de pierres, la façade d’une maison est en forme de pigeonnier. Anarchiquement des fils électriques et téléphoniques ainsi que des antennes de télévision gâchent l’environnement. Depuis un belvédère nous découvrons un paysage lunaire, Volax est situé dans une cuvette à l’abri du vent, le village serait à l’abandon si les propriétaires des résidences secondaires n’avaient pas sauvegardé le charme d’antan. Volax héberge une école de sculpture, de nombreux magasins sont spécialisés dans la vente d’objets sculptés dont des statuettes féminines appelées cycladiques. L’église Saint-Dimitrios possède 2 dômes, le cimetière est à proximité de l’église, les plaques des rues sont en marbre, les murs des maisons sont décorés de superbes armoiries, au centre de la place du village trône un superbe platane, nous reprenons notre route. Tandis que nous roulons, Maria répond à nos questions qui portent sur l’école : en Grèce l’école est publique, une seule était privée à Tinos jusqu’en 1986 gérée par la communauté des ursulines. C’est sous l’influence vénitienne (1204) que le pape a ordonné l’établissement de couvents et de monastères dans les Cyclades. Ce sont les familles riches grecques qui envoyaient leurs filles étudier à Tinos, aujourd’hui il ne reste plus qu’une seule école privé des ursulines, elle se trouve à Athènes. En Grèce l’école maternel n’est pas obligatoire, le cycle primaire s’effectue en 6 ans, le collège se limite à 3 ans et sont obligatoires, la durée du lycée est de 3 ans. Chaque île a l’obligation d’instruire les enfants jusqu’au baccalauréat. La journée scolaire se termine à 13 heures, depuis 4 ans les élèves sont surveillés jusqu’à 16 heures pour faire leurs devoirs. Nous traversons un village dans lequel se trouvait l’école privée des ursulines, nous apercevons des pigeonniers abandonnés, nous circulons dans une plaine fertile où le vert est dominant. Toutes les maisons sont cubiques à toits plats et peintes en blanc. Les toits plats résistent au vent et on économise le bois qui est très rare dans les Cyclades. La couleur blanche tient les maisons plus fraîches, les toits terrasses permettent de récupérer l’eau de pluie en la canalisant dans des citernes. Nous traversons le village catholique de Komé, nous apercevons un arbre appelé (désespoir du singe) sorte de sapin dont les branches sont recourbées vers le haut que l’on utilise comme décoration pour noël. Auparavant les maisons étaient peintes à la chaux qui avait aussi un pouvoir antibactérien, aujourd’hui on utilise des peintures plastiques, les façades sont régulièrement repeintes. Traditionnellement les volets étaient peints en bleu pour rappeler le ciel et la mer, le blanc des façades et le bleu des volets rappelle le drapeau grec. Aujourd’hui il n’est pas rare de voire des volets rouges ou verts, Tinos recense 1000 églises et chapelles. Une chapelle est construite à proximité de l’habitation, elle est souvent privée et familiale et dédiée soit à la vierge ou à Saint Nicolas protecteur des marins. Avoir une chapelle est très mode dans les Cyclades, on loue un pope pour célébrer le culte lors des fêtes familiales. Nous traversons un village orthodoxe qui possède 4 églises et un seul pope, le culte est donc célébré dans chaque église à tour de rôle. Tinos exporte des artichauts sur le continent, on cultive les olives, la vigne, les légumes, les céréales, on élève des chèvres et des vaches. Au sommet d’une colline on distingue la seule éolienne de Tinos, pourtant l’archipel des Cyclades est l’endroit le plus venté d’Europe, les éoliennes sont fortement combattues par l’écologie grecque, l’énergie solaire est en expansion, il y a 2 ans le vent a soufflé force 12 beaufort qui est le maximum de l’échelle, l’été le vent est très apprécié, aujourd’hui par contre nous subissons une vrai tempête. Au loin nous distinguons l’île de Syros sous les nuages, nous passons le village de Calvani situé en bordure de mer, l’île de Tinos a 114 kilomètres de littorale, le point culminant de l’île s’élève à 750 mètres. Tous les villages sont tracés en labyrinthe pour se protéger du vent et aussi des pirates. Nous découvrons des carrières de marbre blanc, vert et rose avec lequel on a construit le palais de Nottingham à Londres et le palais du Louvre à Paris. Nous montons au village d’Estania, nous approchons de Pirgos et de sa forteresse, c’est l’ancienne capitale de l’île qui faisait face à l’Asie mineur d’où venait le danger, aujourd’hui la capitale Tinos est face au continent et au port du Pirée. En face de Pirgos est situé un petit îlot, appelé planète, chapeauté de son phare, nous arrivons au petit port de pêche de Pirgos où nous allons déjeuner.
Après un excellent repas où nous avons dégusté une super friture de poissons, pour aider la digestion nous avons fait une petite promenade sur le port avant de remonter dans le bus pour continuer notre périple. Sur les collines de Pirgos sont installés des moulins à vent qui sont aujourd’hui à l’abandon, ils servaient a moudre le blé, ils sont de forme cylindrique comprenant 3 étages, les ailes sont activées lorsque le vent souffle entre 2 et 6 noeuds. A la base du moulin sont disposées 2 portes dont la chatière, dans toute la Grèce de nombreux chats sont en liberté. Le moulin à vent est une invention arabe, les moulins on été introduits dans les Cyclades par les vénitiens. Les Cyclades étaient sur la route stratégique entre l’Asie mineure, la Grèce et l’Europe centrale, lors de leurs escales les marins consommaient les gâteaux fabriqués avec la farine des moulins à blé. Toutes les pentes des collines sont parsemées de murets de pierre afin de réaliser la culture en terrasses, les murets délimitaient également les parcelles, aujourd’hui ils font partie du patrimoine. A l’endroit où nous sommes l’île de Tinos et l’île d’Andros sont distantes de 2 milles marins, par contre de port à port la traversée est de 15 miles marin. Le nom des îles provient du nom de leur premier habitant, Tinos est aussi appelé l’île aux serpents ou l’île de l’eau, la plupart des produits agricoles consommés dans les Cyclades sont importés du continent, l’été Tinos est relié quotidiennement par 10 navettes maritimes. L’hiver 2 navettes sont assurées obligatoirement par les armateurs. Tinos est la seule île à ne pas posséder d’aéroport, Mykonos et Santorin possèdent des aéroport internationaux, les autres îles on des liaisons aériennes avec Athènes, Tinos possède un héliport. Un seul hôpital est installé dans les Cyclades, il se trouve dans la capitale à Syros. Nous parcourons la vallée des pigeonniers, on en dénombre 1000 sur l’île de Tinos, aujourd’hui ils sont classés au patrimoine de l’UNESCO, avoir un pigeonnier était un signe de noblesse. Un pigeonnier est en forme de cube entouré de niches qui forme des dessins géométriques, il est toujours placé à l’abri du vent, à la base se trouve une porte d’accès pour l’entretien, il est de couleur blanc, certaines maisons on leur façade en forme de pigeonnier, les fenêtres remplacent les niches. Les dessins géométriques ont des significations, le cercle représente la vie et le triangle la mort. De nombreux panneaux solaires sont dissimulés à même le sol, les toits terrasses et le vent rende impossible l’installation des panneaux solaires sur le toit des maisons. Dans des pâturages arides nous apercevons des ânes et des moutons, les collines sont toujours le refuge des moulins à vent, nous arrivons au village de Colonne où se trouve le site en cours de fouille dédié à Poséidon (dieu des Mers, des Sources et des Fleuves, dieu qui ébranle la terre, le Neptune des Romains. Fils de Cronos et de Rhéa, frère de Zeus et de Hadès, il est l’époux d’Amphitrite. Les Grecs le représentaient armé d’un trident et lui attribuaient la domestication du cheval. Ce sanctuaire était un lieu de purification pour les pèlerins qui se rendaient au sanctuaire d’Apollon à Delos. Le temple de Poséidon et d’Amphitrite date du IIe siècle avant Jésus Christ il a été occupé jusqu’au IIIe siècle après Jésus Christ pendant l’époque romaine. Nous distinguons un courageux qui se baigne dans une mer démontée, nous arrivons à Tinos pour visiter l’église de l’Annonciation où se trouve la fameuse icône découverte grâce à Sainte Pélagie. Nous sommes à Tinos où se déroule (le 15 août) le plus grand pèlerinage de la Grèce, les pèlerins qui ont un vœu doivent faire à genou le parcours de 700 mètres qui séparent le port et l’église où est abritée l’icône sainte et miraculeuse en empruntant un tapis rouge qui matérialise le trajet. La vierge vénérée ici se nomme « la grande grâce », devant l’icône le pèlerin fait sa prière et dépose son ex-voto. L’église est très jolie, elle est décorée d’innombrables ex-votos qui en font sa particularité, l’icône est recouverte de nombreux bijoux reçus en offrande ce qui permet seulement d’entrevoir une petite partie du visage de la vierge. Le plafond de l’église est recouvert d’ex-votos suspendus bateaux, mains, pieds, yeux etc. Chaque année il y a plusieurs processions de l’icône et bien d’autres fêtes, dont nous avons parlé lors de la visite du monastère de sainte Péllagie. L’église a été construite à l’endroit où a été découverte l’icône, c’est le premier édifice qui a été construit par le nouvel état de Grèce après la guerre en 1830. Les dons amassés par le sanctuaire sont gérés par une fondation, 2 escaliers permettent d’accéder au parvis de l’église, sous l’église se trouve l’endroit exact où a été découverte l’icône. Au rez-de-chaussée l’eau bénite est distribuée par des petits robinets, nous apercevons 4 baptistères dont un catholique, car beaucoup de baptêmes sont célébrés dans cette église. Nous découvrons quelques colonnes de l’ancien temple dédié à Dionysos qui était établi à cet endroit, ainsi que quelques restes de l’ancienne église Jean-Baptiste. Nous pénétrons dans l’église, à notre gauche nous apercevons l’icône sainte miraculeuse recouverte de bijoux, à droite est exposé l’oranger en argent qui est l’ex-voto offert par un aveugle qui a recouvré la vue dont nous avons relaté le fait au monastère de sainte Pélagie. Un office est célébré, nous circulons silencieusement dans l’église en contemplant les décorations dont les ex-votos, 2 popes se répondent en chantant des prières, nous rejoignons l’extérieur pour terminer notre visite du sanctuaire. Le parvis de l’église est carrelé de pierres blanches et noires, c’est typique de Rhodes, il s’agit d’une offrande d’un rhodien dont le vœu était d’empierrer le parvis de l’église. Depuis le parvis nous distinguons le tapis rouge qui serpente l’avenue jusqu’au port, le tapis reste toute l’année car le pèlerinage s’effectue tous les jours tout comme à Lourdes. Sur le parvis est dressée la statue d’une femme qui marche à genoux en direction de l’église, elle était venue pour demander un vœu pour son enfant. Nous reprenons le bus qui nous dépose près des rues commerçantes de Tinos à proximité du port, nous faisons du lèche vitrine, nous en profitons pour faire quelques emplettes en dédallant dans les petites rues qui nous protègent du vent. Au gré de notre shoping nous remorquons quelques aveugles égarés c’est un agglomérat humain un guide pour 4 handicapés visuels qui tente de rejoindre son hôtel. La route n’est pas très sécurisée, il n’y a pas de trottoir, le vent est de plus en plus violent ce qui nous empêche d’être autonomes. Après 30 minutes de marche dans un froid de canard nous voici rendus en front de mer, nous apercevons l’hôtel Eole qui porte bien son nom, bravo à Danièle et à Bernard qui ont assuré la déambulation de 4 pauvres pèlerins a qui ont fait leur chemin de croix sans tapis rouge ni filet de protection. Après le dîner Vincent au piano et le bel organe d’Hacéna nous ont animé la soirée, le show a durée tant que les spectateurs étaient éveillés, ensuite nous avons rejoint notre couche.

(4) Comme nous l’avait laissé entendre Maria notre guide la veille, la tempête avait repris des forces et les autorités portuaires interdisent toutes liaisons maritimes. La législation en vigueur dans les cyclades stipule : l’interdiction aux hydro glisseur de naviguer lorsque la force du vent est de plus de 8 Beaufort et de 9 pour les ferries. Comme la vitesse du vent est de plus de 9 Beaufort le port est donc paralysé et aucun bateaux de ligne accoste ou part du port de Tinos pour toute la journée. Nous avons donc quartier libre, la liberté de chacun est interprétée différemment, il y a ceux qui se mettent en dehors du groupe ce qui est permis pour un clairvoyant, mais quand on est déficient visuel la liberté d’autonomie se limite à des endroits connus. Heureusement quelques guides consciencieux ne nous ont pas lâchés, notre couple s’est séparé afin de ne pas croupir dans l’hôtel où aucune animation n’était prévue. Ce sont donc Danielle, Christine, Julien et Guy qui ce sont chargés de 9 déficients visuels pour visiter la ville de Tinos, je faisais groupe avec Danièle, Julien, Françoise et Marcel nous sommes retournés à l’église pour mieux appréhender la décoration intérieur. Ensuite nous nous sommes installés à une terrasse de bar pour prendre l’apéritif, puis en luttant contre le vent nous sommes retournés à l’hôtel pour déjeuner.
L’après-midi nous avions encore quartier libre, devant le peu de volontaires Christine et Guy ont pris sous leur houlette 7 déficients visuels, nous sommes retournés à Tinos promener notre détresse. De retour à l’hôtel nous avons eu une explication avec les organisatrices du séjour à propos de l’abandon de certains accompagnateurs envers les déficients visuels, on nous a assuré que cette situation ne se reproduirait plus et que les groupes seraient reconstitués. L’ambiance s’était quelque peu tendue, de petits groupes par affinités ce sont formés pour aller dîner en ville. Nous sommes restés à une dizaine dîner à l’hôtel, nous avons pris l’apéritif au bar, puis on nous a servi un repas qui sortait de l’ordinaire. Ensuite nous nous sommes séparés pour faire nos valises car demain nous changeons d’hôtel, c’est avec un vent puissant qui tourbillonnait sur le balcon de notre chambre que nous avons pris un repos bien mérité.

(5) Le groupe se reconstitue et chaque binôme est reconstitué, comme au départ de Toulouse nous faisons groupe avec Simone, Nicole et Pierre. Nous rejoignons le port de Tinos, nous embarquons à bord d’un hydro glisseur, nous effectuons une escale à Mykonos, après 2 heures 30 de navigation nous sommes à l’île de Paros. Nous sommes accueillis au port qui se trouve dans la capitale à Parikia, par Éléonore qui sera notre guide pour notre découverte de Paros, à bord d’un bus nous prenons la direction du sud pour nous rendre sur l’île d’Antiparos. Le but de l’île d’Antiparos est de visiter une grotte qui date de 45 millions d’années, elle renferme de nombreuses stalagmites et stalactites. Antiparos est la campagne de Paros, elles sont face à face séparées par un bras de mer de quelques milles, les 2 îles sont le résultat d’une éruption volcanique. Parikia est une ville de 5000 habitants, les maisons sont du même style que celles de Tinos et de l’ensemble des cyclades. Nous apercevons quelques vestiges de l’époque vénitienne et des constructions du style néoclassique. Nous traversons d’immenses oliveraies qui ont été plantées grâce à un plan gouvernemental depuis une trentaine d’années, le paysage est très vert, les dernières pluies remontent au mois de mai. L’agriculture est très peu développée, il y a quelques vignes, on cultive les pommes de terre, nous apercevons des abricotiers, des citronniers, des orangers, des figuiers et quelques poiriers mais cette année tous les fruits ne sont pas venus à maturité à cause de la sécheresse. Nous commençons à apercevoir l’île d’Antiparos, arrivés au petit port de Pounta nous embarquons sur un bateau qui en 12 minutes nous transporte au port de Castro sur l’île d’Antiparos. Nous empruntons un bus qui nous conduit à la grotte qui se situe au sud de l’île, elle est constituée de 2 chambres, pour accéder à la première chambre il faut descendre 200 marches et autant pour arriver à la seconde. Dans la première chambre en 1673, le comte de Nonetel alors attaché français auprès du gouvernement turc, avait invité sa famille, des pirates et d’autres personnes pour fêter Noël dans cette grotte. Ce sont 500 personnes qui se sont agglutinées dans un petit volume, ils sont descendus avec des torches à l’aide de cordes car les escaliers n’existaient pas, la fête a durée 3 jours. La grotte tout au long de l’histoire a été le refuge des envahisseurs, des pirates qui sillonnaient et rançonnaient les bateaux qui naviguaient dans le secteur. Dans la colline nous distinguons l’entrée de la grotte, l’endroit est parsemé de fleurs sauvages, nous arrivons à la grotte. Nous parcourons quelques centaines de mètres avant de commencer à descendre les escaliers qui nous permettent de descendre sous terre, nous sommes entourés de stalagmites et stalactites, aucune rivière ne coule dans la grotte ce qui fait que les concrétions de calcaire stagnent. Nous arrêtons notre descente à la première chambre, nous remontons à la surface et à l’air libre. L’île d’Antiparos fait 11 kilomètres de long pour 5 kilomètres de large, la plupart des habitants vivent à Antiparos où est situé le port, le littoral est bordé de très jolies plages. La végétation est très sèche, l’eau est obtenue par des puits creusés près des maisons, l’emplacement des forages est décidé par un sourcier, un projet de déssalinisation de l’eau de mer est en étude. Les forages doivent être distants de 400 mètres afin de ne pas assécher la nappe phréatique, la végétation est constituée uniquement de cyprès. Sur notre droite nous apercevons des moulins qui sont en rénovation, la pêche est de moins en moins développée à Paros, les vieux pêcheurs ne sont pas remplacés, on est obligé de faire appel à des pêcheurs égyptiens pour armer les bateaux de pêche qui font de la pêche intensive sans se préoccuper de l’environnement marin. Les plus hautes montagnes situées sur les îles des cyclades se nomment Prophethélias, car le prophète Hélias est le plus près de Dieu, exception à Naxos où le point culminant de l’île s’appelle Zeus. L’arbre mastic produit une boisson que nous avons d’ailleurs dégustée à l’hôtel à Tinos servi au dessert avec une banane, on utilise aussi la résine de l’arbre comme colle et elle entre dans la composition de certains pains fabriqués pour pâques. L’île ne comprend qu’un seul village Antiparos, des maisons isolées sont éparpillées sur l’île habitées par des riches du continent et des acteurs américains, attention à l’urbanisme sauvage qui saccage l’environnement. Nous apercevons une éolienne au-dessus du mont Prophethélias, nous longeons de superbes plages, nous sommes au royaume des tamaris qui peuvent vivre les pieds dans l’eau de mer. L’eucalyptus s’est très bien adapté sur l’île d’Antiparos, mais malheureusement aujourd’hui il est interdit d’en planter, car l’eucalyptus est très gourmant en eau. Nous arrivons sur le port, où nous allons déjeuner en terrasse en bordure de plage.
Nous embarquons de nouveau sur le bateau pour rejoindre le port de Pounta et l’île de Paros, nous retrouvons notre bus, nous continuons notre découverte de Paros en écoutant de la musique grecque. Nous traversons une région agricole, sur l’île de Paros on élève des porcs à l’abri des regards. Pour protéger les cultures du vent du sud « le sirocco » on a planté des haies de roseaux en zones humides, si la zone est aride on plante des haies de cyprès femelles qui ont une envergure importante. Nous approchions de Parikia que nous contournons, de nombreux jardins privés ont été fouillés par les archéologues au grand désespoir de leurs petits propriétaires, car il existait une cité dans la banlieue de la ville qui datait du IIIe siècle avant Jésus christ. Sur le flanc d’une colline nous apercevons un sanctuaire dédié à Apollon, c’est à partir du IVe siècle que les Cyclades ont été christianisées, l’empereur de l’époque a tout détruit ce qui rappelait l’ancienne religion et mythologie grecque, c’est pour cela que la plupart des temples sont en ruines. Aujourd’hui nous pouvons acheter une maison de village, mais si on veut construire à l’extérieur d’un village le terrain où sera implanté la future habitation doit être supérieur à 10000 mètres carrés. Rappelons que le prix du mètres carré avoisine les 100 euros, alors qui peut se permettre ce luxe sûrement pas les autochtones. Beaucoup de murets délimitent les propriétés, nous distinguons comme à Tinos des cultures en terrasses. Nous longeons une colline dans laquelle se détache une immense paroi nue, c’est une carrière de marbre gris en exploitation depuis 1990, on avait cessé l’extraction du marbre sur l’île de Paros depuis 1901. Le marbre aujourd’hui extrait sert au revêtement des habitations, un mètre carré de marbre se vend en moyenne 30 euros. Nous passons devant 2 immenses trous qui sont des anciennes mines de marbre exploitées en sous-sol, le marbre extrait ici avait une transparence d’une lampe à huile de 2,9 centimètres, alors que le marbre d’Italie la transparence n’excède pas 2,5 centimètres, nous avons ici le marbre le plus transparent du monde. Le marbre était transporté jusqu’à la rivière située à une dizaine de kilomètres, ensuite chargé sur une embarcation on le transportait jusqu’au port de Naoussa situé au nord de l’île afin qu’il soit chargé dans des bateaux pour sa destination finale. Paros a compté jusqu’à 30 carrières de marbre, la réputation de l’île était reconnue pour la qualité de ses artistes marbriers. Les statues les plus connues sculptées dans le marbre de Paros sont exposées au musée du Louvre : ex. la victoire de Samothrace. Nous traversons sur le pont qui enjambe la rivière qui se jette à Naoussa, à cette époque elle est asséchée. Nous surplombons la mer et le petit port de Naoussa, Le vin en vrac acheté au détail à Paros se vend au kilo, nous apercevons des pigeonniers qui sont moins travaillés et sculptés que ceux de Tinos. Nous roulons dans la vallée appelée des oliviers, nous pouvons admirer un olivier qui aurait 3000 ans, nous distinguons le point culminant de Paros, le Prophethélias qui domine l’île de ses 750 mètres d’altitude. L’île de paros est composée de 9 villages, Nous abordons le village de Lefkes qui est situé au centre de l’île, nous cheminons dans le village au travers de ses petites ruelles. IL est perché sur une colline, Lefkes est l’ancienne capitale de l’île de Paros, les rues sont très étroites et sinueuses. Les maisons sont blanches et possèdent à peu près toutes un escalier extérieur en colimaçon orné de fer forgé, les petits jardinets sont le paradis des bougainvilliers roses, des orangers, des citronniers, des mandariniers et des grenadiers. Jusqu’au XVIIIe siècle les façades des maisons étaient peintes en rouge obtenu avec de la terre locale, aujourd’hui toutes sont blanches. L’encadrement de certaines portes et fenêtres sont superbement sculptées, de nombreuses petites chapelles privées sont dispersées dans les ruelles, des marches d’escalier en marbre accompagnent la dénivellation du sol. Devant la plupart des maisons se trouvent un banc en marbre pour faire la causette, nous passons devant un atelier où une personne s’affaire sur un métier à tisser. Nous arrivons sur une place où est exposée une herse de l’antiquité qui servait à défoncer la terre avec des lames de marbre plantées dans un support en bois, nous passons devant l’institut de littérature de l’île de Paros, ensuite nous rejoignons notre bus pour continuer notre circuit. Sur notre gauche nous apercevons un moulin qui est encore en service, nous apercevons une route aujourd’hui empruntée par les randonneurs, elle relie Parikia à l’est de l’île. Auparavant quand la mer était démontée, on déchargeait les marchandises des bateaux au port de Parikia et à dos d’ânes on les transportait à l’est de l’île où la mer était moins capricieuse. L’ancienne route traverse la rivière en empruntant un pont byzantin, au loin nous distinguons la blancheur des maisons de Naxos. Sur la colline de droite était construite la plus grande cité vénitienne de l’île de Paros, les turcs l’ont complètement détruite lors de leur arrivée, aujourd’hui à l’emplacement de l’ancienne cité se trouve un monastère du XVIIe siècle. Nous apercevons une carrière de marbre blanc, la faille nous permet de déterminer la hauteur de terre qui recouvre le marbre, elle est d’une cinquantaine de centimètres. Des pistachiers égaient un champ de pierres, nous distinguons parfaitement Naxos sous la brume. Nous approchons de Naoussa le second port de l’île, c’est un port de pêche, on y trouve des bars appelés « ouzeries » où l’on mange des poulpes grillées tout en dégustant le ouzo. Nous longeons une belle plage, nous apercevons un pont qui a été reconstruit sur la rivière où l’on descendait le marbre jusqu’au port de Naoussa que nous allons visiter. Les maisons de Naoussa portent sur leur façade une petite croix noire qui protège ses habitants, c’est une cérémonie qui a lieu le samedi saint dans le petit port de pêche. La veille de la pâque orthodoxe, le père de chaque famille se rend à l’église, il allume un cierge qu’il transporte éclairé malgré les intempéries à son domicile, à minuit entouré de toute sa famille il dessine une croix avec la flamme du cierge qui est censée protéger la maison et ses occupants. Certaines maisons arborent une couronne de fleurs sur leur porte, la couronne est constituée des dernières fleurs du printemps que l’on tresse le premier mai, c’est aussi une demande de protection pour ceux qui franchissent la porte, les couronnes peuvent être aussi placées sur des bateaux ou dans des voitures. Des maisons particulières sont quelquefois décorées de tableaux byzantins qui rappellent la mort, nous déambulons dans de petites ruelles étroites avec de nombreux escaliers qui desservent l’étage des habitations. Autrefois le rez-de-chaussée des maisons des pêcheurs servaient d’entrepôts et d’écuries, de soues à cochons ou de poulaillers, aujourd’hui ce n’est plus le cas il a été transformé en appartements que les anciens pêcheurs louent aux touristes. Nous parcourons une jolie place dont les bâtiments sont décorés de magnifiques fresques, les maisons sont séparées l’une de l’autre par de petites chapelles privées. Si l’on veut visiter l’une de ses chapelles il ne faut jamais dire que c’est pour admirer les fresques intérieures ou les icônes, mais le désir de faire brûler un cierge ce qui signifie que l’on ouvre le ciel pour la prière. Cette méfiance est surtout due à la peur que l’on dérobe des objets dans les chapelles privées, dans les années 1980 c’était hélas la pratique de certains touristes indélicats, alors maintenant on se méfie. Nous passons sous un porche qui relie deux maisons, la pièce en surplomb de la ruelle est agencée en chambre à coucher, nous apercevons une petite chapelle familiale qui date de 1785. Nous débouchons sur une esplanade qui domine le petit port, en face sur la colline se dessine les ruines de l’ancienne citadelle et la petite église dédié à saint Nicolas. Nous terminons la visite de Naoussa en parcourant le grand port où accostent les ferries boat, nous traversons un parc public où des enfants jouent au ballon, des milliers d’étourneaux crient dans les arbres, nous rejoignons notre bus pour boucler notre circuit. Nous traversons le village de Briga qui est construit au bord d’une immense baie, Paros est beaucoup plus accessible en bateau que l’île de Naxos. Enfin à 20 heures nous arrivons à l’hôtel, nous nous installons, nous prenons le dîner en self, puis la tête pleine d’informations nous rejoignons notre chambre.

(6) La journée sera consacrée à la découverte de l’île de Naxos (la plus grande des Cyclades, 428 km2, 17 093 habitants, ville principale Náxos (4 334 habitants). L’île a une forme ovoïde de 35 kilomètres sur 25 kilomètres, son littoral est de 150 kilomètres. Nous reprenons la direction de Naoussa, au milieu de la baie qui héberge le port de Naoussa émerge une petite île sur laquelle se dresse une petite église blanche. Nous embarquons à bord d’un hydro glisseur qui dessert toutes les îles des Cyclades. Heureusement la traversée n’a duré que 45 minutes, la mer était très agitée, on se serait cru sur un manège à grandes sensations. Malheureusement j’étais placé entre 2 touristes germaniques qui ont certainement eu le plus beau mal de mer de leur existence, une avait un renvoi porcin et son amie avait qu’en à elle des rejets jouissifs, nous les avons quitté à leur triste sort au premier arrêt qui était Naxos. Nous prenons place dans un bus, nous longeons la mer, l’ancienne ville selon les archéologues serait enfouie tout près du bord de mer. La ville Naxos ou (Chora) est depuis l’arrivée des grecs construite sur une colline, nous sommes sous la citadelle des vénitiens, les maisons sont assez hautes elles atteignent 3 à 4 étages. Nous nous dirigeons vers la campagne pour aller voir une statue d’un jeune homme nu couché appelé (Kouros) en grec,
Nous traversons une zone industrielle dans la banlieue de Naxos. Nous circulons dans une plaine agricole qui longe la mer sur une largeur de 4 kilomètres, elle est très fertile, on y récolte les pommes de terre 2 fois par an. Aux pieds des collines sont installés des villages, nous apercevons quelques vaches, l’île de Naxos possède 4 fromageries, la consommation de l’île en lait est de 100 tonnes par semaine dont la moitié provient de l’île. Nous distinguons le plus haut sommet de l’île qui culmine à 1003 mètres d’altitude, ici on ne l’appelle pas Prophthélias mais Zeus, on peut s’imaginer que c’est la tête de Zeus qui apparaît au-dessus de la brume. L’époque byzantine s’étend entre l’ère de la Grèce ancienne et la Grèce moderne, l’empire byzantin a durée 1000 ans du IVe siècle au XIIIe siècle. Byzance a été créé au VIe siècle avant Jésus christ, pendant les 4 premiers siècles de notre ère 2 religions cohabitaient en Grèce le christianisme et le culte de Dionysos qui est le dieu de l’île de Naxos. Au IVe siècle l’empereur constantin s’est installé à Byzance, il a donc donné un nouveau nom à la ville qui est devenue Constantinople, il a donné aux chrétiens le droit d’exercer leur religion. Le successeur de l’empereur constantin, Théodore VI plus radical, a imposé une seule religion le christianisme et il a fait détruire tout ce qui rappelait l’ancien culte de la mythologie grecque. A sa mort son empire a été partagé entre ses 2 fils, on a donc divisé l’empire romain en 2 communément appelés : l’empire romain d’orient et l’empire romain d’occident. Au VIe siècle Constantinople était la ville la plus importante en Europe, c’est à cette époque que l’empereur a demandé à son architecte de construire l’église sainte Sophie à Constantinople. Au VIIe siècle les empereurs iconoclastes font détruire de nombreuses « images » pieuses ( statues, fresques icônes, etc), des querelles théologiques suivirent. En 1054 l’église chrétienne se divise : rupture à Constantinople entre les Eglises latine et grecque, nous avons donc depuis cette date l’église catholique et l’église orthodoxe. Lors de la 4e croisade en 1204 les francs (chrétiens catholiques) ont profité d’une mésentente entre les orthodoxes et les musulmans, pour prendre la ville de Constantinople à leur frères chrétiens. Constantinople la capitale a donc été perdue pour la partie est, la Grèce continentale est donc revenue aux francs, les vénitiens ont quant à eux eu la main mise sur les Cyclades. Les vénitiens se sont établis dans l’île la plus importante des Cyclades : Naxos, c’est pour cela que la ville est très jolie, les vénitiens ont donc dominé les Cyclades pendant 300 ans. A partir de 1450 ce sont les turcs qui sont arrivés à Constantinople pour s’en emparer, la suite c’est 4 siècles de domination turque pour toute la Grèce. C’est en 1821 que le peuple grec s’est révolté pour la première fois contre les turcs, le premier roi de la Grèce moderne a été un roi allemand, il est l’initiateur des maisons néoclassiques, ensuite la Grèce moderne a évolué en tant que démocratie jusqu’à son entrée dans l’Europe au début des années 80. Nous circulons dans une zone montagneuse, l’île de Naxos est composée de 40 villages. Le dieu de l’île Dionysos était le dieu du vin, son sanctuaire se trouve au pied de l’Acropole à athènes. Nous apercevons dans une partie déserte un rucher, nous traversons des villages où vécurent les vénitiens qui faisaient commerce en ville, nous distinguons dans la montagne le village de Milanes où nous nous rendons pour la visite du fameux Kouros de Milanes. La culture en terrasses était effectuée dans cette partie de l’île, nous roulons au milieu de champs d’oliviers. Nous passons devant une carrière de marbre blanc, les monuments de Delos et de Mykonos ont été taillés dans le marbre de l‘île de Naxos. Les villages sont étagés sur les collines, des pierres indiquent l’entrée des petits chemins, nous voici arrivés à Milanes. Nous accédons au kouros couché en empruntant un chemin champêtre qui serpente au milieu de petits jardins et de vignes. Nous apercevons une sorte de citerne qui est un fouloir de raisin à pieds, nous approchons d’une petite clairière où se trouve le jeune homme nu appelé »le Kouros couché ». La statue mesure 4 mètres 50, il a été découvert à cet endroit par les propriétaires du jardin en travaillant la terre. Au cours des siècles la statue avait été recouverte de terre, elle avait été sculptée sur place, le marbre comportait des fissures se qui le rendait inexploitable. La statue ne fut donc jamais terminée et relevée d’où sa position couchée, il manque une partie des membres inférieurs du jeune homme. Nous empruntons des escaliers pour rejoindre notre bus, nous continuons notre circuit. La mer Egée qui se trouve à l’est de la Grèce tire son nom d’une légende qui s’appuie sur un fait historique. Les Athéniens et les crétois se disputaient le commerce des îles, les Crétois demandaient des taxes aux athéniens pour qu’ils puissent naviguer tranquillement. Cette taxe se traduisait par l’envoi chaque année de 7 jeunes athéniens pour les donner à un monstre qui s’appelait Minotaure : moitié taureau moitié homme. Le roi d’Athènes Egée envoya son fils Thésée à l’île de Crète afin qu’il tue le monstre, Son fils prit la mer avec des amis à bord de son bateau qui portait des voiles noires, pour montrer le deuil des jeunes offerts aux crétois comme taxe de bon voisinage. Le fils avait confié à son père un code que si c’était lui le vainqueur il changerait la couleur des voiles de son bateau à son retour. Comme il était très beau Ariane amoureuse lui confia le fil qui le conduirait au monstre pour le tuer. Ariane ayant trahi sa patrie, elle s’enfuit avec son amant, ils accostèrent sur une île pour prendre un bain, Zeus qui passait s’épris d’Ariane et l’enleva. Le fils du roi plein de chagrin reprit la mer pour Athènes et oublia de changer les voiles de son bateau. Le roi à la vue du bateau battant les voiles noires comprit hélas le code confié par son fils, lui aussi fatigué comme Io il se jeta à la mer qui porte toujours son nom. En fait une autre légende raconte que Thésée a oublié Ariane sur l’île de Naxos, Dionysos l’a rencontrée et la maria. Dionysos a donné 2 cadeaux à Ariane, l’immortalité car elle était fille de roi, le second cadeau est la couronne de Crète qui est un ensemble d’étoiles qui est encore connu des astronomes. Nous passons devant un atelier de marbrerie. Nous roulons dans une vallée verdoyante qui s’étend jusqu’au littoral, nous distinguons l’île de Paros, nous approchons de Naxos et son acropole. Naxos a une plage de 16 kilomètres de longueur qui en fait la plus vaste des Cyclades. Un bon orthodoxe doit se signer chaque fois qu’il passe devant une église, les rues sont envahies de bougainvilliers, les automobilistes s’insultent et klaxonnent à tour de bras, le port est envahi de superbes bateaux, nous découvrons la ville de Naxos en se promenant à pied, les commerces sont touche à touche, nous déambulons dans de petites ruelles où les escaliers sont rois. Après la découverte des rues commerçantes Pierre, Robert et Michel sont allés déguster des poulpes grillés en prenant l’apéritif national le ouzo. Ensuite nous sommes allés déjeuner dans un petit restaurant sur le port, un groupe de musiciens est venu animer notre fin de repas.
Dans un fort vent et une mer démontée nous allons faire une promenade digestive au sanctuaire d’Apollon, il se trouve à proximité de la ville, auparavant le site était édifié sur une île, aujourd’hui une route relie l’île qui est devenue presqu’île. C’est un sanctuaire ouvert où il y avait un autel, Au VIe siècle tous les gouverneurs des îles des Cyclades ont été pris de mégalomanie dont celui de Naxos. C’était la course au gouverneur qui construirait le plus grand et plus beau temple, mais aucun temple n’a été terminé, car les caisses étaient devenues vides et l’argent manquait. A Naxos on a pu que construire la porte monumentale qui devait donner accès au sanctuaire. Certains blocs de marbre qui constituent la porte pèsent 16 tonnes, les chrétiens ont ajouré quelque peu la porte afin que l’on distingue mieux l’autel. Depuis le sanctuaire nous avons une vue splendide sur la ville de Naxos, nous contournons la porte qui devait servir au sanctuaire d’apollon, nous crapahutons dans un champ de pierres avant de rejoindre la ville. Nous montons au-dessus de la colline où s’étaient établis les quartiers chrétiens et vénitiens, nous dédallons dans des petites ruelles tortueuses. Nous abordons une porte qui faisait frontière avec les autres quartiers orthodoxe, juifs et musulmans les vénitiens n’étaient pas très sociables, mais très hautains. La porte d’accès au quartier vénitien comporte une marque à l’extérieur qui permettait aux juifs de mesurer le tissu qu’ils vendaient aux vénitiens sans franchir la frontière. Nous franchissons la porte du XIIIe siècle, la porte en bois est toujours humide, nous passons devant l’église catholique du XIIIe siècle. Les maisons sont des sortes de castel ou de palais qui atteignent pour certains 5 étages, de nombreux monastères ont été établis dès l’arrivée des vénitiens. L’église construite en marbre est l’habitation du prêtre catholique, il officie à Naxos bien évidemment, mais aussi à Paros. Nous apercevons la citadelle, nous contournons un monastère qui avait des relations avec Tinos. Nous passons devant l’école des ursulines, le monastère des jésuites. Nikos Kazantzakis (1883-1957) l’auteur de Zorba le grec a fait ces études dans ce monastère, il était communiste, il a vécu à Egine, en Crète et à Paris. Il a dénoncé les fautes de l’église, l’église n’était pas du tout d’accord avec lui, à sa mort l’église n’a pas voulu l’enterrer. Ses amis l’on enterré à Héraklion capitale de la crête, sur son tombeau dans le marbre est inscrit « je ne demande rien, je ne crains rien, je suis libre ». Aujourd’hui le monastère jésuite héberge une école de commerce, nous redescendons la colline, des armoiries ornent certaines maisons vénitiennes. Le quartier vénitien est encore entouré de 8 tours sur les 30 tours initiales, nous passons devant la maison des Larocca qui est une des plus vieilles familles vénitiennes de Naxos. Le marbre est partout présent, nous sortons du quartier vénitien par une autre porte. Nous passons devant une petite église orthodoxe fermée, nous arrivons en bord de mer où notre visite s’achève. Nous embarquons dans un hydro glisseur qui nous conduit à Parikia, après une heure de navigation nous reprenons le bus qui nous conduit à l’hôtel, nous dînons, nous discutons en terrasse et nous devons faire nos valises car demain nous changeons d’hôtel.

(7) Nous prenons la direction du port de Naoussa, nous embarquons dans un ferry boat pour accéder à l’île de Delos. La traversée a duré une heure, nous retrouvons Maria notre guide de Tinos, nous donc à Délos, sanctuaire dédié à apollon que nous allons visiter.
Apollon est le plus souvent représenté nu, sous la forme d’un beau jeune homme sans barbe, les cheveux blonds, bouclés et flottants, la tête couronnée de laurier, tenant de la main droite un arc et de la gauche une lyre à sept cordes. Pourquoi a t-on fait un sanctuaire à Délos ? Lors de l’une de ses aventures extraconjugales, Zeus mit enceinte Léto (fille du Titan Coeucos), qui donna naissance à deux jumeaux, Artémis et Apollon. Héra, l’épouse de Zeus, toujours jalouse, s’obstina à poursuivre l’infortunée Léto à travers toute la terre pour l’empêcher d’accoucher. Léto trouva finalement refuge sur la petite île d’Asteria. L’Hymne homérique à Apollon dit que l’île se couvrit alors d’or, ce qui était normal puisque le dieu de la lumière venait d’y naître. L’île se fixa car elle dérivait et devint la brillante Délos. Dès qu’il apprit sa naissance, Zeus offrit à son fils une mitre d’or, une lyre et un char attelé de cygnes. Apollon fut nourri de nectar (aliment liquide) et d’ambroisie (aliment solide) par la déesse Thémis. Quelques jours après sa naissance, Apollon accompagné de sa sœur jumelle Artémis, part à la recherche d’un lieu pour établir un oracle : un lieu où les mortels pourraient connaître la volonté de son père Zeus. Le bébé devint en quelques jours un magnifique adolescent. Le jeune Apollon est alors emmené par les cygnes sacrés au-delà de la patrie de Borée, le vent du Nord, chez les Hyperboréens (hyper en grec veut dire « au-delà »). On trouve cette histoire racontée par Callimaque, un poète de l’époque hellénistique, dans son Hymne à Délos (vers 41 à 54).
Présentation
Délos une île minuscule ( 3,5 km²), aride, inhabitée depuis longtemps fût une des plus importantes cités de l’Antiquité. Les pentes sont douces et le mont Cynthe ne dépasse pas 113m. Elle se situe en face de l’île de Rhénée, ( 14 km², inhabitée ) et proche de Mykonos.
Délos a joué un rôle considérable, tant sur le plan commercial que religieux et son rayonnement a connu son apogée sur le plan religieux au 6ème siècle av JC. Le port a toujours été très médiocre et, dès que les vents se lèvent, l’île est inaccessible. A l’arrivée à Délos, le port est réduit au minimum.
Un peu de mythologie et d’histoire:
Les premiers habitant de ces îles seraient les Cariens venant de l’Asie Mineure (3000 ans av JC) suivis des Mycéniens et Ioniens. Ils habitent au sommet du mont Cynthe. Selon la mythologie, Léto aurait été séduite par Zeus ( comme tant d’autres…) Héra, épouse farouchement jalouse de Zeus, apprenant la grossesse de Léto menace de représailles sévères toute cité qui recevrait Léto pour l’accouchement. Léto erre désespérée et Zeus fait appel à Poséidon. Celui-ci, d’un coup de trident sur la mer, fait sortir de l’eau deux rochers plats (Délos et Rhénée) où Léto trouve refuge. Elle souffre encore neuf nuits avant que Ilithia, déesse des naissances, retenue par Héra, puisse venir l’aider. Elle est également assistée par Iris, déesse de la Lumière qui inspirera le nom de Délos  » l’éclatante « . Léto met enfin au monde Apollon, dieu de la beauté, et Artémis, déesse de la chasse. Dès le 8ème siècle av JC, des fêtes somptueuses avec des hymnes et des compétitions sportives en l’honneur d’Apollon sont organisées sur l’île. Pendant les 7ème et 6ème siècle av JC, les monuments historiques édifiés sur Délos sont très nombreux comme les Lions de Délos, le Colosse d’Apollon, la galerie de Naxos et la statue de Nikandra, offrande à Artémis. Vers 540 av JC, le Tyran Pisistrate d’Athènes ordonne la  » purification  » de l’île sacrée en déportant sur l’île voisine de Rhénée les sépultures, les personnes âgées ou malades. Lors de la défaite des forces Perses, s’instaure le traité de Délos, cette île devient l’alliée d’Athènes et le trésor de la Ligue lui est confié. Mais elle ne tardera pas à passer sous sa domination et de nombreux trésors culturels de Délos sont transférés à Athènes en 454 av JC. Pendant la guerre de Péloponnèse une épidémie se déclare sur Athènes qu’on attribue à la colère d’Apollon. Athènes décide à nouveau, en 426 av JC, une purification de l’île de Délos en éloignant sur l’île voisine les tombeaux, les personnes prêtes à mourir et les femmes enceintes puisque dans l’esprit de cette purification il était interdit de mourir et naître sur l’île de Délos. En 422, Athènes ordonne l’expulsion de tous les habitants permanents et organise tous les quatre ans, des fêtes déliennes. Ces pèlerinages sont accompagnés de danses et de concours sportifs et culturels. Ils sont accompagnés d’échanges commerciaux. Sous l’influence des Macédoniens l’île garde son coté religieux mais le commerce devient prépondérant et la population remonte à 25 000 habitants. Les échanges portent sur les céréales, l’huile, le vin, le bois et les esclaves. Pour accueillir ces commerçants venus de toute la Méditerranée, des temples dédiés aux dieux étrangers, égyptiens, syriens, phéniciens, sont construits au dessus de la cité. Les Romains cèdent le Temple d’Apollon aux Athéniens, proclament le port de Délos comme un port franc en 166 av JC. Le déclin commence en 88 av JC: le roi Mithridate, en guerre contre Rome, fait une incursion éclair sur Délos, décime la population et détruit tout sur son passage. Les pèlerinages disparaissent progressivement et les pirates rendent les routes commerciales peu sûres. L’île devient chrétienne au 4ème siècle mais est abandonnée au 7ème siècle. En 1329 s’installent sur l’île quelques grecs venant d’Epire ou des chevaliers venant de Malte et pendant l’occupation turque l’île devint un refuge pour les pirates qui pillent le site. Depuis 1872, les Membres de l’École Archéologique Française, en liaison avec le gouvernement grec, réalisent des fouilles et sauvegardent les trésors culturels de l’île.
Le sanctuaire d’Apollon
Les pèlerins arrivaient à Délos et entraient dans le sanctuaire par un itinéraire similaire aux touristes contemporains. Ils étaient accueillis à l’agora des Compétaliastes, du nom des dieux lares Compitales, divinités romaines honorées par les esclaves et les affranchis. De l’agora des Compétaliastes, la voie processionnaire conduit au sanctuaire d’Apollon, précédé d’un propylée. Sur une vaste esplanade subsistent les vestiges de quatre temples consacrés au dieu. Il s’y dressait aussi jadis une colossale statue le représentant, mais qui a subit des dégradations et des tentatives de déplacement multiples. Il ne demeure que le torse et une partie du bassin, une main est conservée au Musée local et un pied au British Muséum!
Au Nord du portique d’Antigone s’étend l’agora romaine, avec le Lac Sacré, asséché de nos jours, et la fameuse « Terrasse des Lions » disposés ici pour la protection symbolique du site. Au nombre de neuf au départ il ne reste plus que cinq lions (il s’agirait plus précisément de lionnes) en marbre de Paros, abrités dans le musée de l’île.
Un sixième est visible à Venise. Une copie, à l’extrémité de la Terrasse. Les originaux sont à l’intérieur du Musée.
Le quartier du Théâtre
Au sud-est du port se trouve le quartier le plus luxueux de la ville antique avec les demeures de Dionysos, Cléopâtre et Dioscures. Des mosaïques remarquables ornent le sol des maisons d’époque hellénistique et romaine. Le théâtre de 5000 personnes se situe en plein milieu de ces maisons.
L’alimentation en eau potable sur cette île aride a été résolue dans l’Antiquité par ces immenses citernes qui recueillaient l’eau de pluie.
La terrasse des Dieux Étrangers
Sur une terrasse surplombant la ville, et pour répondre aux souhaits des marchands étrangers, sont érigés de petits temples et des salles de réunions. Atargatis, l’Aphrodite syrienne, ainsi que Isis et Sérapis pour les Égyptiens sont vénérés à partir de 200 av JC. Tout proche, on trouve aussi les bases d’un temple dédié à Héra, plus ancien, et à bonne distance du temple d’Apollon, dont elle n’avait pas facilité la naissance…
Après 2 heures de visite au pas de charge, nous redescendons du théâtre au pas de course au port, nous embarquons sur un ferry boat qui nous conduit à Mykonos. Après 20 minutes de navigation nous voici arrivé à Mykonos, le saint Tropez des Cyclades. Mykonos est situé au nord de l’archipel des Cyclades, sa population est de 3000 habitants. Nous marchons dans une marée humaine, nous longeons les quais où sont amarrés de superbes bateaux, nous circulons dans de petites rues où s’entremêlent toutes sortes de commerces. Enfin nous atteignons le petit restaurant, où nous allons manger une excellente moussaka.
Après le déjeuner nous découvrons Mykonos, le port de plaisance est entouré de terrasses de cafés et de restaurants, un superbe voilier en bois 4 mâts est accosté. Comme dans toutes les Cyclades les maisons sont cubiques et blanches, par contre les volets sont multicolores. Un seul immeuble a le toit recouvert de tuiles c’est l’hôtel de ville, c’était l’ancienne résidence de l’ambassadeur russe construite pendant la guerre de 1770. C’est le seul édifice de cette époque que l’on a conservé à Mykonos, la façade est constituée d’arcades ce qui n’existent pas dans l’architecture grecque.
En face sur l’autre rive du port nous apercevons une chapelle avec son dôme bleu dédiée à saint Nicolas. Nous distinguons la criée aux poissons, des dauphins sont peints en haut de la façade. Nous débouchons sur une place, au milieu de laquelle se promène la mascotte de l’île, Pétros II qui est un jeune pélican. Le premier pélican Pétros d’après la légende est mort après avoir été violé par un touriste, n’oublions pas que nous sommes à Mykonos, en réalité il a été renversé par une voiture. Jackie Onassis était une adepte de Mykonos, elle avait offert une femelle pélican afin qu’elle se reproduise, mais elle n’a jamais rencontré de mâle, aujourd’hui Mykonos est le royaume de 3 pélicans. La place est bordée de nombreuses chapelles, nous grimpons une petite rue qui nous permet d’accéder à la chapelle la plus photographiée en Grèce, elle est constituée de 4 chapelles inférieures et une supérieure. Nous marchons sur les anciennes fortifications de la ville qui ont toutes été rasées, la cité de Mykonos est un vrai labyrinthe qui déroutait les pirates. Le sol des rues est recouvert de pierres de granit peintes avec des joints peints en noir, Les rues sont très propres, l’entretien est assuré par les propriétaires des commerces et des maisons. Nous nous rendons dans le quartier de la petite Venise, auparavant les maisons étaient occupées par des artistes, aujourd’hui les maisons sont occupées par des bars et des restaurants. L’hiver avec les tempêtes ce quartier n’est plus habitable, les commerces la saison terminée range leur matériel et bouche l’entrée des commerces afin de limiter les dégâts causés par les intempéries. Nous sommes sur la place Blanche, c’était le lieu où les femmes venaient blanchir le linge. Nous apercevons sur la colline des moulins à vent dont un est en fonction comme éco musée, auparavant Mykonos comptait 40 moulins, nous découvrons 2 cathédrales l’une catholique avec son dôme bleu et sa croix latine, l’autre qui la jouxte est orthodoxe avec son dôme rouge. Nous sommes toujours dans de petites ruelles, nous traversons la rue la plus commerçante et la plus chère de Grèce. Après une heure de promenade nous rejoignons le port, et disons au revoir à Maria, nous embarquons sur un ferry boat pour rejoindre l’île de Paros. Une heure plus tard nous accostons à Naoussa, un bus nous conduit à Parikia où nous embarquons dans un gros bateau de ligne qui nous transportera sur le continent. A 23 heures 30 nous débarquons au port du Pirée après 4 heures de navigation. Un bus nous conduit à l’hôtel, nous prenons une petite collation, il est 2 heures du matin quand enfin nous nous couchons épuisés.

(8) Après une courte nuit, tout le monde prend le petit déjeuner à 8 heures, puis nous prenons la direction de l’aéroport d’Athènes en bus, nous galérons quelque peu dans le méga labyrinthe qu’est le nouvel aéroport construit pour les jeux olympiques 2004. Nous décollons à 12 heures 30 à bord d’un A321 qui consomme 31 litres de carburant par seconde dans la phase de décollage, bonjour la couche d’ozone, nous avons un commandant de bord loquace et intéressant qui nous relate beaucoup d’informations tout au long du vol. Après 3 heures de vol et l’ajustement de nos montres au nouveau fuseau horaire, c’est à 14 heures 30 que nous atterrissons à l’aéroport de Toulouse Blagnac. Un bus nous conduit à la gare SNCF de Toulouse, tout le monde se sépare pour rejoindre toutes les régions de France dont 12 languedociens.

En conclusion c’était notre troisième escapade grecque (Grèce, Crête et les Cyclades, à notre avis nous pensons que d’autres destinations en dehors du bassin méditerranéen auraient pu nous être proposées. Si nous avons bien compris il n’y aura pas de quinzième séjour dans la formule actuelle, l’ère de la présidence de Jean Bouillaud s’étant achevé. Malgré nos doléances adressées aux organisatrices du séjour à Tinos, nous pensons que Dominique la secrétaire du comité de Toulouse a mis toute son énergie pour driver et manager un groupe de 42 personnes. Nous estimons que le groupe ne devrait pas excéder 30 participants, ce qui permettrait aux personnes handicapés visuels de mieux appréhender l’ensemble du groupe, d’avoir un meilleur accompagnement et surtout une meilleure écoute des descriptions et informations distillées par les guides de tourisme qui habituellement sont habilités à prendre des groupes ne dépassant pas 25 personnes. Une page est tournée, nous espérons que l’avenir ne nous fera pas regretter le passé, nous gardons un bon souvenir des 6 séjours que nous avons effectué avec le comité AVH de Toulouse, alors bonne chance à la nouvelle équipe.

Claudine Passepont et Michel Michelland

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