Séjour au Maroc du 25 septembre au 2 octobre 2005

Le but du séjour était de découvrir le Maroc hors des sentiers battus grâce à notre moyen de transport en 4/4, nous avons mis un peu de solidarité à notre escapade en distribuant du matériel adapté à l’institut des aveugles de Marrakech et du matériel scolaire dans 5 écoles du désert et de l’Atlas. L’organisation du séjour a été réalisée par l’association AZIMUT de Montbazin avec ses deux chauffeurs-guides de 4/4 Gilles et Jean-Claude, le projet a été soutenu par le comité AVH de Montpellier. Pour mener à bien notre expédition de nombreuses associations et personnes se sont mobilisées par des dons et des collectes de vêtements les Auxiliaires des Aveugles, Cap Horizon, la Plateforme Humanitaire Héraultaise, le Jogging Castelnau, le Montpellier Tandem Club, le Malin Plaisir, l’école primaire de Saint-Gély du Fesc, les membres d’associations qui ont offert tandem, machine à écrire, télé agrandisseur, machine braille, montre, tablettes braille, livre en braille etc. Tout le matériel a été convoyé en 4/4 depuis Sète pour Marrakech via le port de Tanger, ce sont 3 guides et 5 aveugles qui ont rejoint Marrakech en avion depuis Marseille le dimanche 25 septembre.
Suite à un orage sur la région de Marseille nous avons décollé avec 4 heures de retard, nous sommes arrivés à notre hôtel à Marrakech vers 2 heures du matin.

(1) Après quelques heures de repos, un petit déjeuner dans le centre de Marrakech nous avons rejoint l’institut des aveugles du sud marocain situé dans la ville nouvelle de Marrakech. Il s’agit de l’institut appelé organisation alaouite pour la protection des aveugles.
Cette association a été créée en 1950 mais a pris son véritable essor à partir de 1960, elle est présidée par la princesse du Maroc dont la photo orne le bureau du directeur. Le siège de l’association se trouve à rabat, il existe 14 instituts sur tout le territoire marocain situés dans la plupart des principales grandes villes. Les 50 aveugles sont accueillis de 6 à 18 ans, ils y poursuivent leurs études du cours primaire au baccalauréat. Ils sont hébergés à l’intérieur de l’institut, qui est situé dans un parc arboré au calme derrière des murs dans la ville nouvelle de Marrakech. Ils étudient dans des classes qui comprennent 3 à 4 élèves, l’état mène une campagne pour sensibiliser les parents à envoyer leurs enfants aveugles dans chaque institut dont celui de Marrakech pour le sud marocain. Les cours se prennent en braille à l’aide de tablettes par contre l’évaluation des connaissances se fait oralement. Tout élève qui entre dans l’institut à 80% de chance d’obtenir son BAC, sans avoir subi de sélection à son entrée. Le diplôme en poche il rejoint l’université pour y entreprendre des études pour la plupart de langues, leurs études terminées ils professent pour la plupart à l’institut dans laquelle ils ont été scolarisés. Aucun enseigne dans le milieu ordinaire, ils ont le statut d’enseignants et de fonctionnaires mais comme ils sont nombreux, ils se partagent les heures de cours afin que tout le monde travaille. Un décret royal donne priorité aux aveugles pour obtenir un emploi, beaucoup occupent des postes de standardistes dans les administrations, quelques-uns uns sont employés en tant que kinésithérapeutes.
Malgré qu’ils suivent des cours de musique pendant leur scolarité aucun n’enseigne cette activité en dehors de l’institut, à l’institut de rabat un petit nombre d’aveugles fabriquent des couffins. Le rempaillage et le cannage de chaises ne sont pas connus dans le monde des aveugles. L’institut emploie une personne qui initie à la locomotion, l’aide du chien guide commence à être discutée. Les loisirs sont peu exercés, ils se limitent à la marche à pied en ville et au cécifoot dont l’équipe de l’institut a remporté un tournoi en Libye. Les aveugles marocains ne perçoivent aucune aide de l’état, c’est leur famille qui subvienne à leurs besoins car chez les musulmans toutes personnes âgées ou handicapées doivent être prises en charge par les parents ou par les enfants. C’est en particulier pour cela que les berbères ont des familles de 10 enfants car ce sont eux qui font office d’assurance vie.
Le directeur nous évoque aussi qu’un quartier de la médina est occupé par une centaine d’aveugles âgés et délaissés par leur famille. Au XV.me siècle un Sidi (Saint) Abou El Abbes Septy prit à coeœur la cause des personnes aveugles. Son mausolée est d’ailleurs au sein de ce quartier et beaucoup de dons affluents de tout le Maroc sont distribués chaque trimestre. La somme récupérée est partagée entre tous les aveugles de Marrakech dont les élèves de l’institut font partis.
Le directeur Abdelghani Dafali nous a fait visiter son établissement une salle où les plus jeunes âgés de 6 ans apprennent le braille en langue arabe, nous avons assisté à un cours de français enseigné à des adolescents de 15 ans, nous avons rendu visite aux élèves qui se relaxaient dans le salon où est installée la télévision, une bibliothèque et des tables pour jouer aux jeux de sociétés. Ensuite nous sommes allés dans la salle informatique où une personne qui travaille à la chambre de commerce de Marrakech commence à enseigner bénévolement l’informatique avec les moyens du bord. Après une heure de visite nous nous sommes installés dans une salle dans laquelle étaient exposées tout le matériel que nous avons offert à l’institut. C’est au milieu de tandems, d’ordinateurs, de vêtements, de cannes, de montres, de calculatrices, d’un téléagrandisseur, de lunettes de vue et de protection, de matériel pour écrire le braille, de jeux de sociétés, de ballons en fait il ne manquait que le sapin. Abdelghani nous remercia de notre générosité, il a mis l’accent sur l’impérative nécessité d’acquérir une imprimante braille afin de traduire des manuels scolaires. Il nous a confié que les élèves étaient impatients de découvrir les tandems c’est la demande prioritaire à chaque rentrée scolaire. Les professeurs ont pris la parole pour nous exprimer leurs besoins en nous renouvelant que pour un premier contact, il n’en espérait pas tant et que tout le matériel serait utilisé dans leurs cours. Nous avons fait une petite présentation de notre projet en présentant les différents donateurs, nous rappelons à Abdelghani Dafali que notre premier contact remonte en 2002, nous avions laissé entendre à cette époque que nous essaierons de faire quelque chose si une occasion se présentait. Comme nous sommes de parole nous voici pour poser la première pierre d’un partenariat qui demande qu’à vivre, l’avenir nous le dira. Après quelques photos nous avons pris le thé en continuant notre discussion, puis à la demande de l’institut nous nous sommes engagés d’acheter un appareil photo pour l’économe afin qu’elle immortalise le matériel exposé. Nous avons repris la route en direction de Lalla (demoiselle) Tirekoust pour aller déjeuner près du barrage de Cavagnac, la retenue d’eau sert à irriguer Marrakech dont le jardin de la Menara et à fabriquer de l’électricité, le comble est que dans l’auberge située près du lac où nous prenons le repas n’est pas pourvue de la fée lumière. En retenue haute le lac mesure 10 kilomètres, c’est le paradis des skotters de mer dont un des adeptes est le frère du roi actuel, dommage pour le silence. Le lac est alimenté par des oueds qui descendent de l’Atlas, la végétation est dominée par l’eucalyptus où le caméléon y a élu domicile. Une personne chemine l’eau avec un âne pour les besoins de l’auberge toute la journée, les cruches sont confectionnées dans des vieux pneus. Une immense tente berbère filée en poil de chameau nous tend les bras pour la sieste, mais il nous faut partir, nous allons en face de l’autre côté du lac dans un petit village de montagne situé à 1200 mètres d’altitudes.
Après 30 minutes de piste en milieu aride nous voici arrivé à Agargour, village de 300 âmes entouré de nombreux douars (fermes). Nous sommes entourés de nombreux enfants nous cherchons le cheir (maire) pour nous introduire à l’école du village, il nous faut faire le tour de la colline pour atteindre l’école par des chemins de chèvres très abruptes. Nous traversons un petit pont en bois à pied qui enjambe un torrent, nous arrivons devant l’école construite en préfabriqué et en tôle ondulée. Nous sommes accueillis par 2 institutrices dans une des salles de classe où les plafonds s’effondrent, les murs sont noirs, les fenêtres sont remplacées par des panneaux de contreplaqué c’est vraiment la désolation. Les élèves apprennent bien sûr en premier leur langue le berbère, puis l’arabe et si l’on peut ont leur donne des bases de français mais ce n’est pas du tout évident. Nous remettons les colis cadeaux qui comprennent des fournitures et des manuels scolaires, des ballons de foot et de basket et des vêtements. Nous échangeons les coordonnées de l’école primaire de Saint-Gély du Fesc et celles de l’école de Agargour afin que des liens de partenariat se tissent entre elles. En sortant de l’école nous avons droit à l’appel à la prière, des femmes lave leur linge dans le torrent. L’école à 3 classes, elle dénombre 100 élèves mais les enfants qui habitent les douars éloignés ne sont pas scolarisés. Nous quittons le plateau du Kik pour rejoindre Marrakech, nous faisons un petit tour dans le souk avant de prendre le dîner sur la place Djamel n Fna.

(2) Après le petit déjeuné pris à l’hôtel, nous avons pris la direction de Tinerhir. A notre groupe est venu se greffer un groupe de 5 jeunes qui vont découvrir le désert marocain avec notre groupe, nous nous séparerons à Merzouga. A la sortie de Marrakech nous avons pu admirer le golf royal où Hassan II y pratiquait son sport préféré, Mohamed VI est un adepte de jogging plus populaire qu’il effectue dans la palmeraie. Nous avons ensuite rencontré des parcelles de cultures maraîchères car cet endroit privilégié recueille les bienfaits de la fonte des neiges et de la rivière ou (oued) qui s’y écoule. Puis nous avons traversé une forêt de pins plantés par le ministère de l’eau et de la forêt, ces plantations entre dans la politique de stopper la pénétration du désert. Cette région est très propice aux cactus vue l’ensoleillement et l’humidité, le cactus est utilisé comme nourriture pour le bétail en cas de sécheresse, pour délimiter les parcelles de terrains et de barrières pour ne pas que les animaux empiètent les cultures, sans oublier le fruit que procure les cactus la figue de barbarie. La faune de cette région est le sanglier, la gazelle, l’écureuil, le renard, la panthère et le dernier lion aperçu remonte à 1950. A chaque lacet de montagne on aperçoit de petits hameaux dont la construction des maisons est en argile. On nous fait remarquer que la plupart des villages traversés commencent par Ait car nous sommes dans des villages berbères, alors que bon nombre de villages arabes commencent par Oued ou Ben, ces trois noms signifient fils de. Le premier village important est Ait Ourir dont c’était le jour du souk, un grand nombre d’ânes est stationné aux abords du marché, la coutume veut que seulement les hommes descendent au souk pour vendre leurs produits
Unique revenu pour ces paysans. Les berbères refusent toute aide de l’état ainsi que l’appui et le soutien des coopératives, qui leur permettraient d’évoluer dans leur façon de travailler, à peine 13% d’entre eux sont coopérateurs. A la sortie du village il n’est pas rare de rencontrer un âne seul attaché à un arbre. Certains paysans habitant très loin des lieux de négoces de leurs produits, ils se rendent avec leur âne près de la route où est prévu un ramassage en bus afin d’écourter leur route jusqu’au souk. Près de la rivière la moindre petite parcelle est cultivée d’orge, de fèves, de blé noir, d’oliviers et de peupliers. On découvre ici et là des petits troupeaux de vaches, moutons et chèvres gardés par des enfants ou des femmes. Il est courant d’apercevoir des jeunes filles qui transportent du bois ou de l’eau à bout de bras ou sur le dos. Nous circulons toujours dans la forêt de pins qui est le paradis des chasseurs de sangliers, beaucoup d’étrangers viennent y faire leur tableau de chasse.
Des marocains non musulmans ou musulmans sont également des adeptes de la chasse aux cochons sauvages, la lecture du coran est d’éviter l’alcool et le cochon mais pas de l’interdire. Tout au long de notre ascension, nous avons pu découvrir des barrages sur le lit de la rivière, qui servent à des réserves d’eau pour l’irrigation et à des centrales hydroélectriques.
Depuis l’indépendance le Maroc a basé son économie autour de l’agriculture afin que le pays ne connaisse pas la famine puis une approche maîtrisée a été menée vers le tourisme. Les surfaces montagneuses n’ont guère de surfaces cultivables, alors les paysans créent des parcelles aux pieds des montagnes. Les cultures se font en terrasses, elles sont travaillées de la façon traditionnelle voire artisanale. Les paysans utilisent l’outillage ancestral dont le tracteur berbère, qui est représenté par l’âne attaché à la charrue. Pour convaincre ces paysans à employer les moyens modernes, L’état marocain essaie toujours de s’approcher de ces paysans berbères pour ne pas les abandonner et les laisser isolés, par l’office national de la mise en valeur agricole. Le Ministère de la santé a implanté des dispensaires avec des médecins itinérants, pour la vaccination gratuite des populations. A mi-chemin du col Tichekat qui culmine à 2200 mètres d’altitude. Le dernier seigneur de l’atlas était originaire de Teleuet petit village berbère situé dans cette région. Il était le pacha de Marrakech, il possédait de nombreuses kasbahs (palais fortifié) et ksour (château) entre Ouarzazate et Marrakech ainsi qu’entre Ouarzazate et Agadir. Il faisait partie de la tribu des glaoua, il se nommait Glaoui. Il fut considéré par les marocains comme un traître au plan national, C’est ex pacha marocain Thani GLAOUI a organisé un complot et conspiration dont le but était de renverser la famille royale avec la collaboration de la France. Nous étions en 1953, c’est à partir de ce moment là qu’il y eut des conflits et des tensions entre les marocains et les français. Les marocains se sont révoltés demandant le retour du roi parti en exil à Madagascar. On avait mit un nouveau roi en place considéré par les marocains comme un faux roi. Ce roi était membre de la tribu des glaouas, il fut à l’origine de la création d’un mouvement nationaliste au Maroc, les marocains commencèrent à demander leur indépendance. Entre 1912 et 1953 tout le monde vivait en bonne harmonie, le Maroc était un protectorat et non une colonie ou département français comme l’était l’Algérie. Après 2 années de heurts, le roi Mohamed V revint de son exil malgache, suite à une année de discussion et de négociation avec la France, en 1956 ce fut l’indépendance du Maroc. La mort du dernier seigneur de l’Atlas en 1960, son enterrement à Marrakech fut très particulier, sa vie fut enveloppé et caché par un manque de documentation.
Le pacha avait des ambitions aveugles de devenir roi du Maroc et de donner naissance à une nouvelle dynastie de sa tribu glaoua. Le pacha Glaoui était très courageux et intelligent, audacieux d’avoir eu l’idée de renverser la dynastie Alaouite. Son petit fils est connu dans le cinéma français pour avoir tourné dans le feuilleton belle et Sébastien, il s’agit de Meddi fils de Cécile AUBRY.
Les paysans et artisans berbères sont très démunis, la gratuité des soins leur est accordée sur simple présentation de documents qui attestent leur pauvreté. Une minorité de marocains possèdent une couverture sociale est le code du travail reste le même que celui qui existait à la fin du protectorat français en 1956. Le nouveau roi Mohamed VI a augmenté le SMIG de 1.500 dirhams à 2.000 dirhams.
La dynastie actuelle les alaouites est en place depuis 1666, le pouvoir totalitaire est exercé par une hiérarchie que l’on trouve dans l’administration marocaine. Le vizir qui équivaut au premier Ministre, le pacha qui a un pouvoir sur toute une région, le caïd on dit des tentes caïdales qui représente une agglomération de 3 à 4 villages, le khalife a un sens très musulman il représente Dieu sur terre, le cheikh il représente l’administration centrale au niveau du village c’est un sage qui connaît toute l’histoire de la tribu ainsi que tous ses membres.
En continuant à gravir le col tichekat on traverse des villages berbères, nous longeons la rivière avec sa verdure ses peupliers, et ses lauriers. Au Maroc il y a l’ocre rouge et l’ocre jaune qui éclairent le paysage. Depuis notre arrivée à Marrakech on met tout à la sauce berbère le taxi, le gazou, la gazelle, le tajine, le tracteur ou le couscous ce qui signifie la forte implantation des berbères au Maroc. D’après les historiens ils ont été les premiers habitants du Maroc, leur origine est inconnue et non justifiée jusqu’à nos jours. Certains historiens racontent que les berbères son d’origine germanique, d’autres celtiques, ils basent leur théorie sur l’aspect physique de certaines tribus berbères. Ces berbères ont la peau blanche, les cheveux clairs, les yeux bleus verts qui ne sont pas les caractéristiques des arabes qui ont la peau bronzée mate, les cheveux et les yeux noirs. Un autre historien dit tout simplement que le terme berbère dérive de barbare, ce nom barbare leur a été attribué à l’époque des romains au Maroc. Certains vestiges attestent la présence des romains au Maroc dans les cités Elixus et volubulis qui se trouvent à 500 kilomètres au nord est de Marrakech. Les berbères au Maroc sont divisés en plusieurs tribus, il parle la langue berbère qui ne fait pas partie du registre linguistique de la langue arabe. Les berbères sont dispersés dans tout le Maroc mais plus particulièrement au nord dans la chaîne montagneuse du Rif, dans le massif de l’Atlas qui mesure 900 kilomètres de long sur 150 de large et dans la région d’Agadir.
En Algérie existent aussi des berbères que l’on appelle kabyles, les arabes les désignaient par le nom kabyle parce qu’ils vivaient en tribus afin de les distinguer. Un historien linguiste a dit que dans le mot kabyle il y a le verbe cabalant, qui signifie accepter, ce qui signifie que ces berbères ont fini par accepter l’islam après une longue résistance. Au Maroc il n’est pas rare qu’un berbère se marie avec une arabe ou le contraire. Avant d’être musulman les berbères ont tout d’abord été judaïque puis chrétien. Le Maroc est constitué d’arabes qui viennent du moyen orient et d’Andalousie, d’une communauté juive marocaine qui avec les berbères Forment une mosaïque de races différentes et qui vivent en parfaite harmonie. A plusieurs endroits aux flancs des montagnes nous pouvons lire la devise, Dieu Patrie Roi. A la sortie d’un village nous avons pu découvrir en paroi d’une falaise des habitations troglodytiques. Tout en nous décrivant le paysage plein de contrastes depuis notre départ de Marrakech le guide nous explique le style de vie de ces populations, qui est quelque peu moyenâgeux. L’eau et l’électricité commencent à peine à être amenées dans les villages importants qui bordent la route. L’état a décidé d’ici 10 ans que 80% des villages de l’Atlas seront reliés en électricité et en eau potable. La route est empruntée par des voitures et des gros camions remorques qui ont du mal à franchir les derniers kilomètres du col.
Il y a toujours un roi, une dynastie au Maroc depuis la fin du VII.me siècle. La première fut la dynastie des Idrissides dont le premier roi Idris I était un prince arabe, ce fut la naissance de la première ville impériale du Maroc Fez, cette dynastie régna jusqu’en 1062. Au milieu du XI.me siècle la dynastie des Almoravides prirent le pouvoir jusqu’en 1147, la troisième dynastie fut celle des Almohades, qui fut remplaçait en 1269 par les Mérinides qui avec les Wattassides prirent le pouvoir jusqu’au XVI.me siècle. Les Mérinides avaient repris Fez comme capitale alors que les almoravides et les Almohades avaient fait de Marrakech la deuxième ville impériale du Maroc. Puis succédèrent en 1554 les Saadiens qui redonnèrent la capitale du royaume à Marrakech et depuis 1666 jusqu’à nos jours c’est la dynastie Alaouite qui règne sur le Maroc.
Nous continuons à voir des agglomérations au bas du col, les paysans ont construit leurs maisons en bas de la montagne pour éviter le froid et la neige, pour profiter des ruisseaux et de la fonte de la neige afin de cultiver quelques arbres fruitiers. Personne ne peut vivre sur ces montagnes au cours des mois de janvier et de février, car la montagne est recouverte de neige.

C’est un paysage très contrasté, en Afrique on peut trouver de la neige, au Maroc on peut faire du ski à 70 kilomètres de Marrakech
Ce qui a donné au Maroc un certain particularisme. Dans les derniers lacets du col est construit le refuge de Tichekat où se trouve un café restaurant, parfois on y trouve des touriste près du refuge qui dorment sous des tentes. Cette région montagneuse est très riche en minerai, on y trouve du manganèse, du zinc, de l’argent et du cuivre. Ces mines affectent les montagnes et leur donnent des couleurs différentes. On aperçoit encore à plus de 2000 mètres d’altitude des chèvres et des moutons, nous continuons d’escalader le col. Enfin le col de tichekat est franchi, on peut lire le panneau qui indique l’altitude 2260 mètres, nous nous trouvons alors à égale distance de Marrakech et de Ouarzazate. Parfois de violentes tempêtes de neige rendent la route d’accès au col impraticable. Nous faisons un arrêt au col où nous profitons pour faire quelques emplettes. En redescendant le col en direction de Ouarzazate, nous pouvons apercevoir un panneau qui indique à gauche la direction de Teleuet, village où était originaire l’ex pacha Glaoui.
Au sud du Maroc on rencontre l’architecture berbère, qui est représentée par des maisons en argile, des ksours (châteaux) et des kasbah. Ces maisons d’argile sont très fraîches quand il fait chaud, c’est pour cela que les paysans berbères utilisent ce matériau. Tout en continuant notre route vers Ouarzazate qui est situé à 1070 mètres d’altitude, après les cactus et arbres fruitiers de notre départ nous rencontrons des champs de pierres. Les paysans utilisent ces pierres pour construire leurs maisons et délimiter leurs parcelles de cultures, ils cultivent la luzerne pour la nourriture de leur bétail.
En traversant les villages on rencontre toujours des écoles primaires et des dispensaires, beaucoup de jeunes filles viennent de grandes villes pour enseigner ou pour dispenser les soins et certaines travaillent dans les centres administratifs.

C’est le Maroc moderne qui fait beaucoup pour l’émancipation de la femme dans le monde musulman, le travail n’est pas mince car on aperçoit de nouvelles bâtisses dont les fenêtres sont encore grillagées. Hassan II lors de sa prise de pouvoir après la mort de son père Mohamed V, il s’est présenté avec ses filles cheveux coupés. Dans un discours il a annoncé aux marocains que la libération de la femme n’est pas contre la religion, ni contre les traditions, c’était le premier pas vers le statut et la reconnaissance du droit de la femme. Ce projet fut applaudi par la société marocaine, elle ne pouvait pas être contre ce projet car le roi est toujours le symbole emblématique de la nation. Le roi est le chef de l’état tout en étant le prince des croyants, alors ce qu’il dit ne peut pas être discuté. Tout comme Louis XIV qui n’était pas très religieux au début de son règne, mais afin de préserver leurs autorités, Louis XIV et Hassan II se servirent par la suite de la religion pour maîtriser leurs sujets.
Dans un village faisant office de centre administratif, nous avons pu voir une kasbah rénovée, sur son toit était placés deux nids de cigognes. Une kasbah possède des fortifications, de hautes murailles bastionnées de tours de guet et de petites fenêtres. Les ksour ce sont des châteaux fortifiés du désert, parfois leurs façades sont décorées. Les cimetières berbères se caractérisent par des pierres disposées sur la tombe, elles sont toujours placées en direction de la Mecque. La Mecque se trouve en Arabie Saoudite, c’est dans cette ville où se tient l’un des cinq piliers de l’islam le pèlerinage. Auparavant l’orientation des cimetières, des niches des mosquées et la position à prendre pour faire la prière était Jérusalem. Mais depuis le voyage effectué dans le ciel par le prophète, Dieu a demandé à Mahomet que l’orientation de Jérusalem change en direction de la Mecque.
Des historiens disent que des juifs auraient été islamisés, on a d’ailleurs traversé un village qui porte un non à consonance juive Acouiné, le minaret de ce village est rond au lieu d’être carré, un Rabin y possède son mausolée. Puis nous arrivons dans un paysage qui ressemble à l’ouest de la Californie, beaucoup de films de Western y ont été tournés. De hautes falaises délimitent une large vallée, il ne manque plus que les cow boy et les indiens. Un arrêt nous a permis d’admirer le village de Ait Ben Haddou et sa superbe kasbah, c’est à cet endroit que fut tourné le film Laurence d’Arabie. Nous avons déjeuné dans une auberge située de l’autre côté de l’oued qui est devenu depuis 30 ans le nouveau village de Ait Ben Haddou. Nous avons également aperçu un oasis qui se dessine dans cette région désertique avec ses palmiers et ses cultures. Puis Ouarzazate est en vue, qui était le passage obligé des caravaniers, la ville fut fondée en 1928 c’était une garnison militaire. Ouarzazate veut dire sans problèmes au pluriel, c’est-à-dire qu les caravaniers n’étaient pas interceptés par les habitants, alors que Marrakech ou mourekouch signifie passer en cachette car les caravaniers étaient interceptés par les berbères de Marrakech.
A l’entrée de Ouarzazate sont implantés des studios de cinémas à perte de vue car Ouarzazate est devenu la capitale du cinéma africain où beaucoup de films américains et européens sont tournés et montés. La ville a eu une forte expansion démographique elle compte 30.000 habitants, L’extension immobilière a fait apparaître de nouvelles constructions modernes, ce qui fait que Ouarzazate a beaucoup perdu de son cachet local. Ensuite nous avons emprunté la route des mille kasbahs, nous avons traversé Skoura, nous sommes dans un environnement de terre et de cailloux, à notre gauche s’élève le haut Atlas. Nous sommes surpris par la pluie, l’eau ruisselle sur la route, nous avons juste le temps de franchir un oued où nous avons la chance de voir arriver une grande masse d’eau qui dévale de la montagne. En 10 minutes l’oued a 150 mètres de large en eau, il fait un bruit assourdissant et en 30 minutes l’oued redeviendra sec. Nous apercevons des kasbahs en ruine, nous sommes à 1000 mètres d’altitude dans la région de EL Kelaa, c’est un village très vert situé dans un oued, nous sommes à l’entrée de la vallée des roses. La plupart des maisons sont en piset d’autres sont de style européen, nous longeons toujours l’oued d’est en ouest. Kelaa est la capitale des roses où sont situées de nombreuses coopératives, nous sommes au pied du mont N Gouna qui culmine à plus de 4000 mètres. Nous traversons une vallée d’environ 40000 habitants où coule d’oued El Khemis, où les maisons on 4 étages. Nous passons à Boulmad El Daddes situé sur l’oued Daddes, nous sommes près des gorges de Todra et de Daddes, à la sortie de la ville se trouve une caserne militaire. Nous arrivons à Tinerhir et sa palmeraie qui compte 30000 habitants, nous sommes hébergés dans une auberge berbère traditionnelle. Nous dînons assis sur des tapis adossés à des gros coussins, le repas est servi sur des tables basses.

(3) Après le petit-déjeuner nous effectuons une petite randonnée pédestre dans la palmeraie de Tinerhir, à proximité de l’auberge se trouve une immense kasbah en piset de 2500 Mètres carrés au sol sur 4 étages. Le piset est employé pour construire les murs extérieures, le piset se compose de terre, de cailloux et de végétaux comme la paille, le piset donne une couleur dans les tons rouges, le bois de palmier est utilisé dans la construction des maisons berbères traditionnelles. Nous abordons la palmeraie dans laquelle on exerce la polyculture on y découvre des palmiers, des oliviers, des champs de luzerne et la culture maraîchère. Nous sommes au paradis des ânes que nous rencontrons tout au long du chemin, l’irrigation des cultures est obtenue par des seghias sortes de petits ruisseaux de 70 centimètres de large qui contiennent 10 centimètres d’eau en hauteur. Par des systèmes de barrages improvisés que l’on ouvre pour permettre l’irrigation des champs, les paysans peuvent grâce à ce moyen de canalisation cultiver dans un endroit désertique. Nous cheminons dans la palmeraie où nous entendons de nombreux oiseaux, nous apercevons un héron, puis nous entrons dans un village abandonné. Toutes les maisons sont en piset rouge, certaines ont été construites avec des briques fabriquées en piset, nous sommes sur la place qui était réservée aux fêtes et aux cérémonies d’antan. Certaines maisons en ruine sont occupées par des marginaux qui n’ont pas les moyens de louer un quelconque appartement en ville. Dans la cour d’une maison nous découvrons un puits d’eau de 1 mètre de diamètre, une vieille roue de bicyclette fait office de poulie, le puits a une profondeur d’une vingtaine de mètres. Il existe différentes sortes de dattes les rouges, les noires et les marrons toutes sont cueillis au mois d’octobre ensuite on les fait sécher pendant 15 jours sur les terrasses des maisons avant de pouvoir les consommer. Nous croisons des femmes et des hommes qui accompagnent des ânes qui croulent sous des chargements de maïs, de bois, de cannes de roseaux et de luzerne. Nous passons devant l’ancienne maison du marabout qui mesure 15 mètres au carré, le toit est formé par un dôme. Nous longeons une vigne dans laquelle sont également plantés des grenadiers et des figuiers, des femmes nous saluent tout en continuant leur chemin. La plupart des femmes jeunes ou vieilles portent des charges sur la tête, elles sont habillées de couleurs claires. Nous nous arrêtons près d’un homme qui débite un palmier qui s’est fendu sous la surcharge de dattes, il utilise la hache pour fendre et couper le bois qu’il utilisera comme bois de chauffage. Il nous raconte la vie des palmiers qui produisent des fruits à partir de leur sixième année, le temps nous presse nous sommes obligés d’écourter la conversation. Nous traversons des oueds asséchés, des femmes coupent la luzerne dans un champ, un autre champ de luzerne et submergé de 10 centimètres d’eau, il vient d’être irrigué. Des roseaux arborent le long d’une seghia, nous franchissons un oued sec sur un pont fabriqué avec la moitié d’un tronc de palmier. Nous croisons un âne de course qui est activé par une bande de gamins, nous sommes obligés de nous garer sur le bord du chemin pour ne pas qu’il nous embarque dans sa course folle. Nous abordons Tinerhir par l’ancien quartier juif de la ville, les juifs sont partis de cet endroit il y a une soixantaine d’années, aujourd’hui les maisons juives sont occupées par les marginaux de Tinerhir. A l’entrée du quartier une petite fille nous accueille tout en jouant avec sa mère, une femme tire de l’eau à un robinet pour remplir des cruches. Nous croisons une femme qui porte un bébé dans son dos comme en Afrique noire et à chaque bras elle porte un seau d’eau. Nous apercevons des branchements d’eau et d’électricité très sommaires à l’air libre, Ce qui est rare au Maroc une femme nous aborde pour discuter, elle nous propose d’aller prendre le thé à sa maison, nous la remercions et nous continuons notre découverte. Nous abordons une petite place où les maisons ont 4 étages, certaines fenêtres sont grillagées afin de ne pas apercevoir les femmes depuis l’extérieur. Nous serpentons dans de petites ruelles en terre battues, une petite fille s’affaire à casser des amandes devant la porte de son habitation. Si les façades des maisons sont toujours dans les tons rouges, les portes des habitations sont multicolores, un enfant de 10 ans qui parle français nous accompagne un petit moment dans son quartier en nous le décrivant. Nous arrivons au souk réservé aux autochtones, une couturière publique manœuvre avec dextérité sa machine à coudre qu’elle active avec les pieds. Nous longeons l’hôpital de la région de Tinerhir, nous contournons l’immense station de taxis de la ville, nous passons devant la poste où nous en profitons pour acheter des timbres postaux. Une jeune maman nous fait toucher son bébé sans appréhension, enfin nous arrivons à l’auberge pour prendre le déjeuner, certains se détendent avant de passer à table et d’autres en profitent pour continuer leur touristerie.
Après un bon tagine nous prenons la direction du désert de Merzouga en passant par Erfoud. Nous sommes dans la hamada désert constitué de pierres noires, nous circulons entre zones désertiques et palmeraies au gré des points d’eau. Nous traversons de nombreux oueds secs, ici et là nous apercevons des troupeaux de moutons avec leurs bergers, des troupeaux de dromadaires et leurs chameliers. Nous roulons dans une vallée très large où nous pouvons remarquer de temps en temps de l’herbe à chameau, c’est le royaume du fennec le lion et l’éléphant ont disparu de cette région. Tous les villages des montagnes se sont déplacés près de la route pour profiter de l’électricité, les palmeraies pour les plus petites ont une superficie de 100 hectares, pour traverser le haut Atlas du nord au sud il n’existe que 3 cols routiers. Nous descendons dans un oued humide, nous découvrons des kétaras sorte de puits de 4 mètres de profondeur creusé dans le désert afin d’atteindre la nappe phréatique. L’eau est remontée du puits grâce à une vis activée par un mulet qui ravitaille les seghias, on détecte les kétaras grâce aux monticules de terre provenant du creusement des puits. Nous roulons dans une vallée de 50 kilomètres de large, nous apercevons des tentes de nomades qui suivent leurs troupeaux, toutes les femmes sont habillées de noir afin de se protéger des tempêtes de sable, nous traversons une commune très verdoyante, la géologie de cette région est très variée, de nombreuses kétaras sont abandonnées. Nous commençons à quitter le désert de pierres (hamada) pour entrer dans le désert de sable (erg), la route commence à être ensablée. Nous circulons dans un champ de kétaras, nous apercevons des tentes berbères, la route est parsemée d’enfants qui sortent de l’école, la place du village est submergée de détritus du souk du matin. Pour nous rappeler que l’eau est toujours près dans le désert, la route est bordée de tamaris, nous traversons un oued rempli d’eau, de nombreuses kasbahs sont construites dans la banlieue d’Erfoud. Erfoud est le centre économique de la région qui ne possède aucun intérêt particulier, nous prenons la direction de Merzouga à travers le désert, nous passons devant le cimetière d’Erfoud avec ses dalles en pierre. Nous faisons une halte dans un magasin qui vend des fossiles, nous roulons toujours sur le goudron au milieu du hamada, nous découvrons un âne en liberté, la route est goudronnée pour faciliter la circulation des camions qui transportent le marbre et qui se rendent sur les gisements préhistorique. Nous roulons dans le désert avec l’appui du GPS qui doit nous conduire à Merzouga, nous croisons quelques arbres à épines, un puits et son palmier, nous sommes très secoués en franchissant les nombreux oueds. Nous apercevons des gamins qui gardent des troupeaux de chèvres, nous abordons la commune de Merzouga et sa palmeraie qui est très étendue. Nous traversons un lac asséché avant d’arriver à l’auberge des frères Oufkir où nous sommes accueillis par les dromadaires. Nous sommes à 150 kilomètres de Tinerhir et 30 kilomètres de la frontière algérienne, la région est très militarisée à cause des conflits incessants entre le Maroc et l’Algérie. Au dîner nous avons eu droit à un couscous, ensuite des percussionnistes de la tribu Gnawa nous ont interprété leur musique traditionnelle. La tribu Gnawa est établie en communauté près de Merzouga depuis très longtemps, enfin nous avons pris un repos bien mérité.

(4) L’auberge est alimentée en électricité, l’eau courante n’arrive pas à cet endroit, la famille Oufkir par un moyen ingénieux a creusé un puits dans le désert dont une canalisation de 900 mètres amène l’eau à leur auberge. De bonne heure le matin un groupe s’est risqué à une randonnée dont le but était de gravir la grande dune de Merzouga qui culmine à 200 mètres au-dessus du désert de sable. Après le petit déjeuner nous prenons la direction de l’erg (désert de sable) Chebbi, nous mettons le cap sur Tamost, la route est bordée d’une ligne électrique, à gauche nous avons les grandes dunes qui ont jusqu’à 250 mètres de haut. Nous profitons d’un oued pour franchir en 4/4 la barre des grandes dunes qui font 60 kilomètres de long pour une largeur moyenne de 4 kilomètres. Maintenant nous avons toujours les grandes dunes sur notre gauche et la frontière algérienne sur notre droite, nous remontons à travers le désert de l’autre côté des dunes la route que nous avons empruntée précédemment. Des enfants surgissent à tout moment de derrière de nulle part, nous longeons un ravin, nous apercevons au loin un camp de nomades, à droite nous pouvons voir un fort militaire. Les militaires sont envoyés dans cette zone pour une durée de trois mois minimum, la vie est difficile dans cet endroit, les militaires sont très coulent avec leurs cheveux longs et leurs longues barbes. La faune se compose essentiellement de fennecs et de gazelles, nous sommes accompagnés de Hassan un des frères Oufkir qui nous mène tout droit aux campements de nomades à vue. Nous roulons ou nous flottons en 4/4 au-dessus du désert, c’est tout du moins l’impression que nous avons. La firme allemande Opel effectue des essais en vue du prochain Paris-Dakar, qui emprunte chaque année cet itinéraire avec sa pilote Yonga Schmit qui a déjà gagné l’épreuve. Lors du franchissement d’une dune Michel le pilote du 4/4 qui transporte les 5 jeunes s’ensable, après 30 minutes de manœuvres la caravane se remet en branle. Nous traversons un oued sec, nous avons un effet de mirage devant cette immensité de sable. Une stèle d’un nomade est placée au milieu d’une dune, nous arrivons à un village abandonné où résistent 4 maisons en piset que c’est approprié 3 familles de nomades. Le campement est itinérant on a construit un poulailler où est attaché un âne, une grande tente berbère a été dressée pour prendre les repas. Nous sommes accueillis par des femmes et un petit enfant, les hommes et les autres enfants sont occupés à leurs troupeaux dans le désert, une femme nous invite à boire le thé sous la tente qui est tissée en poil de chameau. Les côtés de la tente sont relevés afin de faire circuler l’air, en cas de tempête de sable on rabat les côtés pour être à l’abri. Pour prendre le thé nous sommes assis en tailleur, d’énormes sac de farine de blé pour faire le pain sont surmontés sur des cailloux afin de les préserver de l’humidité, des sacs de farine d’orge sont également stockés pour la nourriture du bétail. Nous remettons à la mère de famille un carton de vêtements et des jouets pour les enfants dont un ballon de foot en cuir, la tradition veut que l’on ne déballe pas les cadeaux devant les donateurs, mais dès que nous sommes dans notre 4/4 toute la famille composée de 10 personnes s’affaire à découvrir les présents. Par quel moyen de communication mais toute la famille était présente avant notre départ. La famille dort dans une des maisons en ruine, une des maisons fait office de cuisine avec son four à pain, des bouteilles d’eau en plastique servant de récipients pour les condiments et ingrédients nécessaires à la cuisine et le charbon de bois. Les campements sont ravitaillés par les militaires ainsi que la provision d’eau (potable), quelques kilomètres plus loin nous surprenons une femme entrain de tisser une tente berbère en poil de chameau en plein air. La femme est complètement recouverte par ses habits traditionnels, nous n’apercevons que ses yeux. Nous effectuons une petite marche pour aller remettre des vêtements à une autre famille dans un campement différent, nous sommes accueillis par un troupeau de chèvres, nous effectuons notre remise et nous reprenons le chemin de retour en empruntant un autre oued pour franchir la barre des grandes dunes. Nous nous arrêtons de nouveau dans un village abandonné ou séjournent des nomades, nous remettons les cadeaux aux femmes du campement, les hommes sont occupés à leurs troupeaux dans les dunes. Les femmes sont habillées d’habits très colorés, une des femmes ce qui est très rare dans ces régions désertiques à une superbe dentition blanche. Les femmes nous invitent à déguster une tarte aux pommes de terre qu’elles viennent de cuire, ensuite c’est avec émotion que nous terminons notre circuit dans le désert. Nous roulons dans un oued, des gamins sont perchés dans les dunes, nous apercevons une auberge berbère sous une tente. Les nomades pour se déplacer rapidement dans le désert utilisent la mobylette et la bicyclette, enfin nous arrivons à l’auberge pour prendre un déjeuner tardif. Pendant que certains attendaient patiemment le déjeuner, Jean-Claude à initier Jérome à la conduite de 4/4 dans lenoir sur les pistes empruntées chaque année par le rally du Paris-Dakar.
L’après-midi nous allons à l’école de Merzouga pour remettre du matériel scolaire et des vêtements. L’école compte 500 élèves, elle est fermée sur l’extérieur, nous traversons la cour de récréation où coule une fontaine qui fait la joie des élèves. L’école est en préfabriqué avec un toit en tôle, le directeur nous invite à visiter les classes où les élèves sont très studieux malgré l’insalubrité des lieux. Le vœu du directeur est la construction de toilettes pour le groupe scolaire, en plus, il a besoin de tout en ce qui concerne les fournitures scolaires afin de dispenser les cours dans de bonnes conditions. Nous remettons le matériel scolaire et les vêtements aux enseignants, qui malgré le peu de notre donation par rapport à leurs besoins sont très touchés par notre geste de solidarité. Ensuite à travers une petite marche à pied nous allons rendre visite au dispensaire qui est dépourvu de tout, il est géré par un infirmier et une sage femme. Le dispensaire est rattaché au ministère de la santé, il donne les premiers soins et aide aux accouchements difficiles à une population escomptée à 11000 habitants sans compter les nomades qui ne sont pas recensés. Le rayon de ses interventions est de 50 kilomètres autour de Merzouga. Chaque mois l’infirmier consacre une semaine pour rendre visite aux nomades dans le désert, en été il reçoit 80 patients par jour, en ce moment les interventions se limitent à une vingtaine par Jour. Les 2 praticiens travaillent du lundi au vendredi de 7 heures à 16 heures 30, ensuite nous avons repris la route pour aller distribuer du matériel à une autre école. Nous prenons la route de Tamost, nous nous arrêtons à l’école du village où vit la communauté des gnawas, un instituteur nous accueille devant son école située dans un champ de friche. L’état de l’école est toujours le même, les élèves sont habillés comme partout dans les écoles que nous avons visités en lambeaux de tissu, malgré cela ils sont heureux et nous entourent en poussant des cris de bienvenue. L’école comprend 3 classes, le jeune instituteur nous confie son adresse électronique afin de lier des liens comme les autres enseignants avec l’école primaire de Saint-Gély du Fesc. Ensuite nous retournons à notre auberge où nous attendent les chameliers et les dromadaires, pour faire une promenade dans les dunes de sable du désert qui entoure l’auberge des frères Oufkir. Un dromadaire peut porter une charge de 250 kilogrammes, dans le désert le dromadaire peut se passer de boire pendant 2 à 3 jours. Après une heure de dromadaire nous avons rejoint notre havre de paix, certains sont allés dans un magasin de tapis pour acheter tout sauf des tapis, pendant que d’autres se reposer dans leurs chambres. Le dîner terminé tout le monde est parti se coucher soit dans leurs chambres et pour les plus téméraires à la belle étoile, la famille Oufkir dort dans le désert à même le sol depuis le mois d’avril.

(5) Le réveil est fixé à 5 heures du matin, nous avons 500 kilomètres de route à parcourir pour atteindre Marrakech. C’est à 8 heures que nous quittons la famille Oufkir après avoir pris la photo souvenir, nous roulons dans l’hamada en direction de Tamust. Nous traversons Risani le fief de la famille royale actuelle et celui du cinéma, les femmes sont habillées de noir avec des broderies de couleurs qui ornent leurs vêtements. Nous sortons de Risani en passant sous une porte qui culmine à 10 mètres de hauteur, toutes les maisons de la ville étaient recouvertes de tuiles vernies dans les tons verts. Dans une falaise nous apercevons des habitations troglodytes, quelques kétaras parsèment le paysage, sur notre gauche s’élève l’anti Atlas qui culmine à 1500 mètres d’altitude. Sur notre droite se dessine le haut Atlas, nous sommes dans un environnement lunaire, c’est l’ancien royaume des lions de l’Atlas. Nous traversons de nombreux oueds, qui ont la particularité de se jeter ou de terminer dans le désert appelé aussi mer de sable. Maintenant nous sommes dans une zone qui rappelle le paysage de la savane avec des arbres espacés, nous rencontrons un village palmeraie avec en arrière plan un ancien village de montagne aujourd’hui abandonné. L’hamada où nous circulons est de couleur grise, de nombreux oueds drainent la vallée qui a une largeur de 50 kilomètres, nous traversons un village dont les maisons sont toutes construites en pierre de taille. Des troupeaux de chèvres et leurs bergers donnent vie au panorama, une palmeraie se trouve au pied d’un massif montagneux. Nous arrivons à tazarine capitale de région, nous profitons d’un arrêt pour prendre un rafraîchissement à la terrasse d’un bar. Nous sommes à N’Kob où les maisons sont en piset, la ville possède un beau groupe scolaire, tous les écoliers sont en chemisiers, chemises ou blouses blancs. Depuis notre départ nous avons emprunté une route large sur laquelle nous ne croisons pas beaucoup d’autres véhicules, dans un village nous apercevons un marabout qui s’est effondré. La route devient plus étroite, le massif montagneux situé sur notre gauche s’élève à 2400 mètres d’altitude, la route est bordée de magnifiques kasbahs et ici et là par contre nous découvrons des kasbahs abandonnées. Nous longeons le Draa oued alimenté en eau, nous remontons la vallée du Draa qui est la plus habitée et verdoyante du Maroc, sa palmeraie s’étend sur 120 kilomètres de long. Les palmiers sont énormes, nous approchons de Agdz, nous sommes devant un cadre magnifique avec une superbe kasbah de 12 mètres de haut, perchée sur un promontoire qui surplombe le Draa et enveloppée dans la palmeraie, pour finir la carte postale le tout est dominé par une barre montagneuse. La route s’élargie, des femmes lave le linge dans le Draa, les buissons aux alentours servent pour le faire sécher ce qui donne une palette de couleurs à l’environnement désertique. Nous franchissons un col assez haut au milieu d’éboulis rouges et noirs, nous sommes dans un flot incessant de circulation. Nous traversons le village de Ait Saoun nous abordons le lac de Ouarzazate avec le barrage de Al Mansour, ensuite nous atteignons Ouarzazate. Nous faisons une halte dans un petit restaurant sur le bord de la route à hauteur de Ait Ben Haddou, nous avons mangé une omelette servie par un serveur original qui a bien fait rire la tablée. Ensuite nous avons rejoint Marrakech en empruntant la même route qu’à l’aller par le col de Tizi’n Tchka. Le soir arrivés à Marrakech nous avons fait nos dernières emplettes dans le souk avant de prendre le repas sur la place Djamel N Fna. Comme les 365 jours de l’année la place est animée par d’innombrables conteurs, dresseurs de serpents, arracheurs de dents, musiciens, liseuses de bonne aventure, guérisseurs en tout genre et une pléiade de petits restaurants en plein air qui vous proposent leurs menus dans un vacarme indescriptible.

(6) Après le petit-déjeuner pris à l’hôtel, nous avons rejoint l’institut des aveugles de Marrakech pour aller leur remettre l’appareil photo que nous leur avions promis lors de notre premier passage. Nous avons été reçu par le directeur et l’économe très content de nous revoir, nous avons fait la connaissance de Marie-Rose une sœur de la communauté des franciscains, qui vient 4 après-midi chaque semaine bénévolement animer des loisirs afin de parfaire le français des élèves. Malgré notre planning chargé nous avons accepté de consacrer un peu de temps à Marie-Rose pour lui montrer l’utilisation de certains jeux ou matériel qui était toujours exposé dans la salle, une manifestation autour de notre donation sera organisée en présence du maire de Marrakech qui est le président de l’institut des aveugles de Marrakech dans les prochains jours. Pendant la démonstration du matériel le directeur Abdelghani Dafali nous a fait part d’un entretien avec le recteur de Marrakech sur notre initiative, le résultat c’est que le recteur s’est engagé à fournir une imprimante braille à l’institut. Dafali nous a dit que notre geste en faveur de l’institut a sûrement influencé le recteur dans sa décision d’octroyer une machine braille, qui était demandé depuis longtemps par le corps enseignant. Abdelghani a pris de nombreuses photos avec sa nouvelle acquisition, ensuite c’est dans le parc de l’institut où nous avons été mitraillé par tous les amateurs photographes qui passaient aux alentours. Marie-Rose nous a certifié qu’elle veillerait au bon usage du matériel par les élèves, elle nous a confié son adresse électronique afin que nous puissions communiquer. Nous avons pris la route en direction de Lalla Takerkoust où se trouve le pied à terre marocain de l’association Azimut, nous avons chargé le matériel qui nous restaient à distribuer. Ensuite nous avons descendu la vallée jusqu’à Amizmiz, la route était bordée d’eucalyptus et de sapins, nous sommes au pied du haut Atlas. Arrivés à Amizmiz nous avons pris une piste pour nous rendre dans une auberge traditionnelle gérée par Ali. Ali la trentaine est un des bienfaiteurs des enfants de la montagne association dans laquelle il œuvre en qualité d’homme de terrain, il initie les jeunes au respect de la nature et à la sauvegarde de l’environnement, en plus en sa qualité d’aubergiste il fait partager sa connaissance de la culture berbère à ses hôtes. Ali anime une association qui replante des arbres fruitiers sur des terrains publics ou privés, les arbres sont offerts par l’office des forêts. Nous avons déjeuné à l’intérieur sur des tapis, pour donner l’alerte lors du déferlement de l’oued dans la vallée ali nous raconte. Les village sont situés en quinconce tous les kilomètres tout au long de la vallée, ce qui fait que le village le plus en amont prévient en criant d’un point précis au village en aval de la crue éventuel de l’oued et ainsi de suite de village en village toute la vallée est prévenue du risque éventuelle d’inondation. Il y a quelques années un drame c’est produit dans la vallée de l’Orika, les personnes noyées par la déferlante des eaux étaient pour la plupart des gens de la ville, dont le moyen de communication en cas d’alerte n’était pas compris ou connu. Dans la salle à manger les murs sont en tedlakt (stuc en France(, le procédé est de mélanger de la poudre de marbre que l’on a chauffé et concassé avec du savon noir, on frotte le mélange contre le mur, une fois sec le mur à l’aspect de marbre c’est à ci tromper. L’auberge n’est pas reliée au réseau électrifiée ni à la distribution d’eau, Ali a pallié à ces manques par un réseau de batteries et d’ampoules de mobylette pour donner de la lumière et il a canalisé l’eau du torrent pour alimenter en eau son auberge. L’eau de vaisselle non chargée en détergents chimiques est utilisée pour arroser le jardin potager, la plupart des produits servis à table proviennent de la culture et de l’élevage qui résulte de la ferme attenant à l’auberge exploitée par la famille de Ali. La cuisine de l’auberge est l’affaire de la cousine de Ali et de sa fille ou petite cousine, l’auberge devrait à terme procurer l’emploi à toute la famille, un oncle est propriétaire du moulin à henné situé à proximité de l’auberge. Amizmiz est située aux confins de 4 vallées, il s’y déroule un grand souk tous les mardis, il existe un super parking à mulets qui peut en recevoir près de 1300. Les personnes habitants les villages les plus éloignés arrivent le lundi soir où ils peuvent déjà s’approvisionner en légumes pour le repas du soir. Des locaux de 3 mètres sur 10 sont offerts aux villageois éloignés, dans lesquels sont mis à disposition les ustensiles pour cuisiner et des tapis pour dormir. Le souk débute le mardi à 3 heures jusqu’à 7 heures il est réservé au bétail à 7 heures c’est le souk aux volailles jusqu’à 11 heures. Parallèlement se déroule le souk traditionnel où on trouve fruits, légumes, viande, poteries et depuis peu de nombreux ustensiles en plastique provenant de Chine. Les poteries proviennent de chaque village des vallées qui ont chacun leur spécialité l’un ce sera les tagines, l’autre les cruches, un autre les canons ou bras zéro etc. Grâce à l’entraide les villageois se relaient pour descendre au grand souk de Amizmiz, d’ailleurs on ne pourrait pas vivre dans les vallées très reculées en comptant que sur soi. Aucun prix sur le souk n’excède 500 dirhams à part le bétail, les paysans peuvent y acheter toutes sortes d’outils de travail, des forgerons sont présents au souk afin de réparer les outils ou placer des fers aux sabots des mulets, le vétérinaire peut être consulté sur place. Le souk se termine le mardi à 16 heures, les villageois les plus éloignés peuvent rester dans les locaux prévus à cet effet jusqu’au mercredi matin. Aujourd’hui beaucoup de villages commencent à tracer des pistes, ils louent des camions où ils s’entassent à une quinzaine à l’intérieur avec du bétail, une autre quinzaine de personnes prennent place sur le toit du camion. Chaque village des 4 vallées organise aussi son souk un jour de la semaine, il est beaucoup moins important car les vendeurs viennent uniquement du village. Comme nous nous éternisions trop à table aux histoires intarissables de Ali, Abderhaman depuis le village situé de l’autre côté de la vallée a lancé un appel suivi d’un langage par gestes, qui voulait dire qu’il nous attendait à l’école du village où nous devons faire une distribution de matériel. Nous sommes redescendu à Amizmiz, nous avons pris une piste dans la montagne pour rejoindre le village de Targht, Amizmiz possède des magasins de services en tout genre et une immense station de taxis ; La piste est très chaotique, Ali a beaucoup de travail car les buissons sont ornés de nombreux sacs en plastique. Les parcelles cultivables sont délimitées par des branches d’épineux, nous passons devant un verger qui a été planté par l’association d’Ali. Une magnifique kasbah se trouve au bord de la piste, nous croisons des villageois qui descendent à pied à Amizmiz, un âne chemine la piste sous un immense fardeau de bois nous n’apercevons plus que le museau du pauvre animal. Nous longeons une oliveraie à la suite de laquelle est située l’école du village où nous allons remettre nos colis cadeaux, un terrain de foot ball jouxte l’école. Les bâtiments sont en préfabriqué toujours recouverts de tôles ondulées. Nous sommes accueillis par Abderhaman qui tout comme Ali est un membre de terrain de l’association les enfants de la montagne. Comme nous sommes samedi après-midi Abderhaman en l’absence des instituteurs a réussi à rassembler 45 élèves dans une classe sur les 60 élèves inscrits dans cette école. Ali et Abdrhaman ont expliqué le but de notre démarche devant un public très réceptif, ensuite nous avons participé à la distribution du matériel à chaque élève tout en gardant une réserve pour les instituteurs. Les élèves écoutaient leurs grands frères et tout c’est passé à merveille. Une petite fille a ramené un crayon de papier car elle en avait reçu 2, toute la classe a applaudi son geste. Ali a décidé de placer les manuels scolaires dans la bibliothèque de l’école afin que tous les élèves puissent les consulter. Comme le nombre de gommes et de taille crayons était insuffisant, les élèves ont désigné pour chaque classe le responsable de la gomme et du taille crayon. Ensuite une fille a été nommée comme responsable du ballon de basket ball, quant au ballon de foot ball en cuir Abderhaman décida que l’instituteur en serait le gardien. Petite révolution car les garçons ont tout de suite demandé comment ils feraient pour jouer avec le ballon pendant les vacances scolaires, Ali et Abdrhaman ont donc décidé de désigner un responsable, à l’unanimité la classe ont scandé le nom de Rachid. En une petite heure nous avons assisté à la vraie démocratie participative, dans laquelle le citoyen c’est-à-dire l’enfant décide pour lui quelle belle leçon. Les enfants avaient entre 6 ans et 12 ans, ils étudient à l’école primaire pendant 6 ans, ensuite s’ils réussissent l’examen ils peuvent continuer au collège situé à Amizmiz situé à 7 kilomètres du village. Comme les familles n’ont pas les moyens de scolariser les enfants après 12 ans, les études sont donc interrompues et ils restent à la maison pour aider au travail des parents. Comme dans les 3 écoles visitées précédemment l’intérieur des classes est désolant et quelques enfants sont pieds nus. Après une photo souvenir à l’extérieur avec tous les enfants, nous avons eu droit à une collation offerte par les parents des élèves du village. Targht compte 400 habitants et n’est situé qu’à 56 kilomètres de Marrakech, ville où l’opulence de certains peut nous faire réfléchir sur la répartition de la richesse marocaine. Nous avons redescendu Abderhaman à Amizmiz, nous avons repris la piste qui mène à l’auberge de Ali, peu avant se trouve une caserne désaffectée avec ses tours crénelées à proximité de laquelle, le fils de l’ancien médecin du roi Hassan II se construit un véritable petit palais lequel par miracle sera raccordé au réseau électrifié. Arrivés à l’auberge certaines se sont initiées au hammam familiale pendant que d’autre se reposaient, avant le repas nous avons eu la visite du directeur des écoles de Amizmiz qui est également président de l’association des enfants de la montagne, afin de finaliser notre dernière distribution qui se fera après notre départ. En commun nous avons choisi un village situé à 2200 mètres dans la vallée Erdouz il s’appelle Adtaouda. Il est très difficile d’accès, comme il sera prochainement électrifié, nous laisserons également 2 ordinateurs à l’école afin que les jeunes instituteurs formés à l’informatique sensibilisent les élèves à ce nouveau moyen de savoir et de communication. Ensuite nous sommes passés à table toujours sur des tapis pour déguster un trid, qui est le plat traditionnel offert quant il y a une naissance dans une famille. Après le repas Ali nous a expliqué la culture et les mœurs des berbères en abordant les marabouts, le mariage etc., c’est bien fatigué que tout le monde s’en est allé se coucher.

(7) Après le petit déjeuner pris dehors sur des tapis, nous avons échangé les coordonnées des 2 écoles des montagnes afin qu’elles puissent échanger avec l’école primaire de Saint-Gély du Fesc, certains se sont risqués au henné dispensé par Djamina la petite cousine de Ali. En fin de matinée nous avons rendu visite à Mohamed le potier, dont la spécialité de son village est le tagine. Le potier est âgé de 70 ans, il travaille dans un atelier de 2 mètres sur 4 dans lequel est creusé un trou où est disposée une roue en pierre qui entraîne son tour. Il est assis à même le sol, de son poste de travail il est en communion avec son bétail vache, mouton, chèvre et âne, il est à l’écoute de sa famille car une porte d’accès à son habitation donne directement à l’atelier. Les outils de travail sont très rudimentaires, le tagine se fabrique en 4 étapes le fond, le contenant, le couvercles et le bouton Mohamed vend son tagine fini 50 dirhams soit 0,5 euro, à qui profite le labeur des artisans berbères. Devant la maison est creusé un trou qui fait office de four à cuire les tagines produits, le four peut contenir 300 tagines et le bois de chauffage. De retour à l’auberge nous avons dégusté un excellent couscous, ensuite nous avons pris la route de l’aéroport de Marrakech. Nous nous sommes arrêtés à Amizmiz pour acheter des gants nécessaires au hammam, nous avons retrouvé le bruit de la civilisation et la pollution en arrivant à Marrakech. Nous avons embarqué pour Marseille en milieu d’après-midi en laissant Gilles et Jean-Claude au Maroc qui doivent accompagner Ali pour remettre les derniers cadeaux dans le village de la vallée d’Erdouz.

Ce voyage riche en odeurs aura été une expérience forte en émotions que nous n’oublierons pas de si tôt. Une découverte du Maroc et des berbères loin des chemins touristiques. Nous pouvons dire un grand merci à nos guides Alberte, Christine et Clairette à Gilles et Jean-Claude pour leur maîtrise et leur connaissance du terrain. Enfin nous remercions toutes les associations et personnes qui ont répondues présentes à notre appel en ous octroyant des subventions, du matériel et des soutiens logistiques nous pensons que tout le monde se reconnaîtra. Le plus important pour nous c’est d’avoir répondu à la demande de matériel spécialisé à l’institut des aveugles de Marrakech et rendu des enfants heureux dans les villages de montagne et du désert comme le témoignent les messages que nous recevons.

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