Séjour au Portugal du 20 au 28 avril 2005

Portugal Géographie
Grande puissance maritime aux XVe et XVIe siècles, le Portugal a connu, sous le règne de Manuel Ier , une extraordinaire floraison intellectuelle et artistique qui a laissé un magnifique patrimoine monumental. Malgré un brillant épisode baroque, le pays connut ensuite un lent déclin, jusqu’à la dictature de Salazar avec ses interminables guerres coloniales. Désormais sorti du sous-développement, le Portugal est fermement ancréà l’Union européenne. État du sud-ouest de l’Europe , situé sur la façade atlantique de la péninsule Ibérique , bordé au nord et à l’est par l’Espagne . Le Portugal est divisé en 18 districts, répartis en 5 grandes régions de programme, auxquels s’ajoutent les régions insulaires autonomes de Madère et des Açores , ainsi que le territoire de Macao , qui doit être rétrocédéà la Chine en 1999. Le Portugal est membre de l’Union européenne depuis 1986.

Le cadre naturel
Relief
Six fois plus petit que la France, le territoire portugais est aux quatre cinquièmes formé par les hauteurs de la Meseta ibérique (200 m d’altitude moyenne), dont la principale dorsale, granitique et schisteuse, la serra da Estrela (chaîne de l’Étoile ), traverse le pays en écharpe du nord-est au sud-ouest et culmine à 1 991 m au Malhão. Une autre serra, moins élevée et orientée est-ouest, traverse le sud du Portugal, jusqu’au cap Saint-Vincent, en exposant son versant méridional et la plaine côtière de l’Algarve aux influences africaines. L’un et l’autre de ces reliefs se terminent à proximité de l’océan Atlantique par un ressaut, granitique au nord (serra da Sintra , dominant l’estuaire du Tage), volcanique au sud (serra de Monchique ). Le littoral présente une alternance de rivages rocheux et découpés et de côtes basses et sablonneuses, bordées de cordons dunaires et de lagunes. Au centre s’ouvre la large échancrure de la mer de Paille, formée par l’estuaire du Tage, où s’élève Lisbonne, ancienne capitale d’un empire colonial qui s’étendait à l’Afrique, à l’Asie et à l’Amérique. Quant aux archipels des Açores (9 îles) et de Madère , respectivement à 1 500 et 500 km du Portugal, leur origine est volcanique.

Climat et hydrographie
Le climat oppose un Portugal septentrional plutôt humide ( la saison sèche n’y ne dure que deux mois), voire très humide (les régions montagneuses du Minho et du Douro, au nord-ouest, reçoivent jusqu’à 2 500 mm de précipitations par an), et un Portugal méridional plutôt sec, au climat de type méditerranéen (la saison sèche y dure la moitié de l’année). La façade littorale est soumise aux influences adoucissantes de l’Atlantique. Les fleuves sont nombreux et naissent pour la plupart en Espagne (Minho , Douro , Tage ou Tejo , Guadiana ). Certains forment la frontière avec l’Espagne sur une partie de leur cours. Bien que leur débit varie suivant les saisons, ils sont navigables grâce à la marée qui les remonte sur la plus grande partie de leur cours portugais.

Population et organisation de l’espace
Population
Après avoir beaucoup chutéà partir du XVIe siècle, en raison de la colonisation outre-mer (qui a entraîné le départ de marchands, de militaires et de marins), mais aussi des nombreux conflits avec l’Espagne voisine, la population portugaise a rattrapé son retard à partir du XIXe siècle. Les difficultés économiques et la pauvreté du pays expliquent cependant que le trop-plein démographique, surtout dans le nord du pays, ait longtemps trouvé son exutoire naturel dans l’émigration (1 200 000 personnes dans la première moitié du XXe siècle), d’abord vers les anciennes colonies (Angola , Brésil , Mozambique , etc.), puis, à partir des années 1950, surtout vers l’Europe du Nord et, dans une moindre mesure, l’Amérique du Nord, régions fortement demandeuses d’une main-d’œuvre habile et très bon marché. Depuis le début des années 1970, le taux de natalité du Portugal a fortement chuté, comme celui de tous les pays de l’Europe méditerranéenne, si bien que le taux d’accroissement naturel (il est de 11,4 par mille en 1998 qui fut longtemps l’un des plus importants de l’Europe) est en 1998 négatif (-0,1 %).Le pays a néanmoins pu compter sur le retour d’un certain nombre d’émigrés. Si certains d’entre eux ont profité des procédures de retour au pays mises en œuvre par les pays industrialisés, beaucoup sont rentrés dans des conditions plus difficiles, à la suite de l’indépendance des anciennes colonies africaines. Désormais, les mouvements migratoires s’effectuent essentiellement à l’intérieur même du Portugal, au profit des régions les plus dynamiques, comme celles de Lisbonne ou de Porto, et au détriment des régions du centre, du nord et du sud, où la mécanisation de l’agriculture a causé localement beaucoup de chômage. Le corollaire en a été l’accélération de l’urbanisation , même si le Portugal présente, au sein de l’Union européenne , l’originalité d’être encore fondamentalement rural. Le pays ne compte d’ailleurs que trois grandes agglomérations : Coimbra (ville historique et culturelle située sur la rive droite du Mondego), Porto (grand port industriel sur le Douro) et surtout Lisbonne (capitale politique depuis 1245), toutes trois en situation littorale. Les densités de peuplement, enfin, sont très contrastées. Ce sont les vallées du Nord, les rives du Tage et le littoral qui sont de loin les plus peuplés, du fait que le développement de l’agriculture y est plus aisé, tandis que le centre, le sud et l’est du pays, plus secs et moins favorables, sont par endroits (notamment dans les montagnes et sur les plateaux) presque désertés.

Agriculture
Si le secteur primaire (agriculture et élevage) rassemble encore un pourcentage relativement élevé des actifs portugais (11,4 % en 1998), sa participation au PIB (produit intérieur brut) est peu élevée (5 %), signe de sa faible productivité. La forêt, en revanche, occupe une superficie équivalente à celle des terres cultivées, ce qui fait du Portugal le quatrième pays européen producteur de bois et le premier producteur mondial de liège. Les principales productions locales sont le riz, le maïs, la pomme de terre, l’olivier et les céréales, sans oublier la vigne (8,8 millions d’hectolitres), très présente dans la moitié nord du pays, tantôt en monoproduction (régions de l’Alentejo , du haut Douro et du Ribatejo ), tantôt en association avec les autres cultures. Les principaux crus sont réputés mondialement (vins de Porto, de Madère, vins du Dão). L’élevage ovin transhumant (6,3 millions de têtes), très présent dans la civilisation portugaise depuis le Moyen Âge l’emporte encore devant celui des porcins (2,4 millions de têtes) et des bovins (1,3 millions de têtes). Quant à la pêche, spécialisée dans la morue, le thon, le maquereau et la sardine, elle a chuté (000 t. en 1990,
252 000 t. en 1998), du fait de la raréfaction des espèces et des nouvelles réglementations mises en œuvre àTerre-Neuve ou au Groenland , régions traditionnellement fréquentées par les chalutiers portugais. Les progrès enregistrés depuis les années 1960 par l’agriculture sont sensibles. Ils se traduisent par l’accélération de la mécanisation ou encore par l’augmentation des rendements, grâce à l’irrigation. Cependant les pesanteurs demeurent, en particulier dans le nord du pays, marqué par la petite exploitation (de superficie inférieure à 5 ha), ou dans le sud du pays (Alentejo), région des grands domaines (latifundia ) aux structures encore attardées, en raison de l’abandon de la réforme agraire de 1975.

Industrie
Faute de matières premières minérales et énergétiques en quantité suffisante, le Portugal s’est industrialisé très tardivement et reste sous-industrialisé relativement au reste de l’Europe. Très concentrées spatialement (en particulier sur Porto), les industries sont spécialisées dans les biens manufacturés nécessitant une nombreuse main-d’œuvre (textile, cuir, agroalimentaire, instruments de précision, plastique, jouets). L’État a néanmoins cherchéà développer une industrie de base par le biais d’entreprises publiques (sidérurgie et chimie). L’adhésion du Portugal à l’Union européenne a accéléré le développement du pays et amélioré spectaculairement le niveau de vie moyen de la population. Les investissements étrangers se sont multipliés, et les échanges avec les pays membres de l’Union européenne se sont accrus ; ils représentaient, en 1995, les deux tiers (en valeur) du total des échanges. Le Portugal profite par ailleurs du coût relativement bon marché de sa main-d’œuvre au regard des autres pays européens. Nombre d’entreprises européennes (espagnoles notamment) y ont ainsi délocalisé une partie de leurs activités de production. Parallèlement, l’État a privatisé un certain nombre d’entreprises publiques, ce qui a contribué à son désendettement. Avec un chômage en baisse (6,5 % en 1998), une inflation maîtrisée à 2,2 %, une croissance en progression (+1,9 % en 1995, +3,5 % en 1997), le Portugal a pu faire partie des premiers pays européens à entrer dans l’euro. L’exposition internationale de Lisbonne en 1998 et l’inauguration du pont Vasco de Gama (le plus long d’Europe : 18 km) ont concrétisé l’entrée du Portugal parmi les marchés développés.

Portugal – Histoire
Les vestiges préhistoriques les plus anciens découverts au Portugal remontent au paléolithique inférieur, et les périodes plus récentes ont laissé les grottes peintes du haut Alentejo et de nombreux mégalithes remontant au IIIe millénaire. Vers le IIIe siècle av. J.-C., le pays est peuplé par des tribus ibères auxquelles les Romains, lors de leur conquête (Ier s. av. J.-C.), donnent le nom de Lusitaniens. À la fin du IVe siècle, le pays est brièvement traversé par les Vandales , auxquels succèdent, au Ve siècle, les Suèves puis les Wisigoths . Mais le royaume wisigoth, qui englobe toute la péninsule Ibérique et la côte languedocienne, ne peut résister aux conquérants arabes au VIIIe siècle.

Le Portugal féodal
Dès le Xe siècle, la région comprise entre le Minho et le Douro, le Comitatus Portucallensis, et sa capitale, Portus Cale (Porto), échappent à l’emprise musulmane. Au milieu du XIe siècle, elles sont placées sous la suzeraineté de Ferdinand Ier de Castille . La région, érigée en comté de Portugal, est confiée par Alphonse VI de Castille à son neveu Henri de Bourgogne (1095). Ses descendants s’affranchissent de leurs liens de vassalité, et Alphonse VII de Castille reconnaît la royauté portugaise aux termes du traité de Zamora (1143 ). Les successeurs du premier roi de Portugal, tel Alphonse Ier Henriques (1139/1185), parachèvent la reconquête du pays au XIIIe siècle. Alphonse III (1248/1279) conquiert l’Algarve, Faro, Silves. En 1252, le Portugal a atteint ses limites actuelles. Au XIVe siècle, la dynastie bourguignonne favorise l’essor agraire et commercial du pays, tandis que s’édifie la puissante flotte portugaise. Le royaume connaît aussi une brillante vie culturelle, dans le sillage de l’université de Lisbonne, fondée en 1290 par Denis Ier (1279/1325), qui la fait transférer à Coimbra en 1308. Un demi-siècle plus tard, le règne de Pierre Ier le Justicier (1357/1367) marque le point culminant de la lutte entre le pouvoir royal et les ordres privilégiés, noblesse et clergé. Son successeur, Ferdinand Ierer (1367/1383) doit constamment lutter contre la Castille. Sa mort ouvre une grave crise dynastique qui s’achève par la désignation comme roi d’un fils naturel de Pierre le Justicier, Jean Ierer , vainqueur des Castillans à la bataille d’Aljubarrota et fondateur de la dynastie d’Aviz (1385 ). L’expansion maritime Le fils de Jean Ier , Henri le Navigateur (1394-1460), prend l’initiative des expéditions maritimes qui font du Portugal la première grande puissance coloniale avec l’Espagne. En 1418, les Portugais découvrent Madère, puis les Açores en 1431 et, en 1487, Bartolomeu Dias double le cap de Bonne-Espérance ; entre-temps, Diogo Lão découvre l’Angola . Vasco de Gama atteint le Natal et le Mozambique en 1490. Enfin, en 1500, après l’arbitrage du pape Alexandre VI entre Espagnols et Portugais, Pedro Álvares Cabral , au nom de ces derniers, prend officiellement possession du Brésil tandis qu’Albuquerque organise les comptoirs sur les côtes de l’océan Indien, enlevant aux Arabes et aux Vénitiens le monopole du commerce des épices. En 1520, Fernand de Magellan entreprend le premier tour du monde maritime. Ainsi, le règne de Manuel Ier le Fortuné ou le Grand (1495/1521) marque bien l’apogée du Portugal. Mais l’intolérance religieuse, qui se manifeste à partir de 1536, par l’Inquisition, provoque l’exode des juifs portugais. Le désastre d’Alcaça-Quivir face aux Marocains (1578), où périt le roi Sébastien, ouvre une crise profonde. Quand le roi Henri le Cardinal meurt en 1580 sans désigner d’héritier, PhilippeII d’Espagne s’empare du Portugal. La domination espagnole (1580-1640) amène la ruine du royaume, dont les colonies asiatiques tombent aux mains des Néerlandais ou des Anglais : le commerce des épices décroît, et Lisbonne est supplantée par Amsterdam. Grâce au soutien de Richelieu , le duc de Bragance est proclamé roi de Portugal en 1640. L’Espagne ne reconnaîtra la nouvelle monarchie qu’au terme d’une longue guerre (traité de Lisbonne , 1668 ), ponctuée de nombreuses victoires portugaises.

Le Portugal des Bragance
Le règne de Pierre II (1683/1706) marque un renforcement de l’autorité royale. L’Angleterre, qui soutient la dynastie de Bragance, obtient en contrepartie un traité commercial avantageux (traité de lord Methuen , 1703 ). Après le long règne de Jean V (1706/1750), réorganisateur de l’État, celui de Joseph Ierer (1750/1777) est placé sous le signe du despotisme éclairé. Son ministre, le marquis de Pombal , lutte contre l’influence de l’Église et entreprend une série de réformes économiques qui rendent au pays une partie de son ancienne prospérité ; il est également le reconstructeur de Lisbonne , ravagée par un séisme en 1755 . Le long règne de Marie Irere (1777/1816) est une période troublée : la reine, qui favorise d’abord l’Église, est atteinte de démence en 1792. Son fils Jean VI exerce alors la régence et entre dès 1793 en guerre contre la République française. Entraîné par son alliance avec la Grande-Bretagne, le Portugal refuse d’appliquer le blocus continental , décrété par Napoléon Ier en 1806. La famille royale s’exile au Brésil lorsque le général Junot pénètre au Portugal en 1807. Mais Wellington contraint successivement les armées de Junot, Soult et enfin Masséna à battre en retraite. En 1811, le Portugal est totalement libéré de l’occupation française. Tout au long du XIXe siècle, le pays connaît une instabilité politique permanente, marquée par le conflit entre les libéraux, influencés par le régime parlementaire du Royaume-Uni, les radicaux  » septembristes « , qui veulent imposer la Constitution démocratique acceptée par Jean VI en septembre 1822, et les conservateurs. À l’occasion de ces troubles, le Brésil proclame son indépendance et le fils de Jean VI, Pierre Ierer devient le premier souverain du nouvel empire (1822). Fille de Pierre Ier , Marie II recueille l’héritage du Portugal, à la mort de Jean VI (1826), mais elle est déposée en 1827 par son oncle Miguel, qui abolit la Constitution parlementaire et censitaire qu’avait établie Pierre Ier en 1826 ; rétablie sur le trône en 1834, elle doit affronter l’opposition radicale. Sous les règnes de Pierre V (1853/1861), Louis Ierer (1861/1889) et Charles Ierer (1889/1908), le Portugal suit l’exemple des grandes puissances européennes en organisant ses colonies africaines (Mozambique, Angola, Guinée portugaise) : mais sa monarchie rétrograde devient impopulaire. En 1907, profitant du mécontentement que causent des difficultés économiques et financières croissantes, João Franco proclame la dictature : le roi et son fils aîné sont assassinés le 1er février 1908 , et Manuel II est renversé par une insurrection républicaine en 1910.

La République et la dictature de Salazar
En août 1911, Manuel de Arriaga est élu président de la République. Mais l’instabilité domine la vie politique, où s’affrontent les royalistes, les républicains conservateurs et modérés, les démocrates et un important mouvement anarchiste. Le président Machado, qui entraîne le pays dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Alliés, est renversé en 1917 par Sidonio Pais , favorable aux intérêts allemands. Il sera assassiné en 1918. En 1928, le président Oscar Fragoso Carmona fait appel à un professeur de l’université de Coimbra, Antonio de Oliveira Salazar , pour restaurer les finances de l’État. Président du Conseil en 1932 , Salazar instaure un régime paternaliste, corporatiste et étroitement conservateur, où la censure est omniprésente : l’Estado Novo. Son régime dictatorial, qui réussit un rapide redressement financier, soutient activement l’insurrection franquiste en Espagne ; puis, lors de la Seconde Guerre mondiale , il proclame la neutralité du Portugal. Néanmoins, Salazar laisse les Américains installer des bases militaires àTimor (1941) et aux Açores (1943). Jusqu’à la mort de Salazar, en 1970, puis sous l’autorité de son héritier, Marcello Caetano , la misère sociale et la terreur policière seront le prix de la stabilité politique, tandis que la stagnation économique sera accentuée, à partir de 1961, par le coût des guerres coloniales (Mozambique , Angola , Guinée-Bissau ). Retour à la démocratie Le 25 avril 1974 , la révolution des Œillets porte au pouvoir les militaires progressistes qui veulent établir la démocratie . Leur figure de proue, le général António Sebastião Ribeiro de Spínola , chef du gouvernement provisoire, est contraint à l’exil après l’échec de sa tentative de putsch (mars 1975) destinée à contrer les éléments les plus révolutionnaires. Les désaccords entre diverses fractions militaires favorisent l’émergence de la démocratie parlementaire. Vainqueurs des élections législatives de 1975, les socialistes, conduits par Mário Soares , prennent en main les affaires ; toutes les colonies portugaises, sauf Macao , qui doit être restituée à la Chine en 1999, accèdent à l’indépendance. À la faveur de nouvelles élections, tenues en 1976 après la promulgation d’une Constitution socialiste, leur parti reste le premier du pays avec 35 % des voix. En 1976 également, le général António Ramalho Eanes , nouveau chef d’état-major, est élu à la présidence de la République avec plus de 60 % des voix, et sa réélection, en 1980, témoigne de l’attachement des Portugais aux acquis de la révolution des Œillets, alors même que l’instabilité gouvernementale (treize cabinets entre 1975 et 1981) traduit les difficultés économiques et sociales traversées par le pays. Celles-ci nuisent à la crédibilité des socialistes et, aux élections anticipées de 1979, une coalition conservatrice, menée par Francisco Sá Carneiro , prend le pouvoir ; elle y est reconduite plus largement encore en 1980. Disparu tragiquement, le Premier ministre est remplacé à la tête du gouvernement par Francisco Pinto Balsemão.

Les années 1980 et 1990 En raison des fortes tensions sociales, le président Eanes décide en janvier 1983 de dissoudre l’Assemblée nationale. Les élections qui s’ensuivent sont remportées par les socialistes, alliés aux sociaux-démocrates, et Mário Soares forme un gouvernement. Le mandat qui commence alors est avant tout marqué par l’adhésion du Portugal à la CEE (Communautééconomique européenne), effective en janvier 1986. Dès juin 1985 cependant, les sociaux-démocrates ont quitté la coalition ; ils remportent les élections anticipées, qui ont lieu en octobre. Le nouveau gouvernement, dirigé par Anibal Cavaco Silva , parvient à redresser la situation économique. En mars 1986, Soares est élu à la présidence de la République, alors que le PSD (parti social-démocrate) obtient un nouveau succès électoral lors des élections législatives de 1987. En 1988, les parlementaires adoptent une modification constitutionnelle qui permet dénationalisations et privatisations. La Constitution ne contient désormais plus aucune référence au socialisme. En dépit de la baisse du chômage et de l’inflation, ainsi que de l’afflux des capitaux étrangers, l’industrialisation du pays demeure faible, et les inégalités sociales persistantes comptent pour beaucoup dans le recul électoral qu’enregistre le parti gouvernemental, au profit des socialistes, lors des élections européennes de 1989. PSD et PS (parti socialiste) soutiennent néanmoins tous deux Mário Soares lorsqu’il remporte l’élection présidentielle, en janvier 1991. Les progrès électoraux des socialistes aboutissent à une double victoire électorale, avec tout d’abord les élections législatives d’octobre 1995, à l’issue desquelles ils se trouvent en mesure de gouverner seuls, puis l’élection présidentielle de janvier 1996, remportée par le socialiste Jorge Sampaio. La victoire des socialistes met fin à une cohabitation difficile entre Soares et le PSD. Malgré quelques mesures sociales (instauration d’un salaire minimum, limitation de la durée hebdomadaire du travail à quarante heures par semaine), la gestion économique des socialistes et du Premier ministre Antonio Guterres, au pouvoir depuis octobre 1995, est guidée par la volonté de satisfaire aux exigences de l’Union européenne, ce qui a permis au Portugal d’être l’un des onze pays à adopter la monnaie unique au 1er janvier 1999.

(1) C’est par le train accompagné de Fabienne, Christine et Valérie que nous avons rejoint Bordeaux, le séjour était organisé par l’UNADEV de Bordeaux. Le groupe était composé d’une trentaine de participants qui ont pris place dans l’autocar qui doit nous conduire au Portugal, notre chauffeur se prénomme Christèle. Nous partons de Bordeaux à 6 heures du matin, nous traversons les Landes, nous longeons la côte basque Bayonne, Biarritz, Saint-Jean de luz avant de passer la frontière à Hendaye. Nous voici au pays basque espagnole nous contournons San Sébastien, Vitoria qui est depuis 1980 le chef lieu de la communauté autonome basque où les principales institutions politiques ont leurs sièges. La route est sinueuse, nous circulons au milieu de rochers pointus, les villages sont blottis au fond des vallées, nous avons déjeuné à Burgos puis nous avons pris la direction de Salamanque située à 220 kilomètres de Burgos. Burgos est la ville du Cid, Franco y avait installé son quartier général pendant la guerre civile espagnole. Nous circulons dans un paysage sans relief où le maïs est roi, arrivés à Salamanque nous avons rejoint notre hôtel qui malgré son emplacement au centre d’une zone industrielle, nous avons pris un bon repos.

(2) Nous commençons la matinée par la visite guidée de Salamanque, les romains s’y sont établis du II.me siècle avant J-C jusqu’au 5.me siècle, de cette époque là subsiste le pont romain. Depuis cette date Salamanque a souffert de guerres entre les arabes et les chrétiens, à la fin du XI.me siècle Raymond de Bourgogne est venu à Salamanque repeupler la ville avec des gens venant du nord de l’Espagne, de France et du Portugal. En 1218 a été fondée l’université par le roi Alphonse le neuvième, à partir de ce moment là Salamanque a été parallèle à la vie de son université, jusqu’à aujourd’hui Salamanque est liée à son université. Pendant le XIV.me et le XV.me siècle Salamanque est partagée entre 2 bandes saint-Benoit et Saint-Thomas qui luttent pour le pouvoir économique et politique. A la fin du XV.me siècle pendant le royaume des rois catholiques commencent l’effort de tirages alliant de la ville et de l’université, c’est à cette époque qu’ont été bâtis la plupart des monuments (la cathédrale, la maison des coquilles, l’université, les écoles mineures, le couvent de saint-Etienne). Au XVII.me siècle c’est la décadence de la ville et de l’université, au début du XVIII.me siècle c’est la guerre de la succession, le roi Philippe V et est contre l’archiduc Charles. Après la guerre le roi récompense la fidélité des salamanquais avec la construction de la place Mayorque. Aujourd’hui Salamanque a 160000 habitants, nous passons devant l’église Saint-Marc la plus ancienne église de la ville du XIII.me siècle. Salamanque n’a pas d’industrie, elle vit du tourisme, du commerce et l’université font vivre la ville. Les monuments de la ville ont été construits avec de la pierre extraite dans une carrière située à 4 kilomètres de Salamanque, c’est une pierre tendre facile à travailler et avec l’effet du temps elle s’oxyde car elle possède du fer dans sa composition d’où son ton doré. Au centre d’une place est placée une statue de gardians de taureaux, Salamanque est une grande place d’élevage de taureaux en Espagne. Nous passons devant une rue qui possède des portiques qui datent du XX.me siècle, nous contournons le marché central construit en 1904 dont la structure est en fer et en briques. Nous arrivons à la place Mayorque avec un arc sculpté de 2 taureaux, c’était l’entrée des taureaux quand on célébrait les compilas à l’intérieur de la place. Sur la place Mayorque se trouve le palais royal sur lequel sont gravés les médaillons des rois d’Espagne, à l’exception du général Franco dont le médaillon a été exécuté en 1928, Franco résida à Salamanque au début de la guerre civile dans l’ancien palais de l’évêque. Au centre du pavillon royal il y a 2 médaillons le roi Philippe V et son épouse la reine Isabelle et une plaque qui relate la construction du pavillon royal. Au nord de la place Mayorque se trouve l’hôtel de ville qui a été bâti en 1755, la partie supérieure le campanile, l’horloge et les cloches datent du XIX.me siècle. A l’exception de l’hôtel de ville l’ensemble sont des appartements privés, la place n’a pas toutes les mêmes longueurs qui varient de 75 à 81 mètres. Nous apercevons une église construite par les français au XII.me siècle après la reconquête de la ville, elle est du style renaissance avec la porte avec un arc en plein cintre, le relief représente Saint-Quentin avec son manteau et un pauvre, le campanile date du XVII.me siècle, au-dessus sont installés des nids de cigognes. Entre la place Mayorque et la cathédrale se trouve la rue des français, Nous arrivons au couvent des jésuites, c’est aujourd’hui l’université pontificale, le couvent des jésuites a été fondé au XVII.me siècle par la reine. Le bâtiment se compose de 3 parties l’église, le couvent et la partie du collège l’université, c’est le monument le plus important de Salamanque il a une superficie de 65000 mètres carrés. La partie inférieure est de style renaissance, nous pouvons voir une statue qui représente saint-Bernard et une autre celle de la fondatrice Isabelle d’Autriche. La partie centrale de la façade est du XVII.me siècle, les retours en style baroque sont du XVIII.me siècle, les bas reliefs représentent le saint-Esprit qui est le nom de l’église. L’université actuelle est privée catholique qui dépend du vatican depuis 1747 après le départ des jésuites. L’université compte actuellement 6000 étudiants qui peuvent étudier la théologie, le latin, le grec, l’anglais, la psychologie, la pédagogie, l’informatique et le journalisme, tous les cours sont enseignés dans l’ancien couvent des jésuites. Nous sommes devant la maison des coquilles qui a été construite à la fin du XV.me siècle, le propriétaire Maldonado était professeur à l’université, il appartenait au conseil des rois catholiques. Au début du XVI.me siècle la maison fut aménagée pour le mariage du fils du propriétaire alias Maldomado, les coquilles nous parlent de ce mariage. Les coquilles étaient le symbole du blason de l’épouse qui en comptait 10 d’où la décoration de la maison. La tour de la maison est restreinte car une partie est tombée au XVIII.me siècle, les fenêtres inférieures de la maison sont ornées de fer forgé, la porte d’entrée de la maison n’est pas en face de la porte d’entrée de la cour, c’était fait pour respecter l’intimité. Nous entrons dans le patio de la maison dont les colonnes, les balustrades et les chapiteaux sont en marbre depuis l’aménagement lors du mariage du fils du propriétaire, à l’origine la pierre dominait l’ensemble. Le dessus des colonnes est orné de blasons de la famille Maldonado et de leurs proches, de gargouilles et une crête formée de fleurs de lys. A l’époque les domestiques occupaient la partie inférieure autour du patio, un escalier derrière une grille permettait de monter à la tour, un escalier principal desservait le premier étage qui était réservé à la famille. Le plafond de l’escalier principal est en bois polychromé de style moresque, c’est l’œuvre des arabes qui sont restés sous la domination chrétienne. La maison a été restaurée en 1995, aujourd’hui elle héberge la bibliothèque qui dépend du gouvernement de la région. Au carrefour des rues sont collées des coquilles Saint-Jacques ouvertes, elles font office d’indication pour la direction du chemin de Saint-Jacques de compostel. Nous passons devant les écoles mineures qui menaient jusqu’au baccalauréat, puis nous apercevons l’ancien hôpital des étudiants qui est devenu le restaurant universitaire. En face se trouve l’entrée de l’université de Salamanque, en 1254 Alphonse X le sage a donné la carte de fondation à l’université, à la bibliothèque, pendant les premiers siècles les cours se donnaient dans les cloîtres de l’ancienne cathédrale. C’est au XV.me siècle que l’on a construit l’université. La façade date du XVI.me siècle dans le style plateresque, qui signifie que le travail accompli sur la pierre est identique à celui exécuté par les orfèvres sur l’argent. Deux portes sont percées dans la façade celle du bien et celle du mal, de chaque côté se trouve des pilastres adossés au mur. La façade est partagée en trois parties au centre nous apercevons le médaillon des rois catholiques ce sont eux qui ont fait l’unification de l’Espagne mais aussi l’inquisition. Autour du médaillon est inscrit en grec « le roi à l’université et l’université est au roi », nous pouvons voir le blason de Charles Quint petit fils du roi catholique et un blason qui représente l’aigle de saint-Jean. Au troisième étage est sculpté le pape Vincent V qui a donné des constitutions à l’université au XV.me siècle, à droite du pape un autel avec Hercule qui représente la force et à gauche un autel avec vénus qui représente la luxure. La tradition des étudiants était de chercher une grenouille qui est sculptée sur la façade qui donnait chance, en fait elle se trouve sur une tête de mort parmi les 7 qui ornent la façade. Nous continuons à déambuler dans les rues en passant devant les maisons qui ont été occupées par les différents recteurs de l’université, puis nous arrivons devant les 2 cathédrales de Salamanque l’ancienne et la nouvelle, entre les 2 façades se trouve le clocher. La partie inférieure du clocher a été construite en même temps que la première cathédrale, la partie qui contient les cloches date du XV.me siècle. La nouvelle cathédrale est de style gothique, elle est ornée de nombreuses statues dont certaines ont été détruites lors du tremblement de terre de Lisbonne en 1755. La construction de la nouvelle cathédrale a débuté en 1513 et elle a durée 220 ans, si l’ensemble de la cathédrale est gothique, les décorations et les chapelles sont du style de l’époque renaissance, baroque ou néoclassique. La cathédrale est constituée d’une nef centrale de 2 collatérales de chaque côté, les chapelles sont fermées par des grilles car à l’époque elles étaient privées. La hauteur de la nef est de 42 mètres, les collatérales culminent à 28 mètres, l’enceinte est dépourvue de retable, le cloître a été démoli lors du tremblement de terre de Lisbonne. Ensuite nous avons rejoint le bord de la rivière près du pont romain où nous attendait notre autocar, nous prenons la direction de Coimbra. Beaucoup de cigognes volent au-dessus de la végétation, la terre est de couleur rouge ce qui contraste avec le vert des cultures, c’est le paradis du chêne liège, nous passons la frontière, nous voici au Portugal nous sommes à 100 kilomètres de Coimbra. La route est fleurie de coquelicots, nous circulons dans une zone où la terre est toute noircie ce qui témoigne du terrible incendie qui a détruit Plus de 300000 hectares de forêt pendant l’été 2003. Le terrain est rocailleux, la route est sinueuse, la montagne est semée de petits chemins, nous circulons au milieu de pins et de mimosas. Toutes les maisons individuelles sont bien entretenues, nous roulons en altitude est nous voyons un horizon très végétale. La mosaïque orne les traversées des villes, un vallon très profond nous sépare de la montagne où des éoliennes ont été construites. Nous apercevons des palmiers, des orangers et des eucalyptus, nous jouons à cache cache avec une rivière qui nous accompagnera jusqu’à Coimbra qui se situe à 116 kilomètres de Porto. Nous avons pris le repas dans un restaurant situé dans une cave près de la rivière, les serveurs étaient d’âge mûr mais d’une grande efficacité.
C’est à Coimbra que nous avons fait connaissance avec Francisco, le guide qui va nous conduire pendant tout notre circuit au Portugal. La reine Isabelle mariée au roi Denis sixième roi du Portugal a été canonisée quelque temps après sa mort, c’est devenue la sainte patronne de Combra. Nous passons devant la place portage qui signifie octroi, sur la place est érigée la statue d’un ministre qui en 1834 a expulsé les ordres religieux du Portugal. Nous passons devant le vieux couvent de sainte Claire qui est en restauration il date du XIII.me siècle, nous longeons un jardin construit en 1960 par un professeur docteur afin de permettre aux enfants de s’amuser, nous apercevons le couvent Saint-François XVII.me siècle il sera bientôt transformé en centre culturel. Nous montons au nouveau couvent de sainte Claire, nous pouvons admirer le panoramique sur la ville de Coimbra qui compte 150000 habitants. Le tombeau de sainte Isabelle a été transféré de l’ancien couvent au nouveau couvent au XVII.me siècle. L’ancien couvent situé dans la ville basse était inondé à chaque cru du fleuve 100% portugais à chaque crue à la sortie de l’hiver due à la fonte des neiges. Au fil des siècles le couvent s’enfonçait, c’est pour cette raison que les sœurs ont demandé au roi la construction d’un nouveau couvent car la vie devenait de plus en plus difficile à l’intérieur du couvent. En 1834 tous les moines ont été expulsés, les sœurs ont eu le droit de rester dans leurs couvents, mais on a interdit l’entrée de nouvelles novices ce qui a favorisé l’extinction des religieuses. Aujourd’hui les monastères et les couvents sont devenus propriétés de l’état, le nouveau couvent est occupé par l’armée. Arrivés au nouveau couvent nous sommes allés au belvédère pour découvrir Coimbra d’en haut, nous découvrons une partie des anciens remparts, la vieille ville appelée al médina, en haut de la colline se trouve l’université qui se situe dans la partie noble de la ville dans l’ancien palais royal, à gauche nous apercevons la nouvelle cathédrale du 17.me siècle, nous pouvons distinguer l’ancienne cathédrale masquée par des maisons. Le professeur docteur qui a créé le jardin pour enfants était très proche de Salazar, mais malgré son idéologie c’est lui qui a créé l’hôpital pédiatrique à Coimbra, la maternité et il a toujours œuvré pour les enfants qu’il adorait. Ensuite nous avons visité l’église du couvent qui est toujours un lieu de culte, alors que le couvent est transformé en caserne. Coimbra recense 30000 étudiants, 80% des étudiants de l’université et de l’IUT ne sont pas originaires de la ville, 1000 étudiants sont étrangers au Portugal. Coimbra est la plus ancienne université du Portugal, 75% des étudiants non originaires de Coimbra sont hébergés chez l’habitant. Coimbra entre l’université et l’IUT compte 4500 professeurs, nous pouvons dire que 50% de l’économie de la ville résulte de son université. Coimbra ne compte qu’une grande surface mais la concurrence va bientôt arrivée, Coimbra doit son expansion grâce à la construction du pont sur le fleuve qui remonte à l’époque des romains et elle est située sur la route qui menait de Lisbonne à Braga. Nous passons devant la gare centrale, la ville prend son essor à partir du V.me siècle, nous abordons la partie médiévale de la ville avec ses rues tortueuses. Du VIII.me au XI.me siècle la ville a été sous l’influence des maures (mauritanie), les chrétiens ont définitivement repris la ville en 1064, à cette époque le Portugal était encore un comté qui dépendait du royaume de Léon. A l’indépendance du Portugal en 1143 Coimbra devient la capitale du Portugal. Pendant un siècle période de la reconquête Coimbra restera la capitale du Portugal, c’est en 1255 que Lisbonne est devenue la capitale. Pendant ce siècle le développement de la ville fut fulgurant, la construction du monastère de la Sainte-Croix très important pour l’aspect culturel du Portugal au moyen âge. Ce sont les moines qui ont été les premiers à faire des études supérieures. On commença à enseigner la médecine à partir de cette époque, les moines augustins sont restés les seuls à fréquenter le savoir jusqu’au XVI.me siècle, c’est en 1537 que fut créé définitivement l’université. Nous circulons dans des rues ont sont édifiées de nombreuses églises, dont certaines ont été transformées en galeries marchandes. Toutes ces églises appartenaient à des anciens collèges religieux, Coimbra a compté jusqu’à 30 collèges religieux qui préparaient à l’entrée à l’université. Nous sommes dans la rue de la Sophie qui en grec veut dire sagesse, nous contournons l’hôtel de ville du XIX.me siècle, puis nous apercevons l’église de la Sainte-Croix qui date du XVI.me siècle. Le monastère de la Sainte-Croix était très important, mais au XIX.Me siècle on l’a partiellement détruit afin de percer de nouvelles artères de circulation dans la ville. Nous apercevons l’ancien cloître avec sa fontaine, l’ancienne maison du prieur et la bibliothèque du monastère qui ont été transformées en lycée. Nous passons devant le monument dédié aux morts de la guerre 14-18, un étudiant circule sur le trottoir en uniforme qui se distingue par le port d’une cape. Nous longeons la place de la république principal endroit de rendez-vous des étudiants, nous passons devant la cantine universitaire qui fait face aux escaliers monumentaux, baptisait ainsi par le nombre de marches (125) que les étudiants sont obligés de gravir chaque jour pour se rendre à leurs cours. Un rond point est orné de la statue de Jean-Paul II pour sa venue à Coimbra en 1982, nous passons sous un aqueduc du XVI.me siècle. Nous découvrons le jardin botanique qui date de 1772, aujourd’hui il couvre encore 14 hectares. Jusqu’en 1752 ce sont les jésuites qui enseignaient à l’université de Coimbra car à cette époque le royaume et le clergé étaient liés. C’est le ministre Bompal qui a fondé la faculté de sciences à Coimbra car bien sûr le clergé opposait la religion et la science. C’est en 1910 qu’il y a eu la séparation de l’église et de l’état, il faut savoir que la première république était très anticléricale. Nous passons devant le jardin de la nostalgie, c’est ici que Pedro venait pleurer sa belle aimée Inès de castro. Une exception d’un couvent ancien qui a été occupé de nouveau par les sœurs carmélites, c’est Salazar qui leur a cédé ce bien qui appartenait à l’état, sœur Lucie la dernière qui a vu l’apparition de la vierge à Fatima a vécu ici jusqu’à sa mort en février dernier. Nous passons devant la prison de Coimbra, puis devant la maison où habitait le professeur docteur Paretto le bienfaiteur à l’enfance c’est une demeure qui date du début du 20.me siècle. Enfin nous arrivons à l’université, c’est la plus grande du Portugal car elle contient 4 départements concernés à la science, puis au droit, aux lettres, à la pharmacie, à la psychologie. Nous entrons dans le palais royal qui contient la chapelle et la bibliothèque, certains bâtiments ont été rajoutés au XVII.me siècle. Des statues entourent chaque côté de la porte à l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur, au-dessus de la porte à l’intérieur est nichée la statue du roi Denis, à l’extérieur c’est la statue du roi Jean III qui domine la porte. Une galerie appelée la voix latine qui était la langue officielle pour étudier le droit au XVI.me siècle, à cette époque c’était la seule matière étudiée à l’université de Coimbra. Une tour du XVIII.me siècle est dressée dans le palais royal, une cloche y est installée à l’intérieur qui sonne tous les quarts d’heures. Auparavant l’heure était lu sur des cadrans solaires, mais l’exactitude n’était pas de mise et les étudiants arrivaient quand bon leur semblait. Pour régler le rythme des cours on installa une cloche qui ne fut jamais apprécié des étudiants, qui l’ont baptisé la chèvre. Le costume des étudiants se remarque par une cape qui comporte des déchirures à gauche pour la famille, à droite pour les amis et derrière pour les petits ou petites amies. A la fin des études une cérémonie se déroule avec ou sans costume, la tradition veut que l’on pendent les lambeaux de ses habits aux arbres, statues, poteaux etc., il existe aussi un cérémonial pour le bizutage des étudiants qui se déroule dans une ambiance festive. Nous pénétrons dans la bibliothèque de l’université qui date de 1725, c’était l’époque où le Portugal recevait 12000 tonnes d’or par an, ne sachant que faire de cette richesse le roi a fait construire tout ce qu’il y avait de plus beau. Les artisans portugais devant l’opulence de la royauté n’avaient même plus besoin de travailler, ce sont donc les artistes étrangers qui prélevaient jusqu’à 66% des revenus royaux provenant des colonies lointaines. C’est à partir de cette situation que le Portugal amorça son déclin, la bibliothèque est un des joyaux de l’époque d’or du Portugal. La bibliothèque était composée de 3 salles la verte dans laquelle nous sommes, le rouge et la bleue marine dans les rayonnages sont encastrées les échelles qui permettaient d’accéder aux étagères supérieures. Chaque salle comprend 6 échelles d’accès au savoir, les salles sont somptueusement décorées en trompe l’œil, en peintures allégoriques. Des tables du XVIII.me siècle sont disposées dans les salles, elles sont en acajou ou en ébène superbement sculptées dans le bois de rose, le dessus est en marqueterie de jacaranda. La bibliothèque renferme 30000 volumes du XVIII.me siècle, qui traitent du droit, de la théologie et de la philosophie. Les documents sont protégés naturellement contre les insectes, la nuit des chauves souris se chargent de détruire les visiteurs indésirables, une seule précaution à prendre est de recouvrir les tables le soir afin que les déjections des chauves souris n’altèrent pas la marqueterie. Ensuite nous avons visité la chapelle de l’université qui est de style manuellin XVI.me siècle, tous les jours on y célèbre un office, on peut également s’y marier si un des 2 époux à une relation quelconque avec l’université moyennant 75 euros. A Coimbra possède son fado qui est plus intellectuel avec un texte écrit par les étudiants, alors que le fado de Lisbonne est plus populaire voir folklorique. Enfin nous avons parcouru la vieille ville de Coimbra, nous avons rejoint notre autocar pour rejoindre Mealhada.

(3) Mealhada est la capitale d’une région vinicole la Barrada d’appellation contrôlé, c’est une région de terrain argileux qui produit le vin depuis très longtemps comme l’affirme des documents envoyé au roi après l’indépendance du Portugal au XIII.me siècle. L’appellation contrôlée remeonte au XIX.me siècle, après le terrible phylloxéra qui a anéanti tout le vignoble du sud de l’Europe. Une période difficile pour la viticulture de la région se situe à la moitié du XVIII.me siècle, le ministre Bompal un homme très dur qui a ordonné l’arrachage du vignoble de la région afin de privilégier le vignoble de la région de Porto. Après son départ comme ministre du roi, la nouvelle reine qui n’aimait pas Bompal, annula la loi et on a replanté de la vigne dans la région de Barrada. Aujourd’hui le vin rouge produit provient d’un cépage appelé baga, c’est un vin quelque peu acide qui n’a jamais connu de succès auprès des consommateurs. Le Portugal à une superficie de 90000 kilomètres carrés, nous passons près des collines de Briga où étant établie une ville romaine qui c’est déplacé par la suite pour fonder la ville de Boimbra. Le Portugal est en forme de sucre qui mesure 600 kilomètres de long sur 200 kilomètres de large, le Portugal hors ses îles possède 850 kilomètres de côtes maritimes, au nord et à l’est se trouve la frontière avec l’Espagne qui mesure près de 1000 kilomètres. La population portugaise est DE 10300000 habitants, il faut savoir que lors des grandes conquêtes des navigateurs portugais le Portugal ne comptait que 1500000 habitants, aujourd’hui la moitié de la population portugaise est concentrée dans les agglomérations de Lisbonne et de porto. Après une bonne centaine dekilomètres nous arrivons à Tomar, le Couvent du Christ (Covento de Cristo) se trouve à Tomar, au Portugal à l’intérieur de l’enceinte du château fort qui fut érigé au 12ème S.. par Gualdim Pais, grand maître de l’Ordre du temple. Située en promontoire sur la ville de Tomar, la silhouette de ce couvent rappelle aux visiteurs le passé guerrier du château de Tomar et le caractère stratégique et militairement imprenable de son site. Pendant 200 ans, ce lieu fut occupé par les Templiers qui recueillirent au 14è s. leurs frères pourchassés en France et dans le reste de l’Europe. Devenu en 1314 le centre d’un nouvel Ordre de la milice du Christ, ce couvent joua un rôle important dans la formation des chevaliers qui contribuèrent aux expéditions maritimes et aux Grandes Découvertes du 15è et 16è s . Aujourd’hui, exprimant ce qui fut la splendeur et la richesse du Portugal de l’époque, ce site est un véritable choc architectural. L’aspect architectural, Le Couvent du Christ est un site monumental d’un niveau jamais atteint dans l’exubérance architecturale du Portugal. Il est composé d’une esplanade que l’on traverse avant d’atteindre la terrasse baroque qui conduit au portail de l’Eglise, une église entourée de 7 cloîtres de dimensions inégales. Depuis le portail, situé à l’Est de l’enceinte, la vue de cette église, composée d’une Rotonde (12è s.) et d’une Nef (16è s.) est impressionnante. La beauté de ce site architectural grandit en lorsqu’on découvre la majesté de la Rotonde, bien placée en face d’une allée allant du portail à l’église en traversant un jardin de buis taillés. Historiquement, la Rotonde est beaucoup plus ancienne que la Nef et les autres constructions qui se sont disposées autour d’elle, de telle façon que son orientation soit conforme à celle de la Nef, et inversement.
De l’harmonie de cet ensemble, se dévoile le caractère même de l’architecture qui est, d’entre tous les arts, celui qui cherche avec le plus de hardiesse à reproduire dans son rythme l’ordre de l’univers, que Les anciens appelaient Kosmos.Signes et Symboles, Le Couvent du Christ se distingue des autres monuments portugais par l’orientation de son enceinte, par la forme de son église et par le type et le style de ses décorations graphiques et sculpturales.
1. L’enceinte
L’enceinte du Couvent du Christ se caractérise par ses fenêtres et son orientation. Ces fenêtres, identiques et régulièrement espacées, constituent une répétition de deux signes surperposés, la croix et le cercle. Ces deux signes peuvent être des marques ou des signatures des bâtisseurs de ce site monumental ou des signaux transmettant des messages quelconques . Quant à son orientation, l’enceinte du Couvent du Christ, ayant son portail à l’Est, se parcourt d’Est à l’Ouest . Cette orientation se distingue de celle des temples orientaux et de leurs enceintes qui s’ouvraient à l’Occident en conduisant les pèlerins de l’Occident à l’Orient, le centre de la Lumière ou du savoir.
2. L’église
Située au coeur du site monumental, l’église du Couvent du Christ comporte deux édifices remarquables :
– la Rotonde (Chorolla) ;- la Nef .
a. La Rotonde
De forme circulaire, la Rotonde est bâtie comme une construction octogonale sur le modèle du St-Sépulcre de Jérusalem. Cet édifice, ayant son entrée du côté de la Nef, située à l’Ouest, est orienté d’Ouest en Est comme les temples orientaux. De l’intérieur, la Rotonde offre au visiteur la vision d’une coupole royale, merveilleuse et attrayante par sa décoration cruciforme harmonieuse, reposant sur une construction octogonale à deux étages soutenue par huit piliers.
Vue de l’extérieur, la Rotonde étonne par la masse imposante de sa construction conique tronquée. C’est là un solide géométrique absolument parfait, expression architecturale du caractère inexpugnable des bâtisseurs du Couvent du Christ. Et il n’est personne qui ne puisse voir l’admirable concordance de cette forme géométrique avec le cercle, résultat de sa projection affine sur un plan horizontal. D’après Chevalier et Gheerbrant, le cercle ne se trouve pas dans les constructions des traditions chrétiennes; il est byzantin d’origine. Sur le plan architectural, il a précédé la coupole. Au Moyen-Age, les architectes qui pouvaient encore imiter les monuments antiques et les formes byzantines ont construit des églises romanes (les abbayes de Charroux et de Fontevrault) reproduisant le Saint-Sépulcre de Jérusalem dans sa forme arrondie.
b. la Nef
La nef de l’église de Tomar fut construite par l’architecte Diogo de Arruda. Elle s’ouvre juste en face de la Rotonde et est remarquable par l’exubérance de sa décoration manuéline. Elle est constituée de salles superposées; Celle du niveau inférieur fut utilisée lors des assemblées du chapitre; elle est percée de trois magnifiques fenêtres manuélines (forme rectangulaire) dont la fenêtre de Tomar. Celle du niveau supérieur, dénommé coro alto est couverte d’une jolie voûte dans laquelle s’entrecroisent des lignes venant de part et d’autre de deux murs latéraux percés de deux fenêtres en voûte. Ce temple, ayant son entrée à l’Est est orienté, à l’opposé de la Rotonde, d’Est en Ouest. Contrairement à la salle des Epîtres, les cinq fenêtres de ce coro alto ne sont pas rectangulaires : quatre de ces fenêtres sont archées tandis que la cinquième, située dans la façade occidentale de ce temple, est de forme circulaire. D’après la littérature, reprise par Paolo Coelho, les Templiers étaient parvenus, après une longue quête de la spiritualité, à découvrir que les trois religions monothéistes n’étaient que l’expression d’une seule et même vérité divine. En vertu de cette croyance, les Templiers construisirent dès lors leurs chapelles avec la coupole ronde du judaïque de Salomon, les murs octogonaux des mosquées arabes, et la nef caractéristique des églises chrétiennes. C’est ce rassemblement des temples monothéistes en une seule chapelle que l’on retrouve à Tomar.
Décorations graphiques et sculpturales
1. les croix
Le Couvent du Christ comporte des motifs cruciformes graphiques et sculpturaux dont la physionomie varie de la croix en Tau à la croix latine en passant par la croix grecque ou la Crux immissa quadrata : la croix inscrite dans un carré.
croix en tau
La croix en Tau de la lettre grecque T ( tau) est un des plus anciens signes graphiques. On la trouve abondamment sur les hiéroglyphes égyptiens; elle apparaît également dans les manuscrits hindous, chinois et chaldéens ainsi que dans certaines des églises de Bretagne (France), où elle figure à la croisée nef-transept. A Tomar, la représentation de la croix en Tau ou la croix d’Abraham est rare; l’un des exemplaires de cette croix se trouve dans le Cloître du Cimetière, au dessus de la tombe d’un chevalier reposant en paix . A l’opposé de cette croix en Tau, les exemplaires de la croix grecque sont les plus nombreux et les plus répandus des motifs qui décorent le Couvent du Christ et son église. Parmi ces croix grecques, se trouvent la croix pâtée des templiers, celle qui peut être figurée par 4 trous, la croix en X (ou la croix de St André, d’Ecosse, de Bourgogne) et la croix de Malte à 8 branches.
Les croix pâtées, en quantité impressionnante se trouvent sur la balustrade qui ceint la nef ainsi qu’au dessus de la fenêtre manuéline qui décore, du côté du Cloître Sainte Barbe, le mur occidental de cette nef.
C’est au niveau de la fontaine du Grand Cloître que se trouve la plus grande des croix pâtées inscrites dans le Couvent du Christ . Une autre
croix de ce type se trouve au dessus de la tombe de Diogo da Gama (Vasco da Gama) dans le Cloître du Cimetière, aux chapiteaux à décoration végétale .
Dans sa figuration à 4 trous, la croix des templiers se trouve sur la voûte qui recouvre le portail de l’église. A cet endroit, elle est associée à la croix à huit branches qui rappelle curieusement par image la croix du drapeau anglais . Une autre croix à huit branches se trouve dans l’église où elle décore la voûte de la célèbre Rotonde de Tomar . A cet endroit, à la différence de son homologue du portail, la croix de la Rotonde présente à la manière des croix celtiques un centre qui coïncide avec celui du cercle dans laquelle elle est clairement inscrite.
2. la décoration manuéline
De l’extérieur, le mur occidental de la Nef se distingue par la splendeur de la fenêtre de Tomar (figure 7). Cette fenêtre manuéline que l’on voit
bien du côté du Cloître de Saint Barbe, est amarrée par des câbles à deux tourelles de facture analogue, entourées l’une d’une chaîne, représentant l’ordre de la Toison d’Or , l’autre d’un ruban, insigne de l’Ordre de la Jarretière.
Conçue par l’architecte Diogo de Arruda et sculptée de 1510 à 1513, après l’arrivée de Vasco de Gama aux Indes (1498) et celle de Pedro Alvares Cabral au Brésil (1500), c’est la plus étonnante réalisation de décoration manuéline au Portugal. En effet, cette décoration, faite à partir des racines d’un chêne-liège, soutenues par le buste d’un capitaine, grimpe le long de deux mâts en de multiples torsades. Dans la profusion de ses détails végétaux et marins, on reconnait des coraux, des cordes, du (pour la construction des bâteaux), des algues, des câbles et des chaînes.
L’ensemble de cette décoration est couronné de la croix de l’Ordre du Christ, dans sa véritable forme pâtée. En dessous de cette croix viennent immédiatement des emblèmes du roi D. Manuel Ier (blason et sphère armillaire).
Pour de nombreux commentateurs, l’iconographie de la fenêtre de Tomar, malgré sa densité et sa profusion baroque, est bien claire, car elle renvoie au temps des grandes découvertes, à l’univers mouvant et fascinant de la mer et aux civilisations lointaines que les explrateurs rencontraient sur leur passage. Avec ses lignes ondulantes qui s’étendent dans l’espace, cette fenêtre est une véritable image symbolique de l’âge d’or de la dynastie des Avis et de la puissance portugaise en train de conquérir le monde et d’imposer la foi; en somme, elle est une sorte de « Lusiades en pierre ».
Nous commençons la visite du couvent de Tomar par le cloître cimetière qui conservent les tombeaux de rois et de leurs familles, de chevaliers, de notables ainsi que le tombeau du frère de Vasco de Gama qui a été curé au couvent. Nous passons dans le cloître du lavoir dont les bassins servaient à laver le linge et aux moines de faire la toilette, au centre du cloître se trouve un puits qui servait de citerne d’eau qui par un système permettait de récupérer l’eau de pluie. Au niveau nourriture le château fort était assez grand afin de faire de l’élevage, de la culture ce qui a permis au couvent de résister à un siège des armées musulmanes de Almanssour. A proximité du couvent existait une maison noble, qui aujourd’hui est toute en état de ruine. Nous passons dans la chapelle de la famille espagnole qui régnait à Tomar pendant l’occupation espagnole, cette chapelle a été construite en 1626. Cette chapelle est superbement décorée en carreaux de faïence hollandais de Delphes, c’est seulement à partir de la fin du XVII.me siècle que les espagnols et les portugais ont commencé à maîtriser la technique de la faïence décorative. Nous traversons la troisième et dernière sacristie du couvent qui a été construite au XVI.me siècle, elle est de style magnérite avec une décoration baroque avec beaucoup de fleurs, de couleurs et de dorure. Elle renferme des emblèmes de l’ordre du christ, du Portugal, de la sphère armillaire etc. La crois du Christ de l’ordre des templiers est rouge et le milieu est blanc, c’est le roi Denis qui a demandé au pape l’autorisation de faire allégeance aux templiers portugais, c’est alors que les moines ont pu continuer leur agissement sous un nouvel ordre que l’on a baptisé l’ordre du Christ. Le roi Denis a persuadé le pape que les templiers portugais n’avaient rien à voir avec les exactions des templiers français combattus par Philippe le Bel. Au-dessus de la croix des templiers on a mis une croix blanche qui signifiait l’innocence des templiers portugais ce qui est devenue la croix de l’ordre du Christ, c’est d’ailleurs cette croix qui ornaient les voiles des bateaux portugais qui bravaient les mers et les océans. C’est avec l’argent de l’ordre du Christ que Henri le navigateur a fondé l’école de navigation de Sagres près du cap saint-Vincent au sud du Portugal, le premier membre de la famille royale qui est devenue gouverneur de l’ordre du Christ était Henri le navigateur. C’est avec l’argent du Christ qu’ont été construits les bateaux qui partaient à la conquête du monde, aujourd’hui on se demande comment un ordre qui n’a existé que pendant un siècle ait accumulé autant de richesse. On évoque le trésor des templiers qui aurait été envoyé au Portugal, après la dissolution de l’ordre des templiers dans les autres pays européens. Nous pénétrons dans l’église du couvent qui est octogonale, on a ajouté une nef manuéline, toute la décoration est ultérieure au XVI.me siècle. Le style manuélin provient du nom du roi Manuel premier qui a régné de 1495 à 1521, ce nom de style a été donné au XIX.me siècle. Ce style décoratif et non architectural a duré une quarantaine d’années, ce style s’inspire de la navigation. Le roi Jean III qui était le fils de Manuel premier détestait ce style, il abandonna le style manuélin mais il a toujours respecté ce qui avait été avec ce style de décoration. La nef de l’église s’est trouvé complètement cachée par la construction de 3 cloîtres construit ultérieurement, de nombreuses peintures ornent l’église, le bois doré est également présent ainsi que des fresques, la voûte a une décoration avec le blason portugais, des anges, des chauves souris qui représentaient le mal. Nous circulons dans la salle des chapitres, qui comprenait 12 tableaux dont 5 ont disparus lors de l’abandon du couvent après l’abolition des ordres religieux. Nous contournons le cloître principal de style renaissance, il est l’œuvre de l’architecte espagnol du roi Jean III, qui a donné aussi l’ordre de construire les 3 cloîtres qui entourent la nef de l’église. Nous passons dans le cloître où se situent les cellules réservées aux moines, cette partie du couvent est la plus récente elle remonte au XVII.me siècle. Nous passons devant la fenêtre manuéline qui est un véritable chef d’œuvre, elle est décorée comme nous l’avons vu précédemment dont les algues et les artichauts, l’artichaut étaient le légume qui se conservait le plus longtemps à bord des bateaux qui partaient en expédition. La sphère armillaire est l’emblème du premier roi du Portugal, c’est pourquoi nous en apercevons de nombreuses dans les monuments portugais. Nous passons devant les 2 colonnes dont la famille royale portugaise appartenait qui représentent l’ordre du toison d’or et l’ordre humain de la jarretière. Nous traversons le réfectoire du couvent qui date du XVI.me siècle avec une table d’une vingtaine de mètres de long, puis nous arrivons à la cuisine. Ensuite nous rejoignons notre autocar pour prendre la direction de Fatima, où nous allons déjeuner. Nous traversons des forêts d’eucalyptus, l’eucalyptus a fait son apparition au Portugal voici une quarantaine d’années pour la fabrication de la pâte à papier. Un eucalyptus pousse 2 fois plus vite que le sapin, une fois coupé l’arbre, la souche peut produire ensuite de nouveau un arbre jusqu’à 4 fois de suite. Les plantations d’eucalyptus sont des propriétés privées, nous roulons au milieu d’oliviers, la région possède des élevages de porcs, de bovins, de taureaux et de chevaux. Beaucoup de haras sont établis dans la région que nous traversons, la corrida est très implantée dans cette partie du Portugal. Nous sommes au-dessus du Tage, à savoir que la course de taureaux à la portugaise se fait à cheval, c’est la plus ancienne et la plus noble car il faut savoir maîtriser le cheval, qu ce soit la corrida à cheval ou à pied la mise à mort n’existe pas au Portugal. Dans la colline nous apercevons un château fort, nous approchons de Fatima.
Fatima, en 1917 la Sainte Vierge apparaît à 3 enfants Lucie, Jacinthe et François le 13 de chaque mois pendant 6 mois consécutifs. Une basilique est construite à la demande de la Sainte Vierge et depuis Fatima est l’un des principaux lieux de pèlerinage au monde. Le 13 Octobre, le miracle du « soleil se déroule devant 50 000 personnes. Le 13 de chaque mois plus de 100 000 personnes y viennent en pèlerinage dans ce pays resté catholique. Les 3 petits bergers âgés d’une dizaine d’années n’étaient pas crus par les croyants, d’autre part les autorités de la république qui étaient anticléricales ne voulaient pas entendre parler d’apparition.
Après le déjeuner nous avons pris la direction de Batalha, Batalha en portugais veut dire bataille. Le neuvième roi du Portugal était mort en 1383, comme il n’avait pas de fils c’était la fin de la première dynastie, il avait décidé de marier sa fille au roi de Castille Léon ce qui avait pour objet de faire perdre 240 Ans d’indépendance au Portugal. Beaucoup de portugais n’ont pas accepté cette éventualité, ils ont choisi un fils illégitime de l’ancien roi Pedro pour en faire le premier roi de la seconde dynastie ou le dixième roi du Portugal Jean premier. Jean premier en 1385 devait mener une ultime bataille contre les castillans afin de redonner l’indépendance au Portugal. L’armée portugaise moins forte que l’armée de Castille Léon attendait les espagnols à Lisbonne. Un jeune lieutenant portugais de 25 ans suggéra à Jean premier d’aller au devant des espagnols afin de leur tendre un piège, le roi accepta est la bataille eut lieu près de Batalha.Devant l’église de Batalha est dressée la statue du jeune noble chevalier qui avait conseillé le roi, il a été le commandant en chef des armées portugaises, à la suite de son succès le roi lui a donné le titre de connétable. Il est devenu l’homme le plus riche du Portugal, pour avoir la main mise sur sa fortune le roi voulait marier son fils avec la fille du riche connétable. Le connétable a refusé cette offre, mais a accepté de marier sa fille avec un fils illégitime du roi Jean premier. Ce fils illégitime deviendra plus tard le premier duc de Bragance, à savoir que les ducs de Bragance deviendront la famille royale du Portugal à partir du XVII.me siècle.
Le Monastère de Santa Maria da Vitória, a été construit pour obéir à un voeu fait par le Roi D. João I à la Vierge, de lui consacrer un temple s’il remportait la Bataille d’Aljubarrota contre les Castillans. Classé par l’UNESCO d’intérêt mondial, le Monastère est l’un des plus grands monuments gothiques du Portugal.
Le premier plan, dû au Maître Afonso Domingues, comprenait l´église en forme de croix latine, le cloître royal, la salle captitulaire et les annexes conventuelles. Ce plan était un pas en avant dans son tracé et sa couverture de pierre, par raport au modèle de l’architecture gothique des ordes mendiants (Fransciscains et Dominiquains). Maître Afonso domingues dirigea la construction des nefs latérales de l’église, des quatre chapelles absidiales et la sacristie.
Après sa mort en 1402 maître Huguet devient le responsable des travaux de la nef centrale du sanctuaire, du transept, de la chapelle du fondateur et des fondations du Panthéon de D. Duarte (les Chapelles Imparfaites), en même temps qu´il imposait dans la construction sa décoration en gothique flamboyant.
Dans le corps central de la façade du monastère, on remarque la sculpture du portail avec les statues des douze apôtres sur les piliers et soixante-douze statues de reines et de rois de la bible, de prophètes et d´anges dans l´archivolte. Au tympan on voit les quatre évangelistes entourant le Christ et au sommet de l´arc, les armes du roi Fondateur- D. João Ier.
La Chapelle du Fondateur fut construite entre 1426 et 1434. Le double tombeau royal de D. joão 1er et de son épouse Dona Filipa de Lencastre se trouve au centre de cette chapelle. Au dessus du tombeau se dresse un corps octogonal, reposant sur deux gros piliers reliés par deux arcs ogiveaux et recouverts d´une coupole étoilé a huit pointes, unique au Portugal.
Tout autour de la chapelle, dans la muraille, se trouvent les tombeaux de leurs fils. Les arcades ogivales primitives du Cloître Royal, furent décorées d´une véritable guipure de pierre manuéline riches en motifs végetaux et des emblèmes du roi D. Manuel, croix du Christ et sphères armillaires.
La voûte de la Salle Capitulaire est une des merveille da l´architecture gothique, par l´hardiesse de sa construction sans le moindre appuit intermédiaire en une étoile de nervure jusqu´a la clef, une large rosace qui porte les armes de D. João I. Le vitrail Manuelin représente le couple royal D. Manuel I et Dona Maria, en compagnie de S. Domingos. Dans le dallage se trouve le tombeau du Soldat Inconnu avec une garde d´honneur permanente.
Le réfectoire est aujourd´hui transformé en musée des offrandes au soldat inconnu.
Le Cloître d’Afonso V est composé de deux étages. Ogives, contrefort, fûtes de colonnes et chapiteaux y sont simples, d´un gotique quasi primitif.
Les Chapelles Imparfaites ou Inachevées, également dénommées Phantéon de D. Duarte, furent commencées en 1435 et ont un splendide portail d´accés. On peut encore admirer les sculptures Manuelines des voûtes , des chapelles et du tombeau du couple royal D. Duarte et Dona Leonor dans la chapelle centrale.
Nous commençons la visite du monastère de Batalha, la nef centrale mesure 34 mètres de haut, c’est la plus haute église du Portugal, nous ressentons l’architecture gothique grâce à l’écho de la voix. Tous les vitraux sont récents à part ceux qui se trouvent dans le cœur, nous apercevons le tombeau d’un des architectes du monastère. Nous sommes dans la chapelle du fondateur, Jean premier a demandé de rajouter cette chapelle lors de la construction de l’église, la chapelle est de forme carrée dont la voûte a été détruite lors du tremblement de terre de Lisbonne on l’a donc reconstruite au XIX.me siècle. Au milieu de la chapelle se trouve le tombeau du roi Jean premier et de sa femme Philippa de Lancastre, Jean premier est resté roi de 1385 à 1433 ce qui fut le plus long règne pour un roi du Portugal. C’est Philippa de Blancastre d’origine anglaise, qui a amené la langue française à la cour portugaise, au niveau architectural et sculptural c’est la première fois que l’on voit un tombeau double au portugal. Nous passons devant de nombreux tombeaux dont celui de Henri le navigateur, qui était le cinquième fils de Jean premier. Les portugais était si peu nombreux qu’ils n’arrivaient pas à gérer tous les comptoirs qu’ils découvraient, alors ils faisaient confiance aux locaux, Jean III a même du abandonner certaines villes d’Afrique du nord par manque de colons. Nous apercevons le tombeau du prince parfait qui a beaucoup travaillé lorsque qu’il était prince, mais il ne fut roi que pendant une dizaine d’années, il était un roi très cultivé. Il a été un grand roi du Portugal, mais il prit une mauvaise décision en refusant d’aider Christophe Colomb qui avait pourtant fait ses études de navigateur à l’école de Sagres. Le roi Jean II ne comprenait pas comment Christophe Colomb pouvait atteindre les Indes en prenant la route plein ouest, c’est après ce refus que Christophe Colomb est allé voir les rois catholiques. Les espagnols qui avaient beaucoup de retard à cette époque, on relevait le chalenge en permettant à l’illustre navigateur de réaliser son rêve. C’est vrai qu’il n’a pas découvert les Indes mais le nouveau monde et ce n’est pas par hasard que l’on appelait les habitants de l’Amérique les indiens. Nous arrivons dans le cloître principal, il est décoré de style manuélin. Nous sommes dans la salle des qui date du XVI.me siècle chapitres dont la voûte est octogonale, ce qui signifie que c’est maître Huguet qui en était le maître d’œuvre. Dans ce cloître est situé le tombeau du soldat inconnu, qui renferme deux soldats un qui est mort au Mozambique au XIX.me siècle et un qui est mort en France près de Verdun pendant la première guerre mondiale. Ce monastère est très important au niveau historique et beaucoup moins en ce qui concerne l’aspect religieux. Le roi Jean premier a construit ce monastère suite à sa victoire sur les espagnols en 1385, c’est seulement après avoir terminé la construction qu’il a confiée aux dominicains qui l’ont accepté sans contribuer aux plans de la construction. Le roi était très proche des dominicains, qui étaient des alliés sûrs pour mettre en œuvre l’inquisition. Le monastère contient la croix de l’ordre du Christ, qui en plus de soutenir les expéditions, subventionnait également les grands chantiers du roi comme le monastère de Batalha. Deux soldats montent la garde devant le tombeaux des soldats inconnus, nous circulons dans un cloître du XV.me siècle qui était réservé aux non religieux. Nous passons devant un atelier dévolu aux jeunes, qui se destinent à la profession de sculpteur artisanal ou à la restauration de monuments historiques. Enfin nous pouvons admirer la chapelle inachevée c’est le roi Edouard qui l’avait commandée, pour lui servir de lieu de sépulture à sa mort et pour ses descendants. Il ne fut roi que pendant 5 ans est la chapelle était à peine commencé, le plan de la chapelle était de forme octogonale, nous pouvons admirer les décorations manuélines. Les dominicains détestaient le style manuélin, pendant un siècle ils n’ont rien osé dire aux rois successifs qui adoraient cette décoration. A la mort de Manuel I, sachant que son fils Jean III détestait ce style lui ont demandé, qu’est-ce qu’il fallait faire avec cette chapelle inachevée. Jean III avait besoin des dominicains pour l’inquisition, alors pour ne pas les fâcher, il prit la décision d’interrompre la construction de la chapelle en la laissant dans l’état où elle était. Ensuite nous prenons la direction de Alcobaça, nous passons sur le site où a eu lieu la bataille gagnée par les portugais face aux castillans en 1385. Le Monastère a été construit à une quinzaine de kilomètres d’ici, car cette zone est dépourvue de point d’eau. Le septième roi du Portugal décide de marier son fils avec une comtesse de Castille Léon qui s’appelait Constance, le prince Pedro le futur roi Pedro premier est donc allé recevoir sa future épouse en Espagne. Une des dames de compagnie qui l’accompagnait, elle était très belle et Pedro tomba tout de suite fou amoureux d’elle. Pedro s’est donc marié avec Constance, mais une fois marié Pedro et la superbe Inès de Castro ont eu une relation amoureuse. Constance est décédée lors de l’accouchement de son treizième enfant, suite à cette situation Pedro est allé voir son père afin qu’il l’autorise à prendre Inès comme épouse. Le roi a refusé son accord, il a même ordonné à Pedro de cesser sa relation avec Inès de Castro. Bien sûr Pedro et Inès ont continué leur vie amoureuse, le roi s’est laissé persuader par 3 de ses conseillers d’en finir avec Inès en la tuant. Pedro très affecté par la mort de la belle Inès, en colère et malade Pedro prit les armes contre son père mais il a du se soustraire en signant un traité. Ce traité stipulait que Pedro arrêtait la lutte et pardonnait aux trois assassins de Inès. Pedro devenu roi, il a donné l’ordre d’arrêter les trois assassins en demandant à ses hommes de lui ramener vivants. Deux assassins lui ont été ramenés vivants, le roi a fait réunir la cour, devant toute la cour, la noblesse, le clergé etc, Pedro à lui même tué les assassins de sa belle Inès. Pedro a arraché le cœur de ses deux victimes, la légende dit qu’il a mangé les cœurs devant toute l’assemblée pour prouver ce qu’il ressentait par rapport à ces deux hommes. Sur le corps de Inès de Castro il l’a fait habiller avec les vestes de la reine, il a fait asseoir le corps sur le trône à ses côtés et il a obligé toute la cour à baiser la main de la reine. Inès de Castro a été appelée la reine morte, car elle a été couronnée après sa mort. Nous arrivons à Alcobaça, qui se situe dans une région agricole, aujourd’hui si l’agriculture est toujours présente, aujourd’hui l’essentiel de son économie est basée sur l’industrie de la céramique, de la fabrique de tuiles et de briques, de la faïencerie, de la fabrique de carrelage et surtout la cristallerie qui est de renommée mondiale. Alcobaça vient de la contraction des 2 rivières qui se rejoignent à cet endroit, l’Alcoa et la Baça, la principale l’Alcoa se jette dans l’océan à une cinquantaine de kilomètres d’ici. La ville est née avec la construction du monastère, à savoir que les musulmans étaient déjà établis dans cette région fertile pour exploiter l’agriculture. La ville est née avec la donation des terres du premier roi du Portugal aux cisterciens.
Le Monastère ou Abbaye Royale de Santa Maria de Alcobaça, fondé par l’Ordre de Cîteaux pour respecter le voeux de donation qu’avait fait le roi D. Afonso Henriques lors de la conquête de Santarém sur les maures, a été construit entre 1178 et 1254 sur le modèle de la maison mère de l’Ordre à Clairvaux. Dans sa façade, l’intégration est parfaite entre le portail gothique, les tours baroques et les ornements manuélins des fenêtres latérales.
Cette façade franchie, on est ébloui par la nef centrale, la profondeur et la hauteur des voûtes ogivales. Au bout des nefs latérales, se trouvent les tombeaux de D. Pedro et de D. Inês de Castro, deux joyaux somptueux de la sculpture et de la statuaire portugaise.
Dans la Salle des Tombeaux se trouvent les sépultures médiévales des rois Afonso II et Afonso III, de leurs épouses et de quelques infants. On accède à la Sacristie par une extraordinaire porte manuéline du XVIème siècle, ainsi qu’à la Chapelle des Reliques et à celle du Senhor dos Passos, toutes les deux de style barroque.
C’est autour du Cloître de D. Dinis que se situent les principales dépendances du monastère, auxquelles on accède par le côté gauche de l’église. A l’étage inférieur de ce cloître, dont la décoration gothique date du XIVème siècle, on trouvera: la Salle Capitulaire, des sculptures du XVIIe siècle, la Salle des Moines, le Réfectoire et le Lavabo avec une belle vasque de marbre du XVIème siècle. La Salle des Rois a des statues de terre cuite de tous les rois portugais jusqu’à D. José et un panneau d’azulejos du XVIIIème siècle illustrant la fondation du monastère. La monumentale Cuisine du XVIIIème siècle est traversée par un bras de la rivière Alcoa et possède une immense cheminée.
A l´étage supérieur du cloître, de décoration manuéline, se trouve le vaste Dortoir des moines couvert d’une voûte d’ogives quadrangulaires appuyées sur de gros piliers octogonaux.
Pour finir on évoquera l’importance culturelle de ce monastère où dès 1269 fonctionna la première école publique du Portugal. C’est ici que furent écrits une grande partie des codex médiévaux portugais et où se réalisa la plus vaste étude historique sur le Portugal (Monarquia Lusitana, XVIIème siècle), sous la direction de Frei António Brandão où ce forme la première pharmacie du règne du Portugal.
Nous commençons la visite du monastère en pénétrant dans l’église, comme toute l’architecture cistercienne l’intérieur est très dénudé et sobre. C’est la plus longue église du Portugal, les 3 nefs sont de même hauteur. Le monastère d’Alcobaça est la maison mère de l’ordre cistercien au Portugal, l’église est délimitée en trois parties par l’apport de 6 piliers gigantesques. Ces trois parties permettaient de séparer les moines suivant leur classe devant les moines qui travaillaient à l’intérieur du monastère à la transcription de livres, une seconde partie réservée aux moines qui travaillaient à l’extérieur dans les champs et la troisième partie était occupée par les moines novices. Plusieurs rois avaient voulu être enterrés dans l’église, mais devant l’intransigeance des cisterciens, cette éventualité a été refusée et les tombeaux ont été placés à l’extérieur de l’église à l’abri d’une galilée. Aujourd’hui les tombeaux sont exposés à l’intérieur du monastère, nous pouvons admirer les tombeaux de Pedro et de Inès de Castro. Les deux amoureux avaient eu 3 enfants et Inès était enceinte d’un quatrième enfant quand elle a été tuée. Les deux tombeaux sont superbement sculptés, sur celui de Inès dans la multitude des fresques est reproduit des petits chiens qui représentent l’origine noble et riche de la reine morte, sur celui de Pedro parmi les nombreuses décorations est sculpté un gros chien qui représente dans ce cas la fidélité. Au XVI.me siècle une chapelle et une sacristie ont été rajoutées à l’édifice d’origine, mais lors du tremblement de terre de Lisbonne en 1755, le monastère a résisté à part ces deux constructions récentes qui ont du être reconstruites. Nous passons devant la porte qui menait à l’endroit où les moines étaient consignés quand ils étaient punis, il faut savoir qu’il était interdit de parler pour un moine car il faisait vœu de silence. Nous passons dans la chapelle des rois, nous sortons dans un jardin qui est arboré de citronniers. Nous pénétrons dans le cloître principal appelait cloître du silence, c’est le roi Denis qui l’a fait construire il est de style gothique. Au milieu du cloître principal est dressée une statue de la sainte Vierge, elle date du XVI.me siècle, elle a été réalisée par un sculpteur français Nicolas de Chanterelle. Nous traversons la salle des chapitres, qui renferme une crypte contenant les corps de plusieurs abbés. La salle est ornée de statues réalisées par des moines céramistes, ces statues représentées saint-Bernard, saint-Benoit, des papes, des cardinaux et deux statues féminines qui avaient pour but de souhaiter la bienvenue au monastère. Les 2 statues féminines devraient normalement entourer la porte du cloître qui été réservé aux visiteurs qui venaient en retraite au monastère d’Alcobaça. Le cloître réservé spécialement pour les visiteurs n’est pas ouvert à la visite, nous passons devant le parloir qui était le seul endroit où les moines pouvaient parler avec l’un des trois moines supérieurs. Nous apercevons la porte de la salle qui servait aux moines d’exécuter leurs recherches, mais à la construction du cloître cet endroit a été privé de lumière naturelle, il a donc été transformé en sellier pour entreposer le vin et tout autre produit à conserver au frais. Nous passons dans la cuisine du monastère du XVIII.me siècle, qui a été agrandie à cette époque afin de pouvoir préparer les repas des 200 moines et des visiteurs. Aujourd’hui l’eau ne circule plus au milieu de la cuisine, car la canalisation de dérivation de la rivière Alcoa n’est plus entretenue à l’extérieur du monastère par la municipalité. Nous circulons dans le réfectoire au milieu duquel est dressée une pierre, sur laquelle un frère lisait des textes afin de faire méditer les moines pendant le repas durant lequel il était interdit de parler. L’ancienne cuisine jouxtait le réfectoire, nous pouvons encore apercevoir le passe plat. Ensuite nous rejoignons notre autocar pour prendre la direction de Lisbonne, Alcobaça est dominé par un château fort construit sur la colline. Pendant notre parcours nous pouvons admirer une jolie petite ville blanche, qui est entourée par de magnifiques remparts. Nous arrivons à Lisbonne, nous longeons le Tage, on a conventionné que la ligne où se trouvait la frontière du Tage et de l’océan était la ligne qui relie les 2 forts situés sur les collines qui surplombent le fleuve. Enfin nous arrivons à notre hôtel, qui est situé dans la banlieue de Lisbonne en bordure du Tage. Après cette journée monacale, voici une synthèse relative à la visite des 3 différents monastères.
Tomar renferme avant tout le Convento do Cristo, couvent principal de l’ordre des Templiers, les célèbres moines soldats. C’est l’une des trois dernières constructions de cet ordre au monde. Le chœur de forme hexagonale est unique. A travers ses nombreux cloîtres, son église et sa salle capitulaire, ce couvent est un résumé de l’architecture portugaise du XIIème au XVIIème siècle. La forteresse d’Almourol attirera les plus audacieux.
Batalha, Construit pour commémorer la victoire obtenue à la bataille d’Aljubarrota, le monastère d’Alcobaça est le plus important monument gothique du Portugal. L’art manuélin déploie toutes ses richesses sous les yeux admiratifs du visiteur : les chapelles Imperfectas et la chapelle du Fundador rivalisent d’élégance. Cette fine dentelle de pierre est remarquable dans son exubérance. Les cloîtres de D. Joâo ou Real et de D. Alfonso, la fontaine des Frères, la maison du Chapitre font de ce monastère un ensemble unique, déclaré d’intérêt mondial.
Alcobaça, en remerciement de sa victoire sur les sept citadelles maures inscrites sur le blason portugais, Alfonso Henriques fait ériger ce qui deviendra le plus ample monastère d’Europe et le foyer de la culture portugaise.
Le contraste est saisissant entre la nef et ses cloîtres souvent très dépouillés et la façade très ornementée. Une petite escapade par la cité fortifiée d’Obidos pourra intéresser les plus courageux.

(4) En route pour la visite de Lisbonne :
Lisbonne
Capitale du Portugal, située sur la rive droite du Tage, à l’entrée du goulet reliant son estuaire (la  » mer de Paille « ) à l’Atlantique. Fondée par les Phéniciens, occupée par Rome puis par les Wisigoths et les Arabes jusqu’à sa reconquête par Alphonse Ier en 1147, Lisbonne devient la capitale du pays en 1247 et connaît son apogée aux XVe et XVIe siècles, à l’époque des grandes découvertes et du commerce avec les Indes et le Brésil. La mainmise de l’Espagne sur le Portugal et la perte des Indes mettent un terme à cet âge d’or. Lisbonne retrouve ses activités après la révolution de 1640 et l’avènement des Bragance, mais le terrible séisme de 1755 anéantit la ville basse (Baixa). Reconstruite sur un plan en damier, qu’elle a conservé, elle n’a cessé de s’étendre vers le nord, sur les collines, et le long du Tage. Le port a été modernisé et la circulation s’est améliorée grâce à de larges avenues, au métro et au pont suspendu reliant Lisbonne aux quartiers industriels de la rive sud : Almada (chantiers navals), Seixal (sidérurgie), Barreiro (chimie). La zone industrielle se prolonge en amont, avec le port pétrolier et une raffinerie, jusqu’à Vila Franca de Xira. Siège du gouvernement, ville universitaire, Lisbonne est aussi un centre touristique fréquenté pour son climat idéal, ses palais, ses jardins, ses vieux quartiers et ses monuments, dont le château Saint-Georges (IXe s.), la cathédrale (XIIe s.), la tour de Belém (XVIe s.), ou le monastère des hiéronymites (XVe s.). L’agglomération comptait environ 700 000 habitants en 1992.
Tage
Le plus long fleuve de la péninsule Ibérique (1 006 km, dont 275 km au Portugal), drainant un bassin de 80 900 km2. Né en Espagneà 1 830 m d’altitude (Montes Universales), aux confins de l’Aragon et de la Castilla – La-Mancha, le Tage contourne par le nord les montagnes de Cuenca puis se dirige vers l’ouest à travers la Meseta, grossi à droite par le Jarama et ses affluents descendus de la sierra de Guadarrama. Il baigne Tolède, et son cours sinueux, coupé de rapides, s’établit entre les sierras de Gredos et de Gata, au nord, les monts de Tolède et les sierras de Guadalupe et de San Pedro, au sud. Il sert ensuite de frontière sur quelque 50 km entre l’Espagne et le Portugal, où il coule en plaine en aval d’Abrantès et devient navigable. À sa sortie de la baie de Lisbonne (la  » mer de Paille « ), le Tage se jette dans l’Atlantique par un goulet de 13 km de long et de 2 km de large, par lequel la marée remonte jusqu’à 72 km en amont. Le régime du fleuve est caractérisé par les différences de débit entre les fortes crues de saison froide (maximums de février) et les étiages de l’été, les pluies d’automne étant absorbées par les terres desséchées de la Meseta. Le Tage a été aménagé pour l’irrigation, l’alimentation en eau potable et la production d’électricité ; les principaux barrages se situent en Espagne.
Nous longeons la plage de Carcavelous, qui est très fréquentée par les sportifs en tout genre. Nous passons devant le siège de l’OTAN, de l’ancien aquarium du XIX.me siècle, nous nous trouvons du côté ouest de la ville de Lisbonne. Nous nous dirigeons vers l’est de la ville, nous apercevons l’école qui forme les instituteurs, nous roulons dans le quartier de Benfica qui a donné son nom au prestigieux club de foot ball, nous apercevons au loin la plus grande galerie marchande de la péninsule Ibérique qui recense plus de 500 magasins dont 15 grandes surfaces en tout genre. Nous contournons le stade de Benfica qui peut contenir 65000 personnes, c’est le deuxième stade en terme de capacité. Nous passons devant le stade du sporting de Lisbonne, devant un château qui contient aujourd’hui le musée de Lisbonne. Nous logeons l’aéroport de Lisbonne construit depuis 1930, qui est aujourd’hui englobé dans la ville, nous traversons une zone d’habitations populaires où se dressent de nombreux bâtiments type HLM. Ce quartier s’appelle l’Oliveraie relatif aux nombreux oliviers qui y étaient plantés auparavant. L’estuaire du Tage a par endroit une largeur de 13 kilomètres d’une rive à l’autre, c’est pour cela que l’on a construit le plus long pont d’Europe appelé Vasco de Gama qui a une longueur de 17 kilomètres. Il a été inauguré en 1998 2 mois avant l’exposition de Lisbonne, nous apercevons la gare de l’orient avec des arches imitant les palmiers de la ville de Lisbonne, s’inspirant des arches de l’aqueduc de Lisbonne. Le tremblement de terre du premier novembre 1755 a complètement anéanti les monuments de la ville. Les habitants se trouvaient à la messe au moment du tremblement de terre, ils sont allés se réfugier le long du Tage, mais un raz de marée a remonté le fleuve est tué plus de 40000 personnes, à savoir qu’à cette époque Lisbonne comptait 200000 habitants. Nous roulons dans le quartier de l’exposition de 1998, nous sommes au milieu de quartiers d’habitations qui ont été construits après 1998. Nous passons devant l’une des entrées de l’exposition, le pavillon qui contenait tous les pays européens a été transformé en palais des expositions. Toutes les structures construites pour l’exposition de 1998 ont été transformés par la suite, Lisbonne s’est inspiré de l’exposition de Barcelone afin de se servir des constructions après l’exposition. Nous contournons un immense dôme gris, qui est la salle de spectacles polyvalente, elle est modulable ce qui fait qu’elle peut contenir soit 12000 ou 25000 personnes. La gare de l’orient est un très grand nœud de trafic qui comprend la gare ferroviaire, la station de métro souterraine et une immense gare routière. Nous passons devant les anciennes portes de l’exposition, qui ont été transformées en galeries marchandes appelaient Vasco de Gama. En fait l’exposition 1998 a été réalisée pour fêter la découverte du chemin maritime vers les Indes, d’où le nom de Vasco de Gama pour le nom de l’exposition. Nous passons devant un immeuble qui possède des flèches qui pointent vers le ciel, c’est le nouvel aquarium de Lisbonne. L’aquarium a été construit pur l’exposition de 1998, son bassin principal à la capacité d’une piscine olympique où à l’intérieur nous trouvons tous les poissons des océans du monde à part les baleines et les dauphins. Dans ce quartier les ordures sont triées en sous-sol et ramassées par un système sous terrain, l’irrigation des espaces verts est entièrement automatisé, le chauffage et la climatisation sont centralisés il suffit de s’y raccorder lors de la construction des immeubles. Le quartier Vasco de Gama était auparavant occupé par un complexe industriel qui comprenait une raffinerie, cette zone était très polluée et peu fréquentée. Nous passons devant une usine à gaz qui va bientôt cesser son activité, aujourd’hui le Portugal emploie du gaz naturel importé d’Algérie. Depuis une quinzaine d’années les bords du Tage ont été aménagées pour les loisirs, c’est une entente entre la mairie de Lisbonne et le port de commerce qui a permis cette réhabilitation. Nous apercevons un paquebot qui est accosté au port, Lisbonne est la quatrième ville au monde visitée par les paquebots. La plupart des édifices ont été détruit suite au tremblement de terre en 1755, c’est pour cette raison que la plupart des immeubles datent de la fin du XVIII.me siècle. Nous passons devant un ancien couvent du XV.me siècle qui est devenu aujourd’hui le musée national de carreaux de faïence, nous contournons la gare terminus saint-Apolinie elle est située près du port. Nous roulons dans une avenue où se trouve l’ancien arsenal transformé au XX.me siècle le musée militaire, nous sommes dans le quartier reconstruit sous les ordres du marquis de Bompal après le tremblement de terre. C’est la première fois au monde que l’on a prévu le plan de construction d’un quartier avant de le construire, jusqu’à cette époque on construisait les immeubles au fur et à mesure sans se soucier du résultat final. Le plan de quartier du marquis de Bompal était constitué de rues parallèles et perpendiculaires, nous circulons dans le vieux quartier de Lisbonne. Nous pouvons admirer un immeuble en pierre taillée en diamant du XVI.me siècle, il est de l’époque de la renaissance, nous trouvons le même style d’immeuble à Florence. Cet immeuble appartenait à un des vices rois des Indes, En 1983 on a reconstruit sur le rez-de-chaussée et le premier étage les 2 étages supérieurs qui avaient été démolis lors du tremblement de terre. Pour faire voir que les deux derniers étages ne sont pas d’origine, les ouvertures sont munies de fenêtres et de portes modernes. Nous passons devant le ministère des finances, nous pouvons apercevoir des travaux relatifs à la construction d’une nouvelle ligne de métro. Nous sommes sur la place du commerce ouverte sur l’océan, les 3 côtés de la place sont occupés par la plupart des ministères. Nous circulons dans le quartier de Bompal où les immeubles étaient prévus pour recevoir au rez-de-chaussée les magasins, au premier étage les bureaux et les autres étages étaient consacrés aux appartements d’habitation. Beaucoup de ces bâtiments ne sont pas très bien conservés, un plan de réhabilitation a été mis en œuvre. Nous arrivons à la cathédrale de Lisbonne que nous allons visiter, elle est du style roman construite au XII.me siècle, on pense que les architectes de cette cathédrale sont les mêmes qui ont construit la vieille cathédrale de Coimbra. Dommage pour notre rendu, mais un organiste s’exerçait aux orgues de la cathédrale et malheureusement la voix de notre guide Francisco était couverte par la musique religieuse. Comment ne pas parler de saint-Antoine de Padoue à Lisbonne où il a vécu jusqu’à l’âge de 16 ans, il a fait ses études à Coimbra avant de devenir franciscain. Comme franciscain il est parti en Afrique du nord, Tombé malade il est allé en Italie, en Sicile dans un couvent pour se soigner. Il a entendu parlé de la grande réunion à Size avec saint-François et let les franciscains, il est donc parti et c’est à cette occasion qu’il a fait connaissance de saint-François. Saint-Antoine est connu pour ses miracles dont le principal est le sermon des poissons et bien d’autres. C’est pour tous ses miracles que le pape l’a canonisé quelque temps après sa mort, il serait mort à l’âge de 40 ans en 1185. Au Portugal Saint-Antoine est parrain des mariages, à Lisbonne on organise les mariés de saint-Antoine, tous les 13 juin ce sont chaque année une vingtaine de couple qui s’unissent ici dans la cathédrale, aujourd’hui cette tradition est organisée grâce à une entente entre la mairie et le diocèse. Saint-Antoine est très vénéré à part les miracles, il a été remarqué par ses sermons à l’université de Toulouse, de Montpellier, en Italie et à la faculté de Bologne. Saint-Antoine est surtout reconnu pour sa facilité de discours, une fois à Rome il devait assister à un concile mais la personne qui devait faire le discours est tombée malade. Du matin à l’après midi saint-Antoine a préparé un sermon, son discours a été très apprécié et il a captivé toute la haute hiérarchie de l’église. C’était un grand théologue il a demandé à saint-François de lui permettre d’apprendre la théologie aux franciscains, Saint-François lui donna l’autorisation mais à condition que les franciscains gardent leur simplicité. Au Portugal saint-Antoine est appelé saint-Antoine de Lisbonne, il est enterré à Padou, c’était un grand voyageur, d’ailleurs on a analysé ses jambes et on en a conclu que l’usure de celles-ci était anormale pour un homme de 40 ans. Nous passons devant la chapelle saint-Bartélemy réalisé sur la demande d’un noble, dans laquelle se trouve une crèche du XVIII.me siècle, c’est l’œuvre d’un sculpteur de Coimbra avec des statues en terre cuite. Pour les habitants de Lisbonne saint-Antoine est le saint patron de la ville, ce qui n’est pas la vérité même si la grande fête de Lisbonne se déroule le 13 juin jour de la saint-Antoine qui est le jour férié de la ville. Le saint patron de Lisbonne est saint-Vincent, qui était un religieux il a été martyr au IV.me siècle après Jésus Christ à Valence en Espagne. Il a été le saint le plus vénéré à Valence, lors des invasions musulmanes, des personnes ont pris les reliques de saint-Vincent en bateau. Ils sont sortis du détroit de Gibraltar, ils ont échoué lors d’une tempête au sud ouest du Portugal d’où son nom le cap saint-Vincent. On a donc déposé les reliques à cet endroit, on a construit une chapelle et la végétation a envahi le tout. Au xII.me siècle le premier roi du Portugal a envoyé des bateaux pour aller récupérer les reliques de saint-Vincent, c’est grâce à des corbeaux qui tournaient autour de la chapelle que l’on a découvert la chapelle qui renfermait les reliques. Les reliques ont été transportées à Lisbonne, aujourd’hui elles sont à l’intérieur de la cathédrale de Lisbonne. A savoir que l’emblème de la ville de Lisbonne est représenté par une caravelle avec deux corbeaux de chaque côté, c’est donc en rapport avec saint-Vincent. Toutes les cathédrales du Portugal depuis le XVII.me siècle sont dédiées à la sainte-Vierge, ici nous sommes dans la cathédrale sainte-Marie. Saint-Jacques est au espagnols ce que saint-Michel archange fut jusqu’au XVII.me siècle aux portugais, c’est le roi Jean IV qui a couronné la sainte-Vierge reine du Portugal. La cathédrale contient deux orgues de style baroque, dans le cœur de la cathédrale se trouvent deux tombeaux baroques construits après le tremblement de terre, ils étaient ici depuis le XIV.me siècle. Il s’agit du tombeau de Alphonse IV et de celui de son épouse, ce sont les parents de Pedro. Ensuite nous circulons dans le quartier arabe appelait le quartier Alfama, nous apercevons un reste de remparts construit par les maures. Nous déambulons dans le quartier juif, dans la rue de la Juiverie, les juifs sont venus au XIX.Me siècle en provenance d’Afrique du nord et d’Egypte.
Nous continuons notre tour de ville panoramique de Lisbonne, nous passons devant une gigantesque fontaine, nous apercevons la maison d’un portugais qui a fait fortune au Brésil, on l’appelle la maison du brésilien elle est du XX.me siècle de style art déco. Nous sommes dans des rues étroites, une place est en restauration, nous contournons un ancien entrepôt qui est aujourd’hui la maison de la guitare et du fado. La grande agglomération de Lisbonne compte 3 millions d’habitants, Lisbonne possède quelques industries, le secteur tertiaire et le tourisme est le poumon économique de la capitale du Portugal. La place du commerce est dans le quartier construit par le marquis de Pombal, elle a été pensée afin de concentrer tout le gouvernement du ministre de Pombal, jusqu’à aujourd’hui c’est le quartier des ministères. Nous apercevons un ascenseur extérieur il est de style Eiffel mais réalisé par un ingénieur français Raoul de Pnsar, nous tournons autour de la statue de Jean premier qui est installée sur la place du Figuier. L’ascenseur se trouve près de l’église des Carmes ou du carmel XIV.me siècle, qui a été détruite lors du tremblement de terre et qui n’a jamais été reconstruite. L’ascenseur permet de monter du quartier du carmel au quartier qui se situe au-dessus, nous sommes sur la place Pierre IV où sa statue est érigée. Pierre IV n’a jamais été roi du Portugal, il était le roi Pierre premier du Brésil, son nom Pierre IV car il est rentré du Brésil après lui avoir donné son indépendance. Il était le fils du roi du Portugal, à son retour du brésil il a lutté contre son frère qui voulait imposer de nouveau l’absolutisme en 1828. La guerre civile s’est déroulée de 1828 à 1834, pendant la guerre civile on a considéré Jean IV comme le régent du Portugal. Pierre IV est très considéré au Portugal, une statue le représente également à porto. Nous profitons d’un temps libre pour circuler dans les rues commerçantes, nous marchons dans des rues piétonnes où nous faisons nos emplettes. Nous rejoignons notre autocar pour continuer notre périple, nous passons devant l’ancien palais de l’inquisition et devant une gare ferroviaire de style néo manuélin du début du XX.me siècle. Nous contournons l’hôtel America Palace XX.me siècle très renommé, il a logé beaucoup d’espions pendant la seconde guerre mondiale car le Portugal était neutre. Nous apercevons la façade d’un ancien théâtre, derrière laquelle a été construit des appartements. Nous arrivons à la place de la restauration sur laquelle se trouve le monument dédié à la révolution de redonner en 1640 l’indépendance au Portugal, nous pouvons admirer un ancien château noble aujourd’hui propriété de l’état. Nous apercevons un funiculaire qui grimpe au-dessus de la colline de Lisbonne, nous roulons dans l’avenue de la Liberté inaugurée en 1908 non sans polémique, car elle traversait un parc. Nous pouvons voir une statue de Simon Bolivar, cette statue a été offerte au Portugal par le Vénézuéla, nous passons devant le monument dédié aux soldats morts pendant la première guerre mondiale. Dans l’avenu de la Liberté se trouvent des théâtres, des cinémas, des commerces de luxe, des agences de voyages et des compagnies aériennes. Nous passons près de la statue du marquis de Pombal, qui a été premier ministre de 1750 à 1777, c’est à lui que l’on doit la reconstruction de la ville de Lisbonne après le tremblement de terre. Nous longeons le parc Edouard VII roi d’Angleterre qui a lui-même inauguré ce parc, un tunnel est prévu pour améliorer la circulation dans l’avenue de la Liberté. Nous passons devant les plus prestigieux hôtels de Lisbonne, nous sommes arrivés au restaurant pour déjeuner, il se trouve à l’intérieur du parc Edouard VII. Nous reprenons notre visite en passant devant la prison, sur la colline nous apercevons le château saint-Georges, une statue de Botero représentant la paternité orne un rond point, nous traversons un quartier résidentiel dont la plupart des maisons sont munies de volets intérieurs. Nous passons devant le château qui appartenait aux enfants illégitimes du roi Jean V, nous sommes devant la fondation créée par un riche arménien, qui a vécu à Paris avant de venir s’établir à Lisbonne. Sa fortune provient d’un traité commercial du pétrole irakien signé par 4 pays dont la Turquie, pour le remercier les signataires lui versaient 5% des revenus pétroliers de l’Irak. Il était passionné par l’art, il a créé un musée dans sa fondation. L’argent de la fondation est toujours investi dans le pétrole, elle continue donc le mécénat en général. Nous longeons les arènes de Lisbonne XIX.me siècle, elles sont entrain d’être restaurée. Nous circulons dans la rue de la république où sont construites de magnifiques villas, nous apercevons le plus grand hôtel de Lisbonne qui compte 25 étages. Nous traversons la place aux rats, nous passons devant la procurerie de la république où réside le procureur de la république, devant le siège du parti socialiste. Depuis 10 ans sous l’impulsion de la mairie de Lisbonne, les propriétaires restaurent les immeubles anciens, car ils devenaient de plus en plus délabrés. C’est à partir du XIX.me siècle que l’on a commencé à recouvrir les façades des maisons en faïence. Nous passons devant la maison d’Amelia Rodriguez la célèbre chanteuse de fado, la maison est maintenant un musée. Nous apercevons un immeuble récent qui contient les bureaux des députés, une partie plus ancienne est l’assemblée de la république qui est installée dans un ancien monastère de moines bénédictins. L’assemblée de la république s’appelle par conséquent, le palais saint-Benoit dans lequel siègent 130 députés. Nous longeons la résidence du premier ministre, c’est ici que vivait Salazar dans l’austérité et sans aucun confort. Nous pouvons admirer la basilique de l’étoile fin du XVIII.me siècle c’est la reine Marie première qui l’a faite construire, nous longeons l’un des hôpitaux militaires, nous sommes dans l’avenue du 24 juillet qui est la journée et la semaine l’avenue du travail et l’avenue nocturne pendant la nuit. Nous apercevons une goélette dans le port identique à celles qui ont réalisé les expéditions, nous sommes au port délaissé par les cargos mais fréquenté par les paquebots. Nous sommes à proximité du pont construit en 1966 par la même entreprise qui a construit celui de san Francisco. C’est un pont suspendu de 3 kilomètres de long dont 1,3 kilomètre de partie suspendue, il possède 3 voies de circulation dans chaque sens, depuis 1999 le train circule sous la voie routière. Nous passons devant une ancienne corderie de la marine de guerre, l’immeuble de la cordonnerie mesure 300 mètres de long. Nous apercevons une ancienne centrale thermique d’électricité avec ses 4 immenses cheminées, l’usine ne fonctionne plus depuis une trentaine d’années, le lieu a été transformé en musée de l’électricité. Nous arrivons au quartier de Belem, nous passons devant un ancien château royal qui est devenu la résidence du président de la république que l’on appelle le palais de Belem. Nous sommes arrivés au monastère des hiéronymites ou en portugais des jéronimos, les moines de ce monastère étaient de l’ordre de saint-Jérôme. Cet ordre a été fondé au XIV.me siècle en Italie, saint-Jérôme a vécu au IV.me siècle, l’ordre a été créé sur le sens de la vie en ermite de saint-Jérôme. L’ordre des hiéronymites avait une grande influence auprès du roi d’Espagne et des rois catholiques, suite au mariage de Manuel premier les hiéronymites ont gagné beaucoup de pouvoir au Portugal. C’est Manuel premier qui a donné l’ordre de construire ce monastère, il est le plus grand monument de style manuélin. A l’ouest de Lisbonne, dans le quartier de Belém, cet ensemble, composé de l’église Santa Maria et du célèbre monastère des Hiéronymites, est un chef d’oeuvre de l’architecture manuéline. Il fut construit entre 1496 et 1572, grâce à la vente des épices et aux richesses rapportées, à la suite des expéditions de Vasco de Gama, dans le Nouveau Monde. L’Eglise Santa Maria, Elle est remarquable par la hauteur de ses trois nefs et ses piliers finement sculptés dans le style Renaissance. A l’entrée, on peut voir les tombeaux néo-manuélins de Vasco de Gama et celui du poète CAMOES. Le cloître, avec ses galeries superposées en calcaire blond, marie la Renaissance au motifs du style manuélin: cordages, sphère armillaire. C’est un bijou, classé patrimoine mondial, dont les voûtes d’ogive finement travaillées, évoquent les travaux d’orfèvrerie. Ensuite nous reprenons la route, pour rejoindre le bord de l’estuaire du Tage où se trouve la fameuse tour de Belem. La tour de Belem est une forteresse construite entre 1515 et 1521, C’est la première forteresse construite à l’embouchure du Tage pour empêcher l’entrée des bateaux ennemis. De tous les monuments manuélins, la tour de Belem c’est celui qui a été le plus influencé par le style arabe. C’est une tour carrée, qui possède des échauguettes Couvertes de dômes ce qui est vraiment de style arabe. La tour possède aussi des fenêtres et des balcons, à chaque coin de la tour tournée vers la terre il y a les statues de la sainte Vierge et de saint-Vincent patron de Lisbonne. Nous passons devant un monument dédié aux soldats qui ont combattu dans les colonies, à sa construction la tour avait été construite à 50 mètres de la rive du Tage, Aujourd’hui la rive est plus près car le fleuve s’est quelque peu élargi. La tour a 5étages, le sous sol servait pour stocker les munitions. Aujourd’hui on organise des expositions temporelles à l’intérieur de la tour qui est vide, à proximité de la tour est exposé une reproduction d’un hydravion, qui a servi à faire la première traversée de l’Atlantique 1922 en 4 étapes. Ensuite à pied nous nous rendons au monument de la découverte, qui représente une caravelle avec tous les acteurs des expéditions portugaises. En tête nous apercevons Henri le navigateur, les principaux rois de cette illustre époque, les principaux navigateurs, les principaux professeurs de l’école de Sagres, des moines de l’ordre du Christ, des franciscains et des jésuites, la seule femme représentée est la mère de Henri le navigateur Philippa de Blancastre épouse du roi Jean premier. Nous sommes sur une map monde dessinée au sol d’une circonférence de 30 mètres, sur laquelle sont signalés tous les endroits découverts par les navigateurs portugais avec la date de la découverte. Ensuite nous continuons notre visite de Lisbonne à bord de notre autocar, nous circulons sur le quai du port de pêche où se trouve l’école de pêche de Lisbonne, à plus ou moyen terme toute cette zone sera aménagée pour recevoir un port de plaisance, le quartier des pêcheurs sera donc déplacé. Nous apercevons une chapelle sur le lieu de l’attentat contre le roi Joseph I, pour défier la reine il avait emprunté le carrosse de son secrétaire pour rendre visite à sa maîtresse. Mais le secrétaire avait également une maîtresse épouse d’un noble portugais, le mari trompé a tendu un piège au carrosse du secrétaire, malencontreusement le passager n’était pas celui qu’il escomptait, le roi a donc était blessé dans l’altercation. Nous nous sommes arrêtés dans une pâtisserie où nous avons dégusté des petits pâtés de Lisbonne, ce sont de petites tartelettes de flan. Ensuite nous avons rejoint notre hôtel dans la banlieue de Lisbonne, avant le repas nous avons effectué une promenade en front de mer, après le repas à 23 heures nous avons lézardé dans le centre commercial attenant à notre hôtel qui était encore bien fréquenté.

(5) Nous prenons la direction de Sintra, Nous longeons la mer de paille qui se trouve très près de la route côtière, nous apercevons des pêcheurs de poulpes. Nous traversons Estoril qui est la banlieue touristique de Lisbonne, ici les plages sont recouvertes de sable blanc,par contre les plages de Madère ne sont pas sablonneuses quant aux Açores le sable est de couleur noire volcanique. Nous roulons au milieu de quartiers résidentiels luxueux, Estoril est une station balnéaire. Les touristes ne viennent pas à Estoril pour la plage qui est d’ailleurs restreinte, mais pour y héberger quand il visite la région de Lisbonne et pour aller jouer dans le plus grand casino d’Europe. La ville a pris son essor au début du XX.me siècle, nous arrivons à Cascais qui était au début du XX.me siècle une petite ville de pêcheurs, aujourd’hui se trouve la résidence de vacances de la présidence de la république portugaise. Au XX.me siècle la ville a attiré la noblesse et les personnes riches du Portugal, C’est une station balnéaire très chic, nous passons devant la place des pêcheurs qui est à proximité du port, le pavé des rues est en granit, nous apercevons la forteresse du XVII.me siècle de Cascais qui a été pendant un certain temps utilisée comme caserne. La forteresse est de style Vauban, nous contournons un ancien couvent qui a été transformé en centre culturel, nous circulons dans un quartier constitué de magnifiques villas anciennes, où a résidé le roi Victor Emmanuel d’Italie. Beaucoup de rois déchus sont venus se réfugier à Cascais bien sûr le dernier roi d’Italie Victor Emmanuel, mais aussi le roi de Roumanie, le comte de Barcelone, le roi d’Espagne le père de Juan Carlos. Juan Carlos a vécu à Cascais jusqu’à l’âge de 6 ans, après il a été faire ses études en Espagne, ses parents ont vécu ici jusqu’à la mort de Franco. La température de l’eau pour se baigner au Portugal est plutôt fraîche, elle varie de 14 degrés en hiver mais ne dépasse pas 18 degrés en été. Nous passons devant un golf et un centre d’équitation, nous apercevons des pêcheurs à la ligne, la côte est remplie de viviers de fruits de mer, en face de nous se dessine la montagne de Sintra. Nous traversons le pont Vasco de Gama qui enjambe l’estuaire du Tage, qui à cet endroit mesure 17 kilomètres de large. Les plages sont recouvertes de dunes par l’effet du vent, qui donne également un air penché aux arbres. Nous pouvons voir une forêt privée ravagée par un incendie volontaire, ce serait le propriétaire qui aurait mis le feu pour des questions de spéculations financières afin d’urbaniser la zone. Nous commençons à gravir la montagne de Sintra, qui est devenu site naturel, sa largeur maximum est de 6 kilomètres. Nous circulons dans un cadre féerique où la végétation est dense, certaines essences d’arbres qui peuplent la colline ont été rapportées d’autres continents ; La ville de Sintra a été reconnue par l’Unesco comme patrimoine mondiale voici une dizaine d’années, la montagne de Sintra est très près de la mer, elle est très humide et profite d’un régime pluvieux important. Le massif contient d’innombrables sources et comme le climat est très doux, ce qui donne une végétation luxuriante et même exotique. Depuis très longtemps les nobles et la royauté se sont faites construire des résidences et des châteaux secondaires dans ce cadre merveilleux, car l’attirance de la plage n’a apparu qu’à la fin du XIX.me siècle. Le massif de Sintra possède un couvent très curieux, il est creusé dans le granit, pour le rendre un peu plus confortable on a utilisé le liège comme matériau d’isolation. Tout le long de la route se sont installés une multitude de petits producteurs locaux qui vendent leurs produits, depuis le haut de la montagne nous pouvons admirer la mer. Nous traversons un petit village d’où le nom en français signifie (collier), ce village a donné son nom à une toute petite région de vin d’appellation contrôlée. La vigne est planté dans le sable, mais les racines doivent être dans la terre, le vin produit ici n’est pas à boire jeune il a besoin d’être vieilli pendant une quinzaine d’années afin qu’il soit à maturité. Sintra est composée d’immeubles du XIX.e siècle et d’autres du XX.me siècle, nous passons devant le casino, devant le lycée et le musée d’art moderne. Nous contournons le nouveau tribunal, il faut savoir que la justice est très lente au Portugal à part tout ce qui touche au crime corporel. Sintra a 25000 habitants, c’est la mairie principale de la région, les autres communes dépendent de Sintra, mais elles possèdent toutes une mairie annexe dont les pouvoirs sont restreints. La mairie de Sintra est la quatrième mairie du Portugal par son importance, l’agglomération de Sintra compte 250000 habitants, le Portugal dénombre 338 mairies principales. Nous sommes à Sintra San Pedro le quartier de la ville ancienne, Sintra est renommée pour ses gâteaux qui sont des tartelettes au fromage blanc à la cannelle que l’on appelle le traversin de Sintra. De nombreuses calèches tirées par des chevaux sillonnent la ville historique, nous voici arrivés au palais royal de Sintra que nous allons visiter.
Palàcio de Sintra ou Palais National Ses deux grandes tours blanches de 33 m sont devenues le symbole de la vieille ville Classé Patrimoine Mondial par l’UNESCO en décembre 1995, le Palàcio Nacional de Sintra est l’unique survivant des palais royaux du Moyen Âge Un peu d’histoire …
Très probablement élevé sur les fondations de la résidence des wallis musulmans, il fut le palais des rois portugais dès l’époque de la Reconquête chrétienne. C’est cependant à D. Joao I (1356-1433) et à Manuel I (1469-1521) que l’on doit les grands travaux qui ont donné au palais l’aspect général qu’il présente aujourd’hui. Ébranlé par le grand tremblement de terre de 1755, il fut aussitôt reconstruit « à l’ancienne », selon le terme de G. Baretti, un voyageur italien qui le visita cinq ans après la catastrophe. Aux XIXème et au XXème siècles il fut l’objet de remaniements, en particulier la démolition des bâtiments qui fermaient la place Rainha D. Amélia, côté sud et côté ouest. Très utilisé au Moyen-Âge comme résidence royale de chasse dans la Serra de Sintra ou comme refuge aux époques de peste, le palais fut toujours fréquenté par les monarques au long de l’Histoire du Portugal, à l’exception de D. Joao V (1689-1750) qui le considérait comme « ce beau palais des rois d’autrefois ».D. Joao I, dans le premier quart du XVème siècle, sans doute après son retour de la conquête de Ceuta au Maroc, reconstruisit le palais. La configuration qu’il lui donna fut modifiée un siècle plus tard par l’adjonction de l’importante aile manuéline. C’est aussi à Manuel D. que l’on doit le caractère mudéjar qui ajoute beaucoup de magnificence au palais.
D. JoAo III (1502-1557) lui ajouta encore quelques éléments Renaissance, qui en firent, de plus en plus, une construction composite. Soulignons les divers plafonds symboliques, les azulejos du XVIème qui constituent la plus grande collection d’Europe et une multitudes d’éléments mudéjars comme portes et fenêtre géminées à encadrements mauresques, arcs outrepassés à intrados polylobés ou zizagués, merlons dentés… Devenu musée en 1940, le palais a gardé une partie du mobilier du temps des derniers rois. Le reste provient d’autres palais et musées nationaux ou a été acquis en 1939-1940. Entrez … Nous commençons ensemble la visiteDu du grand escalier nous pouvons apprécier le merveilleux paysage de la montagne de Sintra, revêtue de son riche manteau végétal et la vieille ville où coexistent différentes époques. Le Corridor d’Entrée est décoré des habituelles tables et chaise portugaises, surmontées de deux peintures de Rugendas représentant des batailles entre Chrétiens et Turcs. Un magnifique escalier en colimaçon dessiné par Diogo de Torralva conduit à une salle, aujourd’hui dénommée Salle des Archers, qui est le fruit de la fusion d’un ancien balcon de la zone centrale et des deux terrasses, celle de la Salle des Cygnes et celle de la Salle D. Manuel I. On peut voir ici les portraits de deux Grands Maîtres des Postes du Royaume, divers tableaux, du mobilier portugais, indo-portugais, italien, des porcelaines et céramiques. Une flèche indique la Cuisine, située au N.E. de la salle d’apparat ou Salle des Cygnes, assez loin pour éviter tout risque d’incendie. Nous sommes au coeur même du Palais car c’est ici que se trouve la bouche des cheminées de 33 mètres de hauteur qui symbolise le Palais. On remarque les fours dans l’angle, la batterie de grosse fonte placée sous les feux de cuisine, les broches pour rôtir les animaux entiers, le chauffe-plat, et un bassin alimenté directement par l’eau qui vient de la montagne. Un escalier mène à la Chambre d’Hôtes avec mobilier portugais ( lit, canapé-lit, commode et chaises); de la fenêtre nous avons un point de vue sur le Château des Maures. Puis on arrive à la Salle Arabe, aux murs revêtus d’azulejos formant une composition géométrique en vert et blanc, d’un effet volumétrique saisissant. Les portes ogivales à encadrements mauresques sont décorées d’azulejos également à motif géométrique. L’ensemble est surmonté d’une frise d’azulejos en relief à motif végétal, celui de l’épi de maïs dressé. Au centre, une petite fontaine de style Renaissance avec tritons et chevaux. Un escalier conduit à la Chapelle, où l’on peut admirer l’exceptionnel tapis mudéjar de céramiques alicatada (en mosaïques de terre cuite émaillé – les carreaux n’ayant pas encore fait leur apparition), l’une des décorations les plus appréciées, et le magnifique plafond à entrelacs mauresques dessinant l’étoiles et roses, restauré sous le règne de D. Manuel I, lors des travaux de 1508. On monte à la Salle Chinoise, ainsi dénommée à cause de la pagode et mobilier qui la décorent et on arrive à la Chambre d’Afonso VI (1643-1683), qui servit de cellule pendant neuf ans (1674-1683) au malheureux monarque, enfermé ici sur l’ordre de son frère D. Pedro II (1648-1706). On notera le pavement d’azulejos et de céramiques qui, selon la tradition, aurait été usé par les pas du prisonnier. Puis par le corridor d’accès à la Salle des Blasons, garni de meubles, de statues et de peintures portugaises, on entre dans la salle héraldique la plus importante du monde: la Salle des Armoiries ou des Blasons. À la clé de la coupole, les armes royales de D. Manuel I entourées de celles de ses huit fils, elles-mêmes entourées de soixante-douze blasons de la plus haute noblesse de l’époque. Les murs sont revêtus d’un bel ensemble d’azulejos du XVIIIème siècle figurant des scènes de chasse et de divertissement sur des fonds architecturaux. La table, de dimension exceptionnelle, est, comme les chaises, l’oeuvre de menuisiers portugais du XVIIIème siècle.
Redescendant par un escalier en colimaçon nous trouvons la Salle des Galères, dont le nom vient des peintures de son plafond. Puis on passe par la Salle de la Couronne qui donne sur le charmant Patio de Diane et l’on pénètre dans la Salle Jules César où se détache la tapisserie de Bruxelles qui donne son nom à cette salle qui contient un ensemble de meubles indo-portugais remarquablement travaillés. On descend un peu vers la Chambre du roi D. Sebastiao, aux murs recouverts d’azulejos représentant des feuilles de vigne. Le lit, en ébène et argent, est décoré de peinture italienne de qualité remarquable. On traverse ensuite la petite Salle des Sirènes, ainsi appelée à cause des peintures de son plafond à cinq panneaux. On y notera en particulier l’une des portes qui présente à la fois un travail de sgraffite et de beaux alicatados de pure tradition musulmane du XVème siècle. En descendant quelques marches on arrive à la Salle des Pies, l’une des plus connues et des plus symboliques du palais. On trouve déjà ce nom dans un document du roi D. Duarte (1391-1438). Le symbolisme de cet animal a, au Moyen Âge, plusieurs interprétations qui peuvent être contradictoires et présenter des versions opposées, dualité inhérente de la pensée médiévale: l’éloquence et la trahison. Aussi est-elle interprétée communément comme « bavarde et voleuse ». Outre l’explication de la légende « Por bem » (pour le bien), devise du roi D. JoaoI, et de la « rose » de la famille Lancastre, à laquelle appartenait sa femme D. Filipa, on raconte encore que le roi aurait été surpris ici en délit d’infidélité à la reine, ce qui aurait fait beaucoup jaser les dames de la cour, et qu’ensuite le roi aurait fait peindre cent-trente-six pies en symbole de ces commères qui vivaient au palais.
On remarquera ici encore les azulejos, les cabinets hispano-mauresques, ainsi que le célèbre globe terrestre signé Schissler et daté de 1575. En passant par le Pàtio Central on entre dans la dernière, et la plus grande, des salles du palais, la Salle des Cygnes, ainsi dénommée en raison des cygnes qui ornent les boiseries de son plafond. Il est curieux de noter que chaque volatile a une position différente. Cette salle, la plus ancienne salle d’apparat d’un palais royal qui existe encore au Portugal, est revêtue d’azulejos verts et blancs et contient un mobilier portugais et hollandais des XVIIème et XVIIIème siècles. L’ensemble est enrichi de porcelaines de Chine ou du Japon ainsi que de tapis persans. On peut y voir aussi les portraits de D. Catarina de Bragança, de son mari Charles II d’Angleterre, de D. Pedro II et d’un chevalier de l’Ordre de Calatrava. On admirera la modernité de l’architecture de cette salle dont les fenêtres donnent d’une part sur le Pàtio Central et d’autre part sur la ville et la montagne de Sintra, comme pour couronner la beauté de ce monument.
Nous reprenons place dans notre autocar, pour aller déjeuner dans une ancienne bergerie qui a été transformée en restaurant. Ensuite, nous continuons notre circuit vers Evora, nous traversons une région maraîchère, vignoble, céréalière et forestière où règne le chêne liège. C’est la principale région qui produit le liège portugais, nous rencontrons également des élevages de porcs, de bovins, de chèvres et de brebis. Le cochon noir est très répandu au Portugal, il a une nourriture naturelle mais surtout végétale, il ne connaît pas la farine. Le Portugal possédait 4 ordres religieux militaires les templiers, les hospitaliers, puis l’ordre de Calacan et l’ordre de saint-Jacques, nous passons devant le siège de l’ordre de saint-Jean. La région est composée de petites montagnes qui culminent pour les plus hautes à 500 mètres d’altitude, d’immenses exploitations agricoles sont dissimulées dans le paysage. En portugais monte signifie montagne, mais ici monte est la résidence du propriétaire construite au-dessus de chaque petite montagne, autour de la résidence du maître sont installées les maisons des ouvriers agricoles et les dépendances de la ferme. Nous roulons au milieu d’oliviers, cette région a maintenu un artisanat traditionnel dans la confection de multiples objets en liège (porte feuille, carte postale, vêtement etc) et le travail du fer forgé. Enfin nous voici arrivés à Evora :
Evera, Devenue aujourd’hui capitale de l’Alentejo, Évora profite également de sa renommée touristique de «capitale portugaise de la Renaissance». Ses nombreuses ruelles pleines de charme attirent en effet chaque année de nombreux touristes. De plus, ses nombreux édifices historiques en ont fait une ville appréciée mondialement, c’est en 1986 que l’Unesco l’a classée «Patrimoine mondial de l’humanité».
La visite débute à la Praça do Giraldo, la place centrale d’Évora, la plus animée de la ville. Bordée dans sa grande partie par des demeures à arcades, la place fait irrémédiablement penser à une ville méditerranéenne. Vous pourrez vous y prélasser sur une des nombreuses terrasses qui y sont disposées à même un «tapis» de pavés noirs ou blancs aux motifs géométriques. À son extrémité nord se dresse une fontaine de marbre datant du XVIIIe siècle.
Par la Rua Româo Ramalho, rendez-vous à présent, plus bas à gauche, à la Praça 1 de Maio. Sur cette vaste place se tient chaque semaine un marché artisanal qui accueille des marchands de produits céramiques (tasses, assiettes, vases, poteries, etc.).
Située tout à côté, l’Igreja São Francisco, couronnée de pinacles torsadés, exhibe ses grands murs latéraux blanchis et sa façade dotée d’un portique à arcades. À l’intérieur, après avoir contemplé la largeur impressionnante de sa voûte, vous ne manquerez pas d’aller observer la Capela dos Ossos, une chapelle où os et crânes de pas moins de 5 000 personnes font office de tapisserie sur les murs.
Poursuivez votre visite dans la ruelle de São Manços où se trouvent les Torres da Cerca Velha. Situées de part et d’autre de la rue, ces anciennes tours, remaniées au Moyen Âge, font partie de l’ancienne enceinte romaine qui entourait autrefois la ville.
Empruntez à présent la Rua da Freiria de Baixo jusqu’à son extrémité afin de rejoindre le Largo do Colégio, où se trouve l’université. De style Renaissance mais avec une nette influence classique, l’université mérite une visite pour admirer le grand nombre d’azulejos remarquables qu’elle renferme. Que ce soit dans ses halls d’entrée, ses longs couloirs ou ses escaliers, partout ils sont présents, ce qui en fait, avec Coimbra, une des plus belles universités du pays.
Plus loin, sur le Largo Conde de Vila Flor, le Paço dos Duques de Cadaval mérite une visite. Ce palais fut offert par le roi João Ier à son conseiller, le comte Martim Afonso de Melo, premier maire de la ville d’Évora. Plusieurs souverains portugais vinrent y résider temporairement. À côté du patio du palais se trouve l’Igreja de São João Evangelista. Cette église datant du XVe siècle, qui faisait partie du Convento dos Lóios, renferme un bel autel en talhas douradas ainsi que les tombeaux de la famille de Melo. Accolé à celle-ci, l’ancien Convento dos Lóios, transformé en pousada, recèle un cloître muni d’une magnifique arcade de style luso-mauresque. Les lieux on été convertis en restaurant.
Trônant au centre de la place, le temple romain est non seulement le monument le plus majestueux d’Évora, mais aussi la ruine romaine la plus impressionnante qui soit au Portugal. Édifié au IIe siècle, le temple aurait été dédié à Diane, déesse romaine de la Chasse et de la Nature sauvage. Entouré d’édifices prestigieux et, au loin, des clochers de la Sé, ce site constitue l’endroit le plus prestigieux d’Évora et l’orgueil même de la ville.
Vers le sud de la place, du côté droit, vous trouverez la cathédrale d’Évora. Datant des XIIe et XIIIe siècles, son architecture révèle plusieurs styles différents, allant du roman au gothique. La couleur sévère de son granit d’aspect massif marque un contraste saisissant, mais heureux, avec l’éclatante blancheur des édifices l’entourant. Toutefois, c’est surtout sa flèche centrale ou tour-lanterne qui soulève l’admiration. Conique, et entourée de pinacles de même forme, elle se joint admirablement aux toits crénelés en gradins.
Peu avant Evora nous avons aperçu des cromlechs (menhirs), Evora a été fondée par les romains car les céréales les avaient attirés. Cette région avait été offerte à des militaires, qui en fin de carrière se voyaient offrir des terres pour les remercier de leurs bons et loyaux services auprès de l’empire romain.
La ville a été très importante au XVI.me siècle qui en était la seconde ville du Portugal à cette époque, le roi déplaçait la cour de temps en temps à Evora. Son université était la propriété des jésuites, au contraire de celle de Coimbra qui était gérée par l’état, celle de ‘Evora était administrée par les jésuites également jusqu’en 1759. Evora est la cité du peintre Francisco de Hollande, du chroniqueur dramaturge Gil Tisiede très acide, il critiquait tout le monde sauf le roi. Evora a perdu de son éclat dès la perte de l’indépendance du Portugal en 1580, depuis Evora est devenue une ville secondaire qui vit économiquement du tourisme, de l’agriculture c’est aujourd’hui la ville la plus chère du Portugal qui attire les riches portugais. Evora est située à 120 kilomètres de Lisbonne et 80 kilomètres d’Espagne, la maison de la famille de Vasco de Gama est située au centre de la vieille ville. Nous passons devant l’université qui est devenue aujourd’hui un lycée, depuis la révolution de 1974 Evora a retrouvé une nouvelle université. Nous contournons les ruines romaines au XIX.me siècle les colonnes de l’édifice ont servi comme structure à différents entrepôt même à un abattoir. Nous circulons à pied dans les ruelles d’Evora, nous passons devant le palais du Buques de Cadaval, nous pouvons admirer la maison de la famille de Vasco de Gama, puis devant le cloître qui est devenu le restaurant du parador d’Evora. Nous sommes devant la cathédrale construite en granit avec son porche gothique, toutes les statues et colonnes sont en marbre. Nous déambulons dans les ruelles commerçantes où l’on trouve toutes sortes de produits en cuir, en liège etc, nous arrivons sur la place Giraldo où une forte sonorisation nous assaillit, différents groupes répètent en vue du concert qui sera donné ce soir pour la fête nationale du Portugal, le 25 avril 1974 étant la date de la révolution des œillets. Nous faisons une pause autour de la fontaine, puis nous continuons notre visite pédestre, nous passons devant l’église saint-François dont son couvent et une partie du château royal qui l’a jouxté ont disparu. L’église est de style gothique manuélin, c’est une des plus grandes églises du Portugal après celle des Hiéronymites, nous pouvons y voir les emblèmes du roi Manuel premier et Jean II qui sont représentées par un pélican et par la sphère armillaire. Dans cette église ont eu lieu des mariages royaux, c’était l’église de la famille royale. Les restes du château royal se trouvent dans le jardin public, dans lequel est érigée la statue de Vasco de Gama. Enfin nous rejoignons notre autocar pour prendre la direction de Lisbonne, nous circulons sur une autoroute qui est tracée au milieu d’une forêt de chênes liège. Récemment un référendum a été organisé pour décentraliser le pouvoir, mais les électeurs l’ont refusé en votant non, avant d’arriver à Lisbonne nous apercevons l’usine des automobiles wolsvagen. Pour sauvegarder leur emploi les syndicats ont signé un accord afin d’éviter la délocalisation de leur activité, en abandonnant des droits, vive le libéralisme à tout va. Le Portugal a opté pour le train pendulaire par rapport au TGV, le train pendulaire a mal été conçu, sa vitesse maximale est donc que très rarement atteinte. Le Portugal a toujours refusé la concertation avec l’Espagne pour la construction de la ligne TGV entre Madrid et Lisbonne. Les espagnols ont donc fait le tracé à leur convenance, ce qui fait que maintenant les portugais sont obligés de se raccorder au réseau espagnol à un endroit qui ne leur convenait pas. Nous approchons de Lisbonne au-dessus de la colline nous apercevons le Christ roi qui a été implanté en 1959, nous traversons le douro par le pont suspendu du 25 avril, c’est une réplique du pont de san Francisco, il a une longueur de 3 kilomètres, pour l’emprunter on doit s’acquitter d’un péage. Nous pouvons admirer un bateau 4 mâts qui appartient au club Med, à pied nous circulons dans des petites rues pour se rendre à la soirée fado. A la fin du dîner 2 chanteuses de fado et un groupe folklorique nous ont fait apprécier le fado de Lisbonne et les différents folklores portugais.
Après une journée bien remplie nous avons rejoint notre hôtel, la nuit fut courte car le lendemain le lever était aux aurores.

(6) Nous quittons Lisbonne pour porto dont la distance qui les sépare est de 320 kilomètres, nous sommes le 25 avril c’est la fête nationale au Portugal. La révolution des œillets s’est déroulée le 25 avril 1974, elle a mit fin à l’époque Salazar. La république s’est établie de 1910 à 1926, sans donner de majorité, un coup d’état en 1926 a amené une dictature.
Salazar a été ministre de l’économie de 1928 à 1933, puis de 1933 à 1968 il a été premier ministre. Salazar a coupé la scolarité des enfants, en 1970 21% de la population était analphabète, pour ce qui concerne la politique sociale Salazar ne la pratiquait pas. Salazar était de famille pauvre, il a fréquenté le séminaire et c’est grâce aux écoles catholiques, qu’il a pu faire des études. Pendant la dictature le futur premier ministre Soares est parti en exil sur une île de l’atlantique, le secrétaire du parti communiste quant à lui, il s’est réfugié à Moscou. En 1968, Salazar a chuté de sa chaise longue, il est devenu handicapé cérébrale, jusqu’en 1970 date où il est mort, il s’imaginait toujours qu’il était premier ministre.
Nous longeons le Tage, c’est Catano qui a remplacé Salazar en 1968, il a été premier ministre jusqu’à la révolution des œillets. Pendant ces 6 ans Catano n’a rien fait, les communistes avaient fondé quelques espoirs sur ce premier ministre.
Ce sont de jeunes capitaines de l’armée qui ont débuté la révolution, de Carvalo c’est lui qui a été l’instigateur du soulèvement, il n’a pas su respecter les décisions des portugais, il prônait une dictature de gauche. 80% de l’électricité portugaise est fournie par des centrales hydrauliques, le reste provient de centrales thermiques, de quelques parcs d’éoliennes et de panneaux solaires. Début 1974 un premier coup d’état de l’extrême droite avait échoué, En 1974 tout le gouvernement portugais s’est exilé au Brésil, à savoir qu’au Brésil un appartement moyen neuf coûte 30000 euros, c’est pour cette raison que certains portugais investissent au Brésil. Après la révolution des œillets, le gouvernement portugais comptait de plus en plus de ministres communistes, c’est Mario Soares qui a gagné les premières élections législatives en 1975.
Les communistes pensaient pouvoir remporter les législatives de 1975 et ils ne voulaient pas quitter leurs postes de ministre, il a fallu un mini coup d’état pendant l’été 1975 pour que les socialistes prennent le gouvernement en main. Le Portugal n’est pas un pays du fromage, il est rare d’en manger pendant le repas, mais il est de bon ton d’inviter des amis pour les convier à déguster un gros fromage le serra.
Le salaire minimum au Portugal est de 370 euros chaque salarié perçoit 14 mois de salaire par an, l’impôt est prélevé à la base, les charges sociales sont de 11% pour le salarié et 24% pour le patron, le chômage est de 60% du salaire mais ne peut excéder 1050 euros par mois, la durée d’indemnisation du chômage est équivalente à la durée du travail effectué avant la perte d’emploi, la retraite du public est à 60 ans et celle du privé est à 60 ans, une réforme des retraites harmonisera la retraite à 65 ans pour tout le monde c’est ce que l’on appelle le progrès social, pour avoir une retraite pleine il faut avoir cotisé pendant 40 ans, la retraite correspond à 80% du salaire mais toujours sur 14 mois par an, la retraite minimum est de 200 euros. Les loyers sont déterminés par l’état, ils ont été bloqués pendant 10 ans, ils demanderaient à être augmentés afin que les propriétaires restaurent le parc immobilier, qui en aurait bien besoin. La population portugaise est divisée en 3 segments 20% de riche, 60% de classe moyenne et 20% de pauvre, les allocations familiales sont calculées par rapport au revenu, elles varient de 0 à 50 euros par enfant suivant sa situation financière. 80% des portugais sont propriétaires de leur logement, nous arrivons à Porto où nous traversons le Douro. Nous prenons le déjeuner, ensuite nous continuons notre circuit. Nous prenons la direction de Braga, nous circulons sur l’autoroute qui est tracée au milieu d’une forêt de chênes liège. Nous pouvons voir des vignes très hautes 5 à 6 mètres de haut, qui poussent sous des platanes et avec lesquelles on produit le fameux vin vert. Nous arrivons à Braga, sur la colline en face de nous nous apercevons l’église du bon Jésus et ses escaliers monumentaux qui descendent en chemin de croix depuis l’église à un parking. Nous gravissons la montagne, le sanctuaire du bon Jésus existe depuis le XVI.me siècle, il est dédié à Jésus Christ, au XVIII.me siècle un archevêque de Braga a décidé de construire un immense escalier avec des stations du chemin de croix. Une fois les escaliers terminés, on s’est rendu compte, que l’église était devenue inexistante par rapport à la volumétrie des escaliers. On a donc décidé de construire une nouvelle église plus grande à la fin du XVIII.me siècle, un funiculaire grimpe jusqu’à l’église qui fonctionne grâce à un contre poids constitué d’une réserve d’eau pour la voiture qui descend. Une allée de statues orne l’allée qui mène à l’église, ces statues représentent les personnages liés à la mort du Christ soit dans le mauvais ou le bon sens. L’église est considérée comme la dernière chapelle du chemin de croix, l’intérieur de l’église est fleuri d’une multitude de bouquets de fleurs blanches. Les murs et le plafond sont en granit, le maître hôtel est en calcaire, devant une des chapelles latérales à côté du cœur se trouve dans un autel en bois doré à la feuille d’or une statue de la sainte-Vierge. Dans l’autel du transept il y a les reliques de plusieurs papes, en bas de l’autel nous pouvons apercevoir les ossements d’un soldat romain, qui était chrétien il a été martyrisé, il s’agissait de saint-Clément. Nous effectuons le chemin de croix à l’envers, l’escalier est entouré de jardin, l’escalier est composé de 300 marches, chaque station possède sa chapelle, l’eau jaillit tout au long de l’escalier. Certaine station représente un sens l’ouïe, l’odorat, la vue, l’odorat etc, une station représente l’arche de noé. Pour finir l’escalier serpente dans la forêt. Nous redescendons la colline en autocar, nous voici arrivés à Braga :
S’il fallait définir la ville en quelques mots, ce serait sans nul doute ceux de «Braga la pieuse» que l’on utiliserait! Et pour cause, car nulle autre ville au Portugal n’a autant d’églises par habitant. Néanmoins, malgré son histoire très ancienne et sa quantité impressionnante d’édifices religieux, force est de constater que l’architecture locale ne brille pas par la diversité. Braga est, en effet, surtout riche en style baroque. Braga est même une ville exclusivement baroque, pourrait-on affirmer! Les fervents de ce style seront donc ravis de flâner dans la ville afin de découvrir ces multitudes façades baroques.
Pour une visite aisée des lieux, débutez votre promenade à la Praça da República, à l’angle de l’Avenida da Liberdade. De cette agréable place fleurie agrémentée d’une fontaine, vous aperçevrez en premier lieu la Torre de Menagem. S’élevant derrière un élégant édifice à arcades, cette tour n’est autre que le donjon de l’ancien château fort attenant aux fortifications qui protégeaient la ville.
Poursuivez votre visite en empruntant la rue piétonnière principale de la ville, la Rua Dom Diogo de Sousa. Cette agréable rue traverse tout le centre historique. En la parcourant, vous pourrez voir les principaux monuments de Braga.
Premier arrêt, sur votre droite : le Largo do Paço. Cette jolie place comporte en son centre une étrange fontaine représentant une petite tour fortifiée, elle même entourée d’une enceinte crénelée.
Tout autour de la place, comme formant un patio, divers bâtiments se succèdent de manière harmonieuse, constituant pour l’époque un très bel exemple d’unité urbaine.
À l’opposé du Largo do Paço, du côté gauche de la Rua Dom Diego de Sousa, la Sé de Braga semble se cacher derrière l’église de la Misericódia. Avant d’y pénétrer, vous jeterez d’abord un petit coup d’oeil sur son portail sud, situé sur le Rossio da Sé. Il est un des rares éléments encore subsistants de la construction romane primitive, commencée au XIe siècle. Dirigez vous à présent vers le cloître, où se trouve le Musée d’art religieux. Comptant deux niveaux, ce musée expose au premier étage surtout de nombreux vêtements sacerdotaux et, au deuxième, nettement plus intéressant, une très riche collection d’objets religieux. Après la visite du musée, vous aurez accès à la Capela dos Reis, qui renferme le tombeau d’Henri de Bourgogne et de sa femme, père et mère de Dom Afonso Henriques, premier roi du Portugal. En traversant ensuite la cour qui donne accès au cloître, vous découvrirez la Capela da Glória, une des plus belles chapelles de la ville, qui contient un superbe gisant gothique.
Pour finir l’exploration des lieux en beauté, rendez vous à l’extérieur de la cathédrale, à l’arrière du choeur (dans la Rua Nossa Senhora da Leite, en face de la Rua São João), afin d’admirer Nossa Senhora da Leite (littéralement Notre-Dame-du-Lait), une étonnante et élégante Vierge allaitant le futur Sauveur, et placée dans une niche très décorée. Elle serait l’oeuvre de l’artiste français Nicolas Chantereine.
Braga est siège de l’archevêché depuis l’époque romaine, ce sont d’ailleurs les archevêques qui prenaient les décisions pour la ville. Jusqu’au XVIII.me siècle Braga a toujours été aux mains de l’église, la cathédrale de Braga est la plus ancienne du Portugal, c’est au XX.me siècle que l’église a complètement perdu l’administration de la cité après la révolution républicaine. L’époque phare de Braga se situe entre le XVI.me et le XVIII.me siècle, aujourd’hui c’est la troisième ville du Portugal, économiquement l’industrie textile, de la chaussure est très présente. Braga possède son université depuis une trentaine d’années, Pedro hispano a vécu à Braga, il a été le seul pape portugais, Nous nous dirigeons vers la cathédrale, nous contournons le rond point de la vie, nous passons derrière l’hôtel de ville, nous apercevons le palais épiscopal, nous croisons la rue piétonne, nous voici arrivés à la cathédrale de Braga. La cathédrale remonte au XI.me siècle, c’est une église romane, elle a été construite sur l’ordre du père du premier roi du Portugal le roi Henri de Bourgogne, d’ailleurs la cathédrale est de style roman bourguignon. Aujourd’hui il ne reste plus qu’une porte de cette époque, car depuis on a construit d’autres éléments au cours des siècles. La plus grande partie de la cathédrale est du XVI.me siècle, la façade est fournie de nombreuses statues de saints et d’évêques. Un des fils de Jean premier et de Philippa de Blancastre, mort en se rendant à saint-Jacques de Compostel à son tombeau dans la cathédrale. C’est sa sœur mariée au duc de Bourgogne qui a fait construire ce tableau, dans la nef centrale sont installées deux orgues face à face. Le plafond est en bois peint très chargé, la chaire est en marbre, tous les fanions des églises qui dépendent de l’archevêché de Braga sont représentés. Une chapelle contient le tombeau d’un des évêques de Braga, tous les noms des évêques et archevêques sont inscrits sur un tableau depuis l’an 45 de notre ère à 1999. De nombreux tombaux de rois sont exposés dont celui de Henri de Bourgogne et celui de sa femme ainsi que le tombeau du grand père du connétable dont la statue est érigée à Batalha. Ensuite nous déambulons dans la vieille ville de Braga, nous sommes devant le palais épiscopal, nous passons devant l’université, la ville de Braga compte actuellement 160000 habitants. Nous passons sur une place où est dressée la statue de Francisco Sanchez mort en 1625, qui a été professeur à Bordeaux, Toulouse, Montpellier et en Italie. Nous passons devant la maison d’un secrétaire d’un archevêque, qui avait eu le privilège de construire sa résidence dans cet endroit si protégé à l’époque. Nous contournons ‘église et l’hôpital saint-Marc du XVIII.me siècle, un nouvel hôpital a été construit au XX.me siècle à proximité de l’ancien. Puis nous rejoignons notre autocar pour terminer notre périple, nous prenons la direction de Porto.
C’est Porto qui a donné son nom au Portugal en mêlant la contraction de son nom avec celui de Gaia, les deux villes sont situées l’une en face de l’autre sur les bords du Douro. Porto a été fondée par les romains, Porto a été la capitale du Portugal avant qu’elle soit déplacée à Guivara près de Braga, car Porto était trop exposée aux envahisseurs par la mer. Après la mort de Henri de Bourgogne son fils étant trop jeune, la régence a été assumée par son épouse, c’est elle qui a offert la ville de porto à l’évêque de porto. Cette donation a posé par la suite beaucoup de conflits entre la royauté et l’église, c’est le septième roi du Portugal Alphonse IV, qui a racheté Porto à l’église. Le conflit a duré du XII.me siècle au XIV.me siècle, la population a toujours soutenu la royauté par rapport à l’église. Après l’achat de la ville le roi a demandé aux habitants de Porto comment ils voulaient s’organiser, la population ne voulait plus tomber dans les mains de l’église ni dans celles de la Noblesse. Pour administrer la ville, on a créé la maison des 24 pour gérer la cité, qui étaient les 24 plus riches de la ville parmi lequel ils choisissaient le maire de Porto. C’était la chambre des 24, le maire était donc le président de la chambre, ce n’est pas par hasard qu’aujourd’hui le maire s’appelle encore le président de la chambre. Enfin nous arrivons à notre hôtel qui est situé près du centre de la ville de Porto.

(7) Porto, ville du Portugal, sur la rive droite du Douro, à 5 km de l’estuaire par lequel celui-ci rejoint l’océan Atlantique. Bâtie sur une colline, la vieille ville est dominée par la cathédrale romane (XIIe-XIIIe s.), remaniée aux XVIIe et XVIIIe siècles ; la ville moderne, au plan régulier, s’étend vers le nord, tandis que la banlieue se développe vers l’ouest rejoignant l’avant-port aménagé. Trois ponts, dont le pont métallique Dom Luis I (1881-1885), enjambent le fleuve, animé par la batellerie qui achemine vers les entrepôts de Vila Nova de Gaia, sur la rive gauche, les fameux vins de Porto (750 000 hl), produits par les vignes accrochées aux pentes schisteuses en amont. Deuxième ville du Portugal, dotée d’une université, Porto est aussi, après Lisbonne, la ville la plus industrialisée (un quart de la valeur ajoutée industrielle du pays) ; elle possède des fonderies et d’autres établissements métallurgiques, des ateliers de constructions mécaniques, des manufactures de coton, de textiles synthétiques et de porcelaine, des conserveries, des usines de chaussures et de pneumatiques. La ville comptait environ
310 000 habitants en 1991.
Nous commençons la journée par un tour panoramique de la ville de Porto, sur un rond point est dressé un monument en mémoire des guerres contre Napoléon, qui représente un lion et un aigle. Porto a beaucoup souffert des armées napoléoniennes sous le commandement du maréchal Soult en 1809, le siège a duré 15 jours, car à l’arrivée des armées anglo-portugaises la ville a été libérée. En 1807 sous le commandement de Junot Lisbonne avait été envahi par les français pendant 9 mois, C’est Masséna qui a été obligé de rendre Lisbonne au portugais. Nous passons devant la maison de la musique qui est un immeuble moderne qui a été inauguré tout récemment, il a été livré avec 3 ans de retard et il a coûté 3 fois plus que la somme prévue. Nous sommes sur l’avenue Boahista, qui est sans doute la plus longue avenue du Portugal, elle mesure 6 kilomètres de long, elle se termine en front de mer. C’est un quartier résidentiel, tout près de la mer sont construits de magnifiques villas, de nombreux bureaux et hôtels de luxe bordent l’avenue. Nous apercevons le stade du club de foot ball du boahista, qui a un budget très réduit, ce qui ne l’empêche pas de participer à des coupes européennes. Nous contournons le stade du FC porto, qui est en rivalité avec le Benfica de Lisbonne, nous passons devant un monument dédié aux entrepreneurs du nord qui date de 1993. L’essor de Porto se trouve au XVIII.me siècle avec bien sûr l’or qui provenait du Brésil, mais aussi grâce à l’exportation du vin de Porto. Depuis 1703 un traité commercial entre le Portugal et l’Angleterre, qui prévoyait l’exportation du vin de Porto vers l’Angleterre en contre partie de l’importation de tissu d’Angleterre. Les vins de Porto sont distribués par 80 caves, dont la majorité sont détenus par des anglais. Pendant les guerres napoléoniennes toute la famille royale s’est exilée au Brésil, pendant quelque temps la capitale a été transférée à Rio de Janeiro. De 1808 à 1820 le Portugal était soumis à un gouvernement anglais, en 1820 les portugais se son révoltés contre les anglais. La révolution est partie de Porto qui a mis fin à l’absolutisme, le roi Jean VI est rentré du Brésil, il a du accepté un nouveau régime le libéralisme. Nous apercevons la statue du roi JeanVI, nous sommes face à l’océan où nous prenons un bon bol d’air. Nous longeons le plus grand jardin public de Porto, nous distinguons le port artificiel de Porto inauguré en 1893. Nous sommes sur un rond point au milieu duquel est dédié un monument aux pêcheurs, il s’agit d’un filet de pêcheur d’un diamètre de 50 mètres, nous passons devant un immeuble fantôme tout en verre, qui attend des acquéreurs à des fins commerciaux. Nous traversons une zone réservée aux activités physiques, nous passons devant une forteresse du XVIII.me siècle appelée saint-François Xavier du style Vauban. Les habitants de Porto l’appellent le château du fromage, car la forteresse a été construite sur un rocher rond. Nous sommes dans le quartier Foz (embouchure),
Les plages de Porto ne sont pas très propres, mais la municipalité met tout en œuvre afin d’améliorer le système d’épuration des eaux usées. Pierre premier du Brésil, tout comme à Lisbonne à sa statue sur la place principale de Porto. Porto est la ville la plus commerçante du Portugal, dont l’agglomération est très industrielle, la pierre des édifices est devenue noire à cause de la pollution. Pour garder un certain lustre aux monuments, ils sont nettoyés tous les cinquante ans. Nous longeons des parties de remparts qui datent du XVIII.me siècle, deux digues sont en construction à la sortie du fleuve Douro, afin de faciliter l’entrée des bateaux au Port de Porto. Le Douro provoque des inondations spectaculaires, malgré la coordination entre l’Espagne et le Portugal, en 2001 le Douro a envahi les maisons de la ville basse, il était 5 mètres plus haut que son lit habituel. Auparavant, en 1963 le Douro avait atteint une hauteur de 20 mètres au-dessus de son lit normal, toutes les installations portuaires de Porto se sont déplacées au port actuel à partir du début du XX.me siècle. Les rives où étaient situées les anciens entrepôts portuaires sont longtemps restées à l’abandon, aujourd’hui les villes de porto et de Gaia réhabilitent ces lieux pour en faire des endroits agréables. Porto à 350000 habitants, tandis que Gaia en compte près de 500000, les deux villes sont reliées par plusieurs ponts qui enjambent le Douro. Nous passons devant l’hôpital de Porto dont une partie est très récente, l’ancien hôpital du XVIII.me siècle renferme l’administration hospitalière. Nous contournons le tribunal qui est situé dans un immeuble des années 1960, nous passons devant l’église saint-Joseph du XIX.me siècle, devant l’ancien tribunal et prison du XVII.me siècle aujourd’hui transformé en salle d’expositions. Nous pouvons admirer la tour Cléricos haute de 75 mètres, elle est attenante à l’église qui porte le même nom, ce sont des constructions du XVIII.me siècle. Aujourd’hui c’est devenu une maison de retraite pour les membres du clergé, la plupart des immeubles de Porto date du XIX.me et XX.me siècle. Nous apercevons l’hôtel de ville de Porto construit en 1916, le quartier que nous traversons est en travaux dus à la construction d’un tunnel pour le métro. Nous passons devant une cathédrale de style baroque, l’ancienne mairie, le palais épiscopal du XVII.me siècle. Nous faisons une halte à la cathédrale, devant le parvis se dresse un pilori du XVIII.me siècle, il est ornemental pour n’avoir jamais servi mais pour donner une image de représenter l’autonomie administrative et judiciaire de la ville par rapport au roi. Le quartier de la cathédrale est le plus ancien de la ville de Porto, il demande à être réhabilité, le marché de saint-Sébastien anime les environs de la cathédrale. Nous apercevons le pont Eiffel, qui est entrain d’être aménagé afin de recevoir la voie ferrée du nouveau métro. L’emblème touristique du Portugal est le coq, le coq est lié à une légende affairant à saint-Jacques de Compostelle. L’histoire raconte qu’un pèlerin s’est arrêté dans une auberge pour y passer la nuit. La propriétaire de l’auberge a été assassinée au cours de la nuit, le pèlerin a donc été suspecté est condamné à mort. Le jour de sa pendaison, après avoir prié saint-Jacques, il s’est décidé d’aller voir une dernière fois le juge qui était entrain de prendre un repas avec des amis autour d’une bonne table dont un coq rôti. Le juge n’a pas cédé, le pèlerin a dit au juge pour prouver son innocence, que quand il serait pendu le coq rôti qui était sur la table se lèverait et chanterait. Bien sûr que tout le monde a ri de lui, mais curieusement ils n’ont pas touché le coq, le miracle s’est produit, le juge a accouru au lieu de la pendaison afin de l’interrompre. Le pèlerin a donc pu continuer son chemin jusqu’à saint-Jacques de Compostelle, où il n’a pas manqué de prier pour le remercier. Nous contournons le palais de la bourse, l’église saint-François, nous sommes dans le quartier de la rivera (rivière), nous traversons le pont Louis premier qui est la copie du pont Eiffel. Nous sommes à Gaia, nous apercevons les copies des bateaux typiques, qui transportaient les barriques de Porto depuis leur lieu de production aux caves de porto situées à Gaia 100 kilomètres en aval sur le Douro. Autrefois, le Douro était très dangereux, certaines embarcations s’échouaient, les barriques descendaient donc à Gaia par la force du courant. On tendait des filets pour récupérer les précieuses barriques à Gaia, mais parfois des pêcheurs avisés prélevaient leur besoin en alcool dans le fleuve. Nous arrivons à la cave Osborne, dont nous allons faire la visite et déguster le fameux nectar.
Cette cave a été fondée par Thomas Osborne en 1772, C’est l’une des plus anciennes caves de Porto qui appartient toujours à la même famille. Le vin de porto est produit dans la vallée du Douro à 100 kilomètres de Porto, comme la vigne est disposée en terrasse, on est toujours obligé de travailler la vigne manuellement. Le climat du lieu de production est très froid l’hiver parfois neigeux, l’été est très sec et chaud la température peut atteindre 45 degrés. Les vendanges se font en septembre et octobre, le vin de porto est vinifié dans la vallée du Douro. C’est avant d’entreprendre le travail de vinification que l’on doit décider la qualité du vin terminé, il existe des porto doux, demi doux et sec, les portos sec n’existe qu’en blanc. Les différents porto se différencient par le mode de fermentation, pour les portos doux on stoppe la fermentation plus tôt, pour le porto demi doux on laisse fermenter un peu plus, quant au porto sec on la laisse se terminer. Le vin de porto continue dans la vallée du Douro à être stabilisé pendant 6 mois, au printemps le vin est transporté à Gaia afin de vieillir en cave. La cave est très humide afin d’empêcher le bois des barriques de sécher, un porto jeune vieillit 3 ans, un porto de qualité est vieilli en cave de 20 à 40 ans selon sa destination. Actuellement la cave Osborne cultive 2500000 litres de Porto, nous apercevons une machine destinée à la filtration du vin que l’on effectue tous les 6 mois. Certains vins de Porto sont millésimés comme le vintage, qui après 20 ans de vieillissement est analysé par un organisme régulateur qui donne le millésime de vintage ou non. Un porto qualité vintage peut être conservé et se bonifier en bouteille pendant 100 ans, après la visite de la cave nous avons été conviés à une dégustation des différents types de porto. Après un bon apéritif, nous avons embarqué sur un bateau sur lequel nous avons déjeuné, tout au long de la promenade nous avons pu admirer les rives du Douro en amont de Porto.
Nous continuons notre tour panoramique de Porto, nous passons vers l’ancienne douane qui est transformée en lieu pour faire des expositions temporaires. Nous arrivons au palais de la bourse que nous allons visiter, qui était le siège de la chambre de commerce de Porto
Fondé en 1834. Cet édifice a commencé à être construit en 1842, 1834 a été la fin de la guerre civile au Portugal qui est aussi l’année de l’expulsion des ordres religieux masculins. Le couvent saint-François qui occupait cette partie a été abîmé pendant la guerre civile, l’église saint-François existe toujours, mais le cloître du couvent a été bombardé par l’armée des absolutistes.
La reine a donc offert le terrain où se trouvaient les ruines de l’ancien couvent de saint-François à la chambre de commerce de Porto, qui a décidé de construire leur siège à cet endroit. La fin des travaux et la décoration du palais se situe en 1910, nous sommes dans la salle des nations qui a soit disant le même plan du cloître de l’ancien couvent. Au-dessus il y a une verrière qui est entourée des emblèmes de plusieurs pays, dont la ville de Porto avait des rapports commerciaux à la fin du XIX.me siècle. Deux emblèmes ne sont pas d’origine, ceux du Portugal et du Brésil qui ont été remplacés par les emblèmes républicains. Cette salle a servi comme salle à la bourse des valeurs de porto, mais aussi à la bourse des matériaux, aujourd’hui le Portugal ne possède qu’une seule bourse des valeurs située à Lisbonne. Nous montons au premier étage par un magnifique escalier, à l’occasion du centenaire de la fondation de la bourse de porto, on a gravé les noms des 6 fondateurs 1 hollandais, 2 anglais et 3 portugais. Toute la décoration est sculptée dans le granit. Nous pénétrons dans le tribunal de commerce, qui est décoré de peintures représentant les travaux artisanaux, tous les murs sont recouverts de boiserie. Nous circulons dans la salle dorée qui servait de salle de réunions pour la direction de la chambre de commerce, le plafond est en stuc doré à la feuille d’or. Toutes ces salles ne sont plus utilisées, à part quelquefois pour des repas, des réunions ou des soirées de gala organisés par la mairie de porto. Nous entrons dans le bureau du président également décoré de dorure, de peintures qui représentent des activités direct ou indirectement liées avec le commerce. Nous abordons une superbe salle où est suspendu un immense lustre en bronze, la décoration a été influencée par la décoration anglaise, en relief nous pouvons admirer l’emblème de la chambre de commerce de Porto. Nous avons l’impression que les murs de cette salle est recouvert de bois, en fait le bois comme décoration a été posé jusqu’à la hauteur de 1,5 mètre, tout le reste de la hauteur c’est de la peinture, c’est un parfait trompe l’œil. Nous découvrons les portraits des derniers rois du Portugal, le plus ancien c’est le portrait de Pierre I du Brésil ou Pierre IV du Portugal, qui n’a d’ailleurs jamais été roi du Portugal. Le dernier roi du Portugal a été Manuel II, à la révolution en 1910 il est parti à Londres où il a vécu jusqu’en 1932 sans avoir eu d’enfant. Les républicains ont fait la révolution, mais ils n’ont jamais touché la propriété privée des Bragance. L’actuel duc de Bragance est né en Autriche, le futur duc de Bragance est né en 1997, la fondation Bragance est toujours gérée par la famille Bragance malgré la ponction faite par Salazar sur leur fortune. Nous passons dans le salon arabe exécuté par des portugais, mais inspiré par l’Alhambra de Grenade, les murs sont décorés de sculptures en stuc, un piano est installé dans la salle dans laquelle est organisée des bals mondains. Ensuite nous allons à l’église saint-François, depuis la place qui se trouve devant l’église, nous dominons le Douro qui coule au fond de la vallée, nous surplombons les toits des caves de porto sur lesquels sont inscrits leurs noms. Beaucoup de tombeaux sont installés dans l’église de saint-François, la décoration est très chargée, les murs sont recouverts de reliques et d’une multitude de saints, la dorure est présente à outrance, c’est vraiment un style baroque particulier. Ensuite nous nous dirigeons vers les rues piétonnes commerçantes de porto pour y faire quelques emplettes, c’est à ce moment que notre guide Francisco prend congé de Notre groupe. Enfin nous rejoignons notre hôtel, où nous allons passer notre dernière nuit portugaise.

(8) Nous quittons porto le Portugal pour rejoindre Vigo en Espagne, après 4 heures de route nous arrivons enfin à Vigo. Vigo compte 270000 habitants, c’est la capitale de la région de la Galice d’où fidel Castro est originaire. La Galice est l’une des 17 régions autonomes d’Espagne, la Galice a une superficie de 32000 kilomètres carrés, elle compte 2700000 habitants, la Galice est constituée de 4 provinces. C’est une ville industrielle réputée pour la construction navale, la conserverie de poissons en est une spécialité
De la région depuis plus d’un siècle, la pêcherie surgelée est également très développée. Nous passons devant l’école professionnelle polytechnique des activités de la mer, nous apercevons une usine en ruine qui va devenir le futur palais des congrès et expositions de Vigo. Nous contournons une église baroque, qui conserve encore quelques éléments de la renaissance. Nous traversons la zone franche du port de Vigo, nous sommes devant le musée de la mer, au loin nous apercevons un immense parc automobiles du groupe PSa, qui attendent d’être embarquées sur des bateaux pour l’exportation, Vigo possède une usine du groupe PSA qui emploie 8000 personnes. Vigo est située au pied d’une chaîne montagneuse et au bord de la baie de Vigo appelée le ria de Vigo, c’est un lac marin de 28 kilomètres de long pour 9 kilomètres de large, dont la profondeur atteint 70 mètres, plusieurs petits ruisseaux se jettent dans la baie. La ville de Vigo est très verte, car la pluviométrie est importante. La baie est propice à l’élevage de crustacés, Les îles côtières de la Galice sont devenues sites protégés ce sont des parcs naturels. Aujourd’hui les plages sont redevenues propres, après avoir subi les dégâts de l’échouage de pétroliers, mais on ne sait pas qu’elles en seront les conséquences dans l’avenir. Au bon milieu de la baie, en 1960 le général Franco avait donné l’autorisation de construire une tour sur une des îles, ce qui a eu pour effet de complètement dénaturé le site. Le littoral est très fleuri de magnolias, de camélias, des azalées, des rododinderons parmi les palmiers et citronniers. Saint-Jacques était venu en Galice christianiser la région avec des amis, comme ils l’avaient trouvé si belle qu’ils avaient décidé de ramener saint-Jacques en Galice après sa Mort. Après sa décapitation en 44, ils ont transporté saint-Jacques dans une barque, il a été enterré tout près d’ici derrière une montagne à Compostelle qui est devenu saint-Jacques de Compostelle. La baie est entourée de 2 chaînes montagneuses celle du Poulailler et celle de l’Alva, toutes deux culminent à près de 600 mètres d’altitudes ce qui en font deux superbes balcons dominants l’océan. Beaucoup de fouilles sont entreprises dans la région afin de mettre à jour des vestiges de l’antiquité, nous faisons un arrêt pour respirer l’air marin. Nous passons devant un superbe jardin en l’honneur de tous les personnages nés et fait l’histoire à Vigo, nous longeons l’usine PSA qui s’étend sur des dizaines d’hectares. Nous passons le nouveau stade de Vigo construit en 1982 pour le mondial de foot ball, qui a eu lieu en Espagne et gagné par l’Italie. Aujourd’hui le stade a une contenance de 26000 spectateurs, pour l’agrandir on a du construire le stade sur la rivière, nous contournons un immense jardin de 23 hectares qui était la propriété d’un riche ambassadeur espagnol en France qui a fait don de ce joyau à la ville de Vigo. Nous traversons la place de l’Amérique, la ville s’étend jusqu’au flanc des montagnes construites de superbes villas. Nous passons devant le nouvel hôpital construit sur l’emplacement de l’ancien hôpital de la sécurité sociale. Nous sommes à la place d’Espagne, nous sommes au milieu d’immeubles de grand standing dont les parcs sont arborés de citronniers, des orangers et des magnolias. La plupart des maisons sont construites en granit, nous apercevons le conservatoire municipal de musique. Nous montons sur une colline qui surplombe la baie d’une soixantaine de mètres, sur laquelle a été édifié un château fort du XVIII.me siècle qui a appartenu à l’armée espagnole. L’armée a donné le château et la colline à la ville, cette zone est devenue un quartier résidentiel. Le château a été restauré, depuis le parc du château nous pouvons découvrir toute la baie de Vigo. Ensuite nous avons pris la direction de Léon, en route nous avons déjeuné dans un restaurant très pittoresque à Ourense.
Enfin nous sommes à Léon, il est 21 heures, nous allons faire un tour de ville à pied avec l’estomac dans les talons. Au début de notre ère une légion romaine était installée à l’endroit de Léon, c’est d’où vient le nom de la ville qui est la contraction de légion. La ville a pris le nom de Léon au X.me siècle, les romains s’étaient installés à cet endroit afin de contrôler le transport des marchandises, surtout que dans la région on exploitait des mines d’or. C’est la confluence de 2 rivières à Léon, qui ont influencé les romains à établir la 7.me légion dans ce cadre, à savoir également que certaines peuplades du nord de l’Espagne avaient l’esprit guerrier alors il fallait les maintenir à bonne distance. Le campement de la légion romaine était protégé par des remparts, quelques restes de remparts subsistent encore sauf au côté sud de la ville. La ville a été détruite par les visigots au V.me siècle, par les arabes au XI.me siècle, Léon a connu son développement au XII.me siècle. Le roi de cette époque a décidé de placer à Léon la capitale du royaume de Léon, des coquilles du chemin de saint-Jacques sont incrustées dans le sol pour indiquer la route aux pèlerins. Nous circulons dans la partie de la ville médiévale, La ville a connu une crise économique du XIV.me au XVIII.me siècle, la ville actuelle compte 160000 habitants. La vie économique est liée au tertiaire, au tourisme et à son université dont la principale spécialité en est l’une des 3 écoles vétérinaire de l’Espagne. La ville accueille 17000 étudiants, nous sommes sur la place de la cathédrale qui a été construite au sommet de la colline. A l’époque des romains sur cette place avait été construit un temple, au XII.me siècle avait été édifié un monastère détruit par les arabes puis on a élevé une église romane avant qu’elle devienne cathédrale de style gothique. Nous déambulons sur la place saint-Marcel, sur laquelle se trouve l’église saint-Marcel qui est le patron de la ville de Léon. Sur une place nous apercevons l’ancienne mairie, nous contournons la préfecture, un magnifique palais qui a appartenu à une riche famille a été racheté par une banque pour en faire son siège. La ville a le projet de reconstruire certaines tours des anciens remparts, nous marchons sur la place San Domingo où coule une superbe fontaine, nous pouvons admirer un superbe parador situé à côté de notre hôtel. C’est plus de 22 heures quand nous arrivons pour dîner au restaurant de l’hôtel, en digestif pour se dégourdir les jambes de notre harassant voyage nous avons parcouru quelques rues de Léon avant d’aller se reposer.

(9) C’est de bonne heure que nous prenons la direction de Burgos, où nous avons quartier libre, après avoir pris l’apéritif en terrasse, nous avons repris notre autocar pour aller déjeuner dans la banlieue de Burgos.
Burgos, ville d’Espagne, en Castille-León, chef-lieu de province, située sur l’Arlanzón à 856 m d’altitude. Fondée en 884, capitale de la Castille jusqu’en 1492, Burgos a longtemps profité de sa position géographique, au carrefour des routes menant à la vallée de l’Èbre, à Madrid et à Saint-Jacques-de-Compostelle. Malgré la présence de quelques industries (textiles, matières plastiques), elle est surtout connue comme ville d’art et d’histoire. Cité natale du Cid Campeador, elle a été aussi la capitale du gothique en Castille : la cathédrale Sainte-Marie (XIIIe-XIVe s.), dominée par les deux flèches de sa façade occidentale et par sa tour-lanterne, ornée de pinacles, les églises San Estebán (XIIe s.), Santa Gadea (XIIe s.) et San Gil (XIIIe-XIVe s.) figurent parmi les chefs-d’œuvre du gothique espagnol. L’architecture civile est représentée par les maisons du Cordón et du Connétable (XVe s.) et par l’arc de Santa María (XVIe s.), élevé en l’honneur de Charles Quint. Le Musée provincial abrite le tombeau de Juan de Padilla, page d’Isabelle la Catholique ; c’est l’une des plus belles sculptures funéraires d’Espagne. Aux portes de la ville, l’abbaye cistercienne de Las Huelgas, où se trouvent les tombeaux des rois de Castille, s’oppose par son austéritéà la chartreuse de Miraflores. Burgos compte environ 165 000 habitants.
Ensuite nous avons repris la route pour notre dernière étape, nous sommes passés à Bilbao, à San Sébastian avant d’arriver à Bordeaux le terme de notre séjour.

Portugal – Culture
Littérature
La littérature portugaise est dès l’origine marquée par cette prédominance de la poésie qui, tout au long de l’histoire, sera sa caractéristique et fera son originalité. Les premiers textes écrits en langue portugaise datent de la fin du XIIe siècle. On attribue au roi Sanche Ier (1154-1211) la composition du premier exemple connu de cossante, court poème lyrique déjà empreint de saudade, cette tristesse mélancolique et singulière qui est la marque même de la sensibilité portugaise. Les influences française et provençale qui parviennent au Portugal dans le courant du XIIe siècle favorisent la naissance d’une riche floraison poétique en langue luso-galicienne : les trois cancioneiros (« chansonniers « ) d’Ajuda, de la Vaticane et de Colocci-Brancuti contiennent les exemples nombreux et variés de cette lyrique savante en langue gallaïco-portugaise qui s’épanouit dans les cours royales, illustrée aussi bien par des jongleurs (Joam Zorro , Martin Codax , Bernal de Boneval , notamment) que par des souverains (Alphonse X de Castille et de León, 1221-1284 ; Denis Ier de Portugal 1261-1325). Ces chansons se divisent en trois types : les cantigas d’amor, où le poète dit sa passion, les cantigas d’amigo, où la jeune fille elle-même exprime son amour et ses craintes, et les cantigas d’escarnho et de maldizer ( » chansons de raillerie et de médisance « ), poèmes satiriques ou grivois. La poésie connaît un net déclin après la mort du roi poète Denis Ier . Au contraire, la prose s’épanouit avec des manuels pratiques, des traités de morale, des ouvrages religieux, des adaptations des romans arthuriens, et surtout des chroniques historiques, genre qui culmine avec l’œuvre vivante et documentée de Fernão Lopes (v. 1380-v. 1460). Il semble aussi que ce soit au Portugal qu’est né Amadis de Gaule , célèbre roman de chevalerie qui connaîtra diverses versions espagnoles et portugaises.
Le XVIe siècle
Le retour de la poésie s’amorce vers le milieu du XVe siècle. Elle est alors influencée par l’Espagne dans sa forme, ses thèmes et sa langue même, de nombreux poètes s’exprimant en castillan plutôt qu’en portugais. Plus de mille poèmes de cette époque ont été rassemblé par Garcia de Resende (1470-1536) dans le Cancioneiro geral (1516) ; de traitement souvent précieux et artificiel, ils comptent cependant parmi leurs auteurs quelques poètes de talent qui, par d’autres œuvres, laisseront leur nom à la postérité. Le plus important d’entre eux est Gil Vicente (v. 1465-1536), auteur prolifique de drames religieux (autos) et de comédies pleines de saveur et de lyrisme. Le courant humaniste pénètre au Portugal à travers l’influence espagnole, mais surtout grâce aux contacts culturels établis avec l’Italie, le poète et dramaturge Francisco Sá de Miranda (1481-1558) ramenant d’un séjour dans ce pays les canons esthétiques de la Renaissance. Les grands auteurs de cette période sont Bernardim Ribeiro (1482-1552), auteur d’églogues et surtout du roman, mi-chevaleresque mi-pastoral, História de menina e moça , et António Ferreira (1528-1569), poète et dramaturge qui défend la langue nationale contre le bilinguisme encore en usage. On peut également citer le poète rustique Diogo Bernardes (v. 1530-v. 1605) et son frère, Frei Agostinho da Cruz (1540-1619), franciscain et poète religieux, ainsi que le dramaturge Jorge Ferreira de Vasconcelos (v. 1515-1585). Dans la seconde moitié du XVIe siècle paraissent de nombreuses œuvres sur les grandes découvertes et les conquêtes coloniales portugaises : ce sont des ouvrages historiques, comme ceux de João de Barros (v. 1496-1570), Diogo do Couto (1542-1616) et Gaspar Correia (1495-v. 1561), des chroniques nationales (Damião de Góis , 1502-1574) ou des relations de voyage, dont la plus brillante est la Pérégrination (1614) de Fernão Mendes Pinto (1510-1583). Cependant, le nom qui domine cet âge d’or de la littérature portugaise est celui de Luís Vaz de Camões (v. 1524-1580), auteur du grand poème épique des Lusiades (1572), mais aussi poète lyrique au classicisme rigoureux, disciple de Pétrarque , à l’inspiration riche et profonde.
Les XVIIe et XVIIIe siècles
La perte de l’indépendance nationale (1580) marque le début d’une période de décadence pendant laquelle la domination politique, culturelle et linguistique de l’Espagne étouffe la voix portugaise. Ce n’est qu’avec la Restauration) que commence pour la littérature une ère nouvelle, caractérisée par la rupture avec les modèles espagnols et par une certaine ouverture à l’influence française. Si la poésie manque encore de vigueur et d’originalité, la prose triomphe avec Francisco Manuel de Melo (1608-1666), poète, mais surtout essayiste, historien et dramaturge, et avec deux écrivains religieux de grand talent : António Vieira (1608-1697) et Manuel Bernardes (1644-1710).

Le XVIIIe siècle, imprégné des nouvelles idées de la philosophie des Lumières, se distingue surtout par des œuvres juridiques, philosophiques et techniques où affleure l’esprit critique et scientifique moderne. L’ouvrage le plus remarquable dans cette veine réformatrice est La Véritable Méthode pour étudier (1746), de Luís António Vernei (1713-1792), manuel de pédagogie qui remet en question nombre de valeurs établies dans le domaine intellectuel, politique et social. En poésie, l’activité de l’académie Arcádia Lusitana (1756) tente de secouer définitivement le joug du gongorisme espagnol en prônant le retour à la mesure, à l’équilibre et à la simplicité de l’expression. Les poètes majeurs de cette période sont António Correia Garção (1724-1772), Francisco Manuel do Nascimento (1734-1819), le Brésilien Tomás António Gonzaga (1744-1807), et surtout Manuel Maria Barbosa du Bocage (1765-1805), dont l’œuvre annonce le romantisme. Le théâtre, en pleine décadence, ne compte qu’un auteur de talent, António José da Silva (1705-1739). Romantisme, réalisme et symbolismeMais la véritable renaissance de la littérature portugaise se manifeste, au début du XIXe siècle, sous le signe du romantisme. Initiateur et écrivain majeur de ce mouvement, João Baptista de Almeida Garrett (1799-1854) redonne souffle et vigueur à l’ensemble des genres littéraires grâce à une œuvre éclectique où poésie, drame et roman sont traités avec un égal bonheur. Alexandre Herculano (1810-1877) renouvelle la prose par ses ouvrages d’historien, ses nouvelles et ses romans historiques. À côté de ces deux grands représentants du romantisme, il faut citer pour cette époque plusieurs écrivains féconds et originaux : António Feliciano de Castilho (1800-1875), poète et auteur de comédies qui exercera son influence sur toute une génération de jeunes poètes ultraromantiques (João de Lemos , Tomás Ribeiro , etc.), le poète et dramaturge José da Silva Mendes Leal (1818-1886), et les romanciers Camilo Castelo Branco (1826-1890) et Júlio Dinis (pseudonyme de Gomes Coelho, 1839-1871). À partir de 1870, une violente réaction contre les ultraromantiques donne lieu à l’apparition d’un important courant réaliste : dans le domaine de la prose, le romancier José Maria Eça de Queirós (1845-1900) donne des œuvres vigoureuses où il remet en question la société portugaise, tandis que Joaquim Pedro de Oliveira Martins (1845-1894) se révèle comme le grand historien de la civilisation portugaise. Le drame est illustré par João da Câmara (1852-1908) puis par Júlio Dantas (1876-1962), mais c’est dans la sphère poétique que l’âme portugaise, stimulée par les divers courants européens, va trouver encore une fois son expression la plus féconde. Deux poètes majeurs s’insurgent d’abord contre l’influence de Castilho : ce sont João de Deus (1830-1896), qui s’inspire de la poésie populaire, et Antero de Quental (1842-1891), auteur de sonnets vibrants. La poésie sociale et révolutionnaire trouve ensuite ses meilleurs représentants avec A. M. Guerra Junqueiro (1850-1923) et A. Duarte Gomes Leal (1848-1921), tandis que l’esthétique parnassienne est reprise par Cándido Gonçalves Crespo (1846-1883) et António Feijó (1860-1917). De son côté, Cesário Verde (1855-1886) renoncera à l’emphase pour se faire le chantre original des réalités quotidiennes. La poésie symboliste est dominée par António Nobre (1867-1900), Eugénio de Castro (1869-1944) et Camilo Pessanha (1867-1926), mais la spécificité de la sensibilité portugaise sera bientôt défendue par le mouvement appelésaudosismo, dont le théoricien et le poète majeur est Teixeira de Pascoaes (1877-1952). À ce groupe, réuni autour de la revue Águia, se rattachent les noms d’Afonso Lopes Vieira (1878-1946) et d’Afonso Duarte (1884-1958).

Le modernisme et la littérature moderne
Collaborateur d’Águia, puis de la revue moderniste Orpheu,Fernando Pessoa (1888-1935) fait briller les multiples facettes de sa personnalité singulière dans une œuvre mal connue de son vivant, mais appelée à devenir l’une des plus brillantes du Portugal. On continue aujourd’hui de découvrir ce grand écrivain (Livre de l’intranquillité , 1982). À partir de 1927, la revue Presença regroupe des écrivains qui, à la suite de Pessoa, se réclament des idées du modernisme : les plus novateurs d’entre eux sont sans doute José Régio (1901-1969), poète, romancier et dramaturge, et Miguel Torga (1907-1995), poète et conteur. Divers courants poétiques, allant du futurisme au néoréalisme et au néosurréalisme, se succèdent ensuite, et dans le riche creuset de cette poésie en constant renouvellement, il convient de citer Almada Negreiros (1893-1970), Florbela Espanca (1894-1930), José Gomes Ferreira (1900-1985), António Botto (1902-1959), Jorge de Sena (1919-1978), Sophia de Mello Breyner Andresen (née en 1919), le surréaliste Mário Cesariny de Vasconcelos (né en 1923) et Alexandre O’Neill (1924-1986). Le domaine du roman est également bien représenté : après Mário de Sá Carneiro (1890-1916), prosateur et poète, après l’œuvre vigoureuse du régionaliste Aquilino Ribeiro (1885-1963), le courant réaliste trouve des continuateurs plus ou moins fidèles avec Raúl Brandão (1867-1930), José Maria Ferreira de Castro (1898-1974), José Rodrigues Miguéis (1901-1980) et Fernando Gonçalves Namora (1919-1989). On perçoit des échos de l’existentialisme dans l’œuvre de Vergílio Ferreira (1916-1996), José Cardoso Pires (1925-1998) et Urbano Tavares Rodrigues (né en 1923). Enfin, au théâtre, outre plusieurs écrivains déjà cités (Jorge de Sena, Almada Negreiros, José Régio, Raúl Brandão), s’illustrent principalement Alfredo Cortés (1880-1946), Luíz Francisco Rebello (né en 1924) et Bernardo Santareno (1924-1980). L’effervescence poétique de l’après-guerre aboutit, au début des années 1960, à la création du groupe Poésie 61. On y retrouve Gastão Cruz (né en 1941) et Luíza Neto Jorge (1939-1988), qui prônent une attitude antirhétorique avant que la génération suivante ne dénonce un tel parti pris. Deux poètes orientent la poésie vers des chemins originaux : Ruy Bello (1933-1978) et Herberto Hélder (né en 1930), lequel pousse l’expérimentation à son comble sans renier la rigueur formelle. La révolution de 1974 suscite de profonds bouleversements, et de nouvelles voix se font entendre, comme les poètes Vasco Graça Moura (né en 1942) et Fernando Assis Pacheco (né en 1937), les romanciers José Saramago (né en 1922, prix Nobel 1998) et Fernando Campos (né en 1924). Trois femmes constituent le noyau d’une littérature féminine: Lídia Jorge (née en 1946), Teolinda Gersão (née en 1940) et María Velho da Costa (née en 1938). Les œuvres de ces écrivains sont toutes ancrées dans la réalité et abordent sans ambages les problèmes les plus graves de la société portugaise (colonialisme, émigration, misère, etc.) ; de jeunes auteurs comme Francisco José Viegas (né en 1962) et Clara Pinto Correia (née en 1960) font valoir dans leurs œuvres la volonté du Portugal de faire entendre sa voix en Europe.

Beaux-arts
Le Portugal, qui partage longtemps l’histoire culturelle de la péninsule Ibérique, voit se développer tour à tour un art de tradition wisigothique (église São Pedro de Balsemeo), puis mozarabe (église de Lourose), jusqu’à l’époque romane. Cette période est illustrée par l’apparition d’un grand nombre d’églises rurales, telle la cathédrale fortifiée de Coimbra. Au XIIe et au XIIIe siècle, l’influence des ordres monastiques favorise l’essor de l’architecture (rotonde de Tomar, élevée par les Templiers, et abbaye d’Alcobaça, qui est l’un des ensembles cisterciens les plus complets en Europe). Si les portails sont rarement sculptés, par contre les tombeaux, et en particulier ceux du monastère cistercien d’Alcobaça, sont richement ornés (tombeaux de Pierre Ier et d’Inès de Castro, dernier quart du XVIe s.).

Les XVe et XVIe siècles
Au XVe siècle, le roi Jean Ier le Grand (1385-1433) fait élever pour les dominicains le couvent de Batalha, où l’on peut admirer la sépulture gothique de Jean Ier et Felipa de Lancastre. Dans l’orfèvrerie, un mouvement national se révèle, comme on peut le voir devant la grande croix de procession et l’ostensoir de la cathédrale de Belém . C’est en peinture que les progrès sont les plus notoires. Après l’essor de l’enluminure des manuscrits, à partir du XIIIe siècle, le séjour de Jan Van Eyck en 1428 marque l’art dans ce pays, où il peint le portrait de l’infante Isabelle. Les rois et la noblesse achètent désormais des œuvres aux Pays-Bas et font venir des artistes flamands qui vont fortement influencer les peintres portugais. C’est le cas de Nuno Gonçalves (connu de 1448 à 1492), auteur du Polyptyque de saint Vincent (musée de Lisbonne), de l’auteur anonyme de l’Ecce homo, d’inspiration franciscaine, couvert en partie d’un suaire (musée d’Art ancien) ; Francisco Henriques , d’origine flamande, exécute un important retable consacréà la vie de la Vierge pour l’église São Francisco d’Évora (Lisbonne, musée d’Art ancien). Il meurt de la peste en 1518. Tandis qu’en Espagne un aspect original de l’art de la Renaissance fleurit avec le  » style Isabelle « , le Portugal voit s’épanouir une tendance parallèle avec l’ » art manuélin « . Il doit son nom à Manuel Ier (1495/1521), dont le règne est marqué par les découvertes de Vasco de Gama et la conquête des Indes et du Brésil. En architecture, cet art orné mêle les influences de la Renaissance à l’art mauresque, tout en conservant certains éléments de l’architecture romane ou gothique. Les plus beaux ensembles sont les additions faites au couvent du Christ à Tomar et à Batalha , le couvent des Hiéronymites, la Tour de Bélem .
La réunion du Portugal au royaume d’Espagne, en 1580, va indirectement soumettre les artistes à l’influence italienne et voir triompher, à Lisbonne, le style classique de la Contre-Réforme (église São Vicente, 1590, construite par l’Italien Filippo Terzi ). La peinture reste, elle, soumise à l’influence des Flamands, dont les œuvres pénètrent largement dans les couvents et les classes privilégiées. Un art national se développe autour de l’école du peintre Jorge Afonso (1470 ?-1540) installé à Lisbonne, auquel aucune œuvre n’est attribuée avec certitude. Dans le monastère hiéronymite d’Espinheiro près d’Évora, Frey Carlos , cité par des documents de 1517 à 1540 peint, à la demande du roi Manuel Ier de nombreuses œuvres (conservées au musée de Lisbonne), tandis que Vasco Fernandes (v.
1475-1541 ou 1542) travaille à Venise, où il est à la tête d’un important atelier. Son œuvre, marquée par le courant maniériste, est présente notamment au musée Grão Vasco de Viseu et à celui de Lisbonne. L’une de ses œuvres les plus fameuses, la Pentecôte (1535), est conservée à Coimbra (église Santa Cruz). La peinture reste marquée par l’archaïsme ; l’enluminure, encouragée par Manuel Ier , offre plus de fantaisie. Francisco de Holanda (1514 ou 1516-1572), est resté célèbre par ses dialogues sur la peinture (Da pintura antiga), riches d’enseignements sur les conceptions philosophiques et historiques des peintres à la fin du XVIe siècle, et dont Michel-Ange est la figure centrale.

Les deux sculpteurs les plus connus sont des Français : Nicolas Chantereine à Coimbra et Jean de Rouen .

Du XVIIe au XIXe siècle
Comparée à la production espagnole, les œuvres de la peinture portugaise n’offrent qu’un intérêt limité. Simon Rodrigues (v. 1560-1629) assure la transition entre le XVIe et le XVIIe siècle, le peintre Josefa d’Ayalla ou d’Obidos (v. 1630-1684) s’illustre dans la nature morte et les sujets religieux. L’art des retables en bois sculpté et doré est prospère et se poursuivra au siècle suivant. Dans le domaine de la faïence , la manufacture de Talavera accroît la renommée dont elle jouissait déjà au siècle précédent.

La première moitié du XVIIIe siècle est marquée par le règne de Jean V (1706/1750), dont grand nombre de monuments seront ruinés lors du séisme de Lisbonne, en 1755. Son principal architecte, l’Allemand Ludovice , a laissé le palais-monastère de Mafra (1730), et son plus fameux disciple, Matheus Vicente, est l’architecte de la basilique du Cœur-de-Jésus (1778). Parmi les sculpteurs, le nom de Joachim Machado de Castro (1732-1822), auteur de la statue équestre monumentale de Joseph Ierà Lisbonne, domine l’époque ; il pratique abondamment la sculpture religieuse (basilique d’Estrela à Lisbonne également). Sa ville natale, Coimbra, abrite un musée qui porte son nom. En peinture, mis à part quelques artistes
portugais comme Francisco Vieira Lusitano ou Francisco de Porto , l’hégémonie française est toujours prépondérante avec un petit maître, Pierre Antoine Quillard , peintre du roi. Au XIXe siècle, le classicisme va régner plus longtemps dans le pays que dans le reste de l’Europe. Il marque profondément l’architecture officielle. Les seules exceptions sont l’extravagant Palácio da Pena, près de Sintra , construit entre 1840 et 1850 par le baron ingénieur Eschwege, et la Bourse de Porto (1842).
La sculpture ne sort de l’ombre qu’avec António Soares dos Reis (1847-1889), qui sculpte notamment l’Exilé (1872). La peinture sera marquée par l’influence réaliste chez Columbano (1857-1929), par Henrique Pousão (1859-1884), proche de la manière de Corot , et par Antonio Carneiro (1872-1930) proche du courant symboliste et expressionniste.

Le XXe siècle
Amedos de Souza Cardoso (1887-1918) va du cubismeà l’abstraction et certaines de ses œuvres sont proches, par leur chromatisme, de celles de Robert Delaunay . António Pedro (1909-1966) est marqué par le surréalisme tandis que Lourdes Castro (née en 1930) s’apparente un temps au Pop’Art . Citons encore Paula Rego (née en 1935), Angelo de Souza (né en 1936) et le sculpteur Alberto Carneiro (né en 1937), proche de l’art conceptuel et du Land Art .

La place de l’architecture contemporaine n’est pas négligeable : G. S. Byrne (né en 1941) édifie le Palais des sports et des expositions de Braga (1977-1987), F. da Concecão Silva (1922-1982) a fait un bel emploi du béton ; on doit à M. G. Dias (né en 1953) le pavillon du Portugal à l’exposition universelle de Séville (1989-1992), à K. do Amarze (1910-1975) la foire des industries de Lisbonne, à A. Siza Veira (né en 1933) la faculté d’architecture de Porto (1948-1993) et à E. Souto Moura (né en 1952), proche du courant minimaliste, l’université d’Aveiro (1990-1994).

Musique
Le Portugal, nation établie dans ses frontières actuelles au XIIIe s., conserve toutefois dans sa musique populaire les vestiges de celles des peuples qui ont vécu sur son territoire: Celtes, Wisigoths et Maures notamment. Le document le plus ancien est la Canção de Fiqueiral, qui figure parmi les Cantigas en gallaïco-portugais du roi Alphonse X le Sage (XIIIe s.). Au XVe s., le pays est déjà en possession d’une triple tradition musicale, représentée par les chansons et les danses populaires, par la musique religieuse et la théorie de la musique, enfin par les chants issus de l’influence des troubadours chassés de France par la guerre des albigeois (dont les Sept Chansons d’amour , de Martin Codax , au XIIIe s., constituent l’un des rares témoignages). De l’âge d’or à la période italienne
Âge d’or de la musique portugaise, le XVIe siècle est marqué par la puissance personnalité de Damião De Goes (1502-1574), diplomate, humaniste et musicien, ami d’Érasme et de Dürer , auteur de motetsà trois ou quatre voix qui révèlent une parfaite maîtrise de l’art polyphonique de l’école franco-flamande . De Goes se trouve à l’origine d’une nombreuse école de polyphonistes, tels Duarte Lobo (v. 1565-1646) et Frei Manuel Cardoso (1566-1650). Les principaux centres musicaux sont Évora, Vila Viçosa et Lisbonne. Comme partout en Europe, cette période florissante décline à la fin du XVIIe siècle, anéantie par la vogue du bel canto napolitain, qui substitue la gratuité d’une pure virtuosité vocale à un véritable développement de l’art musical. Les musiciens portugais du XVIIIe siècle produisent alors des opéras sur des livrets italiens : Francisco António de Almeida (v. 1702-1755), considéré comme le premier compositeur d’opéra portugais (La Pazienza di Socrate , 1733), José de Sousa Carvalho (1745-1798), maître de musique à la cour, ou Marcos Portugal (1762-1830), auteur de soixante opéras. C’est également durant la période baroque que, malgré l’importance prépondérante de l’opéra à l’italienne, se développe l’école portugaise de clavecin, dont Carlos de Seixas (1704-1742), avec plusieurs centaines de toccatas , est aujourd’hui considéré comme le fondateur. Continuateur de Seixas, João Domingo Bontempo (1775-1842), fondateur du Conservatoire et de la Société des concerts de Lisbonne, laisse plusieurs sonates pour le piano et compose également des symphonies classiques dans l’esprit de Haydn . L’essor d’une école nationale Alors que l’influence italienne demeure prépondérante jusqu’à la fin du XIXe siècle, la musique portugaise, sous l’influence du mouvement folkloriste espagnol, cherche dans la seconde moitié du siècle à développer un art national en s’appuyant sur les chants (modinhas et cantigas) populaires. Ce courant est représenté par des musiciens tels qu’Augusto Machado (1845-1924), João Arroio (1861-1930) et, surtout, Alfredo Keil (1850-1907), premier musicien à composer un opéra en portugais et sur un thème national (Susana , 1883). Toutefois, le principal représentant de la musique portugaise du tournant du XIXe et du XXe siècle demeure José Vianna da Mota (1868-1948), pianiste, chef d’orchestre et compositeur de réputation internationale, qui dirige le conservatoire de Lisbonne, où il forme une pléiade de pianistes et compose des partitions qui dénotent l’influence de Liszt , dont il a été l’élève, et de Richard Wagner . Alors que s’illustre Cláudio Carneyro (1895-1963), élève de Paul Dukasà Paris, dont l’œuvre mêle d’authentiques mélodies portugaises à une harmonie impressionniste, c’est le compositeur et pédagogue Luíz de Freitas Branco (1890-1955), qui forme la majorité des musiciens de la jeune génération : parmi ceux-ci, Frederico de Freitas (1902-1980), adepte de la polytonalité, Joly Braga Santos (1924-1988), principal représentant du néoclassicisme portugais, et Fernando Lopes-Graça (1906-1994), qui puise à la source populaire.
Après la Seconde Guerre mondiale, la musique portugaise donna quelques représentants à l’avant-garde européenne, tels Fernando Correia de Oliveira (né en 1921) et Alvaro Cassuto (né en 1938), chef permanent depuis 1970 de l’Orchestre national de la Radio de Lisbonne, qui adoptent tous deux les principes du sérialisme . Aujourd’hui, la musique portugaise est essentiellement représentée par Luís Filipe Pires (né en 1934), qui travailla à Paris avec Pierre Schaeffer au Studio de musique concrète , Jorge Peixinho (né en 1940), élève de Petrassi et de Nono , et, surtout, Emmanuel Nunes (né en 1941), auteur de partitions complexes et âpres qui mêlent souvent instruments traditionnels et moyens électroacoustiques et déroulent des alliages sonores d’une grande plénitude (Ruf, pour orchestre et électronique, 1975-1977 ; Machina mundi pour chœur, quatre instruments solistes, orchestre et électronique, 1991-1992).

Cinéma
Les seuls cinéastes portugais de quelque réputation, tant dans leur pays qu’à l’étranger, avant que la révolution de 1974 ne stimule une cinématographie somnolente, sont José Leitao de Barros , auteur d’excellents documentaires (Maria do Mar , 1930) et de nombreux films de fiction, et Manoel de Oliveira qui, de 1942 (Aniki-Bobo ) jusqu’à la fin du siècle, dominera de sa présence tutélaire le cinéma portugais. La révolution de 1974 ne change pas les structures de l’industrie, totalement privée, mais elle fait descendre le cinéma dans la rue, au contact des problèmes, sociaux et politiques, auxquels est confronté le pays. Cependant, le public boude cette démarche militante, habitué qu’il est, depuis des décennies, à contempler des productions apolitiques, qui exaltent les traditions nationales et adaptent les œuvres littéraires et théâtrales du patrimoine portugais. Dès le début des années 1980, la fiction reprend ses droits. Mais un pas a été franchi dans la direction d’un cinéma d’auteur qui va permettre à quelques cinéastes de se faire connaître à l’étranger. Outre Oliveira, qui redouble d’activité, ce sont : João Cesar Monteiro , interprète et auteur complet de Souvenirs de la maison jaune (1989) et La Comédie de Dieu (1995) ; João Botelho (Un adieu portugais , 1985 ; Ici sur la terre , 1993) ; Paulo Rocha (L’Île des amours , 1982 ; Les Montagnes de la Lune , 1987). Les uns et les autres pratiquent un cinéma exigeant, voire austère, qui se veut, avant tout, vision du monde. Cette volonté, d’essence purement artistique, fait le prix du nouveau cinéma portugais.

Cet article vous plaît ? envoyez-moi un message

Ce contenu a été publié dans cahier de vacances. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire