Séjour en Andalousie du 7 au 14 septembre 2002

Au mépris de notre guide touristique FRAM sur la présentation de sa belle région privilégiant son rôle de météorologue et de gastronome, nous avons été obligés de chercher des informations dans l’encyclopédie et sur Internet. Nous allons donc présenter l’Espagne, l’Andalousie et ses principales villes avant de narrer notre séjour.
Après une heure 40 minutes de vol depuis Toulouse où la température était de 12 degrés, nous voici en Andalousie à Malaga quatrième aéroport d’Espagne après ceux de Madrid, Barcelone et Palma de Majorque à notre descente d’avion la température était de 26 degrés. Nous avons été transportés par la compagnie Span-air à bord d’un Mac-Douglas d’une capacité de 190 personnes.

Arrivés à l’aéroport un autocar FRAM nous a conduit à Torrémolinos ville située à 14 kilomètres de Malaga où se trouve notre hôtel le Mélia. Le Mélia et un hôtel 4 étoiles qui possède un joli parc arboré et une piscine dont la température de l’eau atteint 28 degrés, à l’intérieur de l’hôtel il était exigé d’être en tenue convenable et le pantalon étaient de rigueur au repas du soir pour les hommes. Après avoir pris le déjeuner et s’être installés dans nos chambres nous avons fait une promenade en front de mer, cette promenade est piétonnière elle mesure 5,5 kilomètres de long. De multiples commerces, hôtels et restaurants ornent le front de mer qui est arboré de palmiers, de jasmins et de pins maritimes. La mer se trouve à 400 mètres de notre hôtel, après un bon bol d’air nous sommes retournés à notre hôtel où toute l’équipe d’animation a présenté toutes les activités proposées au cours de la semaine. Après avoir pris le pot de bienvenue, nous avons dîné puis nous sommes allés découvrir l’ambiance du front de mer la nuit la musique est présente dans le moindre petit bar au milieu d’odeurs de fritures de poissons, saucisses etc.
Après une bonne nuit de récupération, le matin a été consacré à un bain de mer, l’eau était à 21 degrés ; l’eau est très propre mais un peu fraîche ces deux éléments sont dus à la proximité du détroit de Gibraltar qui amène un courant provenant de l’Océan Atlantique. Dès 1930 terromolinos était un lieu de villégiature privilégié des Anglais, c’était la station balnéaire à la mode de la Costa Del Sol, En 1950 c’est sur les plages de torremolinos que sont apparus les premiers bikinis. La Costa Del Sol s’étend sur 140 kilomètres de Gibraltar au-dessus de Malaga en passant par Marbella, fuengirola et Torremolinos qui se trouve à une dizaine de kilomètres de Malaga. En 1960 Torremolinos comptait un seul hôtel de 34 chambres, c’était un port de pécheurs qui comptait 3200 habitants. Actuellement c’est une ville de 90.000 habitants qui propose 38.000 lits aux touristes. La Costa del Sol offre 320 jours ensoleillés en moyenne par an, une température de l’air moyenne de 23 degrés et une température de l’eau moyenne de 18 degrés annuellement.
L’après-midi nous avons pris la direction du village blanc de Mijas, nous sommes passés devant un magnifique golf, la Costa DEL Sol en compte 52 d’où son nouveau nom Costa del golf qui en fait la plus grande concentration au monde uniquement dans la province de Malaga. Ce dimanche à lieu la feria de Mijas qui honore sa patronne notre dame de la roche. La ville de Mijas est située à 425 mètres d’altitude qui en fait un point stratégique qui domine toute la partie du littoral, Mijas était déjà occupée au temps des phéniciens et des romains pour le contrôle maritime, à l’époque romaine cette colonie s’appelait Davissa. En 715 les Arabes lors de leur installation lui ont donné un nouveau nom Mixas qui est devenu Mijas.
De 715 à la fin de l’occupation musulmane en 1485, une vierge en bois de 45 centimètres de haut a été cachée dans les remparts de la forteresse de la ville. En 1586 les franciscains ont récupéré dans les ruines du château, dans les vestiges des anciens remparts ils ont creusé une grotte à l’intérieur de laquelle ils ont installé la vierge datant du VIII.me siècle. La légende dit que c’est une colombe blanche qui a guidé les franciscains à l’endroit où était enfoui la vierge, notre dame de la roche est sortie chaque année en procession lors de la semaine sainte et pour la feria de Mijas. Nous avons traversé Fuengirola qui a eu le même essor que torremolinos où l’on a construit pour le tourisme s’en se préoccuper de l’environnement, on surnomme la Costa Del Sol la Californie de l’Europe. Beaucoup de retraités du Nord de l’Europe viennent s’établir sur la Costa Del Sol et même des personnes en pleine activité se fixent dans cette région car grâce aux nouvelles techniques peuvent accomplir leur bisness via l’ordinateur et Internet. Nous sommes simplement au début de cette évolution car une étude prédit que d’ici 2010 300.000 familles vont venir s’installer sur la Costa Del Sol ce qui en fera une côte entièrement bétonnée. En grimpant la montagne qui mène à Mijas nous avons pu voir le désastre écologique dû au feu qui a eu lieu en juillet 2000 qui a ravagé plus de 400 hectares de forêt composée de sapins et de pins maritimes. Mijas a été entourée par les flammes, il a fallu évacuer les occupants des habitations extra muros car la zone était la proie des flammes.
Heureusement il n’y a pas eu de perte de vie humaine mais beaucoup de dégâts matériels qui ont eu un coût financier. Mijas vivait de l’agriculture, aujourd’hui c’est un village qui s’est recyclé vers le tourisme nous pouvons nous en apercevoir au vu de tous les magasins ouverts le dimanche. C’est aussi le refuge de tous les artisans et surtout des peintres, sculpteurs ou autres qui viennent rechercher l’intensité de la lumière de Mijas pour s’inspirer pour leurs différents travaux. Mijas est aussi la ville des grilles au fer forgé, Mijas fait partie des villages blancs reconnaissables à la couleur de leur façade blanche peinte à la chaux. La chaux est un bon désinfectant et permet de garder la fraîcheur à l’intérieur des maisons. Les façades blanches et les grilles en fer forgé caractérisent les villages blancs, elles sont toujours frappées artisanalement à Mijas. Mijas possède des carrières de marbre comme dans toute l’Andalousie, le marbre de Mijas a servi à la construction de la cathédrale de Malaga. Mijas possède également des arènes rectangulaires uniques en Espagne appelées place des toros, car la plupart des arènes sont de forme circulaire. Arrivés à Mijas nous avons déambulé au milieu de la feria entre les manèges et stands forains, puis nous sommes allés à la grotte où se trouve notre dame de la roche. La ville est arborée d’eucalyptus et de jacarandas, la couleur du drapeau d’Andalousie et blanc et vert, de nombreuses ruelles serpentent la ville où toutes les maisons sont blanches avec des balcons, des portails et grilles en fer forgé. Les grilles en fer forgé permettent de laisser les fenêtres ouvertes afin de ventiler la maison, les volets se trouvent à l’intérieur.
Si les façades sont blanches, le fer forgé est noir et les gouttières des toits sont vertes. Les grilles en fer forgé ont un rôle de sécurité mais également de décoration, elles servent aussi à suspendre des jardinières plantées de géraniums et d’œillets. Arrivés devant la mairie, la fanfare se préparait à sillonner toute la ville précédée des bourricots taxis qui transportent les touristes. De retour nous avons traversé des zones agricoles où la vigne était absente, car le vin de Malaga et le Moscatel sont élaborés avec le raisin qui provient des vignes situées à l’Ouest de l’Andalousie en allant vers Séville. Le vin de Malaga est obtenu par macération dans des tonneaux en chêne dans lesquels on introduit des raisins secs que l’on appelle les moscatels et des figues sèches. Le vin de Malaga à un goût caramélisé, liquoreux qui rappelle un peu le Porto, le Malaga à une teneur en alcool qui varie entre 15 et 17 degrés. Le Moscatel est un vin doux que l’on appelle vin de messe, il rappelle un peu notre muscat de Frontignan, le Moscatel est plus clair que le vin de Malaga. L’Andalousie est le paradis du taureau, la saison de tauromachie commence au mois d’avril par la feria de Séville et se termine à la mi-octobre, la feria de Torremolinos a lieu à la fin du mois de septembre pour la San Miguel, à partir du mois de novembre les toreros vont faire les Amériques. Revenus à Torremolinos nous avons pu remarquer de nombreux chantiers de constructions de résidences tout à fait modernes qui dénaturent l’architecture locale, la loi de l’urbanisme est celle de l’euro alors on accorde peut de crédit à la sauvegarde de l’environnement. Un rond point situé au centre de Torremolinos est orné de moulins à vent pour rappeler le passé de la ville, Torremolinos signifie tours des moulins car auparavant le village comprenait de nombreux moulins à moudre le blé. Le soir après le repas nous avons fait une ballade en front de mer en direction de la marina située à l’extrémité de la promenade.

Villes et villages cette excursion consiste en la visite de Malaga panoramique et des villages qui l’entourent. Nous allons tout d’abord insérer une fiche d’informations sur la ville de Malaga puis nous nous plongerons du monde virtuel à notre circuit d’une demi-journée. Le matin nous avons fait un peu de farniente autour de la piscine et des transats qui étaient mis à notre disposition, l’air ambiant atteignait les 35 degrés et l’eau de la piscine avoisinait les 28 degrés.

Málaga

Ville d’Espagne (Andalousie), chef-lieu de province, sur la Méditerranée;
523 450 habitants.
Port de commerce: exportations de vins et fruits; importations de pétrole;
Voyageurs. Métallurgie; textiles; chimie; papeteries; sucreries, vins
Réputés. Université. Centre touristique de la Costa DEL Sol. Théâtre
Romain; forteresse mauresque (XIe-XIVe s.); cathédrale (XVIe-XVIIIe s.);
Les avenues de Torremolinos sont bordées de bougainvilliers qui ont la spécificité de ne pas fleurir mais dont les feuilles changent de couleur au gré des saisons ce qui en fait son charme. Des palmiers ornent les trottoirs mais ils sont quelque peu rachitiques dû au peu d’espace que l’on leur a permis dans les trottoirs bétonnés, l’Andalousie compte une trentaine d’espèces de palmiers provenant d’Afrique du sud ou des Caraïbes. Nous pouvons apercevoir des jacarandas dont c’est la deuxième floraison de l’année qui ressemblent par leur feuillage à l’acacia mais qui poussent uniquement dans les pays tropicaux, des lauriers roses et leurs bouquets de fleurs multicolores. Au centre de torremolinos sont plantés des magnolias dans un jardin joliment décoré où est situé un bassin dans lequel jaillit un jet d’eau. La place centrale de torrmolinos se nomme la place Costa Del Sol où malheureusement est installé un Mac Donald. Dans la ville de Torremolinos nous pouvons admirer des plantes tropicales et exotiques, des picus élastiques ou caoutchouc, des youcas, des cactus, des plantations uniquement Nord africaine. En sortant de la ville de Torremolinos nous traversons une forêt d’eucalyptus dans laquelle nous pouvons apprécier la différence de température ambiante.
Un train appelé de proximité relie torremolinos à la gare centrale de Malaga en passant par l’aéroport, la particularité de cette ligne de chemin de fer c’est qu’elle est souterraine comme un métro lorsque qu’elle traverse torremolinos.
Avant d’arriver à Malaga nous longeons un centre commercial dit de loisirs où sont établis plus de 70 restaurants, de discothèques et de salles de cinéma. Nous traversons une partie inhabitable qui signifie que nous sommes à proximité de l’aéroport de Malaga. Dans la zone périphérique de Malaga se trouvent des centres commerciaux, du palais des sports et des quartiers d’habitations populaires. La ville de Malaga est entourée de chaînes de montagnes qui lui servent de barrières de protection ce qui situe Malaga dans une cuvette. La feria de Malaga à lieu pour l’Assomption et toute la ville honore pour cette fête la patronne de Malaga la vierge de la Santé ( Salut) qui est sortie en procession pour le 15 août. Après l’immense parc où se déroule la feria nous commençons à distinguer des travaux qui donneront le jour au nouveau palais des congrès de la ville de Malaga. Une grande avenue nous conduit au cœur historique du centre de Malaga, une très large promenade est bordée de lauriers des Indes. Le commissariat de police est un immeuble récent dont les façades sont ornées de plaques de granit et de marbre. Les avenues sont parsemées d’arbres de Judée ou arbre de l’amour, nous passons devant un jardin dédié à Pablo Picasso qui était né à Malaga 1881-1973, ce jardin entoure la cité administrative. Nous apercevons un centre commercial de luxe et la poste centrale de Malaga. En approchant du centre de la ville nous passons sous un tunnel formé par des lauriers des Indes dont le tronc mesure environ 5 mètres de diamètre, d’une bonne hauteur dont les branches et feuillages se rejoignent afin de former un véritable tunnel d’une quarantaine de mètres de large, ces arbres ont plus de 200 ans. Nous arrivons sur l’avenue la plus empruntée de Malaga qui s’appelle Larios, nous pouvons y admirer une jolie fontaine avec ses jets d’eau tout près de l’entrée du port. L’entrée du port est caractérisée par un immense bâtiment qui abrite la capitainerie, dans un des bassins du port nous apercevons un immense voilier à 3 mâts.
Le port de Malaga est une escale obligatoire pour toutes les croisières touristiques maritimes, le port d’Algésiria situé à 46 kilomètres de Malaga près de Gibraltar est le port où transitent tous les bateaux à destination du Magreb. Dans la ville de Malaga circulent des calèches tirées par de chevaux afin que les touristes visitent la ville au rythme du pas du cheval. Nous nous approchons de la plus belle partie de la ville, c’est la promenade de la Victoria qui est une annexe de la cathédrale. Nous passons devant un superbe immeuble de style Ispano-Arabe qui était l’ancienne poste de Malaga. Ensuite nous passons devant la mairie de Malaga dont les façades sont ornées de colonnes, c’est un immeuble de style néo-classique construit à la fin du XVIII.ème siècle. Nous nous approchons de la fontaine des trois grâces au milieu de laquelle est situé un jet d’eau avec une sculpture en bronze qui représente trois jeunes femmes. Le quartier de la Victoria est arboré de bananiers, des magnolias et des phécus que nous reconnaissons à leurs racines qui tombent vers le bas.
On arrive devant une statue qui symbolise la ville de Malaga : c’est un homme d’une hauteur normale aux pieds nus avec le pantalon et la chemise retroussée. Couvert d’un chapeau andalou, cet homme porte deux grands panniers tout ronds dans lesquels étaient contenus des poissons. Cette statue est dédiée aux vendeurs de poissons, métier qui a complètement disparu de nos jours. Cette statue est à proximité du port près d’un entrepôt à stocker les céréales qui sera d’ailleurs bientôt démoli afin de donner une vue panoramique sur la cathédrale inachevée de Malaga appelée populairement la Manchote. C’est une cathédrale du XVI.ème siècle construite sur l’emplacement de l’ancienne mosquée, comme toute cathédrale de style gothique elle a été terminée en style renaissance au XVII.ème siècle. L’orientation du maître autel est dirigée vers le soleil levant à l’Est. Sur la colline qui surplombe Malaga se trouve une forteresse de l’époque musulmane avec des murailles de protection qui montent jusqu’au sommet de la colline. Sur les vestiges de l’ancienne forteresse est construit en briques rouges avec de super balcons un parador qui est un hébergement géré par l’état Dont les prestations sont identiques à celles des relais châteaux en France. Nous passons ensuite devant une résidence militaire transformée en maison de retraite de militaires, puis nous longeons une plage où s’adonnent baigneurs, promeneurs et plagistes c’est un style de croisette, mais artificielle. Jusqu’en 1989 la ville de Malaga n’avait pas de plage, c’est grâce à la coupe du monde de football de 1982 que l’on doit ces immenses travaux afin de créer une plage au centre de Malaga. Nous passons devant le restaurant le plus prestigieux de Malaga, puis nous arrivons sur la place la plus historique de Malaga au centre du quartier où était né Pablo Picasso. Il y a toute une ligne de terrasses qui sont le point de réunion de tous les artistes bohémiens, l’institut espagnol Picasso, cette place est plantée de jacarandas, au bout d’un immeuble nous avons aperçu la maison natale de l’illustre artiste. Picasso était passé par l’école des beaux-arts de Madrid, c’est ici à Malaga qu’il a commencé à peindre, sa carrière a différentes étapes : l’époque du cubisme, l’étape bleu, et l’étape rose. Il a quitté l’Espagne à l’âge de 21 ans pour venir s’établir en France, il n’est plus jamais revenu en Espagne suite aux guerres, à son opposition à Franco, Picasso était né en 1881 il avait donc déjà 40 ans lors de la guerre civile en Espagne. Nous traversons un tunnel qui nous amène à la place des toros appelée la Malaguetta, les arènes ont trois étages et elles peuvent contenir 17.000 spectateurs. Devant la place des toros jaillit un immense jet d’eau, nous repassons devant la mairie de Malaga dont des portes de 10 mètres de haut y donnent accès. Nous apercevons la banque d’Espagne qui est un bâtiment rectangulaire de style Ispano-Arabe, 70% de cet édifice est réservé pour le musée des beaux-arts de Malaga. La cathédrale de Malaga mesure 95 mètres de long et 36 mètres de large, le palais de l’évêque jouxte la cathédrale.
Nous circulons sur des avenues arborées de jardinières, nous sommes passés de nouveau devant le jardin dédié à Picasso où est présentée une sculpture de Salvador Dali.
Nous sortons de l’agglomération de Malaga afin de découvrir les villages qui entourent cette grande métropole.
Dans les faubourgs nous apercevons des bâtiments en briques rouges dans lesquels est installée la faculté où l’on forme des ingénieurs en informatique. En Espagne les cimetières sont toujours situés à l’extérieur des agglomérations celui de Malaga se trouve à une bonne dizaine de kilomètres du centre de la ville. La région est essentiellement boisée de forêt de conifères refuges des chevreuils, des cerfs, des lapins sauvages et des chèvres ibériques qui peuvent vivrent jusqu’à 3000 mètres d’altitude. Nous empruntons une vallée qui grâce à l’irrigation est plantée de canes à sucre destinées à la distillation du rhum, des orangers, des citronniers, des clémentines que l’on récolte à partir du mois de décembre ; quant aux oranges on peut les récolter pendant les quatre saisons. Si le raisin se récolte en grande partie au mois de septembre, les olives à huile se cueillent à partir du mois de novembre au mois de mars et les olives à manger se cueillent au mois d’avril. Au milieu des plantations d’agrumes nous avons pu apercevoir un élevage d’autruches, nous commençons à découvrir des champs d’oliviers. Enfin nous atteignons Pissara petit village blanc qui propose un musée de la vie paysanne. Toutes les façades des maisons de Pissara sont d’un blanc limpide, la tradition veut que chaque année à l’approche de la semaine sainte toutes les maisons sont peintes à la chaux ce qui procure cet aspect étincelant des villages blancs. Dans la cour de l’ancienne ferme transformée en musée, nous pouvons y voir une ancienne batteuse qui a eu cours jusqu’au début des années 1950. Dans la salle d’exposition du musée nous découvrons des abreuvoirs des vaches, le musée est divisé en trois salles bien distinctes. La première partie est réservée à tout ce qui concerne la pierre appelée géologique, une seconde partie réservée à tous les éléments en fer avec des cadenas, des chaînes, des monnaies, des serrures dont certaines remontent au XVI ème siècle. La troisième partie est réservée aux instruments agricoles de toutes sortes en bois ou en fer. Le musée est situé au milieu d’un champ d’orangers, dans les salles d’expositions nous pouvons également admirer le mobilier qui ornait les fermes au cours des siècles passés. Après la visite du musée nous prenons la direction du moulin d’olives de la Paca, en route nous apercevons des champs de grenadiers dont la grenade est l’emblème de la ville de grenade, nous apercevons aussi des champs de figuiers dont les figues servent à l’élaboration du vin de Malaga. Nous traversons une forêt d’eucalyptus dont les arbres s’élèvent à plus de 20 mètres de haut dans laquelle nous apprécions la fraîcheur. En Andalousie il y a 20 millions d’hectares d’oliviers plantés ce qui donne 300 millions d’oliviers ce qui procure 80% de la production d’olives espagnoles. Nous traversons la petite ville de Cartama au-dessus de laquelle est située une jolie petite chapelle blanche avec ses trois tours construites sur les vestiges d’une ancienne forteresse. Dans cette ville est installée une école de tauromachie, ensuite nous traversons une pinède et une forêt d’eucalyptus. Nous rencontrons en cours de chemin des Vergers de pruniers, d’abricotiers, de pêchers, de pruniers et de figuiers. Nous abordons la sierra de Mijas où nous trouvons des champs d’amandiers, de poiriers et de pommiers, dans cette région c’est le royaume du serrano jambon de montagne. C’est en Andalousie à Ronda que l’on trouve le pin rouge ou pinsabo qui peut avoir plus de mille ans d’âge, cette essence d’arbre est concentrée dans la région de ronda ainsi qu’en Russie dans l’Oural. Nous traversons la petite ville de Alliende Grande appelée auparavant DEL Mirador où se trouve un marché en gros, la rue principale est ornée de bougainvilliers, de palmiers, de bananiers, de flamboyants.
Nous arrivons au moulin de la Paca (Françoise) terme de notre dernière visite, ce moulin fonctionne depuis 1870. Ce moulin est situé au milieu d’une propriété de 6 hectares d’oliviers, à l’entrée du domaine se trouve une mare où s’ébrouent des canards. En arrivant dans le moulin nous apercevons un bac dans lequel on presse les olives, les trois meules pèsent plus de 3 tonnes, une fois les olives transformées en pâte, on effectue le pressurage. Le pressurage s’effectue en disposant la pâte sur des paillassons afin de filtrer la précieuse huile. Après la visite du moulin nous avons dégusté de l’huile d’olives pure sur du pain accompagné d’un vin de Malaga.
Ensuite nous avons traversé la ville de Alliande de la Torre située à 10 kilomètres de Malaga, il y a une vingtaine d’années les citadins de la ville achetaient des terrains pour construire de petits cabanons afin de s’extraire du bruit de la ville. Aujourd’hui ces résidences secondaires rudimentaires se sont transformées en de superbes résidences principales. Alliende de la Torre est devenue une ville dortoir de Malaga et le quartier le plus chic de l’agglomération, les habitations sont construites avec des matériaux modernes mais tout en respectant l’architecture traditionnelle. Avant de replonger sur Torremolinos nous avons aperçu un champ planté d’avocatiers, arrivés à l’hôtel nous avons eu droit à un apéritif offert par le directeur de l’hôtel Miela. Après le dîner nous avons fait notre promenade digestive en bord de mer où nous avons pris notre ration de musique et notre bain de foule assis sur le parapet qui surplombe la plage.

Le mardi l’hôtel club nous proposait une excursion à Séville qui devait être pour nous le but essentiel de notre séjour en Andalousie. Par manque de guides et surtout d’égoïsme de ceux-ci qui ont préféré se faire un safari entre eux, nous avons été obligés de nous concocter notre journée. Pour mémoire et par remord nous allons tout de même présenter Séville en virtuel.

Séville en espagnol Sevilla

Ville d’Espagne, capitale de l’Andalousie, sur la rive gauche du
Guadalquivir, qui la sépare de son célèbre faubourg de Triana; 678 902
habitants (Sévillans).
Séville, la troisième ville d’Espagne, avec Valence, par sa population
(après Madrid et Barcelone), est la capitale administrative et politique
de l’Andalousie et le siège du gouvernement (Junta) de la communauté
autonome. Sans pour autant enlever aux autres «capitales» d’une Andalousie
multiple – Málaga pour la Méditerranée, Cordoue et Grenade pour
l’intérieur – leur rôle historique particulier, elle a acquis depuis 1975
une grande importance économique, encore renforcée par la célébration du
500e anniversaire de la découverte de l’Amérique et par l’Exposition
universelle dont elle fut le siège (1992), dans l’île de La Cartuja au
milieu du Guadalquivir, occasion d’un plan d’urbanisme ambitieux et de la
mise en place de nombreuses infrastructures nouvelles (aéroport
international, routes).
Port industriel et de marchandises, dans le quartier de Triana (2,63 Mt;
exportations de pyrite, vins, huile d’olive): constructions mécaniques et
aéronautiques; usines d’armements; textile; chimie; cimenteries;
verreries; céramique (La Cartuja); agroalimentaire; tabac. Université
fondée en 1502. Célèbre procession de la semaine sainte et feria.

Histoire
L’histoire de Séville, depuis sa fondation jusqu’au XIIIe siècle, peut se
résumer par les cinq vers qui étaient gravés sur la porte de Jérez,
aujourd’hui démolie : «Hercule me bâtit, Jules César m’entoura de tours et
de murs élevés, et le roi saint [Ferdinand III] me prit avec l’aide de
Garci Pérez de Vargas.»
Séville est l’antique Hispalis, que les Phéniciens, les Grecs, les
Carthaginois, les Romains, puis les Vandales et les Suèves conquirent
successivement; elle fut le chef-lieu de la province romaine de Bétique.
Capitale d’un royaume des Wisigoths en 461, la ville fut conquise par les
Arabes en 712, et devint au Xe siècle la rivale de Cordoue; capitale du
royaume des Abbadides (1031-1091), elle passa ensuite sous la domination
des Almohades (janvier 1147), sous la dynastie desquels furent construits
la plupart des édifices maures encore existants. En 1211, elle servit de
point de ralliement aux troupes musulmanes qui se firent battre l’année
suivante par les armées chrétiennes à la bataille de Las Navas de Tolosa.
Le roi Ferdinand III de Castille, après avoir enlevé la ville aux
Almohades (19 novembre 1248), en chassa tous les musulmans et y établit
une population chrétienne qui en fit promptement une cité puissante, dont
l’importance commerciale ne fit que s’accroître. Vers la fin du XIIIe
siècle, elle devint la capitale du royaume d’Alphonse le Sage, mais son
époque la plus brillante fut celle de la découverte du Nouveau Monde.
Séville devint alors une place commerciale de première importance et, à
partir du début du XVIe siècle, une base de départ pour les Amériques.
Cette période de splendeur dura jusqu’à la fin du règne de Philippe II;
sous le règne de Philippe IV (1621-1665), une épidémie de peste qui, en
1649, décima le tiers de sa population, fut le point de départ d’une
période de déclin, accéléré encore en 1717 par le transfert à Cadix de la
Casa de Contratación, déclin qui dura jusqu’au début du XIXe siècle.
En 1808, Séville se souleva contre l’occupation française, mais Soult
parvint à s’y maintenir jusqu’en 1812. En 1823, elle prit part au
mouvement constitutionnel, et les cortès, chassées de Madrid par les
absolutistes, s’y réfugièrent un moment avant de prendre la route de Cadix
sous la pression de l’armée du duc d’Angoulême et des «Cent Mille Fils de
Saint Louis». En 1834, puis en 1843, la ville fut de nouveau impliquée
dans les désordres de la vie politique espagnole; à la fin du XIXe siècle
et durant les premières décennies du XXe siècle, elle fut l’un des centres
de l’anarchisme andalou et le théâtre de plusieurs révoltes et
insurrections.
Le 18 juillet 1936, par un coup d’audace, le général nationaliste Queipo
de Llano, accompagné de trois officiers, neutralisa par surprise
l’état-major de la garnison; mais le contrôle de la ville ne devint
effectif que plusieurs jours plus tard, au prix d’un carnage abominable
dans les quartiers ouvriers, lors de l’assaut mené par l’armée d’Afrique.

Arts
La ville doit aux Almohades la Giralda et l’Alcazar. La Giralda, minaret
de l’ancienne Grande Mosquée, est une tour colossale, contemporaine de la
Koutoubia de Marrakech et de la tour Hassan à Rabat. Elle fut érigée à la
fin du XIIe siècle par l’émir almohade Abou Youssef Yaqoub al-Mansour.
Haute de près de 98 m, elle est surmontée par une énorme statue en bronze,
représentant la Foi, œuvre de Bartolomé Morel (1564); c’est cette statue,
tournant sur elle-même au moindre vent, qui a donné au monument son nom de
Giralda («la Girouette»).
L’Alcazar, tel qu’on peut le voir aujourd’hui, est le résultat de
plusieurs siècles d’activités architecturales, où la part antérieure à la
reprise de la ville par les chrétiens est très réduite. La construction du
premier palais débuta en 844, sous le règne de l’émir de Cordoue Abd
ar-Rahman II; résidence des gouverneurs de l’émirat à Séville et de l’émir
lui-même lors de ses visites, ce palais acquit une extraordinaire
splendeur à la suite du démembrement de l’émirat et de l’apparition des
royaumes de Taifas, splendeur encore augmentée sous le règne du roi poète
abbadide, al-Moutamid (1040-1095). Le palais, tel qu’on peut l’admirer
aujourd’hui, est surtout la plus parfaite expression de la vivacité des
traditions arabo-andalouses après la Reconquista. Le palais du roi Pierre
le Cruel (XIVe s.) est l’exemple le plus accompli de cette architecture
mudéjare qui bénéficia des recherches des ateliers tolédans et de
l’épanouissement de l’art nazarite de Grenade. Palais gothique d’Alphonse
X le Sage, où le roi conçut la mystique de son œuvre des «cantiques de
sainte Marie». Puerta del León («Porte du Lion», époque almohade, XIIe
s.); façade du palais du roi don Pedro (1364-1366); salón de los
Almirantes, qui abrita la Casa de Contración de las Indias, fondée
en 1503 par Isabelle la Catholique, et où furent préparés quelques uns
des voyages de découverte du Nouveau Monde, en particulier celui de Magellan;
Patio des Demoiselles (XIVe s.); patio de las Muñecas, datant de l’époque des
califes de Cordoue; jardins de l’Alcazar (jardins mauresques, jardins de
la Renaissance, de l’Empereur et de las Damas).
La cathédrale gothique (XIVe-XVIe s.), élevée à partir de 1420 à
l’emplacement de l’ancienne Grande Mosquée (seconde moitié du XIIe s.),
est la troisième d’Europe par ses dimensions. Le chapitre de Séville
voulant «qu’aucune autre ne pût en être l’égale», on fit appel pour sa
construction aux plus grands architectes, aux sculpteurs et aux tailleurs
de pierre les plus renommés qui se succédèrent jusqu’à l’achèvement des
travaux au début du XVIe siècle.
Citons encore la maison de Pilate (XVe s.), le pittoresque quartier de
Santa Cruz et le parc Marie-Louise (XIXe s.). Musée des Beaux-Arts, dans
l’ancien couvent de la Merced (œuvres de Murillo, du Greco et de
Zurbarán).

Le matin nous avons fait nos emplettes dans les boutiques qui bordent le bord de mer à torremolinos et l’après-midi nous avons pris un bain de mer. Le soir après le dîner nous avons assisté à un spectacle de flamenco.

En route pour Cordoue :

Cordoue en espagnol Córdoba
Ville d’Espagne (Andalousie), chef-lieu de province, sur le Guadalquivir;
305 894 habitants (Cordouans).
Marché agricole, approvisionné par de riches cultures maraîchères dans les
huertas. Centre industriel (proche des mines de Peñarroya), mécanique,
raffinage du cuivre. Autrefois, célèbre artisanat du cuir. Haut lieu du
tourisme.

Histoire
D’origine phénicienne ou carthaginoise, la ville fut, sous la
domination romaine, la capitale de l’Espagne Ultérieure, puis de la
Bétique. Elle tomba en 711 aux mains des Arabes, qui en firent un
important centre culturel islamique et la capitale de l’émirat de Cordoue,
devenu califat en 929. Cordoue, alors à l’apogée de sa gloire, était la
ville la plus importante d’Occident. Son déclin s’amorça à partir du XIe
s. et s’accentua après la reconquête par Ferdinand III (1236).

Arts
La cathédrale (XIIIe-XVIe s.), ancienne grande mosquée des califes,
est, avec ses 19 nefs soutenues par plus de 800 colonnes, le monument le
plus important. La Judería, quartier juif ancien, comporte, entre autres,
la synagogue mudéjare (XIVe s.). Le pont romain, l’Alcázar des Omeyyades
(XIVe s.), de nombreuses églises, le musée archéologique et les musées de
la Plazuela del Potro sont également remarquables.

Si les deux circuits précédents n’excédaient pas 45 kilomètres, Cordoue se trouve à 190 kilomètres de Malaga à l’est en direction de Séville. En Espagne la rentrée scolaire se fait au 15 septembre et la rentrée universitaire s’effectue le premier octobre. Si la paella est le plat de la région de Valence, c’est le met qui représente l’Espagne, beaucoup d’autres spécialités valorisent la gastronomie espagnole. Le porc est la viande la plus consommée en Espagne mais nombreux sont les plats à base de poissons. Le cochon noir n’existe qu’en Espagne et uniquement en Andalousie à la frontière portugaise, ce cochon se nourrit essentiellement de glands. L’Espagne a adopté comme en Allemagne la journée de travail en continu, ce rythme de vie n’est pas dû à la chaleur car d’autres pays l’ont mis à profit tel que les pays scandinaves ou même l’Italie.
Toutes les administrations, organismes publics, sociétés privées et l’éducation nationale embauchent le matin entre 7 heures 30 minutes et 8 heures pour débaucher à 14 heures 30 minutes. Les employés ont droit à une pause de 45 minutes afin de casse croûter, c’est pour cela que le déjeuner en Espagne se prend à 15 heures de l’après-midi et le dîner souvent après 22 heures. Le week end espagnol débute donc le vendredi à 14 heures 30 minutes jusqu’au lundi matin, la semaine scolaire s’étale du lundi au vendredi. Nous roulons dans une vallée où serpente un ruisseau bordé de lauriers roses, nous circulons au milieu des montagnes de Malaga dont la Sierra Mijas. Auparavant cette vallée était uniquement plantée d’amandiers mais le prix de la main d’œuvre pour récolter les amandes étant très onéreuses, on préfère les importer du Maroc par container et à la place des amandiers a été planté des avocatiers. Pour éviter le travail agricole au noir la législation exige qu’un journalier agricole doit avoir accompli 90 jours de travail afin de prétendre au chômage technique agricole, la conséquence c’est que les travailleurs agricoles ne sont pas tentés de travailler sans contrat de travail. A la sortie d’un village nous apercevons un petit cimetière dont toutes les tombes sont peintes à la chaux, cela ressemble aux cimetières mexicains. Au bord de la route sont installés d’immenses panneaux publicitaires de 8 mètres de haut sur 5 mètres de large qui représente un taureau vantant le vin de Xérès depuis les années 1950.
La spécialité culinaire de Cordoue est la queue de taureau, la salmonella est un autre met de la région de Cordoue c’est un gaspacho auquel on ajoute de la mie de pain aux tomates, concombres, poivron mixés, pour décorer ce plat frais et consistant, on y dispose des petits morceaux d’oeufs et des tacos « petits morceaux) de serrano. A Cordoue ont cuisine également un ragoût de pommes de terre au porc que l’on appelle estoufado que l’on colore avec du safran. Arrivés à un col qui culmine à 810 mètres d’altitude la route se divise en deux à droite côté du levant elle continue sur Grenade et à gauche côté du couchant la route que nous allons emprunter continue sur Séville via Cordoue. Au milieu des chênes verts nous distinguons des troupeaux de taureaux qui paissent et qui mangent les glands des arbres, plusieurs manades sont dispersées sur ces vastes étendues. Les taureaux sont élevés bien sûr à des fins de tauromachie mais aussi comme bêtes de boucherie, certaines fermes andalouses possèdent un cheptel de 1500 têtes qui produisent 17.000 litres de lait par jour. Cette partie de l’Andalousie est la région du Guadalquivir à sec à cette saison mais qui fait de cette vallée le grenier de l’Espagne avec ses cultures de céréales, de tournesol et de foin. Au loin dans la montagne nous apercevons un rocher appelé le rocher de l’Indien, qui avec un peu d’imagination représente un indien en position horizontale, nous pouvons distinguer le nez, la bouche, le menton avec le visage qui regarde le ciel.
Ce rocher s’appelle aussi le rocher des amoureux car une légende raconte que deux jeunes amoureux de différentes religions chrétienne et musulmane, devant l’intolérance de leur famille qui leur interdisaient leur amour ont décidé de se jeter du haut de ce rocher en se tenant par la main en faisant une chute de plus de 100 mètres. Nous passons devant des cavernes préhistoriques, puis nous récupérons la populaire autoroute A92 qui mène à Séville. Dans des champs nous apercevons des personnes en train de ramasser des oignons, cette autoroute a été construite lors de l’exposition universelle de Séville de 1992. La région est très maraîchère nous pouvons apercevoir d’immenses champs de pommes de terre, la patate a été ramenée par Christophe Colomb en 1492 lors de son expédition appelée compagnie des Indes. Jusqu’au XVI.ème siècle ce tubercule servait uniquement à faire grossir les porcs avant que Parmentier en face un plat culinaire. Nous traversons des vignobles où l’on récolte le Moscatel qui entre dans la composition du vin de Malaga. Une fois ramassé le raisin est étalé au sol pour le faire sécher, on appelle cette opération la passa. La langue espagnole tout comme le Français provient du latin mais il existe encore beaucoup de mot espagnol avec des racines arabes comme zitouna pour olive, casso pour fromage et Alhambra veut dire la rouge. Au XVI.ème siècle les rois catholiques très démocratiques donnaient le choix aux musulmans soit de se convertir au catholicisme ou de se faire égorger, alors pour se saluer les musulmans se disaient hola pour Allah, ce mot hola est toujours utilisé pour se saluer en Espagne actuelle. Nous sommes toujours dans la vallée du Guadalquivir qui provient de l’Arabe et qui signifie grand fleuve, à l’époque romaine cette région s’appelait la Betica et le fleuve s’appelait Bétis, d’ailleurs le club de foot-ball de Séville se nomme le Betis de Séville. Nous quittons l’autoroute pour finir notre trajet à Cordoue par la route nationale, avant d’arriver au lieu de notre excursion notre guide nous a préparé à la visite de la ville de Cordoue.
La mosquée de Cordoue a été transformée en cathédrale où ont lieu les offices religieux, depuis le XV.èème époque de Charles Quint le culte musulman est interdit dans ce lieu. La mosquée cathédrale de Cordoue a une superficie de 23.000 mètres carrés, c’était le centre islamique le plus important de l’occident. C’est en 756 que les Arabes venus de Syrie se sont installés à Cordoue, au XI.ème siècle le califat devient indépendant, la ville était habitée par une importante communauté Visigoth, une communauté juive et bien entendue une communauté islamique Tout le monde vivait en parfaite harmonie. Tout le monde se respectait et tout se passait correctement, c’est la démonstration qu’il était civilisé, tolérant et cultivé. De grands docteurs juifs et arabes travaillaient en commun alors qu’actuellement cela serait irréalisable. A cette époque la culture arabe était en pointe dans l’arithmétique, de l’architecture, les mathématiques, l’astrologie, la géographie et la médecine au XI.ème siècle à Cordoue on opérait déjà de la cataracte.
La mosquée de Cordoue a été construite à différentes époques, La première partie au VIII.ème siècle, il y a eu 3 autres étapes pour rendre la mosquée terminée. La mosquée comprenait 1157 colonnes, q’est une vraie forêt de piliers. Pour construire la cathédrale on a surélevé le centre de la mosquée est aujourd’hui il ne reste plus que 856 colonnes. La Cathédrale se trouve donc au centre de l’ancienne mosquée, elle est du style gothique renaissance. C’est la fusion des cultures islamique et catholique qui fait le charme de la mosquée cathédrale de Cordoue. Après la visite de la cathédrale nous irons visiter l’ancien quartier juif appelé Roudilla.
Notre parcours continue au milieu de champs d’oliviers, nous traversons une petite ville appelée Puente Genil, le Genil est un affluent du Guadalquivir qui mesure 640 kilomètres de long qui se jette à Séville et qui est navigable de Séville à l’Océan Atlantique.
La spécialité de Puente Genil est le coing fruit du cognassier avec lequel on fabrique la pâte de coing. Dans l’ancien quartier juif de Cordoue nous allons pouvoir admirer une synagogue qui reste en état depuis le XIV.ème siècle, il faut savoir que les tribunaux de l’inquisition tout ce qui était relatif à la culture juive ou arabe devait être démoli. Seul 2 synagogues l’une à Tolède et celle de Cordoue ont été épargnées de la destruction. Cordoue ou Cordoba provient de cuir qui était la spécialité de la ville auparavant, aujourd’hui Cordoue est réputée pour les bijoux en argent dont les boutiques sont concentrées dans l’ancien quartier juif. A cinquante kilomètres avant Cordoue nous traversons une mer d’oliviers qui s’incrustent sur les collines. Ces plantations d’oliviers sont alimentées par des réserves d’eau, un olivier met une quinzaine d’années avant d’être mature c’est donc une culture à long terme, l’Espagne produit 35% de la production mondiale d’huile d’olives c’est l’or vert de l’Espagne. Nous avons traversé un village qui produit le vin blanc appelé Montilla, ce vin se boit en apéritif, il ressemble au vin de Xérès. L’eau de vie peut être produit avec toutes sortes de fruits ou de légumes alors on élabore une eau de vie distillée à partir du marc d’olives. Les colonnes de la mosquée de Cordoue ont été fabriquées avec des matériaux de récupération c’est pour cela que certaines sont en marbre, d’autres en albâtre ou en granit. Depuis plus de treize siècles la structure de la charpente n’a pas bougé malgré les séismes au cours des siècles. Cette conservation a été possible grâce aux briques en argile pleines qui est un matériau qui sert de coussin d’air. Tout en continuant notre route nous traversons une zone appelée Camping qui signifie terrains de culture réservés aux céréales est plus particulièrement au tournesol. Les champs sont envahis d’aigrettes ou pic-bœufs qui viennent picorer les graines de céréales moissonnées. Aux abords de Cordoue nous avons aperçu des champs de coton, en fond de panorama on distingue une chaîne de montagnes appelée Sierra Morena (foncée).
Cordoue est une des places fortes de la tauromachie, de nombreux élevages de taureaux sont situés à proximité de la ville. Cordoue est la ville de grand matador comme Manolette, el Cordobes. Cordoue à une spécialité en pâtisserie appelée Manolette qui est un gâteau à pâte feuilletée à base de citrouille. Saint-Raphael est le patron de la ville de Cordoue qui a stoppé la peste noire qui sévissait au XV.ème siècle. Cordoue est située dans une cuvette à 300 mètres d’altitude, nous entrons dans la ville par le pont saint-Raphael. Cordoue est décoré de 8.000 orangers, nous traversons le pont romain car depuis l’époque romaine il y a toujours eu un pont à cet endroit mais bien évidemment la structure a évolué avec le temps. Nous passons devant une statue dédiée à saint-Raphael dont la base est noircie à cause des cierges que les fidèles font brûler pour sa protection. Nous longeons les remparts des jardins de l’Alcazar, résidence des rois catholiques qui ressemblent à ceux de l’Alhambra de Grenade. Pour pénétrer dans la mosquée nous traversons une orangeraie où sont disposés de magnifiques bassins qui servaient aux ablutions avant de se rendre dans la mosquée pour y faire sa prière. Les chapiteaux des colonnes sont différents car ils proviennent de différents vestiges, les arcs sont en briques rouges avec des joints jaunes. A l’époque musulmane les portes n’existaient pas. Dans chaque arc est installé une chapelle, la lumière était différente auparavant. La seconde partie de la mosquée est l’endroit où se dressent les 856 piliers.
Une autre partie était réservée au calife avec une porte d’accès qui permettait de se rendre de sa résidence à la mosquée sans passer par la rue, aujourd’hui le palais du calife est la résidence épiscopale. La partie de la mosquée réservée aux notables a les murs ornés de mosaïques, une salle placée en fond de la mosquée était le lieu où l’imam disait la prière et elle était orientée afin qu’elle fasse caisse de résonance pour que les fidèles entendent la bonne parole. Nous pouvons apercevoir la porte du trésor de la mosquée, aujourd’hui les cinq pièces situées derrière cette porte contiennent les trésors de la cathédrale. A l’époque musulmane il y avait un lustre qui comptait 1500 lumières, toutes les décorations des colonnes et des arcs sont en pierre polychromes. La chapelle sAinte-Thérèse date du XVII.ème siècle, où repose le cardinal Saint-Lazare. Nous visitons la pièce de l’ostensoir en or, en argent et en vermeil de style gothique que l’on sort en procession pour la fête Dieu pour la première fois en 1518. Dans une salle on y aperçoit un tableau du saint protecteur de Cordoue saint-Raphael, nous pouvons y admirait de magnifiques pièces de sacrements en or et d’autres matières précieuses. Une vitrine renferme des mosaïques sur lesquelles sont apposées les signatures de tous les artistes qui ont construit la mosquée, nous pouvons remarquer que tous les artistes sont de confessions différentes musulmane bien sûr mais aussi catholique et juive. Une certaine partie des arcs de la mosquée ne sont pas en briques rouge mais en pierre que l’on peut d’ailleurs confondre car la pierre est peinte afin de donner l’aspect de briques.
Ensuite nous passons dans la nef de la cathédrale, au XVI.ème siècle le maire de la ville et la population ne voulaient pas détruire la mosquée pour y construire une cathédrale. Devant le refus l’évêque demanda l’autorisation à l’empereur Charles Quint qui lui fut accordée. En 1523 on a commencé la construction de la cathédrale en abattant plus de 300 colonnes afin d’implanter la nef. L’empereur Charles Quint en visite à Cordoue s’est rendu compte de l’erreur qu’il avait fait en donnant l’aval à la destruction d’une partie de la mosquée. Il s’est aperçu que la mosquée était unique en son genre et que l’on aurait bien pu construire une cathédrale autre part en préservant ce monument intact.De superbes orgues du XVI.ème siècle rénovées au XIX.ème siècle sont situées dans le cœur de la cathédrale, les miséricordes sont en acajou elles permettaient aux frères de se tenir debout en prenant appui sur un reposoir. Les accoudoirs des miséricordes sont sculptés de figures de la bible, la façade de l’autel est également en bois. Le pupitre où repose la bible est en forme d’aigle aux ailes déployées sur lesquelles repose la bible. Aujourd’hui il existe une petite mosquée afin que la petite communauté musulmane puisse exercer leur culte.
Après la visite de la cathédrale nous nous faufilons dans un dédale de petites ruelles pour rejoindre la synagogue. A l’entrée de l’ancien quartier juif se trouve un bassin du XIX.ème siècle alimenté par 4 sources qui proviennent de la Sierra Morena. Nous passons devant l’ancien hôpital du XII.ème siècle qui est devenu aujourd’hui le siège de la faculté de philosophie et de lettre de la ville de Cordoue. Sur la même place est dressée la statue de Mohamed AL-gafequi renommé ophtalmologue arabe du XII.ème siècle qui opéré déjà à cette époque la cataracte. Nous pénétrons dans un patio cour intérieur d’une maison du XVI.ème siècle, cette maison est aujourd’hui la propriété de la ville de Cordoue qui l’a transformée en souc où se mêlent des ateliers de cuir, de céramique et de fabrication de bijoux en argent. Puis nous arrivons dans la synagogue qui a été construite en 1315, à cette époque il existait plusieurs synagogue à Cordoue car la communauté juive était très importante. C’est la seule synagogue qu’il reste en Andalousie, elle est très petite car c’était une synagogue privée. Cette synagogue à une superficie de 20 mètres carrés et à une hauteur de 8 mètres. La synagogue tout comme la mosquée à trois parties la cour avec ses orangers, une galerie destinée aux femmes et la salle de prière réservée aux hommes.
Les inscriptions sont en lettres hébraïques et il y a une croix chrétienne car après l’inquisition les catholiques ont utilisé cette synagogue comme lieu de culte. Aujourd’hui il n’existe pas de communauté juive à Cordoue car pour cela il faut avoir au minimum 10 hommes âgés de plus de 13 ans, il n’y a donc pas d’office religieux dans cette synagogue qui est uniquement utilisée pour célébrer les mariages des familles juives de Cordoue.
Dans les alentours de la synagogue se trouve la statue d’un philosophe juif du XII.ème siècle appelé Maimonides, nous sommes passés devant le musée de la tauromachie. Toutes les façades des maisons sont blanches, des jardiniers sont occupés à tailler des citronniers en demi-sphère. Après la visite de l’ancien quartier juif nous avons déambulé dans la vieille vile puis nous avons pris le repas au restaurant. Après une journée bien remplie nous avons dîné avec des spécialités andalouses et de retour de notre promenade digestive nous avons fait quelques pas de danse sur le parquet du bar de l’hôtel.

En route pour le berceau de la tauromachie à Ronda qui est située à 80 kilomètres de Malaga, ronda est une ville de 35.000 habitants située à 800 mètres d’altitude. Malaga est la capitale touristique de la province qui dit tourisme dit absence d’industrie lourde. Sur la Costa Del Sol on enregistre 38.000 appartements nouveaux chaque année. Le moindre petit coin de terrain nu est la proie des grues et des bétonnières. Nous empruntons la vallée du soleil ou vallée des agrumes, au cours de notre excursion nous circulerons au milieu de forêts de chênes verts, de chênes liège et de pinsabo. Le pinsabo ne pousse que dans la région de ronda à une altitude de 900 mètres dans la Sierra de Gratiamella, il peut atteindre 50 mètres de haut avec un diamètre de plus de 2 mètres, il a longévité de vie de plus de mille ans. Arrivés sur le plateau nous traverserons des champs de céréales, nous approchons du village de Ardales joli petit village blanc. Puis nous traversons le village de Carabraca dont ce week end est organisé un festival de danse de flamenco appelé festival de la lune. Le week end du festival tout l’éclairage public est éteint, toutes les rues du village sont éclairées grâce à des milliers de bougies. Le festival se déroule dans un amphithéâtre romain, pendant le festival un souc s’établit dans le village où une multitude de camelots viennent vendre leurs produits. Au XIX.ème siècle la ville de Ronda était très prisée par la noblesse et l’aristocratie qui venaient y chercher la fraîcheur et la douceur de vivre. Pour se rendre à ronda il fallait utiliser des calèches tirées par des chevaux, comme Mandrin en France des bandits de grand chemin attendaient leur proie dans des endroits reculés afin de dévaliser tout ce beau monde de leurs bijoux et autres richesses. Ronda qui est une ville blanche regorge de demeures somptueuses ayant appartenu à des privilégiés de la haute société qui venait se détendre dans ce cadre merveilleux. Nous visiterons d’ailleurs le musée des bandits, à ronda est construit sur l’ancien emplacement de la mosquée la cathédrale Santa-Maria de la Majeure. Cette cathédrale est de plusieurs styles gothique, renaissance et baroque, la façade du maître autel a été taillée dans un pinsabo par un artiste qui a consacré 7 ans de sa vie pour accomplir cette œuvre. Ronda possède la plus vieille place des toros au monde elle date de 1754. Jusqu’à cette époque les combats de taureaux s’effectuaient sur les places publiques, on fermait les issues et les balcons et le premier étage des maisons étaient transformés en loges. Des spectateurs spontanés descendaient sur la place avec une cape pour aller affronter les taureaux en faisant des passes. Au milieu du XVIII.ème siècle va naître les corridas à pied car jusqu’à cette époque la corrida était à cheval. En 1754 est né à ronda Pedro Romero illustre torero ou matador qui a combattu plus de 3.000 taureaux sans être blessé, il est mort dans son lit à l’âge de 78 ans et la légende dit qu’il tenait à la main une bouteille de cognac. Dans les arènes de ronda on n’organise plus de corrida car la place des toros ne contient que 4.500 spectateurs ; Il faut savoir que pour attirer un matador de première classe, il faut débourser plus de 60.000 euros. La capacité des arènes de ronda ne permet pas d’avoir des corridas dignes de ce nom car financièrement ce n’est pas envisageable. En 1954 lors du bicentenaire de la naissance de Pedro Romero on a imaginé des corridas Goyesca qui ont lieu lors de la feria de ronda tous les 8 septembre de chaque année. Cette corrida Goyesca est particulière car les toreros sont habillés comme si on voyait un tableau de Francesco de Goya. Beaucoup de personnes de l’art ont été de grands aficionados comme Garcia Lorca, Montherlant et Hemingway qui ne manquait jamais une corrida goyesca. Les places des toros de ronda sont présidées par deux familles les Romero et les Ordognes dont d’ailleurs Hemingway est enterré dans leur propriété.

Arrivés à ronda nous pénétrons dans la ville par un pont levis qui est entouré de deux tours. Les maisons sont blanches avec du fer forgé aux fenêtres dont les volets se trouvent à l’intérieur, les rues sont pavées en mosaïque. Nous marchons au-dessus des remparts qui entourent toute la ville historique. Après tout un dédale de ruelles nous arrivons au musée des brigands où devant est exposé un tromblon. Un tromblon est une sorte de pistolet en entonnoir dont les bandits remplissaient de clous, de verre et bien sûr de poudre afin de tirer sur les gendarmes ou la guarda civile qui existait déjà, le tromblon était peu efficace à moins de 20 mètres. A l’intérieur du musée nous avons pu toucher des mannequins qui représentaient les bandits avec leurs habits, coiffe et souliers. Une salle était consacrée à des tableaux, gravures qui décrivaient des scènes d’action de pillage, de lieux de réjouissance. La plupart des bandits mouraient très jeune souvent lors de poursuite ou sur l’échafaud comme Gandellas qui est mort à 32 ans. Une vitrine renferme une robe de femme portée lors de la goyasca, une autre vitrine représente une prise d’otage dans une ferme dont tous les participants sont en cire. Une salle est réservée à la guarda civile avec des documents d’époque comme par exemple des extraits de naissance. Tous les bandits avaient des surnoms si certains étaient élégants, beaucoup avaient l’allure de l’emploi. Un régiment a été créé spécialement pour lutter contre les bandits en 1776, c’était le début de la garde civile. Une salle est consacrée aux armes de toutes sortes, de petit bulletin comme une sorte de feuilleton narrait les méfaits des bandits qui étaient populaires pour la population. Le dernier bandit de grand chemin a été pendu en 1934, le musée des bandits est privé. Ensuite nous nous dirigeons vers la cathédrale de ronda qui est entourée d’orangers. L’architecte de la cathédrale a été un musulman converti, pour ne pas être égorgé par Isabelle la catholique il va exécuter son désir. Il va uniquement conserver le minaret qu’il va transformer en clocher, nous pénétrons dans la cathédrale par la petite porte qui conduisait au minaret. Le baroque est le style espagnol comme le gothique pour la France et le style renaissance pour l’Italie. Plusieurs statues ornent l’intérieur de la cathédrale, le retable contient 92 kilogrammes d’or. Charles Quint a vécu 6 mois à Ronda et il fera de cette cathédrale sa chapelle privée. Le baldaquin ou façade du maître autel en fpinsabo est taillé dans un seul tronc il mesure 8,75 mètres de haut pour un diamètre de 4,20 mètres. L’autel est orné d’or et d’argent, les Espagnols sont plus chrétiens que le Pape ils ne vont pas à la messe mais ils vont écouter la messe. En 1993 le pape a décidé de dire la messe dans la langue de chaque pays, seul l’Espagne continue à dire la messe en latin. Si on demande à un espagnol de quelle religion il appartient, il vous répondra à 90%, je suis catholique, apostolique et romain. Ces trois mots signifient, je suis catholique, conservateur et pur ce que les papes ne disent plus depuis 200 ans. Pour notre guide l’inquisition n’a pas duré 2 siècles mais 5 siècles de 1492 à 1975 date de la mort de Franco à l’âge de 81 ans.
Nous sommes ressortis de la cathédrale avec le son des cloches, puis nous avons circulé dans la médina qui traduise les 8 siècles d’occupation musulmane à Ronda jusqu’en 1485. Nous sommes entrés dans un patio qui remonte au temps des romains pour leur intérêt, les musulmans puis les andalou ont toujours conservé le patio comme élément de la maison. Nous traversons le pont neuf qui date de 1793 dont la construction a duré 43 ans, ce pont relie l’ancienne médina à la nouvelle ville. Ce pont surplombe une faille géologique de plus de 100 mètres de profondeur qui sépare la ville en 2 parties bien distinctes. Nous empruntons une rue piétonnière qui nous mène à la place des toros, la piste à un diamètre de 40 mètres. En 411 les romains avaient envahi l’Andalousie, ils avaient amené avec eux leur jeu d’arène avec les lions qu’ils vont remplacer par des taureaux et les martyrs étaient sur place. Les musulmans vont continuer ce type de combat entre le taureau et les chrétiens jusqu’en 1492. Après le départ des musulmans les andaloux vont continuer ce type de jeu mais en établissant des règles. La corrida comprendra –6 taureaux et 3 matadors qui tireront leurs bêtes le 1 et 3, le 2 et 5 et le 3 et le 6, la corrida ne durera plus que 2 heures au lieu des 5 heures auparavant.

Notre guide s’enflamma sur le rite de la corrida et son déroulement, la corrida se déroule en plusieurs parties dont les 3 premières font entrer en jeu les picador qui affaiblissent le taureau. Il faut savoir que le taureau avant d’être lâché dans l’arène est enfermé dans un corridor pendant une bonne journée dans le noir, alors lorsqu’il pénètre sur la piste de combat il est super excité à la vue de la lumière, du bruit de l’ambiance ce qui le fait foncer sur tout ce qui bouge. Le matador devient son seul argument d’énervement avec la provocation qu’il lui fait subir afin de le diminuer physiquement. A l’appel de la quatrième partie appelée la mouletta, aux sons des trompettes, le matador laisse sa cape et prend une petite capuche appelée mouletta. Le matador continue à faire de petites passes sous les ollés, tout à coup le taureau se cadre comme on dit dans le terme de la tauromachie. Le taureau est fatigué, blessé, il a l’épaule basse, la langue dehors, les pattes de devant fatiguées qui s’ouvrent. Au vu de tous ces symptômes le matador sort son épée et donne le coup de grâce à l’animal en lui plantant son épée à un endroit bien précis afin d’atteindre le cœur du courageux taureau. Les aficionados agitent leurs mouchoirs blancs afin de féliciter le matador et suivant leur satisfaction il influence le président dans le choix du trophée qui sera remis au matador. Les trophées sont symbolisés par une oreille, deux oreilles et plus rarement en cas de très bon combat par la queue du taureau vaincu. Si le matador échoue dans sa mise à mort, on fait entrer dans l’arène de jeunes taureaux et des vachettes qui accompagneront le vaillant combattant hors de la piste. Ces taureaux sont vénérés et ils finissent leur vie comme étalon dans un élevage jusqu’à leur bonne mort.
Ensuite nous avons visité le musée de la tauromachie qui se trouve sous les arènes, puis nous sommes allés parcourir le jardin dédié à Pedro Moreno où se trouve un immense pin sabo avant d’aller prendre le repas au restaurant.
Au retour nous avons emprunté la route qui mène au littoral car Marbella (mer belle) se trouve à 45 kilomètres de Ronda.Nous avons traversé des pinèdes et des zones arides où rien ne pousse, nous avons éviter une chèvre sauvage qui traversait la route. Après 45 minutes de route nous descendons sur la station balnéaire de Marbella où toutes les stars du monde entier viennent s’y détendre et même certains y habitent à l’année. Le roi d’Arabie Saoudite a fait construire sur une des collines de Marbella une résidence qui est la copie conforme de la maison blanche, résidence du président des Etats-Unis. La ville de Marbella est passée de 30.000 habitants en 1970 à 150.000 aujourd’hui. Le maire de Marbella est depuis 1984 jésus gil qui défraie la chronique judiciaire pour avoir détourné plus de 30 millions d’euros à la trésorerie municipale. Jésus Gil est un maire multicarte, il était promoteur immobilier, il est chef d’entreprise de matériaux de construction, c’est le président du club de foot-ball de l’Athletico de Madrid dont le stade lui appartient. C’est un homme très puissant qui ne se refuse rien même pas les permis de construire à des fins personnels sans se préoccuper de l’environnement, il a même créé son propre parti politique avec les initiales de son nom le groupe Indépendant libéral, Parti ni de droite ni de gauche mais pour sa poche. En 1996 pour dire que la construction immobilière est en plein essor, les entreprises de travaux publics ont été obligées de mettre leur personnel en chômage technique car les usines de matériaux de construction ne pouvaient pas répondre à la demande qui était devenu trop importante. Le maire de Marbella aime le faste et la grandiosité, il rêve de faire de Marbella la rivale de Monaco et il est dans la bonne direction même si actuellement il est en prison. Il a fait construire une promenade en front de mer de 1.800 kilomètres recouverte en marbre. La ville est ornée de statues de Salvador Dali, la police est équipée de Harley Davisson c’est ce que l’on appelle de la provocation pour les communes avoisinantes. Le problème de l’eau a été traité par un grand projet de dessalinisation de l’eau de mer financé par le roi d’Arabie Saoudite. Monsieur le maire a fait construire un quatrième port de plaisance dans Marbella pouvant accueillir des bateaux de plus de quarante mètres. nous passons devant le port de Puerto Banos. Marbella est adossée à la Sierra blanca qui la préserve des différences climatiques, à Marbella la température annuelle moyenne est de 23 degrés.
La ville de Marbella s’étend sur 21 kilomètres de long, l’autoroute qui longe la cité balnéaire est illuminée chaque année pour les fêtes de fin d’année sur ces 21 kilomètres de long, Jésus Gil ne se refuse rien avec l’argent du contribuable.
Marbella vit intensément la nuit d’où le nombre important de discothèques dont celle de Régine comme dans tous les endroits à la mode. Marbella centre ressemble à un jardin botanique où sont plantées toutes sortes d’essences exotiques. A l’instar d’autres stations balnéaires comme Torremolinos les immeubles n’excèdent pas plus de 5 étages, Marbella ne pousse pas en hauteur mais de façon plus espacée donc beaucoup de verdure. L’entrée du casino est ornée de 2 superbes statues, les immeubles sont de grand standing avec de nombreuses jardinières et où le marbre est omniprésent. L’entrée du port est arborée de palmiers, sur une place est dressée une statue de la liberté avec les bras grands ouverts qui a été offerte à Marbella par le maire de Moscou à son ami jésus Gil à rien y comprendre. Tous les parkings sont en souterrain car il est interdit de stationner en extérieur à Marbella. Après une petite visite dans Marbella à pied nous avons repris le chemin du retour à Torremolinos. Nous avons continué à traverser les différents quartiers de Marbella le quartier hôtelier, la caserne des pompiers, des centres commerciaux. Les couleurs de la ville de Marbella sont bleu ciel et blanc, le drapeau espagnol comprend trois couleurs disposées horizontalement jaune, rouge et jaune, comme toutes les 22 régions autonomes l’Andalousie à son drapeau Vert, blanc et vert, chaque région a aussi son hymne national. Nous longeons la mer où au milieu de golfs est situé l’hôpital de Marbella qui ressemble à un hôtel de grand standing. Un autre port de Marbella permet aux bateaux d’accoster directement à son habitation, ce port se nomme cap des bains. Nous arrivons à Fuengirola où des jets d’au jaillissent de la rivière, un joli bateau corsaire vogue sur la mer qui propose des promenades en bordure de mer. Le soir nous avons été dînés dans une auberge autour de tapas, de Malaga et de vin blanc appelé fino. Puis nous sommes rentrés à l’hôtel en longeant la mer, avant d’aller s’endormir nous avons pris un Malaga pacific pour se désaltérer.

Le dernier jour nous avons programmé de nous rendre à Grenade qui se trouve à 180 kilomètres de Malaga, à une altitude de 800 mètres au pied de la Sierra Nevada.

Grenade en espagnol Granada :

Ville d’Espagne (Andalousie), chef-lieu de province sur le Genil; 256 784
habitants (Grenadins).
Textiles et agroalimentaire. Vieille université. Haut lieu du tourisme
mondial.

Histoire
L’Illiberis des Romains devint, au XIe s., la capitale d’un émirat
berbère. Celui-ci tomba en 1090 sous la domination des Almoravides puis,
en 1156, sous celle des Almohades. Vers 1235 fut constitué le royaume de
Grenade, sur lequel régna la dynastie des Nasrides, qui brilla d’un vif
éclat pendant deux siècles et demi. Sa chute, en 1492, marqua la fin de la
reconquête espagnole V. Reconquista.

Arts
Grenade garde un ensemble important de son long passé arabe, surtout
l’Alhambra et le Generalife (résidence de campagne), intéressant notamment
pour ses jardins. La ville moderne comprend la cathédrale (XVIe-XVIIIe s.)
et la Chapelle royale (Capilla Real), chef-d’œuvre architectural de style
isabélin qui contient les tombeaux des Rois Catholiques (XVIe s.).
L’église Saint-Jérôme (XVIe-XVIIIe s.), la sacristie de la Chartreuse
(1727-1764) de style churrigueresque et l’église Saint-Jean-de-Dieu sont
les autres monuments importants de cette prestigieuse cité.
L’Andalousie possède 640 kilomètres de côtes maritimes, chaque région autonome a son propre gouvernement celui d’Andalousie est de tendance socialiste par contre le gouvernement national qui siège à Madrid est de tendance à droite. Les pécheurs andaloux ont beaucoup de problèmes avec les pécheurs marocains, l’Europe à ce dossier épineux en main, les pécheurs espagnols espèrent obtenir des primes afin qu’ils puissent continuer à vivre de leur métier. L’Espagne avec ses 17 régions est un état géré avec une forte décentralisation, à Séville où le gouvernement gère la région d’Andalousie siège également le parlement andalou, le parlement est composé de 106 parlementaires.
Chaque région à son tribunal suprême, grâce à la décentralisation toutes les tâches administratives sont plus rapides. La UNCE est la seule organisation qui prend en charge les problèmes des aveugles espagnols, c’est une très forte association au niveau social, sanitaire, aide mais surtout une grande entreprise qui brasse beaucoup d’argent. Nous commençons à gravir la montagne où la végétation est constituée de palmiers, de bougainvilliers et de nombreuses autres essences, ce parc entre mer et montagne fait partie du parc botanique de la ville de Malaga. L’Espagne comme tous les pays européens sont frappés par l’insécurité, le gouvernement espagnol vient d’adopter une loi qui coûtera 600 millions d’Euros afin d’embaucher 22.000 policiers pour conjurer le fléau de notre temps moderne qu’est la délinquance. La grande curiosité de la ville de Grenade est l’Alhambra qui veut dire forteresse rouge car elle est construite en briques rouges. L’alhambra est le monument le plus visité d’Europe, il accueille 8.000 touristes par jour. L’empereur Charles quint , Charles Quint d’Allemagne, Charles Quint d’Espagne c’est à Grenade que ce grand guerrier a connu les plus beaux jours de vie où il avait fait construire un splendide palais en plein cœur de l’Alhambra. Ce palais n’a jamais été achevé à l’époque de Charles Quint mais actuellement il est terminé afin que les touristes l’admirent. La chapelle royale est située au centre de la ville de Grenade, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon y sont enterrés. Le fils de Charles Quint et de l’impératrice reine du Portugal a été transféré à Madrid à l’Escorial où se trouve enterré toute la royauté depuis la maison des Halzbourg en définitive la maison d’Autriche jusqu’au Bourbons de nos jours reposent à Madrid. Nous sommes sur un plateau dont l’altitude est de 805 mètres, la végétation est essentiellement composée d’oliviers.
Grenade se trouve au pied de la Sierra Nevada Dont 23 sommets dépassent les 3000 mètres d’altitude, le plus haut culminant à 3478 mètres.
Les Grenadins sont privilégiés car ils font 30 kilomètres pour avoir les pieds dans la neige et à peine plus de 50 kilomètres pour avoir les pieds dans la mer. Grenade a posé sa candidature pour l’organisation des jeux olympiques d’hiver de 2010. Cette région est très fertile car les nappes phréatiques sont abondantes et peu profondes, nous pouvons y apercevoir d’immenses champs de peuplier, de maïs, de tabac et surtout d’asperges blanches dont la production emploie beaucoup de personnel. Les peupliers sont abattus à l’âge de 15 ans afin d’obtenir de la cellulose destinée pour l’industrie de la papeterie. D’immenses fermes dont le cheptel atteint plus de mille bêtes sont installées sur ce plateau qui est ensemencé de grandes parcelles de luzerne destinée à l’alimentation du bétail. Nous pouvons distinguer quelques champs d’amandiers dont ses précieux fruits sont utilisés pour la fabrication du touron sorte de nougat aux amendes. Nous traversons un pont dans une petite ville sous lequel coule une rivière qui est propice à l’élevage d’esturgeons dont le caviar obtenu serait de même qualité que celui de Russie ou d’Iran. A grenade sont aussi enterrés Jeanne la folle et Ferdinand le beau les parents de Charles Quint. Nous traversons la ville de Santa Fé où les rois catholiques concentraient toutes leurs troupes. Quand on parle de la ville de Grenade, on croit que la reconquête s’est fait facilement mais elle a durée de 1485 à 1492, c’est le 2 janvier 1492 les rois catholiques rentraient vainqueurs dans la ville de Grenade. C’est à Grenade que la reine Isabelle autorise Christophe Colomb en finançant son voyage, son premier voyage au nouveau monde. Pour financer l’expédition de Christophe Colomb, la reine Isabelle n’a pas hésité à lui offrir ses bijoux personnels afin qu’il les négocie pour lui permettre de construire sa flotte. Une forêt de peupliers nous cache la ville de fuente Vaqueros ville où est né le grand poète Garcia Lorca dit le Rossignol d’Andalousie 1898 -1936. Sa carrière poétique démarre avec la génération de 1927 mais elle fut courte car il a été fusillé ou assassiné par la troupe du général Franco en 1936.
La famille de Garcia Lorca était une famille de notable de la haute bourgeoisie espagnole, privilégiée. Garcia Lorca avait été plusieurs fois aux Etats-Unis qui était rare dans les années 1926. Dans ses idées politiques, il était tout à fait opposé aux idées politiques de Franco, il avait des idées d’extrême gauche. Garcia Lorca avait fait des études de journaliste à Madrid où il a fait connaissance avec un étudiant de l’école des beaux-arts Salvador Dali 1904-1989. Très intime Salvador Dali est souvent venu dans la résidence de Frederico Garcia Lorca, tout comme Frédérico allait à Figueras dans la résidence de Salvador Dali qui était d’ailleurs sa ville natale. Tout comme Garcia Lorca des milliers d’autres personnes ont été fusillées pendant la période du général Franco du monde politique, social et des arts sans oublier les inconnus. En 1998 à Grenade on a fêté le centenaire de sa naissance, pour cette occasion on lui a dédié un jardin près de l’Alhambra. En route nous apercevons des séchoirs à tabac puis nous arrivons à l’aéroport de Grenade. L’Andalousie est desservie par 7 aéroports d’où l’importance du tourisme pour cette région. Grenade héberge une université importante qui date de 1518 époque de Charles Quint, n’oublions pas que depuis le XIV.ème siècle Grenade avait déjà une université arabe. Arrivés aux portes de Grenade nous avons en fond de tableau toute la perspective de la chaîne de montagnes de la Sierra Nevada. La faculté qui a le plus de prestige au niveau international c’est la faculté de médecine, la faculté de médecine se trouve près de l’hôpital universitaire est entre les deux ensemble se trouve la chapelle de la Madeleine. Toutes les facultés en Espagne possèdent des groupes appelés touna formés de 20 musiciens qui jouent la musique traditionnelle, habillés en costume de velours noir d’époque avec des bas en nylon. A midi pendant le déjeuner un groupe de 5 étudiants viendront animer le déjeuner avec des airs de musique espagnole de tout genre. Arrivés dans la ville de Grenade, un imposant service d’ordre était mis en place pour la visite du prince d’Asturies Philippe futur roi d’Espagne.
Nous avons circulé à pied dans le souc de l’ancienne medina. Nous sommes passés devant la cathédrale et la chapelle des rois catholiques mais au vu de l’affluence nous n’avons pas pu viser ces deux lieux. En Espagne on dit intelligent comme un évêque et nous en avons eu la preuve car il fallait débourser 2 fois 1,5 euros si nous voulions visiter la cathédrale puis la chapelle royale. La vieille ville est très animée avec des maisons aux superbes façades et comme dans toute l’Andalousie nous avons été surpris par la propreté des centres villes où le carrelage et la mosaïque sont élégamment utilisés. Après un tour de ville pédestre nous avons repris notre autocar, l’eau de la ville de Grenade est très pure, c’est de l’eau de source qui provient de la Sierra Nevada. En commençant à gravir la montagne nous traversons un quartier historique qui est l’ancien quartier juif, toutes les façades sont très joliment décorées. Toutes les petites maisons possèdent des petits jardins avec son grenadier emblème de Grenade et où le jasmin est la fleur la plus utilisée comme ornement floral. En continuant notre ascension nous découvrons un décor féerique avec la ville de Grenade, l’Alhambra en second plan et la Sierra Nevada en toile de fond. Tout ce quartier Abelcime dont les façades sont ornées de fer forgé et de mosaïques a été déclaré patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 1984. Cet ancien quartier juif date du XI.ème siècle bien avant l’Alhambra. Nous passons devant l’atelier de la famille Morales qui depuis 1517 fabrique de superbes mosaïques. La mosaïque de Grenade se caractérise par sa couleur le bleu pour l’eau élément important pour le monde musulman et le vert couleur de l’islam et le blanc pour la pureté. Ces mosaïques sont décorées des deux symboles de Grenade le rossignol qui est dessiné sur beaucoup de carrelage de la ville et le fruit du grenadier la grenade. Après une bonne dizaine de kilomètres, nous atteignons la ferme auberge qui est située à 1000 mille d’altitude.
En apéritif nous avons bu du Mistelles ou vin de messe qui nous rappelle notre muscat de Frontignan, nous avons dégusté une excellente charcuterie, du boudin chaud le tout arrosé d’un bon petit rosé et tout au long du repas nous avons été accompagnés par la touna et leur répertoire musical. Après un bon repas nous avons pris la direction de l’Alhambra, nous sommes passés devant les arènes de Grenade qui ont été construites en 1927, ce quartier est constitué de nombreux bar où le soir après le coucher du soleil la fête commence autour de tapas. Les terrasses des bars sont arrosées le soir pour atténuer la chaleur du sol et pur arroser les palmiers qui ornent les trottoirs. Nous sommes passés devant l’immeuble qui appartient au syndicat CGT espagnol, la nouvelle école d’architecture, la faculté de sciences. Nous pouvons admirer le jardin dédié à Garcia Lorca en 1998 qui s’étend sur 6 hectares, au milieu de ce parc est située une résidence qui appartient à la famille Garcia Lorca. Une nouvelle route que nous empruntons a été construite à l’occasion de la coupe du monde de ski alpin en 1995 mais suite au manque de neige, le comité olympique à redonné une nouvelle chance à la station de Sierra Nevada en lui confiant l’organisation de la coupe du monde de 1996. Un tunnel de 800 mètres de long a été creusé afin de passer sous une colline, cette infrastructure routière a favorisé l’accès à l’Alhambra depuis Grenade. Nous passons au travers du complexe sportif de la ville de Grenade où 4 immenses pylônes équipés de projecteurs servent à éclairer le stade de foot-ball. Tout ce quartier est composé de petites maisons qui ont été construites après 1995, après avoir passé le tunnel nous prenons une route qui nous mène sur la colline où est situé l’Alhambra. L’Alhambra était une ville dans la ville, au centre de la médina on y avait construit un palais qui devait représenter le paradis sur terre. Nous avons commencé la visite de l’Alhambra par le palais Charles Quint, nous entrons sur le site par un pont sous lequel se trouvent des douves actuellement asséchées.
L’Alhambra est avant tout un palais arabe ou islamique qui est situé près de Grenade aux pieds de la Sierra Nevada. Les eaux de la sierra Nevada alimentaient fontaines, toilettes, bains à vapeur et cuisines. Pendant l’occupation musulmane de l’Espagne il y a eu trois capitales à partire de 711 Cordoue à l’époque guerrière. Séville a été mis en avant à l’époque commerciale à partir de 1030, Grenade a été la troisième génération celle de la décadence à partir de 1238. L’Alhambra est une forteresse entourée de 2 kilomètres de remparts dominés par 32 tours.
A l’intérieur de la cité de l’Alhambra vivaient près de 1500 personnes des artisans, des ouvriers, des bains, des mosquées, cimetière, Des gardiens, des contrôles militaires qui circulaient sur le chemin de Ronde. La médina était le lieu où vivaient tous les corps de métiers, dans le palais royal où trônaient les ambassadeurs, Justice, l’administration, la royauté. L’Alhambra a trois parties les remparts, la médina et le palais royale qui se trouve au fond de la cité. Les jardins sont admirablement fleuris et entretenus, nous y apercevons des myrtes qui sont omniprésents parmi d’autres plantes florales qui parfument les jardins où les bassins d’eau jaillissent de toutes parts. Dans le palais il y avait des bains à vapeur et après avoir pris son bain il était agréable de se masser avec l’essence de myrte. Dans l’Alhambra nous pouvons aussi découvrir un palais catholique espagnol, un monastère catholique qui font partie de l’Alhambra chrétien à partir de 1492. Cette partie de l’Alhambra est fleurie de romarin, de rosiers, du jasmin, des peupliers, des lauriers roses plantés à l’époque du romantisme au XIX.me siècle. Au XIX.me siècle l’Alhambra était lié au flamenco, de nombreux artistes sont venus à cette époque se ressourcer dans cet endroit vraiment exceptionnel. Victor Hugo, Chateaubriand, Théophile Gauthier et bien d’autres sont venus à l’Alhambra qui est ressorti de ses ruines à partir de cette époque. L’Alhambra a eu trois époques bien différente musulmane à partir de 1238, chrétienne à partir de 1492 et romantique à partir du XIX.ème siècle.
Nous sommes dans le Generalife ou jardin du paradis où règne une fraîcheur même au plus chaud de l’été, nous passons de bâtiment en bâtiment en empruntant des arcades. Les jardins sont arborés de sapinettes taillées au cordeau parsemé d’œillets, de rosiers et de soucis, les arcades sont formées par la forme de taille des sapinettes. Les Arabes sont arrivés de zones désertiques alors pour eux le jardin c’était le paradis. L’architecture intérieure du palais musulman est très sobre avec des colonnes en stuc car pour eux la féerie se situait à l’extérieur d’où la splendeur des jardins. A l’Alhambra nous parlons souvent de l’harmonie, de l’équilibre des parfums, des jets d’eau, des fontaines mais jamais nous parlerons de l’or, des tableaux, des horloges qui font la richesse des palais royaux chrétiens. En plus du charme du cadre nous entendons des milliers d’oiseaux gazouillés dans toute la végétation si amoureusement guidée. L’Alhambra a une superficie de 30 hectares. Après le palais Charles Quint, nous avons circulé dans la cité toujours habitée où se trouve un hôtel, un parador, une demeure privée et des échoppes d’artisans. Nous passons devant l’église de Santa-Maria qui est en restauration qui a été construite sur l’ancienne mosquée. Toutes les petites maisons possédaient un jardin intérieur ou patio, ces maisons comprenaient 2 étages habités au gré des saisons. A signaler que la véritable restauration de l’Alhambra a vraiment débuté en 1860 sous l’influence de la femme de napoléon III Eugénie de Montjiro. Entre 1920 et 1922 beaucoup d’artistes ont séjourné à l’Alhambra dont le musicien de Falla et le poète Garcia Lorca. Ensuite nous pénétrons dans le palais royal musulman appelé alcazar, nous sommes dans le patio appelé la cour des myrtes, les murs des bâtiments sont sobres uniquement ornés de mosaïques multicolores. Au milieu du patio se trouve une fontaine, la cour est recouverte de marbre avec des mythes qui ornent l’ensemble car la vie en été se déroulait à l’extérieur c’est pourquoi le faste décoratif du patio.
Le patio est un carré de 50 mètres de côté, les façades des bâtiments sont creusées de niches dans lesquelles ont disposé des fleurs afin de parfumer le lieu. Nous entrons dans la salle de réception dont le plafond est en marqueterie faite de plusieurs essences Acajou, citronnier etc, ce qui fait des nuances de couleurs. Ensuite nous pénétrons dans la salle du bateau dans laquelle se trouvent des pièces de 3 mètres carrés qui servaient de toilettes, une rigole d’eau circulait dans la pièce afin d’évacuer les besoins qui étaient rejetés dans la rivière. Après nous visitons la salle de la chance dont le plafond est très haut comme dans l’ensemble des autres salles à peu près 8 mètres de haut, de nombreuses fenêtres sont situées en hauteur afin de ventiler le lieu car nous sommes dans la partie réservée aux ambassadeurs. Des petites alcôves entourées ces salles de réception où la royauté pouvait s’isoler pour converser ou se reposer.
Les fenêtres étaient ornées de vitraux, l’hiver il faisait froid alors au-dessus des lits qui se trouvaient dans les alcôves on y plaçait des bras zéros qui permettaient de réchauffer l’atmosphère. Le palais a été construit avec la technique de celle des pyramides, c’est-à-dire que l’on remblayait de terre au fur et à mesure de l’édification de la construction qui une fois terminée on déblayait la terre. L’architecture arabe est très géométrique, carré, elle répond à des règles mathématiques et algébriques. L’astrologie est très importante dans l’architecture arabe car si le plafond comprend 8000 pièces de marqueterie cela représente 8000 étoiles. Nous voici maintenant dans la salle des ambassadeurs où se rendait la justice, toute la vie politique du sultan se déroulait ici. Après la partie publique du palais nous allons visiter la partie privée du palais, dans la cour des lions sont dressées 124 colonnes. Les arcades de cette cour sont en forme de palmiers ce qui donne l’illusion de se trouver au milieu d’une palmeraie ou d’un oasis. Au milieu de la cour se trouve une fontaine sculptée de 12 lions où se mirent de splendides myrtes.
Après avoir poussé une porte en marqueterie et franchi quelques marches nous sommes dans une salle tout en marbre. Nous sommes dans une chambre à coucher où l’eau est toujours présente par l’intermédiaire d’une fontaine. La chambre à coucher du roi était composée de la chambre à coucher proprement dit et d’une salle de repos. A cette époque cette partie du palais était comme un cloître où l’on ne connaissait pas bien la vie intime du roi. Nous pénétrons dans le harem où se trouvent 3 chambres, ce lieu est composé du sérail c’est-à-dire les femmes qui s’occupaient de l’éducation des enfants. Dans le harem se trouve aussi la salle du roi et une autre où se trouve les 4 femmes du roi. Le palais est très intime ce n’est pas la grandiosité de Versailles mais tout est fait avec goût, même dans le patio les palmiers et les orangers étaient plantés 2 mètres au-dessous du sol en marbre afin que l’on puisse profiter du feuillage et du parfum des palmiers et des citronniers. Les 12 lions de la fontaine située dans la cour des lions représentent les 12 tribus d’Israël, le raffinement va jusqu’à la disposition des myrtes afin qu’elles viennent se mirer dans l’eau de la fontaine. Si l’austérité de l’architecture des bâtiments est réelle par contre les jardins étaient conçus avec goût et l’intérieur du palais regorgeait de richesse. La richesse intérieure se dégageait les sols en marbre, les colonnes en stuc, les plafonds en marqueterie et les mosaïques disposées dans les salles. La philosophie de l’art musulman de cette époque c’est que l’intérieur est plus important que l’extérieur. Les fenêtres sont munies de jalousies, les portes d’entrée du palais de l’Alhambra sont en forme de chicanes ou coudées, ces éléments permettaient de cacher l’abondance de l’intérieur et la curiosité. Le plafond du harem est en forme octogonale, au centre est disposée une grande salle qui permettait de prendre les repas et de se reposer, au premier étage sont situés 4 alcôves ou 4 chambres dans lesquelles on accédait par des escaliers extérieurs.
Nous avons terminé la visite du palais musulman par la visite des communs dont la cuisine avec de l’eau courante, une cheminée et des fours pour cuisiner des faisans, des perdreaux que l’on préparait avec beaucoup de finesse. Les cuisines étaient situées à l’extérieur pour éviter les odeurs dans le palais, les plats étaient servis à l’intérieur que l’on couvrait de cloche afin qu’ils gardent leur chaleur. A cette époque on élaborait de succulents desserts à base de pâtisseries qui font encore l’essentiel de la pâtisserie orientale. Ensuite nous avons rejoint la sortie de l’Alhambra en traversant de superbes jardins cultivés en terrasses et nous avons pris congé de notre guide local. Le retour s’est déroulé dans un calme relatif avec des airs du folklore espagnol, notre arrivée à Torremolinos coïncidait avec l’arrivée d’étape de la vuelta à Malaga. Après le repas nous avons préparé nos valises car le lever était prévu à 3 heures du matin afin de prendre le premier vol à destination de Toulouse. Après notre dernière promenade digestive en front de mer nous avons pris un dernier pot au bar de l’hôtel avant d’aller fêter l’anniversaire d’une participante au séjour.

Notre retour s’est fait à bord d’un Mac-Douglas d’une capacité de 153 places de la compagnie Span-Air,nous avons survolé Madrid, Pamplume et après une heure trente minutes de vol nous avons fait escale à Bordeaux. Après un saut de puce de trente minutes, à 9heures 15 minutes nous sommes arrivés à l’aéroport de Toulouse où tout le groupe s’est séparé.

Espagne :

Du Siècle d’or, celui des conquistadores, à la «révolution tranquille» de
Juan Carlos Ier, intervenant après les années d’autarcie du franquisme, qui
l’avait jetée au ban des nations, l’Espagne n’est jamais restée indifférente
au monde. Malgré les vicissitudes de l’intégration à l’économie mondiale,
le pays a su trouver les voies du modernisme et du progrès en respectant
une forte identité culturelle et la permanence des pôles régionaux.

Géographie physique
Si la péninsule Ibérique rappelle par son extension en latitude les deux
péninsules voisines, l’Italie et la Grèce, elle s’en différencie par le
caractère massif de l’ensemble, qui en fait une sorte de petit continent
de 504 580 km2, partagé entre les domaines atlantique et méditerranéen,
entre les régions humides et continentales et les zones sèches tournées
vers l’Orient.

Structure et relief
La massivité d’ensemble, son contour quadrangulaire – dès l’Antiquité, le
géographe grec Strabon comparait l’Espagne à une peau de taureau étirée –
s’expliquent par l’omniprésence d’un socle ancien, dont la couverture a
été plus ou moins remaniée sous l’influence du plissement alpin. Le
plateau de la Meseta occupe l’essentiel du pays, auquel il donne une
altitude moyenne élevée – avec un peu plus de 660 m (contre 342 m pour la
France), l’Espagne est le pays européen le plus élevé, après la Suisse. Le
paysage de la Meseta se caractérise par l’abondance des lignes
horizontales: surfaces tranchant le socle surmontées de reliefs résiduels
de granites ou de quartzites, dalles de calcaires lacustres accumulés dans
les cuvettes des compartiments affaissés du socle, surfaces tranchant les
sédiments.
Chaînes et dépressions se succèdent vers le sud en bandes orientées
est-ouest: Pyrénées, monts Cantabriques, vallées du Duero et de l’Èbre,
système central (sierras de Gata, de Gredos et de Guadarrama), vallée du
Tage, monts de Tolède, vallée du Guadiana, sierra Morena (rebord
méridional de la Meseta), vallée du Guadalquivir, chaînes Bétiques.
Le socle, responsable des colorations bistre et ocre de l’ensemble du
pays, est porté à plus de 1 000 m d’altitude dans le système central, les
monts Cantabriques, la sierra de la Demanda et les Pyrénées.
La couverture, secondaire et tertiaire, s’individualise en grands ensembles
formés de cuvettes subhorizontales mal drainées; elle prend parfois la
forme de dépressions (vallées de l’Èbre et du Guadalquivir). Le jeu des
plissements rend la structure complexe; ainsi les couches
incorporent-elles fréquemment des matériaux anciens arrachés au socle
(schistes, roches cristallines ou calcaires): c’est en particulier le cas
dans la partie orientale du pays, de Gibraltar à la cordillère catalane.
Sur le piédestal que constitue la Meseta, les altitudes dépassent 2 000 m
en Cantabrique. Elles atteignent 2 417 m à la Peña Ubiña (entre Asturies
et León) et 2 648 m aux Picos de Europa, entre les villes de León et de
Santander. Elles dépassent 3 000 m dans les Pyrénées, chaîne culminant à 3
404 m au pic d’Aneto (massif de la Maladeta), qui domine les 3 355 m du
mont Perdu à l’ouest, le pic d’Estats (3 115 m) et le Puigmal (2 910 m) en
pays catalan. Les 3 478 m du Mulhacén, que l’on tend parfois à oublier
tant le point culminant de la péninsule est déporté vers le sud,
introduisent dans la sierra Nevada, la «montagne enneigée», une variante
montagnarde au sein d’une Andalousie au caractère déjà subtropical.

Population
L’importance et la rapidité des mutations opérées dans un pays dont le
retard économique était doublé d’un fonctionnement en autarcie ont
fondamentalement modifié la physionomie de la société. Il se dégage
pourtant quelques constantes qui s’expriment par l’émergence de métropoles
au poids croissant: Madrid, Barcelone et Séville. Les deux dernières ont
bénéficié, en 1992, respectivement des retombées des jeux Olympiques et
des 42 millions de visiteurs de l’Exposition universelle. La population
estimée à 39,4 millions d’habitants [1998] et la densité moyenne de 78
h./km2 [estimation 1998] mettent en valeur les provinces périphériques et
laissent Madrid, la capitale, isolée au centre de la Meseta, région au
tissu humain extrêmement lâche. Une majorité d’Espagnols sont concentrés
dans les grandes villes littorales, alors que se met peu à peu en place
une couronne d’urbanisation continue reliant les sites les plus favorables
de la bordure méditerranéenne. Issus de noyaux anciens, de la création de
nouveaux ports de plaisance ou de la multiplication des urbanizaciones
(pavillons en lotissements), ces sites sont essentiellement fréquentés en
période estivale. La plus grande partie de la population se rassemble en
Andalousie (6,7 millions h.), en Catalogne (plus de 6 millions h.), dans
les communautés de Madrid (4,6 millions h.) [1994] et de Valence (749 361
h.). Ces quatre régions réunissent 45,8 % de la population et représentent
60 % du PIB espagnol.

Le morcellement régional
Dans un pays très centralisateur jusqu’en 1975, les cinquante provinces
(provincias) héritées du XIXe siècle et bâties sur le modèle des
départements issus de la Révolution française sont regroupées en dix-sept
communautés autonomes (comunidades autónomas) – équivalents des Régions
françaises. Hormis quelques exceptions dans le nord du pays, la
dénomination de la province reprend celle de sa capitale. Très différentes
entre elles, ces entités renvoient parfois à de puissants héritages
historiques, souvent même à d’anciens royaumes.

Avec une superficie pratiquement équivalente à celle du Portugal et sa forte identité de
«finisterre», l’Andalousie est pratiquement un monde à part. Au centre, la
Meseta, partagée entre Madrid et les deux Castilles (Castille-La Manche,
Castille-León), est divisée entre une quinzaine de provinces. La
Catalogne, longtemps irrédentiste, talonne l’Andalousie dans le rang des
communautés autonomes les plus peuplées; sa densité (190 h./km2) est
cependant encore loin de celle du Pays basque (301 h./km2). Parmi les 136
régions d’Europe, la Catalogne se place au septième rang pour la richesse,
et Madrid au dix-septième rang.

La Galice (La Corogne, Lugo, Orense, Pontevedra) forme un bloc massif,
tout comme la Catalogne (Barcelone, Gérone, Lérida et Tarragone) ou
l’Andalousie (Almería, Cadix, Cordoue, Grenade, Huelva, Jaén, Málaga,
Séville). L’ancienne Vieille-Castille, devenue Castille-León, comprend
neuf provinces: Ávila, Burgos, León, Palencia, Salamanque, Ségovie, Soria,
Valladolid et Zamora. L’ancienne Nouvelle-Castille (Albacete, Ciudad Real,
Cuenca, Guadalajara, Tolède), désormais Castille-La Manche, abandonne
Madrid (qui est devenue autonome) et récupère Albacete (isolant de la
sorte Murcie). Avec la reconnaissance des langues régionales, on écrit
Catalunya (Catalogne) en catalan, Galizia (Galice) en galicien et Euskadi
(Pays basque) en basque.

La manne touristique
Phénomène économique récent, le tourisme a pris une grande importance,
après avoir contribué à l’ouverture de l’Espagne, tout en assurant les
rentrées de devises qui permettent de limiter le déficit de la balance
commerciale. Jusqu’au milieu du XXe siècle, les visiteurs étrangers se
cantonnaient principalement au Pays basque (Saint-Sébastien), à la Costa
Brava (entre Barcelone et la frontière française), à Majorque (qui reçut
Chopin et George Sand) et à la mythique Andalousie. Les hôtels installés
sur la côte autorisaient l’accueil de 300 000 touristes dès les années
1930.
Une certaine forme d’exotisme que l’on pouvait trouver au pied des
Pyrénées, des conditions climatiques favorables, le faible cours de la
peseta et la richesse du patrimoine architectural ont drainé un flot
considérable de visiteurs français depuis 1948; rapidement le tourisme
rapporta plus que les exportations de fruits et de légumes. Lorsque le
nombre de visiteurs atteignit 7 millions, en 1960, puis 14 millions, en
1965, fut introduite la notion de «tourisme de masse»; avec 30 millions en
1975 et plus de 61 millions en 1994, les Espagnols comptent désormais en
moyenne 2 touristes par habitant et par an. Le mythe des «côtes» est né:
Costa del Azahar («de la fleur d’oranger») à Valence, Costa del Sol («du
soleil») à l’ouest de Málaga, Costa de la Luz («de la lumière») sur la
façade sud-atlantique.
Si le secteur touristique correspond à 10 % du PIB et de l’emploi, son
succès a aussi ses revers: emprise sur les bonnes terres, développement de
«villes fantômes» désertées l’hiver, multiplication des urbanizaciones et
des pisos (appartements) d’une désolante banalité.

Les paysages côtiers sont saccagés par les murs de béton, et la société rurale
est désorganisée par les migrations que suscitent les chantiers de construction et les
multiples services gravitant autour du tourisme. Cette perte évidente
d’identité est en outre aggravée par l’accentuation des déséquilibres
entre les régions au profit des zones littorales. De plus, la forte
dépendance vis-à-vis des tour-opérateurs de l’Europe du Nord ôte à
l’Espagne une part des revenus qu’engendre l’activité touristique.
On recense une dizaine de grandes régions touristiques. Les Baléares,
archipel fréquenté par les croisiéristes, sont l’une des grandes
destinations mondiales des charters, tout comme les Canaries, îles prisées
des voyages organisés vantant la qualité des doux hivers «ibériques». La
Catalogne et le Levant, avec leurs innombrables terrains de camping,
toujours très fréquentés par les estivants français, profitent du pôle
barcelonais et de son poids culturel. L’Andalousie, à la fois élitiste et
populaire, littorale et historique, méridionale et islamisée, reste une
destination très prisée. Le Nord-Ouest, avec Santander (ville à présent
reliée par ferry-boat aux autres pays celtes que sont la Bretagne, le
Sud-Ouest de l’Angleterre et l’Irlande) et Saint-Sébastien, vieilles
stations aristocratiques, bénéficie de la présence de la route médiévale
de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Madrid et la couronne des
vieilles villes castillanes – Tolède, Ségovie, Burgos, Valladolid, Ávila
ou encore Salamanque – tirent avantage de la fonction de plaque tournante
de la capitale espagnole.
Environ le quart des nuitées annuelles intéressent les Baléares, et le
cinquième la Catalogne; viennent ensuite les Canaries, le Levant et
l’Andalousie. Les Français fournissent le quart des visiteurs, devant les
Portugais (un cinquième) et les Britanniques (un septième).

Histoire du XXème siècle :
Une tentative de restauration de son prestige, fondée sur
l’impérialisme, eut pour seul résultat une longue et âpre guerre dans le
Nord marocain (1909-1925). La grève générale de 1909 à Barcelone révéla à
la fois l’ampleur du malaise ouvrier et celle de l’organisation syndicale.
Antonio Maura (1853-1925) et José Canalejas (1854-1912) seront impuissants
devant les pesanteurs de la société et les archaïsmes de l’économie, le
durcissement de l’oligarchie et l’omnipotence des «caciques» à l’échelon
local. En 1917, une vague de grèves et de terrorisme déferla sur la
Catalogne et les Asturies, des officiers constituèrent des juntas de
defensa. Le gouvernement fit appel à l’armée, qui tira sur les grévistes.
La guerre mondiale est pourtant favorable à l’économie espagnole, qui
profite du conflit: la prodigalité des «nouveaux riches» éclate dans les
années 1920 à Madrid et à Barcelone. Mais les tensions s’exaspèrent dans
les masses paysannes et ouvrières; les syndicats s’opposent aux milices
armées de la bourgeoisie. Le général Primo de Rivera, qui prend le pouvoir
le 13 septembre 1923, instaure une dictature qui se lance dans une
politique de grands travaux et rétablit la situation militaire au Maroc.

Mais l’absence d’une véritable politique sociale, la persécution des
intellectuels et l’agitation de certains milieux conservateurs, la montée
des autonomismes entraînent des difficultés croissantes, et Primo de
Rivera se retire en janvier 1930. Les élections municipales d’avril 1931,
bien qu’ayant conservé la majorité aux monarchistes, donnèrent toutes les
grandes villes aux républicains. Désireux à la fois de pacifier et de
clarifier le débat, Alphonse XIII prit le chemin de l’exil, sans abdiquer.
La république fut proclamée le 14 avril 1931.

La seconde république
La gauche remporta les élections de juin 1931 et fit adopter une nouvelle
Constitution particulièrement démocratique. Le nouveau gouvernement
multiplia les initiatives: il abolit les titres de noblesse, modifia le
code pénal, autorisa le divorce, sépara l’Église et l’État, interdit les
Jésuites, entreprit de laïciser l’enseignement, attribua un statut
d’autonomie à la Catalogne et réduisit considérablement le nombre des
officiers. Sur le plan social, une ambitieuse réforme agraire fut mise en
chantier. Toutes ces mesures suscitèrent l’hostilité du clergé, des
propriétaires terriens et des militaires: un putsch échoua à Séville en
1932. À l’extrême gauche, anarchistes et socialistes maximalistes
dénonçaient quant à eux la lenteur des réformes et entretenaient une
agitation violente. L’aggravation de la crise économique alourdit encore
le climat. Le président Alcalá Zamora décida alors de dissoudre
l’Assemblée, et les élections de novembre 1933 virent la victoire du
centre et de la droite légaliste regroupée dans la CEDA (Confédération
espagnole des droites autonomes), dirigée par Gil Robles. Mais l’extrême
gauche accepta difficilement le résultat des élections et se montra très
menaçante. De son côté, la CEDA se radicalisa et imposa une politique de
réaction sociale. Avec l’aide des communistes, le syndicat UGT (Union
générale du travail) déclencha une insurrection à Madrid, alors qu’un
soulèvement éclatait en Catalogne (l’État catalan fut proclamé par Lluís
Companys, le 6 octobre 1934). L’insurrection des mineurs des Asturies, en
octobre 1934, se révéla la plus durable, mais fit finalement l’objet d’une
répression sanglante. En janvier 1936, la Chambre était à nouveau dissoute
et le Frente popular, rassemblant les forces de gauche, remporta les
élections. Mais le nouveau gouvernement, dirigé par Manuel Azaña, ne
parvint pas à faire face à la vague d’assassinats et de violences
(notamment à l’égard du clergé) qui submergea l’Espagne. La majorité des
socialistes, les communistes et les anarchistes ne croyaient plus à la
solution démocratique et en appelaient à la révolution sociale. À droite,
la CEDA se démembrait alors que les monarchistes et les phalangistes de
José Antonio de Primo de Rivera rejetaient toute stratégie légaliste et
prônaient une contre-révolution violente.

La guerre d’Espagne
L’assassinat du leader monarchiste Calvo Sotelo, le 13 juillet 1936,
précipita un putsch fomenté par un groupe de généraux (notamment le
monarchiste Sanjurjo, et Mola partisan, lui, d’une dictature
républicaine): le 18 juillet, il se heurta à la résistance inattendue du
gouvernement légal;

à la fin du mois, les putschistes ne contrôlaient en
fait que le nord-ouest du pays et une partie de l’Andalousie. En octobre,
ils parvinrent cependant à faire la jonction de leurs forces du Nord et du
Sud, sous la conduite du général Franco, entré dans la rébellion après ses
troupes mais que la levée du siège de l’Alcazar de Tolède avait imposé à
l’armée. En juin 1937, l’enclave républicaine du Pays basque était
conquise. En avril 1938, les nationalistes atteignirent la Méditerranée à
Vinaroz, isolant la Catalogne du reste du territoire républicain. Après
avoir bloqué une contre-offensive, ils attaquèrent de nouveau en décembre
1938 et prirent Barcelone le 25 janvier 1939. Ils entrèrent à Madrid le 28
mars et à Valence le 30.
Dans ce conflit, l’intervention des puissances étrangères avait joué un
grand rôle. De nombreux «volontaires» italiens et les aviateurs allemands
de la légion Condor épaulèrent le camp nationaliste. Avions et bateaux
germano-italiens rendirent possible le transbordement des troupes
marocaines sur le territoire métropolitain. La présence de nombreux
techniciens permit aux nationalistes de tirer pleinement parti du matériel
moderne qu’ils recevaient. Les républicains organisèrent les «Brigades
internationales», composées de volontaires étrangers. L’URSS fournit un
nombre considérable de tanks et d’avions aux républicains.
Chaque camp trouva rapidement sa raison d’être dans le rejet fanatique de
l’autre mais, de part et d’autre, les dissensions internes étaient très
importantes. Les monarchistes alphonsins, tenants d’une monarchie
constitutionnelle, se différenciaient très nettement des carlistes, qui
aspiraient à une royauté traditionaliste. Les courants politiques de
sensibilité catholique constituaient un ensemble hétérogène allant de la
démocratie chrétienne à l’autoritarisme corporatiste. Quant aux
phalangistes, ils incarnaient un courant fasciste, laïcisant et
antimonarchiste, à l’idéologie plus ou moins révolutionnaire. Les
militaires étaient également très divisés. Manœuvrant habilement, le
général Franco, désigné comme successeur du général Sanjurjo, mort
accidentellement, se déclara chef de l’État le 1er octobre 1936 et
rassembla en août 1937, en un parti unique, toutes les mouvances
politiques du camp nationaliste. Restaurant pour son propre usage le titre
médiéval de Caudillo, il obtint, bien que tardivement, la reconnaissance
du gouvernement nationaliste par le Vatican, préoccupé du sort des
catholiques basques combattant du côté des républicains, alors que les
évêques espagnols s’étaient rapidement engagés dans la «croisade»
antirépublicaine.

Dans le camp républicain, l’État eut tout d’abord du mal à exercer son
autorité, alors que les milices des partis de gauche se livraient à des
collectivisations anarchiques, qui désorganisaient l’économie, et
procédaient à des épurations sanglantes visant des fascistes avérés ou
supposés: un cinquième du clergé espagnol fut ainsi massacré. Très vite,
les socialistes minimalistes, les communistes et la gauche «bourgeoise»
s’allièrent pour réclamer la fin des exactions et de l’anarchie
économique.

Les socialistes maximalistes, les anarchistes de la CNT
(Confédération nationale du travail) et les marxistes antistaliniens du
POUM (Parti ouvrier d’unification marxiste) étaient au contraire
favorables à une révolution sociale immédiate. La lutte entre ces deux
factions déboucha sur une insurrection des anarchistes et des membres du
POUM à Barcelone, en mai 1937: l’échec du soulèvement marqua la victoire
définitive de la coalition hétéroclite des «modérés». Le nouveau
gouvernement de Juan Negrín mit fin aux persécutions religieuses, relança
l’économie et fit des ouvertures à la bourgeoisie et à l’Église. Mais
l’aggravation de la situation militaire fit éclater ce consensus fragile,
les socialistes dénonçant l’emprise d’un parti communiste de plus en plus
envahissant. Jusqu’aux derniers jours du conflit, le camp républicain fut
déchiré par des querelles intestines: du 5 au 10 mars 1939, à Madrid,
moins de quinze jours avant la reddition de la capitale, des combats
opposèrent des unités communistes à des socialistes et à des anarchistes.

L’Espagne de Franco
Le régime franquiste s’installait dans un pays ruiné (l’Espagne a perdu 30
% de sa capacité productrice agricole et industrielle) et décimé par la
guerre (145 000 morts, 134 000 fusillés, 630 000 victimes de maladies et
de malnutrition, 440 000 exilés).

Les débuts du franquisme
L’idéologie officielle du nouveau pouvoir exaltait une Espagne
traditionaliste et antimoderniste, fondée sur la religion catholique, le
corporatisme (en 1942, les membres des Cortes sont pour l’essentiel élus
par les corporations économiques et culturelles), l’évocation mythique
d’un passé glorieux et le rejet de la franc-maçonnerie, du socialisme et
de la démocratie. En réalité, le régime franquiste était plus autoritaire
que fasciste, et l’on a pu dire que, bien loin d’avoir imposé une
idéologie totalitaire, il avait puissamment contribué à la désaffection de
toutes les idéologies. Franco se révéla un pragmatique, secret et
taciturne (il n’a jamais théorisé sa politique et n’a pas laissé de
Mémoires), qui manipula les hommes et les courants et paya ses alliés
d’ingratitude (il refusa à Hitler l’entrée en guerre de l’Espagne aux
côtés des puissances de l’Axe et se contenta de l’envoi symbolique de la
division Azul sur le front russe). Mais la défaite des forces de l’Axe
plaça le régime dans une situation difficile: à partir de 1943, de
nombreux généraux réclamèrent le retour à la monarchie et, en 1944, des
groupes de guérilleros républicains s’infiltrèrent dans le pays depuis la
France. L’Espagne ne fut pas acceptée au sein de l’ONU et se retrouva au
ban des nations.
Malgré tout, le régime parvint à survivre. Le fuero du 19 juillet 1945
précisa les droits fondamentaux des Espagnols, et la loi de succession du
1er avril 1947 définit le régime comme une monarchie dont Franco était le
régent à vie. Ces concessions accompagnaient l’arrivée au gouvernement de
ministres issus de l’Action catholique et soucieux d’une certaine
libéralisation du régime.

Mais le retour de l’Espagne sur la scène internationale fut facilité par
la guerre froide et marqué par la signature d’un accord hispano-américain (1953),
d’un concordat avec le Vatican (1953), ainsi que par son entrée
à l’ONU (1955). Néanmoins, la
politique libérale du ministre de l’Éducation, Ruiz-Giménez, déboucha en
février 1956 sur une agitation estudiantine qui dégénéra en crise
politique, dénouée par le renvoi du ministre et l’arrestation de quelques
phalangistes. Franco n’en resta pas moins pleinement conscient du malaise
qui s’était emparé de la société, d’autant plus que l’économie espagnole,
très retardataire, subvenait de moins en moins aux besoins du pays: en
1950, 50 % de la population active travaillait encore dans le secteur
primaire; des barrières douanières très élevées, liées à des
préoccupations autarciques et à l’extrême modicité du coût de la
main-d’œuvre agricole, avaient freiné une mécanisation onéreuse; afin de
réduire au minimum les importations, l’Institut national d’industrie (INI)
avait suscité la constitution d’un vaste secteur industriel public et
parapublic.

Vers le «miracle économique» espagnol
Franco fit prendre au régime un tournant décisif, lors des remaniements
ministériels de février 1957, puis de juillet 1962 et d’octobre 1969, en
faisant appel à des technocrates majoritairement issus de l’Opus Dei,
véritable franc-maçonnerie confessionnelle créée en 1936. Animés par
Laureano López Rodó, éminence grise de l’amiral Carrero Blanco, le plus
proche collaborateur de Franco, les ministres de l’Opus mirent en œuvre
une politique économique audacieuse: assainissement des finances,
libéralisation de l’appareil économique, ouverture du pays aux capitaux
étrangers, développement d’une industrie compétitive, investissements
touristiques. Cette politique inaugura un véritable «miracle économique»
espagnol. De 1960 à 1974, le revenu moyen par habitant bondit de 300 à 2
000 dollars, la production de l’acier fut multipliée par cinq, le parc
automobile, qui était d’une voiture pour 100 h., passa à un véhicule pour
sept. Alors que le nombre des journaliers agricoles diminuait très
nettement, les secteurs secondaire et tertiaire augmentaient
considérablement, les classes moyennes acquérant une importance de plus en
plus grande dans la société. En 1974, il y avait 194 425 chômeurs en
Espagne, soit seulement 1,47 % de la population active.

Si l’Espagne sortait enfin du sous-développement, le régime n’en retirait
aucun bénéfice politique: les mouvements de contestation se faisaient de
plus en plus nombreux; de nouvelles structures syndicales illégales
étaient apparues, le nombre de grèves s’était accru considérablement, les
étudiants s’agitaient. Plus grave encore pour le régime était l’attitude
critique d’une grande partie du clergé espagnol, surtout celle qui n’avait
pas connu la guerre civile. Dès avant Vatican II, l’Église n’était plus le
soutien inconditionnel du franquisme. En septembre 1971, la majorité des
prêtres et évêques espagnols exprima son regret de l’attitude
antidémocratique de l’Église avant et pendant la guerre civile.

Le troisième foyer d’opposition était celui des nationalismes renaissants
dans un État fortement centralisateur: depuis 1939, le Pays basque et
surtout la Catalogne avaient souffert de nombreuses discriminations et
perdu toute autonomie. Le régime franquiste ne parvint pas vraiment à
juguler le mécontentement généralisé: les quelques concessions telles que
la libéralisation partielle de la presse (1966) ou la liberté de culte
enfin accordée (1967) aux confessions non catholiques furent jugées
insuffisantes; le terrorisme basque se développa.

C’est dans ce contexte que les monarchistes réussirent à imposer leur
solution pour l’après-franquisme: certes, depuis la loi de 1947, le
caractère monarchique du régime était officiellement reconnu, mais aucun
dispositif constitutionnel n’avait fixé avec précision le mécanisme de la
succession, même si, en 1948, le jeune Juan Carlos, petit-fils d’Alphonse
XIII, était rentré en Espagne pour y recevoir une éducation militaire (son
passage par les écoles des trois armes devait le servir plus tard dans ses
relations avec l’armée) et universitaire. Au terme d’une lutte d’influence
avec les phalangistes, le clan technocratique, favorable à la monarchie,
l’emporta et, le 25 juillet 1969, Juan Carlos était officiellement nommé
«prince d’Espagne». Le 19 juillet 1974, gravement malade, Franco lui céda
l’intérim de ses fonctions. Au sein de l’entourage du Caudillo, la
tendance dure (le Bunker) sembla alors l’emporter, malgré l’assassinat en
juillet 1973 de Carrero Blanco, Premier ministre et chef de l’opposition à
de nouvelles réformes. Le 20 novembre 1975, Franco s’éteignait.
L’après-franquisme débutait dans l’incertitude la plus totale.

L’Espagne démocratique
Contrairement aux inquiétudes de nombreux Espagnols, la transition vers la
démocratie se déroula sans heurts majeurs. Juan Carlos, intronisé le 27
novembre 1975, joua un rôle essentiel: après avoir confirmé le dernier
Premier ministre de Franco, Arias Navarro, qui ne put que faire la preuve
de son impuissance devant la situation politique et sociale, le roi fit
appel à Adolfo Suárez, le 3 juillet 1976. Ce technocrate issu du sérail
n’effraya pas les adversaires du changement et put ainsi obtenir des
Cortes le vote d’un texte révolutionnaire: la loi pour la réforme
politique, ratifiée par référendum le 15 décembre 1976. Ce texte stipulait
que les Cortes, élues par le peuple, exerçaient la fonction législative et
constituante, et préparait de ce fait le retour en douceur de la
démocratie. Le corollaire indispensable de cette loi fut l’instauration du
pluripartisme, qui s’acheva en juin 1977 par la légalisation du PCE (parti
communiste espagnol), épouvantail de la droite et de l’armée. Les
élections du 25 juin 1977 confirmèrent le soutien de la majorité des
Espagnols à cette évolution en douceur vers plus de liberté. L’UCD (Union
du centre démocratique), parti de centre-droit dirigé par Adolfo Suárez,
et le PSOE (parti socialiste ouvrier espagnol) se taillèrent la part du
lion au détriment des partis plus radicaux tels que l’Alliance populaire à
droite ou le PCE à gauche.

Mais partis politiques et syndicats firent preuve d’un sens remarquable des responsabilité
en signant le «pacte de la Moncloa», qui maintint les affrontements politiques et les exigences
salariales dans des limites compatibles avec la survie de la jeune démocratie.
Si les conservateurs libéraux avaient su négocier le tournant
démocratique, ils ne réussirent pas pour autant à se maintenir à la tête
du gouvernement. Aux élections de 1982, les socialistes remportèrent la
majorité absolue des sièges et s’installèrent jusqu’en 1996 au pouvoir,
gardant la confiance d’une grande partie de l’électorat, en dépit d’une
conjoncture économique morose.

En désaccord de plus en plus net avec le régime franquiste depuis le début
des années 1960, l’Église accepta sans grande difficulté le nouvel ordre
démocratique. La hiérarchie catholique s’en tint ainsi à une stricte
neutralité lors des élections constituantes de 1977. Certains évêques
dénoncèrent cependant un État agnostique légalisant le divorce,
l’avortement et la liberté de l’enseignement.

Dans l’armée, la démocratisation du pays fut plus mal vécue. La
légalisation du PCE fut une douloureuse surprise. Bien des militaires
voyaient également dans les statuts des communautés autonomes une menace
mortelle pour l’unité nationale, dont ils se sentaient les garants. À
partir de 1977, les cercles militaires les plus hostiles à la démocratie
échafaudèrent des plans de coup d’État. Le 23 février 1981, le
lieutenant-colonel Antonio Tejero prit d’assaut la Chambre des députés.
L’intervention du roi fit avorter le complot, dont l’échec marqua la fin
des états d’âme de l’armée, qui trouva dans l’intégration atlantique
(l’Espagne entra dans l’OTAN en 1982) de nouvelles perspectives d’avenir.

L’entrée de l’Espagne dans la CEE en 1986 a conforté la réussite du
desarrollo («développement»), consacré par le succès des jeux Olympiques
de Barcelone et de l’Exposition universelle de Séville en 1992. Mais les
lendemains de la fête se sont révélés pénibles: perte de compétitivité des
entreprises, accroissement brutal du chômage (24,4 % en 1994), dévaluation
de la peseta (dépréciée en 1994 de 25 % par rapport au mark),
multiplication des scandales politiques et financiers qui ont terni
l’image du Premier ministre Felipe González et du PSOE. Gouvernant à la
fin avec une majorité moribonde, celui-ci a laissé place au conservateur
José Maria Aznar Lopez, chef du Parti populaire, à la suite des élections
de mars 1996, dont les grands vainqueurs furent aussi les nationalistes
catalans et basques, recours indispensables à la constitution de la
nouvelle majorité.

État et institutions
La Constitution, adoptée par les Cortes le 31 octobre 1976, a été ratifiée
par référendum le 6 décembre 1978. Elle instaure une monarchie
parlementaire.

Le roi est chef de l’État, la non-responsabilité et l’inviolabilité de la personne royale sont reconnues, de même que la nécessité du contreseing, mécanisme classique des monarchies
constitutionnelles qui transfère la responsabilité du roi aux signataires
de ses décisions. L’Espagne se voit dotée des principaux attributs d’une
démocratie parlementaire: le pouvoir législatif est partagé entre deux
Chambres, l’Assemblée nationale, élue pour quatre ans selon un système
proportionnel atténué, et le Sénat, élu pour la même durée suivant un mode
de scrutin majoritaire à un tour. Si une motion de censure est votée ou
s’il ne parvient pas à obtenir la majorité quand la question de confiance
est posée, le gouvernement doit se retirer. Le dispositif institutionnel
épargne cependant au chef du gouvernement l’épreuve de la double
investiture et impose à l’opposition la notion de «censure constructive»:
aucune motion de censure ne peut être déposée sans présentation simultanée
d’un candidat à la présidence. Un Tribunal constitutionnel veille à la
constitutionnalité des lois et un Défenseur du peuple joue le rôle de
médiateur. Le catholicisme n’a plus le statut de religion d’État.
Mais l’aspect le plus original de la Constitution espagnole réside dans le
règlement de la question des nationalités. Adoptant un système
intermédiaire entre centralisme et fédéralisme, la Constitution affirme
«l’unité indissoluble de la nation espagnole», mais «reconnaît et garantit
le droit à l’autonomie des nationalités et régions qui en font partie».
L’Espagne est donc un État composé de dix-sept régions autonomes,
disposant chacune d’un statut d’autonomie particulier.

La société
L’Espagne des années 1990 bouillonne des métamorphoses inaugurées à la fin
des années 1970 et désormais reconnues internationalement sous le terme de
movida. Elles expriment la volonté de mouvement et de mutation qui anime
une société longtemps figée et profondément transformée depuis la guerre
civile et l’autarcie des années 1940.

Religion
Même si l’Espagne n’a aucune religion officielle depuis qu’a été
promulguée la nouvelle Constitution, en 1978, les statistiques estiment à
97 % la proportion de catholiques, contre seulement 0,4 % de protestants.
Les Espagnols, consultés par enquêtes, ont révélé que trois quarts d’entre
eux s’estimaient moins tournés vers la religion en 1988 qu’au cours de la
décennie précédente.

L’Église gère un patrimoine et bénéficie d’une certaine audience, mais a
beaucoup perdu de son influence sur la vie quotidienne des fidèles. Elle
parvient difficilement à maintenir les vocations sacerdotales (le nombre
des séminaristes est passé de 8 000 en 1960 à 1 800 en 1975) et ses
membres tendent à vieillir. Les effectifs des ordres monastiques
(bénédictins, cisterciens) baissent sensiblement. Les sectes comblent en
partie le vide ainsi créé: l’Église de Palmar de Troya, par exemple,
possède son propre «pape».

Enseignement
Très développé dans le Sud, l’enseignement permanent des adultes a
largement contribué au recul de l’analphabétisme, longtemps l’un des
grands maux du pays (7,1 % de la population étaient encore analphabètes en
1990). Après l’éducation générale de base (EGB) et le baccalauréat unifié
polyvalent (BUP), cinq types de cursus universitaires s’offrent aux
étudiants: facultés (sciences, droit…), écoles techniques supérieures
(architecture, agronomie), écoles universitaires (télécommunications,
agriculture), enseignement à distance, écoles spécialisées (musique,
tourisme). Les principales villes universitaires sont Madrid (125 000
étudiants), Barcelone (86 000) et Valence (37 000), loin devant
Saint-Jacques-de-Compostelle, Grenade, Séville et Saragosse.

Sports et spectacles
D’une façon ou d’une autre, le sport, sous ses multiples formes, souvent
spectaculaires, parfois cruelles, est toujours présent dans la vie
quotidienne des Espagnols, tant par l’attention qu’ils portent aux
compétitions que par la fièvre des paris engagés sur le football
(quinielas), sans oublier les non moins populaires courses de taureaux.

Véritable phénomène de société, les compétitions sportives connaissent une
forte intensité (ainsi le «Mundial» de football en 1982), qui a culminé en
1992 avec l’événement planétaire des jeux Olympiques de Barcelone. La
Vuelta, équivalent espagnol du Tour de France cycliste, passionne chaque
année les foules.

La tauromachie, pratiquée initialement par l’aristocratie, qui combattait
le taureau à cheval, est devenue au XVIIIe siècle une fête plébéienne,
codifiée en 1796 par le matador Pepe-Hillo et peinte par Goya. Élaborée
dans les «écoles» de Ronda et de Séville, la corrida, qui ponctue tous les
événements importants locaux ou nationaux, n’a pris sa forme actuelle que
vers 1830 et passa d’une forme d’affrontement violent avec des bêtes
énormes, qu’illustrèrent Pedro Romero, Lagartijo et Guerrita, à un
spectacle dominé par la recherche de l’émotion esthétique, dont Juan
Belmonte, avec son travail à la cape, fut l’initiateur: sa rivalité avec
Joselito tint en haleine une génération d’Espagnols. Les hommes «en habit
de lumière» fascinèrent les artistes et les écrivains du monde entier (de
Hemingway à Montherlant et à García Lorca), et les figures de Manolete, de
Luis Miguel Dominguín, d’Antonio Ordóñez et d’El Cordobés font toujours
vibrer les «aficionados».

Andalousie en espagnol Andalucía

Communauté autonome du S. de l’Espagne Andalous; 87 268 km², 6 773 400 h ;
capitale Séville.
De climat subtropical, l’Andalousie correspond au bassin du Guadalquivir,
vaste dépression récemment remblayée, marécageuse sur les côtes (marismas
du delta), entre la sierra Morena, au N., et la chaîne Bétique, au S.,
dominée par la sierra Nevada (Mulhacén, 3 481 m). Cultures «sèches»
(céréales, oliviers, vignes à Málaga et à Jerez) et irriguées (betteraves,
agrumes, canne à sucre, fruits, coton, tabac) dans les bassins intérieurs
vegas et les plaines littorales. Nombreux minerais (fer, plomb, étain,
cuivre, uranium), charbon et pétrole. Industries variées (métallurgique,
mécanique, constructions navales, chimie, agroalimentaire) à Séville,
Málaga, Cordoue, Cadix; raffineries de pétrole à Algésiras et à Huelva.
Tourisme (Costa del Sol). L’Exposition universelle de Séville, Expo 92, a
reçu 45 millions de visiteurs.

Histoire
L’Andalousie (la Bétique des Anciens) fut successivement colonisée par les
Phéniciens, les Grecs, les Carthaginois et les Romains. Conquise au Ve s.
par les Vandales (qui lui donnèrent leur nom, Vandalitia, d’où
«Andalousie») et les Wisigoths, avant d’être soumise, à partir de 711, par
les Arabes, elle devait connaître, sous la domination de ces derniers, un
brillant essor économique et culturel. La Reconquista progressa lentement
après la bataille de Las Navas de Tolosa (1212) et s’acheva, en 1492, par
la prise de Grenade et le rattachement de l’Andalousie à l’Espagne.
Les Arabes introduisirent dans la péninsule Ibérique alors musulmane les
pratiques musicales de l’école de Bagdad. Faisant une
synthèse des sources indo-persanes et grecques, ils assignèrent à la musique un rôle
psychothérapeutique qu’ils relièrent aux signes du zodiaque et aux
éléments. De là est né le système modal et orchestral des 24 nuba
(noubas), qui désignent soit les différents mouvements d’une pièce
orchestrale, soit la pièce elle-même. Après la chute de Cordoue et de
Grenade, l’art de la nuba se répandit dans tout le Maghreb.

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