Séjour balades et culture dans le Périgord du 28 avril au 4 mai 2002.

Chaque année depuis 3 ans à la même époque nous découvrons la Dordogne ancienne province du Périgord qui recueille plus de 1000 château.
Le séjour consiste le matin à parcourir entre 5 et 7 kilomètres à pied dans la nature, l’après-midi est consacré à la visite d’un site du patrimoine périgourdin. Pour nous le séjour a débuté à Agen, car depuis cette ville nous avons emprunté la ligne SNCF qui relie Agen à Périgueux avec des arrêts dans de petites villes dont le nom en tout cas pour nous est méconnu Penne, Monsempron-libos, Belvès, le Buisson, le Bugue, les Eyzies, Niversac, puis enfin Périgueux. A notre arrivée nous avons été accueillis par Alain DUVERNEUIL Président du comité AVH de Périgueux. Le groupe est composé de Roger, Dominique, Georgette, Michèle, Céférino, Véronique, Thierry, véronique, Claudette, Michel, Claudine, Michel. Dès que tout le monde a été rassemblé, nous avons pris place dans le bus dont Joseph était le chauffeur. Après un bon repas au restaurant nous avons regagné le centre de vacances de la ville de Saint-Denis à Montrem qui est situé à une quinzaine de kilomètres de Périgueux, cet hébergement est le même que l’an passé.
Notre premier bol d’air se trouve à côté du Bugue qui est la forêt domaniale de Campagne où 3 personnes du service de l’environnement de la Dordogne vont nous expliquer l’évolution de la forêt ainsi que sa flore et sa faune. Le village de Campagne est situé sur la Vezère, le nom de Campagne date de l’époque gallo-romaine, au XII.me siècle le village s’appelait Campagnha, au XVII.me siècle il est devenu Campagnie puis Campaigne en 1880 avant de devenir Campagne au dévut du XX.me siècle. La forêt de campagne a une superficie de 150 hectares, elle surplombe le château de Campagne. La forêt possède 2 sites préhistoriques importants Poulvérouze et le roc de Marsal. On peut y découvrir des cluzeaux sortes d’abri ayant servi soit d’habitation ou de garde manger, un cluzeau est taillé dans la roche avec l’aide d’outils en fer. Le chemin de Découvertes a été tracé en collaboration entre le Conseil général de Dordogne et le comité AVH de Périgueux, il mesure 6,5 kilomètres. Le chemin mène au polissoir, à l’oppidum qui se trouve au-dessus du pic rocheux puis le tracé redescend en étant plus étroit et escarpé. Le château de Campagne a été fortifié depuis le WII.me siècle, il a été démantelé au cours de la guerre de 100 ans. Il a été occupé par les Anglais en 1385 puis repris par les Français en 1405. Il a été incendié par les Anglais en 1327 et par les Français en 1432. Il a été reconstruit au XV.me siècle, il a subi des travaux d’embellissement au XVI.me siècle et des bâtiments de servitudes ont été construits au XVII.siècle. Nous sommes dans le Périgord noir à proximité de Sarlat, les hommes qui habitaient la région à l’époque néolithique étaient des agriculteurs, des éleveurs et des potiers. Le polissoir est en terme géologique un bloc de gré disposé au milieu d’un sol calcaire, le polissoir sert à tailler ou à affûter les armes et les outils. Les outils ou armes en silex ainsi abrasés servent à la déforestation, de valeur d’échange et d’apparats, un polissoir permet d’abraser 5 à 10 grammes de silex à l’heure. Les cluzeaux ont été utilisés dès le moyen-âge jusqu’à la fin du XIX.me siècle époque à laquelle on y donnait des banquets. La forêt de Campagne est le paradis des chênes pubescents, des érables champêtres, des noisetiers et des nerpruns alaternes. Au cours de la balade le guide nous a fait remarquer que le château de Campagne avait été épargné lors de la révolution, il est privé donc interdit à la visite. La forêt de Campagne a été donnée en 1971 par le marquis Gérald de Campagne à l’état. L’ONF élimine l’ailhante qui pousse 2 fois plus vite que l’acacia, à certains endroits on trouve des charmes et des tilleuls. Le chemin est bordé de géraniums sauvages, d’orchidées, de fraises des bois et de châtaigniers. La forêt est le royaume des merles, des étourneaux, des mésanges, des moineaux et des pic vers. On peut y découvrir des empreintes de cerfs, de chevreuils et de sangliers. Arrivés au sommet du massif on peut admirer la vallée de la Vézère qui coule à 200 mètres plus bas. La fin de la balade a eu pour objet un cluzeau composé de 2 cavités, puis nous avons rejoint le village de Campagne pour y prendre le repas au restaurant du château.
L’après-midi nous avons pris la direction sud du département afin d’aller visiter Belbes, petite ville de 1500 habitants située sur un piton rocheux. La visite commence sur la place du marché au milieu de laquelle se trouve la halle du XV.me siècle. La halle est constituée de 3 rangées de 6 piliers et une qui en comprend 5 qui a été construite plus tard. Les piliers sont en chêne pétrifié qui reposent sur des blocs de pierre de forme pyramidale. Le sol est en galets et le toit est recouvert de tuiles, la halle mesure 40 mètres sur 30 mètres, chaque année au 14 juillet on y dresse une table de 500 couverts. La halle servait aussi de lieu où on exposait les voleurs pour qu’ils soient vus de toute la population et qu’ils soient punis de leur méfait. Ensuite nous avons vu une tour du XI.me siècle au-dessus de laquelle un toit contenait une cloche qui servaient aux consuls et aux maires pour avertir la population en cas d’incendie ou toute autre manifestation. La tour est insérée dans les remparts de la ville. Le rempart a été percé d’une porte afin de donner accès à l’hôpital. Depuis cet endroit on surplombe la Nauze rivière qui coule dans la vallée de Montpazet. Pour surveiller cette vallée on y avait installé une tour appelée tour du guet qui signalait à la grande tour la venue d’intrus. Dans la falaise qui mesure 180 mètres de haut on y avait installé des habitations troglodytiques qui ont été habitées jusqu’à la fin du XVII.me siècle. Après nous sommes passés sous la porte qui était le seul accès à la ville, elle est courbée ce qui constituait une première défense, nous pouvons aussi distinguer sous le porche la rainure creusée en biais où coulissait une herse. Plus loin nous avons aperçu la maison des évêques de Bordeaux qui y venaient s’y reposer. Les rues de la ville sont très pentues, nous sommes devant une maison qui date de 1882 qui a été construite sur l’emplacement d’une ancienne maison. Elle est de style baroque un mélange de gothique et de roman, des briques et des sculptures ornent la façade qui a été dessiné par Violet-Leduc, ami du propriétaire ingénieur à la ville de paris. L’intérieur est décoré de poutres sculptées des armes des évêques de bordeaux qui sont aussi représentées sur les vitraux extérieurs. Bertrand de Got évêque de Bordeaux a été le premier pape à Avignon sous le nom de Clément V de 1305 à 1314. Toutes les maisons ont un jardin sur les remparts, sur une petite place se trouve l’emplacement de l’ancienne église Saint-Nicolas. Eglise qui s’est effondrée au XVII.me siècle avec le mur d’enceinte, on a reconstruit le mur mais pas l’église car à cette époque Belves comptait 50 habitants ce qui ne justifiait pas de reconstruire l’église qui de plus il y en avait de nombreuses aux alentours. Contre le mur d’une maison nous avons aperçu le mécanisme qui permettait d’éclairer les rues jusqu’au XIX.me siècle avec une lanterne suspendue que l’allumeur de réverbères descendait avec l’aide du mécanisme pour l’allumer. Chaque maison de la ville était séparée par un espace qui faisait office de pare feu. Une autre maison qui date de 1882 qui n’a rien à voir avec le style périgourdin, elle est de style flamand avec un toit en escalier, son propriétaire étant flamand, jusqu’à l’an dernier cette maison appartenait au Président d’EDF-GDF. Nous sommes passés devant l’ancien collège, à cet endroit la rue qui passe sous les remparts est 13 mètres en profondeur. Jusqu’à la réforme scolaire les lycéens restaient jusqu’à la première partie du Baccalauréat, il y avait 700 élèves dont 400 internes répartis dans toute la ville. Puis nous sommes allés au pied d’une tour de 40 mètres de haut qui à l’origine n’était pas couverte mais l’auditeur le représentant de l’évêque à Belves équivalent au Maire a demandé à l’évêque de bordeaux de couvrir la tour pour y accueillir un pigeonnier. Cette tour date du XIV.me siècle, elle est ronde on en dénombre 2 autres semblables de style gothique dans le Périgord à Biron et à Cadouin. Belves à Quatre places dont la plus grande est celle de l’hôpital qui possède aussi une tour ronde du XIV.siècle, l’hôpital de belves est spécialisé pour la maladie d’Elsheimer. Depuis la cour de l’hôpital où se trouve un pied de kiwis on domine la vallée où coule la Nauze et passe la ligne SNCF Agen à Périgueux, la gare de Belves est située à 106 mètres d’altitude par rapport au niveau de la mer. L’évêque Champion de cicé a beaucoup apporté à belves il a signé des accords en 1788 entre l’église et la royauté, à bordeaux un grand boulevard porte son nom. La place de l’hôpital a été rénovée à l’ancienne, elle est recouverte de pavés avec des rigoles pour y récupérer les eaux pluviales. Nous avons contemplé une maison rénovée, nous sommes passés sous un porche du XII.me siècle. Au XVI.me siècle au retour des guerres d’Italie la mode était de remplacer les façades en démontant l’ancienne pour la remplacer par une nouvelle moins austère, une maison du XVI.me siècle a subi cette technique afin de remplacer quelques pierres défectueuses. Puis nous avons aperçu une tour qui contenait dans son pied le cachot qui mesurait 2 mètres carrés. Belves est alimentée en eau par une énorme source découverte lors du creusement du tunnel de la ligne SNCF Agen à Périgueux, cette source étant à 220 mètres d’altitude et le château d’eau à 180 mètres d’altitude l’eau arrive à celui-ci par son propre poids. Entre les 2 derniers recensements Belves a perdu 100 habitants dont la cause est la limitation de la superficie de la commune et de sa situation sur un piton rocheux.

Pour éveiller nos papilles nous avons pris la direction du Périgord pourpre dont la capitale est Bergerac, notre balade est au travers du vignoble de Monbazillac. Avant d’arriver à Bergerac nous avons traversé le vignoble du Pécharmant, le Pécharmant est un vin rouge qui a un goût de terroir très prononcé, il est très râpeux car le sol est rocailleux recouvert d’une fine couche de terre. Il existe 2 sortes de Pécharmant un qui est râpeux comme autrefois et un qui est plus élaboré dont plus fruité, le vignoble de Pécharmant se trouve sur un coteau. Le vignoble du bergeracois se trouve en plaine, après avoir traversé Bergerac nous avons commencé à grimper dans le vignoble de Monbazillac. Le vin de Monbazillac est de renommée mondiale dont le prix d’une bouteille de bonne qualité avoisine les 15 euros. Monbazillac est un village de 300 habitants. Notre balade débute de l’église, nous avons serpenté au milieu des vignes parsemées de bosquets et de mas viticoles. Devant chaque rangée de vigne est planté un rosier dont le but est d’avertir le viticulteur de la menace de la maladie du mildiou, car le rosier est attaqué par la maladie avant la vigne, ce qui signale au viticulteur sur le besoin de sulfater la vigne pour la garantir du mildiou. La vendange du Monbazillac s’effectue manuellement, la récolte est successive, on ne ramasse pas tout le raisin en même temps. On coupe uniquement les grappes dont le raisin est atteint de pourriture dite noble, qui résulte de l’alternance des brumes matinales et des après-midi ensoleillés qui rôtissent les grains. La pourriture noble donne au Monbazillac cet aspect doré, cette couleur ocre fonce avec le vieillissement du vin, les vins de Monbazillac révèle un bouquet puissant aux arômes d’acacia et de pêche. La différence des 3 couleurs de vin blanc, rouge ou rosé est obtenu suivant si l’on presse le raisin immédiatement pour obtenir du vin blanc, sinon on laisse le raisin fermenté avant de le presser pendant 5 à 8 jours pour obtenir du vin rouge quant au vin rosé on l’obtient en laissant fermenté le raisin et en interrompant la fermentation lorsque le jus a pris la couleur rosé. La couleur du vin n’est pas liée à celle du raisin, le jus de raisin blanc ou noir est toujours blanc, en fait la couleur du vin est donnée par la fermentation de la peau et de la rafle du raisin ce qui donne la couleur rouge ou rosé. Après 2 heures de balade dans le vignoble de Monbazillac, le midi nous avons pris le repas au restaurant de Mouleydier.
L’après-midi nous avons pris la direction du château de Lanquais qui est situé à l’entrée du village de Lanquais, le château est entouré de prairies et il se trouve à l’orée d’un bois. Le château à 2 styles d’architectures à gauche style renaissance XVI.me siècle et à droite style médiéval du XIV et XV.me siècle. Au XII.me siècle les évêques de Périgueux avait déjà construit une résidence d’été qui se limitait à un donjon situé au centre du castrum actuel, il ne reste plus rien de cette construction du XII.me siècle. De l’époque médiévale reste ce que l’on appelle le château fort avec ses éléments défensifs, au-dessus de la tour ronde un chemin de ronde, ses créneaux, ses merlots et ses ouvertures pour permettre de tirer avec une arbalète. Au-dessous du chemin de ronde se trouve les mâchicoulis qui servaient à la défense du bas de l’édifice, depuis lesquels on lançait des pierres afin d’éviter que les sapeurs fragilisent la base de la construction. La partie renaissance a été construite entre 1561 et 1574 sur ordre de Galiot de Latour seigneur de Limeuil qui avait confié la conduite des travaux aux 2 meilleurs architectes de l’époque Pierre Lescaut et Philibert Delorme bâtisseurs du Louvre à Paris. Tout d’abord Lanquais devait être une imitation du Louvre, un quadrilatère avec une cour carrée. Galiot de Latour était apparenté à la famille royale les de Médicis, famille très catholique. A cette époque le Périgord était une terre protestante, le seigneur de Limeuil voulait par cette construction afficher l’autorité royale et la religion catholique dans cette région hostile au roi. Le château de Lanquais était devenu une provocation et le 25 mars 1577, le vicomte de turennes chef protestant de la place de Bergerac et propre cousin du seigneur de Limeuil a assiégé le château. Le vicomte de turennes a fait lancer 200 boulets de canon contre la façade du château renaissance, la façade en porte d’ailleurs encore des traces. La façade est aussi parsemée de trous carrés qui ont servi à monter les échafaudages, habituellement à la fin de la construction on rebouche ces trous. Le château de Lanquais n’a jamais été terminé d’où la présence de ces trous, le projet de quadrilatère est resté à son plus strict élément avec un seul côté. Entre la partie médiévale et la partie renaissance est dressée une tour octogonale de 25 mètres de haut qui est de construction particulière. Cette tour n’a aucun mur de soutien, sans fondation car dessous la tour il y a une grotte préhistorique. L’ingéniosité des architectes de l’époque a consisté à faire porter le poids de charge de la construction à l’intérieur de celle-ci. Pour accéder à la tour on emprunte un escalier en pierre du XIX.me siècle qui avant était en bois afin de le brûler en cas d’assaut. La porte de la tour du XV.me siècle est d’origine, elle est cloutée pour 2 raisons : la première pour assembler la partie extérieure dont le bois est posé verticalement et la partie intérieure le bois est posé horizontalement, la seconde raison pour éviter que la porte soit défoncer à coup d’épaule, de masse d’arme ou à d’un bélier. La tour ne comporte qu’un escalier hélicoïdal qui a pour effet de lui faire assurer le report des forces à l’intérieur. Chaque marche de l’escalier forme un seul bloc de pierre avec son morceau de colonne, cet ensemble monolithique est pris dans le mur qui a été construit en même temps que l’escalier, en fait c’est l’escalier qui soutien les murs extérieurs. Le toit de la tour forme une voûte en panier avec les 8 chapiteaux, tout l’édifice date de 1480. Entre la colonne et la marche est creusée une petite gorge où pendait depuis le haut de la tour une corde qui servait à faciliter aux hommes vécus de leurs armures de monter les 2 étages afin d’accéder au chemin de ronde. Ensuite depuis la tour nous sommes passés au deuxième étage de la partie renaissance. A la renaissance Monsieur et Madame avait leur propre chambre où on y dormait, on s’y lavait, on y prenait les repas et on y recevait ses amis. L’aménagement de la chambre de Madame est du fin XVI.me siècle début XVII.me siècle, le mobilier est assez restreint un lit à colonne époque Louis XIII avec des tentures afin de se protéger du froid et de la lumière. Les rideaux aux fenêtres sont apparus à la fin du XVII.me siècle et les volets au XVIII.me siècle. L’origine de l’étoffe utilisée pour confectionner venait de Bagdad qui a donné en italien bagdaguino et baldaquin en Français. Au centre de la chambre est installée une table sur laquelle est exposée une statue de la vierge et de l’enfant, cette table servait pour les repas, la lecture, la prière et en la recouvrant d’une toile elle devenait table de toilette. Dans un coin de la chambre on y aperçoit une baignoire avec un drap de bain à l’intérieur. Le drap permettait d’éviter de se planter des échardes de bois de pin dont la principale propriété est de ne pas varier aux différences thermiques de l’eau. Par la suite le zinc a remplacé le bois de pin mais la toile avait toujours un rôle qui était d’atténuer l’aspect froid du zinc. Près de la baignoire se trouve un chauffe-bains en cuivre qui rempli de braise maintenait la température de l’eau. Contre un mur nous avons pu admirer une armoire époque Louis XIII, du XVIII.me siècle appelé pointe de diamant, elle est ornée de la croix huguenote sur les portes, elle est en noyer comme la plupart du mobilier de l’époque, près du lit est placé un siège Dagobert. Nous pouvons aussi y remarquer une magnifique cheminée dont le ton de la décoration était donnée par l’architecte avec au centre des armoiries dont celle de la famille de Gourgues propriétaire du château depuis 1732 dont les armes sont un lion d’or sur un champ d’azur, actuellement le château est la propriété de la famille de Branbois descendant de la famille de guourgues. Ensuite nous avons visité l’appartement de Monsieur dans lequel on retrouve le même mobilier que celui de la chambre de Madame le lit à colonne, une table est dressée avec des gobelets et assiettes en étain, nous y découvrons un bras zéro pour réchauffer les plats car la cuisine se trouve 2 étages plus bas. Un bureau Mazarin est placé en angle dans la pièce, il est en noyer c’est le premier bureau à tiroirs du mobilier français. Ce bureau est né du cabinet de voyage sur lequel est placée une planche pour en faire une table. Le cabinet de voyage était employé lors des déplacements, il permettait de ranger des livres, des objets qui étaient considérés au XVII.me siècle comme curieux dont les poteries galo-romaines. Dans cette chambre existe un cabinet de toilette qui date du XIX.me siècle, on peut aussi remarquer une très belle serrure de coffre du XV.me siècle sur laquelle est représenté saint-Pierre avec ses 2 clés à la main. Au-dessus du cabinet de toilette un bas relief représente Saint-Paul sur le chemin de Damas où il est tombé de cheval, suite à cette chute il va devenir chrétien. Deux meubles sont installés face à face dont l’un sur ses portes sont sculptés des diables tandis que sur les portes de l’autre meuble sont sculptés des anges. Nous avons ainsi le manichéisme entre le bien et le mal, ces deux meubles ont une particularité ils sont insérés dans la boiserie ce qui fait qu l’on ne peut pas les changer de place. La pièce est ornée d’une superbe cheminée qui date de 1600, elle a été commandée par le vicomte de turennes celui qui bombarda le château en 1577 et ironie du sort a voulu qu’il en soit l’héritier 15 ans plus tard, c’est d’ailleurs lui qui va passer commande de la plupart des cheminées du château. La cheminée de la chambre de Monsieur est intéressante par ses symboliques la pomme de pin pour l’abondance, la grenade éclatée pour la fertilité, un artichaut pour son rôle aphrodisiaque, des feuilles d’acanthe pour la beauté. Au centre de la cheminée se trouve un blason martelé certainement au cours de la révolution. Le parquet est en sapin constitué de larges planches clouées contrairement au parquet que nous verrons plus tard qui date du XVIII.me siècle et XIX.me siècle qui est composé de carrés chevillés, on a clouté les parquets jusqu’à la fin du XVII.me siècle. Sur le bureau Mazarin est disposé un ciseau mouchette qui servait à éteindre les bougies. Nous empruntons l’escalier pour nous rendre au premier étage où se trouve la salle à manger dont le parquet est du XVIII.me siècle, le concept de salle à manger est apparu à cette période. La salle à manger a été aménagé au XIX.me siècle dans le style renaissance avec en tapisserie murale une toile de lin avec pour motifs des fleurs de lys et des dermines de Bretagne peinte à la main au pochoir, on retrouve les mêmes motifs au plafond. Deux miroirs se trouvent face à face devant la fenêtre afin d’éclairer mieux la pièce car les tapisseries sont sombres. Dans la salle à manger est dressée une table pour nous expliquer le service à la française qui a débuté à partir du XVIII.me siècle. La table était placée devant la cheminée, les convives étaient attablées dos à l’âtre sans vis à vis, l’autre côté étant réservé au passage du service. Ce qui caractérise le service à la française, c’est que les plats étaient posés sur la table par séries successives que l’on appelait services. Un repas était composé de 5 services les potages, les tourtes, les viandes, les poissons et les entremets, à chaque service on proposait 5 à 10 plats différents à chaque convive. Lors d’un repas on servait entre 30 à 50 plats, on ne mangeait pas tout mais on goûtait à tout, si autour de la table il y avait 6 convives à chaque service il y avait entre 30 et 60 plats disposés sur la table. Les verres étaient absents de la table du service à la française, les verres étaient posés sur une autre table et le simple geste de tendre la main en arrière signalait au serviteur que l’on avait soif et qu’il pouvait vous proposer une boisson, il y avait autant de serviteurs que de convives. Le service à la française a duré pendant 120 ans, en 1810 c’est l’ambassadeur de Russie le prince bourakine qui a introduit en France le service à la Russe. Le service à la russe consiste à présenter qu’un seul plat et de se le passer de convive en convive, ce service est plus simple et moins coûteux, c’est celui que l’on pratique encore actuellement. Dans le service à la française les couverts sont toujours placés à droite de l’assiette, la cuillère est quant à elle placée devant l’assiette et ne sert qu’à se servir dans les plats car la soupe ne se mangeait pas mais elle se buvait. Au centre de la table était toujours placée une pyramide de fruits ou de gâteaux que l’on dégustait lorsque que la table était desservie après le repas d’où le nom de dessert. Au XVIII.me siècle on déjeunait à 10 heures, on dînait vers 16 heures, on soupait vers 22 heures et un service restait sur la table pendant un quart d’heure afin de ne pas faire éterniser le repas. Les restes du repas étaient retournés en cuisine pour y être revendus, notamment au château de Versailles où lors d’un repas royal toute une ribambelle de bourgeois attendait aux portes des cuisines afin d’acheter les restes pour leur permettre de partager le repas du roi. Le service à la française donne liberté aux convives de se placer où elles veulent à table mais il y a une règle très stricte et fondamentale qui veut, si la personne placée à votre droite est d’un rang supérieur au vôtre vous devez attendre qu’elle se serve et vous ne pouvez manger ou goûter que les plats qu’elle a bien voulu choisir. Les hommes doivent manger têtes couvertes et avec leurs épées à la ceinture. La cheminée de la salle à manger est ornée d’une peinture du XVIII.me siècle peint à même la pierre qui représente le château de Lanquais et son moulin. Un meuble en noyer du XIX.me siècle est exposé dans la salle à manger, il a été offert par une chapelle de Bergerac car la légende dit que Saint-Fron serait né à Lanquais, les portes du meuble proviennent d’un ancien retable voué et représentant Saint-Fron dompteur et vainqueur de la fameuse coulovre. Ensuite nous avons rejoint le salon où sont exposés un billard américain transformé en billard français d’époque Charles X, le billard est d’origine française du XV.me siècle, c’est Louis XI grand amateur de croquet mais souffrant du dos à qui on a imaginé de placer le jeu de croquet sur une table afin que le roi puisse s’adonner à son sport favori d’où la naissance du billard. On peut aussi y remarquer une table d’échec, une table pour jouer aux cartes une table guéridon nom de son inventeur qui était un personnage de farces, un piano et un violon du XIX.me siècle, une pendule style Napoléon et tout autour du salon sont suspendus des portraits de la famille de gourgues. Du salon de jeu nous avons contemplé le grand salon dont le parquet chevillé forme un damier composé de carrés de chêne, de noyer et de châtaigniers quand le parquet est usé on peut le retourner et ainsi il repart pour une autre vie. C’est le salon d’apparat où tout visiteur accède, il a une superficie de 60 mètres carrés. Le but du grand salon est d’éblouir le visiteur d’où la richesse de son décor une table Louis XIV avec son piétement en bois doré et sculpté, la table est recouverte d’une plaque de marbre rose sur laquelle ont disposé les compositions florales ainsi que dans les 2 jardinières style Louis XVI disposées de chaque côté de la porte d’entrée. Des fauteuils Louis XV sont disposés au centre de la pièce devant la cheminée, un canapé est adossé à un mur, un miroir style régence renvoie la lumière afin de mieux éclairer le grand salon, au plafond est suspendu un lustre du XVIII.me composé de 21 lumières avec des pampilles de cristal qui avaient un rôle esthétique et de réfléchir la flamme des bougies. Une immense cheminée trône dans le grand salon elle date de 1600, elle est de style dorique dont les plans ont été copiés sur le théâtre antique Marcellus de Rome qui représentent de nombreuses symboliques le taureau pour la force, la roue de la fortune pour la richesse, le casque pour le pouvoir, la couronne de lauriers pour la gloire, l’os du crâne pour la mort. Nous avons profité de ce lieu chaleureux pour échanger avec notre guide sur la fonction actuelle du château de Lanquais. Le château compte une trentaine de pièces dont la plupart sont habitées par le propriétaire, certaines sont louées comme chambres d’hôtes de 50 à 100 euros la nuit et d’autres sont vouées au public et à la visite. Le village de Lanquais compte 300 habitants, la salle des fêtes du village est installée dans une des anciennes dépendances du château. Puis nous sommes descendus au rez-de-chaussée où se trouvent les servitudes dont la cuisine renaissance du XVI.me siècle avec son élément central la cheminée. A l’intérieur de la cheminées il y a un tourne broche activé par un contre poids, en fait c’est ni plus ni moins qu’un mécanisme d’horlogerie. Sous le tourne broche est situé le lèche frite en cuivre qui servait à récupérer le jus des viandes, à gauche de l’âtre est placé le four à tourtes. Dans un coin de la cuisine on peut y remarquer le bûcher qui permet de faire sécher le bois, un billot pour couper le bois. Sur la table centrale est disposé l’ustensile principal de cuisine, un mortier en marbre qui pèse 60 kilogrammes. Aux murs est accrochée toute une série de cuivre la daubière, la tourtière, un bras zéro, des casseroles et leurs couvercles et des bassines. Deux comportes sont installées au sol, habituellement elles sont utilisées pendant les vendanges mais ici dans les cuisines elles servaient à aller chercher l’eau au puits afin de remplir la réserve qui contenait 200 litres d’eau courante que l’on faisait couler à l’aide d’un robinet. Une baratte à beurre et un égouttoir à vaisselle reposent également sur le sol en piset. Le piset est un assemblage de petites pierres taillées en forme conique que l’on enfonce dans la terre préalablement damée, en Périgord on trouve beaucoup de sol en piset dans les châteaux, les cloîtres et les abbayes. Piset provient de Pise ville italienne où le sol de nombreuse rue sont recouvertes de piset. Puis nous avons visité la salle d’armes où les hommes s’entraînaient au maniement de l’épée, les murs sont décorés d’armes en tous genres, d’armures, de petits canons, de coffres et d’un vaisselier époque Louis XV. Ce meuble était destiné à la présentation de la richesse du seigneur par la qualité de sa vaisselle exposée dans le vaisselier qui mesure 4 mètres de haut. Dans la salle d’armes sont aussi exposés un buste de Lafayette et sous une fenêtre l’aigle napoléonien. Depuis la salle d’armes nous passons dans la partie médiévale du XIV.me siècle qui aurait dû être détruite si le château renaissance avait été terminé. Le sol est recouvert de pavés d’origine, l’épaisseur des murs extérieurs est de 1 ,70 mètre, on y aperçoit une réserve d’eau en pierre et une trappe. Depuis cette trappe on pouvait accéder aux caves, au souterrain qui mène au puits où depuis lequel un autre souterrain permettait de se rendre dans la forêt toute proche du château. Les caves et les tunnels ont été construits grâce à la présence de grottes préhistoriques qui existent sous tout le château. La trappe située dans la cuisine médiévale servait aussi pour conduire les prisonniers dans les cachots, car nous sommes dans une seigneurie où l’on rendait la justice. Un cachot se trouvait à la hauteur des caves à 4 mètres sous terre, le second cachot est situé sous les caves à 8 mètres de profondeur elle est très sombre, très froide et humide, on aurait pu l’appeler la fameuse oubliette.

Aujourd’hui premier mai fête du travail et jour du muguet nous prenons la direction de la forêt de Bessede qui se situe au-dessus de la bastide de Maulière et de l’abbaye de Cadouin. Le but de la balade est de comprendre ce que l’homme a pu retirer de cette forêt à titre environnemental et naturel, car tout près d’ici à Cadouin des moines ont construit une abbaye au XII.me siècle. La forêt de Bessede s’étend sur 12000 hectares, elle est privée appelé paysanne, elle appartient à une multitude de petits propriétaires de 15 communes. Au XII.me siècle à l’arrivée des moines la forêt était désertique au sens humain, par contre elle foisonnait d’animaux, de végétaux et de ressources naturelles. Nous allons donc découvrir la richesse de la forêt de Bessede, qui a été conservée, parfois elle a été réduite mais elle n’a jamais été défrichée. Habituellement on dit les moines défricheurs, alors si les moines de Cadouin ont épargné la forêt c’est qu’ils savaient que la forêt regorgeait de richesse plus rentable que l’agriculture. L’agriculture est difficile dans cette zone pentue dont la nature du sol est argileuse donc néfaste à l’agriculture. En plus la terre est très sablonneuse donc acide et propice à une végétation de landes, de bruyères, d’ajoncs tout le contraire ce que procure un sol calcaire, tel que la région de Maulière où sur ses côteaux on cultive la vigne. Lors de notre balade nous rencontrons une palombière c’est l’une des richesses que les moines de Cadouin tiraient des revenus avec le gibier comme au temps de la préhistoire, du moyen-âge et encore aujourd’hui. Nous sommes sous des chênes qui atteignent 20 mètres de haut et sur l’un desquels est construite une cabane sur pilotis que l’on appelle palombière, la construction monte jusqu’à la cime de l’arbre. Le but de la palombière est d’attirer la palombe qui est un pigeon sauvage, une palombière est truffée de petites balançoires que l’on active avec un système de cordage. Sur chaque balançoire on attache une palombe appelée appelant et le fait d’actionner la balançoire, l’appelant est obligé de battre des ailes afin de garder son équilibre ce qui permet aux vols de palombes sauvages d’être attirées et de se diriger vers la palombière. Le chasseur posté à proximité n’a plus qu’à tirer dans le vol de palombe et d’envoyer son chien ramasser son précieux coup de fusil. Au moyen-âge le fusil n’existait pas et la chasse à la palombe avec une arbalète n’étant pas chose facile, on utilisait déjà des appelants que l’on attachait au sol ce qui attirait les palombes sauvages, dès qu’elles touchaient le sol on les capturait à l’aide d’un filet. La forêt foisonne également de perdrix, de faisans et de fortes concentrations de cerfs, de chevreuils et de sangliers. L’inra a défriché quelques centaines d’hectares de la forêt pour y planter des résineux, tout cela dans le but de rendre la forêt encore plus productive mais lors de la tempête de 1999, seul les plantations de résineux âgée de près de 30 ans se sont retrouvés à terre car le sol de la forêt de Bessede n’est pas adapté aux résineux. La forêt de Bessede (bouleau) est propice au châtaigniers aussi bien en taillis qu’en arbres, un châtaigniers atteint deux mètres de haut en 2 ans âge auquel il commence à fructifier. Les châtaigniers à fruits étaient très importants au moyen-âge on les appelait les arbres à pain, avec la châtaigne on faisait de la farine dont on faisait du pain et on se nourrissait de châtaignes grillées car Parmentier n’avait pas encore introduit la pomme de terre en France. Des châtaigniers en taillis on en retire des piquets, du lambris et des lianes qui assemblées avec de l’osier servent à fabriquer des cercles. Ces cercles sont utilisés pour garantir les cercles en fer des tonneaux et pour faciliter la manipulation des tonneaux tout en atténuant le bruit du roulage. Des vieux châtaigniers plusieurs fois centenaires on en retire du bois d’œuvre comme les poutres de charpente, le bois de châtaignier contient du tanin qui est un répulsif pour les insectes dont l’absence de toile d’araignée. La forêt de Bessede renferme aussi des chênes avec lesquels on en retire du bois d’œuvre, du bois de chauffage et bien sûr des glands qui au moyen-âge était un complément de nourriture pour les cochons on disait emmener le cochon à la glandée. Un des autres revenus de la forêt était la fabrication du charbon de bois, autrefois on faisait de grandes piles de bois que l’on recouvrait de terre pour empêcher l’entrée de l’air et on laissait consumer le bois jusqu’à LUI devienne charbon de bois. Au moyen-âge la forêt employait bon nombre de métiers le bûcheron, le charbonnier, le feuiardier celui qui fabriquait les cercles de tonneaux et le maître de forge dont nous parlerons au cours de notre balade. Nous avons aperçu des traces de cerfs, de chevreuils et de sangliers qui possèdent quant à elles 2 ergots placés derrière. Si le cerf brame à l’automne, le chevreuil jappe au mois de mai pour marquer son territoire envers ses congénères mais aussi par rapport à l’homme. Nous avons contourné une souillée sorte de baignoire où les sangliers se roulent afin de d’enlever les parasites qu’ils portent dans leurs poils, après s’être bien enduit de boue ils se frottent contre des chênes pour se frictionner le cuir. Tout en continuant notre itinéraire nous avons traversé un verger de châtaigniers tricentenaire, puis nous arrivons dans un pierrier de gré. Le ciment qui compose le gré est ferrugineux, le gré contient 40% de fer c’est aussi de lui que les moines de Cadouin ont tiré profit pendant plusieurs siècles. De nombreuses forges étaient installées dans la région et plus particulièrement dans la vallée de la Couze, les canons de la marine royale y ont lonGtemps été fondus. Aujourd’hui le minerai utilisé contient 75% de fer, ce qui a signé la fin de l’exploitation du minerai périgourdin. Le minerai était broyé puis chauffé avec le charbon de bois fabriqué dans la forêt par les charbonniers, pour avoir une activité sidérurgique il faut Deux éléments de l’énergie et du minerai ce que la forêt de bessede pouvait offrir. Les maîtres de forge avec leurs forges volantes suivaient les bûcherons avec le minerai, il faisait un trou dans la terre qu’ils remplissaient d’une couche de charbon de bois puis d’une couche de minerai répété plusieurs fois. On faisait chauffer le minerai en utilisant un soufflet pour attiser la combustion. Après le minerai fondu on obtenait une loupe de fer qui devait être amené à la forge installée au village pour y être purifié. Le soufflet de la forge volante était activé par l’homme, puis est arrivée la forge catalane et le bas fourneau dont le soufflet était activé par la force hydraulique puis au XVII.me siècle on passe aux hauts fourneaux. En fait les moines cisterciens de Cadouin fédération internationale ont par des échanges techniques et financiers apportés leur savoir à la sidérurgie. Enfin nous sommes arrivés au carrefourche (carrefour) de la croix de la douelle. Croix car une croyance populaire disait qu’à ce carrefour au jour de pleine lune on pouvait passer un pacte avec le diable, le mot douelle provient peut-être qu’à cet endroit on fabriquait des douelles de tonneaux en chênes mais rien n’est moins sûr. Mis en appétit par cette sortie forestière, nous avons pris le repas dans une ferme auberge à Cadouin.
En réparation digestive nous avons été visité le cloître de l’abbaye de Cadouin, Cadouin se trouve au sud du département de la Dordogne dans le Périgord noir à la limite du Périgord pourpre, le village est situé au cœur de la forêt de Bessede entre la Dordogne et la Couze. Le village de Cadouin compte 300 habitants, sur la place principale on y remarque une halle ancienne, le cloître qui est située derrière l’église. L’abbaye de Cadouin a été fondée par des moines cisterciens grâce à Géraud de Sals en 1115. A cette époque la présence monastique était déjà importante en France mais il y a eu du renouveau spirituel. Les moines bénédictins trouvaient qu’il y avait un peu de laisser aller, ils ont donc créé une nouvelle vie en communauté. A l’image du christ un nouvel ordre parmi d’autres a vu le jour celui des cisterciens qui prônait une vie plus simple et austère afin de se rapprocher de celle du christ, cet ordre était bien accepté par les seigneurs et évêques qui voulaient donner une nouvelle impulsion à l’église. Le cloître a été détruit pendant la guerre de 100 ans et partiellement reconstruit au cours du XV.me siècle, la particularité est que l’église est de style roman et le cloître de style gothique flamboyant. Le cloître comprend 4 galeries, 26 travées courbées en ogives, des baies à clairvoies dont l’ensemble porte des sculptures de l’art gothique du XV.me et XVI.me siècle. Nous sommes dans un monastère complet avec son église romane du XII.me siècle, son cloître et ses 3 ailes dont les bâtiments ont été modifiés, l’armarium (bibliothèque) est venu coiffer la sacristie au XIII.me siècle afin de préserver les livres et les manuscrits de l’humidité. Peu de temps après sa construction en 1214 l’abbaye de Cadouin est devenue un lieu de pèlerinage, un tissu qui passait pour être le suaire du christ avait été offert à l’abbaye au retour de la seconde croisade, c’était une relique de la passion. Nous avons commencé la visite du cloître par la galerie de lecture où se trouve le fauteuil abbatial entouré de bancs sur lesquels s’installaient les moines et en face se trouve le siège du lecteur. Tout l’ensemble est en pierre calcaire blanche très solide qui a été amenée pour la construction romane, par contre la partie gothique a été construite avec de la pierre de la région plus tendre et mieux appropriée pour la sculpture. En haut du fauteuil abbatial la sculpture représente la montée au calvaire, d’autres de l’ancien testament, les 4 évangélistes Saint-Marc, Saint-Luc, Saint-jean et Saint-Mathieu. On peut aussi remarquer la parabole de Lazare et de l’Homme riche avec Lazare au paradis et l’homme riche en enfer car il avait refuser de donner du pain à Lazare qui avait faim. Le cloître est entouré de bâtiments qui servaient d’hébergements et de servitudes aux 30 moines de l’abbaye qui se consacraient à la prière et au convers qui accomplissaient les travaux à l’extérieur de l’abbaye. Puis nous sommes passés dans la galerie qui dessert la salle capitulaire lieu où l’on étudiait les chapitres qui aujourd’hui renferme la Châsse qui contient le suaire du Christ. Cadouin doit beaucoup au Saint-Suaire qui a attiré beaucoup de pèlerins au cours de 8 siècles, a chaque ostension ou présentation de la relique en procession c’était l’affluence à Cadouin et économiquement l’abbaye était très florissante. Pendant la guerre de 100 ans les moines de Cadouin ont mis la relique à l’abri à Toulouse, les capitoules et les moines de Cadouin avaient signé une convention stipulant que le Suaire restait propriété de l’abbaye de Cadouin. Après la guerre de 100 ans les capitoules ont refusé de rendre la relique à leur propriétaire, toute une série de procès a été entreprise, quelques moines de Cadouin ont donc décidé de voler le suaire et de le confier à une abbaye qui se trouve près de brive. Louis XI a mi-fin à cette affaire en décidant que le Suaire était la propriété de l’abbaye de Cadoouin et qu’il devait y retourner. Ensuite le pèlerinage a repris avec des interruptions à certaines époques mais à chaque fois il fut relancé par l’abbaye afin de lui apporter des ressources. Pendant la révolution le maire de Cadoin a pris le Saint-Suaire pour le mettre à l’abri et 7 ans plus tard il l’a rendu au culte des paroissiens. Le pèlerinage fut relancé au XIX.me siècle par l’évêque de Périgueux, dès 1866 les ostensions ont repris avec un regain de ferveur pour cette relique jusqu’en 1934. En 1933 tout c’est écroulé, un historien qui était orientaliste est venu à Cadouin, il a remarqué qu’à chaque extrémité du tissu il y avait des bandes décoratives qui représentées des caractères coufiques. L’écriture coufique est apparue à l’époque de Mahomet au VII.me siècle après Jésus Christ. Mauvaise nouvelle pour l’abbaye de Cadouin l’historien confia le tissu au conservateur du musée du Caire afin qu’il traduise les caractères qui ornaient le suaire. En fait le texte était voué à Mahomet et surtout il appartenait au calife Moustali qui a régné en Egypte de 1094 à 1101, en fait le suaire n’a jamais touché la tête du Christ mort mais très certainement celle de Moustali vivant. Après cette expertise l’évêque de Périgueux a fait interrompre définitivement les pèlerinages et ostensions à Cadouin. Malgré tout ce tissu est d’une grande valeur et Cadouin à la chance d’avoir pu le conserver pendant de nombreux siècles avec toutes les péripéties qui l’a entouré.
Le suaire est en lin écru léger de couleur beige clair, il a été tissé et brodé par des artisans coptes au XI.me siècle. Ile mesure 2,80 mètres sur 1,15 mètres, 2 bandes ornent chaque extrémité de largeurs inégales, elles sont en soie de couleur jaune paille, vieux rose, bleu clair, vert, noir ces bandes constituent des motifs. Les lettres coufiques sont en coton blanc.
Les piliers du cloître sont sculptés comme de la dentelle, la galerie qui se trouve à l’ombre desservait les communs, une partie de cette galerie a été rénovée au XVIII.me et XIX.me siècle. Ensuite nous avons été visités l’église qui est tel que l’ont laissé les tâcherons au XII.me siècle. A l’intérieur on aperçoit un sarcophage sculpté de 2 moines en prière du XIII.me siècle, une vierge offerte par l’abbé Gaing lors de la réfection du cloître au XV.me siècle, des vestiges de fresques de la même époque qui représente la déposition de croix et le Christ au tombeau. Dans le collatéral Nord on peut y voir une litre funéraire de 1601. Dans l’abstiole Nord sont venus compléter l’ensemble des vitraux qui narrent sans naïveté la légende et l’histoire du suaire et dans la fresque actuelle l’absite du XIX.me siècle.
Quelques grandes dates de l’abbaye :
1360 l’abbaye est prise par les Anglais
1377 L’abbaye redevient française grâce à Du Guesclin
1392 le suaire est emmené à Toulouse afin qu’il soit en sécurité
1399 le suaire est emmené par Charles VI qui est devenu fou
1455 des moines de Cadouin vol le suaire et le confie à une abbaye près de Brive
1456 à 1550 rénovation du cloître
1663 retour du suaire à Cadouin
XVI.me siècle Institution de la Commende par François Ier qui confie le pouvoir des abbayes à des laïcs choisis par le roi
1562 à 1568 guerre des religions l’abbaye est prise par les réformistes et manque d’être détruite

Jeudi noir, après un petit déjeuner mouvementé dû à un problème électrique de la machine à café et comme cela ne suffisait pas notre bus a rendu l’âme peu avant Lalinde à Couze. Pour pallier à cet incident qui a contrarié quelque peu notre programme, nous avons emprunté le chemin de halage qui conduit à Lalinde en passant par le port fluvial de Couze. A notre arrivée à Lalinde Joseph et son bus nous y attendaient afin de nous transporter à Couze où un bon repas nous attendait.
L’après-midi a été consacrée à la visite du moulin de Rouzic écomusée qui à partir du XV.me siècle fabriquait du papier à chiffons. On comptait 13 moulins à papier de chiffons à Couze qui étaient situés sur 2 kilomètres au bord de la rivière appelée Couze. Depuis le XIII.me siècle jusqu’à 1850, on a fabriqué le papier à chiffons uniquement dans ce type de moulin. Les moulins à papier sont de conception très simple 4 murs qui contiennent une machine actionnée par une roue à aube qui fabriquait la pâte à papier, un atelier où on fabriquait le papier à la main et ce qui caractérise le moulin à papier c’est l’étendoir qui se trouve au-dessus du moulin destiné au séchage du papier régulé grâce à des volets appelés interlacs. Ce sont les Chinois qui ont inventé la fabrication du papier, pour fabriquer du papier il faut de la fibre végétale, de l’eau et de la colle, les Chinois utilisaient le bambou ou l’écorce de mûriers comme fibre végétale. . C’est au VIII.me siècles lors de guerres contre des peuplades chinoises que les Arabes ont profité de voler la recette de la fabrication du papier. Il a fallu attendre les croisades au XIII.me siècle avant que le secret de la fabrication du papier soit connu en Europe, la fabrication du papier à Couze remonte à 1456. On a fabriqué du papier au moulin de Rouzic de 1530 à 1982 en 1984 une association de sauvegarde du patrimoine a réalisé cet écomusée à vocation pédagogique et culturelle. Le moulin de rouzic est construit au bord de la Couze et à proximité de falaises dans lesquelles ont été construits des locaux troglodytiques à but d’habitations ou d’entrepôts du moulin à papiers. Près du moulin de Rouzic se trouve un moulin original qui ressemble à un petit manoir avec une tour coiffée d’un pigeonnier, ce moulin est dépourvu d’étendoir au-dessus de l’atelier car il était installé à côté du moulin. L’eau de la Couze est de très bonne qualité pour la fabrication du papier, c’est une rivière dans laquelle l’eau coule en permanence qui est très claire et propre, en plus elle a UN PH neutre et n’est pas du tout acide tous ces éléments permettent la fabrication d’un papier de bonne qualité, la production du papier pouvait être acheminée très facilement grâce à la proximité de la Dordogne. Aujourd’hui on utilise le bois comme fibre végétale mais au moyen-âge on ne savait pas broyer et transformer le bois en pâte à papier on utilisait des fibres plus tendres. Les fibres végétales étaient le lin, le chanvre et le coton que l’on obtenait sous forme de vieux chiffons. Les chiffons sont récupérés et amenés au moulin par des chiffonniers, Ces chiffons sont transformés en pâte à papier avec l’aide de machines activées par la force hydraulique. Cette façon de fabriquer le papier à durée jusqu’à la révolution industrielle en 1850, date à laquelle on a commencé à l’aide de machines à broyer le bois et la découverte d’acide afin d’éliminer le tanin contenu dans le bois. Aujourd’hui le papier bois à une longévité moindre que le papier chiffons dû a l’ajout d’acide à sa fabrication, un papier bois se désagrége à partir de 60 ans alors que le papier chiffons à une durée de vie de plusieurs siècles. Nous avons commencé la visite du moulin par l’atelier où se trouve la roue à aube qui fait 6 mètres de diamètre et pèse plus de 3 tonnes. La structure de la roue est en chêne pour la résistance, les pales où tombe l’eau sont en vergne ou aulne qui est un bois qui réagi bien à l’au et très souple. La souplesse du vergne est une sécurité si un corps étranger arrive à s’infiltrer dans le bief ou dérivation de la rivière qui dans ce cas casse les pales et préserve la roue. Une vanne est située en amont de la roue qui régule l’arrivée de l’eau, le canal d’évacuation situé en aval de la roue à aube est construit de façon qu’un contre courant se crée afin de stopper la roue dès que l’on ferme la vanne d’arrivée d’eau, le moulin est situé sur une île constituée par la rivière et le bief. A leur arrivée les chiffons sont triés par qualité végétale, couleurs puis on effectue le lissage tâche qui consiste à enlever tous les éléments autre que le tissu comme les boutons, puis on transforme les chiffons en petits morceaux de quelques centimètres carrés, l’opération de découpage se fait à l’aide d’un déromptoir sorte de faux placé sur un banc. Une fois découpé le chiffon est pourri avant d’être broyé afin de le transformer en pâte à papier, le pourrissement se faisait à l’intérieur de cuves remplies d’eau pendant plusieurs semaines. Dans les moulins de papier chiffons régnait une odeur nauséabonde, le moulin était un endroit très malsain où tous les virus et maladies arrivent avec les chiffons, la poussière lors de la découpe, le bruit des machines, l’humidité et le froid. En plus du pourrissement du chiffon venait s’ajouter l’odeur des peaux de lapins, os ou déchets de porcs qui servaient d’élaborer de la gélatine qui entrait dans la composition de la colle nécessaire à la fabrication du papier afin de le rendre imperméable. La plupart du personnel du moulin étaient des paysans de la région qui ne pouvaient travailler que pendant l’hiver saison où les travaux agricoles sont moindres. Après la préparation du chiffon il faut le broyer afin de le transformer en pâte à papier, au moyen-âge on utilisait une machine appelée pile à maillets, elle était composée e 4 cuves pouvant recevoir 10 kilos de chiffons dans lesquelles étaient actionnés des maillets grâce à un arbre à cames activé par la roue à aube. Chaque opération durait 10 heures le défilage était obtenu dans la cuve remplie d’eau où 4 maillets garnis de pointes défilaient le chiffon, le défibrage était obtenu dans une seconde cuve remplie d’eau dans laquelle 4 maillets garnis de pointes plus fines défibré le fil, dans la troisième cuve toujours remplie d’au 4 maillets à têtes plates rinçait la fibre et dans la troisième cuve les 4 maillets mélangés la fibre, la colle et la chaux ou le chlore qui rendait le papier plus blanc afin d’obtenir la pâte à papier. Après 40 heures de travaux le défilage, le défibrage, le rinçage et le mélange les 10 kilos de chiffons étaient transformés en 10 kilos de pâte à papier. A proximité de la pile à maillets nous avons vu un chaudron en cuivre dans lequel on faisait chauffer des peaux de lapins, des os des arêtes de poissons, et des déchets de cochons afin d’obtenir de la gélatine en guise de colle nécessaire à la fabrication du papier sinon on obtient du papier buvard, aujourd’hui la colle est à base de résine de pin. La pile à maillets a été utilisée jusqu’à la révolution industrielle en 1850, date à laquelle la pile hollandaise a fait son apparition. La pile hollandaise est une sorte de baignoire de 3 mètres au carré, séparée en 2 avec un passage à chaque extrémité afin de provoquer la circulation de l’eau. Dans une partie de la baignoire se trouve un mixeur géant actionné par la roue à aube qui muni de lames broie 30 kilos de chiffon et le transforme en 30 kilos de pâte à papier. La pâte à papier ainsi obtenue, on fabrique le papier, on plonge la pâte à papier dans un bassin d’eau puis avec l’aide d’un tamis appelé forme à papier que l’on trempe dans le bassin, on recueille le précieux mélange, On la remonte bien horizontalement puis on laisse égoutter la matière qui constituera la feuille de papier. Sur la forme à papier on peut adjoindre un motif qui provoquera des manques de papier à certains endroits ce qui crée un filigrane. Nous venons de décrire le travail du cuiseur qui une fois la forme égouttée passe celle-ci à un autre ouvrier qui lui détache la feuille des sa forme à l’aide de feutre, un cuiseur produit entre 3 et 4 feuilles à l’heure. On empile les feuilles intercalées de feutre en paquet de 100 que l’on appelle Porse. Chaque porse est ensuite placée sous une presse afin d’égoutter correctement les feuilles de papier et de les rendre plus solide. Une fois bien pressées les feuilles sont détachées du feutre et prêtes à être séchées dans l’étendoir, le séchage du papier dure entre 3 et 8 jours. Les feuilles sont étendues sur des fils étagés, pour les suspendre, on utilise un carlet sorte de té en bois, on règle l’aération et la pénombre de l’étendoir avec l’aide des interlacs. Dans les moulins à papier chiffons on employait suivant les tâches à effectuer des hommes, des femmes et même des enfants. Ensuite nous sommes redescendus dans l’atelier où nous avons vu la première machine à fabriquer du papier en continu, c’est l’ancêtre des machines actuelles. En 1850 Cette machine débitait 15 mètres de papier à la minute, aujourd’hui une machine moderne fabrique 1 kilomètre de papier à la minute. Cette machine permet de faire le cuisage, le couchage sur le feutre et le pressage de la feuille de papier de façon mécanisée, par contre le séchage restait toujours manuel. La machine de moulin de Rouzic a fonctionné jusqu’en 1982, elle était utilisée par 2 moulins, l’autre moulin fabriquait la pâte à papier d’où la présence de rail de wagonnets qui acheminer la matière au moulin de Rouzic qui fabriquait le papier. La dernière production du moulin de Rouzic était consacrée au filtre à papier, il existe encore un moulin à papier qui fonctionne à Couze qui est spécialisé dans la fabrication de papier filtre.

Pour notre dernier bol d’air, nous prenons la direction de la forêt de Lanemary qui se trouve à une quinzaine de kilomètres de Périgueux. Cette forêt n’a que 120 ans d’existence, Elle résulte de l’arrachage du vignoble dans cette région dû à la maladie importée des Etats-Unis le phylloxéra. La forêt de Lanemary est domaniale d’une superficie de 1000 hectares, en terme géologique le sol est calcaire avec 50 centimètres de terre, elle est constituée de feuillus et de plantations de résineux qui ont été mis à terre lors de la tempête de 1999. Au cours de notre balade nous avons aperçu des orchidées, sauvages, de l’ail sauvage et à toute saison la forêt foisonne de champignons comestibles. C’est une forêt très giboyeuse, on y trouve des lappiaz sortes de petits rus de 40 centimètres de profondeur creusés dans le calcaire par le ruissellement de l’eau de pluie. Nous avons pu voir un cluzeau creusé en souterrain comprenant une grande salle avec une cheminée. Au milieu de la forêt de Lanemary on y découvre le château Caussade qui domine la vallée de l’Isle au Nord-Ouest de Trélissac, le château protégeait l’axe Limoges à Périgueux très fréquenté au moyen-âge. C’est une petite forteresse polygonale entourée de douves sèches avec son pont levis. On peut l’imaginer au XII.me siècle dont le premier seigneur connu s’appelait Guillaume de Cazaldaud, puis la famille viguier en a été propriétaire dont l’une des filles avait épousé bertran de Born, il est devenu ensuite la propriété de la famille de Cugnac. La famille de Cugnac c’est illustré au cours des guerres de religion, par mariage le château est revenu à la famille de Martonie de 1647 jusqu’à la révolution. Après la révolution le château a eu plusieurs propriétaire, pendant la première guerre mondiale le château a été utilisé comme prison. Ensuite le château est devenu le terrain de jeu des enfants de Trélissac, aujourd’hui il est la propriété d’un riche américain. Le château possède une tour, un chemin de ronde, des mâchicoulis et de petites tours recouvertes d’un toit semblable à ceux de maisons. Nous avons terminé notre escapade forestière devant le château de Napoléon Magne qui en a fait donation à l’hôpital de Périgueux, aujourd’hui ce château est utilisé comme centre de long séjour du centre hospitalier de Périgueux. C’est un château en forme de (U) dont chaque aile comprend 3 étages avec 20 fenêtres à chaque niveau, au centre du castrum est dressée une tour et plusieurs autres moins imposantes ornent la construction. C’est un très beau château situé dans un joli parc entouré d’une magnifique grille en fer forgé. Après notre balade en sous bois, nous sommes allés déjeuner au restaurant à Antonne Trigonnant.
L’après-midi nous avons été visités une ferme pédagogique dont l’activité principale est l’élevage d’oies et sa transformation. La ferme est située sur la RN 21 à l’entrée de Sorges, l’exploitation est de 30 hectares dont 4 sont consacrés à l’élevage d’oies. Les oisons arrivent d’un couvoir de Sarlat à l’âge de un jour dans des cartons de 20 palmipèdes, Dans le hangar où ils sont accueillis, on maintient une température de 25 degrés, si la température extérieure le permet, on peut les mettre dans un parc. A une semaine l’oison est jaune avec un bec et ailes très prononcés, dans leur enclos recouvert de paille sont disposés des abreuvoirs et des auges contenant des granulés seul alimentation jusqu’à l’âge de un mois, après leur nourriture est constituée de blé, maïs et d’orge jusqu’à l’âge de 4 mois où commence le gavage. Chaque lot d’arrivage est constitué de 350 oisons, dans une année on entre 4 lots espacés chacun de 3 mois, il faut compter en moyenne une perte de 3 à 5% de l’arrivée de l’oison jusqu’à la transformation de l’oie. Aucun traitement n’est administré aux oisons à part lors de leur arrivée on leur fait boire de ‘au vitaminée, en plus pour éviter la contamination, on privilégie la vie en liberté. Ensuite nous avons vu des oies adultes qui vivent en liberté le jour et sont enfermées la nuit, leur parc est planté de noyers où elles continuent leur croissance jusqu’à l’âge de 4 mois à partir duquel commence le gavage. Dans le parc nous avons assisté à la démonstration du travail d’un chien dressé à attrouper les oies pour les conduire à leur abri. Les oies sont de Toulouse elles sont grises et quelques-unes unes sont blanches et sont originaires de Guinée, les journées les oies mangent de l’herbe et le soir elles sont nourries de blé, de maïs et d’orge. Les oies d’élevage ne peuvent pas voler car elles sont trop grosses alors que les oies sauvages parcourent des milliers de kilomètres lors de leurs déplacements. A l’âge de 4 mois l’oie est prête à être gavée, on gave aussi bien l’oie et le jar alors que seul le canard est gavé pour son foie. Pour le gavage les oies sont enfermées par 10 dans des cases, on les gave de 300 grammes de maïs mouillé avec de l’eau chaude à qui on ajoute de la graisse, l’opération se répète 3 fois par jour espacé de 6 heures. C’est le maïs qui fait le foie gras, pour gaver une oie on s’assoit sur un banc et l’on coince le volatile sous la jambe. On enfile un tube dans le bec de l’oie avec l’aide d’un entonnoir on introduit les 300 grammes de maïs dans le jabot. A partir du quinzième jour de gavage on palpe le foie pour savoir s’il est à point, un foie d’oie gavée atteint 1 kilogramme, le gavage est différemment long et peut durer jusqu’à 25 jours. L’oie est prête à être abattue afin d’être transformer. L’exploitation consacre 8 hectares de sa superficie à la culture du noyer, la récolte se fait avec une machine au mois d’octobre, avec les noix ont produit du vin de noix et de l’huile de noix. Les plumes et le duvet d’oies sont vendues pour faire la garniture de vêtements, couettes, oreillers etc. L’oie gavée pèse environ 10 kilogrammes, avant de la tuer, elle est anesthésiée par une décharge électrique, on la saigne, on la trempe dans de l’eau chaude à 75 degrés puis on la plume avec une machine. Ensuite on flambe l’oie avec un chalumeau, on la lave, on l’essuie puis on la pend pour l’égoutter. Dès cet instant on retire le foie de l’oie qui est une masse constituée de 2 lobes de couleur jaune ayant la consistance du beurre. L’oie et le foie sont alors placés dans des chambres froides. L’après-midi de l’abattage on déveine le foie puis on le met en boîtes après l’avoir salé, poivré et ajouter une rondelle de truffe dont le but est de parfumée le foie car la truffe en soi n’a aucun goût particulier. La ferme exploite 4 hectares de truffière qui produisent environ 4 kilogrammes de truffes par an. La truffe entre aussi dans la composition du pâté de foie qui est constitué de 40% de porc. On fabrique aussi du cou farci, du pâté de campagne à base de foie gras et de porc ainsi que de la sauce Périgueux à base de truffe. Le lendemain de l’abattage l’oie est débitée et avec les ailes et les cuisses, on fait du magret ou du confit. On cuisine aussi de l’oie aux haricots. Enfin avec les carcasses que l’on fait bouillir, on retire la viande avec laquelle on confectionne des rillettes. L’exploitation élève et transforme 1400 oies par an et occupe 3 personnes à l’année. Le foie gras se déguste tartiné sur du pain traditionnel accompagné d’un Monbazillac, d’un sauternes ou d’un pinot des Charentes.

Après 5 journées bien remplies alliant petit effort physique le matin, bonne table le midi, découverte culturelle et économique du Périgord l’après-midi et un peu de sommeil la nuit après avoir fait et refait le monde autour d’une table vierge de tout excitant. Voici 3 ans que nous passons une semaine de vacances en Dordogne et malgré tout nous avons toujours découvert de nouveaux aspects de la richesse du patrimoine périgourdin. Bravo à l’immuable président du comité AVH de Périgueux, à Colette pour son organisation, à la gentillesse de nos 4 guides qui étaient toujours au devant de nos demandes et à Joseph notre chauffeur-guide-mécanicien. Un seul point à réfléchir sur le manque de personnes pour nous seconder le soir au repas et à la veillée ainsi que pendant le petit déjeuner. Pour notre part nous préférons payer un peu plus cher et être encadrés correctement. L’an prochain si le séjour ayant attrait à la randonnée est organisé, nous pansons y participer, enfin nous serons aptes à devenir le parfait petit guide périgourdin.

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